CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA MICROBIOLOGIE
Définitions
1) Microbiologie : Du grec : micros = petit ; bios = vie ; logos = science.
Science qui étudie les microorganismes : protozoaires, champignons inférieurs,
algues, bactéries, virus.
Groupe très large et diversifié.
Organismes vivants dont le Ø <1mm.
Unicellulaires ou pluricellulaires.
C’est la science qui étudie les unités cellulaires vivantes riches par leur
pouvoir (pathogénicité), par leur diversité et dont la place s’est imposée à
côté des deux règnes : animal et végétal.
« Le rôle de l’infiniment petit dans la nature est infiniment grand » Pasteur Ce
terme « microbiologie » englobe donc plusieurs disciplines dont voici les
définitions :
a) La bactériologie : qui étudie les bactéries, leurs propriétés et leur action sur
l’homme et sur l’animal ;
b) La virologie : qui étudie les virus, leurs propriétés et leur action sur l’homme et
sur l’animal ;
c) La mycologie : qui étudie les virus, leurs propriétés et leur action sur l’homme et
sur l’animal ;
d) La parasitologie : qui étudie les parasites (y compris les protozoaires), leurs
propriétés et leur action sur l’homme et sur l’animal ;
2) Micro-organismes
Ce sont des êtres vivants unicellulaires ayant une structure et es dimensions si
petites qu’ils ne peuvent être vus qu’au microscope. Ils peuvent vivre à l’état
saprophyte dans les milieux organiques extérieurs où ils engendrent des
fermentations. Ils peuvent aussi vivre et se développer chez les êtres vivants et
engendrer des maladies infectieuses.
3) bactérie
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Les mots microbe ou bactérie désignent des êtres unicellulaires ayant des structures
et des dimensions si petites qu’ils ne peuvent être vus qu’au microscope. Les
bactéries se présentent sous des aspects différents :
a) Forme sphérique, cocci, coque, régulier ou irrégulier, réniforme, ou ovoïde ;
b) Forme de bâtonnet,
c) spiralé ;
d) Forme hélicoïdale : en forme d’hélice ;
4) Virus :
Les virus sont des agents infectieux dont la structure se résume à un génome
(A.D.N ou A.R.N) entouré d’une coque protéique appelée capside ; cet ensemble
appelé nucléocapside s’entoure chez certains virus d’une enveloppe. Les virus sont
tellement petits qu’ils passent à travers une bougie filtrante et ne sont vus qu’à
l’aide du microscope électronique ;
5) Champignons
Les champignons sont des micro-organismes uni ou pluricellulaires, plus
complexes que les bactéries. Ils ont une structure cellulaire analogue à celle des
animaux et des végétaux ;
6) Anatoxines :
Sont des toxines ayant perdu leurs propriétés toxiques mais qui conservent leur
pouvoir antigénique (immunisants) ex : anatoxines diphtériques ; anatoxines
tétaniques ;
7) Phagocytose :
La phagocytose est un mécanisme par lequel certaines cellules animales vivantes
(surtout les leucocytes) ou certains organismes unicellulaires (amibes) englobent et
digèrent des particules étrangères (débris de cellules nécrosées, micro-organismes,
particules nutritives). La phagocytose est aussi un moyen de défense de
l’organisme.
8) Immunité :
L’immunité caractérise l’état d’un organisme qui possède des moyens de défense
efficaces vis à vis des éléments susceptibles de l’agresser.
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C’est un état réfractaire, temporaire ou habituel d’un organisme vis-à-vis de
certaines maladies :
9) Antigène :
On appelle antigène toute substance étrangère à l’organisme (microbe, toxine) qui,
introduite dans celui-ci y fait naître, par réaction de défense, une substance
antagoniste : l’anticorps capable de l’anéantir.
10) Anticorps :
Ce sont des substances défensives élaborées par l’organisme à la suite de
l’introduction dans celui-ci d’un antigène, et concourant au mécanisme de
l’immunité.
11) Antitoxines :
Ce sont des substances produites par l’organisme pour combattre les effets des
toxines. Elles deviennent de plus en plus abondantes à mesure que l’immunité
devient plus forte ; on les trouve dans le sérum
12) Toxines :
Ce sont des substances à la fois toxiques et antigéniques élaborées par certaines
bactéries. C’est tout poison d’origine biologique.
13) Vaccination :
C’est l’inoculation, ou l’administration par voie buccale d’un vaccin, soit pour
protéger l’organisme contre une maladie déterminée (vaccination préventive) soit
pour combattre une maladie en évolution en augmentant la résistance de
l’organisme (vaccination curative) ;
14) Saprophyte :
Les germes saprophytes sont des germes qui vivent dans un organisme humain sans
provoquer de maladie. Ils sont parfois utiles pour cet organisme ; c’est le cas de la
flore intestinale qui aide dans la digestion des aliments ;
15) Mycologie C’est l’étude des champignons ou mycètes ;
16) Entomologie : est une partie de la zoologie qui traite des insectes ;
17) Virulence : Elle désigne le degré de pathogénique d’un micro-organisme
c’est-à-dire son aptitude à se développer dans un organisme hôte et d’y provoquer
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des troubles morbides (maladie). La virulence dépend de deux facteurs : le potentiel
d’agression des microbes et les moyens de défense de l’hôte ;
18) Parasite : Ce sont des organismes animaux ou végétaux qui vivent aux
dépends d’un autre (hôte), lui portant préjudice mais sans le détruire. Il existe des
parasites dits externes (pou, puce) et des parasites internes (taenia, douve).
I. Bref historique
La microbiologie a certainement profité de la découverte en 1676 du microscope
par Antony Van Leeuwenhoek (1632-1723) qui après les levures les bactéries
ont été mises en évidence en 1684.
Plus tard on a pu mettre en évidence le rôle de contagion de ces germes surtout
avec les travaux de louis Pasteur sur la génération spontanée et sur le charbon
animal en 1877.
Puis il y a l’inauguration de la microbiologie médicale qui donnera au monde
microbien d’autres applications :
• Vaccination, sérothérapie, industrie alimentaire, la synthèse protéique, la
production médicamenteuse…
II. Divisions du monde vivant
• Pour les naturalistes, les êtres vivants sont partagés en deux règnes : animal
et végétal. Avec l’ère des microorganismes est né un 3ème règne celui des protistes
(caractères intermédiaires entre animaux et végétaux).
• Il devrait rassembler les organismes biologiques rudimentaires et à pouvoir
photosynthétique ou non, immobiles ou non.
• Il s’agit donc des algues, les protozoaires, les champignons, les bactéries.
• Aussi la proposition de Haeckel en 1886 ne fut-elle accueillie d’emblée
encore que l’on distinguait déjà deux sous unités à ce nouvel ensemble :
Sous règne des protistes supérieurs : correspond aux cellules eucaryotes
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(eu : vrai ; caryot : noyau) dont l’unité de structure va rassembler les métazoaires,
les protozoaires, les champignons et la plupart des algues.
Sous règne des protistes des protistes inférieurs : correspond aux procaryotes
(pro : faux) dont la structure interne déjà très réduite. Exp: bactéries, certaines
algues.
Cette classification ne précise pas la place des virus dont la taille est encore plus
petite que les bactéries et la reproduction se fait à partir matériel génétique des
cellules infectées.
Ils Sont considérés comme des particules et non pas de cellules à l’état
extracellulaire (parasites). Donc on comprend que les virus ne possèdent pas du
métabolisme propre, ils vivent donc comme des parasites obligatoires.
III. Distinction procaryotes/eucaryotes :
La distinction entre procaryotes et eucaryotes est tellement importante et elle se
base sur les éléments suivants : Paroi, Noyau, Mitochondries.
Paroi Noyau mitochondries
néant liés à la membrane
présente
cytoplasmique.
Procaryotes
1 seul chromosome, ADN
non
lié aux protéines
présente : placés dans le cytoplasme.
Eucaryotes
membrane nucléaire
≥ 2 chromosomes
absente
ADN lié aux protéines
histones
IV. Caractéristiques des principaux groupes de microorganismes :
Les principaux groupes de microorganismes sont les virus, les bactéries, les
cyanobactéries, les champignons (levures, moisissures), les algues, les protozoaires,
et les helminthes.
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Chaque groupe comporte des familles, des genres et des espèces.
La classification de ses organismes (= taxonomie) est fondée sur les propriétés de
reproduction, de cultures, et sur la structure des acides nucléiques en particulier de
l’ADN génomique.
Chaque micro-organisme a une dénomination internationale comportant le nom du
genre et l’espèce.
Exemples :
Myxovirus influenzae (agent de la grippe)
Pseudomonas aeruginosa (germe hospitalier très résistant ; bact)
Candida albicans levure, agent du muguet)
Leishmania donovani (parasite)
A- Classification des bactéries : les bactéries peuvent être classées :
1) selon la morphologie : Schématiquement on peut classer les bactéries d’après
cinq formes principales :
a) Les sphériques ou coccus ou cocci ex : streptocoque, staphylocoque,
pneumocoque et méningocoque ;
b) Les bactéries allongées ou bacilles ex : colibacille, bacilles diphtériques
c) les bacilles intermédiaires entre coccus et bacille ; coccobacille : les rickettsies,
les clamydiés;
d) les incurvées : vibrion cholérique ;
e) Les spiralées : spirochètes ex : tréponème pâle
2) Selon le mode de vie : C’est surtout vis-à-vis de l’oxygène que les exigences
gazeuses des bactéries sont précises ainsi on distingue
a) Les anaérobies stricts : ils meurent en présence de l’oxygène libre et ne
Vivent qu’en présence d’oxygène combiné ;
b) Les aérobies stricts : ne vivent qu’en présence d’oxygène libre ;
c) Les anaérobies facultatifs ou aéro-anaérobies peuvent vivre dans les deux
conditions ;
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3) Selon la virulence :
a) Les bactéries saprophytes : Elles vivent au dépends des déchets organiques sans
nuire à l’organisme. Elles peuvent devenir pathogènes par les poisons qu’elles
secrètent lorsqu’elles se retrouvent dans de nouvelles conditions de vie. Les
bactéries saprophytes mènent dans la nature une vie autonome en y puisant leur
énergie et en y effectuant leurs synthèses.
b) Les bactéries pathogènes : Ce sont des micro-organismes déterminant chez un
hôte une maladie qui peut se traduire par des signes cliniques ou au contraire rester
inapparente. On doit distinguer parmi ces microorganismes :
Les pathogènes stricts : qui sont en principe toujours pathogènes pour un hôte
donné. Certains peuvent toutefois être rencontrés à l’état saprophytisme chez des
sujets hydrorésistants appelés porteurs de germes ou porteurs sains.
Les pathogènes occasionnels : ils peuvent éventuellement déterminer une maladie
lorsque diminue la résistance que peut leur opposer l’hôte ;
Les opportunistes saprophytes ou commensaux, ils ne se montrent pathogènes que
lorsque des conditions très exceptionnelles se trouvent accidentellement réunies
(cas du SJ.D.A);
B) Classification des virus :
La classification des virus fait intervenir 4 critères à savoir :
1) Le type d’acide nucléique : ribonucléique (A.RN) ou acide
désoxyribonucléique (A.D.N) :(acides organiques constituants des noyaux
cellulaires dont dépendent les caractères génétiques des chromosomes)
2) Le type de symétrie de la capside : cubique ou hélicoïdale ;
3) Selon ce type de symétrie : le nombre de capsomères dans le 1 cas, le diamètre
de l’hélice dans le second cas ;
4) La présence ou l’absence de l’enveloppe virale
C- Classification des champignons : La classification des champignons
microscopiques sera limitée aux espèces saprophytes ou pathogènes pour l’homme.
C’est ainsi que l’on distingue schématiquement
Le groupe des Dermatophytes ;
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Le groupe des levures ;
Le groupe des moisissures ;
Le groupe des champignons divers ;
1) Le groupe des Dermatophytes : Les Dermatophytes sont pathogènes, et se
développent sur la kératine contenue dans la conche cornée de la peau, des ongles,
des cheveux et des poils, ils sont responsables par exemple des teignes, des
mycoses des plis inter orteils ; ce groupe comporte 3 genres :
Le genre trichophyton ;
Le genre microsporum;
Le genre épidermophyton;
2) Le genre des levures : Ce sont des champignons microscopiques de structure
unicellulaire ronde ou ovalaire. Ils se reproduisent par bourgeonnement et vivent
particulièrement dans les milieux riches en sucre. Il en existe plusieurs genres
• Le genre Candida : CANIDIDA - ALBICANS : responsable des candidoses
cutanéomuqeuses : mycoses mixtes, superficielles, profondes, humides, suintantes,
prurigineuses, mal limitées ex : le muguet buccal, les vulvo-vaginites.
• Le genre Cryptococcus : Notamment l’espèce cript- néoformans responsable
d’atteintes cutanées, pulmonaires et méningo-cérébrales ;
• Le genre Pityrosporum: Dont le P- Orbiculaire (ou ovale); agent du Pityriasis
versicolor: Mycose bénigne, superficielle et très fréquente du cou, haut du thorax et
des épaules;
V. Phénomène de parasitisme
Le parasitisme implique l’association intime de deux organismes vivants de nature
différente, l’un appelé : hôte (fournit l’hébergement et la nourriture) et l’autre
appelé parasite. Donc le parasite vit aux dépends de l’hôte. Il existe donc plusieurs
types de relation hôte – parasite :
• Le parasite commensal :
Il vit aux dépends d’un autre organisme sans lui faire du mal mais dans certaines
circonstances, cette cœxistence pacifique cesse et le microorganisme devient
pathogène. C’est le cas des infections opportunistes.
• Le parasite vivant en symbiose :
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Il vit au dépend de son hôte en l’aidant dans certaines de ses fonctions (nutrition,
métabolisme, immunité).
• Le parasite pathogène ;
Il entraîne par sa présence chez son hôte des désordres métaboliques, des lésions
organiques et des réactions allergiques plus ou moins graves.
• Le parasite peut être soit obligatoire soit facultatif :
Obligatoire : si sa survie et sa multiplication ne peuvent avoir lieu en dehors de
l’hôte (méningocoque).
Facultatif : si le parasite peut survivre et se multiplier aussi bien dans le milieu
extérieur que chez l’hôte (bactéries telluriques).
• Si tout le cycle passe dans un seul hôte, le parasite est dit monoxène.
• Si ce cycle est partagé entre plusieurs hôtes, le parasite est dit hétéroxène.
VI. Le péril fécal
C’est l’ensemble des maladies transmises par les excrétas (selles et urines). Ce
vaste problème regroupe :
Les maladies parasitaires : amibiases, helminthiases, coccidioses
(toxoplasmose).
Les maladies bactériennes : salmonelloses, shigelloses, choléra.
Les maladies virales : hépatites A, Poliomyélite.
N.B : En sont exclus les affections transmises par un vecteur comme le
Paludisme, la leishmaniose, la trypanosomiase…
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CHAPITRE II : PHYSIOLOGIE ET CROISSANCE BACTERIENNE
I. Moyens d’étude des bactéries
A l’état frais : entre deux lames et lamelle un produit pathologique est étalé. Cet
examen nous permet de noter la forme et la mobilité bactérienne, présence ou
absence de cellules et l’association avec d’autres germes.
Après coloration : entre lame et lamelle cet examen va nous orienter vers les
techniques d’isolement des germes par le choix du milieu de la culture. Pour mettre
en évidence la structure interne de la bactérie on a recoure au microscope
électronique
Examen après coloration et fixation :
A/ Au bleu de méthylène : permet de tracer le contour de la bactérie et indiquer la
situation intracellulaire ou extracellulaire de la bactérie
B/ Au Gram : cette coloration de gram utilise l’affinité des bactéries pour certains
colorants et la composition de leurs parois. Elle va nous permettre de distinguer de
grandes classes :
• Paroi de bactérie colorée en violet : bactérie gram positif
• Paroi de bactérie colorée en rose : bactérie gram négatif
On dit que la coloration gram a donc un rôle taxonomique
NB il y a des bactéries qui ne sont ni gram + ni gram- elles ont des colorations
spéciales, Exemple la coloration de Zeil Nielsen pour la coloration de bacille de
Koch (B.K)
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I. Anatomie bactérienne (voir schéma)
A. Eléments stables (=constants)
1. La paroi :
C’est l’armature principale de la bactérie. Elle est rarement absente (chez les
mycoplasmes) est couramment présente, elle assure :
L’aspect caractéristique de la bactérie : formes arrondies, allongées…
La rigidité de cette bactérie.
Grâce à la structure chimique de la paroi on a pu distinguer, selon la coloration
Gram, les bactéries Bram+ par rapport aux bactéries Gram- .
Le caractère négatif s’expliquerait par la faible couche de peptidoglycane et
surtout par la richesse en lipides perméables à l’alcool.
Certains agents agissent sur la paroi et entraine la mort de la bactérie, il s’agit
de lysosomes (action enzymatique/défense naturelle) et il y a certains
antibiotiques comme les pénicillines. Mais il existe certaines bactéries qui
peuvent se défendre en produisant des enzymes appelés pénicillinases qui vont
détruire les pénicillines.
2. La membrane cytoplasmique
Elle est composée des lipides et des glycoprotéines, présentant un aspect
trilamellaire en microscope électronique. Elle jouerait un triple rôle:
• Métabolique et de barrière osmotique.
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• Respiratoire (par la présence de certains enzymes : cytochromes,
phosphatases, hydrolases)
• Transporteur (de substances à l’intérieur de la bactérie.)
Cette membrane est la cible de certains facteurs qui inhibent les rôles
d’échanges, de transport et de l’énergie d’où la mort de la bactérie. Il s’agit de
certains antiseptiques et antibiotiques.
3. Cytoplasmes:
C’est un hydrogel colloïdal sans organites différentielles : absence de
mitochondries, d’appareil de golgi, de réticulum endoplasmique et de centrosome ;
par contre il est riche en ribosomes constitués de protéines et ARN. Toute action
bloquant la synthèse des protéines va inhiber la croissance bactérienne.
4. L’appareil nucléaire :
C’est l’élément génétique essentiel de la bactérie, non limité par une enveloppe
nucléaire, il est intra cytoplasmique, formé d’un seul chromosome en disposition
circulaire. Cet appareil est la cible des produits qui inhibent la croissance
bactérienne.
B. Les éléments non stables
1. Le flagelle :
C’est un appendice filamenteux qui assure à la bactérie son déplacement. Leur
nombre est variable (entre 1 et 30 par bactérie). La disposition des flagelles permet
de distinguer 4 types :
a) Les monotriches : c’est-à-dire un seul flagelle à une extrémité.
b) Les amphitriches ou bipolaire : il y a quelques flagelles aux deux extrémités
c) Les lophotriches : c’est-à-dire les bactéries qui ont plus de deux flagelles à une
extrémité.
d) Les péritriches : ont des flagelles sur toute la surface de la cellule.
2. La capsule :
Chez certains bactéries la paroi et recouverte par une enveloppe de nature
gélatineuse appelée capsule ou glycocalyx, la synthèse de la capsule est influencée
par des facteurs génétiques et environnementaux. La capsule est responsable du
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pouvoir pathogène de la bactérie. Elle peut entourer une seule bactérie c’est le cas
de klebseilla pneumoniae comme elle peut entourer plusieurs bactéries c’est le cas
de streptococcus pneumoniae (=pneumocoque).
Elle a un triple rôle :
• Rôle antigénique
• Un facteur de virulence (pouvoir pathogène)
• Un intérêt diagnostique
3. Pili :
Ce sont des appendices filamenteux .il existe deux types :
Pili communs : ils sont nombreux et courts. Ils servent à la fixation des
bactéries aux tissus.
Pili sexués : sont longs et moins nombreux. Ils participent au transfert du
matériel génétique.
4.Spore:
C’est une forme de résistance de certaines bactéries vis-à-vis des conditions
défavorables du milieu de la vie. Elle est très résistante à la chaleur, au froid,
aux fortes pressions et aux agents chimiques. Cette spore va redonner une
bactérie par germination lorsque les conditions deviennent favorables.
II. Physiologie et croissance bactérienne
A. Physiologie bactérienne
La bactérie est cellule vivante ; elle se devise pour donner deux cellules filles en
moyenne toutes les 20 minutes. Elle nécessite 3 catégories de besoins.
1. Les besoins élémentaires :
L’eau, l’oxygène (O2), le carbone (C), l’azote (N), le zinc (Zn), le fer (Fe), le
magnésium (Mg), le calcium (Ca), le potassium (K), les acides aminés, les
nucléiques, …
Grâce à ces éléments la bactérie fabrique ses propres constituants.
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2. Besoins énergétiques
Les bactéries sont dites des chimio-organotrophes c’est-à-dire qu’elles tirent leur
énergie à partir de l’oxydation de la matière organique (MO)
OXYDATION
Matière Organique(MO) CO2 + H2O + ATP (énergie)
3. Facteur croissance
Certaines bactéries ne peuvent synthétiser certains facteurs pour leurs besoins.
Donc pour croître, elles nécessitent l’apport de ce facteur appelé facteur de
croissance (=facteur limitant). Par ce biais ces bactéries sont appelées
auxotrophes contrastant avec les prototrophes (exemple : végétaux et certains
bactéries).
Exemple de facteurs de croissance : le nicotinamide : indispensable à E.coli mais
ne peut pas le synthétiser.
La croissance bactérienne ne dépend pas seulement de besoins nutritifs mais elle
est sous le contrôle d’autres propriétés physicochimiques à savoir : l’Aérobiose et
l’anaérobiose, l’équilibre ionique, la température, le PH, le délai d’incubation et
l’humidité. B.
La croissance bactérienne :
Elle signifie l’augmentation du nombre de bactéries en utilisant des milieux de
cultures qui sont appropriés.
a- Mesure de la croissance : elle se fait par deux méthodes
1.La numération cellulaire par le compte global.
2.La densité optique (D.O) (voir la courbe de croissance)
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Nombre des cellules
viables
A : Phase de latence : la vie cellulaire continue mais sans croissance bactérienne
B : Phase exponentielle : on note une capacité de synthèse maximale de la bactérie
(exemple : le temps de génération chez E.coli est de 20 min ; chez le BK est de
27 H)
C : Phase stationnaire : Il y a épuisement des ressources nutritives, accumulation de
toxiques et variation de PH.
D : Phase de déclin : correspond à la mort bactérienne.
C. Application de la bactériologie
Sur le plan de la bactériologie, ces études ont permis l’obtention de cultures
pures à partir de mélanges ou de produits pathologiques.
Sur le plan industriel, ces études permettent :
• Une meilleure conservation des souches
• Une recherche de facteur bactériostatique ou bactéricide
• Une utilisation de bactéries sélectionnées dans le contrôle de l’eau, de
médicament (antibiotiques) ou d’aliment
• La synthèse médicamenteuse, le génie génétique ; la synthèse de certains
protéines et fabrications de certains vaccins.
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CHAPITRE III : VIROLOGIE
Définition
Un virus est un microorganisme de petite taille, visible uniquement en microscopie
électronique ; il ne possède pas de synthèse métabolique propre. Donc pour remplir
ses fonctions métaboliques et pour se reproduire. Il doit parasiter une cellule hôte
qui peut être soit une bactérie on parle alors de bactériophage soit une cellule
animale ou végétale on parle de virus.
A. Bactériophage
1. Structure d’un bactériophage (PHAGE T2 D’E.Coli)
1. La tête : représente la capside de virion, referme à l’intérieur une molécule
d’acide nucléique pelotonnée. Vidée de son contenu, la tête est appelée
fantôme.
2. La queue : constituée d’un canal (tube) axiale et d’une gaine contractile.
Lors de l’activité de phage la gaine se contracte et le tube central pénètre
dans la bactérie pour libérer l’ADN du phage.
3. La plaque basale : support 6 filament caudaux ; c’est un moyen de fixation
du phage sur la paroi bactérienne.
2. Infection- virulence de phage.
Un phage est un virion qui est un parasite spécifique d’une bactérie ; il peut se
multiplier c’est la virulence soit s’incorporer au chromosome bactérien c’est la
lysogénie :
a. Phage virulent (cycle lytique):
Ce sont des phages qui une fois infectant une bactérie ils finissent par la lyser
Exemple : PHAGE T2 D’E.COLI
Après fixation du phage, il y a pénétration de l’acide nucléique (ADN), la capside
reste en dehors de la bactérie ; on assiste après à la multiplication de l’ADN virale
puis la synthèse des protéines du même phage ; à la fin il y aura association de
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l’ADN- capside formant des particules infectieuses virales. La bactérie hôte va
être lysée pour libérer de nouveaux phages qui vont à la recherche d’autres
bactéries cibles.
b. Phages lysogènes
Après pénétration de l’ADN viral, ce dernier va s’intégrer au niveau du
chromosome bactérien on l’appelle prophage. La bactérie portant le prophage va le
transmettre à la descendance. Elle est dite lysogène. Les bactéries lysogènes sont
immunes vis-à-vis des phages qu’elles portent.
Dans certaines conditions, le chromosome viral se désintègre il y aura
multiplication maturation et libération par lyse bactérienne de plusieurs virions.
B. Les virus des animaux et végétaux
Le schéma général de la multiplication est le suivant :
La fixation du virion aux récepteurs de surface de la cellule hôte
La pénétration de ce virus à l’intérieur de la cellule hôte
La décapsidation se fait à l’intérieur de la cellule pour libérer l’acide
nucléique qui va se répliquer
La synthèse des protéines virales
Encapsulation et maturation des nouveaux virions
A la fin il y a sortie de nouvelles particules virales qui peut se faire de deux
façons :
• Soit par lyse cellulaire (exemple : poliovirus)
• Soit par bourgeonnent ; la cellule ne lyse pas et elle est prête à une nouvelle
infection. C’est le cas de HIV ou Myxovirus (Grippe)
Le nombre de virus libérés est de l’ordre d’un million par cellule alors que le
bactériophage au cours de son cycle ne libre que 200 phages.
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CHAPITRE IV : LES VOIES DE PENETRATION DES MICRO-
ORGANISMES
Définitions
1. Infection :
C’est le résultat de l’agression d’un organisme par une bactérie, un virus, un
parasite ou un champignon. Elle se traduit par des altérations anatomiques ou
fonctionnelles, par des manifestations cliniques et biologiques qui résultent du
déséquilibre entre la virulence de l’agent pathogène et les capacités de résistances
de l’hôte.
2. Sources des infections
La majorité des maladies infectieuses humaines a pour source et réservoir l’Homme
lui-même. L’Homme est l’unique réservoir de la Variole, la rougeole, la
poliomyélite, la varicelle, le choléra, la typhoïde, la syphilis et le paludisme.
L’Homme reste le principal réservoir de la grippe et de la tuberculose.
Les infections exclusivement humaines sont potentiellement éradicables exemple :
L’éradication mondiale de la variole en 1980. Mais plusieurs maladies infectieuses
ont un réservoir animal et elles sont appelées zoonoses. Il s’agit de la peste
(rongeurs), la fièvre jaune (singes), la rage (chien, renard), salmonellose non
typhoïdique (volailles). En fin certains maladies infectieuses ont pour origines le
sol (tétanos) ou bien la poussière (histoplasmose).
3. Différents modes de contamination
a. Le transport direct
Le transport du germe à partir de la source contagieuse a lieu le plus souvent par
contact direct de personne à personne, la transmission directe peut être soit :
Aérienne : par les infections respiratoires, il s’agit de la tuberculose, la
grippe, la rougeole, la varicelle, la pneumonie à pneumocoque.
Sexuelle : pour les infections sexuellement transmissibles : la syphilis, HIV,
urétrites, hépatites virales B et C…
Manu portée : pour les germes des infections entériques (tube digestif) :
Amibiases, typhoïde, oxyuroses...
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Sanguine : le sang est susceptible de transmettre les hépatites virales B et C,
le cytomégalovirus (CMV), l’HIV, et le paludisme à l’occasion d’une
transfusion sanguine, d’une blessure professionnelle ou lors d’une injection
parentérale souillée.
b. La transmission peut être aussi directe à partir d’un animal contagieux
Exemple par voie cutanée (la rage)
c. La transmission indirecte : passe par un vecteur inerte ou animé ; il s’agit de :
• L’eau et l’alimentation sont contaminées par des germes des infections
entériques d’origine humaine, exemple : l’hépatite virale A, la poliomyélite,
les amibiases, les amibiases, choléra, salmonellose, schigelloses…
• Le sol : il peut transmettre l’ascaris, ankylostomes, …
• Un arthropode : le paludisme (anophèle femelle), le typhus (poux), fièvre
jaune (moustique aédes), …
d. Transmission verticale du mère-fœtus : Il s’agit d’une transmission
infectieuse de la mère au fœtus : la rubéole, toxoplasmose, la syphilis,
hépatites virales B et C.
4. Infections nosocomiales:
Ce sont des infections contractées dans des établissements hospitaliers médicalisés.
Leur importance est croissante du fait des progrès thérapeutiques et
d’instrumentation invasive. Example: les infections nosocomiales urinaires
constituent 40% des infections nosocomiales.
5. Les infections communautaires :
Ce sont des infections contractées en dehors de l’hôpital ; exemple : les
toxiinfections alimentaires collectives (TIAC).
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CHAPITRE V : POUVOIR PATHOGENE DES MICRO-
ORGANISMES
Mécanismes d’action des bactéries de virulence.
1. La toxinogénèse :
C’est la production des qui sont des substances pouvant diffuser dans
l’organisme et entraîner des effets nocifs. Ces toxines sont soit des protéines, il
s’agit des exotoxines soit des lipopolysacarides, il s’agit alors des endotoxines.
A. Les exotoxines
Ce sont des protéines qui représentent l’unique élément de virulence de
certaines bactéries exemple : clostridium tétani (tétanos) ; corynebactérium
diphtériae (diphtérie), clostridium botulinium (botulisme).
Ces bactéries n’ont pas de pouvoir pathogène en elles-mêmes, leurs exotoxines
réalisent leur pathogénicité. Ces exotoxines sont formées soit dans l’organisme au
niveau de site de pénétration : les amygdales (diphtérie) ou bien les plais
(tétanos), soit à l’extérieur de l’organisme c’est le cas des aliments contenants la
toxine botulinique.
Ces exotoxines sont très puissantes ; elles agissent à des doses très faibles.
Les anti-infectieux (antibiotiques, antiseptiques) n’ont pas d’action sur le désordre
provoqué par ces exotoxines.
Elles ont deux propriétés en commun :
Elles sont modifiables par des procédés physico-chimiques qui leur font perdre
leur pouvoir toxique toute en conservant l’effet antigénique et on va produire
une anatoxine.
Elles sont neutralisables par les anticorps ex : sérum anti tétanique (S.A.T) dans
le cas du tétanos. D’autres exotoxines jouent un rôle dans des infections plus
complexes : la toxine érythrogène du streptococcus pyogène du groupe A ; les
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toxines nécrotiques ou hémolytiques des bactéries anaérobies responsables des
gangrènes gazeuses (clostridium). Certaines exotoxines agissent eu sein de
l’épithélium intestinal exemple : des toxines de vibrion cholérique, certaines
E.coli et de staphylococcus aureus.
B. Les endotoxines
Ce sont des lipo-polysaccharides (LPS) ; elles sont les composants de la paroi de
certains bactéries gram négatif ; elles sont libérées après la lyse bactérienne
exemple : salmonella typhi.
L’effet pathogène des endotoxines s’exerce au niveau des centres
thermorégulateurs, des granulopoises et des phagocytes mononuclés. Elles activent
le système de complément et la coagulation.
C. Les enzymes
Certaines bactéries fabriquent des enzymes qui interviennent sur des processus
biologiques exemple : la coagulase fabriquée par le streptocoque doré et la
streptokinase pour le streptocoque pyogène.
2. La multiplication bactérienne :
On distingue 3 catégories da bactéries selon le mode de multiplication bactérienne :
a- Bactéries à multiplication extracellulaire obligatoire
Ce sont en général des bactéries à multiplication rapide, ce sont des bactéries dites
pyogènes (provoquent la formation du pus) ; elles sont responsables des infections
septicémiques, de suppuration et d’abcès. Elles sont très sensibles aux anti-
infectieux contrairement aux exotoxines ; les constituants de leur paroi ou de leur
capsule sont directement responsables de leur virulence exemple : les
polysaccharides du streptococcus pneumoniae. Ces constituants sont antigéniques
et leur spécificité antigénique permet de définir des sérotypes pathogènes ; exemple
: pour le pneumocoque (=streptococcus pneumoniae) ont a 84 sérotypes. Donc
chaque anticorps est spécifique à un sucre bien déterminé et ces anticorps produits
par l’organisme sont opsonisants et spécifiques à chaque sérotype.il y a aussi des
protéines : la protéine M de la paroi su streptocoque pyogène.
b- Bactéries à multiplication intracellulaire facultative
Ces bactéries peuvent se multiplier en milieu extracellulaire et à l’intérieur des
phagocytes mononuclées ; à ce niveau, elles peuvent être détruites ou se multiplier
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comme ils peuvent rester en quiescence (latence). Se devenir variable dépend de la
virulence de la bactérie.
Et surtout de l’état immunitaire de l’hôte. Ce sont des bactéries à multiplication
assez lente. Elles sont représentées par les mycobactéries et les brucelles. Ces
bactéries développent ce qu’on appelle l’hypersensibilité retardée. La vaccination
fait recours à un microorganisme vivant atténué (le BCG). Pour avoir une efficacité
des anti-infectieux, il faut que ces derniers iaent une bonne pénétration et activité
intracellulaire.
c- Bactéries à multiplication intracellulaire obligatoire
Ces bactéries se multiplient préférentiellement dans certaines cellules ; ce sont les
cellules épithéliales (chlamydia trachomatis) soit les cellules endothéliales (les
rickettsies).
3-Les réactions d’hypersensibilité :
Elles font intervenir la réactivité de l’hôte exemple : le streptococcus pyogène joue
un rôle déclenchant bien établi dans le rhumatisme articulaire aigue (RAA) et dans
la glomérulonéphrite aigue (GNA) et l’hypersensibilité retardée.
II. Pouvoir pathogène des virus, parasites et des champignons
a- Virus : le pouvoir pathogène des virus est du l’effet cytopathogène qui peut
aboutir à l’inactivation ou la destruction de la cellule. Cet effet est en fonction
des cellules cibles :
• L’épithélium des voies respiratoires : Myxovirus inflenzae
• Le corps des neurones du système nerveux central : virus de la rage
• Lymphocytes T4 pour le VIH.
Certains virus restent à l’état quiescent c’est le cas de l’herpès virus soit s’intégrer
au génome de l’hôte c’est le cas de HIV.
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b- Parasites : le pouvoir pathogène est en relation avec leur multiplication
intracellulaire et le site de cette multiplication :
• Pour les protozoaires : macrophages (leishmania), hématies (plasmodium)
• Pour les métazoaires : le pouvoir pathogène est lié au cycle biologique du
parasite.
c- Champignons : ce pouvoir est en relation avec leur pénétration intracellulaire ;
ils réalisent des destructions tissulaires et réactions inflammatoires.
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CHAPITRE VI : MOYENS DE DEFENSE DE L’ORGANISME
I. Moyens anatomiques
1.Peau et muqueuses
La peau intacte est une barrière aux microorganismes. Le passage se fait lors d’une
effraction (brèche) traumatique ou provoquée par une maladie dermatologique ou
un traitement sous-jacent.
Les muqueuses représentent la porte d’entrée de plusieurs infections.la pénétration
dans la muqueuse est dépendante du pouvoir invasif propre à certains bactéries
exemple : salmonelles, schigella.
2.Autres facteurs :
Les liquides biologiques : la bile, l’urine, le mucus entraînent un drainage
permanent et l’élimination des microorganismes. Tout obstacle à cet écoulement
favorise la multiplication des bactéries.
II. Réaction inflammatoire
L’afflux des cellules sanguines, la vasodilatation, et l’apport des facteurs humoraux
au sein d’un foyer infectieux tissulaire définissent la réaction inflammatoire qui est
une réaction de défense générale. Cette réaction peut être diminuée ou supprimée
dans certains états pathologiques et dans certains traitements. Exemple : la
corticothérapie expose à des infections extensives graves.
III. Facteurs humoraux
1. Facteurs spécifiques :
Ce sont les anticorps : immunoglobulines (Ig) (nomenclature selon la fonction) ou
gammaglobulines (nomenclature selon la structure).
Il existe 5 classes d’anticorps : IgG, IgM, IgE, Ig A, IgD.
a. Structure des Ig :
Les Ig sont synthétisées par les lymphocytes B et secrétées par les plasmocytes
(ganglions, tissus et surtout la moelle osseuse.)
Pré B lym B plasmocytes
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Exp. : Ig G : sont constituées par 02 chaînes lourdes (H) et 02 chaînes légères
( L).
D’où provient le nom ?
Les chaînes H qui déterminent les classes ; donc selon la chaîne H :
IgG : gamma ;IgA : alpha ; IgM : mu ; IgE : epsilon ; IgD : delta.
Pour les chaînes légères (L) : chaînes kappa (65%) ou chaînes lambda (35%).
Rq : une molécule d’Ig contient un seul type de chaînes légères (soit K soit
lambda.)
Exemple : Ig G : elle est formée de 02 chaînes H et de 02 chaînes K.
Les Ig M sont formées d’un polymère de 05 molécules d’ IgG.
Les Ig A sécrétoires présentes dans les sécrétions et à la surface des muqueuses
sont constituées de 02 molécules d’IgA réunies par une protéine appelée pièce
sécrétoire et secrétées par les cellules épithéliales.
Ig A s. = 02 Ig A.
b- Fonction des anticorps (Ig) Les anticorps
ont un triple rôle :
Action antitoxique ;
Bactéricide ;
Anticorps opsonisants
b1. Fonction antitoxique :
Ils neutralisent les toxiques surtout les exotoxines.
Leur rôle est primordial dans la défense contre le tétanos et la diphtérie.
L’immunité peut être acquise soit passivement par l’administration d’anticorps
spécifiques soit acquise par la vaccination utilisant une anatoxine.
b2. Fonction de bactéricide :
Ces anticorps ont un effet lytique sur certaines bactéries Gram négatif
surtout les neisseria (genre) (gonocoques ou méningocoque).
b3. Fonction d’opsonisation :
Support de cours Microbiologie générale dispense par: M. TOUOTAP Jordan 25
Elle intéresse les bactéries à multiplication extracellulaire obligatoire. Les
anticorps se fixent par leur fragment : Fab sur l’antigène microbien (support de la
virulence) et par le Fc sur des récepteurs spécifiques au niveau de PNN. Il se forme
alors un pont entre le microbe et le phagocyte ce qui permet et facilite la captation
intracellulaire.
Particularités : les Ig A n’ont pas de rôle opsonisant ni bactéricide ; elles
interviennent pour inhiber l’adhérence bactérienne aux muqueuses et neutralisent
les virus en les inactivant ce qui empêche leur dissémination (cas des virus
extracellulaires). Cette situation intéresse par exemple le virus de la varicelle, de la
rougeole et de la rubéole donc on comprend que la vaccination contre ces trois
maladies est solide.
2. Facteurs non spécifiques (sont communs à tous)
Ils sont représentés par le complément ; il s’agit d’un système de 11proteines (1à
9).
La fraction 1 est formée de C1q, C1r et C1s. Ces protéines sont activées en cascade,
la fraction C3 et son produit de clivage C3b ont un rôle majeur dans l’opsonisation
des bactéries : le C3b se fixe sur les IgG et sur des récepteurs au niveau des PNN
renforçant la liaison bactérie phagocyte et accélérant le processus d’opsonisation.
Les facteurs C5 à C9 sont activés successivement ; ils ont un effet lytique sur les
bactéries, comme neisseria (G-) en liaison avec les anticorps, en formant le
complexe d’attaque membranaire. Ils n’ont pas de rôle d’opsonisation.
IV. Facteurs cellulaires
1. Phagocytose : C’est un processus biologique qui a pour objectif l’ingestion
et la destruction intracellulaire des microorganismes. Elle se fait par deux
types de phagocytes:
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Les polynucléaires : ce sont des cellules à durée de vie courte de 24 à 48 heures
après leur passage dans le sang. (exp. PNN).
Les phagocytes mononucleés : ont une durée de vie plus longue (15 ans). Ils
sont constitués par les monocytes du sang et les macrophages (rate, tissus,
ganglions poumons).
Les phagocytes sont activés par les lymphocytes T par le biais de lymphokines.
leur effet s’adresse aux microorganismes à multiplication intracellulaire facultative
(mycobactéries, brucelles) ou obligatoires (chlamydia, rickettsies).
2. Immunité de type cellulaire :
Le terme principal est l’activation des macrophages pour le contrôle des
microorganismes à multiplication intracellulaire. Les macrophages représentent les
cellules effectrices ; le lymphocyte T constitue la cellule activatrice et le support de
la mémoire et la spécificité immunologique.
Les lymphocytes T comprennent 02 groupes :Les lym. T cytotoxiques et les lym.T
régulateurs.
Les lym. T cytotoxiques sont capables de détruire les cellules cibles infectées ou
modifiées par un microorganisme.
Les lym.T régulateurs : on distingue 02 types :
Le type qui va amplifiée la réponse immunitaire c’est le lymphocyte T
helper (auxiliaire) ou lym. T4 ou LT4 qui sont reconnus par l’anticorps
monoclonal anti CD4.
Le type qui va diminuer ou supprimer cette réponse immunitaire : Lym.T
suppresseurs ou LT8 qui sont reconnus par l’anticorps monoclonal anti CD8.
La reconnaissance de l’antigène par le lymphocyte T se fait quand l’antigène se fixe
et associé à des molécules du complexe majeur d’histocompatibilité
(C.M.H.) ou HLA chez l’Homme.
Support de cours Microbiologie générale dispense par: M. TOUOTAP Jordan 27
Les molécules de CMH de classe I pour les LT cytotoxiques et suppresseurs.
Les molécules de CMH de classe II pour les LT4.
Le CMH classe II est reconnu par les LT4 grâce à un récepteur qu’on appelle
TCR.
Les cytokines sont des substances solubles permettant la coopération et
l’interaction des cellules immunitaires entre elles. Ces lymphokines constituent un
système complexe et variable selon leur origine et leurs cellules cibles.
Exemple des lymphokines : l’interleukine 2 (IL2) ; son origine est le LT activé et
va agir (activer) sur les LT et LB.
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CHAPITRE VII : LES MOYENS DE LUTTE CONTRE LES
MICROBES
Introduction:
Dans le monde médical on pratique des mesures qui permettent d’éliminer
les microorganismes indésirables : comme la stérilisation des instruments
chirurgicaux, le nettoyage de la peau avec de l’alcool avant une injection,le lavage
des mains après un soin sont des exemples quotidiens efficaces pour éviter
l’infection, de même dans l’industrie alimentaire, dans les cuisines de collectivité
ou simplement chez soi on peut éviter le risque de contamination en utilisant des
techniques appropriées. En général on distingue deux types de procédés : procédés
qui tuent les microbes ou bien qui les privent de leur pouvoir de reproduction.
Les procédés qui mettent les lieux, les substances ou les êtres vivants à l’abri des
microorganismes sont: l’asepsie, l’antisepsie et la désinfection.
a) La stérilisation : La stérilisation est le procédé de destruction de tout microbe
capable de se multiplier qu’il soit pathogène ou non. Cette stérilisation dépend du
temps létal de l’agent mortel et de la densité de la population microbienne initiale,
et le taux de mortalité des microorganismes.
b) Modes d’action des antimicrobiens : Les agents antimicrobiens physiques,
chimiques ou chimio thérapeutiques modifient soit la composition soit les activités
physiologiques vitales des microbes, ils ont une activité bactéricide et
bactériostatique (qui inhibe temporairement le développement microbien)
c) Les agents physiques : Parmi les agents physiques seule l’utilisation des
températures élevées et de la radioactivité permet une destruction totale des
microorganismes.
Support de cours Microbiologie générale dispense par: M. TOUOTAP Jordan 29
> La chaleur et la température : La chaleur conduit à une destruction totale ou
partielle des microorganismes selon son intensité et les conditions de son
utilisation. A température égale, la destruction des microorganismes et des pores est
plus lente avec la chaleur sèche qu’avec la chaleur humide. La chaleur est le plus
courant des moyens physiques employés pour la stérilisation de danger pour le
personnel ; la stérilisation est réalisée par la chaleur sèche (poupinel) ou par la
chaleur humide (autoclave).
La stérilisation par la chaleur sèche : Le four poupinel assure la stérilisation par la
chaleur sèche. Ce procédé est surtout utilisé pour la stérilisation: des verreries, des
seringues,des aiguilles,des pièces de métal mais aussi pour les substances à teneur
élevée en matières grasses . Les objets à stériliser sont placés au four poupinel à
1700 e entre 30 minutes et 2 heures.
La stérilisation par la chaleur humide: Elle est réalisée par un appareil appelé
autoclave dont la vapeur d’eau comprimée atteint une température bien supérieure à
celle de l’eau bouillante à la pression atmosphérique, son pouvoir hydratant
accélère notablement la coagulation des substances cellulaires. La durée
d’exposition des objets varie de 15 à 20 minutes à 121° à pression 137,8 k pr et 10
à 12 minutes pour 126° e. Les objets stérilisés doivent être protégés de la
contamination jusqu’au moment de leur utilisation c’est pourquoi ils doivent être
emballés : le papier reste le matériel d’emballage de choix.
> Autre procédé faisant appel à la température: Certains produits sont altérés par
des températures supérieures à 200° et par conséquent ne peuvent être stérilisés
à l’autoclave.
= La tyndallisation : C’est une stérilisation modérée par étapes, réalisée à 1000
e. le traitement est long (3 jours) on alterne chauffage et refroidissement pour
détruire les spores.
Support de cours Microbiologie générale dispense par: M. TOUOTAP Jordan 30
= L’ébullition: L’ébullition détruit rapidement la plupart des virus et des
bactéries sous forme végétative qui ne sont pas sporulés mais ne détruit pas
certains virus et certaines toxines.
= La Pasteurisation: Consiste à exposer un produit à une température modérée
entre 62 et 80° e Pendant une durée courte, seuls les organismes les plus
sensibles à la chaleur sont détruits ex : mycobactérium tuberculosis, brucella,
cette méthode est utilisée surtout *pour *la conservation des produits laitiers.
= La réfrigération et la congélation : Ce sont des moyens efficaces pour
empêcher le développement microbien, utilisés pour la conservation des
produits organiques et des denrées périssables (aliments).
> L’irradiation: En raison de leurs effets mortels, les rayons ultraviolets et les
rayons bêta sont utilisés pour détruire les microorganismes ou stériliser certains
objets.
d) Les agents chimiques : Il y a deux groupes d’agents qui ont le pouvoir
antigénique. Ce sont: les aldéhydes et les glutaraldéhydes.
les aldéhydes : Le plus connu est le formol .il est très irritant et donc plus utilisé
dans la désinfection des objets et des locaux ex : blocs op6ratoires
> le glutaraldéhyde : il est dix fois plus actif que le formol et en est moins
toxique. Pour cette raison on l’utilise pour stériliser à froid les objets sensibles à
la chaleur, notamment certains liquides à usage chirurgical.
> l’oxyde d’éthylène : c’est un gaz puissant et microbicide, il sert pour la
stérilisation à froid des tubes récipients en plastic, des appareils électriques,
certains appareils chirurgicaux. C’est n produit dangereux qui doit être manipulé
avec précautions.
e) Les antiseptiques et désinfectants:
Support de cours Microbiologie générale dispense par: M. TOUOTAP Jordan 31
Définition / généralités : es antiseptiques et les désinfectants sont des produits
capables d’éliminer ou de tuer les microorganismes.
= antiseptiques : c’est un médicament à usage externe utilisé sur les tissus
vivants et en particulier sur la peau et les muqueuses
= Désinfectant: c’est un produit non médicamenteux utilisé sur des matériels des
surfaces inertes (mortes) ou l’air ambiant, il est souhaitable que les antiseptiques
et les désinfectants aient un large spectre d »action et qu’ils soient peu toxiques
pénétrants, détergeant et solubles dans l’eau de plus, ils doivent agir à faible
concentration à température ambiante sans être affectés par la présence de
matières organiques.
L’efficacité d’un antiseptique dépend de la concentration, du temps de contact,
de la température, du P.H et de la présence de matières organiques.
> Les principaux groupes des antiseptiques et des désinfectants:
= les aldéhydes : En raison de leurs caractères irritant ils sont utilisés dans la
désinfection de l’air et des matières inertes.
* le formol : est une solution aqueuse, utilisée comme désinfectant après
dilution à 1%;
* le glutaraldéhyde : est utilisé à 2%, il faut un temps de contact d’au moins 2
heures;
=. les alcools : parmi les nombreux alcools, plusieurs ont des propriétés
antiseptiques en particulier l’éthanol et éthylène- glycol ,la présence d’eau accroît
l’efficacité des alcools ,ils sont utilisés pour l’antisepsie de la peau et pour la
désinfection.
= L’éthanol : est utilisé en solution aqueuse à 70%;
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= Léthylène-glycol ; est utilisé en concentration de 70% à 90%, il est l’unique
produit inefficace pour les virus de l’hépatite A-B-etC ainsi que les spores. = les
dérivés chlorés:
* L’hypochlorite de sodium est le principe actif de l’eau de javel et du dakin:
l’eau de javel à 12% est utilisée en désinfection pour les surfaces et le
sol ainsi que le traitement de l’eau de boisson et les eaux de piscine, son
spectre est très large et nécessite un temps de contacte de 15 à 30 minutes, il
se conserve à l’a bri delà lumière et de la chaleur;
la solution de dakin est une eau de javel diluée et neutralisée par des
bicarbonates de sodium et colorée par le permanganate de potassium (0,00l%)
Elle est utilisée comme antiseptique pour le nettoyage des plaies; = les dérivés
iodés:
L’iode est un antiseptique efficace sur les bactéries et les spores , les mycètes
et les virus, il agit vite, l’iode n’est pas soluble dans l’eau ,mais soluble dans les
solutions organiques comme l’alcool, il est utilisé souvent sous forme iodée ou
iodophore
Les iodophore occupent aujourd’hui une place de choix dans la désinfection
de la peau et des muqueuses ex : Bétadine, Bétadine tulle ; l’alcool iodé est une
solution d’iode à 2%;
= les autres produits : Les phénols ; les dérivés mercuriels, les dérivés
argentiques (nitrate d’argent) ;le peroxyde d’hydrogène(H202) eau
oxygénée;
> Les conditions générales d’utilisation:
= les antiseptiques: L’utilisation des antiseptiques nécessite l’application
scrupuleuse des instructions des fabricants. Le respect des indications, de la
Support de cours Microbiologie générale dispense par: M. TOUOTAP Jordan 33
concentration active, du temps ; des dates de péremption, des incompatibilités,
doivent être conservés à l’abri de la chaleur, de la lumière dans des flacons fermés;
= les désinfectants : Leur efficacité dépend étroitement du niveau de propreté de
l’objet désinfecter. Cette règle impose pour les instruments une décontamination
préalable systématique à l’aide d’une solution appropriée ; les concentrations
d’emploi, les temps de contacte, les contre - indications et les dates de péremption
sont à respecter par l’utilisateur.
f) Les agents chimio- thérapeutiques: Un agent chimiothérapeutique est un
composé chimique naturel ou de synthèse qui inhibe le développement des
microorganismes ; ce composé agit à faible dose, il exerce une action très
spécifique et une toxicité sélective, il inhibe le développement de sa cible ou il tue
tout en étant inoffensif pour l’hôte. Il existe 3 types d’agents chimiothérapeutiques :
les sulfamides, les antibiotiques et les antiviraux. Les sulfamides et les
antibiotiques ont des modes d’action comparables : > Les antibiotiques:
Définition : un antibiotique est un composé chimique naturel ou de synthèse à
pouvoir bactéricide ou bactériostatique, il agit spécifiquement sur les bactéries ou
les mycètes sans affecter l’hôte. Les antibiotiques peuvent être absorbés par voie
orale ou parentérale.
Spectre d’action : Il existe deux groupes : le spectre large et le spectre étroit :
Les antibiotiques à large spectre agissent sur plusieurs groupes de
microorganismes
Les antibiotiques à spectre étroit n’agissent que sur un groupe de
microorganismes particulier (coque GRAM --). Le spectre d’action de certains
antibiotiques peut être plus étroit et n’agissant que sur certaines espèces
(protozoaires, métazoaires);
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Mode d’action : Les antibiotiques peuvent agir sur la synthèse de la
paroi(pénicillines) sur la membrane cytoplasmique (polymycines) ,sur la synthèse
de l’A.D.N (acide nalidixique),sur la synthèses des protéines (les aminosides) ou
sur le métabolisme intermédiaire (les sulfamides);
Les antiviraux : La chimiothérapie virale consiste à introduire des produits
artificiels dans l’organisme pour limiter l’infection virale. Les substances
actuellement disponibles ne tuent pas les virus mais ne font que les inactiver, les
virus restent vivants dans l’organisme mais leur style de reproduction est bloqué, ce
sont des produits virostatiques.
CHAPITRE VIII : PARASITOLOGIE
Définitions:
1) Parasitologie: La parasitologie médicale étudie les organismes animaux ou
fongiques (champignons) qui sont des parasites de l’homme et peuvent devenir
pathogènes pour l’hôte, entraînant des troubles plus ou moins graves, les agents
pathogènes étudiés dans le cadre de la parasitologie médicale sont extrêmement
variés et très différents
2) Parasites : Les parasites sont des êtres vivants animaux ou fongiques qui
vivent pendant une partie ou la totalité de leur existence au dépends d’autres
organismes appelés hôtes.
La plupart des parasites humains appartiennent au règne animal, on les appelle le
zoo parasite, les autres parasites sont des champignons:
a.Les ectoparasites vivent à la surface ou dans les téguments de l’hôte
exp. Parasites de la teigne, de la gale;
b. Les endoparasites vivent à l’intérieur du corps exp: les ascaris, les
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taenias;
3) L’entomologie : L’entomologie médicale étudie les arthropodes ecto ou
endoparasites de l’homme, certains ont un rôle de vecteur très important, on
distingue les acariens et les insectes.
4) Les arthropodes: sont des animaux sans squelette interne. Ils sont
maintenus par un exosquelette constitué par leurs téguments rigides. Le corps est
composé de segments bien séparés chez les insectes mais indiscernables chez les
acariens. Les arthropodes sont des animaux à sexes séparés (M et F). Les femelles
pondent des oeufs ou des larves, leur développement passe successivement par les
stades oeuf larve et nymphe.
II. Cycle biologique:
A) Plasmodium : L’agent vecteur du paludisme est un moustique du genre
anophèle, les espèces vectrices sont nombreuses, elles se nourrissent et se reposent
dans les maisons, parmi ces moustiques seule la femelle hématophage assure la
transmission du paludisme, elle ne pique que le soir et la nuit
1) Cycle chez l’homme (cycle asexué): Au cours de la piqûre le moustique
infesté, injecte dans un capillaire des sporozoites (petits parasites) .ce sont des
formes infestantesg ; 1’ contenues dans les glandes salivaires du moustique. Ces
sporozoites ne font que transiter une derniheure dans les capillaires sanguins et en
24 heures arrivent au foie et y pénètrent.
La multiplication des sporozoites dans les hépatocytes évolue pour constituer des
schizontes : corps bleus qui contiennent de nombreux mérozoites. La cellule
hépatique éclate et libère de nombreux mérozoites ; certains parasites restent dans
l’hépatocyte sans se transformer en corps bleus et après un temps variable ils
entrent en division. Les mérozoites libérés gagnent la circulation sanguine puis
pénètrent dans les hématies et deviennent chacun un prophozoite, celui-ci se
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développe et grossit ,son noyau se divise pour donner un schizonte; la
multiplication des noyau forme dans l’hématie ce qu’on appelle un corps en rosace,
celui-ci va s’éclater pour libérer les mérozoites qui vont parasiter une hématie
vierge et suivre le cycle intra érythrocytaire ;chaque cycle dure 48 heures pour la
fièvre tierce ou 72 heures pour la fièvre quarte ;l’éclatement des hématies est
responsable de l’accès fébrile(accès palustre) ; après plusieurs cycles asexués
apparaissent dans les :hématies des éléments à potentiel sexuel ; ce sont les
gamétocytes qui ne peuvent poursuivre leur développement que s’ils sont absorbés
par l’anophèle femelle. Ainsi chez l’homme on distingue deux cycles : l’un exo
érythrocytaire :intrahépatique et l’autre intra érythrocytaire(asexué) où les
mérozoites pénètrent dans les hématies hôtes et s’y transforment en trophozoites.
2) Cycle chez l’anophèle :(cycle sexué): Chez l’anophèle femelle s’effectue le
cycle sexué ou sporogonique. En prenant son repas sanguin sur un paludéen,
l’anophèle absorbe des trophozoites des schizontes,des rosaces,des gamétocytes.
Les éléments asexués sont digérés et seuls les gamétocytes ingérés assurent la
poursuite du cycle. Dans l’estomac du moustique, le gamétocyte mâle et femelle se
transforment en gamètes mâle et femelle et se fixent au niveau de sa face externe
formant l’oocyste, dans lequel s’individualisent les sporozoites. Libérés par
l’éclatement de l’oocyste, ces derniers gagnent avec prédilection les glandes
salivaires de l’anophèle et seront injectés avec la salive lors d’une piqûre infestante.
L’ensemble de ce cycle chez le moustique se déroule en 10 à 40 jours selon la
température et selon l’espèce en cause. B) Taenias ou cestodes:
1) Définition et généralités : Les Taenias ou cestodes sont des vers plats
segmentés dont le corps se compose de 3 parties : scolex ou tête qui porte les
organes de fixation qui sont des ventouses ou des crochets; le cou mince et non
segmenté et le corps appelé aussi strobile ; il se compose d’une chaîne d’anneaux
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formés à la jonction du cou. Les anneaux augmentent de taille et deviennent
matures à masure qu’ils s’éloignent de la tête et les anneaux en fin de chaîne sont
mures et pleins d’oeufs. L’homme peut être contaminé par les ténias sous leur
forme adulte ou larve. Plusieurs espèces différentes des ténias sont rencontrées
habituellement ou accidentellement chez l’homme. Ces espèces sont : toenia
saginata (boeuf), toenia solium (porc), taenia échinocoque (chien);
2) Cycle biologique du ténia saginata (boeuf): Le ténia adulte vit chez
l’homme qui est son hôte définitif; il se fixe à la muqueuse intestinale par la tête et
s’allonge dans l’intestin où il libère des anneaux murs qui vont forcer le sphincter
anal pour évoluer dans le milieu extérieur.
Les oeufs ou embryophores souillent et contaminent les végétaux avalés par le
boeuf ces oeufs évoluent et se transforment en larve cysticerques qui vont traverser
le tube digestif et se fixer dans le muscle. L’homme se contamine en mangeant de
la viande de boeuf mal cuite ou crue qui contient des larves cysticerques, ces larves
arrivent dans l’estomac où ils vont évoluer pour devenir adultes en 3 mois.
3) Cycle biologique du ténia solium (porc): L’homme élimine passivement
avec les selles les anneaux murs qui souillent le milieu extérieur en libérant les
embryophores avalés par le porc qui est l’hôte intermédiaire. Les embryophores
évoluent et se fixent dans ses muscles sous forme de larves (cysticerques).
L’homme se contamine en mangeant de la viande de porc infesté mal ou
insuffisamment cuite. Les larves évoluent dans l’estomac en 3rnois pour devenir
adultes.
4 Cycle biologique du ténia échinocoque :(chien):
a) Définition de l’hydatidose: L’hydatidose est une maladie parasitaire due au
développement dans l’organisme humain d’une larve d’un ténia du chien :
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ecchinococus granulosus, cette forme évolue en kyste hydatique dans différents
organes.
b) Cycle : le chien est l’hôte définitif, il abrite dans son intestin grêle le ténia
adulte qui élimine les oeufs avec les selles et souille le milieu extérieur. Avalés par
un herbivore les embryophores libèrent les embryons qui atteignent le foie et
donnent naissance à un kyste hydatique contenant de nombreux scolex. Parfois le
filtre hépatique est dépassé et la localisation du kyste hydatique peut se faire dans
les poumons ou dans d’autres organes.
Lorsque les viscères parasités sont avalés par le chien, les scolexes contenus dans le
kyste hydatique se développent dans le tube digestif du chien et évoluent vers le
ténia adulte. L’homme est affecté en avalant les oeufs soit comme souillure
alimentaire ou par l’intermédiaire des mains souillées et le cycle continue.
C) l’ascaris
1) Définition: L’ascaris lumbricoide est un ver rond de grande taille qui
provoque l’ascaridiose par sa présence à l’état adulte dans l’intestin grêle de
l’homme. L’ascaridiose est une parasitose très courante qui provoque des troubles
intestinaux souvent importants et parfois graves.
2) Cycle : La femelle pond ses oeufs dans la lumière intestinale ; une moyenne
de 2 cent mille oeufs sont éliminés dans les selles ; ils ne sont pas embryonnés.
L’oeuf, très résistant, évolue dans le milieu extérieur s’embryonne en 2 à 4
semaines et devient infestant; après 1 »ingestion de l’eau, des légumes et fruits
souillés par les oeufs embryonnés, l’homme se contamine et après éclosion des
oeufs les larves traversent la paroi du duodénum passent dans le sang et arrivent au
foie puis au coeur et ensuite les capillaires pulmonaires ; les larves traversent les
parois alvéolaires, remontent l’arbre bronchique et la trachée et sont déglutis pour
gagner l’intestin grêle et devenir adultes en 2 mois environ après l’ingestion
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infestante. L’auto infestation est impossible car l’oeuf n’est pas embryonné au
moment de son émission dans les selles.
D) Les oxyures : Ce sont des vers ronds de petite taille qui vivent sur la muqueuse
intestinale entraînant l’oxyurose. C’est un parasite cosmopolite extrêmement
répandu dans e monde et touche surtout la population d’âge scolaire.
L’oxyure adulte vit en rand nombre dans la région iléo-cæcal ;après
l’accouplement (mâle et femelle) les femelles restent sur place tan disque les mâles
gagnent l’ampoule rectale franchissent le sphincter anal activement le soir, ils se
fixent aux plis radiaires de la marge anale les femelles déposent leurs oeufs
embryonnés qui à leur tour libèrent leurs larves * dans l’intestin grêle où ils
deviennent adultes et se fixer à la muqueuse; le cycle dure entre 2 et 4 semaines.
Remarques:
1) les oeufs embryonnés lors de la ponte sont immédiatement infestants avec
comme
1ere conséquence l’auto - infestation par ses propres parasites;
2) les oeufs infestants souillent les vêtements de nuit, la literie et la poussière
des locaux, ce qui explique la grande contagiosité de cette parasitose.
E) le schistosomes: Le schistosoma haematobium : est un ver plat d’environ
1,5cm de long, muni de deux ventouses lui permettant de se fixer sur la paroi des
veines de la vessie à l’intérieur desquelles il vit. a durée de vie d’un schistosome
femelle dans l’organisme est probablement de 4 à 14 ans en moyenne. Les
schistosomes sont des vers sexués:
• le mâle mesure de 1 cm à 1,5 cm, il parait de forme cylindrique et fendu sur
toute sa longueur;
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• la femelle mesure de 1,5cm à 2 cm. Elle est fihiforme,cylindrique et se tient
par la gouttière formée par le corps du mâle. Elle pond des oeufs qui sont
volumineux et munis d’un éperon terminal;
1) Cycle biologique chez l’homme : Après accouplement dans la gouttière
formée par le corps du mâle, la femelle gravide migre vers le plexus péri vésical où
elle pond des oeufs, ces oeufs gagnent la lumière vésicale (vessie) et sont éliminés
avec les urines ,puis. arrivent dans l’eau douce où le cycle e poursuivra. Les oeufs
présents dans les urines sont embryonnés et contiennent une larve prête à éclore.
En milieu aquatique (eau douce) la coque de l’oeuf se rompt et la larve ciliée ou
miracidium commence à nager activement à la recherche d’un hôte intermédiaire
qui est le mollusque (bulin) après pénétration dans le mollusque. La larve ciliée
passe par plusieurs stades avant d’être émise sous forme de furcocercaire dans
l’eau par le mollusque ; ces furcocercaire nagent librement dans l’eau et peuvent
contaminer l’homme par voie transcutanée à l’occasion d’une baignade ou pendant
les travaux d’irrigation ou de lavage nécessitant un long contacte avec l’eau:
Ex: lavage de linge; irrigation, baignade.
Chez l’homme les larves passent par les voies lymphatiques le coeur droit, les
poumons, le coeur gauche, la grande circulation et enfin arrivent aux vaisseaux
hépatiques en 8 jours. Là, elles grandissent et deviennent adultes après 1 mois.
Mâles et femelles s’accouplent, gagnent les veines vésicales où la femelle pond ses
oeufs.
2) Cycle biologique chez l’hôte intermédiaire (Bulinus truncatus truncatus):
Le mollusque, hôte intermédiaire de la Bilharziose urogénitale, est un coquillage
appartenant au genre Bulinus. (Voir Programme LAB)
F) Les ankylostomes : Ce sont deux petits vers ronds très voisins, ankylostoma
duodénale et Necator Américanus, sont désignés couramment par le même nom
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d’ankylostome car ils entraînent, par leur présence dans le duodéno-jéjunum de
l’homme, une seule et même maladie: l’ankylostomiase .ce sont des vers
hématophages qui font saigner la muqueuse à laquelle ils se fixent pour se nourrir
de sang.
Le male et la femelle vivent fixés à la muqueuse duodéno-jéjunale par la capsule
buccale et se nourrissent de sang, ils peuvent vivre des années; après fécondation la
femelle gravide pond ses oeufs qui sont éliminés avec les selles. Les oeufs évoluent
dans le milieu extérieur favorable (humide, de t° entre 25 et
350) à l’éclosion les oeufs libèrent un nombre important de larves, celles - ci
pénètrent par voie transcutanée et migrent par voie lymphatique ou sanguine vers le
coeur droit,puis les poumons, ensuite la trachée et, par un mouvement de
déglutition les larves sont ingérées et arrivent au duodénum où elles deviennent
adultes, le cycle dure 40 jours.
G) Les amibes (amibiase): L’amibiase est une maladie parasitaire due à la
présence dans l’organisme humain d’une amibe nommée : entamoeba histolytica.
Elle provoque un syndrome dysentérique sévère et parfois même une amibiase
viscérale de mauvais pronostic.
C’est une parasitose très répandue, favorisée par le péril fécal et par le
manque d’hygiène, l’homme se contamine en ingérant de l’eau de boisson ou des
aliments souillés par les kystes d’amibe. Les mains sales et les mouches véhiculent
les kystes d’amibe et souillent les produits alimentaires.
L’homme s’infeste en ingérant des kystes, rarement de façon directe au
contact d’un sujet malade mais surtout de façon indirecte après pollution du milieu
extérieur; la consommation d’eau ou des aliments souillés, les mouches et les
différents insectes peuvent également véhiculer les kystes. Il existe deux cycles
dans l’intestin humain : cycle non pathogène et le cycle pathogène.
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1) le cycle non pathogène : Après ingestion avec l’eau de boisson ou des aliments,
le kyste se transforme dans l’intestin en forme Minuta. Cette forme va se multiplier,
d’arrondir, s’immobiliser et les noyaux se multiplient, les kystes ainsi obtenus sont
éliminés avec les selles sans aucun trouble.
2) le cycle pathogène : Lors de l’affaiblissement de l’état général, la forme
Minuta grossit et agresse la muqueuse intestinale en se nourrissant des hématies :
c’est la forme histolytica pathogène; cette forme pénètre dans la paroi colique où
elle se multiplie activement en provoquant des abcès en boutons de chemise; ces
abcès sont de larges ulcérations de la paroi colique avec émission de sang et de
mucus. A partir de l’amibiase intestinale, le parasite est transporté par le sang dans
le foie, les poumons et éventuellement le cerveau où il provoque des abcès. H) Les
toxoplasmes:
Le toxoplasme, toxoplasma GONDII, est un sporozoaire, parasite normal du chat,
dont la forme asexuée évolue dans les tissus de tous les homéothermes, oiseaux et
mammifères, homme compris, déterminant la toxoplasmose:
1) cycle asexué incomplet: 1 fait intervenir uniquement des hôtes
intermédiaires:homme, animaux carnivores autres que le chat. La contamination est
liée à l’ingestion des kystes contenus dans la chaire d’animaux infestés,les kystes
libèrent des toxoplasmes qui se reproduisent rapidement par multiplications
asexuées, ils donnent naissance à des kystes intracellulaires qui permettent la
poursuite des cycles . la voie de contamination transplacentaire est responsable de
la toxoplasmose congénitale.
2) Cycle sexué complet: Il se déroule successivement chez un hôte
intermédiaire puis chez l’hôte définitif qui est le chat, ce dernier s’infeste en
ingérant des kystes contenus dans ses proies. Les formes végétatives libérées par
les kystes pénètrent dans l’intestin grêle du chat où ils se multiplient de façon
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asexuée puis les éléments sexués apparaissent, ce sont des mâles et femelles. La
fécondation aboutit à la formation d’un oeuf qui sera rejeté dans le milieu extérieur
avec les déjections. Après plusieurs jours de maturation l’oocyste peut contaminer
les herbivores.
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