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Introduction aux Rappels Mathématiques

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

1
Chapitre I - Rappels mathématiques.

I-1. Grandeurs physiques. Equations aux dimensions.


La physique est une science basée sur l’observation de phénomènes physiques, et l’étude de
ces phénomènes nécessite la définition de grandeurs physiques.
On appelle grandeur physique toute propriété physique mesurable.
Une grandeur physique F est mesurable si on sait définir l’égalité, la somme et le rapport de
deux grandeurs de son espèce.
La mesure de la grandeur s’obtient donc par comparaison entre deux grandeurs physiques de
même nature dont l’une est choisie comme unité, soit :
𝐹 = 𝑓. 𝑈𝐹
𝐹 : grandeur physique
𝑓 : valeur numérique de la grandeur 𝐹.
𝑈𝐹 : unité de la grandeur 𝐹.
La valeur numérique f est liée à la précision de la mesure.
Par exemple, pour une masse : m = x kg où x représente la valeur mesurée de la masse.
I-2. Système international d’unités.
Des grandeurs fondamentales ont été choisies : elles sont au nombre de sept (tableau ci-après).
L’ensemble des unités est regroupé dans un système cohérent et universel d’unités, appelé le
système international (SI).
Toute grandeur physique peut donc s’exprimer sur la base de ces unités fondamentales.
Grandeurs fondamentales Unités Symboles
Masse kilogramme kg
Longueur mètre m
Temps seconde s
Intensité du courant électrique ampère A
Température kelvin K
Quantité de matière mole mol
Intensité lumineuse candéla cd

Unités supplémentaires
Angle plan radian rad
Angle solide stéradian sr

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

I-3. Equations aux dimensions.


Le principe des équations aux dimensions consiste à ramener les différents paramètres qui
interviennent dans une formule aux grandeurs fondamentales du système international
d’unités.
Le tableau ci-dessous donne quelques grandeurs physiques et leur dimension.
Grandeur physique Dimension Unité
Masse M kg
Longueur L m
Temps T s
Intensité du courant électrique I A

Le tableau ci-dessous donne quelques grandeurs dérivées (elles dérivent des unités
fondamentales) ainsi que leurs unités.
Grandeur Equations aux dimensions Unités de base Noms
Force MLT−2 Kg.m.s−2 Newton : N
Pression ML−1T−2 Kg.m−1.s−2 Pascal : Pa

Travail ML2T−2 Kg.m2.s−2 Joule : J


Puissance ML2T−3 Kg.m2.s−3 Watt : W
Charge Q = IT A.s Coulomb : C
Potentiel ML2T−2Q−1 Kg.m2.s−3.A−1 volt : V
Capacité M−1L−2T2Q2 kg−1m−2.s4A2 Farad : F
Résistance ML2T−1Q−2 Kg.m2.s−3.A−2 Ohm : Ω
Conductance M−1L−2TQ2 kg−1.m−2.s3.A2 Siemens : S
Champ magnétique MT−1Q−1 Kg.s−2.A−1 Tesla : T
Inductance ML2T−2I−2 Kg.m2.s−2.A−2 Henry : H

I- 4. Mesure des grandeurs.


I- 4.1. Valeur exacte et valeur approchée.
Soit à mesurer une certaine grandeur physique F, une longueur par exemple.
Si l’on recommence plusieurs fois la mesure, en général on trouve des mesures légèrement
différentes et on n’a aucune raison d’affirmer que l’une plutôt que l’autre de ces mesures
exprime la valeur exacte de la grandeur F.
C’est dire que la valeur mesurée f d’une grandeur physique F n’est qu’une valeur approchée
de F.

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

I-4.2. Les différents types d’erreurs de mesure.


Il existe différents types d’erreurs de mesure :
Erreurs systématiques
Ce sont celles qu’entraînent l’emploi de méthodes ou d’instruments imparfaits :
- Erreurs dues à l’expérimentateur ;
- Erreurs dues à la méthode de mesure ;
- Erreurs dues à l’appareil de mesure.
Erreurs accidentelles
À l’incertitude due à l’emploi de méthodes ou d’instruments imparfaits évoquée
précédemment, peut venir se superposer une autre incertitude due, celle-là, au manipulateur.
Prenons l’exemple d’un observateur qui voudrait mesurer une température. L’imperfection de
son œil mais aussi la grosseur des traits de la graduation du thermomètre, notamment,
introduisent une erreur due à l’observateur.
Ces erreurs sont surtout imputables à l’imperfection des sens de l’opérateur.
Remarque : On diminue les erreurs accidentelles, d’une part, en choisissant des méthodes de
mesure bien étudiées et des instruments perfectionnés.
I-4.3. Intervalle de confiance et précision sur une mesure.
Intervalle de confiance.
Du fait des incertitudes dues aux appareils ou (et) aux manipulateurs, il n’y a pas tout à fait
coïncidence entre la « valeur exacte » de la grandeur mesurée et la mesure correspondante.
Dès lors, il est judicieux de présenter le résultat sous forme d’un encadrement définissant un
intervalle ayant de fortes chances de contenir la « vraie valeur » de la grandeur physique
mesurée.
Si F est une grandeur que l’on a de bonnes raisons de supposer invariable et dont la mesure
puisse être recommencée à volonté dans d’aussi bonnes conditions, on prend souvent :
- Pour la valeur approchée f de F, la moyenne arithmétique des résultats des n mesures
effectuées est :
𝑛
𝑓1 + 𝑓2 + ⋯ + 𝑓𝑛 𝑖=1 𝑓𝑖
f= =
𝑛 𝑛
- Pour l’incertitude absolue Δf, la moyenne des valeurs absolues des écarts entre chaque
résultat et cette moyenne f est :
𝑓1 − 𝑓 + 𝑓2 − 𝑓 + ⋯ + 𝑓𝑛 − 𝑓
∆𝑓 =
𝑛

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

Ne connaissant pas la valeur exacte de la grandeur physique F, l’expérimentateur tient


souvent le langage suivant : « Il y a de fortes chances pour que la valeur exacte cherchée se
situe dans une fourchette Δf, encadrant la valeur annoncée ! »
En fait, il recherche une valeur convenable de l’encadrement du résultat qu’il a trouvé. Le
choix d’une valeur Δx, qu’on appelle l’intervalle de confiance.
Si l’on fixe « les fortes chances » (c’est-à-dire la probabilité) à 95 %, ce taux de 95 %
constitue le niveau de confiance correspondant à l’intervalle de confiance annoncé.
Toute valeur numérique f résultant d’une mesure doit être accompagnée d’une indication sur
la confiance qu’on peut lui accorder.
L’intervalle de confiance, souvent appelé incertitude sur la mesure, est noté Δf ; Δf a la même
unité que f.
L’incertitude dépend du niveau de confiance choisi.
Incertitude d’une mesure.
Définition - Incertitude absolue.
L’écart maximal entre la valeur centrale et toute autre valeur mesurée représente l’incertitude
absolue.
Si, après plusieurs mesures, on connaît deux valeurs extrêmes f1 et f2 d’une grandeur F, on
écrit :
𝑓1 ≤ 𝐹 ≤ 𝑓2 … (1)
La valeur la plus probable de F est :
𝑓1 + 𝑓2
𝑓=
2
La borne supérieure de l’incertitude sur F est :
𝑓1 − 𝑓2
∆𝑓 =
2
On peut remplacer l’expression (1) par la relation :
𝐹 = 𝑓 ± ∆𝑓
Si, après plusieurs mesures, on connaît deux valeurs extrêmes F1 et F2 d’une grandeur F, on
écrit :
𝐹1 ≤ 𝐹 ≤ 𝐹2
La valeur la plus probable de F est :
𝐹1 + 𝐹2
𝑓=
2

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

Théorème des incertitudes absolues.


L’incertitude absolue sur une somme ou sur une différence est égale à la somme des
incertitudes absolues sur chaque terme.
Si :
𝑓 =𝑎+𝑏
Ou :
𝑔=𝑎−𝑏
Alors :
∆𝑓 = ∆𝑔 = ∆𝑎 + ∆𝑏
Définition - Incertitude relative.
La précision de la mesure est donnée par le rapport :

∆𝑓
𝑓
C’est un nombre sans unité, encore appelé incertitude relative sur le résultat.
L’incertitude relative sur un produit ou un quotient est égale à la somme des incertitudes
relatives sur chaque facteur.
Si :
𝑓 = 𝑎. 𝑏
Ou :
𝑎
𝑔=
𝑏
Alors :

∆𝑓 ∆𝑎 ∆𝑏
= +
𝑓 𝑎 𝑏
Et :
∆𝑔 ∆𝑎 ∆𝑏
= +
𝑔 𝑎 𝑏
D’une façon générale, si la grandeur f est définie par :
𝑎𝛼 𝑏 𝛽
𝑓=
𝑐𝛾
Alors :
∆𝑓 ∆𝑎 ∆𝑏 ∆𝑐
=α +β +γ
𝑓 𝑎 𝑏 𝑐

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

Incertitude sur les valeurs calculées.


Souvent, la grandeur physique F que l’on veut déterminer n’est pas directement mesurable.
Elle est fonction de plusieurs autres grandeurs physiques X, Y…mesurables.
Par exemple, si F dépend de deux grandeurs X et Y, alors :
f = f (x,y)
Si les mesures x et y sont indépendantes, alors :
∆𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
= ∆𝑥 + ∆𝑦
𝑓 𝜕𝑥 𝜕𝑦
I- 5. Dispersion d’une série de mesures.
Lorsque l’expérimentateur répète plusieurs fois la même mesure expérimentale d’une
grandeur physique X (avec un protocole ne comportant pas d’erreur systématique), il se
trouve devant une série de résultats appelée « population ». Si n représente le nombre total de
mesures, alors la taille de la population est n.
Dans ce cas, on ne cherche plus l’écart absolu. On applique plutôt la méthode statistique pour
répondre à la question : « quel est le résultat qui mérite le plus notre confiance et quelle
confiance peut-on lui accorder ? »
I- 5.1. Nature des mesures.
Au cours d’une manipulation, les mesures peuvent être indépendantes, corrélées ou aléatoires.
Définitions - Mesures indépendantes et mesures corrélées
Des mesures sont considérées comme indépendantes si elles sont effectuées par des
manipulateurs différents sur des appareils différents (mais du même type) en suivant le même
protocole.
Les mesures sont considérées comme corrélées si elles sont effectuées par plusieurs
manipulateurs utilisant successivement le même matériel ou un seul manipulateur utilisant
plusieurs appareils.
Cette situation est la plus courante en travaux pratiques.
I- 5.2. Exploitation d’un grand nombre de mesures.
Si l’on dispose d’un grand nombre de mesures d’une même grandeur physique, on commence
dans un premier temps à les grouper en classes, c’est-à-dire le nombre de mesures appartenant
à chaque classe. Ensuite, on trace l’histogramme correspondant en portant en ordonnée les
effectifs de chaque classe (n) et en abscisse la valeur centrale (x) de chaque classe. Les
histogrammes sont fréquemment de forme symétrique aplatis sur les côtés. On en trace
souvent la courbe « enveloppe », à l’allure de cloche ; cette courbe est appelée « courbe de
Gauss ».

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

Définitions - Moyenne et écart-type.


Soit xi l’une des quelconque des mesures. La moyenne des mesures, notée x, est donnée par :
𝑛
𝑖=1 𝑥𝑖
x=
𝑛
𝑛
où n = 𝑖=1 𝑛𝑖 représente le nombre total de mesures.
L’écart-type σn caractérise la dispersion d’une série de mesures autour de la moyenne.
Si la valeur exacte de la moyenne x est connue ou si la population est de taille finie, on utilise
l’écart-type σn défini à partir de l’écart quadratique moyen :

𝑛
𝑖=1(𝑥𝑖 − 𝑥 )2
σ𝑛 =
𝑛
Dans le cas où la moyenne x est une estimation, c’est-à-dire que sa valeur exacte est inconnue
(c’est le cas en physique expérimentale, en chimie...) un meilleur estimateur de l’écat-type est
l’écart-type corrigé :
𝑛
− 𝑥 )2
𝑖=1(𝑥𝑖
σ𝑛 −1 =
𝑛−1
S’il n’y a pas d’erreur systématique, x est la meilleur estimation possible de la valeur exacte
inconnue de la grandeur mesurée.
Si les effectifs des classes se placent sur une courbe de Gauss, la théorie des probabilités
montre qu’il y a alors 68 % de chances pour qu’une valeur isolée xi soit comprise dans
l’intervalle [x − σn−1 ; x + σn−1].

Effectifs (ni)

∆x

xi
x − σn−1 x x+σ
n+1

On dit que l’incertitude sur xi est σ (pour un niveau de confiance de 68 %).


La largeur à mi-hauteur Δx est telle que :
Δx = 2 σ 2𝑙𝑛2 ≈ 2.35 σ
Pour avoir un niveau de confiance de 95 %, il est nécessaire de considérer un intervalle

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

[x − 2σn−1 ; x + 2σn−1]. Avec un intervalle [x − 3σn−1 ; x + 3σn−1], on atteint le niveau de


confiance 99,7 %.
Pour un grand nombre de mesures, la meilleure estimation de la grandeur physique mesurée
est la moyenne arithmétique des résultats. L’incertitude est estimée par l’écart-type σ, 2σ,
3σ… avec un niveau de confiance qui dépend de l’étendue de l’intervalle considérée
(± σ, ± 2σ, ± 3σ…).

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

I- 6 Notions sur les vecteurs.


I- 6.1 Vecteurs et espace vectoriel.
Beaucoup de quantités physiques sont de nature vectorielle, c’est-à-dire qu’elles comportent
une grandeur et une direction. C’est le cas de la vitesse, de l’accélération, de la force, des
champs électrique et magnétique, etc. Pour étudier de telles quantités, la notion de vecteur
doit être définie et une notation appropriée doit être introduite. C’est ce qui sera fait dans ce
chapitre. Remarquons que la notion de vecteur est extrêmement pratique, mais non
indispensable : la notation vectorielle n’a été introduite qu’à la fin du XIXe siècle par le
physicien américain Josiah Willard Gibbs (1839/1903) et n’est devenue courante que
quelques décennies après. Auparavant, on devait écrire explicitement toutes les composantes
des quantités vectorielles dans les calculs analytiques.
Il y a deux façons équivalentes d’étudier la notion de vecteur : l’approche géométrique et
l’approche algébrique. L’approche géométrique a l’avantage d’être plus intuitive et sert de
motivation à l’approche algébrique. Dans l’approche géométrique, un vecteur est une quantité
définie dans l’espace physique à trois dimensions et possédant une grandeur et une direction.
Pour caractériser un vecteur, on doit donc spécifier ces deux aspects, grandeur et direction.
Dans ces notes, les vecteurs seront désignés par des flèches, par exemple 𝐴, 𝐵, 𝐹 …etc. La
grandeur du vecteur 𝐴 sera désignée par |𝐴| ou, plus simplement, par la lettre 𝐴.
I- 6.2 Définitions géométriques de vecteurs.
Un vecteur est caractérisé par :
- Sa direction
- Son sens
- Son origine
- Sa norme
I-7 Propriétés de deux vecteurs.
1- Deux vecteurs sont égaux s’ils ont la même direction, le même sens et la même norme.
2- Deux vecteurs sont dit colinéaires s’ils ont la même direction, de mêmes normes (ou de
normes différentes) et de même sens contraire (ou de sens contraire).
3- Deux vecteurs peuvent avoir la même direction, la même norme et de sens contraire, ils
sont dit opposés.
Un vecteur 𝐴 peut être multiplié par un nombre réel λ, opération que l’on note λ𝐴. Le résultat
est un vecteur qui a la même direction que 𝐴, mais une grandeur multipliée par λ (si λ est
négatif, le résultat est dans la direction opposée à 𝐴). Un vecteur disparaît s’il est multiplié par

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

zéro; plus précisément, on obtient alors le vecteur nul, noté 0, qu’il faut en principe distinguer
du nombre 0 (l’un est un vecteur, l’autre un nombre).

𝐴
2𝐴

−0.5𝐴

On définit aussi l’addition de deux vecteurs 𝐴 et 𝐵, qu’on note 𝐴 + 𝐵 et qui s’obtient par la
règle du parallélogramme. D’après cette règle, la commutativité 𝐴 + 𝐵 = 𝐵 + 𝐴 est
manifeste.
Signalons que tout vecteur 𝐴 possède un opposé, noté −𝐴, qui pointe dans la direction
opposée (on dit parfois qu’il pointe dans la même direction, mais dans le sens opposé).

𝐴+𝐵 𝐵
𝐵

Dans l’approche algébrique, un vecteur est défini comme un élément d’un espace vectoriel,
dont nous rappelons ici la définition. Un ensemble V possède une structure d’espace vectoriel
si les conditions suivantes sont remplies :
1. Etant donné deux éléments quelconques 𝐴 et 𝐵 de V, une opération d’addition est définie et
notée 𝐴+𝐵, telle que 𝐴+𝐵 est aussi un élément de V, Cette opération possède les propriétés
suivantes :
a) Commutativité:
𝐴+𝐵 =𝐵+𝐴
b) Associativité:
𝐴 + 𝐵 + 𝐶 = 𝐴 + 𝐵 + 𝐶)
Il existe un élément neutre 0, tel que :
𝐴 + 0 = 𝐴.

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

d) Chaque vecteur 𝐴 possède un élément opposé, noté −𝐴.


2. Etant donné un élément 𝐴 de V et un nombre réel λ, on peut définir un nouvel élément de
V, noté λ𝐴. Cette opération est appelée multiplication par un scalaire, et possède les
propriétés suivantes :
a) Associativité:
μ λ𝐴 = μλ 𝐴
b) Distributivité sur l’addition des vecteurs :
λ 𝐴 + 𝐵 = λ𝐴 + λ𝐵
c) Distributivité sur l’addition des scalaires :
λ + μ 𝐴 = λ𝐴 + μ𝐴
d) Zéro est l’élément absorbant : 0𝐴 = 0. Notez la distinction entre 0 (un nombre réel) et 0
(l’élément neutre de l’addition dans V).
L’espace euclidien à trois dimensions ℝ3 est le paradigme des espaces vectoriels. Les vecteurs
que nous avons introduits de manière géométrique plus haut respectent toutes les conditions
qui définissent un espace vectoriel. En fait, la définition ci-haut d’un espace vectoriel se veut
une abstraction des propriétés des vecteurs de l’espace géométrique à trois dimensions,
permettant d’étendre la notion de vecteur à des espaces à plus de trois dimensions. Notons
cependant que la notion de grandeur d’un vecteur n’apparaît pas dans la définition générale
d’un espace vectoriel. Elle est introduite comme une condition supplémentaire et définit ce
qu’on appelle un espace vectoriel normé (c’est-à-dire qui possède une norme, une définition
de la grandeur).
Rappelons justement ce qu’est la dimension d’un espace vectoriel. N vecteurs 𝐴1 , 𝐴2 ,…, 𝐴𝑁
sont qualifiés de linéairement indépendants s’il est impossible de trouver N nombres λi (i = 1,
2,…,N) tels que
λ1𝐴1 + λ2𝐴2 + · · · + λN𝐴𝑁 = 0 (la solution λ1 = λ2 = · · · = λN = 0 est exclue). Dans le cas
contraire, les N vecteurs sont dits linéairement dépendants et il est possible d’exprimer l’un
d’entre eux comme une combinaison linéaire de tous les autres. Le nombre maximum de
vecteurs linéairement indépendants dans un espace vectoriel est la dimension de cet espace,
noté d. L’espace géométrique habituel est de dimension 3, mais on peut étudier des espaces
vectoriels de dimension arbitraire, voire de dimension infinie. Un ensemble de d vecteurs
linéairement indépendants forme une base, c’est-à-dire que tout vecteur 𝐴 peut alors être
exprimé comme une combinaison linéaire de ces vecteurs. Si on note {𝑒𝑖 } (i = 1, 2, . . . , d) les

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

vecteurs de base, alors 𝐴 = 𝐴1 𝑒1 + 𝐴2 𝑒2 + ⋯ + 𝐴𝑑 𝑒𝑑 et les coefficients 𝐴𝑖 sont appelés les


composantes du vecteur 𝐴. Notons que le mot composante sert aussi parfois à désigner non
pas le nombre 𝐴𝑖 , mais par le vecteur 𝐴𝑖 𝑒𝑖 ; le contexte aide alors à distinguer les deux usages.
On emploi aussi le mot repère pour désigner une base, ou un système d’axes dans l’espace
géométrique.
I-7.1 Produit scalaire.
On définit généralement le produit scalaire de deux vecteurs dans l’espace, noté 𝐴.𝐵, comme
le produit de leurs longueurs fois le cosinus de l’angle entre les deux vecteurs :
𝐴.𝐵 = 𝐴𝐵𝑐𝑜𝑠θ

θ
𝐴

Le produit scalaire possède les propriétés suivantes, qui se démontrent par géométrie
élémentaire :
1. Distributivité:
𝐴. 𝐵 + 𝐶 = 𝐴. 𝐵 + 𝐴.𝐶 .
2.
λ𝐴 . 𝐵 = 𝐴. λ𝐵 = λ𝐴. 𝐵

3. Positivité: 𝐴. 𝐴 ≥ 0. L’égalité ne se produit que si 𝐴 = 0.


La grandeur |𝐴| d’un vecteur 𝐴, aussi appelée la norme de 𝐴, est bien sûr la racine carrée
positive du produit scalaire de 𝐴, par lui-même :

𝐴 = |𝐴| = 𝐴. 𝐴
On utilise aussi la notation 𝐴2 = 𝐴. 𝐴. Deux vecteurs 𝐴 et 𝐵 sont dits orthogonaux si 𝐴. 𝐵 = 0.
Géométriquement, ces deux vecteurs sont perpendiculaires, puisque le cosinus de l’angle
qu’ils forment est nul.
Etant donnés deux vecteurs 𝐴 et 𝐵, le vecteur 𝐵 peut être décomposé en deux parties,
𝐵 = 𝐵┴+𝐵║,
Où 𝐵┴ est perpendiculaire à 𝐴 et 𝐵║ lui est parallèle. On vérifie que :
𝐴. 𝐵
𝐵║ = .𝐴
𝐴2

13
Chapitre I - Rappels mathématiques.

Et :
𝐴. 𝐵
𝐵┴ = 𝐵 − .𝐴
𝐴2
On appelle aussi 𝐵║ la projection de 𝐵 sur le vecteur 𝐴.
Dans l’espace géométrique à trois dimensions, on utilise généralement des bases
orthonormées, c’est-à-dire dont les trois vecteurs sont de longueur unité et mutuellement
orthogonaux. En relation avec un système d’axes cartésiens, on définit habituellement trois
vecteurs 𝑖, 𝑗 et 𝑘 qui pointent respectivement dans la direction des axes x, y et z et qui forment
une base orthonormée.
𝑖. 𝑖 = 𝑗 . 𝑗 = 𝑘 . 𝑘 = 1
𝑖. 𝑗 = 𝑗 . 𝑘 = 𝑘 . 𝑖 = 0
On appelle cette base orthonormée la base cartésienne. Tout vecteur 𝐴 peut alors être exprimé
comme suit :
Z
𝐴 = 𝐴𝑥 𝑖 + 𝐴𝑦 𝑗 + 𝐴𝑧 𝑘

𝐴
𝐴𝑘
𝑘
𝑗
𝑖 Y

𝐴𝑥

𝐴𝑦
X

Etant donné que la base est orthonormée, on peut facilement retrouver les composantes par
projection :
𝐴𝑥 = 𝐴. 𝑖
𝐴𝑦 = 𝐴. 𝑗

𝐴𝑧 = 𝐴. 𝑘
Le produit scalaire de deux vecteurs 𝐴 et 𝐵 s’exprime aisément en fonction de leurs
composantes, en utilisant la distributivité du produit scalaire :

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

𝐴 . 𝐵 = 𝐴𝑥 𝑖 + 𝐴𝑦 𝑗 + 𝐴𝑧 𝑘 . 𝐵𝑥 𝑖 + 𝐵𝑦 𝑗 + 𝐵𝑧 𝑘 = 𝐴𝑥 𝐵𝑥 𝑖. 𝑖 + 𝐴𝑥 𝐵𝑦 𝑖. 𝑗 + ⋯ + 𝐴𝑧 𝐵𝑧 𝑘. 𝑘
= 𝐴𝑥 𝐵𝑥 + 𝐴𝑦 𝐵𝑦 + 𝐴𝑧 𝐵𝑧
Ceci nous permet de calculer l’angle entre deux vecteurs dont on connait les composantes, en
retournant à la définition géométrique du produit scalaire :
𝐴. 𝐵
𝑐𝑜𝑠 𝐴, 𝐵 =
𝐴 𝐵
Remarquons ici que différents vecteurs en physique ont des unités différentes : la position se
mesure en mètres, la vitesse en mètres/seconde, etc. La grandeur d’un vecteur possède donc
des unités et il faut prendre garde de combiner (c’est-à-dire comparer ou additionner) par
erreur des vecteurs ayant des unités (ou dimensions) différentes. Les vecteurs orthonormés
sont sans unité. Les unités d’une quantité physique vectorielle 𝐴 sont donc aussi celles de ses
composantes 𝐴𝑥 , 𝐴𝑦 𝑒𝑡 𝐴𝑧 .
I- 7.2 Produit vectoriel.
Rien de ce qui a été exposé jusqu’ici n’est vraiment spécifique à l’espace géométrique à trois
dimensions (ℝ3), en dépit de la notation explicite utilisée. La généralisation à ℝn est
immédiate, comme l’est la restriction au plan (ℝ2). Il existe cependant un autre produit de
vecteurs, spécifique à ℝ3. Il s’agit du produit vectoriel, défini géométriquement comme suit :
le produit vectoriel 𝐴 ∧ 𝐵 de deux vecteurs est défini comme un vecteur perpendiculaire à la
fois à 𝐴 et 𝐵, dont la grandeur est :
𝐴 ∧ 𝐵 = 𝐴 . 𝐵 𝑠𝑖𝑛 𝐴, 𝐵
et dont l’orientation est obtenue par la règle de la main droite : en disposant les trois premiers
doigts de la main droite (pouce, index et majeur) pour former trois direction perpendiculaires,
alors 𝐴, 𝐵 et 𝐴 ∧ 𝐵 correspondent (en direction) respectivement au pouce, à l’index et au
majeur. La règle, équivalente, du tire-bouchon, s’exprime ainsi : si on amène 𝐴 vers 𝐵 par le
chemin le plus court, et qu’on s’imagine visser une vis ou une ampoule dans le même sens, le
sens où s’enfonce la vis ou l’ampoule est celui de 𝐴 ∧ 𝐵. D’autre part, La grandeur 𝐴 ∧ 𝐵 est

égale à l’aire du parallélogramme délimité par les deux vecteurs 𝐴 et 𝐵, tel qu’illustré sur la
figure. L’aire du triangle délimité par ces deux vecteurs est la moitié de celle du
parallélogramme, soit :
1
𝑆= 𝐴∧𝐵
2

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

𝐴∧𝐵

Les propriétés du produit vectoriel, démontrables par géométrie élémentaire de l’espace ou


découlant directement de sa définition, sont les suivantes :
1. Antisymétrie :
𝐴 ∧ 𝐵 = −𝐵 ∧ 𝐴
2. Distributivité :
𝐴∧ 𝐵 +𝐶 =𝐴∧𝐵+𝐴∧𝐶
3.
λ𝐴 ∧ 𝐵 = 𝐴 ∧ λ𝐵 = λ 𝐴 ∧ 𝐵

Une conséquence de l’antisymétrie du produit vectoriel est que 𝐴 ∧ 𝐴 = 0, ce qui découle


aussi directement de la définition géométrique du produit vectoriel. D’autre part, si :
𝐴 ∧ 𝐵 = 0, alors ces deux vecteurs sont nécessairement colinéaires, c’est-à-dire que 𝐵 = λ𝐴 (λ
est un nombre réel).
Remarquons que les produits vectoriels des vecteurs de base orthonormés sont
particulièrement simples :
𝑖∧𝑗 =𝑘
𝑗∧𝑘 =𝑖
𝑘∧𝑖=𝑗
Le produit vectoriel de deux vecteurs 𝐴 et 𝐵 s’exprime aisément en fonction de leurs
composantes, en utilisant la distributivité du produit vectoriel :
𝐴 ∧ 𝐵 = 𝐴𝑥 𝑖 + 𝐴𝑦 𝑗 + 𝐴𝑧 𝑘 ∧ 𝐵𝑥 𝑖 + 𝐵𝑦 𝑗 + 𝐵𝑧 𝑘

= 𝐴𝑥 𝐵𝑥 𝑖 ∧ 𝑖 + 𝐴𝑥 𝐵𝑦 𝑖 ∧ 𝑗 + ⋯ + 𝐴𝑧 𝐵𝑧 𝑘 ∧ 𝑘

= 𝐴𝑦 𝐵𝑧 − 𝐴𝑧 𝐵𝑦 𝑖 + 𝐴𝑧 𝐵𝑥 − 𝐴𝑥 𝐵𝑧 𝑗 + 𝐴𝑥 𝐵𝑦 − 𝐴𝑦 𝐵𝑥 𝑘
Ce résultat peut se mettre sous la forme d’un déterminant formel :

16
Chapitre I - Rappels mathématiques.

𝑖 𝑗 𝑘
𝐴 𝐴𝑧 𝐴𝑧 + 𝑘 𝐴𝑥 𝐴𝑦
𝐴 ∧ 𝐵 = 𝐴𝑥 𝐴𝑦 𝐴𝑧 = 𝑖 𝑦 − 𝑗 𝐴𝑥
𝐵𝑦 𝐵𝑧 𝐵𝑥 𝐵𝑧 𝐵𝑥 𝐵𝑦
𝐵𝑥 𝐵𝑦 𝐵𝑧

L’avantage de cette formulation algébrique du produit vectoriel est qu’elle permet de


construire explicitement un vecteur perpendiculaire à deux vecteurs donnés et de calculer
l’aire du parallélogramme délimité par ces deux vecteurs, sans recours direct à la géométrie.
On démontre facilement que le double produit vectoriel peut s’exprimer en fonction du
produit scalaire et de la multiplication par un scalaire :
𝐴 ∧ 𝐵 ∧ 𝐶 = 𝐵 . 𝐴. 𝐶 − 𝐶 . 𝐴. 𝐵
I- 7.3 Produit triple.
On définit aussi le produit triple (ou produit mixte) de trois vecteurs comme 𝐴.(𝐵 ∧ 𝐶 ). On
voit que le produit triple peut s’exprimer sous la forme d’un déterminant (véritable, cette
fois).

𝐶
θ h 𝐵

Il est alors manifeste que le produit triple s’annule si deux des trois vecteurs sont colinéaires
ou, plus généralement, si les trois vecteurs sont coplanaires (c’est-à-dire si l’un des trois peut
s’exprimer comme combinaison linéaire des deux autres). Le produit triple est manifestement
linéaire dans chacun de ses arguments. D’autre part, comme la permutation cyclique des
rangées d’un déterminant n’en change pas la valeur, la même permutation cyclique de ses
facteurs n’affecte pas le produit triple :
𝐴. 𝐵 ∧ 𝐶 = 𝐵 . 𝐶 ∧ 𝐴 = 𝐶 . 𝐴 ∧ 𝐵
L’interprétation géométrique du produit triple est qu’il représente le volume orienté du
parallélépipède dont les trois arêtes sont les vecteurs 𝐴, 𝐵 et 𝐶 . Le volume orienté est
identique au volume géométrique, sauf qu’il possède un signe (+ ou −) selon l’ordre des trois
vecteurs qui le délimitent. Dans le cas illustré, le volume orienté est positif, mais il serait
négatif si deux des vecteurs en cause étaient échangés. Cette interprétation géométrique

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Chapitre I - Rappels mathématiques.

découle immédiatement de celle du produit vectoriel et du produit scalaire : le volume est ici
donné par l’aire du parallélogramme formé par deux des trois vecteurs, fois la hauteur h du
parallélépipède, qui est égale à la longueur du troisième vecteur fois le cosinus de l’angle
entre ce vecteur et l’axe perpendiculaire au deux autres. Ainsi, le volume géométrique du
parallélépipède est :
𝑉 = 𝐴 ∧ 𝐵 . 𝑕 = 𝐴 ∧ 𝐵 . 𝐶 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝐶 . 𝐴 ∧ 𝐵 = 𝐴. 𝐵 ∧ 𝐶

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