© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
Intégrales à paramètres
𝕂 désigne les corps ℝ ou ℂ.
1 Passage à la limite
Théorème 1.1 Convergence dominée
Soit (𝑓𝑛 ) une suite de fonctions définies sur un intervalle I à valeurs dans 𝕂. On suppose que
(H1) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est continue par morceaux sur I ;
(H2) (𝑓𝑛 ) converge simplement sur I vers une fonction 𝑓 ;
(H3) 𝑓 est continue par morceaux sur I ;
(H4) il existe une fonction positive φ intégrable sur I telle que
∀𝑛 ∈ ℕ, ∀𝑡 ∈ I |𝑓𝑛 (𝑡)| ≤ φ(𝑡)
Alors 𝑓 est intégrable sur I et
lim ∫𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡 = ∫𝑓(𝑡) d𝑡
𝑛→+∞
I I
Remarque. L’intégrabilité des 𝑓𝑛 sur I est garantie par la condition de domination.
Exemple 1.1
+∞
1
On pose 𝑓𝑛 ∶ 𝑡 ∈ ℝ+ ↦ et I𝑛 = ∫ 𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡 pour 𝑛 ∈ ℕ. On souhaite déterminer la limite de la suite (I𝑛 ).
𝑡 𝑛 + 𝑒𝑡 0
(H1) Pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est bien continue (par morceaux) sur ℝ+ .
(H2) La suite de fonctions (𝑓𝑛 ) converge simplement sur ℝ+ vers la fonction
⎧ 𝑒 −𝑡
si 0 ≤ 𝑡 < 1
⎪ 1
𝑓 ∶ 𝑡 ∈ ℝ+ ↦ si 𝑡 = 1
⎨1 + 𝑒
⎪
⎩0 si 𝑡 > 1
(H3) 𝑓 est bien continue par morceaux sur ℝ+ .
(H4) De plus,
∀𝑛 ∈ ℕ, ∀𝑡 ∈ ℝ+ , |𝑓𝑛 (𝑡)| ≤ 𝑒−𝑡
et la fonction φ ∶ 𝑡 ↦ 𝑒−𝑡 est intégrable sur ℝ+ .
D’après le théorème de convergence dominée,
+∞ 1
1
lim I𝑛 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑒−𝑡 d𝑡 = 1 −
𝑛→+∞
0 0
𝑒
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Remarque. Comme bien souvent, on peut en fait se passer du théorème de convergence dominée. En effet, en posant
1 +∞
J𝑛 = ∫ 𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡 K𝑛 = ∫ 𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡
0 1
on a I𝑛 = J𝑛 + K𝑛 . On découpe cette intégrale en deux car le comportement de 𝑡𝑛 change selon que 𝑡 ≤ 1 ou 𝑡 ≥ 1.
1
d𝑡
On se doute alors que J𝑛 ⟶ ∫ 𝑡 = 1 − 𝑒−1 , ce que l’on montre par le théorème des gendarmes. En effet
𝑛→+∞
0
𝑒
1 1 1
d𝑡 d𝑡 𝑡𝑛 d𝑡
(1 − 𝑒−1 ) − J𝑛 = ∫ 𝑡
−∫ 𝑛 𝑡
=∫ 𝑡 𝑛
0
𝑒 0
𝑡 +𝑒 0
𝑒 (𝑡 + 𝑒𝑡 )
On en déduit que
1
1
0 ≤ J𝑛 − (1 − 𝑒−1 ) ≤ ∫ 𝑡𝑛 d𝑡 =
0
𝑛+1
1
et ainsi lim J𝑛 = 1 − .
𝑛→+∞ 𝑒
On se doute de même que K𝑛 ⟶ 0 et on utilise à nouveau le théorème des gendarmes : pour tout entier 𝑛 ≥ 2,
𝑛→+∞
+∞ +∞
d𝑡 d𝑡 1
0≤∫ ≤∫ =
1
𝑡 𝑛 + 𝑒𝑡 1
𝑡𝑛 𝑛−1
On a donc bien lim K𝑛 = 0.
𝑛→+∞
Finalement, lim I𝑛 = 1 − 𝑒−1 .
𝑛→+∞
Méthode Convergence dominée pour les séries de fonctions
On peut justifier une interversion série/intégrale en appliquant le théorème de convergence dominée à la suite des sommes
partielles.
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Exemple 1.2
Soit (𝑎, 𝑏) ∈ (ℝ∗+ ) . On souhaite montrer que
2
1 +∞
𝑡𝑎−1 (−1)𝑛
∫ = ∑
0
1+𝑡 𝑏
𝑛=0
𝑎 + 𝑛𝑏
On remarque déjà que (série géométrique)
+∞
𝑡𝑎−1
∀𝑡 ∈ [0, 1[, = ∑ (−1)𝑛 𝑡𝑎−1+𝑛𝑏
1 + 𝑡𝑏 𝑛=0
Posons pour 𝑡 ∈ [0, 1[,
𝑛
1 − (−1)𝑛+1 𝑡(𝑛+1)𝑏
S𝑛 (𝑡) = ∑ (−1)𝑘 𝑡𝑎−1+𝑘𝑏 = 𝑡𝑎−1 ⋅
𝑘=0
1 + 𝑡𝑏
(H1) Les fonctions S𝑛 sont bien continues (par morceaux) sur [0, 1[.
𝑡𝑎−1
(H2) La suite (S𝑛 ) converge simplement vers 𝑓 ∶ 𝑡 ↦ sur [0, 1[.
1 + 𝑡𝑏
(H3) 𝑓 est bien continue (par morceaux) sur [0, 1[.
(H4) Pour tout 𝑛 ∈ ℕ et pour tout 𝑡 ∈ [0, 1[,
| 1 − (−1)𝑛+1 𝑡(𝑛+1)𝑏 |
|S𝑛 (𝑡)| = |𝑡𝑎−1 ⋅ | ≤ 2𝑡𝑎−1
| 1 + 𝑡𝑏 |
et 𝑡 ↦ 2𝑡𝑎−1 est intégrable sur [0, 1[.
D’après le théorème de convergence dominée,
1 1
∫ S𝑛 (𝑡) d𝑡 ⟶ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡
𝑛→+∞
0 0
ou encore
1 𝑛 1
𝑡𝑎−1
∫ ∑ (−1)𝑘 𝑡𝑎−1+𝑘𝑏 d𝑡 ⟶ ∫ d𝑡
0 𝑘=0
𝑛→+∞
0
1 + 𝑡𝑏
Comme il s’agit de sommes finies, ceci peut encore s’écrire
𝑛 1 1
𝑡𝑎−1
∑ (−1)𝑘 ∫ 𝑡𝑎−1+𝑘𝑏 d𝑡 ⟶ ∫ d𝑡
𝑘=0 0
𝑛→+∞
0
1 + 𝑡𝑏
ou encore
𝑛 1
(−1)𝑘 𝑡𝑎−1
∑ ⟶ ∫ d𝑡
𝑘=0
𝑎 + 𝑘𝑏 𝑛→+∞ 0 1 + 𝑡𝑏
(−1)𝑛
ce qui signifie que la série ∑ converge (on le savait déjà par critère spécial des séries alternées) et que
𝑎 + 𝑛𝑏
+∞ 1
(−1)𝑛 𝑡𝑎−1
∑ =∫ d𝑡
𝑛=0
𝑎 + 𝑛𝑏 0
1 + 𝑡𝑏
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Remarque. On pouvait aisément se passer du critère spécial des séries alternées. En effet
𝑛 𝑛 1
(−1)𝑘
∑ = ∑ ∫ (−1)𝑘 𝑡𝑎−1+𝑘𝑏 d𝑡
𝑘=0
𝑎 + 𝑘𝑏 𝑘=0 0
1 𝑛
= ∫ ∑ (−1)𝑘 𝑡𝑎−1+𝑘𝑏 d𝑡 (somme finie)
0 𝑘=0
1
𝑎−1 1 − (−1)𝑛+1 𝑡(𝑛+1)𝑏
=∫ 𝑡 d𝑡
0
1 + 𝑡𝑏
1 1
𝑡𝑎−1 𝑡𝑎−1+(𝑛+1)𝑏
=∫ 𝑏
d𝑡 − (−1)𝑛+1 ∫ d𝑡
0
1+𝑡 0
1 + 𝑡𝑏
Alors
1 𝑎−1+(𝑛+1)𝑏 1
𝑡 1
0≤∫ d𝑡 ≤ ∫ 𝑡𝑎−1+(𝑛+1)𝑏 d𝑡 =
0
1 + 𝑡𝑏 0
𝑎 + (𝑛 + 1)𝑏
D’après le théorème des gendarmes,
1 𝑎−1+(𝑛+1)𝑏
𝑡
lim ∫ d𝑡 = 0
𝑛→+∞
0
1 + 𝑡𝑏
puis
𝑛 1
(−1)𝑘 𝑡𝑎−1
lim ∑ =∫ d𝑡
𝑛→+∞
𝑘=0
𝑎 + 𝑘𝑏 0
1 + 𝑡𝑏
c’est-à-dire
+∞ 1
(−1)𝑛 𝑡𝑎−1
∑ =∫ d𝑡
𝑛=0
𝑎 + 𝑛𝑏 0
1 + 𝑡𝑏
Méthode Convergence dominée à intervalle « variable »
Si l’on souhaite étudier la convergence d’une suite d’intégrale (∫ 𝑓𝑛 ), on peut se ramener au cas d’application du
I𝑛
théorème de convergence dominée en considérant un intervalle I contenant tous les I𝑛 ainsi que les fonctions 𝑔𝑛 ∶ 𝑡 ∈
𝑓 (𝑡) si 𝑡 ∈ I𝑛
I↦{ 𝑛 .
0 sinon
Exercice 1.1
Montrer que
√𝑛 𝑛 +∞
𝑥2
lim ∫ ) d𝑥 = ∫ 𝑒−𝑥 d𝑥
2
(1 −
𝑛→+∞
0
𝑛 0
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Théorème 1.2 Convergence dominée
Soient 𝑓 ∶ J × I → 𝕂 où I et J sont deux intervalles de ℝ et 𝑎 ∈ J (éventuellement 𝑎 = ±∞). On suppose que :
(H1) pour tout 𝑥 ∈ J, 𝑡 ↦ 𝑓(𝑥, 𝑡) est continue par morceaux sur I ;
(H2) pour tout 𝑡 ∈ I, lim 𝑓(𝑥, 𝑡) = 𝑔(𝑡) où 𝑔 est continue par morceaux sur I ;
𝑥→𝑎
(H3) il existe une fonction positive φ intégrable sur I telle que
∀(𝑥, 𝑡) ∈ J × I, |𝑓(𝑥, 𝑡)| ≤ φ(𝑡)
Alors 𝑔 est intégrable sur I et
lim ∫𝑓(𝑥, 𝑡) d𝑡 = ∫𝑔(𝑡) d𝑡
𝑥→𝑎
I I
Exercice 1.2
+∞
𝑥𝑒−𝑡
Déterminer lim ∫ d𝑡.
𝑥→+∞
0
𝑥+𝑡
Théorème 1.3 Intégration terme à terme (cas positif)
Soit ∑ 𝑓𝑛 une série de fonctions définies sur un intervalle I à valeurs dans ℝ+ . On suppose que
(H1) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est continue par morceaux sur I ;
(H2) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est intégrable sur I ;
(H3) ∑ 𝑓𝑛 converge simplement sur I vers une fonction 𝑓 ;
(H4) 𝑓 est continue par morceaux sur I ;
Alors on a cette égalité dans [0, +∞] :
+∞
∑ ∫𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡 = ∫𝑓(𝑡) d𝑡
𝑛=0 I I
Théorème 1.4 Intégration terme à terme (cas général)
Soit ∑ 𝑓𝑛 une série de fonctions définies sur un intervalle I à valeurs dans 𝕂. On suppose que
(H1) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est continue par morceaux sur I ;
(H2) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est intégrable sur I ;
(H3) ∑ 𝑓𝑛 converge simplement sur I vers une fonction 𝑓 ;
(H4) 𝑓 est continue par morceaux sur I ;
(H5) la série ∑ ∫|𝑓𝑛 (𝑡)| d𝑡 converge.
I
Alors 𝑓 est intégrable sur I et
+∞
∑ ∫𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡 = ∫𝑓(𝑡) d𝑡
𝑛=0 I I
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Exemple 1.3
On souhaite montrer que
1 +∞
ln(𝑡) d𝑡 (−1)𝑛
∫ =∑
0
1+𝑡 𝑛=1
𝑛2
Par développement en série entière
+∞
ln(𝑡)
∀𝑡 ∈]0, 1[, = ∑ (−1)𝑛 𝑡𝑛 ln(𝑡)
1 + 𝑡 𝑛=0
Posons 𝑓𝑛 ∶ 𝑡 ∈]0, 1[↦ (−1)𝑛 𝑡𝑛 ln(𝑡). Alors
(H1) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est continue (par morceaux) sur ]0, 1[ ;
(H2) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, 𝑓𝑛 est intégrable sur ]0, 1[ puisque lim 𝑓𝑛 = 0 si 𝑛 > 0, 𝑓0 (𝑡) =+ 𝑜(1/√𝑡) et lim 𝑓𝑛 = 0 ;
0 𝑡→0 1
ln(𝑡)
(H3) ∑ 𝑓𝑛 converge simplement vers 𝑓 ∶ 𝑡 ↦ sur ]0, 1[ ;
1+𝑡
(H4) 𝑓 est continue (par morceaux) sur ]0, 1[ ;
1 1
1 1
(H5) pour tout 𝑛 ∈ ℕ, ∫ |𝑓𝑛 (𝑡)| d𝑡 = − ∫ 𝑡𝑛 ln(𝑡) d𝑡 = par intégration par parties et ∑ converge.
0 0
(𝑛 + 1)2 (𝑛 + 1)2
Par intégration terme à terme, 𝑓 est intégrable sur ]0, 1[ (ce qu’on aurait pu montrer directement) et
1 +∞ 1 +∞ +∞
ln(𝑡) d𝑡 (−1)𝑛+1 (−1)𝑛
∫ = ∑ ∫ 𝑓𝑛 (𝑡) d𝑡 = ∑ = ∑
0
1+𝑡 𝑛=0 0 𝑛=0
(𝑛 + 1)2 𝑛=1 𝑛2
2 Continuité
Théorème 2.1
Soient 𝑓 ∶ A × I → 𝕂 où I est un intervalle de ℝ et A une partie d’un espace vectoriel normé de dimension finie. On
suppose que :
(H1) pour tout 𝑥 ∈ A, 𝑡 ↦ 𝑓(𝑥, 𝑡) est continue par morceaux sur I ;
(H2) pour tout 𝑡 ∈ I, 𝑥 ↦ 𝑔(𝑥, 𝑡) est continue sur A ;
(H3) il existe une fonction positive φ intégrable sur I telle que
∀(𝑥, 𝑡) ∈ A × I, |𝑓(𝑥, 𝑡)| ≤ φ(𝑡)
Alors F ∶ 𝑥 ∈ A ↦ ∫𝑓(𝑥, 𝑡) d𝑡 est continue sur A.
I
Remarque. La dernière condition est une condition dite de domination.
Remarque. La continuité étant une notion locale, on peut remplacer la condition de domination sur A par la domination au
voisinage de tout point de A. En particulier, il suffit de montrer la domination sur tout compact de A.
Si A est un intervalle de ℝ, il suffit de montrer la domination sur tout segment de A.
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Exercice 2.1
1
Montrer que l’application B ∶ (𝑥, 𝑦) ↦ ∫ 𝑡𝑥−1 (1 − 𝑡)𝑦−1 d𝑡 est continue sur (ℝ∗+ ) .
2
Exercice 2.2
+∞
Montrer que l’application Γ ∶ 𝑧 ↦ ∫ 𝑡𝑧−1 𝑒−𝑡 d𝑡 est continue sur P = {𝑧 ∈ ℂ, Re(𝑧) > 0}.
0
3 Dérivabilité
Théorème 3.1
Soient 𝑓 ∶ J × I → 𝕂 où I et J sont deux intervalles de ℝ. On suppose que :
(H1) pour tout 𝑥 ∈ J, 𝑡 ↦ 𝑓(𝑥, 𝑡) est intégrable sur I ;
(H2) pour tout 𝑡 ∈ I, 𝑥 ↦ 𝑓(𝑥, 𝑡) est de classe 𝒞 1 sur J ;
∂𝑓
(H3) pour tout 𝑥 ∈ J, 𝑡 ↦ (𝑥, 𝑡) est continue par morceaux sur I ;
∂𝑥
(H4) il existe une fonction positive φ intégrable sur I telle que
| ∂𝑓 |
∀(𝑥, 𝑡) ∈ J × I, | (𝑥, 𝑡)| ≤ φ(𝑡)
| ∂𝑥 |
Alors F ∶ 𝑥 ∈ J ↦ ∫𝑓(𝑥, 𝑡) d𝑡 est de classe 𝒞 1 sur J et
I
∂𝑓
∀𝑥 ∈ J, F ′ (𝑥) = ∫ (𝑥, 𝑡) d𝑡
I
∂𝑥
Remarque. La dérivabilité étant une notion locale, on peut remplacer la domination sur J par la domination sur tout segment
de J.
Exercice 3.1
+∞
sin(𝑥𝑡) −𝑡
Montrer que F ∶ 𝑥 ↦ ∫ 𝑒 d𝑡 est de classe 𝒞 1 sur ℝ et calculer sa dérivée. En déduire F(𝑥) pour 𝑥 ∈ ℝ.
0
𝑡
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Corollaire 3.1
Soient 𝑓 ∶ J × I → 𝕂 où I et J sont deux intervalles de ℝ. On suppose que :
(H1) pour tout 𝑡 ∈ I, 𝑥 ↦ 𝑓(𝑥, 𝑡) est de classe 𝒞 𝑘 sur J ;
∂𝑗 𝑓
(H2) pour tout 𝑥 ∈ J et pour tout 𝑗 ∈ ⟦0, 𝑘⟧, 𝑡 ↦ (𝑥, 𝑡) est continue par morceaux sur I ;
∂𝑥𝑗
∂𝑗 𝑓
(H3) pour tout 𝑥 ∈ J et pour tout 𝑗 ∈ ⟦0, 𝑘 − 1⟧, 𝑡 ↦ (𝑥, 𝑡) est intégrable sur I ;
∂𝑥𝑗
(H4) il existe une fonction positive φ intégrable sur I telle que
| ∂𝑘 𝑓 |
∀(𝑥, 𝑡) ∈ J × I, | 𝑘 (𝑥, 𝑡)| ≤ φ(𝑡)
| ∂𝑥 |
Alors F ∶ 𝑥 ∈ J ↦ ∫𝑓(𝑥, 𝑡) d𝑡 est de classe 𝒞 𝑘 sur J et
I
∂𝑗 𝑓
∀𝑗 ∈ ⟦0, 𝑘⟧ , ∀𝑥 ∈ J, F (𝑗) (𝑥) = ∫ (𝑥, 𝑡) d𝑡
I
∂𝑥𝑗
Remarque. A nouveau, la domination sur tout segment de J suffit.
Corollaire 3.2
Soient 𝑓 ∶ J × I → 𝕂 où I et J sont deux intervalles de ℝ. On suppose que :
(H1) pour tout 𝑡 ∈ I, 𝑥 ↦ 𝑓(𝑥, 𝑡) est de classe 𝒞 ∞ sur J ;
∂𝑘 𝑓
(H2) pour tout 𝑥 ∈ J et pour tout 𝑘 ∈ ℕ, 𝑡 ↦ (𝑥, 𝑡) est continue par morceaux sur I ;
∂𝑥𝑘
(H3) pour tout 𝑘 ∈ ℕ, il existe une fonction positive φ𝑘 intégrable sur I telle que
| ∂𝑘 𝑓 |
∀(𝑥, 𝑡) ∈ J × I, | 𝑘 (𝑥, 𝑡)| ≤ φ𝑘 (𝑡)
| ∂𝑥 |
Alors F ∶ 𝑥 ∈ J ↦ ∫𝑓(𝑥, 𝑡) d𝑡 est de classe 𝒞 ∞ sur J et
I
∂𝑘 𝑓
∀𝑘 ∈ ℕ, ∀𝑥 ∈ J, F (𝑘) (𝑥) = ∫ (𝑥, 𝑡) d𝑡
I
∂𝑥𝑘
Remarque. A nouveau, la domination sur tout segment de J suffit.
Remarque. On peut aussi remplacer la dernière hypothèse de domination par l’hypothèse suivante : il existe 𝑛 ∈ ℕ tel que
∂𝑘 𝑓
• ∀𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧, ∀𝑥 ∈ J, 𝑡 ↦ (𝑥, 𝑡) est intégrable sur I ;
∂𝑥𝑘
• pour tout entier 𝑘 ≥ 𝑛, il existe une fonction positive φ𝑘 intégrable sur I telle que
| ∂𝑘 𝑓 |
∀(𝑥, 𝑡) ∈ J × I, | 𝑘 (𝑥, 𝑡)| ≤ φ𝑘 (𝑡)
| ∂𝑥 |
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Exercice 3.2
+∞
Montrer que la fonction Γ ∶ 𝑥 ↦ ∫ 𝑡𝑥−1 𝑒−𝑡 d𝑡 est de classe 𝒞 ∞ sur ℝ∗+ .
0
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