Les biofertilisants en Afrique
Le bokashi
Le bokashi est une sorte de « compost thermique ». Il peut se
présenter sous forme « mûre » ou « semi-crue ou crue ». Il
constitue un amendement pour les sols.
Préparation de l’expérimentation
Matières de base, ordre d’introduction et proportions :
Poids en Contribution
Unités (sac
Ordre Matières kilos ou
de 50 Kg)
litres
Sciure de bois (ou Lignine, aliment pour les
copeaux) ou balles de riz champignons
1 ou paille sèche (biomasse 20 saprophytes
sèche découpée en de
petites particules)
Terre argileuse ou humus Complexe argilo-
2 20
de forêt humique
Bouse de vache (ou autre Source d’azote et de
3 déjection animale) 20 micro-organismes
bénéfiques
Son de riz Protéines, acide aminés,
4 1
vitamines (B)
Mélasse + eau sans chlore 5 litres Activateur de
5 Levure boulangère - décomposition
1 kg
biologique
Biochar Stabilisateur, matière
inerte et légère,
6 1
régulateur de pH, habitat
pour micro-organismes
Cendre de bois ou Apport en éléments
phosphites ou poudre de minéraux, potassium (K),
roche (pour les pays qui calcium (Ca), phosphore
disposent de minerais (P), etc.
comme l’attapulgite au
7 20 kg
Sénégal, les roches riches
en phosphore au Burkina,
l’argile calcique, l’argile
noire, il est recommandé
d’en utiliser)
www.initiativesclimat.org
Etapes de fabrication :
o Dissoudre la mélasse dans de l’eau sans chlore, afin de
faciliter la dissolution. Puis ajouter la levure pour leur
activation.
o Etaler de sciure de bois ou de balles de riz
o Disposer, par-dessus la couche précédente, une couche de
terre
o Disposer, par-dessus la couche précédente, une couche de
bouse de vache
o Ensuite, disposer, une couche légère de son de riz
o Arroser cette couche à l’aide d’un arrosoir contenant la
mélasse, l’eau et la levure boulangère, qui auront été
mélangées au préalable
o Par-dessus, disposer le biochar
o Terminer le premier cycle avec une couche légère de cendre
de bois
o Continuer ainsi de suite jusqu’à utilisation complète des
matériaux. Le processus doit être répété trois fois, en suivant
le même ordre afin d’obtenir un tas de compost de 1,20
mètre de haut (même après retournement).
www.initiativesclimat.org
Travaux à effectuer sur le tas de compost :
Jours Tâches Détails
1er Retournement du tas : cette opération consiste à Le bêchage est fait de manière à rendre
bêcher le tas primaire en le mélangeant pour en l’ensemble plus friable et disposer d’un
former un autre. Le tas obtenu est ensuite bêché à tas le plus possible homogène. Ce tas est
son tour pour en former un nouveau. ainsi aéré, ce qui facilitera le processus de
décomposition par les micro-organismes.
2ème et 2 retournements des tas par jour : un le matin, et A noter : un retournement consiste à
3ème un second le soir. former 2 tas de suite à partir du premier
(aller-retour)
4ème
ème au 1 retournement par jour.
15ème
ème
Note : le site de production du bokashi doit être ombragé (placé sous
un arbre par exemple à défaut d’un toit) et disposer d’une bonne
aération. Eviter après le retournement tout contact du bokashi avec
de l’eau (si le tas risque d’être exposé à la pluie, le recouvrir d’une
bâche).
Comment reconnaitre un bokashi mûr et de bonne qualité ?
o Au bout d’une semaine, le mélange devient brun et sans
mauvaise odeur. On aperçoit généralement des champignons
qui ont poussé sur le tas.
o On retourne encore le tas, ce qui facilite le séchage. Le
bokashi doit être bien sec.
o Au total, on estime que, dans les zones tropicales, le bokashi
préparé en aérobie est prêt au bout de 12 jours. Sa couleur
est grise, sa texture est fine, et presque minéralisé.
o Il est préférable d’appliquer aussitôt le bokashi sur la terre,
mais on peut également le conserver pendant au plus six
mois. Dans ce cas, on le met en sacs et on l’entrepose à
l’ombre, dans un endroit sec et bien ventilé.
www.initiativesclimat.org
Commentaires :
o Les balles de riz sont à privilégier, mais il est possible d’avoir recours à
une biomasse sèche (sciure de bois) mais pas de feuilles vertes. Il est
possible d’utiliser du marc de café si on en dispose bien sûr.
o Terre : privilégier l’argile.
o Bouse de vache : c’est un apport en azote (N) et en phosphore.
Rappelons que la bouse renferme aussi de la cellulose, présente dans le
digestat du ruminant, et elle est indispensable au catabolisme de la
cellulose.
o Activateur biologique : c’est un inoculum de levure fait à partir de
mélasse, d’eau et de levures commerciales. Il est possible d’utiliser du
jus de canne ou du sucre roux (pas du sucre blanc) à la place de la
mélasse.
o Si le bokashi est trop humide, il convient d’ajouter des matériaux secs
ou absorbants (sciure de bois, balles de riz). S’il est trop sec, on peut
ajouter de l’eau.
o La qualité de l’eau utilisée doit être vérifiée : attention à la présence de
chlore dans l’eau ; le chlore est en effet très néfaste pour la vie des
micro-organismes. Si on utilise de l’eau du robinet, il faut laisser le
chlore s’échapper pendant 48 heures avant l’emploi.
o Cendres de bois : il ne faut pas que les cendres soient en contact avec
les micro-organismes.
o Levure : il est préférable d’utiliser la levure de boulangerie plutôt que
de la levure de bière locale.
o Recette de levure « maison » : prendre des graines de maïs, ajouter de
l’eau et laisser agir pendant 2 à 3 jours. Concasser puis arroser pendant
5 à 8 jours. La fermentation permettra d’obtenir de la levure naturelle.
o On ajuste la taille du tas au climat de la région. Dans les régions au
climat plus froid, on fait des tas un peu plus élevés ; ainsi, la
température au centre du tas devient un peu plus élevée. Dans les
régions au climat plus chaud, le tas peut être un peu plus bas. D’une
façon générale, si le tas a moins de 1,20 m, il est difficile d’obtenir une
chaleur suffisante ; si le tas dépasse 1,20 m, il y a un risque d’excès de
chaleur, voire de putréfaction.
www.initiativesclimat.org