Séquence 2 : Métabolisme des glucides
I. Introduction
Les glucides présents dans l'alimentation sont principalement des polysaccharides (amidon,
saccharose, lactose) et des oses simples (glucose, fructose). Ces polysaccharides vont subir une
digestion consistant à la lyse des liaisons entre les oses par des enzymes situées dans la bouche,
l'estomac et l'intestin (glycolyse). La maltase hydrolyse le maltose en glucoses, l’isomaltase ou
1-6-glucosidase hydrolyse l’isomaltose en glucose, la saccharase hydrolyse le saccharose en
glucose et fructose, la lactase hydrolyse le lactose en glucose et galactose, la tréhalase hydrolyse
le tréhalose en glucose.
II. Vue d’ensemble du métabolisme des glucides
Le métabolisme des glucides regroupe aussi bien la biosynthèse des glucides
(Glycogénogénèse) et leur biodégradation (Glycogénolyse).
I. Catabolisme des glucides
1. La glycolyse
1.1. Définition
La glycolyse est l’ensemble des voies métaboliques énergétiques permettant la phosphorylation
de l’ADP en ATP ou l’augmentation des réserves énergétiques, grâce à l’oxydation des glucides
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1.2. Transport du glucose dans la cellule
Le glucose traverse les membranes plasmiques grâce à des protéines transporteuses : les
glucoses perméases/Transporter (GLUT). Chacune des hexokinases est liée spécifiquement
avec une forme de GLUT : hexokinase I avec GLUT1, hexokinase II avec GLUT2 etc.
Les hexokinases catalysent la phosphorylation du glucose sur son carbone 6 par un transfert de
phosphate. L’ATP est le coenzyme donneur d’énergie et de phosphate. Un proton est libéré.
Comme toutes les enzymes à ATP les hexokinases ont le magnésium comme cofacteur
1.3. Phosphohexose isomérase
Une fois le glucose phosphorylé par l’hexokinase 6-phosphate, le noyau pyrane est isomérisé
en noyau furanne par la phosphohexose isomérase.
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1.4. La phosphofructokinase I
Elle phosphoryle à nouveau le fructose 6-phosphate en fructose 1,6-diphosphate avec
consommation d’une molécule d’ATP.
1.5. L’aldolase
Elle catalyse la scission du fructofuranose 1,6-diphosphate en deux trioses phosphates
(isomères) : le phosphoglycéraldéhyde et le phosphodihydroacétone
1.6. Le triose phosphate isomérase
Elle convertit le phosphodihydroacétone en phosphoglycéraldéhyde avec consommation
d’énergie
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1.7. Phosphoglycéraldéhyde déshydrogénase
Elle permet à partir du glycéraldéhyde phosphate, le transfert d’hydrogène sur le NAD+ pour
donner du NADH. Par une phosphorylation simple on obtient un produit le 1,3-
diphosphoglycérate.
1.8. Le phosphoglycérate kinase
Elle transforme par déphosphorylation le 1,3-diphosphoglycérate en 3-phosphoglycérate
permettant la phosphorylation de l’ADP en ATP.
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1.9. Phosphoglycérate mutase
Elle permet la transformation du 3-phosphoglycérate en 2-phosphoglycérate
1.10. Enolase
Elle catalyse la déshydratation du 2-phosphoglycérate en phosphoénolpyruvate
1.11. Pyruvate kinase
Par déphosphorylation la pyruvate kinase transforme le phosphoénolpyruvate en pyruvate avec
production d’énergie (phosphorylation d’ADP en ATP)
1.12. Bilan moléculaire et énergétique
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De la phosphorylation du glucose par l’hexokinase à la formation du phosphoglycérate, 4
KJ/mol et 2 molécules d’ATP sont consommées.
Du phosphoglycérate à l’obtention du pyruvate 4 molécules d’ATP sont synthétisées avec
production d’une énergie de 76 KJ/mol. Donc de la phosphorylation du glucose à l’obtention
du pyruvate on a 2 molécules d’ATP, 2 molécules NADH formées avec une production
d’énergie de 72 KJ/mol.
NB. Dans la phosphorylation oxydative mitochondriale, une mole de NADH2 produit 3 mol
ATP, soit 8 mol d’ATP par mol de glucose.
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1.13. Le devenir du pyruvate
La molécule du pyruvate formée peut entrer dans la formation d’oxaloacétate, d’éthanol, de
lactate, d’alanine ou d’acétyl-CoA.
1.14. La glycolyse anaérobique
Elle se déroule en absence d’oxygène. C’est une chaine métabolique qui permet à une cellule
d’extraire de l’énergie directement du glucose
Le pyruvate formé de la glycolyse est converti en L-lactate par le lactate déshydrogénase. Une
molécule de NADH est consommée.
Le bilan moléculaire et énergétique de la glycolyse anaérobique montre qu’à partir d’une
molécule du glucose, on obtient 2 mol de lactate, 2 mol d’ATP et 122 KJ/mol d’énergie
1.15. La glycolyse aérobique
Le pyruvate issu de la glycolyse cytoplasmique est transporté dans la mitochondrie où il sera
entièrement dégradé dans un cycle appelé cycle de Krebs ou cycle des acides dicarboxyliques
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a) Entrée du pyruvate dans la mitochondrie
Le pyruvate de la glycolyse cytoplasmique est transporté dans l’espace intra mitochondriale par
un mécanisme de cotransport ion potassium pyruvate.
b) Décarboxylation du pyruvate et transfert d’acétyle
Le pyruvate une fois dans la mitochondrie subie une décarboxylation sous l’action du complexe
multienzymatique de la pyruvate déshydrogénase décarboxylase.
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L’acétyle issu du pyruvate est transféré sur le groupe coenzyme A pour donner l’acétyl-CoA
sous l’action du pyruvate déshydrogénase transacétylase
Le second produit (dihydrolipoamide) s’oxyde en lipoamide sous l’action du pyruvate
déshydrogénase lipoyl déshydrogénase. Un transfert d’hydrogène est effectué sur le NAD+ pour
donner du NADH
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c) Bilan moléculaire et énergétique de la pyruvate déshydrogénase
La transformation du pyruvate en acétyl-CoA conduit à la formation d’une molécule de NADH
et 38 KJ/mol d’énergie
d) Le cycle de Krebs
➢ Définition
C’est la voie métabolique de la mitochondrie qui oxyde l’acide acétique de l’acétyl-CoA en
bicarbonate en présence de coenzymes transportant les hydrogènes vers la chaine respiratoire
mitochondriale. L’acétyl-CoA, produit final de la pyruvate déshydrogénase, va entrer dans les
réactions d’une nouvelle voie métabolique qui fait partie de la glycolyse aérobie : le cycle de
KREBS
L’acide acétique entre dans le cycle sous forme activée d’acétyl-coenzyme A. Un autre substrat,
l’oxaloacétate est utilisé par la première réaction et entièrement régénéré par la dernière.
➢ La condensation
La citrate synthase permet la condensation de l’acétyl-CoA et de l’oxaloacétate pour donner le
citrate avec production d’énergie
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➢ Déshydratation-hydratation
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Le citrate formé subit une déshydratation puis une réhydratation sous l’action d’une aconitase
➢ Décarboxylation oxydative et transfert
Sous l’action de l’isocitrate déshydrogénase, le thréo-Ds-isocitrate est transformé en α-
cétoglutarate.
L’ α-cétoglutarate est décarboxylé à son tour par l’α-cétoglutarate déshydrogénase (I):
décarboxylase puis transféré sur le groupe dihydrolipoamide
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L’α-cétoglutarate déshydrogénase (II) : transsuccinylase permet le transfert du radical cétoacide
sur le coenzyme A pour donner le succinyl-CoA suivie d’une régénération du groupe
dihydrolipoamide
➢ Oxydation
L’α-cétoglutarate déshydrogénase (III) : lipoyl déshydrogénase oxyde le dihydrolipoamide
en lipoamide.
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➢ Bilan moléculaire et énergétique de l’α-cétoglutarate déshydrogénase
Au cours de l’obtention du succinate à partir de l’α-cétoglutarate, une molécule de NADH est
formée avec production de 37 KJ/mol d’énergie
Le succinyl thiokinase par phosphorylation du succinyl-CoA permet la libération du succinate
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➢ Conversion du GTP en ATP
Le nucléoside diphosphate kinase permet de synthétiser une molécule d’ATP à partir du GTP
GTP + ADP → GDP + ATP
➢ Désydrogénation, hydratation, déshydrogénation
Le succinate subit une déshydrogénation catalysée par le succinate déshydrogénase. On obtient
alors le fumarate
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Le fumarate formé est hydraté par le fumarase pour donner le L-malate
Le malate déshydrogénase permet la régénération de l’oxaloacétate consommé depuis la
première réaction du cycle de Krebs
➢ Bilan de la chaine respiratoire mitochondriale (NADH)
Chaque molécule de NADH formée au cours de la glycolyse va entrer dans la chaine respiratoire
mitochondriale pour être oxydé. 3 ATP et 125 KJ/mol sont produites par molécule de NADH
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➢ Bilan de la chaine respiratoire mitochondriale (succinate/FADH2)
La transformation du succinate en fumarate est accompagnée de la formation d’une molécule
de FADH2 . Dans la chaine respiratoire mitochondriale l’oxydation d’une molécule de FADH2
permet d’obtenir 2 ATP plus 82 KJ/mol d’énergie
FADH2
➢ Bilan du cycle de Krebs
Au cours du cycle de Krebs, trois (3) molécules de NADH, une (1) molécule de FADH2, une
(1) molécule d’ATP et 66 KJ/mol d’énergie sont formées.
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➢ Bilan cycle de Krebs et chaine respiratoire mitochondriale
Le bilan globale de l’oxydation de l’acétyl-CoA donne 12 molécules d’ATP formées avec une
production d’énergie de 523 KJ/mol
e) Bilan de la glycolyse aérobique (glucose)
L’oxydation complète du glucose depuis la glycolyse par l’hexokinase jusqu’à la sortie de
la chaine respiratoire mitochondriale conduit à la formation de 38 molécules d’ATP et 1694
KJ d’énergie
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f) Bilan de la glycolyse aérobique (glycogène)
Lorsque c’est le glycogène qui est hydrolysé pour libérer le glucose avant son oxydation
complète, on obtient 39 molécules ATP et 1684 KJ d’énergie
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g) Régulation du cycle de Krebs
Il existe deux niveaux de régulation :
- Au niveau de l’isocitrate déshydrogénase les activateurs sont Ca2+; ADP et les
inhibiteurs sont l’ATP et le NADH
- Au niveau Complexe cétoglutarate DH, le Ca2+ est un activateur tandis que ATP,
succinyl-CoA, NADH sont des inhibiteurs allostériques
1.16. La phosphorylation oxydative mitochondriale
Le NADH et FADH2 sont des molécules riches en énergie car elles possèdent une paire
d’électrons ayant un haut potentiel de transfert. La phosphorylation oxydative désigne le
processus par lequel l’ATP est formé lorsque des électrons sont transférés du NADH ou du
FADH2 au dioxygène par une série de transporteur d’électrons. Elle est assurée par des
assemblages respiratoires localisés dans la membrane interne de la mitochondrie. L’oxydation
du NADH donne 3 ATP et celle du FADH2 donne 2 ATP.
Il existe cinq complexes de la chaine respiratoire mitochondriale
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Figure : Schéma général de la chaine respiratoire mitochondriale
a) La NADH-Coenzyme Q oxydoréductase ou Complexe I
La NADH-Coenzyme Q oxydoréductase ou Complexe I de la chaîne respiratoire
mitochondriale est une énorme protéine d’une masse de 900000 daltons comprenant 45 sous-
unités. Elle catalyse l’oxydation du coenzyme NADH, dont le potentiel d’oxydoréduction est
de - 320 mv, en présence d’un proton. Les hydrogènes permettent de réduire le coenzyme Q de
la membrane, dont le potentiel d’oxydoréduction est de +60 mv, en coenzyme QH2. Cette
réaction d’oxydoréduction couplée est exergonique et libère 73 kJ/mol. Une partie de ces 73 kJ
est utilisée par l’enzyme pour déplacer des protons depuis la matrice vers l’espace
intermembranaire. Ce pompage de protons est donc couplé à la réaction d’oxydoréduction.
Dans les cellules, le rapport des concentrations NADH/NAD+ est inférieur à l’unité, de sorte
que la réaction produit moins de chaleur que dans les conditions standard.
b) La coenzyme Q-cytochrome c oxydoréductase ou Complexe III
La Coenzyme Q-cytochrome c oxydoréductase est l’enzyme suivante de cette voie métabolique.
La coenzyme Q-cytochrome c oxydoréductase ou Complexe III de la chaîne respiratoire
mitochondriale est un dimère dont chaque moitié a une masse de 300000 daltons et est
constituée de 12 sous-unités. Elle catalyse l’oxydation du coenzyme QH2, soluble dans la
membrane, dont le potentiel d’oxydoréduction est de +60 mv. Les électrons permettent de
réduire deux molécules de cytochrome c ferrique en cytochrome c ferreux, dont le potentiel
d’oxydoréduction est de +255 mv. Cette réaction d’oxydoréduction couplée est exergonique et
libère 39 kJ/mol. Cette énergie est utilisée par l’enzyme pour déplacer des protons depuis la
matrice vers l’espace intermembranaire. Ce pompage de protons est donc couplé à la réaction
d’oxydoréduction.
c) La cytochrome oxydase ou Complexe IV
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La cytochrome oxydase ou Complexe IV de la chaîne respiratoire mitochondriale est un dimère
dont chaque moitié a une masse de 162000 daltons et est constituée de 8 sous-unités. Elle
catalyse l’oxydation du cytochrome c ferreux, dont le potentiel d’oxydoréduction est de
+255 mv. Les électrons permettent de réduire un atome d’oxygène en eau au potentiel
d’oxydoréduction de +810 mv. Cette réaction d’oxydoréduction couplée est exergonique et
libère 106 kJ/mol. Une partie de ces 106 kJ est utilisée par l’enzyme pour déplacer des protons
depuis la matrice vers l’espace intermembranaire. Ce pompage de protons est donc couplé à la
réaction d’oxydoréduction. Dans les cellules, le rapport des concentrations du cytochrome c
réduit et oxyde n’est pas égal à l’unité et l’Oxygène est beaucoup moins abondant que l’eau, de
sorte que la réaction produit moins de chaleur que dans les conditions standard.
d) L’ATPase mitochondriale
L’ATPase mitochondriale est la dernière enzyme de la chaîne respiratoire mitochondriale.
L’ATPase mitochondriale est une protéine complexe constituée de 11 sous-unités différentes
atteignant la masse totale de 450000 daltons. Contrairement aux autres enzymes de la chaîne
respiratoire mitochondriale, elle pompe les protons de l’espace intermembranaire vers la
matrice. Ce faisant, elle récupère l’énergie que les autres enzymes de la chaîne utilisent pour
accumuler les protons dans l’espace intermembranaire. Cette énergie est couplée à la réaction
de phosphorylation de l’ADP par un phosphate minéral en présence de Magnésium, réaction
endergonique qui consomme 31 kJ/mol. Dans les cellules, le rapport des concentrations
ATP/ADP est très supérieur à l’unité, de sorte que la réaction consomme plus d’énergie que
dans les conditions standard.
e) La succinate déshydrogénase ou complexe II
La succinate déshydrogénase est une enzyme de la membrane interne de la mitochondrie faisant
partie de deux voies métaboliques, le cycle de KREBS et la chaîne respiratoire mitochondriale.
La succinate déshydrogénase ou complexe II de la chaîne respiratoire mitochondriale, est donc
une petite protéine de 130000 daltons, constituée de 4 sous-unités.
Elle catalyse l’oxydation du succinate en fumarate, réaction du cycle de KREBS, dont le
potentiel d’oxydoréduction est d’environ +30 mv. Les hydrogènes servent à réduire le
coenzyme Q de la membrane interne. Le potentiel d’oxydoréduction de ce dernier n’étant que
de +60 mv, l’énergie libérée par cette réaction n’est pas suffisante pour qu’il y ait un pompage
de protons au niveau de ce complexe II. D’autres flavoprotéines situées sur cette face interne
de la membrane interne de la mitochondrie peuvent aussi réduire le coenzyme Q de la chaîne
respiratoire en oxydant divers substrats du métabolisme, comme le glycérophosphate ou les
acyl-coenzymes A.
NB ; Une protéine de la membrane interne de la mitochondrie permet le transport de l’ATP
synthétisé de la matrice vers l’espace intermembranaire : c’est l’ATP translocase. C’est une
protéine à quatre sous-unités dont la masse est de 29000 daltons. Elle facilite le transport d’une
molécule d’ATP porteuse de 4 charges négatives de la matrice vers l’espace intermembranaire,
en échange d’une molécule d’ADP porteuse de trois charges négatives dans l’autre sens. Une
autre protéine transporteuse, la Porine, permet enfin à l’ATP de franchir la membrane externe
de la mitochondrie pour sortir dans le cytoplasme.
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1.17. Rôle de l’ATP
Le coenzyme ATP joue toujours dans les réactions enzymatiques le rôle de donneur d’énergie
par hydrolyse d’une de ses liaisons riches en énergie. Cette énergie peut apparaître sous de
multiples formes : en énergie mécanique, comme dans la contraction musculaire ; en énergie
osmotique, comme dans les échanges Na+/K+ au niveau des membranes cellulaires ; en énergie
chimique, pour effectuer des synthèses de molécules biologiques ; en énergie calorique, pour
maintenir la température de 37°C ; en énergie électrique, pour la propagation de l’influx
nerveux ; et enfin en énergie lumineuse, chez le ver luisant, par exemple. En plus de l’énergie,
les enzymes transfèrent souvent une partie de la structure chimique de l’ATP. Ainsi, l’ATP peut
être :
— donneur de phosphate, avec la plupart des enzymes de phosphorylation ou kinases ;
— donneur de pyrophosphate, comme dans l’activation de la vitamine B1 ou thiamine ;
— donneur d’AMP, comme dans l’activation des acides gras ou des acides aminés ;
— donneur d’adénosine enfin, comme dans la synthèse des coenzymes B12 ou
adénosylméthionine.
1.18. Régulation de la glycolyse
Deux hormones antagonistes (insuline et glucagon) interviennent au niveau de la glycogénolyse
pour réguler le taux de glucose dans le sang et son entrée dans la cellule. Le glucagon permet
d’élever le taux de glucose dans le sang en activant la glycogénolyse pendant que l’insuline
l’inhibe.
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La régulation se déroule à deux niveaux principaux :
- La phosphofructokinase dont les activateurs sont le fructose 2,6 diphosphate, AMP et
les inhibiteurs sont l’ATP, le citrate
- La pyruvate kinase dont l’activateur est le fructose 1,6 diphosphate et les inhibiteurs
l’ATP, l’alanine
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2. La glycogénolyse
La glycogénolyse est le processus qui aboutit à l’obtention du glucose par la dégradation du
glycogène
2.1. Glycogène phosphorylase
Elle assure la phosphorylation du glycogène suivi de l’hydrolyse du glucose-phosphate.
Glycogène (n) + HOPO
2- Glc-1-phosphate +
3
glycogène (n-1)
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2.2. Phosphoglucomutase
Elle permet d’obtenir à partir du Glc-1P du Glc-6P avec libération d’énergie
2.3. Bilan de la glycolyse
En aérobie, pour une molécule de glucose hydrolysée du glycogène on obtient 2 Pyr, 2 NADH,
3ATP et 62 KJ/mol
Le pyruvate sera transformé en lactate avec consommation du NADH et une libération de 50
KJ/mol. On aboutit alors à 3 ATP, 2 lactate et 112 KJ/mol.
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II. Anabolisme des glucides
1. Néoglucogenèse
1.1. Définition
La néoglucogenèse, aussi appelée gluconéogenèse, est la synthèse du glucose à partir de
composés non glucidiques (le pyruvate, le lactate, le glycérol et des acides aminés etc). On
pourrait penser que c'est l'inverse de la glycolyse, mais les voies biochimiques empruntées, bien
que comportant des points communs, ne sont pas identiques
La conversion du pyruvate en glucose est la voie centrale de la néoglucogenèse, sur ses dix
réactions enzymatiques, sept sont des réactions réverses de la glycolyse. Cependant, les trois
réactions irréversibles de la glycolyse doivent être remplacées dans la néoglucogenèse afin que
la synthèse du glucose soit thermodynamiquement favorable.
Les étapes 1, 8 et 10 de la néoglucogenèse sont donc catalysées par des enzymes différentes de
celles de la glycolyse : la transformation 1 nécessite plusieurs étapes catalysées par des enzymes
mitochondriales et cytosoliques, les réactions 8 et 10 sont des hydrolyses.
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1.2. Bilan de la néoglucogénèse
Le bilan de la transformation du pyruvate en phosphoénolpyruvate est :
Pyruvate + ATP + GTP + HCO3 phosphoénol pyruvate + ADP + GDP + Pi + H+ + CO2
La néoglucogenèse est énergétiquement coûteuse. Le bilan des réactions de biosynthèse
conduisant du pyruvate au glucose est :
2 pyruvates + 4 ATP + 2 GTP + 2 NADH + 4 H2O Glucose + 4 ADP + 2 GDP + 6 Pi
+ 2 NAD+ + 2 H+
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2. La voie des pentoses phosphates
Elle a pour fonctions la production de NADPH,H+ pour la biosynthèses des acides gras et
stéroïdes ou pour la réduction du glutathion et la production de ribose-5-P pour la biosynthèse
des Acides Nucléiques. Elle ne consomme pas d’énergie.
La voie des pentoses phosphates comporte deux phases principales :
➢ Une phase oxydative qui permet d’avoir du rubulose-5P à partir de glc-6P avec 2
réactions de réduction et une hydratation irréversible
➢ Une phase non oxydative permettant plusieurs oses dont le ribose-5P de subir une
translation et une isomérisation
2.1. La phase oxydative
Le ribulose 5-phosphate est obtenu à partir du glucose 6-phosphate après une série de trois
réactions
La voie des pentose phosphates se déroule dans le cytoplasme de toutes les cellules et varie en
fonction des tissus, en fonction du besoin. Elle est totalement imbriquée avec la glycolyse
2.2. La phase non oxydative
Le ribulose 5-phosphate par isomérisation ou par épimérisation aboutit au ribose 6-phosphate
Le ribose 5-P ainsi formé se condense avec une molécule de xylulose 5-P pour donner du
glycéraldéhyde 3-phosphate et un sédoheptulose 7-P
Le cétose est toujours le donneur des carbones et l’aldose est l’accepteur. Le cétose après la
réaction devient un aldose et vice-versa.
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Le sédoheptulose 7-P et le glycéraldéhyde 3-P suite à l’action d’une transaldolase donne du
érythrose 4-P et du fructose 6-P
L’érythrose 4-P et le xylulose 6-P donne une molécule de glycéraldéhyde 3-P et une molécule
de fructose 6-P
2.3. Lieu et rôle de la voie des pentoses phosphates
Elle se déroule dans le foie (synthèse des acides gras et stéroïdes), dans les tissus adipeux
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(synthèses des acides gras), dans les glandes mammaires (synthèse des acides gras au cours de
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lactation), dans les tissus stéroïdogènes (synthèse de stéroïdes au niveau des testicule et ovaire)
et dans les globules rouges (réduction du glutathion).
2.4. Régulation de la voie des pentoses phosphates
La première étape de la voie (catalysé par la Glucose-6-phosphate déshydrogénase) est
irréversible et cette étape contrôle le flux dans la voie:
- Le facteur régulateur le plus important est la concentration du NADP+ (disponibilité du
substrat)
- Le NADPH est l’inhibiteur compétitive de la Glucose-6-phosphate déshydrogénase
(compétition avec le NADP+ pour la liaison à l’enzyme)
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