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Cours de droit pénal

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CM-Droit pénal

Introduc)on :
Droit pénal : branche du droit ayant pour objet tradi3onnel la préven.on et la répression des
infrac3ons.

Préven.on ? But d’éviter le Répression ? But de


passage à l’acte ou la récidive. punir/châ.ment

Le droit pénal décrit ce qu’il devrait être et ce qu’il ne devrait pas être (ce qu’il faire ou ne faut pas
faire sous peine de sanc3on).

Ses caractéris.ques :

§ Expressif : il vient porter une construc3on sociale et juridique de ce qu’est la criminalité. C’est
à dire que le CP nous dit ce qui est interdit dans notre pays.

§ Évolu.f : comme la société évolue, il évolue avec la société.


o Parfois, il évolue lentement : d’abord car certaines causes font débat (ex :
euthanasie). Cela peut aussi être pour éviter trop de modifica3ons dans les codes
o Or des infrac3ons peuvent disparaitre : c’est le cas de l’ivg (avant peine de mort alors
qu’aujourd’hui c’est un droit, ceux en infrac3on sont ceux qui veulent en empêcher)
ou de l’adultère.

Comme le droit pénal exprime ces évolu3ons, le contenu de la ma.ère varie dans le temps, donc le
champ de ce qui est criminel varie lui aussi dans le temps.

Chaque pays est différent et la société évolue, certes, mais le droit pénal vient tout de
même réprimer ce qui porte a9einte aux valeurs sociales fondamentales.

§ Spectaculaire : puisqu’il est très média3sé et il intéresse énormément la société.

Pourquoi ?

Tout d’abord une personne en infrac3on porte a@einte non pas à une seule personne, mais à toute la
société (les gens ont peur, sont touchés moralement…). Par ailleurs, il y a aussi une certaine passion
des gens pour la criminalité.

Par conséquent, tout le monde a un avis sur ce qu’il faudrait faire. Les citoyens se sentent impliqués
par les faits divers et ils s’intéressent donc au contenu de la loi (car pour eux mal faite) et donc au droit
pénal. (« Café du commerce »).

§ Sanc.onnateur :

Toutes les règles de droits prévoient les conséquences de leur viola3on (ex : la viola3on d’un contrat
ou dommages et intérêts pour avoir causés un préjudice en droit civil etc…). Mais elles sont
différentes par leur contenu (pas de prison pour avoir violer un contrat).

1
La sanc.on en pénale est différente par son contenu car c’est une peine (poena=souffrance) soit un
châ.ment.

Ce>e sanc3on est aussi par3culière car le droit pénal définit l’exercice par la société du droit de punir :

Þ Les citoyens ont donné à l’État ce droit de sanc.onner tous les individus qui
contreviendraient aux valeurs sociales. Il exerce celui-ci au nom de la société.
Þ L’État vient rétablir l’équilibre sociale au nom de tous les citoyens et non pas uniquement la
vic3me puisque l’infrac3on impacte tous les citoyens.
Þ Le parquet défend la société face à l’auteur de l’infrac3on (la vic3me est désignée en tant
que par3e civile).

Le DP vise la sanc.on de l’auteur de l’infrac.on.

Sec.on 1 : l’évolu.on du droit pénal

§1 Histoire du droit pénal


1. La naissance du droit pénal

On retrouve les premières traces de construc3on juridique de la criminalité dans le « Code


d’Hammourabi » -1750 av JC.

Il y a également « La Loi des XII tables » vers -450 av JC (1er corpus de lois romaines écrites).

Quelle incidence en ma.ère pénale ?

Car c’est un texte qui a établi les composi.ons soit l’amende d’aujourd'hui (un tarif appliqué pour
une sanc3on). C’est aussi la première organisa3on qui définit l’interdit (ou non) et avec ses
conséquences.

Pourquoi cela est novateur ?

Étape 1 : vengeance privée :

Pendant longtemps il n’existait que la vengeance privée, avec un fonc3onnement en clan (le clan
décidait de la sanc3on). Or cela a amené à des dérives (au départ un vol, puis meurtre etc…) à
vengeance non propor.onnée et guerres incessantes pour pas grand-chose.

Étape 2 : jus.ce privée :

Par conséquent, il a fallu trouver un moyen : c’est le début de la jus3ce privée. Celle-ci se traduit par
la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent.

Cela a provoqué une très grande évolu3on : on équilibre la vengeance par une réponse
propor.onnée (si vol alors on répond par un vol). C’est pourquoi on parle d’une réponse de jus3ce.
Cependant elle reste privée car non organisée par l’État (exécutée par les clans).

Étape 3 : jus.ce publique.

La réponse n’est plus prononcée directement par les clans mais par l’État lui-même au nom de la
société. Le droit de punir est accordé à l’État.

2
Ces étapes ne sont pas linéaires et se sont parfois entremêlées (pas de dates précises).

2. Le droit pénal de l’Ancien Régime

Il faut d’abord comprendre la philosophie des Lumières.

Le Moyen Age :

La jus3ce publique a commencé à se développer au cours du Moyen Age avec la Jus3ce ecclésias3que
et le droit canonique (le clergé a un pouvoir conséquent et est le premier à avoir repris le droit
romain). Celle-ci avait une organisa3on hiérarchisée permeZant d’avoir une jus3ce ecclésias3que.

Par ailleurs, Le droit non canonique était variable selon les territoires (on parlait de royaume de
France car il y avait de pe3ts territoires avec son propre maitre au sein de la France). Les seigneurs
exerçaient leur pouvoir au sein de leur fief.

Þ La jus3ce était donc très variable. Les peines étaient très inégalitaires (selon la personnalité
du seigneur et la fortune).
Þ Elle était aussi très arbitraire. Il y avait quelques ordonnances qui tentaient d’encadrer, mais
les seigneurs disposaient d’une telle largesse qu’ils dirigeant selon leur bon vouloir.
Þ Il y avait aussi une grande rigueur :

Exemple : dans le mode d’exécu3on de peine de mort : pendaison, la roue, le Buchet, l’écartèlements,
l’encastrassions, l’amputa3on.

Ces modes d’exécu3on étaient a@entatoires à l’intégrité corporelle et à la dignité humaine. Le but
était de provoquer de la souffrance extrême et également publique : montrer à tout le monde pour
dissuader.

Aparté : la prison était d’abord pour but la détenCon provisoire pour garder un
capCvité les délinquants avant la torture.

3.La Révolu.on et Code pénal de 1810

La Révolu.on française :

L’arrivée de la Révolu3on française et de ses idées provoque ainsi l’arrivée du code pénal. Il fallait
dompter la rigueur et l’inven3vité des peines de l’Ancien Régime.

De plus, la philosophie des lumières a cherché à lu@er contre les inégalités de l’Ancien régime et
contre leur mise en œuvre. Ils prônaient les libertés fondamentales pour tous et l’égalité des
citoyens y compris devant la loi ainsi aussi devant la loi pénale.

Ainsi, la luZe s’oriente contre tout ce qui caractérisait l’AR.

Comment ?

On cherche une plus forte propor.onnalité des peines : Les peines démesurées ne servent à rien et
la torture ne dissuade pas. Alors on se dit qu’il faut une réponse plus ajustée.

« Ni plus qu’il n’est juste ni plus qu’il n’est nécessaire » : Ortolan

3
Ils souhaitent aussi assurer une prévisibilité : savoir ce que l’on encourt en cas d’infrac3on et peu
importe sa fortune.

Þ Ainsi La DDHC dispose des principes qui visent à assurer la prévisibilité et la sécurité
juridique. Sous l’impulsion de grands philosophes et en par3culier Montesquieu, Rousseau,
et Césarie Beccaria (un des Peres du droit pénal).

La DDHC a dégagé 4 grands principes en ma3ère pénale :

• La légalité criminelle (tout est dans la loi/ les codes : cela assure aussi la prévisibilité des
citoyens)
• L’Egalite des citoyens devant la loi
• La Nécessité des peines (propor3onnalité : « ni plus qu’il n’est juste ni plus qu’il n’est
nécessaire » : ortolan)
• La Non-rétroac3vité des lois pénales (une loi nvelle ne vaut que pour le futur).

Histoire du Premier Code Pénal :

Apparait donc la première version du code pénal en 1791 (et non en 1810).

Elle nait après la révolu3on avec des codifica3ons (liste d’infrac3on de nature criminelle).
Cependant on ne les re3ent pas car très variant étant donné l’instabilité du régime (Terreur
etc...)

Ainsi le Code pénal fondateur du droit pénal moderne est le code pénal de 1810 :

o Exemple : classifica3on tripar3te des infrac3ons : contraven3on, délit, crime.

Celui-ci va aussi instaurer le système des peines fixes.

Le système des peines fixes :

Aujourd’hui les peines notées dans le code pénal sont les peines maximales : c’est-à-dire la possibilité
max pour le juge. C’est le principe de la construc3on moderne du droit. (Ex : 15 ans de réclusion
criminelle pour viol, mais possible d’en avoir que 10).

Cependant, une peine fixe, elle, signifie que si le code


Les philosophes voulaient être
prévoit 30 ans pour un meurtre alors peu importe les
sûr de la clarté des peines.
condi3ons, le juge appliquera la peine maximale
automa3quement.

Il n’existait pas encore de circonstances a@énuantes.

Or, les juridic3ons pouvaient tout de même aller contre le droit et acquiZer certains profils
par3culiers (ex : mère infan3cide). Cela a conduit le législateur à revoir le système des peines fixes car
même si elle assure la prévisibilité des citoyens, elle peut être préjudiciable :

Þ Loi 1832 : généralisa3on/créa3on des circonstances a@énuantes

C‘est à ce moment qu’apparait l’excuse de « puerpéralité » : mère infan3cide touchée par un fort post-
partum (= dépression après la naissance). Autre exemple : mari qui tue l’amant de sa femme

4
Þ 1854 : Autre système : les fourche@es de peines à le code prévoit un minimum et un
maximum. (Ex : entre 1 an et 3 ans pour vol)

3. Les courants de pensée post-napoléoniens :

Après ce Code de Napoléon, des Grands courants juridiques et philosophiques sont apparus : ils ont
oscillé entre philosophie déterministe et philosophie du libre arbitre :

Selon eux, qu’est-ce que la criminalité et d’où vient-elle ?

Déterministe Libre arbitre

La criminalité était un « mal humain » soit dans Il y a toujours une part de décision même si le
les gênes, on nait avec ce trait de personnalité choix a été induis par des facteur
criminel : c’est notre des3née. criminogènes : il y a des influences certes, mais
à tout moment on aurait pu choisir une autre
voie

Ces deux posi3onnements ont exercé une influence sur les courants de pensée et ce qu’on aZendait
du droit pénal (=la réponse pénale). Ainsi deux écoles se divisent :

L’École néoclassique : Rossi/Ortolan.

Reprise du libre arbitre : Leurs travaux ont permis de meZre en place la responsabilité pénale :

- S’il une personne a voulu son acte, alors elle peut être pénalement responsable.
- Si la personne n’est pas consciente de ses actes, elle ne l’a pas voulu, donc irresponsable
pénalement.

CeZe École prône aussi l’individualisa.on des peines car elle es3me que la peine doit être u3le.
Pourquoi ?

• Les auteurs se sont ques3onnés sur l’u3lité de la peine (à quoi elle sert-elle ?) et ont ainsi
développé une vision u.litariste d’une peine :
à La peine ne sert pas uniquement à faire mal (pas uniquement une souffrance), elle
doit éviter la récidive et encore mieux éviter le passage à l’acte.

Ainsi pour qu’une peine soit u.le il faut qu’elle soit pensée en fonc.on de chaque personne.

Ils prônent aussi la resocialisa.on et l’amendement : la peine doit rendre le délinquant meilleur et le
réinsérer socialement.

L’École posi.viste (italienne) : Lombroso, Ferry et Garofalo :

Garofalo : inventeur de la théorie du « criminel né » : précurseur de la criminologie : il u3lise le


darwinisme et la médecine pour décrire l’homme qui est nécessairement criminel. Or, selon lui, si
l’homme né criminel, alors il y a des caractéris3ques physionomiques pour le reconnaitre :

Par exemple, au niveau physique : il est poilu, avec des arcades sourcilières et les orbites prononcés.
(Ressemblant à des singes)

Cependant, cela aura des conséquences néfastes car toute personne qui ressemble à ce profil sera
catégorisé criminel même en ayant rien fait. Ainsi, même si Garofalo est un des Pères de la
criminologie, son succès reste limité à son époque.

5
Par ailleurs, ceZe école prône les mesures de sureté : (c’est-à-dire qu’il préfère prévenir que guérir :
enfermer ceux qui ont un profil de criminel avant leur poten3el passage à l’acte)

Les mesures de sûreté se définissent comme de simples précau3ons de protec3on sociale des3nées à
prévenir la récidive. Elles agissent donc à 3tre préven3f et non répressif. Leur fondement est la
reconnaissance d'un état dangereux qu'il convient de neutraliser. Exemples de mesures de
sûreté prises par l'autorité administra3ve :

• Internement des aliénés dangereux ; Expulsion d'un étranger en situa3on irrégulière ; Bracelet
électronique etc…

Pour lui la responsabilité pénale n’a pas de sens car un homme nait criminel. Il est donc contre une
souffrance démesurée aux délinquants.

Il préfère axer la sanc3on/ répression sur la dangerosité de l'individu plutôt que sur la gravité des
faits. La réponse pénale est donc ajustée en fonc3on du niveau de dangerosité perçu chez l’individu.

Il a recommandé l'instaura3on de mesures préven.ves avant le passage à l’acte, mais il a surtout


soutenu l'adop3on de mesures éliminatrices : visant à éliminer les individus dangereux
(enfermement)

Le courant de la défense sociale nouvelle : Marc Ancel

Courant plus récent : fin 2nd GM. Divisé en 2 par3es mais nous parlerons de la deuxième uniquement.
Ce>e vision est influencée par ce contexte d’après-guerre.

Ce courant regroupe des individus qui n’étaient pas favorable aux fonc3ons tradi3onnelles des
peines et notamment au fait qu’elles soient rétribu.ves (=puni3ve), in.midantes et neutralisantes
(=empêche une nouvelle infrac3on) (ex ul3me : la peine de mort, autre ex : interdic3on d’exercice
professionnel).

Leur intérêt était d’aZribuer d’autres fonc.ons à la peine (pour rétablir l’équilibre sociale) : la peine
doit être re socialisante. à Vision Humaniste car es3me que l’homme peut toujours changer, ainsi il
faut aider à ce changement.

Ce courant est à l’origine de beaucoup dans la jus.ce pénale des mineurs :

• Ordonnance de février 1945 : régit le droit pénal des mineurs jusqu’à la réforme de 2019 avec
la créa3on du code jus3ce pénale des mineurs.

Cela a aussi influencé : Le droit pénal classique ; La créa3on du sursis probatoire avec la mise à
l’épreuve 1959 ; L’instaura3on du travail d’intérêt général (1983) : le meilleur moyen de réinsérer est
d’aider à travailler ce qui mène à une stabilité sociale et économique. Pour eux, le travail est
essen3el.

On oscille aujourd'hui toujours entre des périodes tournés vers l’humanisme et la resocialisa3on et
des périodes vers le sécuritarisme et la sévérite des peines.

2§ l’actualité du DP

6
1. Le code pénal de 1992 :

Le code nap n’a pas été conservé car jugé incomplet et incohérent.

Assez tôt, il a été es3mé qu’il devait y avoir une entreprise de recodifica.on (1ère proposi3on dans les
années 30). A par3r des années 70, ceZe entreprise débute :

• 1ère commission : la Commission de Badinter (à ceZe époque garde des Sceaux).

Mais les travaux ont fini beaucoup plus tard :

• 2ème commission : réunit entre 1989 et 1992 : elle donne lieu au nouveau code pénal par la loi
du 22 juillet 1992 : créa.on du nouveau code pénal.

Pourquoi parle-t-on du Code pénal de 1994 ? car rentre en vigueur le 1er mars 1994.

Or ce code n’a pas été révolu3onnaire, car pas de grandes modifica3ons avec l’ancien. On y retrouve
tout de même quelques innova.ons notamment avec la reconnaissance pour la première fois la
responsabilité pénale des personnes morales.

Ce qu’il faut retenir comme modifica3on avec l’ancien code n’est pas tant le fond, mais surtout la
FORME. Le code pénal n’a pas la même numérota.on :

• Code civil = numérota3on con3nue

• Code pénal = numérota3on à niveau (ex : vol ar3cle 311-1 : cad dire 3ème livre, 1er 3tre, 1er
chapitre) : Premier livre : disposi3on générale : cours de Droit pénale Général (qui va nous servir
le plus) ; Deuxième livre : droit pénale spécial (aGeintes aux personnes) ; Troisième livre : droit
pénale spécial (aGeintes aux biens) ; Quatrième livre : aGeinte à la na3on/État/République

Pour le rajout des disposi3ons ? on ajoute des 3rets (ex : 221-5-1)

2. Oscilla.on contemporaine entre sécurité et liberté (ou entre sévérité et humanisa.on)

Globalement, ceZe période d’oscilla3on a déjà commencé dans les années 70 car on avait des
phénomènes qui conduisaient à promouvoir deux types de poli3ques criminelles opposées :

D’un côté L’humanisa.on D’un autre côté, la sévérité

Prise de conscience des condi3ons de On fait face à une hausse de la criminalité


déten3ons indignes, mais aussi des peines au dans les années 70 et 80. CeZe infla3on est
sens large. On se tourne vers les droits accompagnée de nouveaux phénomènes
fondamentaux de tous les individus, mêmes criminels comme l’appari3on du terrorisme
délinquants (dignité, droit à la vie…). (rue de Rennes, RER B…).
Exemple : débat pour ou contre peine de mort
déjà présent.

C’est aussi une période d’interna3onalisa3on, de mondialisa3on : ainsi les criminelles peuvent agir sur
d’autres territoires que le leur. C’est le développement de la criminalité transfron2ères. Alors il faut faire
preuve de sévérité.

Cela créer ainsi de l’oscilla.on entre humanisme et sévérité.

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Dans les années 2000, le courant du sécuritarisme voit le jour. Sarkozy arrive en tant que ministre
d’intérieur, puis PR. Il est le Premier à avoir inséré la poli.que pénale dans sa campagne poli3que en
meZant en avant la criminalité et la sécurité (avant, les seuls éléments mis en avant été le pouvoir
d’achat etc…). Cela fut tellement un succès que les autres personnalités poli3ques ont fait de même.

Þ On commence à u.liser la criminalité dans la poli.que publique. Les gens veulent se sen.r
en sécurité.

Les lois vont ainsi s’élargir pour faire face au terrorisme : Première loi Bande organisée en 2004.

Avant, on constatait uniquement un système de police judiciaire qui elle misait sur la répression. Mais
un autre système apparait : la police administra.ve : Elle mise sur la préven3on (ex : sniper, barrière
lors du 14 juillet). Cependant, augmenter la préven.on réduit les libertés.

Ainsi le législateur se demande s’il doit en faire plus pour assurer la sécurité ou alors faire
autrement pour conserver les libertés individuelles. (qst de la reconnaissance faciale, caméras
etc…)

Depuis les 2 dernières décennies, le discours sécuritaire a pris le pas. Mais apparait aussi un discours
vic.mophile * : le législateur cherche à faire plaisir aux vic3mes des infrac3ons.

* "la jus3ce n'est pas une thérapie" : Robert Badinter

Exemple 1 : la loi de 2007 : créa3on des peines plancher :

Contexte : Durant ceZe période, on assiste à une forte hausse de récidive. Les Français se retournent
alors contre le milieu judiciaire et lui reproche un manque de sévérité. Ainsi, une loi pour restreindre
le pouvoir du juge et pour qu’il soit plus sévère avec les récidivistes est créée.

La loi propose des peines minimales imposées aux juges.

Or les USA l’ont déjà fait avec la « Three-strikes law » : la loi des 3 coups (3 infrac3ons = perpétuité). Cela a
donné un fiasco judiciaire : prisons de plus en plus pleines, épidémie au sein des prisons, condi3ons de
déten3ons de plus en plus mauvaises, prisonniers incohérents.

Exemple : Plusieurs cas soulèvent des polémiques comme René Landa, en 1995, condamné à la réclusion à
perpétuité avec 27 ans de sûreté pour avoir volé une roue de secours en raison de ses condamnaDons
précédentes, en 1986 et en 1995, pour vol avec effracDon

Finalement, cela a provoqué l’augmenta2on de la criminalité : « le pe2t délinquant » devenait plus


grand en sortant de prison.

Elle fut défini.vement abrogée en France par la loi de 2014.

Exemple 2 : loi du 25 février 2008

Contexte : CeZe loi nait à la suite de l’affaire Roman Dupuy :

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Un individu ayant un trouble schizophrène tue deux soignantes. L’irresponsabilité se pose ainsi
puisqu’il y a inconscience/indiscernement de ce dernier.

Mais les vic3mes se plaignent de cela ce qui va engendrer une réponse du Gouvernement. Il met en
place la déclara.on d’irresponsabilité pénale :

Þ La juridic3on qui acquiZe doit simplement dire « si la personne avait eu conscience des actes,
les faits auraient été cons3tués ».

C’est une procédure pénale perme@ant de juger pénalement les « fous » même si en réalité
ils ne sont pas condamnés.

Par ailleurs, l’affaire Sarah Halimi conduit à une modifica.on de la loi de 2008. Le ministère de la
jus3ce a fait adopter à 3tre défini3f une loi réformant les règles rela3ves à l’irresponsabilité pénale
pour cause de trouble mental.

Contexte : Kobili Traoré tue Sarah Halimi sous emprise de cannabis. Or les rapports psychiatriques
révèlent que cet homme avait des troubles psychiatriques et que ceZe prise n’a fait qu’aggraver cela.

Ainsi un nouveau raisonnement apparait : tuer sous l’emprise de la drogue est maintenant une
infrac3on : si Traoré n’avait pas consommé alors il n’aurait pas eu sa crise donc pas ne l’aurait pas
tuée.

On assiste à la créa3on d’une nouvelle disposi.on : consommer des stupéfiants au point de perdre
son discernement, et, dans le but d’effectuer l’infrac3on que l’on projeZe nous rends alors
pénalement responsable. (=Si on fume pour but d’avoir plus de courage pour tuer).

Or cela est incohérent :

- La consomma3on de stupéfiants créer une absence de discernement donc plus de souvenir


de commeZre l’infrac3on
- Cependant, si la consomma3on ne créée pas d’absence discernement, alors, nous ne sommes
pas dans un état second.

Ainsi aujourd'hui des textes sont élaborés uniquement pour sa.sfaire l’opinion publique.

Conclusion L’oscilla3on est aussi expliquée par le fait qu’on a des courants poli3ques différents :
certains sont plus tournés vers la sécurité et d’autres plus vers la liberté : cela va donc avoir des
conséquences sur le contenu du droit pénal.

Des cri3ques de l’oscilla3on apparaissent également. Celle-ci semble rendre inefficace, incohérent et
complexe le droit pénal :

« Les lois pénales successives s’entassent, les solu3ons les plus libérales ne
chassent pas les solu3ons plus sécuritaires au point que notre droit pénal abrite le
pire comme le meilleur ».

Cri3que aussi de l’entassement des lois : infla3on pénale.

3. Infla.on pénale et surarmement pénale.

9
CeZe infla3on touche tout le droit mais par3culièrement le droit pénal puisqu’il est spectaculaire et
que c’est un droit qui sert aux poli3ques. Aujourd'hui on observe une tendance à vouloir apporter
une nouvelle réponse pénale à chaque fait divers : On part du postulat que si la loi avait été bonne,
l’infrac3on n’aurait pas eu lieu.

Or il ne faut pas nécessairement changer ou ajouter du droit :

• Parfois il faut changer la réponse pénale. Exemple : Condamner plus de personnes

Une des causes de la criminalité est l’impunité (ex : site de streaming et téléchargement jamais puni donc
tout le monde le fait).

o En ce qui concerne les conten3eux en ma3ère familial : le problème n’est pas le manque de
loi mais le manque de moyen ou des moyens très inefficaces.

Mais alors, pourquoi le législateur créé-t-il d’autres lois ? Car cela ne coute rien financièrement
comparé aux moyens.

Bémol : cela contribue à la complexifica.on du droit et notamment à la classifica.on de plus en


plus étendue. Ainsi, l’ajout de textes n’est pas forcément u.le et peut même complexifier le droit.

Conseil d’État : « quand le droit bavarde, le citoyen ne lui prête plus qu’une oreille distraite » àPlus
de quan3té ne veut pas dire plus de qualité.

4. La spécialisa.on du droit pénal

Phénomène de spécialisa.on du droit : le droit va chercher à s’adapter à chaque conten3eu par3culier.


Exemple : droit spécifique pour le terrorisme, ou en ma3ère de crime organisé (loi de 2004).

Ce phénomène s’est renforcé, il y a de plus en plus de disposi.ons/ spécialisa.ons qui visent à luZer
spécifiquement contre tel ou tel conten3eu. Notamment en ma3ère de violences conjuguales ou en
ma3ère intra familiales (violences sexuelles sur mineurs etc…).

Ce phénomène a aussi un Exemple :


impacts en ma3ère
• PNF : parquet na3onal financier (spécialisé dans la
répressive puisqu’on a de
délinquance économique et financière).
plus en plus de
• PNAT : parquet na3onal an3 terrorisme
spécialisa.on des parquets
• Parquet européen (2020)
(au niveau na3onal ou local)

On voit aussi une spécialisa.on des poles locaux : lu>e contre la haine en ligne, poles mineurs, poles
spécialisées dans la lu>e contre les violences conjuguales…

Ainsi on spécialise le fond tout comme la forme.

La doctrine s’intèresse a ce phénomeme et le qualifie parfois de surspécialisa*on. On cherche à mieux adapter


la réponse pénale pour faire preuve d’efficacité certes, mais cela complexifie et rendsle droit plus difficile
d’accès : la doctrine se demande donc si cela n’est pas contre-producAf ?

Sec.on 2 : Les contours du droit pénal

§1 : Le périmètre du droit pénal

10
1. Une science criminelle

Les sciences criminelles ce sont toutes les disciplines scien.fiques (soit non juridique) qui s’intéresse
au phénomène criminel. Exemple : la médecine légale, la sociologie, la psychiatrie, les sta3s3ques
etc…

Le droit s’intéresse au phénomène criminel, donc le droit pénal est bien donc une de ses sciences :

• Il définit le champ de la criminalité : ce qui entre ou non dans le phénomène criminel.


• Il par3cipe aussi à la luZe contre le phénomène criminel et est donc in3mement lié à la
criminologie.

Criminologie : Cornu : « synthèse des diverses disciplines qui s’efforcent d’établir les causes de la
délinquance, d’en présenter les manifesta3ons, et de prévoir les comportements criminels ultérieurs ».
(Mieux le comprendre, pour mieux lu>er contre)

2. Un droit mixte

En effet, on sait que droit privé et droit public sont dis3ngués. Le droit pénal lui entre dans les deux
cases, c’est un droit mixte :

• Il y a un lien individuel/par3culier entre l’auteur et la vic3me de l’infrac3on à c’est l’ac.on


civile (privé)
• Mais lorsque l’infrac3on est commise, cela porte également aZeinte à la société. (= ac3on du
ministère public contre lui, au nom de la société) à c’est l’ac.on publique (public)

On dit que le droit pénal est « ar.ficiellement » ra@aché au droit privé. La ma.ère pénale relève
donc de l’ordre judiciaire (et non administra.f). Mais ce droit reste tout de même mixte.

3. Un droit subsidiaire et autonome

Le droit pénal est un dernier recours, c’est pourquoi on parle de droit subsidiaire.

Pour assurer le respect de la règle de droit, on a des sanc3ons édictées par les normes concernées
(ex : D. civil précise quelles sont les sanc3ons de l’inexécu3on d’un contrat.). Le droit pénal n’intervient
que lorsque les sanc.ons des autres ma.ères sont jugées insuffisantes.

Pourquoi ? Car il édicte des peines, des châ3ments, portant aZeinte aux droits et libertés (exemples :
la peine priva3ve de liberté).

C’est aussi un droit d’excep3on : En principe on essaie de faire autre chose que du droit pénal, on l’u3lise
en dernier recours, par excep3on.

Par ailleurs, c’est un droit autonome (=supérieur) : il n’est pas lié par les autres droits. Plus
précisément, il n’est pas lié en ma.ère de défini.on des ma3ères juridiques.

Exemple : domicile en droit pénal /=/ domicile en droit civil

Pénal : le domicile ou la résidence sont protégées de la même façon : le domicile en pénal revient à tout
lieu où l’on se sent chez soi.

Civil : le domicile est le lieu de résidence principale et la résidence est la résidence secondaire.

11
Intérêt ? Par exemple dans le code de procédure pénal on règlemente la perquisiDon, l’entrée en maDère
de domicile (règles de perquisiDon) pour protéger les droits des individus. Or, ce n’est pas parce que c’est
une résidence secondaire que ceVe protecDon ne s’applique pas (contrairement au droit civil)

§2 : Le contenu du droit pénal


On dis3ngue :

• Droit pénal de fond (droit substan3el) : droit pénal général et droit pénal spécial
• Droit pénal de forme (droit procédural) : droit pénal de procédure pénal et droit de la peine.

1. Un droit de fond

Droit pénal général : ensemble des règles communes applicables aux infrac3ons et aux peines. Cela
revient donc à tout ce qui relève du livre Ier du code pénal général (111-1 à 133-17).

Droit pénal spécial : Branche du droit pénal qui vise à préciser les règles spécifiques à chaque
infrac3on. C’est une ma3ère qui précise les éléments cons3tu3fs, les peines encourues (etc…) pour
chacune infrac3on. Elle figure dans les autres livres du code pénal.

2. Un droit de la sanc.on pénale

Droit de la peine : ensemble des règles applicables aux sanc3ons pénales. On y retrouve des règles
générale (exemple : déterminer s’il y a récidive, peine des mineurs etc…).

On le dis3ngue aussi du droit de l’exécu.on des peines (=ensemble des règles de mise en œuvre des
peines) et du droit péniten.aire (règle concernant une seule peine : la prison)

3. Un droit mis en œuvre conformément aux règles de forme

Procédure pénale : l’ensemble des règles rela3ves à l’organisa3on et à la compétence des juridic3ons
pénales, et règlementant l’enquête, la poursuite, l’instruc3on et le jugement.

Crime : cour d’assises ; délit : tribunal correcDonnel ; infracDons : tribunal de police ; enfants : tribunal pour
enfant.

4. Un droit applicable à des objets mul.ples

Ce droit, étant donné qu’il est spécialisé, a des objets mul3ples. Cela signifie qu’il peut porter sur
plusieurs choses différentes. Il peut porter sur un ensemble territorial en par3culier ou concerner des
personnes ou un conten3eux en par3culier.

Exemple : droit pénal européen, droit pénal comparé, droit interna3onal pénal et droit pénal
interna3onal, droit pénal des mineurs…

Ma3ère spécifique à un conten3eux : droit pénal du travail, de la presse, de l’environnement, des


affaires, médical etc…

PARTIE 1 : LA NORME PÉNALE

Chapitre 1 : Les sources du droit pénal

12
Sec.on 1 : La hiérarchie des sources

Source du droit : origine de la règle de droit.

Source directe et indirecte :

• Directe : créer directement


une règle
• Indirecte : celles qui n’ont
normalement pas voca3on
à créer du droit mais qui
indirectement y
contribuent (exemple : la
jurisprudence).

En ma3ère pénal, il n’y a aucune influence de la jurisprudence, elle n’a pas de pouvoir créateur.

§1 : Le bloc de cons)tu)onnalité
v A. La cons4tu4onnalisa4on du droit pénal
Le droit pénal est de plus en plus l’objet du contrôle de cons3tu3onnalité.

Par conséquent, le conseil cons3tu3onnel est de plus en plus le garant de l’applica3on des principes
fondamentaux/cons3tu3onnels en ma3ère pénale.

D’où vient ce phénomène de cons.tu.onnalisa.on ? Le CC a largement évolué dans le temps, et n’a


pas toujours eu le rôle que l’on connait aujourd’hui. Parmi ces évolu3ons on retrouve :

Appari.on du Bloc de cons.tu.onnalité : le CC a largement étendu son pouvoir de contrôle (ne se


restreint plus seulement à sa base de contrôle = la cons3tu3on). Grâce à cela, on va pouvoir contrôler
les textes en ma3ères pénales.

Élargissement des condi.ons de saisines du CC :

• 1974 saisines à priori : ini3alement par le PR, PM, PS, Procédure : une jusDciable
PAN (1958) + 60 députés/sénateurs (nouveauté de 1974) esDme un texte
• 2008 ouverture saisine a posteriori : loi du 23 juillet inconsDtuDonnel et réclame
2008. Le développement du contrôle de cela devant sa juridicDon.
cons3tu3onnalité a largement évolué avec la venue de la Celle-ci amène la quesDon
QPC. devant Cour de CassaDon, qui
décide si oui ou non QPC, si
oui alors devant CC.

Ainsi, cela a largement augmenté le contrôle de cons.tu.onnalité, notamment en ma.ère pénale.


Pourquoi ? Car c’est La ma3ère qui risque le plus de porter aZeinte aux droits et libertés
fondamentaux.

àEn parallèle, ce phénomène a contribué à la préserva3on des libertés fondamentales par le droit
pénal.

13
Le contrôle de cons.tu.onnalité a un effet :

- Direct : qd un contrôle de cons3tu3onnalité est opéré, cela peut conduire à abroger les
textes (modifica3ons ou suppression des textes).
- Indirecte : car le législateur va tenter de veiller à ce que les lois qu’il adopte y soit conformes

Technique de la réserve d’interpréta.on = Le CC peut aussi imposer une manière d’interpréter au


juge pénal.

v B. Les principes cons4tu4onnels en ma4ère pénale


Il y a des principes qui ne concernent que ceZe ma3ère (exemple : la présomp3on d’innocence et le
droit de la défense). Ces droits sont cons3tu3onnellement garan3s.

AVenDon : coupable = mot uDlisable uniquement après jugement ; on uDlise plutôt le prévenu, le suspect.

Pour le droit pénal de fond, on retrouve les principes suivants dans le bloc de cons3tu3onnalité :

• Principe de légalité des délits et des • Principe de nécessité et de


peines propor3onnalité des peines
• Principe de non-rétroac3vité de la loi • Principe de responsabilité personnelle
pénale plus sévère et de personnalité des peines
• Principe de rétroac3vité de la loi • Principe d’individualisa3on des peines.
pénale plus douce
2§ les traités interna)onaux
Arrêt Niccolo 1989, conseil État : Consacre la primauté des traités interna3onaux sur les lois qui lui
sont postérieures.

Arrêt des Sociétés de café de Jacques Vabre, Cour de cassa3on, 1975 : Il reconnaît la primauté du
droit interna3onal sur le droit français. Il permet pour la 1ère fois au juge cons3tu3onnel de réaliser
un contrôle de conven3onnalité des lois.

Il y a une reconnaissance de l’ordre judiciaire (1975) et de l’ordre administra3f (1989) de la possibilité


de contrôle par les juridic3ons suprêmes. Le conseil cons3tu3onnel se refusait à opérer ce contrôle.

Les traités interna3onaux ont une conséquence en ma.ère pénale : de nombreuses conven3ons
interna3onales en ma3ère de trafic de stupéfiants, en ma3ère environnementale... On invoque
surtout la CEDH et le traité sur le fonc3onnement de l’UE (droit de l’UE /=/ droit du conseil de
l’Europe)

v A. Le Traité sur le Fonc4onnement de l’Union Européenne (TFUE)


Plusieurs traités fondateurs :

¨ Le traité de Rome : acte de naissance de la grande famille européenne (1957). Il donne le


jour à la Communauté économique européenne (CEE). Il met en place un marché commun
fondé sur la libre circula3on des personnes, des services, des marchandises et des capitaux.
¨ Le traité de Maastricht : il fait naître l’Union européenne (1992). Il a ins3tué la citoyenneté
européenne.
¨ Le traité d’Amsterdam : main3ent la structure en trois piliers de l’UE et affirme les principes
de liberté, démocra3e, respect des droits de l’homme (1997).

14
Jusqu’au traité de Lisbonne 2007, le droit de l’union européenne ne concernait pas le droit pénal car
on es3mait que ce droit relevait de chaque état et de la souveraineté na3onale (ex : le cannabis est
légal dans certains pays et dans d’autres non).

Mais un changement est apparu avec ce traité de Lisbonne : traité du fonc3onnement de l’UE. Signé
le 13 décembre 2007, entré en vigueur le 1er décembre 2009, il a supprimé les anciens piliers et a
instauré une compétence pénale à l’UE.

Þ Instaure des règles en ma3ères pénale quasi-directe ou impose des règles minimales.

Le traité de Lisbonne reconnaît formellement le Conseil européen comme une ins3tu3on de l’UE.

TFUE (ou traité de Rome) a ainsi créé une compétence pénale quasi-directe et tends à sanc.onner
tout ce qui porte a@einte aux intérêts de l’UE (ex : créa3on du parquet européen).

Règles minimales : Ar3cle 83 TFUE

Il existe une compétence des ins3tu3ons européennes à établir des règles minimales concernant :

• La défini3on des infrac3ons pénales et de leur sanc3on


• Dans le domaine de la criminalité par3culièrement grave revêtant une dimension
transfron3ère (exemple : terrorisme, traite des êtres humains, trafic de stupéfiants,
cybercriminalité, exploita3on sexuelle de femmes et enfants, corrup3on, contrefaçon des
moyens de paiement etc… (voir ar3cle).

à Si on porte a@einte, alors on porte a@einte à tout l’UE et pas uniquement à son pays.

Discussion sur la créa3on d’une défini3on commune du viol au sein de l’UE : PR s’y oppose car il
était proposé : « acte sans le consentement », or cela aurait modifié notre défini3on française :
viol = acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise = sans référence au consentement
explicitement.

à Illustra3on de l’incompétence de l’UE : l’ar3cle 83 ne permet pas à l’UE d’intervenir en ma3ère


d’agression sexuelles (même si cela fait débat et que certains considère que ça rentre dans la catégorie
exploitaDon sexuelle de femmes et enfants)

v B. La Conven4on européenne de sauvegarde des droits de l’homme (CEDH)


Équivalent d’une DDHC pour l’Europe car conven3on qui reconnait et protège les grands droits et
libertés. La CEDH a été signé à Rome le 4 novembre 1950 puis ra.fié par la France le 31 décembre
1973 (depuis 1973 elle en est un état membre).

Þ Elle est directement applicable en droit interne : cad que les juges na3onaux des états
membres la meZent en œuvre et que les jus3ciables peuvent s’en prévaloir au cours d’un
li3ge.

Depuis 1981, la France a accepté le droit de recours individuel : le droit au jus3ciable de saisir la Cour
Européenne des Droits de l’Homme, qu’après épuisement des voies de recours interne (après rejet du
pourvoi par la Cour de cassa3on).

Les arrêts de la cour européenne n’ont qu’une valeur déclaratoire. En principe ces décisions n’ont
pas à remeZre en cause le contenu de la décision interne. Le texte na3onal n’est donc pas abrogé et
la décision n’a qu’un effet de chose jugée.

15
La règle de l'autorité de la chose jugée implique qu'une parDe, qui serait convoquée devant un tribunal au
sujet d'une affaire ayant fait l'objet d'un précédent jugement, pourrait se limiter à faire constater
l'existence de ceVe décision sans avoir d'autre jusDficaDon à fournir.

Excep.on : Il existe une possibilité de réexamen de la décision interne après une décision de
condamna.on par la CEDH (ar3cle 626-1 du code proc pénal) même si elle avait autorité de chose
jugée.

Même si elle n’a qu’une valeur déclaratoire, elles exercent tout de même une influence :

Þ Arrêt JMB contre France : elle a condamné la France contre les condi3ons de déten3on. Cela
a entaché la réputa3on de la France, qui ne respectait pas les droits et libertés fondamentaux
reconnus au niveau européen (= une honte pour un état).

Exemples : Pour la cour européenne, notre parquet, n’est pas indépendant et imparAal car à sa tête on retrouve
le ministère public ; condamnaAon de la France à cause du fait qu’il ne noAfie pas le droit de se taire aux
gardées à vue.

Cela a donc tout de même une incidence au niveau interne car le législateur va modifier son droit.
Ainsi, la JP de la CourEDH est directement applicable en droit interne (puisque le juge na3onal
applique le droit européen).

La JP a un contenu norma3f sur le droit français :

¨ Ar3cle 1 de la Conven3on européenne ¨ Ar3cle 5 : droit à la liberté et à la


des droits de l’homme : obliga3on de sûreté
respecter les droits de l’homme ¨ Ar3cle 6 : droit à un procès équitable
¨ Ar3cle 2 : droit à la vie et à la défense
¨ Ar3cle 3 : interdic3on à la torture et ¨ Ar3cle 7 : principe de légalité et la
des traitements inhumains dégradants non-rétroac3vité
¨ Ar3cle 4 : interdic3on de l’esclavage et
du travail forcé

Arrêt Bouton contre France : Femme qui révolte seins nus dans une Église. On considère que la France
a condamné à une peine dispropor3onnée la femme et qu’en raison du par3cularisme des faits
(personne dans l’Église), cela n’avait pas porté a>einte à la liberté de culte et donc, ne dépassait pas
la liberté d’expression militante.

§3 : Les actes législa)fs et réglementaires


Ar3cle 34 et 37 Cons3tu3on : fixe le domaine de la loi et le domaine du règlement.

v A. Le domaine de la loi
Que relève de la loi ?

Ar3cle 34 : les crimes et délits : toutes les incrimina3ons et les peines associées relèvent
exclusivement de la loi. Il n’y a que le législateur qui peut les créer. Également affirmé dans le CP
ar3cle 111-2.

v B. Le domaine du règlement

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Le Premier ministre dé3ent le pouvoir réglementaire de droit commun mais d'autres autorités
peuvent édicter des règlements

Ar3cle 37 : compétence par défaut : ce qui ne relève pas du domaine de la loi, relève du
règlement soit en ma3ère pénale les contraven.ons.

• D’où vient ce terme ? Ar3cle 111-2 al 2 CP : il peut y avoir des « incrimina3ons de nature
contraven3onnelle ».
• Le pvr règlementaire doit se contenter uniquement de choisir la classe de contraven3on mais
toujours dans les limites de la loi car c’est elle qui précise leur montant : Ar3cle 131-13 du
code pénal.
5 classes de contraven3ons : 1er moins graves ; 5ème plus graves

CeZe compétence du règlement est concurrente à celle de la loi : cela signifie que le règlement à le
pouvoir de créer des contraven3ons, mais le législateur peut le faire aussi s’il le veut. (Ex : outrage
sexiste loi schiappa)

§4 : L’absence de pouvoir créateur de la jurisprudence


Même si la JP est considérée comme une source indirecte du droit en général, elle n’est pas une
source du droit pénal car celui-ci est régit par le principe de légalité : pas d’infrac.ons ou de peines,
sans texte. Or la JP ne crée pas de peine/d’incrimina3on même à travers l’interpréta3on des textes.

• Le texte d’incrimina.on : celui qui définit l’infrac3on. Ex : ar3cle 311-1 : texte d’incrimina3on
du vol
• Le texte de pénalité : celui qui prévoit la peine encourue/afférente à ceZe infrac3on. Ex :
ar3cle 311-3 le vol est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

Sec.on 2 : Le contrôle des sources

§1 : Le contrôle de la régularité des textes répressifs


v A. Le contrôle de cons4tu4onnalité
Depuis la loi cons3tu3onnelle de 2008 : 2 types de contrôle de cons3tu3onnalité : posteriori/priori

1. Le contrôle de cons.tu.onnalité a priori

Contrôle avant l’entrée en vigueur de la loi par une autorité poli3que (voir au dessus). Il ouvre deux
possibilités : soit la loi sera promulguée, soit elle n’entrera pas en vigueur.

2. Le contrôle de cons.tu.onnalité a posteriori

Possible depuis 2008.

• Opérée par le jus3ciable lui-même


• Possible après l’entrée en vigueur de la loi
• Le jus3ciable soulève « l’excep.on d’incons.tu.onnalité »

Exemple : volonté du législateur d’introduire l’inceste dans le CP en violence sexuelle incestueuse et en


qualifiant (mal) des violences dans la famille. Or un beau-père incestueux soulève l’excepDon
d’inconsDtuDonnalité par faute de précision du législateur (que veut-il dire dans famille).

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Ce contrôle a aussi largement contribué à cons3tu3onnaliser le droit pénal soit à rendre le droit
pénal conforme à la Cons.tu.on. Pourquoi ? Car avant le juge judiciaire ne pouvait pas dire qu’il
n’appliquerait pas un texte contraire à la Cons3tu3on (rôle du CC). Il était dans l’obliga3on d’appliquer
des textes incons3tu3onnels.

La ma3ère pénale concerne 1/3 des QPC : dès la 1ere année, 9 textes ont été abrogées par la ma3ère
pénale. Exemple : inceste, redéfini3on du harcèlement sexuel, 2 fois à la censure de consulta3on de
sites terroristes (jugée non nécessaire et dispropor3onnée).

v B. Le contrôle de conven4onnalité
1. Le contrôle par le juge na.onal

La conven3on européenne est directement applicable donc le premier juge est le juge judiciaire (il n’a
pas à renvoyer devant une autre juridic3on). Le juge judiciaire peut donc lui-même écarter un texte
jugé contraire à la Conven3on européenne (cependant il ne sera pas abrogé).

2. Le « contrôle de cons.tu.onnalité déguisé »

Quasiment tout principe pénal figure dans la Cons.tu.on et le CEDH.

Avant 2008, il était impossible pour un jus3ciable de dire qu’il devait être relaxé pour
incons3tu3onnalité. Cependant, il pouvait le faire sur le fondement de la CEDH.

Þ Comme il existait des principes appelées « doubles cons3tu3onnels » (Cons3tu3on + CEDH),


un « contrôle de cons3tu3onnalité » était opéré à travers l’invoca3on de la CEDH donc
déguisé.

Le contrôle a posteriori a donc été ouvert à la suite du contrôle de conven.onnalité.

Or ces contrôles sont concurrents : un jus3ciable peut soulever en même temps l’incons3tu3onnalité
et l’inconven3onnalité. Il y a donc un risque de discordance entre le CC et la CourE.

Exemple : arrêt Brusco • Le CC dit on laisse comme ça et on laisse le temps au


contre France : garde à vue : législateur de modifier
• La CE dit hors de ques3on, il doit être immédiatement
applicable car contraire au droit fondamentaux

3. Le contrôle par la Cour européenne

Ce contrôle n’est opéré que si le jus3ciable n’a pas obtenu gain de cause devant les juridic3ons
na3onales et après avoir épuisé les voies de recours internes.

Pour la CE, parler de loi intègre la JP (loi au sens large).

Jusque 1992 la JP considérait que le viol conjugal n’existait pas car c’était une exécu3on du devoir
conjugal. Or, la CE a condamné la France pour cela. Puis revirement de JP : changement
d’interpréta3on : le viol conjugal est un viol.

Donc l’homme a été condamné même si la société pensait que cela n’était pas un viol et donc qu’il la
fait sans savoir que c’en était un.

Mais aujourd'hui, cela ne fonc3onne plus car la non-rétroac3vité de la loi ne fonc3onne pas aussi
pour la jurisprudence : il aurait fallu acquiZer ceZe personne et la jp vaut pour le futur.

18
4. L’influence substan.elle de la CEDH sur le droit interne

Depuis 2000, contrôle s’est affirmé en ma3ère pénal et a donné des reformes en droit na3onal (il est
devenu un contrôle à part en3ère).

Arrêt Pessino contre France, 2006


Arrêt Siliadin contre France, 2005 : le droit français était considéré pas assez protecteur concernant le
travail forcé et la réduc3on en esclavage. Condamna3on de la France pour « défaut de disposi3ons
pénales en ma3ère d’esclavage et de travail forcé » à la CE conduit à de nouveaux textes
d’incrimina3ons.

v C. Le contrôle du droit de l’UE


1. Le contrôle des lois de transposi.on ou d’adapta.on
3 types de contrôles opérés. Doit-on contrôler les lois de transposi.ons et les lois d’adapta.on ?

Adapta3on : adapter les direc3ves communautaires au niveau de la forme na3onale)

Transposi3on : le processus d'incorpora3on des direc3ves de l'Union européenne (UE) dans le droit
na3onal des États membres de l'UE.

Le CC n’a pas de compétence, en principe, pour contrôler la conformité des lois au niveau européen.

Il a développé une JP par3culière afin (excep.onnellement) de contrôler les lois de transposi3ons et


d’adapta3on. Il opère ce contrôle sur le fondement de l’ar3cle 88-1 de la Cons3tu3on dans
l’hypothèse où le texte de l’UE pourrait porter a@einte à l’iden.té cons.tu.onnelle de la France.

Globalement, pour les autres hypothèses, il n’y a donc pas de contrôle du CC sur les lois d’adapta3ons
et de transposi3ons.

En revanche, le droit de l’UE est surtout u.lisé en pénal pour neutraliser le droit interne.

2. La neutralisa.on du droit interne


En droit interne :

Dans le droit na3onal, l’infrac3on est caractérisée pour chaque situa3on. Mais si la situa3on est
acceptée par le droit de l’UE il va rendre la situa3on non-répréhensible, même si textuellement cela
est contraire au code pénal (= le droit na3onal serait plus restric3f).

Exemple : Arrêt de la Société les fils d’henry ramels : le vin importé ne respectait pas le droit na3onal
d’importa3on mais respectait le droit de l’UE l’autorisait. La société n’a pas été sanc3onné.

Autre exemple : avant, l’épila3on laser/défini3ve n’était autorisé que par les médecins en raison de la
dangerosité. Mais les esthé3ciennes ont réclamé leur cause car il se vendait des appareils de lumières
pulsées à faire chez soi, donc incohérent. Or, si elle le faisait, elle était poursuite pour exercice illégal
de la médecine (peine emprisonnement). Dans un 1er arrêt, la Cde cas a écarté le droit de l’UE (qui lui
l’autorisait), mais 1 an après, revirement de jurisprudence, elle considère que le droit de l’UE devait
primer car droit na3onal trop dur : décision du 31 mars 2020, fondement ar3cles 46/48 du TFUE.

3. La mobilisa.on du droit interne

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Le droit de l’UE est surtout invoqué pour permeZre de faire ce que le droit interne ne permet pas et
vice versa, pour sanc3onner ce que le droit interne ne sanc3onne pas (cela est le cas des personnes
qui violent une règle du droit de l’UE).

Sanc.onner : Dans ceZe hypothèse, il peut y avoir un contrôle de la loi. Lorsqu’une infrac3on
consiste en la viola3on d’une règle européenne, celle-ci doit être interprétée pour qu’en droit français
on puisse définir le périmètre (=le chp d’applica3on) de l’infrac3on.

En effet, quand un jus3ciable est poursuivi devant les juridic3ons internes, elles vont devoir surseoir à
statuer (=Suspendre momentanément une affaire ; interrompre une procédure) et saisir la CJUE
d’une demande d’interpréta3on sous la forme d’une ques.on préjudicielle.

C’est donc le juge européen qui permet ou non, par le biais de l’interpréta3on voire de la
reformula3on de la ques3on, la mise en œuvre d’une incrimina3on interne, d’une procédure ou
d’une peine. En effet, la condamna3on, elle na3onale, va dépendre de l’interpréta3on du texte
interna3onal, par une Cour interna3onal.

L’issu du procès dépendra de ce@e interpréta.on de la CJUE.

v D. Le contrôle de légalité
= Contrôle de conformité des règlements à la loi.

Ce contrôle peut s’opérer par voie d’ac.on ou par voie d’excep.on.

1. Le contrôle de légalité par voie d’ac.on

C’est le recours pour excès de pouvoir (REP).

Une personne va contester la conformité d’un règlement, avant même qu’il soit jus3ciable (un simple
citoyen qui es3me qu’un règlement adopté est inconforme à la loi). Ce recours est mené devant le TA,
et peut être opéré dans les 2 mois de l’adop3on du règlement.

Conséquence : Le texte administra3f disparait.

2. Le contrôle de légalité par voie d’excep.on

Dans ceZe hypothèse il y a un li.ge en cours : ce contrôle a lieu au cours d’un procès.

Exemple : personne poursuivie pour une viola3on d’un règlement, celle-ci peut dire que ce texte
administra3f est contraire à un texte de loi (car loi = supérieur, cf Kelsen).

Dans ce cas, ce contrôle peut être fait à tout moment, pas de délai. De plus, peu importe que ce soit
un acte administra3f collec3f ou individuel, tant que c’est un acte administra.f règlementaire.

Celui qui est compétent est le juge pénal : il va vérifier si le texte règlementaire est conforme ou
non à la loi.

Au cours du procès : JJ // avant procès : JA

Conséquence : Le texte administra3f n’est pas annulé mais simplement écarté pour l’affaire donnée :
il persistera mais ne sera pas applicable dans des affaires similaires.

Quid (=qu’en est-il) si une personne conteste la conformité par voie d’ac3on et que l’administra3on
déclare que celui-ci est conforme, et qu’il réitère sa demande par voie d’excep3on ?

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Le juge pénal n’est pas lié aux réponses du juge administra3f : même si un recours par voie d’ac3on a
été opéré et que le JA a décidé qu’il était conforme, le juge pénal est autonome et peut donc choisir
le contraire. Le juge pénal est lié uniquement si le JA a annulé l’acte (dans ce cas pas de soucis).

§2 : Le contrôle de l’opportunité des textes répressifs


Contrôle excep3onnel (très rare voire inexistant en vue du principe de sépara3on des pouvoirs
(judiciaire/exécu3f/législa3f).

En effet, ce contrôle consiste au fait qu’il y aurait un juge qui vérifierai si le législateur a bien effectué
son travail, ou non et ainsi refuserait de l’appliquer. Or le juge n’est que la « bouche de la loi » (idée
de sépara3on des pvrs pendant Révolu3on).

Malgré tout il y a des contrôles d’opportunité. Ils existent sous 2 aspects :

• Le contrôle de la nécessité
• Le contrôle de la propor.onnalité des peines.

Ce sont des principes cons3tu3onnels. Alors on peut opérer au contrôle de cons3tu3onnalité ce qui
mène aux contrôles d’opportunité (le Code pénal est-il conforme à ce principe ?).

v A. Le contrôle de la nécessité des incrimina4ons


Le CC peut donc vérifier si une incrimina3on est nécessaire : c’est-à-dire u.le (=si elle sert à quelque
chose). Si ce n’est pas le cas, il peut la faire disparaitre.

U.lité : Le CC ne va censurer que l’inu.lité manifeste. C’est l’hypothèse dans laquelle le législateur
va adopter un nouveau texte d’incrimina3on d’un fait qui existe déjà (nouveau texte qui incrimine le
même comportement qu’un ancien texte).

Cela existe de plus en plus à cause de l’infla.on législa.ve, on se retrouve donc avec des
surqualifica3ons. Parfois, cela ne pose pas soucis : c’est l’hypothèse de conflits idéals de qualifica.on
(On est face à 2 incrimina3ons et on essaie de savoir à laquelle on appar3ent à conflits entre les deux
chp d’applica3on. Or si on se rends compte que cela est pareil que l’ancienne incrimina3on on est face
à l’hypothèse idéale)

Exemple : Actuellement est incriminé l’outrage sexiste. Demain le législateur veut incriminer le
harcèlement de rue. Or ce fait est compris dans l’outrage sexiste, cela n’a aucun intérêt donc le CC
invalide.

v B. Le contrôle de la propor4onnalité des peines


Contrôle de la pénalité fixée par le législateur. Le CC considère que le législateur a prévu une peine
trop lourde au vu du comportement incriminé.

Ce contrôle ne sera mobilisé qu’en cas de dispropor.on manifeste : on conteste la pénalité que si elle
est manifestement excessive (ex : 30 ans pour vol).

Si l’incrimina3on n’est pas nécessaire/u.le, la peine n’est pas propor.onnée.

Le CC censure également l’hypothèse des peines automa.ques (car non individuelle donc non
propor3onnelle à contraire aux principes cons3tu3onnels).

21
Chapitre 2 : Les principes du droit pénal
Principe fondamental du droit pénal : principe de légalité. Mais il existe d’autres principes.

Sec.on 1 : Le principe de légalité criminelle

§1 : Un principe révolu)onnaire
v A. Le sens du principe
On parle de principe de textualité/légalité : Il n’y a pas de délits/crimes sans texte de loi.

Ce principe est la transposi3on d’un adage la3n « nullum crimen, nulla poena sine lege » (=nul crime,
nulle peine, sans loi) à pas d’infrac3on ni de pénalité sans texte.

De celui-ci découle :

• La nécessité d’un texte d’incrimina.on (celui qui définit le comportement infrac3onnel.


Exemple ar3cle 311-1vol /221-1 meurtre)
• La nécessité d’un texte de pénalité (celui qui donne la peine associée à l’infrac3on. Exemple 3
ans, € d’amende).

Parfois, ces deux textes sont liés dans le même ar3cle. Dans tous les cas, il existe bel et bien ces deux
textes. On retrouve ce principe est dans l’ar3cle 111-3 :

« Nul ne peut être puni pour un crime ou pour un délit dont les éléments ne sont pas définis par la loi,
ou pour une contraven3on dont les éléments ne sont pas définis par le règlement. àNécessité des
textes incrimina.ons

Nul ne peut être puni d'une peine qui n'est pas prévue par la loi, si l'infrac3on est un crime ou un délit,
ou par le règlement, si l'infrac3on est une contraven3on. àNécessité des textes de pénalités »

v B. Origine du principe

Pourquoi existe-t-il ce principe ? Ce principe a été fait dans le contexte révolu3onnaire, qui cherche à
lu@er contre l’Ancien Régime qui avait des peines inégalitaires/arbitraires et rigoureuse.

Désormais, c’est le législateur qui définit l’interdic3on et la peine pour tout le monde, à la vue de tous
(pour que les citoyens soit au courant), et n’interdit que ce qui est dans le texte.

Il n’existait donc pas dans l’AR et a été consacré juridiquement en 1789. Il est depuis, le principe
fondamental du droit pénal. Il est exprimé dans la DDHC ar3cle 7 et 8.

v C. Les jus4fica4ons du principe


Les jus3fica3ons découlent des origines.

• L’objec3f de la légalité criminelle est d’aver.r : tout est écrit dans la loi, donc les citoyens sont
capables de savoir à l’avance ce qui est interdit et le risque.
• La légalité criminelle est donc une garan.e pour les citoyens et permet d’assurer la sécurité
et la prévisibilité.

De cela, découle aussi la non-rétroac.vité.

22
Dans certaines affaires, ce principe peut conduire à relaxer/acquiZer au nom de ce principe supérieur
(même si on considère l’affaire immorale).

Le « prévenue » est « relaxé » ma3ère correc3onnelle // « L’accusé » est « acquiVé » ma3ère


criminelle.

Ne surtout pas u3lisé le terme « présumé coupable » car incons3tu3onnel : on est présumée
« innocent ».

2§ Un principe fondamental
« Le principe de légalité c’est la règle cardinale, la clé de voute du droit pénal »

Ce principe, puisqu’il est fondamental, sera consacré à tous les niveaux de la hiérarchie des normes. Il
conduit à imposer une obliga3on de qualité de la loi au législateur (= l’aver3ssement doit être clair
pour qu’on adapte notre comportement).

v A. Valeur du principe :
Ce principe a d’abord une valeur législa.ve : ar3cle 111-2 et 111-3 du code pénal.

Il a également une valeur interna.onale : consacré dans toutes les grandes normes interna3onales

• Ar3cle 7 : CEDH
• Ar3cle 15 : pacte interna3onal du droit civique et poli3que
• Ar3cle 11 : DUDHC à régulièrement u3lisé dans les visas de la Cour de cassa3on.

C’est donc un principe que l’on retrouve dans tous les états de droit.

Il a une valeur cons.tu.onnelle : ar3cle 7 et 8 DDHC (consacré par les révolu3onnaires).

Ce principe s’impose tant au juge qu’au législateur.

v B. L’exigence de qualité de la loi :


Les conséquences du principe pour le législateur résident dans l’exigence de qualité de la loi.

Ce principe impose au législateur d’adopter des textes clairs et précis (aussi pour la ma3ère
règlementaire soit pour les contraven3ons). C’est la seule contrainte qui découle de ce principe pour
le législateur. A défaut d’un texte clair et précis, le citoyen ne pourrait pas adopter son comportement
à l’interdit.

Mais il faut aussi savoir comprendre le texte : parfois, le législateur est trop flou (cf exemple de
l’inceste avec « au sein de la famille » qui n’est pas clair et précis (jusqu’où va la famille ?) donc ne
respecte pas le principe).

L’exigence de qualité de la loi implique son accessibilité et sa prévisibilité.

Dans tous les cas, il existe des imprécisions dans les textes de lois. Or elles restent tolérées des lors
qu’elles rendent le texte accessible (Exemple CP : « par tous moyens » ; « de quelque nature que ce
soit »)

Ces imprécisions sont parfois souhaitables, car le législateur a déjà parcouru la technique des listes
exhaus3ves (or on se rends compte qu’elles ne le sont jamais). Exemple : Enregistrer/diffuser des

23
images est illégal, mais avec l’avancé technologique on a l’appari3on du téléchargement : donc la liste
pose un problème.

Le législateur doit veiller à ce que la loi soit suffisamment claire pour la compréhension et
l’accessibilité des citoyens, mais pas trop pour qu’il se laisse une marge.

Le CC n’hésite pas à censurer

• Le défaut de qualité de la loi :

Décision DC en ma3ère d’inceste (QPC) le 17 février 2012 : Il a considéré que la manière dont
l’inceste était défini n’était pas suffisamment claire et précise.

• La technique du renvoie à un texte inférieur :

Cad que le législateur ne peut pas interdire un comportement dont il va définir les termes dans un
acte règlementaires (ex : un décret qui définirait le périmètre de la loi). La loi doit se suffire à elle
seule pour respecter et la Cons.tu.on (ar.cle 34/37) et le principe de la légalité.

On peut également opérer un contrôle de conven.onnalité selon le principe reconnu


interna.onalement. Mais la Cour EDH n’a pas le même sens de la loi qu’en droit na3onal. Pour eux, la
légalité est le fait que tout doit être précisé par la Loi au sens large (= la norme est claire et précise,
quel que soit l’origine). La jp intègre donc pour eux la Loi pénale : si un texte de loi au sens strict a été
complété par la JP, le principe est respecté.

Sec.on 2 : Le principe de l’interpréta.on stricte de la loi pénale.

Interpréter une loi consiste à en dégager le sens et donc la portée (soit déterminer son chp
d’applica3on). Il existe plusieurs méthodes d’interpréta3on, mais en droit pénal une seule vaut en la
ma3ère (l’interpréta3on stricte). Mais elle a des limites…

1§ Les méthodes d’interpréta)on de la loi


On retrouve :

• L’interpréta.on analogique (par analogie) : on va étendre ce que dit la loi, à une situa3on qui
est semblable.
• L’interpréta.on a contrario : on déduit de la loi son contraire. (Ex : selon ar3cle 6 CC
interprété a contrario : si cela ne concerne pas les bonnes mœurs ou l’ordre public, alors on
peut y déroger par des conven3ons par3culières)
• L’interpréta.on a for.ori : étendre la loi à un cas pour lequel c’est encore plus évident (ex :
interdit de voyager avec un animal domes3que, alors on ne peut pas non plus voyager avec
un cheval).
• L’interpréta.on textuelle : primauté au texte lui-même ; et contextuelle : primauté au
contexte dans lequel s’inscrit le texte.
• L’interpréta.on téléologique : intérêt du texte

Cela pose difficulté au juge pour choisir comment il doit interpréter. Mais en droit pénal, on u3lise
une seule méthode : Méthode d’interpréta3on stricte.

2§ La méthode de l’interpréta)on stricte


On la retrouve à l’ar3cle 111-4 CP : « la loi pénale est d’interpréta3on stricte ».

24
Ce principe découle de la légalité : c’est au législateur de dire ce qui est interdit, et non au juge, donc
le juge ne peut pas étendre ce que le législateur a dit, il ne peut pas étendre le texte.

On n’étend donc pas un texte à une situa.on (qui serait similaire) qui n’aurait pas été visé : on s’en
.ent strictement au texte.

L’interpréta.on stricte ne signifie pas interpréta.on li@érale (au mot près) :

• Ancien code pénal incriminait le « vol de chevaux » : interpréta3on li>érale = je vole qu’un
cheval donc légal, mais cela est faux, la personne sera bien condamnée.

De plus, on constate quelques erreurs dans le code, donc si on s’en 3ent à l’interpréta3on liZéral cela
ne fonc3onne pas contrairement à l’interpréta3on stricte :

• Affaire Bailly : texte de base avec erreur « il n’est interdit ailleurs que dans les gares, et
lorsque le train est arrêté » donc une personne a compris « il n’est interdit de descendre
quand le train est arrêté » alors que le législateur voulait dire « il n’est interdit ailleurs que
dans les gares, et exclusivement lorsque le train est arrêté ». Un homme qui a sauté quand
le train était en marche et se prévalait de l’interpréta3on stricte : la Cour de cassa3on a
répondu qu’il était évident qu’il était interdit de sauter du train en marche.

Mais on ne l’étend jamais : Exemples :

Affaire de séquestré de Poi.ers (1901) : une jeune femme avec des troubles psychiques sévères a été
caché dans le grenier par sa famille (pour éviter une mauvaise réputa3on). La jeune femme a donc
fini dans un état de santé pitoyable. Le jour où on découvre cela, on cherche a condamné.

Þ Plusieurs problèmes se posent : pas de texte spécifique à la séquestra3on. Le mo3f de


poursuites a donc été les violences volontaires (coups et blessures). Or la vic3me n’a jamais
été frappée, elle a simplement été laissé. Les répressions sont donc des actes, non de
violences volontaires, mais des actes d’omission ou de commission (=négligence/non-
assistance à personne en dangers). Donc la famille a été relaxé (refus d’interpréta3on
analogique)

Affaire ‘restaurant filouterie’ : une personne mange dans un restaurant mais ne paie pas sous
prétexte que c’est le « serveur qui lui a demandé ce qu’il voulait manger ». Est-ce un vol ? non pas
d’acte de soustrac3on frauduleuse de la chose d’autrui ; une escroquerie ? non plus car pas de
manœuvre frauduleuse (fausse iden3té, fausse fonc3ons, mensonges…).

Þ On a donc créé l’infrac3on de filouterie (aliment, transport, hébergement etc…)

Affaire Caming : pra3que qui consiste à payer quelqu'un pour qu’elle pra3que un acte sexuel sur elle-
même devant caméra. Cela relève-t-il du proxéné3sme ? La Cour de cassa3on a répondu : elle a
depuis longtemps définit un contact physique sexuel contre rémunéra3on. Ainsi, s’il n’y a pas de
contact physique alors pas de pros3tu3on au sens de la JP. Or sans pros3tu3on pas de proxéné3sme,
et sans proxéné3sme alors pas de traite des êtres humains. Il y a un vide à ce niveau-là.

Ce n’est jamais au juge de combler les lacunes de la loi, en principe, mais au législateur. Il y a
cependant des excep.ons :

3§ L’existence d’interpréta)ons jurispruden)elles analogiques


2 types de tempéraments à l’interpréta3on stricte. Portails affirmait « en ma3ère pénale, il faut des
lois précises, point de jurisprudence ».

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v A. L’interpréta4on analogique in favorem :
Ce n’est pas une « vraie » déroga3on à l’interpréta3on stricte car elle va dans l’intérêt de l’individu, ce
n’est pas de l’arbitraire (ce pour quoi on luZe avec ce principe).

La chambre criminelle peut raisonner par analogie quand l’interpréta.on est en faveur de la
personne poursuivie. Elle permeZra qu’elle ne soit pas condamnée.

• Exemple : immunité familiale pour vol dans le texte : la Cour de cassa3on l’a étendu en
ma3ère d’escroquerie (=infrac3on proche du vol).
• Exemple : contrainte que pour contraven3ons, étendues aux crimes et délits.

Mais ces hypothèses sont quand même rares.

v B. L’interpréta4on analogique contra legem (contraire à la loi) :


Mais parfois, le juge va à l’encontre de la loi. Bien souvent, la Cour de cassa3on procède aux
interpréta3ons analogiques pour faire face aux évolu3ons technologiques.

Exemple : la loi interdisait avant que les appels réitérés (exemple : 150 appels = harcèlement), donc
cela ne prévoyait pas le sms. Mais le juge n’a pas fait d’interpréta3on stricte car elle considère que les
sms sont comme les appels car il y a une sonnerie.

Exemple : Elle a souvent étendu le mot « chose » : ex : un voisin qui pirate le compteur EDF pour se
brancher chez son voisin. Mais l’électricité est-elle une chose ? Donc cela peut être qualifié de vol ? La
Cour de cassa3on a considéré qu’une chose peut être matérielle ou immatérielle donc c’est un vol.
Désormais, il existe l’ar3cle 311-2 (dans la loi, plus seulement la JP).

Autre exemple : le vol d’informa3on, la Cour de cassa3on considère cela comme un vol ou encore le
vol temporaire d’une voiture est-il un vol ? oui car on a usé la gomme du pneu.

Autres exemples : Voir JP ar3cle 311-1

Malgré son caractère contraire à la loi, il est nécessaire de s’adapter à l’avancer du monde, donc la
doctrine ne conteste pas vraiment cela. Or la doctrine conteste les interpréta3ons complètement
extensives des textes et qui conduisent à pénaliser des comportements non prévus par le législateur.

Le juge doit seulement contrecarrer les lacunes de la loi.

Sec.on 3 : les principes rela.fs à l’applica.on de la loi pénale

Conflit de loi dans le temps ou conflit de loi dans l’espace.

§1 L’applica)on de la loi pénale dans le temps


Quelle hypothèse pour conflit de loi dans le temps ? Comment la loi nouvelle peut-elle reme>re en
ques3on la loi qui existait déjà ?

v A. L’existence d’un conflit de lois dans le temps


1. La détermina.on des conflits de loi dans le temps
Pour qu’il y ait conflit de loi dans le temps, il faut qu’une nouvelle loi pénale entre en vigueur entre la
commission des faits et le jugement défini3f.

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Hypothèse 1 : conflit de loi Hypothèse 2 : pas de conflit Hypothèse 3 : pas de conflit
dans le temps : de loi dans le temps : de loi dans le temps :

Infrac3on en 2022 Loi entre en vigueur en Infrac3on commise en 2022


2022
Loi adoptée en 2023 Jugement défini3f en 2023
Infrac3on commise en 2023
Jugement défini3f en 2024 Loi entre en vigueur en
Jugement défini3f en 2024 2024

La seule hypothèse est donc bien la 1 pour avoir un conflit de loi.

Lorsqu’on a une procédure d’appel en cours pas c’est qu’il n’y a pas encore de jugement défini3f
(jugement défini3f = épuisement de tous les recours possibles).

On prend uniquement en compte la date d’entrée en vigueur et non la date d’adop3on.

La seule possibilité pour un prisonnier de sor3r de prison (H3) est la dépénalisa3on de l’infrac3on.
(Exemple : en prison pour avortement, dépénalisa3on donc je peux sor3r).

2. La détermina.on des lois de fond et les lois de forme


En cas de conflit de lois, il faut déterminer si c’est une loi de fond ou de forme qui entre en vigueur
car les solu.ons sont différentes.

Lois de fonds : détermine les incrimina3ons, les peines applicables et les condi3ons de responsabilité
(= droit pénal général).

Lois de formes : les lois de procédures, autrement dit les lois qui ne sont pas de fonds. Elles sont
listées aux ar3cle 112-2 et 112-3 :

112-2 : Sont applicables immédiatement à la répression des infrac3ons commises avant leur entrée
en vigueur :
o Les lois de compétence et d'organisa3on judiciaire, tant qu'un jugement au fond n'a
pas été rendu en première instance.
o Les lois fixant les modalités des poursuites et les formes de la procédure
o Les lois rela3ves au régime d'exécu3on et d'applica3on des peines

Toutefois, ces lois, lorsqu'elles auraient pour résultat de rendre plus sévères les peines
prononcées par la décision de condamna3on, ne sont applicables qu'aux condamna3ons
prononcées pour des faits commis postérieurement à leur entrée en vigueur ;

o Les lois rela3ves à la prescrip3on de l'ac3on publique et à la prescrip3on des peines

112-3 : Les lois rela3ves à la nature et aux cas d'ouverture des voies de recours ainsi qu'aux délais dans
lesquels elles doivent être exercées et à la qualité des personnes admises à se pourvoir sont
applicables aux recours formés contre les décisions prononcées après leur entrée en vigueur. Les
recours sont soumis aux règles de forme en vigueur au jour où ils sont exercés.

v B. La résolu4on d’un conflit de lois dans le temps


• Lois de fonds : principe de non-rétroac3vité de la loi.
• Lois de forme : principe d’applica3on immédiate (=rétroac3vité).

27
Ces 2 principes figurent à l’ar3cle 112-1 al 1 et al 2.

Pour la non-rétroac.vité (« in pejus/in mi3us ») de la loi pénale plus sévère est un principe corollaire
au principe de la légalité. La loi doit aver3r avant de frapper pour que chaque individu puisse adapter
son comportement.

Þ Il a une valeur supérieure à la loi : présent dans les textes fondamentaux interna3onaux.

Une loi nouvelle (de fond) plus sévère ne peut donc pas s’appliquer à des faits commis avant son
entrée en vigueur et vice versa : la nouvelle loi ne peut s’appliquer qu’aux faits commis après son
entrée en vigueur.

Cela suppose de déterminer au préalable si la loi nouvelle est plus douce ou plus sévère :

• La loi peut être indivisible ou divisible :


o La loi est indivisible : il faut es3mer dans son ensemble si elle est plus douce ou plus
sévère.
o La loi est divisible : on va déterminer si elle est plus douce ou non, disposi.ons par
disposi.ons.

Lois plus sévères : lois qui alourdissent les peines encourues, l’ajout de circonstances aggravantes, loi
qui créée une nouvelle infrac3on, ou modifica3on d’un chp d’incrimina3on (elles viennent englober
plus de comportement = ex cf filouterie).

En principe, la dis.nc.on est simple à faire. Mais excep3onnellement la JP peut avoir à trancher sur
le caractère plus doux ou non d’une disposi3on.

• Exemple : Contrainte pénale de 2014 (supprimée en 2019) : elle est plus douce sur
l’emprisonnement mais plus sévère par rapport au sursis. La doctrine a es3mé qu’elle était
plus sévère car on a ajouté une nouvelle peine, mais la Cour de cassa3on a répondu « peine
plus douce donc rétroac3ve » (Décision, 14 avril 2015 : dispo sur arche).

Au niveau européen :

Conformément à la JP de la Cour européenne, les revirements de JP plus sévères et non prévisibles ne


peuvent pas rétroagir (Arrêt Pessino /France 10 octobre 2006). Exemples : cf viol conjugal ; avant
l’abus de confiance ne pouvait pas porter sur un immeuble. En 2024, revirement de JP et il peut
désormais porter sur un immeuble. La JP devient plus sévère. Mais la Cour européenne considère que
si le revirement de JP est prévisible (=aZendu par la doctrine), alors il peut s’appliquer
immédiatement.

1. Le principe de non-rétroac.vité des lois de fond


a) La non rétroac.vité de la loi pénale de fond plus sévère

Principe de la non-rétroac.vité in pejus :

Le principe de non-rétroac3vité des lois signifie qu'une loi nouvelle ne peut pas s'appliquer à des faits
commis avant son entrée en vigueur. Ce principe protège la sécurité juridique, car il permet aux citoyens
de savoir, au moment où ils agissent, quelles règles s'appliquent à eux. Il s’agit donc d’une garan3e
essen3elle du droit pénal moderne, qui repose sur l’idée que l'on ne peut être puni en vertu d'une loi qui
n'existait pas au moment des faits.

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Ce principe ne conduit pas à rejuger des faits qui ont déjà été défini.vement jugée. S’ils ont été
défini3vement jugés par la loi ancienne, alors pas de conflits de lois. Mais dans l’hypothèse de
dépénalisa.on : si le comportement n’est plus incriminé, la peine cesse.

La rétroac.vité de la loi pénale de fond plus douce


Principe de la rétroac.vité in mi.us :

Le principe de la rétroac2vité in mi2us se trouve dans l’ar3cle 112-1, alinéa 3, du Code pénal. Il dispose
que lorsqu’une loi pénale plus douce (c’est-à-dire une loi qui allège ou supprime une sanc3on pénale)
entre en vigueur, elle bénéficie à toutes les personnes, même si elles ont déjà été condamnées sous
l’empire de l’ancienne loi. Ce principe est une excep2on à la non-rétroac2vité des lois, qui est en général
un fondement de la sécurité juridique.

Lois plus douces : diminue les peines encourues, supprime les circonstances aggravantes, étendre un
fait jus3fica3f (ex : légi3me défense), loi qui limite le chp de la responsabilité pénale.

Exemples de lois plus douces donc rétroac.ves :

Loi Fauchon du 10 juillet 2000 : déresponsabilise les par3cipants indirects à un homicide ou une
blessure involontaire. CeZe loi fut appliquée dans l’affaire du lit du Drac : sor3e scolaire dans le lit
d’une rivière, au bout de celui-ci un barrage EDF qui à la base prévoit dans un planning avec des
alertes pour le lâché d’eau. Or deux ouvriers ont déclenché cela sans respecter le planning ni l’alerte.
Toute la classe est donc morte. On a déresponsabilisé les auteurs indirectes (accompagnants) et
condamnés les auteurs de l’homicide involontaire.

Loi « Perben II » du 29 mars 2004 : crée le « régime des repen3s » qui permet de condamner moins
sévèrement celui qui dénonce ses complices. Cela est aussi possible pour celui qui dénonce des faits
avant qu’ils aient été commis, même s’il est complice de l’organisa3on.

Les lois interpréta3ves :

• Précisent le sens à donner à un texte antérieur.

• Ne con3ennent pas de nouvelles disposi3ons : s’appliquent dès l’entrée en vigueur de la loi


interprétée.

2. Le principe d’applica.on immédiate de loi de forme.

En principe, il s’applique en ma3ère de procédure pénale.

a. Les lois de procédures

Ar3cle 112-2 : La loi s’applique à des faits même commis avant la date d’entrée en vigueur car ce sont
des lois de procédures (de forme) et non de fonds (donc dans les faits, cela ne change rien à la
situa3on).

Ar3cle 112-3 : Cela est notamment le cas des lois rela3ves aux voies de recours.

b. Les lois de prescrip.ons

Prescrip.on en droit pénal, 2 types :

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Prescrip.on de l’ac.on publique : délai au-delà duquel, l’ac3on publique ne peut plus être exercée.
On ne peut plus poursuivre la personne ayant commis une infrac3on au-delà de ce délai. (Ex : un
footballer accusé de viol 30 ans après)

En principe, les délais sont de :

- 20 ans crimes Ces délais ont été étendus par la loi de


- 6 ans délits 2017 (avant 10 pour crimes et délits 3 ans).
- 1 an contraven3ons.

Mais il existe des déroga.ons/excep.ons : Ar3cle 6 et s du CPP (sera vu au S2).

Après ce délai, on ne pourra jamais condamner ni déclarer coupable.

Prescrip.on des peines : délai au-delà duquel on ne peut plus meZre une peine à exécu3on. (Ex : une
peine est prononcée, la personne fugue dans un autre pays, si elle revient au bout de X temps on ne
peut plus appliquer la peine).

Il existe tout de même des mécanismes d’interrup3on ou de suspension de la prescrip3on (ex :


Affaire Grégory).

- Peines criminelles : 20 ans


- Peines délictuelles : 6 ans
- Peines contraven3onnelles : 3 ans

Après ce délai, la personne est condamnée certes, mais on ne peut plus l’incarcérer.

Ces deux types de prescrip3ons ne doivent pas être confondues.

Les lois de prescrip3ons sont immédiatement applicables aux faits avant leur entrée en vigueur mais
elles ne peuvent jamais reme@re en cause les prescrip.ons déjà acquises (en par3culier celles de
l’ac3on publique).

Exemples : faits commis en 2008, crimes :

- Avant 2017 donc prescrip3on par 10 ans : il sera prescrit en 2018.


- Entrée en vigueur de la loi de 2017 : immédiatement applicable aux faits prescrits
(=s’applique aux faits anciens) donc le crime va se prescrire en 2028.

Contre-exemple : si faits commis en 2006, cela ne changera rien car il a déjà été prescrit en 2016 (10
ans) donc avant l’entrée en vigueur de la loi. (=immédiatement applicable aux faits non encore
prescrits)

§2 : L’applica)on de la loi pénale dans l’espace


En effet, il peut y avoir un ou plusieurs éléments d’extranéité dans le passage à l’acte : cad que la
criminalité dépasse les fron3ères. (Ex : blanchissement d’argent)

Le lien d’extranéité peut être :

- Des auteurs étrangers (ex : des Russes qui volent en France)


- Des vic.mes étrangères
- Un acte planifié à l’étranger
- Des faits commis à l’étranger

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Le droit pénal par principe, touche à la souveraineté na.onale, puisque chaque état a un droit pénal
qui lui est propre. Le droit français ne devrait pas avoir à s’appliquer en dehors de notre territoire, ni à
des vic3mes étrangères.

On se demande ainsi, quelle est la loi et la juridic.on compétente ?

Les compétences législa.ves et judiciaires sont liées : si on es3me que la loi française est
compétente alors la juridic3on française est compétente (/=/ droit interna3onal es3me que la loi
française peut-être appliquée en Italie, mais en droit pénal cela n’est jamais le cas).

Pour résoudre ces conflits de loi dans l’espace, plusieurs hypothèses :

- Lieu de commission de l’infrac3on


- Na3onalité des vic3mes
- Na3onalité des auteurs
- Primer l’idée d’aZeinte aux intérêts de l’État (ex : si le crime est commis en France, alors vu
qu’on a aZeint la France, alors on sera jugée par elle).

Le principe, en droit français, est la territorialité. Mais le droit français exerce aussi la compétence
universelle, réelle et personnelle.

Pendant longtemps, ces excep.ons étaient limitées, mais en l’espace de 15/20 ans, elles ont
augmenté.

On cherche désormais à appliquer de plus en plus la loi française.

Principes et excep.ons : ar3cle 113-2 à 113-14 du CP.

v A. Le principe de territorialité
Ce principe est situé à l’ar3cle 113-2 du CP, 2 alinéas :

- « La loi pénale française est applicable aux infrac3ons commises sur le territoire de la
République.
- L'infrac3on est réputée commise sur le territoire de la République dès lors qu'un de ses faits
cons3tu3fs a eu lieu sur ce territoire. »

Cela dépend si l’infrac3on a été totalement ou par.ellement commise en France. Il ne faut donc pas
prendre en compte la na3onalité de l’auteur/vic3me : si les faits ont été commis en France alors on
ne se pose pas la ques.on et on applique ce principe.

Qu’est-ce que le territoire de la république ?

1. Le territoire de la république.

Précisé dans le CP à l’ar3cle 113-1 : « Pour l'applica3on du présent chapitre, le territoire de la


République inclut les espaces mari3me et aérien qui lui sont liés. ».

On considère :

• L’Espace terrestre : métropoles et iles françaises (proche ou lointaine : corse, outremer etc..)
mais aussi les terres australes et antarc3ques françaises
• L’Espace mari.me : toutes les infrac3ons commises en mer dans l’espace mari3me français.
On considère cet espace au-delà de 12 milles marins (=unité de mesure propre à la mer), au
dela de la cote.

31
Mais il y a d’autres espaces mari3mes au-delà de ces 12 milles marins qui appar3ent à la France
grâce au fait qu’ils font l’objet de conven3ons interna3onales (ex : affaire Erika)

Le 12 décembre 1999, l'Erika, pétrolier Total, fait naufrage au large de la Bretagne. Une gigantesque
marée noire souille les côtes françaises, du Finistère à la Charente-MariDme, et des milliers d'oiseaux
mazoutés périssent.

• L’Espace aérien : tout ce qui est au-dessus de l’espace terrestre et mari3me.

Conformément à l’ar3cle 113-3 et 113-4, on a également une extension de ce principe de la


territorialité aux navires et aéronefs français, peu importe le lieu où ils se trouvent. (+connexité,
indivisibilité, cybercriminalité)

On considère, dans ces cas, que l’infrac.on a été faite sur le territoire de la République.

2. Les faits commis sur le territoire de la République

Les faits sont commis sur le territoire de la République lorsque l’infrac3on a été en.èrement
commise en France ou quand un fait cons.tu.f seulement a été commis sur le territoire (ar3cle 113-
2 al 2).

2 autres hypothèses sont possibles : connexes ou indivisibles à des infrac3ons commises en France.

Loi 3 juin 2016 a jouté une disposi3on (ar3cle 113-2-1) pour permeZre la compétence de la loi
française, mais cela est en réalité plutôt une déroga3on au principe personnel.

a. Le fait cons.tu.f commis sur le territoire

Ar3cle 113-2 al 2 : infrac3on est réputée commise en France lorsque seulement un fait cons3tu3f a
été commis sur le territoire français. Si je me fais passer pour un banquier (français) mais que
j’anarque un étranger dans son pays, le fait cons3tu3f étant commis en France, c’est un fait cons3tu3f
sur le territoire.

La JP es3me qu’une condi;on préalable est aussi un fait cons3tu3f.

Toutes les infrac3ons ne sont pas instantanées et peuvent donc être habituelles (exemple : crimes
commis pendant 30 ans dans l’exercice illégal de la médecine).

Il existe aussi des délits d’omission : représente un acte qui n’a pas été fait et qui aurait dû l’être. On
re3ent ici l’infrac3on là où elle aurait dû être exécutée (exemple : délit de non-présenta3on d’enfant,
l’infrac3on est commise là où il aurait dû être ramené).

Pour le recèle (=acheter un bien en sachant que c’est un bien volé) la jp considère que si le bien est
français mais que la revente est faite dans un autre pays, alors on peut quand même appliquer la loi
française : l’infrac3on d’origine a été commise en France.

b. L’acte de complicité commis sur le territoire

Ar3cle 113-5 du CP : même si une infrac3on a été commise à l’étranger, le complice sur le territoire
français peut-être poursuivi en France selon la loi française.

3 condi.ons :

• Il faut que cela cons3tue un crime ou un délit

32
• Il faut une réciprocité d’incrimina.on : l’infrac3on est tant punie par la loi française que par
la loi étrangère (ex : vérifier que le code pénal étranger incrimine le vol).
• L’infrac3on doit être constatée par une décision défini.ve étrangère : il faut que l’auteur de
l’infrac3on ait été déclaré coupable voire condamné.

Autrement dit, M.A et M.B commeZent une infrac3on d’un vol de tableau dans un musée. M.A
commet l’infrac3on en Italie, mais il a réussi grâce à la complicité de M.B en France qui lui a donné les
codes d’accès du musée. M.A est jugé par les Italiens, M.B est jugée par la France.

Cependant, parfois, cela pose soucis dans certains conten3eux où l’autorité étrangère reste passive
(ex : en ma3ère de corrup3on). Il existe donc des règles dérogatoires :

o Loi « sapin » 9 décembre 2016 (disposi3ons spécifiques en ma3ère de corrup3ons)


o Ordonnance du 30 janvier 2020 en ma3ère de violences conjugales (si un auteur de violence
à l’étranger a un complice en France).

c. Les faits connexes ou indivisibles à d’autres faits commis sur le territoire

Des infrac3ons commises à l’étranger peuvent être poursuivie en France sur le fondement de la
territorialité, car elles sont connexes ou indivisibles à des infrac3ons commises en France.

Ex : Succession de cambriolages à l’étranger et en France peuvent être jugées en France si elles sont
indissociables de ceux commis en France.

Connexité et indivisibilité ?

§ Conformément à la loi, des infrac3ons sont connexes si elles ont été commises en même
temps par plusieurs personnes (ex : cambriolage en France, Allemagne en même temps), mais
aussi par différentes personnes mais en raison d’une entente formée à l’avance.

§ L’indivisibilité est définie par la JP : infrac3ons liées par une unité de cause ou dessein. Il y
aurait un lien de raZachement tellement étroits entre ces faits qu’ils sont indissociables : l’un
ne peut pas se comprendre sans l’existence de l’autre.

L'indivisibilité en droit pénal signifie que certains faits ou infrac3ons, bien que commis par plusieurs
personnes ou en plusieurs occasions, sont considérés comme un tout indivisible. Cela implique qu'ils
seront jugés ensemble par la même juridic3on pour éviter des jugements séparés ou contradictoires.

Exemples : Un groupement de personne se réunit en France pour commeZre une infrac3on terroriste
à l’étranger (=associa3on de malfaiteurs), elle peut être poursuivie en France. Mais si elle a pour
projet de commeZre son infrac3on en Syrie (où le caractère terroriste n’est pas reconnu), on peut
poursuivre et l’associa3on de malfaiteur, et l’acte terroriste fait à l’étranger car connexes et
indissociables. Et vice versa.

Cela permet de poursuivre des faits indépendamment du lieu de commission.

Le critère de l’indivisibilité peut aussi être mobilisée quand la connexité ne peut pas être établie.

v B. La compétence personnelle et la compétence réelle


Il en existe d’autres compétences, ar3cle 113-6 alinéa 3 :

33
§ Compétence de l’UE dans le cadre des infrac3ons portant aZeintes aux intérêts de l’union
(ex : transports).
§ Compétence personnelle et réelle ont pour voca3on à être mobilisées lorsque des infrac3ons
n’ont pas été commises en France, mais qu’elle y trouve un intérêt à les juger quand même.

Mais à cela s’ajoute le principe de non bis in idem : on ne peut pas juger les mêmes faits deux fois.

La France pourra donc juger des faits qui ne sont pas condamnés à l’étranger.

On retrouve la compétence ac.ve (auteur = français), et passive (vic3mes = françaises).

1. La compétence personnelle ac.ve


1ère condi.on :

La loi française s’applique à tout crime ou à certains délits commis par un Français à l’étranger : ar3cle
113-6.

Ex : des Français partaient en Thaïlande pour profiter de la pros3tu3on des mineurs. Il n’y a pas de
répression dans le pays, mais lorsque le na3onal revenait d’un séjour sexuel, la France peut le juger
pour les faits commis en Thaïlande, au préjudice d’une thaïlandaise.

Les condi.ons sont donc les suivantes pour les crimes :

• L’auteur doit être français


• Ou lorsque la loi le prévoit, cela peut simplement être une personne qui réside
habituellement en France.

Pour les délits, une condi3on en plus :

• Les faits doivent être punis par la législa3on de l’état sur lequel les faits ont lieu. C’est ce que
l’on appelle la condi3on de double incrimina3on/ de réciprocité d’incrimina3on.

Ce@e condi.on de double incrimina.on/ de réciprocité d’incrimina.on s’applique pour les délits et
non pour les crimes.

Excep.on pour les délits sur mineurs : on peut se dispenser de la réciprocité d’incrimina3on (ex :
certains états la pros3tu3on sur mineurs = délit n’est pas interdite. En France c’est une infrac3on)

2ème Condi.on de subsidiarité : La loi française intervient également de manière subsidiaire : elle
intervient qu’en cas de passivité de l’État. La compétence personnelle ne s’applique donc que si la
personne n’a pas été condamnée à l’étranger.

3ème condi.on ar3cle 113-8 : condi3on qui s’applique qu’aux délits : il faut une requête du ministère
publique à la suite d’une plainte de la vic3me ou à une dénoncia.on officielle.

• Dans une enquête, la simple connaissance d’un délit à l’étranger ne suffit pas à l’intervenir : il
faut une dénoncia3on ou la plainte de la vic3me.
• À la suite de cela, le ministère décide ou non d’agir. Il a un monopole des délits à l’étranger et
s’il décide de ne pas poursuivre alors on ne peut rien faire.

Excep.ons :

• Délits en ma.ère sexuelles mineures : pas d’obliga3on d’aZendre la dénoncia3on de l’État


ou la plainte de la vic3me.

34
Déroga3on plus générale à l’ar3cle 113-8-1 qui dispense de la dénoncia3on/plainte pour les
hypothèses de compétences spéciales des juridic.ons. Ex : en ma3ère terroriste compétence
spéciale de la juridic3on parisienne, même si les faits ont été commis à Nancy.

Cas de compétence spéciale en ma3ère terroriste : ar3cle 113-13 : compétences dérogatoires pour tous
les crimes ou délits terroristes, peu importe s’il y ait une double incrimina3on et peu importe qu’il y ait
une dénoncia3on/plainte. Autre déroga3on : ar3cle 113-14 (renvoie ar3cle 113-6) pour infrac3ons qui
portent aux intérêts de l’UE.

2. La compétence personnelle passive

Rela3f à la na.onalité des vic.mes : la loi française peut s’appliquer pour une infrac3on commise à
l’étranger, par un étranger, mais au préjudice d’une vic3me française.

Ar3cle 113-7 : « La loi pénale française est applicable à tout crime, ainsi qu'à tout délit puni
d'emprisonnement, commis par un Français ou par un étranger hors du territoire de la République
lorsque la vic3me est de na3onalité française au moment de l'infrac3on. »

Mais cela demande des condi3ons très restric3ves : la vic3me doit avoir porter plainte et que le
ministère public décide d’agir. Cela est à nouveau subsidiaire (que si passivité de l’État étranger).

On retrouve aussi des cas excep.onnels : ar3cle 113-2-1, ajout de la loi de 2016 :

• En ma3ère terroriste « tout crime ou tout délit réalisé au moyen d'un réseau de
communica3on électronique, lorsqu'il est tenté ou commis au préjudice d'une personne
physique résidant sur le territoire de la République ou d'une personne morale dont le siège se
situe sur le territoire de la République, est réputé commis sur le territoire de la République. »

à On prend en compte la na3onalité ou le lieu de résident de la vic3me. Dans ce cas, on n’a ni


besoin de la condi3on de plainte ou du ministère public, ni de celle de la subsidiarité.

Þ Elle permet de réprimer en France toute cybercriminalité suscep3ble d’aZeindre des


Français.

3. La compétence réelle.

Ar3cle 113-10 : « La loi pénale française s'applique aux crimes et délits qualifiés d'aZeintes aux intérêts
fondamentaux de la na3on et réprimés par le 3tre Ier du livre IV, à la falsifica3on et à la contrefaçon du
sceau de l'État, de pièces de monnaie, de billets de banque ou d'effets publics réprimées par les ar3cles
442-1, 442-2, 442-5, 442-15, 443-1 et 444-1 et à tout crime ou délit contre les agents ou les locaux
diploma3ques ou consulaires français, commis hors du territoire de la République. ».

La loi française s’applique même pour des faits commis à l’étranger, lorsque qu’il s’agit d’infrac3ons
qui portent aux intérêts et à l’intégrité de la France (ex : falsifica3on de l’ancien francs à l’étranger ;
contrefaçon, trahison, espionnage).

v C. La compétence universelle
Ar3cle 689 et s du CPP.

Elle suppose que la France peut juger un étranger, ayant commis une infrac3on à l’étranger, au
préjudice de vic3me étrangère et sans porter aZeinte à l’intérêt de la France àAucun lien de
ra@achement à la France.

35
La seule condi3on est que l’individu est arrêté sur le sol français. Son infrac3on doit également
porter aZeinte au droit interna3onal voire à l’humanité (crimes contre l’humanité, génocide etc…). Il
faut pouvoir poursuivre l’individu où qu’il soit.

Les cas de compétences universelles sont /=/ des compétences interna.onales : la compétence
universelle n’est pas équivalente à la compétence d’une juridic3on interna3onale (juge un crime
contre l’humanité= droit pénal interna3onal).

Þ La CPI a compétence pour juger les crimes qui portent aZeinte à l’ensemble des
communautés interna.onales. C’est une juridic3on interna3onale. Elles sont ponctuelles, et
ce sont des juges d’autres états qui jugent un auteur. (Ex : procès Nuremberg).

On retrouve aussi des condi.ons énumérées dans l’ar3cle 689 et s :

• Réciprocité d’incrimina.on : Arrêt de la chambre criminelle de 2021 : un ressor3ssant


syrien a commis des crimes contre l’humanité en dehors du territoire française au
préjudice de vic3mes étrangères. On mobilise donc la compétence universelle. Or la Syrie
ne réprime pas les crimes contre l’humanité, donc pas de condi3on de double
incrimina3on. La Cour de cassa3on répond : certes la Syrie ne réprime pas cela, mais
réprime les meurtres, les tortures, donc on peut le poursuivre.

Le principe est bien le sol français et les autres compétences des excepDons : si un étranger à
commis un acte en France, mais au préjudice de français, on applique bien le fait que ce soit dans
le territoire et non la compétence personnelle.

PARTIE 2 : L’INFRACTION PÉNALE

Chapitre 1 : Les classifications des infractions


Sec.on 1 : La classifica.on des infrac.ons selon leur gravité

CeZe classifica3on est retrouvée dans Ar3cle 111-1 du CP : dis3ngue les crimes, les délits et les
contraven3ons.

§1 : Le critère de la classifica)on tripar)te des infrac)ons


Les crimes et délits sont dans la loi, alors que contraven.on dans règlement (ar.cle R)

On dis3ngue crimes et délits en fonc3on de la peine encourues :

• Les délits font encourir la peine d’emprisonnement (éventuellement amende)

Si une infrac3on n’est punie que d’une amende de + de 3750€ d’amende, elle reste un délit. Un crime ne
peut pas être puni uniquement d’une amende. Les contraven3ons, elles, ne font recourir que des
amendes inférieures à 3750€.

• Les crimes font recourir la réclusion/déten.on criminelle (aZen3on /=/ déten3on


provisoire).

36
àOn se réfère au texte de pénalité.

AGen3on le jeu des circonstances aggravantes peut faire changer la nature de l’infrac3on.

Exemple : les violences volontaires :

• Si elles ont n’ont pas conduit à une ITT (incapacité de travail), ou un ITT inférieur à 8 jours :
c’est une contraven3on.
• Si elles ont conduit à une ITT de plus de 8 jours, il s’agit d’un délit.
• Si elles ont n’ont pas conduit à une ITT, ou inférieur à 8 jours mais sur le conjoint, il s’agit d’un
délit.
• Si celle-ci a entraîné la mort, il s’agit d’un crime.

Autre Ex : vol avec circonstance aggravante soit avec un port d’arme, 20 ans de réclusions criminelles.

§2 : Les intérêts de la classifica)on tripar)te des infrac)ons


Elle a des conséquences à la fois en droit de fond, mais aussi en procédure pénale. Elle a aussi des
incidences en ma.ère cons.tu.onnelle.

On retrouve aussi des conséquences :

En procédure En droit de fond

La nature de l’infrac3on a une incidence sur le Les règles de tenta3ves et de complicité ne sont
délai de prescrip.on. pas les mêmes selon la nature de l’infrac3on.

En ma.ère d’instruc.on, elle n’est obligatoire Pour la tenta.ve :


qu’en ma3ère criminelle ou pour des délits
• La tenta3ve des crimes est toujours
complexes.
punissable
Þ Le juge d’instruc3on traite l’affaire pour la • La tenta3ve des délits l’est que si la loi le
rendre en l’état d’être jugée. prévoit
• Les contraven3ons ne sont jamais
En ma.ère délictuelle, c’est uniquement le
punissables).
procureur qui va être mobilisé = parquet)
Pour la complicité :

- Tjrs punissable pour les crimes et délits


• Punissable qu’en cas de provoca3on ou
ins3ga3on en ma3ère contraven3onnelle.

Sec.on 2 : La classifica.on des infrac.ons selon leur nature.

On pourrait classifier selon différentes manières :

• En fonc3on du nombre d’acte commis nécessaires pour caractériser l’infrac3on


• Selon la durée de l’acte qui caractérise l’infrac3on

On peut aussi dis3nguer, les infrac3ons :

37
• D’omission//commission.
• Matérielle (ex : meurtre) // formelle (ex : empoisonnement).
• Instantanées // con.nues.
• Dérogatoires au droit commun // celle de droit commun

Cela signifie que ce sont des infrac3ons pour lesquels on va avoir des régimes juridiques dis3ncts du
fait de la nature même de l’infrac3on.

Pour le législateur, il existe que 2 infrac.ons de droit dérogatoire : poli.que et militaire (=infrac3ons
classifiées dérogatoires par la loi).

Pour la doctrine, dès lors que le régime juridique est dis.nct alors ce sont des infrac3ons
dérogatoires, même si la loi ne le précise pas. Apparaissent donc d’autres infrac3ons dérogatoires
(ex : terrorisme, crime organisé, presse).

1§ les régimes dérogatoires selon le législateur


2 types selon lui : infrac3ons poli.ques et militaires.

v A. Les infrac4ons poli4ques


La loi ne délimite pas explicitement le champ des infrac3ons poli3ques (pas de listes).

Il y a cependant des critères :

• Critère de la peine encourue.

En droit commun on parle de réclusion criminelle. Ici, dès lors que l’on parle de déten;on criminelle,
c’est qu’il y a une infrac;on poli;que (=crime poli3que).

Différence entre réclusion criminelle et déten2on criminelle ?

La réclusion criminelle est une peine qui s'applique aux crimes de droit commun, c'est-à-dire les crimes
qui sont jugés par les juridic3ons ordinaires. Ces crimes concernent des infrac3ons graves commises
contre des personnes ou des biens. La réclusion criminelle est donc applicable pour des infrac3ons telles
que : meurtre, assassinat, viol, vol avec violence, trafic de stupéfiants, etc…

La déten2on criminelle, est une peine priva3ve de liberté, mais elle est spécifiquement réservée aux
crimes d'ordre poli2que (=infrac2on poli2que). CeGe peine concerne notamment les crimes qui portent
aGeinte à la sûreté de l'État, comme la trahison, l'espionnage ou le complot contre l'autorité de l'État.
(Bien qu'elle foncDonne de manière idenDque à la réclusion criminelle)

• Existence d’une juridic.on spéciale.

Mais ces deux critères ne sont pas suffisants et la JP a précisé la défini3on d’une infrac3on poli3que
comme portant a@einte à l’existence ou à l’organisa.on de l’État.

Une infrac3on peut aussi être poli3que si elle a été mo3vée par un mobil poli;que.

JP dis3ngue : mobil poli3que /=/ mobil terroriste

On retrouve des infrac3ons de natures poli3ques aux ar3cles 410-1 et s.

Conséquence : Il est important de déterminer le régime juridique puisqu’elles conduisent à des


déroga3ons tant en droit de fond qu’en droit de procédure pénale :

38
En par.culier en droit pénal de fond, l’infrac3on poli3que a une incidence sur le nom et la peine
priva3ve criminelle, mais surtout la qualifica3on aura une incidence en termes de sursis et de
récidive.

En ma.ère de procédure, en principe, ces infrac3ons sont soumises aux juridic3ons de droit commun
(sauf règle de compétence spécifique). Pour autant, certaines règles de procédure ne sont pas
applicables. Exemple :

· Pas de recours aux procédures accélérés de jugement comme la comparu3on immédiate. Il


n’y a pas non plus d’extradi3on.

L’extradi5on est une procédure par laquelle un État remet une personne recherchée ou condamnée par un
autre État à ce dernier, afin qu’elle soit jugée ou qu’elle purge sa peine.

Le cas de la CJR :

La Cour de Jus3ce de la République est spécialisée car elle a pour compétence de juger les membres
du gouvernement pour les infrac3ons de droit communs, commises pendant leur fonc3on. Elle juge
les hommes poli.ques mais pas les infrac.ons poli.ques.

Ce sont les ar3cles 68-1 et 68-2 Cons3tu3on qui précise sa compétence et sa composi;on :

§ Elle est composée de magistrats professionnels de la Cour de cassa3on (3 : minoritaires) et de


parlementaires (majoritaires : 12). Les hommes poli3ques sont donc jugés par leurs pairs.

Or ceZe juridic3on est très décriée puisqu’on es3me que c’est une juridic3on d’excep3on, on crée des
régimes spécifiques pour les hommes poli3ques. On envisage de la supprimer pour qu’ils soient jugés
par les juridic3ons ordinaires plutôt que par leurs pairs. Elle est de plus très cri3quée car en majorité
les peines sont très légères voire inexistante et ne donne pas toujours lieu à condamna3on.

Sa saisine peut être faite par n’importe quel citoyen et pour éviter qu’il y en ait trop (ex : pendant
covid), une commission étudie les requêtes et les filtre.

Exemple d’Affaire devant la CJR : Laurent Fabius (affaire du sang contaminé), Dupont More€,
Chris3ne Lagarde…

v B. Les infrac4ons militaires


Il existe tout un droit par3culier applicable aux militaires et en par3culier à la discipline militaire. Il y
a des exigences par3culières uniquement pour eux. Exemple : déser3on est une infrac3on militaire.

On trouve ces infrac3ons dans le code de la jus3ce militaire aux ar3cles L 321-1 et s (et non dans le
CP). Ce droit peut s’appliquer également au civil mais uniquement en temps de guerre.

Ces infrac3ons donnent lieu à un régime par.culier : on retrouve des règles communes aux
infrac3ons poli3ques (cf sursis, récidive, extradi3on). Mais il existe des sanc3ons qui n’existent que
dans ce cadre comme la perte de grade militaire.

Exemples d’infrac.ons militaires : Déser3on ; insoumission ; usurpa3on d’uniforme : outrage au


drapeau/armée

Ces infrac3ons sont plus simples à iden3fier :

• Elles sont dans le CJM


• Elles sont commises uniquement par les militaires dans l’exercice de leur fonc3on.

39
Si cela porte a@einte à l’Armée, alors c’est une infrac.on militaire.

Cependant, les infrac3ons de droit commun commises par les militaires relèvent du droit commun.

Il existe un cas par3culier : infrac;on de droit commun qui porte a@einte à l’armée (=indigne de sa
fonc3on) : exemple un militaire hors de son service qui profite de son uniforme pour voler un
habitant.

2§ les régimes dérogatoires selon la doctrine


v A. Les infrac4ons terroristes
La no3on de terrorisme est entrée dans le code pénal qu’en 1986.

Mobil terroriste : vouloir tuer oui mais but aussi de vouloir semer la terreur à l’ensemble de la
popula3on

En plus d’avoir définit le terrorisme, un régime par3culier est créé avec 2 caractéris;ques :

Une sévérité accrue (quasiment les infrac3ons les plus graves, juste avant le crime contre
l’humanité), donc une peine très sévère.

Pour luZer contre, on a besoin de pouvoirs de contraintes plus importants : en ma3ère de terroriste,
les moyens sont beaucoup plus grands (perquisi3on, garde à vue etc…).

• C’est aussi le cas des pouvoirs d’enquêtes : étant donné qu’ils portent aZeinte aux libertés
fondamentales, ils sont ini3alement strictement encadrés. Ici on prévoit plus de pouvoirs et
avec des condi3ons d’encadrement plus souples (ex : 6 jours de garde à vue)

Les pouvoirs d’enquête désignent les moyens légaux dont disposent les autorités judiciaires et les forces
de l’ordre pour rechercher, constater et prouver la commission d’infrac2ons. Ils sont encadrés par
le Code de procédure pénale et visent à respecter les droits des individus tout en permeGant une
efficacité dans la luGe contre la délinquance et la criminalité.

Depuis 1986, la règlementa3on s’est développée et les normes se sont mul3pliées. A chaque aZentat
en France, des lois ont été créées car on es3mait que notre droit n’était pas assez efficace : on appelle
cela les lois réac.ves (ex : loi de 2016 après bataclan).

Qu’est-ce qu’une infrac.on terroriste ?

Ar3cle 421-1 : liste des infrac.ons ordinaires (de droit commun) mais commises avec un mobil
terroriste.

Infrac.on terroriste : infrac3on inten3onnellement commise en rela3on avec une entreprise


individuelle ou collec3ve, ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’in.mida.on ou
par la terreur.

On regarde donc s’il y a une sorte de stratégie existante ainsi qu’une idéologie par3culière. Les
infrac3ons terroristes supposent donc un dol spécial (=une inten3on par3culière).

Ar3cle 421-2 et s : infrac.ons terroristes autonomes (existent qu’en ma3ère terroriste, pas
d’équivalent en droit commun). Exemple : terrorisme écologique ; prépara3on individuelle d’actes
terrorisme ; associa3on de malfaiteurs à visée terroriste ; provoca3on/apologie du terrorisme

On va donc mobiliser un droit ultra dérogatoire :

40
Compétence de juridic.ons spéciales (exemple : composi3on spéciale pour les aZentats du
bataclan). On exclut les jurys populaires, seuls les magistrats professionnels sont compétents. Les
infrac3ons terroristes les moins graves restent dans les juridic3ons locales, mais la majorité sont
transmises à la compétence des juridic.ons parisiennes.

Il y a aussi un parquet spécialisé (parquet an3-terroriste)

Il y a également une compétence spécialisée en ma.ère des peines (JAPAT : juge applica3on des
peines an3-terroriste).

En ma3ère de pouvoir d’enquête, il est très étendu : celui droit commun mais avec des condi3ons plus
souples (ex : garde à vue 6 jours, perquisi3on nocturne)

Il y a de plus un droit de peine dérogatoire : pas de réduc3on de peines, d’aménagements de peines,


libéra3on condi3onnelle etc…

v B. Les infrac4ons de délinquances et criminalité organisée.


Le régime de la criminalité organisée découle de la loi Perben II du 9 mars 2004. On retrouve ce
régime dans l’ar3cle 450-1 du CPP.

La loi a permis d'étendre la défini3on de la criminalité organisée et de faciliter la répression des


infrac3ons connexes, en introduisant des peines plus sévères et des disposi3fs d'enquête spécifiques.

Il y a une liste limita;ve d’infrac;ons qui conduit à ce qui relève de la criminalité organisée ou non :

• On y retrouve des infrac3ons atypiques comme : détournement aéronefs/navires, armes


produits explosifs.
• Mais il existe aussi des infrac3ons (crimes ou délits) communes commises en BA. Ex : si le
meurtre est commis en bande organisée alors il devient une infrac3on de criminalité
organise. Pour les délits organisés : blanchiment, proxéné3sme, extorsion (=racket) en
bande organisée.

Bande organisée : Ar3cle 132-71 : « cons3tue une bande organisée au sens de la loi tout groupement
formé ou toute entente établie en vue de la prépara3on, caractérisée par un ou plusieurs faits
matériels, d'une ou de plusieurs infrac3ons ».

Ne pas confondre BO et réunion (=sans organisa3on structurée).

La JP précise qu’il faut une organisa.on structurée (au moins 2 personnes), mais aussi une
prémédita.on (=dessin formé avant de commeZre l’infrac3on). Quand des infrac3ons sont commises
en BO, alors elles obéissent à ce régime.

On dis3ngue les infrac.ons en BO à l’associa.on de malfaiteurs :

• Associa3on de malfaiteurs : fait de se regrouper pour commeZre une infrac3on (mais pas
encore exécutée). Si passage à l’acte alors elle devient une BO.

Les infrac3ons de délinquances et de BA font l’objet d’un régime par;culier :

• Compétence juridic3onnelle par3culières (étendue aux ressorts de plusieurs CA).


• Comme les infrac3ons terroristes, on peut recourir à des pouvoirs d’enquêtes spéciaux
(écoutes téléphoniques, sonorisa3ons, infiltra3ons…).

41
• Il existe aussi un statut spécial : statut des repen3s (par3cipant du Groupement organisé à
informer les forces de l’ordres avant le passage à l’acte, ou à dénoncer les autres après l’actes
= pas de peine ou peine moindre). Ils auront également une protec3on spéciale.

v C. Les infrac4ons de presses


Définies par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Infrac3ons de presses : ar3cle 23 à 41-1 CP. Exemple : diffama3on, injure, néga3onnisme, outrage au
président, apologie.

Ces infrac.ons ne sont commises que par voie de presse et tournés vers le public.

Elles donnent lieu à un régime dérogatoire. Or, contrairement aux deux précédents, elles sont plutôt
tournées vers la clémence et la rapidité :

• Prescrip3on abrégée : ac3on publique menée sous un délai de 3 mois pour un délit de
presse.
• Plainte de la vic3me nécessaire pour poursuivre.
• Pas de récidive
• Régime de responsabilité en cascade. (Ex : si un journaliste publie dans son journal une
diffama3on, le premier responsable est le directeur du journal). (/=/ principe de
responsabilité personnelle).

Chapitre 2 : les éléments constitutifs des


infractions
En droit pénal, la simple pensée pénale n’est pas incriminée.

On recourt au cheminement criminel (=itercriminis) :

Un passage à l’acte cons3tut plusieurs étapes :

• La pensée criminelles/idée : or non incriminée car dans la majorité elle ne donne pas lieu au
passage à l’acte. (=je pense à tuer mon mari, mais je ne le fais pas)
• La résolu.on : prendre la décision de commeZre l’infrac3on (=je vais le faire)
• Les actes préparatoires : on prépare l’infrac3on (=j’achète le matériel pour empoisonner)
• Le commencement d’exécu.on (=je mets le poison dans la soupe)
• La tenta.ve (=il n’a finalement pas bu la soupe)
• La consomma.on de l’infrac.on (=il l’a bu et est mort)

42
En principe, en droit pénal, on incrimine l’infrac.on consommée. On peut aussi poursuivre la
tenta.ve mais dans des condi3ons/cadre prévues par la loi. Par excep.on, on peut incriminer les
actes préparatoires (ex : associa3on de malfaiteurs).

Pour qu’une infrac3on soit consommée il faut ces 3 éléments cons.tu.fs de l’infrac.on : élément
matériel, élément légal et élément moral.

Sec.on 1 : l’élément légal

C’est un préalable indispensable à toute interven3on du droit pénal car il découle du principe de
légalité. à C’est le fait qu’il existe un texte d’incrimina3on pour l’infrac3on concernée.

L’élément légal suppose donc que l’on vise un texte d’incrimina.on.

Mais parfois, il est difficile de trouver le bon texte d’incrimina3onà difficulté de qualifica.on.
Exemples :

• Si je prends ma baZe baseball et tue quelqu’un : poursuites pour violence/violences


volontaires ayant entraîné la mort/meurtre/homicide involontaire ? On va donc analyser les
faits pour savoir quelle qualifica3on retenir (l’endroit où la personne a frappé, combien de
fois etc…).
• Si je vole un tableau et que je le garde, la JP précise que c’est un vol + un recèle.

Cependant, un acte peut être suscep3ble d’une pluralité de qualifica.on (=un acte suscep3ble de
plusieurs qualifica3on). On la dis3ngue de la pluralité d’infrac.ons (2 actes)

La pra3que du cumul des peines n’est pas adoptée en France /=/USA.

1§ la pluralité de qualifica)on
v A. L’existence d’un conflit idéal de qualifica4on
On parle d’un conflit idéal de qualifica3on (CIC).

Conflit de qualifica.on pénale : lorsqu’un fait unique, ou plusieurs faits matériels liés les uns aux
autres, sont suscep3bles de meZre en jeu plusieurs qualifica3ons différentes.

Par exemple, si je 3re sur une personne en la laissant mourir sans lui porter assistance, ce sont deux
actes dis3ncts que l’on va relier pour retenir une seule qualifica3on, ou alors viol sur la place
publique.

Il y a deux hypothèses de conflits de qualifica3ons :

• 1 fait qui est suscep3ble de plusieurs qualifica3ons


• 2 faits matériels successifs indissociablement liés : le deuxième découle du premier (ex : du
recèle et du vol ; cambriolage = vol + effrac3on)

Faut-il retenir une seule qualifica.on ou plusieurs ?

Pour le savoir, il faut se rapporter aux solu3ons de la JP.

v B. Les solu4ons du conflit de qualifica4on

43
Parfois le conflit n’est qu’apparent que parce que les qualifica3ons sont incompa;bles (ex de tuer
sans porter assistance : il faut faire preuve de bon sens, si on veut tuer, alors on ne porte pas
assistance) ou alterna;ves.

Þ On re.ent l’hypothèse/la qualifica.on appropriée par rapports aux faits.

Exemple : je commets un vol avec violence, je re3ens vol et violences volontaires ou vol aggravé avec
violences volontaires ? Le vol aggravé avec violences volontaires car une seule qualifica3on qui
correspond aux faits et permet de réunir les deux.

Mais il y a des situa3ons plus complexes dans lesquelles un seul et même fait permet de retenir deux
qualifica;ons ni incompa;bles ni alterna;ves. à Hypothèse de conflit de qualifica.on

La JP a dégagé un principe de non-cumul des qualifica3ons, mais aussi des excep.ons où plusieurs
qualifica3ons seront a>ribuées à un même fait.

Mais la JP a évolué (depuis environ 2010), re3ens des solu3ons différentes qui vont remeZre en
cause la force de ce principe.

1. Le principe

La Cour de cassa3on a très rapidement jugé qu’un même fait ne pouvait donner lieu à plusieurs
déclara3ons de culpabilité sous plusieurs qualifica3ons pénales différentes.

CeZe solu3on de principe est dégagée sur le fondement du principe de non bis in idem (=ne pas être
jugée 2 fois pour le même fait). Retenir deux qualifica3ons revient à retenir 2 condamna3ons pour un
fait.

Un acte = donc une qualifica.on

Comment choisir la qualifica.on ? ce sera soit :

La plus haute expression pénale : infrac3on faisant encourir les peines les plus élevées.

L’infrac.on/qualifica.on spéciale : si une infrac3on pénale spécialement prévue pour ceZe


hypothèse, elle sera retenue même si la peine est moindre (exemple : homicide involontaire avec
véhicule de transport rou3er). C’est la règle qui est issue du la3n « le droit spécial déroge au droit
général »

L’infrac.on fin : s’il y a une qualifica3on qui est le moyen de commeZre une infrac3on, on ne
re3ent que la finalité. (Exemple : dérober des armes pour un braquage, la finalité est le braquage
donc on re3ent le vol avec usage d’armes.)

On re.ent donc une seule qualifica.on, pour la choisir on regarde la plus élevée ou celle qui
englobe le plus de faits.

2. Les excep.ons

Il y a un seul acte, mais on re3endra plusieurs qualifica3ons.

2 hypothèses :

S’il y a une pluralité des vic.mes. Exemple : en cas d’accident de la circula3on après avoir grillé un
feu. Une vic3me a subi des blessures de + de 3 mois et l’autre de – de 3 mois. On sera poursuivi pour
blessures involontaires supérieures à 3 mois et inférieures à 3 mois.

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S’il y a pluralité de valeurs sociales protégées. JP découlant de l’affaire Ben Haddadi (1960) :

· 2 individus ont jeté une grenade dans un café qui avait au-dessus un immeuble avec des
habita3ons. On les poursuit pour tenta3ve d’homicide mais aussi pour la destruc3on
volontaire d’un édifice habité ?
· Or ici, ils ont deux objec3fs différents (détruire les habita3ons + le café). Ces 2 incrimina3ons
protègent deux valeurs sociales différentes : le droit à la vie et la protec3on du patrimoine.

La jp considère que si un acte est suscep.ble de 2 qualifica.ons pénales qui protègent des
valeurs différentes, alors on applique les deux.

Mais la JP a récemment évolué et a flouté ces solu.ons tradi.onnelles.

3. Les évolu.ons jurispruden.elles récentes

La Cour de cassa3on est revenue dans un Arrêt du 15 décembre 2021 sur les solu3ons classiques :
certains auteurs parlent d’infléchissement et d’autres de revirement. Elle a donc aZénué les
solu3ons tradi3onnelles.

Þ En effet, parfois le principe de « 1 acte = 1 qualifica3on » ne permeZait pas de donner toute


son ampleur aux faits. Ainsi les droits d’ac.ons des poten3elles vic.mes étaient limitées.

Arrêt : Un prévenu est poursuivi pour faux (=faire de la contrefaçon/ des faux papiers), usage de faux
(=celui qui u3lise le document contrefait) et escroquerie.

Þ Ici pas de conflit de qualifica.on car faux et usage de faux sont 2 actes différents.
Þ Mais l’escroquerie suppose elle l’u3lisa3on de manœuvres frauduleuses (ar3cle 313-1) pour
conduire à une somme d’argent. Il n’y a pas d’escroquerie sans manœuvres.

Or, l’usage de faux peut être considéré comme étant une manœuvre de l’escroquerie (ex : se faire
passer pour une notaire avec un faux testament en demandant la res3tu3on de l’argent d’un
héri3er).

Avant 2021 : La JP considère que l’usage du faux est un moyen pour accéder à la finalité : on retenait
que le faux et l’escroquerie (sans l’usage). Mais avec ceZe décision, la Cour de cassa3on a opéré à un
infléchissement : elle a retenu les trois infrac3ons et a condamné le prévenu pour faux, usage de faux
et escroquerie.

Désormais, le principe est le cumul des qualifica.ons, et plus le non-cumul des qualifica3ons.

On ressort de ceZe solu3on 3 hypothèses (=les excep3ons) dans lesquels on reste dans le non-cumul
de qualifica.on (=ancien principe) :

• Les qualifica.ons incompa.ble/contradictoires (qui s'opposent/s’excluent l'une et l'autre).


Ex : meurtre et l’omission de porter secours ; le vol et le recel. àUnicité de qualifica.on
• Une qualifica3on est un élément cons.tu.f ou une circonstance aggravante de l’autre. Ex :
vol avec violence = circonstance aggravante donc on re3ent vol aggravé. On parle aussi de
qualifica3ons superposées : lorsqu'elles se superposent, une est cons3tu3ve et l'autre
l'aggrave. àUnicité de qualifica.on.
• Une qualifica3on est une modalité par3culière de l’ac3on réprimée par l’autre. Lorsqu’il y a
des qualifica3ons spéciales et générales : le spécial déroge au général. Ex : vol d’énergie ;
empoisonnement : réprime l’inten3on de tuer (=meurtre) avec une substance mor3fère) à
Unicité de qualifica.on

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Ces solu3ons paraissent simples mais en réalité conduisent à une apprécia3on différente de celle qui
était appliquée avant 2021 par la Cour.

La manière dont la Cour de cassa.on les applique cons.tut la vraie différence avec avant 2021.

Décision 16 mars 2022 : la Cour de cassa3on re3ent désormais le cumul de qualifica3on entre
l’associa.on de malfaiteurs et la circonstance aggravante de BO pour l’infrac3on réalisée.

Je m’organise avec mon groupe habituel de cambrioleurs pour braquer une banque :

• On s’organise pour le braquage (=actes préparatoires), et qu’on est arrêtés à ce moment : je


ne peux pas être poursuivit pour vol mais pour associa3on de malfaiteurs.
• La JP retenait qu’à par3r du moment où je rentre dans la banque, je suis poursuivi pour vol à
mains armés en bande organisée (=circonstance aggravante) et l’associa3on de malfaiteurs
n’était pas retenue. Mais la JP re;ent depuis 2022 les 2 qualifica;ons.

Ce@e nouvelle JP limite fortement l’applica.on du principe et re.ent le cumul de qualifica.ons.

(Voir ar3cle de doctrine Xavier pin arche).

Pour la Cour de cassa3on, l’AF et la BO ne se regroupent pas, dès lors le cumul est possible. On peut être
condamné pour une infrac3on commise en BO sans avoir par3cipé à la BO, dès lors qu’on a par3cipé à l’AF.
En revanche on ne peut pas être condamné pour l’infrac3on d’AF si on n’y a pas par3cipé.

Pourquoi ? A quoi le cumul sert ? En effet, cela ne change rien pour la peine car retenir plusieurs
qualifica3on permet de trancher comme un concours réel et donc à choisir la peine la plus sévère,
mais elle sert à meZre 2 men3ons dans le casier judiciaire et donc d’être plus sévère si récidive.

Certains se demandent si législateur ne devrait pas intervenir pour clarifier la JP, au lieu de créer des
lois qui ne servent à rien et qui incrimine de plus en plus d’actes…

2§ La pluralité d’infrac)ons :
A ne pas confondre :
· Conflit de qualifica;on = 1 acte et plusieurs qualifica3ons : Quelle qualifica3on on re3ent ?
· Concours réel = plusieurs actes : Quelle peine on re3ent/Quelle peine encourue ?

Je commets un vol à Nancy, puis Épinal, puis Dijon. Les trois infrac3ons sont des vols, mais il y a bien
trois actes. Dans le concours réel, on se demande si je fais 3 ans + 3 ans + 3 ans de prison et 3 x 45
000€ d’amende ?

v A. Le cadre du concours réel d’infrac4ons


Concours d’infrac.ons : sa défini3on se trouve à l’ar3cle 132-2 : « Il y a concours d'infrac3ons
lorsqu'une infrac3on est commise par une personne avant que celle-ci ait été défini3vement
condamnée pour une autre infrac3on ». àAutrement dit quand il y a 2 infrac3ons dis3nctes et
successives, non séparées par une condamna3on défini3ve.

Il faut cependant dis.nguer


concours et récidive :

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Les règles de la récidive sont fixées aux ar3cles 132-8 et s (non vu au S1).

v B. Les solu4ons du concours réel d’infrac4on


1. Le principe de non-cumul des peines de mêmes natures :

Ar3cle 132-2 CP : principe de non-cumul des peines de même nature.

Principe : Toutes les qualifica3ons sont retenues. On re3ent toutes les peines mais dans la limite du
maximum légal encouru pour chaque nature de peine.

Þ On ne pourra donc pas aller au-delà de la plus haute peine de priva.ve de liberté, ni de la
plus haute peine d’amende.

Exemples :

- Je commets un vol donc 3 ans + 45000€ et une escroquerie donc 5 ans + 395 000€. Je suis
poursuivie pour les 2 qualifica3ons, et j’encours 5 ans et 395 000€.
- Je commets un meurtre soit 30 ans de RC, puis je commets un recel soit 5 ans E et 375 000€.
On me poursuit pour meurtre et recel et j’encours 30 ans et 375000 € d’amende.
- Je commets une infrac3on de 15 ans de RC + 100 000 € et une deuxième de 3 ans de E et 375
000 €. Alors j’encours 15 ans et 375000 €.

On peut donc cumuler les peines de natures différentes mais pas celles de même nature. On considère
que la peine prononcée pour ces deux infrac3ons en concours est réputée commune. (=on ne dit pas
à quelle peine appar3ent quelle infrac3on : exemple si j’encours 15 ans et 37500 € le juge ne précise
pas d’où sort le 15 ans (de quelle infrac3on) ni le 375000 €).

2. L’excep.on : le cumul des peines d’amendes contraven.onnelles

Excep.on : Les peines d’amendes contraven.onnelles se cumulent entre elles, mais aussi avec les
amendes prononcées pour crime ou délits.

Exemples :

· Je commets deux infrac3ons contraven3onnelles soit je grille deux feux rouges, alors je paye
deux amendes.
· Je commets un meurtre simple : 30 ans de réclusion criminelle. + Je fais un recel : 5 ans + 375
000€ d’amende. On me poursuit pour meurtre et recel. A ça, on rajoute une amende
contraven3onnelle de 5ème classe : 1500€. Ainsi, la peine encourue est 30 ans + 376 500€
d’amende.

Ils existent d’autres excep.ons prévues par la loi :

• Exemple : refuser de se soumeZre à un prélèvement ADN car on nous suspecte d’avoir bu un


verre d’eau dans l’appartement du cambriolage, est une infrac3on. Ici on risque la peine
encourue pour le refus (1 an E + 15k amende), mais aussi pour le vol (3 ans E + 45k
amende)à Peines d’emprisonnements et d’amendes se cumulent

Sec.on 2 : L’élément matériel

L’infrac3on suppose la réalisa3on de l’acte matériel, décrit dans le texte d’incrimina3on. C’est la
manifesta;on de l’inten;on par l’élément extérieur.

La répression ne suppose pas toujours un résultat (hypothèse de la tenta3ve).

47
1§ Le comportement
Il peut être de différentes natures. Généralement, c’est un acte de commission (=on nous reproche
d’avoir fait quelque chose), mais cela peut aussi être un acte d’omission (= de ne pas avoir fait
quelque chose).

On peut ainsi reprocher un seul ou plusieurs actes.

Enfin, parfois l’acte matériel perdure dans le temps, et d’autres fois il intervient à un moment donné.

v A. La nature du comportement
On dis.ngue infrac.on de commission et d’omission :

• Commission : suppose la réalisa3on d’un acte posi3f. On reproche à la personne d’avoir agi.

Exemple : vol, on reproche d’avoir dérober/ d’avoir soustraire ; violence on reproche d’avoir frappée.

• Omission : on reproche l’absten3on, soit le fait que la personne n’ait pas agit.

Exemple : non-assistance de la personne en péril (et non en danger car trop léger : exemple = fumer =
se me>re en danger) ; non représenta3on d’enfants ; non dénoncia3on de crimes ou délits ; abandon
de famille (=ne pas payer les pensions alimentaires)

Lorsque que le texte vise une ac3on/un acte de commission, même si on arrive au même
résultat par omission, cela ne caractérisera pas l’infrac3on àPrincipe interpréta.on stricte
loi pénale (=cf Affaire Poi.ers où malgré l’état de la vic3me qui aurait été semblable à si elle
avait éprouvé des violences volontaires, on était bien dans de la négligence).

Parfois le texte n’est pas exclusif : la loi va dire que le fait est caractérisé lorsqu’on est parvenu au
même résultat (=à une ac3on) sans agir à la loi assimile l’absten.on à l’acte posi.f.

Seule la loi peut en décider, et non le juge.

Exemple : les infrac3ons d’imprudence. Elles peuvent être caractérisées par une absten3on ou un
acte posi3f (avoir grillé un feu rouge, le fait de s’être abstenu de s’arrêter nous assimile à l’acte posi3f
de griller le feu).

v B. Le nombre de comportement
Une infrac3on peut nécessiter un seul ou plusieurs actes :

• Infrac3ons simples : 1 seul acte matériel. Ex : vol : acte de soustrac3on ; l’omission de porter
secours.
• Infrac3ons complexes : Plusieurs (=minimum 2) actes dis.ncts.

Il faut retenir tous ces actes pour cons3tuer l’infrac3on. Ex : l’escroquerie, 313-1 : suppose l’u3lisa3on
de manœuvres frauduleuses + qu’elles aient conduit à une remise, pour caractériser la tromperie soit
l’escroquerie.

L’infrac3on n’est pas consommée tant que tous les actes ne sont pas réunis. On verra ensuite que s’il
n’y a pas tous les actes, on peut-être dans la tenta3ve.

• Infrac3ons d’habitude : Plusieurs actes iden.ques.

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Il faut retenir tous ces actes pour cons3tuer l’infrac3on. Ex : exercice illégal de la médecine, au moins
l’avoir exercé 2 fois pour que l’infrac3on soit cons3tuée.

v C. La durée du comportement
Le comportement peut être immédiat ou se prolonger dans le temps (=instantanées ou con3nue) :

Instantanée : le comportement va se réalisée en un trait de temps. Ex : le vol, à par3r du moment où


on a dérobé, l’infrac3on est cons3tuée/consommée ; meurtre, dès lors que la personne décède ;
l’escroquerie (complexe mais instantanée), dès lors qu’il y a remise.

Con.nue : l’acte matériel perdure, se prolonge dans le temps. La consomma3on de l’infrac3on va


subsister aussi longtemps que l’auteur de l’infrac3on en a l’inten3on. Ex : le recèle = détenir un
bien/valeur, tant qu’on garde le bien, alors l’infrac3on perdure ; la séquestra3on ; non représenta3on
d’enfants ; déten3on d’armes prohibées.

L’intérêt va être au niveau de la prescrip.on : le point de départ est le jour où l’infrac3on a été
commise (vu au S2) :

Þ Pour l’infrac3on instantanée, cela ne pas de problème


Þ Pour la con;nue, on considère que le point de départ se renouvèle tous les jours tant que
l’infrac3on perdure. Cela retarde la prescrip3on.

Exemples :

• Instantané : je commets un vol le 9 juin, alors la prescrip3on commence à ceZe date. On


compte 6 ans à par3r de juin.
• Con.nue : je commets le vol le 9 juin, je le garde jusqu’en octobre (=recèle), alors le point de
départ de la prescrip3on sera en octobre. On compte 6 ans à par3r d’octobre.

2§ Le résultat
Généralement l’acte va causer un résultat, qui cause un préjudice à la vic.me, que la loi cherche à
réprimer. Ex : pour le meurtre, cause la mort de la vic3me, la loi cherche à réprimer l’a>einte à la vie.

Cependant, parfois, la loi est indifférente à la survenue concrète du résultat : elle incrimine l’acte lui-
même quand bien même il n’y a pas eu de résultat. Ex : l’empoisonnement ne suppose pas la mort de
la vic3me, on risque la même peine que si la personne été morte.

Þ Cela concerne la dis3nc3on entre les infrac3ons matérielles (=se consomme par le résultat)
et formelles (=se consomme indépendamment du résultat).

L’infrac3on est dite consommée quand elle est pleinement réalisée dans toutes ses composantes.
Mais la loi peut parfois réprimer même si l’infrac3on n’a pas été consommée à son terme : c’est la
tenta.ve.

v A. L’infrac4on consommée
L’infrac3on est consommée quand elle est pleinement réalisée dans toutes ses composantes.

Parfois le résultat intègre le texte d’incrimina3on et d’autres fois pas :

• Matérielle : Exemple : le meurtre est une infrac3on matérielle : le résultat qui est la mort est
visé dans le texte d’incrimina3on (225-1 : « donner la mort volontairement à autrui).

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• Formelle : Exemple : empoisonnement, le texte ne vise pas la mort mais vise le fait de faire
usage de substances mor3fères.

1. L’infrac.on matérielle
L’infrac3on matérielle est celle qui se consomme par la réalisa.on du résultat décrit par le texte.
Cad que le résultat fait par3e intégrante des éléments cons3tu3fs de l’infrac3on. Si le résultat ne
survient pas alors on ne sera pas dans le cas d’une infrac3on consommée mais dans le cas d’une
tenta.ve.

4. L’infrac.on formelle

Les infrac3ons formelles sont celles qui se consomment juridiquement indépendamment du


résultat. Ce sont celles qui se consomment par la réalisa3on du comportement seul.

C’est une sorte de tenta3ve mais considérée comme une infrac3on consommée. On intervient plus
tôt dans « l’iter criminis ».

Quand on est face à une infrac3on formelle, malgré le fait que le résultat ne soit pas survenu,
on ne peut pas envisager la tenta3ve.

Exemple : empoisonnement : on caractérise la tenta3ve d’empoissonnement que si on n’a pas réussi


à l’administrer (à faire boire la soupe), mais si on a réussi et que la personne ne meurt pas alors on
est dans l’infrac3on formelle.

v B. l’infrac4on tentée.
La tenta3ve n’est pas toujours incriminée.

Þ Ar3cle 121-4 : la tenta3ve de crime est tjrs punissable, la tenta3ve de délits n’est punissable
que si la loi le prévoit, la tenta3ve des contraven.ons n’existe pas (ex : pas de tenta3ve des
feux rouges grillés).

Pour les délits, cela est donc complexe : il faut se demander s’il y a un texte qui le prévoit. (Ex : vol
ar3cle 311-13 « la tenta3ve de vol est punissable »)

Les condi3ons de la tenta3ve ressortent de l’ar3cle 121-5 : « La tenta3ve est cons3tuée dès lors que,
manifestée par un commencement d'exécu3on, elle n'a été suspendue ou n'a manqué son effet
qu'en raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur. »

On dis3ngue donc 2 types de tenta.ves : la tenta3ve interrompue/suspendue (=avoir manqué son


effet) de la tenta3ve infructueuse/manquée.

1. La tenta.ve interrompue

2 condi.ons : un commencement d’exécu3on + une absence de désistement volontaire.

a) Le commencement d’exécu.on
Il n’est pas défini à l’ar3cle 121-5 : la loi nous dit juste que la tenta3ve doit être « manifestée par le
commencement d’exécu3on ».

La JP le définit donc le commencement d’exécu.on : c’est un acte qui tend directement et


immédiatement à la consomma3on d’infrac3on et accomplis avec l’inten3on de la commeZre.

Ainsi on voit 2 condi;ons :

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• Un élément objec.f : l’acte qui tend « directement et immédiatement » à la consomma3on
d’infrac3on.
• Un élément subjec.f : l’acte accomplis avec « l’inten3on de la commeZre l’infrac3on ». Elle
se déduit du caractère univoque (=sans ambiguïté) des faits.

L’élément objec.f permet de dis3nguer les actes préparatoires de la tenta;ve.

• Exemple : Actes préparatoires = acheter une arme ; Tenta3ve = avoir braqué l’arme sur la
vic3me (sans 3rer)

Un acte qui tend directement et immédiatement à la consomma.on est une tenta.ve.

L’inten.on de commeZre l’infrac3on doit être certaine et elle doit résulter des actes accomplis.

Il est donc important de savoir nuancer actes préparatoires et tenta3ve car eux ne sont pas
punissable. Si je suis arrêtée au moment de l’achat de l’arme, on ne peut pas poursuivre pour
meurtre.

La JP a apporté des précisions sur la dis3nc3on : si je veux brûler ma voiture pour escroquer mon
assurance :

· J’envoie ma déclara3on de sinistre et demande l’indemnisa3on de la perte de mon véhicule :


si je suis indemnisé, l’escroquerie est consommée (car il y a eu remise des fonds).

· L’assurance me dit que je ne suis pas assuré contre l’incendie, elle ne me remet pas les
fonds : ici, il y a bien un commencement d’exécu3on (= les manœuvres). C’est seulement car
l’assurance refuse (désistement involontaire) que l’infrac3on n’est pas consommée.

· Au moment d’envoyer la déclara3on de sinistre, je me rends compte que je ne suis pas


assuré et n’envoie rien à l’assureur : les manœuvres n’ont trompé personne. On est au stade
des actes préparatoires, la tenta3ve n’est pas punissable. La simple mise en scène ne suffit
pas.

b) L’absence de désistement volontaire


La tenta3ve n’est pas cons3tuée donc non punissable si la personne a renoncé à l’acte d’elle-même.
Ex : si j’achète une arme, je braque, mais que je renonce à tuer alors on ne peut pas me poursuivre
pour meurtre.

Cela sert à dis3nguer le renoncement volontaire de l’agent de la contrainte qui s’est exercée sur lui
qui l’a empêchée de faire l’infrac3on (ex : si quelqu'un se jeZe sur moi pour pas que je tue).

Pour avoir désistement volontaire, il faut un renoncement de l’agent avant consomma3on de


l’infrac3on. (Ex : je 3re sur quelqu’un mais que je fini par le sauver car je regreZe, j’agis après la
consomma3on de l’infrac3on, alors je suis catégorisée repen3s tardif et non désistement).

Le désistement doit donc avoir été fait avant la consomma.on de l’infrac.on.

On dis3ngue désistement a priori et l’ac3on a postériori.

Il est difficile de déterminer le type de désistement qui intervient : Est-il libre et spontané ou
extérieur et contraignant ?

Exemple 1 : si je cambriole une maison, mais l’alarme sonne et je ne plus cambrioler donc je pars et
je renonce à l’infrac3on à extérieur et contraignant.

51
Exemple 2 : Affaire de tenta3ve de viol où l’agent n’a pas réussi à commeZre le viol car « panne
physique », lui réclame le désistement, mais on a retenu la tenta3ve de viol car il ne l’a pas contrôlé.

Exemple 3 : 3ré du manuel Xavier Pin : la JP ne re3ent pas une tenta3ve pour le cas d’un homme qui
n’a pas commis de vol, qui s’est abstenu sous l’influence de son ami. En effet, il ne s’agissait pas de
« pression » de la part de l’ami, mais une simple discussion amicale. Cela ne suffit donc pas à qualifier
de tenta3ve. A contrario, si la discussion avait été qualifiée de pression, alors on aurait pu parler de
tenta3ve.

2. La tenta.ve infructueuse

Hypothèse dans laquelle l’agent a commis tous les actes qui permeZent d’abou3r à la consomma3on
de l’infrac3on, mais il n’a pas réussi à aZeindre le résultat visé.

2 hypothèses :

• Soit parce qu’il parce qu’il a manqué son coup. (Ex : tuer mais ne pas réussir à le faire à cause
d’un évènement extérieur)
• Soit parce qu’il était impossible d’arriver au résultat recherché. (Ex : tuer mais la personne est
déjà morte)

a) L’infrac.on manquée

Aucune spécificité, l’infrac3on manquée est assimilée à l’infrac3on interrompu. Ici, il n’y a pas de
désistement (ex : j’achète l’arme, je 3re dessus, la personne a pris la balle mais n’est miraculeusement
par morte).

L’infrac.on manquée peut donc être poursuivie sur le fondement de la tenta.ve.

b) L’infrac.on impossible

Le régime de l’infrac3on impossible n’est pas parfaitement établi. La JP n’est pas encore
parfaitement claire quant à la répression de ces infrac3ons.

On en ressort tout de même un régime : globalement la JP assimile l’infrac.on impossible à


l’infrac.on manquée (elle-même assimilée à l’infrac3on suspendue).

Elle permet la répression de l’infrac.on impossible sur le fondement de la tenta.ve.

C’est le cas de l’impossibilité matérielle d’arriver au résultat recherché, ce que l’agent ignorait.

· Exemple 1 : tuer mais la personne est déjà morte, la personne est allée jusqu’au bout mais
n’a pas pu abou3r au résultat qui est la mort
· Exemple 2 : on veut faire un cambriolage, mais les personnes ont déménagé et il n’y a donc
plus rien.

En revanche il y a des hypothèses dans lesquelles la tenta;ve de l’infrac;on ne sera pas poursuivie,
même si la personne est malveillante (=personnalité délinquante).

2 hypothèses :

o Les moyens u3lisés sont inappropriés pour parvenir aux résultats.

Ex (fic3f) : on est convaincu que l’on peut tuer en donnant de l’ail. Alors on ne re3ent pas l’infrac3on
impossible.

52
Ex (réel) : on est convaincu que l’on peut tuer avec les poupées vaudous (=magie noire). La JP ne
re3ent pas non plus la tenta3ve.

o L’infrac3on existe que dans la tête de l’auteur : elle croit commeZre un acte répréhensible,
alors que cela n’est pas le cas.

Ex : une personne pensait avoir une rela3on sexuelle avec un mineur, mais la personne était majeure
et consentante.

L’infrac.on impossible n’est donc pas toujours assimilée à l’infrac.on manquée (d’où le fait qu’elles
soient dis.nguées).

Affaire Perdereau, 1986 : Quelle infracDon retenir en essayant de tuer quelqu'un déjà décédée ?

3. La répression de la tenta.ve

La répression de la tenta3ve est iden3que à la répression de l’infrac3on consommée : l’auteur d’une


tenta3ve encourt la même peine qu’en parvenant au résultat. Ex : meurtre ou tenta3ve de
meurtre 30 ans de RC.

Comme « l’auteur » ancien CP ; comme « auteur » nouveau CP

Conclusion :

• Première ques3on à se poser : je suis face à un délit/crime/contraven3on ?


• Deuxième ques3on : la tenta3ve est-elle incriminée ? (Ar3cle 121-4 CP)
• Troisième ques3on : la tenta3ve est-elle punissable ? (Ar3cle 121-5 CP) Dans un cas pra3que,
préciser que la tenta3ve du crime est toujours punissable, et celle du délit uniquement si elle
est prévue par la loi.
• Puis appliquer les condi3ons énumérées ci-dessus.
• Pour conclure, une fois qu’on a retenu que l’infrac3on est punissable, Quelle est la peine
encourue ? renvoi ar3cle 121-4 = comme si le fait avait été commis.

Ainsi pour consDtuer une tentaDve il faut :

• Le commencement d’exécuDon

• Abs désistement volontaire

Sec.on 3 : l’élément moral

Conformément à l’ar3cle 121-3 al 1 : « il n’y a point de crimes ou de délits sans inten3on de le


commeZre ». Cela signifie qu’en principe toute infrac3on suppose une inten.on criminelle.

Mais on retrouve des excep.ons, avec le terme « toutefois » al 2. Lorsque c’est prévu par la loi, il y a
donc des infrac3ons même s’il n’y a pas d’inten3on criminelle, c’est ce que l’on appelle les fautes
d’imprudences. (Ina>en3on, négligence, maladresse)

§1 : La faute inten)onnelle (Le principe)


v A. Les contours de l’inten4on

53
L’inten3on criminelle renvoie à l’aspect moral du droit pénal, qui a voca3on à punir ceux qui veulent
contrevenir/porter aZeinte aux valeurs sociales protégées. On ne sanc3onne que ceux qui veulent
d’être coupable.

Il faut donc déterminer l’inten.on coupable.

L’exécu3on des actes matériels puni par la loi ne sera punissable que si l’auteur a agi avec la
conscience et la volonté de transgresser la loi pénale.

Deux composantes de l’élément moral :

• L’agent a compris son acte (= la conscience). On parle de l’imputabilité.


• Il a eu la volonté de l’accomplir. On parle de la culpabilité.

Ainsi pour que les faits soient répréhensibles, il faut que l’agent ait compris son acte et qu’il ait eu la
volonté d’agir.

En ma3ère criminelle, il n’y a que des volontés inten3onnelles.

En ma3ère correc.onnelle, c’est le principe mais une simple faute d’imprudence peut être
répréhensible (voir au-dessus).

En ma3ère contraven.ons, l’inten3on n’est pas prise en compte (ex : peu importe si on a eu
l’inten3on de rouler sur la voie de bus, cela suffit à cons3tuer la contraven3on : élément matériel et
légal suffisent, pas nécessairement d’élément moral)

L’inten.on est définie comme une volonté tendue vers le but illicite.

On dis3ngue inten3on /=/ mobiles ou mo3va3ons (ques3on du pourquoi je le fais ? le droit


pénal y est insensible).

v B. Les condi4ons de l’inten4on


1. L’imputabilité

Il faut la conscience des actes pour qualifier l’élement moral, à défaut on parle de cause de non
imputabilité.

a) La conscience des actes

La conscience renvoie au discernement, soit à la compréhension des actes : pour vouloir un acte
(libre arbitre), il faut le comprendre. Ainsi, il n’y a pas de libre arbitre sans conscience.

CeZe vision date du 19ème : les médecins psychiatres s’interrogeaient sur le sort des « fous ». Les
actes ne peuvent donc pas être répréhensible. Pour être conscient de ses actes il faut être discernant.

Une personne sans discernement, qui n’a pas conscience, les actes existent mais ne sont pas
répréhensibles.

b) Les causes de non-imputabilité

Hypothèses dans lesquelles l’agent n’a pas pu avoir conscience de transgresser la loi pénale.

Parmi les causes de non-imputabilités (=causes de non-discernement)

• On retrouve les troubles psychiques ou neuropsychiques (termes du CP) (=les fous) ayant
aboli le discernement.

54
• Les jeunes enfants : 6-7 ans à « âge de raison » (=on sait discerner le bien et le mal). A cet
âge on a conscience des actes certes, mais on réprime pénalement qu’à par3r de 13 ans.
(=principe de présomp3on de discernement à par3r de 13 ans dans le code de jus3ce pénale
des mineurs).

En effet, on considère en droit pénal que sanc3onner (=meGre en prison) un enfant de moins de 13 ans
est contre-produc3f : c’est soit qu’il y a une pathologie derrière, soit parce qu’il y a un cadre familial
extrêmement délicat. Il est donc irresponsable pénalement.

Ce mécanisme est également repris comme en Italie où cela est adoptée pour les femmes enceintes. Or
ceGe impunité juridique a été u3lisée par des réseaux criminels : la mafia a u3lisé cela pour commeGre
des crimes et ont même forcer des femmes à être enceinte.

Lorsqu’on parle de conscience des actes, c’est la capacité de comprendre que l’ac.on commise est
contraire à la loi pénale (dis.nc.on du bien et du mal).

5. La culpabilité.

Il faut également la volonté de transgresser la loi pénale.

L’inten3on consiste dans l’accomplissement délibéré de l’acte matériel cons3tu3f de l’infrac3on. On


peut simplifier en disant que « c’est faire exprès ».

L’inten.on coupable est appelée le dol.

On dis3ngue dol général et dol spécial : Toute infrac3on inten3onnelle suppose le dol général.
Parfois le texte ajoute une inten3on spécifique au dol : le dol spécial.

a) Le dol général

L’auteur a eu l’inten3on de transgresser la loi peu importe le mobile (=les raisons). C’est donc la
volonté d’enfreindre l’interdit pénal.

Ce dol général doit être caractérisé pour toutes les infrac3ons inten3onnelles.

Le dol général suppose que l’auteur a voulu accomplir l’acte qu’il s’est défendu.

Þ Par ailleurs, on est bien censé connaitre la totalité de la loi pénale : présomp3on irréfragable
de la loi pénale. On ne peut donc pas dire « je ne savais pas que c’était interdit » à « nul
n’est censé ignoré la loi »

La plupart du temps, l’inten3on se déduit des faits. On essaye de déduire l’inten3on de la matérialité
des faits (= deviner ce qu’il y a dans l’esprit par ce qui s’est produit). Exemple : On constate que la
personne à acheter une arme, qu’elle a 3ré et tué, et qu’auparavant elle avait dit à son ami qu’elle
voulait tuer, alors on peut déduire l’inten3on de transgresser la loi.

Excep.on très rare : Il y a un domaine dans lequel on a des formes de présomp.ons d’inten.ons :

• La JP est souple et déduit l’inten3on de la transgression (=il n’y a pas de preuves de


l’inten3on, le seul fait d’avoir transgresser la loi suffit). Exemple : en ma3ère de délinquance
économique et financière, si on ne déclare pas ces fonds, alors cela suffit (droit pénal des
affaires).

Il faut donc expliquer en quoi il y a des preuves de l’inten.on.

55
b) Le dol spécial

C’est celui qui s’ajoute au dol général si la loi le prévoit.

AZen3on c’est toujours dol général + dol spécial si la loi le prévoit (pas de dol spécial seul).

C’est une volonté par.culière/une inten.on spécifique qui vient se rajouter :

• Soit la volonté d’arriver à un résultat déterminé. Ex : meurtre ou empoisonnement.


• Ou d’un mobile par3culier pris en compte dans la caractérisa3on de l’élément moral si la loi
le prévoit. Ex : Le mobile terroriste = volonté de troubler l’ordre public par la terreur.

C’est la loi qui précisera s’il y a une inten3on spéciale ou non. A défaut, la JP peut aussi se
posi3onner. Arrêt Cour de Cassa.on 18 juin 2003.

• Affaire du sang contaminé : l’empoissonnement suppose un dol spécial de l’inten3on de tuer.


On se pose pour la première fois la ques3on de l’empoisonnement : un dol général suffit (=le
fait d’avoir conscience d’u3liser une substance mor3fère suffit) ? ou faut-il un dol spécial (=il
faut également l’inten3on de tuer) ?
• La cour considère qu’il faut l’inten3on par3culière de tuer pour le meurtre ou
l’empoisonnement. Pour condamner l’empoisonnement, il faut donc prouver l’inten3on de
tuer : dol spécial.

La ques3on se pose aussi pour le vol : faut-il un dol spécial ou général ? en JP et doctrine, cela reste
encore flou. Tout de même il est suffisant de démontrer qu’on sait que le bien ne nous appar3ent pas et
qu’on veut le dérober.

Il faut ainsi se demander si l’inten.on correspond bien au texte ?

c) Les mobiles

Mobiles : raison qui pousse l’agent à commeZre une infrac3on. Ils peuvent être très variés : jalousie,
haine, fierté, cupidité, louable (=être gen3l) etc…

Le mobil, en principe, est indifférent au droit pénal car la loi protège les valeurs sociales de manière
général et abstraite (on ne peut pas lister des mobiles qui excuseraient le passage à l’acte). Ex : on
incrimine le meurtre car on protège la vie, peu importe la raison qui a poussé à tuer.

Les raisons ne sont pas prisent en compte dans la cons.tu.on de l’infrac.on.

Mais pour les hypothèses de légi.mes défense ? On considère que l’infrac3on est bien commise,
mais qu’il y a un fait jus.fica.f qui ne fait encourir aucune peine.

2 types de causes d’irresponsabilités :

• Subjec3ve : causes de non-imputabilité


• Objec3f : fait jus3fica3f

56
Le mobile aura une incidence seulement si la loi le prévoit.

Par principe : indifférence au mobile.

Excep.on : parfois la loi érige un mobile en dol spécial (mais seulement si la loi le prévoit). Ex : forme
d’euthanasie en France = donner des médicaments pour accélérer la mort dans les cancers phase
terminale àon commets le meurtre avec l’inten3on, la conscience et la volonté de tuer, mais le
mobil excuse.

Le fait est commis mais on le considère légi.me et donc un FJ = conséquence = réduc3on de


peine

Ex : Le mobil militant excuse que l’exhibi3on sexuelle soit caractérisée.

§2 : La faute non inten)onnelle


En ma3ère pénale (comme en civil) pour engager la responsabilité il faut la réunion d’une faute, d’un
préjudice et d’un lien de causalité.

v A. La faute
(Différence avec le civil)

Principe : Ar3cle 121-3 al 1 à pas d’infrac.ons sans inten.on de la comme@re.

Excep.ons : Al 2 « toutefois » à il existe des infrac;ons non inten;onnelles quand la loi le prévoit
uniquement en ma.ère correc.onnelle.

• Parmi la faute non inten3onnelle, on dis3ngue 2 types selon leur gravité :


o La faute simple (al 2)
o La faute qualifiée (al 3)

1. La faute simple

Elle consiste en une imprudence, une négligence ou un manquement à une obliga3on de prudence
ou de sécurité.

La faute s’apprécie in concreto (/=/ in abstracto = analyse générale et impersonnelle de la situa3on


« bon père de famille/ de la personne raisonnable »). On apprécie en fonc3on de chaque
circonstances par3culières, compte tenu des missions, des fonc3ons, des compétences, des moyens
et pouvoirs de l’agent. On ne fait donc plus référence à une personne raisonnable, mais on apprécie
en fonc3on de chaque personne (ex : en fonc3on de sa profession etc..).

2. La faute qualifiée

La faute qualifiée est aussi appelée faute lourde. Il y en a 2 types :

• Faute de mise en danger délibérée


• Faute caractérisée.

a) Faute de mise en danger délibérée

La faute de mise en danger délibérée (aussi appelée MDD) est une viola3on manifestement
délibérée d’une obliga;on par;culière de sécurité ou de prudence prévu par la loi ou le règlement.

57
Þ Il ne s’agit donc pas d’un simple manquement à une obliga3on (=faute simple), mais ici on a
manifestement transgressé une obliga3on qui s’imposait à nous.

Exemple : je commets un excès de vitesse de 30km/h pour arriver plus rapidement au travail. En
revanche, celui qui met sans faire exprès son régulateur 3km/h au-dessus commet une faute simple.

Ici, il n’y a pas d’inten.on de résultat, mais l’inten.on/la conscience de prendre un risque
inconsidéré.

Les juridic3ons devront retenir une obliga;on par;culière de sécurité ou de prudence. Ils se posent
les ques3ons suivantes : Quelle est la disposi3on légale ou règlementaire transgressée ? En quoi
s’agissait-il d’une obliga3on par3culière et non générale ?

Il s’agit d’une obliga.on spécifique/par.culière.

Ar.cle 221-6 CP : éléments cons3tu3fs de MDD

• Caractère délibéré : l'agent a consciemment transgressé une règle de sécurité. Il y a donc


une volonté claire d’enfreindre la loi, mais sans inten3on de provoquer un dommage. La
personne sait que l'obliga3on existe, mais elle choisit de la violer.
• Obliga;on par;culière : La faute concerne une obliga3on spécifique de sécurité ou de
prudence, inscrite dans la loi ou un règlement. Ce n’est pas une simple négligence, mais
une ac3on consciente et volontaire d’ignorer une règle précise.

La MDD et la faute caractérisée se dis.nguent principalement par l’inten.on et le degré de


conscience du risque encouru.

b) La faute caractérisée

Elle est définie comme la faute qui exposait autrui a un risque d’une par.culière gravité que l’agent
ne pouvait ignorer. Ici, il y a eu un comportement de prise de risque car il y avait la conscience qu’on
exposait autrui à un risque.

Exemple, Affaire usage de quad : organisateur de sor3e en quad qui avait uniquement proposé
l’usage de casque (à l’époque non obligatoire). Or une personne est tombée en forêt et donc
l’organisateur a été poursuivi. On a retenu contre lui une faute caractérisée : il a accepté que certains
ne portent pas de casques alors que le risque d’accident aux conséquences graves était présent.
Aujourd'hui le port du casque est réglementé, donc on l’aurait classé comme une faute de mise en
danger délibérée.

Éléments cons.tu.fs :

• Conscience du risque : Ici, la personne a conscience du risque qu’elle fait courir aux autres,
mais ne viole pas forcément une obliga3on spécifique imposée par la loi ou un règlement. Il
s’agit plutôt d’un comportement globalement imprudent ou négligent, exposant autrui à un
danger grave.
• Absence d’obliga;on par;culière : contrairement à la MDD, la faute caractérisée peut
découler d’un manquement à une prudence générale, et non à une règle spécifique. Ce qui
est important ici, c’est que la gravité du risque était évidente et que l’agent ne pouvait
raisonnablement l’ignorer

58
En principe, les infrac3ons sont toujours inten3onnelles, le CP prévoit parfois qu’on puisse engager la
Responsabilité pénale pour des infrac3ons non inten3onnelles.

Infrac.ons non inten.onnelles : on reproche de ne pas avoir an3cipé les conséquences de son
comportement, même s’il n’y a pas de volonté de faire l’infrac3on mais on trouve tout de même une
faute. (Ex = griller un feu et à la suite renverser un piéton).

Cependant, les délits et excep3onnellement les contraven3ons (ex : violences involontaire <8jrs ITT)
sont concernées, mais pas les crimes.

Il y a infrac3on non inten3onnelle seulement si le texte le prévoit : on ne peut pas la retenir


sur la seule base d’une faute.
Les infrac3ons non inten3onnelles ont toujours un résultat (excep3on = MDD).

v B. Le préjudice
Principe : la répression de la faute d’imprudence suppose un préjudice. Celui-ci est soit des blessures,
soit le décès de la vic3me.

Excep.on : le législateur incrimine de manière autonome, la mise en danger délibéré,


indépendamment de tout résultat. à Infrac3on de mise en danger délibéré.

59
1. Les blessures et l’homicide involontaire

La répression est propor.onnée à la gravité du résultat avenu (cf violences volontaires avec le
nombre d’ITT).

Ce résultat peut-être :

• Des blessures sans ITT


• Des blessures ayant entrainé une ITT < 3 mois
• Des blessures ayant entrainé une ITT > 3 mois
• Des blessures ayant entraîné décès.

Plus le résultat est grave, plus la répression est élevée.

Des blessures sans ITT

Lorsque la faute d’imprudence n’a pas conduit à une ITT (pas d’incapacité de travail mais blessures
existantes quand même), la qualifica3on est contraven.onnelle sans circonstances aggravantes.

® CeZe contraven3on est de 2ème classe (R.622-1 CP). Elle peut passer en 5ème classe avec les
circonstances aggravantes (R.625-3).

Des blessures ayant entrainé une ITT < 3 mois

On se réfère à l’ar3cle 222-20 pour les ITT < = 3 mois. Il s’agit d’une infrac3on simple, la peine
encourue est de 1an d’E et 15k€. Avec les circonstances aggravantes, la peine peut aller jusque 5 ans
d’E et 75k.

Des blessures ayant entrainé une ITT > 3 mois

On se réfère à l’ar3cle 222-19 pour les ITT > = 3 mois. Il s’agit d’une infrac3on simple, la peine
encourue est de 2ans d’E et 30k€. Avec les circonstances aggravantes, la peine peut aller jusque 7 ans
d’E et 100k.

Des blessures ayant entraîné décès

On parle d’homicide involontaire. Il est prévu à l’ar3cle 221-6. L’homicide involontaire simple fait
encourir 3 ans d’E et 45k. S’il est aggravé alors jusqu’à 10 ans E et 150k.

CA à connaitre :

• Le simple fait d’être conducteur d’un véhicule terrestre à moteur (VTAM) aggrave la
répression.
• La faute est aggravée dès qu’elle est commise avec une mise en danger délibérée. Si on a
délibérément violé une obliga3on de sécurité ou de prudence alors CA (=MDD). La MDD est à
la fois une faute lourde pouvant engager la responsabilité pénale et une CA.

2. L’hypothèse de l’absence de préjudice : la mise en danger délibérée (excep.on au principe).

Le législateur est venu incriminer spécialement ceZe hypothèse, dans laquelle on a un agent qui a
pris un risque inconsidéré. On voit ici que chez l’agent, on a une quasi-inten3on du résultat : il ne le
veut pas oui, mais il sait qu’il peut survenir au résultat et connait le risque et commet quand même
l’ac3on.

60
Le législateur a donc créé l’ar3cle 223-1 du CP : « Le fait d'exposer directement autrui à un risque
immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mu3la3on ou une infirmité permanente
par la viola3on manifestement délibérée d'une obliga3on par3culière de prudence ou de sécurité
imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende
».

Ainsi, le fait d’exposer autrui à un risque cons.tut une infrac.on autonome de MDD. Ici, le risque
ne s’est pas produit, on a simplement mis l’individu en danger.

Pour caractériser l’infrac3on, il faut :

• Retenir la faute de mise en danger délibérée.


o La faute doit avoir simplement exposé autrui à un risque immédiat de mort ou de
blessures graves (celles qui peuvent entraîner une ITT).

On a donc pas besoin du résultat soit de préjudice.

v C. Le lien de causalité
On re3ent d’abord une causalité certaine entre la faute et le préjudice : c’est bien la faute qui a
conduit au résultat.

On a eu une évolu3on de la législa3on en la ma3ère, et depuis la Loi Fauchon du 10 juillet 2000 : la


répression peut dépendre de la nature de la causalité.

Avant la loi : des « poussières de fautes » permeZaient d’engager la responsabilité pénale. Il suffisait
d’une simple inaZen3on pour engager la RP.

§ Notamment on parle de ce terme pour les représentants des collec3vités territoriales (ex : les
maires) : dès lors qu’ils organisaient une manifesta3on dans leur commune, il s’exposait à
engager leur RP s’il y avait le moindre dérapage.

Exemple 1 : un maire organise un défilé de fanfare dans sa commune. Or, une personne ivre percute
la foule et commet des décès (homicide involontaire). Mais on aussi poursuivi le maire de la
commune pour ne pas avoir mis des barrières de protec3on et condamné pour homicide
involontaire.

Le risque pour les élus était donc important.

Exemple 2 : concert à Strasbourg, un orage est tombé sur un arbre immense qui est tombé sur la
foule. On a engagé la responsabilité de l’élu qui a organisé le concert en plein air à proximité de cet
arbre. (Autres exemples : sous 221-6).

Ces exemples ont donné lieu à la créa3on de plus d’obliga3ons de sécurité.

Exemple 3 : un enfant faisait le cochon pendu sur une cage de foot, mais elle lui tombe dessus car
mal fixée. Il meurt sur le coup. Condamna3on du maire pour homicide involontaire.

Étant donné ces cas, et de plus une forme de pression se créait sur les élus qui n’organisait plus rien
dans leur ville.

La loi fauchon a donc déresponsabilisé par3ellement les auteurs personnes physiques qui ont
contribué à la réalisa3on d’un résultat.

Depuis la loi, on dis.ngue personne physique et morale :

61
Loi Fauchon du 10 juillet 2000

Personne physique : on dis3ngue la causalité directe et Personne morale : toute faute suffit pour
indirecte engager la RP peu importe la nature de la
causalité (directe ou indirecte)
Causalité directe

La faute a directement conduit à la réalisa3on du résultat.

On garde la solu3on antérieure soit la même que les


personne morale à toute faute suffit (faute simple ou
lourde).
Causalité indirecte

La faute a seulement contribuer à la réalisa3on du résultat.


àSeule une faute lourde permet d’engager la RP.

Si une personne physique est auteure indirecte de la faute, il


faut caractériser une faute lourde pour engager sa
responsabilité pénale. A défaut, si la personne a commis une
simple faute d’inaZen3on (simple), alors il ne peut pas être
responsable pénalement (mais civilement oui).

1. Causalité directe

La faute a conduit à la réalisa.on du résultat : elle a immédiatement entrainé le préjudice. Pour la


causalité directe (personne physique ou moral), toutes fautes (simple ou lourde) suffisent pour
engager la RP. Pas de changement avec la loi fauchon ici.

Exemple : Un maire d’une commune décide de ne pas faire réparer un pont endommagé, malgré des
rapports techniques signalant que l’ouvrage présente un risque imminent d'effondrement. Le maire,
en raison de contraintes budgétaires, repousse ces travaux jugés prioritaires. Quelques mois plus
tard, le pont s'effondre, causant la mort de plusieurs usagers. L'enquête révèle que le maire avait été
informé du danger par des rapports d’experts, mais qu'il n’a pris aucune mesure pour prévenir
l'accident.

2. Causalité indirecte

La causalité est indirecte si la faute de l’agent a seulement contribuer à la réalisa.on du dommage.


La personne n’en ait pas directement à l’origine, mais sans ceZe faute, le dommage n’aurait pas été
réalisé (Le chauffard qui a créé le préjudice est le créateur direct mais si la circula3on avait été
bloquée, il n’aurait pas percuté la foule).

On dis.ngue ici personne physique et morale.

• Morale : peu importe que la causalité soit directe ou indirecte car toutes fautes suffit à
engager la RP.

En revanche depuis la loi :

62
• Physique : en cas de causalité indirecte il faut pouvoir retenir une faute lourde pour engager
la RP. La faute simple ne permet pas d’engager la RP.

Faute lourde = soit une faute de MDD soit une faute caractérisée.

Ce caractère directe ou indirecte n’est cependant pas toujours évident et difficile à déterminer.

Exemple : on fait un accident sous l’emprise de l’alcool et on percute un véhicule. La personne n’a
qu’une jambe cassée. Elle va à l’hôpital et le médecin a commis une erreur médicale et tue la
personne. Le médecin est l’auteur direct (il a conduit à la mort = homicide involontaire) et le
conducteur un auteur indirect (on le poursuit aussi pour homicide involontaire aussi !!). Ce qui
compte c’est le préjudice plein et en3er (=le résultat final). C’est la même chose pour les blessures qui
s’aggravent : si au départ - 3 mois et s’avère qu’après elles s’aggravent à + de 3 mois, alors on
requalifie.

63
Par5e 3 : La responsabilité pénale

Chapitre 1 : les personnes responsables


Parmi elles, on retrouve l’auteur lui-même mais aussi le complice (même élément moral car même
inten3on de commeZre l’infrac3on).

Sec.on 1 : l’auteur principal

Celui à l’encontre de qui sont réunis tous les éléments cons;tu;fs de l’infrac3on. C’est celui qui a
accomplis les éléments matériels de l’infrac3on.

Il peut-être une personne physique ou morale, la répression en est indifférente. La seule différence
est celle de l’irresponsabilité pénale des personnes physiques auteurs indirectes.

1§ : l’auteur personne physique


Le droit pénal est gouverné par un principe de responsabilité du fait personnel.

• En ma.ère civile, on peut être responsable du fait d’autrui (cf parents civilement responsable
du fait de leurs enfants, ex : si un enfant blesse un camarade en classe, les parents
indemnisent).
• En ma.ère pénale, ce n’est pas le cas. Si un mineur commet une infrac3on, ils ne sont pas
condamnés pour ceZe infrac3on. Or on peut leur en reprocher une autre comme la non-
surveillance de l’enfant ou manquement à obliga3on.

En principe on a donc pas de responsabilité du fait d’autrui (ex : parents non responsables du fait de
leur enfants).

Mais excep.ons : il existe un mécanisme de responsabilité du chef d’entreprise du fait de ses


préposés.

v A. Le responsable de son propre fait


Hypothèses dans lesquelles il est complique de savoir qui a fait quoi. On en re3ent 2 :

• Quelqu’un qui a conceptualisé l’infrac3on et qui l’a fait réaliser (un cerveau et ses
marionneZes). Est-il considéré auteur principal ou s’agit-il de ses exécutants ? On dis.ngue
donc auteur matériel et auteur intellectuel.
• Hypothèse de la coac3on : infrac3on commise par un groupe mais on ne connait pas l’ac3on
de chacun. Exemple : un groupe qui frappe une vic3me, on ne se sait pas qui a commis telle
ou telle blessures. Doit-on dis3nguer chaque blessure ? Que faisons-nous si ces blessures ont
commise la mort et que c’est à cause d’un coup en par3culier ? On parle donc ici de
coac.on.

1. L’auteur matériel et intellectuel

Matériel : C’est l’auteur qui a personnellement accompli les composantes matériels (+ élément moral
caractérisé) : il exécute et passe à l’acte. On peut le poursuive pénalement en cas d’infrac3on

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consommée ou tentée car les 3 composantes de l’infrac.on sont réunies en lui-même (élément
légal, matériel, moral).

Intellectuel : Celui qui n’a pas accompli lui-même les composantes matérielles, mais il a planifié
l’infrac3on et en est à l’origine : il a voulu les faits mais à missionner quelqu’un pour la réaliser. C’est
le cerveau/ la tête pensante (l’autre étant l’exécutant).

Juridiquement on traduit cela par un principe à l’ar3cle 121-7 : Il est complice par ins.ga.on
(=incita3on) : « Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou
assistance, en a facilité la prépara3on ou la consomma3on. Est également complice la personne qui
par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infrac3on ou
donné des instruc3ons pour la commeZre ».

Excep.ons :

Parfois la loi prévoit expressément que l’ins;gateur est auteur :

• La loi vise expressément celui qui commet ou qui fait commeZre. On appelle ces infrac3ons
les infrac;ons de provoca;ons (ex : provoca3on à l’usage de stupéfiant, on reproche
l’incita3on).
On a dons une infrac.on autonome de celui qui incite au passage à l’acte.

Parfois en JP, on retrouve des condamna3ons de l’auteur intellectuel sur le fondement de l’auteur
principal alors qu’il est simplement ins;gateur (« est couple de …. »).

• En effet, en réalité l’auteur intellectuel peut-être condamné au 3tre de complicité. Or le


complice est puni comme l’auteur principal. Exemple : je suis ins3gateur du braquage, mais je
ne vais pas sur le terrain : je suis auteur intellectuel. Juridiquement on devrait dire complice
mais étant donné que la condamna3on est la même on le caractérise plutôt d’auteur
principal. à Mécanisme d’assimila.on.

Auteur I = complice donc complice = auteur à assimila3on

Pourtant pour caractériser l’infrac3on, il doit y avoir un élément matériel et un élément moral.

Critères Auteur intellectuel Ins.gateur

Rôle dans Conçoit et planifie l'infrac3on, sans Encourage ou incite une personne à
l'infrac.on l'exécuter lui-même. commeZre l'infrac3on.

Par.cipa.on Par3cipe à la prépara.on et à N'influence que l'exécu.on, sans


directe l'organisa.on du crime. être impliqué dans la prépara3on.

Degré Ac3f : joue un rôle majeur dans la Passif : pousse l'auteur à agir, mais
d'implica.on concep3on de l'infrac3on. sans concevoir l'acte.

Responsabilité Traité comme un coauteur, au même Considéré comme un complice, car


pénale 3tre que l'exécutant. il a incité l'auteur.

Exemple Planifie un vol, choisit la cible et Pousse une personne à voler en lui
détermine les rôles des par3cipants. promeZant des avantages.

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L’ins3gateur ou auteur intellectuel peut être poursuivi et condamné comme auteur principal en
raison de la théorie de l'emprunt de criminalité. CeZe théorie, codifiée dans l'ar3cle 121-6 du CP,
dispose que le complice est puni "comme auteur". Cela signifie que, même si l'ins3gateur n'a pas
matériellement commis l'infrac3on, il en porte la responsabilité pénale, au même 3tre que celui qui
l'a réalisée physiquement. La logique de ceZe responsabilité découle de plusieurs éléments :

• Emprunt de criminalité : le complice emprunte la criminalité de l'infrac3on principale, car il a


contribué à sa réalisa3on par des actes d'ins3ga3on, d'aide ou d'assistance. Ainsi, même sans
acte matériel, son rôle est jugé essen3el dans l'exécu3on de l'infrac3on.
• L'élément moral : L'auteur intellectuel, en provoquant ou incitant l'infrac3on, démontre une
inten3on criminelle similaire à celle de l'auteur matériel. L'élément moral, c'est-à-dire
l'inten3on de commeZre ou de faire commeZre un crime, est partagé entre les deux acteurs.
L'ins3gateur est donc coupable au même 3tre, car il est à l'origine du projet criminel.

Donc, la façon dont on se rend coupables des faits n’a pas d’incidence sur les peines applicables à
l’infrac;on.

2. Les coauteurs d’une infrac.on de groupe

En ma3ère de coac.on, le problème réside dans la preuve des actes commis par chacun des
par3cipants. Cela signifie qu’on ne sait pas forcément quelle est la part de chacun dans l’infrac3on et
on n’a pas tjrs le moyen de savoir qui a fait exactement quoi. Exemple : 3 individus qui commeZent
des violences volontaires. On ne peut pas savoir qui a porté le coup fatal. On n’a donc pas de preuves
et on ne peut pas répar3r la responsabilité pénale de chacun selon ce qu’il a fait.

Or cela a posé soucis car chaque auteur se dédouanait en disant qu’il n’a pas tapé fort, et accusait les
autres…

Le JP a tranché et re.ent la théorie de la complicité co respec.ve :

M. A tape dans les jambes : violences volontaires avec ITT < 8 jours (3 ans d’emprisonnement et 45
000€ d’amende).

M. B tape dans les bras : violences volontaires avec ITT < 8 jours (3 ans d’emprisonnement et 45 000€
d’amende)

M. C tape à la tête : violences volontaires ayant entraîné la mort (20 ans de RC).

M. A et B sont en réalité complices de l’infrac3on de Monsieur C : c’est parce qu’il tapait les pieds et
les bras que M.C pouvait taper la tête. Ils sont donc coupables de violences volontaires avec ITT < 8
jours + complicité de M. C de coups morts. Ainsi, avec le principe de non-cumul des peines, ils
encourent tous 20 ans de RC.

Tous les par.cipants à une ac.on de groupe sont complices des autres, et donc poursuivis pour
l’infrac.on la plus grave.

La JP re3ent que tous les par3cipants sont co-auteurs de l’infrac3on réalisée. Il n’y a donc pas besoin
d’apporter la preuve de chaque acte commis par chaque par3cipant. En pra3que, M.C prendra plus
que les autres.

Mineur : spécial déroge au général à si la loi prévoit une excep3on, sinon on applique le droit
pénal général. Ici en ma3ère de peine encouru c’est la même chose.

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v B. La responsabilité du chef d’entreprise du fait de ses préposées
La responsabilité pénale des dirigeants d’entreprise en raison des infrac3ons commises par leurs
préposées sont admises depuis longtemps en JP. On reproche au dirigeant l’ac3on commise par l’un
de ses salariés.

Or ce cas de responsabilité n’est que jurispruden.elle et n’existe pas dans le code pénal.
Arrêt du 30 décembre 1892 « Arrêt Ferrand ».

En doctrine, on considère que c’est un cas dérogatoire au principe de responsabilité son propre fait.
On reproche de ne pas avoir exercé leurs fonc3ons ayant pu empêcher la réalisa3on de l’infrac3on.

Exemple : un salarié (=stagiaire de 3ème) blesse avec une pelleteuse 3 personnes. Évidemment, on
reproche au salariés les faits de blessures involontaires, mais aussi au chef d’entreprise qui a un
pouvoir de direc3on car il doit organiser l’ac3vité de manière que de tels faits ne se produisent pas.

1. Le domaine de la responsabilité du chef d’entreprise.

Parfois ceZe responsabilité est expressément prévue par la loi (ex : dans le code du travail il est prévu
explicitement que le dirigeant est responsable des condi3ons d’hygiène et de sécurité). Mais cela
n’est pas nécessaire et le chef peut-être pénalement responsable du fait de ses salariés même si non
prévue par la loi. La JP a largement précisé cela.

Pour que la responsabilité soit engagée, il suffit donc qu’une infrac.on ait été commise à l’occasion
du fonc.onnement de l’entreprise, par un ou plusieurs employés.

L’infrac3on commise par les salariés permet d’engager la responsabilité du chef car on lui reproche
d’avoir manqué à son devoir de vigilance et de surveillance.

Þ Finalement, on reproche au chef une sorte de par.cipa.on indirecte à l’infrac.on. On lui


reproche un comportement fau3f et donc une infrac3on.

Engager la responsabilité du chef ne désengage pas la responsabilité du salarié. Cela de


déresponsabilise pas les préposées.

Pourquoi ? car on a généralement constaté que les chefs d’entreprises incitaient voire faisaient des
pressions sur leur salarié et incitait à manquer à des obliga3ons de sécurité pour gagner du temps
(ex : ne pas s’aZacher lors d’un échafaudage). Or un bon chef fait respecter ces obliga3ons de
sécurité en les informant, les formant ou même en les sanc3onnant.

2. Les condi.ons de la responsabilité du chef.

Pour qu’il y ait une responsabilité il faut la réunion de 3 condi3ons : il faut une infrac3on du préposé,
une faute du chef, et une absence de déléga3on de pouvoirs.

a) Une infrac.on commise par un préposé

Puisque nous sommes dans un cas de responsabilité du fait d’autrui, l’infrac3on doit être commise
par un salarié (et non par le chef lui-même) à l’occasion de ses fonc.ons (non chez lui). Peu importe
la nature de l’infrac3on (inten3onnelle ou non inten3onnelle), même si dans la pra3que il s’agit le
plus souvent d’infrac3ons d’imprudence. Par exemple, dans les cas de harcèlement si pas assez de
surveillance.

b) Une faute du chef d’entreprise

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On reproche une faute au chef d’entreprise : ce n’est pas l’infrac3on comme réalisée, mais sa faute à
lui en ce qu’il n’a pas suffisamment exercer son devoir de vigilance et de surveillance.

Il est bien souvent reproché au chef sa par;cipa;on indirecte à une faute d’imprudence.

• La loi Fauchon aurait pu limiter leur responsabilité, mais la JP re3ent une faute lourde : les
juridic3ons du fond considèrent que le manquement au pouvoir de direc3on expose à autrui
à un risque d’une par3culière gravité qui aurait pu être évité. Il devait meZre en place des
mécanismes de vérifica3ons, de forma3ons (=sensibilisa3on).

En pra3que la faute du dirigeant est plutôt présumée. Pour la JP, lorsque le préposé viole ses
obliga3ons d’obliga3ons de sécurité ou de prudence, alors c’est nécessairement la faute du chef
d’entreprise.

Le chef d’entreprise peut s’exonérer en apportant la preuve des mesures prisent en faisant respecter
ces obliga3ons. Mais la preuve est très complexe à apporter :

® Le chef doit démontrer qu’il n’a en aucun cas par3ciper à la réalisa3on de l’infrac3on. Les
juges considèreront en priorité que si ces mesures étaient suffisantes, l’infrac3on n’aurait pas
été commise.

Ici donc difficile à s’exonérer, mais plus simple en dessous :

c) L’absence de déléga.on de pouvoirs

Pour retenir la responsabilité du chef, il faut ceZe absence de déléga;on de pouvoirs. Le chef peut
contester sa par3cipa3on à l’infrac3on commise par le préposé en apportant la preuve que
l’infrac3on a été commise dans un service dont il avait confié la direc.on ou la surveillance à une
autre personne.

• Pour la JP, elle doit être une personne pourvu de l’autorité, de la compétence et des moyens
nécessaires pour veiller à l’observa3on des lois à la personne qui a fait l’objet de la
déléga3on doit véritablement avoir un pouvoir de contrôle et de direc3on (=dirigeant de fait
du service concerné).

Elle tempère la responsabilité du chef par ce mécanisme de déléga.on.

Elle a admis que le chef des grands groupes ne peut pas être partout et que son pouvoir de direc;on
est dilué. C’est ce que l’on appelle une cause exonératoire. Exemple : Il est compliqué pour lui d’être
partout s’il est à la tête d’une entreprise de 1500 personnes répar3es entre Paris et Marseille. En
revanche, il peut prouver avoir délégué ses pouvoirs au chef de chan3er du lieu où l’infrac3on a été
commise.

Ce mécanisme découle du fait que celui sur qui doit peser la responsabilité pénale est celui qui exerce
réellement l’autorité dans la situa3on soit celui qui n’a pas pris les mesures qui s’imposaient.

Il n’y a de plus aucune formalité par.culière de la déléga.on (n’a pas à être expresse), elle est
appréciée souverainement par les juges du fonds qui doivent déterminer si elle est bien certaine et
dépourvu d’ambiguïté.

La déléga3on ne doit pas être général mais spéciale (=limité/aZribué à une personne en par3culier,
pas tous les salariés), et dans un cadre par3culier (=ex : chef de chan3er).

Pour que le chef puisse s’exonérer ici, il faut la réunion de 6 condi.ons :

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1/ La loi ne doit pas s’opposer à la déléga.on (ex : le chef ne peut pas déléguer à une personne
frappée d’une interdic3on de gérer : non déléga3on valable).

2/ Le dirigeant ne doit pas avoir par.ciper personnellement à la réalisa3on de l’infrac3on (= ne s’est


pas immiscé dans les pouvoirs du délégué) (ex : si le chef est sur le chan3er avec le chef de chan3er
et lui donne les ordres).

3/ Il ne doit pas s’agir de pouvoirs propres de direc.ons, qui restent exclusivement au chef
d’entreprise : des pouvoirs qui n’appar3ennent qu’a lui.

4/ La déléga3on doit bien émaner du .tulaire des préroga.ves (seul le délégataire peut déléguer :
ex : la femme du chef qui désigne le chef de chan3er).

5/ La déléga3on doit porter sur la compétence, l’autorité et les moyens nécessaires. On vérifiera in
concreto qui celui qui a eu la déléga3on n’avait pas de pouvoir de commandement suffisant et que
c’est bien à raison de son défaut de commandement que les faits sont survenus.

6/ La déléga3on doit avoir été acceptée par celui à qui on a délégué (ici aussi par de formalité
par3culière)

AZen3on : cela n’empêche pas la responsabilité du salarié et la responsabilité de la personne


morale (cf maire : on re3ent la responsabilité du maire de Nancy, de la ville de Nancy et du
conducteur).

2§ L’auteur personne morale


Les personnes morales sont des êtres fic3fs. Envisager leur responsabilité pénale peut paraître être
un non-sens car il faut avoir la conscience et la volonté de commission des faits (discernement +
libre-arbitre) pour caractériser l’infrac.on.

Pour autant, le législateur, depuis le nouveau CP (1994), a décidé d’opter pour un principe de
responsabilité des personnes morales. Elles sont pénalement responsables car le législateur a pris
acte du rôle joué par ces en3té fic3ves (notamment en ma3ère de délinquance d’affaire).

Exemple : le dirigeant commet l’infrac3on d’affaire dans l’intérêt de la société (augmenter les
bénéfices/crédits de la société), même si cela rejoint ces intérêts. La société pourra donc être impacté
par une peine d’amende.

Depuis le nouveau CP, le principe de responsabilité générale des personnes morales est fixé à l’ar3cle
121-2.

CeZe responsabilité implique un régime de peine différent : on n’aura pas de peines priva3ves de
liberté. Leur peine principale est donc l’amende.

Les personnes morales encourent le quintuple des peines d’amendes encourues par les personnes
physiques.

Il existe par ailleurs des peines complémentaires en plus de la peine principale, qui leur sont
spéciales. Exemple : dissolu3on, exclusion des marché financiers etc…

v A. Le domaine de la responsabilité des personnes morales


Principe : toutes les personnes morales peuvent être pénalement responsables, qu’elles soient de
droit privé ou de droit public.

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1. Personnes morales de droit privé

Il n’y a pas de limita;on ou d’exclusion (=d’excep3on) : tant qu’elles existent, elles sont suscep3bles
d’engager leur RP (=critère d’existence juridique pour engager la responsabilité).

• On retrouve des sociétés (civiles ou commerciales), des personnes morales sans but lucra3f.
Elles peuvent être des personnes morales de droit étranger (dès lors qu’elles répondent à la
compétence des juridic3ons française).

Le seul critère est donc l’existence de la personnalité juridique.

Les groupements sans personnalité juridique ne peuvent donc pas être pénalement responsables
(ex : sociétés créées de faits).

On voit une difficulté quand il y a des groupes de société surtout quand il y a transmission de
personnalité juridique.

® En effet, pour engager la RP il faut une existence, or la fin de la société fait disparaitre la


personnalité juridique (ex : dissolu3on de la société ; l’absorp3on d’une société par un grand
groupe = une autre société).

Principe : la société qui perd sa PJ n’est plus pénalement responsable.

Le cas des fusions-absorp.ons : Un problème s’est posé en JP concernant l’engagement de la RP de la


société absorbante pour la commission de faits commis avant absorp3on de la société absorbée
(=fusion absorp3on).

Exemple : 2 sociétés

• Société truc : société mère


• Société machin : filiale. Or elle commet une infrac3on (ex : abus de bien sociaux). On peut
donc la poursuivre. Or cet abus de biens sociaux profite certainement à la société truc. Cela
peut également entacher la réputa3on du grand groupe car tout le monde sait qu’elles sont
reliées.

La société truc procède donc à une fusion-absorp3on pour que la société machin ne soit pas
condamnée (car la société machin n’existe plus).

§ La cour tranchait pendant longtemps dans l’absence de la RP de la société absorbante (truc),


pour des fait commis par la société absorbée avant absorp3on car personnalité juridique
éteinte.
Sa posi3on pose des problèmes…

Problème 1 : cela laissait une porte ouverte aux sociétés et la cour cau3onnait les pra3ques de
fusion-absorp3on pour éviter les poursuites. C’était un moyen pour un chef de société de dissoudre
en cas de problème. On pouvait poursuivre mais il fallait prouver que la société absorbante avait
connaissance des actes de la société absorbée. Or cela était compliqué…

Problème 2 : De plus, ceZe posi3on de la Cour de cassa3on ne s’accordait pas avec la solu3on de la
CJUE (DC : 5 mars 2015) à une fusion par absorp3on entraine nécessairement la transmission à la
société absorbante de la RP de la société absorbée.

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§ Malgré ceZe DC, la cour main3ent sa posi3on tradi3onnelle se fondant sur l’ar3cle 121-2 du
CP : un mécanisme de responsabilité de son propre fait, pour des faits commis dans le temps
de vie de la PJ.

Revirement de JP (aZendu) 25 novembre 2020 : la Cour de cassa3on a fini par reconnaitre une
forme de transmission de RP de la société absorbée à la société absorbante. Elle jus3fie cela par
certes la société ‘machin’ (=absorbée) perds la PM, mais les faits (=infrac3ons) sont comme resté
dans son patrimoine. L’amende à la suite de la condamna3on est donc dans son patrimoine. Or
étant donné que la société ‘truc’ (=absorbante) absorbe le patrimoine, elle absorbe aussi la
poten3elle amende. On condamne machin mais on fait payer l’amende par truc.

La société absorbante est donc RP de la société absorbée quand elle existait.

Dans un cas pra3que : on cite la JP de 2020 et on conclut que la société absorbante est PR pour les faits
commis par la société absorbée et encourt la condamna3on.

2. Les personnes morales de droit public

Elles sont plus restric;vement concernées par la RP à Ar3cle 121-2 « a l’excep3on de … » : « Les
personnes morales, à l’exclusion de l’État, sont responsables pénalement, selon les dis3nc3ons
des ar3cles 121-4 à 121-7, des infrac3ons commises, pour leur compte, par leurs organes ou
représentants ».

Principe général : exclusion de la RP de l’État.

Al 2 : « toutefois, les collec3vités territoriales et leurs groupements ne sont responsables pénalement


que des infrac3ons commises dans l’exercice d’ac3vités suscep3bles de faire l’objet de conven3ons de
déléga3on de service public ». à En principe RP mais non RP pour les infrac3ons commises dans
l’exercice de leurs ac3vités non délégables.

• Elles délèguent à une entreprise privée, c’est une déléga3on du SP. Les collec3vités
territoriales ne peuvent pas tout faire elles-mêmes et délèguent leurs compétences
(transports scolaires, can3nes...).

Certains sont insuscep.bles d’être délégués, ici il n’y aura pas de RP des collec.vités territoriales.

La responsabilité pénale des personnes morales n'exclut pas celle des personnes physiques auteurs
ou complices des mêmes faits, sous réserve des disposi3ons du quatrième alinéa de l'ar3cle 121-3.

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