Introduction aux Équations Différentielles
Introduction aux Équations Différentielles
Equations différentielles
2.1 Introduction
En mathématiques, Une équation différentielle d’ordre n, est une équation liant
une fonction f et sa ou ses dérivée(s) f Õ , f ÕÕ , · · · , f (n) . On note :
1 2
F x, f , f Õ , f ÕÕ , · · · , f (n) = 0 (2.1)
Exemple 7
1. Soit l’équation différentielle
y Õ = 2xy + 4x.
2
On vérifie que y(x) = ≠2 + kex est une solution sur R, ceci quel que k œ R.
2. Soit l’équation différentielle
x2 y Õ ≠ 2xy + 2x = 0
On vérifie que y(x) = kx2 + x est une solution sur R, ceci quel que k œ R.
14
ı Une équation différentielle linéaire est homogène, ou sans second membre, si
la fonction g ci-dessus est la fonction nulle
a0 y + a1 y Õ + · · · + an y (n) = g(x)
Exemple 8
1. y Õ + 5xy = ex est une équation différentielle linéaire du premier ordre avec
second membre
2. y Õ + 5xy = 0 est une équation différentielle linéaire homogène associée à la
précédent
3. 2y ÕÕ ≠ 3y Õ + 5y = 0 est une équation différentielle linéaire du second ordre à
coefficients constants, sans second membre.
4. y Õ2 ≠ y = x ou bien y ÕÕ .y Õ ≠ y = 0 0 ne sont pas des équations différentielles
linéaire
15
2.2.2 Équation différentielle à variables séparées :
Une équation différentielle à variables séparées est une équation du type
g(x)
yÕ = ou y Õ f (y) = g(x)
f (y)
Une telle équation se résout par calcul de primitives. Si G(x) est une primitive de
g(x) alors GÕ (x) = g(x). Si F (x) est une primitive de f (x) alors F Õ (x) = f (x), mais
surtout, par dérivation d’une composition,
3 4Õ
F (y(x)) = y Õ (x)F Õ (y(x)) = y Õ f (y).
3 4Õ
Ainsi l’équation différentielle y f (y) = g(x) se réécrit F (y(x))
Õ
= GÕ (x) ce qui est
équivaut à une égalité de fonction : F (y(x)) = G(x) + c.
Voici un exemple concret
x2 y Õ = e≠y
On commence par séparer les variables x d’un côté et y de l’autre
1
y Õ ey = , x ”= 0.
x2
On intègre des deux côtés :
1
ey = ≠ + c, c œ R
x
Ce qui permet d’obtenir y (en supposant ≠ x1 + c > 0) :
3 4
1
y(x) = ln ≠ +c
x
qui est une solution sur chaque intervalle I où elle est définie et dérivable. Cet inter-
valle dépend de la constante c :
È1 Ë È Ë È1 Ë
si, c < 0, I = ,0; si, c = 0, I = ≠ Œ, 0 ; si, c > 0, I = , +Œ
c c
f Õ (t) ≠b(t)
= = –(t)
f (t) a(t)
16
Si on connait une primitive A de la fonction –, on a en intégrant les deux membres
de l’équation :
est la fonction f (t) définie par f (t) = CeA(t) où C est une constante réelle détermi-
≠ b(t)
nable avec les conditions initiales et A(t) une primitive de .
a(t)
Exemple 9 Résoudre les équations différentielles suivantes :
1. 3f Õ (t) + 2f (t) = 0.
2. t2 f Õ + f = 0 sur I =]0; +Œ[.
2
1. Ici, on a ≠ a(t)
b(t)
= ≠2
3
dont une primitive est ≠ 23 t donc f (t) = Ce≠ 3 t
1
2. Ici, on a ≠b(t)
a(t)
= ≠ t12 dont une primitive est 1t donc f (t) = Ce t sur I =]0; +Œ[.
Il faut bien préciser l’intervalle I =]0; +Œ[ car sinon a(t) = t2 s’annule.
ygenerale = y0 + yp .
17
Exemple 10 On considére l’équation différentielle (E) :
t2 xÕ (t) + x(t) = t2 + t
Remarque 3
Il n’est pas toujours facile de trouver une solution particulière de l’équation diffé-
rentielle proposée
18
Exemple 11 Résoudre l’équation différentielle
C(x) ex + k
On a donc y0 (x) = = .
x x
Troisiéme étape : Conclusion
On applique le théorème : les solutions de l’équation différentielle (E) sont
C ex + k C + ex + k
yg (x) = + = avec k et C deux rels.
x x x
Il arrive que des conditions initiales soient précises dans l’énoncé pour trouver les
constantes C et k.
20
Divisons l’équation par y 2 non nulle. on obtient
y Õ y ≠2 + y ≠1 = x2
≠z Õ + z = x2 ≈∆ z Õ ≠ z = ≠x2
puis de E2 :
axÕÕ (t) + bxÕ (t) + cx(t) = d2 (t)
et on les ajoute, ce qui donne une solution particulière de E :
Exemple
y ÕÕ + y Õ + y = cos t + t2
On cherche une solution de l’équation sans second membre, y0 , ensuite une solution
particulière de y ÕÕ + y Õ + y = cos t et enfin une solution de y ÕÕ + y Õ + y = t2 . La solution
générale est la somême des trois solutions.
21
2.5.2 Résolution de l’équation sans second membre
Combinaison linéaire de deux solutions particulières
Théorème 13 Ensembles des solutions
Soient f et g deux solutions de l’équation homogène (E0 ) sur l’intervalle I, aucune
n’étant le produit de l’autre par une constante. Alors l’ensemble des solutions de (E0 )
est l’ensemble des fonctions de la forme
x0 = C1 f + C2 g.
Toute solution de l’équation (E) est ainsi une combinaison linéaire des solutions f et
g.
Preuve : Ce théorème est admis, mais on peut facilement observer que si f et g sont
deux solutions de l’équation (E0 ) alors toute fonction de la forme x0 = C1 f + C2 g est
aussi une solution de (E0 ). En effet, sachant que af ÕÕ +bf Õ +cf = 0 et ag ÕÕ +bg Õ +cg = 0,
alors
axÕÕ + bxÕ + cx = a(C1 f + C2 g)ÕÕ + b(C1 f + C2 g)Õ + c(C1 f + C2 g)
= a(C1 f ÕÕ + C2 g ÕÕ ) + b(C1 f Õ + C2 g Õ ) + c(C1 f + C2 g)
= aC1 f ÕÕ + aC2 g ÕÕ + bC1 f Õ + bC2 g Õ + cC1 f Õ + cC2 g
= C1 (af ÕÕ + bf Õ + cf Õ ) + C2 (ag ÕÕ + bg Õ + cg)
= 0
Équation caractéristique
Comême les équations du premier degré, nous allons chercher une fonction ex-
ponentielle solution de (E0 ). Supposons que la fonction x : t ‘æ ert soit une telle
solution. Alors, puisque xÕ (t) = rert et xÕÕ (t) = r2 ert , r doit vérifier
ar2 ert + brert + cert = 0
ert (ar2 + br + c) = 0
ar2 + br + c = 0
car ert ”= 0 pour tout t œ I.
Définition 11 équation caractéristique
L’équation du second degré en r : ar2 + br + c = 0 est appelée équation caractristique
de l’équation différentielle (E0 ).
Théorème 14 La fonction x : t ‘æ ert est solution de (E0 ) si et seulement si r est
solution de l’équation caractristique.
Les solutions de (E0 ) dépendent donc de celles de l’équation caractristique, et en
particulier de son discriminant = b2 ≠ 4ac. Il faut donc étudier trois cas.
Si > 0 : L’équation caractristique a deux solutions réelles distinctes r1 et r2 .
Les fonctions x1 : t ‘æ er1 t et x2 : t ‘æ er2 t sont donc deux solutions de (E0 ) et
aucune n’est le produit de l’autre par une constante. Par conséquent l’ensemble
des solutions de (E0 ) est l’ensemble des fonctions de la forme
x(t) = C1 er1 t + C2 er2 t .
22
Si = 0 : L’équation caractristique a une unique solution réelle r = ≠ 2a b
. La
fonction x : t ‘æ e est alors solution de (E0 ). On peut prouver que dans ce
rt
cas la fonction x : t ‘æ tert est solution de (E0 ). Par conséquent l’ensemble des
solutions de (E0 ) est l’ensemble des fonctions de la forme
x(t) = (C1 t + C2 )ert .
Si < 0 : L’équation caractristique a deux solutions complexes conjuguées r1 =
– + i— et r2 = – ≠ i—. Les fonctions valeurs complexes x1 : t ‘æ er1 t et
x2 : t ‘æ er2 t sont donc deux solutions de (E0 ). Mais nous cherchons deux
fonctions réelles solutions de (E0 ).
On peut remarquer que er1 t = e(–+i—)t = e–t ei—t = e–t (cos —t + i sin —t). On
constate alors que 12 (er1 t + er2 t ) = e–t cos —t et 2i1 (er1 t ≠ er2 t ) = e–t sin —t.
Ces deux nouvelles fonctions sont bien des solutions de (E0 ) d’aprés le théo-
rème de combinaison linéaire étendu aux coefficients compexes. Ce sont de plus
des fonctions de R dans R, et on peut prouver qu’aucune n’est le produit de
l’autre par une constante. Par conséquent l’ensemble des solutions de (E0 ) est
l’ensemble des fonctions de la forme
x(t) = C1 e–t cos —t + C2 e–t sin —t,
où – + i— est une solution complexe de l’équation caractéristique.
Théorème 15 EDH du second ordre coefficients constants
Pour résoudre l’équation différentielle
axÕÕ (t) + bxÕ (t) + cx(t) = 0,
on considre sonéquation caractristique
ar2 + br + c = 0.
La forme de la solution générale dépend du signe de .
— Si > 0, alors les solutions sont de la forme C1 er1 t + C2 er2 t .
— Si = 0, alors les solutions sont de la forme (C1 t + C2 )ert .
— Si < 0, alors les solutions sont de la forme
x(t) = C1 e–t cos —t + C2 e–t sin —t
où r == – ± i— est une solution complexe de l’équation caractristique.
Exemple 12 Résoudre sur R l’équation différentielle :
I
x(0) = 0
x ≠ 3x ≠ 4x = 0 avec les conditions initiales
ÕÕ Õ
xÕ (0) = 1
L’équation caractéristique est r2 ≠ 3r ≠ 4 = 0. Elle admet deux racines r1 = ≠1 et
r2 = 4. Les solutions de l’équation différentielle sont les fonctions de la forme
x ‘≠æ C1 e≠x + C2 e4x avec C1 œ R, C2 œ R.
Les conditions initiales sont vérifies si et seulement si
I I
x(0) = C1 e≠0 + C2 e4◊0 = 0 C1 + C2 = 0
≈∆
xÕ (0) = ≠C1 e≠0 + 4C2 e4◊0 = 1 ≠C1 + 4C2 = 1
On obtient C1 = ≠ 15 et C2 = 15 . L’équation différentielle admet pour unique solution
4x
satisfaisant aux conditions initiales, la fonction x ‘≠æ e ≠e .
≠x
5
23
2.5.3 Résolution de l’équation avec second membre
Théorème 16 équation différentielle du second ordre
La solution générale d’une équation différentielle du second ordre (E) :
xG = x0 + xp
x(t) = e–t (C1 cos —t + C2 sin —t) = e0t (C1 cos t + C2 sin t) = C1 cos t + C2 sin t.
24
2.5.4 Recherche d’une solution particulière pour des seconds
membres spécifiques
Pour la recherche de la solution particulière avec second membre xp , dépend de la
forme de d(t) :
a) si d(t) = P (t) où P est un polynôme de degré n œ N alors on cherche xp sous
la forme xp (t) = Q(t), Q étant un polyôme de même degré que P .
b) si d(t) = P (t)est où P est un polynôme de degré n œ N et s œ R. Alors
1) si s n’est pas racine de l’équation caractéristique, alors on cherche xp sous
la forme xp (t) = Q(t)est , Q étant un polynôme de même degré que P .
2) si s est racine simple de l’équation caractéristique, alors on cherche xp sous
la forme xp (t) = tQ(t)est , Q étant un polynôme de même degré que P .
3) si s est racine double de l’équation caractéristique, alors on cherche xp sous
la forme xp (t) = t2 Q(t)est , Q étant un polynôme de même degré que P .
c) Si d(t) est une fonction trigonométrique ( sin(–t) et/ou cos(–t) ),
1 2
d(t) = p1 (t) cos(—t) + p2 (t) sin(—t) e–t
n = max{deg(p1 ), deg(p2 )}
25
2.6 Méthodes de variation des constantes pour les
équations différentielles linéaires du second ordre
à coefficients constants
On considére une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients
constants
ay ÕÕ + by Õ + cy = f (x) (2.2)
où a ”= 0, b, c sont des constantes réelles et f (x) une fonction continue sur un
intervalle I de N. On cherche une solution particulière de cette équation sur I. On
comêmence par résoudre l’équation différentielle homogène associée,
ay ÕÕ + by Õ + cy = 0 (2.3)
L’éspace des solutions étant de dimension 2, on obtient une solution qui sécrit sous
la forme
y0 (x) = C1 y1 + C2 y2 où C1 et C2
sont deux constantes réelles. Pour trouver une solution particulière de l’équation com-
plète, on cherche une solution de la forme
yp (x) = C1 (x) y1 + C2 (x) y2
(on fait varier les constantes ) en imposant la relation linéaire sur
C1 et C2 ,
Õ Õ
C1 (x) y1 + C2 (x) y2 = 0
Õ Õ
Des calculs de primitives donnent alors une solution de l’équation différentielle (1.1).
Plus concrétement, voici les différentes situations, selon les valeurs des racines de
léquation caractéristique
ar2 + br + c = 0.
a) Si l’équation caractéristique a deux racines réelles distinctes r1 etr2 , alors
comême
y0 (x) = C1 y1 + C2 y2 = C1 er1 x + C2 er2 x
on cherchera une solution sous la forme
yp (x) = C1 (x) er1 x + C2 (x) er2 x
en imposant la condition
C1 (x) er1 x + C2 (x) er2 x = 0
Õ Õ
Y
]C Õ (x) er1 x+ C2 (x) er2 x
Õ
=0
1
[r C Õ (x) er1 x + r 2 C Õ (x) er2 x
1
= f (x)/a.
1 2
Y
]C Õ (x) y + C2 (x) y2
Õ
=0
1 1
[C Õ (x) y Õ + C2 (x) y2Õ
Õ
= f (x)/a.
1 1
26
b) Si l’équation caractéristique a deux racines complexes conjuguées
r = – ± i—
en imposant la condition
5 6
yp (x) = C1 (x) cos(— x) + C2 (x) sin(— x) e–x = 0
Õ Õ
Y
]C1 (x) cos — x + C2 (x) sin — x =0
Õ Õ
_
5 6
[— ≠ C1 (x) sin — x + C2 (x) cos — x = f (x).
Õ Õ
_
Mais dans ce cas, il peut être plus simple de ne faire varier qu’une constante en
recherchant une solution y(x) = K(x)er x . En remplacant dans l’équation dif-
férentielle on obtient K ÕÕ (x)er x = v(x), que l’on intègre deux fois pour trouver
K(x).
27
Exemple 14
1) Résoudre l’équation
1 fi fi
y ÕÕ + y = , x œ] ≠ , [
cos x 2 2
l’équation caractéristique associée est
r2 + 1 = 0 ≈∆ r1, 2 = 0 ± i = – ± i—
28
2.7 Exercices : Équations différentielles
Exercice 6
Résolvez l’équation différentielle 3y Õ + 2y = 0 sachant que y(0) = 32.
29
Exercice 11 EDL du deuxiéme ordre avec second membre nul
Résoudre chacune des équations différentielles suivantes :
1. y ÕÕ + 2y Õ + 5y = 0
2. xÕÕ ≠ 6xÕ + 9x = 0
3. y ÕÕ + 9y = 0
y ÕÕ + 4y Õ + 3y = e≠2x
dans laquelle y est une fonction de la variable réelle x, définie et deux fois dérivable
sur R.
1. Résoudre l’équation y ÕÕ + 4y Õ + 3y = 0.
2. Déterminer une solution particulière de (E)
3. En déduire l’ensemble des solutions de (E).
4. Déterminer la solution particulière y de (E) qui vérifie
y(0) = 0 et y Õ (0) = 0.
30