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Le Temps: Ami, Ennemi, Essence

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SUJET : « Le temps est en nous, pour nous et contre nous » qu’en pensez vous ?

Définir le temps en langage métaphysique n’est pas chose aisé. Mais dans d’autres
disciplines telle que la mathématique ou même de façon littérale, il se défini comme la
progression continue et irréversible des événements, du passé vers le futur, mesurée à l'aide
d'unités comme les secondes, les minutes, les heures, les jours, les années, etc. Il peut être
conceptualisé comme une dimension dans laquelle les événements se produisent dans une
séquence particulière. Partant de cette définition du temps, certaines personnes en particulier
des philosophes telle que Hannah Arendt pensent que le temps est déterminant de l’être humain
et de tout ce qui touche à son existence. Pour eux, la relation qui lie l’homme au temps est non
seulement fascinante mais complexe. Dans le sens où il façonne notre existence en y imposant
des limites. C’est en ce sens qu’il serait judicieux d’affirmer que le temps est en nous pour nous
et contre nous. Nous tenterons d’expliquer plus en détail cette phrase dans notre développement
en montrant d’abord comment le temps peut être en nous et pour nous puis à la fin contre nous.

« Le temps est en nous, pour nous et contre nous » est une célèbre citation sur la notion
du temps qui nous vient de Jacques-Bénigne Bossuet. Un célèbre évêque et orateur du XVIIe
siècle. Cette citation est le fruit d’une longue réflexion sur le temps et sa nature ambivalente
qui elle(la citation) à son tour étale la complexité de la condition humaine face à l’inexorabilité
du temps. Pour commencer l’explication de cette phrase, nous parlerons du fait que le temps
puisse être en nous. Avec le philosophe Heidegger, le temps est ce qui nous défini, dans la
mesure où elle défini notre histoire, nous permet de la connaître et de la comprendre à travers
le processus de l’EK-sistence où le Dasein qu’il considère comme l’étant particulier se déploie
pour entendre la voix de l’Être. L’Être, à qui il attribue la paternité du temps, en prétextant, que
le temps n’est temps que parce qu’il participe au voilement et dévoilement de l’Être. Cela est
visible dans son œuvre ÊTRE ET TEMPS lorsqu’il dit : «L’être de l’homme est caractérisé par
la temporalité. Celle-ci détermine l’être du Dasein dans la totalité de sa structure ». Selon lui,
la temporalité représente un aspect fondamental de l’existence humaine. Il décrit la temporalité
comme une caractéristique essentielle du Dasein(être -là). En effet, en langage plus claire, c’est
le temps, qui nous permet d’exister et de savoir qu’on existe. On retrouve cette même
conception du temps chez Kant lorsqu’il affirme dans son œuvre la critique de la raison pure
que : « le temps et l’espace sont des conditions à priori de l’existence ». En d’autres termes, nos
pensées, souvenirs et anticipations sont des manifestations internes du temps. En fait, le temps
est une dimension de notre être, une structure de notre conscience qui nous permet de saisir et
de comprendre le monde. Selon Kant, le temps est une forme a priori de l'intuition sensible.
Cela signifie que notre esprit impose une structure temporelle sur toutes nos perceptions. Par
exemple, prenons le fait de penser à un film projeté sur un écran. Le film (le monde externe)
est vu à travers l'objectif du projecteur (notre esprit), qui impose le flux temporel. Sans ce
projecteur, les images seraient désordonnées et incompréhensibles. En d’autres termes, ‘’le
temps est en nous’’ signifie que le temps est intrinsèque à notre existence et à notre conscience
dans la mesure où il n’existe pas en dehors de nous mais est une condition de notre perception
du monde.
Pour poursuivre, nous parlerons du temps en tant que chose pour soi. Comme nous
l’avons dit un peu plus haut, c’est le temps qui nous permet de connaître. C’est-à-dire de nous
connaître nous même mais aussi de cerner les choses de ce monde. Le nous ici représente
l’homme en tant qu’un être doué de raison et de conscience. Apprendre quelque chose de
nouveau requiert du temps. Que se soit pour lire, écouter, observer ou pratiquer. La
connaissance s’accumule et se développe progressivement nécessitant une période de
maturation intellectuelle et d’expérience. Avec Bergson par exemple, le temps a un rôle créatif
dans la mesure où il ne le voit plus comme une simple succession d’instants mais comme une
durée enrichi par notre expérience interne. De plus, le temps participe au développement dés
théories scientifiques. En fait, ce qui est considéré comme une vérité à une époque peut être
revisité et révisé plus tard. Par exemple, lés théories de newton sur la gravité ont été reformulées
par Einstein avec la théorie de la relativité. La connaissance humaine en elle-même est un
produit historique, ce qui sous-entend que les découvertes et les inventions s’accumulent au fil
du temps dans la mesure où chaque génération construit sur les réalisations des précédentes. En
d’autres termes, l’histoire des sciences montre comment les connaissances se développent dans
un contexte temporel. L’homme est le seul être sur terre pouvant avoir conscience et ayant
conscience du temps dans sa temporalité. C’est au vu de tout ce ci que nous affirmons avec
certitude que le temps est pour nous.
Enfin, pourquoi dit-on que le temps est contre nous ?
Le temps est en nous et pour nous mais peut être aussi contre nous dans la mesure où celui-ci
limite la vie de l’homme. En effet, la vie de l’homme est structuré par le temps, c’est-à-dire par
la durée. C’est ce qui fait de l’homme un être mortel car existant dans le temps et pour le temps.
Ce phénomène pousse l’homme à s’interroger sur la durée de sa vie dans le temps au point où
cette vie se transforme en un tourbillon d’angoisse et d’inquiétude perpétuel. Qu’on accepte ou
pas de l’admettre, chaque instant qui passe nous rapproche incessamment de la mort. De ce fait,
Heidegger dit ce ci dans son ouvrage ÊTRE ET TEMPS : « le Dasein est un être pour la mort ».
Pour lui, la conscience de notre mort imprègne notre existence façonnant ainsi nos décisions et
notre sens de l’urgence. Parlant ainsi de la mort, comme objet du temps, il nous est nécessaire
aussi de parler ce qu’elle engendre comme douleur et souffrance. Le temps engendrant souvent
la souffrance et la perte, une souffrance parfois Exacerbée par le passage de celui-ci. Elle peut
soit être physique dans le sens où l’on vieillit, tombe malade et n’arrive plus à se déplacer
convenablement ou soit émotionnel dans le sens où la perte d’un être cher à nos yeux peut
parfois traumatiser notre mental au point de créer un dysfonctionnement psychique. Le temps
peut être considéré encore comme contre nous dans le mesure où il nous limite dans nos actions.
Nos ambitions sont souvent freinées par la réalité de notre durée de vie limitée, ce qui rejoint
un peu plus le premier argument sur la limitation de notre vie et la mort qui en découle de cette
limitation. Le temps serait contre nous en outre dans la mesure où il se traduirait par l’entropie
et la dégradation. Le temps est un vecteur d’entropie par excellence, la tendance naturelle de
tout système à évoluer vers le désordre et la dégradation. Cette idée trouve son origine dans la
thermodynamique mais a des implications métaphysiques profondes. Pour illustrer cela,
prenons le cas d’une maison vieille de plus de cents ans. Au fil du temps, les murs s'effritent, la
peinture s'écaille, et la structure s'affaiblit. Ce processus inévitable de dégradation est une
manifestation de l'entropie. Métaphysiquement, cela montre que le temps conduit
inéluctablement à la détérioration de toute chose matérielle.

Au terme de notre réflexion, il nous revient d’affirmer avec certitude que la phrase selon
laquelle le temps est en nous pour nous et contre nous est une vérité à laquelle nous adhérons
favorablement. Pour résumer un peu notre réflexion, nous dirons que d’un côté le temps est en
nous dans la maison où nous fait vivre, d’un autre autre côté il est pour nous dans la mesure où
nous en tant qu’être doué de raison sont les seuls à prendre conscience de son existence et de
son déroulement et enfin qu’il est contre nous dans la mesure où il nous freine ou nous limite
dans notre vie humaine en nous rappelant à chaque instant que nous sommes mortels et que par
conséquent, nous ne maîtrisons rien et encore moins le temps qui nous fait vivre. Cependant,
quelles autres dimensions du temps nous reste à découvrir et à comprendre ?

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