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Intro Informatique Quantique

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INFORMATIQUE QUANTIQUE

Introduction

Formation de X jours (session 2023)

Bertrand MERCIER copyright 2023


Objectifs de cette formation
Définition

Origine/Historique

Etat de l’Art actuel ( Recherche, Matériel, Logiciel, Marché/Clients )

Concepts clés originels : Physique ou Mécanique quantique

Outils logiciels (paradigmes, langages, environnements, …)

Quelques algorithmes de base les plus connus

Formateur : ancien Architecte/Développeur Logiciel (20 ans d’exp)


Plan de formation

0. Définition : Qu’est-ce que l’informatique quantique ?


1. Des origines à l’état de l’art actuel
2. A l’origine : la physique quantique
3. Informatique quantique : le Qubit, l’Ordinateur quantique
4. Les portes quantiques, Les circuits quantiques
5. Les environnements de développement quantiques
6. Les algorithmes quantiques utilisant ces circuits quantiques
0- Introduction : Qu’est-ce que l’informatique quantique ?

Application de la physique quantique à l’informatique matérielle (capteurs


quantiques, processeurs quantiques1, réseaux quantiques).

Exploitation des principes mathématiques de la physique quantique aux


objectifs de l’informatique logiciel (calcul/algorithmes,
transmission/distribution réseau, sécurité/cryptographie).
1. Historique & origines

Les technologies quantiques ne sont pas complètement nouvelles

Elles ont émergées à partir de 1947 avec la découverte du transistor, qui


est à l’origine de tous les composants électroniques et tout le monde
numérique et digital associé ( CD/DVD, GPS, photo numérique, écrans &
TV LCD, imagerie médicale, ordinateur, fibre optique… ) :

Cette révolution est la 1ère révolution quantique


1. Etat de l’art actuel

La 2nde révolution quantique


Terme apparu environ à partir de 1982

Utilise les récentes applications de la physique quantique.

Désigne maintenant les technologies qui permettent de contrôler


individuellement des particules quantiques type atomes, électrons, photons

Utilise à la base 2 propriétés essentielles :


Superposition quantique
Intrication quantique
1. Etat de l’art actuel

Cette 2nde révolution quantique couvre actuellement les domaines :

- Calcul (quantique)

- Cryptographie (quantique)

- Télécommunications (quantiques)

- Capteurs (quantiques)
1. Etat de l’art actuel

Calcul (quantique)
Permet de trouver des solutions à des calculs variés complexes1

Repose sur de nouveaux paradigmes :

Calcul basé portes quantiques2

Recuit quantique2

Simulation quantique2
1. Etat de l’art actuel

Cryptographie (quantique)

Assure l’inviolabilité des communications


Permet le partage parfaitement sure d’un secret commun entre deux systèmes
distants

Repose sur :

l’intrication quantique1

le théorème de non-clonage2

La distribution quantique3 de clé de chiffrement


1. Etat de l’art actuel

Télécommunications (quantiques)
Permet de distribuer un calcul entre machines/ordinateurs/processeurs et/ou capteurs
quantiques distants sur un réseau (quantique).

Une des application(s) : la distribution quantique1 de clé de chiffrement

Utilise :
L’intrication quantique de ressources2 distantes

è Internet (quantique) plus sécurisé

è Ne permettra pas de transmettre des informations plus rapidement qu’avec machines et réseaux classiques
actuels (impossible d’aller plus vite que la lumière / principe de causalité)
1. Etat de l’art actuel
Capteurs (quantiques)
Permet des mesures physiques avec des précisions largement > capteurs classiques
actuels1 :
Outils de mesure

Horloges atomiques ultra précises

Accélérateurs et gyroscopes (à atomes froids2)

Magnétomètres

Micro-Gravimètres ultra précis3


Systèmes d’Imagerie médicale plus précis et non destructif
2- Physique Quantique
But : expliquer la dynamique des particules du monde microscopique de l’infiniment petit1
: Comment les atomes, électrons et photons se comportent et interagissent.
Apparait au début du 20ème siécle (1900)
Jusque fin 19ème : physique classique semble expliquer tout ce qui nous entoure (mécanique de
Newton pour le mouvement des objets y compris célestes, Maxwell et ses équations expliquent les champs
électromagnétiques et les aspects ondulatoires de la lumière)
Début 20ème : Restait à prouver l’existence des atomes et la quantification de la matière.
1ère percée : l’interaction rayonnement-matière est quantique
Max Planck émet l’hypothèse que les échanges d’énergie de rayonnement de la lumière
avec la matière se font de façon discontinue par paliers de petites quantités (les
« quanta ») d’énergie2.
2- Physique Quantique
2ème percée : la nature même du rayonnement (lumière) est quantique

En 1905, Albert Einstein rectifie et élargit la découverte de Planck :


Pour des raisons de cohérence et d’équilibre entropique, le caractère
quantique/discontinu/discret ne se limite pas aux échanges énergétiques
matière-rayonnement, il doit aussi être présent dans le rayonnement (ou
champ) électromagnétique.
La lumière doit aussi présenter un caractère quantique (en plus de son
caractère ondulatoire, connu depuis le début du 19ème ).
2- Physique Quantique
2ème percée : la nature même du rayonnement (lumière) est quantique
En 1905, Albert Einstein propose une explication de l’effet photo-électrique1 , il
prouve que : La lumière véhicule des « quanta », appelés plus tard photons2.

Lorsqu’un électron du matériau (métallique)


absorbe un photon incident et
que l’énergie de ce photon était suffisante
(E=h. 𝜈 > travail d’extraction de l’électron),
alors l’électron est éjecté
2- Physique Quantique
Einstein a pressenti et mis ainsi en exergue la dualité de la lumière :
À la fois ondulatoire et corpusculaire (relatif aux particules).

3ème percée : la matière est quantique


Au 19ème siècle de nombreuses expériences de soumission d’atomes d’un élément
chimique à un rayonnement électromagnétique ont permis d’accumuler des
spectres*, comportant des raies (lignes verticales) correspondant chacune à des
fréquences et donc à des longueurs d’onde précises. Chaque élément chimique a un
spectre de raies particulier.
Raie d’émission de l’Hydrogène
dans le spectre visible ->
2- Physique Quantique
Balmer en 1884 puis Rydberg en 1889 avaient découvert de façon analogue une loi/formule donnant la longueur
d’onde de chaque raie de l’hydrogène comme fonction d’un nombre entier différent1.
En 1913, Niels Bohr en déduit une règle de quantification des énergies et construit un modèle de l’atome
d’hydrogène, qui donne chaque niveau d’énergie de cet atome en fonction d’un nombre entier différent2. C’est
un tournant de la physique quantique.
A partir de ce postulat, Bohr crée un modèle d’atome (avec son noyau central), avec des orbites sur lesquelles les
électrons gravitent et tournent autour du noyau.
Chaque orbite correspond à un niveau d’énergie et donc à une longueur d’onde et une raie spectrale associée.
Les électrons sont chacun sur une des orbites et peuvent passer de l’une à l’autre.

Chaque atome, quand il absorbe ou émet un rayonnement électromagnétique,


change de niveau d’énergie3 ->
2- Physique Quantique
Les idées de Bohr furent confirmées par l’expérience de Franck & Hertz en 19141 : L’énergie d’un atome ne
peut avoir que des valeurs discrètes/quantifiées et des raies spectrales observées correspondent aux
transitions entre ces niveaux d’énergie.
2- Physique Quantique
Dualité onde-corpuscule
Comportement ondulatoire de la matière et de ses particules (symétrique
du comportement corpusculaire de la lumière découvert par Einstein)
Interférences & Franges d’Young
Envoi d’un faisceau lumineux* (onde) sur une plaque percée de 2 fentes (qui vont agir comme 2
sources secondaires d’onde en phase à cette origine) … puis vers un écran.
2- Physique Quantique
Dualité onde-corpuscule
Comportement ondulatoire de la matière et de ses particules
Interférences & Franges d’Young
On observe sur l’écran distant, des franges d’interférences des 2
ondes secondaires*
2- La Physique Quantique

Comportement ondulatoire de la matière et de ses particules/corpuscules


En 1923, Louis de Broglie, pense que les niveaux d’énergie discrets de l’atome (de Bohr)
pouvaient provenir d’un phénomène d’ondes stationnaires et que toute particule
massive est associée à une onde1.
Cette hypothèse fut vérifiée à plusieurs reprises2 par des expériences détectant des
interférences de particules (électrons ou atomes)
Elles confirment que les particules matérielles ont un comportement ondulatoire, avec
une longueur d’onde (donnée par la formule de Louis de Broglie1), fonction de la quantité de
mouvement de la particule (cad de sa masse et vitesse).
2- Physique Quantique

Comportement ondulatoire de la matière et de ses particules


Dans ces expériences d’interférences avec les 2 fentes d’Young,
les atomes, sont des corpuscules qui ont une position finale ponctuelle bien
définie.
Comment expliquer l’aspect ondulatoire et la distribution aléatoire des points
d’impacts finaux des atomes qui forment en s’accumulant des franges
d’interférences qui remplissent tout l’espace, de manière semblable aux
interférences lumineuses ?
2- La Physique Quantique
Comportement ondulatoire de la matière et de ses particules
Si on bouche une des 2 fentes, on obtient à chaque fois une figure de diffraction
(légèrement décalée).
La réunion de ces 2 sous-expériences, forme une somme de 2 figures diffractions
mais pas d’interférences.
De même, si dans l’expérience avec les 2 fentes ouvertes, on mesure à chaque fois
par quelle fente est passé chaque atome, alors on obtiendra aussi la somme de 2
diffractions, mais pas d’interférences.
L’expérience avec les 2 fentes ouvertes, ne fournit donc pas un phénomène aléatoire
probabiliste classique, qui seraient la somme des 2 probabilités*
2- Physique Quantique
Comportement ondulatoire de la matière et de ses particules
Conclusions de ces expériences :
- Une mesure affecte/perturbe le système et ne permet plus d’avoir
d’interférences*
- dans une expérience d’interférences, on connait l’état initial, l’état final
(positions finales), MAIS on ne peut pas savoir ce qui s’est passé à chaque
instant intermédiaire.
- il faut maintenant pouvoir expliquer théoriquement ces expériences
d’interférences d’ondes probabilistes non classiques : c’est l’objet de la
mécanique ondulatoire de De Broglie et Schrödinger
2- Physique Quantique
Mécanique ondulatoire / Fonction d’onde, équation d’onde
L’amplitude d’une onde de particule selon Louis de Broglie est donnée par la fonction
d’onde Ψ (r, t) décrivant le comportement des expériences :
(E.t−p.r)
Ψ(r,t) = 𝒆!𝒊 h avec p= m.v = impulsion de la particule de masse m et de vitesse v, se
trouvant en un point r à l’instant t et E=p2/(2m) son énergie cinétique .

En dérivant cette expression par rapport au temps et en prenant le Laplacien Δ1, on en


déduit l’équation d’onde (simplifiée dans le vide2) de Schrödinger pour une particule :

!" h!
ih !# = - $% ΔΨ
2- Physique Quantique
Mécanique ondulatoire / Terminologie
Un système/objet quantique = une particule : un atome, un électron,
qui a une masse m et une charge électrique q
Il a un état (quantique) , indépendant de sa structure interne1.
Cet état quantique du système à l’instant t est symbolisé par le sigle : I𝚿(t)> 2
𝚿(r,t) étant la fonction d’onde décrivant l’état de la particule dans l’espace au
point r à l’instant t.
Le temps t étant non relativiste et mesuré avec horloge classique.
2- Physique Quantique
Mécanique ondulatoire / But, Objectifs
Interprétation physique de la fonction d’onde

Elle est l’amplitude de probabilité de présence de la particule en un point r à


l’instant t.
La Probabilité de trouver la particule dans un voisinage (d3r) du point r :
dP(r) = IΨ(r,t)I2 d3r

IΨ(r,t)I2 étant la densité de probabilité de présence au point r à l’instant t.


et on a ∫ dP(r) = 1 : L’intégrale de cette probabilité sur tout l’espace vaut 1.*
2- Physique Quantique
Mécanique ondulatoire / But, Objectifs
L’interprétation physique de la fonction d’onde
Si on réalise les mesures successives de la position de N particules (atomes par
ex) identiques mais indépendantes, et de la même façon (avec les mêmes
conditions initiales de préparation), donc décrit par la même fonction d’onde, le
résultat sera à chaque fois précis mais aléatoire.
L’ensemble des résultats se distribue selon la loi de probabilité IΨ(r,t)I2

Evolution de la fonction d'onde d'un électron au passage


de 2 fentes (Les niveaux de gris représentent la densité de probabilité de présence de l'électron) ->
2- Physique Quantique
Mécanique ondulatoire / But, Objectifs
Equation de Schrödinger généralisée
En 1926, Schrödinger découvre que quand 1 particule est soumise à 1 champ de force
dérivant d’1 potentiel V(r), la loi d’évolution dans le temps de la fonction d’onde 𝛹 est
donnée par l’équation :
!"($,&) h!
ih !& = - #$ ΔΨ(𝑟, 𝑡) + V(r).Ψ(𝑟, 𝑡) avec 𝛥 = Laplacien = dérivée seconde de la fonction d’onde 𝛹 par rapport
à la position r

On retrouve l’équation de Schrödinger simplifiée dans le vide, à laquelle on ajoute les forces qui
s’exercent sur la particule.
C’est une équation aux dérivées partielles linéaire* du 1er ordre en temps : si on connait l’état initial
Ψ(𝑟, 0) à l’instant initial t=0, alors elle permet de calculer l’état Ψ(𝑟, 𝑡) à tout instant ultérieur t.
2- Physique Quantique
Mécanique ondulatoire / But, Objectifs
Equation de Schrödinger généralisée
Cette équation est en fait la loi fondamentale de la dynamique d’une
particule quantique placée dans le potentiel V(r).
Presque tous les problèmes de mécanique quantique consisteront à résoudre
cette équation.
A noter que Schrödinger avait écrit au début des équations plus complexes
intégrant la relativité, mais elles ne donnaient pas les bonnes corrections
relativistes*. Ainsi la majeure partie de la physique atomique est non
relativiste.
2- Physique Quantique
Principe de superposition
Les apports de De Broglie & Schrödinger ont permis d’expliquer le phénomène d’interférences et après le
passage par 2 fentes, la fonction d’onde de l’atome en un point de l’écran est bien la somme de 2 fonctions
d’onde, qui chacune indépendamment passerait par une fente l’autre étant bouchée1.
Ψpoint écran = Ψseule fente1 ouverte + Ψseule fente2 ouverte

Cette propriété d’addition des fonctions d’ondes est appelée principe de superposition.
Cette propriété exprime le phénomène d’interférences.

On peut généraliser cette somme à une combinaison linéaire des 2 ondes :


Ψ = 𝜶Ψ1 + 𝜷Ψ2, 𝜶 et 𝜷 étant des nombres complexes2, permettant d’atténuer ou déphaser les ondes.
Cette combinaison linéaire Ψ est une fonction d’onde à condition qu’on ajuste ses coefficients 𝜶 et 𝜷 pour
qu’elle satisfasse la condition de normalisation : l’intégrale de la densité de probabilité de l’onde sur tout
l’espace doit toujours valoir 1 , ce qui signifie que I𝛂I2 + I𝛃I2 =1
2- Physique Quantique
Principe de superposition
Cette combinaison linéaire ou superposition linéaire d’ondes est appelé paquet
d’ondes*.

La fonction décrivant l’état d’une particule, on peut appliquer ce principe aux états
quantiques :
Si Ψ1 et Ψ2 sont 2 états quantiques d’un système quantique (particule), alors leur
combinaison linéaire est un état possible du même système.
I𝚿> = 𝜶I𝜳1> + 𝜷I𝜳𝟐> avec 𝛼 et 𝛽 étant des nombres complexes
avec I𝛂I2 + I𝛃I2 =1
2- Physique Quantique
Mesure quantique
On a vu lors de l’étude de la dualité onde-corpuscule (comportement
ondulatoire des particules), que toute mesure quantique affecte le système
quantique tel qu’on ne peut plus avoir d’interférences et donc plus de
superposition de fonction d’onde. On dit qu’il y a réduction du paquet
d’ondes*. Ceci est un autre principe de la mécanique quantique.
La mesure quantique de l’état d’un système quantique fournit un résultat
classique de mécanique classique, bien défini et déterminé, mais détruit l’état
superposé quantique du système : du coup, si l’on re-fait une mesure (juste
après la 1ère mesure), le résultat sera le même.
2- Physique Quantique
Mesure quantique
Application de la mesure quantique à l’état quantique symbolisé par I𝚿>
On a vu que I𝚿> pouvait être une combinaison linéaire de 2 états quantiques
(associés chacun à une fonction d’onde). On peut généraliser à n états
quantiques I𝚿𝒊> :
I𝚿> = ∑*'() 𝜶𝐢I𝚿𝒊> avec 𝜶𝐢 étant des nombres complexes et ∑,+() Iαi I2 = 1

les I𝚿𝒊> sont toutes les valeurs différentes que peut prendre la mesure de l’état
I𝚿> ; Ce sont les états de base.
La mesure de I𝚿> donnera I𝚿𝒊> avec une probabilité 𝜶𝐢2
2- Physique Quantique
Problème de la Mesure quantique : Paradoxe du chat de
Schrödinger
En 1935, Schrödinger a une idée d’expérience dite de pensée :
On met un chat dans une boite close parfaitement isolée de l’extérieur, avec une
particule type atome radioactif et une fiole de poison. Si l’atome se désintègre, alors
ça casse la fiole, qui libère le poison, et tue le chat.
L’atome radioactif a une probabilité de 1/2 de se désintégrer au bout d’1h.
Question :
Au bout d’1h,
le chat est-il mort ou encore vivant ?
2- Physique Quantique
Mesure quantique : Paradoxe du chat de Schrödinger
Réponse : Tant qu’on n’ouvre pas la boite, pour vérifier avec nos yeux (ce qui
correspond à faire une mesure quantique), on ne peut pas savoir si le chat est
mort ou vivant.
Conclusions : Tant qu’on ne regarde pas, qu’on ne mesure pas, le chat est dans
les 2 états superposés « état vivant » et « état mort »,
Mais dès qu’on fait la vérification/mesure, on est certain de l’état (« mort ou
bien « vivant »), réduisant ainsi le paquet d’ondes.
Attention, cette expérience de pensée est un transfert dans le monde
macroscopique*
2- Physique Quantique
Décohérence quantique
Traite du problème de la stabilité d’un système quantique.
Un système quantique ne peut pas etre parfaitement isolé.
Il interagit toujours un minimum avec son environnement extérieur.
Ces interactions aussi faibles soient elles (thermiques par exemple) causent en un
temps relativement rapide* une destruction de la superposition des états
quantiques, car la cohérence des phases des composants du système, disparait.
On dit qu’il y a décohérence. Elle peut etre causée aussi par les appareils de mesure.
Ces interactions élémentaires rendent inobservable la superposition d’états.
Seuls sont observables des états non superposés de la mécanique classique.
2- La Physique Quantique
Relation(s) ou Principe d’incertitude de Heisenberg
A partir de l’analyse des transformées de Fourier, Heisenberg en 1927 établit que
les écarts quadratiques sur les mesures de la position et de l’impulsion (ou quantité
de mouvement) selon un même axe satisfont toujours les inégalités :
h h h
𝜟𝒙𝜟px >= 𝜟𝒚𝜟py >= 𝜟𝒛𝜟pz >=
𝟐 𝟐 𝟐
h h h
Et puisque p = mv : 𝜟𝒙𝜟𝐯x >= ; 𝜟𝒚𝜟𝐯𝐲 >= ; 𝜟𝒛𝜟𝐯𝐳 >=
𝟐𝒎 𝟐𝒎 𝟐𝒎
Ce sont les relations d’incertitudes de Heisenberg ou principe d’incertitude
Interprétation : A l’échelle d’une particule (mais pas macroscopique)*, on ne peut
connaitre très précisément à la fois sa position et sa vitesse*.
2- Physique Quantique
Relation(s) ou Principe d’incertitude de Heisenberg
Le principe d’incertitude de Heisenberg est fondamental dans la mécanique
quantique*.
Les relations d’incertitude de Heisenberg sont indépendantes de l’imprécision des
appareils de mesures ou de leur perturbation.
On suppose en effet que l’on a ou aura à chaque fois les meilleurs appareils les plus
précis au monde.
Les incertitudes (𝜟) sont d’autant plus grandes que la masse de la particule est
petite.
Ces incertitudes NE concernent PAS les plus gros objets de la physique classique.
2- Physique Quantique
Intrication Quantique
C’est le 2ème grand principe de la mécanique quantique, avec la superposition1.
Il s’agit d’un phénomène qui lie 2 particules quantiques, pouvant etre très éloignées,
et qui partagent des propriétés/informations communes.
Les 2 particules intriquées ont un état corrélé, synchronisé, inséparable, et ce
quelque soit la distance spatiale qui sépare les 2 particules2. On dit que les 2 particules
ont un état intriqué ou corrélé. Leur fonction d’onde sont identiques.
Soient 2 particules A et B intriquées partageant un même état.
Si cet état change dans la particule A, alors il changera instantanément de la même
façon (avec la même valeur)* dans la particule B.
2- Physique Quantique
Intrication Quantique
Si l’état commun de 2 particules intriquées A et B change dans A alors il
changera de la même valeur dans B.
La mesure1 de l’état de A sera la même que celle de B quelque soit la distance
qui sépare les 2 particules.
C’est ce principe de non-localité, qui a perturbé Einstein et a été à l'origine de
son célèbre paradoxe EPR2 avec Rosen et Podolsky.
L’intrication, n’implique aucun envoi ou transfert d’information, ce qui explique
son instantanéité et ne signifie pas que l’on va plus vite que la lumière3
2- Physique Quantique
Le paradoxe EPR
Il s’agit au départ d’une expérience de pensée1 proposée par Einstein, Podolsky
et Rose en 1935, qui tend à montrer que l’intrication (l’instantanéité à distance de
changement d’état entre 2 particules corrélées), impliquerait que l’information (d’état)
pourrait aller plus vite que la lumière, ce qui est contraire à la théorie de la
Relativité (la vitesse de la lumière est indépassable). Selon Einstein il manquerait des
« variables cachées », des équations dans cette théorie quantique incomplète.
Depuis plusieurs expériences réelles ont prouvé que la théorie quantique était
bien complète, notamment les expériences d’Alain Aspect entre 1980 et 1982.
Ces expériences sont liées à la théorie de Bell et son inégalité2.
2- Physique Quantique
Intrication Quantique / Implémentation concrète
Comment peut-on obtenir des particules intriquées dans le monde réel ?
Des interactions physiques doivent être crées entre particules. Ces 2 particules
ont donc un passé commun.

On peut intriquer des électrons, des atomes ou des photons.


Exemples :
- des électrons peuvent avoir leur spin1 intriqué, en baissant la barrière d’énergie
potentielle entre eux.
2- Physique Quantique
Intrication Quantique / Implémentation concrète
Exemples :
- des atomes neutres peuvent être intriqués, en les excitant avec des lasers, ce
qui a pour effet d'élever leur niveau d'énergie à un état dit de Rydberg1.
- on peut préparer 2 photons et les intriquer par polarisation2
2- Physique Quantique
Intrication Quantique / Théorie de Bell / Inégalité de Bell
En 1964, John Bell formule un théorème qui énonce que :
- Pour une théorie locale à variables cachées (selon le paradoxe EPR), on doit
satisfaire une inégalité (liée à une fonction de corrélation de mesure1 entre 2 particules).
- Cette inégalité peut être violée par les prévisions de la mécanique quantique
(par l’intrication de 2 particules).
Donc si expérimentalement, on arrive à réaliser une intrication quantique, pour
laquelle l’inégalité de Bell est violée, ALORS on aura prouvé qu’il n’y a pas de
variables cachées et donc que la mécanique quantique est complète2.
2- Physique Quantique
Propriété de non-clonage quantique1
Rend impossible la copie à l’identique de l’état d’un objet quantique (qubit, n-
qubit) et de l’exploiter indépendamment de l’original
Si on cherche à copier/dupliquer un objet quantique, donc on lit la valeur de
l’état de cet objet quantique, et donc on détruit forcément son caractère
quantique2, puisqu’on récupère une valeur unique et définitive (I𝟎> ou bien I𝟏>)
Cela pose à priori un problème pour mémoriser/stocker des informations
quantiques et donc pour la réalisation de mémoires quantiques3.
Il existe un cas ou on peut dupliquer mais pas réutiliser indépendamment:
l’intrication quantique car les particules sont inséparables, corrélées.
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique / architecture matérielle*
Pour construire une mémoire quantique1, on peut s’inspirer du classique :
Séparation Mémoire-CPU de l’architecture de Von Neumann :

On peut de même séparer mémoire quantique et unité de traitement quantique :


3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)1
Comme en classique, le composant élémentaire d’un dispositif de mémoire
quantique sont les cellules de mémoire … quantique (=QMC)
L’adressage de cette mémoire (comment on y accède) est important.
2 types de dispositifs de mémoire quantique :
- mémoire quantique à accès aléatoire (RAQM)
- mémoire à accès aléatoire quantique (QRAM)
Existe aussi notions de cache quantique, tampon/buffer quantique et unité de
mémoire quantique (QMU) et son modèle de programmation.
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)1
Les cellules de mémoire quantique (analogues des cellules mémoires classiques)
peuvent être fabriquées en utilisant un registre quantique ou un simple qubit.
Mais elles ont des exigences différentes des qubits utilisés en calcul quantique.
Définition d’une cellule de mémoire quantique :
Elle peut être faite d’un seul qubit ou bien d’un registre quantique pour stocker
un bit d’information quantique.
A la différence des registres de calcul quantique, les portes d’intrication entre
cellules NE sont PAS nécessaires.
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)
Définition d’une cellule de mémoire quantique (QMC)
Fonctionnalité de base :
Stockage d’informations quantiques
Opérations contrôlées(?) pour sauver des informations quantiques dans le QMC
Chargement des informations quantiques à partir du QMC
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)
Définition d’une cellule de mémoire quantique (QMC)
A cause du théorème de non-clonage, les opérations de lecture/écriture ne
peuvent copier des informations; donc elles peuvent seulement être réalisées en
utilisant des opérations (de calcul) quantiques.
Voici la structure de base d’une QMC et
ses interactions associées* :

Qubit bus = information quantique


3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)
Définition d’une cellule de mémoire quantique (QMC)
Cas QMC basé portes SWAP :
Lecture ET écriture peuvent être réalisées avec un simple SWAP*
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)
Définition d’une cellule de mémoire quantique (QMC)
Une bonne QMC devrait satisfaire les exigences :
- stocker des informations quantiques pendant une longue période de temps,
donc avoir un long temps de stockage*
- Ses opérations de lecture et d’écriture doivent etre rapides et précises
- avoir de grandes capacités d’intégration, afin de pouvoir construire de grosses
mémoires, intégrant beaucoup de QMC.
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Mémoire quantique (pas encore au point, état de recherche)
Construction d’un dispositif de Mémoire Quantique
Une mémoire quantique intègre plusieurs cellules mémoire (QMC).
Comme en classique, chaque cellule doit pouvoir être accédée par une adresse.
Mais, Contrairement à une mémoire classique, tous les ports de mémoire
quantique peuvent porter des informations classiques ou quantiques.
4 ports : en Read/Load : output + port adresse lecture
En Write/Store : input + port adresse écriture
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Nouveau paradigme informatique : le Qubit ou bit quantique
On a vu la notion d’état quantique d’un système ou particule quantique (atome,
électron, …) à l’instant t, symbolisé par le sigle : I𝚿(t)> , 𝛹(r,t) étant la fonction
d’onde décrivant l’état de la particule dans l’espace au point r à l’instant t.
On a vu aussi que Si Ψ1 et Ψ2 sont 2 états quantiques d’un système quantique,
alors leur combinaison linéaire est un état possible du même système.
I𝚿> = 𝛂I𝚿1> + 𝛃I𝚿𝟐> avec 𝛼 et 𝛽 deux nombres complexes et I𝛂I2 + I𝛃I2 =1
les I𝚿𝒊> sont toutes les valeurs différentes que peut prendre la mesure de l’état
global du système.
Les 2 états quantiques de base sont I𝛹 1> = I𝟎> et I𝛹2> = I𝟏>
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Nouveau paradigme informatique : le Qubit ou bit quantique
En informatique classique, un état discret numérique qui apparait et qu’on peut
mesurer en un point unique (entrée, sortie) d’un circuit électronique est
représenté par un bit et peut prendre les valeurs 0 ou bien 1.
En informatique quantique, un état quantique d’un système quantique est
représenté par une combinaison linéaire ou superposition des 2 états
quantiques de base I𝟎> et I𝟏> : IΨ> = αI0> + βI1> avec 𝛼 et 𝛽 nombres complexes
et I𝛂I2 + I𝛃I2 =1
Cet état quantique global IΨ> s’appelle un qubit.
3- De la physique quantique à l’informatique quantique
Différence entre bit classique et qubit quantique
La différence entre l’informatique classique et quantique est que le qubit pourra
prendre en un point et un instant t, en théorie une infinité de valeurs (que
peuvent prendre les coefficients 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑙𝑒𝑥𝑒𝑠 𝛼 et 𝛽), tant qu’on ne fait pas de
mesure, cad pendant les calculs du système/circuit1 quantique global.
3- L’informatique quantique / les qubits
Généralisation des Qubits : n-qubits
Plus généralement, comme on l’a vu, un état quantique d’un système quantique est en
𝟐 𝒏
fait une combinaison linéaire d’états quantiques IΨ𝑖> de base : I𝚿> = ∑345 𝜶𝐢I𝚿𝒊>
les IΨ𝑖> sont toutes les 𝟐𝒏 valeurs différentes (d’états de base) que peut prendre la
mesure de l’état du système. I𝚿> est alors appelé un n-qubit

Ce regroupement ou réunion de n qubits (I0> et I1>) conduit à la superposition de 𝟐𝒏


états de base qui sont des combinaisons de 0 et de 1.
IΨ> = 𝛼1I𝟎. 𝟎 … . 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟎 … . 𝟎. 𝟏> + 𝛼3I𝟎. 𝟎 … . 𝟏. 𝟎> + … 𝛼 𝟐𝒏 I𝟏. 𝟏 … . 𝟏. 𝟏> *
Ceci est une représentation « en ligne » du n-qubit **
3- L’informatique quantique / les qubits
Application de la généralisation des qubits à un 2-qubits, un 3-qubits

Si on réunit 2 qubits (I0> et I1>), on obtient l’état quantique IΨ> appelé un 2-


qubit :
IΨ> = 𝛼1I𝟎. 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟏> + 𝛼3I𝟏. 𝟎> + 𝛼4I𝟏. 𝟏> soit 22=4 états de base

De même pour un 3-qubits, on aura :


IΨ> = 𝛼1I𝟎. 𝟎. 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟎. 𝟏> + 𝛼3I0.𝟏. 𝟎> + 𝛼4I0.𝟏. 𝟏> + 𝛼5I𝟏. 𝟎. 𝟎> + 𝛼6I𝟏. 𝟎. 𝟏>
+ 𝛼7I1.𝟏. 𝟎> + 𝛼8I1.𝟏. 𝟏> soit 23=8 états de base
3- L’informatique quantique / les qubits
Représentation d’un qubit : sous forme de vecteur
Revenons au qubit simple; on a vu IΨ> = αI0> + βI1> avec I0> et I1> les 2 états
quantique de base.
En fait chacun de ces 2 états de base peut s’écrire comme un vecteur :
𝟏
I𝟎> = 𝟎
appelé « Ket 0 » ou vecteur Ket 0

et
𝟎
I𝟏> = 𝟏
appelé « Ket 1 » ou vecteur Ket 1
3- L’informatique quantique / les qubits
Représentation d’un n-qubit : sous forme de vecteur
Pour un 2-qubit, on a vu IΨ> = 𝛼1I𝟎. 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟏> + 𝛼3I𝟏. 𝟎> + 𝛼4I𝟏. 𝟏>
Les 4 états de base peuvent chacun s’écrire comme un vecteur :
𝟏 𝟎 𝟎 𝟎
I𝟎. 𝟎> = 𝟎 I𝟎. 𝟏> = 𝟏 I1. 𝟎> = 𝟎 I1. 𝟏> = 𝟎
𝟎 𝟎 𝟏 𝟎
𝟎 𝟎 𝟎 𝟏

On en déduit le même genre d’écriture pour un n-qubits, avec un vecteur à 𝟐𝒏


lignes.
3- L’informatique quantique / les qubits
Représentation d’un Qubit : sur la Sphère de Bloch
On a vu que tout qubit s’exprime : I𝚿> = 𝛂I𝟎> + 𝛃I𝟏> avec α et β nombres
complexes; Or on a vu que la fonction d’onde (liée à l’état quantique représenté
par ce qubit) a une amplitude et une phase comme toute onde.
Amplitude et phase sont 2 angles qui peuvent être représentés sur une sphère
centrée sur un repère cartésien orthonormé.
On peut représenter un qubit avec des coordonnées sphériques 𝜽 et 𝝓 (*) :
0 0
IΨ> = cos( )I0> + sin( ) 𝑒 '2 I1> avec 0 ≤ 𝜃 ≤ 𝜋 et 0 ≤ 𝜙 ≤ 2𝜋
1 1
𝜽 𝜽
On a donc 𝛂 = 𝒄𝒐𝒔(𝟐) 𝑒𝑡 𝛃 = 𝒔𝒊𝒏(𝟐) 𝒆𝒊𝝓 et toujours IαI2 + IβI2 =1
3- L’informatique quantique / les qubits
Représentation d’un Qubit : sur la Sphère de Bloch
Sphère avec son repère cartésien orthonormé (O, x, y, z) :
0 0
IΨ> = cos( )I0> + sin( ) 𝑒 '2 I1> avec 0 ≤ 𝜃 ≤ 𝜋 et 0 ≤ 𝜙 ≤ 2𝜋
1 1
Le qubit est un point sur la sphère ou un vecteur
d’origine le centre de la sphère et de norme 1.
Coordonnées sphériques 𝜽 et 𝝓 :
𝜃 = co-latitude = angle avec axe Z
𝜙 = longitude = angle avec axe X
La sphère est de rayon 1, puisque I𝛂I2 + I𝛃I2 =1
3- L’informatique quantique / les qubits
Représentation d’un Qubit : sur la Sphère de Bloch
Dans le repère orthonormé XYZ de la sphère, le qubit a les coordonnées
cartésiennes :
x = 𝐬𝐢𝐧 𝜽 . 𝐜𝐨𝐬 𝝓
y = 𝐬𝐢𝐧 𝜽 . 𝐬𝐢𝐧 𝝓
z = 𝐜𝐨𝐬 𝜽
3- L’informatique quantique / les qubits
Cycle de vie d’un Qubit ( IΨ> = αI0> + βI1> )
Comme tout élément logiciel informatique (comme un bit classique), un qubit passe
par différentes phases et valeurs :
1- son initialisation ( on le fixe souvent à I𝟎> ou bien à I𝟏> )1
2- sa soumission à des portes quantiques2 (il peut prendre une infinité de
valeurs avec toujours 𝐼𝛼𝐼 2 + 𝐼𝛽𝐼 2 =1), qui vont lui faire varier sa valeur.)
3- sa lecture ( retourne forcément I𝟎> ou bien I𝟏>, car on l’a vu la
mesure/l’observation de sa valeur rompt la superposition/réduit le paquet
d’onde )
3- L’informatique quantique / les qubits
Réalisation physique d’un qubit. Types de qubits
Historique :
2001 : le CEA : 1 qubit sur une puce silicium avec 2 jonctions Josephson + une 3ème
jonction pour le mesurer
2009 : Université Yale : 2 qubits avec 1 milliards d’atomes d’aluminium sur un
supraconducteur
2010 : Université Bristol : processeur quantique optique en silicium
3- L’informatique quantique / les qubits
Réalisation physique d’un qubit. Types de qubits
Nombreuses manières de réaliser physiquement un qubit.
Les qubits peuvent etre conçus à partir de différents types de particules :
- atomes froids ou neutres (atomes refroidis par laser, leur état quantique = leur niveau d’énergie)
- ions piégés1 (ions d’atomes piégés dans une cavité électro-magnétique et dans le vide, manipulés par laser)
- spins d’électrons2 piégés (un électron en tournant sur lui-même, possède un moment cinétique, ayant une infinité de
valeurs, mais uniquement 2 valeurs après mesure )
- supraconducteurs sur silicium (qubit =courant dans une jonction Josephson faite d’oxydes d’aluminium sur des
puces de silicium; l’état des qubits est manipulé par des impulsions à micro-ondes=portes quantiques)

- photons (polarisation des photons: la lumière polarisée vibre en même temps dans 2 directions orthogonales; mesure
Horizontale=> I0> ou Verticale => I1>)
3- L’informatique quantique / les qubits
Réalisation physique d’un qubit. Types de qubits
- centres NV (Nitrogen Vacancy)1 : structures artificielles de diamant dans lesquelles un atome
de carbone a été remplacé par un atome d'azote à proximité d'un espace entre atomes de
carbone.
Il y aurait un autre type de qubits, nommé « fermions de Majorana »2, mais leur existence n’a
pas encore été prouvé.
3- L’informatique quantique / les qubits
Réalisation physique d’un qubit. Types de qubits
Les qubits peuvent aussi être classés selon 2 types :
- les qubits stationnaires, qui ne bougent pas dans l’espace au cours du temps
- les qubits mouvants, qui se déplacent dans l’espace au cours du temps

Ex de :
- qbits stationnaires (la majorité) : atomes froids, ions piégés, spins d’électrons, centres
NV, supraconducteurs
- qbits mouvants/volants : photons : partent d’une source, et circulent à travers des
portes quantiques et arrivent sur des détecteurs.
3- Informatique Quantique / les qubits
Nombre de qubits
Il conditionne la puissance de calcul fournie, celle-ci augmentant théoriquement
exponentiellement avec le nbr de qubits1.
Certaines technologies sont meilleures pour le passage à l’échelle et la
miniaturisation, comme les qubits basés spin d’électron, à la différence des
qubits à ions piégés. Les qubits supraconducteurs passent bien à l’échelle, mais
au détriment de leur fidélité (< ions piégés) qui perd en stabilité2
Les qubits à atomes froids passent à l’échelle mais avec des limites pratiques
dans le nombre d’atomes contrôlables.
3- Informatique Quantique / les qubits
Connectivité entre qubits
Plus la connectivité entre qubits est grande, plus la vitesse d’exécution du code
des algorithmes quantiques sera rapide.
Cette connectivité varie selon les technologies :
Avec les qubits supraconducteurs ou silicium, elle est limité aux qubits voisins.
Elle est meilleure avec les qubits à ions piégés.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Des portes logiques classiques aux portes quantiques
Un ordinateur classique est constitué entre autres d’une grande majorité1
d’éléments matériels appelés circuits intégrés, dont certains spécialisés, appelés
circuits logiques sont chacun constitué de portes dites logiques (construites
chacune à partir de composants électroniques de base, transistors, diodes).
Chaque porte logique permet de réaliser des opérations/fonctions logiques de
base sur les bits. Ces opérations vont des simples NOT, AND, OR, XOR, NAND.
Un circuit logique (assemblage de plusieurs portes logiques) permet de réaliser
des opérations/fonctions plus complexes : additionneur, multiplexeur, …
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Des portes logiques classiques aux portes quantiques
En informatique classique, il existe 2 types de circuits logiques :
- les circuits combinatoires, dont les valeurs de sorties ne dépendent que valeurs des
entrées à chaque instant t fixé (le temps de propagation des signaux n’est pas pris en
compte)
- les circuits séquentiels, dont les sorties dépendent non seulement des entrées, mais
aussi des états d’entrée ou de sortie antérieurs (le temps de propagation des signaux
est donc pris en compte), leur permettant ainsi de mémoriser un bit (bistable ou
bascule1) ou plusieurs bits (registres ou cellules mémoires2).
En 2023, les unités de traitement quantiques fonctionnent comme des registres
quantiques.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Analogie portes classiques / portes quantiques
Un ordinateur quantique est constitué de différents éléments/composants
matériels, dont entre autres, des circuits quantiques eux même chacun
constitué de portes dites quantiques1, un peu analogues aux portes logiques des
ordinateurs classiques.
Comme en classique, une porte quantique peut être « universelle », c’est-à-dire
que n’importe quelle fonction logique (élémentaire pourra être réalisée par un
circuit quantique ne comportant que ces portes universelles2.
On parle aussi d’ensemble de portes quantiques universelles3.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Différences entre portes classiques et portes quantiques
La différence entre portes classiques et quantiques :
- les portes classiques NE sont PAS réversibles1
- les portes quantiques sont réversibles :
En effet, toute porte quantique est une transformation de qubits associée à une
matrice unitaire2
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Réalisation physique des portes quantiques
Les portes quantiques sont activées par des circuits électroniques ou des lasers
et opèrent sur les qubits, soit statiquement (qubits stationnaires, cad la
majorité), soit sur le chemin des qubits, si ils sont mouvants/volants, cad quand
ce sont des photons.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Types de portes quantiques
Il existe plusieurs types de portes quantiques :
Cela depend notamment du nombre de qubits sur lesquels la porte va agir, cad
du nombre de qubits d’entrée de cette porte.
Il existe des portes à 1 qubit, 2 qubits, 3 qubits, …n-qubits d’entrée
Nous avons vu qu’un n-qubit peut être représenté sous forme de vecteur.
Donc la transformation d’un n-qubit d’entrée par une porte donnera un n-qubit
de sortie : donc une porte pourra être représenté par une matrice (n lignes , n
colonnes); Mais aussi par des rotations sur la sphère de Bloch.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit
Les portes à 1 qubit prennent en entrée 1 seul qubit, et renvoie 1 seul qubit en
sortie.
- la porte H de Hadamard 1
- portes de Pauli-X (ou NOT), Pauli-Y, Pauli-Z 2
- portes de changement de phase : S, T , R
- porte Identité : I

Nous allons détailler ces différentes portes …


4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / porte H de Hadamard
La porte H de Hadamard1 (une porte fondamentale de l’informatique quantique)
Elle met un qubit dans l’état de superposition équiprobable des états de base I0> et
I1>. Donc ½ de chances d’avoir I0>, et ½ de chances d’avoir I1>.
C’est une initialisation d’1 qubit.
𝟏 𝟏 𝟏
La matrice associée à la porte H est donc : 𝟐 𝟏 −𝟏

Elle est symbolisée par : H

Elle est très souvent utilisée pour (re)mettre un qubit en superposition équiprobable.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / La porte H de Hadamard
Avec cette porte H, le qubit de base I𝟎> = 𝟏𝟎 sera transformé en :
𝟏 1 1 𝟏 𝟏 𝟏 𝟏
𝟐 1 −1
. 𝟎 = .
𝟐 𝟏
= 𝟐
. ( I𝟎> + I𝟏> ) , noté aussi I+>
! 2 𝟏 ! 2 𝟏
Probabilité d’obtenir I0> : = et Probabilité d’obtenir I1> vaut =
" 𝟐 " 𝟐

Avec cette porte H, le qubit de base I𝟏> = )* sera transformé en :


𝟏 1 1 𝟏 𝟏
. 𝟎𝟏 = . +𝟏 𝟏
= . ( I𝟎> - I𝟏> ) , noté aussi I−>
𝟐 1 −1 𝟐 𝟐
! 2 𝟏 ! 2 𝟏
Probabilité d’obtenir I0> : = et Probabilité d’obtenir I1> vaut − =
" 𝟐 " 𝟐

On peut aussi vérifier aussi que H.H = I (matrice identité)


4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / La porte H de Hadamard
Actions de la porte H appliquée aux qubits de base I0> ou I1>, sur la sphère de
Bloch :
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / La porte H de Hadamard
Implémentation dans environnement de développement d’IBM
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / La porte H de Hadamard
Implémentation dans environnement de développement d’IBM
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / La porte H de Hadamard
Implémentation dans environnement de développement d’IBM
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / porte de Pauli-X (ou NOT)
La porte de Pauli-X1 ou NOT (une porte fondamentale de l’informatique quantique)
Réalise une inversion ou bit-flip. Equivalent de l’inverseur NOT en classique.
Elle génère une rotation de 180°(=𝝅) autour de l’axe X de la sphère de Bloch*.
𝟎 𝟏
La matrice associée à la porte X (ou NOT) est donc : => les coefficients
𝟏 𝟎
𝛼 𝑑𝑒 I0> 𝑒𝑡 𝛽 𝑑𝑒 I1> 𝑑, 𝑢𝑛 𝑞𝑢𝑏𝑖𝑡 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑠, 𝑑, 𝑜𝑢 𝑙𝑒 𝑛𝑜𝑚 𝑏𝑖𝑡 𝑓𝑙𝑖𝑝.
Elle est symbolisée par : X
ou. ⊕

Transforme le qbit I0> en qubit I1> et vice-versa, et peut donc servir à initialiser à I1>
un qubit, qui est par défaut initialisé à I0>.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / porte de Pauli-X (ou NOT)
On peut vérifier aussi que X.X = I (matrice identité)
On l’utilise par exemple dans les algorithmes de recherche comme Grover.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / porte de Pauli-Y
La porte de Pauli-Y
Elle génère une rotation de 180°(=𝝅) autour de l’axe Y de la sphère de Bloch*.
𝟎 −𝒊
La matrice associée à la porte Y est donc :
𝒊 𝟎
Elle est symbolisée par : Y

0 −𝑖 1 0 0
Transforme le qbit I0> en = = 𝑖. = 𝒊.I1>
𝑖 0 0 𝑖 1
0 −𝑖 0 −𝑖 1
Et le qbit I1> en = = −𝑖. = -𝒊.I0>
𝑖 0 1 0 0
On peut vérifier aussi que Y.Y = I (matrice identité)
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / porte de Pauli-Z
La porte de Pauli-Z
Elle génère une rotation de 180°(=𝝅) autour de l’axe Z de la sphère de Bloch*.
𝟏 𝟎
La matrice associée à la porte Y est donc :
𝟎 −𝟏
seul le coefficient 𝛽 𝑑𝑒 I1> 𝑑 ! 𝑢𝑛 𝑞𝑢𝑏𝑖𝑡 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒, 𝑑𝑒 𝑠𝑖𝑔𝑛𝑒, 𝑑 ! 𝑜𝑢 𝑙𝑒 𝑛𝑜𝑚 𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒 𝑓𝑙𝑖𝑝, 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑞𝑢𝑒 𝛽 est associé à la phase
𝝓, angle de rotation autour de l’axe Z. Phase flip, puisque on tourne de 180° (=𝝅).
Elle est symbolisée par :
Z

1 0 1 1
le qbit I0> est inchangé : en effet = = I0>
0 −1 0 0
1 0 0 0
Et le qbit I1> est transformé en = = -I1>
0 −1 1 −1
On peut vérifier aussi que Z.Z = I (matrice identité)
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à un qubit / Portes de changement de phase
Elles génèrent une rotation de l’angle de phase 𝝓 autour de l’axe Z.
𝟏 𝟎
On les symbolise par R 𝜑 𝑜𝑢 𝑹𝒌 dont la matrice associée est
𝟎 𝒆𝒊𝝋
𝟐𝝅
avec 𝝋 = ; Elle est symbolisée par : 𝑹𝒌
𝟐𝒌
Elles sont utilisées dans la transformée de Fourier Quantique, et donc dans les
algorithmes quantiques qui vont utiliser cette transformée de Fourier quantique.
Portes de changement de phase particulière :
Porte S: rotation d’un quart de tour (𝝅/2), soit S= R(𝜋/2)=R2 appelée « porte phase »
Porte T: rotation d’un 8ème de tour (𝝅/4), soit S= R(𝜋/4)=R3
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits
Les portes à 2 qubits, prennent en entrée 2 qubits et renvoie 2 qubits de sortie.

- portes conditionnelles : CNOT (ou CX), CY, CZ


- porte SWAP
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Porte CNOT (ou CX)
C’est une porte conditionnelle :
Elle permet d’opérer un NOT (ou porte X) sur un 2ème (*) qubit d’entrée, Si le 1er (*)
qubit d’entrée est à I1>.

Dans l’autres cas (si le 1er qubit est à I0>), le 2ème qubit reste inchangé.
Dans tous les cas le 1er qubit reste toujours inchangé.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Porte CNOT (ou CX)

Symbole :

Sur la 2ème ligne, correspond à une addition binaire XOR :

La porte CNOT peut aussi etre appelée controled NOT


4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Porte CNOT (ou CX)

Sa matrice associée :

Son application sur les différentes valeurs


des 2 qubit d’entrées (I00>, I01>, I10> ou I11>) donne :
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Porte CNOT (ou CX)
Appliqué sur un 2-qubit quelconque
IΨ> = 𝛼1I𝟎. 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟏> + 𝛼3I𝟏. 𝟎> + 𝛼4I𝟏. 𝟏>

La transformation nous donne :


CNOT (IΨ>) = 𝛼1I𝟎. 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟏> + 𝛼4I𝟏. 𝟎> + 𝛼3I𝟏. 𝟏>

Z* !)
Ou sous forme matricielle : Z2 = !2
Z3 !4
Z0 !>
On verra que la porte CNOT (ou CX) est utilisée pour réaliser l’intrication quantique, très utile.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Portes CY, CZ
Il existe aussi d’autres portes conditionnelles : CY, CZ
CZ effectue sur le 2ème qubit un changement de phase Pauli-Z (donc rotation de
180°=𝜋) selon l’axe Z, si le 1er qubit est à I1>.

CY (*) effectue sur le 2ème qubit un changement de phase Pauli-Y (donc rotation
de 180°=𝜋) selon l’axe Y, si le 1er qubit est à I1>.
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Porte SWAP
La porte SWAP échange 2 qubits d’entrée, cad échange leur place.

Symbole :
Sa matrice :
Appliqué sur un 2-qubit quelconque
IΨ> = 𝛼1I𝟎. 𝟎> + 𝛼2I𝟎. 𝟏> + 𝛼3I𝟏. 𝟎> + 𝛼4I𝟏. 𝟏>
La transformation nous donne :
SWAP (IΨ>) = 𝛼1I𝟎. 𝟎> + 𝛼3I𝟎. 𝟏> + 𝛼2I𝟏. 𝟎> + 𝛼4I𝟏. 𝟏>
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à deux qubits / Porte SWAP
La porte SWAP est equivalente au circuit composé séquentiellement de 3 portes
CNOT (dont une inversée au milieu) :
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à trois qubits et plus
Les portes à 3 qubits, prennent en entrée 3 qubits et renvoie 3 qubits de sortie.

- la porte conditionnelle de Toffoli (ou C2NOT ou CCNOT)


- la porte conditionnelle de Fredkin ou CSWAP
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à trois qubits / la porte de Toffoli (ou CCNOT)
La porte de Toffoli (ou C2NOT ou CCNOT) est une porte conditionnelle :
Si les deux premiers qubits sont à I1>, alors on applique une porte NOT (Pauli-X) au
3ème et dernier qubit. Sinon, le 3ème qubit reste inchangé.

Symbole :
Sa matrice* est :

On l’appelle aussi controled controled NOT


Elle est une extension de CNOT à 3 qubits
4- Informatique Quantique / Portes quantiques
Portes quantiques à trois qubits / La porte de Fredkin ou CSWAP
La porte de Fredkin ou CSWAP est conditionnelle :
4- Informatique Quantique / Mesures quantiques
Mesure Quantique
Après des calculs/traitements par circuits et portes quantiques, on souhaite mesurer
ou récupérer la valeur de chaque qubit (transformé par ces circuits), qui devient alors
un bit avec une valeur fixe de 0 ou bien 1.

La mesure est symbolisé par :

La ligne d’entrée à gauche est celle du qubit (encore superposé) avant mesure.
Les 2 lignes de sortie à droite signifient qu’on mesurera soit le bit 0, soit le bit 1
4- Informatique Quantique / Ordinateurs quantiques
Catégories d’ordinateurs quantiques
Comme en informatique classique1, il n’existe pas un unique type d’ordinateur
quantique.
On peut les classifier* en 2 grands groupes et 4 sous-groupes :
A- ordinateurs quantiques Analogiques2
A.1 - ordinateurs à Recuit quantique (annealer)3
A.2 - Simulateurs quantiques Analogiques4
B- ordinateurs quantiques Numériques ou basé portes ou universels5
B.1 - ordinateurs NISQ (Noisy Intermediate Scale Quantum)6
B.2 - ordinateurs FTQC (Fault-Tolerant Quantum Computers)7
4- Informatique Quantique / Ordinateurs quantiques
Construction matérielle d’un ordinateur quantique
La constitution matérielle d’un ordinateur quantique dépend fortement du type
de qubits utilisés et des portes qui sont appliqués sur ces qubits.
L’architecture d’ordinateur quantique la plus commune (basées portes
quantiques universelles1) est celle des qubits supra-conducteurs2 utilisée
notamment par les constructeurs IBM, Google, Intel, Rigetti, IQM.
Mais il existe d’autres types de qubits.
4- Informatique Quantique / Ordinateurs quantiques
Architecture matérielle d’un ordinateur quantique
Il est constitué de :
- son chip (constitué de circuit avec des portes, de mesure, de registres de qubits)
- son électronique de contrôle (du ou des circuits quantiques du chip)
- son système cryogénique (de refroidissement)
Un ordinateur quantique ne fonctionne pas en autonomie.
Il doit être alimenté en données classiques(bits) et contrôlé par des matériels
externes classiques pour l’initialiser, déclencher les opérations* des portes qui
doivent être appliquées par lui sur ses qubits ou bien pour récupérer les résultats
classiques(bits) de mesure des calculs quantiques.
4- Informatique Quantique / Ordinateurs quantiques
Architecture matérielle d’un ordinateur quantique basé portes

Ordinateur Quantique4

Données Circuit(s) quantique(s)2


(paramétrage + Contrôle ( avec leurs portes quantiques )
Ordinateur contrôle)
Classique Electronique Mémoire quantique1
de contrôle3 ( registres de Qubits
)

Système de Mesure Quantique


Lecture data résultats ( lecture des résultats)
4- Informatique Quantique / Ordinateurs quantiques
Architecture matérielle (distribuée) d’un ordinateur quantique
Comme pour les ordinateurs classiques, les ordinateurs quantiques pourront
être à architecture distribuée (multi-processeurs ou multi-cœurs)1.
Les techniques de communication sont souvent optiques pour des distances
quelconques, soit à micro-ondes pour les courtes distances.
4- Informatique Quantique / Ordinateurs quantiques
Température d’exploitation des ordinateurs quantiques
L’idéal est évidemment de pouvoir fonctionner à température ambiante.
Les ordinateurs existants basés qubits supraconducteurs doivent en l’état actuel
fonctionner à très basse température (15 milli Kelvin)1.
Les recherches sur les ordinateurs basés photons ou centres NV (azote-lacune)2,
peuvent fonctionner à température ambiante, mais leurs équipements associés,
comme la source de photons ou bien le détecteur de qubits photons doivent être à
très basse température (entre 4k et 10K)1. Il en est de même pour les atomes
neutres ou les ions piégés, dont les équipements associés (faisceau laser) sont
refroidis à 4K.
Les qubits à spin d’électrons opèrent à 100mK ou 1K.
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell
Un circuit quantique est composé d’une succession d’une ou plusieurs portes
quantiques.
Voici un 1er circuit simple composé séquentiellement de 2 portes : 1 de Hadamard sur
un 1er qubit suivi d’une porte CNOT sur 2 qubits (le 1er un un autre) :
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell
Ce circuit permet de réaliser l’intrication quantique. Il permet d’obtenir/produire les 4 états de Bell, états quantiques intriqués qui viole les inégalités
de Bell.

"
Nous allons détailler la production d’un des 4 états quantiques !
(I00 > +I11 >) , mais les 3 autres ont un comportement similaire.

Détaillons cette génération à partir d’une initialisation avec les 2 qubits d’entrée I0> et I0> :

Commençons dans l’ordre par l’application de la 1ère porte H, celle de Hadamard :


" " " # " "
Sur la 1ère ligne le qubit I0>, va etre transformé en : (I0 > +I1 >) = ( #
+ "
)=
! ! ! "

Sur la 2ème ligne non applicable par H, pas de changement ;


Donc après l’application de la porte H, on a en sortie des 2 lignes en parallèle, un 2-qubit, qui s’obtient par « produit tensoriel » (*) des deux 1-qubits (
celui de sortie de H) avec le 2ème inchangé I0> de la 2ème ligne, ce qui donne :
" " " " " " " " " # "
!
(I0 > +I1 >) ⊗ I0> = !
(I00 > +I10 >) ou sous forme vectorielle : ! "
⊗ #
= !
# = !
( # + # ) soit !
(I00> + I10>)
" # "
# # #
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell

Puis après application de la porte CNOT, on a en sortie des 2 lignes en parallèle,


un 2-qubit, qui donne :
) 𝟏
CNOT ( (I00> + I10>) ) = ( I00> + I11> )
1 𝟐
Or, il n’est pas possible d’obtenir ce 2-qbits, directement par produit
(tensoriel) de deux 1-qubit (𝛼1I0> + 𝛼2I1>) et (𝛼3I0> + 𝛼4I1>) :
(𝛼1I0> + 𝛼2I1>).(𝛼3I0> + 𝛼4I1>) = 𝛼1𝛼3I00> +𝛼1𝛼4I01> + 𝛼2𝛼3I10> + 𝛼2𝛼4I11> (*)
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell

En effet cela signifierait que


𝟏
𝛼1𝛼3I00> +𝛼1𝛼4I01> + 𝛼2𝛼3I10> + 𝛼2𝛼4I11> = 𝟐
(I𝟎0> + I𝟏𝟏>)
Donc que 𝛼1𝛼4=0 et 𝛼2𝛼3=0, dc que soit 𝛼1, soit 𝛼4 =0, ce qui est impossible.
Donc puisqu’on NE peut obtenir le 2-qubits de sortie du circuit, par un produit
tensoriel simple de deux 1-qubit, indépendamment de ce circuit …
Cela signifie que notre 2-qubit a des composantes complètement dépendantes,
corrélées, et que si on mesure l’une alors on peut en déduire l’autre SANS avoir
besoin de la mesurer : notre 2-qubit est intriqué(*)
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell
Implémentation sur IBM avec en entrée les deux qubits I0> et I0> :
Si le 1er qubit (de sortie) du 2-qubit
intriqué vaut I0>+I1>,
alors le 2ème qubit (de sortie) du 2-qubit
intriqué vaudra aussi I0>+I1>,
sans tenir compte du coefficient 𝟏
𝟐
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell
Implémentation sur IBM avec en entrée le qubit I0> sur 1ère ligne et I1> sur 2ème
ligne :
Si le 1er qubit (de sortie)
du 2-qubit intriqué vaut I0>+I1>,
alors le 2ème qubit (de sortie)
du 2-qubit intriqué vaudra I1>+I0>
donc aussi I0>+I1>,

sans tenir compte du coefficient 𝟏


𝟐
.
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell
Implémentation sur IBM avec en entrée le qubit I1> sur 1ère ligne et I0> sur 2ème
ligne :
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Premier Circuit quantique / Intrication quantique / Etats de Bell
Implémentation sur IBM avec en entrée les deux qubits I1> et I1> :
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Circuits quantiques / Notion d’Oracle
Un oracle est une boite noire, associée à une fonction mathématique.
Mais on explicite seulement l’entrée et la sortie (qui dépend de la fonction).
Pas besoin de connaitre les détails de l’oracle ou boite noire.

A chaque appel, il/elle calcule le résultat de la fonction f.


Certains algorithmes peuvent faire appel à un ou des oracles.
Un algorithme optimal fera un nombre d’appels minimal à l’oracle.
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Circuits quantiques / Notion d’Oracle
Un oracle quantique est un circuit quantique (1 ou +sieurs portes quantiques),
associé à une fonction mathématique de n variables (bits d’entrées xi). C’est une
boite noire.
Ix1> Ix1>
Ix2> Ix2>
L’oracle utilise en plus
Of
des n bits d’entrée, ⋮ ⋮
Ixn> Ixn>
un bit auxiliaire z
Iz> Iz ⊕ f(x1, …, xn) >
4- Informatique Quantique / Circuits Quantiques
Circuits quantiques / Notion d’Oracle(*)
Exemple simple d’oracle agissant sur 2 qubits de base Ix> et Iy> :

Ix> Ix>
Of
Iy> Iy ⊕ f(x) >

avec par exemple f(0)=1 et f(1)=0


On aura alors :
X 0 0 1 1
y 0 1 0 1
y ⊕ f(x) 1 0 0 1
5- Environnements de développement quantique
Les environnements de développement logiciel quantiques
Ils permettent de concevoir, implémenter, simuler et tester des circuits (et leurs
portes) quantiques et leurs algorithmes quantiques associés sur des simulateurs,
des émulateurs ou de véritables ordinateurs quantiques.
Parmi les plus connus :
Environnement Quantum Platform d’IBM, accessible via le cloud.
Environnement Cirq de Google
5- Environnements de développement quantique
L’environnement de développement logiciel IBM Quantum Platform d’IBM
Outil de visualisation graphique (circuits et portes, états des qubits, sphère de
Bloch, code source équivalent en python, …) : IBM Quantum Composer
Les circuits ou leurs codes sont exécutables sur émulateurs ou sur quelques
ordinateurs/machines quantiques d’IBM via le cloud, mais limité en nombre de
qbits (127) et surtout de qualité de qubits cad avec des taux d’erreurs plus élevé.
5- Environnements de développement quantique
L’environnement de développement logiciel IBM Quantum Platform d’IBM
Vue globale :
5- Environnements de développement quantique
L’environnement logiciel IBM Quantum Platform (IBM QP) d’IBM
5- Environnements de développement quantique
Choix d’Exécutions de circuit sur simu ou ordi quantiques réels avec IBM QP * :
5- Environnements de développement quantique
Choix d’Exécutions de circuit sur simu ou ordi quantiques réels avec IBM QP :
NE PAS oublier de rajouter des mesures sur chaque ligne de qubit (avec
projection sur le registre des bits classiques - la double ligne binaire c).
5- Environnements de développement quantique
Aller dans l’onglet Jobs, pour voir l’état du job d’exécution de notre circuit sur 1
ordi quantique réel avec IBM QP :
5- Environnements de développement quantique
Résultat Exécution de porte Hadamard sur ordi quantique réel avec 1024 shots :
5- Environnements de développement quantique
Résultat Exécution de porte Hadamard sur le même ordi quantique réel avec
8192 shots :
Résultat
Moins bon
Avec 8 fois
plus de
Shots !
5- Environnements de développement quantique
Résultat Exécution de porte Hadamard sur autre ordi quantique réel avec 1024
shots :
Résultat
Meilleur
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithmes quantiques et complexité
Pour l’instant, on en dénombrerait une 60aine selon le site « Quantum
Algorithm Zoo »(1), ce qui est peu par rapport aux milliers des algo classiques.
On peut les classer selon leur types et leur accélération d’exécution / classique2
Parmi eux, on trouve :
- les algorithmes de type algébriques et de la théorie des nombres
- algorithmes d’oracle
- algorithmes d’approximation et de simulation
- algorithmes d’optimisation, de machine learning
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithmes quantiques et complexité
Dans le Type algébriques et de la théorie des nombres, on trouve :
- factorisation(1), d’accélération super-polynomial
- logarithme discret(1), d’accélération super-polynomial

Dans le type basé Oracle :


- recherche dans une liste non ordonnée(2), d’accélération polynomiale
- correspondance de motif (3), d’accélération super-polynomiale
- recherche dans une liste ordonnée(4), d’accélération constante
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithmes quantiques et complexité
Dans le type basé Oracle :
- Problèmes de graphe (recherche si existe une arête entre 2 sommets quelconques)1,
d’accélération polynomiale
- Deutsch-Jozsa2, d’accélération exponentielle, mais pas d’utilité pratique !
- changement caché3, d’accélération super-polynomiale/exponentielle
- découverte de collision/distinction d’éléments4, d’accélération polynomiale
- collision de graphe5, d’accélération polynomiale
- pièces fausses/de contrefaçon6, d’accélération polynomiale
- Flux d’un réseau7, d’accélération polynomiale
- Résistance électrique8, d’accélération exponentielle
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithmes quantiques et complexité
Dans le type basé Approximation et simulation :
- simulation quantique1, d’accélération super-polynomiale
- Fonctions de partition2, d’accélération super-polynomiale
- Optimisation approximative quantique3, d’accélération super-polynomiale
- Recuit simulé4, d’accélération polynomiale
- Réécriture de chaines, d’accélération super-polynomiale
- Puissance de Matrices, d’accélération super-polynomiale
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithmes quantiques et complexité
Dans le type basé Optimisation et Machine Learning :
- Satisfaction de contraintes1, d’accélération polynomiale
- Systèmes linéaires, d’accélération super-polynomiale
- Machine Learning
- Analyse en Composante Principale (PCA), d’accélération polynomiale
- résolution d’équations différentielles2, d’accélération super-polynomiale
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Premiers algorithmes quantiques / algorithme de Grover
L’algorithme de Grover propose une solution au problème de la recherche d’un
(ou plusieurs) élément(s) dans une liste non ordonnée/non triée1 (base de
données par ex).

Il permet de réduire le nombre de requêtes de façon quadratique.


Il a une complexité d’ordre O( 𝐍). Alors que les meilleurs algorithmes classiques
de résolution de ce problème sont en O(N).
Il est donc d’exécution plus rapide (quadratique) que tout algorithme classique
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithme de Grover
Le point central de l’algorithme de Grover est l’opération d’inversion (ou
symétrie) par rapport à la moyenne.
L’algorithme de Grover utilise aussi un oracle Of
Cet oracle est associé à une fonction mathématique f.
Cas ou le but est de rechercher un seul élément (entier) x0 parmi N éléments
entiers, écrits sur n bits (N=2n), la fonction f est telle que :
Il existe un seul entier x0, f(x0) = 1; pour tous les autres f(x)=0
Donc f retourne 1 seulement pour une unique combinaison de 0 et de 1.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithme de Grover
Application d’un oracle dans le cas recherche d’un seul élément parmi N=2n :
f(x1, …, xn) = 1 si
(x1, …, xn) = combinaison recherchée Ix1> Ix1>
Ix2> Ix2>
(x1, …, xn)=x0
⋮ Of ⋮

Ixn> Ixn>
Iz> Iz ⊕ f(x1, …, xn) >
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Un circuit implémentant Grover avec des portes quantiques comporte les étapes
successives suivantes :
1- Préparation du système (initialisation des entrées quantiques + superposition )1
Application en boucle des 2 étapes de transformation suivantes :
2- application de l’oracle adapté à un ou aux élément(s) recherché(s)2
3- application de l’opérateur de Grover ou opérateur diffusion3
4- Mesure du n-qubit
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
1- préparation des entrées quantiques ( initialisation, superposition )
1.1- Les n premiers qubits sont initialisés à I0>. Le n+1 ème qubit, dit auxiliaire
est initialisé à I1> *
1.2- Les n premiers qubits sont mis en superposition équiprobable grâce à
l’application d’une porte de Hadamard H sur chacun d’eux.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
1- préparation des entrées quantiques ( initialisation, superposition )
Si on écrit binairement les 2n possibilités/probabilités du n-qubit ainsi :
I0> = I00…0> , I1> = I00…1>, … I2n-1> = I11…1>,
À la sortie de l’étape 1, après l’application des n portes de Hadamard*,
) 1 "
A) )
Le n-qubit s’écrit : "
∑ ?(@ Ik> = " (I0> + I1> + … I2 n-1> )
1 1
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Boucle des 2 transformations (oracle + opérateur diffusion):
2- Application de l’oracle sur les qubits transformés à l’étape 1.
Le but de l’oracle est de détecter si le n-qubit d’entrée Ix> est bien celui qu’on
cherche Ix0>.
Si tel est le cas (si x=x0), l’oracle va retourner l’amplitude du n-qubit Ix0>, cad
inverser son signe*, pour le mettre en exergue, le distinguer. Il deviendra -Ix0>
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Boucle des 2 transformations (oracle + opérateur diffusion):
2- Application de l’oracle sur les qubits transformés à l’étape 1.
Avant l’oracle on le n-qubit superposé suivant :
)
" (I0> + I1> + … + Ix0> + … I2n-1> )
1
Alors après l’oracle on aura le n-qubit superposé suivant :
)
1"
(I0> + I1> + … - Ix 0> + … I2 n-1> )
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Boucle des 2 transformations (oracle + opérateur diffusion):
3- Application de l’opérateur de Grover ou opérateur diffusion sur le n-qubit
Il permet de faire une inversion ou symétrie sur chacune des 2n valeurs
possibles/probables d’amplitude du n-qubit par rapport à la moyenne de toutes
ces valeurs;
Ceci est réalisé sur chaque valeur en calculant 2xMoyenne – valeur
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
3- Application de l’opérateur de Grover ou opérateur diffusion sur le n-qubit
Ceci est réalisé sur chaque valeur en calculant 2xMoyenne – valeur
En terme de qubit, la Moyenne correspond à la matrice densité P=Ix><xI produit
externe du n-qubit Ix>
Donc, au final, l’opérateur diffusion = [Link]><xI – Id avec Id matrice Identité (n, n)
On montre que cet opérateur équivaut au produit de matrices :
⊗n ⊗n
H .(2I0><0I - I). H H
⊗n
porte de Hadamard sur n qubits
I0>= I00…0> (sur n qubits) et I matrice identité sur n qubits
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Boucle d’Itérations de l’oracle puis de l’opérateur de diffusion
On exécute/répète cette boucle un certain nombre de fois
Au début, à chaque itération, l’amplitude de l’état solution x0 va augmenter,
alors que l’amplitude des autres états diminue ... Puis à partir d’une certain
nombre d’itérations, l’amplitude de la solution diminue.
Pour trouver la bonne solution avec la plus forte probabilité, il faut donc savoir
s’arrêter au bon nombre d’itérations.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Boucle d’Itérations de l’oracle puis de l’opérateur de diffusion
Pour trouver la bonne solution avec la plus forte probabilité, il faut donc savoir
s’arrêter au bon nombre d’itérations
𝝅 ∗
On montre que le nombre d’itérations nécessaires et optimal est 𝑵
𝟒
Ce nbr est valable si on sait qu’il n’y a qu’une seule solution.
Mais si il y a s solutions possibles, on estime que le nbr d’itérations pour trouver l’une
d’entre elles est de l’ordre de O( 𝑵/𝒔)
Quel que soit le nbr de solutions, On est donc globalement toujours en O( 𝑵)
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
L’algorithme de Grover / implémentation sous forme de circuit avec
portes
Circuit global de l’algorithme de Grover sous forme de portes :
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Premiers algorithmes quantiques
De la Transformée de Fourier Classique au Quantique
La transformée de Fourier1 classique permet à partir d’un signal ou fonction Non
périodique (continue2 ou bien discrète), de retrouver ses fonctions-composantes
sinusoïdales qui la constituent.
Le développement en série de Fourier permet la même chose mais sur une
fonction périodique et continue. Pour être traité par un ordinateur, il faut
échantillonner, discrétiser ces fonctions/signaux.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Classique
Pour les signaux numériques d’un ordinateur, la transformée de Fourier
Discrète1 (TFD ou DFT) classique permet à partir d’une fonction (signal)
périodique et discrète de retrouver les périodes/fréquences des composantes
sinusoïdales qui la constituent.
Mathématiquement, la TFD d’un signal défini par N échantillons xj (nombres
complexes) est la liste/suite des N nombres complexes Xk définis par :
2345𝒌.𝒋
)
Xk = ∑BA)
𝒋(@ 𝑥𝒋.𝑒
8
B
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Classique
Pour les signaux numériques d’un ordinateur, la transformée de Fourier
Discrète1 (TFD ou DFT) classique permet à partir d’une fonction (signal)
périodique et discrète de retrouver les périodes/fréquences des composantes
sinusoïdales qui la constituent.
Mathématiquement, la TFD d’un signal défini par N échantillons xj (nombres
complexes) est la liste/suite des N nombres complexes Xk définis par :
2345𝒌.𝒋
)
Xk = ∑BA)
𝒋(@ 𝑥𝒋.𝑒
8
B
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Inverse de la Transformée de Fourier Discrète classique
La transformation de Fourier ne perd pas d’information, elle est bijective et on
peut retrouver les xj, connaissant les Xk par une formule similaire (le signe de
l’exponentielle change) :
9345𝒌.𝒋
)
𝐱𝐣 = ∑BA) X .𝑒 8
B 𝒌(@ k

C’est à partir de cette formule, qu’est défini la variante quantique de la


transformée de Fourier discrète classique
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Discrète Quantique
C’est l’analogue quantique de la transformée de Fourier Discrète classique, mais
la suite de nombres complexes est remplacée par des qubits.
C’est une application sur n qubits en même temps, donc 2n états/qubits de base
possibles.
Par définition, la transformée de Fourier discrète quantique d’un n-qubit Ij> (*) est :
9345𝒌.𝒋
) 1"A)
QFT(Ij>) = "
∑𝒌(@ 𝑒 3$ Ik>
1
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Discrète Quantique
On montre que la formule précédente de la transformée de Fourier discrète
quantique d’un n-qubit Ij> (*) vaut aussi le produit tensoriel suivant :
𝒏 345𝒋 𝒏
) ) 1+F𝟎,𝐣𝐥_𝟏…𝐣𝟎
QFT(Ij>) = E()(I0> + 𝑒
∏ 3% .I1> ) ou encore ∏
E() (I0> + 𝑒 .I1> ) ∗
1" 1"

Cette formule va permettre de réaliser son circuit quantique à bases de portes.


6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Discrète Quantique
Circuit quantique associé avant inversion de l’ordre des qubits :
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Discrète Quantique
Circuit quantique final après inversion de l’ordre des qubits avec portes SWAP(*) :
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Quantique
Utilisée en cryptographie (pour résoudre des problèmes difficiles en informatique
classique):
- factorisation d’un entier en nombres premiers1
- calcul de logarithmes discrets2

Utilisée dans des algorithmes de machine learning quantique (QML)


Utilisée aussi pour l’estimation de phase quantique (QPE), la résolution
d’équations linéaires (algorithme HHL)
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Transformée de Fourier Quantique
Peut offrir une accélération exponentielle par rapport aux meilleurs des
algorithmes classiques sur les mêmes types de problèmes.
La transformée de Fourier quantique est la clé d’une procédure générale, appelée
« estimation de phase », qui est aussi la clé de nombreux algorithmes quantiques.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Estimation de phase
Le but de l’algorithme d’estimation de phase est de déterminer la valeur propre
d’une matrice unitaire.
Plus précisément, cet algorithme est utilisé pour trouver la phase 𝝋 de la valeur
propre 𝜆0 = 𝑒 1'L𝝋 associée à un vecteur propre X0 d’un opérateur ou matrice
unitaire U (*). Avec 𝝋 réel et vérifiant 0 ≤ 𝝋 < 1
Le vecteur propre X0 peut s’écrire sous la forme d’un n-qubit I𝜓0>
Pour réaliser cette « estimation » sous forme de circuit à portes quantiques, on a
besoin de boites noires/oracles, qui vont préparer l’état du vecteur propre, en
utilisant une suite de portes de contrôles, basées sur la matrice unitaire U.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Estimation de phase
L’algorithme d’estimation de phase n’est pas complet en soi :
C’est un algo de type sous-programme.
Combiné avec d’autres sous-routines, permet de réaliser des taches intéressantes.
Cette procédure d’estimation de phase utilise 2 registres.
Le 1er registre contient n qubits, initialisés à l’état I0>
Le choix de n, dépend :
- du nombre de chiffres de précision que nous souhaitons dans notre estimation de la
phase 𝜑 (de la valeur propre associée au vecteur propre et à sa matrice unitaire)
- avec quelle probabilité nous voulons que la procédure réussisse.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Estimation de phase
Le 2nd registre commence avec l’état du vecteur propre IX> et contient autant de qubits
nécessaires pour stocker IX>
L’estimation de phase est réalisée en 2 étapes :
1- Application d’un circuit en commençant par des portes de Hadamard sur le 1er
registre donc sur chacun des n qubits, suivi de l’application de portes contrôle-U sur le
2ème registre, chaque contrôle étant sur une ligne différente(1) du 1er registre et la
matrice de contrôle U associée étant élevée à une puissance de 2 croissante(2)
2- Application de l’inverse de la transformée de Fourier quantique sur le 1er registre,
puis mesure de l’état des n qubits de ce 1er registre
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Estimation de phase
A la fin de la 1ère étape on a le circuit suivant :
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Estimation de phase
A la fin de la 2ème étape, on a le circuit suivant et donc une estimation de la phase 𝜑 * :
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Estimation de phase
L’algorithme d’estimation de phase quantique est utile en :
- algèbre linéaire quantique (algorithme HHL) 1
- marches aléatoires quantiques
- dans l’algorithme quantique de SHOR pour trouver la période
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithme de Shor
Un des algorithmes quantiques les plus connus.
Permet de résoudre le problème de la factorisation d’entier N (positif impair*)
très grand en facteurs premiers : très difficile et long à résoudre avec les
meilleurs super-calculateurs classiques.
Cette difficulté de retrouver des facteurs premiers est la base du protocole
cryptographique RSA, utilisé pour chiffrer les communications internet.
Offre une solution quantique en temps polynomial, donc réalisable sur
ordinateur quantique.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Algorithme de Shor
L’algorithme de SHOR utilise un procédé équivalent à l’estimation de phase
quantique et donc utilise la transformée de Fourier quantique.
L’algorithme de SHOR comporte 2 étapes :
- réduction classique en un problème de recherche d’un ordre
- algorithme quantique pour résoudre ce problème de calcul d’ordre

L’algorithme de SHOR fonctionne au moins 1 fois sur 2, et qu’il donne le bon


résultat après quelques runs.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
1ère étape de l’algorithme de SHOR :
réduction classique en un problème de recherche d’un ordre
Si l’entier N est une puissance première (N = ab, avec a premier), il existe des
algos de factorisation classiques*.
Donc, on va supposer maintenant que N n’est pas une puissance première.
Dans l’ordre on effectue les actions :
a) On choisit aléatoirement un nombre entier a tel que 2<= a <= N-1
b) On calcule z = pgcd (a, N) avec l’algorithme d’Euclide, qui est polynomial.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
1ère étape de l’algorithme de SHOR : réduction classique en un problème de recherche d’un
ordre
𝐍
c) Si z ≠ 1, alors 𝐳 est un diviseur (ou facteur) de N, et l’autre facteur est et l’algo est fini.
𝐳
Sinon (z=1), donc a et N sont premiers entre eux, on passe alors à l’étape 2(*) réalisée en
quantique , ou on va chercher l’ordre r de a, qui est le plus petit entier tel que ar = 1 (mod N).
Ce qui signifie que ar – 1 = k.N cad que N divise ar – 1 ou (ar/2 + 1 ).(ar/2 – 1)
Donc r doit etre pair.
d) Si r est impair, on doit reprendre l’algorithme au choix d’un nouveau nombre entier a (tel
que 2<=a<=N-1).
Donc on supposera maintenant que r est pair.
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
2ème étape de l’algorithme de SHOR : Recherche de l’ordre r pair, cad le plus petit
entier tel que ar = 1 (mod N) ou encore que N divise (ar/2 + 1 ).(ar/2 – 1)
N ne peut diviser (ar/2 – 1), car cela signifierait ar/2 = 1 (mod N), ce qui est impossible
puisqu’on est parti de l’hypothèse que c’était r le plus petit ordre entier. De même N
ne divise pas (ar/2 + 1). Si tels étaient ces cas, alors il faut repartir à l’étape a) *
e) On calcule g = pgcd(N, ar/2 + 1)
𝐍
Si g ≠ 1, alors g est un facteur de N et l’autre facteur est 𝒈
et l’algo est fini.
Autrement on recommence à l’étape a)
Cette étape e) marche aussi avec g’ = pgcd(N, ar/2 - 1)
Donc pgcd(N, ar/2 + 1) et pgcd(N, ar/2 - 1) sont des facteurs de N
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Implémentation de la 2ème étape quantique de l’algorithme de SHOR en circuit
Utilise 2 registres
Le 2ème registre utilise n qubits , avec n le plus petit entier tel que N ≤ 𝟐𝒏
La taille du 1er registre détermine la précision de l'approximation produite par le
circuit. On montre qu’en utilisant 2n+1 qubits on obtient une précision
suffisante pour trouver l’ordre r.
Le circuit quantique dépend des paramètres a et N.
Cette 2ème partie quantique utilise 2 sous-étapes
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Implémentation de la 2ème étape quantique de l’algorithme de SHOR en circuit
Cette 2ème partie quantique utilise 2 sous-étapes :
1- un circuit d’estimation de phase quantique
2- un algorithme de fractions continue

L’estimation de phase quantique comporte une séquence de 2n portes de


contrôles sur les 2n premiers qubits du 1er registre et appliquées sur les n qubits
du 2ème registre(*).
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Implémentation de la 2ème étape quantique de l’algorithme de SHOR en circuit
Cette 2ème partie quantique utilise 2 sous-étapes :
Voici le circuit d’estimation de phase quantique
6- Informatique Quantique / algorithmes quantiques
Implémentation de la 2ème étape quantique de l’algorithme de SHOR en circuit
L’algorithme de fractions continue permet d’extraire la période r des résultats de
mesure de l’étape précédente.
Bibliographie
• QUANTUM Un peu de mathématiques pour l’informatique quantique
d’Arnaud BODIN, sous licence Creative Commons,sur site Exo7, Nov
2021
• PHYSIQUE QUANTIQUE, INFORMATION ET CALCUL des concepts aux
applications, de [Link], [Link], [Link], [Link] et [Link],
CNRS Editions, Déc 2019
• 15 Leçons de mécanique quantique, de Jean-Louis Basdevant, ed
Deboeck superieur, 2019
• Informatique quantique, de la physique à la programmation
quantique en Q#, de Benoit Prieur, aux editions ENI, 2019
• Understanding Quantum Technologies, e-book de Olivier Ezratty 2023

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