Cours Ef
Cours Ef
4.1 Barre soumise à des forces de traction T ; les déplacements et les forces nodales
positifs sont tous dans la direction locale x̂. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4.2 Variation du déplacement axial û le long de la barre. . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4.3 Repères local et global : définition des déplacements nodaux . . . . . . . . . . . . 38
4.4 L’élément barre avec des forces nodales positives. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4.5 L’élément barre avec des forces nodales positives. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4.6 Structure à deux barres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Introduction générale
Sommaire
1.1 Contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.1 Concepts de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Applications de la méthode des éléments finis en ingénierie . . . . . 10
1.3 Description générale de la méthode des éléments finis . . . . . . . . 11
1.4 Problèmes unidimensionnels avec un modèle d’interpolation linéaire 12
1.5 Les deux classes de méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.6 Les différents types de calculs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.1 Contexte
a méthode des éléments finis est un procédé numérique qui peut être utilisé pour la solution
exacte de problèmes d’ingénierie complexes. Bien que les origines de la méthode peuvent être
attribués à plusieurs siècles en arrière, la plupart des détails de calcul ont été développés au
milieu des années 1950, principalement dans le cadre de l’analyse des structures d’vions. Par
la suite, au cours d’une décennie, le potentiel de la méthode pour la solution des différents
types de la science appliquée et les problèmes d’ingénierie a été reconnu. Au fil des années, la
technique des éléments finis a été ainsi bien établie que de nos jours, elle est considéré comme
l’un des meilleurs moyens pour résoudre une grande variété de problèmes pratiques efficacement.
En outre, le procédé est devenu l’un des domaines de recherche actifs, non seulement pour les
ingénieurs, mais aussi pour les mathématiciens.
Une des principales raisons de la popularité de la méthode dans les différents domaines de
l’ingénierie est qu’une fois que le programme d’ordinateur est écrit en général, il peut être utilisé
pour la solution d’une variété de problèmes simplement en modifiant les données d’entrée.
des éléments finis, il sera souvent possible d’améliorer ou affiner la solution approchée en passant
plus de temps de calcul.
Exemple 1.1 Considérons à titre d’exemple, un cercle de rayon R (voir la Figure 1.1). Le
périmètre S de ce cercle peut être approximé soit par l’intérieur, soit par l’extérieur par n
segments r ou s tels que :
r = 2R sin (π/n) , s = 2R tan (π/n)
de façon à écrire :
n r ≤ S ≤ n s =⇒ 2nR sin (π/n) ≤ S ≤ 2nR tan (π/n)
La qualité de cette approximation sera plus grande lorsque les segments seront plus petits,
autrement dit lorsque n tend vers l’infini :
lim 2nR sin (π/n) ≤ S ≤ lim 2nR tan (π/n)
n→∞ n→∞
Soit :
S = 2π R
Ce qui représente déjà le résultat exact.
R L’exemple çi-dessus est bien évidemment résolu analytiquement sans faire recours aux
méthodes numériques.
Figure 1.2 – Applications de la méthode des éléments finis aux problèmes de structures
→
−
où [K ] est la matrice de rigidité assemblée, φ est le vecteur des déplacements nodaux, et
˜ ˜
→
−
P est le vecteur des forces nodales pour l’ensemble de la structure.
˜
étape 5 : Déterminer les déplacements nodaux inconnus.
Les équations d’équilibre globales doivent être modifiées pour tenir compte des conditions
aux limites du problème. Après la prise en compte des conditions aux limites, les équations
d’équilibre peut être exprimé en tant que :
→
− → −
[K] φ = P
→
−
Pour les problèmes linéaires, le vecteur φ peut être très facilement obtenu, alors que
pour les problèmes non linéaires, la solution doit être obtenue par une séquence d’étapes,
chaque étape comprenant la modification de la matrice de rigidité [K] et/ou le vecteur de
→
−
chargement P .
étape 6 : Calculer les tenseurs contrainte et vitesse de déformation.
→
−
À partir des déplacements nodaux φ connus, si nécessaire, les composantes des tenseurs
contraintes et vitesse de déformations peuvent être calculés en utilisant les équations
classiques de la mécanique.
On appliquera les six étapes de la méthode des éléments finis (en utilisant la minimisation
de l’énergie potentielle de la barre afin d’obtenir les équations aux éléments finis).
1. Idéaliser la barre
La barre est idéalisée comme un assemblage de deux éléments, un élément pour chaque
partie de la barre comme le montre la Figure 1.4. Chaque élément est supposé avoir des
noeuds aux extrémités de sorte que la barre aura un total de trois nœuds. Etant donné que
la charge est appliquée dans la direction axiale, les déplacements axiaux des trois noeuds
sont considérés comme les degrés de liberté nodaux inconnus du système, et sont désignés
en tant par φ1 , φ2 et φ3 comme le montre la Figure 1.4.
φ (x) = a + b.x
où a et b sont des constantes qu’on peut exprimer en fonction des déplacements nodaux
(e) (e) (e) (e)
φ1 et φ2 : puisque φ (x) est égal à φ1 pour x = 0, et à φ2 pour x = l(e) , on obtiendra
après quelques calculs simples :
(e) (e)
(e) φ2 − φ1
φ (x) = φ1 + x
l(e)
3. Détermination de la matrice de rigidité et du vecteur chargement
La matrice de rigidité sera obrenue ici, en utilisant le principe du minimum de l’énergie
potentielle. Pour ceci, on écrira que l’énergie potentielle I de la barre sous la déformation
axiale est :
(e)
où V (e) étant le volume de l’élément e, et π0 est la densité de l’énergie de déformation :
(e) 1
π0 = σ (e) ε(e)
2
où σ (e) et ε(e) représentent respectivement les tenseurs de contraintes de Cauchy et vitesse
de déformation dans l’élément e. utilisant les relations :
on aura :
A(e) E (e)
Z l(e) 2
(e)
π = ε(e) dx
2 0
où A(e) est la section transversale courante de l’élément e, et E (e) , son module d’Young.
On a par ailleurs :
(e) (e)
∂φ (x) φ2 − φ1
ε(e) = =
∂x l(e)
D’où l’on déduit :
A(e) E (e) (e) 2 (e) 2
(e) (e)
π (e) = φ 1 + φ 2 − 2φ 1 φ 2
2l(e)
Cette expression de π (e) peut toujours être écrite sous forme matricielle :
1 →
− (e) T (e) →
−
π (e) = φ [K ] φ (e)
2
où
(e)
( )
→
− (e) φ1
φ = (e)
φ2
est le vecteur des déplacements nodaux de l’élément e, il ets tel que :
( ) ( )
→
− (e) φ1 φ2
φ = pour e = 1 et pour e = 2
φ2 φ3
A(e) E (e) 1 −1
" #
[K (e) ] = (1.1)
l(e) −1 1
Puisque la barre n’est soumise qu’à des charges concentrées agissant aux nœds, et qu’il n’y
a pas donc de distribution de charge, le travail des efforts extérieurs est alors :
→
− T→
−
We = φ1 P1 + φ2 P2 + φ3 P3 = φ P
˜ ˜
où
→
− φ1
φ = φ2
˜
φ
3
R Le symbole ˜ indique que l’on n’a pas encore tenu compte des conditions aux limites
du problème.
∂I
= 0 , i = 1, 2, 3
∂φi
2
[K (e) ]
X
[K ] =
˜ ˜
e=1
et
→
− φ1
φ = 2φ
φ
3
A(1) E (1) 1 −1
" # " #
(1) 4 −4
[K ]= (1)
= 106
l −1 1 −4 4
(φ1 , φ2 )
A(2) E (2) 1 −1
" # " #
2 −2
[K (2) ] = (2)
= 106
l −1 1 −2 2
(φ2 , φ3 )
Puisqu’on a 3 déplacements nodaux (phi1 , phi2 , phi3 ), la matrice globale de rigidité sera
carrée d’ordre 3
" # " #
6 4 −4 6 2 −2
[K ] = 10 + 10 =
˜ −4 4 −2 2
(φ1 , φ2
) (φ2 , φ3 )
4 −4 0 2 −2 0
106 −4 4 + 2 −2 = 2 106 −2 3 −1
0 −2 2 (φ )
0 −1 1 (φ
1 , φ2 , φ3 1 , φ2 , φ3 )
Dans le cas présent, les charges externes agissent uniquement sur les points nodaux ; en
tant que tel, il n’y a aucune nécessité d’assembler les vecteurs éléments de chargement. Le
vecteur du chargement global peut être écrit comme :
→
− P1
P1
P = 2 P = 0
˜
P
1
3
R Noter que le système précédent des équations d’équilibre est obtenu ici en adoptant
une procédure pas à pas ; sinon, on aurait pu l’obtenir directement en dérivant
l’énergie potentielle I par rapport aux déplacements nodaux.
φ1 = 0
φ1 = 0, 25 106 cm , φ2 = 0, 25 106 cm , P1 = −1 N
2. Les problèmes de stabilité initiale sont ceux relatifs à l’étude du flambage des structures.
Ces problèmes conduisent à la résolution d’un problème aux valeurs propres pour certains
types de structures (poutres et plaques) :
[K + λKG ]X = 0
3. Les problèmes d’analyse dynamique linéaire s’intéressent à l’étude des déplacements des
structures à comportement linéaire sollicitées par des forces dynamiques. Ce type de
problème conduit à des équations du mouvement de la forme :
[K − λ.M ].X = 0
Dans bon nombre de cas, on ne peut pas ignorer les non-linéarités qui caractérisent le problème.
Celles-ci peuvent être de différentes natures. Nous citerons ici :
— les non-linéarités géométriques : elles apparaissent quand les déplacements de la structure
sous charge sont importants. Il n’est plus viable dans de tels cas de considérer que les
rigidités ne sont pas affectées par les déplacements,
— les non-linéarités de comportement (ou constitutives). C’est le cas des structures dont le
matériau constitutif n’est pas élastique linéaire (plasticité, fluage. . . ).
On se situe dans le domaine de la statique non-linéaire lorsque le chargement varie lentement,
sinon dans celui de la dynamique non-linéaire.
Sommaire
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2 Équations de champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.1 Les relations déformations-déplacements ou relations cinématiques . . 20
2.2.2 Les équations d’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.3 Les relations contraintes-déformations . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3 Conditions aux limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.1 Les conditions aux limites cinématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.2 Les conditions aux limites statiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4 Champ de déplacement cinématiquement admissible . . . . . . . . . 21
2.5 Théorème de l’énergie potentielle totale . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.6 Cas des matériaux élastiques linéaires isotropes . . . . . . . . . . . . 22
Dans ce chapitre, nous rappelons les équations fondamentales de la mécanique des structures,
et notamment certains théorèmes énergétiques qui jouent un rôle important dans la MEF.
On se placera sauf mention du contraire, dans un repère orthonormé direct.
2.1 Introduction
oit un corps solide déformable constitué par un matériau occupant un domaine Ω (volume)
délimité par une surface extérieure S (Figure 2.1). Le problème type de la mécanique des solides
∂Ω = S
p
n
M (x, y, z)
∂σij
+ fi = 0 ; i, j = 1, 2, 3 (2.2)
∂xj
On rappelle que l’on a :
σij = σji
avec : (
1, i=j
tr ε = ε11 + ε22 + ε33 ; δij =
6 j
0, i=
λ et µ étant les cœfficients de Lamé.
E E
λ= ; µ=
(1 + µ) (1 − 2ν) (1 + 2ν)
où E est le module de Young et ν le cœfficient de Poisson.
On peut aussi exprimer les composantes du tenseurs vitesse de déformations en fonction de
celles du tenseur des contraintes :
1+ν ν
εij = σij − tr σ δij ; i, j = 1, 2, 3 (2.4)
E E
avec :
tr σ = σ11 + σ22 + σ33
u = ui , ∀ M ∈ Su
σij .nj = pi , ∀ M ∈ Sp
Par contre, les valeurs des déplacements ne sont pas imposées sur Sp .
Il est bien simple de vérifier que ce champ de déplacement est cinématiquement admissible, car
il est continu (de classe C 0 ) et que les conditionsnd’encastrement u = v = 0 pour y = ±h
Exemple 2.2 On considère la poutre encastrée au bords x = 0 telle que montrée sur la Figure 2.3
→
−
On envisage alors le champ de déplacement v = v. j défini en tout point M (x) de la plaque
par :
v (x) = ax2
Théorème 2.5.1 Pour un état d’équilibre stable, les déplacements cinématiquement admissibles
qui satisfont les conditions d’équilibre sont ceux qui rendent stationnaire l’énergie potentielle
totale.
La réciproque est vraie. Elle sera admise ici. On montre de plus que l’extremum est un minimum.
Le champ des déplacements solution du problème est donc celui qui minimise l’énergie potentielle
totale. Ceci constitue la formulation variationnelle de la mécanique des solides déformables dans
l’approche cinématique.
∂w
= λtr ε δij + 2µεij = σij ; i, j = 1, 2, 3 (2.5)
∂εij
w (εij ) est alors une forme quadratique linéaire et symétrique des déformations εij . On montre
(cours MMC) que :
1
w (εij ) = σij εij ; i, j = 1, 2, 3 (2.6)
2
où les σij sont, rappelons le, des fonctions linéaires des εij .
Sur la Figure 2.4, le potentiel de déformation est représenté par l’aire hachurée. On peut
l’assimiler, au niveau de l’élément de volume dΩ auquel il est associé, au travail des forces
internes dues aux contraintes quand celles-ci augmentent très lentement et linéairement à partir
de la valeur initiale nulle.
Il en découle :
2. Energie de déformation
1
Z
W= σij εij dΩ
2 Ω
3. Energie potentielle totale
1
Z Z Z
V = W − We = σij εij dΩ − f .u dΩ − p.u dΓ
2 Ω Ω Sp
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2 Définition de la matrice de rigidité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.3 Matrice de rigidié de l’élément « ressort » . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.4 Exemple d’assemblage de ressorts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.5 Conditions aux limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.1 Introduction
e chapitre présente certains des concepts de base sur lesquels la méthode directe de rigidité est
fondée. Le ressort linéaire est introduit d’abord parce qu’il est encore un outil instructif qui
fournit un moyen simple pour illustrer les concepts de base. On commençera avec une définition
générale de la matrice de rigidité et et on examinera ensuite le calcul de la matrice de rigidité
pour un élément de ressort élastique linéaire. On illustrera ensuite comment assembler la matrice
de rigidité totale d’une structure comprenant un assemblage d’éléments de ressorts en utilisant
des concepts élémentaires de l’équilibre et de compatibilité. On montrera ensuite comment la
matrice de rigidité totale pour un assemblage d’éléments, peut être obtenue en superposant les
matrices individuelles des éléments d’une manière directe.
Après l’établissement de la matrice de rigidité totale de la structure, on illustrera comment
imposer les conditions aux limites à la fois homogènes et non homogènes. Une solution complète, y
compris l’obtention des déplacements et les réactions nodaus est ainsi obtenue. (La détermination
tion des forces internes est examinée dans le chapitre suivant dans le cadre de l’élément de barre.)
On introduira ensuite le principe de l’énergie potentielle minimale, qui sera appliqué pour
obtenir les équations d’éléments de ressort, et l’utiliser pour résoudre un problème d’assemblage
de ressorts. On illustrera ce principe pour les plus simples des éléments (ceux qui ont un petit
nombre de degrés de liberté), de sorte qu’il sera un concept mieux compris lorsqu’il est appliqué,
de nécessité, à des éléments avec un grand nombre de degrés de liberté dans les chapitres suivants.
f̂ = k̂ d̂
où [k̂] relie les forces locales f̂ aux déplacements nodaux locaux d̂ dans le repère local (x̂ , ŷ , ẑ)
lié à l’élément étudié.
Figure 3.1 – Systèmes de coordonnées locales (x̂ , ŷ , ẑ) et coordonnées globales (x , y , z).
Pour un milieu continu ou un assemblage d’éléments, la matrice de rigidité [K] globale relie
les forces globales F aux déplacements nodaux globaux d dans le repère globallocal (x , y , z)
pour la toute la structure étudiée.
Figure 3.2 – Élément ressort élastique linéaire, avec conventions de déplacements et forces nodaux
positifs.
Les points de référence du ressort sont 1 et 2 se trouvant à ses extrémités. Ces points de
référence sont appelés nœuds de l’élément « ressort ». Les forces nodales locales du ressort sont
f̂ 1x et f̂ 2x , associées à l’axe local x̂ ; cet axe est choisi dans la direction du ressort de facon
à pouvoir mesurer directement les edéplacements et les forces dans celui-çi. Les déplacements
nodaux locaux du ressort sont d̂1x et d̂2x . Ces déplacements nodaux en chaque nœud sont appelés
degrés de liberté. Le sens positif des déplacements et des forces pour chaque nœud est celui de
l’axe x̂ comme indiqué sur la Figure 3.2. Le symbole k est appelé constante ou raideur du ressort.
Les analogies avec la constante de ressort réels se posent dans de nombreux problèmes
d’ingénierie : c’est ainsi qu’une barre rectiligne de longueur L par exemple, a une constante de
ressort k = AE/L où A désigne l’aire de la section courante de la barre, E le module d’Young de
son matériau constitutif ; de même pour une barre de section circulaire, la raideur est k = JG/L
où J est le moment polaire d’inertie et G est le module de cisaillement du matériau constitutif de
la barre. Pour le problème de la conduction unidimensionnelle, cette constante est k = AKxx /L où
Kxx est la conductivité thermique du matériau. Pour un écoulemnt unidimensionnel, k = AKxx /L
où Kxx est la perméabilité du matériau.
On observe alors que la méthode de rigidité peut être appliquée à des problèmes autres que
structurels, tels que le transfert de chaleur, l’écoulement du fluide, et les réseaux électriques,
ainsi que des problèmes structurels en appliquant simplement la loi de comportement appropriée
(comme la loi de Hooke pour des problèmes structurels, Loi de Fourier pour le transfert de
chaleur, la loi de Darcy pour l’écoulement de fluide et la loi d’Ohm pour réseaux électriques) et
un principe de conservation tel que l’équilibre nodal ou conservation de l’énergie.
On veut maintenant développer une relation entre les forces et les déplacements nodaux.
Cette relation sera la matrice de rigidité. Par conséquent, on veut lier les forces nodales aux
déplacements nodaux comme suit :
fˆ1x k11 k12 dˆ1x
= (3.1)
ˆ k21 k22 dˆ2x
f2x
où les cœfficients kij sont à déterminer.
Le raisonnement suivra un certain nombre d’étapes qui seront développées immédiatement
Étape 1 : choisir le type de l’élément.
on considère un ressort linéaire (qui peut être assemblé à d’autres ressorts) soumis à des
tensions T aux nœuds (qui proviennent par exemple de l’action des ressorts adjacents)
orientées selon l’axe x̂ de l’élément tel que montré sur la Figure 3.3, le ressort est en
équilibre.
L’axe (local) x̂ est dirigé du nœud 1 vers le nœud 2. Le ressort est délimité par les nœud 1
et 2 à ses extrémités, on lui affectera un nom. Il est de longueur L avant déformation, et
son matériau constitutif est de constante k.
Étape 2 : choisir la fonction de déplacement.
On doit choisir à l’avance la fonction mathématique pour représenter la forme de la
déformée de l’élément de ressort sous chargement. Parce qu’il est difficile, voire impossible
à certains moments, d’obtenir une solution exacte, on supposera une forme de solution
ou de la distribution de déplacement à l’intérieur de l’élément en utilisant une fonction
mathématique appropriée. Les fonctions les plus couramment utilisés sont des polynômes.
Parce que l’élément de ressort résiste uniquement à une charge charge axiale avec les degrés
de liberté locaux pour l’élément étant les déplacements dˆ1x et dˆ2x le long de l’axe x̂, on
choisit une fonction déplacement û à variation linéaire telle que :
û = a1 + a2 x̂ (3.2)
En général, le nombre de cœfficients dans l’équation (3.2) est égal au nombre de degrés de
liberté. Ici, ce nombre est égal à deux (2).
Sous forme matricielle :
h i a1
û = 1 x̂ (3.3)
a
2
Figure 3.4 – Élément ressort élastique : la fonction de déplacement et les fonctions de forme.
dˆ2x − dˆ1x
!
û = x̂ + dˆ1x (3.4)
L
avec
x̂ x̂
N1 = 1 − , N2 = (3.6)
L L
sont appelés « fonctions de forme », et la variation de û est illustrée sur la Figure 3.4.
Étape 3 : définir les relations déformation/déplacement et contrainte/déformation.
Les forces de traction (tension) T produisent un allongement δ du ressort.
un élongement total typique est montré sur la Figure 3.5 : ici dˆ1x est négatif puisqu’il est
dans le sen opposé de l’axe x̂, alors que dˆ2x est positif.
fˆ1x −k dˆ1x
k
= (3.11)
ˆ −k k ˆ
f2x d2x
Cette relation est valable pour le ressort le long de l’axe x̂. En vertu de la définition 3.2.1,
on obtient la matrice de rigidité de l’élément « ressort » élastique :
k −k
[k̂] = (3.12)
−k k
[k̂] est dite matrice de rigidité locale de l’élément : c’est une matrice carrée symétrique 1
Étape 5 : assemblage des équations locales.
Ici, on assemble les équations locales pour obtenir les équations globales, c’est l’occasion
ici d’introduire les conditions aux limites.
Pour un système composé de plusieurs éléments (ressorts), on assemble les matrices de
rigidité et les équations de tous les éléments, dans le repère global :
N N
k(e) f (e)
X X
K= , F= (3.13)
e=1 e=1
où toutes les matrices k̂(e) exprimées dans les repères locaux doivent être transformées en
matrices globales (exprimées dans le repère global) k(e) avant la procédure d’assemblage,
il en est de même pour les efforts.
Étape 6 : Détermination des déplacements nodaux.
On détermine les déplacements en imposant les conditions aux limites, en résolvant le
système :
F = Kd
Étape 7 : Détermination des efforts.
On détermine les contraintes et les déformations en remplacant les déplacements par leurs
valeurs, dans les équations (3.11) de l’étape 4.
1. Remarquer que cette matrice est singulière : ceci veut dire que les degré de liberté ne sont pas indépendants,
ils sont liés.
Pour l’élément 2, on a :
(2)
f3x k2 −k2
d3x
= (3.15)
f
2x −k2 k2 d(2)
2x
En plus, les éléments 1 et 2 doivent restés connectés au nœud 3 : c’est la condition de continuité
ou de compatibilité. Cette condition de compatibilité conduit à :
(1) (2)
d3x = d3x = d3x (3.16)
Figure 3.7 – Forces nodales compatibles avec la convention de signe de l’élément « ressort ».
La Figure 3.7 montre la structure éclatée où on montré en clair les efforts externes et les
efforts internes (aux nœuds).
L’équilibre des nœuds impose en particulier :
(1) (2)
F3x = f3x + f3x (3.17)
(2)
F2x = f2x (3.18)
(1)
F1x = f1x (3.19)
La force F1x est la réction du nœud 1 à l’application des efforts extérieurs.
Les relations (3.14) à (3.19) permettent d’écrire :
Réarrangant en fonction des indices croissants des degrés de liberté, on écrit finalement :
−k1
F1x k1 d1x
0
F2x = 0 k2 −k2 d2x (3.24)
F3x −k1 −k2 k1 + k2 d3x
Pour illustrer ces deux types généraux de conditions aux limites, considérons l’assemblage
déjà étudié des deux ressorts élastiques linéaires. Il est bien évident que cette structure n’a qu’un
seul degré de liberté, à savoir le mouvement dans la direction de l’assemblage.
On considère tout d’abord le cas des conditions aux limites homogènes. Par conséquent
toutes les conditions aux limites sont telles que les déplacements sont zéro à certains nœuds. Ici
on d1x = 0 car le nœud 1 est fixe, et la relation(3.24) peut alors s’écrire :
−k1
F1x k1
0
0
F2x = 0 k2 −k2 d2x (3.27)
F3x −k1 −k2 k1 + k2 d3x
où F1x est une réaction inconnue (à déterminer donc), F2x et F3x sont des forces connues
appliquées aux noeuds.
En résolvant le système linéaire par rapport à d2x et d3x , on aura :
1 1
1
+
d2x k F2x
k1 k1
= 2 (3.28)
d 1 1 F
3x 3x
k1 k1
Maintenant que les déplacements nodaux ont été déterminés, on peut déterminer F1x :
R Par conséquent, pour toutes les conditions aux limites homogènes, nous pouvons supprimer
les lignes et les colonnes correspondant aux degrés de liberté déplacement null de l’ensemble
des équations originales, puis résoudre pour les déplacements inconnus.
On considère maintenant le cas des conditions aux limites non homogènes. Ainsi certains des
déplacements spécifiés sont non nuls. On predra par simplicité d1x = δ, où δ est un déplacement
connu (imposé) tel que montré sur la Figure 3.8.
En s’intéressant aux deux dernières équations du système linéaire obtenu, on peut les reécrire
sousla forme :
k2 −k2 d2x F2x
= (3.31)
−k2 k1 + k2 d3x k1 δ + F3x
R Pour des conditions aux limites non homogènes, on doit, en général, transformer les termes
associés aux déplacements connus à la matrice de la force à droite de l’égalité, avant de
résoudre les déplacements nodaux inconnus.
La détermination des déplacements d2x et d3x se fait de la même manière que précedemment, et
la force F1x sera :
F1x = −k1 δ − k1 d3x (3.32)
!
d1 F 1
K11 K12
= (3.33)
K21 K22 d
2
F
2
où l’on a posé d1 les déplacements non imposés (ou libres) et d2 les déplacements imposés.
De l’équation (3.33), on a :
K11 d1 = F 1 − K12 d2 (3.34a)
Où F 1 désigne les forces nodales connues et F 2 les forces nodales inconnues au niveaux des
déplacements nodaux spécifiés (ou imposés).
On détermine tout d’abord d1 à partir de (3.34a), puis F 2 à partir de (3.34b). Dans la
relation (3.34a) on suppose que K11 n’est plus singulière 2 .
Exercice 3.1 Pour l’assemblage de ressorts montré sur la Figure 3.9, on demande de calculer :
1. la matrice de rigidité globale,
2. les déplacements des nœuds 2 − 4,
3. les forces nodales globales,
4. pour chaque élément, l’effort exprimé dans le repère local.
Le nœud 1 est fixe, alors que le nœud 5 est subit un déplacement imposé δ = 20 mm, tous les
ressorts ont la même raideur k = 200 kN/m.
On utilise la relation (3.12) pour exprimer la matrice de rigidité de chacun des ressort dans
sa base locale :
200 −200
(1) (2) (3) (4)
[k̂ ] = [k̂ ] = [k̂ ] = [k̂ ] =
−200 200
Figure 3.9 – Assemblage de trois ressorts avec déplacement imposé (exercice 3.1).
−200
200 0 0 0
−200 400 −200 0 0
0
[K̂] = −200 400 −200 0
0
0 −200 400 −200
0 0 0 −200 200
a11 a12 b11
a21 a22 b21
c11 c12 d11
Sommaire
4.1 Matrice de rigidité d’une barre rectiligne dans le repère local . . . 35
4.2 Transformation des vecteurs dans l’espace 2D . . . . . . . . . . . . . 38
4.3 Matrice de rigidité globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.4 Calcul des contraintes dans la barre dans le plan x–y . . . . . . . . . 41
û
x̂ ,
2
ŷ A
E
x
e , f̂ 2
d̂ 2x
L
1
T
θ
x
x
, f̂ 1
d̂ 1x
Figure 4.1 – Barre soumise à des forces de traction T ; les déplacements et les forces nodales positifs
sont tous dans la direction locale x̂.
û = a1 + a2 x̂
où le nombre des cœfficients ai est toujours égal au nombre de degrés de liberté (ddl) de
l’élément. Il est très facile d’établir :
dˆ2x − dˆ1x
!
û = x̂ + dˆ1x
L
dˆ1x − dˆ2x
!
fˆ1x = −T = AE
L
De facon similaire :
dˆ2x − dˆ1x
!
fˆ2x = T = AE
L
On peut écrire l’ensemble de ces relations sous forme matricielle :
fˆ1x
# ˆ
AE 1 −1 d1x
"
=
ˆ
f1x L −1 1 dˆ
1x
En posant :
" #
1 −1
[k̂] = (4.1)
−1 1
On écrit alors :
f̂ = k̂ d̂ (4.2)
y d2y
ŷ x̂ dˆ2y dˆ2x
θ
x d2x
2 2
x d1y
ŷ dˆ1y
x̂ dˆ1x
θ
x d1x
1 1
Figure 4.3 – Repères local et global : définition des déplacements nodaux
Si le repère local de la barre étudiée est orienté d’un angle θ par rapport au repère global,
les vecteurs de la base orthonormée locale s’écrivent :
soit :
# ˆ
dˆx
#
dx − sin θ dx sin θ dx
" "
cos θ cos θ
= ⇐⇒ = (4.3)
d sin θ cos θ ˆ
dy
ˆ
dy − sin θ cos θ d
y y
fˆ1x
# ˆ
AE 1 −1 d1x
"
=
ˆ
f2x L −1 1 dˆ
2x
ou :
f̂ = k̂ d̂
On veut maintenant relier les forces nodales globales f aux déplacements nodaux globaux d
pour l’élément « barre » orienté d’un angle arbitraire θ par rapport à l’axe x. Cette relation
donnera la matrice globale de rigidité de l’élément. La matrice recherchée doit satisfaire :
f d
1x i
f
d
1y
i
[f ] = = [k]
f2x
dj
f2y dj
R On remarque qu’un total de quatre composantes des forces et quatre composantes des
déplacements apparaîssement lorsqu’on travaille dans le repère global, alors que seulement
deux composantes apparaîssent si on travaille dans le repère local pour les éléments « ressort »
« barre »
Un raisonnement simple montre que l’on a par exemple pour les nœuds 1 et 2 de la Figure 4.3 :
dˆ1x = d1x cos θ + d1y sin θ , dˆ2x = d2x cos θ + d2y sin θ
car un changement de repère agit sur les vecteurs de la même manière. Les équations
précédentes s’écrivent sous forme condensée :
dˆ = T d , fˆ = T f
Puisque dans le cas de la barre étudiée, on a fˆ1y = fˆ2y = 0, les lignes correspondantes dans la
matrice de rigidité ne contiennent que des zéros.
En exploitant les résultats précédents, on peut encore écrire la relation précédente sous la
forme :
T f = k̂ T d
Multipliant les deux termes par T−1 :
f = T−1 k̂ T d
T−1 = TT
avec TT est la transposée de T. Cette dernière propriété de T montre que c’est une matrice
orthogonale.
En remplacant T−1 par TT , on peut finalement obtenir la matrice globale de rigidité de
l’élément « barre » (exprimée dans le repère global) :
k = TT k̂ T (4.4)
cos2 θ − cos2 θ
cos θ sin θ − cos θ sin θ
EA cos θ sin θ
2
sin θ − cos θ sin θ − sin2 θ
[k] = (4.5)
− cos 2 θ − cos θ sin θ cos 2 θ cos θ sin θ
L
− cos θ sin θ − sin θ2 cos θ sin θ 2
sin θ
De façon similaire, les forces globales F aux nœuds, exprimées dans le repère global, peuvent
être obtenues par :
N
f (e)
X
F=
e=1
La matrice de rigidité globale relie maintenant les forces nodales aux déplacements nodaux, dans
le repère global :
F = Kd (4.6)
=
ˆ
f2x L −1 1 dˆ
2x
fˆ2x
σ=
A
Mais on a aussi :
i dˆ1x
AE h AE h i
fˆ2x = −1 1 = −1 1 dˆ
L ˆ
d2x L
Soit alors :
Eh i
σ= −1 1 dˆ
L
Ou encore :
d1x
i d1y
Eh
σ= − cos θ − sin θ cos θ sin θ (4.7)
L
d2x
d2y
Exemple 4.1 Pour la barre homogène de la Figure 4.5, déterminer les contraintes normales
si la section courante de la barre est A = 4 × 10−4 m2 , son module d’Young est E = 210 GP a,
L = 2 m, d1x = 0, 25 mm, d1y = 0, 0 mm, d2x = 0, 50 mm et d2y = 0, 75 mm.
0, 25 × 10−3 m
√ √
−3
0, 00 × 10 m
210 × 109 P a
1 3 1 3
σ= − − ' 81, 32 × 106 P a = 81, 32 M P a
2m 2 2 2 2 −3
0, 50 × 10 m
0, 75 × 10−3 m
Exemple 4.2 Pour le treillis de la Figure 4.6, déterminer les efforts dans les barres et le
déplacement vertical du nœud b si la section courante des barres est A = 4 × 10−4 m2 , le module
d’Young est E = 210 GP a, L = l1 = l2 = 2 m et P = 1000 kN .
e1 e2
l1 y l2
1 45° 45° 3
x
2l
Pour cette structure, on a un total de 6 degrés de liberté avant application des conditions
aux limites. L’ordre de la matrice de rigidité globale doit être 6 × 6.
L’axe x̂ sera orienté du nœud 1 au nœud 2 pour la barre e1 , et du nœud 2 au nœud 3 pour la
barre e2 : cecui permettra par la suite, une interprétation plus aisée du sens des efforts axiaux.
Puisque toutes les barres ont la même rigidité à l’allongement, on va la calculer une fois pour
toutes :
EA 210 × 109 × 6 × 10−4
= = 63 × 106 N/m
L 2
Pour l’élément e1 , la matrice de rigidité sera conformément à l’équation (4.5)
Le vecteur chargement nodal s’écrit dans le repère global, en vertu de la relation (4.6) :
1 1
d2x = 0 ; d2y = − m ; d2y = − m
63 63
et
F1x = 0, 5 × 106 N ; F1y = 0, 5 × 106 N ; F3x = −0, 5 × 106 N ; F3y = 0, 5 × 106 N
On remonte ensuite aux efforts dans les barres par les formules déjà établies, pour la barre
soit : √ √
2 6 2
fˆ1x = ˆ ˆ
× 10 N ; f1y = 0 N ; f2x = − × 106 N ; fˆ2y = 0 N
2 2
pour la barre (2) :
√ √
2 2
− 0 0
fˆ2x 2 2
√ √
f2x = 0
2 2
fˆ2y f2y = −106
0 0
= 2 2
√ √
f = −0, 5 × 106
fˆ3x 2 2 3x
−
0
0
2 2
√ √ f3y = 0, 5 × 106
fˆ
3y
2 2
0 0
| {z 2 2 }
[T]
soit : √ √
2 6 2
fˆ2x = × 10 N ; fˆ2y = 0 N ; fˆ3x = − × 106 N ; fˆ3y = 0 N
2 2
R Ce qu’on vient d’obtenir c’est en fait les réactions des appuis et les efforts dans les barres
’action des nœuds sur les barres). Comme prévu, les efforts dans les barres sont axiaux
uniquement.
Sommaire
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
5.2 Mise en œuvre de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
5.3 Applications à l’élément « poutre » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
5.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
5.1 Introduction
n utilisera le principe du minimum de l’énergie potentielle pour obtenir les équations d’équilibre
dans l’espace 3D. Puisque les degrés de liberté nodaux (déplacements) sont pris comme inconnues
dans la présente formulation, l’énergie potentielle Ep doit tout d’abord être exprimée en termes
de ces degrés de liberté. Les équations d’équilibre seront ensuite obtenues en annulant les
dérivées premières de l’énergie potentielle par rapport à chaque degré de liberté nodal.
où
Q(e) : le vecteur des déplacements nodaux (degrés de liberté) de l’élément (e),
[N] : la matrice des fonctions de formes.
L’énergie potentielle de l’élément (e) s’exprime par :
1
Z Z Z
(e)
Ep(e) = εT [D] (ε − 2ε0 ) dV − U T .Φ dSl − U T .ϕ dV (e) (5.2)
2 V (e) (e)
Sl V (e)
où
V (e) : le volume élémentaire de l’élément (e)
(e)
Sl : la portion de surface de l’élément (e) sur laquelle une distribution de forces surfaciques
Φ est donnée
∂u ∂.
εxx
∂x
∂x 0 0
∂v
0 ∂.
0
ε yy
∂y
∂y
u (x, y, z)
∂w ∂.
ε
zz
∂z
0
0 ∂z
v (x, y, z)
= [B].Q(e)
ε= = ∂u ∂v = ∂. ∂.
(5.3)
εxy
∂y + ∂x
∂y ∂x 0
w (x, y, z)
∂v
∂w
∂.
∂.
εyz
∂z + 0
∂y
∂z ∂y
ε ∂u ∂w ∂. ∂.
+ 0
zx
∂z
∂x
∂z ∂x
où l’on a posé
∂.
∂x 0 0
0 ∂.
0
∂y
∂.
0 0
∂z
[B] =
∂. ∂.
[N] (5.4)
∂y ∂x 0
∂. ∂.
0
∂z ∂y
∂. ∂.
∂z 0 ∂x
En remplaçant les expressions (5.3), (5.4),(5.5) dans (5.2), l’énergie potentielle devient alors :
1
Z T Z T
Ep(e) (e) (e)
Q(e)
T
= Q [B] [D][B]Q dV − [B]T [D]ε0 dV
2 V (e) Z T V
(e)
Z T
(e) (e)
Q(e)
T
− (e)
Q [N] .Φ dSl − [N]T .ϕ dV (5.6)
Sl V (e)
R Dans l’expression (5.6), il n’a pas été tenu compte des forces nodales concentrées P̃ c
éventuelles. Si elles existent, il faut alors ajouter leurs contributions dans l’énergie potentielle
du système :
E
(e)
X
Ep = Ep − Q̃.P̃ c (5.7)
e=1
E Z
1 T X
T Z
Ep = Q̃ [B]T [D][B] dV Q̃ − Q̃ [B]T [D]ε0 dV
2 e=1 V (e) V (e)
Z Z T
T T
+ (e)
[N] .Φ dSl + [N] .ϕ dV − Q̃ .P̃ c (5.9)
Sl V (e)
L’expression (5.9) exprime l’énergie potentielle totale de la structure, en terme des degrés de
liberté nodaux Q̃. La configuration de l’équilibre statique de la structure est alors obtenue en
écrivant les conditions suivantes (minimum de l’énergie potentielle) :
Et de façon équivalente :
E
X E
(e) (e)
[K(e) ] .Q̃ = P̃ c + P i + P (e)
X
s +Pb = P̃ (5.11)
e=1 e=1
Où l’on a posé :
Z
(e)
[K ]= [B]T [D][B] dV matrice de rigidité de l’élément (e) (5.12)
V (e)
Z
(e)
Pi = [B]T [D]ε0 dV vecteur efforts dûs aux déformations initiales, de l’élément (e)
V (e)
(5.13)
Z
P (e)
s = (e)
[N]T .Φ dSl vecteur efforts dûs aux charges surfaciques, de l’élément (e) (5.14)
Sl
Z
(e)
Pb = [N]T .ϕ dV vecteur efforts dûs aux charges volumiques, de l’élément (e) (5.15)
V (e)
L’équilibre de toute la structure s’écrit alors :
[K] Q̃ = P̃ (5.16)
˜
où :
E
[K(e) ] la matrice globale (assemblée) de rigidité
X
[K] = (5.17)
˜
e=1
et :
E
(e) (e)
P i + P (e)
X
P̃ = P̃ c + s +Pb le vecteur global (assemblé) des efforts nodaux (5.18)
e=1
La solution recherchée pour les déplacements nodaux et les contraintes est obtenue en résolvant
les équations (5.16) en tenant compte des conditions aux limites.
On suppose que le déplacement vertical v (x) (selon l’axe des y) est de la forme :
v (x) = a1 + a2 x + a3 x3 + a3 x3 (5.19)
On détermine les contantes ai en utilisant les conditions aux bords, ceci conduit à :
1 3 2 3
1 3 2 2
v (x) = 2x − 3lx + l q 1 + x − 2lx + l x q2
l3 l2
1 1
+ 3 −2x3 + 3lx2 q3 + 2 x3 − lx2 q4 (5.20)
l l
q1
q2
h i
v (x) = N1 N2 N3 N4 = [N].q (5.21)
q3
q4
Où l’on a posé
1 3 2 3
N1 = 2x − 3lx + l (5.22)
l3
1
N2 = 2 x3 − 2lx2 + l2 x
(5.23)
l
1
N3 = 3 −2x3 + 3lx2
(5.24)
l
1
N4 = 2 x3 − lx2
(5.25)
l
Conformément à la théorie des poutres, une section plane avant déformation restera plane
après déformation, et donc, le déplacement axial u dû au déplacement transversal v peut être
exprimé par :
dv
u = −y. (5.26)
dx
Z Z l Z
[K(e) ] = [B]T [D][B] dV = E dx [B]T [B] dA (5.30)
V (e) 0 A
q1 q2 q3 q4
12 6l −12 6l
q1
6l 4l2 −6l 2l2
q2
[Link]
= 3 (5.31)
l −12 −6l 12 −6l q3
2l2 −6l 4l2
6l q4
5.4 Applications
Exemple 5.1 Une poutre de longueur l, supporte une charge uniformément répartie p0 tel que
On utilise la formule (5.14) avec p0 , la surcharge surfacique (linéique dans notre cas).
Figure 5.5 – Poutre supportant une charge uniformément répartie p0 : vecteur des chargements nodaux.
1 3 − 3lx2 + l3 p0 2l
l 3 2x
1
3 2 2 l 2
l2 x − 2lx + l x p0 12
Z Z l Z l
(e) T (e)
P s = (e) [N] .Φ dSl = p0 [N] dx = p0 1 dx = P =
−2x3 + 3lx2 p0 2l
Sl 0 0
l3
1 3 2
2
−
x lx l
−p
2 0
l 12
R Remarquer qu’une charge uniformément répartie n’est pas équivalente à deux forces
concentrées appliquées aux nœuds, mais aussi de deux couples appliqués aux nœuds : ces
efforts obtenus à partir de la formule (5.14) sont dits : « efforts nodaux énergétiquement
équivalents à p0 .
Figure 5.6 – Poutre supportant une charge uniformément répartie p0 : vecteur des chargements nodaux.
Exemple 5.2 On suppose que la poutre de l’exemple précédent supporte une charge concentrée
P0 appliquée à l’abscisse x = a.
Déterminer le vecteur des chargements nodaux.
(e)
Il s’agit cette fois de déterminer le vecteur P c .
Z l Z l
P (e)
c = p (x) .v (x) dx = P0 .δ (a − x) [N (x = a)]T q (e) dx
0 0
où : (
1 si x = a
δ (a − x) =
0 6 a
si x =
est la distribution de Dirac.
Soit :
1 3 2 3 2a3 − 3la2 + l3
3 2a − 3la + l
l
1 3
2 2 3 2 2 3
l
2 a − 2la + l a
a l − 2l a + l a
P
0
(e)
Pc = 1 3 2
.P0 = 3 2 . 3
3 −2a + 3la −2a + 3la l
l
1
a3 − la2 a3 l − l2 a2
l2
Exemple 5.3 Une poutre bi-articulée de longueur 1 m supporte une charge uniformément
répartie p0 = 100 N/cm sur toute sa longueur. Si la poutre a une section transversale courante
rectangulaire de largeur 1 cm (dans la direction des z) et une hauteur 2 cm (dans la direction
des y), et si le matériau constitutif de la poutre a un module d’Young E = 207 GP a, déterminer
les éléments suivants en utilisant l’élément « poutre ».
1. la flèche (à mi-travée) de la poutre,
2. la variation de la contrainte normale dans la poutre.
[K] Ṽ = P̃
˜
où :
12 6l −12 6l
6l
4l2 −6l 2l2
(e) [Link]
[K ] = 3
l −12 −6l 12 −6l
2l2 −6l 2
6l 4l
p0 2l
V1
l 2
V
2
p
0 12
Ṽ = V (e) = ; P̃ = P (e) =
V3
p0 2l
l 2
V4 −p0 12
[K] V = P
avec :
2
2l2
[Link]
4l V2
P2
l2
p0 1
[K] = 3 2 ; V = ; P= =
l 2l 4l2 V4 P4 −1
12
Ce qui conduit à :
V2 = 0, 3019 rad ; V4 = −0, 3019 rad
La déformée de la poutre est donnée par :
v (x) = [N] V (e) = N1 (x) .V1 + N2 (x) .V2 + N3 (x) .V3 + N4 (x) .V4 = 0, 3019 ( N2 (x) − N4 (x) )
Cette valeur est à comparer avec vmax = 9, 4354 cm obtenue avec la théorie simplifiée des poutres.
Pour la variation de la contrainte normale, on écrit :
d2 v d2 N2 (x) d2 N4 (x)
σxx (x) = E.εxx (x) = −y.E. = −y.E V 2 + V4 = 124, 9866 × 109 y
dx2 dx2 dx2
h
Le maximum (ou minimum) de la contrainte normale aura lieu pour y = ± = ±1 cm, soit :
2
Exemple 5.4 On considère la poutre console de la Figure 5.7 dont le matériau constitutif a un
module d’Young E = 69 GP a et un cœfficient de Poisson de ν = 0, 33
1. Déterminer la déflexion à x = 0, 25 m
2. Déterminer la rotation à x = 0, 25 m
69 × 109 0, 1 × 0, 063
[Link]
= = 993600 N/m
l3 12 × 0, 503
12 3 −12 3
3
1 −3 0, 5
[K(e) ] = 993600
−12 −3 12 −3
−3
3 0, 5 1
En tenant comptes des conditions aux limites, les équations d’équilibre s’écrivent :
−12
12 3 3 V1 = 0 P1
3
1 −3 0, 5
V
2 = 0
P 2
993600
−12
=
−3 12 −3 V3
P3 = −1000
−3
3 0, 5 1
V 4
P 4 = 0
v3 ' −3, 3548 × 10−4 m ; v4 ' −1, 007 × 10−3 rad ; P1 ' 998, 329 N ; P2 ' 499, 721 N.m
soit :
v (x = 0, 25) = −1, 048 × 104 m
soit
θ (x = 0, 25) = −7, 548 × 10−4 rad
Déterminer les matrices de rigidité de chaque partie, puis la matrice de rigidité globale de la
structure.
v1 θ1 v2 θ2
3 3l −3 3l
v1
3l 4l2 −3l 2l2
θ1
E.I
[K(1) ] = 3
l −3 −3l 3 −3l v2
2l2 −3l 4l2
3l θ2
v2 θ2 v3 θ3
12 6l −12 6l
v2
6l 4l2 −6l 2l2
θ2
E.I
[K(2) ] = 3
l −12 −6l 12 −6l v3
2l2 −6l 4l2
6l θ3
v1 θ1 v2 θ2 v3 θ3
3 3l −3 3l 0 0
v1
3l 4l2 −3l 2l2 0 0
θ1
E.I −3 −3l 15 3l −12 6l v2
[K] = 3
l 3l 2l2 3l 8l2 −6l 2l2
θ2
0 0 −12 −6l 12 −6l
v3
0 0 6l 2l2 −6l 4l2 θ3
1000 N.m2 est chargée par une force concentrée F2 = 240 N tel que montré sur la Figure 5.9.
Il est suffisant dans ce cas, d’utiliser deux éléments finis 1 de même longueur.
v1 θ1 v2 θ2
12 6 −12 6
v2
6 4 −6 2
θ2
(1)
[K ] = 1000
−12 −6 12 −6
v3
−6
6 2 4 θ3
v2 θ2 v3 θ3
12 6 −12 6
v2
6 4 −6 2
θ2
[K(2) ] = 1000
−12 −6 12 −6
v3
−6
6 2 4 θ3
L’assemblage de ces matrices de rigidité conduit à la matrice globale de rigidité. Le vecteur des
efforts nodaux appliqués à la structure inclue les réactions d’appuis :
v1 θ1 v2 θ2 v3 θ3
v1 = 0 F1
12 6 −12 6 0 0
v1
θ 1 = 0 M 1
−6
6 4 2 0 0
θ1
V2 F2 = 240
−12 −6 24 0 −12 6
v2
[K] = 1000 =
θ2 M2 = 0
−6
6 2 0 8 2
θ2
V = 0 F3
3
−12 −6 −6
0 0 12
v3
θ = 0 M3
3
0 0 6 2 −6 4
θ3
v (x = 0, 5 m) = v1 .N1 (0, 5) + θ1 .N1 (0, 5) + v2 .N3 (0, 5) + θ2 .N4 (0, 5) = v2 .N3 (0, 5)
soit
v (x = 0, 5 m) = 0, 01 × 0, 5 = 0, 005 m
0
" #
0
" #
dN dN3
v (x = 0, 5 m) = θ (x = 0, 50) = = v2 . = 0, 01 × 1, 5 = 0, 015 rad
dx 0, 01
dx
x=0,50 x=0,50
0