Pratiques agricoles et dégradation environnementale
Pratiques agricoles et dégradation environnementale
Analyse des pratiques agricoles dans la commune des Coteaux et de leur impact sur la
dégradation du milieu et les conditions de vie des communautés
Je dédie ce travail à :
✓ Mon Père, Mr Estimé DENIS pour ses encouragements et ses soutiens multiformes ;
✓ Ma mère, Rosana ROCHELEIN qui s’est toujours battue pour notre réussite ;
✓ Tous mes amis spécialement Jean René CLERGE pour ses conseils.
i
REMERCIEMENT
J’exprime mes remerciements :
Aux William CINEA et Pierre André THEOGENE pour de nous avoir agrée au sein de son
institution dans le but de réaliser le stage de ce Master ;
Au Mme Dahana ALEXANDRE pour son appui dans la correction de ce mémoire et ses
conseils ;
ii
TABLE DES MATIERES
DEDICACES ......................................................................................................................... 8
RESUME .............................................................................................................................. ix
ABSTRACT ........................................................................................................................... x
INTRODUCTION ................................................................................................................. 1
1.1.- Ecosystème......................................................................................................................3
1.7.1.- Déforestation.............................................................................................................5
1.7.2.- Erosion......................................................................................................................5
1.7.3.- Désertification...........................................................................................................7
iii
1.9.2.- La structure et le régime foncier ................................................................................8
1.9.3.- L’évolution des systèmes de cultures et la baisse de la fertilité des sols .....................9
iv
3.1.1.2.- Géologie de la commune des Coteaux .................................................................. 17
CONCLUSION .................................................................................................................... 30
v
LISTE DES TABLEAUX
vi
LISTE DES FIGURES
Figure 7: Carte des classes de pente dans la commune des Coteaux ........................................... 21
vii
LISTE DES ANNEXES
viii
RESUME
La dégradation du milieu de la commune des Coteaux est liée aux facteurs anthropiques,
notamment les pratiques agricoles. À l’effet des pratiques agricoles s’ajoutent les perturbations
liées aux conditions climatiques que subit ladite commune. Donc, la commune des Coteaux où
la majorité de la population vit de l’agriculture et de l’élevage est située dans une zone
montagneuse confrontée à de graves problèmes de dégradation causés par des pratiques
inadéquates d’exploitation du milieu. Ainsi, on observe dans la zone les mêmes problématiques
qui caractérisent le milieu rural haïtien en général soit la dégradation des sols, la déforestation,
l’exode rural, les problèmes fonciers, la paupérisation de la population, etc. En effet, les
pratiques agricoles utilisées ne permettent pas aux paysans d’obtenir de bons rendements en plus
de faire abstraction des principes environnementaux.
L’objectif de cette étude est d’analyser des pratiques agricoles adoptées par les exploitants dans
la commune des Coteaux en vue de proposer des techniques et méthodes pour une gestion
durable des ressources naturelles afin de contribuer dans la réduction de l’insécurité alimentaire
des populations. Pour atteindre cet objectif, une enquête a été conduite auprès de soixante-quinze
(75) exploitants de ladite Commune répartis dans quinze (15) blocs d’étude. Ceux-ci ont été
choisis de manière aléatoire tout en réalisant des observations directement.
Il ressort des analyses que les pratiques agricoles adoptées par les exploitants pour garantir la
production a été conduit à des perturbations socio-écologiques au sein des agroécosystèmes.
Une pression foncière dans la zone avec pour corollaire un abandon des techniques de
conservation et de restauration des sols a été révélé. Le résultat nous a permis de comprendre les
liens existants entre les pratiques agricoles utilisées par les exploitants et la dégradation des
ressources naturelles (eau, sol, matière ligneuse). Aussi, il a permis de comprendre que le
couplage des pratiques agricoles adoptées par les exploitants et les effets des événements
météorologiques extrêmes contribue à la dégradation des agroécosystèmes de la commune des
Coteaux et, du coup, expose la population aux désastres et catastrophes naturelles et à
l’insécurité alimentaire.
ix
ABSTRACT
The degradation of the environment of the commune of Coteaux is linked to anthropic factors, in
particular agricultural practices. In addition to the effect of agricultural practices, there are
disturbances related to the climatic conditions that the said commune undergoes. Thus, the
commune of Coteaux where the majority of the population lives from agriculture and livestock is
located in a mountainous area facing serious problems of degradation caused by inadequate
practices of exploitation of the environment. Thus, we observe in the area the same problems that
characterize the Haitian rural environment in general: soil degradation, deforestation, rural
exodus, land problems, impoverishment of the population, etc. Indeed, the agricultural practices
used do not allow farmers to obtain good yields in addition to ignoring environmental principles.
The objective of this study is to analyze the agricultural practices adopted by farmers in the
commune of Coteaux in order to propose techniques and methods for a sustainable management
of natural resources in order to contribute to the reduction of food insecurity of the population.
To achieve this objective, a survey was conducted among seventy-five (75) farmers of the said
Commune distributed in fifteen (15) study blocks. These were randomly selected while making
direct observations.
The analyses revealed that the agricultural practices adopted by the farmers to guarantee
production led to socio-ecological disturbances within the agroecosystems. A land pressure in
the area with a corollary abandonment of soil conservation and restoration techniques were
revealed. The result allowed us to understand the links between the agricultural practices used by
the farmers and the degradation of natural resources (water, soil, woody matter). Also, it allowed
us to understand that the coupling of agricultural practices adopted by farmers and the effects of
extreme weather events contributes to the degradation of agro-ecosystems in the commune of
Coteaux and, as a result, exposes the population to disasters and natural disasters and to food
insecurity.
x
INTRODUCTION
Le fait de vivre nécessite un ensemble de mise en place non seulement dans le but d’assurer sa
survie mais pour ne pas compromettre l’avenir des nouvelles générations. De là, l’agriculture est
l’un des secteurs les plus promoteurs pouvant considérablement contribuer au développement
durable des pays (Norton, 2006). L’agriculture ne pourrait constituer sans doute un moteur de
développement sans l’assurance des systèmes agricoles durable et productive. Les pratiques
agricoles sont définies comme les façons d’agir ou manières de faire des agriculteurs (Milleville,
1987). Les pratiques agricoles et leurs évolutions jouent un rôle fondamental sur l’usage des sols,
la modification de l’usage des sols et par conséquent sur les écosystèmes (Landais, Deffontaines,
et Benoit, 1988).
Par ailleurs, en fonction des actions entreprises par les agriculteurs dans les agroécosystèmes,
l’agriculture agit sur le façonnement du milieu en termes d’environnement, de cadre de vie et de
dynamique économique locale (Saffache, 2001). Les techniques de production agricole non
appropriées utilisées par les exploitants, associées de nos jours aux effets des phénomènes
météorologiques extrêmes entraînent une dégradation ininterrompue du potentiel productif des
terres agricoles et de l’environnement d’une façon générale (Dissart, 2006). Donc, environ 38 %
des terres agricoles mondiales sont dégradées (Scherr, 1999).
Toutefois, les activités agricoles, en Haïti , s’effectuent habituellement dans les endroits à forte
déclivité où les mesures de conservation des sols ne sont pas appliquées (GRET/FAMV, 1990;).
Ainsi, les exploitants agricoles, dans le souci d’augmenter leurs revenus, surexploitent la
couverture arborée afin de subvenir à leurs besoins. Cela a pour conséquence de favoriser le
ruissellement et l’érosion des sols (Smolikowski, 1993; Saffache, 2001). Roose et al. (2018)
soutiennent que le phénomène de dégradation du milieu peut engendrer des perturbations au
niveau social en raison de son incidence sur l’alimentation et l’économie des communautés.
Saffache (2001) souligne que cette dégénérescence écologique qui sévit dans le pays s’explique
en raison de la situation socio-économique et politique du pays mais plus encore à cause des
1
pratiques agricoles non viables qui perdurent dans les agroécosystèmes. Ainsi, la pauvreté
naturelle des sols, couplée à la forte variabilité climatique, aggravées par la mauvaise pratique
agricole ne font qu’accentuer la dégradation.
La Commune des Coteaux ne fait pas exception à ces problèmes. En plus des problèmes
anthropiques, les conditions écologiques de la zone rendent l’agriculture telle que pratiquée très
difficile et peu rentable. Les agriculteurs se plaignent que des terres autrefois très fertiles sont
devenues impropres à l’agriculture. Alors que les besoins deviennent de plus en plus grands pour
satisfaire une démographie galopante, les surfaces cultivables et les rendements diminuent. Face
à cette situation, il faut trouver des stratégies permettant d’améliorer la capacité de production du
sol afin de satisfaire les besoins alimentaires et économiques des habitants de la zone.
L’objectif global de notre recherche est d’analyser des pratiques agricoles adoptées par les
exploitants dans la commune des Coteaux en vue de proposer des techniques et des méthodes
pour une gestion durable des ressources naturelles afin de contribuer dans la réduction de
l’insécurité alimentaire de la population.
✓ Caractériser les pratiques agricoles adoptées par les exploitants des agroécosystèmes
Le présent mémoire qui rend compte du travail réalisé, est organisé en trois chapitres. Le premier
chapitre fait l’objet d’une synthèse bibliographique. Le deuxième chapitre expose la démarche
adoptée au cours de l’étude. Le troisième chapitre fait ressortir et discuter les principaux résultats
obtenus.
2
CHAPITRE I : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE
1.1.- Ecosystème
Un écosystème est un système limité dans l’espace constitué par l’ensemble des communautés
d’êtres vivants qui s’y trouvent et par l’ensemble des conditions énergétiques de l’environnement
immédiat de ces êtres vivants (Roca, 1985). Pour Ricou (1996), un écosystème se définit comme
étant un complexe d’organismes et de facteurs physiques. Il ajoute que les systèmes ainsi formés
sont les unités de base de la nature et offrent la plus grande diversité de type et de taille.
1.2.- Agroécosystèmes
C’est un ensemble de relations entre les cultures, les techniques de production agricole et le
milieu environnant. Au sens large, l’agroécosystème est le terme désignant l’écosystème des
cultures et des forêts. Un agroécosystème est un système artificiel créé par l’action de l’homme
sur le milieu (Hilaire, 1995). Roca (1985), définit un agroécosystème comme un écosystème
cultivé. En tant que tel, il englobe l’ensemble du milieu naturel et des activités de sa mise en
valeur par l’homme.
Bien que l’exploitation agricole résulte d’un ensemble de composantes liées aux productions
animales et végétales, à l’investissement en vue de subvenir aux besoins des membres des
ménages agricoles, elle doit être surtout définie comme un système tel que conçut Vilain (1999)
étant un ensemble d’éléments en interaction dynamique organisé en fonction d’un but.
Pour CIRAD-GRET (2012), une exploitation agricole, dans son fonctionnement productif, doit
réunir différents éléments (facteurs) nécessaires pour qu’une production, végétale ou animale,
puisse être entreprise.
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1.4.- Système de production
Un système de cultures est l’ensemble des successions de culture et techniques mises en œuvre
sur une parcelle pour obtenir une ou plusieurs productions végétales. Plusieurs systèmes de
culture peuvent coexister dans une exploitation (GRET/FAMV, 1990).
Un Système d’élevage est l’ensemble des pratiques et techniques mises en œuvre par un paysan
ou une communauté pour faire exploiter les ressources végétales par les animaux afin d’obtenir
une production animale (GRET/FAMV, 1990).
C’est l’ensemble des processus à l’origine de la production et qui résulte des décisions
techniques de l’agriculteur ou encore c’est une combinaison logique et ordonnée des techniques
appliquées à une culture ou une association de culture en vue d’obtenir une production
(GRET/FAMV, 1990).
1.6.- Transect
Un transect est un parcours réalisé de façon à traverser le maximum de diversités dans un milieu.
Quand il est réalisé dans le sens de la pente on parle de transect altitudinal. L’altitude étant un
facteur de variabilité du milieu (GRET/FAMV, 1990)
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1.7.- Dégradation du milieu
Selon Benderradji et al. (2006), la dégradation est un ensemble de phénomènes qui contribuent à
accroitre la fragilité des écosystèmes, à réduire leur capacité de régénération et à diminuer leur
potentiel de production.
1.7.1.- Déforestation
1.7.2.- Erosion
Le mot « érosion » vient du terme latin « erodere », signifiant « ronger ». Il existe différentes
formes d’érosion : hydrique, éolienne, géologique... (Cabidoche, 1996). En effet, l’érosion a des
conséquences agronomiques, environnementales et économiques (Cabidoche, 1996a; 1996b;
Georges, 2008; Bellande, 2009).
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1.7.2.1.- Les mécanismes de l’érosion en Haïti
Dans les mécanismes de l’érosion en Haïti, Cabidoche (1996) distingue quatre éléments majeurs
pouvant servir à expliquer le comportement des sols soumis à l’action des pluies dans le pays :
Les sols haïtiens, comme beaucoup de sols des zones tropicales, sont également souvent des sols
à forte proportion d’argile ou autres éléments fins, qu’il s’agisse de formations volcaniques ou
sédimentaires. La distribution des éléments minéraux constitutifs de ces sols conditionne deux
propriétés qui définissent la sensibilité des sols par rapport à l’érosion (Cabidoche, 1996):
1) La condition hydraulique lorsque le sol est saturé qui détermine l’infiltrabilité en surface
et le ruissellement sur surfaces saturées
2) La taille minimale des particules détachables en surface ; plus les particules sont grosses,
moins elles sont susceptibles d’être déplacées par l’eau.
En Haïti, les risques d’érosion sur parcelles travaillées sont donc les plus élevés durant les
périodes où le sol est nu, après labour et avant semis. Par la suite, la mise en place de cultures
associées, assurant une couverture relativement rapide du sol et souvent une architecture à
plusieurs étages de végétation, permettra de réduire l’intensité des phénomènes érosifs. Des
surfaces importantes sont cultivées sur des pentes fortes et longues sur lesquelles la végétation
annuelle a peu d’impact sur le ruissellement et l’érosion (Cabidoche, 1996).
6
1.7.3.- Désertification
La FAO de son côté propose une définition qui met l’accent sur le rôle des activités humaines
dans ce processus. Selon cette définition, le processus de désertification est caractérisé comme
un «ensemble de facteurs géologiques, climatiques, biologiques et humains qui conduisent à la
dégradation des qualités physiques, chimiques et biologiques des terres des zones arides et semi-
arides et mettent en cause la biodiversité et la survie des communautés humaines » (FAO, 1992).
La désertification, qui correspond aux processus de dégradation des terres, est en cours en Haïti.
En effet, l’on y recense déjà tous les types de dégradation de terres : l’érosion, la salinisation de
sols, la perte de fertilité, le dépérissement de forêts, les incendies de forêts, la dégradation des
pâturages. De tous ces types de dégradation, l’érosion reste celui qui est le plus grave, le plus
étendu et le plus connu.
La mise en pratique par les paysans procède d’une action réfléchie. Les paysans évaluent la
situation et ce qu’il conviendrait de faire en mobilisant un ensemble de connaissances sur les
sols, les fumures organiques, les engrais minéraux, la végétation, le climat, l’eau, les
champs,..(Sebillotte, 1987; Milleville, 1987; Landais, Deffontaines, et Benoit, 1988;) . Les
paysans construisent alors des stratégies qui se traduiront par la mise en pratique. A partir de
l’ensemble des règles de décisions associées à leurs savoirs, de leurs objectifs et de leurs
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contraintes, ils décident de la mise en pratique. Enfin, les pratiques engendrent des effets et des
conséquences sur le milieu (Sebillotte, 1987; Milleville, 1987; Sebillotte et Soler, 1989).
En effet, Les pratiques des agriculteurs sont les manières de faire, réalisées dans une optique de
production. Il s’agit de « manière dont les techniques sont concrètement mises en œuvre dans le
contexte de l’exploitation » (Landais, Deffontaines, et Benoit, 1988). Donc, les pratiques
correspondent à une représentation concrète d’une technique mise en action par un agriculteur.
Le changement d’affectation des terres est un facteur important de leur dégradation. Haïti est un
pays montagneux dont plus de 75% du territoire sont occupées par des mornes. Seulement 21%
des terres ont une pente inférieure à 10%. Par contre, plus de la moitié des terrains ont des pentes
supérieures à 50 % (MARNDR, 2005; MDE, 2015). Donc, non seulement l’occupation des sols
est inadéquate mais des problèmes importants existent dans la reproduction de la fertilité des
sols, donc dans la régénération de la productivité des terres.
Selon (MARNDR, 2011), 70% des ménages ruraux exploitent la terre, indépendamment de la
forme d’accès à ce foncier. Il existe 1.018.951 exploitations agricoles à travers le pays dont
environ 74% des exploitations agricoles haïtiennes exploitent moins d’un carreau de terre. La
précarité de la tenure foncière fait que l'exploitant est très réticent à réaliser des améliorations
foncières : amendement des sols, plantations d'arbres, travaux antiérosifs ou entretien des
réseaux d'irrigation. Il y a là un blocage important à l'aménagement du milieu, à la valorisation
ou à la conservation du patrimoine et à l'introduction de nouvelles techniques de production.
8
1.9.3.- L’évolution des systèmes de cultures et la baisse de la fertilité des sols
L’agriculture haïtienne est très peu consommatrice de fertilisants chimiques et les déchets
organiques concentrés sont rarement utilisés. Pour la plus grande partie des aires de plaine et de
montagne, la jachère est le principal mode de reproduction de la fertilité. La pression
démographique est un déterminant important des durées de jachère, même s’il n’est pas le seul.
Plus les disponibilités en terres sont faibles, moins il y a possibilité de laisser les terrains incultes
pour de longues périodes (Bellande, 2010).
Considérant que près de 76% de la population sont pauvres et que les sources de revenus de 60%
d’entre eux dépendent au moins à 80% d’activités liées aux terres; considérant que plus du 1/3 du
territoire est de type semi-aride à aride (MARNDR, 2011) l’on peut dire que près de 5 millions
d’Haïtiens sont très directement affectés par la dégradation du milieu. Les conséquences de la
dégradation sont les suivantes :
✓ La réduction de la biodiversité
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1.10.- Pratiques agricoles et la conservation du milieu
Selon Le Roux et al. (2008), les pratiques agricoles qui contribuent à la conservation du milieu
sont des pratiques qui impliquent la protection, le respect et l’entretien de la biodiversité, ce qui
favorise la mise en place de mécanismes de régulation naturels et assure l'équilibre et la
résilience des agroécosystèmes. Elle s’attache notamment à :
✓ Nourrir la vie du sol pour mieux prendre soin des plantes grâce à un vaste système de
techniques et savoir-faire ;
✓ Optimiser une gestion de l’eau de sorte que tout soit mis en œuvre pour préserver cette
ressource naturelle fondamentale ;
10
CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODOLOGIE
La commune des Coteaux se trouve dans le département du Sud. Elle est bornée au Nord par les
communes de Port-à-Piment et Chantal, au Sud par la mer des Antilles et la commune de Roche-
à-Bateau, à l’Est par les communes de Roche-à-Bateau et de Chantal et à l’Ouest par la
commune de Port-à-Piment et la mer des Antilles. Ses coordonnées géographiques se situent
entre 18° 33’ de latitude nord 74° 40’ de longitude ouest. Sa superficie est de 74,4 km2, soit 0,27
% du territoire national. La commune des Côteaux contient trois sections communales (Condé,
Despas, Quentin) et le quartier Damassin. En 2015, la population de cette commune était estimée
à 21 302 habitants (IHSI, 2015)
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2.1.2.- Topographie et pédologie
La commune des Coteaux est caractérisée par un relief accidenté et fait partie de l’Écosystème
de montagnes humides, de collines semi-humides, des zones aride et semi-aride. C’est une zone
d’altitude moyenne comprenant de fortes pentes. Les sols sont formés de substrats calcaires avec
des poches basaltiques et argileuses éparses affleurant par endroit en surface (INIFOS, 2020)
2.1.3.- Climat
Les ressources en eau de la commune des Côteaux sont les sources, les rivières, les ravines, l’eau
souterraine et la mer. Le réseau hydrographique est tributaire du climat et du relief. Les sources
et les rivières sont essentiellement utilisées pour l’utilisation ménagère et comme eau de boisson
pour la population et les animaux (INIFOS, 2020)
12
2.2.- Méthodes
Notre méthode se résume en huit (8) grands points : les recherches bibliographiques, les visites
de prospection du terrain, l’établissement d’une typologie, le choix d'un échantillonnage, le
parcours de transects, la collecte des données, le travail de cartographie et le traitement et
analyse des données recueillies.
Cette étape consiste à consulter des ouvrages disponibles sur les thèmes de l’étude et sur la zone
où se réalise l’étude, dans le but de cerner le gros de ce qui a déjà été dit sur ce sujet et afin
d’avoir des informations essentielles sur la zone d’étude.
Par cette démarche, la zone de réalisation du travail est parcourue brièvement avec des personnes
travaillant dans le milieu et ayant une bonne connaissance de la zone. Des observations
personnelles ont été faites pour une connaissance plus poussée du milieu d’étude telles que : les
cultures les plus retrouvées dans la zone, les différentes techniques culturales retrouvées dans la
zone, les pentes des terrains cultivés, les arbres les plus fréquents dans la zone, etc.
Afin de pouvoir reconstituer la réalité agraire de la zone et d’arriver à comprendre les décisions
des agriculteurs en ce qui a trait aux pratiques qu’ils adoptent, il est important de classer les
enquêtés par catégorie ou par type qui se ressemblent. Ainsi, une typologie se basant sur la
structure des exploitations a été établie. Cette typologie a pris en compte le critère le plus
discriminant pour les exploitants de la zone, à savoir : la superficie des parcelles exploitées.
✓ Type 1 : Grands exploitants : Exploitants cultivant plus de deux (2) carreaux de terre.
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✓ Type 2 : Moyens exploitants : Exploitants cultivant entre un (1) et deux (2) carreau de terre.
✓ Type 3 : Petits exploitants : Exploitants cultivant moins d’un (1) carreau de terre.
2.2.4.- L’échantillonnage
L’échantillonnage aléatoire a été privilégié dans le cadre de ce travail. Ainsi ; quinze (15) blocs
ont été traversés et cinq (5) exploitants ont été sélectionnés par bloc, ce qui a conduit à un
échantillon de soixante-quinze (75) exploitants enquêtés.
Dans le cadre de notre étude, il a permis de traverser le plus d’agrosystèmes que possibles afin de
pouvoir relever les différentes pratiques utilisées par les exploitant de la zone d’étude. Trois (3)
transects ont été réalisés dans le cadre de ce travail. Sur chacun des transects des points GPS ont
été prélevés, les blocs et les exploitants ont été choisis afin de présenter la carte des transects.
14
2.2.6.- Travail de cartographie
À l’aide d’un récepteur GPS, des points ont été pris tout en faisant une estimation. Ces points
collectés ont été téléchargés en format shape file puis exporter sur ArcGIS 10.4 pour la
numérisation. Cette dernière a été faite en superposant les points de format shape file recueillis
sur l’orthophoto 2018 de CNIGS et l’outil editor de l’ArcGIS 10.4 a été utilisé. Le logiciel
ArcGIS 10.4 et l'Excel ont permis de tracer la courbe hypsométrique en utilisant le Modèle
Numérique de Terrain (MNT) Shuttle Radar Topography Mission (SRTM) de la zone d'étude.
Les cartes ont été réalisées à partir des données du Centre National de l’Information Géo-
Spatiale (CNIGS) et des données recueillies sur terrain. Les données images ont été collectées
auprès du CNIGS alors que les données de terrain ont été recueillies par observation directe.
La collecte des données a été faite à travers les enquêtes informelles et formelles ainsi que les
focus groups.
L’enquête informelle a été permis d'avoir une idée générale de la zone d’étude, d'orienter
l’enquête formelle, de recueillir certaines informations sur la zone et les habitudes des gens du
point de vue agricole, environnementale et sociale.
L’enquête formelle a pour but de recueillir des informations de la part des exploitants ciblés dans
la typologie adoptée. Un formulaire d'enquête a été utilisé à cette fin. Les questions ont touché,
entre autres, les différentes pratiques agricoles de la zone, leur historicité, le pourquoi et le
comment de ces pratiques, les modes de tenure des parcelles, les systèmes de production, etc.
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2.2.8.- Traitement et analyse des données recueillies
Après avoir collecté les données nécessaires à la réalisation de l’étude lors des enquêtes de
terrain, c’est à l’aide du logiciel Microsoft Excel que la saisie a pu être effectuée. Et à partir de
là, le dépouillement a pu être fait. Des codes ont été attribués à chaque question et aussi à chaque
réponse afin de faciliter le traitement. Ensuite l’analyse de ces données a été faite à l’aide de
logiciel R et Excel. Les cartes quant à elles, ont pu être réalisées à l’aide du logiciel ArcGIS.
Somme toute, les données fournies par l’enquête ont été dépouillées, traitées, analysées et
interprétées afin d’obtenir les informations que nécessite l’étude et ainsi parvenir à des
conclusions fondées dont la mise en document a été fait à l’aide de Microsoft Word version
2013.
Les matériels ont été utilisés dans le cadre de cette étude: sont les suivants
✓ Fiches d’enquête
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CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSION
3.1.- Résultats
Du point de vue géomorphologique, la commune des Coteaux est constituée des montagnes
basses et collines intermédiaires (45%) et des accumulations littorales (30%). Les massifs
rocheux résiduels en amont et les couvertures détritiques complètent l’ensemble avec
respectivement 19% et 5%. Les calcaires karstifiées prédominent en amont et en aval alors que
les plaines maritimes et les cônes de déjection se positionnent en aval et en piémont
respectivement.
Une grande partie de la superficie de la commune des Coteaux, présente une forte déclivité
supérieure à 30%. Une bonne partie des sols sont nus avec des affleurements rocheux.
18
Figure 5: Carte géomorphologie de la commune des Coteaux
La commune de Coteaux est caractérisée des reliefs montagneux sur une bonne superficie. Ainsi
plus de 60% de la commune de Coteaux se trouve au-dessus de l’altitude 200m. Le profil se
poursuit avec les altitudes de 500 à 1000m et aussi de 1000 à 1500 m occupant respectivement
21% et 20% du territoire de ladite commune, compris dans des vallons très escarpés. Finalement,
les altitudes de 1500 à 2000 m et plus occupent 14% du territoire.
19
Figure 6: Classe d’altitude de la commune des Coteaux
Les pentes prédominantes de la commune des Coteaux se trouvent entre 90% et 210%.
Néanmoins, les pentes supérieures à 60% sont relativement importantes. Une analyse de la carte
des classes de pente pour la commune de Coteaux fait ressortir clairement que plus de 48 % de la
superficie de la commune de Coteaux a une topographie estimée entre 30 à 40 %. Les pentes les
plus faibles, c’est-à-dire de 18% sont localisées au bord de mer sur la route. Les pentes
considérées comme faibles est moins de 30%.
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Figure 7: Carte des classes de pente dans la commune des Coteaux
La commune de Coteaux renferme plusieurs catégories de sols. Les plus importantes unités
répertoriées sont les suivantes: Les sols bruns eutrophes, les sols iso humiques, les sols peu
évolués d’érosion à texture équilibrée, les sols calcimagnésiens , les sols ferralitiques sur
matériaux calcaires ou basaltiques à capacités productives faibles, les rendzines de coloration
grisâtre à blanchâtre, Les lithosols calcaires ou basaltiques généralement associés aux calcaires
karstiques et aux glacis basaltiques ;
La couverture végétale des agroécosystèmes de la zone d’étude est très variable. Bien qu’elle soit
de façon générale dégradée, certaines gorges, bas-fonds et plaines sont encore plus ou moins
21
boisés avec l’occurrence d’une grande diversité d’espèces fruitières et forestières. Il existe
également en certains endroits, notamment sur les mornes, les zones humides et semi-humides,
quelques arbres bien qu’ils soient souvent dispersés. Dans l’ensemble de la région la végétation
est inégalement répartie.
22
3.1.2.- Pratique agricole de la commune des coteaux
Au niveau de la commune des Coteaux, la nature des terres varie en fonction de la topographie.
Ainsi, pour apprécier les caractéristiques des terres, la commune est divisée en trois grandes
unités : zone1 (caractérisée par une altitude comprise entre 0 et 150 mètres et par des classes de
pentes très faibles (0 - 20%)), zone2 (altitudes comprises entre 150 et 750 mètres) et zone3
(altitudes comprises entre 750 et 1086 mètres (avec des pentes très fortes)). Les critères de base
qui ont été retenus pour le découpage de ces unités sont le relief, le type de sol et la constitution
du couvert végétal.
Le travail réalisé au niveau de la commune montre que 33 exploitants soit 44% des exploitants
disposent des exploitations agricoles ayant des superficies allant de moins d’1 carreau (taille
minimale), 29 exploitants soit 39% de 1 à 2 carreaux (taille moyenne) et 13 exploitants soit 17%
de plus de 2 carreaux (taille maximale), qui sont réparties dans les différentes unités
morphologiques des exploitations agricole.
50
45
40
35
30
Effectif
25
20 Superficie
15
10 Pourcentage
5
0
Petit exploitant Moyen exploitant Grand exploitant
[< 1 cx] [1 à 2 cx] [> 3 cx]
Catégorie
23
3.1.2.1.3.- Le Mode de tenure
Selon les entrevues individuelles et de groupe, les modes de tenure des terres diffèrent d’un
exploitant à un autre. Sur les 75 exploitants agricoles enquêtés, 4 exploitant soit 5% exploitent
des terres en mode de faire valoir direct (MDVD), 15 soit 20 % travaillent sur des parcelles en
héritages et 56 soit 75% cultivent des parcelles en mode de faire valoir indirect (MDVI). Ces
données permettent de dire que le mode de faire valoir le plus courant au niveau de la commune
des Coteaux est celui du faire valoir indirect.
80
70
60
50
Effectif
40
30 Frequence
20 Pourcentage
10
0
MDVD MDVI Heritage
Mode de tenure
Selon les observations sur le terrain ainsi que les informations recueillies lors des entrevues
individuelles et de groupe, les espèces végétales rencontrées au niveau des agroécosystèmes de la
commune des Coteaux diffèrent selon la topographie et les types de sols. Dans les piedmonts, les
bas-fonds, les plaines et les bordures des berges de la rivière, les agriculteurs cultivent
généralement, le bananier (Musa sp), la patate (Ipomea batatas), le haricot (Phaseolus vulgaris),
la canne à sucre (Saccharum sp), l’arachide (Arachis hypogaea), la tomate (Solanum
lycopersicum), l’igname (Dioscorea cayensis), etc.. Ces zones des agroécosystèmes sont
caractérisées par des sols ayant de très fortes quantités d’éléments minéraux, du fait qu’ils sont
constitués de matériaux enlevés de la partie supérieure des sols de l’amont disposant d’une forte
24
proportion de matière organique. Par contre, sur les versants ensoleillés (endroits où les sols sont
généralement peu profonds et vulnérables à l’érosion), les exploitants cultivent habituellement, le
maïs (Zea mays), le sorgho (Sorghum sp), le manioc (Manihot esculentum), le pois Congo
(Cajanus cajen), etc. Ces cultures se font souvent en association et certaines fois en assolement.
En fait, les espèces végétales cultivées au niveau des parcelles agricoles dans les
agroécosystèmes sont généralement des cultures sarclées qui, d’une manière ou d’une autre,
impliquent au moment des travaux de désherbage, une désorganisation de la structure de la
couche superficielle du sol. Cette intervention dans la couche arable peut conduire à l’érosion et
finalement à une baisse de la fertilité des sols. De plus, lors de la mise en place de ces cultures,
dans le souci d’étendre les parcelles agricoles, beaucoup d’arbres et d’arbustes sont abattus.
En général, les cultures associées sont prédominantes dans la commune des Coteaux. C’est en
quelque sorte le résultat combiné de l’absence de débouchés commerciaux et de la petite
propriété qui impose la pratique de cultures vivrières et de cultures de rente pour mieux assurer
la survie des paysans. Le tableau 1 résume le type de culture pratiquée dans cette commune ainsi
que les périodes de production.
25
Tableau 1: Calendrier culturale dans la commune des Coteaux
100
Effectif 80
60
40
Fréquence
20
Pourcentage
0
Pratiques du Non pratiques du
brûlis brûlis
Catégorie
Comme indiqué dans la figure 12, 71 exploitants soit 95% des exploitants agricoles n’utilisent
pas de techniques de conservation des sols au niveau de leurs parcelles parce qu’ils n’ont pas les
compétences techniques ni les moyens économiques nécessaires et seulement 4 exploitants soit
5% des exploitants agricoles appliquent des mesures antiérosives au niveau de la commune des
Coteaux.
100
Effectif
80
60
40
20
0 Fréquence
Utilisation des Non utilisation
Pourcentage
pratiques de des pratiques de
conservation des conservation des
sols sols
Catégorie
27
3.1.2.4.- Les outils
En ce qui a trait aux outillages agricoles, nous constatons que la machette, la pioche, la houe, la
dérapine, la hache et le râteau sont les outils les plus utilisés par les exploitants agricoles au
niveau de la commune des Coteaux. Ils font usage de la hache pour l’abattage de gros arbres,
tandis que les autres outils sont employés pour le travail du sol. Ainsi, tous les exploitants
enquêtés disposent au moins dans leur exploitation agricole d’une machette, d’une pioche et
d’une houe.
3.1.2.5.- La main-d’œuvre
La main-d’œuvre au niveau des exploitations agricoles de la commune des Coteaux est à la fois
familiale et externe. Toutefois, la plupart des exploitants questionnés n’utilisent pas la main-
d’œuvre externe, car ils ne disposent pas de grands moyens économiques.
Selon les informations recueillies, l’élevage de bovins, d’équins, de caprins d’ovins, de porcins
et de volaille est pratiqué par la majorité des exploitants des agroécosystèmes. La conduite des
animaux se fait généralement à la corde.
3.2.- Discussion
28
végétal et un relief montagneux. Il est donc susceptible à l’érosion. Selon Bellande (2009), la
dégradation du milieu a un impact significatif sur le niveau de vie de la population et sur les
potentialités de développement économique.
En outre, les pratiques agricoles engendrent des impacts importants sur l’environnement et
menacent à long terme la pérennité de l’agriculture. Néanmoins, les résultats découlant de
l’analyse du système de production mis en œuvre dans la Commune des Coteaux permettent de
constater que les pratiques agricoles adoptées par les exploitants agricoles ont des impacts
significatifs sur les ressources naturelles notamment les sols et les ressources ligneuses. Nous
constatons qu’au niveau des parcelles agricoles se trouvant dans les zones de fortes pentes, les
exploitants n’ont pas érigé de structures adéquates pour la conservation des sols et de l’eau.
Aussi, ils mettent en culture de façon intense leurs lopins de terre avec des successions culturales
rapprochées, donc, une forte réduction des périodes de jachères et parfois les cultures de même
familles ou la même culture. Ces cultures sont généralement localisées dans les endroits à forte
déclivité dans les agrosystèmes. Ainsi, l’établissement de ce système de cultures est
généralement réalisé par des activités de défriches et de brûlis. À cet effet, les arbres fruitiers ou
forestiers, ainsi que les arbustes sont détruits. Ces pratiques utilisées par les exploitants dans les
systèmes de production sont très préjudiciables pour le milieu, elles entraînent une baisse
considérable du taux de matière organique du sol. Ainsi, Roose (1994) soutient que
l’augmentation de la productivité des terres et du travail nécessitent une bonne gestion de la
matière organique et des nutriments. Par ailleurs, les effets négatifs qu’entraîne la dégradation
des agroécosystèmes pourraient être atténués si les pratiques d’exploitation des ressources et les
procédés de mise en valeur des terres agricoles par les exploitants s’appuyaient a priori sur des
normes de conservation et de protection dans une optique de développement durable (Roose,
2018; Lilin, 1987). Ainsi, la population vit principalement de l’agriculture et leurs exploitations
deviennent moins productives, une fois que la terre est devenue moins fertile en raison de son
niveau élevé de dégradation. Cela peut entraîner une limitation de la disponibilité des aliments en
quantité suffisante créant aussi de l’insécurité alimentaire, et affectant le niveau de vie des
exploitants agricoles et de la population en générale. Toutefois, pour faire face aux processus de
dégradation du milieu, plusieurs auteurs (Roose, 1994;; Bellande, 2010; Le Roux et al., 2008)
conseillent d’utiliser, au niveau des exploitations agricoles, des techniques agricoles productives
et durables.
29
CONCLUSION
L’étude a permis d’analyser les pratiques agricoles et leur impact sur la dégradation du milieu et
les conditions de vie de la population dans la commune des Coteaux. Une analyse des systèmes
de culture et des modes de production dans les agroécosystèmes en relation avec les
caractéristiques biophysique de la commune a permis d’en déduire les impacts susceptibles de
mettre en péril l’équilibre de l’agroécosystème de cette commune et la vie de la population. En
effet, les types de pratiques agricoles utilisés par les exploitants dans leurs systèmes de
production font partie des éléments concourant à la dégradation des agroécosystèmes.
Donc, pour surmonter les différents problèmes rencontrés dans la zone et parvenir à une
meilleure mise en valeur du milieu ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie de la
population de la zone, certaines recommandations ont été formulées :
30
✓ La construction des routes (Chevalier – Sinaï, Centre-ville Coteau - Despas, Quentin - K-
Paul) pour faciliter la commercialisation des produits agricoles et ainsi réduire les pertes
poste récoltes ;
▪ Fournir aux paysans un encadrement technique afin de leur aider à bien gérer leurs
parcelles.
✓ L’étude des possibilités d’établir des impluviums dans la zone en vue de recueillir des eaux
de pluie pour l’arrosage et l’abreuvement des animaux ;
✓ La structuration des filières commerciales des cultures de rente telles : haricot, pois Congo,
afin d’augmenter le revenu des agriculteurs de la zone.
✓ La mise en place des structures de protection sur les berges de la ravine longue pour
empêcher la progression de leurs érosions ;
31
IV.- REFERENCES BIBLIOGRAPHIES
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34
LES ANNEXES
A
Fabrication du charbon
Pratique du brûlis
B
Annexe 2: Distribution de l’échantillonnage
1 Centre- ville 5
2 Chevalier 5
3 Condé 5
4 Lajo/café bleck 5
5 Sinaî 5
6 Banlieu/bas Larivière 5
7 Cassique prolongé 5
8 Grand Despas 5
9 Deboché/Anse à Loui 5
10 Gardois 5
11 Damassin 5
12 Quentin 5
13 Pleine medecillen/Campèche 5
14 Taqui 5
15 K-Paul 5
Total 75
C
Annexe 3: Caractéristiques physiographiques
Superficie (km2) 70
Périmètre (km) 40
D
Annexe 4: Potentialité des sols dans la commune des Coteaux
Classe de potentialités Type Aptitudes Caractéristiques physiques
Culture mécanique, Pente : 0-2% ; Sols alluviaux bien
productivité intensive et drainés
Excellentes I élevée
Culture mécanique, irrigation Pente : 0-5% ; Sols bien drainés,
Très bonnes II possible, bonne productivité Sols alluviaux de texture lourde
Productivité moyenne, Pente : 5-8% ; Sols de colline ou
limitation dans le choix des glacis, sols alluviaux très
cultures caillouteux ou hydromorphe en
Bonnes III profondeur
Agriculture traditionnelle Pente moyenne : 8-15%
avec mesure de conservation Sols généralement très peu
Moyennes IV des sols profonds de colline et bas morne
Adaptées à la riziculture et Marécages temporaires et sols
cultures saisonnées à forte temporairement hydromorphes ou
productivité. Aménagement inondables
hydroagricole important
(drainage, irrigation,
Médiocres V protection contre les crues).
Petite agriculture de Pente moyenne 12-30% Sols
montagne très localement, de mornes de profondeur variable
Faibles VI boisement
Pente moyenne 30-60%
Cultures arborées, agriculture Sols de mornes peu profonds et très
Limitées VII conversationniste, boisement érodables,
Pente supérieure à 60%
Sols de profondeur variable et en
voie d’érosion accélérée sous
Très Limitées VIII Forêt culture
E
Annexe 5: Carte de potentialité des sols
F
Annexe 7: Carte d’occupation de sols 2014
G
Annexe 8: Les pratiques agricoles productives et durables
H
Annexe 9: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
I
Annexe 10: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
J
Annexe 11: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
K
Annexe 12: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
L
Annexe 13: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
M
Annexe 14: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
N
Annexe 15: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
O
Annexe 16: Les pratiques agricoles productives et durables (suite)
P
Annexe 17: Les pratiques agricoles productives et durables (fin)