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Sommaire

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Début

Typologie

Ne sont pas des catalyseurs…

Histoire

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Considérations générales

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Classement selon la nature du catalyseur

Afficher / masquer la sous-section Classement selon la nature du


catalyseur

Classement selon le type de réaction activée

Afficher / masquer la sous-section Classement selon le type de réaction


activée

Quelques exemples de réactions et de procédés

Afficher / masquer la sous-section Quelques exemples de réactions et de


procédés

Notes et références

Voir aussi
Afficher / masquer la sous-section Voir aussi

Catalyse

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Pour l’article homonyme, voir Pot catalytique.

Intérieur du musée de la catalyse à Widnes en


Angleterre.

En chimie, la catalyse (du nom grec : κατάλυσις / katálusis,


« dissolution1 ») se réfère à l'accélération ou la réorientation de
la cinétique de réaction au moyen d'un catalyseur, et dans certains cas à
la sélectivité pour diriger la réaction dans un sens privilégié (réaction
concurrente, production d'un produit plutôt qu'un autre) 2. Le catalyseur est
utilisé en quantité beaucoup plus faible que les produits réactifs. Il
n'apparaît pas en général dans le bilan de réaction, donc pas dans son
équation globale. Cependant les molécules du catalyseur participent à la
réaction dans une étape, ce qui explique leur influence sur la vitesse de
réaction, et ensuite elles sont régénérées dans une étape subséquente 3.
Le catalyseur reste parfois intimement mélangé au produit final.
La catalyse joue un rôle dans de très nombreux domaines. Depuis plus de
cent ans, elle a des applications dans le domaine du chauffage (exemple :
poêle à gaz catalytique) : des combustions complètes, à température plus
basse (moins dangereuses), quasiment sans flamme, et avec beaucoup
moins de résidus de combustion dangereux (monoxyde de carbone, oxyde
d'azote). Plus de 80 % des réactions chimiques industrielles sont réalisées
à l'aide de procédés catalytiques en réduisant considérablement leur coût.
Par exemple en 2007, les ventes mondiales de catalyseurs du domaine de
dépollution des gaz de moteurs s'élevaient à environ seize milliards de
dollars.

La vision populaire de ce domaine des catalyses est négative : pollution,


dispersions de poussières de métaux rares et dangereux, vols de
catalyseurs automobiles. Ces domaines de la science sont mal
connus. [réf. souhaitée]

En biologie, dans les cellules, les enzymes, très nombreuses, jouent ces
rôles d'accélérateur, de catalyseurs, dans les processus
biochimiques : métabolisme digestif, de la reproduction, de
la transcription de l'information génétique, les sciences du génome,
le yaourt, la pâte à pain, etc.

Typologie

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Article détaillé : Théorie de l'état de transition.

Différents types de catalyse peuvent être distingués selon la nature du


catalyseur :

 catalyse homogène, si le catalyseur et les réactifs ne forment qu'une


seule phase (souvent liquide) ;

 catalyse hétérogène, si le catalyseur et les réactifs forment plusieurs


phases (généralement un catalyseur solide pour des réactifs en
phase gazeuse ou liquide) ;

 catalyse enzymatique, si le catalyseur est une enzyme, c'est-à-dire


une protéine ; de nombreux caractères de la catalyse enzymatique
(influence de la concentration du catalyseur, types de succession
d'étapes, etc.) sont les mêmes que ceux de la catalyse homogène.

La catalyse peut être aussi classée en fonction du mécanisme mis en jeu :

 catalyse acido-basique (générale ou spécifique) ;

 catalyse d'oxydoréduction ;

 catalyse nucléophile ;
 catalyse par transfert de phase.

Un catalyseur ne modifie ni le sens d'évolution d'une transformation ni la


composition du système à l'état final. Tout catalyseur d'une réaction dans
le sens direct catalyse aussi la réaction en sens inverse. De ce fait, un
catalyseur ne permet pas à des réactions thermodynamiquement peu
déplacées de modifier leur taux d'avancement final.

Par exemple, la réaction

2 H2O → 2 H2 + O2

ne se produit pas en l'absence de catalyseur (à température ordinaire) et


aucun catalyseur ne peut la faire se produire avec un rendement
satisfaisant.
Cependant, comme un catalyseur peut modifier fortement la vitesse d'une
réaction parmi un grand nombre de réactions concurrentes possibles, il
peut favoriser une réaction qui parait ne pas exister en son absence. C'est
le cas de l'oxydation de l'ammoniac par le dioxygène :

 en l'absence de catalyseur, la réaction (non intéressante d'un point


de vue industriel) est essentiellement : 2NH3 + O2 → N2 + 3H2O

 en présence de platine comme catalyseur, il se forme surtout


du monoxyde d'azote (précieux intermédiaire dans la production
d'acide nitrique) : 2NH3 + O2 → 2NO + 3H2O

Le monoxyde d'azote n'apparaît pas de façon mesurable en l'absence de


platine.

Ne sont pas des catalyseurs…

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 La température, bien qu'elle augmente la vitesse de réaction. Le


catalyseur est une espèce chimique, ce que n'est pas la
température.

 La lumière peut initier certaines réactions photochimiques, mais ce


n'est pas un catalyseur pour autant car la lumière n'est pas une
espèce chimique. De plus, la lumière ne ressort pas indemne,
puisqu'une part de son énergie sera absorbée, et sa longueur
d'onde sera donc modifiée.

 Un amorceur, bien que ce soit une espèce chimique, qu'il augmente


la vitesse, et qu'il n'apparaisse pas dans le bilan. En effet, l'amorceur
est consommé en début de réaction. Par exemple, un amorceur
radicalaire permet de produire les premiers radicaux qui permettent
à une polymérisation radicalaire de se produire.
Histoire

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Étapes de la découverte

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Plaque commémorative et bronze de J.


Berzelius qui, le premier, a proposé le mot « catalyse ».

Quelques étapes notables sur la découverte et la compréhension de la


notion de catalyse sont listées ici par ordre chronologique. Les premières
découvertes sont liées au domaine de la biocatalyse :

 6 000 ans av. J.-C., procédés techniques de la fermentation


alcoolique des sucres, utilisés par les Sumériens en Mésopotamie :
production d'acide acétique de l'alcool au moyen d'enzymes.

 Accélération et orientation des fermentations du lait pour les


fromages : les découvertes liées permettaient très rapidement de
diminuer les risques de colonisation par les agents pathogènes et
augmentaient nettement la durée de consommation des produits
laitiers (à l'échelle du temps du produit de base, c'était une
technique de toute première importance).

 Les processus de panification des farines permettant la réalisation


en épaisseur de cuisson au four et une modification de la
digestibilité du composant de base.

Après ces débuts, la découverte de toute une série de nouvelles réactions


catalytiques a eu lieu dans les XVIIIe et début du XIXe siècle.

 Au milieu du XVIIIe siècle, le physicien britannique John


Roebuck élabore un procédé permettant la formation d'acide
sulfurique par oxydation du dioxyde de soufre par l'air ; la réaction
est effectuée en présence d'un catalyseur, l'acide nitrosylsulfurique,
dans une cuve en plomb4.
 Vers 1780, multiples découvertes Antoine-Augustin Parmentier,
pharmacien militaire, agronome, nutritionniste et hygiéniste
français : catalyse acide du sucre.

 1782, découverte de Carl Wilhelm Scheele, sur l'estérification


catalysée par un acide des alcools.

 1783, Joseph Priestley, transformation de l'éthanol à partir


d'éthylène.

 1794, Elizabeth Fulhame, décrit dans son Essay on


Combustion l'importance de l'eau dans certaines réactions
d’oxydation5.

 Dès 1814, Constantin Kirchhoff rapporte l'hydrolyse de l'amidon


catalysée par les acides.

 En 1817, Humphry Davy découvre que l'introduction


de platine chaud dans un mélange d'air et de gaz issus du charbon
conduit à chauffer à blanc le métal.

 En 1824, William Henry rapporte l'empoisonnement d'un catalyseur :


l'éthylène inhibe la réaction entre l'hydrogène et l'oxygène sur du
platine. Il remarque par ailleurs l'oxydation sélective dans la réaction
entre l'oxygène et un mélange gazeux composé d'hydrogène,
de monoxyde de carbone et de méthane.

 Le terme catalyse est introduit par Berzelius en 1835 (du


nom grec : κατάλυσις / katálusis, « dissolution1 ») pour nommer
la cause d'un groupe de réactions6. Cette idée n'eut pas que des
adeptes et Liebig, par exemple, s'opposa, dans le cas de
la fermentation, à la théorie de la catalyse avancée par Berzelius.
Pour Liebig, la cause de la fermentation était due à la transmission
de vibrations des particules de ferment7.

 En 1845, William Grove montre qu'un filament de platine est


également un catalyseur pour la décomposition de l'eau en
hydrogène et oxygène.

 Dans les années 1850, Kekulé comprit que la loi d'action de


masse et les forces catalytiques avaient de l'importance sur les
réactions chimiques, et que les forces qui favorisaient l'association
des molécules Aneinanderlagerung causaient également leur
décomposition, et que des produits intermédiaires pouvaient être
isolés8. Voir la représentation ci-contre.
Mécanisme de la double décomposition vu par
Kekulé en 1850.

 En 1871, le procédé Deacon (en), utilisé pour l'oxydation de l'acide


chlorhydrique en chlore, est développé : il utilise un catalyseur à
base de brique en argile imprégnée de sels de cuivre.

 Peu de temps après, en 1877, Clément Georges Lemoine démontre


que la décomposition de l'iodure d'hydrogène en dihydrogène
et diiode atteint le même point d'équilibre à 350 °C que la réaction
soit menée avec ou sans catalyseur (platine).

 Cette propriété est confirmée deux ans plus tard par Claude Louis
Berthollet avec l'estérification des acides organiques et l'hydrolyse
des esters dont l'équilibre de réaction reste identique avec ou sans
catalyseur.

 Vers 1901, Georg Bredig mettait en avant l'importance de


l'empoisonnement d'un catalyseur9.

La catalyse au développement de la chimie

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Le début du XXe siècle marque une découverte qui continue d'avoir des
répercussions de nos jours10. Wilhelm Normann réalise l'hydrogénation de
l'acide oléique (acide cis-9-octadécènoïque C17H33COOH), liquide, en acide
stéarique (acide octadécanoïque C17H35COOH), solide, sur
du nickel finement divisé. Cette hydrogénation est encore largement
utilisée au XXIe siècle dans de nombreux domaines (alimentation,
pharmacie, savonnerie, parfumerie, peinture, etc.) et le nickel reste le
catalyseur phare.

La synthèse de l'ammoniac (NH3) à partir du diazote et du dihydrogène est


mise au point par Fritz Haber sous haute pression, à température moyenne
et catalysée par le fer (Fe3O4 réduit). Cet ammoniac peut être oxydé
en monoxyde d'azote par oxydation, catalysé cette fois par le platine, pour
servir de base à la fabrication d'acide nitrique (HNO3). En
1923, BASF commande une usine de fabrication du méthanol à partir
de monoxyde de carbone et d'hydrogène sur un catalyseur à base d'oxyde
de zinc et d'oxyde de chrome. Durant la même période, le procédé Fischer-
Tropsch permet d'obtenir des alcanes, des alcènes et des alcools à partir
de monoxyde de carbone et d'hydrogène à l'aide de catalyseur à base de
fer et de cobalt. L'oxydation catalytique du dioxyde de soufre en trioxyde
de soufre sur l'oxyde de vanadium(V) (V2O5) permet la synthèse à grande
échelle d'acide sulfurique.

À la fin des années 1930, le craquage catalytique apparaît, offrant la


possibilité de rompre les liaisons C-C. Ce procédé Houdry, utilise un
catalyseur à base d'argile de type montmorillonite traitée à l'acide, et
permet de scinder les grosses molécules du pétrole, typiquement
contenues dans les gasoils, en plus petites, constituant les essences.
Durant la même décennie, l'oxydation sélective de l'éthylène en oxyde
d'éthylène sur un catalyseur à base d'argent est mise au point,
développée et commercialisée par Union Carbide. Tous ces procédés
permettent d'avoir accès, à une échelle industrielle, à des produits de
base de la chimie, ouvrant ainsi la voie au développement de la chimie de
base et de spécialité.

Juste après la Seconde Guerre mondiale, les Trente Glorieuses profiteront


largement à la chimie avec un grand développement des procédés en tout
genre pour des productions de plus en plus diversifiées. La catalyse sera
un acteur important de ce développement. La polymérisation se
développe grandement en profitant des molécules de base produites.
Dans les années 1950, le polyéthylène, le polypropylène et
le polybutadiène apparaissent grâce notamment au procédé
de polymérisation coordinative Ziegler-Natta utilisant des catalyseurs à
base de complexes organométalliques de titane et aluminium. Le
traitement du pétrole s'affirme avec l'hydrodésulfuration sur des
catalyseurs à base de sulfure de cobalt et de molybdène,
l'hydrotraitement des naphtas sur des catalyseurs cobalt-molybdène
déposés sur alumine.

Les années 1960 marquent l'apparition des zéolithes de synthèse actives


et sélectives pour l'isomérisation des alcanes et le craquage catalytique.
Dès lors, ces matériaux vont faire l'objet d'intenses études pour leurs
propriétés catalytiques et les chercheurs mettent au point de nombreuses
zéolithes aux propriétés adaptées selon les réactions à catalyser, mais
aussi à la forme des molécules par le contrôle de la taille des canaux. Les
réactions mises en jeu conduisent à des molécules de plus en plus
diverses : l'ammoxydation du propylène sur des catalyseurs à base
d'oxydes de bismuth et de molybdène conduit à la fabrication
d'acrylonitrile, alors que l'oxychloration de l'éthylène sur des catalyseurs à
base de chlorure de cuivre(II) conduit au chlorure de vinyle.
La décennie 1970 voit apparaître le pot catalytique à base de platine,
rhodium et palladium, alors qu'ailleurs se développe industriellement la
catalyse enzymatique avec l'immobilisation d'enzymes, permettant de
produire des pénicillines semi-synthétiques ou l'isomérisation
du glucose en fructose. La découverte des zéolithes synthétiques aboutit
industriellement dans les années 1980, le procédé MTG (methanol to
gasoline : « méthanol vers essence ») permet de fabriquer de l'essence à
partir du méthanol grâce au zéolithe H-ZSM5, production de diesel à partir
CO et H2 grâce à des catalyseurs à base de cobalt. La chimie fine n'est pas
en reste avec la synthèse de la vitamine K4 à l'aide d'un catalyseur
membranaire à base de platine.

La liste est encore très longue et les molécules de plus en plus élaborées
et de nouvelles perspectives s'ouvrent dans les années
201011,12,13,14,15,16,17,18 avec l'utilisation de catalyseurs à un seul atome, qui
devraient encore améliorer la catalyse hétérogène, dont dans les
domaines de la chimie et de l'énergie19.

Considérations générales

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Catalyseur

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En chimie, un catalyseur est une substance qui augmente la vitesse


d'une réaction chimique ; il participe à la réaction dans une étape, mais
est régénéré dans une étape subséquente. Il ne fait donc pas partie des
réactifs. S'il fait partie des produits, la réaction est dite autocatalysée.
C'est le cas par exemple de la réaction d'équation

2 MnO4− + 5 H2C2O4 + 6 H+ → 2 Mn2+ + 10 CO2 + 8 H2O

pour laquelle les ions Mn2+ ont un rôle catalytique.

Lorsqu’un catalyseur est utilisé pour accélérer une transformation, on dit


que celle-ci est catalysée. Les catalyseurs agissent seulement sur des
produits prédéterminés. Si un catalyseur accélère la réaction, il est dit
positif. S'il la ralentit, il est dit négatif 20.

Les catalyseurs sont largement utilisés dans l'industrie et


en laboratoire parce qu'ils augmentent considérablement la production
des produits tout en minimisant les coûts de production. Dans la nature et
en biochimie, certaines protéines possèdent une activité catalytique. Il
s'agit des enzymes.

Le catalyseur augmente la vitesse de réaction en introduisant de


nouveaux chemins de réaction (mécanisme), et en abaissant son énergie
d'activation, ou énergie libre de Gibbs d'activation. Ce faisant il permet
d'augmenter la vitesse, ou d'abaisser la température de la réaction. Le
catalyseur ne modifie pas l'énergie libre de Gibbs totale de la réaction qui
est une fonction d'état du système et n'a donc aucun effet sur la constante
d'équilibre.

En plus de modifier la vitesse de réaction, le choix d'un catalyseur peut


reposer sur d'autres paramètres :

 la sélectivité : un catalyseur sélectif favorise la formation du produit


désiré par rapport aux produits secondaires. Par exemple, quand on
utilise l'argent métallique pour catalyser la réaction de formation de
l'oxyde d'éthylène, à partir d'oxygène et d'éthylène, cette réaction
est accompagnée par la formation plus favorable
thermodynamiquement de CO2 et H2O ;

 la durée de vie : le catalyseur doit pouvoir demeurer intact après


plusieurs cycles de réaction.

Effet d'un catalyseur positif sur l'énergie


d'activation d'une réaction : elle est plus faible et la vitesse de réaction est
élevée. Un catalyseur n'abaisse pas seulement l'énergie d'activation de la
réaction, il crée également des intermédiaires réactionnels.

La succession des étapes conduisant à la formation d'un produit n'est pas


la même en présence et en l'absence d'un catalyseur.

 En l'absence de catalyseur, l'énergie potentielle du système


chimique prend une valeur importante rendant la réaction lente (ou
par analogie la promenade épuisante).

 En revanche, la présence d'un catalyseur permet d'atteindre le


même état final mais par une succession d'étapes dont aucune ne
possède une énergie potentielle élevée.

Le chemin réactionnel est donc différent en présence et en absence du


catalyseur ; le nombre d'étapes est généralement plus élevé avec catalyse
que sans, mais toutes les étapes sont rapides.

Mécanisme type

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Le catalyseur réagit généralement avec un ou plusieurs réactifs pour
donner un intermédiaire, qui donne le produit de la réaction tout en
régénérant le catalyseur. Par exemple, le bilan d'une réaction R → P, en
présence d'un catalyseur (C) peut s'écrire :

R + C → RC (1)

RC → P + C (2)

Ces deux étapes peuvent ou non être des équilibres chimiques.

Bien que le catalyseur soit consommé dans l'étape (1), il est régénéré par
l'étape (2). La somme des deux étapes est donc identique au bilan
annoncé :

R→P

Cependant, le catalyseur parait généralement dans la loi de vitesse. Si


l'étape cinétiquement déterminante au schéma ci-dessus est la
première étape R + C → RC, la réaction catalysée sera du second
ordre avec l'équation de vitesse v = kcat[R][C]. Mais le mécanisme catalysé
a lieu en parallèle avec la réaction non catalysée. Si cette dernière
est élémentaire, son équation de vitesse sera v = k0[R] et l'équation de
vitesse globale sera v = k0[R] + kcat[R][C], que l'on peut écrire

v = k[R], où k = k0 + kcat[C].

Ici le coefficient de vitesse (k) est la somme de deux termes. Le premier


terme, normalement faible, représente la constante de vitesse de la
réaction sans catalyseur. Le deuxième terme est proportionnel à la
concentration du catalyseur, qui elle demeure constante lors de l'évolution
d'une réaction dans le temps.

Catalyse et énergie de réaction

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Un catalyseur fonctionne en permettant un mécanisme alternatif mettant


en jeu différents états de transition et des énergies d'activation plus
basses. Ainsi, dans le cas d'une réaction bimoléculaire simple de type A +
B, l'état de transition est remplacé par un intermédiaire réactionnel de
plus basse énergie, accompagné par deux états de transition, eux-mêmes
de plus basse énergie. L'effet de ce changement est que plus de collisions
moléculaires ont l'énergie nécessaire pour atteindre l'état de transition.
Ainsi, un catalyseur permet d'effectuer des réactions qui, bien que
thermodynamiquement faisables, étaient cinétiquement impossibles, ou
nettement plus lentes. Un catalyseur abaisse donc l'énergie d'activation
d'une réaction.
Un catalyseur ne peut pas rendre possible une réaction énergétiquement
défavorable, pas plus qu'il ne peut déplacer l'équilibre final. La réaction et
la réaction inverse sont également catalysées (principe
de microréversibilité). L'enthalpie libre de la réaction est inchangée.

Classement selon la nature du catalyseur

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Catalyse hétérogène

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Étapes de l'hydrogénation d'une double liaison


C=C à la surface d'un catalyseur, par exemple Ni ou Pt :
(1) Les réactifs sont adsorbés sur la surface du catalyseur et H2 est
dissocié ;
(2) Un atome H se lie à l'un des atomes C. L'autre atome C est attaché à la
surface ;
(3) Un 2e atome C se lie à un atome H. La molécule s'éloigne de la surface.

Article détaillé : Catalyse hétérogène.


La catalyse est hétérogène quand le catalyseur et les réactifs ne sont pas
dans la même phase. L'immense majorité des cas de catalyse hétérogène
fait intervenir un catalyseur sous forme solide, les réactifs étant alors
gazeux et/ou liquides. Les principales étapes du mécanisme sont décrites
par la figure ci-contre.

Catalyse homogène

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Article détaillé : Catalyse homogène.

En catalyse homogène, les réactifs et le catalyseur sont présents dans la


même phase. On retrouve beaucoup ce type de catalyse en chimie
organique où de nombreuses réactions se déroulent avec des réactifs en
solution, en présence d'ions H+, d'acides de Lewis, de complexes, etc.,
tous étant également solubles.

Catalyse enzymatique

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Article détaillé : Catalyse enzymatique.

Dans la biologie, les enzymes sont des catalyseurs des


réactions métaboliques. Elles ont des structures basées sur des protéines.
Les enzymes solubles peuvent être considérées comme intermédiaires
entre les catalyseurs homogènes et hétérogènes; elles sont homogènes au
niveau macroscopique mais au niveau moléculaire les réactions catalysées
ont lieu sur la surface de l'enzyme comme pour la catalyse hétérogène.
Les enzymes liés aux membranes biologiques par contre sont
hétérogènes.

Classement selon le type de réaction activée

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Catalyse acido-basique

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Dans ces réactions, le catalyseur agit en tant qu'acide ou base. Cet acide
ou cette base sont généralement des ions H+, HO−, des acides ou des
bases de Lewis, ou encore des oxydes métalliques (Al2O3, V2O5, etc.). On
distingue deux cas, selon que la réaction est accélérée par tous les acides
(respectivement toutes les bases), ce qui s'appelle la catalyse générale,
ou s'il faut un acide (ou une base) en particulier, ce qui s'appelle la
catalyse spécifique.

Catalyse spécifique
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Dans certains cas, un acide particulier sert de catalyseur. Le mécanisme


passe alors par un mécanisme qui lui est propre, et qui serait différent
pour un autre acide. C'est le cas de la réaction d'halogénation de
la propanone21 :

CH3-CO-CH3 + X2 → CH3-CO-CH2X + HX

X = I ou Br

Cette réaction est accélérée par H3O+ (ou par HO−). La constante de
vitesse est de la forme

k = k0 + k1[H3O+] + k2[HO−].

avec k0, constante de vitesse de la réaction non catalysée. La valeur


de k0 est très faible devant k1 et k2 (d'où l'effet notable de l'augmentation
de la vitesse par les catalyseurs H3O+ et HO−).

L'ajout d'un acide faible ne modifie la vitesse que par la variation de la


concentration [H3O+] qu'il permet, et non par la variation de sa propre
concentration. Cela indique que c'est spécifiquement H 3O+ le catalyseur,
et non n'importe quel acide.

L'inversion du saccharose est également de type catalyse spécifique. Son


équation est :

Saccharose + eau → glucose + fructose

soit C12H22O11 + H2O → C6H12O6 + C6H12O6

L'halogénation des nitroalcanes est un exemple de catalyse basique


spécifique.

Catalyse générale

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Pour qu'une catalyse soit acido-basique générale, il faut que des acides
(ou des bases) faibles catalysent également la réaction. Cette catalyse
doit dépendre de la concentration en acide faible, et pas seulement du fait
que cet acide peut libérer des ions H+.

La constante de vitesse, en catalyse acide spécifique est donc de la


forme :

k = k0 + k1[H3O+] + k2[AH].

où [AH] est la concentration en acide faible.


Pour montrer cette propriété de catalyse acide générale, il faut par
exemple déterminer la dépendance de la vitesse (donc de k) en fonction
de la quantité de AH ajouté, mais cela dans un milieu tamponné, afin que
le terme k1[H3O+] soit maintenu constant22.

Catalyse d'oxydoréduction

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Des réactions d'oxydoréduction peuvent aussi être catalysées. Par


exemple, la dismutation de l'eau oxygénée est catalysée par les ions
Fe2+ ou Fe3+, l'hydrogénation des alcènes par le nickel de Raney, ou par ou
métaux nobles supportés23. L'hydrogénation et l'hydrodésoxygénation sont
largement étudiées en raison de leur pertinence pour la valorisation des
composés biosourcés24. Les procédés oxydatifs sont utilisés pour la
synthèse de produits chimiques tels que le formaldéhyde 25,
acétaldéhyde26, l'acide acrylique27,28, l'acide benzoïque29. Une telle catalyse
met généralement en jeu un couple redox dont le potentiel sera compris
entre le potentiel de l'oxydant et celui du réducteur.

Catalyse nucléophile[réf. nécessaire]

Des réactions de substitutions nucléophiles peuvent être fortement


accélérées en présence de traces d'autres nucléophiles. L'exemple
classique est l'iodure de lithium. Dans ce sel, l'ion iodure est très peu lié au
lithium, et est un nucléophile assez efficace. L'ion iodure est aussi un
nucléofuge très efficace. Il sera donc déplacé par le nucléophile principal
plus rapidement que ne se serait déroulée la réaction en absence de
catalyseur.

Catalyse par transfert de phase

Article détaillé : Catalyseur de transfert de phase.

Ici, l'idée est d'amener en contact des espèces se trouvant dans deux
phases différentes. Ainsi, des substitutions nucléophiles, par exemple

RCl + HO− → ROH + Cl−

seraient réalisables si la base HO− qui est en phase aqueuse et le substrat


RCl qui en phase organique pouvaient se rencontrer. Une espèce
chimique qui transporterait l'ion hydroxyde de la phase aqueuse à la
phase organique, puis retransporterait le nucléofuge Cl− de la phase
organique à la phase aqueuse sans se transformer lui-même serait un
catalyseur, et dans ce cas, un catalyseur par transfert de phase. Une règle
essentielle est que chaque phase doit respecter l'électroneutralité, si bien
que si un cation change de phase, un anion doit changer en même temps
(ou un cation doit passer en même temps dans l'autre direction).
Les cations ammonium substitués par des chaînes alkyle, par exemple
(C4H9)N+, peuvent jouer un tel rôle catalytique. De par leur charge positive,
ils peuvent être solvatés en phase aqueuse, et par leurs chaînes alkyle, ils
peuvent l'être en phase organique. La première étape est dans ce cas, le
transfert de (C4H9)N+ + HO− (espèce globalement neutre). La réaction de
substitution peut avoir lieu en phase organique, et produire l'anion Cl −.
L'espèce (C4H9)N+ + Cl− (toujours globalement neutre) peut passer en
phase aqueuse. Le cation ammonium est alors à nouveau disponible pour
un nouveau transfert d'ion HO−.

Les substitutions nucléophiles ne sont pas les seules à pouvoir mettre en


jeu une catalyse à transfert de phase, par exemple l'oxydation
du styrène par les ions permanganate30, en présence de (C4H9)N+ + HSO4−.

Autocatalyse

Dans certains cas, le catalyseur apparaît dans le bilan de la réaction, du


côté des produits : la réaction est alors autocatalysée. L'effet d'une
autocatalyse se traduit par une augmentation de la vitesse de réaction
(alors que la vitesse diminue toujours lorsque la réaction avance) avant de
diminuer. L'augmentation de la vitesse est due à l'augmentation de la
concentration en catalyseur, et sa diminution à la disparition importante
de ses réactifs.

Quelques exemples de réactions et de procédés

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Pot catalytique sous un véhicule.

Un grand nombre de procédés chimiques comportent au moins une étape


catalysée, que ce soit pour la fabrication de fibres synthétiques, de
médicaments ou d'additifs alimentaires, sans compter toutes les réactions
biologiques catalysées par les enzymes. Par ailleurs, en favorisant des
réactions peu polluantes, la catalyse est un des piliers de la chimie verte.
La suite de cette section fournit des exemples de réactions catalysées
suivant les secteurs d'applications.

Catalyse dans la vie quotidienne

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Levure de boulanger pour la cuisine.

 Le chauffage individuel au gaz par catalyse n'est pas dangereux car


il n'émet pratiquement pas de CO31.

 Le pot catalytique est sans doute l'exemple le plus connu de


catalyses.

 L'utilisation de la levure de boulanger pour la fabrication du pain.

Catalyse dans les grands procédés industriels

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Réacteur de synthèse de l'ammoniac, construit


en 1921 par BASF, et érigé à l'entrée de l'université de Karlsruhe
en Allemagne en 2009.

D'après32.

Les procédés industriels qui utilisent des catalyseurs permettent


d'économiser des produits chimiques (meilleurs rendements, synthèse en
moins d'étapes), du temps (donc de l'argent) et de l'énergie en mettant en
jeu des procédés à plus basse température. Quelques exemples de grands
procédés industriels sont :

 synthèse de l'ammoniac NH3 à partir de ses éléments H2 et N2,


catalysée par le fer (procédé Haber) ;
 synthèse de l'acide sulfurique par le procédé de contact (oxydation
de SO2 en SO3 catalysé par V2O5) ;

 reformage en pétrochimie (conversion par le platine et l'alumine


de molécules naphténiques en molécules aromatiques) ;

 craquage en pétrochimie pour transformer les coupes lourdes en


petites molécules, grâce aux zéolithes.

Expériences utilisées pour l'enseignement de la catalyse

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 Expérience de la lampe sans flamme (oxydation de l'éthanol par l'air


en présence de cuivre)33.

 Diverses décomposition de l'eau oxygénée par des ions fer, du


platine, du dioxyde de manganèse, du sang, une rondelle de
radis, etc.

 Réactions en chimie organique (estérification, hydrolyse, etc.)


catalysées par un acide fort.

Catalyse amusante

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 La cendre peut servir de catalyseur lors de la combustion du sucre.


Ce dernier, chauffé au briquet, ne produit aucune flamme. Recouvert
de cendre, il peut s'enflammer et brûle d'une flamme bleue.

 La lampe Berger élimine les mauvaises odeurs en diffusant une


substance active dans l'air, par combustion catalytique de son
substrat.[réf. souhaitée].

Notes et références

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1. ↑ Revenir plus haut en :a et b Anatole Bailly ; 2020 : Hugo Chávez, Gérard


Gréco, André Charbonnet, Mark De Wilde, Bernard Maréchal &
contributeurs, « Le Bailly [archive] », sur [Link], 2020 (consulté
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5. ↑ Adeline Crépieux et Natalie Pigeard-Micault, Petit dictionnaire


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6. ↑ J. R. Partington (en) (1989), A Short History of Chemistry, Éd.


Dover, p. 196, 213.

7. ↑ Ibid., p. 230.

8. ↑ Ibid., p. 289.

9. ↑ Ibid., p. 341.

10. ↑ « Catalyse [archive] », sur physique-et-


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catalytique [archive] [PDF], IRCELyon (consulté le 27 novembre
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hétérogène [archive] » [PDF], sur [Link] (consulté le 28
novembre 2020).

33. ↑ « La lampe sans flamme » [archive],


sur [Link].

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

 catalyse, sur le Wiktionnaire

Une catégorie est consacrée à ce sujet : Catalyse.

Bibliographie

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 Jacques Angenault, La Chimie - dictionnaire encyclopédique, Dunod,


1995 (ISBN 2-10-002497-3)

Articles connexes

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 Réaction autocatalytique

 Pot catalytique

 Inhibiteur (chimie) • Poison de catalyseur

 Cycle carbone-azote-oxygène (phénomène nucléaire analogue à la


catalyse et actif dans les étoiles)

 Sonocatalyse

Liens externes

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 Ressource relative à la santé :

 Medical Subject Headings

 Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :

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 Tchéquie

 Lettonie

 Patrick Gélin, La combustion catalytique [archive] [PDF], IRCELyon

 La catalyse [archive], conférence filmée de Christian


Minot, Universités de tous les savoirs

 Évolution de catalyseurs solides [archive], SFRS/CERIMES (film


pédagogique ancien, 1970)

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v·m

Catalyse

Selon l’énergie 

d’initiation 

Selon la solubilité du 
catalyseur dans le milieu

réactionnel

Selon le mécanisme

réactionnel mis en jeu

Selon la composition du

catalyseur

Selon la symétrie 

du produit souhaité 

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