Enquête sur les professionnels de santé en urgences
Enquête sur les professionnels de santé en urgences
Année 2018 N°
Directeur de thèse
Docteur GIL-JARDINE Cédric
Membres du Jury
Mr le Professeur BALDI Isabelle..…..Président et Rapporteur
Mr le Professeur CASTERA Philippe………………………Juge
Mr le Professeur GALINSKI Michel……………….……….Juge
Mr le Docteur VALDENAIRE Guillaume……………….…..Juge
1
1. REMERCIEMENTS
À mon père…
À mon père, à cette belle étoile qui guide mes pas. À cette lumière, dont l’amour a rempli
chaque souffle de vie. Merci de m’avoir transmis la force… Tu vas me manquer.
À Mariano, ensemble dans les épreuves et dans la vie, tu as choisi le bon port. Merci.
À mes frères et sœur, Adeline, Jonathan, Emmanuel, toujours ensemble dans l’incertitude
de la vie.
À mon amour, Andoni, libre et rêveur, c’est avec toi que la vie prend tout son sens.
À mes sœurs « de cœur » Juliette, Gaby, Camille, merci de m’accompagner tous les jours sur
le chemin de la vie.
2
À toutes mes amitiés, d’enfance et de bêtises Mario, Krouchnette, Charlène, Marjo ; mes
copines de vie Coco, Xaxu, Jojo, Manon, Marion ; mes « sista de Bidart » Nora et Steph ; aux
« garçons » Nathan, la Gork, la Mik, la Jack, Jiji, Tristan, Roms, Bambi et Mathou. À ces
études, qui m’ont permis de rencontrer des gens extraordinaires tous autant soient-ils
Alizée, Mathilde, Charlotte, Moha, Maïa, Tim, Clémence.
À mon directeur de thèse Cédric GIL-JARDINE, pour son aide, sa disponibilité et sa bonne
humeur dans laquelle nous avons travaillé.
À Guillaume VALDENAIRE, et son grand art de persuasion. Merci pour nos conversations
aussi humaines soient-elles.
À tous mes maîtres de stage, avec une attention particulière à « Mister BAYLE » dont l’art
de vivre ne se résume pas à être un grand médecin. Mais aussi à l’ensemble de la PMI de
Bayonne pour leur accompagnement protecteur.
Mais aussi à mes patients, qui durant toutes ces années ont traversé mon cursus afin de faire
de moi, aujourd’hui un « vrai » Médecin.
3
2. SOMMAIRE
1. REMERCIEMENTS __________________________________________________ 2
2. SOMMAIRE ________________________________________________________ 4
3. LISTE DES ABRÉVIATIONS ___________________________________________ 5
4. INTRODUCTION ____________________________________________________ 6
4.1. Contexte______________________________________________________________ 6
4.2. Du stress au burn-out____________________________________________________ 7
4.3. Trouble de stress post traumatique _________________________________________ 9
4.4. Syndrome Post Commotionnel ___________________________________________ 12
4.5. Objectifs de l’enquête __________________________________________________ 16
5. MATERIEL ET METHODE ___________________________________________ 17
5.1. Contexte_____________________________________________________________ 17
5.2. Population ___________________________________________________________ 18
5.3. Procédure et outils _____________________________________________________ 18
5.4. Analyses statistiques ___________________________________________________ 24
6. RESULTATS _______________________________________________________ 25
6.1. Population ___________________________________________________________ 25
6.2. Prévalence du SPC _____________________________________________________ 26
6.3. Analyse des correspondances multiples _____________________________________ 31
7. DISCUSSION ______________________________________________________ 31
8. CONCLUSION _____________________________________________________ 35
9. BIBLIOGRAPHIE ___________________________________________________ 36
10. ANNEXES _________________________________________________________ 43
12. RÉSUMÉ __________________________________________________________ 53
4
3. LISTE DES ABRÉVIATIONS
[DR] : Déshumanisation
[VT] : Vitality
5
[SF] : Social Functionning
4. INTRODUCTION
4.1. Contexte
« Hôpital sous tension », « Rentabilité des soins », « défaillance des soins primaires »,
« manque de lit » voici quelques expressions signant des problématiques fréquemment
entendues au sein du système de soins.
Selon l’enquête DRESS en 2014, 43% du nombre de passages aux urgences pourrait être pris
en charge en médecine ambulatoire. Les services d’urgences [SU] sont sollicités par
l’accessibilité aux soins et la consultation dite « par défaut ». Le patient change et valorise
l’immédiateté des soins (1). Or on sait que la population médicale en soin primaire se raréfie,
attirée par le salariat et l’activité groupée. On peut parler de « changement générationnel »
où une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle est recherchée (2).
En lien direct avec ces difficultés, les services d’urgences doivent faire face à une demande
croissante. À ce jour, ils constituent une zone charnière du système de soin entre les limites
auxquelles sont confrontés les soins primaires en amont et le manque de lit en aval. Ces
dernières années, le déséquilibre ne cesse de croitre et concourt à la surcharge de ces services
et à la lassitude du personnel (3).
6
4.2. Du stress au burn-out
Cette situation inquiète. Non seulement préjudiciable aux patients, elle est à l’origine
d’un certain mal-être du personnel déjà soumis à un stress et à des contraintes permanentes
(4).
En effet la médecine d’urgence cumule de nombreuses caractéristiques du métier stressant
(5). Beaucoup d’études mettent en avant les facteurs de stress propres aux urgentistes. Ainsi
le Département of Homeland Security des États-Unis les met en évidence. Ils sont :
l’exposition répétée à des événements traumatisants, la fatigue liée aux horaires décalés ou
prolongés, le déséquilibre entre les obligations professionnelles et personnelles… (6). Dans
le même cadre, une étude française de grande ampleur a interrogé 72 services d’urgences.
Elle retrouvait comme facteurs de stress le plus souvent rapportés chez les urgentistes : la
fatigue, les rythmes variables de travail, l’incertitude sur certaines compétences et la
surcharge périodique de travail (7). Les répercussions sont importantes et aboutissent parfois
à un abandon de la médecine d’urgence … (8)
Sujet d’actualité, le Burn-out ou Syndrome d’Épuisement Professionnel [BO], intègre cette
notion de stress « chronique ». Largement ressenti dans les différents SU en France. Des taux
records de burn-out sont retrouvés chez les urgentistes. Ils peuvent atteindre jusqu’à 57,2%
selon une étude menée en 2013 auprès des médecins urgentistes en Midi-Pyrénées (9).
7
Apparue dans les années 70 aux États-Unis. Herbert J. Freudenberg en 1974 propose
la première définition avec les soignants de la free clinics (Hôpital de jour à New-York
accueillant les toxicomanes): « L’épuisement professionnel est un état causé par l’utilisation
excessive de son énergie et de ses ressources, qui provoque un sentiment d’avoir échoué,
d’être épuisé ou encore d’être exténué » (10). C’est par la suite, en 1986, que Maslash décrit
le BO selon ces trois dimensions connues à ce jour : « l’épuisement émotionnel », « la
déshumanisation de la relation au patient » et « la diminution de l’accomplissement
personnel au travail ». Il le présente alors comme « une fatigue physique et émotionnelle
qui amène l’individu à une conception négative de soi, à des attitudes négatives au travail
et à une diminution progressive et importante de son implication » (11,12).
1. L’épuisement émotionnel [EE] est la composante clé du BO, elle représente un
sentiment de fatigue, de démotivation, d’anéantissement des ressources
émotionnelles et physiques. Le sujet se sent « vidé », c’est comme s’il avait atteint
son seuil de saturation émotionnelle et n’était plus capable d’accueillir une
émotion nouvelle. Si bien que travailler avec certains malades est de plus en plus
difficile. Non améliorées par le repos, il est possible d’observer des explosions
émotionnelles type colère, crises de larmes, ou refus d’agir ou de répondre à des
demandes mêmes anodines…
2. La déshumanisation [DR], est marquée par un détachement, une sécheresse
relationnelle s’apparentant au cynisme, une attitude négative permanente vis-à-
vis du travail. Le malade est mis à distance, considéré comme une chose, un objet
plutôt qu’une personne. Apparenté par exemple à un numéro de chambre, une
maladie (par exemple: « le TC sous Kardégic en box 1 »). L’organe étant souvent
mis en avant par rapport au malade. Sans oublier ce cynisme, cette sorte d’humour
noir utilisé quotidiennement par le personnel soignant. Ces propos déshumanisent
le malade. La distanciation est un mode de protection de soi et de son intégrité
psychique, reconnu comme une tentative d’adaptation de l’épuisement
émotionnel.
3. La diminution de l’accomplissement personnel [AR] représente la baisse de
l’épanouissement professionnel, de l’appréciation de soi et de ses compétences.
Conséquence des deux autres cette dimension est souvent douloureusement vécue.
8
Elle peut s’exprimer par un sentiment d’inefficacité, de ne plus pouvoir aider les
gens, d’être frustré dans son travail, ne plus faire du « bon » travail. En effet, la
relation à l’autre étant au centre de la motivation initiale du soignant, constat de
cette distanciation, celui-ci va la ressentir comme un échec. Pensant ne plus
pouvoir aller vers l’autre, apparait alors la dévalorisation de soi, la culpabilité, la
démotivation. Diverses conséquences sont possibles à savoir l’absentéisme
professionnel, le manque de rigueur, les erreurs médicales. Possible
désinvestissement du soignant, celui-ci peut également surinvestir son activité.
Dans l’impossibilité de quitter son service, trainant de manière illogique, ce «
présentéisme » inefficace serait le plus souvent retrouvé chez les médecins et
cadres de santé.
9
traumatismes ou à des facteurs de stress. Il dépend de 8 critères énoncés et résumés ci-après
(17) :
A. Avoir été exposé à la mort effective ou à une menace de mort, à une blessure grave ou
à des violences sexuelles d’une (ou plusieurs) des façons suivantes :
1. exposition directe
2. comme témoin
3. indirectement si on apprend qu’un proche parent ou ami vient de décéder d’une mort violente
4. comme intervenant (sauveteur, policiers, personnel ramassant des restes humains)
C. Évitement persistant des stimuli évocateurs de l’évènement (un ou les deux symptômes)
:
1. évitement des souvenirs et sentiments associés à l’évènement
10
2. évitement des personnes, lieux, conversations, objets et situations associés à l’événement
11
constatent, trois ans après un attentat dans un auditoire d’étudiants à Woluwé, que deux
intervenants sur 15 présentent un état de stress post-traumatique complet et invalidant.
Même si l’environnement et la richesse des moyens médicaux semblent différents en
SAMU-SMUR et en SU, il n’en exclut pas l’exposition à des événements potentiellement
traumatisants. Le personnel des salles d’urgences étant régulièrement témoin de situations
potentiellement mortelles vécues par leurs patients. Laposa et al. (20) en 2003 étudie le
TSPT chez tous les travailleurs d’un service d’urgence au Canada (Infirmier(e)s, Médecins,
techniciens, administratif). Ils mettent en évidence un taux de TSPT chez les infirmier(e)s
et médecins supérieur à la population générale (12% vs 7%).
L’état de stress post traumatique partage des symptômes communs au Syndrome Post
Commotionnel [SPC] (21). Ce dernier fréquent et invalidant semblerait être lié au stress et
pouvoir également se retrouver en population saine (22,23).
Initialement décrit comme un cortège de symptômes survenant à la suite d’un traumatisme
crânien léger [TCL]. Il est introduit en 1934 par Strauss et Savitki (24). Il incluait de
nombreux symptômes tels que : céphalée, vertige, acouphène, flou visuel, diplopie,
insuffisance de convergence, irritabilité, anxiété, dysgueusie, troubles du sommeil, troubles
de la libido, troubles de la mémoire et de l’attention etc…
Au cours de la deuxième moitié du XXème siècle des facteurs organiques,
sociodémographiques et psychologiques sont identifiés comme pouvant jouer un rôle dans
le développement des symptômes post-commotionnels (25). C’est notamment Rutherford
en 1989 qui a suggéré que le stress de la vie quotidienne pourrait entrer en jeu dans le
mécanisme de développement du syndrome (26).
12
Des critères diagnostiques pour le SPC ont été proposés pour la première fois en 1992 dans
la 10e classification internationale des maladies (CIM-10/ICD-10) (27,28). Nous connaissons
également d’autres outils d’évaluations comme la quatrième version du manuel
diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) (29) et le questionnaire des
symptômes post-commotionnels de Rivermead (RPQ)(30).
Il faut savoir que le SPC n’est pas présent dans le DSM-V. Seuls sont présents le trouble de
stress post-traumatique et la démence due à un traumatisme crânien. Une nouvelle entité
est décrite : le trouble neurocognitif majeur ou léger dû à une lésion cérébrale traumatique.
Dans ce syndrome le traumatisme crânien initial doit comporter au moins une des
caractéristiques suivantes :
- une perte de connaissance
- une amnésie post-traumatique
- une désorientation et confusion post-traumatique
- des signes neurologiques (une lésion décelable en neuro-imagerie, l’apparition
récente de crises comitiales, l’aggravation marquée d’une comitialité préexistante,
l’amputation du champ visuel, une anosmie, une hémiparésie…).
Maux de tête x x x
Vertiges x x x
Nausées/Vomissements x
Trouble du sommeil x x x
Fatigue x x x
Dépression x x
Anxiété x
13
Diminution tolérance au stress x
Trouble de la mémoire x x
Difficulté à se concentrer x x
Vision floue x
Vision double x
Sensibilité à la lumière x
Changement de personnalité x x
RPQ : Rivermead ; CIM-10 : Classification Internationale des Maladies 10ème Version ; DSM-IV :
Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux 4ème Version.
Des études montrent que cet ensemble de symptômes ne concerne pas seulement les
victimes de traumatisme crânien léger (31, 32, 33). Ils pourraient apparaitre dans d’autre
condition sans TCL initial : en population saine (34, 35) et chez les patients dont le siège du
traumatisme n’est pas la tête (36, 37, 38, 39).
Meares et al. en 2008 ont étudié la prévalence du SPC dans un centre de traumatologie
niveau 1. La survenue du SPC est quasi identique qu’il y ait eu TCL (43,3%) ou non (43,5%)
(33). De plus, Hoareau S et al, montre que la prévalence du SPC chez les patients victimes
de traumatisme mineur est de 24,5% à 4 mois. Et que celle-ci est corrélée au stress des
patients à la sortie des urgences(40).
Gouvier et al, dès 1992 montraient que la survenue, l’intensité et la durée des
symptômes du SPC étaient corrélées au stress quotidien (39). De nombreuses études
s’intéressent à la relation entre anxiété, stress, dépression et la survenue d’un SPC. Edmeds
et al. en 2012 montrent que ces 3 facteurs sont prédictifs d’un SPC en présence ou non d’un
TCL (42).
14
traumatique. Jamais étudié chez les professionnels de santé nous avons décidé d’y porter
une attention particulière. D’autant plus que celui-ci est susceptible d’altérer la qualité de
vie (43, 44). Dans ce contexte nous avons focalisé l’étude sur les symptômes seuls du
syndrome post commotionnel excluant le TCL. Nous avons appelé cet équivalent du
syndrome post commotionnel le SPC-like.
Le mal-être au travail est souvent tabou, pourtant les risques existent. On sait par
exemple, que le taux de suicide des médecins est six fois plus élevé que dans la population
générale (45). Dans ce cadre, burn-out, trouble de stress post traumatique, symptômes du
syndrome post commotionnel vécus au travail, participent à la mise en danger de la santé
physique et mentale du personnel soignant. Ils ont également un effet négatif sur le bon
fonctionnement du système de soins et la prise en charge du patient (46, 47).
Des études récentes suggèrent que des prises en charge psychologique peuvent être
bénéfiques pour ces types de syndrome (48). Noyé dans l’ensemble des services hospitaliers,
il n’y a pas de lien privilégié entre la médecine d’urgence et l’aide psychologique (hormis
situation particulière type médecine de catastrophe où des protocoles sont établis) (49, 50).
Ce d’autant plus que de par la loi, l’employeur avec l’aide de la médecine du travail, se doit
d’évaluer les risques au travail et de préserver la santé physique mais aussi mentale des
salariés (Art. L.230-2 du Code du travail).
La plupart des études sont tournées vers les médecins. Nous avons décidé de mener une
enquête auprès de l’ensemble du personnel travaillant dans un SU. Nous partons du postulat
que les contraintes peuvent être extrapolées à tous les professionnels de soins d’une équipe ;
des médecins, aux infirmier(e)s diplômés d’état, aide-soignant(e)s, brancardier(e)s.
Le but de cette étude est d’évaluer la prévalence des professionnels souffrant des
symptômes du syndrome post commotionnel dans un service d’urgence adulte. Le Burn-out
et le syndrome de stress post traumatique seront également évalués afin d’en déduire la
nécessité d’une prise en charge psychologique.
15
4.5. Objectifs de l’enquête
16
-Décrire les habitus (Tabac, alcool, sommeil)
-Évaluer la prévalence du Burnout défini par les critères du Maslach Burn-out Inventory.
-Évaluer la prévalence d’un équivalent d’état de stress post traumatique défini par les
critères du DSM -5.
-Évaluer la qualité de vie définie par le SF 12.
5. MATERIEL ET METHODE
5.1. Contexte
17
Il s’agit d’une étude observationnelle transversale monocentrique réalisée aux
urgences adultes de l’hôpital Pellegrin du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux
durant la période du 9 au 20 septembre 2017.
5.2. Population
Nous avons mené une enquête auprès des professionnels travaillant dans le service
d’urgence adulte de l’hôpital Pellegrin.
• Les critères d’inclusion portaient sur l’ensemble du personnel impliqué dans la prise en
charge directe ou indirecte d’un patient aux urgences. Il comprenait les professionnels de
santé (médecins, infirmier(e)s diplômés d’état, aide-soignant(e)s ainsi que les
brancardier(e)s et secrétaires). Ceux-ci ont la particularité d’avoir une activité de
médecine d’urgence uniquement hospitalière.
18
5.3.1 Procédure :
5.3.2 Questionnaire :
19
• Le questionnaire de qualité de vie utilisé est le SF-12 (Medical Study Short form)
validé en français (51) est une version raccourcie à 12 items du questionnaire SF-
36 à partir desquels sont calculés un score correspondant au domaine de la santé
mentale ou Mental Component Summary Score [MCS] et un score correspondant
au domaine de la santé physique ou Physical Component Summary Score [PCS].
Ces deux scores varient de 0 à 100 (QV optimale). Il couvre 8 dimensions : activité
physique (Physical Functionning [PF]), limitation/état physique (Rôle Physical
[RP]), douleur physique (Bodily Pain [BP]), santé perçue (Général Health [GH]),
vitalité (Vitality [VT]), vie/relations (Social Functionning [SF]) , santé
psychologique (Mental Health [MH]) , limitation/état psychologique (Rôle
Emotionnal [RE]).
23
5.4. Analyses statistiques
24
6. RESULTATS
6.1. Population
Parmi les 180 personnes travaillant aux urgences adultes de l’hôpital Pellegrin du
CHU de Bordeaux, 132 sujets ont participé à notre étude. 97% ont répondu de façon
optimale au questionnaire soit 129 personnes dont 87 femmes et 42 hommes. 3 personnes
ont été exclues de l’étude. Il y avait au total 24 médecins, 54 infirmier(e)s diplômés d’état,
39 aides-soignants(e)s, 6 agents administratifs. 19% faisait partie du corps médical et 81%
du corps paramédical. L’âge moyen était de 34 ans. Les travailleurs dormaient en moyenne
7 heures par nuit, fumaient pour 1/3 de la population. 72,9% pratiquaient une activité extra
professionnelle. Quasi 70% d’entre eux ont déclaré avoir vécu un évènement considéré
comme traumatique au cours de leur vie.
25
6.2. Prévalence du SPC
N % N % N % P
79 60,935 50 39,065
Sexe NS
F 87 67,4 50 63,3 37 74
M 42 32,6 29 36,7 13 26
Profession
26
Age Med [EIQ] 34 [29,5-40,0] 34 [29,0-39,0] 34 [30,0-40,0] NS
≤30 40 31 26 34 14 28 NS
31-35 28 22 15 20 13 26
36-40 30 23 19 24 11 22
≥41 29 24 17 22 12 24
Évènement 0,08
Traumatique
oui 89 69 50 63,3 39 78
non 40 31 29 36,7 11 22
Loisirs NS
Sport
Médicaments 0,01
Oui 20 16 7 8,8 13 26
Sommeil
Déficit 60 47 32 40,51 28 56
Tabac NS
moyenne 31 24 18 22,9 13 26 NS
Alcool
Jamais 5 4 2 2,5 3 6 NS
Régulièrement 34 26 20 25,3 14 32
Occasionnellement 89 69 56 70,9 33 66
Quotidiennement 1 1 1 1,3 0 0
Mésusage 19 15 14 17,8 5 10 NS
Dépendance 3 2 3 4 0 0
27
On ne retrouve pas de différence selon les classes d’âge. Cependant le SPC-like est
plus important chez les médecins comparé aux professions paramédicales. En effet, 50% des
médecins présentent un équivalent du SPC.
Notre étude ne trouve pas de lien statistiquement significatif entre la durée quotidienne
du trajet pour se rendre au travail et le SPC-like.
N % N % P
79 60,9 50 39,1
Médiane
SF-12
Une association entre le stress ressenti au travail et la survenue d'un SPC-like a été
mise en évidence. En effet, le niveau de stress apparaissait plus important chez les individus
28
présentant un SPC-like. Sur l’échelle numérique d’auto évaluation on retrouvait une
moyenne notée à 6/10 dans le cadre d’un équivalent du SPC et à 5/10 en l’absence de
symptômes.
En revanche la pénibilité ressentie au travail n’a aucune influence sur la survenue d’un SPC-
like.
La notion de bonheur apparaissait également significative puisque les personnes
ressentaient un bonheur plus intense en l’absence de symptômes. Il était évalué à 8/10 sans
SPC-like et à 7/10 lorsqu’ils souffraient d’un SPC-like.
On ne retrouve pas de différence statistiquement significative du taux de SPC-like en
fonction de la qualité de vie mentale (MCS-12) et physique (PCS-12). Cependant, on voit
que la moyenne globale de notre population concernant la qualité de vie mentale est très
en dessous de la population générale évaluée à 41,70.
N % N % N % P
79 60,935 50 39,065
Burn-Out
EE modéré 40 31 12 15,2 28 56
29
BO 66 54 30 40 36 73 <10^3
Pas de BO 57 46 44 60 13 27
BO Sévère 3 2 0 0 3 6
BO Modéré 13 11 6 8 7 14
BO Faible 50 41 24 32 26 53
TSPT 0,004
Oui 8 6 1 1 7 14
Non 118 94 77 99 40 86
14% des personnes souffrant d’un SPC-like présentaient un TSPT. Soit 87,5% des
personnes qui avaient un TSPT, avaient également un SPC-like. On retrouve une différence
statistiquement significative concernant le TSPT. En effet notre population SPC-like
présentait une plus grande proportion de TSPT.
Concernant les professionnels de santé et le burn-out, 11(8,5%) avaient un score
d'épuisement émotionnel élevé, 37(28,7%) avaient un score de dépersonnalisation élevé, et
39(30,2%) avaient un score d'accomplissement personnel bas. Sur les 123 professionnels, 66
étaient en burn-out soit 54% de notre population. Parmi eux 50 étaient en burn-out dit
"faible" (atteinte d'une seule composante), 13 avaient un burn-out dit modéré (atteinte de 2
composantes) et 3 étaient en burn-out dit "sévère" (atteinte des 3 composantes). Concernant
la population SPC-like on retrouve un lien statistiquement significatif avec la présence d'un
burn-out.
Burn-Out
Sévère 6%
30
EE
8,5%
DR
28,7% AP 30,2%
Figure 1. Diagramme de Venn représentatif des scores élevés dans chaque dimension du burnout (DP =
dépersonnalisation, EE = épuisement émotionnel, AP = diminution de l’accomplissement personnel)
Les trois syndromes étudiés dans notre enquête se sont regroupés de la même façon
dans l’analyse des correspondances multiples. En effet, la population présentant un
équivalent du syndrome post commotionnel a montré un schéma de regroupement avec
ceux présentant un trouble de stress post traumatique ou de burn-out.
A contrario, les professionnels indemnes de SPC-like ,de Burn-out ou de TSPT étaient
proches.
Notre population se regroupait donc en deux groupes bien distincts: ceux qui étaient en
souffrance et ceux qui étaient indemnes de ces trois syndromes.
7. DISCUSSION
Une telle étude s’intéressant aux symptômes du syndrome post commotionnel chez
le personnel soignant des urgences n’a jamais été réalisée. Le recueil des données s'est
effectué sur une courte période de 12 jours permettant une représentation homogène dans
le temps de l’état de notre population.
Le questionnaire a été conçu à partir de données de la littérature validée et déjà utilisée sous
la forme auto-questionnaire. À réponses fermées, d’une durée relativement courte et rempli
sur le lieu du travail cela permettait une plus grande participation. D’autant plus qu’elle était
motivée par la connaissance de la thésarde présente le semestre précèdent.
32
prévalence d'après certains auteurs (60,66). En revanche, le dépistage du burn-out par un
test très sensible qui met en évidence une forte prévalence, permet au moins d’évoquer le
sujet dans un milieu où on ne parle traditionnellement pas de souffrance au travail (67).
Menée sur les lieux du travail, il existe un biais de désirabilité sociale. Les travailleurs
montrent alors une facette positive d'eux même, d'autant plus que celle-ci concerne les
facteurs psychosociaux et les questions de consommation d'alcool, de toxique.
Enfin une autre limitation reste le biais de mémorisation qui influence les souvenirs
notamment concernant la notion de traumatisme.
Les résultats de notre étude mettent en lumière les difficultés que peuvent
rencontrer les professionnels dans un service d'urgence. Non sans conséquence, on sait
qu’une des solutions face à cette souffrance pourrait être la réorientation professionnelle
et l'abandon de la médecine d'urgence (8). Du même ordre, l'étude SESMAT mettait en
évidence un lien fort entre burn-out et l'intentionnalité de quitter le métier. Ils étaient
alors jusqu’à 21% à vouloir quitter le métier d'urgentiste (63).
De plus, il est mis en avant une relation avec la notion de bonheur et de stress au
travail. Il semble que ce dernier ait un impact péjoratif sur la survenue de symptômes
proches du SPC. L’OMS estime que le stress au travail influe négativement sur la santé
psychologique et physique des individus ainsi que sur l'efficacité de l'entreprise (62). Il
constitue un terrain favorable au burn-out.
La prévalence du burn-out de 54% est en rapport avec ceux observés dans d’autres
études :
• 51% pour l'enquête SESMAT menée en 2008 auprès des urgentistes (63)
• 57,2% pour Yven YM dans son enquête sur le personnel SMUR dans les Midi-
Pyrénées en 2013 (9).
• 60% pour Birault et al dans la région Poitou-Charentes en 2013 (64).
33
Par ailleurs, un schéma de regroupement de notre population présentant un équivalent de
syndrome post commotionnel, de burn-out ou de trouble de stress post traumatique est
apparu dans l’analyse des correspondances multiples. Cette analyse a permis de distinguer
un groupe de professionnels en souffrance et un groupe indemne des trois syndromes.
S'agissant de leur vie sociale et relationnelle le score de santé mentale moyen était très en
dessous de la moyenne. Ces résultats semblent concordants avec d'autres études (65). Par
ailleurs, il n'existait pas de corrélation statistique significative entre l’évaluation de la qualité
de vie et notre population SPC-like.
8. CONCLUSION
35
accessible dans le service pourrait être intéressante pour la détection et la prise en charge
des soignants qui en ressentent le besoin. L’impact sur les professionnels des urgences n’est
pas négligeable et des actions pourraient être conduites pour améliorer les conditions de
travail. Cette réflexion fait l’objet de nombreux travaux actuellement conduits dans le
service.
9. BIBLIOGRAPHIE
36
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stress factors than other physicians-results from French SESMAT study. Emerg Med J.
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42
10. ANNEXES
Aide-Soignant(e)
Au sein du pôle, quelle est Ambulancier(e)
votre profession ? Brancardier(e)
Infirmier(e)
Âge: ….
Médecin
Sexe: F M
Statut marital:
Nombre d’enfants : ….
Célibataire Divorcé(é) Concubinage
Marié(e) Pacsé(e) Age des enfants : ….
Autre: ….
Ancienneté aux urgences : …. année(s) …. mois
Absence de Pénibilité
pénibilité 0 10 maximale
imaginable
Absence de
Stress maximale
stress 0 10 imaginable
• Avez-vous déjà vécu un événement que vous pourriez considérer comme traumatique au cours
de votre vie ?
Oui Non
43
A-t-il eu lieu au cours des 6 derniers mois? Oui Non
Si Oui :
Est-il survenu sur le lieu du travail? Oui Non
Pire vie
Meilleure
possible 0 10 vie possible
4- Au cours de ces 4 dernières semaines, et en raison de votre état émotionnel (comme vous
sentir triste, nerveux ou déprimé):
• Avez-vous accompli moins de choses que vous auriez souhaité ?
Toujours= 1 ; La plupart du temps= 2 ; Souvent= 3 ; Parfois= 4 ; Jamais= 5
• Avez-vous eu des difficultés à faire ce que vous aviez à faire avec autant de soin et d’attention que
d’habitude :
Toujours= 1 ; La plupart du temps= 2 ; Souvent= 3 ; Parfois= 4 ; Jamais= 5
5-Au cours de ces 4 dernières semaines, dans quelle mesure vos douleurs physiques vous ont-
elles limité dans votre travail ou vos activités domestique ?
Pas du tout= 1 ; Un petit peu= 2 ; Moyennement= 3 ; Beaucoup= 4 ; Enormément= 5
6-Les questions qui suivent portent sur comment vous vous êtes sentis au cours de ces 4
dernières semaines. Pour chaque question, indiquez la réponse qui vous semble la plus
appropriée.
• Y a t-il eu des moments où vous vous êtes senti calme et détendu ?
Toujours= 1 ; La plupart du temps= 2 ; Souvent= 3 ; Parfois= 4 ; Jamais= 5
• Moments où vous vous êtes senti débordant d’énergie ?
Toujours= 1 ; La plupart du temps= 2 ; Souvent= 3 ; Parfois= 4 ; Jamais= 5
• Moments où vous vous êtes senti triste et abattu ?
Toujours= 1 ; La plupart du temps= 2 ; Souvent= 3 ; Parfois= 4 ; Jamais= 5
7-Au cours de ces 4 dernières semaines, y a-t-il eu des moments où votre état de santé physique
ou émotionnel vous a gêné dans votre vie sociale et vos relations avec les autres, votre famille,
vos amis, vos connaissances ?
Toujours= 1 ; La plupart du temps= 2 ; Souvent= 3 ; Parfois= 4 ; Jamais= 5
44
• Pratiquez-vous une activité extra-professionnelle, type loisir ?
Oui Non
Quelles sont-elles ? …
…
…
• Consommez-vous des
médicaments au long cours (hors contraception)?
Oui Non
… …
… …
Si Oui, lesquels ? … …
… …
Afin de quantifier votre mode de vie en rapport avec votre sommeil voici quelques situations de la vie quotidienne ou vous devrez
évaluer les chances de somnoler ou de vous endormir:
45
• Êtes-vous fumeur ?
Oui Non
1-Indiquez par un chiffre entre 0 et 100 quel est votre degré de dépendance aux cigarettes :
Je ne suis absolument pas dépendant(e) des cigarettes = 0
Je suis extrêmement dépendant(e) des cigarettes = 100
3-Combien de temps (en minutes) après votre réveil, fumez-vous votre première cigarette ?
0-5= 5 ; 6-15= 4 ; 16-30=3 ; 31-60= 2 ; Plus de 61=1
5-Après quelques heures passées sans fumer, je ressens le besoin irrésistible de fumer :
46
6-Je suis stréssé/e à l’idée de manquer de cigarettes :
7-Avant de sortir, je m’assure toujours que j’ai des cigarettes sur moi :
10-Il m’arrive de tout laisser tomber pour aller acheter des cigarettes :
12- Je fume malgré les risques que cela entraine pour ma santé :
Oui Non
• Consommez-vous de l’alcool ?
Jamais Régulièrement*
Occasionnellement* Quotidiennement*
*Occasionnellement : au moins 1 fois dans le mois ; Régulièrement: au moins 3 consommations dans la semaine ;
Quotidiennement: au moins 1 fois par jour.
3-Combien de fois vous arrive-t-il de boire six verres d’alcool ou plus lors d’une même occasion ?
47
4-Au cours de l’année écoulée, combien de fois avez-vous constaté que vous n’étiez plus capable
d’arrêter de boire après avoir commencé ?
5-Au cours de l’année écoulée, combien de fois votre consommation d’alcool vous a-t-elle empêché
de faire ce qui était attendu de vous ?
6-Au cours de l’année écoulée, combien de fois avez-vous dû boire un verre d’alcool dès le matin
pour vous remettre d’une soirée bien arrosée ?
7-Au cours de l’année écoulée, combien de fois avez-vous eu un sentiment de culpabilité ou des
remords après avoir bu ?
8-Au cours de l’année écoulée, combien de fois avez-vous été incapable de vous souvenir ce qui
s’était passé la veille parce que vous aviez trop bu ?
9-Vous êtes-vous blessé ou avez-vous blessé quelqu’un parce que vous aviez bu ?
Non = 0 Oui mais pas dans les douze mois = 3 Oui au cours des douze derniers mois = 4
10- Est-ce qu’un proche, un médecin ou un autre professionnel de la santé, s’est déjà préoccupé de
votre consommation d’alcool et vous a conseillé de la diminuer ?
Non = 0 Oui mais pas dans les douze mois = 3 Oui au cours des douze derniers mois = 4
• Instructions : Vous trouverez ci-dessous une liste de problèmes que les gens éprouvent parfois à la
suite d'une expérience très stressante. Veuillez s'il-vous-plait lire chaque problème soigneusement et
encercler un chiffre à droite pour indiquer à quel point vous avez été dérangé par ce problème au
cours de la dernière semaine.
48
7. L'évitement des rappels externes de l'expérience
stressante (par exemple, des personnes, des endroits,
0 1 2 3 4
des conversations, des activités, des objets ou des
situations) ?
49
Pas du
Par ailleurs, au cours du dernier mois : Modéré- Beau- Extrême-
tout Un peu
ment coup ment
• Précisez la fréquence à laquelle vous ressentez la description des propositions suivantes en entourant le
chiffre correspondant avec :
0=Jamais
1=Quelques fois par an ou moins
2=Une fois par mois ou moins
3=Quelques fois par mois
4=Une fois par semaine
5=Quelques fois par semaine
6=Chaque jour
03. Je me sens fatigué(e) lorsque je me lève le matin et j’ai à affronter une autre 0 1 2 3 4 5 6
journée de travail
06. Travailler avec des gens tout au long de la journée me demande beaucoup 0 1 2 3 4 5 6
d’efforts
09. J’ai l’impression, à travers mon travail, d’avoir une influence positive sur les 0 1 2 3 4 5 6
gens
10. Je suis devenu(e) plus insensible aux gens depuis que j’ai ce travail 0 1 2 3 4 5 6
50
12. Je me sens plein(e) d’énergie 0 1 2 3 4 5 6
17. J’arrive facilement à créer une atmosphère détendue avec mes patients 0 1 2 3 4 5 6
18. Je me sens ragaillardi(e) lorsque dans mon travail j’ai été proche de patients 0 1 2 3 4 5 6
19. J’ai accompli beaucoup de choses qui en valent la peine dans ce travail 0 1 2 3 4 5 6
21. Dans mon travail, je traite les problèmes émotionnels très calmement 0 1 2 3 4 5 6
22. J’ai l’impression que mes patients me rendent responsable de certains de leurs 0 1 2 3 4 5 6
problèmes
51
11. SERMENT D’HIPPOCRATE
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous
ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune
discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles
sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la
contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.
Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me sont confiés. Reçu(e)
à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas
à corrompre les mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les
agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
52
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes
promesses : que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.
12. RÉSUMÉ
NOM : AUSSEIL PRÉNOM : Lucille, Stella
Titre en français : Enquête sur les professionnels de Santé travaillant en service de Médecine
d’Urgence
Introduction : Dans un contexte de surcharge des services d’urgences, nous avons souhaité
porter une attention particulière aux personnels y travaillant.
L'objectif principal de cette étude était d’évaluer la prévalence des professionnels souffrant
d’un équivalent de Syndrome post commotionnel défini par les critères de la CIM-10.
L’objectif secondaire était d’évaluer la prévalence du Burn-out et du Trouble de stress post
traumatique.
Matériel et Méthode : Il s’agit d’une étude observationnelle transversale monocentrique
réalisée aux urgences adultes de l’hôpital Pellegrin du Centre Hospitalier Universitaire de
Bordeaux sur la période du 9 au 20 septembre 2017. L’enquête a été réalisée avec des auto-
questionnaires anonymes remis à l’ensemble du personnels travaillant aux urgences
(médecins, infirmier(e)s diplômés d’état, aide-soignant(e)s, les brancardier(e)s et agents
administratifs). Leurs participations étaient libres et bénévoles.
Résultats : 129 personnes ont participé à notre enquête. L’âge moyen était de 34 ans. La
prévalence des symptômes proche du SPC était de 39,1% chez nos professionnels de santé. Il
y avait également 6% de Trouble de stress post traumatique et 54% de Burn-out. Une
relation statistiquement significative entre le stress au travail, le niveau de bonheur, le
TSPT, le Burn-out et les symptômes du syndrome post commotionnel est mis en évidence.
Conclusion : Le travail en médecine d’urgence semble avoir des répercussions sur
l’ensemble du personnel. En effet, une si grande proportion de symptômes équivalents au
syndrome post commotionnel doit nous alerter. Ces résultats suggèrent donc la nécessité
d’une intervention au plus près du personnel afin de les prévenir.
53
Mots-Clés : Syndrome post-commotionnel ; Médecine d’urgence ; Santé au travail ;
Épuisement professionnel
54