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Fonctions Usuelles

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Chapitre 1

Fonctions usuelles

Logarithme et exponentielle dînent ensemble au resto.


C’est exponentielle qui paye tout la note, pourquoi ?
Parce que logarithme népérien !

Ce premier chapitre de l’année a pour principal objectif de constituer un catalogue des fonctions
que nous considérerons comme suffisamment classiques pour que leur maîtrise soit indispensable.
Certaines de ces fonctions ont déjà été étudiées au lycée (logarithme népérien et exponentielle ;
fonctions trigonométriques), les autres ne font intervenir aucune théorie supplémentaire, si ce n’est
la notion de bijection qui sera abordée en début de chapitre. On en profitera d’ailleurs pour donner
quelques notations sur les ensembles qui seront réutilisées en permanence tout au long de l’année, et
dont la maîtrise parfaite devra donc être immédiate.
Objectifs du chapitre :
• maîtrise de l’utilisation des quantificateurs ∃ et ∀ : compréhension d’un énoncé faisant intervenir
une succession de quantificateurs, capacité à donner la négation d’un énoncé quantifié.
• maîtrise des règles de calcul sur l’exponentielle, le logarithme et les puissances : résolution
d’équations se ramenant à du second degré, manipulation aisée des racines carrées.
• connaissance des dérivées et représentations graphiques des fonctions trigonométriques et hy-
perboliques, et de leurs réciproques (y compris limites et asymptotes).

1.1 Vocabulaire
1.1.1 Ensembles et logique
La logique est un domaine un peu à part au sein des mathématiques, essentiel à la construc-
tion même de l’ensemble de la théorie mathématique. À notre petit niveau, nous ne ferons rien de
bien compliqué, contentons-nous de considérer la logique comme une sorte de grammaire des ma-
thématiques. Pour bien comprendre le sens exact que l’on attribue à chaque énoncé que contient
un texte mathématique, il est important de s’appuyer sur des bases rigoureuses. En ce qui concerne
les ensembles, ils forment les briques élémentaires de la grande théorie des mathématiques qui est
en cours aujourd’hui. Tous les objets mathématiques que vous manipulerez cette année (y compris
les fonctions, ou même les nombres entiers par exemple) peuvent être vus comme des ensembles. Là
encore, rien de compliqué dans ce chapitre, simplement quelques définitions, que nous compléterons
dans un chapitre ultérieur.

Ensembles
Définition 1. Un ensemble est une collection d’objets mathématiques. Il peut être décrit en don-
nant la liste de tous ses éléments, mais sera plus souvent (notamment pour les ensembles infinis)

5
6 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

défini par une propriété commune de ces objets, par exemple [2; 3[= {x ∈ R | 2 6 x < 3}. Le symbole
∈ signifie « appartient à » et le symbole | signifie « tels que ». La notation entre accolades désigne
toujours un ensemble en mathématiques.

Définition 2. Deux ensembles E et F sont égaux s’ils contiennent exactement les même éléments.
L’ensemble F est inclus dans l’ensemble E si tout élément de F appartient aussi à E. On le note
F ⊂ E.

Méthode : Pour montrer que deux ensembles E et F sont égaux, on peut procéder par double
inclusion, c’est-à-dire prouver séparément le fait que E ⊂ F et F ⊂ E.
√ √
Remarque 1. Il ne faut pas confondre appartenance et inclusion. Ainsi, 7 ∈ [2; 3[, mais [π −1; 7] ⊂
[2; 3[.

Définition 3. L’ensemble ne contenant aucun élément, appelé ensemble vide, est noté ∅.

Quantificateurs et équivalences
Définition 4. Nous utiliserons tout au long de l’année dans nos énoncés de théorèmes et de pro-
positions les deux symboles suivants, appelés un peu pompeusement quantificateur existentiel et
quantificateur universel :
• le symbole ∃ signifie « il existe » ; ainsi, le fait qu’une fonction f s’annule sur l’intervalle [0; 1]
peut s’écrire plus mathématiquement ∃x ∈ [0; 1], f (x) = 0.
• le symbole ∀ signifie « quel que soit » ; ainsi, le fait qu’une fonction f soit nulle sur l’intervalle
[0; 1] s’écrit ∀x ∈ [0; 1], f (x) = 0. Notez bien la différence entre ces deux exemples, il est
évidemment essentiel de ne pas confondre les deux symboles.

Remarque 2. Dans les cas où a besoin de plusieurs quantificateurs pour exprimer une propriété (ça
arrive souvent), l’ordre dans lequel on les dispose est aussi très important. On les lit naturellement
de gauche à droite, ce qui donne par exemple :
• ∃x ∈ R, ∀y 6= x ∈ R, f (x) > f (y) signifie que f admet un maximum (global) en x (f (x) est
plus grand que toutes les autres images par f ).
• ∀y ∈ R, ∃x 6= y ∈ R, f (x) > f (y) signifie que f n’admet pas de maximum (quelle que soit la
valeur de y, on peut trouver un x ayant une image plus grande par f ).
En général, il faut retenir que, dans un énoncé commençant par ∀x, ∃y, la variable y dépend de x,
alors que dans le cas où l’énoncé stipule ∃y, ∀x, le y est universel, il doit fonctionner pour toutes les
valeurs de x possibles.

Définition 5. Le symbole ⇒ est un symbole d’implication : A ⇒ B signifie que la propriété B


est vraie dès que A l’est (par contre, si A est fausse, B peut bien être vraie ou fausse, ça n’a pas
d’importance). Le symbole ⇔ est un symbole d’équivalence : A ⇔ B signifie que A implique B et B
implique A. Autrement dit, dès que l’une est vraie, l’autre aussi, et dès que l’une est fausse l’autre
aussi. Autre façon de voir les choses : A ⇒ B et sa réciproque B ⇒ A sont toutes les deux vraies.

Exemple (théorème de Pythagore et réciproque) : Un triangle ABC est rectangle en A ⇔ AB 2 +


AC 2 = BC 2 .
Remarque 3. Quand on calcule les longueurs des côtés d’un triangle, et qu’on invoque l’absence
d’égalité de Pythagore pour prouver que le triangle n’est pas rectangle, on n’utilise pas la réciproque
du théorème, mais bel et bien le théorème lui-même, ou plutôt sa contraposée : si A ⇒ B, la
contraposée stipule que la négation de B implique la négation de A. Lorsqu’une implication est
vraie, sa contraposée l’est également.
Méthode : Pour prouver une équivalence A ⇔ B, on procède souvent en prouvant séparément les
deux implications A ⇒ B, et B ⇒ A. Faites très attention à ne pas vous contenter de prouver l’une
des deux implications.
1.1. VOCABULAIRE 7

1.1.2 Fonctions
Le vocabulaire de base sur les fonctions étant supposé acquis au lycée, ce paragraphe est simple-
ment l’occasion d’énoncer certaines définitions essentielles à l’aide des quantificateurs. En particulier,
les définitions suivantes ne sont pas rappelées : image et antécédents d’un réel par une fonction, li-
mites, asymptotes, continuité, dérivée et lien entre le signe de la dérivée et le sens de variations de
la fonction. Tous ces points sont supposés maîtrisés sur le bout des doigts. Nous reviendrons sur les
notions de continuité et de dérivabilité (avec une approche beaucoup plus rigoureuse qu’au lycée)
ultérieurement.

Domaine de définition
Définition 6. Une fonction f : Df 7→ R est un objet mathématique associant à tout réel x
appartenant à un sous-ensemble Df de R, un réel y également noté f (x). L’ensemble Df est appelé
domaine de définition de la fonction f .
Méthode : Pour déterminer un domaine de définition, on fera notamment attention au trois pro-
blèmes suivants :
x+1
• annulation d’un dénominateur : si f (x) = 2 , alors Df = R\{−2; 2}.
√ x −4
• positivité sous une racine : si f (x) = 4 − 2x, alors Df =] − ∞; 2].
• stricte positivité sous un ln : si f (x) = ln(x2 − 9), alors Df =] − ∞; −3[∪]3; +∞[

Parité, périodicité
Définition 7. Une fonction f est paire si son domaine de définition est symétrique par rapport à 0
et ∀x ∈ Df , f (−x) = f (x). Elle est impaire si son domaine de définition est symétrique par rapport
à 0 et ∀x ∈ Df , f (−x) = −f (x).
Remarque 4. La condition sur la symétrie de l’ensemble de définition est nécessaire pour assurer que
−x appartienne toujours au domaine de définition de f .
Méthode : Pour prouver qu’une fonction est paire (ou impaire), on exprime f (−x) en fonction de
x et on essaie de le mettre sous une forme permettant de constater que f (−x) = f (x). Pour prouver
qu’une fonction n’est pas paire, il suffit de trouver un contre-exemple, donc une valeur de x pour
laquelle f (−x) 6= f (x). Attention tout de même, le fait que f (−2) = f (2) par exemple ne prouve
rien.
Proposition 1. La courbe représentative d’une fonction paire dans un repère orthogonal est sy-
métrique par rapport à l’axe (Oy) du repère. La courbe représentative d’une fonction impaire est
symétrique par rapport à l’origine 0 du repère.
Démonstration. Graphiquement, la parité s’exprime comme ceci : si un point A(x; f (x)), le point
A0 (−x, f (x)) appartiendra également à la courbe (et vice-versa). Or, A0 n’est autre que le symétrique
de A par rapport à l’axe (Oy). Le raisonnement est le même pour les fonctions impaires.

Définition 8. Une fonction f est périodique de période T si, quel que soit x appartenant à Df ,
x + T appartient à Df et f (x + T ) = f (x).
Remarque 5. Une fonction périodique possède plusieurs périodes différentes, puisque tout multiple
d’une période est également une période. Ainsi, la fonction cos est périodique de période 2π, mais
aussi 4π ou encore −56π. Il existe toutefois toujours une période qui sera la plus petite période
positive de la fonction f , et qu’on appelle par abus de langage la période de la fonction f .
Proposition 2. La courbe représentative d’une fonction f périodique de période T est invariante


par translation de vecteur T i .
Démonstration. Le point (x, f (x)) ayant pour image par cette translation le point (x + T, f (x)), c’est
une conséquence immédiate de la définition.
8 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

Monotonie
Définition 9. Une fonction réelle f est croissante (resp. décroissante) sur un intervalle I si,
∀(x, y) ∈ I 2 , x < y ⇒ f (x) 6 f (y) (resp. f (x) > f (y)). Je vous épargne les définitions de croissance
et décroissance stricte.

Définition 10. Une fonction réelle f admet un maximum (local) en x sur l’intervalle I si x ∈ I
et ∀y ∈ I, f (y) 6 f (x). On parle de maximum global si I = Df . On définit de même minimum
local et global.

Définition 11. Le réel m est un minorant de la fonction f sur l’intervalle I si ∀x ∈ I, f (x) > m.
De même, M est un majorant de f sur I si ∀x ∈ I, f (x) 6 M . On dit que f est bornée sur I si
elle y admet à la fois un majorant et un minorant.

Remarque 6. Un minorant n’est pas la même chose qu’un minimum. Par exemple, la fonction x 7→ x2
a pour minimum 0 sur R, mais elle est aussi minorée par −2, −15 et beaucoup d’autres valeurs. Une
fonction peut même être minorée sans avoir de minimum, par exemple la fonction inverse sur R∗+ .

Bijections
Définition 12. Une fonction f : I → J est une bijection de l’intervalle I dans l’intervalle J si tout
élément de J admet exactement un antécédent par la fonction f dans l’intervalle I.

Définition 13. Si f est une fonction bijective de I dans J, on appelle bijection réciproque de
f la fonction g : J → I qui, à un réel y appartenant à I, associe son unique antécédent x par la
fonction f . L’application g est alors une bijection de l’intervalle J dans l’intervalle I. On la note f −1 .

Exemple : La notion de réciproque est intuitivement simple, il s’agit simplement de créer une
fonction g qui « fait le contraire » de la fonction f . Mais pour cela, la condition sur l’unicité des
antécédents est indispensable, sinon on aura plusieurs possibilités pour la définition de la fonction g.
Un exemple que vous connaissez déjà est celui de la racine carrée, qui est la réciproque de la fonction
carré f : x 7→ x2 . Attention tout de même, la fonction f n’est pas une bijection de R dans R, puisque
les réels négatifs n’ont pas d’antécédent par f , mais que les réels strictement positifs en ont deux.
Par contre, cette même fonction f est bijective de R+ dans R+ . C’est pour cela que la racine carrée
est une fonction définie seulement sur R+ , à valeurs dans R+ (dans la définition de la racine carrée,
on précise bien qu’il s’agit d’un nombre positif).
Remarque 7. Pour tout x appartenant à I, on a f −1 (f (x)) = x ; pour tout x dans J, f (f −1 (x)) = x.
De plus, les représentations graphiques des fonctions f et f −1 dans un repère orthogonal sont des
courbes symétriques par rapport à la droite d’équation y = x.

Théorème 1. Soit f : I → J une fonction continue et strictement monotone. Alors f effectue une
bijection de I dans J. De plus, sa réciproque f −1 est également continue et strictement monotone,
de même monotonie que f .

Proposition 3. Soit f : I → J une bijection dérivable sur I et telle que ∀x ∈ I, f 0 (x) 6= 0, alors sa
1
bijection réciproque est dérivable sur J et ∀y ∈ J, (f −1 )0 (y) = 0 −1 .
f (f (y))
Exemple : Si on reprend l’exemple de la racine carrée, on trouve en utilisant le fait que (x2 )0 = 2x,
√ 1
la formule bien connue ( x)0 = √ .
2 x

1.2 Logarithmes et exponentielles


Éternel dilemme du professeur de maths au moment d’aborder cette partie du cours : exponentielle
d’abord ou logarithme en premier ? Quel que soit le choix, soyez conscients que la construction
1.2. LOGARITHMES ET EXPONENTIELLES 9

s’appuiera à ce stade sur des résultats puissants que nous ne serons pas en mesure de démontrer :
existence d’une primitive à une fonction continue pour le logarithme, existence d’une solution à
une équation différentielle pour l’exponentielle. Nous commencerons avec le logarithme (c’est le plus
traditionnel) car les démonstrations sont plus faciles à enchaîner dans ce sens, mais je vous donnerai
également des définitions indépendantes de l’exponentielle.

1.2.1 La fonction logarithme népérien


Définition 14. La fonction ln (logarithme népérien) est l’unique primitive de la fonction inverse
1
x 7→ sur l’intervalle ]0; +∞[ s’annulant pour x = 1.
x
Proposition 4. Principales propriétés de la fonction ln :
• Pour tous nombres réels strictement positifs x et y, ln(xy) = ln(x)
 +ln(y).  
1 x
• Les formules suivantes découlent de la première propriété : ln = − ln(x) ; ln =
x y
ln(x) − ln(y) ; pour tout entier relatif n, ln(xn ) = n ln(x).
• La fonction ln est strictement croissante sur R+∗ .
• lim ln(x) = −∞ et lim ln(x) = +∞
x→0 x→+∞
• Il existe un unique réel, noté e, vérifiant ln(e) = 1.

Démonstration.
• Puisque tout ce que nous savons pour l’instant sur le logarithme est qu’il est une primitive
1
de , la démonstration va passer par une dérivation. Fixons donc une valeur de y > 0, et
x
posons g(x) = ln(xy) − ln(x) − ln(y). La fonction g est définie et dérivable sur ]0; +∞[, de
y 1
dérivée g 0 (x) = − = 0. La fonction g est donc constante sur R+∗ . Comme g(1) =
xy x
ln(y) − ln(1) − ln(y) = 0, on en déduit que ∀x > 0, ln(x + y) − ln(x) − ln(y) = 0, ce qui est
équivalent à notre propriété.  
1 1
• En choisissant y = dans la formule précédente, on obtient ln(1) = ln(x)+ln , soit ln(x)+
  x   x  
1 x 1
ln = 0, ce qui prouve le premier point. Il suffit ensuite d’écrire ln = ln x × =
x   y y
1
ln(x) + ln = ln(x) − ln(y) pour obtenir le deuxième. La dernière formule se prouve, pour
y
les valeurs positives de n, par récurrence. Pour n = 0, ln(x0 ) = ln(1) = 0 = 0 × ln(x). Ensuite,
si on suppose vraie la proptiété au rang n, alors ln(xn+1 ) = ln(xn × x) = ln(xn ) + ln(x) =
n ln(x)+ln(x) = (n+1) ln(x), ce qui prouve
 l’hérédité
 de la propriété. Pour les valeurs négatives
1
de n, on écrit simplement ln(x−n ) = ln = − ln(xn ) = −n ln(x).
xn
• Sa dérivée étant strictement positive, c’est clair.
• La fonction étant croissante, elle admet nécessairement une limite (finie ou infinie) en +∞, il
suffit donc de prouver qu’elle n’est pas majorée pour obtenir une limite infinie. Or, en prenant
un x pour lequel ln(x) > 0 (par exemple x = 2), on a ln(xn ) = n ln(x), qui a pour limite +∞
lorsque n tend vers +∞. La fonction ne peut donc être majorée, et ln (x) = +∞. En posant
x→+∞
1
X = , on a alors lim ln(x) = − lim ln(X) = −∞.
x x→0 X→+∞
• La fonction ln étant continue et strictement croissante, et au vu des limites calculées précé-
demment, elle effectue une bijection de R+∗ vers R. Le nombre réel 1 admet donc un unique
antécédent par la fonction ln.

Ajoutons la courbe représentative de la fonction, que je couple avec celle de la fonction exponentielle
que nous allons maintenant aborder.
10 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

e^x 0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

−2

ln(x)
−3

1.2.2 La fonction exponentielle


Définition 15. La fonction exponentielle, que l’on notera exp, est définie sur R comme la réci-
proque de la fonction ln.

Remarque 8. On peut définir la fonction exponentielle de façon indépendante, sans référence au


logarithme. Par exemple, la fonction exponentielle est l’unique fonction dérivable sur R solution de
l’équation différentielle et vérifiant de plus f 0 = f . Une autre définition nettement plus maniable mais
+∞ n
X x
faisant intervenir des séries (vous la reverrez l’an prochain) est la suivante : ∀x ∈ R, exp(x) = .
n!
n=0

Proposition 5. Principales propriétés de la fonction exponentielle :


• La fonction exponentielle est à valeurs strictement positives, et strictement croissante sur R.
Sa dérivée est la fonction exponentielle elle-même.
• lim exp(x) = 0 et lim exp(x) = +∞.
x→−∞ x→+∞
1
• Pour tous nombres réels x et y, exp(x+y) = exp(x)×exp(y). En particulier, exp(−x) = ,
exp(x)
et (exp(x))n = exp(nx). Pour tout entier n, exp(n) = en (où e, rappelons-le, est l’unique réel
vérifiant ln(e) = 1 ; on étendra comme vous en avez l’habitude la notation ex à toutes les
valeurs de l’exponentielle).

Démonstration.
• On peut appliquer le théorème de la bijection rappelé plus haut. La fonction exp est définie
sur R, à valeurs dans R+∗ , et de même monotonie que ln. De plus, sa dérivée est donnée par
1
exp0 (x) = 0 = exp(x).
ln (exp(x))
• Les limites découlent également du théorème de la bijection.
• Le but ici est d’utiliser les règles de calcul vues sur le logarithme. Notons a et b les antécédents
(uniques à chaque fois par bijectivité du ln) de x et y par la fonction ln, on peut écrire
exp(x + y) = exp(ln(a) + ln(b)) = exp(ln(ab)) = ab = exp(x) × exp(y). Comme ln(1) = 0,
on a par ailleurs exp(0) = 1, donc exp(x) × exp(−x) = exp(x − x) = 1, soit exp(−x) =
1
(on peut aussi revenir au logarithme pour démontrer cette formule). Ensuite, exp(nx) =
exp(x)
exp(n ln a) = exp(ln(an )) = an = (exp(x))n . En particulier, exp(n) = (exp(1))n = en , puisque
ln(e) = 1 ⇔ exp(1) = e.
1.2. LOGARITHMES ET EXPONENTIELLES 11

1.2.3 Fonctions logarithmes et exponentielles quelconques


Logarithmes en base a

Définition 16. Soit a ∈ R∗+ \{1}, la fonction logarithme en base a est définie sur R+∗ par
ln x
loga (x) = .
ln a

Remarque 9. La fonction ln correspond en fait au logarithme en base e. Un autre logarithme est assez
fréquemment employé, le logarithme en base 10, aussi appelé logarithme décimal et noté simplement
log (c’est à cette fonction que correspond la touche log des calculatrices).

Proposition 6. Principales propriétés des fonctions logarithmes :


• Lorsque a > 1, la fonction loga est strictement croissante et admet les mêmes limites que le
logarithme népérien.
• Lorsque 0 < a < 1, la fonction loga est strictement décroissante ; lim loga (x) = +∞ et
x→0
lim loga (x) = −∞.
x→+∞
• Toutes les règles de calcul vues sur le logarithme népérien restent valables pour le logarithme
en base a.

Démonstration.
• La fonction loga étant proportionnelle au logarithme népérien, elle est dérivable, de dérivée
1
log0a (x) = . Lorsque a > 1, ln(a) > 0, la fonction est donc strictement croissante, et les
x ln(a)
limites découlent de celles de la fonction ln par simple application des règles usuelles de calculs
de limites.
• Cette fois-ci, ln(a) < 0, ce qui explique à la fois le changement de sens de variation, et le
changement de signe des limites.
• Il suffit de reprendre chacune des formules pour le ln, et de diviser partout par ln(a), pour
obtenir les équivalents pour le logarithme en base a.

Pour finir, quelques exemples de courbes, qui ont la même allure que celle de la fonction ln :

ln(x)
2

1 log(x)

0
−1 0 1 2 3 4 5 6 7 8
−1

−2
ln(x)/ln(0.5)
−3
12 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

Exponentielles de base a

Définition 17. Soit a ∈ R+∗ \{1}, la fonction exponentielle en base a est définie sur R comme
la réciproque de la fonction loga . On la note expa .

Proposition 7. Principales propriétés des exponentielles :


• On dispose de la formule explicite suivante : expa (x) = ex ln(a) .
• Lorsque a > 1, la fonction expa est strictement croissante et admet les mêmes limites que
l’exponentielle.
• Lorsque 0 < a < 1, la fonction expa est strictement décroissante ; lim expa (x) = +∞ et
x→−∞
lim expa (x) = 0.
x→+∞
• Toutes les règles de calcul vues sur l’exponentielle restent valables pour l’exponentielle en
base a. On notera généralement, similairement à ce qu’on fait pour l’exponentielle de base e,
expa (x) = ax .

Démonstration.
ln(ex ln(a) )
• En effet, loga (ex ln(a) ) = = x, donc ex ln(a) est bien l’unique antécédent de x par la
ln(a)
fonction loga .
• On peut au choix utiliser le théorème de la bijestion comme on l’a fait pour l’exponentielle, ou
simplement utiliser la formule explicite vue ci-dessus.
• Cf le point précédent.
• Là encore, on peut reprendre la méthode utilisée dans le cas de l’exponentielle, ou utiliser la
formule explicite. Par exemple, expa (x + y) = e(x+y) ln(a) = ex ln(a)+y ln(a) = ex ln(a) × ey ln(a) =
expa (x) × expa (y).

Remarque 10. En utilisant la notation introduite en fin de proposition précédente, on peut écrire
les règles de calcul sous une forme plus simple, par exemple ax+y = ax ay . Toutes ces formules
correspondent à des propriétés classiques de manipulation des puissances, qui se généralisent ainsi
sans difficulté à des exposants et des bases non entiers.

Et pour changer, on conclut avec quelques courbes :

4
6^x e^x

3 2^x

0 (1/3)^x
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
1.3. FONCTIONS PUISSANCES 13

1.3 Fonctions puissances

1.3.1 Rappels sur les fonctions puissances entières et racines n-èmes

Fonctions puissances entières

Définition 18. Soit x un nombre réel. Les puissances positives de x sont définies par récurrence :
x0 = 1 et ∀n ∈ N, xn+1 = xn × x. Lorsque x 6= 0, on peut également définir des puissances
1
négatives comme inverses des puissances positives : x−n = n . Les fonctions puissances x 7→ xn
x
sont donc définies sur R lorsque n > 0, et sur R∗ lorsque n < 0.

Proposition 8. Principales propriétés des fonctions puissances entières :

• Les fonctions puissances sont continues et dérivables sur leur domaine de définition, de dérivée
nxn−1 lorsque n 6= 0 (la dérivée de la fonction constante x0 étant nulle).
• Lorsque n est un entier pair strictement positif, la fonction puissance n est paire, décroissante
sur ] − ∞; 0] et croissante sur [0; +∞[. Elle a pour limite +∞ en −∞ et en +∞.
• Lorsque n est impair positif, la fonction est impaire, croissante sur R, de limites respectives
−∞ et +∞ en −∞ et en +∞.
• Lorsque n est pair strictement négatif, la fonction est paire, strictement croissante sur ] − ∞; 0[
et décroissante sur ]0; +∞[. De plus, lim xn = 0+ et lim xn = +∞.
x→±∞ x→0
• Lorsque n est impair négatif, la fonction est impaire, décroissante sur ] − ∞; 0[ et sur ]0; +∞[.
De plus, lim xn = 0 ; lim xn = −∞ et lim xn = +∞.
x→±∞ x→0− x→0+

Démonstration. Nous nous contenterons de démontrer la formule pour la dérivée, les limites étant
« évidentes » à ce stade de l’année (on reviendra sur ces calculs après avoir rigoureusement défini les
limites dans un chapitre ultérieur). Prouvons donc la formule quand n > 0 par récurrence, ce qui nous
donnera une occasion de réviser un peu la théorie de la dérivation. Pour n = 1, la fonction x 7→ x a
x+h−x
pour taux d’acroissement au point d’abscisse x l’expression τx (h) = = 1. Cette expression
h
ayant évidemment pour limite 1 quand h tend vers 0, la dérivée de la fonction x 7→ x est constante
égale à 1. Supposons désormais la formule vraie pour un certain entier n, et appliquons la formule de
défivation d’un produit à la fonction f : x 7→ xn+1 = xn ×x : f 0 (x) = nxn−1 ×x+xn ×1 = nxn +xn =
(n + 1)xn , ce qui prouve l’hérédité et achève la récurrence. Pour les puissances négatives, on peut
1 nxn−1 nxn−1
utiliser la dérivée d’un inverse. Si n > 0, x−n = n a pour dérivée − n 2 = − 2n = −nx−n−1 .
x (x ) x
La formule annoncée est donc toujours valable.

Vous commencez à avoir l’habitude, quelques petites courbes pour illustrer tout cela :
14 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

3
x^6
x^2

x^0
1

1/x^2
0
−3 −2 −1 0 1 2 3
1/x^5
1/x
−1

−2

x x^3

−3

Racines n-èmes

Définition 19. Soit n un entier pair strictement positif. On définit la fonction racine n-ème comme

la réciproque de la fonction puissance n sur l’intervalle [0; +∞[. On la note n x. Lorsque n est impair
strictement positif, on peut définir la fonction racine n-ème sur R puisque la puissance n est alors
bijective de R dans R. La notation reste la même.

Remarque 11. Lorsque n = 2, comme vous en avez l’habitude, on notera la racine carrée x.
Encore quelques exemples de courbes :

2
x^(1/2)

1
x^(1/10)

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5

−1

x^(1/3)

−2

1.3.2 Puissances quelconques


Définition 20. Soit a ∈ R∗ , la fonction puissance en base a est définie sur R+∗ par xa = ea ln x .
1.4. LIMITES ET DÉRIVÉES UTILES 15

Remarque 12. Cette définition prolonge bien celle donnée pour les puissances entières et les racines
n-èmes. Pour les puissances entières par exemple, on a vu que n ln x = ln(xn ), donc en ln x = xn .

Proposition 9. Principales propriétés des fonctions puissances :


• La fonction x 7→ xa est dérivable sur R+∗ , de dérivée axa−1 .
• Si a > 0, la puissance en base a est strictement croissante sur R+∗ . De plus, lim xa = 0 et
x→0+
lim xa = +∞.
x→+∞
• Si a < 0, la puissance en base a est strictement décroissante sur R+∗ . De plus, lim xa = +∞
x→0+
et lim xa = 0.
x→+∞
1
• Les fonctions puissances en base a et en base sont réciproques l’une de l’autre. En particulier,
a
1
la fonction puissance en base coïncide avec racine n-ème.
n
• Les propriétés algébriques des puissances entières restent valables pour les puissances quel-
conques : xa × xb = xa+b ; (xa )b = xab ; 1a = 1.

Démonstration.
a a
• En effet, ea ln(x) se dérive comme une composée, et a pour dérivée ea ln(x) = ln(x) ea ln(x) =
x e
ae(a−1) ln(x) = axa−1 .
• En effet, la dérivée est alors positive. Les limites se calculent via les règles usuelles de calculs
de limites. Par exemple, lim a ln(x) = −∞, et par composition lim ea ln(x) = lim eX = 0.
x→0 x→0 X→−∞
• Même principe que ci-dessus.
1
• Vérifions : ea ln(x) = y est équivalent à a ln(x) = ln(y), soit ln(x) = ln(y) ou encore x =
1
a
e a ln(y) , ce qui prouve le proposition.
• Tout cela se vérifie aisément à l’aide des propriétés du logarithme et de l’exponentielle. Par
a ln(x) )
exemple, xa × xb = ea ln(x) × eb ln(x) = e(a+b) ln(x) = xa+b . De même, (xa )b = eb ln(e =
e ab ln(x) ab a
= x . Quant au 1 = 1, c’est une conséquence directe du fait que ln(1) = 0.

Remarque 13. La fonction puissance en base a est prolongeable par continuité en 0 en posant 0a = 0
lorsque a > 0. Si a > 1, sa dérivée est également prolongeable par 0 en 0 (cf les résultats de
croissance comparée), ce qui prouve que la courbe représentative de ces fonctions admet en 0 une
tangente verticale (on reviendra sur ce genre de calculs dans un chapitre ultérieur sur la dérivation.
Vous attendiez les courbes ? Il n’y en aura pas, les fonctions puissances quelconques ayant des allures
très similaires à celles des puissances entières et des racines n-èmes vues plus haut.

1.4 Limites et dérivées utiles


1.4.1 Limites classiques
Proposition 10. Les deux limites suivantes en 0 peuvent permettre de lever des indéterminations
ln(1 + x) ex − 1
complexes : lim = 1 ; et lim = 1.
x→0 x x→0 x
Démonstration. Ce sont des conséquences des formules pour les dérivées des fonctions ln et exp. Le
ln(1 + h) − ln(1) ln(1 + h)
taux d’accroissement de la fonction f : x 7→ ln(1+x) en 0 vaut τ0 (h) = = .
h h
1
La fonction f étant dérivable, de dérivée , l’expression converge donc quand h tend vers 0 vers
x+1
f 0 (0) = 1. De même, en considérant simplement le taux d’accroissement de la fonction exponentielle
en 0, la deuxième limite est égale à e0 = 1.

Proposition 11. Croissances comparées :


16 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

ax
• ∀a > 1, ∀b > 0, lim = +∞
x→+∞ xb
xb
• ∀b > 0, ∀c > 0, lim = +∞
x→+∞ (ln(x))c
ax
• ∀a > 1, ∀c > 0, lim = +∞
x→+∞ (ln(x))c

Autrement dit, on peut répartir de la façon suivante les fonctions usuelles en +∞, les croissances les
plus rapides se situant à droite :
1 √
(ln x) 2 ln x (ln x)2 (ln x)47 x x x2 x2436525 1, 2x 2x ex 12x

Démonstration. Toutes ces propriétés se ramènent à la plus simple des propriétés de croissance
ln(x)
comparée, à savoir que lim = 0, ce que nous ne pouvons pas prouver aisément avec notre
x→+∞ x
définition du logarithme.
ax ex ln(a) ln(x)
• Constatons par exemple que b = b ln(x) = ex ln(a)−b ln(x) = ex(ln(a)−b x ) . En admettant la
x e
limite précédente, l’exposant dans l’exponentielle a pour limite +∞ en +∞ (avec la condition
ax
a > 1), donc lim b = +∞.
x→+∞ x
xb
• La deuxième est exactement du même type en posant X = ln(x), puisqu’on a alors =
(ln(x))c
ebX ln(X)

c ln(X)
= eX(b−c X ) .
e
• La dernière découle des deux premières par un simple produit de limites.

Remarque 14. On peut déduire de ces résultats les autres propriétés suivantes :
• ∀a > 1, ∀n ∈ N, lim ax × xn = 0
x→−∞
• ∀b > 0, ∀c > 0, lim xb (ln x)c = 0.
x→0+

1.4.2 Dérivation de fonctions issues d’exponentielles


Proposition 12. Rappelons les deux cas particuliers suivants de la formule de dérivation d’une
composée :
u0
• (ln |u|)0 =
u
• (eu )0 = u0 eu
Nous y ajouterons une troisième formule utilisant les puissancesquelconques étudiées ci-dessus :
0

vu
lorsque u est une fonction à valeurs strictement positives, (uv )0 = v 0 ln(u) + uv .
u
Démonstration. Il est totalement inutile d’apprendre cette dernière formule par coeur, il faut sim-
plement se rappeler que, pour étudier une fonction de ce type, il est indispensable de l’écrire d’abord
sous forme exponentielle : uv = ev ln(u) . La formule est alors une simple application de dérivation
d’exponentielle.
1
Exemple : Étudions en détail la fonction f : x 7→ x x .
1
• Le premier réflexe à avoir est d’écrire f sous la forme f (x) = e x ln(x) . Cela permet notamment
de justifier de façon immédiate que Df = R+∗ . 
0 1 1 1 1 1 − ln(x) 1 ln(x)
• On peut ensuite calculer la dérivée : f (x) = − 2 ln(x) + × e x ln(x) = ex .
x x x x2
L’exponentielle étant toujours positive, et x2 également, le signe de f 0 est celui de 1 − ln(x),
qui s’annule lorsque ln(x) = 1, soit x = e. La fonction f est croissante sur ]0; e] et décroissante
1
sur [e; +∞[. Elle admet un maximum pour x = e, de valeur f (e) = e e (ça ne se simplifie pas).
1.5. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET TRIGONOMÉTRIQUES RÉCIPROQUES 17

• Déterminons désormais les limites de f aux bornes de son ensemble de définition. Comme
1
lim ln(x) = −∞ (pas de forme indéterminée ici), lim f (x) = 0. De l’autre côté, comme
x→0 x+ x→0+
1
lim ln(x) = 0 (par croissance comparée), on a lim f (x) = e0 = 1. Il y a en particulier
x→+∞ x x→+∞
une asymptote horizontale d’équation y = 1 en +∞.
• Si on est courageux, on peut tenter de déterminer la présence d’une éventuelle tangente en
0 (où la fonction est prolongeable par continuité), en cherchant si f 0 y admet une limite.
Le calcul est loin d’être évident, mais on peut faire une factorisation ingénieuse : f 0 (x) =
ln(x)2

1 1 ln(x) ln(x)
− e x . En posant X = , X a pour limite −∞ quand x tend vers
x2 ln(x)2 ln(x) x
0, donc le produit X 2 eX tend vers 0 (c’est de la croissance comparée). La parenthèse restante
avec les inverses de ln tendant elle aussi manifestement vers 0, on en déduit que lim f 0 (x) = 0,
x→0
ce qui prouve l’existence d’une tanngente horizontale à la courbe en 0.
• On achève naturellement par une jolie courbe, en indiquant les tangentes connues :

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

1.5 Fonctions trigonométriques et trigonométriques réciproques

1.5.1 Rappels de trigonométrie

Nous débuterons cette partie de cours par un retour sur les bases de la trigonométrie, que vous
avez du voir de façon un peu éparpillée au collège, puis en seconde. Les démonstrations seront
volontairement brèves, puisque ces premiers paragraphes sont censés être constitués de révisions.

Cercle trigonométrique, radians

Définition 21. Le cercle trigonométrique, dans un repère orthonormé, est le cercle de centre O
(origine du repère) et de rayon 1. À tout réel x, on associe un point M du cercle trigonométrique
en parcourant le cercle sur une distance x à partir du point (1, 0), et x est appelé mesure en
− −−→

radians de l’angle orienté ( i , OM ). L’abscisse et l’ordonnée du point M associé à x sont appelées
respectivement cosinus et sinus de ce réel. On définit par ailleurs la tangente quand c’est possible,
π sin x
c’est à dire si x 6= + kπ, k ∈ Z, par tan x = . Pour une interprétation géométrique de la
2 cos x
tangente (expliquant d’ailleurs le nom de tangente), cf le dessin ci-dessous.
18 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

tan (x)

sin (x)

x
0
−1 0 cos (x) 1

−1

Remarque 15. Le repérage du cercle trigonométrique suppose le choix d’une orientation sur ce cercle.
On appelle sens trigonométrique (ou positif) le sens opposé à celui des aiguilles d’une montre.

Proposition 13. Valeurs remarquables à connaitre :

π π π π 3π
x 0 √6 √4 3 2 π 2
3 2 1
cos x 1 2 √2 √2
0 −1 0
1 2 3
sin x 0 √2 2 1 0 −1
3
√2
tan x 0 3 1 3 k 0 k

π π
Démonstration. Pour les multiples de , il suffit de regarder le cercle trigonométrique. Pour , on
2 4
obtient les valeurs facilement en se plaçant dans un demi-carré de côté 1 (en revenant à la définition
purement géométrique du cosinus et du √ sinus dans les triangles rectangles, que vous avez vue au
collège). La diagonale a pour√longueur 2, donc le cosinus comme le sinus de chacun des deux angles
π 1 2 π π
de mesure valent √ = . Pour et , on se place dans un demi-triangle équilatéral de côté
4 2 2 3 6 √
1 3
1. Les longueurs des trois côtés sont donc 1 ; et (un petit coup de théorème de Pythagore),
2 2
dont on déduit sans difficulté les valeurs des lignes trigonométriques.

Proposition 14. Propriétés de symétrie du cosinus, du sinus et de la tangente :


• cos(x + 2π) = cos x • sin(x + 2π) = sin x • tan(x + 2π) = tan x
• cos(x + π) = − cos x • sin(x + π) = − sin x • tan(x + π) = tan x
• cos(−x) = cos x • sin(−x) = − sin x • tan(−x) = − tan x
• cos(π − x) = − cos x • sin(π − x) = sin x • tan(π − x) = − tan x
1
• cos(x + π2 ) = − sin x • sin(x + π2 ) = cos x • tan(x + π2 ) = −
tan(x)
1
• cos( π2 − x) = sin x • sin( π2 − x) = cos x • tan( π2 − x) =
tan(x)
1.5. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET TRIGONOMÉTRIQUES RÉCIPROQUES 19

Démonstration. C’est toujours une question de symétries du cercle trigonométrique : à x + 2π corres-


pond le même point qu’à x ; à x + π le symétrique par rapport à 0 ; à −x le symétrique par rapport à
π
l’axe des abscisses ; à π − x celui par rapport à l’axe des ordonnées ; à x + l’image par une rotation
2
π π
de centre 0 et d’angle , et enfin à − x l’image par la composée de cette rotation et de la symétrie
2 2
par rapport à l’axe des abscisses (en commençant par la symétrie).

Formules trigonométriques

Proposition 15. Pour tout réel x, sin2 x + cos2 x = 1.

Démonstration.p Soit M le point associé à x sur le cercle trigonométrique. La distance OM , qui vaut
1, est égale à cos2 x + sin2 x, ce qui élevé au carré donne notre égalité.

Les formules suivantes sont toutes à connaitre parfaitement et surtout à ne pas confondre les unes
avec les autres. Nous verrons un peu plus tard comment les retenir plus facilement à l’aide des
exponentielles complexes.

Proposition 16. Formules d’addition :


• cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b
• sin(a + b) = sin a cos b + cos a sin b
tan a + tan b
• tan(a + b) =
1 − tan a tan b
• cos(a − b) = cos a cos b + sin a sin b
• sin(a − b) = sin a cos b − cos a sin b
tan a − tan b
• tan(a − b) =
1 + tan a tan b
Démonstration. Soient M et N les points du cercle trigonométrique de coordonnées respectives
π
(cos a, sin a) et (cos(a + b), sin(a + b)) et M 0 l’image de M par rotation autour de l’origine d’angle .
2
−−→ −−−→
Le triplet (O, OM , OM 0 ) est un repère (orthonormal direct). Les coordonnées de N dans ce repère
sont (cos b, sin b) (puisque N appartient toujours au cercle trigonométrique dans ce nouveau repère,
−−→ −−→ −−→ −−→ −−−→ →
− →

et (OM , ON ) = a + b − a = b), donc ON = cos b OM + sin b OM 0 = cos b (cos a i + sin a j ) +

− →
− →
− →

sin b (− sin a i + cos a j ) = (cos a cos b − sin a sin b) i + (sin a cos b − cos a sin b) j . Comme on sait
par ailleurs, par définition du point N , que ces coordonnées sont égales à (cos(a + b), sin(a + b)), une
petite identification donne les formules d’addition du sinus et du cosinus. On a ensuite tan(a + b) =
sin a
sin(a + b) sin a cos b + cos a sin b + sin bb tan a + tan b
= = cos asin acos
sin b
= . Pour obtenir les formules de
cos(a + b) cos a cos b − sin a sin b 1 − cos a cos b 1 − tan a tan b
soustraction, on reprend les formules précédentes en remplaçant b par −b.

Méthode : Ces formules permettent de calculer les valeurs exactes des lignes trigonométriques
π
d’angles qui peuvent s’exprimer comme sommes ou différences d’angles classiques, par exemple :
√ √ 12
π π π π π π π π 6+ 2
on utilise le fait que = − , donc cos = cos cos + sin sin = . De même,
√ √ 12
√ 3√ 4 √ 12 3 4 3 4 4
π 3 2 1 2 6− 2
sin = . − . = .
12 2 2 2 2 4
Proposition 17. Formules de duplication :
• cos(2a) = cos2 a − sin2 a = 2 cos2 a − 1 = 1 − 2 sin2 a
• sin(2a) = 2 cos a sin a
• cos(3a) = 4 cos3 a − 3 cos a
• sin(3a) = 3 sin a − 4 sin3 a
20 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

Démonstration. Ce ne sont que des cas particuliers des formules d’addition, mais il est bon de
bien les connaitre. Pour obtenir cos(3a), on applique la formule d’addition à a et 2a : cos(3a) =
cos(2a) cos a − sin(2a) sin a = 2 cos3 a − cos a − 2 cos a sin2 a = 2 cos3 a − cos a − 2 cos a(1 − cos2 a) =
4 cos3 a − 3 cos a.

Remarque 16. On peut calculer les valeurs de cos(na) et sin(na) de proche en proche de cette manière,
mais on verra une méthode plus efficace utilisant les nombres complexes.
Proposition 18. Transformations de sommes en produits (et vice versa) :
1
• cos a cos b = (cos(a + b) + cos(a − b))
2
1
• sin a cos b = (sin(a + b) + sin(a − b))
2
1
• sin a sin b = (cos(a − b) − cos(a + b))
2    
p+q p−q
• cos p + cos q = 2 cos cos
2   2 
p+q p−q
• cos p − cos q = −2 sin sin
 2  2
p+q p−q
• sin p + sin q = 2 sin cos
 2   2 
p+q p−q
• sin p − sin q = 2 cos sin
2 2
Démonstration. Rien de compliqué, par exemple cos(a + b) + cos(a − b) = cos a cos b − sin a sin b +
cos a cos b + sin a sin b = 2 cos a cos b. On obtient de même les deux formules suivantes, puis les
quatre dernières s’obtiennent directement en partant du membre de droite et en utilisant les trois
premières.

1.5.2 Fonctions trigonométriques


Proposition 19. La fonction cosinus est définie sur R par x 7→ cos(x). Elle est paire et 2π-
périodique, continue et dérivable, et sa dérivée est égale à − sin(x). Sur l’intervalle [−π; π], son
tableau de variations est le suivant :
π π
x −π − 0 π
2 2
*1HH
cos x 0  jH
0
*
 HH
−1  j
H
−1

La courbe bien connue du cosinus :

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5

−1

Démonstration. La périodicité et la parité découlent des propriétés cos(x + 2π) = cos x et cos(−x) =
cos x. Le calcul de dérivée peut s’effectuer en revenant au taux d’accroissement et en utilisant des
encadrements exploitant la définition géométrique des lignes trigonométriques, nous verrons cette
démonstration en exercice.
1.5. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET TRIGONOMÉTRIQUES RÉCIPROQUES 21

Proposition 20. La fonction sinus est définie sur R par x 7→ sin(x). Elle est impaire, 2π-périodique,
continue et dérivable, sa dérivée est la fonction cosinus, et voici son tableau de variations sur [−π; π] :
π π
x −π − 0 π
2 2
1 H
*
 Hj
sin x 0 0 H
0
HH *

jH
−1

Et une autre courbe bien connue :

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5

−1

Démonstration. Mêmes remarques que pour le sinus.


o nπ
Proposition 21. La fonction tangente est définie sur R\ + kπ | k ∈ Z par x 7→ tan(x). Elle est
2
1
impaire, π-périodique, continue et dérivable sur son domaine de définition, et tan0 = 1 + tan2 = 2
.
i π πh cos
D’où le tableau de variations suivant sur − ; :
2 2
π π
x − 0
2 2
*
 +∞

tan x 0
*

−∞

Et une dernière courbe peut-être moins bien connue :

0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

−2

−3

−4

−5
22 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

Démonstration. Encore une fois, tout 0 a été vu sauf la dérivée et les limites, qui se calculent facile-
sin cos (x) + sin2 (x)
2 1
ment. Par exemple, tan0 (x) = (x) = = en utilisant la formule de
cos cos2 (x) cos2 (x)
sin2 (x) 1
dérivation d’un quotient. Par ailleurs, 1 + tan2 (x) = 1 + = , d’où la deuxième forme
cos2 (x) cos2 (x)
possible.

1.5.3 Fonctions trigonométriques réciproques


h π πi
Définition 22. La fonction sin étant strictement croissante sur − , , elle y est bijective vers
2 2
l’intervalle image [−1; 1]. La fonction réciproque du sinus sur cet intervalle est appelée arcsinus et
notée arcsin.
Proposition 22. La fonction arcsin est impaire, définie et continue sur [−1; 1] et dérivable sur ]−1; 1[,
1
de dérivée arcsin0 (y) = p . Elle est strictement croissante sur son domaine de définition.
1 − y2

0
−1 0 1

−1

Démonstration. L’imparité et la croissance d’arcsin découlent de celles du sinus via le théorème de


la bijection. Pour la dérivée, appliquons la formule de dérivation d’une réciproque : arcsin0 (y) =
1 1 h π πi
= . La fonction arcsin étant à valeurs dans − ; , et le cosinus étant
sin0 (arcsin y) cos(arcsin y) p p2 2
positif sur cet intervalle, on a cos(arcsin y) = 1 − sin2 (arcsin y)) = 1 − y 2 , ce qui prouve la
formule.

Remarque 17. Le fait que sin(arcsin y) = y, utilisé dans la démonstration, n’est vrai
h πque si y ∈ [−1; 1]
πi
(sinon arcsin(y) n’existe pas). De même, arcsin(sin(x)) = x seulement si x ∈ − ; (mais cette
2 2
expression est définie quelle que soit la valeur de x).
Définition 23. La fonction cos est strictement décroissante sur [0; π], elle y est donc bijective vers
son intervalle image [−1; 1]. On définit la fonction arccosinus sur [−1; 1] (notée arccos) comme la
réciproque de cos sur cet intervalle.
Proposition 23. La fonction arccos est paire, continue sur [−1; 1] et dérivable sur ]−1; 1[, de dérivée
1
arccos0 (y) = − p . Elle est strictement décroissante sur son domaine de définition.
1 − y2
1.5. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET TRIGONOMÉTRIQUES RÉCIPROQUES 23

0
−1 0 1

Démonstration. La preuve est totalement similaire à la précédente.


π
Proposition 24. Pour tout réel y ∈ [−1; 1], arccos(y) + arcsin(y) = .
2
Démonstration. Notons g : y 7→ arccos(y) + arcsin(y). La fonction g est définie sur [−1; 1], dérivable
π
et de dérivée nulle sur ] − 1; 1[. Elle est donc constante égale à g(0) = arccos(0) + arcsin(0) = + 0 =
2
π
.
2
i π πh
Définition 24. La fonction tan est strictement croissante sur − ; , elle y effectue donc une
2 2
bijection vers son intervalle image R. La fonction arctangente est définie sur R comme sa réciproque,
on la note arctan.

Proposition 25. La fonction arctan est impaire, continue et dérivable sur R, de dérivée arctan0 (y) =
1 π π
. Elle est strictement croissante sur R, avec pour limites respectives − et en −∞ et +∞.
1 + y2 2 2

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

−2

Démonstration. Comme d’habitude, contentons-nous du calcul de la dérivée, qui est ici facile :
1 1 1
arctan0 (y) = 0 = 2 = .
tan (arctan y) (1 + tan )(arctan y) 1 + y2
24 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

1.6 Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques


Les fonctions hyperboliques sont de la même famille que les fonctions trigonométriques dans le
sens où elles ont une interprétation géométrique très similaire en remplaçant le cercle trigonométrique
par une hyperbole, ce qui explique le nom de ces fonctions. Je ne vous donnerai toutefois pas cette
interprétation immédiatement, car ces fonctions peuvent s’exprimer très simplement à partir d’une
autre fonction que vous connaissez bien, l’exeponentielle.

1.6.1 Fonctions hyperboliques


Définition 25. Les fonctions cosinus, sinus et tangente hyperbolique sont définies sur R par
ex + e−x ex − e−x sinh(x) ex − e−x
les équations suivantes : cosh(x) = ; sinh(x) = et tanh(x) = = x .
2 2 cosh(x) e + e−x

Remarque 18. Nous verrons quand nous reverrons les propriétés classiques des nombres complexes
que les formules d’Euler donnent une forme extrêmement similaires aux fonctions trigonométriques.
Par ailleurs, les fonctions trigonométriques interviennent naturelles dans le cadre de certains pro-
blèmes physiques simples : la courbe formée par un cable fixé en deux points et soumis à la force
gravitationnelle (cable téléphonique mal tendu entre deux poteaux, par exemple) est une courbe de
cosinus hyperbolique.

Proposition 26. Pour tout réel x, on a cosh2 (x) − sinh2 (x) = 1.


1
Démonstration. cosh2 (x) + sinh2 (x) = (e2x + e−2x + 2 − e2x − e−2x + 2) = 1.
4
Remarque 19. Il existe beaucoup d’autres formules de trigonométrie hyperbolique, ressemblant sou-
vent aux formules de trigonométrie classiques, nous en verrons quelques exemples en exercice.

Proposition 27. La fonction cosh est paire, la fonction sinh impaire. Les fonctions cosh et sinh sont
dérivables sur R et cosh0 = sinh ; sinh0 = cosh. Le cosinus hyperbolique est décroissant sur R− et
croissant sur R+ , alors que le sinus hyperbolique est croissant sur R. Les courbes sont les suivantes :

ch 4

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

−2

−3

sh −4

−5
1.6. FONCTIONS HYPERBOLIQUES ET HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 25

e−x + ex e−x − ex
Démonstration. Tout ceci est assez facile : cosh(−x) = = cosh x ; sinh(−x) = =
2 2
ex − e−x
− sinh x ; cosh0 (x) = = sinh x, et de même pour sinh0 . Quand aux signes, cosh est positive
2
comme somme de deux exponentielles, sinh est donc croissante et s’annule en 0, elle est donc négative
sur R− et positive sur R+ .

Proposition 28. La fonction tanh est impaire, dérivable sur R et de dérivée tanh0 = 1 − tanh2 =
1
. Elle est croissante sur R, et admet pour asymptotes horizontales les droites d’équation y = −1
cosh2
en −∞ et y = 1 en +∞. La courbe :

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

Démonstration. tanh est impaire comme quotient d’une fonction paire et d’une impaire. De plus,
cosh2 − sinh2 1
tanh0 = = = 1 − tanh2 . Les calculs de limites sont élémentaires, par exemple
cosh2 cosh2
ex (1 − e−2x ) 1 − e−2x
tanh(x) = x = , qui a bien pour limite 1 en +∞. On peut déduire la limite en
e (1 + e−2x ) 1 + e−2x
−∞ de l’imparité de la fonction.

1.6.2 Fonctions hyperboliques réciproques


Définition 26. La fonction sinh étant bijective de R dans R, on définit la fonction argument sinus
hyperbolique, ou Argsh, sur R comme étant sa réciproque.

Proposition 29. La fonction Argsh est impaire, continue et dérivable sur R, de dérivée Argsh0 (x) =
1
√ . Elle est strictement croissante sur R.
1 + x2

0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

−2

−3
26 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES

Démonstration. Comme d’habitude, le théorème de la bijection fournit une grande partie des ré-
sultats, et la formule de la dérivée d’une
q réciproque permet d’obtenir la dérivée : Argsh0 (x) =
1 √
. Or, cosh(Argsh(x)) = 1 + sinh2 (Argsh(x)) = 1 + x2 en utilisant la formule
cosh(Argsh(x)
sinh2 (x) − cosh2 (x) = 1.

Définition 27. La fonction cosh étant strictement croissante, donc bijective sur R∗+ , on peut définir
la fonction argument cosinus hyperbolique, ou Argch, sur [1; +∞[ comme sa réciproque.
Proposition 30. La fonction Argch est continue sur [1; +∞[ et dérivable sur ]1; +∞[, de dérivée
1
Argch0 (x) = √ . Elle est strictement croissante sur [1; +∞[.
2
x −1

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8

Démonstration. Démonstration tout à fait similaire à la précédente.

Définition 28. La fonction tanh étant bijective de R dans ] − 1; 1[, on définit la fonction argument
tangente hyperbolique, ou Argth, sur ] − 1; 1[ comme sa réciproque.
Proposition 31. La fonction Argth est impaire, continue et dérivable sur ] − 1; 1[, de dérivée
1
Argth0 (x) = . Elle est strictement croissante sur ] − 1; 1[.
1 − x2

0
−1 0 1
−1

−2

−3

−4

Démonstration. Ici aussi, la preuve est la même que dans le cas d’arctan, à un petit signe près dans
le calcul de la dérivée.
1.7. FORMULAIRE DE DÉRIVÉES À CONNAITRE 27

1.7 Formulaire de dérivées à connaitre


Pour terminer, un petit tableau récapitulatif des dérivées à savoir par coeur :

fonction dérivée Df Df 0 condition


c 0 R R c∈R
xn nxn−1 R R n ∈ N∗
1 n
− n−1 R∗ R∗ n ∈ N∗
xn x
xa axa−1 R+ R+ a>1
xa axa−1 R+ R∗+ 0<a<1
xa axa−1 R∗+ R∗+ a<0
ex ex R R
1
ln(x) R∗+ R∗+
x
ax ax ln a R R a>0
1
loga (x) R∗+ R∗+
x ln(a)
cos(x) − sin(x) R R
sin(x) cos(x) R R
1 nπ o nπ o
tan(x) 1 + tan2 (x) = R\ + πZ R\ + πZ
cos2 (x) 2 2
1
arcsin(x) √ [−1; 1] ] − 1; 1[
1 − x2
1
arccos(x) −√ [−1; 1] ] − 1; 1[
1 − x2
1
arctan(x) R R
1 + x2
sinh(x) cosh(x) R R
cosh(x) sinh(x) R R
1
tanh(x) 1 − tanh2 (x) = R R
cosh2 (x)
1
Argsh(x) √ R R
1 + x2
1
Argch(x) √ [1; +∞[ ]1; +∞[
2
x −1
1
Argth(x) ] − 1; 1[ ] − 1; 1[
1 − x2

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