INTRODUCTION
Au moment de se lancer dans la constitution d’une entreprise, les fondateurs
doivent choisir entre plusieurs types de sociétés. Parmi les possibilités, les
sociétés de capitaux séduisent de nombreux entrepreneurs. Elles sont constituées
d’actions qui forment son capital social, et les associés ne se connaissent pas
toujours. Comment fonctionnent-elles ? Comprendre le fonctionnement des
sociétés de capitaux et les comparer aux autres est nécessaire afin de faire un
choix éclairé.
I-Définition
Comme leur nom l’indique, les sociétés de capitaux reposent sur les capitaux
constitués par les apports des actionnaires. Ils forment le capital social de la
société, c’est-à-dire son patrimoine. Ces apports sont appelés ‘’actions’’ dans les
sociétés de capitaux, c’est pourquoi on parle d’actionnaires. Dans une société de
capitaux, l’intuitus pecuniae (l’apport financier) importe moins que l’intuitus
personae (la personne des actionnaires), contrairement aux sociétés de
personnes. Il est courant de voir de grandes sociétés de capitaux dans lesquelles
les actionnaires ne se connaissent pas.
II-Quelles sont les différentes sociétés de capitaux ?
Les sociétés de capitaux peuvent avoir différents statuts juridiques:
Les sociétés anonymes (SA) :
La société anonyme est un type de sociétés commerciales qui réalise des activités
industrielles ou commerciales sous un nom choisi par ses fondateurs qui ont fait
adopter par ses premiers actionnaires des statuts qui font l'objet d'une publicité
légale et notamment d'une inscription au Registre du commerce et des sociétés. Le
ccapital de ces sociétés est fonction des besoins liés à l'importance de leur activité
économique. Les apports de ses actionnaires peuvent être constitués de capitaux, ou
d'apports en nature, le plus souvent des deux à la fois. Certaines d'entre ces
sociétés font appel au public.
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les sociétés par actions simplifiées (SAS), y compris les SASU,
La SAS pour Société par Actions Simplifiée est une forme juridique très
appréciée des fondateurs de startups, car elle est très flexible dans son mode de
fonctionnement. Les statuts sont librement rédigés par les actionnaires. La SAS
peut être créée à partir d’un euro de capital social et avec un seul actionnaire (on
parlera de SASU pour Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle). Le
président de SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Il est
assimilé salarié et ses cotisations sociales représentent environ 62 % de sa
rémunération.
les sociétés en commandite par actions,
Le statut juridique de la Société en Commandite par Actions (SCA) est une
société commerciale dans laquelle les associés de la société sont divisés en deux
groupes appelés les commandités et les commanditaires. Le statut de
commandité est le même que celui d’une Société en Nom Collectif (SNC), c’est-
à-dire que les associés sont responsables indéfiniment et solidairement des dettes
de la société et leurs titres ne sont pas librement cessibles. Quant aux
commanditaires, ils ont le même statut que les actionnaires d’une Société
Anonyme (SA). Leur responsabilité est limitée au montant de leurs apports et
leurs titres sont cessibles dans les mêmes conditions qu’une société « classique
». En fait, les commandités ont les pleins pouvoirs pour nommer le gérant et
s’immiscer dans la vie de la société alors que les commanditaires sont de «
simples » financeurs et n’ont aucun pouvoir de décision quant aux actes de
gestion et de direction. La Société en Commandite par Actions (SCA) est
utilisée par les grandes entreprises (Hermès, Lagardère…). Le petit groupe de
commandités fondateurs peut ainsi en garder le contrôle, notamment en cas
d’offre publique.
les sociétés à responsabilité limitée (SARL),
A l'exception des sociétés d'assurance, de capitalisation et d'épargne qui ne
peuvent adopter cette forme, la société à responsabilité limitée est un type de
société commerciale crée par deux ou plusieurs autres associés sans que ce
nombre puisse excéder cent, ne supportent les pertes qu'à concurrence de leurs
apports. Il existe une forme de SARL constituée d'un seul associé qui fonctionne
selon un régime adapté à ce type de société : l'Entreprise.
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III. Régime juridique des sociétés de capitaux
A. La responsabilité des associés
Les sociétés de capitaux sont des structures où les associés ne sont responsables
des dettes de l’entreprise que dans la limite du montant de leurs apports. Cette
configuration a un aspect très sécurisant pour les membres de la société qui sont
sûrs, du moins en théorie, que les dettes de la société ne menaceront pas leur
patrimoine. Toutefois, et comme dans la majorité des cas, il y a un fossé entre
théorie et pratique. Ainsi, bien souvent, les associés se voient sollicités à
consentir des garanties personnelles afin de sécuriser les opérations de la société.
Le piège serait de vouloir limiter au maximum le montant des apports : certes la
responsabilité serait peu élevée mais en contrepartie les garanties demandées par
les créanciers seront plus fortes et la société pourrait avoir du mal alors à se
procurer des fonds ou à nouer des relations commerciales.
B. Les cessions de titres
Puisque le principe est celui du capital avant l’humain, la conséquence logique
est donc de faciliter les transmissions de titres.
Le but est de faire entrer de nouveaux capitaux dans la société : la cession de
titres est donc en principe plus libre que dans les sociétés de personnes.
Néanmoins, le but n’est pas non plus de rendre l’actionnariat instable, car la
volatilité n’est jamais une bonne chose. Les statuts et/ou pactes d’actionnaires
peuvent donc prévoir des procédures d’agrément.
A noter également que des sociétés comme la SARL bénéficient de procédures
légales d’agrément.
IV. La fiscalité des sociétés de capitaux
Les sociétés de capitaux sont, en général, imposées selon les modalités de
l’impôt sur les sociétés.
En pratique, là où, dans les sociétés de personnes, le résultat est imposé chez les
associés, le résultat est ici imposé au niveau de la société elle-même.
Le résultat après impôt (tout ou partie) peut ensuite se distribuer sous forme de
dividendes qui seront alors imposés chez les associés.
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La fiscalité des sociétés de capitaux présente certains avantages considérables :
Profiter du taux réduit d’IS (15%)
Bénéficier des régimes mère-fille et d’intégration fiscale afin de faire en
sorte d’exonérer d’impôt sur les sociétés une bonne partie des dividendes
intra-groupe.
Bénéficier d’une fiscalité avantageuse en cas de cession des titres de
participation (exonération sauf quote-part de frais et charges de 12%)
Il ne faut toutefois pas oublier que les sociétés de capitaux peuvent aussi opter
pour le régime des sociétés de personnes :
De manière permanente pour certaines SARL lorsque celles-ci ont le
caractère de SARL de famille
De façon plus limitée dans les autres cas, et pour un maximum de 5
exercices
Cette possibilité d’option est intéressante car elle permet à la société de
bénéficier des avantages de l’IR :
Les deux premières tranches du barème progressif sont bien moins taxées
que le taux de l’IS (hors taux réduit)
En cas de déficit, les associés pourront l’imputer directement sur leur
revenu global
L’option pour le régime de l’IR doit donc être un choix réfléchi et pesé car il
peut amener l’entreprise à réaliser de sérieuses économies fiscales tout en
profitant aux associés.
IV-Avantages et Inconvénients des sociétés de capitaux
A. Avantages des sociétés de capitaux
Les sociétés de capitaux sont des sociétés avantageuses sur bon nombre de
points :
Une responsabilité aux dettes limitée
Un cadre souple concernant les cessions de titres et plus généralement sur
l’organisation de la société (possibilité assez large d’organiser des pactes
d’associés)
Une fiscalité au niveau de la société avec :
o Un taux réduit
o Des régimes de faveur de groupe (mère-fille, intégration fiscale)
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o La possibilité d’opter pour le régime des sociétés de personne, en
début d’activité notamment, afin de pouvoir gérer au mieux les
déficits.
Le régime des sociétés de capitaux a également l’avantage de laisser la
possibilité au dirigeant de contrôler et piloter sa rémunération :
Via les dividendes
Ou une rémunération
Voire les deux
Il s’agit d’une donnée importante car si la société est une SARL cela permet de
ne pas se distribuer ou de se distribuer peu de dividendes, ces derniers étant
soumis aux cotisations sociales.
B. Inconvénients des sociétés de capitaux
Les sociétés de capitaux ont aussi des inconvénients :
La responsabilité limitée aux dettes sociales implique souvent des
garanties personnelles des dirigeants
L’existence de procédures d’agrément statutaires ou via des pactes
La fiscalité :
o Les déficits appartiennent à la société et non aux associés
o L’option pour le régime des sociétés de personnes est limitée dans
le temps (hors SARL à condition d’être une SARL de famille)
o Le régime d’intégration fiscale est complexe à mettre en œuvre
o L’IS est peu adapté en cas de bénéfices faibles, son taux (hors taux
réduit) est plutôt élevé.
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V-Conclusion
Tout est question de situation. Le créateur d’entreprise peut créer une société
de capitaux qui a de nombreux avantages mais il devra prêter attention au fait de
savoir si sa situation est en adéquation avec ce type de structure. Il est donc
important de réaliser des simulations et de se faire accompagner par un
professionnel dans ces démarches. En Afrique on trouve l’OHADA
(L'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) pour la
facilitation des échanges et des investissements, la garantie de la juridique et
judiciaire des activités des entreprises.