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Introduction Générale

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Introduction Générale

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Introduction générale

La gestion financière internationale peut être définie comme l'ensemble des opérations financières
relatives à l'activité internationale des entreprises. Elle comprend :
- Des tâches relatives à l'expansion des sociétés à l'étranger, décisions d'implantation à l'étranger ou
décisions de désinvestissement international ;
- Les tâches liées aux opérations de financement à l'étranger, exportations, importations, joint-
ventures... ;
- Les opérations de financement international de l'activité nationale ou internationale des entreprises
;
- Les décisions de financement des filiales étrangères, de distribution de dividendes d'un groupe
multinational ;
- Le contrôle des activités internationales ;
La gestion financière internationale est une discipline récente, qui s'est considérablement
développée au cours de ces dernières années. Plusieurs raisons expliquent ce développement :
- La croissance du commerce international ;
- Le nombre plus important d'entreprises de toutes tailles impliquées dans les opérations
internationales ;
-Les flux financiers internationaux qui accompagnent les flux de biens et services ;
- La multiplication des sources nouvelles de financement internationales utilisées aussi bien pour les
opérations domestiques qu’étrangères ;
- La mondialisation des marchés financiers.
Il est difficile de préciser le domaine concerné par la gestion financière internationale, car celui-ci
évolue rapidement.
La gestion financière internationale présente des liens avec plusieurs disciplines, telles que
l'économie internationale, le commerce international, la fiscalité, la comptabilité...
Elle s'appuie sur :
- Des notions macroéconomiques, déficit ou excédent des balances de paiement, politiques
économiques des pays, marchés des changes, marchés financiers, systèmes monétaires, etc.
- Des notions microéconomiques, critères de choix des investissements, gestion des investissements,
choix des sources de financement, politiques de dividendes.
Elle doit tenir compte des différences institutionnelles, culturelles et politiques des divers pays.
Si la gestion financière internationale emprunte un certain nombre de concepts à la gestion
financière, elle s'en distingue cependant dans la mesure où elle se place dans un environnement
international dans lequel les possibilités d'investissement sont nombreuses, les moyens de
financement très diversifiés et les flux financiers soumis à des contraintes variées et aux fluctuations
des monnaies.
Pendant longtemps, les décisions d'investissement international ont été expliquées, sur le plan
théorique, par des raisons macroéconomiques, à savoir les différences de taux d'intérêt.
Aujourd'hui, elles sont le plus souvent motivées par des questions de développement de marché,
d'adaptation à de nouveaux marchés, etc. Les investissements à l'étranger entraînent non seulement
des flux de capitaux, mais également des transferts de personnel, de technologie et nécessitent
généralement des opérations de formation de personnel.
L'internationalisation des sociétés, le développement des coentreprises transnationales, le
développement des échanges internationaux, l'adoption de cours de changes flottants, la
déréglementation des marchés de capitaux et l'augmentation des risques financiers mis en évidence
par les crises financières récentes rendent plus nécessaire l'étude de la gestion financière
internationale.
La gestion financière internationale concerne :
-Les entreprises multinationales qui ont des filiales dans plusieurs pays et qui doivent gérer des flux
financiers exprimés en monnaies différentes, de façon à réaliser un équilibre financier à court, moyen
et long terme ;
- Les grandes sociétés, qui ont des liens commerciaux avec plusieurs pays, soit qu'elles exportent, soit
qu'elles importent ;
- Les sociétés publiques ou semi-publiques, dès lors qu'elles entretiennent des rapports avec
l’étranger ;
-Les PME qui ont des relations ponctuelles avec les pays étrangers ;
- Les banques et établissements financiers.
Chapitre 1- L'environnement monétaire international
Le SMI représente le cadre institutionnel des échanges internationaux. Il s'agit de l'ensemble des
mécanismes qui gouvernent les interactions entre les monnaies et les instruments de crédit des
différentes nations, et les moyens de règlement des biens et des services. Il englobe à la fois les
opérations de règlement des transactions commerciales, mais aussi toutes les opérations financières,
non seulement celles qui sont liées à ces dernières, mais aussi celles qui se développent de façon
autonome entre les nations.
Un SMI est caractérisé par quatre traits : le régime des changes, le choix des réserves internationales,
les mécanismes d'élimination des déséquilibres externes, les principes de gestion des crises
Internationales.
Objectif : assurer un développement équilibré des échanges internationaux, et, par là-même, une
croissance des économies nationales.
Le trait majeur caractérisant le SMI au cours des cinquante dernières années est la volatilité
croissante : instabilité des taux de change et des taux d'intérêt, volatilité des mouvements de
capitaux à court terme, rapidité de la transmission des crises financières...
L'augmentation de la volatilité est surtout marquante au milieu des années 1970 avec la suspension
de la convertibilité du dollar américain, tandis que celle des taux d'intérêt correspond à l'accélération
de l'inflation au début des années 1980.
La transmission des crises financières au sein des pays est une donnée importante depuis le début
des années 1990.
Dans le système actuel de taux de change flottants, les bénéfices des entreprises internationales, des,
banques et des investisseurs sont soumis aux fluctuations des taux de change, d'où un risque
important pour leurs revenus et leurs bénéfices.
La volatilité a aussi engendré des opportunités pour les gestionnaires qui maîtrisent le
fonctionnement et les déterminants du risque de change.
Pour pouvoir en profiter, il est primordial de bien connaître le fonctionnement du SMI.

I-Le système de l'étalon-or (Gold Standard : 1876-1913)

Ce système, qui a fonctionné en Europe et en Amérique du Nord jusqu'en 1913, reposait sur un
certain nombre de principes :
- Les pays définissaient la parité or de leur monnaie, c'est-à-dire le poids en or de l'unité monétaire ;
- La convertibilité de toutes les formes de monnaie en or était garantie par l'institut d’émission ;
-L'or apporté par les particuliers pouvait être transformé en monnaie par l'Institut d’émission ; - La
libre circulation interne et externe de l'or.
Les avantages du système de l'étalon-or ont été nombreux :

- Ce système a assuré la stabilité intérieure des prix ;


- a limité la création monétaire puisqu'il était nécessaire de conserver un stock d'or pour assurer la
convertibilité des monnaies en or ;
- Il a permis une certaine stabilité des taux de change :
Lorsqu’un pays avait un excédent de sa balance commerciale, il recevait de l'or de l'étranger et sa
monnaie avait tendance à s'apprécier. Inversement, lorsqu'un pays enregistrait un déficit, il versait
de l'or aux pays créditeurs et sa monnaie avait tendance à se déprécier
Les limites du système de l'étalon-or : -Le système était très dépendant de la production La
croissance économique était fonction des d'or. Découvertes d’or ;
-Des arrivées importantes d'or dans un pays entraîneraient une inflation dans ce pays et,
éventuellement, cette inflation pouvait être exportée dans d'autres pays.

Il-Le système monétaire international de 1918 à 1944 : l'étalon de


change-Or
Effet de la guerre : diminution des relations commerciales entre les pays, chute des exportations d'or.
Des restrictions aux mouvements de capitaux furent introduites et amenèrent la fin du système du
Gold Standard.
En 1922, à la conférence de Gènes, les participants préconisent l'adoption d'un nouveau système
monétaire international, qui constituait un aménagement du système de l'étalon-or
Dans ce système de Gold Exchange Standard, les réserves des banques centrales sont constituées en
or et en monnaies de réserve convertibles en or Cela présentait l'intérêt d'économiser for dont la
production risquait d'être insuffisante à assurer les règlements de déficits de balance des paiements.
En 1991, la livre fut déclarée inconvertible en or et ce fut la fin du Gold Exchange Standard.
Seul le dollar resta convertible en or et devient la monnaie internationale, détonant la livre sterling
La période de 1915 à 1939 fut une période troublée sur le plan monétaire. L'inflation était galopante
en Allemagne en 1922. Après la crise de 1929, le protectionnisme se développe. De nombreux pays
procédèrent à des dévaluations de leur monnaie, dans le dessein de bénéficier d'avantages pour
leurs exportations (dévaluations compétitives).
La Seconde Guerre mondiale détruisit ensuite de nombreuses économies. Avant même la fin des
hostilités, en 1944, les responsables de la politique monétaire des pays alliés se préoccupèrent
d'établir un SMI qui permettrait la reconstruction des économies et favoriserait la croissance du
commerce international.

III-Le système de Bretton Woods de 1944 à 1971


En 1944, une conférence des Nations-Unis, réunie à BW aux Etats-Unis. Aboutit à l'organisation d'un
système monétaire à taux quasi fixe

1-Les caractéristiques du système de BW


Les parités des différentes monnaies étaient fixées par rapport à l'or et au dollar
Les banques centrales garantissaient la conversion de leurs monnaies dans une parité fore en dollar
et en or ; la banque centrale américaine garantissant plus particulièrement la conversion des dollars
en or au prix de 35 dollars l'once.
La marge de fluctuation de chaque devise par rapport au dollar était limitée à plus ou moins 1% de
part et d'autre de la parité fixée.
Les pays devaient s'engager à suivre des politiques économiques appropriées pour que les variations
des cours restent contenues à L’intérieur des marges. C'est-à-dire que la banque centrale de chaque
pays devait intervenir en vendant (en cas d'appréciation) ou en achetant (cas de dépréciation) sa
propre monnaie contre des devises.
Le système mis en place à BW donnait l'impression d'être centré sur l'or. Mais le dollar y jouait le rôle
majeur comme étalon, instrument de réserve et instrument de paiement au niveau international.
La convertibilité des monnaies en or était à deux paliers car il fallait convertir chaque monnaie en
dollars et ensuite ceux-ci en or.
Pour surveiller le bon fonctionnement du système et promouvoir une croissance durable, deux
institutions furent créées :
- Le FMI ;
-La Banque mondiale.
Les dévaluations ou réévaluations supérieures à 5% devaient obtenir l'accord préalable du FMI. Cette
mesure avait été édictée pour éviter les dévaluations en chaîne qui avaient eu lieu avant la SG
mondiale.
A partir de 1959, maintenir la valeur du dollar à 35 dollars l'once devient de plus en plus difficile. A la
suite de poussées inflationnistes aux Etats-Unis et de fluctuations de l'offre et de la demande de
dollars, le prix de l'or sur le marché libre de Londres était de 40 dollars l'once.
Pour lutter contre ceci, un pool de l'or fut créé en mars 1961 par les banques centrales des Etats-
Unis, des pays du marché commun, de la Grande-Bretagne et de la Suisse. Son but était de permettre
la régularisation du cours de l'or et son maintien à hauteur du prix officiel.
Ce système fonctionna jusqu'en 1968. En 1967, la France se retira car elle estimait que les Etats-Unis
détenaient un stock d'or insuffisant compte tenu des dollars émis. Cette insuffisance était liée aux
déficits de la balance des paiements américaine. Le problème était que le dollar constituait une
monnaie Internationale qui était créée uniquement par les Etats-Unis, ce qui nécessitait un déficit de
leur balance des paiements. Ceci se traduisait par le paradoxe suivant : plus les Etats-Unis créaient
des dollars, plus les déficits de la balance des paiements s'accumulaient et moins les autres pays
avaient confiance dans le dollar. Certains pays n'acceptaient pas qu'implicitement les déficits de la
balance des paiements américaine soient financés par les pays créanciers sans que les Etats-Unis
fournissent des efforts.
Malgré la mise en place du pool d'or et la résolution selon laquelle les banques centrales des grands
pays sauf la France s'étaient engagées lors de l'accord de Washington du 18 mars 1968 à ne pas
convertir leur or et à ne pas utiliser le marché libre de l'or, plusieurs banques centrales demandèrent
la conversion en or de leurs avoirs en dollars.
Les autorités américaines ne pouvaient pas le faire.

Le 15 août 1971, le président NIXON supprima la convertibilité du dollar en or. Le Système à taux fixe
disparut définitivement en 1973.
2-Le FMI
Le FMI, créé avec 45 pays membres en 1944, comprend aujourd'hui la quasi-totalité des pays (187), à
l'exception de Cuba, et est devenu une institution à vocation universelle.
Rôles du FMI
Le FMI a des rôles multiples :
- Surveiller l'évolution du système monétaire international et promouvoir la coopération monétaire
internationale ;
-Favoriser la stabilité des changes :
- Aider les pays à défendre leurs monnaies lorsqu'ils ont des déséquilibres temporaires de balance
des paiements en leur accordant des financements à court ou moyen terme ;
- Promouvoir la libre circulation des capitaux et des biens entre les pays ;
- Favoriser la mise en place de systèmes bancaires solides et l'observation de normes internationales
dans les pays à marchés émergents, les pays en transition et les pays en développement.
Ressources du FMI
Le FMI dispose de ressources propres et de fonds provenant des emprunts qu'il émet.
Le capital du FMI est représenté par la somme des quotes-parts versées par les pays membres, lors
de leur adhésion. Cette quote-part est fondée sur l'importance économique et la participation au
commerce international du pays. Il y a des révisions générales des quotes-parts tous les cinq ans. A
l'origine, la quote-part devait être versée pour 25% en or, et le reste dans la monnaie nationale du
pays.
Afin de remédier au problème des déficits de la balance des paiements et du rôle du dollar comme
monnaie internationale, le droit de tirage spécial (DTS) fut créé en 1969.
Il s'agit d'un actif de réserve international, créé par le FMI pour compléter les réserves de change
officielles de ses pays membres.
Les DTS peuvent être échangés contre des devises librement utilisables.
Depuis 1978, le premier quart de la quote-part peut être versé en devises définies par le FMI ou en
DTS.
L'importance des quotes-parts détermine la part des droits de vote des pays.

Le rôle du DTS
Le DTS a été créé par le FMI pour soutenir le système de parités fixes de BW Tout pays adhérent au
système devait disposer de réserves officielles (avoirs en or et devises largement acceptées) qui
pouvaient servir à racheter sa monnaie nationale sur les marchés des changes Internationaux, au
besoin, pour maintenir son taux de change. Mais l'offre internationale de deux grands avoirs de
réserve, l'or et le dollar EU, s'est révélée insuffisante pour étayer l'expansion du commerce et
l'évolution financière auxquelles on assistait. La communauté internationale a donc décidé de créer
un nouvel avoir de réserve mondiale sous les auspices du FMI, Quelques années à peine après la
création du DTS, le système de BW s'est effondré et les grandes monnaies sont passées à un régime
de taux de change flottant. D'autre part, l'expansion des marchés de capitaux Internationaux
permettait aux gouvernements solvables d'emprunter plus facilement. Cette double évolution a
réduit le besoin de DTS.
Le DTS n'est pas une monnaie, et il ne constitue pas non plus une créance sur le FMI. Il représente en
revanche une créance virtuelle sur les monnaies librement utilisables des pays membres du FMI.
Les détenteurs de DTS peuvent se procurer ces monnaies en échange de DTS de deux façons :
premièrement, sur la base d'accords d'échange librement consentis entre pays membres ;
deuxièmement, lorsque le FMI désigne les pays membres dont la position extérieure est forte pour
acquérir des DTS de pays membres dont la position extérieure est faible. Outre son rôle d'avoir de
réserve complémentaire, le DTS sert d'unité de compte du FMI et de plusieurs autres organisations
internationales.

La valeur du DTS est déterminée par un panier de devises


La valeur du DTS a été fixée initialement à 0,888671 gramme. D’or fin, ce qui correspondait alors à un
dollar EU. Après l'effondrement du système de BW, la valeur du DTS a été déterminée par rapport à
un panier de monnaies, qui comprend actuellement le dollar américain, l'euro, la livre sterling et le
yen.
La contre-valeur du DTS en dollars est affichée quotidiennement sur le site Internet du FMI. La valeur
représente la somme de la part de chacune des quatre monnaies dont se compose le DTS, exprimée
en dollars et calculée sur la base du taux de change coté à midi chaque jour sur le marché de
Londres.
La composition du panier est revue tous les cinq ans par le Conseil d'administration pour veiller à ce
que la pondération des monnaies rende bien compte de leur importance relative dans les échanges
et les systèmes financiers internationaux.

Allocations de DTS aux pays membres


Le FMI peut allouer des DTS aux pays membres en proportion de leurs quotes-parts respectives.
Ces allocations fournissent à chaque pays membre des avoirs sans frais.
Toutefois, si les avoirs en DTS détenus par un pays membre dépassent son allocation, cet excédent
est porteur d’intérêts ; à l'inverse, s'il détient un montant de DTS inférieur à son allocation, il verse
des intérêts sur la différence.

Les emprunts du FMI


Le FMI peut effectuer des emprunts auprès des Etats • De plus, des accords généraux d'emprunts,
signés dès 1962 par les pays membres du Groupe de Dix, ou Club de Paris (Allemagne, Belgique,
Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède), visent à procurer au FMI
des ressources supplémentaires en monnaies convertibles.
Depuis 1997, les nouveaux accords d'emprunt permettent au FMI d'accroître sa capacité d'emprunt
au cas où des ressources supplémentaires seraient nécessaires pour prévenir ou pallier une
détérioration du SMI.
Le FMI se procure également des fonds sur les marchés nationaux et internationaux de capitaux.

Activités du FMI
Un bon fonctionnement du SMI requiert :
- Des liquidités internationales suffisantes ; - Des mécanismes d’ajustement ;
- Une surveillance attentive des politiques adoptées par les pays membres en matière de cours de
change ;
- Une large adhésion des pays membres.

Mesures prises pour fournir des liquidités internationales

La création de DTS a accru les liquidites internationales. Ces dernières sont de deux types:
-Liquidités inconditionnelles: avoirs de réserve;
-Liquidités conditionnelles: crédits octroyés. tes liquidités inconditionnelles, représentées par les
avoirs en DTS et en position de réserves, peuvent être utilisées pour financer un déficit de balance
des paiements.
Les liquidités conditionnelles revêtent la forme de crédits. Cette alde est accordée à condition que le
pays adopte un programme d'ajustement pour rétabár sa position extérieure: il doit s'engager sur
des échéances précises de remboursements, sur la réalisation d'objectifs économiques et doit
accepter les visites régulières des Experts du fonds.

Les différents mécanismes d'aide du FMI


Les facilités (ou mécanismes) de crédit régulières: si le prêt est inférieur à 25% du quota du pays, il
est accordé automatiquement. Il n'y a pas de critère de réalisation à respecter. Les rachats (ou
remboursements) doivent être effectués dans une période comprise entre trois ans et trois mois et
cinq ans.
Au-delà de 25% (tranches supérieures de crédit), les achats ou emprunts sont effectués dans le cadre
d'accords de confirmation, accords qui vont d'un à deux ans. L'octroi de ces financements est soumis
à des critères de réalisation en matière de politique économique qui constituent la conditionnalité du
prêt. Les rachats doivent être effectués dans une période comprise entre trois ans et trois mois et
cinq ans.
-Les mécanismes élargis de crédit permettent à des emprunteurs d'accéder à des credits plus larges,
lorsqu'ils ont des difficultés durables des balances des paiements. Par ces accords élargis, le FMI
finance la réalisation de programmes dont la durée est généralement de trois ans,
exceptionnellement quatre, -Les mécanismes spéciaux des facilités spéciales, comme le mécanisme
de financement compensatoire et de financement pour imprévus et le mécanisme de financement
des stocks, peuvent être également consenties:
Le mécanisme de financement compensatoire est accordé pour couvrir des pertes dues à des baisses
d'exportations dues aux fluctuations de cours des matières premières, de ventes de services. ou des
coûts accras d'importations de céréales temporaires et inattendus
Le mécanisme de financement pour imprévus permet d'aider les pays bénéficiant d'un accord du FM
à maintenir le rythme des réformes lorsqu'ils subissent une baisse du prix des exportations ou une
hausse du prix des importations ou des fluctuations des taux d'intérêts.
Le mécanisme de financement des stocks régulateurs internationaux (cacao, étain, caoutchouc aide à
financer la comtitution de stocks régulateurs düment approuves.
- Les facilités pour pays à faible revenu: ce sont les facilités d'ajustement structurel et facilités
d'ajustement structurel renforcé.
Le FMI accorde des ressources pour aider à des ajustements à moyen terme et faciliter des réformes
économiques dans les pays ayant des problèmes de balance des paiements. Ces prêts ont une durée
de trois ans.
Les conditions fixées en matière de politique économique sont déterminées avec le pays en accord
avec le fonds après examen de la situation économique et étude des causes du déséquilibre de la
balance des paiements. Les fonds sont débloqués lorsque le pays s'engage sur la réalisation
d'objectifs économiques et sur les échéances précises de remboursement. Les versements
interviennent à mesure que les conditions fixées sont remplies. Les experts du fonds procédent à des
visites régulières.
- L'aide d'urgence: le FMI peut, dans des circonstances exceptionnelles, accorder une aide d'urgence.
-La facilité de réserve supplémentaire: créée en 1997, après la crise asiatique, permet de fournir très
rapidement une aide à un pays membre (Corée du Sud en 1997, Russie en 1998), sans limite de
montant, à un taux d'intérêt plus élevé que celui normalement appliqué par le FMI pour une durée
maximale de 2,5 ans. Le taux augmente si le pays tarde à rembourser. Le taux de commission sur
l'utilisation des ressources du FMI est fixé en fonction des taux d'intérêts du DTS.
-La facilité pour transformation systémique: cette facilité, créée en 1993, est destinée à fournir un
financement aux pays ayant des difficultés de balance des paiements du fait du passage d'une
économie fondée sur des prix hors marché à un système multilatéral axé sur le marché.
-Face à la crise financière de 2007-2008, le FMI a annoncé la création d'un nouveau type de prêt à
court terme qui permettra de « verser rapidement de l'argent à des pays dont l'économie est stable
et qui subiraient les méfaits de la crise financière.

La surveillance de la politique des changes


Le FMI est chargé d'assurer une ferme surveillance sur les politiques de change des pays membres. Il
doit exercer un contrôle sur le SM. Pour cela, il organise des consultations régulières avec chacun des
pays membres. La politique économique et la politique structurelle intérieure menées par les pays
doivent favoriser la croissance de l'économie et la stabilité des prix
Le conseil d'administration du FMI exerce une surveillance multilatérale. Il évalue les interactions des
politiques économiques des pays membres et les perspectives de l'économie mondiale.il étudie
régulièrement La révolution des cours de change et des marchés financiers. Les positions de
paiements extérieurs des pays membres sont également suivies.
Le champ des opérations du FMI s'est étendu avec l'accroissement du nombre des Etats membres et,
notamment, avec rentrée des pays qui veulent adopter l'économie de marché et qui ont besoin
d'assistance technique, notamment les pays d'Europe centrale et orientale.
La politique du FMI est élaborée par le Conseil des gouverneurs, ministres des Finances des pays
membres.
Pour la gestion quotidienne, les gouverneurs sont représentés au sein d'un conseil d'administration
qui comprend 24 membres. Un directeur général, nommé pour cinq ans, conduit la politique du FMI.
Le FMI joue aussi un rôle important dans la gestion de la crise de la dette des pays en
développement. L'objectif est d'aider les pays débiteurs à retrouver une position extérieure viable et
à atteindre de nouveaux un taux de croissance satisfaisant.
De nombreuses opérations de restructuration de dettes ont ainsi eu lieu ces dernières années.

La Banque mondiale
Elle fut créée en 1945 sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le
développement après signature de l'accord de BW.
La BIRD compte actuellement 187 pays membres. Chaque année, elle publie un Rapport sur le
développement dans le monde chargé de rendre compte des résultats obtenus.
Le 9 mai 1947, elle approuva son premier prêt, qui fut accordé à la France pour un montant de 250
millions de dollars.
L'appellation Groupe de la Banque mondiale désigne cing Institutions:
-La plus importante est la Banque Internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) -
L'Association internationale de développement (AID), fondée en 1960, qui consent des prêts à des
taux très bas pour les nations les plus pauvres.
-La Société financière internationale (ST), fondée en 1956, destinée à aider les entreprises privées
dans les pays en développement. A la différence de la BIRD, la SFI ne demande pas la garantie des
pays hötes. Dans les années 1990, elle s'est intéressée au développement des marches de capitaux
dans les PED. Elle joue aussi un rôle de conseil dans les privatisations et les restructurations,
notamment dans les pays d'Europe centrale et orientale.
-Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (ORDI), fondé
en 1966 -L'Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), créée en 1988, offre des
garanties aux investisseurs contre les pertes résultant de risques non commerciaux afin d'encourager
les flux d'IDE en faveur des PED

Rôle et activités de la BIRD


La Banque mondiale a été créée principalement pour aider l'Europe et le Japon dans leur
reconstruction, au lendemain de la SGm, mais avec le mouvement de décolonisation des années
soixante, elle se fixa un objectif supplémentaire, celui d'encourager la croissance économique des
pays en vole de développement africains, asiatiques et latino-américains.
Au départ, la Banque mondiale a principalement financé de grands projets d'infrastructures
(centrales électriques, autoroutes, aéroports). Avec le rattrapage économique du Japon et de
l'Europe, la Banque mondiale s'est intéressée exclusivement aux pays en développement.
Depuis les années 1990, elle finance aussi les pays postcommunistes.
Les objectifs de la Banque mondiale ont évolué au cours des années. Elle a récemment mis l'accent
sur la réduction de la pauvreté, en délaissant l'objectif unique de croissance économique.
Elle favorise aussi la création des très petites entreprises. Elle a soutenu l'idée que l'eau potable,
l'éducation et le développement durable sont des facteurs essentiels à la croissance économique, et
a commencé à investir massivement dans de tels projets.
Elle accorde des prêts à des taux préférentiels à ses pays membres en difficulté. En contrepartie, elle
réclame que des dispositions politiques et économiques soient prises pour, par exemple, limiter la
corruption, maintenir un équilibre budgétaire ou faciliter l'émergence d'une démocratie.
La Banque mondiale fournit aussi des fonds à des conditions spéciales aux pays dont les populations
sont plus vulnérables en temps de crise et pour favoriser la restructuration du système financier.

4-Evolution du rôle de la Banque mondiale et du FMI


Au début de leur histoire, la Banque mondiale et le FMI avaient des fonctions distinctes. • Depuis les
années 1970, la démarcation de leurs tâches est devenue moins nette:
- Le FMI s'intéresse davantage à des objectifs à plus long terme; - La Banque mondiale s'intéresse aux
problèmes de politiques économiques; -Les deux institutions coordonnent leurs actions pour
promouvoir une croissance durable et le développement des pays membres.
En février 1995, le FMI accordait au gouvernement mexicain le prêt le plus important de son histoire
(5,2 milliards de DTS) et la Banque mondiale accordait un prêt de deux milliards pour faire face à la
crise mexicaine.
En 1998, lors des crises financières asiatique et russe, les sommes mobilisées ont été encore
importantes.
Après la dégradation des marchés de capitaux dans plusieurs pays d'Asie de l'Est, la Banque mondiale
a adapté ses programmes de prêt et ses services de conseil. Elle s'est intéressée aux conséquences
financières et sociales des crises. Son action a pris la forme de partenariat avec le FMI, avec d'autres
institutions multilatérales et avec des ONG.

Le système monétaire international depuis 1971

Le SMI a évolué progressivement vers un système de taux de change flottant dans lequel le prix de
chaque monnaie est librement déterminé par le marché.
Les parités des taux de change ne sont pas fixées par les gouvernements mais fluctuaient en fonction
de l'offre et de la demande.
Dans ce monde de taux de change flexible, des gouvernements ont lié leur monnaie à d'autres
monnaies.
L'abandon du système de parités fixes
Au début des années 70, le déficit de la balance des paiements des Etats-Unis s'est davantage creusé
pour atteindre des niveaux inquiétants.
Il apparut rapidement que les réserves d'or possédées par la Federal Reserve ne suffisaient pas à
rembourser les créances des institutions financières étrangères.
En 1971, il y eut des ventes massives de dollars, consécutives à des anticipations d'un déficit
important de la balance des paiements, et le prix de l'or augmenta (d'où la décision de NIXON du
15/08/1971).
En décembre 1971, à Washington, il y eut la signature de l'accord Smithsonian, qui entérina:
-La dévaluation du dollar et la réévaluation d'autres devises. L'once d'or passait de 35 à 38 dollars -
Les nouvelles marges de fluctuation du dollar, qui passaient de plus au moins 1% 2,25% de part et
d'autre de la parité, L'inconvertibilité du dollar.
En 1973, une autre dévaluation du dollar eut lieu. Le choc pétrolier se combina au désordre
monétaire international. La volatilité des changes s'accrut considérablement.
En 1976, furent signés les accords de la Jamaique, qui décident
-La légalisation du régime des changes flottants;
- La demonetisation de l'or comme monnaie de réserve.
Entre 1977 et 1978. l'inflation se développe aux Etats-Unis et entraîne une baisse du dollar.
De 1980 à 1985, le dollar s'apprécie, mais entraine en même temps une détérioration de la balance
des paiements américaine.
L'évolution du SMI
En septembre 1985, avec les accords du Plaza (New-York), un système de cours de change
international inofficiel a été institué
Le 57 EV, lapon, RU, Allemagne, France, Canada et Italie) se réunit régulièrement dans le dessein de
réduire les déséquilibres internationaux et de gérer revolution des taux de change en essayant de
coordonner les politiques économiques En 1987, les ministres des Finances aspirent à controler les
cours de change des principales devises afin de promouvoir le commerce et la prospérité dans les
différents pays En 1992, accent est mis sur la reprise de la croissance pour développer Templon

En 1993, Tokyo, les Sept adoptent des mesures d'aide à la Russie


En 1995, le dollar sest fortement affaibli par rapport au mark et au yen. A Washington, les pays du G7
se sont fixé comme objectif d'accroître leur effort d'épargne et de réduire leur deficit budgétaire et
commercial
En 1996, le G7 élabore un processus de prévention et de gestion des crises Bien que les Sept aient
abandonné l'idée d'une étroite coopération des politiques économiques, leurs réunions trois fois par
an permettent d'échanger des expériences et d'éviter que l'un d'entre eux n'adopte une politique qui
menace la prospérité économique mondiale. Ils ont joué un rôle important pour tempérer les
tentations protectionnistes de certains pays.
La crise financière, commencée en juillet 1997 en Thailande (dévaluation en octobre 1997), s'est
étendue à d'autres pays asiatiques (Indonésie, Corée du Sud...), puis en 1998 au Japon, Russie,
Argentine, Mexique. Plusieurs monnaies ont été dévaluées et les bourses de nombreux pays ont été
déstabilisées.
En raison de l'interdépendance croissante entre les économies, les déséquilibres d'un pays affectent
plusieurs autres: le défaut de paiement des pays asiatiques a eu une influence sur les banques
japonaises, le défaut de paiement de la Russie en 1998 a eu un impact sur les banques allemandes
préteuses dans la région...
Les difficultés de balance des paiements et la faiblesse des systèmes financiers ont eu des effets
graves sur la croissance mondiale.
L'instabilité financière entraîne une instabilité macroéconomique.
En 1998, le G7, réuni à Londres, a tenté de tirer les leçons de la crise financière asiatique due à un
endettement à court terme trop élevé. Il a défini un code de conduite budgétaire et monétaire afin
de prévenir les crises financières, passant notamment par une plus grande transparence des comptes
publics des pays en développement. En 1999, le G8 (G7+Russie) a décidé d'accroître la part des dons
dans l'aide publique au développement et les institutions financières ont été appelées à mobiliser
suffisamment de ressources pour les services sociaux et les infrastructures de base.
Il semble que les résultats des réunions du G8, du G20, avec les efforts déployés par le FMI restent
insuffisants pour parler aujourd'hui de SMI.
Les crises se succèdent et se propagent rapidement à l'échelle de la planète. C'estpourquoi, nous
pouvons parler, aujourd'hui d'un non-système monétaire international.

Les différents régimes de change


Le FMI classe les régimes de change en 4 catégories:
-Les régimes de changes fixes;
-Les régimes de changes flottants librement;
- Les régimes de changes à flottement dirigé; -Les régimes de changes à flexibilité limitée.
1-Les régimes des changes fixes
Il s'agit d'un système de rattachement de la monnaie domestique à une devise étrangère avec une
parité fixe. Dans ce système, les taux sont maintenus constants ou peuvent fluctuer à l'intérieur
d'une fourchette étroite. Lorsqu'une monnaie a tendance à dépasser les limites prévues, les
gouvernements interviennent pour la maintenir à l'intérieur de ces limites.
Le rattachement à une devise
Un pays raccroche sa devise à une autre devise lorsque la plupart de ses transactions internationales
sont libellées dans cette devise. Certains pays ont leur devise rattachée au DTS. Il s'agit de pays qui
n'ont pas seulement le dollar comme monnaie de transaction avec les pays étrangers. Les principales
devises de rattachement sont : le dollar américain, l'euro, le DTS. La monnaie peut également être
rattachée à un panier de monnaies, mais avec une flexibilité limitée. La valeur d'un panier de
monnaies est plus stable que celle d'une seule devise.
Les avantages du système
- Le système offre un cadre stable aux échanges internationaux;
-Il confère une certaine confiance en la devise du pays dans la mesure où celle-ci est rattachée à une
devise déterminée ou à un panier de devises;
-Il entraine, pour les pays à système de taux fixes, une certaine discipline dans les politiques internes.
Les inconvénients du système
-Les politiques monetaires des pays sont moins libres;
-Les réserves internationales du pays doivent être impportants
-Les politiques de rééquilibrage des balances des paiements s'appuient sur des politiques nationales
inflationnistes ou déflationnistes.
- Une parité trop rigide entre une monnaie et une devise étrangère comporte des limites, comme l'a
fait apparaître la crise financière asiatique en 1997 ;
- Les taux de change peuvent être maintenus à des niveaux incompatibles avec les données
économiques.

Les régimes de changes flottants


En regime de changes flexibles, l'ajustement se fait sur le marché en fonction du libre jeu de l'offre et
de la demande. Dans la pratique, les banques centrales interviennent cependant dans certains cas.
Les différents régimes de changes flottants:
-Les régimes de changes flexibles libres;
-Les régimes de changes à flexibilité dirigée,
-Les régimes de changes à flexibilité ajustée selon une série d'indicateurs;
- Les régimes de changes à flexibilité limitée par rapport à une seule devise.
Les avantages d'un régime de changes flexibles
Ce régime permet un ajustement plus rapide aux chocs externes;
Les politiques monétaire et fiscale des pays peuvent être plus flexibles;
Les banques centrales n'ont plus besoin de conserver des réserves importantes pour défendre le
cours de la monnaie.

Les inconvénients d'un système de changes flottants

Les cours de change enregistrent une volatilité plus grande et cela peut avoir une influence négative
sur le commerce international;
Un régime de changes flexibles peut être inflationniste dans la mesure où il entraîne moins de
contraintes dans les politiques monétaires des pays;
Les fluctuations dues aux mouvements de capitaux à court terme sont importantes;
La devise du pays peut être considérée avec moins de confiance qu'une devise à taux de change fixe.

VI-Les critiques du SMI et les réformes préconisées

1-Les critiques
-Le FMI devrait exiger des systèmes financiers plus solides, des informations plus fiables, une plus
grande transparence des transactions des banques centrales, une application stricte des normes
bancaires internationales, des normes comptables plus strictes, le suivi des mouvements de capitaux
à court terme et des marchés financiers, notamment dans les pays émergents
-Le FMI mettrait trop l'accent sur l'ajustement macroeconomique et n'aurait pas compris rapidement
la nature de la crise asiatique, dont Torigine résidait surtout dans les excès du secteur privé
-Les remèdes du FMI, qui avaient bien fonctionné lors de la crise mexicaine, sont moins efficaces en
face de régimes corrompus ou lorsque la crédibilité du gouvernement est faible.
2-Les réformes préconisées
- Une meilleure surveillance et transparence des systèmes financiers. Des règles prudentielles
devraient être mises au point, qui s'imposeraient aux institutions financières de façon à normaliser
les mouvements internationaux de capitaux;
- La création d'un nouvel instrument de crédit à court terme, pour compenser les problèmes de
déficit de capitaux à court terme de la balance des paiements: -Un contrôle plus important des
mouvements de capitaux à court terme, de façon à éviter que ces mouvements ne déséquilibrent
tout le système.
Certains économistes (KRUGMAN, WILLIAMSON) parlent de zones cibles qui détermineraient pour
les monnaies des bandes de fluctuation des changes que les banques centrales s'engageraient à
respecter. Toutefois, certaines questions restent sans réponse (importance des marges de
fluctuation, fixation d'un cours central...).
D'autres voudraient définir des parités de référence qui définiraient des taux de change souhaitables
entre les monnaies en fonction desquelles seraient appréciées les politiques économiques. Dans un
tel système, les autorités économiques seraient chargées d'intervenir de façon concertée pour
remédier aux déséquilibres éventuels.
D'autres ont recommandé la taxation des mouvements internationaux de capitaux pour élever les
coûts de transaction et réduire la volatilité des cours de change.

Les crises financières récentes montrent la nécessité de mettre en place un processus de surveillance
multilatérale et éventuellement d'adapter le système financier international.
Le FMI représente un cadre dans lequel la communauté internationale peut résoudre les problèmes
économiques et financiers globaux qui dépassent la capacité de chaque pays pris individuellement.
Une transformation de cette institution s'impose. Il semble important de donner au FMI une nouvelle
légitimité pour qu'il puisse mieux faire accepter ses décisions, par exemple en adoptant une
composition plus équilibrée des organes de décisions de cette institution.
Il faut que le FMI soit capable de distinguer entre le capital investi à long terme et les capitaux
spéculatifs de façon à protéger le système financier international des abus de ces derniers.
VII- Les mutations récentes du Système Monétaire International
Le SMI a énormément évolué depuis le début de la décennie 2010.
Des années 1990 à 2013, il prend la forme de ce qu'on peut appeler << Bretton Woods 2»: il est
dominé par la relation entre les États-Unis (qui fournissent au Monde la dette sans risque dominante)
et la Chine (qui finance le déficit extérieur des États-Unis).
Depuis 2013, le SMI a continué sur le changement: ce n'est plus la Chine, mais l'Europe et les pays
émergents, autres que la Chine, et les pays exportateurs de pétrole qui financent le déficit extérieur
des États-Unis et la relation avec les États- Unis n'est plus coopérative; les flux de capitaux
internationaux sont de moins en moins des flux de capitaux portant sur les dettes sans risque, de plus
en plus des flux de capitaux portant sur les actions.
Le << nouveau » SMI est inefficace : l'excès d'épargne du Monde est transféré vers les États-Unis, au
détriment de la croissance des pays émergents et de l'Europe; les flux de capitaux ne sont pas
cohérents avec les situations démographiques des différentes régions.

1- Des années 1990 à 2013: Bretton Woods 2


Des années 1990 au début des années 2010, le SMI a pris la forme de ce qu'on peut appelé « Bretton
Woods 2 ».
L'organisation de Bretton Woods 2 était centrée autour du rôle croisé, et mutuellement favorable,
des États-Unis et de la Chine.
Les États-Unis fournissaient au Monde la dette sans risque que ce dernier recherchait sous la forme
de la dette du Trésor des États-Unis, dont la détention par le Reste du Monde, et en particulier par la
Chine, augmente rapidement.
La Chine a un excédent extérieur important, en particulier vis- à-vis des États-Unis et investit cet
excédent extérieur largement dans la dette du Trésor des États-Unis.
• Les États-Unis consomment beaucoup, en particulier de produits chinois de prix faible, et font
financer l'insuffisance d'épargne qui en résulte par la vente de leur dette publique au Reste du
Monde, et en particulier à la Chine.
• Il y a donc en Chine sécurité de l'épargne, supplément de production; aux États-Unis, supplément
de consommation, baisse des prix pour le consommateur, financement facile de l'insuffisance
d'épargne (du déficit extérieur).

2- Evolution Système Monétaire International depuis 2013


Le premier changement concerne la liste des pays qui financent le déficit extérieur des États-Unis.
Jusqu'en 2013, il s'agit essentiellement de la Chine, mais aussi du Japon et des pays exportateurs de
pétrole; depuis 2013, il s'agit essentiellement de la zone euro et des pays émergents, hors Chine et
exportateurs de pétrole.
L'arrêt du financement des États-Unis par la Chine, le Japon, les pays exportateurs de pétrole
provient d'une cause économique d'abord, qui est la diminution de l'excédent extérieur de ces pays
avec le vieillissement démographique, qui fait baisser le taux d'épargne, et avec la baisse du prix du
pétrole; d'une cause politique, qui est la tension croissante avec les États-Unis (sanctions sur la
Russie, guerre commerciale avec la Chine).
Dans le nouveau SMI, les États-Unis dépendent donc des pays émergents (hors Chine et exportateurs
de pétrole) et de la zone euro pour le financement de leur déficit extérieur, donc de leur insuffisance
d'épargne.
Mais à la différence du système de Bretton Woods 2, où la relation entre les États-Unis et la Chine
était mutuellement avantageuse et donc coopérative, la relation aujourd'hui entre les États-Unis et
les pays qui les financent n'est pas du tout coopérative.
Même si l'Europe prête son excédent d'épargne aux États-Unis à des taux d'intérêt très bas, les États-
Unis critiquent violemment l'Europe pour son excédent commercial vis-à-vis des États-Unis, même si
ce déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de l'Europe est refinancé par les achats de dette du
Trésor des États-Unis par l'Europe.
Dans le passé, le cœur du SMI était la dette du Trésor des États-Unis qui était la dette sans risque de
référence que voulaient détenir les investisseurs.
Les achats de dette du Trésor des États-Unis par les non- résidents ont progressivement reculé et
sont devenus faibles aujourd'hui.
Nous avons vu, au contraire, grandir les achats d'actions américaines par les non-résidents qui sont
en particulier attirés par les actions des sociétés technologiques américaines, dont les cours boursiers
et la capitalisation boursière augmentent très rapidement.
Nous avons donc assister à la transition d'un SMI où les États- Unis fournissent la dette sans risque de
référence à un SMI où les États-Unis fournissent les actions de référence.

3- Inefficacité du Système Monétaire International


• La première inefficacité est liée au niveau de revenu des différentes régions. On s'attend
normalement à ce que les capitaux aillent des pays à revenu par tête élevé (où le capital par tête est
élevé, donc où la productivité marginale du capital est faible) vers les pays à revenu par tête faible
(où le capital par tête est faible, donc où la productivité marginale du capital est forte).
Or ce n'est pas le cas puisque les capitaux vont de Chine et des pays émergents vers les États-Unis.
Nous constatons donc une situation anormale où les flux de capitaux vont des pays pauvres vers le
pays le plus riche, les États-Unis, alors que ce devrait être l'inverse.
• La seconde inefficacité du SMI vient de la situation européenne. Après la crise des subprimes
(2008-2009) et après la crise de la zone euro (2010-2013), la zone euro connaît une forte baisse de
son taux d'investissement, d'où l'apparition d'un important excédent extérieur.
• Il est donc tout à fait illogique que la zone euro prête son excès d'épargne aux États-Unis au lieu de
l'utiliser pour investir davantage.
La troisième inefficacité du Système Monétaire International est liée aux perspectives
démographiques.
Normalement, les pays « jeunes ont des excédents extérieurs et accumulent des actifs extérieurs,
qu'ils dépenseront plus tard, lorsque le vieillissement surviendra, pour soutenir leur consommation;
les pays « vieux », ceux où le vieillissement démographique est déjà présent, consomment les actifs
extérieurs qu'ils ont accumulés avant que le vieillissement soit présent, donc ont des déficits
extérieurs.
Le vieillissement démographique est déjà présent au Japon et en Europe, qu'il est plus tardif, mais
fort en Chine, qu'il est plus tardif aussi aux États-Unis, qu'il est plus tardif et faible dans les pays
émergents autres que la Chine.
On devrait donc avoir un excédent extérieur aux États-Unis et dans les pays émergents hors Chine,
un déficit extérieur au Japon et en Europe, le basculement d'un excédent à un déficit extérieur en
Chine.
Des anomalies essentielles sont à souligner : le déficit extérieur des États-Unis, qui devraient avoir un
excédent; l'excédent extérieur du Japon et de la zone euro, qui devraient avoir un déficit extérieur.
On constate donc les trois inefficacités du SMI (l'incohérence entre les flux de capitaux
internationaux et les niveaux de revenu par habitant, l'anomalie de l'excédent extérieur de la zone
euro, l'incohérence entre les flux de capitaux internationaux et les situations démographiques) sont
toutes les trois favorables aux États-Unis, qui attirent l'épargne du Reste du Monde alors qu'ils ont un
revenu par habitant très élevé; un besoin d'investissement plus faible que l'Europe, et qu'ils
devraient préparer leur vieillissement futur en épargnant et en accumulant des actifs extérieurs.

4- Le << paradoxe de Triffin >> est le cas des États-Unis


Le SMI présente aujourd'hui de nombreuses difficultés il n'est pas coopératif (l'Europe finance le
déficit extérieur des États-Unis, mais dans une situation de tension); il est inefficace (d'un point de
vue de l'orientation des flux de capitaux compte tenu des besoins d'investissement et de la situation
démographique).
Il est donc raisonnable de penser qu'il va évoluer, et puisqu'il est favorable aux États-Unis, qu'il va
évoluer dans un sens défavorable aux États-Unis.
Le risque pour les États-Unis est la réalisation du paradoxe de R. Triffin. Le pays qui a la monnaie de
réserve dominante a initialement une économie saine, solvable, il fournit au Reste du Monde une
dette sûre et liquide.
Mais progressivement, la qualité de ce pays se dégrade. Le fait qu'il peut se financer sans difficulté en
empruntant l'épargne du Reste du Monde le conduit à abuser de cette capacité (qu'on a appelé le «
privilège exorbitant du dollar »), et à trop s'endetter on assiste alors à une hausse excessive de
l'endettement extérieur de ce pays, associé à la hausse de l'endettement intérieur du pays.
La hausse excessive de l'endettement conduit alors à une perte de confiance dans la solidité
économique et financière du pays: elle peut se produire dans le cas des États-Unis.

5- Vers un recul du rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale


Il est possible d'envisager une application du paradoxe de R. Triffin aux États-Unis.
La confiance dans la solidité de l'économie américaine recule avec la hausse de l'endettement public,
avec la hausse de l'endettement extérieur, donc avec la surexploitation du rôle de monnaie de
réserve dominante du dollar.
• Ceci peut amenuiser les flux de capitaux vers les États-Unis, et faire baisser le poids du dollar dans
les portefeuilles internationaux.
Le graphique suivant montre le poids des grandes devises dans les réserves de change mondiales.
Ce recul du rôle du dollar comme monnaie de réserve peut être amplifié par deux facteurs.
D'une part, les pays émergents et la zone euro vont désirer conserver leur épargne pour investir
davantage et ne plus la prêter aux États-Unis. Ceci peut prendre dans la zone euro la forme du
financement des plans de
relance.
Les pays européens et la Commission Européenne lancent des plans de relance, opérationnels à
partir de 2021. Ils vont être financés par des émissions de dette nouvelle, émise par les pays et, ce
qui est nouveau, par l'Union Européenne, et cette dette nouvelle va absorber l'excès d'épargne de la
zone euro qui ne pourra alors plus être prêté aux États-Unis.
Si la zone euro arrête d'acheter des actifs en dollars avec son excès
d'épargne, d'une part le rôle du dollar comme monnaie de réserve diminue, d'autre part les États-
Unis sont en difficulté puisqu'ils ne peuvent plus financer leur déficit extérieur, et doivent donc le
faire disparaître, ce qui nécessite un recul de la demande intérieure qui peut être obtenu par une
politique budgétaire plus restrictive, par la hausse des taux d'intérêt et par la dépréciation du dollar.
Ce recul du rôle du dollar comme monnaie de réserve peut être amplifié par deux facteurs.
D'une part, les pays émergents et la zone euro vont désirer conserver leur épargne pour investir
davantage et ne plus la prêter aux États-Unis. Ceci peut prendre dans la zone euro la forme du
financement des plans de
relance.
Les pays européens et la Commission Européenne lancent des plans de relance, opérationnels à
partir de 2021. Ils vont être financés par des émissions de dette nouvelle, émise par les pays et, ce
qui est nouveau, par l'Union Européenne, et cette dette nouvelle va absorber l'excès d'épargne de la
zone euro qui ne pourra alors plus être prêté aux États-Unis.
Si la zone euro arrête d'acheter des actifs en dollars avec son excès
d'épargne, d'une part le rôle du dollar comme monnaie de réserve diminue, d'autre part les États-
Unis sont en difficulté puisqu'ils ne peuvent plus financer leur déficit extérieur, et doivent donc le
faire disparaître, ce qui nécessite un recul de la demande intérieure qui peut être obtenu par une
politique budgétaire plus restrictive, par la hausse des taux d'intérêt et par la dépréciation du dollar.

6- Vers une hausse du rôle de l'euro comme monnaie de réserve


Même s'il y a recul de la confiance dans la solidité économique, financière et boursière des États-
Unis, pour que le poids du dollar comme monnaie de réserve internationale recule, il faut qu'il soit
remplacé par une autre monnaie.
Les encours de dette disponibles pour les non-résidents en yen, en livre sterling, en franc suisse, en
RMB (yuan ou renminbi ) chinois sont trop petits.
Il reste alors la possibilité que le poids de l'euro augmente au détriment de celui du dollar, ce qui est
réaliste :
D'une part, la perception internationale de l'Europe s'améliore, avec la mise en place d'un plan de
relance européen, avec la coopération franco- allemande, avec des initiatives de politique industrielle
en Europe.
D'autre part, le financement du plan de relance européen par des émissions de dette de l'Union
Européenne va faire apparaître un grand émetteur paneuropéen d'Eurobonds, de beaucoup plus
grande taille que ceux qui existent aujourd'hui, ce qui va attirer sur la dette en euros de nouveaux
investisseurs internationaux.
La question pour le futur est donc celle d'une évolution importante du SMI, avec un recul du rôle du
dollar comme monnaie de réserve lié à la réalisation du « paradoxe de Triffin >>.
Cette évolution viendrait d'un recul de la confiance, politique, économique, financière dans les États-
Unis, la confiance ayant des caractéristiques nouvelles compte tenu du rôle des flux de capitaux
internationaux en actions; de la volonté des pays émergents et de l'Europe de conserver leur épargne
pour financer leurs investissements. Elle serait associée à une hausse du rôle international de l'euro,
probablement pas d'autres devises.
• Le monde devrait évoluer vers un SMI plus diversifié, à la fois en termes de devises (hausse
probable du poids de l'euro et baisse du poids du dollar comme monnaie de réserve) et en termes
d'actifs financiers, avec le passage d'un Système centré autour de l'émission de dette sans risque à un
système où les flux de capitaux internationaux en actions jouent un rôle important.

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