Fonctions Usuelles
Fonctions Usuelles
Fonctions usuelles
Ce premier chapitre de l’année a pour principal objectif de constituer un catalogue des fonctions
que nous considérerons comme suffisamment classiques pour que leur maîtrise soit indispensable.
Certaines de ces fonctions ont déjà été étudiées au lycée (logarithme népérien et exponentielle ;
fonctions trigonométriques), les autres ne font intervenir aucune théorie supplémentaire, si ce n’est
la notion de bijection qui sera abordée en début de chapitre. On en profitera d’ailleurs pour donner
quelques notations sur les ensembles qui seront réutilisées en permanence tout au long de l’année, et
dont la maîtrise parfaite devra donc être immédiate.
Objectifs du chapitre :
• maîtrise de l’utilisation des quantificateurs ∃ et ∀ : compréhension d’un énoncé faisant intervenir
une succession de quantificateurs, capacité à donner la négation d’un énoncé quantifié.
• maîtrise des règles de calcul sur l’exponentielle, le logarithme et les puissances : résolution
d’équations se ramenant à du second degré, manipulation aisée des racines carrées.
• connaissance des dérivées et représentations graphiques des fonctions trigonométriques et hy-
perboliques, et de leurs réciproques (y compris limites et asymptotes).
1.1 Vocabulaire
1.1.1 Ensembles et logique
La logique est un domaine un peu à part au sein des mathématiques, essentiel à la construc-
tion même de l’ensemble de la théorie mathématique. À notre petit niveau, nous ne ferons rien de
bien compliqué, contentons-nous de considérer la logique comme une sorte de grammaire des ma-
thématiques. Pour bien comprendre le sens exact que l’on attribue à chaque énoncé que contient
un texte mathématique, il est important de s’appuyer sur des bases rigoureuses. En ce qui concerne
les ensembles, ils forment les briques élémentaires de la grande théorie des mathématiques qui est
en cours aujourd’hui. Tous les objets mathématiques que vous manipulerez cette année (y compris
les fonctions, ou même les nombres entiers par exemple) peuvent être vus comme des ensembles. Là
encore, rien de compliqué dans ce chapitre, simplement quelques définitions, que nous compléterons
dans un chapitre ultérieur.
Ensembles
Définition 1. Un ensemble est une collection d’objets mathématiques. Il peut être décrit en don-
nant la liste de tous ses éléments, mais sera plus souvent (notamment pour les ensembles infinis)
5
6 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
défini par une propriété commune de ces objets, par exemple [2; 3[= {x ∈ R | 2 6 x < 3}. Le symbole
∈ signifie « appartient à » et le symbole | signifie « tels que ». La notation entre accolades désigne
toujours un ensemble en mathématiques.
Définition 2. Deux ensembles E et F sont égaux s’ils contiennent exactement les même éléments.
L’ensemble F est inclus dans l’ensemble E si tout élément de F appartient aussi à E. On le note
F ⊂ E.
Méthode : Pour montrer que deux ensembles E et F sont égaux, on peut procéder par double
inclusion, c’est-à-dire prouver séparément le fait que E ⊂ F et F ⊂ E.
√ √
Remarque 1. Il ne faut pas confondre appartenance et inclusion. Ainsi, 7 ∈ [2; 3[, mais [π −1; 7] ⊂
[2; 3[.
Définition 3. L’ensemble ne contenant aucun élément, appelé ensemble vide, est noté ∅.
Quantificateurs et équivalences
Définition 4. Nous utiliserons tout au long de l’année dans nos énoncés de théorèmes et de pro-
positions les deux symboles suivants, appelés un peu pompeusement quantificateur existentiel et
quantificateur universel :
• le symbole ∃ signifie « il existe » ; ainsi, le fait qu’une fonction f s’annule sur l’intervalle [0; 1]
peut s’écrire plus mathématiquement ∃x ∈ [0; 1], f (x) = 0.
• le symbole ∀ signifie « quel que soit » ; ainsi, le fait qu’une fonction f soit nulle sur l’intervalle
[0; 1] s’écrit ∀x ∈ [0; 1], f (x) = 0. Notez bien la différence entre ces deux exemples, il est
évidemment essentiel de ne pas confondre les deux symboles.
Remarque 2. Dans les cas où a besoin de plusieurs quantificateurs pour exprimer une propriété (ça
arrive souvent), l’ordre dans lequel on les dispose est aussi très important. On les lit naturellement
de gauche à droite, ce qui donne par exemple :
• ∃x ∈ R, ∀y 6= x ∈ R, f (x) > f (y) signifie que f admet un maximum (global) en x (f (x) est
plus grand que toutes les autres images par f ).
• ∀y ∈ R, ∃x 6= y ∈ R, f (x) > f (y) signifie que f n’admet pas de maximum (quelle que soit la
valeur de y, on peut trouver un x ayant une image plus grande par f ).
En général, il faut retenir que, dans un énoncé commençant par ∀x, ∃y, la variable y dépend de x,
alors que dans le cas où l’énoncé stipule ∃y, ∀x, le y est universel, il doit fonctionner pour toutes les
valeurs de x possibles.
1.1.2 Fonctions
Le vocabulaire de base sur les fonctions étant supposé acquis au lycée, ce paragraphe est simple-
ment l’occasion d’énoncer certaines définitions essentielles à l’aide des quantificateurs. En particulier,
les définitions suivantes ne sont pas rappelées : image et antécédents d’un réel par une fonction, li-
mites, asymptotes, continuité, dérivée et lien entre le signe de la dérivée et le sens de variations de
la fonction. Tous ces points sont supposés maîtrisés sur le bout des doigts. Nous reviendrons sur les
notions de continuité et de dérivabilité (avec une approche beaucoup plus rigoureuse qu’au lycée)
ultérieurement.
Domaine de définition
Définition 6. Une fonction f : Df 7→ R est un objet mathématique associant à tout réel x
appartenant à un sous-ensemble Df de R, un réel y également noté f (x). L’ensemble Df est appelé
domaine de définition de la fonction f .
Méthode : Pour déterminer un domaine de définition, on fera notamment attention au trois pro-
blèmes suivants :
x+1
• annulation d’un dénominateur : si f (x) = 2 , alors Df = R\{−2; 2}.
√ x −4
• positivité sous une racine : si f (x) = 4 − 2x, alors Df =] − ∞; 2].
• stricte positivité sous un ln : si f (x) = ln(x2 − 9), alors Df =] − ∞; −3[∪]3; +∞[
Parité, périodicité
Définition 7. Une fonction f est paire si son domaine de définition est symétrique par rapport à 0
et ∀x ∈ Df , f (−x) = f (x). Elle est impaire si son domaine de définition est symétrique par rapport
à 0 et ∀x ∈ Df , f (−x) = −f (x).
Remarque 4. La condition sur la symétrie de l’ensemble de définition est nécessaire pour assurer que
−x appartienne toujours au domaine de définition de f .
Méthode : Pour prouver qu’une fonction est paire (ou impaire), on exprime f (−x) en fonction de
x et on essaie de le mettre sous une forme permettant de constater que f (−x) = f (x). Pour prouver
qu’une fonction n’est pas paire, il suffit de trouver un contre-exemple, donc une valeur de x pour
laquelle f (−x) 6= f (x). Attention tout de même, le fait que f (−2) = f (2) par exemple ne prouve
rien.
Proposition 1. La courbe représentative d’une fonction paire dans un repère orthogonal est sy-
métrique par rapport à l’axe (Oy) du repère. La courbe représentative d’une fonction impaire est
symétrique par rapport à l’origine 0 du repère.
Démonstration. Graphiquement, la parité s’exprime comme ceci : si un point A(x; f (x)), le point
A0 (−x, f (x)) appartiendra également à la courbe (et vice-versa). Or, A0 n’est autre que le symétrique
de A par rapport à l’axe (Oy). Le raisonnement est le même pour les fonctions impaires.
Définition 8. Une fonction f est périodique de période T si, quel que soit x appartenant à Df ,
x + T appartient à Df et f (x + T ) = f (x).
Remarque 5. Une fonction périodique possède plusieurs périodes différentes, puisque tout multiple
d’une période est également une période. Ainsi, la fonction cos est périodique de période 2π, mais
aussi 4π ou encore −56π. Il existe toutefois toujours une période qui sera la plus petite période
positive de la fonction f , et qu’on appelle par abus de langage la période de la fonction f .
Proposition 2. La courbe représentative d’une fonction f périodique de période T est invariante
→
−
par translation de vecteur T i .
Démonstration. Le point (x, f (x)) ayant pour image par cette translation le point (x + T, f (x)), c’est
une conséquence immédiate de la définition.
8 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
Monotonie
Définition 9. Une fonction réelle f est croissante (resp. décroissante) sur un intervalle I si,
∀(x, y) ∈ I 2 , x < y ⇒ f (x) 6 f (y) (resp. f (x) > f (y)). Je vous épargne les définitions de croissance
et décroissance stricte.
Définition 10. Une fonction réelle f admet un maximum (local) en x sur l’intervalle I si x ∈ I
et ∀y ∈ I, f (y) 6 f (x). On parle de maximum global si I = Df . On définit de même minimum
local et global.
Définition 11. Le réel m est un minorant de la fonction f sur l’intervalle I si ∀x ∈ I, f (x) > m.
De même, M est un majorant de f sur I si ∀x ∈ I, f (x) 6 M . On dit que f est bornée sur I si
elle y admet à la fois un majorant et un minorant.
Remarque 6. Un minorant n’est pas la même chose qu’un minimum. Par exemple, la fonction x 7→ x2
a pour minimum 0 sur R, mais elle est aussi minorée par −2, −15 et beaucoup d’autres valeurs. Une
fonction peut même être minorée sans avoir de minimum, par exemple la fonction inverse sur R∗+ .
Bijections
Définition 12. Une fonction f : I → J est une bijection de l’intervalle I dans l’intervalle J si tout
élément de J admet exactement un antécédent par la fonction f dans l’intervalle I.
Définition 13. Si f est une fonction bijective de I dans J, on appelle bijection réciproque de
f la fonction g : J → I qui, à un réel y appartenant à I, associe son unique antécédent x par la
fonction f . L’application g est alors une bijection de l’intervalle J dans l’intervalle I. On la note f −1 .
Exemple : La notion de réciproque est intuitivement simple, il s’agit simplement de créer une
fonction g qui « fait le contraire » de la fonction f . Mais pour cela, la condition sur l’unicité des
antécédents est indispensable, sinon on aura plusieurs possibilités pour la définition de la fonction g.
Un exemple que vous connaissez déjà est celui de la racine carrée, qui est la réciproque de la fonction
carré f : x 7→ x2 . Attention tout de même, la fonction f n’est pas une bijection de R dans R, puisque
les réels négatifs n’ont pas d’antécédent par f , mais que les réels strictement positifs en ont deux.
Par contre, cette même fonction f est bijective de R+ dans R+ . C’est pour cela que la racine carrée
est une fonction définie seulement sur R+ , à valeurs dans R+ (dans la définition de la racine carrée,
on précise bien qu’il s’agit d’un nombre positif).
Remarque 7. Pour tout x appartenant à I, on a f −1 (f (x)) = x ; pour tout x dans J, f (f −1 (x)) = x.
De plus, les représentations graphiques des fonctions f et f −1 dans un repère orthogonal sont des
courbes symétriques par rapport à la droite d’équation y = x.
Théorème 1. Soit f : I → J une fonction continue et strictement monotone. Alors f effectue une
bijection de I dans J. De plus, sa réciproque f −1 est également continue et strictement monotone,
de même monotonie que f .
Proposition 3. Soit f : I → J une bijection dérivable sur I et telle que ∀x ∈ I, f 0 (x) 6= 0, alors sa
1
bijection réciproque est dérivable sur J et ∀y ∈ J, (f −1 )0 (y) = 0 −1 .
f (f (y))
Exemple : Si on reprend l’exemple de la racine carrée, on trouve en utilisant le fait que (x2 )0 = 2x,
√ 1
la formule bien connue ( x)0 = √ .
2 x
s’appuiera à ce stade sur des résultats puissants que nous ne serons pas en mesure de démontrer :
existence d’une primitive à une fonction continue pour le logarithme, existence d’une solution à
une équation différentielle pour l’exponentielle. Nous commencerons avec le logarithme (c’est le plus
traditionnel) car les démonstrations sont plus faciles à enchaîner dans ce sens, mais je vous donnerai
également des définitions indépendantes de l’exponentielle.
Démonstration.
• Puisque tout ce que nous savons pour l’instant sur le logarithme est qu’il est une primitive
1
de , la démonstration va passer par une dérivation. Fixons donc une valeur de y > 0, et
x
posons g(x) = ln(xy) − ln(x) − ln(y). La fonction g est définie et dérivable sur ]0; +∞[, de
y 1
dérivée g 0 (x) = − = 0. La fonction g est donc constante sur R+∗ . Comme g(1) =
xy x
ln(y) − ln(1) − ln(y) = 0, on en déduit que ∀x > 0, ln(x + y) − ln(x) − ln(y) = 0, ce qui est
équivalent à notre propriété.
1 1
• En choisissant y = dans la formule précédente, on obtient ln(1) = ln(x)+ln , soit ln(x)+
x x
1 x 1
ln = 0, ce qui prouve le premier point. Il suffit ensuite d’écrire ln = ln x × =
x y y
1
ln(x) + ln = ln(x) − ln(y) pour obtenir le deuxième. La dernière formule se prouve, pour
y
les valeurs positives de n, par récurrence. Pour n = 0, ln(x0 ) = ln(1) = 0 = 0 × ln(x). Ensuite,
si on suppose vraie la proptiété au rang n, alors ln(xn+1 ) = ln(xn × x) = ln(xn ) + ln(x) =
n ln(x)+ln(x) = (n+1) ln(x), ce qui prouve
l’hérédité
de la propriété. Pour les valeurs négatives
1
de n, on écrit simplement ln(x−n ) = ln = − ln(xn ) = −n ln(x).
xn
• Sa dérivée étant strictement positive, c’est clair.
• La fonction étant croissante, elle admet nécessairement une limite (finie ou infinie) en +∞, il
suffit donc de prouver qu’elle n’est pas majorée pour obtenir une limite infinie. Or, en prenant
un x pour lequel ln(x) > 0 (par exemple x = 2), on a ln(xn ) = n ln(x), qui a pour limite +∞
lorsque n tend vers +∞. La fonction ne peut donc être majorée, et ln (x) = +∞. En posant
x→+∞
1
X = , on a alors lim ln(x) = − lim ln(X) = −∞.
x x→0 X→+∞
• La fonction ln étant continue et strictement croissante, et au vu des limites calculées précé-
demment, elle effectue une bijection de R+∗ vers R. Le nombre réel 1 admet donc un unique
antécédent par la fonction ln.
Ajoutons la courbe représentative de la fonction, que je couple avec celle de la fonction exponentielle
que nous allons maintenant aborder.
10 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
e^x 0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−2
ln(x)
−3
Démonstration.
• On peut appliquer le théorème de la bijection rappelé plus haut. La fonction exp est définie
sur R, à valeurs dans R+∗ , et de même monotonie que ln. De plus, sa dérivée est donnée par
1
exp0 (x) = 0 = exp(x).
ln (exp(x))
• Les limites découlent également du théorème de la bijection.
• Le but ici est d’utiliser les règles de calcul vues sur le logarithme. Notons a et b les antécédents
(uniques à chaque fois par bijectivité du ln) de x et y par la fonction ln, on peut écrire
exp(x + y) = exp(ln(a) + ln(b)) = exp(ln(ab)) = ab = exp(x) × exp(y). Comme ln(1) = 0,
on a par ailleurs exp(0) = 1, donc exp(x) × exp(−x) = exp(x − x) = 1, soit exp(−x) =
1
(on peut aussi revenir au logarithme pour démontrer cette formule). Ensuite, exp(nx) =
exp(x)
exp(n ln a) = exp(ln(an )) = an = (exp(x))n . En particulier, exp(n) = (exp(1))n = en , puisque
ln(e) = 1 ⇔ exp(1) = e.
1.2. LOGARITHMES ET EXPONENTIELLES 11
Définition 16. Soit a ∈ R∗+ \{1}, la fonction logarithme en base a est définie sur R+∗ par
ln x
loga (x) = .
ln a
Remarque 9. La fonction ln correspond en fait au logarithme en base e. Un autre logarithme est assez
fréquemment employé, le logarithme en base 10, aussi appelé logarithme décimal et noté simplement
log (c’est à cette fonction que correspond la touche log des calculatrices).
Démonstration.
• La fonction loga étant proportionnelle au logarithme népérien, elle est dérivable, de dérivée
1
log0a (x) = . Lorsque a > 1, ln(a) > 0, la fonction est donc strictement croissante, et les
x ln(a)
limites découlent de celles de la fonction ln par simple application des règles usuelles de calculs
de limites.
• Cette fois-ci, ln(a) < 0, ce qui explique à la fois le changement de sens de variation, et le
changement de signe des limites.
• Il suffit de reprendre chacune des formules pour le ln, et de diviser partout par ln(a), pour
obtenir les équivalents pour le logarithme en base a.
Pour finir, quelques exemples de courbes, qui ont la même allure que celle de la fonction ln :
ln(x)
2
1 log(x)
0
−1 0 1 2 3 4 5 6 7 8
−1
−2
ln(x)/ln(0.5)
−3
12 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
Exponentielles de base a
Définition 17. Soit a ∈ R+∗ \{1}, la fonction exponentielle en base a est définie sur R comme
la réciproque de la fonction loga . On la note expa .
Démonstration.
ln(ex ln(a) )
• En effet, loga (ex ln(a) ) = = x, donc ex ln(a) est bien l’unique antécédent de x par la
ln(a)
fonction loga .
• On peut au choix utiliser le théorème de la bijestion comme on l’a fait pour l’exponentielle, ou
simplement utiliser la formule explicite vue ci-dessus.
• Cf le point précédent.
• Là encore, on peut reprendre la méthode utilisée dans le cas de l’exponentielle, ou utiliser la
formule explicite. Par exemple, expa (x + y) = e(x+y) ln(a) = ex ln(a)+y ln(a) = ex ln(a) × ey ln(a) =
expa (x) × expa (y).
Remarque 10. En utilisant la notation introduite en fin de proposition précédente, on peut écrire
les règles de calcul sous une forme plus simple, par exemple ax+y = ax ay . Toutes ces formules
correspondent à des propriétés classiques de manipulation des puissances, qui se généralisent ainsi
sans difficulté à des exposants et des bases non entiers.
4
6^x e^x
3 2^x
0 (1/3)^x
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
1.3. FONCTIONS PUISSANCES 13
Définition 18. Soit x un nombre réel. Les puissances positives de x sont définies par récurrence :
x0 = 1 et ∀n ∈ N, xn+1 = xn × x. Lorsque x 6= 0, on peut également définir des puissances
1
négatives comme inverses des puissances positives : x−n = n . Les fonctions puissances x 7→ xn
x
sont donc définies sur R lorsque n > 0, et sur R∗ lorsque n < 0.
• Les fonctions puissances sont continues et dérivables sur leur domaine de définition, de dérivée
nxn−1 lorsque n 6= 0 (la dérivée de la fonction constante x0 étant nulle).
• Lorsque n est un entier pair strictement positif, la fonction puissance n est paire, décroissante
sur ] − ∞; 0] et croissante sur [0; +∞[. Elle a pour limite +∞ en −∞ et en +∞.
• Lorsque n est impair positif, la fonction est impaire, croissante sur R, de limites respectives
−∞ et +∞ en −∞ et en +∞.
• Lorsque n est pair strictement négatif, la fonction est paire, strictement croissante sur ] − ∞; 0[
et décroissante sur ]0; +∞[. De plus, lim xn = 0+ et lim xn = +∞.
x→±∞ x→0
• Lorsque n est impair négatif, la fonction est impaire, décroissante sur ] − ∞; 0[ et sur ]0; +∞[.
De plus, lim xn = 0 ; lim xn = −∞ et lim xn = +∞.
x→±∞ x→0− x→0+
Démonstration. Nous nous contenterons de démontrer la formule pour la dérivée, les limites étant
« évidentes » à ce stade de l’année (on reviendra sur ces calculs après avoir rigoureusement défini les
limites dans un chapitre ultérieur). Prouvons donc la formule quand n > 0 par récurrence, ce qui nous
donnera une occasion de réviser un peu la théorie de la dérivation. Pour n = 1, la fonction x 7→ x a
x+h−x
pour taux d’acroissement au point d’abscisse x l’expression τx (h) = = 1. Cette expression
h
ayant évidemment pour limite 1 quand h tend vers 0, la dérivée de la fonction x 7→ x est constante
égale à 1. Supposons désormais la formule vraie pour un certain entier n, et appliquons la formule de
défivation d’un produit à la fonction f : x 7→ xn+1 = xn ×x : f 0 (x) = nxn−1 ×x+xn ×1 = nxn +xn =
(n + 1)xn , ce qui prouve l’hérédité et achève la récurrence. Pour les puissances négatives, on peut
1 nxn−1 nxn−1
utiliser la dérivée d’un inverse. Si n > 0, x−n = n a pour dérivée − n 2 = − 2n = −nx−n−1 .
x (x ) x
La formule annoncée est donc toujours valable.
Vous commencez à avoir l’habitude, quelques petites courbes pour illustrer tout cela :
14 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
3
x^6
x^2
x^0
1
1/x^2
0
−3 −2 −1 0 1 2 3
1/x^5
1/x
−1
−2
x x^3
−3
Racines n-èmes
Définition 19. Soit n un entier pair strictement positif. On définit la fonction racine n-ème comme
√
la réciproque de la fonction puissance n sur l’intervalle [0; +∞[. On la note n x. Lorsque n est impair
strictement positif, on peut définir la fonction racine n-ème sur R puisque la puissance n est alors
bijective de R dans R. La notation reste la même.
√
Remarque 11. Lorsque n = 2, comme vous en avez l’habitude, on notera la racine carrée x.
Encore quelques exemples de courbes :
2
x^(1/2)
1
x^(1/10)
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
x^(1/3)
−2
Remarque 12. Cette définition prolonge bien celle donnée pour les puissances entières et les racines
n-èmes. Pour les puissances entières par exemple, on a vu que n ln x = ln(xn ), donc en ln x = xn .
Démonstration.
a a
• En effet, ea ln(x) se dérive comme une composée, et a pour dérivée ea ln(x) = ln(x) ea ln(x) =
x e
ae(a−1) ln(x) = axa−1 .
• En effet, la dérivée est alors positive. Les limites se calculent via les règles usuelles de calculs
de limites. Par exemple, lim a ln(x) = −∞, et par composition lim ea ln(x) = lim eX = 0.
x→0 x→0 X→−∞
• Même principe que ci-dessus.
1
• Vérifions : ea ln(x) = y est équivalent à a ln(x) = ln(y), soit ln(x) = ln(y) ou encore x =
1
a
e a ln(y) , ce qui prouve le proposition.
• Tout cela se vérifie aisément à l’aide des propriétés du logarithme et de l’exponentielle. Par
a ln(x) )
exemple, xa × xb = ea ln(x) × eb ln(x) = e(a+b) ln(x) = xa+b . De même, (xa )b = eb ln(e =
e ab ln(x) ab a
= x . Quant au 1 = 1, c’est une conséquence directe du fait que ln(1) = 0.
Remarque 13. La fonction puissance en base a est prolongeable par continuité en 0 en posant 0a = 0
lorsque a > 0. Si a > 1, sa dérivée est également prolongeable par 0 en 0 (cf les résultats de
croissance comparée), ce qui prouve que la courbe représentative de ces fonctions admet en 0 une
tangente verticale (on reviendra sur ce genre de calculs dans un chapitre ultérieur sur la dérivation.
Vous attendiez les courbes ? Il n’y en aura pas, les fonctions puissances quelconques ayant des allures
très similaires à celles des puissances entières et des racines n-èmes vues plus haut.
ax
• ∀a > 1, ∀b > 0, lim = +∞
x→+∞ xb
xb
• ∀b > 0, ∀c > 0, lim = +∞
x→+∞ (ln(x))c
ax
• ∀a > 1, ∀c > 0, lim = +∞
x→+∞ (ln(x))c
Autrement dit, on peut répartir de la façon suivante les fonctions usuelles en +∞, les croissances les
plus rapides se situant à droite :
1 √
(ln x) 2 ln x (ln x)2 (ln x)47 x x x2 x2436525 1, 2x 2x ex 12x
Démonstration. Toutes ces propriétés se ramènent à la plus simple des propriétés de croissance
ln(x)
comparée, à savoir que lim = 0, ce que nous ne pouvons pas prouver aisément avec notre
x→+∞ x
définition du logarithme.
ax ex ln(a) ln(x)
• Constatons par exemple que b = b ln(x) = ex ln(a)−b ln(x) = ex(ln(a)−b x ) . En admettant la
x e
limite précédente, l’exposant dans l’exponentielle a pour limite +∞ en +∞ (avec la condition
ax
a > 1), donc lim b = +∞.
x→+∞ x
xb
• La deuxième est exactement du même type en posant X = ln(x), puisqu’on a alors =
(ln(x))c
ebX ln(X)
c ln(X)
= eX(b−c X ) .
e
• La dernière découle des deux premières par un simple produit de limites.
Remarque 14. On peut déduire de ces résultats les autres propriétés suivantes :
• ∀a > 1, ∀n ∈ N, lim ax × xn = 0
x→−∞
• ∀b > 0, ∀c > 0, lim xb (ln x)c = 0.
x→0+
• Déterminons désormais les limites de f aux bornes de son ensemble de définition. Comme
1
lim ln(x) = −∞ (pas de forme indéterminée ici), lim f (x) = 0. De l’autre côté, comme
x→0 x+ x→0+
1
lim ln(x) = 0 (par croissance comparée), on a lim f (x) = e0 = 1. Il y a en particulier
x→+∞ x x→+∞
une asymptote horizontale d’équation y = 1 en +∞.
• Si on est courageux, on peut tenter de déterminer la présence d’une éventuelle tangente en
0 (où la fonction est prolongeable par continuité), en cherchant si f 0 y admet une limite.
Le calcul est loin d’être évident, mais on peut faire une factorisation ingénieuse : f 0 (x) =
ln(x)2
1 1 ln(x) ln(x)
− e x . En posant X = , X a pour limite −∞ quand x tend vers
x2 ln(x)2 ln(x) x
0, donc le produit X 2 eX tend vers 0 (c’est de la croissance comparée). La parenthèse restante
avec les inverses de ln tendant elle aussi manifestement vers 0, on en déduit que lim f 0 (x) = 0,
x→0
ce qui prouve l’existence d’une tanngente horizontale à la courbe en 0.
• On achève naturellement par une jolie courbe, en indiquant les tangentes connues :
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Nous débuterons cette partie de cours par un retour sur les bases de la trigonométrie, que vous
avez du voir de façon un peu éparpillée au collège, puis en seconde. Les démonstrations seront
volontairement brèves, puisque ces premiers paragraphes sont censés être constitués de révisions.
Définition 21. Le cercle trigonométrique, dans un repère orthonormé, est le cercle de centre O
(origine du repère) et de rayon 1. À tout réel x, on associe un point M du cercle trigonométrique
en parcourant le cercle sur une distance x à partir du point (1, 0), et x est appelé mesure en
− −−→
→
radians de l’angle orienté ( i , OM ). L’abscisse et l’ordonnée du point M associé à x sont appelées
respectivement cosinus et sinus de ce réel. On définit par ailleurs la tangente quand c’est possible,
π sin x
c’est à dire si x 6= + kπ, k ∈ Z, par tan x = . Pour une interprétation géométrique de la
2 cos x
tangente (expliquant d’ailleurs le nom de tangente), cf le dessin ci-dessous.
18 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
tan (x)
sin (x)
x
0
−1 0 cos (x) 1
−1
Remarque 15. Le repérage du cercle trigonométrique suppose le choix d’une orientation sur ce cercle.
On appelle sens trigonométrique (ou positif) le sens opposé à celui des aiguilles d’une montre.
π π π π 3π
x 0 √6 √4 3 2 π 2
3 2 1
cos x 1 2 √2 √2
0 −1 0
1 2 3
sin x 0 √2 2 1 0 −1
3
√2
tan x 0 3 1 3 k 0 k
π π
Démonstration. Pour les multiples de , il suffit de regarder le cercle trigonométrique. Pour , on
2 4
obtient les valeurs facilement en se plaçant dans un demi-carré de côté 1 (en revenant à la définition
purement géométrique du cosinus et du √ sinus dans les triangles rectangles, que vous avez vue au
collège). La diagonale a pour√longueur 2, donc le cosinus comme le sinus de chacun des deux angles
π 1 2 π π
de mesure valent √ = . Pour et , on se place dans un demi-triangle équilatéral de côté
4 2 2 3 6 √
1 3
1. Les longueurs des trois côtés sont donc 1 ; et (un petit coup de théorème de Pythagore),
2 2
dont on déduit sans difficulté les valeurs des lignes trigonométriques.
Formules trigonométriques
Démonstration.p Soit M le point associé à x sur le cercle trigonométrique. La distance OM , qui vaut
1, est égale à cos2 x + sin2 x, ce qui élevé au carré donne notre égalité.
Les formules suivantes sont toutes à connaitre parfaitement et surtout à ne pas confondre les unes
avec les autres. Nous verrons un peu plus tard comment les retenir plus facilement à l’aide des
exponentielles complexes.
Méthode : Ces formules permettent de calculer les valeurs exactes des lignes trigonométriques
π
d’angles qui peuvent s’exprimer comme sommes ou différences d’angles classiques, par exemple :
√ √ 12
π π π π π π π π 6+ 2
on utilise le fait que = − , donc cos = cos cos + sin sin = . De même,
√ √ 12
√ 3√ 4 √ 12 3 4 3 4 4
π 3 2 1 2 6− 2
sin = . − . = .
12 2 2 2 2 4
Proposition 17. Formules de duplication :
• cos(2a) = cos2 a − sin2 a = 2 cos2 a − 1 = 1 − 2 sin2 a
• sin(2a) = 2 cos a sin a
• cos(3a) = 4 cos3 a − 3 cos a
• sin(3a) = 3 sin a − 4 sin3 a
20 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
Démonstration. Ce ne sont que des cas particuliers des formules d’addition, mais il est bon de
bien les connaitre. Pour obtenir cos(3a), on applique la formule d’addition à a et 2a : cos(3a) =
cos(2a) cos a − sin(2a) sin a = 2 cos3 a − cos a − 2 cos a sin2 a = 2 cos3 a − cos a − 2 cos a(1 − cos2 a) =
4 cos3 a − 3 cos a.
Remarque 16. On peut calculer les valeurs de cos(na) et sin(na) de proche en proche de cette manière,
mais on verra une méthode plus efficace utilisant les nombres complexes.
Proposition 18. Transformations de sommes en produits (et vice versa) :
1
• cos a cos b = (cos(a + b) + cos(a − b))
2
1
• sin a cos b = (sin(a + b) + sin(a − b))
2
1
• sin a sin b = (cos(a − b) − cos(a + b))
2
p+q p−q
• cos p + cos q = 2 cos cos
2 2
p+q p−q
• cos p − cos q = −2 sin sin
2 2
p+q p−q
• sin p + sin q = 2 sin cos
2 2
p+q p−q
• sin p − sin q = 2 cos sin
2 2
Démonstration. Rien de compliqué, par exemple cos(a + b) + cos(a − b) = cos a cos b − sin a sin b +
cos a cos b + sin a sin b = 2 cos a cos b. On obtient de même les deux formules suivantes, puis les
quatre dernières s’obtiennent directement en partant du membre de droite et en utilisant les trois
premières.
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
Démonstration. La périodicité et la parité découlent des propriétés cos(x + 2π) = cos x et cos(−x) =
cos x. Le calcul de dérivée peut s’effectuer en revenant au taux d’accroissement et en utilisant des
encadrements exploitant la définition géométrique des lignes trigonométriques, nous verrons cette
démonstration en exercice.
1.5. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET TRIGONOMÉTRIQUES RÉCIPROQUES 21
Proposition 20. La fonction sinus est définie sur R par x 7→ sin(x). Elle est impaire, 2π-périodique,
continue et dérivable, sa dérivée est la fonction cosinus, et voici son tableau de variations sur [−π; π] :
π π
x −π − 0 π
2 2
1 H
*
Hj
sin x 0 0 H
0
HH *
jH
−1
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
−2
−3
−4
−5
22 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
Démonstration. Encore une fois, tout 0 a été vu sauf la dérivée et les limites, qui se calculent facile-
sin cos (x) + sin2 (x)
2 1
ment. Par exemple, tan0 (x) = (x) = = en utilisant la formule de
cos cos2 (x) cos2 (x)
sin2 (x) 1
dérivation d’un quotient. Par ailleurs, 1 + tan2 (x) = 1 + = , d’où la deuxième forme
cos2 (x) cos2 (x)
possible.
0
−1 0 1
−1
Remarque 17. Le fait que sin(arcsin y) = y, utilisé dans la démonstration, n’est vrai
h πque si y ∈ [−1; 1]
πi
(sinon arcsin(y) n’existe pas). De même, arcsin(sin(x)) = x seulement si x ∈ − ; (mais cette
2 2
expression est définie quelle que soit la valeur de x).
Définition 23. La fonction cos est strictement décroissante sur [0; π], elle y est donc bijective vers
son intervalle image [−1; 1]. On définit la fonction arccosinus sur [−1; 1] (notée arccos) comme la
réciproque de cos sur cet intervalle.
Proposition 23. La fonction arccos est paire, continue sur [−1; 1] et dérivable sur ]−1; 1[, de dérivée
1
arccos0 (y) = − p . Elle est strictement décroissante sur son domaine de définition.
1 − y2
1.5. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET TRIGONOMÉTRIQUES RÉCIPROQUES 23
0
−1 0 1
Proposition 25. La fonction arctan est impaire, continue et dérivable sur R, de dérivée arctan0 (y) =
1 π π
. Elle est strictement croissante sur R, avec pour limites respectives − et en −∞ et +∞.
1 + y2 2 2
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−2
Démonstration. Comme d’habitude, contentons-nous du calcul de la dérivée, qui est ici facile :
1 1 1
arctan0 (y) = 0 = 2 = .
tan (arctan y) (1 + tan )(arctan y) 1 + y2
24 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
Remarque 18. Nous verrons quand nous reverrons les propriétés classiques des nombres complexes
que les formules d’Euler donnent une forme extrêmement similaires aux fonctions trigonométriques.
Par ailleurs, les fonctions trigonométriques interviennent naturelles dans le cadre de certains pro-
blèmes physiques simples : la courbe formée par un cable fixé en deux points et soumis à la force
gravitationnelle (cable téléphonique mal tendu entre deux poteaux, par exemple) est une courbe de
cosinus hyperbolique.
Proposition 27. La fonction cosh est paire, la fonction sinh impaire. Les fonctions cosh et sinh sont
dérivables sur R et cosh0 = sinh ; sinh0 = cosh. Le cosinus hyperbolique est décroissant sur R− et
croissant sur R+ , alors que le sinus hyperbolique est croissant sur R. Les courbes sont les suivantes :
ch 4
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−2
−3
sh −4
−5
1.6. FONCTIONS HYPERBOLIQUES ET HYPERBOLIQUES RÉCIPROQUES 25
e−x + ex e−x − ex
Démonstration. Tout ceci est assez facile : cosh(−x) = = cosh x ; sinh(−x) = =
2 2
ex − e−x
− sinh x ; cosh0 (x) = = sinh x, et de même pour sinh0 . Quand aux signes, cosh est positive
2
comme somme de deux exponentielles, sinh est donc croissante et s’annule en 0, elle est donc négative
sur R− et positive sur R+ .
Proposition 28. La fonction tanh est impaire, dérivable sur R et de dérivée tanh0 = 1 − tanh2 =
1
. Elle est croissante sur R, et admet pour asymptotes horizontales les droites d’équation y = −1
cosh2
en −∞ et y = 1 en +∞. La courbe :
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
Démonstration. tanh est impaire comme quotient d’une fonction paire et d’une impaire. De plus,
cosh2 − sinh2 1
tanh0 = = = 1 − tanh2 . Les calculs de limites sont élémentaires, par exemple
cosh2 cosh2
ex (1 − e−2x ) 1 − e−2x
tanh(x) = x = , qui a bien pour limite 1 en +∞. On peut déduire la limite en
e (1 + e−2x ) 1 + e−2x
−∞ de l’imparité de la fonction.
Proposition 29. La fonction Argsh est impaire, continue et dérivable sur R, de dérivée Argsh0 (x) =
1
√ . Elle est strictement croissante sur R.
1 + x2
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−2
−3
26 CHAPITRE 1. FONCTIONS USUELLES
Démonstration. Comme d’habitude, le théorème de la bijection fournit une grande partie des ré-
sultats, et la formule de la dérivée d’une
q réciproque permet d’obtenir la dérivée : Argsh0 (x) =
1 √
. Or, cosh(Argsh(x)) = 1 + sinh2 (Argsh(x)) = 1 + x2 en utilisant la formule
cosh(Argsh(x)
sinh2 (x) − cosh2 (x) = 1.
Définition 27. La fonction cosh étant strictement croissante, donc bijective sur R∗+ , on peut définir
la fonction argument cosinus hyperbolique, ou Argch, sur [1; +∞[ comme sa réciproque.
Proposition 30. La fonction Argch est continue sur [1; +∞[ et dérivable sur ]1; +∞[, de dérivée
1
Argch0 (x) = √ . Elle est strictement croissante sur [1; +∞[.
2
x −1
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Définition 28. La fonction tanh étant bijective de R dans ] − 1; 1[, on définit la fonction argument
tangente hyperbolique, ou Argth, sur ] − 1; 1[ comme sa réciproque.
Proposition 31. La fonction Argth est impaire, continue et dérivable sur ] − 1; 1[, de dérivée
1
Argth0 (x) = . Elle est strictement croissante sur ] − 1; 1[.
1 − x2
0
−1 0 1
−1
−2
−3
−4
Démonstration. Ici aussi, la preuve est la même que dans le cas d’arctan, à un petit signe près dans
le calcul de la dérivée.
1.7. FORMULAIRE DE DÉRIVÉES À CONNAITRE 27