Chapitre 6 : Dualité onde / corpuscule
A la fin de ce chapitre, l’étudiant doit être capable de :
- savoir ce qu’est une fonction d’onde,
- écrire l’équation de Schrödinger d’une fonction d’onde,
- définir une orbitale atomique et une orbitale moléculaire.
I- Rappel
La lumière présente un aspect tantôt ondulatoire, tantôt corpusculaire. Un rayonnement de
longueur d'onde λ peut être décrit sous son aspect corpusculaire par un photon d'énergie E et de
quantité de mouvement p.
E = hν et p =
Les travaux de de Broglie en 1924 ont généralisé ce concept:
- A toute particule est associée une onde plane se propageant
- A toute onde est associée une particule en mouvement
La relation entre la quantité de mouvement p de la particule, et la longueur d'onde λ de son onde
associée est :
λ= =
Avec : h constante de Planck (6,623.10-34 Js)
m masse de la particule
v la vitesse de la particule
II- Probabilité de présence
On ne peut pas déterminer avec exactitude le mouvement d’une particule. On peut par contre
déterminer la probabilité de le retrouver en un point de l’espace entourant le noyau. La
probabilité de présence varie avec la distance au noyau. Le noyau est donc entouré d’un nuage
électronique dont la densité est variable. Cette notion de probabilité de présence est en accord
avec l’inégalité de Werner Heisenberg (Principe d’incertitude).
Soient v la vitesse d’une particule en mouvement, P sa quantité de mouvement et x sa position.
Si Δx désigne l’incertitude sur sa position et ΔP l’incertitude sur sa quantité de mouvement P,
Alors ΔxΔP ≥ or ΔP = mΔv
ΔxΔP = m ΔxΔv ≥
ΔxΔv ≥
Si m est grand, ΔxΔv peut être très petit. Si m est la masse de l’électron, alors ΔxΔv ne peut pas
être ignoré. Ceci conduit à une conception probabiliste du mouvement des électrons (Concept de
fonction d’onde).
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III- Fonction d’onde
1- Densité de probabilité de présence
Les particules sont décrites par des ondes auxquelles sont associées des fonctions d’ondes Ψ.
L’amplitude d’une onde/particule représentée par sa fonction d’onde Ψ dépend des coordonnées
cartésiennes (x, y, z) et sphériques (r, θ, φ) du point de l’espace considéré.
Le carré de cette fonction, Ψ2 (x, y, z), représente la densité de probabilité de présence de la
particule en ce point ou densité électronique.
Ψ2 = avec dP la probabilité et dV le volume
Ψ2 est normalisée. Cette condition de normalisation s’écrit :
Ψ dV = 1 (1)
La probabilité de trouver l’électron dans l’espace tout entier est égale à 1.
Dans les années 1920, une nouvelle mécanique a été développée pour expliquer les nombreuses
expériences qui ne pouvaient pas être interprétées par la mécanique newtonienne. C’est la
mécanique quantique qui décrit le comportement des particules (noyaux, électrons) dans le
monde du très petit. Comme en mécanique classique, il existe en mécanique quantique une
équation fondamentale. C’est l’équation de Schrödinger.
2- Equation de Schrödinger
La fonction d’onde est déterminée par l’équation de Schrödinger (Physicien autrichien 1887-
1961).
HΨ = EΨ (2)
Avec - H : un opérateur appelé hamiltonien (Un opérateur est un objet mathématique qui
transforme une fonction en une autre fonction (ex. : dérivées, etc.)). H contient de
l’information relative à l’énergie cinétique des particules et à leurs énergies potentielles.
- E : un réel, l’énergie du système.
- fonctions solutions Ψ : fonction propres de l’opérateur H ; E associées : valeurs propres
(ce sont les énergies possibles du système).
L’équation de Schrödinger n’a de solutions que pour certaines valeurs de l’énergie appelées
valeurs propres.
Résoudre l’équation de Schrödinger revient à rechercher l’ensemble des couples (Ψi, Ei) qui
satisfont les équations (1) et(2). Elle écrite sous la forme :
( )
ΔΨ + =0
Avec : E : Energie totale de l’électron,
V : Energie potentielle de l’électron
m : masse l’électron
h : constante de planck
Pour l’atome d’hydrogène les valeurs propres de l’énergie sont données par la relation
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(
!" )
#$&% '& *&
En = -
NB : L’équation de Schrödinger ne peut être résolue que pour les systèmes à un électron
(Hydrogénoïdes).
III- Orbitales atomiques
1- Définition
Une orbitale atomique définit un état pour un électron. Chaque orbitale correspond à une case
quantique du modèle de Bohr. Le principe de Pauli s’applique aux orbitales comme aux cases
quantiques. La même nomenclature sert à désigner les cases quantiques et les obitales 1s, 2s, 3s,
3p, etc.
Les cases quantiques définissent seulement un niveau d’énergie alors que une orbitale définit à la
fois un niveau d’énergie et la géométrie de la région de l’espace dans laquelle l’électron se trouve
le plus souvent.
2- Composante radiale et composante angulaire
Dans un repère où le noyau est fixe, Ψ ne décrit que le comportement de l’électron, H contient
l’interaction noyau-électron + l’énergie cinétique de l’électron. Par symétrie : Ψ (r, θ, φ)
(coordonnées sphériques) est la fonction d’onde décrivant le comportement de l’électron autour
du noyau.
La résolution mathématique conduit à des solutions faisant apparaître 3 nombres entiers
quantiques : n, ℓ et m
Ψ (r, θ, φ) = Rn, ℓ (r).Yℓ,m (θ, φ)
Rn, ℓ (r) : partie radiale,
n ∈ IN∗ ; ℓ ∈ IN 0 ≤ ℓ < n et m ∈ Z − ℓ ≤ m ≤ + ℓ
Yℓ, m (θ, φ) : partie angulaire (harmonique sphérique)
Coordonnées sphériques
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NB : Si deux fonctions propres différentes sont associées à la même valeur propre E, on dit que
les deux solutions sont dégénérées.
L’ensemble des 3 nombres quantiques n, ℓ et m définit un état stationnaire de l’électron
caractérisé de façon univoque par une fonction d’onde Ψn, ℓ, m appelée aussi orbitale atomique
(OA).
n ℓ m Ψn,ℓ,m
1 0 0 Ψ1,0,0 notée OA 1s
2 0 0 Ψ2,0,0 notée OA 2s
1 -1 ; 0 ; 1 2p+1, 2p0, 2p−1 (ou OA 2pz, 2px, 2py)
3- Description des fonctions propres
- Fonction 1s (n = 1 et ℓ = 0)
Ψ1s = / exp(− )9
8 :
12 √<
0123
:
√<
La partie angulaire de la fonction est :
exp(− )
8
12
La partie radiale de la fonction est :
0123
a0 est le rayon de Bohr (52,9 pm).
Ψ1s possède toujours le même signe.
- Fonction 2s (n = 2 et ℓ = 0)
Ψ2s = / (2 − )exp(− )9
: 8 8 :
12 12 √<
0 123
:
√<
La partie angulaire de la fonction est :
(2 − )exp(− )
: 8 8
12 12
La partie radiale de la fonction est :
0 123
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Ψ2s s’annule en r = 2a0.
Une surface où une fonction d’onde s’annule est appelée surface nodale. La fonction change de
signe quand on traverse la surface nodale.
- Fonction 2p (n = 2 et ℓ = 1)
En coordonnées sphériques :
Ψ2px = / (1 )exp(− )9 0< cos C sin θ
: : 8 ?
12
0>123 2
Ψ2py = / ( )exp(− )9 0 sin C sin θ
: : 8 ?
1 12 <
0>13 2
2
Ψ2pz = / ( )exp(− )9 0 cos θ
: : 8 ?
12 12 <
0>123
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NB : La sous-couche 3d a cinq (5) orbitales : 3dxy, 3dxz, 3dyz, 3dz2, 3dx2 − y2. Deux plans
nodaux pour chaque orbitales (sauf pour 3dz2 : cône nodal).
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