DS DEVOIR SURVEILLE 2
Appareil photo et chimie
Durée 2h30
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être un erreur d’énoncé, d’une part il le signale
à la personne qui surveille, d’autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les
raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.
L’usage de calculatrices est INTERDIT !
AVERTISSEMENT
? Lire le sujet en entier avant d’écrire quoi que ce soit
? La rédaction (clarté, précision,...) et la présentation doivent être particulièrement soignées.
Les hypothèses doivent être clairement données lorsqu’elles ne sont pas évidentes !
? N’oubliez pas d’écrire un minimum français. Le correcteur a un seuil de tolérance qu’il s’agirait de ne pas
dépasser...
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DS DEVOIR SURVEILLE 2
I - Optique de l’appareil photo
La date conventionnelle de l’invention de la photographie a été fixée au 7 janvier 1839, date à laquelle Arago
présenta à l’Académie des Sciences l’invention de Daguerre : le daguerréotype. Mais l’histoire de la photographie
commence bien avant notamment avec la camera obscura (chambre noire) qui est utilisée dès le XVIe siècle pour
des travaux topographiques. Les historiens de l’art ont également montré qu’elle était utilisée par des peintres,
comme Vermeer ou les frères Van Eyck.
Le fonctionnement de cet ancêtre de l’appareil photo repose sur les propriétés des lentilles.
A) Objet et image
On modélise un appareil photo (figure 1) par une association d’une lentille mince (L ) de focale f 0 = OF 0
appelée ” objectif ”, d’un capteur (C) sur lequel on souhaite récupérer l’image et d’un diaphragme (D) placé
devant la lentille.
(L )
(C)
x
F0
(D) d
Figure 1 : Modélisation d’un appareil photographique
La distance d entre la lentille (L ) et le capteur (C) est réglable, grâce à un mécanisme lié à l’objectif ; elle est
comprise entre dmin et dmax .
À l’aide de cet appareil, on souhaite former sur le capteur l’image d’un arbre de hauteur h situé à une distance
L devant l’objectif.
1/ La lentille mince est utilisée dans les conditions de Gauss. Préciser en quoi elles consistent.
2/ Quelle partie de l’appareil permet d’assurer que ces conditions sont remplies ?
3/ (a) Faire un schéma soigné de la situation en notant AB l’objet et A’B’ son image sur le capteur (A est
sur l’axe et AB appartient à un plan orthogonal à l’axe). Positionner les foyers principaux et tracer
au moins deux rayons lumineux issus de B pour justifier la position de l’image A’B’.
(b) Exprimer la taille A’B’ de l’image de l’arbre sur le capteur en fonction de h, f 0 et L. Calculer cette
taille avec f 0 = 50 mm, h = 5 m et L = 20 m .
4/ (a) Quelle est la valeur de d lorsque l’objet est à l’infini ?
(b) Montrer qu’il existe une distance limite notée Lmin en dessous de laquelle il ne sera pas possible
d’obtenir une image sur le capteur compte tenu des limites du mécanisme, alors que ce serait toujours
possible pour des valeurs supérieures à Lmin .
(c) Exprimer Lmin en fonction de f 0 et dmax .
(d) Calculer Lmin pour f 0 = 50 mm et dmax = 55 mm.
B) Influence de la focale
On souhaite obtenir une image de l’arbre sur le capteur plus grande sans changer de place (donc en gardant la
même valeur pour L). On change donc l’objectif et on le remplace par un objectif de focale f10 = 100 mm. La
distance d est toujours réglable mais les valeurs dmin et dmax sont différentes des valeurs de la question 4/.
5/ (a) Quelle sera la taille de l’image de l’arbre sur le capteur ?
(b) Si on suppose que le capteur a pour dimensions : 20 mm × 30 mm (simplicité de calcul) , sera-t-il
possible de voir l’arbre en entier sur la photo obtenue ?
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6/ L’objectif utilisé est appelé ” téléobjectif ” ou ” objectif de longue focale ”. Sur un site internet dédié à la
photographie, on peut lire que ce genre d’objectif ” rapproche les objets ”.
Commenter cette phrase en indiquant la part de vérité ou d’inexactitude qu’elle contient (veillez à ne pas
vous perdre en considérations ésotériques dans cette réponse).
On souhaite maintenant réaliser un téléobjectif en utilisant deux lentilles : une lentille (L1 ) convergente et une
lentille (L2 ) divergente, séparées par une distance e. La distance L entre (L1 ) et l’arbre n’a pas changé.
7/ La lentille (L1 ), de focale f10 , donne de l’arbre AB une image intermédiaire A1 B1 qui joue le rôle d’objet
pour la lentille (L2 ), de focale f20 , qui en donne une image finale A’B’.
(a) Exprimer la distance O2 A1 en fonction de f10 , e et L.
(b) Justifier que cette distance se mette sous la forme :
O2 A1 ≈ f10 − e
8/ On prend f10 = 10 cm, f20 = −5 cm et e = 8 cm.
(a) Calculer la distance d entre (L2 ) et le capteur (C).
(b) Calculer la taille de l’image A0 B 0 de l’arbre sur le capteur.
(c) Indiquer si ce téléobjectif est équivalent à l’objectif de la question 5/.
II - Principe de la méthode d’auto-focus
(Les notations introduites dans l’exercice précédent ne sont pas nécessairement liées à celles de cet exercice sauf mention
explicite)
Reprenons le système étudié au début de la partie précédente et présenté en figure 1. On prendra pour la
suite f 0 = 10 cm.
Le capteur est toujours de taille 20 mm × 30 mm et contient 6 méga pixels.
Lorsque le réglage de l’appareil est optimal l’image de l’objet à photographier se trouve sur le plan (C). Sinon,
il convient de modifier la position de ce plan.
Prenons l’exemple d’un objet réduit à un point objet A0 qui donne un point image A. En cas de défaut de
réglage, on a la situation décrite sur la figure 2.
(L )
(C)
A0 A
(D)
Figure 2 : Défaut de réglage
Sur (C) se forme alors une tache à la différence d’un point.
Il faut donc déplacer le plan (C) d’une certaine distance pour obtenir une image nette.
Pour cela la méthode la plus rapide consiste à calculer cette distance à partir de la différence d’ordonnées des
points inférieurs et supérieurs de la tâche.
Il y a cependant une difficulté du fait que l’on obtient la même tache que (C) soit placé devant ou derrière l’image.
Nous allons étudier un dispositif astucieux qui permet de calculer algébriquement le déplacement à opérer
partant d’un défaut de réglage.
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A) Mise au point
On souhaite photographier un objet de de hauteur h = 10 cm, transverse à l’axe de l’objectif et situé à une
position x0 = −2 m, l’origine étant prise au centre de la lentille (L ).
9/ À quelle distance d0 du centre de la lentille (L ) faut-il placer (C) pour avoir une image nette (ceci définit
le plan C0 ) ? Donner la taille h0 de l’image.
On se place dans le cas où l’objet précédent se ramène à un point situé sur l’axe toujours à la position x0 = −2
m. (C) est placé à une distance δ = +0, 5 cm derrière C0 . La lentille a un rayon a = 5 cm (figure 3). On observe
alors une tache lumineuse sur (C).
10/ Faire un schéma et tracer les rayons qui parviennent à l’extrémité de cette tâche. Déterminer le rayon a0
de la tâche lumineuse formée sur (C).
Remarque : Par souci de simplicité, l’ensemble {lentille + diaphragme} sera assimilé à une lentille de rayon
limité. Le rayon de la lentille a est ainsi défini par la hauteur de lentille par rapport à l’axe optique (figure 3).
Les rayons extrêmes sont donc ceux passant par les extrémités de la lentille.
Figure 3 : Illustration de la lentille
11/ Après avoir déterminé la taille d’un pixel, supposé carré, donner un critère sur a0 , puis sur δ pour que
l’image transmise par le capteur soit nette.
B) Principe simplifié de l’auto-focus
Dans un souci de simplification on considère un objet réduit à un point objet situé sur l’axe de la lentille (L )
qui donne un point image noté A.
Pour déterminer si A se trouve ou non sur (C) on utilise deux lentilles annexes (L1 ) et (L2 ), situées à une
distance d0 de (C), de focale f 0 et de rayon a auxquelles sont associées des capteurs plans (C1 ) et (C2 ) situés
à une distance d de chaque lentille. (C1 ) (resp (C2 )) est conjugué de (C) par (L1 ) (resp (L2 )). Attention : en
réalité les deux lentilles son désaxées par rapport à l’axe optique de (L ), les rayons étant déviés par des miroirs.
Ici, on considère simplement que tout se passe comme si (C) est transparent.
Le schéma est représenté sur la figure 4.
12/ Exprimer d en fonction de d0 et f 0 .
13/ On se place dans le cas où A est sur (C). On note A1 son image par (L1 ).
Faire un schéma représentant A, A1 , F01 (le foyer image de (L1 )) et les rayons issus de A passant par les
bords inférieurs et supérieurs de (L1 ).
14/ Déterminer l’ordonnée y1 de A1 en prenant l’origine O’ située sur l’axe (Ox) (on pourra préalablement
déterminer l’ordonnée par rapport à l’axe optique de la lentille (L1 )). En déduire l’expression de y2
l’ordonnée de A2 l’image de A par (L2 ) en prenant également l’origine en O’.
15/ Calculer ∆Φ0 = y1 − y2 (appelé différence de phase, même si c’est une longueur) que l’on exprimera en
fonction de d0 , d et a.
On se place dans le cas où A est avant le plan (C) (cas de la figure 4) et on pose OA = p (mesure algébrique).
On note à nouveau A1 l’image de A par (L1 ).
16/ Construire A1 sur le document réponse.
On note x1 l’abscisse de A1 mesurée sur l’axe (O1 x1 ) que l’on ne cherchera pas à exprimer et qui sera donc
considérée comme une donnée. Déterminer son ordonnée y1 mesurée à partir de l’axe (Ox) en fonction de
a, x1 , d0 et p.
17/ Sur le document réponse, tracer les rayons issus de A passant par les extrémités des lentilles (L1 ) et (L2 ).
On obtient donc une tâche lumineuse. On note ys l’ordonnée du point supérieur de la tâche lumineuse sur (C1 )
et yi l’ordonnée du point inférieur de cette tâche, l’origine étant en O’ sur l’axe (Ox ).
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y
(C) d0 d
(L1 ) (C1 )
O1 x1
x
A O O’
O2
(L2 ) (C2 )
Figure 4 : Principe des lentilles de l’auto-focus
d dy1
18/ Exprimer ys en fonction de y1 , x1 et d et montrer que yi = 2a 1− + .
x1 x1
Le principe de la méthode est de mesurer ce qui est appelé « la différence de phase » définie par ∆Φ = ys −ys0 où
ys0 est l’ordonnée du point supérieur de la tache lumineuse sur (C2 ). Ce qui revient à déterminer ∆Φ = ys + yi .
2ad
19/ Pourquoi a-t-on yi = −ys0 ? Montrer que ∆Φ = 2a + .
d0 − p
20/ Évaluer la différence de différence de phase entre le cas où la mise au point n’est pas réalisée (p 6= 0). Soit
∆2 Φ = ∆Φ−∆Φ0 .
Si p d0 , on peut mettre ∆2 Φ sous la forme suivante :
2adp
∆2 Φ =
d20
On supposera cela vrai pour la suite.
Le principe de l’auto focus consiste donc à mesurer la différence de phase et d’en déduire p. Il suffit ensuite de
déplacer la lentille (L ) afin de faire coïncider A sur (C).
Le déplacement de la lentille se fait au moyen d’un moteur pas à pas.
21/ On mesure ∆2 Φ = 0, 66 cm. Donner la distance de laquelle on doit translater (C) pour obtenir une image
nette. On précisera la direction de la translation. On a d = 2f 0 et d0 = 2f 0 avec f 0 = 10 cm et a = 3 cm.
Pour un objet étendu orthogonal à l’axe, on peut montrer que la différence de phase due à chaque point source
de l’objet est identique.
Le principe de la méthode peut alors être généralisé
III - Calcination du carbonate de calcium
Le constituant en calcium le plus abondant de la croûte terrestre est le carbonate de calcium CaCO3 (s), à
partir duquel on peut obtenir l’oxyde de calcium (ou chaux vive) CaO(s) et l’hydroxyde de calcium (ou chaux
éteinte) Ca(OH)2 (s). La chaux vive est obtenue par calcination du carbonate de calcium selon la réaction :
CaCO3 (s)−CaO(s) + CO2 (g) (1)
À 1100 K, on introduit n = 0, 10 mol de carbonate de calcium dans un réacteur initialement vide de volume
V . Le carbonate de calcium se dissocie suivant l’équation de réaction (1) de constante d’équilibre K ◦ = 0, 20.
22/ Rappeler la définition du quotient de réaction.
23/ Donner l’expression de la constante d’équilibre en fonction de la pression partielle en dioxyde de carbone
entre autre.
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24/ Comment le système évolue-t-il compte tenu de l’état initial ?
25/ Dans un récipient indéformable de volume 10, 0 L, vidé au préalable de son air et maintenu à la température
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constante de 1100 K, on introduit 0, 10 mol de carbonate de calcium. On prendra ≈ 1, 1 × 10−4 J−1 · mol.
RT
(a) Quelle est la pression régnant alors dans le réacteur ?
(b) Quelle est la composition du système à l’équilibre ?
26/ On réitère l’expérience avec un récipient de volume 100, 0 L. On prendra RT ≈ 9, 1 × 103 J · mol−1 .
(a) Quelle serait la composition du système à l’équilibre ? Est-ce possible ? Justifier en caractérisant la
réaction.
(b) Quelle est la pression régnant alors dans le réacteur ?
27/ Donner l’allure de la courbe de variation de la pression P dans le réacteur en fonction de son volume
variable.
IV - L’éthylotest
L’éthylotest chimique reste à ce jour le moyen le plus économique de vérifier son taux d’alcoolémie. Le document
suivant donne le principe d’un éthylotest classique.
Document Principe de fonctionnement de l’éthylotest
Environ une demi-heure après avoir été consommé, l’alcool parvient dans l’intestin grêle où il passe dans
le sang . Le cœur propulse le sang veineux vers les poumons pour qu’il s’y oxygène. Dans les alvéoles
pulmonaires, les échanges gazeux s’effectuent : le sang se charge en dioxygène et se libère du dioxyde de
carbone ainsi que d’une partie de l’alcool.
Ces vapeurs sont expirées dans l’air. L’air alvéolaire est environ 2000 fois moins concentré en alcool que
le sang.
Dans les stations services ou en pharmacie, on peut acheter des alcootests jetables. Ils sont constitués
d’un sachet gonflable de capacité 1L et d’un tube en verre contenant des cristaux jaunes de dichromate
de potassium en milieu acide. Ceux-ci se colorent en vert au contact de l’alcool. En effet, en présence
d’ions H+ , l’éthanol C2 H5 OH réagit avec les ions dichromates Cr2 O27 – pour donner de l’acide éthanoïque
CH3 COOH et des ions chrome III Cr3+ et de l’eau. L’automobiliste souffle dans le ballon et fait passer
l’air à travers le tube. Si la coloration verte dépasse le trait témoin sur le tube, le seuil toléré des 0,5
g.L-1 est dépassé.
28/ Écrire l’équation modélisant la réaction se produisant dans l’éthylotest. L’équilibrer (sachant que le nombre
stœchiométrique devant Cr2 O27 – est 2).
29/ La constante d’équilibre de cette réaction est K 0 = 10228 . Comment peut-on qualifier cette réaction ?
30/ Déterminer le nombre de moles d’alcool expirées par litre d’air dans l’hypothèse d’une alcoolémie de 0,5
g d’alcool par litre de sang.
31/ En déduire la masse de dichromate de potassium devant être placée avant le trait de jauge afin que celui-ci
indique le seuil limite des 0,5 g d’alcool par litre de sang.
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V - Annexes à rendre avec la copie