Séquence n° 1 : le roman et le récit du XVIIIème au XXIème siècle
Exercices sur les temps du récit
1° Situer les faits les uns par rapport aux autres :
Dans les phrases suivantes, dites si les faits exprimés sont antérieurs, simultanés ou
postérieurs les uns par rapport aux autres.
1. Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit
du restaurant. (Maupassant, Bel-Ami, 1885).
2. Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit
celle de Mme de Rênal […]. (Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830).
3. Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père. (Jacques Prévert, Paroles, 1946).
4. Quand elle eut déposé au bord de la cheminée un petit portefeuille de velours grenat, elle
s'assit. (Flaubert, L'Education sentimentale, 1869).
5. […] et, tandis qu'il s'assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d'autres rêves. (Flaubert,
Madame Bovary, 1857).
2° Situer les faits les uns par rapport aux autres et justifiez l'emploi des temps :
a) Placez, sur un axe du temps, les faits mentionnés dans ce texte autobiographique.
b) Identifiez les temps verbaux et justifiez leur emploi.
Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d'automne ; un vent froid
soufflait par intervalles. A la percée d'un fourré, je m'arrêtai pour regarder le soleil : il
s'enfonçait dans des nuages au-dessus de la tour d'Alluye, d'où Gabrielle, habitante de cette
tour, avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et
Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiés.
François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, III, 1 (1848-1850)
3° Justifiez l'emploi des temps verbaux :
Identifiez les temps verbaux dans ce texte et justifiez leur emploi.
Nous avions déjà visité Milan et Gênes. Nous étions à Pise depuis deux jours lorsque
je décidai de partir pour Florence. Jacqueline était d'accord. Elle était d'ailleurs toujours
d'accord.
Marguerite Duras, Le Marin de Gibraltar, 1952.
4° Récrire un texte en passant du présent au passé :
Transposez ce texte au passé en employant comme il convient le passé simple et l'imparfait.
Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L'horloge lumineuse de la vieille ville, qu'on
aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq.
C'est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s'entrechoquer les barques dans le
port. Le vent s'engouffre dans les rues, où l'on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au
ras du sol.
Quai de l'Aiguillon, il n'y a pas une lumière. Tout est fermé. Tout le monde dort. Seules, les
trois fenêtres de l'Hôtel de l'Amiral, à l'angle de la place et du quai, sont encore éclairées.
Elles n'ont pas de volets mais, à travers les vitraux verdâtres, c'est à peine si on devine des
silhouettes. Et ces gens attardés au café, le douanier de garde les envie, blotti dans sa guérite, à moins
de cent mètres. […]
La porte de l'Hôtel de l'Amiral s'ouvre. Un homme paraît, qui continue à parler un instant par
l'entrebâillement à des gens restés à l'intérieur. La tempête le happe, agite les pans de son manteau,
soulève son chapeau melon qu'il rattrape à temps et qu'il maintient sur sa tête tout en marchant.
Georges Simenon, Le Chien jaune, 1931.