Paragraphe 2: La répartition dans les ordres juridictionnels: les conflits de
juridiction
Eu égard à la pluralité des juridictions, il va sans dire que de nombreux problèmes
de répartition des compétences vont se poser dans la pratique. Par exemple, le
problème peut naître de ce que l'une des parties conteste la compétence de la
juridiction saisie. De même, il y aura problème si plusieurs juridictions sont
saisies de façon simultanée.
A.Le cas de contestation de la compétence de la juridiction saisie
En pratique, la difficulté peut naître de ce qu'une juridiction a été saisie à
tort, au motif que cette juridiction excède sa compétence d'attribution
territoriale. En pareil cas, il va se poser un contentieux judiciaire. Ce
contentieux va consister à obtenir un jugement d'incompétence. Ce jugement va donc
sanctionner la méconnaissance des règles de compétence. Par exemple, en matière
civile, les incompétences d'une juridiction peuvent être invoquées par un défendeur
qui est donc tenu de donner, les arguments qui justifient que la juridiction saisie
par le demandeur n'est pas compétente. Mais, il s'impose aussi au défendeur de
développer ses arguments, au début du procès. Mais, en matière répressive, les
règles de procédure permettent aux les prinapes de compétence des juridictions
incompétentes et, de rendre donc une décision dans ce sens.
B.Le conflit entre plusieurs juridictions saisies
Il y aura conflit entre plusieurs juridictions si, par exemple, deux juridictions
du même ordre sont saisies de façon concurrente; dans une situation pareille, deux
solutions sont possibles :
dans la première hypothèse, les deux juridictions saisies simultanément prétendent
qu'elles sont toutes les deux compétentes. Cette situation traduit ce que l'on
appelle un conflit positif.
- dans la deuxième hypothèse, les juridictions saisies considèrent qu'elles sont
toutes les deux incompétentes. Elles créent de ce fait, ce qu'on appelle un conflit
négatif. Dans cette hypothèse, la solution sera déterminée par la matière dans
laquelle le litige est posé.
Ainsi, en matière pénale, les conflits de compétence sont tranchés suivant une
procédure appelée procédure de règlement du juge. Mais en matière civile, lorsqu'il
y a un conflit entre deux juridictions notamment, lorsque ces juridictions se
déclarent incompétentes par rapport à une demande, le conflit est résolu par le
biais des effets rattachés au jugement d'incompétence. Par exemple, si une
juridiction civile se déclare incompétente, elle doit désigner la juridiction
qu'elle estime être
compétente.
En ce qui concerne le conflit positif, c'est la situation dans laquelle deux
juridictions saisies de la même affaire se déclarent compétentes. Dans une
situation pareille, il faut se poser la question de savoir, si ces deux
juridictions sont du même degré ou si elles sont de degrés différents. Lorsque les
deux juridictions sont du même degré, la juridiction qui a été saisie en deuxième
position doit se dessaisir du litige car, dans ce cas, on applique le principe de
l'antériorité de la saisine. Mais, lorsque les deux juridictions saisies sont de
degrés différents, c'est la juridiction de degré inférieur qui doit s'incliner au
profit de la juridiction de degré supérieur.
CHAPITRE III
LES PRINCIPES RELATIFS
AU FONCTIONNEMENT DES ORGANES
JURIDICTIONNELS
L'ordre judiciaire comprend d'abord d'une part les juridictions de base et, d'autre
part les juridictions de la hiérarchie.
Les juridictions de base sont les juridictions par lesquelles débutent tous les
procès, il s'agit des juridictions du premier degré à savoir, les tribunaux de
premières instances et leurs sections détachées.
SECTION I : Les juridictions de base
Afin de permettre aux juridictions de base d'accomplir pleinement leur mission qui
consiste à rendre la justice sur toute l'étendue du territoire de Côte d'Ivoire, le
législateur a décidé des règles relatives à l'organisation et au fonctionnement de
ces juridictions.
Paragraphe 1 : L'organisation
Les tribunaux de première instance et leurs sections détachées constituent les
juridictions du premier degré, c'est à dire qu'elles consistent en Premier ressort
de toutes les affaires pour lesquelles compétence n'est pas spécialement donnée à
une
autre juridiction.
Les décisions de ces juridictions sont appelées « jugement » et, elles ne sont pas
definitives car, là partie insatisfaite de la décision rendue peut saisir la
juridiction du second degré pour faire rejuger le litige dans entièreté.
La Côte d'Ivoire dans le souci de rapprocher les justiciables des organes de
justice, a procédé en 2006 à la création davantage de juridictions.
Ainsi, au-delà des tribunaux de première Instance déjà connus notamment : Abidjan-
Plateau,
Abidjan-Yopougon, Bouaké, Bouaflé, Daloa, Gagnoa, Man, Korhogo, il a été pris un
décret n°2006308 du
05 Octobre 2006 portant creation de tribunaux de première instance et érection de
sections de tribunal en tribunaux de première Instance :
Article premier. - Sont érigées en tribunaux de première instance, les sections de
tribunaux de Agboville, Adzopé, Lakota, Aboisso, Grand-
Bassam, Dabou, Tiassalé, Bondoukou, BounaBéoumi, Dabakala,Katiola,
M'Bahiakro,Tiébissou, Bocanda, Bongouanou. Toumodi, Yamoussoukro,
Boundiali, Ferkessédougou,
Tengréla, Odienné, Issia, Séguéla,Sinfra,
Zuénoula, Oumé, Sassandra, Soubré,Tabou,Biankouman, Danáné, Guiglo, mankono,Ando,
Adiaké, Agnibilékro, Akoupé, Aiépe Anyama, Arrah, Bonon, Bangolo, Bédiala. Béttié,
Binhouin, Bianouan, Bingerville, Bloléquin, Booko, Botro, Brobo, Buyo,
Cocody.Dania, Daoukro, Dianra, Didiévi, Dikodougou, Doropo, Duékoué, Facobly,
Foumbolo, Fresco, Gadouan, Gbonné, Goulia, Grabo, Grand-Lahou, Guibéroua,
Guintéguela, Guitry, Hiré, Jacqueville, Kani, Kasséré, Kokoumbo, Kong, Kouassi-
Datekro, Kouibli, Kounahiri,Kouto, Logoualé, M'Batto, M'Bengué, Madinani, Maféré,
Méagui, Minignan,Morondo,Nassian, Niankaramadougou, Niellé. Niofoin,
Ouellé, Ouangolodougou, Ouaninou, Ouragahio,Prikro,Saioua,Sakassou,
Samatiguila,Sandégué.Sangouine, Sanhala, Séguelon, Sémien,Sikensi, Seydougou,
Sinématiali,Sipilou, Sirasso, Taabo, Taodi, Tafiré, Taï,Tanda, Téhini,
Tiémé,Tiémélékro,N'Diekro,Tiéningboue,Tienko, Toulépleu, Transua,IVavoua,
Worofla,Yakassé,Attobrou,Zikisso,Zouan-Houein
compétence pour toutes les matières, conformément à l'article 5 du code de
procédure civile, administrative et commerciale. L'objectif recherché par le
législateur est de rapprocher la justice des justiciables.
Ces juridictions de base connaissent une structuration interne qu'il faut connaître
car, chaque tribunal de première instance ou chaque section détachée est composée
de trois (03) services qui sont : le siège, le parquet et le greffe.
A - Le siège
Le siège est l'organe chargé prinipalement de juger
et rendre les decisions de justice. Il est aussi charge de
lintrucion des affaires penales (par le juge dinstruction)
ou civiles (par le juge de la mise en état). Les juridictions du premier degré
statuent en premier ressort, mais pour certaines affaires, elles statuent en
premier et dernier ressort. Sa structure est calquée sur les attributions du
tribunal ; elle est faite de chambres (civile, administrative, sociale,
correctionnelle et commerciale). A ces chambres s'ajoutent les cabinets
d'instruction, du juge des enfants et du juge des tutelles.
Dans un tribunal de première instance, le siège est dirigé par le Président du
tribunal assisté de vice-présidents, d'un ou plusieurs juges d'instruction et de
juges. Ce sont tous des Magistrats assis appelés juges. En cas d'empêchement ou
d'absence momentanée, le Président du Tribunal est remplacé par le Vice-Président
le plus ancien dans le grade le plus élevé. A défaut, par le Magistrat du siège le
plus ancien dans le grade le plus élevé (cf. artice 26 nouveau de la loi du 16 Mai
1961 sur l'organisation judiciaire).
Le Président du tribunal est le chef de la compagnie judiciaire de la juridiction.
A ce titre, il organise sa juridiction et a un droit de surveillance de la
discipline et de notation sur tous les Magistrats relevant de celle-c.
De plus, il est chargé de rendre les ordonnances sur requête et de tenir les
audiences de référés (procédure d'urgence) mais il peut déléguer ses attributions à
d'autres juges.
Dans les sections détachées par contre, le Président de la section exerce les mêmes
attributions que le Président du tribunal à l'exception du pouvoir de notation. Il
n'est pas assisté de Vice-président mais de juges, notamment le juge d'instruction.
B. Le parquet
Appelé aussi le ministère public ou la magistrature debout, le parquet est l'organe
chargé de veiller aux intérêts de la société.
Le parquet près les tribunaux de première instance et leurs sections détachées
compte le cabinet du procureur de la république ou du substitut résident (dans les
sections détachées, lequel officie sous l'autorité du procureur de la république
près le tribunal de première instance de rattachement) ; un service courrier chargé
de la réception des procès-verbaux et plaintes et de leur remise au cabinet du
procureur de la république ou du substitut résident. Il existe également un service
de l'enrôlement qui a pour attribution la confection des dossiers, l'établissement
des rôles d'audience et leur transmission aux juges. Enfin, vient le service chargé
du suivi de l'exécution des peines prononcées par le tribunal.
Au plan pénal, le parquet est la porte d'entrée du tribunal. Le Procureur de la
République chef du service du parquet, a l'opportunité des poursuites. À cet effet,
il reçoit les plaintes et dénonciations, apprécie les suites à leur donner. Le
parquet prend des réquisitions écrites ou orales et est le maitre d'œuvre de
l'exécution des décisions de justice. Quant en est-il du greffe?
C. Le greffe
Témoin légal des instances de jugement et d'enquête, le greffe est chargé de
l'authentification des procédures, des décisions et des actes de justice. Au-delà
de ces attributions, il assiste administrativement les autres services du tribunal
(siège et parquet), conserve les décisions et les pièces à conviction. Au plan
civil, il est également la porte de saisine de la juridiction; à ce titre, il
veille à la procédure de saisine du tribunal civil, reçoit les assignations et
requêtes, établit et délivre les titres exécutoires.
Le greffe assure également la gestion du casier judiciaire. Par ailleurs, il assure
la responsabilité de la gestion financière du tribunal. Sa structuration, jusqu'à
ce qu'intervienne le décret d'application de la loi 98-744 du 23 décembre 1998
l'érigeant en un service autonome dudit tribunal, reste tributaire en plusieurs
points de celle du siège. Il comprend néanmoins un cabinet du greffier en chef et
des chambres. Il est animé par un personnel judiciaire non magistrat Paragraphe 2:
Le fonctionnement
Institutions judiciaire
Les tribunaux de première instance et les sections détachées utilisent dans leur
fonctionnement deux moyens d'action. Il s'agit des audiences et des assemblées
générales.
A- Les audiences
Elles sont de deux types : Les audiences solennelle et ordinaire.
1. L'audience solennelle
Au cours de l'audience solennelle, le tribunal composé de tous les magistrats se
réunit sous la présidence de son président. Cette audience se tient généralement à
l'occasion de la rentrée judiciaire ou de l'installation des Magistrats.
2- L'audience ordinaire
Quant à l'audience ordinaire, elle est la formation normale de jugement qui se
réunit pour trancher tout litige.
B.« Les réunions »
On évoquera notamment les réunions en
assemblée générale et en chambre de conseil.