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Introduction à la Mécanique des Fluides

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MAT6150. Mécanique des Fluides.

Robert G. Owens
4 septembre 2014

1 Des idées préliminaires


1.1 Solides, liquides et gaz
Selon Ryhming "Lorsqu’une force est appliquée à un solide celui-ci subit une défor-
mation. Cette déformation est dite élastique si elle disparait lorsque la force n’est plus
appliquée ou au contraire plastique si elle demeure permanente après la disparition de
cette même force. Les fluides se comportent différemment car la déformation d’un flu-
ide peut augmenter continuellement et sans limites sous l’effet d’une force même très
faible; on dit alors que les fluides s’écoulent.
La différence entre le comportement physique des liquides et des gaz se manifeste
principalement dans le phénomène d’expansion. Sous l’influence de la force de gravité
une certaine quantité de liquide versée dans un récipient remplit le fond du récipient et
forme une surface horizontale libre. Par contre, un gaz remplit la totalité d’un espace
fermé auquel il a accès, donc les gaz sont expansibles et les liquides ne le sont pas. Ce
comportement est étroitement lié à la compressibilité. Celle-ci peut être assimilée à la
résistance du fluide à un changement de volume. Les liquides ont une compressibilité
très faible. Donc, les forces qui s’appliquent à un changement de volume sont très puis-
santes. À l’opposé, la compressibilité des gaz est très élevée. En d’autres termes, les
liquides peuvent être considérés comme hautement incompressibles et les gaz comme
hautement compressibles."

1.2 Trajectoires et lignes de courant


Afin de décrire un écoulement du point de vue cinématique on a besoin de connaitre le
champ de vitesse donné par le vecteur vitesse v(x,t), où x = (x1 , x2 , x3 ) est le vecteur
position. Ce champ vectoriel peut être illustré par deux méthodes différentes. (i) En
suivant une particule de fluide dans son mouvement et en relevant l’endroit où se trouve
la particule quand le temps varie, on obtient la trajectoire de la particule. Étant donné
que la relation entre le vecteur vitesse v(x,t) et le vecteur position x est obtenue par

1
v = dx/dt, les trajectoires des particules sont les intégrales des équations différen-
tielles suivantes
dx1 dx2 dx3
= v1 (x1 , x2 , x3 ,t), = v2 (x1 , x2 , x3 ,t), = v3 (x1 , x2 , x3 ,t), (1)
dt dt dt
dans lesquelles t est une variable. Pour intégrer les équations (1) on a besoin des
conditions initiales qui, au temps t = t0 , donnent la position exacte, x = x(t0 ) = x0 ,
de la particule qu’on veut suivre (fig. 1). Le résultat de l’intégration se présente sous
forme paramétrique où t est le paramètre.
(ii) L’autre méthode consiste à déterminer dans le champ de vitesse des courbes
qui, à un instant t fixe, possèdent en chacun de leurs points une tangente parallèle au
vecteur vitesse v. Ces courbes sont les lignes de courant. Pour obtenir ces lignes on
observe que dans chaque plan x1 x2 , x2 x3 et x1 x3 l’inclinaison de la projection de la
ligne de courant passant par un point P est donnée par rapport aux composantes du
vecteur vitesse correspondant

dx1 v1 dx2 v2 dx3 v3


= , = , = . (2)
dx2 v2 dx3 v3 dx1 v1

Mathématiquement, donc, une ligne de courant x1 = x1 (s), x2 = x2 (s), x3 = x3 (s) peut


être obtenue en résolvant
dx1 /ds dx2 /ds dx3 /ds
= = . (3)
v1 v2 v3
Les lignes de courant changent de position par rapport au temps. Si l’écoulement est
stationnaire (c’est à dire, ∂ v/∂ t = 0), les particules suivent continuellement les mêmes
trajectoires, engendrant ainsi les mêmes lignes de courant.

1.2.1 Exemple: lignes de courant (§1.2.2 de Ryhming)


Déterminer les lignes de courant d’un écoulement stationnaire autour d’un cylindre
très long et de section circulaire décrit dans un référentiel fixe par rapport à l’axe du
cylindre (fig. 2). En utilisant les coordonnées polaires r, θ dans le plan xy, telles que
x = r cos θ , y = r sin θ , on peut montrer (voir §??) que les composantes vr et vθ du
vecteur vitesse dans les directions r et θ sont
( ) ( )
a2 a2
vr = U∞ 1 − 2 cos θ , vθ = −U∞ 1 + 2 sin θ , (4)
r r

où a est le rayon du cylindre, et U∞ la vitesse de l’écoulement à l’infini.

2
trajectoire

x=x(t, x0 )

x=x0

Figure 1: Trajectoire d’une particule qui, à t = t0 se trouve en x = x0 .

x
U
8

ligne de courant
z

Figure 2: Écoulement stationnaire autour d’un cylindre infini.

3
À partir de la définition des lignes de courant selon (2) nous obtenons
dy vy
= , (5)
dx vx
où vx et vy sont les composantes du vecteur vitesse dans les directions x et y respec-
tivement. Mais les composantes de vitesse sont données sous forme polaire. Par la
décomposition d’un élément le long de la ligne de courant dans les directions r et θ
(fig. 3), nous pouvons écrire
rd θ vθ
= . (6)
dr vr

rdθ

v
dr
r

O x

Figure 3: Une décomposition du vecteur vitesse v en composantes polaires (vr , vθ ),


démontrera que rd θ /dr = vθ /vr .

Ensuite, par la substitution de (4) dans (6) on obtient


∫ ( 2 ) ∫
r + a2 dr cos θ d θ
=− . (7)
r2 − a2 r sin θ
L’intégration donne
( )
r2 − a2
log = − log(sin θ ) + logC, 0 ≤ θ ≤ π, (8)
r

4
où C est une constante d’intégration. Pour le domaine r > a on obtient
( ) ( )
a2 a2
C = 1 − 2 r sin θ = y 1 − 2 . (9)
r r

On constate que quand r −→ ∞, y −→ C, c’est-à-dire y = C est l’asymptote d’une ligne


de courant: les lignes de courant contournent le cylindre. En particulier, la ligne de
courant obtenue pour C = 0 est donnée d’une part par y = 0, r > a et d’autre part par
y ̸= 0, r = a. Donc, le cercle r = a fait partie d’une ligne de courant.

1.2.2 Exemple (Exercice 1.8 de Acheson)


Considérer l’écoulement instationnaire

vx = u0 , vy = kt, vz = 0, (10)

où u0 et k sont des constantes positives. Démontrer que les lignes de courant sont les
lignes droites, et les dessiner à deux temps différents. Démontrer qu’une particule de
fluide suit un trajectoire parabolique au fil du temps.
Solution:

5
1.3 La dérivée particulaire/matérielle
Notez que bien qu’un écoulement puisse être stationnaire (c’est à dire, le vecteur
vitesse v est constant en un point fixe en éspace, tel que ∂ v/∂ t = 0), v peut changer
lorsqu’on suit une particule de fluide particulière. Soit f (x1 , x2 , x3 ,t) une quantité
d’intérêt scalaire ou vectorielle (par exemple, la densité ρ ou la vitesse v). La derivée
particulaire de f “suivant le fluide”, qu’on désigne par D f /Dt, est

Df d
= f (x1 (t), x2 (t), x3 (t),t), (11)
Dt dt
où x1 (t), x2 (t) et x3 (t) changent en fonction du temps à la vitesse locale v = (v1 , v2 , v3 ):

dx1 dx2 dx3


= v1 , = v2 , = v3 . (12)
dt dt dt
Utilisant le théorème de dérivation des fonctions composées

Df ∂ f dx1 ∂ f dx2 ∂ f dx3 ∂ f


= + + + , (13)
Dt ∂ x1 dt ∂ x2 dt ∂ x3 dt ∂t
et donc
Df ∂f ∂f ∂f ∂f
= + v1 + v2 + v3 ,
Dt ∂t ∂ x1 ∂ x2 ∂ x3
∂f
= + (v · ∇) f . (14)
∂t

1.4 Accéleration
Pour calculer l’accélération d’une particule de fluide de vitesse v(x,t) il faut tenir
compte du fait que, pendant l’intervalle de temps ∆t, la particule se déplace à une autre
position qui est x + v∆t + O(∆t 2 ). L’accélération a de la particule est définie par

v(x(t + ∆t),t + ∆t) − v(x(t),t) v(x + v∆t + O(∆t 2 ,t + ∆t) − v(x,t)


a = lim = lim .
∆t→0 ∆t ∆t→0 ∆t
(15)
En développant la fonction du premier terme du membre de droite dans cette expression
selon le théorème de Taylor on obtient

∂v ∂v ∂v ∂v
v(x+v∆t +O(∆t 2 ),t +∆t) = v(x,t)+ ∆t + v1 ∆t + v2 ∆t + v3 ∆t +O(∆t 2 ).
∂t ∂ x1 ∂ x2 ∂ x3
(16)
Ensuite, par la substitution de ce développement dans la définition (15) on obtient

∂v ∂v ∂v ∂v Dv
a= + v1 + v2 + v3 ≡ . (17)
∂t ∂ x1 ∂ x2 ∂ x3 Dt

6
2 Dynamique des fluides idéaux
On définira un fluide idéal comme un ayant les propriétés suivantes:

1. Le fluide est incompressible, donc la densité de chaque particule de fluide reste


invariable le long de sa trajectoire, d’où

= 0. (18)
Dt

2. Le fluide est initialement homogène. La relation (18) implique seulement que


la densité de chaque particule ne change pas durant son mouvement. Par con-
séquent, si à un instant initial la densité d’une particule ρ = ρ0 alors la densité
de la particule considérée reste égale à ρ0 au cours du temps. Il s’en suit que si le
fluide est homogène à un instant initial il restera homogène. Ainsi, pour le fluide
initialement homogène et incompressible on admet que la densité est constante.

3. La force exercée sur un élément de surface d’une superficie δ S dans le fluide est

pnδ S, (19)

où p(x1 , x2 , x3 ,t) est une fonction scalaire, indépendante du vecteur unitaire nor-
mal à élément de surface n, qui s’appelle la pression. Pour être plus précis,
pnδ S est la force exercée sur le fluide vers lequel n pointe par le fluide de
l’autre côté de la surface.

On suppose, en plus, que tous les changements d’état du fluide sont adiabates, c’est à
dire qu’il n’y a pas de transfert de chaleur ni de rayonnement.

2.1 Les équations de base


À la page 5 de Ryhming on lit: "L’état d’écoulement d’un fluide est donné par le
vecteur vitesse v, la densité ρ , la pression p et la température T . Le vecteur vitesse
v a les composantes v1 , v2 et v3 dans les directions x1 , x2 et x3 respectivement d’un
repère en général orthogonal et curviligne. On dispose des équations suivantes pour
déterminer les quatre variables dépendantes inconnues v1 , v2 , v3 et p comme fonctions
de x1 , x2 , x3 et t.

• L’équation de continuité qui exige la conservation de la masse de la particule de


fluide.

• L’équation de la quantité de mouvement qui traduit la loi de Newton appliquée à


des particules de fluide et qui est exprimée sous la forme

d
(mv) = ∑ F . (20)
dt

7
Le membre de gauche indique le taux de variation de la quantité de mouvement
de la particule de masse m, et ∑ F la somme vectorielle des forces qui exercent
une influence sur la particule. En appliquant (20) à un fluide idéal, on obtient
les équations d’Euler, établies par Euler pour la première fois en 1755. Pour
un fluide newtonien les équations sont dénommées équations de Navier-Stokes,
d’après Navier (1822) et Stokes (1845) qui furent les premiers à les formuler."

Avant d’obtenir les équations d’Euler pour un fluide idéal, on introduit un théorème
très important.

2.1.1 Théorème du transport de Reynolds. (Exercice 6.13 Acheson.)


Théorème. Soit V (t) un volume matériel et G(x,t) une fonction scalaire, vectorielle
ou tensorielle quelconque. Alors
∫ ∫ ( )
d DG
GdV = + G∇ · v dV
dt V (t) V (t) Dt
Démonstration.

8
2.1.2 Conservation de la masse

La masse du fluide occupant un volume matériel V (t) est V (t) ρ dV et la conservation
de la masse requiert que ∫
d
ρ dV = 0. (21)
dt V (t)
On utilise le théorème du transport de Reynolds et (21) devient
∫ ( )

+ ρ ∇ · v dV = 0, (22)
V (t) Dt
tel que (22) est vrai pour tout volume fermé V , et en supposant que la fonction à intégrer
est continue, on en déduit que

+ ρ ∇ · v = 0. (23)
Dt
Pour un fluide incompressible (Dρ /Dt = 0) et d’après (23), on conclut que le champ
de vitesse doit être solénoidal, c’est à dire

∇ · v = 0. (24)

Du théorème de la divergence l’équation (24) implique que pour un volume V fermé et


fixe, bien qu’il y ait du fluide qui entre et qui sorte au travers de la frontière S, le flux
net est ∫
v · n dS = 0.
S

2.1.3 Conservation de la quantité de mouvement


La quantité de mouvement du fluide occupant le volume V (t) est

ρ vdV, (25)
V (t)
et la conservation de la quantité de mouvement (Euler) pour un fluide idéal donne
∫ ∫ ∫
d
ρ vdV = − pn dS + ρ g dV, (26)
dt V (t) S(t) V (t)

où le vecteur g est la force massique par unité de masse (par exemple, la gravité). En
faisant passer la dérivée temporelle du membre de gauche de (26) dans l’intégrale par
le théorème du transport de Reynolds, et en utilisant (23), on a
∫ ∫ ∫ ∫
Dv
ρ dV = − pn dS = − ∇p dV + ρ g dV. (27)
V (t) Dt S(t) V (t) V (t)

Puisque (27) est vrai pour tout volume fermé V , et en supposant que la fonction à
intégrer est continue, on en déduit que
Dv
ρ = −∇p + ρ g. (28)
Dt

9
Les equations (24) et (28) (les équations d’Euler) sont les équations de base pour un
fluide idéal.

Définition (Force conservative): Un champ vectoriel F défini sur un domaine D est


conservatif si, pour deux points quelconques P et Q ∈ D, l’intégrale curviligne
∫ Q ∫ Q
F · t ds = F · dx,
P P

a la même valeur de long de tout chemin lisse par morceaux entre P et Q entièrement
contenu dans D. Alors, si P = (x, y, z) et un point fixe O ∈ D
∫ P
φ (P) = F · dx ⇒ F = ∇φ .
O

Puisque la force gravitationnelle est conservative elle peut être écrite en fonction
d’un gradient d’un potentiel:
g = −∇χ . (29)
À l’aide de l’identité vectorielle ((A.9) d’Acheson)
) (
1 2
(v · ∇v) = (∇ × v) × v + ∇ v , (30)
2

les équations d’Euler peuvent maintenant être exprimées sous la forme (de Lamb)
( )
∂v p 1 2
+ (∇ × v) × v = −∇ + v +χ . (31)
∂t ρ 2

2.2 Le théorème de Bernoulli (1738)


Si l’écoulement est stationnaire l’équation (31) se réduit à
( )
p 1 2
(∇ × v) × v = −∇ + v +χ . (32)
ρ 2

En prenant le produit scalaire de (32) avec v on obtient


( )
p 1 2
v·∇ + v + χ = 0, (33)
ρ 2

de sorte que pour un fluide idéal H := p/ρ + v2 /2 + χ est constant le long d’une ligne
de courant (Bernoulli). H est donc un invariant de Riemann (voir la Section 2.3 pour
la démonstration que les lignes de courant sont des courbes caractéristiques dans un
écoulement stationnaire).

10
2.2.1 Exemple: le théorème de Torricelli (§4.1.8 de Ryhming)
Il s’agit de calculer la vitesse d’un fluide incompressible débouchant d’un petit orifice
situé au fond d’un réservoir ouvert de grand diamètre. Pour obtenir la vitesse v, (33)
est applicable, le terme χ se référant alors au potentiel de la gravité terrestre. Par
conséquent, en fixant l’axe z selon la verticale, on obtient selon (29)

g = −∇χ = −gk, (34)

où χ = gz.
Ainsi, (33) s’écrit pour le cas traité
1 2
ρ v + ρ gz + p = constante, (35)
2
le long de chaque ligne de courant. Puis l’application de (35) aux niveaux z = h et z = 0
selon la figure 4, donne
1
0 + ρ gh + p0 = ρ v2 + 0 + p0 , (36)
2
puisque la pression atmosphérique p0 s’applique en tout lieu de la périphérie du réser-
voir. La vitesse cherchée devient alors

v = 2gh, (37)

ce qui exprime le théorème de Torricelli. Observons que le résultat est le même que si
une particule de fluide tombait d’une hauteur de h et est indépendant de la direction du
jet sortant.

2.3 Caractère mathématique des équations d’Euler.


Pour simplifier on ne considérera que les équations bidimensionnelles instationnaires:
∂ v1 ∂ v2
+ = 0,
∂x ∂y
∂ v1 ∂ v1 ∂ v1 1 ∂ p
+ v1 + v2 + = 0,
∂t ∂x ∂y ρ ∂x
∂ v2 ∂ v2 ∂ v2 1 ∂ p
+ v1 + v2 + = 0. (38)
∂t ∂x ∂y ρ ∂y
Le système (38) peut être réécrit sous la forme
∂U ∂U ∂U
A1 + A2 + A3 = 0, (39)
∂t ∂x ∂y
où A1 , A2 et A3 sont des matrices 3 × 3 et le vecteur

U = (v1 , v2 , p)T . (40)

11
Considérer maintenant une surface S ayant l’équation
φ (x, y,t) = 0, (41)
et sur laquelle les dérivées ∂ φ /∂ x, ∂ φ /∂ y et ∂ φ /∂ t existent partout. On supposera
par la suite que ∂ φ /∂ y ̸= 0. L’intersection entre cette surface et le plan t = cte est une
courbe, le long de laquelle une dérivée tangentielle de U (qu’on note ici par ∂ U /∂ s1 )
est donnée par
(( ) ( ) )1/2 ( )
∂φ 2 ∂φ 2 ∂U ∂φ ∂φ ∂φ ∂U ∂φ ∂U
+ = ,− , 0 · ∇U = − . (42)
∂x ∂y ∂ s1 ∂y ∂x ∂y ∂x ∂x ∂y
D’une manière pareille, notant une dérivée tangentielle de U le long de l’intersection
entre la surface (41) et le plan x = cte par ∂ U /∂ s2 , on aura
(( ) ( ) )1/2 ( )
∂φ 2 ∂φ 2 ∂U ∂φ ∂φ ∂φ ∂U ∂φ ∂U
+ = 0, − , · ∇U = − . (43)
∂t ∂y ∂ s2 ∂t ∂y ∂y ∂t ∂t ∂y

On peut maintenant éliminer ∂ U /∂ t et ∂ U /∂ x de l’équation (39) en utilisant (42)-


(43). Ceci nous amène à
( ) (( ) ( ) )1/2
∂φ ∂φ ∂φ ∂U ∂φ 2 ∂φ 2 ∂U
A1 + A2 + A3 = − A1 +
∂t ∂x ∂y ∂y ∂t ∂y ∂ s2
(( ) ( ) )1/2
∂φ 2 ∂φ 2 ∂U
− A2 + .
∂x ∂y ∂ s1
(44)
Si le déterminant ( )
∂φ ∂φ ∂φ
det A1 + A2 + A3 , (45)
∂t ∂x ∂y
est non-zéro, alors l’équation (44) peut être résolue pour ∂ U /∂ y et ensuite les autres
premières dérivées partielles de U peuvent être déterminées de (42) et (43). Lorsque
le déterminant (45) est égal à zéro, S est une surface caractéristique. Notons les com-
posantes x−, y− et t− du vecteur normal unitaire à la surface S par n1 , n2 et nt , respec-
tivement. Alors, pour que S soit une surface caractéristique,
 
n1 n2 0
 1 
det  nt + v1 n1 + v2 n2 0 ρ n1  = 0, (46)
0 nt + v1 n1 + v2 n2 ρ1 n2
qui veut dire que
[ ] [ ]
1 1
n1 n1 (nt + v1 n1 + v2 n2 ) − n2 − n2 (nt + v1 n1 + v2 n2 ) = 0,
ρ ρ
1
⇒ (n21 + n22 )(nt + v1 n1 + v2 n2 ) = 0. (47)
ρ

12
Il y a donc deux solutions complexes conjugées et une solution réelle et le système
est, par conséquent, de type mixte. La courbe ayant un vecteur tangent t = (v1 , v2 , 1)
se situe sur la surface caractéristique réelle dont les composantes du vecteur normal
satisfont
nt + v1 n1 + v2 n2 = 0, (48)
puisque t · (n1 , n2 , nt ) = 0. Une dérivée ∂ /∂ s d’une fonction f dans une direction
tangentielle le long de cette courbe peut-être définie comme

∂f ∂f ∂f ∂f
= t · ∇ f = v1 + v2 + , (49)
∂s ∂ x1 ∂ x2 ∂ t
ce qui est la dérivée particulaire introduite en Section 1.3. Donc, nous identifions la
courbe comme la trajectoire d’une particule de fluide. Dans le cas stationnaire cette
trajectoire est la même qu’une ligne de courant.

13
3 Rotationnel de la vitesse d’écoulement.
Il faut noter que le théorème de Bernoulli ne dit que H reste invariant le long de chaque
ligne de courant. Le valeur constante de H peut changer, en général d’une ligne de
courant à une autre. Il y a un cas important, cependant, où H est constant partout dans
le champ d’écoulement. C’est lorsque l’écoulement est stationnaire et irrotationnel.

3.1 Ecoulement irrotationnel


Définition Un écoulement irrotationnel est un écoulement dont le champ vitesse satis-
fait à
∇ × v = 0. (50)
Le vecteur tourbillon ω est défini comme suit:

ω = ∇ × v, (51)

et donc est égal à zéro, par définition, pour un écoulement irrotationnel.


On peut démontrer (voir les notes de cours de MAT1410, par exemple) que dans
un domaine simplement connexe un champ vectoriel irrotationnel ayant des dérivées
partielles premières continues est conservatif et un champ vectoriel conservatif ayant
des dérivées partielles premières continues est irrotationnel.
Considérons maintenant le vecteur tourbillon d’un écoulement bidimensionnel où
(utilisant des coordonnées cartésiennes) nous écrivons (x, y) au lieu de (x1 , x2 ) et (u, v)
au lieu de (v1 , v2 ). Dans ce cas-ci

v = (u(x, y,t), v(x, y,t), 0), (52)

et ω = (0, 0, ω ) où
∂v ∂u
ω= − . (53)
∂x ∂y

v δy
y
1
0
u δy
C 1
0
y

δy
vδx
x
δx uδ
1
0 1
0
1
0 1
0 x
A(x,y) B x

Figure 4: Les composantes de vitesse montrées ici sont rélatives à celles de la particule
fluide en A.

14
Suivant Acheson (§1.4) on peut donner une interprétation du vecteur tourbillon en
deux dimensions en considérant deux éléments linéaires et courts de fluide AB et AC
qui sont perpendiculaires à un moment donné, comme montré dans la figure 4. La
yième composante de la vitesse en B moins celle en A est
∂v
v(x + δ x, y,t) − v(x, y,t) ≈ δ x, (54)
∂x
de sorte que ∂ v/∂ x est approximativement égal à la vitesse angulaire de l’élément de
fluide AB. De la même manière, ∂ u/∂ y représente la vitesse angulaire instantanée (en
sens inverse) de la ligne AC. Donc en n’importe quel point dans le fluide
( )
ω 1 ∂v ∂u
= − , (55)
2 2 ∂x ∂y
est approximativement la vitesse angulaire moyenne de deux lignes courtes de fluide
qui sont, en ce moment-ci, mutuellement perpendiculaires. ω est donc une mésure de
la rotation locale des éléments de fluide.
On souligne que le vecteur tourbillon, cependant, n’a rien à voir avec la rotation
globale d’un fluide, comme illustrée dans le prochain exemple.

3.1.1 Exemples (§1.4 d’Acheson)


Un exemple pour démontrer la distinction entre le vecteur tourbillon et la rotation glob-
ale d’un fluide est donné par le champ de vitesse décrit en coordonnées cylindriques
(r, θ , z) par
k
v = eθ , (56)
r
où k est une constante. Le vecteur tourbillon de cet écoulement est

er reθ ez
1 ∂ ∂ ∂
ω = ∇×v = ∂r ∂θ ∂z . (57)
r
vr rvθ vz

Bien que le fluide tourne globalement on voit que l’écoulement est irrotationnel presque
partout puisque ω = 0 sauf en r = 0. (Remarque:
I ∫ 2π
k
v · t ds = a d θ = 2π k,
C a θ =0

pour toute courbe fermée C qui entour l’origine, ce qui démontre que v n’est pas
conservatif partout.)
Notons que la zième composante du vecteur tourbillon d’un autre écoulement dont
le champ vitesse est
v = Ωreθ , (58)
(avec Ω une constante), est simplement égale à 2Ω. Voir la figure 5.

15
11
00
00
11
1
0
0
1

1
0 1
0 11
00 1
0
0
1
0
1 0
1 00
11

1
0
0
1 11
00
00
11
00
11
(a) (b)

Figure 5: Parcours d’une petite roue à palettes placée dans le champ de vitesse (a)
v = (k/r)eθ (56), (b) v = Ωreθ (58).

3.2 L’équation du rotationnel de la vitesse


Sous sa forme (31) l’équation d’Euler peut être écrite

∂v
+ ω × v = −∇H, (59)
∂t
et en prenant le rotationnel de cette équation on obtient

∂ω
+ ∇ × (ω × v) = 0. (60)
∂t
Utilisant l’identité

∇ × (F × G) = (G · ∇)F − (F · ∇)G + F (∇ · G) − G(∇ · F ),

(voir (A.6) d’Acheson) (60) devient

∂ω
+ (v · ∇)ω − (ω · ∇)v + ω∇ · v − v∇ · ω = 0. (61)
∂t
Le quatrième terme disparait parce que le fluide est incompressible tandis que le cin-
quième terme disparait parce que ∇ · ∇× ≡ 0. Nous avons alors l’équation du rotation-
nel de la vitesse:
Dω ∂ ω
= + (v · ∇)ω = (ω · ∇)v. (62)
Dt ∂t

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Pour un écoulement bidimensionnel
( ( ))
∂ ∂ ∂
(ω · ∇)v = (0, 0, ω ) · , , (u(x, y,t), v(x, y,t), 0) = 0. (63)
∂x ∂y ∂z
Il s’en suit alors que

= 0, (64)
Dt
et on conclut que pour l’écoulement bidimensionnel d’un fluide idéal, soumis à une
force massique conservative, le vecteur tourbillon de chaque élément individuel de
fluide est conservé.

3.3 Théorèmes de circulation d’un écoulement idéal


Définition La circulation Γ, autour d’une courbe fermée C (t) est définie par
I I
Γ= v · dx = v · tds, (65)
C (t) C (t)

où t est un vecteur tangentiel unitaire à la courbe et ds est un élément de longueur


d’arc. La courbe C est traversée dans le sens positif (selon la règle de la main droite).

3.3.1 Théorème de circulation de Kelvin


Théorème. Dans l’écoulement d’un fluide idéal soumis à un champ de force conser-
vatif, tel que g = −∇χ , la circulation Γ autour d’une courbe arbitraire et fermée, qui
se meut avec le fluide, demeure constante.

Démonstration. Pour vérifier cet énoncé, considérons une courbe C arbitraire mais fer-
mée, qui se meut avec l’écoulement. Les mêmes particules de fluide font ainsi toujours
partie de la courbe. Ensuite, en calculant le taux de changement de Γ par rapport au
temps en suivant la courbe dans son mouvement; nous obtenons
I I
dΓ d Dv
= v · dx = (exercice) · dx. (66)
dt dt C (t) C (t) Dt

En utilisant l’équation d’Euler


I ( ) [ ]
dΓ p p
=− ∇ + χ · dx = − + χ = 0, (67)
dt C (t) ρ ρ C

puisque C est une courbe fermée et l’expression à l’intérieur des parenthèses, qui
représente un potentiel, est univoque.
Le théorème de Kelvin peut être exprimé sous une autre forme. Selon (65) et faisant
appel au théorème de Stokes on a
I ∫
Γ= v · dx = ω · ndS, (68)
C (t) S (t)

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où S est une surface délimitée par la courbe C . Par conséquent, (67) implique que

d
ω · ndS = 0. (69)
dt S (t)

Ainsi le débit tourbillonnaire au travers de la surface S , qui se meut avec le fluide dans
un écoulement idéal et soumis à un champ de force conservatif, demeure constant.

3.3.2 Théorèmes de circulation de Helmholtz


Définition Un fil tourbillonnaire x1 = x1 (s), x2 = x2 (s), x3 = x3 (s) est défini comme
une courbe dans l’espace qui, à un instant t fixe, possède en chacun de ses points une
tangente parallèle au vecteur tourbillon (fig. 6a). L’équation différentielle d’une telle
courbe est donc
dx1 (s)/ds dx2 (s)/ds dx3 (s)/ds
= = . (70)
ω1 ω2 ω3
Les fils tourbillonnaires peuvent engendrer des surfaces tourbillonnaires et, en partic-
ulier, des tubes tourbillonnaires (fig. 6b). Puisque

ω = ∇ × v, (71)

on obtient
∇ · ω = 0, (72)
exprimant le fait que ω est un champ vectoriel solénoidal. Par conséquent, en appli-
quant le théorème de la divergence à un tube tourbillonnaire, (voir fig. 6b), on obtient
∫ ∫
∇ · ωdV = 0 = ω · ndS. (73)
V S

La surface S fermée est constituée par les deux sections S1 et S2 , et le tube tourbil-
lonnaire entre ces deux sections. Le vecteur n de cette surface est orienté dans le sens
opposé du vecteur ω en S1 mais dans le sens de ω en S2 . Sur le tube tourbillonnaire,
n est perpendiculaire à la paroi, et, selon la définition du tube tourbillonnaire, n · ω = 0
sur la paroi du tube. On trouve ainsi
∫ ∫
− ω · ndS = ω · ndS. (74)
S1 S2

Par conséquent, le débit tourbillonnaire est constant tout le long du tube (Theorème 1).
Il s’en suit qu’un tube ou un fil tourbillonnaire ne peut pas commencer ou se ter-
miner dans le fluide. Ainsi, les fils tourbillonnaires ne peuvent se présenter que de trois
manières différentes

• en étant de longueur infinie, même dans un volume limité;

• en suivant des courbes fermées;

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• en commençant et en se terminant aux surfaces-frontières du fluide (où on peut
générer ω ̸= 0).

En appliquant le théorème de Stokes, les deux intégrales dans (74) s’écrivent


∫ ∫ I I
− ω · ndS = ω · ndS = v · dx = v · dx = Γ, (75)
S1 S2 C1 C2

où les deux courbes fermées C1 et C2 sont parcourues dans le même sens. Ces inté-
grales définissent ainsi la circulation Γ autour du tube tourbillonnaire. La circulation Γ
autour du tube est donc la même pour toutes coupes transversales et ne dépend pas du
temps non plus (voir le théorème de circulation de Kelvin), et peut être utilisée comme
une mesure de l’intensité du tube tourbillonnaire.
Théorème 2. Pour un fluid idéal qui se déplace dans la présence d’une force massique
conservative, les éléments de fluide qui se sont situés sur un fil tourbillonnaire à un mo-
ment donné, demeurent sur un fil tourbillonnaire, c’est à dire, les fils tourbillonnaires
se déplacent avec le fluide.

Démonstration. On définit une surface tourbillonnaire comme une surface telle que ω
est un vecteur tangent à la surface en chaque point. On visualise le fil tourbillonnaire,
dans sa configuration initiale, comme l’intersection de deux surfaces tourbillonnaires
S1 et S2 (voir la figure 7). On marque maintenant les éléments de fluides appartenant
à une de ces deux surfaces (S1 ) et on considère une courbe fermée C qui se meut avec
le fluide et qui est contenue dans la surface marquée et qui délimite une portion de
surface S ∗ . En t = 0 la circulation autour de C est zéro, puisque par le théorème de
Stokes I ∫
v · dx = ω · ndS, (76)
C S∗
et ω · n est zéro sur S ∗.Au fil du temps la circulation autour de C restera zéro, par le
théorème de circulation de Kelvin. Puisque la même chose est vrai pour chaque circuit
C , en utilisant le théorème de Stokes de nouveau on constate que ω · n restera zéro en
chaque point de la surface marquée. Cette surface reste une surface tourbillonnaire au
fil du temps, donc. La même chose peut être dite au sujet de la surface consistant des
particules de fluides appartenant initialement à l’autre surface (S2 ). Par conséquent
l’intersection des deux surfaces reste un fil tourbillonnaire.

3.3.3 Exemple (§5.3 d’Acheson)


Considérons une section de longueur ℓ d’un tube tourbillonnaire mince: on peut sup-
poser que le vecteur tourbillon est constant au travers d’une coupe transversale et que,
par conséquent, Γ est approximativement égale au produit ωδ S où δ S est la superficie
de la coupe transversale du tube, supposée d’être approximativement uniforme tout le
long du tube. Puisque δ S est aussi la superficie de la coupe transversale du fluide qui
occupe le tube et le fluide doit conserver son volume, δ S diminuera lorsque la longueur

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ℓ augmente. Donc, ω est proportionnelle à ℓ et un étirement des tubes tourbillonnaires
intensifie la grandeur du vecteur tourbillon. Un exemple est vu dans les tornades: l’air
chaud ascendant peut étirer des tubes tourbillonnaires et la grandeur du vecteur tourbil-
lon est par conséquent amplifiée. Lorsque les nuages de l’orage s’avancent, l’entonnoir
de la tornade peut s’incliner, ce qui illustre le deuxième théorème de Helmholtz, décrit
ci-dessus.

Figure 8: Une tornade

Pour d’autres exemples (le ralentissement de la rotation dans une tasse de thé,
l’écoulement rotatif dans une conduite, la flexion et l’étirement des fils tourbillon-
naires) voir §5.2 d’Acheson et §4.2.4 et §4.2.5 de Ryhming.

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