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Culture Perennes

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CULTURES PERENNES

Par Dr. LOTSE TEDONTSAH Vivien Piercy

Notes de cours

Programme BTS Cameroun PVE235 : Cultures pérennes


1. Les différents éléments de la demande sociétale vis à vis
des productions végétales ainsi que les principaux moteurs
d'évolution des systèmes de culture. La conduite et à
l'évaluation d'un système de culture.

1.1. Système de culture


Quelques définitions

L'agronomie est la science de la conduite raisonnée de la parcelle cultivée. La


parcelle reçoit de l'agriculteur des interventions techniques homogènes.

L'itinéraire technique est la succession raisonnée des interventions culturales


appliquées à une culture sur une parcelle. Une règle de décision spécifie le
raisonnement d'une intervention technique. Elle fait correspondre un ensemble de
choix techniques possibles à un ensemble de situations éventuelles (contexte). Son
formalisme est en général : « si je suis dans telle situation, alors je ferai tel choix»

Un système de culture est un ensemble de procédés utilisés pour exploiter la terre


dans le but de produire des végétaux utiles à l’homme. Il peut être défini comme
l'ensemble des modalités techniques mises en œuvre sur des parcelles cultivées de
manière identique. Chaque système se définit par :

1.2. Intérêt en agronomie


Un profond changement de contexte : vers des systèmes intégrés et flexibles
La rupture qu'introduit la nouvelle PAC (1991) dans le contexte socio-
économique de la grande culture peut se résumer en 3 points : chute des prix,
apparition de contraintes environnementales, segmentation du marché en filières
« qualité ». La chute brutale des prix (de presque 50%, à peu près compensée par
une aide à l'hectare) incite à réduire les charges opérationnelles (à extensifier), ce
qui permet d'augmenter significativement la surface par travailleur. La mouvance
de la réglementation agri-environnementale et des aides appelle une capacité
d'adaptation rapide. Avec les filières « qualité », enfin, une nouvelle céréaliculture
diversifiée se développe sur la base contractuelle de multiples cahiers des charges,
combinant obligation de moyens et/ou obligation de résultats. Dans ce nouveau
contexte en recherche d'équilibre, en attendant le cadre clair d'un nouveau contrat
social entre la société et son agriculture, les systèmes de grande culture doivent
être intégrés et flexibles, intégrés parce qu'ils devront satisfaire un compromis
acceptable entre les objectifs de rentabilité, maintien de la fertilité et respect de
l'environnement, flexibles pour une adaptation rapide au contexte fluctuant et
diversifié.

1.3. Recherche agronomique

Ce contexte crée une demande nouvelle de conception et évaluation de


nouvelles façons de produire, et incite à un profond changement de démarche.
Dans le contexte précédent, stable et favorable au productivisme, le système de
culture se réduit souvent à une succession de cultures et de pratiques culturales
standardisées par l'intensification (qui gomme la diversité des milieux), et se
valide par expérimentation. Dans le contexte actuel, instable et diversifié,
l'expérimentation est impuissante à tester toute la gamme des systèmes de culture
envisageables, et à apporter ses réponses avant que le contexte ne soit déjà
différent... Maintenant donc, plus qu'un système de culture « clé en main »,
l'agriculteur doit attendre de son conseiller les méthodes et outils pour concevoir,
conduire et évaluer par lui-même le système de culture le mieux adapté à sa
situation (disponibilité et mode d'organisation des facteurs de production). Et
l'objectif scientifique de conception-conduite-évaluation de systèmes de culture
revient alors à formaliser la démarche qui permettra à l'agriculteur de convertir
tout ensemble spécifié d'objectifs et contraintes en un ensemble cohérent de règles
de décision, et à élaborer les outils qui lui permettront de les mettre en œuvre et
de les évaluer.
Néanmoins, le concept de système de culture ne prend pas en compte les grandes
transformations ponctuelles du milieu (défrichage, drainage, création de
terrasses...) ni l'organisation du paysage (forme du parcellaire, disposition des
cultures...) qui sont pourtant en interaction avec le système de culture

1.4. Conception d'un système de culture : Les 3 systèmes étudiés

Pour lancer une démarche générique de construction

Pour concevoir un système de culture, la démarche suivie peut se


décomposer en 4 temps :

1) préciser l'ensemble d'objectifs et contraintes à satisfaire (contexte et cahier des


charges) ;

2) exprimer une stratégie agronomique « candidate », inspirée par le cahier des


charges ;

3) spécifier un ensemble intégré de règles de décisions ;

4) et une démarche d'auto-évaluation. Un changement de contexte (prix, primes,


réglementation...) ou le diagnostic de choix techniques inappropriés amènent
naturellement à ajuster ou même à reconstruire le système (flexibilité).

1.5. Successions de cultures sur l'évolution des états et des


propriétés du milieu et sur les peuplements cultivés.
La rotation culturale est une pratique agronomique de base en agriculture,
qui vise à alterner différentes espèces végétales sur une même parcelle agricole,
dans un temps défini. La succession des cultures est mise en place dans un certain
ordre, année après année, et selon des cycles de 2 ans, 3 ans, 4 ans ou plus. On
parle alors respectivement de rotation biennale, rotation triennale, rotation
quadriennale, etc,....La rotation peut être plus ou moins longue, en fonction des
systèmes agricoles. Elle se définit par opposition à la monoculture. Cette dernière
correspond à la culture d'un seul végétal, sur la même parcelle, plusieurs années
de suite. Dans ses nombreux avantages, on peut citer l'amélioration de la structure
du sol (limitation de l'érosion des sols), l'augmentation de la fertilité des sols et
l'amélioration de la résistance aux bio-agresseurs. Une succession culturale avec
une diversité des périodes de semis et des cycles culturaux, évite la sélection d’une
flore adventice spécialisée et concurrentielle calée sur le cycle des cultures et donc
plus difficile à détruire.

1.6. L'alternance des cultures pour améliorer le sol


La succession de cultures (leur famille, mais aussi les types de cultures : printemps
et d'hiver) suit une réflexion agronomique. L'augmentation des rendements ainsi
que la préservation des sols sur le moyen et le long terme, sont quelques uns des
buts permis par la rotation, et ce, grâce à la préservation ou même l'augmentation
de la fertilité du sol. Les espèces végétales puisent et exportent des éléments
nutritifs en différentes quantités. Certaines sont plus exigeantes en azote, d'autres
en phosphore ou en potasse. Le but des rotations est d'enrichir le sol et d'optimiser
sa fertilisation, pour garantir une teneur correcte de tous les nutriments dans le
sol. Le maïs ou le blé, exigeants en engrais azotés, sont précédés par d'autres
cultures qui enrichissent le sol, comme les prairies, les légumineuses et les
protéagineux. Le colza, exigeant en P et K, peut être cultivé après des céréales
peu exigeantes.
La rotation culturale est aussi un facteur important pour régénérer la structure du
sol, notamment quand elle inclut des cultures intermédiaires. Une fois détruites,
la matière organique se transforme en humus. L'alternance de cultures avec des
structures racinaires différentes agit également sur la structuration du sol et la
possibilité de créer des espaces de passage pour l'eau, les éléments minéraux et la
faune. Les protéagineux, les oléagineux et les cultures de légumineuses avec
racines pivotantes alternent ainsi avec des graminées, aux systèmes fasciculés.

Définitions complémentaires :

L'assolement désigne l'ensemble des rotations culturales sur l'ensemble de


l'exploitation agricole ou du territoire. Les termes "tête de rotation", "corps de
rotation" et "fin de rotation" définissent les cultures faisant partie de la rotation.
La première est choisie pour son aspect nutritif, la seconde est la plus
rémunératrice et la dernière est généralement nettoyante pour la parcelle".

1.7. La rotation des cultures interrompt le cycle des agresseurs


L'interruption du cycle des bio-agresseurs spécifiques à une famille
végétale (les ravageurs et les parasites) est concomitante à l'implantation d'une
nouvelle culture. La population d'agresseurs diminue, car elle ne vit plus en milieu
propice. De facto, la pratique réduit l'utilisation d'intrants pour lutter contre ces
agressions, ou les maladies qu'elles engendrent.

Le développement des adventices spécifiques à certaines espèces est


également réduit, selon le même processus. Certaines cultures "salissantes",
comme le maïs, suivent ainsi différentes cultures "nettoyantes". Alterner les
cultures diminue l'emploi des mêmes matières actives chimiques pour détruire les
mauvaises herbes et les adventices. L'introduction de travail du sol
complémentaire réduit également l'utilisation de produits phytosanitaires.

La rotation a plusieurs avantages :

 Elle contribue à rompre le cycle vital des organismes nuisibles aux cultures,
notamment des arthropodes et des champignons qui sont souvent très
spécifiques.
 Certaines plantes ont même un effet répressif direct sur les ravageurs, c'est
le cas du radis chinois sur les nématodes, de la moutarde sur le piétin-
échaudage et du sarrasin sur certaines adventices (effet d’allélopathie).
 La succession de plantes de familles différentes (par exemple alternance de
graminées et de crucifères, type blé et colza) et de périodes de croissance
différentes (culture de printemps et culture d'hiver) permet de rompre le
cycle de certaines adventices.
 L'alternance des molécules désherbantes réduit les risques des résistances
et rend plus facile la gestion à long terme des adventices.
 Grâce aux systèmes racinaires différents, le profil du sol est mieux exploré,
ce qui se traduit par une amélioration des caractéristiques physiques du sol
et notamment de sa structure (en limitant le compactage et la dégradation
des sols). Elles permettent de réduire voire d'abandonner le travail du sol.
L'alimentation hydrique et la capacité d'exploration du sol des cultures sont
ainsi améliorés.
 L'emploi de légumineuses permet l'ajout d'azote symbiotique dans le sol.
D'une façon générale, la composition des différents résidus de cultures
participe à la qualité de la matière organique du sol à travers le rapport C/N
.

La rotation culturale a donc un effet important et positif sur l'activité


biologique du sol et la nutrition des plantes.

Inconvénients

 Les cultures secondaires sont souvent moins rémunératrices et il est parfois


difficile de trouver des acheteurs pour elles.
 Elles demandent une plus grande connaissance technique.

Principes de base de la succession des cultures

Le choix des cultures se fait en fonction des besoins et des objectifs de


l'agriculteur, mais aussi en tenant compte des pratiques culturales, telles que
travail du sol et contrôle des mauvaises herbes par sarclage ou herbicides. Il est
possible de faire alterner des familles différentes, telles que céréales,
légumineuses, oléagineux… On peut également alterner des espèces semées à
l'automne et d'autres au printemps.

Le choix est souvent fait en fonction des risques de transmission des maladies et
de la pression des insectes ravageurs. Ainsi, il est déconseillé de faire suivre du
maïs par du blé en raison des risques de fusariose. Le soja ne doit pas être cultivé
deux années de suite pour éviter les maladies. Il est préférable d'être attentif
également aux groupes d'herbicides utilisés pour chaque culture successive, afin
d'éviter la sur-utilisation de certaines familles chimiques, et donc la sélection de
mauvaises herbes résistantes.
Le choix peut aussi tenir compte de l'effet du précédent cultural comme source
d'azote symbiotique, comme c'est le cas avec les légumineuses. Par exemple, le
soja est souvent un bon précédent pour le blé. La culture du colza avant le blé
augmenterait les rendements de ce dernier d'environ 10 q/ha. Le bilan humique
peut également être utilisé afin d'établir les différences entre pertes de carbone par
minéralisation de la matière organique et apports par le fumier ou les résidus
culturaux. Enfin, la rotation culturale peut supposer un certain équilibre des
surfaces (les soles) consacrées à chacune des cultures, ainsi qu'une stabilité au
cours des années de la part consacrée à chaque spéculation, ce que les marchés ne
permettent pas toujours, certaines cultures pouvant connaître des phases de
développement ou au contraire de régression. Des leviers financiers incitatifs
existent dans certains pays (tel que le Québec) favorisant la diversification des
cultures, comme l'application du concept de l'écoconditionnalité. C'est une
méthode qui a pour but d’éviter que deux cultures identiques sur un même parcelle
ou à intervalle trop court, ce qui évite un trop fort développement de maladie et
de parasite

1.8. Les spécificités agronomiques des cultures pérennes.


Il existe au sein du système agricole deux grands types de cultures pouvant
être définis par leur cycle de vie, allant de moins d’une année à plusieurs années
consécutives. La culture annuelle, comprenant par exemple certaines céréales,
légumineuses ou tubercules, comme son nom l’indique, a une longévité d’une
année ou moins. À l’inverse de ces cultures transitoires qui nécessitent souvent
des périodes de jachères, les cultures pérennes — ou permanentes — se
définissent comme des plantations dont l’occupation des sols dure plusieurs
années consécutives, il n’existe donc pas de rotation au niveau des parcelles. Ce
type de culture a une durée de vie d’au moins trois ans (en moyenne de plus de
cinq ans). On y retrouve une large variété de cultures : arbres fruitiers, vignes,
fruits rouges, etc.
Les cultures pérennes comprennent une large variété de différentes cultures.
Ce sont des arbres/ arbustes dont le système de culture est caractérisé par
l’absence de rotation et par l’occupation du sol pendant plusieurs années
consécutives (généralement plus de cinq). Les cultures pérennes sont
principalement des fruits et des baies, des buissons, des vignes et des oliviers. En
raison de la large variété de cultures, les méthodes culturales varient
significativement.

Tout comme les cultures annuelles, les cultures pérennes peuvent avoir besoin
d’aide, pour favoriser leur croissance, pour améliorer leur résistance face aux
stress abiotiques ou pour optimiser la disponibilité des nutriments présents dans
le sol. Les biostimulants se présentent ainsi comme une solution efficace adaptée
à ces cultures permanentes qui sont bien souvent vivrières ou ont vocation à
nourrir les animaux d’élevage. Les biostimulants agissent, en effet, à plusieurs
niveaux de la culture. De la terre à la racine en passant par les feuilles, ces
substances activent les fonctions naturelles des plantations et permettent de
répondre aux différents enjeux des cultures permanentes — viticoles ou
arboricoles.

La biostimulation possède ainsi plusieurs avantages pour les plantations :

 La stimulation du métabolisme des plantes : en activant les voies


métaboliques et enzymatiques et en augmentant la résistance aux stress
abiotiques.
 L’optimisation du fonctionnement des sols : en améliorant le recyclage
des matières organiques, en rendant la structure des terres moins
compacte ou en limitant l’érosion.
 Le bon développement du système racinaire : en favorisant
l’élongation des racines, en augmentant le volume de terre exploitée par
les racines ou en reconstituant le système racinaire mis à mal par le travail
du sol des années précédentes.
 L’amélioration de la tolérance des cultures pérennes au stress : face
aux différents stress abiotiques, qu’ils soient hydriques ou thermiques.
 La valorisation des ressources du sol : en améliorant l’absorption des
nutriments par les feuilles ou en augmentant le volume racinaire.
 Le maintien de la qualité et du rendement des récoltes : en optimisant
la phase de démarrage, de reproduction et de maturation de la plantation,
en renforçant les parois cellulaires ou en dynamisant les métabolismes
secondaires servant à définir la qualité olfactive, gustative et visuelle des
fruits.

2. Diagnostic sur un système de culture au sein d'une


exploitation agricole.
On a vu qu'un système de culture peut se définir par quatre caractéristiques
principales : les espèces cultivées, leur succession dans le temps, leur association
éventuelle sur une même parcelle et l'itinéraire technique des cultures pratiquées.

2.1. Contexte d'un système de culture et les enjeux

Ce contexte crée une demande nouvelle de conception et évaluation


de nouvelles façons de produire, et incite à un profond changement de démarche.
Dans le contexte précédent, stable et favorable au productivisme, le système de
culture se réduit souvent à une succession de cultures et de pratiques culturales
standardisées par l'intensification (qui gomme la diversité des milieux), et se
valide par expérimentation. Dans le contexte actuel, instable et diversifié,
l'expérimentation est impuissante à tester toute la gamme des systèmes de culture
envisageables, et à apporter ses réponses avant que le contexte ne soit déjà
différent... Maintenant donc, plus qu'un système de culture « clé en main »,
l'agriculteur doit attendre de son conseiller les méthodes et outils pour concevoir,
conduire et évaluer par lui-même le système de culture le mieux adapté à sa
situation (disponibilité et mode d'organisation des facteurs de production). Et
l'objectif scientifique de conception-conduite-évaluation de systèmes de culture
revient alors à formaliser la démarche qui permettra à l'agriculteur de convertir
tout ensemble spécifié d'objectifs et contraintes en un ensemble cohérent de règles
de décision, et à élaborer les outils qui lui permettront de les mettre en œuvre et
de les évaluer.

Les systèmes de cultures ont permis :

Remise en cause de l’utilisation massive de pesticides (Impacts


environnementaux et risques sanitaires Apparition de résistances chez certains
ravageurs)

Réglementation (Réduction du nombre de matière active autorisées:


réduction de 50% de l’utilisation des pesticides)

Une volonté de rédiversification des parcelles Développement


d’associations variétales ou d’associations d’espèces Mouvements de sélection
participative.

La démarche « système de culture » consiste à bien décrire les enjeux et


contraintes d'une exploitation pour pouvoir la comprendre et l'étudier. À l'intérieur
d'un système de culture, il s'agit de disposer d'indicateurs objectifs pour situer
l'exploitation sur un plan technique, économique et environnemental.

Les enjeux alimentaires

Compte tenu du contexte démographique actuel, la population mondiale


croît en particulier dans les pays où la pression alimentaire est déjà forte. Dans les
pays en plein développement économique, la demande en produits carnés et
laitiers augmente fortement : les besoins en aliments d’élevage sont
proportionnellement croissants. En parallèle de l’augmentation de la population
mondiale et de la demande alimentaire, les surfaces agricoles cultivables sont en
régression pour des raisons diverses : urbanisation sur les terres agricoles,
désertification, érosion et perte de fertilité des sols… Les agriculteurs se trouvent
donc confrontés à la nécessité de produire autant, voire davantage, avec moins de
surfaces exploitables.

Face à ce contexte mondial, la mise sur pied d’un système de culture approprié
sur les produits agricoles répond en partie à ce défi. En effet, les progrès
génétiques réalisés par les sélectionneurs sur les variétés de certains produits
agricoles comme le maïs ont permis d’augmenter les rendements des cultures, et
donc la production alimentaire pour une même surface. L’amélioration des
résistances aux maladies, aux ravageurs et aux autres parasites du maïs diminue
les pertes dans les cultures. Le contrôle de la qualité des semences tout au long de
la production garantit l’état sanitaire et la germination des semences.

Enjeux environnementaux

Un système de culture en accord avec les principes de l’agro écologie.

Par son emprise sur le territoire, l’agriculture fait partie de notre environnement.
Les filières agricoles et agroalimentaires s’adaptent aux nombreux enjeux de
l’avenir : performance économique d’une part, mais aussi respect de
l’environnement et réponse aux attentes de la société, d’autre part. Le principe de
l’agroécologie consiste en une agriculture conciliant à la fois rentabilité
économique et préservation de l’environnement et des ressources naturelles. Pour
répondre à cet enjeu, plusieurs facteurs pris en compte tels que : La faiblesse ou
l’absence de traitement phytosanitaire sur les cultures, Le remplacement du
désherbage chimique par des désherbages mécaniques sophistiqués et robotisés
permettra de diminuer le nombre de traitements sur le maïs et de faire baisser le
taux de pollution des sols, la valorisation de la fumure organique éventuellement
répandue sur les parcelles est efficace, car la température de minéralisation est
rapidement atteinte.

2.2. Caractérisation un système de culture ;

Description

Un système de culture est un ensemble de modalités techniques mises en


œuvre sur des parcelles traitées de manière identique. Chaque système de culture
se définit par la nature des cultures, leur ordre de succession (rotation des cultures
annuelles) et les itinéraires techniques appliqués à ces différentes cultures. Le
système de culture définit la cohérence avec laquelle l'agriculteur utilise ses
moyens de production sur chaque parcelle pour atteindre des objectifs de
production et gérer la fertilité du milieu. Le système de culture se décompose en
succession de cultures et itinéraires techniques.

 la nature des cultures et leur ordre de succession (groupes de système de


culture)
 les itinéraires techniques appliqués à ces différentes cultures, ce qui inclut
le choix des variétés1.

Un itinéraire technique se définit comme une « combinaison logique et ordonnée


de techniques qui permettent de contrôler le milieu et d'en tirer une production
donnée. »2
2.3. La conduite du système de culture et ses principales
performances

La conduite de la culture dépend d’une bonne gestion du sol et de l’eau, parce que
ces deux facteurs créent des conditions idéales pour le développement des
cultures. La conduite de la culture commence par la préparation de la terre, suivie
de la plantation ou du semis. Certaines cultures, telles que le niébé, la citrouille
ou le maïs, poussent bien si les graines sont semées directement dans le jardin.
Pour d’autres, comme la tomate, l’oignon ou le chou vert, il est préférable de faire
pousser d’abord les plantules dans une pépinière puis de les transplanter; enfin,
des cultures comme la patate douce ou le manioc sont plantées à partir de matériau
végétatif.

Nous considérerons un système comme performant s’il atteint ses objectifs. En


cas d’objectif non atteint, la raison en sera recherchée puis des améliorations
proposées.

2.4. Evaluation des performances des systèmes de cultures

Les systèmes de cultures intégrés et biologique étudiés ont pour enjeux directs la
réduction du recours aux produits phytosanitaires (d’au moins 50% par rapport à
la référence bretonne de 2008), tout en préservant ou en améliorant, par rapport à
la référence régionale, la rentabilité de l’exploitation agricole et les conditions de
travail de l’exploitant. Les systèmes de cultures doivent également répondre aux
enjeux locaux et globaux afin d’éviter que des pratiques mises en œuvre ne les
détériorent. C’est pourquoi sont étudiés la qualité de l’eau, enjeu local, via des
indicateurs azote et produits phytosanitaires, et la consommation énergétique,
enjeu global lié au changement climatique.

- les performances agronomiques décrivent les résultats obtenus au regard des


résultats agronomiques attendus par l’agriculteur. Il s’agit notamment des
résultats obtenus en matière de maîtrise des bioagresseurs suivant le triptyque
dégâts-dommages-pertes, décrit plus haut (Attoumani-Ronceux et al., 2010). Il
comprend aussi les résultats en matière de maîtrise des processus d’alimentation
de cultures en nutriments et eau, de gestion des fertilités chimique, physique et
biologique du sol, de la qualité de la production, etc…

- les performances techniques : les rendements produits et récoltés, la qualité des


produits…

- les performances économiques : les marges, l’efficience économique,


l’autonomie, etc…

- les performances environnementales : les indicateurs de risque pour l’eau, l’air,


le sol, le coût, le bilan et l’efficience énergétique, la contribution à l’émission de
gaz à effet de serre, etc…

- les performances sociales : la pénibilité du travail, la contribution à l’emploi, les


risques sanitaires pour les applicateurs, etc…

Ces trois dernières catégories de performances, dites de durabilité, ont été


explorées pour la construction de MASC, un outil d’évaluation multicritère
spécialement adapté au cas des systèmes de culture en cultures arables (Sadok et
al., 2009). Non seulement les moyens mis en œuvre, décrits dans le système
pratiqué, sont clairement distingués des résultats, mais de plus les performances
agronomiques et techniques sont assimilées à des résultats intermédiaires, afin de
faire porter l’évaluation des systèmes de culture sur les performances de
durabilité. L’analyse des performances des systèmes de culture est réalisée par
étape suivant la logique suivante :

2.5. La Durabilité d’un système de culture

L’analyse des performances de durabilité (économiques,


environnementales et sociales) fait ensuite l’objet d’une caractérisation puis d’une
évaluation multicritère (Reau et al., 2010), qui est réalisée suivant les mêmes
modalités que l’évaluation a priori décrite par Messéan et al. (2010). Ceci rend
ainsi possible une analyse comparative entre les résultats obtenus au champ en
comparaison aux résultats attendus par un tel système de culture au cours de la
phase de prototypage qui a permis de considérer ce système comme prometteur a
priori. L’ensemble de ces éléments aboutit à une description de chaque système
de culture économe en pesticides testé et de ses résultats sur la base d’un document
de synthèse unique comprenant six rubriques utiles à la constitution de ressources
dans un référentiel comme à l’apprentissage de ces systèmes par les agriculteurs
et les conseillers qui les accompagnent : le contexte, le système régional de
référence et les changements introduits, le système décisionnel, le système
pratiqué, ses performances, les principaux traits du système (synthèse).

Quelques avantages des techniques culturales simplifiées :

 Elles limitent le lessivage des sols.


 Elles réduisent le temps de travail nécessaire à la culture.
 Elles nécessitent un matériel agricole plus léger et donc moins coûteux.
2.6. Les points forts et les points faibles des systèmes de cultures

Le système « raisonné » a pour objectif de maximiser la marge brute par


hectare en ayant recours à l’utilisation de tous les modèles d’aide à la décision
pour optimiser les itinéraires culturaux. C’est un itinéraire à base de labour : 60 à
65 % de la surface. Les rotations ont évolué. Sur la période 2001-2004, elles
s’appuyaient en sols profonds sur : pois de printemps/blé dur d’hiver/colza/blé
tendre d’hiver. Sur sols superficiels, la rotation était basée sur : pois d’hiver/blé
tendre d’hiver/orge de printemps/blé tendre d’hiver. A partir de 2005, la tête de
rotation change tous les quatre ans. On aura ainsi la succession suivante :colza/blé
tendre d’hiver/orge de printemps/blé dur d’hiver/pois/blé tendre d’hiver, etc….

Le système « intégré » a pour objectif de privilégier l’environnement, par une


réduction des intrants. Il induit également une baisse des rendements de 10 à 15
% selon les cultures. Jusqu’en 2004, ce système était en non-labour pour son
intérêt agronomique. Le labour est à nouveau réalisé pour les cultures de
printemps. Les rotations ont là aussi évolué. Sur 2001-2004, la rotation était
identique au système “raisonné”. A compter de 2005, la tête de rotation change
tous les quatre ans et il y a une culture de printemps une année sur deux, ce qui
donne la succession suivante : colza/blé dur de printemps/blé tendre d’hiver/orge
de printemps/pois d’hiver/blé dur de printemps, etc.

Le système « Ushuaïa » a pour objectif de maximiser la marge par UTH (Unité


de Travail Humain) et augmenter la productivité du travail, en passant le moins
de temps possible sur chaque parcelle. Grâce à des conduites de culture écrites a
priori. Il a recours à une mécanisation simple et rapide pour maximiser la marge
par UTH. Quelle que soit la stratégie mise en place, ramenée à l’hectare, la marge
nette dégagée est pratiquement équivalente : selon les systèmes, elle oscille entre
256 et 330 €/ha. Par contre, la productivité du travail exprimée en tonne de blé
par UTH varie sensiblement d’un système à l’autre : calculée avec la formule «
rendement blé X surface/2UTH », la productivité du système Ushuaïa est double
par rapport au système raisonné. Le coût des intrants est également très différent
entre systèmes : il atteint 276 €/ha en Ushuaia, contre 203 en intégré. A l’heure
où les marges des exploitations diminuent, et ou les contraintes
environnementales réduisent la souplesse dans les choix techniques, l’analyse des
points forts et des points faibles de ces différents systèmes peut permettre de
mieux cerner de nouvelles marges de manœuvre. Chaque système démontre sa
rentabilité, à condition de bénéficier d’une surface suffisante et de suivre la voie
adoptée.

Le système “Mach II” s’est substitué en 2005 au système “Ushuaïa” pour


s’adapter aux contraintes règlementaires et en particulier à la conditionnalité des
aides. Ses objectifs restent les mêmes, mais il privilégie une mécanisation simple
et rapide. Le non-labour a été conservé, complété par l’achat d’un outil polyvalent
réalisant travail du sol ou semis. La rotation présente en 2001-2004 était blé
tendre/orge de printemps. En 2005, la succession des cultures est la suivante :
colza/blé tendre d’hiver/orge de printemps.

Pour obtenir des résultats représentatifs de chaque système, toutes les pratiques
culturales comme les règles de décisions ont été définies par avance. Par exemple,
le système intégré privilégie l’environnement et accepte une diminution des
rendements quand le système raisonné se focalise sur la marge brute par hectare.
Le système “Ushuaïa” a recours à une mécanisation simple et rapide pour
maximiser la marge par UTH. Pour cette même raison, la récolte est réalisée par
une entreprise. “Ushuaïa” et “intégré” ont recours à des techniques simplifiées de
travail du sol. Les interventions culturales sont réalisées a priori dans “Ushuaïa”.

3. Etudes de cas
LE SYSTEME DE CULTURE ET ORGANISATION SPATIALE DES TERRITOIRES
L'économiste Robert Badouin a longtemps enseigné que le système de
culture était une composante de ce qu'il appelle le « système productif» et qu'il
pouvait être repéré par les productions finales obtenues sur une exploitation,
associant des productions végétales et animales. Cette conception qui s'apparente
plutôt à la notion de système technique de production, est sensiblement différente
de celle qui est désormais largement admise par les agronomes : « Un système de
culture se définit pour une surface de terrain traitée de façon homogène, par les
cultures pratiquées, leur ordre de succession et les itinéraires techniques (
combinaison logique et ordonnée des techniques culturales) mis en œuvre » (Gras,
1990). On notera que dans cette définition élaborée dans le contexte d'agricultures
de pays tempérés, l'association culturale de plusieurs espèces sur une même
parcelle n'est pas mentionnée alors qu'elle est une caractéristique très courante des
systèmes de culture des zones tropicales. Cela rappelle que cette caractéristique
longtemps ignorée fut, dans certains pays tropicaux, vigoureusement réprimée
comme signe d'archaïsme avant que l'on ne reconnaisse ses nombreuses vertus
tant économiques qu'agro écologiques. Quand on examine les usages qui sont faits
du concept de système de culture, on s'aperçoit qu'il est utilisé à différentes
échelles d'espace qui vont de la parcelle à la grande région.

Pour rester à l'échelle de la parcelle, signalons qu'en zone tropicale, du fait


de l'hétérogénéité des itinéraires techniques au sein d'un « champ » (Milleville,
1976) mais aussi de l'hétérogénéité du milieu physique au sein de la même
parcelle culturale, on est amené à considérer une autre entité spatiale qu'est. la
situation culturale. Celle-ci se définit comme la portion de terrain ou non
seulement la conduite de la culture est homogène (même ITK) mais également le
milieu bic-physique. C'est à cette échelle seulement que peut être fait un
diagnostic cultural mettant en relation l'itinéraire technique, les états du milieu et
le peuplement végétal cultivé.
Démarche d'auto-évaluation : pour juger par soi-même de la validité de ses
choix techniques

Évaluer un système de culture, c'est confronter ses résultats aux exigences


du cahier des charges. Ce travail revient en priorité à l'agriculteur, le mieux placé
pour apprécier les circonstances pédo climatiques et organisationnelles de ses
choix techniques, interpréter le résultat particulier obtenu sur chacune de ses
parcelles et ainsi contester, valider ou améliorer ses choix techniques : c'est
pourquoi la démarche d'auto-évaluation peut faire partie de la définition du
système de culture1. L'évaluation se fait dans 3 axes de nature différente : il s'agira
plus d'apprécier si le compromis entre ces 3 axes est acceptable que d'optimiser
une fonction d'utilité les combinant :

1) Pour l'évaluation technico-économique, on dispose de critères quantifiés à


l'échelle de la parcelle : il s'agit d'apprécier si l'usage du facteur de production le
plus limitant (surface, main d'oeuvre) a dégagé la meilleure rentabilité, sous
contrainte de respect du cahier des charges (doses d'intrants, qualité de récolte...).

2) L'évaluation organisationnelle apprécie plus qualitativement la faisabilité des


règles de décision à l'échelle de l'exploitation (pointes de travaux, jours
disponibles, adéquation du matériel).

3) Par l'analyse dynamique des états du sol et de la culture, l'évaluation agri-


environne mentale permet d'interpréter le résultat en comprenant l'effet année,
d'apprécier l'état du milieu laissé à la culture suivante (fertilité) et les risques de
pollution encourus à l'échelle du bassin versant.

Ensemble intégré d'outils et de méthodes : pour gérer le système


d'information

La mise en œuvre de la démarche décrite dans les 4 points précédents fait


appel à 3 types d'actions.
1) Simuler l'itinéraire technique sur une gamme de climat (et de sol), pour en
apprécier l'intérêt et la faisabilité.

2) Moduler les choix techniques en temps réel par l'observation ou la simulation


d'indicateurs d'états

3) Porter un diagnostic a posteriori pour juger et ajuster les règles de décision


appliquées.

La gestion des informations mobilisées par ces 3 types d'actions fortement


imbriquées requiert un ensemble intégré, cohérent et simple d'usage d'outils et de
méthodes d'aide à la décision. Dans les 3 systèmes étudiés, l'agriculteur a accès
aux avertissements agricoles (Service de la protection des végétaux - SPV) et aux
informations techniques (variétés, produits phyto sanitaires) éditées par le
développement agricole. L'usager de modèles d'aide à la décision doit pouvoir à
tout moment confronter simulations et observations de tour de plaine et, ainsi,
faire l'apprentissage de l'outil (paramétrage) et orienter son observation. Les 3
systèmes étudiés mettent une priorité sur la maîtrise des facteurs eau (ressource ±
limitée), azote (premier levier de contrôle du rationnement) et résultat technico-
économique.
Exposé sur un cas de culture.

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