académie militaire Fondouk Jdid
Commande Machines synchrones
Prof: Moez Youssef
I) Constitution de la machine synchrone:
Une machine synchrone est constituée par :
• un stator fixe, il est constitué par trois enroulements identiques
décalés l’un par rapport à l’autre d’un angle de 2p/3.
• un rotor tournant, il y’a deux types de rotor:
* rotor bobiné: il est constitué par un bobinage parcouru par un
courant continu (courant d’excitation),
* rotor à aimant permanent.
2
II) Fonctionnement en génératrice (Alternateur): Principe:
• On entraine le rotor à une vitesse W.
• En même temps, on alimente le bobinage du rotor par un courant
continu ie. Le bobinage du rotor crée alors un champ B proportionnel
à ie (B=k ie).
On obtient alors 3 fem induites e1, e2, e3 aux bornes des 3 bobinages du
stator:
𝑑𝜑1
𝑒1 = −
𝑑𝑡
avec 𝜑1 flux envoyé par le rotor sur la bobine 1 du stator,
𝜑1 = 𝐵𝑆 𝑐𝑜𝑠 𝛼1 avec 𝛼1 : angle entre le bobinage du rotor et la bobine
1 du stator: 𝛼1 = Ω𝑡 + 𝐶
𝑑
Donc: 𝑒1 = − 𝐵𝑆 𝑐𝑜𝑠 Ω𝑡 + 𝐶 = 𝑘 ′ Ω 𝑖𝑒 𝑠𝑖𝑛 Ω𝑡 + 𝐶
𝑑𝑡
3
𝑑𝜑2
De même: 𝑒2 = − 𝑑𝑡
avec 𝜑2 flux envoyé par le rotor sur la bobine 2
du stator,
𝜑2 = 𝐵𝑆 𝑐𝑜𝑠 𝛼2 avec 𝛼2 : angle entre le bobinage du rotor et la bobine
2𝜋
2 du stator, 𝛼2 = Ω𝑡 − 3 + 𝐶
′ 2𝜋
Donc: 𝑒2 = 𝑘 Ω 𝑖𝑒 𝑠𝑖𝑛 Ω𝑡 − +𝐶
3
′ 2𝜋
De même, on prouve que : 𝑒3 = 𝑘 Ω 𝑖𝑒 𝑠𝑖𝑛 Ω𝑡 + 3 +𝐶
On obtient alors un système de 3 tensions triphasées équilibrées de
pulsation ω = Ω au stator
Conclusion:
Si un rotor à p paires de pôles est alimenté par un courant continu 𝑖𝑒 et
entrainé à une vitesse Ω, on obtient au stator un système de 3 tensions
triphasées équilibrées de pulsation 𝝎 = 𝒑 𝜴
𝒑𝑵 𝟔𝟎 𝒇
On a donc: 𝒇 = et𝑵 =
𝟔𝟎 𝒑
4
III) Caractéristique à vide de l’alternateur:
La machine est entrainée à une vitesse constante Ω, on fait varier le
courant d’excitation 𝑖𝑒 et on mesure la fem à vide Ev :
A 1
ie 2
V Ev
3
N
Ω
5
On obtient la courbe suivante:
Dans la zone linéaire la fem est proportionnelle au courant d’excitation
𝑖𝑒 et à la vitesse Ω : 𝑬𝒗 = 𝑲𝒊𝒆 𝜴
6
IV) Fonctionnement en charge de l’alternateur:
1) Schéma équivalent d’une phase du stator:
Ev
Ev: f.é.m. à vide
V : tension simple aux bornes d’un enroulement du stator
R : résistance de l’enroulement
L : inductance cyclique
X=Lw : réactance synchrone (en W)
7
2) Détermination des éléments du schéma équivalent:
• La femEv est connue par la caractéristique à vide. On mesure, en
courant continu, la résistance R de chaque enroulement.
• Pour déterminer X, on effectue un essai en court-circuit sous
excitation réduite.
On mesure ie et Icc . On peut
tracer la caractéristique Icc (ie ).
en court-circuit, on a:
𝐸𝑣 = 𝑅 + 𝑗𝑋 𝐼𝑐𝑐
Dans le cas ou 𝑅 ≪ 𝑋 :
𝐸𝑣 = 𝑋𝐼𝑐𝑐
𝐸𝑣
D’où: 𝑋 = 𝐼𝑐𝑐
8
3) Diagramme de Behn-Eschenburg:
A partir du schéma équivalent, on écrit la loi des mailles :
𝐸𝑣 = 𝑉ത + 𝑅 + 𝑗𝑋 𝐼 ҧ
En général 𝑅 ≪ 𝑋 ,
pour une charge inductive (i en retard sur v) :
On a: 𝐸 2 = 𝑉 + 𝑋 𝐼 𝑠𝑖𝑛𝜑 2
+ 𝑋 𝐼 𝑐𝑜𝑠𝜑 2
9
pour une charge capacitive (i en avance sur v) :
E
I 𝑳𝝎𝑰
𝝋 𝝋
V
On a: 𝐸 2 = 𝑉 − 𝑋 𝐼 𝑠𝑖𝑛𝜑 2
+ 𝑋 𝐼 𝑐𝑜𝑠𝜑 2
10
V) Bilan de puissance de l’alternateur:
Puissance
Puissance
utile
absorbée
Pabs Pu
Pjr Pjs PC
Pertes joule Pertes Pertes
rotor Joule constantes
stator
11
Puissance utile (électrique):𝑷𝒖 = 𝟑𝑽𝑰𝒄𝒐𝒔𝝋 = 𝟑𝑼𝑰𝒄𝒐𝒔𝝋
𝑽: tension simple stator, 𝑼: tension entre 2 bornes du stator
𝑰: courant ligne dans une phase du stator
Pertes Joule rotor:𝑷𝒋𝒓 = 𝒖𝒆 𝒊𝒆 = 𝑹𝒆 𝒊𝒆 𝟐
Pertes Joule stator : 𝑷𝒋𝒔 = 𝟑𝑹𝑰𝟐
Pertesconstantes (ou collectives):𝑷𝑪 = 𝑷𝒇𝒆𝒓 + 𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 𝒎é𝒄𝒂𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔
Puissance absorbée:𝑷𝒂 = 𝑷𝒖 + 𝑷𝒋𝒓 + 𝑷𝒋𝒔 + 𝑷𝑪
𝑷𝒖
rendement: 𝜼 = 𝑷
𝒂𝒃𝒔
12
VI) Alternateur couplésur le réseau:
pour que l’on puisse coupler l’alternateur sur le réseau électrique, il faut
tout d’abord vérifierque les tensions (tension du réseau, tension à la
sortie de l’alternateur) ont : même fréquence, même amplitude et
même ordre des phases
• Pour avoir 𝑓𝑎𝑙𝑡 = 𝑓𝑟𝑒𝑠 il faut entrainer l’alternateur à une vitesse 𝑁 =
𝑁𝑠 ( action sur le moteur d’entrainement)
• Pour avoir 𝑉𝑎𝑙𝑡 = 𝑉𝑟𝑒𝑠 il faut agir sur le courant d’excitation 𝐼𝑒
13
Montage utilisé pour réaliser le couplage
14
VII) Moteur synchrone:
• Considérons un alternateur couplé au réseau comme indiqué dans le
paragraphe précédent . Si l’on coupe l’alimentation du moteur
d’entrainement ( MCC) , la machine synchrone continue de tourner
en entrainant la MCC: la machine synchrone fonctionne alors en
moteur synchrone.
• Démarrage du moteur synchrone
Pour un moteur synchrone, on a toujours 𝑁𝑟 = 𝑁𝑠 , donc avec un réseau
à fréquence fixe un moteur synchrone ne peut pas démarrer.
Deux solutions sont envisageables:
* démarrage en mode asynchrone
*utilisation d’un dispositif électronique permettant une alimentation
avec une fréquence variable telle que 𝑁𝑟 = 𝑁𝑠
15
Démarrage du moteur synchrone en mode asynchrone
• On rajoute au rotor de la machine synchrone une cage d’écureuil afin
de démarrer le moteur en mode asynchrone.
• Lorsque le rotor est proche de la vitesse de synchronisme, on
alimente celui-ci en courant continu.
• Le rotor “s’accroche” sur le champ tournant
16
Schéma équivalent et diagramme vectoriel en fonctionnement moteur
Le schéma équivalent est identique à celui du fonctionnement
alternateur, il suffit d’inverser le sens du courant
jX
I
E V
La loi des mailles en grandeurs complexes:
ഥ=𝑬
𝑽 ഥ + 𝒋 𝑿 𝑰ത
ഥ=𝑽
Donc:𝑬 ഥ − 𝒋 𝑿 𝑰ത
17
Le diagramme vectoriel correspondant est :
V I
𝝋 V
E -jXI -jXI
I 𝝋
E
I en avance sur V
I en retard sur V
18
VIII) Expression du couple:
En négligeant les
pertes, on peut écrire:
P 3V I cos C W
Donc: 3V I cos
C
W
En projetant V et E sur I,
on a : V cos E cos
Donc: 3 E I cos
C
W
On s'aperçoit que le couple est donc maximal lorsque est nul. Il faut
donc que la fem et le courant soit en phase.
19
En projetant j.X.I et E sur la verticale, on a :
X I cos E sinq
Donc: 3V E sin q
C
XW
3V k W sin q 3k V
sin q
Lw W L w
V
K sin q
w
Donc:
Un autre mode de commande de la machine peut donc être obtenu en
maintenant l'angle q à 90°. Cet angle correspond également au
déphasage à maintenir entre le champ magnétique crée par le rotor et
le champ magnétique crée par le stator. On parle alors de moteur
synchrone autopiloté.
20
IX) Moteur synchrone autopiloté:
Le capteur (codeur ou resolver) détecte la position exacte du rotor et
permet à l’onduleur (convertisseur de fréquence), de maintenir un angle
θ de 90° entre le champ tournant statorique et le champ rotorique , de
façon à ce que le couple moteur puisse toujours être maximal. Il n’y a
plus possibilité de décrochage. Le capteur donne également
l’information " vitesse ".
21