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Commentaire

RENVERSERLE
COURANT
DESRESSOURCES
LL4FRIQUEETLACRISEDELADETTEINTERNATIONALE

Morris Millet; économistecanadien, u d@ occupéun poste de direc- Comme le soulignait le sous- d’intérêts à payer chaque année sur
teur exécutif à lu Banque [Link] est iiiuteur du livre Coping directeur exécutif de I’UNICEF, la dette extérieure du continent. Les
is Not Enough! The International Debt Crisis, publié récemment Richard Joli~: kes petites gens ont arriérés de paiement s’élèvent main-
déclenché une énorme vague de tenant à plus de 14 milliards de dol-
par Dow Jones-lrwin. Ce liure examine,enhe autres, le rôle de la
secours en voyant ce qe se passait lars ou à un cinquième de la dette à
Banque mondiale et du Fonds monétaireinternational dans la crise
dans ce pays et cette vague a moyenne et à longue échéance. Les
de la [Link] le présent commentaire,Omteur explique les crain- entraîné ensuite un changement pays doivent se passer d’importer
tes reliéesau ditkdtés de rembourserde la dette africaine li sou- radical dans les politiques et les des produits essentiels de consom-
tient que pour éuiter une catastropheéconomiqueinternationale, ii seco”rs go”“er”eme”ta”x.‘~ La matlon courante pour maintenir
faut, dans un premier temps,renoncer bnmédiatement(11~1 orêts préoccupation pour l’Afrique subsa- l’infrastructure de base, pour investir
faits au Tiers-Monde.* harienne peut donc être perçue dans de nouvelles installations et
comme une prise de conscience du pour offir les services fondamentaux
monde liée au dévoilement de cette de santé, d’éducation, de logement
Au milieu de 1986, la dette du spécial, auquel 1,7 milliard de dol- tragique réalité. et de recherche.
Tiers-Monde franchissait le cap du lars ont déjà été promis, vise à Intellectuellement, il n’y a qu’un Julius Nyerere, ancien président
1 000 milliards de dollars améri- apporter, en cas d’urgence, un petit pas à faire de la prise de cons de la Tanzanie, a exprimé le pro-
cains. Bien que la dette globale de appoint aux fonds que reçoit la cience d’une famine créée par la
l’Afrique ne représente qu’une petite région. sécheresse dans un pays, à la prise
fraction de ce chiffre, la commu- Etant donné que beaucoup de
nauté mondiale a commencé à se nations débitrices d’Amérique latine
pencher sur la situation financière et d’Asie s’efforcent, elles aussi péni-

I
désespérée de ce continent. blement et souvent en vain, de sup-
Au début d’avril, presque cinq ans porter le fardeau de leur dette, il y C’est comme si on leur demandait de
après l’éclatement tragique de la a peut-être lieu de se demander
crise de la dette internationale, le pourquoi s’intéresser plus paticuliè- monter un escalier mobile qui descend.
secrétaire général de I’ONU, Puez rement à I’Afrique? Après tout, les
de Cueliar, annonçait la création plus grands débiteurs sont ailleurs
d’un groupe consultatif de dix mem- que là. Par exemple, le Brésil ei le
bres pour étudier le courant des res- Mexique doivent chacun plus de 100 de conscience de la mauvaise pas. blème succintement lorsqu’il a dit
sources entre les pays développés et milliards de dollars, somme supé- turc de toute YAfrique. II ne faudrait au créanciers que son gouverne-
I’Afrique. Ce groupe était chargé de rieure à la dette combinée de tous pas oublier dans &e litanie de ment, comme d’autres gouverne-
proposer des mesures d’aide aux les pays africains. malheurs les coûts plus subtils, mais ments d’ailleurs, était contraint de
pays africains en difficulté financière En outre, le système financier tout aussi importants, entraînés par choisir entre rembourser sa dette ou
et de promouvoir leur mise en appli- mondial est surtout menacé par une la pauvreté omniprésente. L’état de em;echer ses enfants de mounï de
cation. douzaine de grandes nations débitri- conscE”ce créé par une urgence
Puis il y eut les réunions de mi- ces. Leurs confrontations &“tY les doit être maintenu pour faire com- Quelques chiffres sur l’Afrique
avril du comité de développement banques privées, leurs créancières, prendre à un vaSte public les effets subsaharienne suffisent à donner
de la Banque mondiale et du comité font la une des journaux. La déci- à plus long terme du proiond <(piège une idée de la situation actuelle.
intérimaire du Fonds monétaire sion du Brésil, à la fin de février, de la pauvreté. dont est prisonnier Sur dix années à partir de 1972
international qui rassemblèrent les d’interrompre les paiementi du ser- I’Africain moyen. (l’année précédant le “choc pétro-
ministres des finances du monde. Le vice de sa dette en est un bon Mais la pauvreté n’otfre pas un lien), la dette globale de la région
but était principalement de rééva- exemple. Cette décision a fortement visage aussi tragique que la famine. est passée d’environ 7 milliards de
luer en profondeur la capacité de secoué les centres financiers du Les conséquences humaines du dollars à près de 60 milliards, soit
l’Afrique de supporier le tardeau de monde et a même fait craindre le financement largement insuffisant une augmentation de quelque 20 %
sa dette extérieure. Cette réévalua- déclenchement d’une série d’événe- des soins, de l’éducation, de la par année. Ce chiffre dépasse de
tion allait proposer des mesures cor- ments qui auraient eu I’efkt d’un nutrition et du logement ne donnent beaucoup l’augmentation des rwe-
rectrices au sommet économique de cataclysme sur le système financier pas d’images aussi poignantes nus, y compris ceux provenant des
juin réunissant les sept plus grands mondial. La crise de la dette n’améliore exportations. Le <choc de la dette”
pays industrialisés. Pourquoi donc cet intérêt pour pas la situation de l’Afrique qui va de 1982 a ralenti radicalement le
Ces deux initiatives suivirent de l’Afrique maintenant? La réponse se de mal en pis. Les pays doivent taux d’augmentation des emprunts
près deux gestes posés par la Ban- trouve en partie dans la grande allouer de maigres fonds au selyice de ces pays, mais la dette totale,
que mondiale : Yétablissement d’un publicité qui a entouré la famine en de plus de 4 milliards de dollars elle, a continué de croitre. Une
mécanisme spécial pour l’Afrique Ethiopie. Des images fort émouvan- trentaine de pays ont maintenant
subsaharienne et la décision d’éle- tes ont atteint des centaines de mil-
ver, de 37 à 50 %, la part des prêis lions de loyers par la télévision.
à faible taux d’intérêt de l’Afrique
(ce qui représente 600 millions de
dollars par année). Ce mécanisme

;4
des dettes trois fois supérieures à d’environ 1 % par année depuis Alors seulement les scénarios pren- ces. Le flux monétaire doit aller de
leurs revenus d’expotiation annuels. 1974. Entre la moitié et les trois nent tout leur sens. Entre autres, le “oweau des riches vers les pauvres.
Cela signifie qu’en moyenne, ces qua& de la population vit sou le scénario de la catastrophe : les débi- Pour cela, il s’impose d’abord et
pays doivent consacrer 40 % de seuil de la pauvreté absolue, selon teurs déclareraient leur intention de avant tout de renoncer aux dettes.
leurs revenus d’exportation au ser- les critères de la Banque mondiale. ne Pas respecter leurs engagements Si ce n’est pas fait délibérément et
vice de la dette. Les pays africains ont le malheur de ou, sans bruit, se mettraient à ne ouvertement, cela se produira au
se classer bons derniers sur I’échelle pas les respecter. De telles actions petit bonheur. II s’agit plus de
Transferts négatif5 de la misère : espérance de vie, déclencheraient peut-être une chaîne savoir comment cela sera fait que
Le problème prend une autre analphabétisme des adultes et mer. d’événement5 qui mèneraient au quand.
dimension quand on s’aperçoit que talité infantile. désastre économique. La dette atti-
presque tout cet argent est dû à des Donc, des pays pauvres se voient rerait alors l’attention du monde, Dette troquée contre actions
gouvernements et à des organisa- tenus d’[Link] un courant net de mais trop tard pour prendre des Les banquiers commencent à
tions multilatérales comme la Ban- ressources vers les pays riche5 II mesures préventives. céder. Les banques réduisent la
que mondiale et le FMI. En 1986, n’est pas étonnant que 22 pays de Selon moi, les moyens pris actuel- valeur des prêts au Tiers-Monde et
le FMI a soutiré aux pays africains l’Afrique subsaharienne aient été lement pour résoudre la question de vendent à rabais. Ils troquent les
400 millions de dollars de plus qu’il obligés de rééchelonner leur dette, la dette couvent le scénario de la dettes contre des actions de sociétés
ne leurs a donnés. Ce phénomène en tout, 87 fois depuis 1975! Le catastrophe. En effet, on rééche- du pays débiteur. k~tres proposi-
de transfert négatif caractérisera groupe de travail américain formé lonne, cas par cas, la dette sur plu- tions suggèrent de réduire la valeur
bientôt les opérations de la Banque par la Maison blanche pour faire sieurs années en ajoutant au total la des dettes de manière organisée.
mondiale en Afrique, si ce n’est déjà disparaître la faim en Afrique subsa- portion non payée de l’intérêt ou, Les ressources financières et
la cas. Le journaliste canadien harienne estime qu’il faudra, chaque en jargon financier, en ,apitalisantn autres doivent être employées plus
Michael Valpy a décrit le problème année, une somme additionnelle de l’intérê[Link], la dette de tous les efficacement. II faut examiner sérieu-
d’une façon très évocatrice lorsqu’il 4 milliards de dollars. Et ce chiffre pays en développement est sement toute une gamme de fac-
a dit que les dirigeants africains ont est en su des 8,5 milliards de dol- aujourd’hui astronomique: plus de teurs, dont, parmi les plus
été constnints d’adopter des mesu. 1 000 milliards de dollars comparati- importants, la formation et la
res de ,annibalisation de leurs vement à environ 700 milliards de recherche. C’est sur ce plan que des
PFiYS”. dollars au milieu de 1982. Depuis, organisations comme le CRDI peu-
les conditions se sont détériorées vent jouer un rôle de premier plan
dans les pays en développement. sur la scène mondiale.
C’est comme si on leur demandait Avec les re55ources d’aujourd’hui
de monter un escalier mobile qui la pauvreté devient inexcusable.
Il s’impose d’abord et avant tout de descend. Pas étonnant qu’ils soient L’Afrique subsaharienne est l’incar-
fatigués et découragés! Leur volonté nation de la gageure la plus ten-
renoncer aux dettes. Si ce n’est pas fait de servir la dette s’amenuise chaque tante qui soit. Espérer aller au-delà

I
année : la situation devient de plus de I:aide au remboursement de la
délibérément et ouvertement, cela se en plus tragile et instable. dette pour ariver à éliminer la pu-
Pour eux, il n’y a pas encore de vreté phisera peut-être pour de
produira au petit bonheur. lumière au bout du tunnel. Les prix l’optimisme! Quoi qu’on en pense, il
à I’expmtation des produits de base est généralement admis que les
sont toujours très bas. Les marchés arrangements actuels ne peuvent
stagnent ou se rétrécissent et les durer et que la crise profonde et
barrières protectionnistes des pays générale, dont le problème de la
Le résultat? Les 5tatiStiq”eS le lars que ces pays s’attendent à rece- industrialisés s’élèvent. Pour préve- dette ne constitue qu’une manifesta-
donnent froidement. La production voir chaque année et des nir la catastrophe, les électeurs des tion, provoquera de grands change-
alimentaire croît moitié moins vite secours offerts par le rééchelonne- pays créanciers doivent prendre ments en nous tous.
que la population. Le secteur manu- ment des 7 milliards de dollars conscience du problème, s’informer Dans le monde interdépendant
facturier contribue moins de 10 % nécessaires au sewice de la dette. et démontrer par leur vote, leur qu’est le nôtre, la douleur de I’aja
au produit national brut de ces pays Des conditions désespérées engen- préoccupation à soutenir ces pays. tement qui s’impose ne peut rester
et, sur le plan de la structure, il n’a drent des mesures désespérées. La première mesure à adopter est localisée longtemps encore. Elle doit
pas progressé depuis vingt-cinq ans. de re”verser le courant des ~essour- être partagée bon gré mal gré. W
Les revenus pu capita réels chutent

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