DP1 CM
DP1 CM
Introduc)on :
Droit pénal : branche du droit ayant pour objet tradi3onnel la préven.on et la répression des
infrac3ons.
Le droit pénal décrit ce qu’il devrait être et ce qu’il ne devrait pas être (ce qu’il faire ou ne faut pas
faire sous peine de sanc3on).
Ses caractéris.ques :
§ Expressif : il vient porter une construc3on sociale et juridique de ce qu’est la criminalité. C’est
à dire que le CP nous dit ce qui est interdit dans notre pays.
Comme le droit pénal exprime ces évolu3ons, le contenu de la ma.ère varie dans le temps, donc le
champ de ce qui est criminel varie lui aussi dans le temps.
Chaque pays est différent et la société évolue, certes, mais le droit pénal vient tout de
même réprimer ce qui porte a9einte aux valeurs sociales fondamentales.
Pourquoi ?
Tout d’abord une personne en infrac3on porte a@einte non pas à une seule personne, mais à toute la
société (les gens ont peur, sont touchés moralement…). Par ailleurs, il y a aussi une certaine passion
des gens pour la criminalité.
Par conséquent, tout le monde a un avis sur ce qu’il faudrait faire. Les citoyens se sentent impliqués
par les faits divers et ils s’intéressent donc au contenu de la loi (car pour eux mal faite) et donc au droit
pénal. (« Café du commerce »).
§ Sanc.onnateur :
Toutes les règles de droits prévoient les conséquences de leur viola3on (ex : la viola3on d’un contrat
ou dommages et intérêts pour avoir causés un préjudice en droit civil etc…). Mais elles sont
différentes par leur contenu (pas de prison pour avoir violer un contrat).
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La sanc.on en pénale est différente par son contenu car c’est une peine (poena=souffrance) soit un
châ.ment.
Ce>e sanc3on est aussi par3culière car le droit pénal définit l’exercice par la société du droit de punir :
Þ Les citoyens ont donné à l’État ce droit de sanc.onner tous les individus qui
contreviendraient aux valeurs sociales. Il exerce celui-ci au nom de la société.
Þ L’État vient rétablir l’équilibre sociale au nom de tous les citoyens et non pas uniquement la
vic3me puisque l’infrac3on impacte tous les citoyens.
Þ Le parquet défend la société face à l’auteur de l’infrac3on (la vic3me est désignée en tant
que par3e civile).
Il y a également « La Loi des XII tables » vers -450 av JC (1er corpus de lois romaines écrites).
Car c’est un texte qui a établi les composi.ons soit l’amende d’aujourd'hui (un tarif appliqué pour
une sanc3on). C’est aussi la première organisa3on qui définit l’interdit (ou non) et avec ses
conséquences.
Pendant longtemps il n’existait que la vengeance privée, avec un fonc3onnement en clan (le clan
décidait de la sanc3on). Or cela a amené à des dérives (au départ un vol, puis meurtre etc…) à
vengeance non propor.onnée et guerres incessantes pour pas grand-chose.
Par conséquent, il a fallu trouver un moyen : c’est le début de la jus3ce privée. Celle-ci se traduit par
la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent.
Cela a provoqué une très grande évolu3on : on équilibre la vengeance par une réponse
propor.onnée (si vol alors on répond par un vol). C’est pourquoi on parle d’une réponse de jus3ce.
Cependant elle reste privée car non organisée par l’État (exécutée par les clans).
La réponse n’est plus prononcée directement par les clans mais par l’État lui-même au nom de la
société. Le droit de punir est accordé à l’État.
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Ces étapes ne sont pas linéaires et se sont parfois entremêlées (pas de dates précises).
Le Moyen Age :
La jus3ce publique a commencé à se développer au cours du Moyen Age avec la Jus3ce ecclésias3que
et le droit canonique (le clergé a un pouvoir conséquent et est le premier à avoir repris le droit
romain). Celle-ci avait une organisa3on hiérarchisée permeZant d’avoir une jus3ce ecclésias3que.
Par ailleurs, Le droit non canonique était variable selon les territoires (on parlait de royaume de
France car il y avait de pe3ts territoires avec son propre maitre au sein de la France). Les seigneurs
exerçaient leur pouvoir au sein de leur fief.
Þ La jus3ce était donc très variable. Les peines étaient très inégalitaires (selon la personnalité
du seigneur et la fortune).
Þ Elle était aussi très arbitraire. Il y avait quelques ordonnances qui tentaient d’encadrer, mais
les seigneurs disposaient d’une telle largesse qu’ils dirigeant selon leur bon vouloir.
Þ Il y avait aussi une grande rigueur :
Exemple : dans le mode d’exécu3on de peine de mort : pendaison, la roue, le Buchet, l’écartèlements,
l’encastrassions, l’amputa3on.
Ces modes d’exécu3on étaient a@entatoires à l’intégrité corporelle et à la dignité humaine. Le but
était de provoquer de la souffrance extrême et également publique : montrer à tout le monde pour
dissuader.
Aparté : la prison était d’abord pour but la détenCon provisoire pour garder un
capCvité les délinquants avant la torture.
La Révolu.on française :
L’arrivée de la Révolu3on française et de ses idées provoque ainsi l’arrivée du code pénal. Il fallait
dompter la rigueur et l’inven3vité des peines de l’Ancien Régime.
De plus, la philosophie des lumières a cherché à lu@er contre les inégalités de l’Ancien régime et
contre leur mise en œuvre. Ils prônaient les libertés fondamentales pour tous et l’égalité des
citoyens y compris devant la loi ainsi aussi devant la loi pénale.
Comment ?
On cherche une plus forte propor.onnalité des peines : Les peines démesurées ne servent à rien et
la torture ne dissuade pas. Alors on se dit qu’il faut une réponse plus ajustée.
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Ils souhaitent aussi assurer une prévisibilité : savoir ce que l’on encourt en cas d’infrac3on et peu
importe sa fortune.
Þ Ainsi La DDHC dispose des principes qui visent à assurer la prévisibilité et la sécurité
juridique. Sous l’impulsion de grands philosophes et en par3culier Montesquieu, Rousseau,
et Césarie Beccaria (un des Peres du droit pénal).
• La légalité criminelle (tout est dans la loi/ les codes : cela assure aussi la prévisibilité des
citoyens)
• L’Egalite des citoyens devant la loi
• La Nécessité des peines (propor3onnalité : « ni plus qu’il n’est juste ni plus qu’il n’est
nécessaire » : ortolan)
• La Non-rétroac3vité des lois pénales (une loi nvelle ne vaut que pour le futur).
Apparait donc la première version du code pénal en 1791 (et non en 1810).
Elle nait après la révolu3on avec des codifica3ons (liste d’infrac3on de nature criminelle).
Cependant on ne les re3ent pas car très variant étant donné l’instabilité du régime (Terreur
etc...)
Ainsi le Code pénal fondateur du droit pénal moderne est le code pénal de 1810 :
Aujourd’hui les peines notées dans le code pénal sont les peines maximales : c’est-à-dire la possibilité
max pour le juge. C’est le principe de la construc3on moderne du droit. (Ex : 15 ans de réclusion
criminelle pour viol, mais possible d’en avoir que 10).
Or, les juridic3ons pouvaient tout de même aller contre le droit et acquiZer certains profils
par3culiers (ex : mère infan3cide). Cela a conduit le législateur à revoir le système des peines fixes car
même si elle assure la prévisibilité des citoyens, elle peut être préjudiciable :
C‘est à ce moment qu’apparait l’excuse de « puerpéralité » : mère infan3cide touchée par un fort post-
partum (= dépression après la naissance). Autre exemple : mari qui tue l’amant de sa femme
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Þ 1854 : Autre système : les fourche@es de peines à le code prévoit un minimum et un
maximum. (Ex : entre 1 an et 3 ans pour vol)
Après ce Code de Napoléon, des Grands courants juridiques et philosophiques sont apparus : ils ont
oscillé entre philosophie déterministe et philosophie du libre arbitre :
La criminalité était un « mal humain » soit dans Il y a toujours une part de décision même si le
les gênes, on nait avec ce trait de personnalité choix a été induis par des facteur
criminel : c’est notre des3née. criminogènes : il y a des influences certes, mais
à tout moment on aurait pu choisir une autre
voie
Ces deux posi3onnements ont exercé une influence sur les courants de pensée et ce qu’on aZendait
du droit pénal (=la réponse pénale). Ainsi deux écoles se divisent :
Reprise du libre arbitre : Leurs travaux ont permis de meZre en place la responsabilité pénale :
- S’il une personne a voulu son acte, alors elle peut être pénalement responsable.
- Si la personne n’est pas consciente de ses actes, elle ne l’a pas voulu, donc irresponsable
pénalement.
CeZe École prône aussi l’individualisa.on des peines car elle es3me que la peine doit être u3le.
Pourquoi ?
• Les auteurs se sont ques3onnés sur l’u3lité de la peine (à quoi elle sert-elle ?) et ont ainsi
développé une vision u.litariste d’une peine :
à La peine ne sert pas uniquement à faire mal (pas uniquement une souffrance), elle
doit éviter la récidive et encore mieux éviter le passage à l’acte.
Ainsi pour qu’une peine soit u.le il faut qu’elle soit pensée en fonc.on de chaque personne.
Ils prônent aussi la resocialisa.on et l’amendement : la peine doit rendre le délinquant meilleur et le
réinsérer socialement.
Par exemple, au niveau physique : il est poilu, avec des arcades sourcilières et les orbites prononcés.
(Ressemblant à des singes)
Cependant, cela aura des conséquences néfastes car toute personne qui ressemble à ce profil sera
catégorisé criminel même en ayant rien fait. Ainsi, même si Garofalo est un des Pères de la
criminologie, son succès reste limité à son époque.
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Par ailleurs, ceZe école prône les mesures de sureté : (c’est-à-dire qu’il préfère prévenir que guérir :
enfermer ceux qui ont un profil de criminel avant leur poten3el passage à l’acte)
Les mesures de sûreté se définissent comme de simples précau3ons de protec3on sociale des3nées à
prévenir la récidive. Elles agissent donc à 3tre préven3f et non répressif. Leur fondement est la
reconnaissance d'un état dangereux qu'il convient de neutraliser. Exemples de mesures de
sûreté prises par l'autorité administra3ve :
• Internement des aliénés dangereux ; Expulsion d'un étranger en situa3on irrégulière ; Bracelet
électronique etc…
Pour lui la responsabilité pénale n’a pas de sens car un homme nait criminel. Il est donc contre une
souffrance démesurée aux délinquants.
Il préfère axer la sanc3on/ répression sur la dangerosité de l'individu plutôt que sur la gravité des
faits. La réponse pénale est donc ajustée en fonc3on du niveau de dangerosité perçu chez l’individu.
Courant plus récent : fin 2nd GM. Divisé en 2 par3es mais nous parlerons de la deuxième uniquement.
Ce>e vision est influencée par ce contexte d’après-guerre.
Ce courant regroupe des individus qui n’étaient pas favorable aux fonc3ons tradi3onnelles des
peines et notamment au fait qu’elles soient rétribu.ves (=puni3ve), in.midantes et neutralisantes
(=empêche une nouvelle infrac3on) (ex ul3me : la peine de mort, autre ex : interdic3on d’exercice
professionnel).
Leur intérêt était d’aZribuer d’autres fonc.ons à la peine (pour rétablir l’équilibre sociale) : la peine
doit être re socialisante. à Vision Humaniste car es3me que l’homme peut toujours changer, ainsi il
faut aider à ce changement.
• Ordonnance de février 1945 : régit le droit pénal des mineurs jusqu’à la réforme de 2019 avec
la créa3on du code jus3ce pénale des mineurs.
Cela a aussi influencé : Le droit pénal classique ; La créa3on du sursis probatoire avec la mise à
l’épreuve 1959 ; L’instaura3on du travail d’intérêt général (1983) : le meilleur moyen de réinsérer est
d’aider à travailler ce qui mène à une stabilité sociale et économique. Pour eux, le travail est
essen3el.
On oscille aujourd'hui toujours entre des périodes tournés vers l’humanisme et la resocialisa3on et
des périodes vers le sécuritarisme et la sévérite des peines.
2§ l’actualité du DP
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1. Le code pénal de 1992 :
Le code nap n’a pas été conservé car jugé incomplet et incohérent.
Assez tôt, il a été es3mé qu’il devait y avoir une entreprise de recodifica.on (1ère proposi3on dans les
années 30). A par3r des années 70, ceZe entreprise débute :
• 2ème commission : réunit entre 1989 et 1992 : elle donne lieu au nouveau code pénal par la loi
du 22 juillet 1992 : créa.on du nouveau code pénal.
Pourquoi parle-t-on du Code pénal de 1994 ? car rentre en vigueur le 1er mars 1994.
Or ce code n’a pas été révolu3onnaire, car pas de grandes modifica3ons avec l’ancien. On y retrouve
tout de même quelques innova.ons notamment avec la reconnaissance pour la première fois la
responsabilité pénale des personnes morales.
Ce qu’il faut retenir comme modifica3on avec l’ancien code n’est pas tant le fond, mais surtout la
FORME. Le code pénal n’a pas la même numérota.on :
• Code pénal = numérota3on à niveau (ex : vol ar3cle 311-1 : cad dire 3ème livre, 1er 3tre, 1er
chapitre) : Premier livre : disposi3on générale : cours de Droit pénale Général (qui va nous servir
le plus) ; Deuxième livre : droit pénale spécial (aGeintes aux personnes) ; Troisième livre : droit
pénale spécial (aGeintes aux biens) ; Quatrième livre : aGeinte à la na3on/État/République
Globalement, ceZe période d’oscilla3on a déjà commencé dans les années 70 car on avait des
phénomènes qui conduisaient à promouvoir deux types de poli3ques criminelles opposées :
C’est aussi une période d’interna3onalisa3on, de mondialisa3on : ainsi les criminelles peuvent agir sur
d’autres territoires que le leur. C’est le développement de la criminalité transfron2ères. Alors il faut faire
preuve de sévérité.
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Dans les années 2000, le courant du sécuritarisme voit le jour. Sarkozy arrive en tant que ministre
d’intérieur, puis PR. Il est le Premier à avoir inséré la poli.que pénale dans sa campagne poli3que en
meZant en avant la criminalité et la sécurité (avant, les seuls éléments mis en avant été le pouvoir
d’achat etc…). Cela fut tellement un succès que les autres personnalités poli3ques ont fait de même.
Þ On commence à u.liser la criminalité dans la poli.que publique. Les gens veulent se sen.r
en sécurité.
Les lois vont ainsi s’élargir pour faire face au terrorisme : Première loi Bande organisée en 2004.
Avant, on constatait uniquement un système de police judiciaire qui elle misait sur la répression. Mais
un autre système apparait : la police administra.ve : Elle mise sur la préven3on (ex : sniper, barrière
lors du 14 juillet). Cependant, augmenter la préven.on réduit les libertés.
Ainsi le législateur se demande s’il doit en faire plus pour assurer la sécurité ou alors faire
autrement pour conserver les libertés individuelles. (qst de la reconnaissance faciale, caméras
etc…)
Depuis les 2 dernières décennies, le discours sécuritaire a pris le pas. Mais apparait aussi un discours
vic.mophile * : le législateur cherche à faire plaisir aux vic3mes des infrac3ons.
Contexte : Durant ceZe période, on assiste à une forte hausse de récidive. Les Français se retournent
alors contre le milieu judiciaire et lui reproche un manque de sévérité. Ainsi, une loi pour restreindre
le pouvoir du juge et pour qu’il soit plus sévère avec les récidivistes est créée.
Or les USA l’ont déjà fait avec la « Three-strikes law » : la loi des 3 coups (3 infrac3ons = perpétuité). Cela a
donné un fiasco judiciaire : prisons de plus en plus pleines, épidémie au sein des prisons, condi3ons de
déten3ons de plus en plus mauvaises, prisonniers incohérents.
Exemple : Plusieurs cas soulèvent des polémiques comme René Landa, en 1995, condamné à la réclusion à
perpétuité avec 27 ans de sûreté pour avoir volé une roue de secours en raison de ses condamnaDons
précédentes, en 1986 et en 1995, pour vol avec effracDon
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Un individu ayant un trouble schizophrène tue deux soignantes. L’irresponsabilité se pose ainsi
puisqu’il y a inconscience/indiscernement de ce dernier.
Mais les vic3mes se plaignent de cela ce qui va engendrer une réponse du Gouvernement. Il met en
place la déclara.on d’irresponsabilité pénale :
Þ La juridic3on qui acquiZe doit simplement dire « si la personne avait eu conscience des actes,
les faits auraient été cons3tués ».
C’est une procédure pénale perme@ant de juger pénalement les « fous » même si en réalité
ils ne sont pas condamnés.
Par ailleurs, l’affaire Sarah Halimi conduit à une modifica.on de la loi de 2008. Le ministère de la
jus3ce a fait adopter à 3tre défini3f une loi réformant les règles rela3ves à l’irresponsabilité pénale
pour cause de trouble mental.
Contexte : Kobili Traoré tue Sarah Halimi sous emprise de cannabis. Or les rapports psychiatriques
révèlent que cet homme avait des troubles psychiatriques et que ceZe prise n’a fait qu’aggraver cela.
Ainsi un nouveau raisonnement apparait : tuer sous l’emprise de la drogue est maintenant une
infrac3on : si Traoré n’avait pas consommé alors il n’aurait pas eu sa crise donc pas ne l’aurait pas
tuée.
On assiste à la créa3on d’une nouvelle disposi.on : consommer des stupéfiants au point de perdre
son discernement, et, dans le but d’effectuer l’infrac3on que l’on projeZe nous rends alors
pénalement responsable. (=Si on fume pour but d’avoir plus de courage pour tuer).
Ainsi aujourd'hui des textes sont élaborés uniquement pour sa.sfaire l’opinion publique.
Conclusion L’oscilla3on est aussi expliquée par le fait qu’on a des courants poli3ques différents :
certains sont plus tournés vers la sécurité et d’autres plus vers la liberté : cela va donc avoir des
conséquences sur le contenu du droit pénal.
Des cri3ques de l’oscilla3on apparaissent également. Celle-ci semble rendre inefficace, incohérent et
complexe le droit pénal :
« Les lois pénales successives s’entassent, les solu3ons les plus libérales ne
chassent pas les solu3ons plus sécuritaires au point que notre droit pénal abrite le
pire comme le meilleur ».
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CeZe infla3on touche tout le droit mais par3culièrement le droit pénal puisqu’il est spectaculaire et
que c’est un droit qui sert aux poli3ques. Aujourd'hui on observe une tendance à vouloir apporter
une nouvelle réponse pénale à chaque fait divers : On part du postulat que si la loi avait été bonne,
l’infrac3on n’aurait pas eu lieu.
Une des causes de la criminalité est l’impunité (ex : site de streaming et téléchargement jamais puni donc
tout le monde le fait).
o En ce qui concerne les conten3eux en ma3ère familial : le problème n’est pas le manque de
loi mais le manque de moyen ou des moyens très inefficaces.
Mais alors, pourquoi le législateur créé-t-il d’autres lois ? Car cela ne coute rien financièrement
comparé aux moyens.
Conseil d’État : « quand le droit bavarde, le citoyen ne lui prête plus qu’une oreille distraite » àPlus
de quan3té ne veut pas dire plus de qualité.
Ce phénomène s’est renforcé, il y a de plus en plus de disposi.ons/ spécialisa.ons qui visent à luZer
spécifiquement contre tel ou tel conten3eu. Notamment en ma3ère de violences conjuguales ou en
ma3ère intra familiales (violences sexuelles sur mineurs etc…).
On voit aussi une spécialisa.on des poles locaux : lu>e contre la haine en ligne, poles mineurs, poles
spécialisées dans la lu>e contre les violences conjuguales…
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1. Une science criminelle
Les sciences criminelles ce sont toutes les disciplines scien.fiques (soit non juridique) qui s’intéresse
au phénomène criminel. Exemple : la médecine légale, la sociologie, la psychiatrie, les sta3s3ques
etc…
Le droit s’intéresse au phénomène criminel, donc le droit pénal est bien donc une de ses sciences :
Criminologie : Cornu : « synthèse des diverses disciplines qui s’efforcent d’établir les causes de la
délinquance, d’en présenter les manifesta3ons, et de prévoir les comportements criminels ultérieurs ».
(Mieux le comprendre, pour mieux lu>er contre)
2. Un droit mixte
En effet, on sait que droit privé et droit public sont dis3ngués. Le droit pénal lui entre dans les deux
cases, c’est un droit mixte :
On dit que le droit pénal est « ar.ficiellement » ra@aché au droit privé. La ma.ère pénale relève
donc de l’ordre judiciaire (et non administra.f). Mais ce droit reste tout de même mixte.
Le droit pénal est un dernier recours, c’est pourquoi on parle de droit subsidiaire.
Pour assurer le respect de la règle de droit, on a des sanc3ons édictées par les normes concernées
(ex : D. civil précise quelles sont les sanc3ons de l’inexécu3on d’un contrat.). Le droit pénal n’intervient
que lorsque les sanc.ons des autres ma.ères sont jugées insuffisantes.
Pourquoi ? Car il édicte des peines, des châ3ments, portant aZeinte aux droits et libertés (exemples :
la peine priva3ve de liberté).
C’est aussi un droit d’excep3on : En principe on essaie de faire autre chose que du droit pénal, on l’u3lise
en dernier recours, par excep3on.
Par ailleurs, c’est un droit autonome (=supérieur) : il n’est pas lié par les autres droits. Plus
précisément, il n’est pas lié en ma.ère de défini.on des ma3ères juridiques.
Pénal : le domicile ou la résidence sont protégées de la même façon : le domicile en pénal revient à tout
lieu où l’on se sent chez soi.
Civil : le domicile est le lieu de résidence principale et la résidence est la résidence secondaire.
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Intérêt ? Par exemple dans le code de procédure pénal on règlemente la perquisiDon, l’entrée en maDère
de domicile (règles de perquisiDon) pour protéger les droits des individus. Or, ce n’est pas parce que c’est
une résidence secondaire que ceVe protecDon ne s’applique pas (contrairement au droit civil)
• Droit pénal de fond (droit substan3el) : droit pénal général et droit pénal spécial
• Droit pénal de forme (droit procédural) : droit pénal de procédure pénal et droit de la peine.
1. Un droit de fond
Droit pénal général : ensemble des règles communes applicables aux infrac3ons et aux peines. Cela
revient donc à tout ce qui relève du livre Ier du code pénal général (111-1 à 133-17).
Droit pénal spécial : Branche du droit pénal qui vise à préciser les règles spécifiques à chaque
infrac3on. C’est une ma3ère qui précise les éléments cons3tu3fs, les peines encourues (etc…) pour
chacune infrac3on. Elle figure dans les autres livres du code pénal.
Droit de la peine : ensemble des règles applicables aux sanc3ons pénales. On y retrouve des règles
générale (exemple : déterminer s’il y a récidive, peine des mineurs etc…).
On le dis3ngue aussi du droit de l’exécu.on des peines (=ensemble des règles de mise en œuvre des
peines) et du droit péniten.aire (règle concernant une seule peine : la prison)
Procédure pénale : l’ensemble des règles rela3ves à l’organisa3on et à la compétence des juridic3ons
pénales, et règlementant l’enquête, la poursuite, l’instruc3on et le jugement.
Crime : cour d’assises ; délit : tribunal correcDonnel ; infracDons : tribunal de police ; enfants : tribunal pour
enfant.
Ce droit, étant donné qu’il est spécialisé, a des objets mul3ples. Cela signifie qu’il peut porter sur
plusieurs choses différentes. Il peut porter sur un ensemble territorial en par3culier ou concerner des
personnes ou un conten3eux en par3culier.
Exemple : droit pénal européen, droit pénal comparé, droit interna3onal pénal et droit pénal
interna3onal, droit pénal des mineurs…
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Sec.on 1 : La hiérarchie des sources
En ma3ère pénal, il n’y a aucune influence de la jurisprudence, elle n’a pas de pouvoir créateur.
§1 : Le bloc de cons)tu)onnalité
v A. La cons4tu4onnalisa4on du droit pénal
Le droit pénal est de plus en plus l’objet du contrôle de cons3tu3onnalité.
Par conséquent, le conseil cons3tu3onnel est de plus en plus le garant de l’applica3on des principes
fondamentaux/cons3tu3onnels en ma3ère pénale.
• 1974 saisines à priori : ini3alement par le PR, PM, PS, Procédure : une jusDciable
PAN (1958) + 60 députés/sénateurs (nouveauté de 1974) esDme un texte
• 2008 ouverture saisine a posteriori : loi du 23 juillet inconsDtuDonnel et réclame
2008. Le développement du contrôle de cela devant sa juridicDon.
cons3tu3onnalité a largement évolué avec la venue de la Celle-ci amène la quesDon
QPC. devant Cour de CassaDon, qui
décide si oui ou non QPC, si
oui alors devant CC.
àEn parallèle, ce phénomène a contribué à la préserva3on des libertés fondamentales par le droit
pénal.
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Le contrôle de cons.tu.onnalité a un effet :
- Direct : qd un contrôle de cons3tu3onnalité est opéré, cela peut conduire à abroger les
textes (modifica3ons ou suppression des textes).
- Indirecte : car le législateur va tenter de veiller à ce que les lois qu’il adopte y soit conformes
AVenDon : coupable = mot uDlisable uniquement après jugement ; on uDlise plutôt le prévenu, le suspect.
Pour le droit pénal de fond, on retrouve les principes suivants dans le bloc de cons3tu3onnalité :
Arrêt des Sociétés de café de Jacques Vabre, Cour de cassa3on, 1975 : Il reconnaît la primauté du
droit interna3onal sur le droit français. Il permet pour la 1ère fois au juge cons3tu3onnel de réaliser
un contrôle de conven3onnalité des lois.
Les traités interna3onaux ont une conséquence en ma.ère pénale : de nombreuses conven3ons
interna3onales en ma3ère de trafic de stupéfiants, en ma3ère environnementale... On invoque
surtout la CEDH et le traité sur le fonc3onnement de l’UE (droit de l’UE /=/ droit du conseil de
l’Europe)
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Jusqu’au traité de Lisbonne 2007, le droit de l’union européenne ne concernait pas le droit pénal car
on es3mait que ce droit relevait de chaque état et de la souveraineté na3onale (ex : le cannabis est
légal dans certains pays et dans d’autres non).
Mais un changement est apparu avec ce traité de Lisbonne : traité du fonc3onnement de l’UE. Signé
le 13 décembre 2007, entré en vigueur le 1er décembre 2009, il a supprimé les anciens piliers et a
instauré une compétence pénale à l’UE.
Þ Instaure des règles en ma3ères pénale quasi-directe ou impose des règles minimales.
Le traité de Lisbonne reconnaît formellement le Conseil européen comme une ins3tu3on de l’UE.
TFUE (ou traité de Rome) a ainsi créé une compétence pénale quasi-directe et tends à sanc.onner
tout ce qui porte a@einte aux intérêts de l’UE (ex : créa3on du parquet européen).
Il existe une compétence des ins3tu3ons européennes à établir des règles minimales concernant :
à Si on porte a@einte, alors on porte a@einte à tout l’UE et pas uniquement à son pays.
Discussion sur la créa3on d’une défini3on commune du viol au sein de l’UE : PR s’y oppose car il
était proposé : « acte sans le consentement », or cela aurait modifié notre défini3on française :
viol = acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise = sans référence au consentement
explicitement.
Þ Elle est directement applicable en droit interne : cad que les juges na3onaux des états
membres la meZent en œuvre et que les jus3ciables peuvent s’en prévaloir au cours d’un
li3ge.
Depuis 1981, la France a accepté le droit de recours individuel : le droit au jus3ciable de saisir la Cour
Européenne des Droits de l’Homme, qu’après épuisement des voies de recours interne (après rejet du
pourvoi par la Cour de cassa3on).
Les arrêts de la cour européenne n’ont qu’une valeur déclaratoire. En principe ces décisions n’ont
pas à remeZre en cause le contenu de la décision interne. Le texte na3onal n’est donc pas abrogé et
la décision n’a qu’un effet de chose jugée.
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La règle de l'autorité de la chose jugée implique qu'une parDe, qui serait convoquée devant un tribunal au
sujet d'une affaire ayant fait l'objet d'un précédent jugement, pourrait se limiter à faire constater
l'existence de ceVe décision sans avoir d'autre jusDficaDon à fournir.
Excep.on : Il existe une possibilité de réexamen de la décision interne après une décision de
condamna.on par la CEDH (ar3cle 626-1 du code proc pénal) même si elle avait autorité de chose
jugée.
Même si elle n’a qu’une valeur déclaratoire, elles exercent tout de même une influence :
Þ Arrêt JMB contre France : elle a condamné la France contre les condi3ons de déten3on. Cela
a entaché la réputa3on de la France, qui ne respectait pas les droits et libertés fondamentaux
reconnus au niveau européen (= une honte pour un état).
Exemples : Pour la cour européenne, notre parquet, n’est pas indépendant et imparAal car à sa tête on retrouve
le ministère public ; condamnaAon de la France à cause du fait qu’il ne noAfie pas le droit de se taire aux
gardées à vue.
Cela a donc tout de même une incidence au niveau interne car le législateur va modifier son droit.
Ainsi, la JP de la CourEDH est directement applicable en droit interne (puisque le juge na3onal
applique le droit européen).
Arrêt Bouton contre France : Femme qui révolte seins nus dans une Église. On considère que la France
a condamné à une peine dispropor3onnée la femme et qu’en raison du par3cularisme des faits
(personne dans l’Église), cela n’avait pas porté a>einte à la liberté de culte et donc, ne dépassait pas
la liberté d’expression militante.
v A. Le domaine de la loi
Que relève de la loi ?
Ar3cle 34 : les crimes et délits : toutes les incrimina3ons et les peines associées relèvent
exclusivement de la loi. Il n’y a que le législateur qui peut les créer. Également affirmé dans le CP
ar3cle 111-2.
v B. Le domaine du règlement
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Le Premier ministre dé3ent le pouvoir réglementaire de droit commun mais d'autres autorités
peuvent édicter des règlements
Ar3cle 37 : compétence par défaut : ce qui ne relève pas du domaine de la loi, relève du
règlement soit en ma3ère pénale les contraven.ons.
• D’où vient ce terme ? Ar3cle 111-2 al 2 CP : il peut y avoir des « incrimina3ons de nature
contraven3onnelle ».
• Le pvr règlementaire doit se contenter uniquement de choisir la classe de contraven3on mais
toujours dans les limites de la loi car c’est elle qui précise leur montant : Ar3cle 131-13 du
code pénal.
5 classes de contraven3ons : 1er moins graves ; 5ème plus graves
CeZe compétence du règlement est concurrente à celle de la loi : cela signifie que le règlement à le
pouvoir de créer des contraven3ons, mais le législateur peut le faire aussi s’il le veut. (Ex : outrage
sexiste loi schiappa)
• Le texte d’incrimina.on : celui qui définit l’infrac3on. Ex : ar3cle 311-1 : texte d’incrimina3on
du vol
• Le texte de pénalité : celui qui prévoit la peine encourue/afférente à ceZe infrac3on. Ex :
ar3cle 311-3 le vol est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Contrôle avant l’entrée en vigueur de la loi par une autorité poli3que (voir au dessus). Il ouvre deux
possibilités : soit la loi sera promulguée, soit elle n’entrera pas en vigueur.
17
Ce contrôle a aussi largement contribué à cons3tu3onnaliser le droit pénal soit à rendre le droit
pénal conforme à la Cons.tu.on. Pourquoi ? Car avant le juge judiciaire ne pouvait pas dire qu’il
n’appliquerait pas un texte contraire à la Cons3tu3on (rôle du CC). Il était dans l’obliga3on d’appliquer
des textes incons3tu3onnels.
La ma3ère pénale concerne 1/3 des QPC : dès la 1ere année, 9 textes ont été abrogées par la ma3ère
pénale. Exemple : inceste, redéfini3on du harcèlement sexuel, 2 fois à la censure de consulta3on de
sites terroristes (jugée non nécessaire et dispropor3onnée).
v B. Le contrôle de conven4onnalité
1. Le contrôle par le juge na.onal
La conven3on européenne est directement applicable donc le premier juge est le juge judiciaire (il n’a
pas à renvoyer devant une autre juridic3on). Le juge judiciaire peut donc lui-même écarter un texte
jugé contraire à la Conven3on européenne (cependant il ne sera pas abrogé).
Avant 2008, il était impossible pour un jus3ciable de dire qu’il devait être relaxé pour
incons3tu3onnalité. Cependant, il pouvait le faire sur le fondement de la CEDH.
Or ces contrôles sont concurrents : un jus3ciable peut soulever en même temps l’incons3tu3onnalité
et l’inconven3onnalité. Il y a donc un risque de discordance entre le CC et la CourE.
Ce contrôle n’est opéré que si le jus3ciable n’a pas obtenu gain de cause devant les juridic3ons
na3onales et après avoir épuisé les voies de recours internes.
Jusque 1992 la JP considérait que le viol conjugal n’existait pas car c’était une exécu3on du devoir
conjugal. Or, la CE a condamné la France pour cela. Puis revirement de JP : changement
d’interpréta3on : le viol conjugal est un viol.
Donc l’homme a été condamné même si la société pensait que cela n’était pas un viol et donc qu’il la
fait sans savoir que c’en était un.
Mais aujourd'hui, cela ne fonc3onne plus car la non-rétroac3vité de la loi ne fonc3onne pas aussi
pour la jurisprudence : il aurait fallu acquiZer ceZe personne et la jp vaut pour le futur.
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4. L’influence substan.elle de la CEDH sur le droit interne
Depuis 2000, contrôle s’est affirmé en ma3ère pénal et a donné des reformes en droit na3onal (il est
devenu un contrôle à part en3ère).
Transposi3on : le processus d'incorpora3on des direc3ves de l'Union européenne (UE) dans le droit
na3onal des États membres de l'UE.
Le CC n’a pas de compétence, en principe, pour contrôler la conformité des lois au niveau européen.
Globalement, pour les autres hypothèses, il n’y a donc pas de contrôle du CC sur les lois d’adapta3ons
et de transposi3ons.
En revanche, le droit de l’UE est surtout u.lisé en pénal pour neutraliser le droit interne.
Dans le droit na3onal, l’infrac3on est caractérisée pour chaque situa3on. Mais si la situa3on est
acceptée par le droit de l’UE il va rendre la situa3on non-répréhensible, même si textuellement cela
est contraire au code pénal (= le droit na3onal serait plus restric3f).
Exemple : Arrêt de la Société les fils d’henry ramels : le vin importé ne respectait pas le droit na3onal
d’importa3on mais respectait le droit de l’UE l’autorisait. La société n’a pas été sanc3onné.
Autre exemple : avant, l’épila3on laser/défini3ve n’était autorisé que par les médecins en raison de la
dangerosité. Mais les esthé3ciennes ont réclamé leur cause car il se vendait des appareils de lumières
pulsées à faire chez soi, donc incohérent. Or, si elle le faisait, elle était poursuite pour exercice illégal
de la médecine (peine emprisonnement). Dans un 1er arrêt, la Cde cas a écarté le droit de l’UE (qui lui
l’autorisait), mais 1 an après, revirement de jurisprudence, elle considère que le droit de l’UE devait
primer car droit na3onal trop dur : décision du 31 mars 2020, fondement ar3cles 46/48 du TFUE.
19
Le droit de l’UE est surtout invoqué pour permeZre de faire ce que le droit interne ne permet pas et
vice versa, pour sanc3onner ce que le droit interne ne sanc3onne pas (cela est le cas des personnes
qui violent une règle du droit de l’UE).
Sanc.onner : Dans ceZe hypothèse, il peut y avoir un contrôle de la loi. Lorsqu’une infrac3on
consiste en la viola3on d’une règle européenne, celle-ci doit être interprétée pour qu’en droit français
on puisse définir le périmètre (=le chp d’applica3on) de l’infrac3on.
En effet, quand un jus3ciable est poursuivi devant les juridic3ons internes, elles vont devoir surseoir à
statuer (=Suspendre momentanément une affaire ; interrompre une procédure) et saisir la CJUE
d’une demande d’interpréta3on sous la forme d’une ques.on préjudicielle.
C’est donc le juge européen qui permet ou non, par le biais de l’interpréta3on voire de la
reformula3on de la ques3on, la mise en œuvre d’une incrimina3on interne, d’une procédure ou
d’une peine. En effet, la condamna3on, elle na3onale, va dépendre de l’interpréta3on du texte
interna3onal, par une Cour interna3onal.
v D. Le contrôle de légalité
= Contrôle de conformité des règlements à la loi.
Une personne va contester la conformité d’un règlement, avant même qu’il soit jus3ciable (un simple
citoyen qui es3me qu’un règlement adopté est inconforme à la loi). Ce recours est mené devant le TA,
et peut être opéré dans les 2 mois de l’adop3on du règlement.
Dans ceZe hypothèse il y a un li.ge en cours : ce contrôle a lieu au cours d’un procès.
Exemple : personne poursuivie pour une viola3on d’un règlement, celle-ci peut dire que ce texte
administra3f est contraire à un texte de loi (car loi = supérieur, cf Kelsen).
Dans ce cas, ce contrôle peut être fait à tout moment, pas de délai. De plus, peu importe que ce soit
un acte administra3f collec3f ou individuel, tant que c’est un acte administra.f règlementaire.
Celui qui est compétent est le juge pénal : il va vérifier si le texte règlementaire est conforme ou
non à la loi.
Conséquence : Le texte administra3f n’est pas annulé mais simplement écarté pour l’affaire donnée :
il persistera mais ne sera pas applicable dans des affaires similaires.
Quid (=qu’en est-il) si une personne conteste la conformité par voie d’ac3on et que l’administra3on
déclare que celui-ci est conforme, et qu’il réitère sa demande par voie d’excep3on ?
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Le juge pénal n’est pas lié aux réponses du juge administra3f : même si un recours par voie d’ac3on a
été opéré et que le JA a décidé qu’il était conforme, le juge pénal est autonome et peut donc choisir
le contraire. Le juge pénal est lié uniquement si le JA a annulé l’acte (dans ce cas pas de soucis).
En effet, ce contrôle consiste au fait qu’il y aurait un juge qui vérifierai si le législateur a bien effectué
son travail, ou non et ainsi refuserait de l’appliquer. Or le juge n’est que la « bouche de la loi » (idée
de sépara3on des pvrs pendant Révolu3on).
• Le contrôle de la nécessité
• Le contrôle de la propor.onnalité des peines.
Ce sont des principes cons3tu3onnels. Alors on peut opérer au contrôle de cons3tu3onnalité ce qui
mène aux contrôles d’opportunité (le Code pénal est-il conforme à ce principe ?).
U.lité : Le CC ne va censurer que l’inu.lité manifeste. C’est l’hypothèse dans laquelle le législateur
va adopter un nouveau texte d’incrimina3on d’un fait qui existe déjà (nouveau texte qui incrimine le
même comportement qu’un ancien texte).
Cela existe de plus en plus à cause de l’infla.on législa.ve, on se retrouve donc avec des
surqualifica3ons. Parfois, cela ne pose pas soucis : c’est l’hypothèse de conflits idéals de qualifica.on
(On est face à 2 incrimina3ons et on essaie de savoir à laquelle on appar3ent à conflits entre les deux
chp d’applica3on. Or si on se rends compte que cela est pareil que l’ancienne incrimina3on on est face
à l’hypothèse idéale)
Exemple : Actuellement est incriminé l’outrage sexiste. Demain le législateur veut incriminer le
harcèlement de rue. Or ce fait est compris dans l’outrage sexiste, cela n’a aucun intérêt donc le CC
invalide.
Ce contrôle ne sera mobilisé qu’en cas de dispropor.on manifeste : on conteste la pénalité que si elle
est manifestement excessive (ex : 30 ans pour vol).
Le CC censure également l’hypothèse des peines automa.ques (car non individuelle donc non
propor3onnelle à contraire aux principes cons3tu3onnels).
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Chapitre 2 : Les principes du droit pénal
Principe fondamental du droit pénal : principe de légalité. Mais il existe d’autres principes.
§1 : Un principe révolu)onnaire
v A. Le sens du principe
On parle de principe de textualité/légalité : Il n’y a pas de délits/crimes sans texte de loi.
Ce principe est la transposi3on d’un adage la3n « nullum crimen, nulla poena sine lege » (=nul crime,
nulle peine, sans loi) à pas d’infrac3on ni de pénalité sans texte.
De celui-ci découle :
Parfois, ces deux textes sont liés dans le même ar3cle. Dans tous les cas, il existe bel et bien ces deux
textes. On retrouve ce principe est dans l’ar3cle 111-3 :
« Nul ne peut être puni pour un crime ou pour un délit dont les éléments ne sont pas définis par la loi,
ou pour une contraven3on dont les éléments ne sont pas définis par le règlement. àNécessité des
textes incrimina.ons
Nul ne peut être puni d'une peine qui n'est pas prévue par la loi, si l'infrac3on est un crime ou un délit,
ou par le règlement, si l'infrac3on est une contraven3on. àNécessité des textes de pénalités »
v B. Origine du principe
Pourquoi existe-t-il ce principe ? Ce principe a été fait dans le contexte révolu3onnaire, qui cherche à
lu@er contre l’Ancien Régime qui avait des peines inégalitaires/arbitraires et rigoureuse.
Désormais, c’est le législateur qui définit l’interdic3on et la peine pour tout le monde, à la vue de tous
(pour que les citoyens soit au courant), et n’interdit que ce qui est dans le texte.
Il n’existait donc pas dans l’AR et a été consacré juridiquement en 1789. Il est depuis, le principe
fondamental du droit pénal. Il est exprimé dans la DDHC ar3cle 7 et 8.
• L’objec3f de la légalité criminelle est d’aver.r : tout est écrit dans la loi, donc les citoyens sont
capables de savoir à l’avance ce qui est interdit et le risque.
• La légalité criminelle est donc une garan.e pour les citoyens et permet d’assurer la sécurité
et la prévisibilité.
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Dans certaines affaires, ce principe peut conduire à relaxer/acquiZer au nom de ce principe supérieur
(même si on considère l’affaire immorale).
Ne surtout pas u3lisé le terme « présumé coupable » car incons3tu3onnel : on est présumée
« innocent ».
2§ Un principe fondamental
« Le principe de légalité c’est la règle cardinale, la clé de voute du droit pénal »
Ce principe, puisqu’il est fondamental, sera consacré à tous les niveaux de la hiérarchie des normes. Il
conduit à imposer une obliga3on de qualité de la loi au législateur (= l’aver3ssement doit être clair
pour qu’on adapte notre comportement).
v A. Valeur du principe :
Ce principe a d’abord une valeur législa.ve : ar3cle 111-2 et 111-3 du code pénal.
Il a également une valeur interna.onale : consacré dans toutes les grandes normes interna3onales
• Ar3cle 7 : CEDH
• Ar3cle 15 : pacte interna3onal du droit civique et poli3que
• Ar3cle 11 : DUDHC à régulièrement u3lisé dans les visas de la Cour de cassa3on.
C’est donc un principe que l’on retrouve dans tous les états de droit.
Ce principe impose au législateur d’adopter des textes clairs et précis (aussi pour la ma3ère
règlementaire soit pour les contraven3ons). C’est la seule contrainte qui découle de ce principe pour
le législateur. A défaut d’un texte clair et précis, le citoyen ne pourrait pas adopter son comportement
à l’interdit.
Mais il faut aussi savoir comprendre le texte : parfois, le législateur est trop flou (cf exemple de
l’inceste avec « au sein de la famille » qui n’est pas clair et précis (jusqu’où va la famille ?) donc ne
respecte pas le principe).
Dans tous les cas, il existe des imprécisions dans les textes de lois. Or elles restent tolérées des lors
qu’elles rendent le texte accessible (Exemple CP : « par tous moyens » ; « de quelque nature que ce
soit »)
Ces imprécisions sont parfois souhaitables, car le législateur a déjà parcouru la technique des listes
exhaus3ves (or on se rends compte qu’elles ne le sont jamais). Exemple : Enregistrer/diffuser des
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images est illégal, mais avec l’avancé technologique on a l’appari3on du téléchargement : donc la liste
pose un problème.
Le législateur doit veiller à ce que la loi soit suffisamment claire pour la compréhension et
l’accessibilité des citoyens, mais pas trop pour qu’il se laisse une marge.
Décision DC en ma3ère d’inceste (QPC) le 17 février 2012 : Il a considéré que la manière dont
l’inceste était défini n’était pas suffisamment claire et précise.
Cad que le législateur ne peut pas interdire un comportement dont il va définir les termes dans un
acte règlementaires (ex : un décret qui définirait le périmètre de la loi). La loi doit se suffire à elle
seule pour respecter et la Cons.tu.on (ar.cle 34/37) et le principe de la légalité.
Interpréter une loi consiste à en dégager le sens et donc la portée (soit déterminer son chp
d’applica3on). Il existe plusieurs méthodes d’interpréta3on, mais en droit pénal une seule vaut en la
ma3ère (l’interpréta3on stricte). Mais elle a des limites…
• L’interpréta.on analogique (par analogie) : on va étendre ce que dit la loi, à une situa3on qui
est semblable.
• L’interpréta.on a contrario : on déduit de la loi son contraire. (Ex : selon ar3cle 6 CC
interprété a contrario : si cela ne concerne pas les bonnes mœurs ou l’ordre public, alors on
peut y déroger par des conven3ons par3culières)
• L’interpréta.on a for.ori : étendre la loi à un cas pour lequel c’est encore plus évident (ex :
interdit de voyager avec un animal domes3que, alors on ne peut pas non plus voyager avec
un cheval).
• L’interpréta.on textuelle : primauté au texte lui-même ; et contextuelle : primauté au
contexte dans lequel s’inscrit le texte.
• L’interpréta.on téléologique : intérêt du texte
Cela pose difficulté au juge pour choisir comment il doit interpréter. Mais en droit pénal, on u3lise
une seule méthode : Méthode d’interpréta3on stricte.
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Ce principe découle de la légalité : c’est au législateur de dire ce qui est interdit, et non au juge, donc
le juge ne peut pas étendre ce que le législateur a dit, il ne peut pas étendre le texte.
On n’étend donc pas un texte à une situa.on (qui serait similaire) qui n’aurait pas été visé : on s’en
.ent strictement au texte.
• Ancien code pénal incriminait le « vol de chevaux » : interpréta3on li>érale = je vole qu’un
cheval donc légal, mais cela est faux, la personne sera bien condamnée.
De plus, on constate quelques erreurs dans le code, donc si on s’en 3ent à l’interpréta3on liZéral cela
ne fonc3onne pas contrairement à l’interpréta3on stricte :
• Affaire Bailly : texte de base avec erreur « il n’est interdit ailleurs que dans les gares, et
lorsque le train est arrêté » donc une personne a compris « il n’est interdit de descendre
quand le train est arrêté » alors que le législateur voulait dire « il n’est interdit ailleurs que
dans les gares, et exclusivement lorsque le train est arrêté ». Un homme qui a sauté quand
le train était en marche et se prévalait de l’interpréta3on stricte : la Cour de cassa3on a
répondu qu’il était évident qu’il était interdit de sauter du train en marche.
Affaire de séquestré de Poi.ers (1901) : une jeune femme avec des troubles psychiques sévères a été
caché dans le grenier par sa famille (pour éviter une mauvaise réputa3on). La jeune femme a donc
fini dans un état de santé pitoyable. Le jour où on découvre cela, on cherche a condamné.
Affaire ‘restaurant filouterie’ : une personne mange dans un restaurant mais ne paie pas sous
prétexte que c’est le « serveur qui lui a demandé ce qu’il voulait manger ». Est-ce un vol ? non pas
d’acte de soustrac3on frauduleuse de la chose d’autrui ; une escroquerie ? non plus car pas de
manœuvre frauduleuse (fausse iden3té, fausse fonc3ons, mensonges…).
Affaire Caming : pra3que qui consiste à payer quelqu'un pour qu’elle pra3que un acte sexuel sur elle-
même devant caméra. Cela relève-t-il du proxéné3sme ? La Cour de cassa3on a répondu : elle a
depuis longtemps définit un contact physique sexuel contre rémunéra3on. Ainsi, s’il n’y a pas de
contact physique alors pas de pros3tu3on au sens de la JP. Or sans pros3tu3on pas de proxéné3sme,
et sans proxéné3sme alors pas de traite des êtres humains. Il y a un vide à ce niveau-là.
Ce n’est jamais au juge de combler les lacunes de la loi, en principe, mais au législateur. Il y a
cependant des excep.ons :
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v A. L’interpréta4on analogique in favorem :
Ce n’est pas une « vraie » déroga3on à l’interpréta3on stricte car elle va dans l’intérêt de l’individu, ce
n’est pas de l’arbitraire (ce pour quoi on luZe avec ce principe).
La chambre criminelle peut raisonner par analogie quand l’interpréta.on est en faveur de la
personne poursuivie. Elle permeZra qu’elle ne soit pas condamnée.
• Exemple : immunité familiale pour vol dans le texte : la Cour de cassa3on l’a étendu en
ma3ère d’escroquerie (=infrac3on proche du vol).
• Exemple : contrainte que pour contraven3ons, étendues aux crimes et délits.
Exemple : la loi interdisait avant que les appels réitérés (exemple : 150 appels = harcèlement), donc
cela ne prévoyait pas le sms. Mais le juge n’a pas fait d’interpréta3on stricte car elle considère que les
sms sont comme les appels car il y a une sonnerie.
Exemple : Elle a souvent étendu le mot « chose » : ex : un voisin qui pirate le compteur EDF pour se
brancher chez son voisin. Mais l’électricité est-elle une chose ? Donc cela peut être qualifié de vol ? La
Cour de cassa3on a considéré qu’une chose peut être matérielle ou immatérielle donc c’est un vol.
Désormais, il existe l’ar3cle 311-2 (dans la loi, plus seulement la JP).
Autre exemple : le vol d’informa3on, la Cour de cassa3on considère cela comme un vol ou encore le
vol temporaire d’une voiture est-il un vol ? oui car on a usé la gomme du pneu.
Malgré son caractère contraire à la loi, il est nécessaire de s’adapter à l’avancer du monde, donc la
doctrine ne conteste pas vraiment cela. Or la doctrine conteste les interpréta3ons complètement
extensives des textes et qui conduisent à pénaliser des comportements non prévus par le législateur.
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Hypothèse 1 : conflit de loi Hypothèse 2 : pas de conflit Hypothèse 3 : pas de conflit
dans le temps : de loi dans le temps : de loi dans le temps :
Lorsqu’on a une procédure d’appel en cours pas c’est qu’il n’y a pas encore de jugement défini3f
(jugement défini3f = épuisement de tous les recours possibles).
La seule possibilité pour un prisonnier de sor3r de prison (H3) est la dépénalisa3on de l’infrac3on.
(Exemple : en prison pour avortement, dépénalisa3on donc je peux sor3r).
Lois de fonds : détermine les incrimina3ons, les peines applicables et les condi3ons de responsabilité
(= droit pénal général).
Lois de formes : les lois de procédures, autrement dit les lois qui ne sont pas de fonds. Elles sont
listées aux ar3cle 112-2 et 112-3 :
112-2 : Sont applicables immédiatement à la répression des infrac3ons commises avant leur entrée
en vigueur :
o Les lois de compétence et d'organisa3on judiciaire, tant qu'un jugement au fond n'a
pas été rendu en première instance.
o Les lois fixant les modalités des poursuites et les formes de la procédure
o Les lois rela3ves au régime d'exécu3on et d'applica3on des peines
Toutefois, ces lois, lorsqu'elles auraient pour résultat de rendre plus sévères les peines
prononcées par la décision de condamna3on, ne sont applicables qu'aux condamna3ons
prononcées pour des faits commis postérieurement à leur entrée en vigueur ;
112-3 : Les lois rela3ves à la nature et aux cas d'ouverture des voies de recours ainsi qu'aux délais dans
lesquels elles doivent être exercées et à la qualité des personnes admises à se pourvoir sont
applicables aux recours formés contre les décisions prononcées après leur entrée en vigueur. Les
recours sont soumis aux règles de forme en vigueur au jour où ils sont exercés.
27
Ces 2 principes figurent à l’ar3cle 112-1 al 1 et al 2.
Pour la non-rétroac.vité (« in pejus/in mi3us ») de la loi pénale plus sévère est un principe corollaire
au principe de la légalité. La loi doit aver3r avant de frapper pour que chaque individu puisse adapter
son comportement.
Þ Il a une valeur supérieure à la loi : présent dans les textes fondamentaux interna3onaux.
Une loi nouvelle (de fond) plus sévère ne peut donc pas s’appliquer à des faits commis avant son
entrée en vigueur et vice versa : la nouvelle loi ne peut s’appliquer qu’aux faits commis après son
entrée en vigueur.
Cela suppose de déterminer au préalable si la loi nouvelle est plus douce ou plus sévère :
Lois plus sévères : lois qui alourdissent les peines encourues, l’ajout de circonstances aggravantes, loi
qui créée une nouvelle infrac3on, ou modifica3on d’un chp d’incrimina3on (elles viennent englober
plus de comportement = ex cf filouterie).
En principe, la dis.nc.on est simple à faire. Mais excep3onnellement la JP peut avoir à trancher sur
le caractère plus doux ou non d’une disposi3on.
• Exemple : Contrainte pénale de 2014 (supprimée en 2019) : elle est plus douce sur
l’emprisonnement mais plus sévère par rapport au sursis. La doctrine a es3mé qu’elle était
plus sévère car on a ajouté une nouvelle peine, mais la Cour de cassa3on a répondu « peine
plus douce donc rétroac3ve » (Décision, 14 avril 2015 : dispo sur arche).
Au niveau européen :
Le principe de non-rétroac3vité des lois signifie qu'une loi nouvelle ne peut pas s'appliquer à des faits
commis avant son entrée en vigueur. Ce principe protège la sécurité juridique, car il permet aux citoyens
de savoir, au moment où ils agissent, quelles règles s'appliquent à eux. Il s’agit donc d’une garan3e
essen3elle du droit pénal moderne, qui repose sur l’idée que l'on ne peut être puni en vertu d'une loi qui
n'existait pas au moment des faits.
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Ce principe ne conduit pas à rejuger des faits qui ont déjà été défini.vement jugée. S’ils ont été
défini3vement jugés par la loi ancienne, alors pas de conflits de lois. Mais dans l’hypothèse de
dépénalisa.on : si le comportement n’est plus incriminé, la peine cesse.
Le principe de la rétroac2vité in mi2us se trouve dans l’ar3cle 112-1, alinéa 3, du Code pénal. Il dispose
que lorsqu’une loi pénale plus douce (c’est-à-dire une loi qui allège ou supprime une sanc3on pénale)
entre en vigueur, elle bénéficie à toutes les personnes, même si elles ont déjà été condamnées sous
l’empire de l’ancienne loi. Ce principe est une excep2on à la non-rétroac2vité des lois, qui est en général
un fondement de la sécurité juridique.
Lois plus douces : diminue les peines encourues, supprime les circonstances aggravantes, étendre un
fait jus3fica3f (ex : légi3me défense), loi qui limite le chp de la responsabilité pénale.
Loi Fauchon du 10 juillet 2000 : déresponsabilise les par3cipants indirects à un homicide ou une
blessure involontaire. CeZe loi fut appliquée dans l’affaire du lit du Drac : sor3e scolaire dans le lit
d’une rivière, au bout de celui-ci un barrage EDF qui à la base prévoit dans un planning avec des
alertes pour le lâché d’eau. Or deux ouvriers ont déclenché cela sans respecter le planning ni l’alerte.
Toute la classe est donc morte. On a déresponsabilisé les auteurs indirectes (accompagnants) et
condamnés les auteurs de l’homicide involontaire.
Loi « Perben II » du 29 mars 2004 : crée le « régime des repen3s » qui permet de condamner moins
sévèrement celui qui dénonce ses complices. Cela est aussi possible pour celui qui dénonce des faits
avant qu’ils aient été commis, même s’il est complice de l’organisa3on.
Ar3cle 112-2 : La loi s’applique à des faits même commis avant la date d’entrée en vigueur car ce sont
des lois de procédures (de forme) et non de fonds (donc dans les faits, cela ne change rien à la
situa3on).
Ar3cle 112-3 : Cela est notamment le cas des lois rela3ves aux voies de recours.
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Prescrip.on de l’ac.on publique : délai au-delà duquel, l’ac3on publique ne peut plus être exercée.
On ne peut plus poursuivre la personne ayant commis une infrac3on au-delà de ce délai. (Ex : un
footballer accusé de viol 30 ans après)
Prescrip.on des peines : délai au-delà duquel on ne peut plus meZre une peine à exécu3on. (Ex : une
peine est prononcée, la personne fugue dans un autre pays, si elle revient au bout de X temps on ne
peut plus appliquer la peine).
Après ce délai, la personne est condamnée certes, mais on ne peut plus l’incarcérer.
Les lois de prescrip3ons sont immédiatement applicables aux faits avant leur entrée en vigueur mais
elles ne peuvent jamais reme@re en cause les prescrip.ons déjà acquises (en par3culier celles de
l’ac3on publique).
Contre-exemple : si faits commis en 2006, cela ne changera rien car il a déjà été prescrit en 2016 (10
ans) donc avant l’entrée en vigueur de la loi. (=immédiatement applicable aux faits non encore
prescrits)
30
Le droit pénal par principe, touche à la souveraineté na.onale, puisque chaque état a un droit pénal
qui lui est propre. Le droit français ne devrait pas avoir à s’appliquer en dehors de notre territoire, ni à
des vic3mes étrangères.
Les compétences législa.ves et judiciaires sont liées : si on es3me que la loi française est
compétente alors la juridic3on française est compétente (/=/ droit interna3onal es3me que la loi
française peut-être appliquée en Italie, mais en droit pénal cela n’est jamais le cas).
Le principe, en droit français, est la territorialité. Mais le droit français exerce aussi la compétence
universelle, réelle et personnelle.
Pendant longtemps, ces excep.ons étaient limitées, mais en l’espace de 15/20 ans, elles ont
augmenté.
v A. Le principe de territorialité
Ce principe est situé à l’ar3cle 113-2 du CP, 2 alinéas :
- « La loi pénale française est applicable aux infrac3ons commises sur le territoire de la
République.
- L'infrac3on est réputée commise sur le territoire de la République dès lors qu'un de ses faits
cons3tu3fs a eu lieu sur ce territoire. »
Cela dépend si l’infrac3on a été totalement ou par.ellement commise en France. Il ne faut donc pas
prendre en compte la na3onalité de l’auteur/vic3me : si les faits ont été commis en France alors on
ne se pose pas la ques.on et on applique ce principe.
1. Le territoire de la république.
On considère :
• L’Espace terrestre : métropoles et iles françaises (proche ou lointaine : corse, outremer etc..)
mais aussi les terres australes et antarc3ques françaises
• L’Espace mari.me : toutes les infrac3ons commises en mer dans l’espace mari3me français.
On considère cet espace au-delà de 12 milles marins (=unité de mesure propre à la mer), au
dela de la cote.
31
Mais il y a d’autres espaces mari3mes au-delà de ces 12 milles marins qui appar3ent à la France
grâce au fait qu’ils font l’objet de conven3ons interna3onales (ex : affaire Erika)
Le 12 décembre 1999, l'Erika, pétrolier Total, fait naufrage au large de la Bretagne. Une gigantesque
marée noire souille les côtes françaises, du Finistère à la Charente-MariDme, et des milliers d'oiseaux
mazoutés périssent.
On considère, dans ces cas, que l’infrac.on a été faite sur le territoire de la République.
Les faits sont commis sur le territoire de la République lorsque l’infrac3on a été en.èrement
commise en France ou quand un fait cons.tu.f seulement a été commis sur le territoire (ar3cle 113-
2 al 2).
2 autres hypothèses sont possibles : connexes ou indivisibles à des infrac3ons commises en France.
Loi 3 juin 2016 a jouté une disposi3on (ar3cle 113-2-1) pour permeZre la compétence de la loi
française, mais cela est en réalité plutôt une déroga3on au principe personnel.
Ar3cle 113-2 al 2 : infrac3on est réputée commise en France lorsque seulement un fait cons3tu3f a
été commis sur le territoire français. Si je me fais passer pour un banquier (français) mais que
j’anarque un étranger dans son pays, le fait cons3tu3f étant commis en France, c’est un fait cons3tu3f
sur le territoire.
Toutes les infrac3ons ne sont pas instantanées et peuvent donc être habituelles (exemple : crimes
commis pendant 30 ans dans l’exercice illégal de la médecine).
Il existe aussi des délits d’omission : représente un acte qui n’a pas été fait et qui aurait dû l’être. On
re3ent ici l’infrac3on là où elle aurait dû être exécutée (exemple : délit de non-présenta3on d’enfant,
l’infrac3on est commise là où il aurait dû être ramené).
Pour le recèle (=acheter un bien en sachant que c’est un bien volé) la jp considère que si le bien est
français mais que la revente est faite dans un autre pays, alors on peut quand même appliquer la loi
française : l’infrac3on d’origine a été commise en France.
Ar3cle 113-5 du CP : même si une infrac3on a été commise à l’étranger, le complice sur le territoire
français peut-être poursuivi en France selon la loi française.
3 condi.ons :
32
• Il faut une réciprocité d’incrimina.on : l’infrac3on est tant punie par la loi française que par
la loi étrangère (ex : vérifier que le code pénal étranger incrimine le vol).
• L’infrac3on doit être constatée par une décision défini.ve étrangère : il faut que l’auteur de
l’infrac3on ait été déclaré coupable voire condamné.
Autrement dit, M.A et M.B commeZent une infrac3on d’un vol de tableau dans un musée. M.A
commet l’infrac3on en Italie, mais il a réussi grâce à la complicité de M.B en France qui lui a donné les
codes d’accès du musée. M.A est jugé par les Italiens, M.B est jugée par la France.
Cependant, parfois, cela pose soucis dans certains conten3eux où l’autorité étrangère reste passive
(ex : en ma3ère de corrup3on). Il existe donc des règles dérogatoires :
Des infrac3ons commises à l’étranger peuvent être poursuivie en France sur le fondement de la
territorialité, car elles sont connexes ou indivisibles à des infrac3ons commises en France.
Ex : Succession de cambriolages à l’étranger et en France peuvent être jugées en France si elles sont
indissociables de ceux commis en France.
Connexité et indivisibilité ?
§ Conformément à la loi, des infrac3ons sont connexes si elles ont été commises en même
temps par plusieurs personnes (ex : cambriolage en France, Allemagne en même temps), mais
aussi par différentes personnes mais en raison d’une entente formée à l’avance.
§ L’indivisibilité est définie par la JP : infrac3ons liées par une unité de cause ou dessein. Il y
aurait un lien de raZachement tellement étroits entre ces faits qu’ils sont indissociables : l’un
ne peut pas se comprendre sans l’existence de l’autre.
L'indivisibilité en droit pénal signifie que certains faits ou infrac3ons, bien que commis par plusieurs
personnes ou en plusieurs occasions, sont considérés comme un tout indivisible. Cela implique qu'ils
seront jugés ensemble par la même juridic3on pour éviter des jugements séparés ou contradictoires.
Exemples : Un groupement de personne se réunit en France pour commeZre une infrac3on terroriste
à l’étranger (=associa3on de malfaiteurs), elle peut être poursuivie en France. Mais si elle a pour
projet de commeZre son infrac3on en Syrie (où le caractère terroriste n’est pas reconnu), on peut
poursuivre et l’associa3on de malfaiteur, et l’acte terroriste fait à l’étranger car connexes et
indissociables. Et vice versa.
Le critère de l’indivisibilité peut aussi être mobilisée quand la connexité ne peut pas être établie.
33
§ Compétence de l’UE dans le cadre des infrac3ons portant aZeintes aux intérêts de l’union
(ex : transports).
§ Compétence personnelle et réelle ont pour voca3on à être mobilisées lorsque des infrac3ons
n’ont pas été commises en France, mais qu’elle y trouve un intérêt à les juger quand même.
Mais à cela s’ajoute le principe de non bis in idem : on ne peut pas juger les mêmes faits deux fois.
La France pourra donc juger des faits qui ne sont pas condamnés à l’étranger.
La loi française s’applique à tout crime ou à certains délits commis par un Français à l’étranger : ar3cle
113-6.
Ex : des Français partaient en Thaïlande pour profiter de la pros3tu3on des mineurs. Il n’y a pas de
répression dans le pays, mais lorsque le na3onal revenait d’un séjour sexuel, la France peut le juger
pour les faits commis en Thaïlande, au préjudice d’une thaïlandaise.
• Les faits doivent être punis par la législa3on de l’état sur lequel les faits ont lieu. C’est ce que
l’on appelle la condi3on de double incrimina3on/ de réciprocité d’incrimina3on.
Ce@e condi.on de double incrimina.on/ de réciprocité d’incrimina.on s’applique pour les délits et
non pour les crimes.
Excep.on pour les délits sur mineurs : on peut se dispenser de la réciprocité d’incrimina3on (ex :
certains états la pros3tu3on sur mineurs = délit n’est pas interdite. En France c’est une infrac3on)
2ème Condi.on de subsidiarité : La loi française intervient également de manière subsidiaire : elle
intervient qu’en cas de passivité de l’État. La compétence personnelle ne s’applique donc que si la
personne n’a pas été condamnée à l’étranger.
3ème condi.on ar3cle 113-8 : condi3on qui s’applique qu’aux délits : il faut une requête du ministère
publique à la suite d’une plainte de la vic3me ou à une dénoncia.on officielle.
• Dans une enquête, la simple connaissance d’un délit à l’étranger ne suffit pas à l’intervenir : il
faut une dénoncia3on ou la plainte de la vic3me.
• À la suite de cela, le ministère décide ou non d’agir. Il a un monopole des délits à l’étranger et
s’il décide de ne pas poursuivre alors on ne peut rien faire.
Excep.ons :
34
Déroga3on plus générale à l’ar3cle 113-8-1 qui dispense de la dénoncia3on/plainte pour les
hypothèses de compétences spéciales des juridic.ons. Ex : en ma3ère terroriste compétence
spéciale de la juridic3on parisienne, même si les faits ont été commis à Nancy.
Cas de compétence spéciale en ma3ère terroriste : ar3cle 113-13 : compétences dérogatoires pour tous
les crimes ou délits terroristes, peu importe s’il y ait une double incrimina3on et peu importe qu’il y ait
une dénoncia3on/plainte. Autre déroga3on : ar3cle 113-14 (renvoie ar3cle 113-6) pour infrac3ons qui
portent aux intérêts de l’UE.
Rela3f à la na.onalité des vic.mes : la loi française peut s’appliquer pour une infrac3on commise à
l’étranger, par un étranger, mais au préjudice d’une vic3me française.
Ar3cle 113-7 : « La loi pénale française est applicable à tout crime, ainsi qu'à tout délit puni
d'emprisonnement, commis par un Français ou par un étranger hors du territoire de la République
lorsque la vic3me est de na3onalité française au moment de l'infrac3on. »
Mais cela demande des condi3ons très restric3ves : la vic3me doit avoir porter plainte et que le
ministère public décide d’agir. Cela est à nouveau subsidiaire (que si passivité de l’État étranger).
On retrouve aussi des cas excep.onnels : ar3cle 113-2-1, ajout de la loi de 2016 :
• En ma3ère terroriste « tout crime ou tout délit réalisé au moyen d'un réseau de
communica3on électronique, lorsqu'il est tenté ou commis au préjudice d'une personne
physique résidant sur le territoire de la République ou d'une personne morale dont le siège se
situe sur le territoire de la République, est réputé commis sur le territoire de la République. »
3. La compétence réelle.
Ar3cle 113-10 : « La loi pénale française s'applique aux crimes et délits qualifiés d'aZeintes aux intérêts
fondamentaux de la na3on et réprimés par le 3tre Ier du livre IV, à la falsifica3on et à la contrefaçon du
sceau de l'État, de pièces de monnaie, de billets de banque ou d'effets publics réprimées par les ar3cles
442-1, 442-2, 442-5, 442-15, 443-1 et 444-1 et à tout crime ou délit contre les agents ou les locaux
diploma3ques ou consulaires français, commis hors du territoire de la République. ».
La loi française s’applique même pour des faits commis à l’étranger, lorsque qu’il s’agit d’infrac3ons
qui portent aux intérêts et à l’intégrité de la France (ex : falsifica3on de l’ancien francs à l’étranger ;
contrefaçon, trahison, espionnage).
v C. La compétence universelle
Ar3cle 689 et s du CPP.
Elle suppose que la France peut juger un étranger, ayant commis une infrac3on à l’étranger, au
préjudice de vic3me étrangère et sans porter aZeinte à l’intérêt de la France àAucun lien de
ra@achement à la France.
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La seule condi3on est que l’individu est arrêté sur le sol français. Son infrac3on doit également
porter aZeinte au droit interna3onal voire à l’humanité (crimes contre l’humanité, génocide etc…). Il
faut pouvoir poursuivre l’individu où qu’il soit.
Les cas de compétences universelles sont /=/ des compétences interna.onales : la compétence
universelle n’est pas équivalente à la compétence d’une juridic3on interna3onale (juge un crime
contre l’humanité= droit pénal interna3onal).
Þ La CPI a compétence pour juger les crimes qui portent aZeinte à l’ensemble des
communautés interna.onales. C’est une juridic3on interna3onale. Elles sont ponctuelles, et
ce sont des juges d’autres états qui jugent un auteur. (Ex : procès Nuremberg).
Le principe est bien le sol français et les autres compétences des excepDons : si un étranger à
commis un acte en France, mais au préjudice de français, on applique bien le fait que ce soit dans
le territoire et non la compétence personnelle.
CeZe classifica3on est retrouvée dans Ar3cle 111-1 du CP : dis3ngue les crimes, les délits et les
contraven3ons.
Si une infrac3on n’est punie que d’une amende de + de 3750€ d’amende, elle reste un délit. Un crime ne
peut pas être puni uniquement d’une amende. Les contraven3ons, elles, ne font recourir que des
amendes inférieures à 3750€.
36
àOn se réfère au texte de pénalité.
AGen3on le jeu des circonstances aggravantes peut faire changer la nature de l’infrac3on.
• Si elles ont n’ont pas conduit à une ITT (incapacité de travail), ou un ITT inférieur à 8 jours :
c’est une contraven3on.
• Si elles ont conduit à une ITT de plus de 8 jours, il s’agit d’un délit.
• Si elles ont n’ont pas conduit à une ITT, ou inférieur à 8 jours mais sur le conjoint, il s’agit d’un
délit.
• Si celle-ci a entraîné la mort, il s’agit d’un crime.
Autre Ex : vol avec circonstance aggravante soit avec un port d’arme, 20 ans de réclusions criminelles.
La nature de l’infrac3on a une incidence sur le Les règles de tenta3ves et de complicité ne sont
délai de prescrip.on. pas les mêmes selon la nature de l’infrac3on.
37
• D’omission//commission.
• Matérielle (ex : meurtre) // formelle (ex : empoisonnement).
• Instantanées // con.nues.
• Dérogatoires au droit commun // celle de droit commun
Cela signifie que ce sont des infrac3ons pour lesquels on va avoir des régimes juridiques dis3ncts du
fait de la nature même de l’infrac3on.
Pour le législateur, il existe que 2 infrac.ons de droit dérogatoire : poli.que et militaire (=infrac3ons
classifiées dérogatoires par la loi).
Pour la doctrine, dès lors que le régime juridique est dis.nct alors ce sont des infrac3ons
dérogatoires, même si la loi ne le précise pas. Apparaissent donc d’autres infrac3ons dérogatoires
(ex : terrorisme, crime organisé, presse).
En droit commun on parle de réclusion criminelle. Ici, dès lors que l’on parle de déten;on criminelle,
c’est qu’il y a une infrac;on poli;que (=crime poli3que).
La réclusion criminelle est une peine qui s'applique aux crimes de droit commun, c'est-à-dire les crimes
qui sont jugés par les juridic3ons ordinaires. Ces crimes concernent des infrac3ons graves commises
contre des personnes ou des biens. La réclusion criminelle est donc applicable pour des infrac3ons telles
que : meurtre, assassinat, viol, vol avec violence, trafic de stupéfiants, etc…
La déten2on criminelle, est une peine priva3ve de liberté, mais elle est spécifiquement réservée aux
crimes d'ordre poli2que (=infrac2on poli2que). CeGe peine concerne notamment les crimes qui portent
aGeinte à la sûreté de l'État, comme la trahison, l'espionnage ou le complot contre l'autorité de l'État.
(Bien qu'elle foncDonne de manière idenDque à la réclusion criminelle)
Mais ces deux critères ne sont pas suffisants et la JP a précisé la défini3on d’une infrac3on poli3que
comme portant a@einte à l’existence ou à l’organisa.on de l’État.
Une infrac3on peut aussi être poli3que si elle a été mo3vée par un mobil poli;que.
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En par.culier en droit pénal de fond, l’infrac3on poli3que a une incidence sur le nom et la peine
priva3ve criminelle, mais surtout la qualifica3on aura une incidence en termes de sursis et de
récidive.
En ma.ère de procédure, en principe, ces infrac3ons sont soumises aux juridic3ons de droit commun
(sauf règle de compétence spécifique). Pour autant, certaines règles de procédure ne sont pas
applicables. Exemple :
L’extradi5on est une procédure par laquelle un État remet une personne recherchée ou condamnée par un
autre État à ce dernier, afin qu’elle soit jugée ou qu’elle purge sa peine.
Le cas de la CJR :
La Cour de Jus3ce de la République est spécialisée car elle a pour compétence de juger les membres
du gouvernement pour les infrac3ons de droit communs, commises pendant leur fonc3on. Elle juge
les hommes poli.ques mais pas les infrac.ons poli.ques.
Ce sont les ar3cles 68-1 et 68-2 Cons3tu3on qui précise sa compétence et sa composi;on :
Or ceZe juridic3on est très décriée puisqu’on es3me que c’est une juridic3on d’excep3on, on crée des
régimes spécifiques pour les hommes poli3ques. On envisage de la supprimer pour qu’ils soient jugés
par les juridic3ons ordinaires plutôt que par leurs pairs. Elle est de plus très cri3quée car en majorité
les peines sont très légères voire inexistante et ne donne pas toujours lieu à condamna3on.
Sa saisine peut être faite par n’importe quel citoyen et pour éviter qu’il y en ait trop (ex : pendant
covid), une commission étudie les requêtes et les filtre.
Exemple d’Affaire devant la CJR : Laurent Fabius (affaire du sang contaminé), Dupont More€,
Chris3ne Lagarde…
On trouve ces infrac3ons dans le code de la jus3ce militaire aux ar3cles L 321-1 et s (et non dans le
CP). Ce droit peut s’appliquer également au civil mais uniquement en temps de guerre.
Ces infrac3ons donnent lieu à un régime par.culier : on retrouve des règles communes aux
infrac3ons poli3ques (cf sursis, récidive, extradi3on). Mais il existe des sanc3ons qui n’existent que
dans ce cadre comme la perte de grade militaire.
39
Si cela porte a@einte à l’Armée, alors c’est une infrac.on militaire.
Cependant, les infrac3ons de droit commun commises par les militaires relèvent du droit commun.
Il existe un cas par3culier : infrac;on de droit commun qui porte a@einte à l’armée (=indigne de sa
fonc3on) : exemple un militaire hors de son service qui profite de son uniforme pour voler un
habitant.
Mobil terroriste : vouloir tuer oui mais but aussi de vouloir semer la terreur à l’ensemble de la
popula3on
En plus d’avoir définit le terrorisme, un régime par3culier est créé avec 2 caractéris;ques :
Une sévérité accrue (quasiment les infrac3ons les plus graves, juste avant le crime contre
l’humanité), donc une peine très sévère.
Pour luZer contre, on a besoin de pouvoirs de contraintes plus importants : en ma3ère de terroriste,
les moyens sont beaucoup plus grands (perquisi3on, garde à vue etc…).
• C’est aussi le cas des pouvoirs d’enquêtes : étant donné qu’ils portent aZeinte aux libertés
fondamentales, ils sont ini3alement strictement encadrés. Ici on prévoit plus de pouvoirs et
avec des condi3ons d’encadrement plus souples (ex : 6 jours de garde à vue)
Les pouvoirs d’enquête désignent les moyens légaux dont disposent les autorités judiciaires et les forces
de l’ordre pour rechercher, constater et prouver la commission d’infrac2ons. Ils sont encadrés par
le Code de procédure pénale et visent à respecter les droits des individus tout en permeGant une
efficacité dans la luGe contre la délinquance et la criminalité.
Depuis 1986, la règlementa3on s’est développée et les normes se sont mul3pliées. A chaque aZentat
en France, des lois ont été créées car on es3mait que notre droit n’était pas assez efficace : on appelle
cela les lois réac.ves (ex : loi de 2016 après bataclan).
Ar3cle 421-1 : liste des infrac.ons ordinaires (de droit commun) mais commises avec un mobil
terroriste.
On regarde donc s’il y a une sorte de stratégie existante ainsi qu’une idéologie par3culière. Les
infrac3ons terroristes supposent donc un dol spécial (=une inten3on par3culière).
Ar3cle 421-2 et s : infrac.ons terroristes autonomes (existent qu’en ma3ère terroriste, pas
d’équivalent en droit commun). Exemple : terrorisme écologique ; prépara3on individuelle d’actes
terrorisme ; associa3on de malfaiteurs à visée terroriste ; provoca3on/apologie du terrorisme
40
Compétence de juridic.ons spéciales (exemple : composi3on spéciale pour les aZentats du
bataclan). On exclut les jurys populaires, seuls les magistrats professionnels sont compétents. Les
infrac3ons terroristes les moins graves restent dans les juridic3ons locales, mais la majorité sont
transmises à la compétence des juridic.ons parisiennes.
Il y a également une compétence spécialisée en ma.ère des peines (JAPAT : juge applica3on des
peines an3-terroriste).
En ma3ère de pouvoir d’enquête, il est très étendu : celui droit commun mais avec des condi3ons plus
souples (ex : garde à vue 6 jours, perquisi3on nocturne)
Il y a une liste limita;ve d’infrac;ons qui conduit à ce qui relève de la criminalité organisée ou non :
Bande organisée : Ar3cle 132-71 : « cons3tue une bande organisée au sens de la loi tout groupement
formé ou toute entente établie en vue de la prépara3on, caractérisée par un ou plusieurs faits
matériels, d'une ou de plusieurs infrac3ons ».
La JP précise qu’il faut une organisa.on structurée (au moins 2 personnes), mais aussi une
prémédita.on (=dessin formé avant de commeZre l’infrac3on). Quand des infrac3ons sont commises
en BO, alors elles obéissent à ce régime.
• Associa3on de malfaiteurs : fait de se regrouper pour commeZre une infrac3on (mais pas
encore exécutée). Si passage à l’acte alors elle devient une BO.
41
• Il existe aussi un statut spécial : statut des repen3s (par3cipant du Groupement organisé à
informer les forces de l’ordres avant le passage à l’acte, ou à dénoncer les autres après l’actes
= pas de peine ou peine moindre). Ils auront également une protec3on spéciale.
Infrac3ons de presses : ar3cle 23 à 41-1 CP. Exemple : diffama3on, injure, néga3onnisme, outrage au
président, apologie.
Ces infrac.ons ne sont commises que par voie de presse et tournés vers le public.
Elles donnent lieu à un régime dérogatoire. Or, contrairement aux deux précédents, elles sont plutôt
tournées vers la clémence et la rapidité :
• Prescrip3on abrégée : ac3on publique menée sous un délai de 3 mois pour un délit de
presse.
• Plainte de la vic3me nécessaire pour poursuivre.
• Pas de récidive
• Régime de responsabilité en cascade. (Ex : si un journaliste publie dans son journal une
diffama3on, le premier responsable est le directeur du journal). (/=/ principe de
responsabilité personnelle).
• La pensée criminelles/idée : or non incriminée car dans la majorité elle ne donne pas lieu au
passage à l’acte. (=je pense à tuer mon mari, mais je ne le fais pas)
• La résolu.on : prendre la décision de commeZre l’infrac3on (=je vais le faire)
• Les actes préparatoires : on prépare l’infrac3on (=j’achète le matériel pour empoisonner)
• Le commencement d’exécu.on (=je mets le poison dans la soupe)
• La tenta.ve (=il n’a finalement pas bu la soupe)
• La consomma.on de l’infrac.on (=il l’a bu et est mort)
42
En principe, en droit pénal, on incrimine l’infrac.on consommée. On peut aussi poursuivre la
tenta.ve mais dans des condi3ons/cadre prévues par la loi. Par excep.on, on peut incriminer les
actes préparatoires (ex : associa3on de malfaiteurs).
Pour qu’une infrac3on soit consommée il faut ces 3 éléments cons.tu.fs de l’infrac.on : élément
matériel, élément légal et élément moral.
C’est un préalable indispensable à toute interven3on du droit pénal car il découle du principe de
légalité. à C’est le fait qu’il existe un texte d’incrimina3on pour l’infrac3on concernée.
Mais parfois, il est difficile de trouver le bon texte d’incrimina3onà difficulté de qualifica.on.
Exemples :
Cependant, un acte peut être suscep3ble d’une pluralité de qualifica.on (=un acte suscep3ble de
plusieurs qualifica3on). On la dis3ngue de la pluralité d’infrac.ons (2 actes)
1§ la pluralité de qualifica)on
v A. L’existence d’un conflit idéal de qualifica4on
On parle d’un conflit idéal de qualifica3on (CIC).
Conflit de qualifica.on pénale : lorsqu’un fait unique, ou plusieurs faits matériels liés les uns aux
autres, sont suscep3bles de meZre en jeu plusieurs qualifica3ons différentes.
Par exemple, si je 3re sur une personne en la laissant mourir sans lui porter assistance, ce sont deux
actes dis3ncts que l’on va relier pour retenir une seule qualifica3on, ou alors viol sur la place
publique.
43
Parfois le conflit n’est qu’apparent que parce que les qualifica3ons sont incompa;bles (ex de tuer
sans porter assistance : il faut faire preuve de bon sens, si on veut tuer, alors on ne porte pas
assistance) ou alterna;ves.
Exemple : je commets un vol avec violence, je re3ens vol et violences volontaires ou vol aggravé avec
violences volontaires ? Le vol aggravé avec violences volontaires car une seule qualifica3on qui
correspond aux faits et permet de réunir les deux.
Mais il y a des situa3ons plus complexes dans lesquelles un seul et même fait permet de retenir deux
qualifica;ons ni incompa;bles ni alterna;ves. à Hypothèse de conflit de qualifica.on
La JP a dégagé un principe de non-cumul des qualifica3ons, mais aussi des excep.ons où plusieurs
qualifica3ons seront a>ribuées à un même fait.
Mais la JP a évolué (depuis environ 2010), re3ens des solu3ons différentes qui vont remeZre en
cause la force de ce principe.
1. Le principe
La Cour de cassa3on a très rapidement jugé qu’un même fait ne pouvait donner lieu à plusieurs
déclara3ons de culpabilité sous plusieurs qualifica3ons pénales différentes.
CeZe solu3on de principe est dégagée sur le fondement du principe de non bis in idem (=ne pas être
jugée 2 fois pour le même fait). Retenir deux qualifica3ons revient à retenir 2 condamna3ons pour un
fait.
La plus haute expression pénale : infrac3on faisant encourir les peines les plus élevées.
L’infrac.on fin : s’il y a une qualifica3on qui est le moyen de commeZre une infrac3on, on ne
re3ent que la finalité. (Exemple : dérober des armes pour un braquage, la finalité est le braquage
donc on re3ent le vol avec usage d’armes.)
On re.ent donc une seule qualifica.on, pour la choisir on regarde la plus élevée ou celle qui
englobe le plus de faits.
2. Les excep.ons
2 hypothèses :
S’il y a une pluralité des vic.mes. Exemple : en cas d’accident de la circula3on après avoir grillé un
feu. Une vic3me a subi des blessures de + de 3 mois et l’autre de – de 3 mois. On sera poursuivi pour
blessures involontaires supérieures à 3 mois et inférieures à 3 mois.
44
S’il y a pluralité de valeurs sociales protégées. JP découlant de l’affaire Ben Haddadi (1960) :
· 2 individus ont jeté une grenade dans un café qui avait au-dessus un immeuble avec des
habita3ons. On les poursuit pour tenta3ve d’homicide mais aussi pour la destruc3on
volontaire d’un édifice habité ?
· Or ici, ils ont deux objec3fs différents (détruire les habita3ons + le café). Ces 2 incrimina3ons
protègent deux valeurs sociales différentes : le droit à la vie et la protec3on du patrimoine.
La jp considère que si un acte est suscep.ble de 2 qualifica.ons pénales qui protègent des
valeurs différentes, alors on applique les deux.
La Cour de cassa3on est revenue dans un Arrêt du 15 décembre 2021 sur les solu3ons classiques :
certains auteurs parlent d’infléchissement et d’autres de revirement. Elle a donc aZénué les
solu3ons tradi3onnelles.
Arrêt : Un prévenu est poursuivi pour faux (=faire de la contrefaçon/ des faux papiers), usage de faux
(=celui qui u3lise le document contrefait) et escroquerie.
Þ Ici pas de conflit de qualifica.on car faux et usage de faux sont 2 actes différents.
Þ Mais l’escroquerie suppose elle l’u3lisa3on de manœuvres frauduleuses (ar3cle 313-1) pour
conduire à une somme d’argent. Il n’y a pas d’escroquerie sans manœuvres.
Or, l’usage de faux peut être considéré comme étant une manœuvre de l’escroquerie (ex : se faire
passer pour une notaire avec un faux testament en demandant la res3tu3on de l’argent d’un
héri3er).
Avant 2021 : La JP considère que l’usage du faux est un moyen pour accéder à la finalité : on retenait
que le faux et l’escroquerie (sans l’usage). Mais avec ceZe décision, la Cour de cassa3on a opéré à un
infléchissement : elle a retenu les trois infrac3ons et a condamné le prévenu pour faux, usage de faux
et escroquerie.
Désormais, le principe est le cumul des qualifica.ons, et plus le non-cumul des qualifica3ons.
On ressort de ceZe solu3on 3 hypothèses (=les excep3ons) dans lesquels on reste dans le non-cumul
de qualifica.on (=ancien principe) :
45
Ces solu3ons paraissent simples mais en réalité conduisent à une apprécia3on différente de celle qui
était appliquée avant 2021 par la Cour.
La manière dont la Cour de cassa.on les applique cons.tut la vraie différence avec avant 2021.
Décision 16 mars 2022 : la Cour de cassa3on re3ent désormais le cumul de qualifica3on entre
l’associa.on de malfaiteurs et la circonstance aggravante de BO pour l’infrac3on réalisée.
Je m’organise avec mon groupe habituel de cambrioleurs pour braquer une banque :
Pour la Cour de cassa3on, l’AF et la BO ne se regroupent pas, dès lors le cumul est possible. On peut être
condamné pour une infrac3on commise en BO sans avoir par3cipé à la BO, dès lors qu’on a par3cipé à l’AF.
En revanche on ne peut pas être condamné pour l’infrac3on d’AF si on n’y a pas par3cipé.
Pourquoi ? A quoi le cumul sert ? En effet, cela ne change rien pour la peine car retenir plusieurs
qualifica3on permet de trancher comme un concours réel et donc à choisir la peine la plus sévère,
mais elle sert à meZre 2 men3ons dans le casier judiciaire et donc d’être plus sévère si récidive.
Certains se demandent si législateur ne devrait pas intervenir pour clarifier la JP, au lieu de créer des
lois qui ne servent à rien et qui incrimine de plus en plus d’actes…
2§ La pluralité d’infrac)ons :
A ne pas confondre :
· Conflit de qualifica;on = 1 acte et plusieurs qualifica3ons : Quelle qualifica3on on re3ent ?
· Concours réel = plusieurs actes : Quelle peine on re3ent/Quelle peine encourue ?
Je commets un vol à Nancy, puis Épinal, puis Dijon. Les trois infrac3ons sont des vols, mais il y a bien
trois actes. Dans le concours réel, on se demande si je fais 3 ans + 3 ans + 3 ans de prison et 3 x 45
000€ d’amende ?
46
Les règles de la récidive sont fixées aux ar3cles 132-8 et s (non vu au S1).
Principe : Toutes les qualifica3ons sont retenues. On re3ent toutes les peines mais dans la limite du
maximum légal encouru pour chaque nature de peine.
Þ On ne pourra donc pas aller au-delà de la plus haute peine de priva.ve de liberté, ni de la
plus haute peine d’amende.
Exemples :
- Je commets un vol donc 3 ans + 45000€ et une escroquerie donc 5 ans + 395 000€. Je suis
poursuivie pour les 2 qualifica3ons, et j’encours 5 ans et 395 000€.
- Je commets un meurtre soit 30 ans de RC, puis je commets un recel soit 5 ans E et 375 000€.
On me poursuit pour meurtre et recel et j’encours 30 ans et 375000 € d’amende.
- Je commets une infrac3on de 15 ans de RC + 100 000 € et une deuxième de 3 ans de E et 375
000 €. Alors j’encours 15 ans et 375000 €.
On peut donc cumuler les peines de natures différentes mais pas celles de même nature. On considère
que la peine prononcée pour ces deux infrac3ons en concours est réputée commune. (=on ne dit pas
à quelle peine appar3ent quelle infrac3on : exemple si j’encours 15 ans et 37500 € le juge ne précise
pas d’où sort le 15 ans (de quelle infrac3on) ni le 375000 €).
Excep.on : Les peines d’amendes contraven.onnelles se cumulent entre elles, mais aussi avec les
amendes prononcées pour crime ou délits.
Exemples :
· Je commets deux infrac3ons contraven3onnelles soit je grille deux feux rouges, alors je paye
deux amendes.
· Je commets un meurtre simple : 30 ans de réclusion criminelle. + Je fais un recel : 5 ans + 375
000€ d’amende. On me poursuit pour meurtre et recel. A ça, on rajoute une amende
contraven3onnelle de 5ème classe : 1500€. Ainsi, la peine encourue est 30 ans + 376 500€
d’amende.
L’infrac3on suppose la réalisa3on de l’acte matériel, décrit dans le texte d’incrimina3on. C’est la
manifesta;on de l’inten;on par l’élément extérieur.
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1§ Le comportement
Il peut être de différentes natures. Généralement, c’est un acte de commission (=on nous reproche
d’avoir fait quelque chose), mais cela peut aussi être un acte d’omission (= de ne pas avoir fait
quelque chose).
Enfin, parfois l’acte matériel perdure dans le temps, et d’autres fois il intervient à un moment donné.
v A. La nature du comportement
On dis.ngue infrac.on de commission et d’omission :
• Commission : suppose la réalisa3on d’un acte posi3f. On reproche à la personne d’avoir agi.
Exemple : vol, on reproche d’avoir dérober/ d’avoir soustraire ; violence on reproche d’avoir frappée.
• Omission : on reproche l’absten3on, soit le fait que la personne n’ait pas agit.
Exemple : non-assistance de la personne en péril (et non en danger car trop léger : exemple = fumer =
se me>re en danger) ; non représenta3on d’enfants ; non dénoncia3on de crimes ou délits ; abandon
de famille (=ne pas payer les pensions alimentaires)
Lorsque que le texte vise une ac3on/un acte de commission, même si on arrive au même
résultat par omission, cela ne caractérisera pas l’infrac3on àPrincipe interpréta.on stricte
loi pénale (=cf Affaire Poi.ers où malgré l’état de la vic3me qui aurait été semblable à si elle
avait éprouvé des violences volontaires, on était bien dans de la négligence).
Parfois le texte n’est pas exclusif : la loi va dire que le fait est caractérisé lorsqu’on est parvenu au
même résultat (=à une ac3on) sans agir à la loi assimile l’absten.on à l’acte posi.f.
Exemple : les infrac3ons d’imprudence. Elles peuvent être caractérisées par une absten3on ou un
acte posi3f (avoir grillé un feu rouge, le fait de s’être abstenu de s’arrêter nous assimile à l’acte posi3f
de griller le feu).
v B. Le nombre de comportement
Une infrac3on peut nécessiter un seul ou plusieurs actes :
• Infrac3ons simples : 1 seul acte matériel. Ex : vol : acte de soustrac3on ; l’omission de porter
secours.
• Infrac3ons complexes : Plusieurs (=minimum 2) actes dis.ncts.
Il faut retenir tous ces actes pour cons3tuer l’infrac3on. Ex : l’escroquerie, 313-1 : suppose l’u3lisa3on
de manœuvres frauduleuses + qu’elles aient conduit à une remise, pour caractériser la tromperie soit
l’escroquerie.
L’infrac3on n’est pas consommée tant que tous les actes ne sont pas réunis. On verra ensuite que s’il
n’y a pas tous les actes, on peut-être dans la tenta3ve.
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Il faut retenir tous ces actes pour cons3tuer l’infrac3on. Ex : exercice illégal de la médecine, au moins
l’avoir exercé 2 fois pour que l’infrac3on soit cons3tuée.
v C. La durée du comportement
Le comportement peut être immédiat ou se prolonger dans le temps (=instantanées ou con3nue) :
L’intérêt va être au niveau de la prescrip.on : le point de départ est le jour où l’infrac3on a été
commise (vu au S2) :
Exemples :
2§ Le résultat
Généralement l’acte va causer un résultat, qui cause un préjudice à la vic.me, que la loi cherche à
réprimer. Ex : pour le meurtre, cause la mort de la vic3me, la loi cherche à réprimer l’a>einte à la vie.
Cependant, parfois, la loi est indifférente à la survenue concrète du résultat : elle incrimine l’acte lui-
même quand bien même il n’y a pas eu de résultat. Ex : l’empoisonnement ne suppose pas la mort de
la vic3me, on risque la même peine que si la personne été morte.
Þ Cela concerne la dis3nc3on entre les infrac3ons matérielles (=se consomme par le résultat)
et formelles (=se consomme indépendamment du résultat).
L’infrac3on est dite consommée quand elle est pleinement réalisée dans toutes ses composantes.
Mais la loi peut parfois réprimer même si l’infrac3on n’a pas été consommée à son terme : c’est la
tenta.ve.
v A. L’infrac4on consommée
L’infrac3on est consommée quand elle est pleinement réalisée dans toutes ses composantes.
• Matérielle : Exemple : le meurtre est une infrac3on matérielle : le résultat qui est la mort est
visé dans le texte d’incrimina3on (225-1 : « donner la mort volontairement à autrui).
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• Formelle : Exemple : empoisonnement, le texte ne vise pas la mort mais vise le fait de faire
usage de substances mor3fères.
1. L’infrac.on matérielle
L’infrac3on matérielle est celle qui se consomme par la réalisa.on du résultat décrit par le texte.
Cad que le résultat fait par3e intégrante des éléments cons3tu3fs de l’infrac3on. Si le résultat ne
survient pas alors on ne sera pas dans le cas d’une infrac3on consommée mais dans le cas d’une
tenta.ve.
4. L’infrac.on formelle
C’est une sorte de tenta3ve mais considérée comme une infrac3on consommée. On intervient plus
tôt dans « l’iter criminis ».
Quand on est face à une infrac3on formelle, malgré le fait que le résultat ne soit pas survenu,
on ne peut pas envisager la tenta3ve.
v B. l’infrac4on tentée.
La tenta3ve n’est pas toujours incriminée.
Þ Ar3cle 121-4 : la tenta3ve de crime est tjrs punissable, la tenta3ve de délits n’est punissable
que si la loi le prévoit, la tenta3ve des contraven.ons n’existe pas (ex : pas de tenta3ve des
feux rouges grillés).
Pour les délits, cela est donc complexe : il faut se demander s’il y a un texte qui le prévoit. (Ex : vol
ar3cle 311-13 « la tenta3ve de vol est punissable »)
Les condi3ons de la tenta3ve ressortent de l’ar3cle 121-5 : « La tenta3ve est cons3tuée dès lors que,
manifestée par un commencement d'exécu3on, elle n'a été suspendue ou n'a manqué son effet
qu'en raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur. »
1. La tenta.ve interrompue
a) Le commencement d’exécu.on
Il n’est pas défini à l’ar3cle 121-5 : la loi nous dit juste que la tenta3ve doit être « manifestée par le
commencement d’exécu3on ».
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• Un élément objec.f : l’acte qui tend « directement et immédiatement » à la consomma3on
d’infrac3on.
• Un élément subjec.f : l’acte accomplis avec « l’inten3on de la commeZre l’infrac3on ». Elle
se déduit du caractère univoque (=sans ambiguïté) des faits.
• Exemple : Actes préparatoires = acheter une arme ; Tenta3ve = avoir braqué l’arme sur la
vic3me (sans 3rer)
L’inten.on de commeZre l’infrac3on doit être certaine et elle doit résulter des actes accomplis.
Il est donc important de savoir nuancer actes préparatoires et tenta3ve car eux ne sont pas
punissable. Si je suis arrêtée au moment de l’achat de l’arme, on ne peut pas poursuivre pour
meurtre.
La JP a apporté des précisions sur la dis3nc3on : si je veux brûler ma voiture pour escroquer mon
assurance :
· L’assurance me dit que je ne suis pas assuré contre l’incendie, elle ne me remet pas les
fonds : ici, il y a bien un commencement d’exécu3on (= les manœuvres). C’est seulement car
l’assurance refuse (désistement involontaire) que l’infrac3on n’est pas consommée.
Cela sert à dis3nguer le renoncement volontaire de l’agent de la contrainte qui s’est exercée sur lui
qui l’a empêchée de faire l’infrac3on (ex : si quelqu'un se jeZe sur moi pour pas que je tue).
Il est difficile de déterminer le type de désistement qui intervient : Est-il libre et spontané ou
extérieur et contraignant ?
Exemple 1 : si je cambriole une maison, mais l’alarme sonne et je ne plus cambrioler donc je pars et
je renonce à l’infrac3on à extérieur et contraignant.
51
Exemple 2 : Affaire de tenta3ve de viol où l’agent n’a pas réussi à commeZre le viol car « panne
physique », lui réclame le désistement, mais on a retenu la tenta3ve de viol car il ne l’a pas contrôlé.
Exemple 3 : 3ré du manuel Xavier Pin : la JP ne re3ent pas une tenta3ve pour le cas d’un homme qui
n’a pas commis de vol, qui s’est abstenu sous l’influence de son ami. En effet, il ne s’agissait pas de
« pression » de la part de l’ami, mais une simple discussion amicale. Cela ne suffit donc pas à qualifier
de tenta3ve. A contrario, si la discussion avait été qualifiée de pression, alors on aurait pu parler de
tenta3ve.
2. La tenta.ve infructueuse
Hypothèse dans laquelle l’agent a commis tous les actes qui permeZent d’abou3r à la consomma3on
de l’infrac3on, mais il n’a pas réussi à aZeindre le résultat visé.
2 hypothèses :
• Soit parce qu’il parce qu’il a manqué son coup. (Ex : tuer mais ne pas réussir à le faire à cause
d’un évènement extérieur)
• Soit parce qu’il était impossible d’arriver au résultat recherché. (Ex : tuer mais la personne est
déjà morte)
a) L’infrac.on manquée
Aucune spécificité, l’infrac3on manquée est assimilée à l’infrac3on interrompu. Ici, il n’y a pas de
désistement (ex : j’achète l’arme, je 3re dessus, la personne a pris la balle mais n’est miraculeusement
par morte).
b) L’infrac.on impossible
Le régime de l’infrac3on impossible n’est pas parfaitement établi. La JP n’est pas encore
parfaitement claire quant à la répression de ces infrac3ons.
C’est le cas de l’impossibilité matérielle d’arriver au résultat recherché, ce que l’agent ignorait.
· Exemple 1 : tuer mais la personne est déjà morte, la personne est allée jusqu’au bout mais
n’a pas pu abou3r au résultat qui est la mort
· Exemple 2 : on veut faire un cambriolage, mais les personnes ont déménagé et il n’y a donc
plus rien.
En revanche il y a des hypothèses dans lesquelles la tenta;ve de l’infrac;on ne sera pas poursuivie,
même si la personne est malveillante (=personnalité délinquante).
2 hypothèses :
Ex (fic3f) : on est convaincu que l’on peut tuer en donnant de l’ail. Alors on ne re3ent pas l’infrac3on
impossible.
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Ex (réel) : on est convaincu que l’on peut tuer avec les poupées vaudous (=magie noire). La JP ne
re3ent pas non plus la tenta3ve.
o L’infrac3on existe que dans la tête de l’auteur : elle croit commeZre un acte répréhensible,
alors que cela n’est pas le cas.
Ex : une personne pensait avoir une rela3on sexuelle avec un mineur, mais la personne était majeure
et consentante.
L’infrac.on impossible n’est donc pas toujours assimilée à l’infrac.on manquée (d’où le fait qu’elles
soient dis.nguées).
Affaire Perdereau, 1986 : Quelle infracDon retenir en essayant de tuer quelqu'un déjà décédée ?
3. La répression de la tenta.ve
Conclusion :
• Le commencement d’exécuDon
Mais on retrouve des excep.ons, avec le terme « toutefois » al 2. Lorsque c’est prévu par la loi, il y a
donc des infrac3ons même s’il n’y a pas d’inten3on criminelle, c’est ce que l’on appelle les fautes
d’imprudences. (Ina>en3on, négligence, maladresse)
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L’inten3on criminelle renvoie à l’aspect moral du droit pénal, qui a voca3on à punir ceux qui veulent
contrevenir/porter aZeinte aux valeurs sociales protégées. On ne sanc3onne que ceux qui veulent
d’être coupable.
L’exécu3on des actes matériels puni par la loi ne sera punissable que si l’auteur a agi avec la
conscience et la volonté de transgresser la loi pénale.
Ainsi pour que les faits soient répréhensibles, il faut que l’agent ait compris son acte et qu’il ait eu la
volonté d’agir.
En ma3ère correc.onnelle, c’est le principe mais une simple faute d’imprudence peut être
répréhensible (voir au-dessus).
En ma3ère contraven.ons, l’inten3on n’est pas prise en compte (ex : peu importe si on a eu
l’inten3on de rouler sur la voie de bus, cela suffit à cons3tuer la contraven3on : élément matériel et
légal suffisent, pas nécessairement d’élément moral)
L’inten.on est définie comme une volonté tendue vers le but illicite.
Il faut la conscience des actes pour qualifier l’élement moral, à défaut on parle de cause de non
imputabilité.
La conscience renvoie au discernement, soit à la compréhension des actes : pour vouloir un acte
(libre arbitre), il faut le comprendre. Ainsi, il n’y a pas de libre arbitre sans conscience.
CeZe vision date du 19ème : les médecins psychiatres s’interrogeaient sur le sort des « fous ». Les
actes ne peuvent donc pas être répréhensible. Pour être conscient de ses actes il faut être discernant.
Une personne sans discernement, qui n’a pas conscience, les actes existent mais ne sont pas
répréhensibles.
Hypothèses dans lesquelles l’agent n’a pas pu avoir conscience de transgresser la loi pénale.
• On retrouve les troubles psychiques ou neuropsychiques (termes du CP) (=les fous) ayant
aboli le discernement.
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• Les jeunes enfants : 6-7 ans à « âge de raison » (=on sait discerner le bien et le mal). A cet
âge on a conscience des actes certes, mais on réprime pénalement qu’à par3r de 13 ans.
(=principe de présomp3on de discernement à par3r de 13 ans dans le code de jus3ce pénale
des mineurs).
En effet, on considère en droit pénal que sanc3onner (=meGre en prison) un enfant de moins de 13 ans
est contre-produc3f : c’est soit qu’il y a une pathologie derrière, soit parce qu’il y a un cadre familial
extrêmement délicat. Il est donc irresponsable pénalement.
Ce mécanisme est également repris comme en Italie où cela est adoptée pour les femmes enceintes. Or
ceGe impunité juridique a été u3lisée par des réseaux criminels : la mafia a u3lisé cela pour commeGre
des crimes et ont même forcer des femmes à être enceinte.
Lorsqu’on parle de conscience des actes, c’est la capacité de comprendre que l’ac.on commise est
contraire à la loi pénale (dis.nc.on du bien et du mal).
5. La culpabilité.
On dis3ngue dol général et dol spécial : Toute infrac3on inten3onnelle suppose le dol général.
Parfois le texte ajoute une inten3on spécifique au dol : le dol spécial.
a) Le dol général
L’auteur a eu l’inten3on de transgresser la loi peu importe le mobile (=les raisons). C’est donc la
volonté d’enfreindre l’interdit pénal.
Ce dol général doit être caractérisé pour toutes les infrac3ons inten3onnelles.
Le dol général suppose que l’auteur a voulu accomplir l’acte qu’il s’est défendu.
Þ Par ailleurs, on est bien censé connaitre la totalité de la loi pénale : présomp3on irréfragable
de la loi pénale. On ne peut donc pas dire « je ne savais pas que c’était interdit » à « nul
n’est censé ignoré la loi »
La plupart du temps, l’inten3on se déduit des faits. On essaye de déduire l’inten3on de la matérialité
des faits (= deviner ce qu’il y a dans l’esprit par ce qui s’est produit). Exemple : On constate que la
personne à acheter une arme, qu’elle a 3ré et tué, et qu’auparavant elle avait dit à son ami qu’elle
voulait tuer, alors on peut déduire l’inten3on de transgresser la loi.
Excep.on très rare : Il y a un domaine dans lequel on a des formes de présomp.ons d’inten.ons :
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b) Le dol spécial
AZen3on c’est toujours dol général + dol spécial si la loi le prévoit (pas de dol spécial seul).
C’est la loi qui précisera s’il y a une inten3on spéciale ou non. A défaut, la JP peut aussi se
posi3onner. Arrêt Cour de Cassa.on 18 juin 2003.
La ques3on se pose aussi pour le vol : faut-il un dol spécial ou général ? en JP et doctrine, cela reste
encore flou. Tout de même il est suffisant de démontrer qu’on sait que le bien ne nous appar3ent pas et
qu’on veut le dérober.
c) Les mobiles
Mobiles : raison qui pousse l’agent à commeZre une infrac3on. Ils peuvent être très variés : jalousie,
haine, fierté, cupidité, louable (=être gen3l) etc…
Le mobil, en principe, est indifférent au droit pénal car la loi protège les valeurs sociales de manière
général et abstraite (on ne peut pas lister des mobiles qui excuseraient le passage à l’acte). Ex : on
incrimine le meurtre car on protège la vie, peu importe la raison qui a poussé à tuer.
Mais pour les hypothèses de légi.mes défense ? On considère que l’infrac3on est bien commise,
mais qu’il y a un fait jus.fica.f qui ne fait encourir aucune peine.
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Le mobile aura une incidence seulement si la loi le prévoit.
Excep.on : parfois la loi érige un mobile en dol spécial (mais seulement si la loi le prévoit). Ex : forme
d’euthanasie en France = donner des médicaments pour accélérer la mort dans les cancers phase
terminale àon commets le meurtre avec l’inten3on, la conscience et la volonté de tuer, mais le
mobil excuse.
v A. La faute
(Différence avec le civil)
Excep.ons : Al 2 « toutefois » à il existe des infrac;ons non inten;onnelles quand la loi le prévoit
uniquement en ma.ère correc.onnelle.
1. La faute simple
Elle consiste en une imprudence, une négligence ou un manquement à une obliga3on de prudence
ou de sécurité.
2. La faute qualifiée
La faute de mise en danger délibérée (aussi appelée MDD) est une viola3on manifestement
délibérée d’une obliga;on par;culière de sécurité ou de prudence prévu par la loi ou le règlement.
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Þ Il ne s’agit donc pas d’un simple manquement à une obliga3on (=faute simple), mais ici on a
manifestement transgressé une obliga3on qui s’imposait à nous.
Exemple : je commets un excès de vitesse de 30km/h pour arriver plus rapidement au travail. En
revanche, celui qui met sans faire exprès son régulateur 3km/h au-dessus commet une faute simple.
Ici, il n’y a pas d’inten.on de résultat, mais l’inten.on/la conscience de prendre un risque
inconsidéré.
Les juridic3ons devront retenir une obliga;on par;culière de sécurité ou de prudence. Ils se posent
les ques3ons suivantes : Quelle est la disposi3on légale ou règlementaire transgressée ? En quoi
s’agissait-il d’une obliga3on par3culière et non générale ?
b) La faute caractérisée
Elle est définie comme la faute qui exposait autrui a un risque d’une par.culière gravité que l’agent
ne pouvait ignorer. Ici, il y a eu un comportement de prise de risque car il y avait la conscience qu’on
exposait autrui à un risque.
Exemple, Affaire usage de quad : organisateur de sor3e en quad qui avait uniquement proposé
l’usage de casque (à l’époque non obligatoire). Or une personne est tombée en forêt et donc
l’organisateur a été poursuivi. On a retenu contre lui une faute caractérisée : il a accepté que certains
ne portent pas de casques alors que le risque d’accident aux conséquences graves était présent.
Aujourd'hui le port du casque est réglementé, donc on l’aurait classé comme une faute de mise en
danger délibérée.
Éléments cons.tu.fs :
• Conscience du risque : Ici, la personne a conscience du risque qu’elle fait courir aux autres,
mais ne viole pas forcément une obliga3on spécifique imposée par la loi ou un règlement. Il
s’agit plutôt d’un comportement globalement imprudent ou négligent, exposant autrui à un
danger grave.
• Absence d’obliga;on par;culière : contrairement à la MDD, la faute caractérisée peut
découler d’un manquement à une prudence générale, et non à une règle spécifique. Ce qui
est important ici, c’est que la gravité du risque était évidente et que l’agent ne pouvait
raisonnablement l’ignorer
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En principe, les infrac3ons sont toujours inten3onnelles, le CP prévoit parfois qu’on puisse engager la
Responsabilité pénale pour des infrac3ons non inten3onnelles.
Infrac.ons non inten.onnelles : on reproche de ne pas avoir an3cipé les conséquences de son
comportement, même s’il n’y a pas de volonté de faire l’infrac3on mais on trouve tout de même une
faute. (Ex = griller un feu et à la suite renverser un piéton).
Cependant, les délits et excep3onnellement les contraven3ons (ex : violences involontaire <8jrs ITT)
sont concernées, mais pas les crimes.
v B. Le préjudice
Principe : la répression de la faute d’imprudence suppose un préjudice. Celui-ci est soit des blessures,
soit le décès de la vic3me.
59
1. Les blessures et l’homicide involontaire
La répression est propor.onnée à la gravité du résultat avenu (cf violences volontaires avec le
nombre d’ITT).
Ce résultat peut-être :
Lorsque la faute d’imprudence n’a pas conduit à une ITT (pas d’incapacité de travail mais blessures
existantes quand même), la qualifica3on est contraven.onnelle sans circonstances aggravantes.
® CeZe contraven3on est de 2ème classe (R.622-1 CP). Elle peut passer en 5ème classe avec les
circonstances aggravantes (R.625-3).
On se réfère à l’ar3cle 222-20 pour les ITT < = 3 mois. Il s’agit d’une infrac3on simple, la peine
encourue est de 1an d’E et 15k€. Avec les circonstances aggravantes, la peine peut aller jusque 5 ans
d’E et 75k.
On se réfère à l’ar3cle 222-19 pour les ITT > = 3 mois. Il s’agit d’une infrac3on simple, la peine
encourue est de 2ans d’E et 30k€. Avec les circonstances aggravantes, la peine peut aller jusque 7 ans
d’E et 100k.
On parle d’homicide involontaire. Il est prévu à l’ar3cle 221-6. L’homicide involontaire simple fait
encourir 3 ans d’E et 45k. S’il est aggravé alors jusqu’à 10 ans E et 150k.
CA à connaitre :
• Le simple fait d’être conducteur d’un véhicule terrestre à moteur (VTAM) aggrave la
répression.
• La faute est aggravée dès qu’elle est commise avec une mise en danger délibérée. Si on a
délibérément violé une obliga3on de sécurité ou de prudence alors CA (=MDD). La MDD est à
la fois une faute lourde pouvant engager la responsabilité pénale et une CA.
Le législateur est venu incriminer spécialement ceZe hypothèse, dans laquelle on a un agent qui a
pris un risque inconsidéré. On voit ici que chez l’agent, on a une quasi-inten3on du résultat : il ne le
veut pas oui, mais il sait qu’il peut survenir au résultat et connait le risque et commet quand même
l’ac3on.
60
Le législateur a donc créé l’ar3cle 223-1 du CP : « Le fait d'exposer directement autrui à un risque
immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mu3la3on ou une infirmité permanente
par la viola3on manifestement délibérée d'une obliga3on par3culière de prudence ou de sécurité
imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende
».
Ainsi, le fait d’exposer autrui à un risque cons.tut une infrac.on autonome de MDD. Ici, le risque
ne s’est pas produit, on a simplement mis l’individu en danger.
v C. Le lien de causalité
On re3ent d’abord une causalité certaine entre la faute et le préjudice : c’est bien la faute qui a
conduit au résultat.
Avant la loi : des « poussières de fautes » permeZaient d’engager la responsabilité pénale. Il suffisait
d’une simple inaZen3on pour engager la RP.
§ Notamment on parle de ce terme pour les représentants des collec3vités territoriales (ex : les
maires) : dès lors qu’ils organisaient une manifesta3on dans leur commune, il s’exposait à
engager leur RP s’il y avait le moindre dérapage.
Exemple 1 : un maire organise un défilé de fanfare dans sa commune. Or, une personne ivre percute
la foule et commet des décès (homicide involontaire). Mais on aussi poursuivi le maire de la
commune pour ne pas avoir mis des barrières de protec3on et condamné pour homicide
involontaire.
Exemple 2 : concert à Strasbourg, un orage est tombé sur un arbre immense qui est tombé sur la
foule. On a engagé la responsabilité de l’élu qui a organisé le concert en plein air à proximité de cet
arbre. (Autres exemples : sous 221-6).
Exemple 3 : un enfant faisait le cochon pendu sur une cage de foot, mais elle lui tombe dessus car
mal fixée. Il meurt sur le coup. Condamna3on du maire pour homicide involontaire.
Étant donné ces cas, et de plus une forme de pression se créait sur les élus qui n’organisait plus rien
dans leur ville.
La loi fauchon a donc déresponsabilisé par3ellement les auteurs personnes physiques qui ont
contribué à la réalisa3on d’un résultat.
61
Loi Fauchon du 10 juillet 2000
Personne physique : on dis3ngue la causalité directe et Personne morale : toute faute suffit pour
indirecte engager la RP peu importe la nature de la
causalité (directe ou indirecte)
Causalité directe
1. Causalité directe
Exemple : Un maire d’une commune décide de ne pas faire réparer un pont endommagé, malgré des
rapports techniques signalant que l’ouvrage présente un risque imminent d'effondrement. Le maire,
en raison de contraintes budgétaires, repousse ces travaux jugés prioritaires. Quelques mois plus
tard, le pont s'effondre, causant la mort de plusieurs usagers. L'enquête révèle que le maire avait été
informé du danger par des rapports d’experts, mais qu'il n’a pris aucune mesure pour prévenir
l'accident.
2. Causalité indirecte
• Morale : peu importe que la causalité soit directe ou indirecte car toutes fautes suffit à
engager la RP.
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• Physique : en cas de causalité indirecte il faut pouvoir retenir une faute lourde pour engager
la RP. La faute simple ne permet pas d’engager la RP.
Faute lourde = soit une faute de MDD soit une faute caractérisée.
Ce caractère directe ou indirecte n’est cependant pas toujours évident et difficile à déterminer.
Exemple : on fait un accident sous l’emprise de l’alcool et on percute un véhicule. La personne n’a
qu’une jambe cassée. Elle va à l’hôpital et le médecin a commis une erreur médicale et tue la
personne. Le médecin est l’auteur direct (il a conduit à la mort = homicide involontaire) et le
conducteur un auteur indirect (on le poursuit aussi pour homicide involontaire aussi !!). Ce qui
compte c’est le préjudice plein et en3er (=le résultat final). C’est la même chose pour les blessures qui
s’aggravent : si au départ - 3 mois et s’avère qu’après elles s’aggravent à + de 3 mois, alors on
requalifie.
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Par5e 3 : La responsabilité pénale
Celui à l’encontre de qui sont réunis tous les éléments cons;tu;fs de l’infrac3on. C’est celui qui a
accomplis les éléments matériels de l’infrac3on.
Il peut-être une personne physique ou morale, la répression en est indifférente. La seule différence
est celle de l’irresponsabilité pénale des personnes physiques auteurs indirectes.
• En ma.ère civile, on peut être responsable du fait d’autrui (cf parents civilement responsable
du fait de leurs enfants, ex : si un enfant blesse un camarade en classe, les parents
indemnisent).
• En ma.ère pénale, ce n’est pas le cas. Si un mineur commet une infrac3on, ils ne sont pas
condamnés pour ceZe infrac3on. Or on peut leur en reprocher une autre comme la non-
surveillance de l’enfant ou manquement à obliga3on.
En principe on a donc pas de responsabilité du fait d’autrui (ex : parents non responsables du fait de
leur enfants).
• Quelqu’un qui a conceptualisé l’infrac3on et qui l’a fait réaliser (un cerveau et ses
marionneZes). Est-il considéré auteur principal ou s’agit-il de ses exécutants ? On dis.ngue
donc auteur matériel et auteur intellectuel.
• Hypothèse de la coac3on : infrac3on commise par un groupe mais on ne connait pas l’ac3on
de chacun. Exemple : un groupe qui frappe une vic3me, on ne se sait pas qui a commis telle
ou telle blessures. Doit-on dis3nguer chaque blessure ? Que faisons-nous si ces blessures ont
commise la mort et que c’est à cause d’un coup en par3culier ? On parle donc ici de
coac.on.
Matériel : C’est l’auteur qui a personnellement accompli les composantes matériels (+ élément moral
caractérisé) : il exécute et passe à l’acte. On peut le poursuive pénalement en cas d’infrac3on
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consommée ou tentée car les 3 composantes de l’infrac.on sont réunies en lui-même (élément
légal, matériel, moral).
Intellectuel : Celui qui n’a pas accompli lui-même les composantes matérielles, mais il a planifié
l’infrac3on et en est à l’origine : il a voulu les faits mais à missionner quelqu’un pour la réaliser. C’est
le cerveau/ la tête pensante (l’autre étant l’exécutant).
Juridiquement on traduit cela par un principe à l’ar3cle 121-7 : Il est complice par ins.ga.on
(=incita3on) : « Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou
assistance, en a facilité la prépara3on ou la consomma3on. Est également complice la personne qui
par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infrac3on ou
donné des instruc3ons pour la commeZre ».
Excep.ons :
• La loi vise expressément celui qui commet ou qui fait commeZre. On appelle ces infrac3ons
les infrac;ons de provoca;ons (ex : provoca3on à l’usage de stupéfiant, on reproche
l’incita3on).
On a dons une infrac.on autonome de celui qui incite au passage à l’acte.
Parfois en JP, on retrouve des condamna3ons de l’auteur intellectuel sur le fondement de l’auteur
principal alors qu’il est simplement ins;gateur (« est couple de …. »).
Pourtant pour caractériser l’infrac3on, il doit y avoir un élément matériel et un élément moral.
Rôle dans Conçoit et planifie l'infrac3on, sans Encourage ou incite une personne à
l'infrac.on l'exécuter lui-même. commeZre l'infrac3on.
Degré Ac3f : joue un rôle majeur dans la Passif : pousse l'auteur à agir, mais
d'implica.on concep3on de l'infrac3on. sans concevoir l'acte.
Exemple Planifie un vol, choisit la cible et Pousse une personne à voler en lui
détermine les rôles des par3cipants. promeZant des avantages.
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L’ins3gateur ou auteur intellectuel peut être poursuivi et condamné comme auteur principal en
raison de la théorie de l'emprunt de criminalité. CeZe théorie, codifiée dans l'ar3cle 121-6 du CP,
dispose que le complice est puni "comme auteur". Cela signifie que, même si l'ins3gateur n'a pas
matériellement commis l'infrac3on, il en porte la responsabilité pénale, au même 3tre que celui qui
l'a réalisée physiquement. La logique de ceZe responsabilité découle de plusieurs éléments :
Donc, la façon dont on se rend coupables des faits n’a pas d’incidence sur les peines applicables à
l’infrac;on.
En ma3ère de coac.on, le problème réside dans la preuve des actes commis par chacun des
par3cipants. Cela signifie qu’on ne sait pas forcément quelle est la part de chacun dans l’infrac3on et
on n’a pas tjrs le moyen de savoir qui a fait exactement quoi. Exemple : 3 individus qui commeZent
des violences volontaires. On ne peut pas savoir qui a porté le coup fatal. On n’a donc pas de preuves
et on ne peut pas répar3r la responsabilité pénale de chacun selon ce qu’il a fait.
Or cela a posé soucis car chaque auteur se dédouanait en disant qu’il n’a pas tapé fort, et accusait les
autres…
M. A tape dans les jambes : violences volontaires avec ITT < 8 jours (3 ans d’emprisonnement et 45
000€ d’amende).
M. B tape dans les bras : violences volontaires avec ITT < 8 jours (3 ans d’emprisonnement et 45 000€
d’amende)
M. C tape à la tête : violences volontaires ayant entraîné la mort (20 ans de RC).
M. A et B sont en réalité complices de l’infrac3on de Monsieur C : c’est parce qu’il tapait les pieds et
les bras que M.C pouvait taper la tête. Ils sont donc coupables de violences volontaires avec ITT < 8
jours + complicité de M. C de coups morts. Ainsi, avec le principe de non-cumul des peines, ils
encourent tous 20 ans de RC.
Tous les par.cipants à une ac.on de groupe sont complices des autres, et donc poursuivis pour
l’infrac.on la plus grave.
La JP re3ent que tous les par3cipants sont co-auteurs de l’infrac3on réalisée. Il n’y a donc pas besoin
d’apporter la preuve de chaque acte commis par chaque par3cipant. En pra3que, M.C prendra plus
que les autres.
Mineur : spécial déroge au général à si la loi prévoit une excep3on, sinon on applique le droit
pénal général. Ici en ma3ère de peine encouru c’est la même chose.
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v B. La responsabilité du chef d’entreprise du fait de ses préposées
La responsabilité pénale des dirigeants d’entreprise en raison des infrac3ons commises par leurs
préposées sont admises depuis longtemps en JP. On reproche au dirigeant l’ac3on commise par l’un
de ses salariés.
Or ce cas de responsabilité n’est que jurispruden.elle et n’existe pas dans le code pénal.
Arrêt du 30 décembre 1892 « Arrêt Ferrand ».
En doctrine, on considère que c’est un cas dérogatoire au principe de responsabilité son propre fait.
On reproche de ne pas avoir exercé leurs fonc3ons ayant pu empêcher la réalisa3on de l’infrac3on.
Exemple : un salarié (=stagiaire de 3ème) blesse avec une pelleteuse 3 personnes. Évidemment, on
reproche au salariés les faits de blessures involontaires, mais aussi au chef d’entreprise qui a un
pouvoir de direc3on car il doit organiser l’ac3vité de manière que de tels faits ne se produisent pas.
Parfois ceZe responsabilité est expressément prévue par la loi (ex : dans le code du travail il est prévu
explicitement que le dirigeant est responsable des condi3ons d’hygiène et de sécurité). Mais cela
n’est pas nécessaire et le chef peut-être pénalement responsable du fait de ses salariés même si non
prévue par la loi. La JP a largement précisé cela.
Pour que la responsabilité soit engagée, il suffit donc qu’une infrac.on ait été commise à l’occasion
du fonc.onnement de l’entreprise, par un ou plusieurs employés.
L’infrac3on commise par les salariés permet d’engager la responsabilité du chef car on lui reproche
d’avoir manqué à son devoir de vigilance et de surveillance.
Pourquoi ? car on a généralement constaté que les chefs d’entreprises incitaient voire faisaient des
pressions sur leur salarié et incitait à manquer à des obliga3ons de sécurité pour gagner du temps
(ex : ne pas s’aZacher lors d’un échafaudage). Or un bon chef fait respecter ces obliga3ons de
sécurité en les informant, les formant ou même en les sanc3onnant.
Pour qu’il y ait une responsabilité il faut la réunion de 3 condi3ons : il faut une infrac3on du préposé,
une faute du chef, et une absence de déléga3on de pouvoirs.
Puisque nous sommes dans un cas de responsabilité du fait d’autrui, l’infrac3on doit être commise
par un salarié (et non par le chef lui-même) à l’occasion de ses fonc.ons (non chez lui). Peu importe
la nature de l’infrac3on (inten3onnelle ou non inten3onnelle), même si dans la pra3que il s’agit le
plus souvent d’infrac3ons d’imprudence. Par exemple, dans les cas de harcèlement si pas assez de
surveillance.
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On reproche une faute au chef d’entreprise : ce n’est pas l’infrac3on comme réalisée, mais sa faute à
lui en ce qu’il n’a pas suffisamment exercer son devoir de vigilance et de surveillance.
Il est bien souvent reproché au chef sa par;cipa;on indirecte à une faute d’imprudence.
• La loi Fauchon aurait pu limiter leur responsabilité, mais la JP re3ent une faute lourde : les
juridic3ons du fond considèrent que le manquement au pouvoir de direc3on expose à autrui
à un risque d’une par3culière gravité qui aurait pu être évité. Il devait meZre en place des
mécanismes de vérifica3ons, de forma3ons (=sensibilisa3on).
En pra3que la faute du dirigeant est plutôt présumée. Pour la JP, lorsque le préposé viole ses
obliga3ons d’obliga3ons de sécurité ou de prudence, alors c’est nécessairement la faute du chef
d’entreprise.
Le chef d’entreprise peut s’exonérer en apportant la preuve des mesures prisent en faisant respecter
ces obliga3ons. Mais la preuve est très complexe à apporter :
® Le chef doit démontrer qu’il n’a en aucun cas par3ciper à la réalisa3on de l’infrac3on. Les
juges considèreront en priorité que si ces mesures étaient suffisantes, l’infrac3on n’aurait pas
été commise.
Pour retenir la responsabilité du chef, il faut ceZe absence de déléga;on de pouvoirs. Le chef peut
contester sa par3cipa3on à l’infrac3on commise par le préposé en apportant la preuve que
l’infrac3on a été commise dans un service dont il avait confié la direc.on ou la surveillance à une
autre personne.
• Pour la JP, elle doit être une personne pourvu de l’autorité, de la compétence et des moyens
nécessaires pour veiller à l’observa3on des lois à la personne qui a fait l’objet de la
déléga3on doit véritablement avoir un pouvoir de contrôle et de direc3on (=dirigeant de fait
du service concerné).
Elle a admis que le chef des grands groupes ne peut pas être partout et que son pouvoir de direc;on
est dilué. C’est ce que l’on appelle une cause exonératoire. Exemple : Il est compliqué pour lui d’être
partout s’il est à la tête d’une entreprise de 1500 personnes répar3es entre Paris et Marseille. En
revanche, il peut prouver avoir délégué ses pouvoirs au chef de chan3er du lieu où l’infrac3on a été
commise.
Ce mécanisme découle du fait que celui sur qui doit peser la responsabilité pénale est celui qui exerce
réellement l’autorité dans la situa3on soit celui qui n’a pas pris les mesures qui s’imposaient.
Il n’y a de plus aucune formalité par.culière de la déléga.on (n’a pas à être expresse), elle est
appréciée souverainement par les juges du fonds qui doivent déterminer si elle est bien certaine et
dépourvu d’ambiguïté.
La déléga3on ne doit pas être général mais spéciale (=limité/aZribué à une personne en par3culier,
pas tous les salariés), et dans un cadre par3culier (=ex : chef de chan3er).
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1/ La loi ne doit pas s’opposer à la déléga.on (ex : le chef ne peut pas déléguer à une personne
frappée d’une interdic3on de gérer : non déléga3on valable).
3/ Il ne doit pas s’agir de pouvoirs propres de direc.ons, qui restent exclusivement au chef
d’entreprise : des pouvoirs qui n’appar3ennent qu’a lui.
4/ La déléga3on doit bien émaner du .tulaire des préroga.ves (seul le délégataire peut déléguer :
ex : la femme du chef qui désigne le chef de chan3er).
5/ La déléga3on doit porter sur la compétence, l’autorité et les moyens nécessaires. On vérifiera in
concreto qui celui qui a eu la déléga3on n’avait pas de pouvoir de commandement suffisant et que
c’est bien à raison de son défaut de commandement que les faits sont survenus.
6/ La déléga3on doit avoir été acceptée par celui à qui on a délégué (ici aussi par de formalité
par3culière)
Pour autant, le législateur, depuis le nouveau CP (1994), a décidé d’opter pour un principe de
responsabilité des personnes morales. Elles sont pénalement responsables car le législateur a pris
acte du rôle joué par ces en3té fic3ves (notamment en ma3ère de délinquance d’affaire).
Exemple : le dirigeant commet l’infrac3on d’affaire dans l’intérêt de la société (augmenter les
bénéfices/crédits de la société), même si cela rejoint ces intérêts. La société pourra donc être impacté
par une peine d’amende.
Depuis le nouveau CP, le principe de responsabilité générale des personnes morales est fixé à l’ar3cle
121-2.
CeZe responsabilité implique un régime de peine différent : on n’aura pas de peines priva3ves de
liberté. Leur peine principale est donc l’amende.
Les personnes morales encourent le quintuple des peines d’amendes encourues par les personnes
physiques.
Il existe par ailleurs des peines complémentaires en plus de la peine principale, qui leur sont
spéciales. Exemple : dissolu3on, exclusion des marché financiers etc…
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1. Personnes morales de droit privé
Il n’y a pas de limita;on ou d’exclusion (=d’excep3on) : tant qu’elles existent, elles sont suscep3bles
d’engager leur RP (=critère d’existence juridique pour engager la responsabilité).
• On retrouve des sociétés (civiles ou commerciales), des personnes morales sans but lucra3f.
Elles peuvent être des personnes morales de droit étranger (dès lors qu’elles répondent à la
compétence des juridic3ons française).
Les groupements sans personnalité juridique ne peuvent donc pas être pénalement responsables
(ex : sociétés créées de faits).
On voit une difficulté quand il y a des groupes de société surtout quand il y a transmission de
personnalité juridique.
Exemple : 2 sociétés
La société truc procède donc à une fusion-absorp3on pour que la société machin ne soit pas
condamnée (car la société machin n’existe plus).
Problème 1 : cela laissait une porte ouverte aux sociétés et la cour cau3onnait les pra3ques de
fusion-absorp3on pour éviter les poursuites. C’était un moyen pour un chef de société de dissoudre
en cas de problème. On pouvait poursuivre mais il fallait prouver que la société absorbante avait
connaissance des actes de la société absorbée. Or cela était compliqué…
Problème 2 : De plus, ceZe posi3on de la Cour de cassa3on ne s’accordait pas avec la solu3on de la
CJUE (DC : 5 mars 2015) à une fusion par absorp3on entraine nécessairement la transmission à la
société absorbante de la RP de la société absorbée.
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§ Malgré ceZe DC, la cour main3ent sa posi3on tradi3onnelle se fondant sur l’ar3cle 121-2 du
CP : un mécanisme de responsabilité de son propre fait, pour des faits commis dans le temps
de vie de la PJ.
Revirement de JP (aZendu) 25 novembre 2020 : la Cour de cassa3on a fini par reconnaitre une
forme de transmission de RP de la société absorbée à la société absorbante. Elle jus3fie cela par
certes la société ‘machin’ (=absorbée) perds la PM, mais les faits (=infrac3ons) sont comme resté
dans son patrimoine. L’amende à la suite de la condamna3on est donc dans son patrimoine. Or
étant donné que la société ‘truc’ (=absorbante) absorbe le patrimoine, elle absorbe aussi la
poten3elle amende. On condamne machin mais on fait payer l’amende par truc.
Dans un cas pra3que : on cite la JP de 2020 et on conclut que la société absorbante est PR pour les faits
commis par la société absorbée et encourt la condamna3on.
Elles sont plus restric;vement concernées par la RP à Ar3cle 121-2 « a l’excep3on de … » : « Les
personnes morales, à l’exclusion de l’État, sont responsables pénalement, selon les dis3nc3ons
des ar3cles 121-4 à 121-7, des infrac3ons commises, pour leur compte, par leurs organes ou
représentants ».
• Elles délèguent à une entreprise privée, c’est une déléga3on du SP. Les collec3vités
territoriales ne peuvent pas tout faire elles-mêmes et délèguent leurs compétences
(transports scolaires, can3nes...).
Certains sont insuscep.bles d’être délégués, ici il n’y aura pas de RP des collec.vités territoriales.
La responsabilité pénale des personnes morales n'exclut pas celle des personnes physiques auteurs
ou complices des mêmes faits, sous réserve des disposi3ons du quatrième alinéa de l'ar3cle 121-3.
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