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Impact du crédit sur les PME en Algérie

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18 BERRAH & BOUKRIF

Evaluation de l’impact du crédit bancaire sur la croissance des entreprises


privées en Algérie : Cas des PME de la wilaya de Bejaia

Kafia BERRAH* & Moussa BOUKRIF

* [email protected] & ** [email protected]

Laboratoire de Recherche en Management et Techniques Quantitatives (RMTQ)


Faculté des sciences économiques, sciences commerciales et sciences de gestion, université de
Bejaia, Algérie.

Résumé

L’objet de notre article est d’analyser l’impact de l’octroi du crédit sur la croissance interne des
entreprises en Algérie à partir des données collectées en 2016, auprès d’un échantillon de 52 PME
de la wilaya de Bejaia.

L’étude utilise à la fois une approche descriptive et statistique pour analyser les effets du crédit
bancaire sur l’indicateur de croissance de l’emploi des entreprises. Les résultats obtenus montrent
que l’impact du crédit bancaire est non significatif sur la croissance des entreprises enquêtées. Ce
résultat nous a permet de constater que ce n’est pas nécessairement l’accès au crédit bancaire qui
excite la croissance de l’emploi des entreprises en Algérie.

Mots clés : Accès au crédit bancaire, PME, croissance, variation relative de l’emploi, ANOVA

Evaluation of bank credit impact on the growth of private firms in Algeria:


Case of the SMEs of the wilaya of Bejaia
Abstract

The purpose of this article is to analyze the impact of the granting of credit on internal growth
companies in Algeria from data collected in 2016, from a sample of 52 SMEs in the wilaya of Bejaia.

The study uses both a descriptive and a statistical approach to analyze the effects of bank credit on
the business employment growth indicator. The results obtained show that the impact of bank credit
is insignificant on the growth of the companies surveyed. This result allowed us to note that it is not
necessarily access to bank credit that excites the growth of employment of companies in Algeria.

keywords

access to bank credit, SMEs, growth, relative employment variation, ANOVA.

ISSN 1923-2993 Journal of Academic Finance Vol.9 N° 1 Spring 2018


Evaluation de l’impact de crédit bancaire sur la croissance des entreprises privées en Algérie 19

Introduction

Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent un élément vital du processus de


développement économique d’un pays. Aujourd’hui, leur contribution en termes de production,
d’emplois et de revenus dans les économies modernes est largement reconnue.

Cependant, le financement de leurs activités a toujours constitué une préoccupation majeure


pour les différents responsables d’entreprises et autorités politiques, tant dans les pays en voie de
développement que dans les pays développés ( Belletante et Levratto 2003). L’accès limité aux
crédits bancaires nécessaires pour le démarrage, la survie et la croissance des entreprises est l’un des
principaux problèmes qui se posent aux entreprises.

D’une manière non exhaustive, il en ressort que le niveau élevé du coût et des garanties exigées
par les banques, un manque de profondeur du système financier et un profil de risque des banques
en général, sont des freins à l’obtention du crédit bancaire par les dirigeants d’entreprises.

En Algérie, le principal élément contraignant le développement des PME est l’accès au


financement (Bouyacoub, 2003). Elles rencontrent de grandes difficultés pour disposer de services
financiers appropriés et adéquats. Elles recourent généralement à leurs fonds propres et au secteur
financier informel pour financer leurs activités.

Dès lors, nous sommes en droit de nous poser la question suivante : Quel est l’effet de l’accès au
crédit bancaire à la croissance interne des entreprises privées en Algérie ?

En effet, la valeur de la croissance des entreprises a été mesurée sur base d’une multitude de
critères. Les deux indicateurs les plus largement utilisés pour appréhender la croissance l’emploi et
les ventes (Guyot, Janssen et Lohest 2006). Dans le cadre de notre étude, nous avons choisi d’étudier
la croissance de l’emploi. « Outre le fait qu’elle soit une mesure de la croissance économique
(Kirchoff, 1991), elle est une mesure de la contribution économique de la firme au bien-être
commun (Dunkelberg et Cooper, 1982) » (cité par Janssen, 2002)

Ainsi, l’objectif de cette étude est de mettre en évidence l’impact du crédit bancaire sur la
croissance des entreprises en Algérie. Pour l’atteindre, nous avons réalisé une étude exploratoire sur
un échantillon de 52 dirigeants d’entreprises de la wilaya de Bejaia. Puis, nous calculons deux
variables pour chaque entreprise. La première variable représente la croissance des entreprises
mesurée par la taille de l’effectif, et l’autre définie l’accès au crédit bancaire pour chaque entreprise.
Après, nous analysons le lien entre ces deux variables à travers des méthodes statistiques.

Cette étude s’articule autour les parties suivantes : la première partie est consacrée à la revue de
littérature sur la croissance des entreprises, la seconde sur la problématique de financement
bancaire des entreprises en Algérie et la troisième, à une mise en évidence empirique de la relation
entre le crédit bancaire et la croissance des entreprises.

1- Revue de la littérature sur la croissance des entreprises


La croissance est considérée comme la mesure de performance de l’entreprise, elle est, en
principe, la conséquence d’une augmentation de la demande pour les produits ou services de
l’entreprise.

ISSN 1923-2993 Journal of Academic Finance Vol.9 N° 1 Spring 2018


20 BERRAH & BOUKRIF

Plusieurs auteurs se sont inclinés sur l’interprétation de la croissance des entreprises; Penrose (1959)
définissait la croissance de l’entreprise comme « essentiellement un processus évolutionniste basé
sur un accroissement cumulatif de connaissances collectives ». Selon Starbuck (1965), la croissance
n’est pas un phénomène spontané ni aléatoire, mais bien la conséquence d’une décision, par
exemple, la décision d’embaucher et/ou de ne pas licencier, la décision d’accroître le niveau de
production en réponse à un accroissement de la demande ou encore la décision de stimuler la
demande (Alain et Léopold .2011). Pour Janssen (2004), la croissance est le résultat d’un
accroissement de la demande pour les produits ou les services de la firme.

Il ressort aussi la croissance est le résultat d’une véritable décision de gestion dont
l’entrepreneur propriétaire en porte la responsabilité (Verstraete et Saporta, 2006). En effet, la
croissance est le résultat combiné de différents phénomènes issus de l'environnement, des
caractéristiques financières, organisationnelles, productives, et personnelles qui composent
l’entreprise.

La croissance a été mesurée sur base d’un nombre impressionnant de variables différentes,
telles que le profit, les actifs, les immobilisations, la valeur ajoutée, l’emploi, les ventes... (Janssen, op
cité) présente une synthèse des déterminants de la croissance, Il en conclut que les deux critères les
plus largement utilisés pour appréhender la croissance d’une entreprise sont l’emploi, le plus
pertinent du point de vue sociétal, et les ventes, le plus pertinent au regard du dirigeant.

2- La problématique de financement bancaire des entreprises en Algérie


Cette sous section tente d’abord de présenter brièvement quelques caractéristiques des PME en
Algérie, et d’exposer ensuite leur difficultés en terme de financement bancaire.

Les entreprises algériennes, notamment les PME, ont commencé réellement à émarger a partir
les années 19901, à la suite de la promulgation du code d’investissement de 19932. Depuis cette
période, le parc de PME ne cesse de s’accroitre dans l’économie nationale, en termes de production,
de la valeur ajoutée et de création d’emplois ; le rythme de l’accroissement s’est relativement
accéléré à partir de 2001 avec la mise en œuvre successive de nouvelles et diverses mesures
d’encouragement à la création d’entreprises, engagés par les autorités publiques, en matière d’aide à
la création, de financement, de mise à niveau ….... Ainsi, selon les statistiques officielles montrent
que la population des PME a dépassé la barre de 1 060 289 unités en 20173, après qu’elles n’étaient
que de quelques 200 000 unités en 2001.

Malgré cette évolution, nombreux sont les obstacles qui continuent à freiner leur décollage
effectif. Leur croissance4 est encore aujourd’hui bloquée par une difficulté sérieuse à trouver des
financements adaptés. Tous les entrepreneurs sont d'accord pour affirmer que le système bancaire
actuel ne sert pas les PME (Bouyacoub. 2003).

1
Ceci après l’entame des réformes économiques inespérées par transition à l’économie de marché.
2
Décrit législatif du 05/10/1993 relatif à la promotion des PME.
3
Les données de ministère de l’industrie, de la PME et de la promotion de l’investissement, direction des
systèmes d’information et des statistiques, bulletin d’information statistique de la PME n°31, novembre 2017.
4
Ces entreprises représentent toujours une part majoritaire (97,7%) de très petites entreprises (effectif de
moins de 10 salariés), soit 1 035 891 PME, in bulletin d’information statistique de la PME n°31, novembre 2017.

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Evaluation de l’impact de crédit bancaire sur la croissance des entreprises privées en Algérie 21

En effet, La question de financement des entreprises par les banques est certes une vieille
problématique dans un pays qui date plus longtemps (Modigliani et Miller, 1958), et qui demeure
toujours d’actualité. Elle renvoie à la problématique de la structure financière contrastée de
l'entreprise, notamment familiale qui est ici dominante (Chibani et al., 2016)

L’accès des entreprises algériennes au financement bancaire connait des handicaps et


constitue l’une des questions les plus préoccupantes dans les débats actuels et dans les orientations
stratégiques des pouvoirs publics, qui marquent et caractérisent le contexte du pays (Berrah et
Boukrif,2016), Bouzar,2010). Force est de constater que le marché de crédit est l’expression d’un
besoin fort de liquidité. La première démarche à entreprendre pour obtenir un crédit bancaire est de
procéder à une demande de crédit comprenant l’ensemble des renseignements nécessaires sur
l’entreprise et son dirigeant (concernant notamment son identité, mais également sa situation
financière) afin que l’offre soit parfaitement adaptée à ses besoins. De façon générale, il s’agit de la
manifestation par les entreprises d’un besoin de financement en direction des banques. Il existe de
nombreuses contraintes dans l’obtention du crédit bancaire en Algérie, on cite les principales
contraintes5 :

Premièrement, le coût de la dette bancaire : La politique appliquée en Algérie en matière de


taux d’intérêt créditeur et débiteur présente un certain nombre de spécificités. De plus avec les
conditions de banque qui ont été libéralisées depuis 1990 (même s’il existe un plafond fixé par les
autorités monétaires pour ce qui est des taux débiteurs et un taux minimal pour les taux créditeurs),
en lieu et place d’une détermination administrée des taux, ceux-ci sont librement fixés par les
banques en fonction du marché. Cette structure discriminatoire des taux d’intérêt ne traduit sans
doute pas un souci de stimulation de l’épargne et de l’investissement. Elle est plus proche d’un
comportement de «marge bancaire » qui n’étonne pas dans une logique de multiplicateur de crédit
où des objectifs de liquidité et rentabilité priment sur l’activité de crédit. Si cette situation permet de
consolider les marges bancaires, elle renchérit surtout le coût du crédit aux entreprises.

Deuxièmement, la contrainte de garantie : la question de la garantie bancaire demeure un


problème fondamental suscitant de vifs débats entre les acteurs du financement. Cette garantie
permet aux banques de réduire significativement leur risque de pertes monétaires en exerçant leur
droit de liquidation de ces actifs matériels en cas de défaut de paiement de la part de l’emprunteur.
La garantie préserve donc au banquier une certaine marge de sécurité pour parer aux éventuels
risques (risques de crédit essentiellement). Elle peut être analysée comme une fonction croissante de
l’obtention du crédit bancaire en ce sens que plus la garantie proposée est élevée, plus l’entreprise a
des chances d’obtention du crédit bancaire sollicité. Ce facteur est d’autant plus important pour les
crédits d’investissement et de fonctionnement. Cette situation amène les entreprises à considérer
que les garanties exigées par les banques ne constituent qu’un prétexte de refus du crédit demandé.

Troisièmement, le problème de confiance : L’asymétrie d’information entre la banque et les


entreprises ainsi que l’absence d’instrument de gestion de risque conduisent les banques à prendre
des mesures qui ne facilitent pas l’obtention des crédits par les entreprises algériennes. Aussi, les
financements bancaires s’appuient-ils sur l’existence d’éléments comptables fiables que les
entreprises n’ont généralement pas. Une difficulté fondamentale qui handicape fortement le
dialogue entre les banques et les entreprises est le manque de fiabilité des documents comptables

5
Les contraintes les plus répandus par les chefs d’entreprises interrogés lors de notre enquête.

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que les entreprises présentent aux banques, compte tenu de circuits parallèles de facturations ou
non-facturations et d’encaissements ou décaissements non enregistrés comptablement. Cette
situation est à la base des difficultés rencontrées par ces entreprises pour l’obtention des
financements bancaires.

3- Méthodologie
Les données utilisées dans cette étude sont issues d’une enquête par questionnaire sur
l’analyse de la croissance des entreprises en Algérie réalisée en 2016, auprès d’un échantillon de 52
PME du secteur privé dans la wilaya de Bejaia.
Au début de l’enquête, on a essayé de toucher à un nombre plus important d’entreprises,
mais le refus de certains entrepreneurs de participer à notre enquête nous a obligé de fixer ce
nombre d’entreprises.
Dans le cadre de notre étude, les variables utilisées dans la vérification empirique sont en
nombres de deux, l’une représente la valeur algébrique de la croissance des entreprises (variable
dépendante), mesurée par la variation relative du nombre d’emploi crée entre deux années
(2012/2015)6, et l’autre est l’accès au crédit bancaire (variable indépendante), c’est une variable
dichotomique, prenant la valeur 1, si la l’entreprise a reçu le crédit et 0 sinon. Le traitement des
données s’est effectué à l’aide du logiciel SPSS 20.
4- Résultats empiriques
4-1- Principales caractéristiques des entreprises enquêtées
Il s’agit de présenter quelques faits stylisés liés aux caractéristiques essentielles des
entreprises de notre échantillon. D’abord, il ressort que le statut juridique des entreprises
enquêtées est composé de, 44,2% sont des SARL, 23,1% sont des EURL, 13,5% pour chacune
ETS et SNC et 5,8% sont des personnes physiques. Pour ce qui est de l’âge des entreprises, 89%
sont des entreprises de moins de vingt ans d’âge parmi lesquelles 70% sont très jeunes de
moins de dix ans. En ce qui concerne le sexe des entrepreneurs, 96,2% sont des hommes et
3,8% sont des femmes. Plus de 40 % des entrepreneurs enquêtés ont fait des études supérieures.
Concernant l’expérience professionnelle, 78,8% des entrepreneurs enquêtés ont plus de trois
ans d’expérience. En outre, les résultats de notre enquête montrent que 1,9% des entreprises ont
connu une décroissance, 23,1% n’ont connu ni de décroissance ni de croissance (stagnation) ; 75%
ont connu une croissance (calculée sur la base de la variation relative de l’emploi pour les deux
années 2012 et 2015 pour chaque entreprise, voir le détail des résultats dans le tableau suivant, voir
le détail des résultats dans le tableau suivant.
Tableau 1 : Situation de l'entreprise (Source : Auteurs)

Effectifs Pourcentage Pourcentage valide Pourcentage cumulé

croissance 39 75,0 75,0 75,0

stagnation 12 23,1 23,1 98,1


Valide
décroissance 1 1,9 1,9 100,0

Total 52 100,0 100,0

6
Ici, notre préférence pour l’emploi par rapport aux autres critères de mesure se trouve être le fait que, c’est
souvent la seule donnée disponible et facile d’accès dans les entreprises.

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Evaluation de l’impact de crédit bancaire sur la croissance des entreprises privées en Algérie 23

En plus 91.1% des entrepreneurs interrogés s’estiment confiants dans le développement de


leurs entreprises dans l’avenir, et ce, malgré toutes les entraves qu’ils rencontrent au quotidien dans
l’exercice de leur activité.

En ce qui concerne l’accès au crédit bancaire. Il ressort de l’échantillon enquêté que, 20


entreprises ont accès au crédit bancaire contre 32 entreprises (Voir le graphique1).

Graphique 1: l’appréciation des entreprises enquêtées à l’accès au crédit bancaire

entreprises non bébéficiaires du


crédit bancaire

Série1
entreprises bénéficiaire du crédit
bancaire

0 5 10 15 20 25 30 35

Source : Auteurs

On peut noter que ces entreprises éprouvent des difficultés pour accéder au marché du crédit
bancaire. Leurs contraintes sont liées au taux d’intérêt débiteur pratiqué par les banques, la garantie
exigée par ces dernières et l’accès à l’information.

Le tableau 3 met en évidence de manière globale le nombre d’entreprises enquêtées ayant bénéficié
du crédit bancaire et celles n’ayant pas en fonction de la taille de l’entreprise (mesure de croissance).

Tableau 2 : Tableau croisé entre la situation de l’entreprise et l’accès au crédit bancaire. (Source : Auteurs)

accès au crédit bancaire Total

oui non

croissance 16 23 39

Situation de l'entreprise stagnation 4 8 12

décroissance 0 1 1

Total 20 32 52

4-2-Application de l’analyse de variance (ANOVA)

Notre objectif est maintenant de mettre en évidence l’effet causal du crédit bancaire sur la
croissance de l’emploi des entreprises

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24 BERRAH & BOUKRIF

La structure des données de notre étude, nous a permis d’appliquer le test de l’analyse de variance
(ANOVA)7. Les résultats de ce test sont indiqués dans les deux tableaux dans l’annexe. Le tableau
suivant récapitule l’essentiel de l’application:

Tableau 3 : Analyse de données du test ANOVA (Source : Auteurs)

Indicateur Groupes n= dd Valeur du probabilité de commettre l'erreur


test (F) alpha*

Variation Accés au 20 51 0,637 0,429


relative de crédit
l’emploi
non 32

* Significatif au seuil de 5%

L’application du test ANOVA, nous permet d’étudier la nature de lien entre la variation
relative de l’emploi des entreprises et leur accès au crédit bancaire. Et d’après le tableau on
remarque que la probabilité de commettre l'erreur alpha8 : p =0,429 est supérieure au seuil de
signification 5%, cela indique que le résultat n’est pas significatif, c'est-à-dire l’accès au crédit
bancaire n’influence pas significativement la croissance de l’emploi des entreprises. On peut donc
conclure, que ce n’est pas nécessairement l’accès au crédit bancaire qui stimule la croissance de
l’emploi des entreprises.

Conclusion

Rappelons que l’objectif de ce papier était simplement d’étudier l’effet de l’accès au crédit
bancaire sur la croissance des entreprises privées algériennes. Pour ce faire, nous avons sélectionné
un échantillon de PME dans la wilaya de Bejaia, et nous avons défini pour chaque entreprise deux
variables, l’une représente la variation relative de l’emploi et l’autre l’accès au crédit bancaire.

Une première lecture de nos résultats a révélé que 38,5% des entreprises enquêtées ont pu
bénéficier le crédit bancaire contre 61,5 pour cent. Ces entreprises éprouvent des difficultés pour
accéder au marché du crédit ; les contraintes de ces entreprises sont liées au taux d’intérêt pratiqué
par les banques, la garantie exigée par ces dernières et l’accès à l’information.

L’analyse statistique de variance (ANOVA) pour étudier le lien entre les deux variables,
montre que le crédit bancaire n’influe pas sur les dimensions de la croissance de l’emploi des
entreprises qui sont analysées dans cette étude. Ce résultat nous a permet de constater que ce n’est
pas forcément l’accès au crédit bancaire qui impulse la croissance de l’emploi des entreprises.

En somme, de manière générale si le crédit bancaire permet d’améliorer le développement


des entreprises en Algérie, l’accès de ces dernières au crédit de long terme reste limité par un certain
nombre de contraintes (l’exigence des conditions de garantie bancaire, le taux d’intérêt débiteur
élevé, la corruption, etc.)

7
Cette analyse est appropriée à notre étude, elle permet d’étudier le lien entre la variable quantitative
continue (variation relative de l’emploi) et la variable qualitative ordinale (accès au crédit bancaire).
8
Cette valeur est calculée sur la base de valeur du test (F=0,637) et le degré de liberté (dd=51).

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Evaluation de l’impact de crédit bancaire sur la croissance des entreprises privées en Algérie 25

Fort des résultats obtenus, quelques pistes sont proposées pour une plus grande
contribution du financement bancaire au développement des entreprises en Algérie. Il s’agit des
recommandations à l’égard des banques et de l’Etat. D’abord, aux banques, nous recommandons de
faciliter l’accès au crédit bancaire aux entreprises. En effet, ces entreprises sont susceptibles
d’accroitre considérablement leur capacité productive et peuvent par la suite offrir plus
d’opportunités d’emploi si et seulement si les contraintes d’accès au crédit deviennent souples. Et
pour l’Etat, il est nécessaire d’améliorer l’environnement des affaires pour une meilleure
gouvernance. Il faut aussi améliorer les conditions d’accès aux microcrédits de l’Etat.

Références bibliographiques

Alain T.N, Léopold D.W (2011) " l'impact Du Micro-Credit Sur La Croissance Organique Des Très
Petites Entreprises Camerounaises". Source : https://www.cairn.info/revue-congolaise-de-gestion-
2011-2-page-79.
Belletante B. et Levratto N. (2003) "Diversité économique et modes de financement des PME",
l’Harmattan, Paris.
Berrah K. et Boukrif M. (2016) "Étude synthétique sur la croissance des entreprises en Algérie : une
étude de cas", Revue des Régions Arides n°40 (2/2016) – Numéro spécial : Actes des travaux du
colloque international LOTH 2016 : « Gouvernance et communication territoriales » Mahdia (Tunisie)
7, 8, 9 avril 2016.
Bouyacoub A. (2003) "Les PME en Algérie : quelles réalités ?" Document de Travail-Griot Cnam- 2003,
Paris.
Bouzar C. (2010) "Systèmes financiers : mutations financières et bancaires et crise", Edition El Amel,
Alger.
Chibani-Ltaief, F., Henchiri, J. E., & Degos, J. G. (2016). "La Structure Financière Contrastée Des
Entreprises Familiales Françaises: Une Approche Fondée Sur La Théorie Du Compromis". La Revue Du
Financier, 38(219), 30-50.
Gasse Y., Carrier C. (1992) Gérer la croissance de sa PME. Les Éditions de l'entrepreneur. Montréal.
p376.
Guyot J.-L, Janssen. F et Lohest.O (2006) "Facteurs influençant la croissance de l’emploi des PME
wallonnes". Communication publiée dans les actes du colloque de la 8e Conférence Internationale
Francophone en Entrepreneuriat et PME, AIREPME, Fribourg, Suisse, 25-27 octobre 2006. page2 ;
Janssen F. (2002) "Les déterminants de la croissance de l’emploi des P.M.E. relatifs aux
caractéristiques du dirigeant d’entreprise", 6° Congrès international francophone sur la PME -
Octobre 2002 - HEC – Montréal page2.
Janssen F. (2004) "L’interchangeabilité des critères de conceptualisation de la croissance : étude
empirique". IAG working papers, Université. Catholique de Louvain, 118/04.
Verstraete Th., Saporta B. (2006): création d’entreprise et entrepreneuriat ; Editions de l’ADREG,
janvier ; p 518, (http://www.adreg.net).
Modigliani F. et Miller M. (1958) The cost of capital, corporation finance and the theory of
investments. American Economic Review, vol 48 p261-297.
Ministère de la PME/PMI en Algérie, bulletin d’information statistique de la PME n°31, novembre
2017.

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26 BERRAH & BOUKRIF

Annexes

Descriptives

Tableau 5 : variation relative de l'emploi

N Moy Ecart-type Erreur Intervalle de confiance Mini Maxi


standard à 95% pour la moyenne

Borne inf Borne sup

acces au crédit
20 1,087179 1,8225455 ,4075336 ,234201 1,940156 ,0000 6,6667
bancaire

non 32 ,731062 1,3844046 ,2447305 ,231931 1,230193 -,0660 7,6667

Total 52 ,868030 1,5598295 ,2163094 ,433771 1,302289 -,0660 7,6667

ANOVA à 1 facteur

Tableau 6: variation relative de l'emploi

Somme des ddl Moyenne des F Signification*


carrés carrés

Inter-groupes 1,561 1 1,561 ,637 ,429

Intra-groupes 122,526 50 2,451

Total 124,086 51

* Significatif au seuil de 5%

Source : Auteurs, données des enquêtes à l’aide logiciel SPSS

ISSN 1923-2993 Journal of Academic Finance Vol.9 N° 1 Spring 2018

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