Expropriation à Djibouti : Cadre légal
Expropriation à Djibouti : Cadre légal
com Djibouti
Djibouti
Art.1.- L’expropriation pour cause d’utilité publique en République de Djibouti s’opère par
autorité de justice.
Art.2.- La faculté d’exercer le droit d’expropriation résulte pour la puissance publique (État,
commune, ou pour tout établissement public et société ou particulier concessionnaire de
services ou de travaux publics à qui ce droit a été expressément délégué), d’une loi, d’un
décret ou d’un arrêté pris en Conseil des ministres, déclarant d’utilité publique les opérations
ou travaux à entreprendre, tels que : constructions de routes, chemins de fer ou ports ; travaux
urbains ; installations de services publics ; travaux militaires ; aménagement, de centres
agricoles ou de réserves naturelles ; protection de site ou monuments ; travaux de recherche
ou d’aménagement de points d’eau, d’irrigation, d’assainissement ; distribution d’énergie ;
travaux de triangulation, d’arpentage, de nivellement et de pose de bornes, etc..
Une enquête administrative précède toujours l’acte portant déclaration d’utilité publique.
La forme et la durée de cette enquête sont fixées par arrêté du ministre chargé des Domaines,
pris en Conseil des ministres.
L’acte déclaratif d’utilité publique peut désigner immédiatement les propriétés atteintes et
tient lieu alors d’arrêté de cessibilité sous réserve qu’aient été observées les formalités
prescrites au titre suivant.
Art.3.- Les ingénieurs ou autres gens de l’art chargés de l’exécution des travaux lèvent le plan
parcellaire des terrains ou des édifices dont la cession leur parait nécessaire.
Art.4.- Le plan desdits terrains reste déposé pendant huit jours aux bureaux du commissaire
de la République du district dans le ressort duquel se situent les terrains afin que chacun
puisse en prendre connaissance.
Ce plan doit indiquer, pour chaque parcelle expropriée, le nom du propriétaire porté au
registre foncier, s’il concerne des immeubles immatriculés ou, dans le cas contraire, le nom du
propriétaire notoire ou présumé. Si le propriétaire est inconnu, il en est fait mention.
Art.5.- Le délai fixé à l’article précédent, court à dater de l’avertissement qui est donné
collectivement aux parties intéressées de prendre communication du plan déposé aux bureaux
du district. Cet avertissement est publié par les moyens habituels et affiché aux emplacements
réservés aux placards administratifs.
Il est inséré au journal officiel ou dans un journal habilité à publier les annonces légales.
Art.7.- A l’expiration du délai de huitaine, une commission se réunit aux bureaux du district,
suivant la situation des biens, en vue de formuler un avis sur les propriétés à exproprier.
Cette commission est composée d’un délégué du ministre chargé des Domaines et de six
membres, qui sont :
1) le commissaire du district ;
2) un représentant du service des Domaines ;
3) un représentant du ministère des Travaux publics, choisi autant que possible parmi ceux
qui sont chargés de l’exécution des travaux ;
Dans les districts autres que celui de Djibouti, le commissaire de District pourra être désigné
comme délégué du ministre. Il présidera alors la commission dont le nombre des membres
sera réduit à cinq.
Les propriétaires des immeubles à exproprier et les titulaires de droits réels sur les mêmes
immeubles ne peuvent être appelés à faire partie de la commission.
La commission ne peut délibérer valablement que si quatre, au moins, de ses membres sont
présents, dont un contribuable. En cas de partage des voix, celle du président est
prépondérante.
Art.8.- La commission reçoit, pendant huit jours, les observations des propriétaires.
Elle les appelle lorsqu’elle le juge convenable, sans toutefois que les délais impartis à ses
délibérations puissent se trouver prolongés de ce fait.
Ses opérations doivent être terminées dans le délai de dix jours : après quoi, le procès-verbal
est adressé immédiatement au ministre chargé des Domaines.
Dans le cas où lesdites opérations n’auraient pas été menées à la fin dans le délai prévu, le
président de la commission devra, dans les trois jours, transmettre au ministre chargé des
Domaines son procès-verbal et les documents recueillis.
Dans les trois jours suivants, le président de la commission transmet toutes les pièces au
ministre chargé des Domaines.
Art.11.- Les dispositions des articles 7,8 et 9 ne sont pas applicables au cas où l’expropriation
serait demandée par le district de Djibouti dans un intérêt strictement communal et en matière
de petite voirie.
Dans ce cas, le procès-verbal prescrit par l’article 6 est transmis au ministre chargé des
Domaines avec l’avis de la commission municipale par le commissaire de la République du
district de Djibouti.
Art.12.- Lorsque l’administration est en mesure, avant même la déclaration d’utilité publique,
de déterminer les parcelles à exproprier et de dresser le plan conformément à l’article 3,
l’enquête déterminant les propriétés à exproprier peut être faite sans attendre la déclaration
d’utilité publique. Mais l’arrêté de cessibilité est ajourné jusqu’à cette déclaration.
Art.13.- Si des biens de mineurs, d’interdits, d’absents ou autres incapables sont compris dans
les plans déposés ou dans les modifications qui y ont été apportées, les tuteurs, ceux qui ont
été envoyés en possession provisoire, et tous représentants des incapables peuvent, après
autorisation du tribunal donnée sur simple requête en la Chambre du conseil, le ministère
public entendu, consentir amiablement à l’aliénation desdits biens .
Le tribunal ordonne les mesures de conservation ou de remploi qu’il juge nécessaire. Ces
dispositions sont applicables aux immeubles dotaux.
Le Ministre chargé des Domaines pourra, si des immeubles du domaine privé sont compris
dans les plans d’expropriation, en prononcer l’aliénation par arrêté en Conseil des ministres.
A défaut de convention amiables, soit avec les propriétaires des terrains ou bâtiments dont la
cession est reconnue nécessaire, soit avec ceux qui les représentent, le ministre chargé des
Domaines, sur la demande qui lui en est faite par l’administration expropriante, transmet au
président du tribunal dans le ressort duquel les biens sont situés, la loi, le décret ou la décision
administrative qui prononce la déclaration d’utilité publique et l’arrêté de cessibilité.
Art.14.- Dans les trois jours, et sur la production des pièces constatant que les formalités
prescrites par l’article 2 et par le titre III de la présente loi ont été remplies, le président du
tribunal ou le juge délégué prononce, par ordonnance, l’expropriation pour cause d’utilité
publique des terrains ou bâtiments indiqués dans l’arrêté de cessibilité .
Cette ordonnance est déposée en minute au greffe du tribunal, qui en délivre les grosses et
expéditions nécessaires.
Art.15.- Si, dans l’année de l’arrêté du ministre chargé des Domaines, l’administration n’a
pas poursuivi l’expropriation, tout propriétaire dont les terrains sont inclus dans l’arrêté peut
présenter requête au président du tribunal. Cette requête est communiquée dans les trois jours
par le président au ministre.
Si, l’administration entend poursuivre l’expropriation, le ministre chargé des Domaines doit,
dans le plus bref délai, envoyer les pièces au président qui statue dans les trois jours .
Si, l’administration renonce à poursuivre l’expropriation elle doit faire connaître son intention
aux parties intéressées dans le délai de trois mois, faute de quoi elle est considérée comte y
ayant renoncé
Dans le cas prévu au paragraphe précédent, les intéressés peuvent obtenir du tribunal de
première instance, une indemnité qui ne pourra excéder 1.000.000 FDJ pour le préjudice
qu’ils justifieraient leur avoir été causé par l’engagement de la procédure d’expropriation.
Art.16.- Lorsque les propriétaires à exproprier consentent à la cession, sans qu’il y ait accord
sur le prix, le président du tribunal ou le juge délégué donne acte du consentement et renvoie
les intéressés devant la commission d’évaluation, sans qu’il soit besoin de prendre
l’ordonnance d’expropriation ni de s’assurer que les formalités prescrites par le titre III ont été
remplies.
Art.17.- L’ordonnance est publiée par les moyens habituels et affichée en extrait aux
emplacements réservés aux placards administratifs, dans le district du lieu de situation des
biens.
Elle est en outre notifiée aux propriétaires intéressés et insérée au Journal officiel ou dans un
journal habilité à publier les annonces légales.
Art.19.- Les actions en résolution, en revendication et toutes autres actions réelles ne peuvent
arrêter l’expropriation ni en empêcher l’effet. Le droit des réclamants est transporté sur le prix
et l’immeuble en demeure affranchi.
Les créanciers inscrits n’ont, en aucun cas, la faculté de surenchérir mais ils peuvent exiger
que l’indemnité soit fixée conformément aux dispositions du titre V.
Art.20.- Les règles fixées par les articles 17,18 et 19, pour l’ordonnance du président, sont
applicables dans les cas de conventions amiables passées entre l’administration et les
propriétaires.
Cependant, l’administration peut, sauf le droit des tiers, payer sans accomplir ces formalités,
les acquisitions dont la valeur ne s’élève pas au dessus de 500.000 FD.
Aucun retard ne peut être apporté à la procédure de l’expropriation, du fait des droits réels
inscrits au titre foncier, les titulaires n’étant admis à faire valoir leurs droits que dans les
formes déterminées par le titre V du présent texte.
Art.21.- L’ordonnance ne peut être attaquée que par voie du recours en annulation devant la
Chambre d’appel de la Cour judiciaire de Djibouti, et seulement pour incompétence, excès de
pouvoir ou vice de forme.
Le recours aura lieu au plus tard dans les trois jours à dater de la notification de l’ordonnance
par déclaration au greffe du tribunal ; il est notifié dans la huitaine, soit à la partie, soit au
ministre chargé des Domaines, au commissaire du District où les biens sont situés ou au
représentant de l’établissement public intéressé, selon la nature des travaux, le tout à peine de
déchéance.
Dans la quinzaine qui suit la notification du recours, les pièces sont adressées à la Chambre
d’appel de la Cour judiciaire qui statue dans le délai d’un mois à compter de leur réception.
L’arrêt, s’il est rendu par défaut, à l’expiration de ce délai, ne sera pas susceptible
d’opposition.
Art.22.- Dans la huitaine qui suit la notification prescrite par l’article 17, le propriétaire est
tenu d’appeler et de faire connaître à l’administration les fermiers, les locataires, les titulaires
de droits d’usufruit, d’habitation ou d’usage et ceux qui peuvent réclamer des servitudes
résultant des titres mêmes du propriétaire ou d’autres actes dans lesquels il serait intervenu ;
sinon, il restera seul chargé envers eux des indemnités que ces derniers pourront réclamer.
Les autres intéressés seront en demeure de faire valoir leurs droits par l’avertissement prévu à
l’article 5 et tenus de se faire connaître à l’administration dans le même délai de huitaine, à
défaut de quoi ils seront déchus de tous droits à indemnité.
Art.23.- Les dispositions du présent texte relatives aux propriétaires et à leurs créanciers sont
applicables à l’usufruitier et à ses créanciers.
Art.24.- En même temps qu’est faite la notification de l’ordonnance telle que prévue à
l’article 17, l’administration invite le propriétaire à fixer, dans la quinzaine, par mémoire et
avec toutes justifications à l’appui, les sommes qu’il demande à titre d’indemnité d’éviction.
La même invitation est adressée aux intéressés que le propriétaire a fait connaître,
conformément au paragraphe 1 de l’article 22 et à ceux qui ont fait valoir leurs droits,
conformément au paragraphe 2 du même article.
Les expropriés notifient directement à l’administration expropriante leur mémoire, par exploit
d’huissier ou sous pli recommandé avec avis de réception.
Art.25.- Les femmes mariées sous le régime dotal assistées de leur mari, les tuteurs, ceux qui
ont été envoyés en possession provisoire des biens d’un absent et autres personnes qui
représentent les incapables, peuvent valablement présenter leurs demandes d’indemnités dans
les formes prescrites aux expropriés eux-mêmes. Il en est de même pour le ministre chargé
des Domaines pour l’expropriation des biens appartenant à l’État ou à un district.
Art.26.- Le délai de quinzaine fixé par l’article 24 est porté un mois dans tous les cas prévus à
l’article 25.
Art.27.- Dans le mois qui suit la présentation des demandes par les propriétaires et autres
intéressés, l’administration expropriante est tenue de déclarer son acceptation ou son refus. Si
elle n’accepte pas, ou si les propriétaires et autres intéressés n’ont pas présenté leur demande
dans les délais prescrits, l’administration expropriante les cite devant la commission arbitrale
d’évaluation pour qu’il soit procédé au règlement des indemnités de la manière indiquée au
chapitre suivant. La citation contient l’énoncé des propositions qui seront soumises à la
commission.
Art.28 - L’indemnité est fixée par une commission arbitrale d’évaluation siégeant au chef lieu
du district.
Le magistrat président est désigné au début de l’année par le ministre de la Justice, qui
désigne également un magistrat suppléant.
Les deux fonctionnaires sont, d’une part, le chef du service de Domaines ou son délégué ;
d’autre part, un fonctionnaire choisi par le ministre de la Justice sur une liste dressée au début
de l’année par le ministre chargé des Domaines. Ce dernier fonctionnaire est choisi autant que
possible, en dehors de l’administration expropriante.
Le notaire est désigné, au début de l’année, par le ministre de la Justice, qui désigne
également un suppléant.
Le représentant de la propriété privée est choisie, ainsi qu’un ou plusieurs suppléants, par le
ministre de la Justice sur une liste dressée au début de l’année par le tribunal civil siégeant en
Chambre du conseil ; cette liste est établie d’après les listes présentées par la chambre de
Commerce.
Peuvent seuls être inscrits sur ces listes les citoyens djiboutiens qui satisfont aux conditions
requises pour faire partie d’un jury criminel et qui sont inscrits au rôle d’impôt foncier ou qui
justifient devoir y être inscrits.
Un secrétaire est désigné par le ministre chargé des Domaine parmi les fonctionnaires en
service dans son administration.
Le ministre de la Justice peut, s’il en est besoin, sur requête présentée par l’administration
expropriante, renouveler la composition de la commission pour chaque opération.
Si l’organisation judiciaire de l’État ou le nombre de magistrats présents sur son territoire peut
avoir pour effet de faire déférer, le cas échéant, en appel ou en annulation, les décisions de la
commission arbitrale à une juridiction obligatoirement présidée par le magistrat chargé de la
présidence de ladite commission, cette présidence peut être confiée, par décision du Premier
ministre, sur proposition du ministre de la Justice, à un fonctionnaires de l’ordre administratif.
Le ministre chargé des Domaines en convoque les membres et notifie aux parties intéressées,
huit jours au moins à l’avance, le jour et le lieu de la réunion.
La commission statue sur mémoire. Les parties peuvent développer les arguments du mémoire
par mandataire muni d’un pouvoir régulier ou par le ministère d’un avocat-défenseur.
Est nulle et de nul effet toute convention entre les parties ayant pour objet de régler les
honoraires dus à ces derniers, lorsqu’elle a pour base le partage, à un titre quelconque, de
l’indemnité allouée par la commission.
La commission peut entendre toutes les personnes qu’elle croit pouvoir l’éclairer et
notamment les fonctionnaires des services financiers. Elle peut également se transporter sur
les lieux ou déléguer à cet effet un de ses membres.
Lorsqu’une majorité ne peut se former sur le chiffre, le président fixe l’indemnité ; sa décision
constitue la décision de la commission.
Art.32.- La commission arbitrale prononce des indemnités distinctes en faveur des parties qui
les réclament à des titres différents, comme propriétaires, fermiers, locataires, usagers et
autres intéressés dont il est parlé à l’article 22.
Il en est de même lorsqu’une partie demande des indemnités à des titres différents.
Dans le cas d’usufruit, une seule indemnité est fixée par la commission, eu égard à la valeur
totale de l’immeuble ; le nu-propriétaire et l’usufruitier exercent leurs droits sur le montant de
l’indemnité au lieu de les exercer sur la chose.
L’usufruitier est tenu de donner caution ; les père et mère ayant l’usufruit légal en sont seuls
dispensés.
Lorsqu’il y a litige sur le fond du droit ou sur la qualité des réclamants, et toutes les fois qu’il
s’élève des difficultés étrangères à la fixation du montant de l’indemnité, la commission règle
l’indemnité indépendamment de ces litiges et difficultés, sur lesquels les parties sont
renvoyées à se pourvoir devant qui de droit.
Art.33.- Si l’indemnité réglée par la commission arbitrale n’est pas inférieure à la demande
des parties, l’administration est condamnée aux dépens.
Si l’indemnité ne dépasse pas les propositions de l’administration, les parties qui ne les auront
pas acceptées par écrit, avant la délibération de la commission, sont condamnées aux dépens.
Si l’indemnité est à la fois inférieure à la demande des parties et supérieure aux propositions
de l’administration, les dépens seront compensés, de manière à être supportés par les parties et
par l’administration, dans la proportion de ces demandes et propositions.
Tout intéressé qui ne se trouve pas dans un cas visé à l’article 25 est condamné aux dépens,
quelle que soit l’estimation de la commission, s’il n’a pas présenté de demande conformément
aux dispositions de l’article 24.
En aucun cas, la part des dépens mise à la charge de l’exproprié ne peut excéder le montant de
l’indemnité allouée à ce dernier, le surplus reste à la charge de l’administration expropriante.
Art.34.- La décision de la commission arbitrale est signée du président, qui la lit, la déclare
exécutoire, statue sur les dépens et, sous réserve de ce qui est dit à l’article 15, envoie
l’administration en possession de la propriété, à charge pour elle de se conformer aux
dispositions des articles 43, 44 et 45.
Art.35.- Le président de la commission taxe les frais et dépens qui doivent être payés par
l’administration et par les expropriés, dans les conditions stipulées à l’article 33.
La taxe ne doit pas comprendre les frais d’actes ou autres qui auront été faits antérieurement à
l’invitation faite par l’administration aux intéressés conformément à l’article 24.
Les frais seront avancés par la partie qui demande le constat et arbitrés par le tribunal civil
statuant sur le fond.
Le tribunal statue sans procédure orale sur le vu des mémoires et documents produits par
chaque partie. Les parties peuvent, toutefois, développer les arguments du mémoire, soit par
elles-mêmes, soit par mandataire muni d’un pouvoir régulier, soit par le ministère d’ut avocat
défenseur.
Le mémoire de l’appelant doit être déposé, dans les quinze jours de l’appel, au greffe du
tribunal en double exemplaire, dont l’un est notifié immédiatement à l’intimé par lettre
recommandée du greffier avec accusé de réception.
Dans les quinze jours de cette notification, l’intimé doit, de son côté, déposer au greffe du
tribunal son mémoire en réponse, établi en double exemplaire, dont l’un est notifié à
l’appelant, dans les conditions prévues au paragraphe précédent.
Ces mémoires peuvent être signés, soit par la partie elle-même, soit par un mandataire muni
d’un titre régulier, soit par un avocat défenseur.
Si le tribunal estime une expertise nécessaire, il y est procédé par un seul expert, ainsi que
pour toute expertise à laquelle peut donner lieu l’application du présent texte. A défaut
d’entente entre les parties, l’expert est nommé par le président du tribunal civil. L’expert doit
déposer son rapport dans le délai fixé par le président du tribunal et qui, sauf circonstance
exceptionnelle, ne peut être supérieur à un mois. L’expert qui ne dépose pas son procès-verbal
dans le délai fixé est aussitôt remplacé.
Le tribunal doit rendre sa décision dans les vingt jours du dépôt du mémoire en réponse. Il
peut toujours, s’il le juge utile, demander aux parties des renseignements écrits ou la
production de pièces justificatives.
Le tribunal statue en dernier ressort. Le jugement est notifié par écrit à la requête de la partie
la plus diligente.
Sa décision ne peut être attaquée que par la voie du recours en annulation devant la cour
d’Appel dans les conditions, formes et délais prévus à l’article 21.
Art.37.- La commission arbitrale est juge de la sincérité des titres et de l’effet des actes qui
seraient de nature à modifier l’évaluation de l’indemnité.
Toute pièce produite par une partie devant la commission peut, sur la réquisition de l’autre
partie, ou d’office par le président de la commission, être retenue pour être ensuite, après
avoir été visée, annexée au procès-verbal des opérations de la commission. Si la pièce est
supposée frauduleuse ou mensongère, elle est saisie par le président de la commission et
transmise au procureur de la République, à toutes fins utiles.
La commission doit tenir compte dans les évaluations de la valeur résultant des déclarations
faites par les contribuables ou des évaluations administratives rendues définitives en vertu des
dispositions fiscales.
Les administrations compétentes sont tenues de fournir à la commission, sur sa demande, tous
les renseignements utiles.
Art.40.- Les bâtiments dont il est nécessaire d’acquérir une portion pour cause d’utilité
publique sont achetés en entier si les propriétaires le requièrent par une déclaration formelle
adressée au président de la commission arbitrale dans les délais énoncés aux articles 24 et 26.
Il en est de même de toute parcelle de terrain qui, par suite de morcellement, se trouve réduite
au quart de la contenance totale, si, toutefois, le propriétaire ne possède aucun terrain
immédiatement contigu, et si la parcelle ainsi réduite est inférieure à dix ares.
L’emprise totale d’un bâtiment entraîne de plein droit l’emprise du sol sur lequel ce bâtiment
est assis.
Art.41.- Si l’exécution des travaux doit procurer une augmentation de valeur immédiate et
spéciale au reste de la propriété, la commission arbitrale statue sur cette augmentation par une
disposition distincte. Le montant en est déduit de l’indemnité.
Art.42.- Les indemnités sont, en principe, fixées d’après l’état et la valeur des biens, à la date
de l’ordonnance du président du tribunal.
Toutefois, les améliorations de toute nature, telles que constructions, plantations, installations
diverses, acquisitions de marchandises, etc., qui auraient été faites à l’immeuble ou au fonds
de commerce, même antérieurement à l’ordonnance du président du tribunal, ne donnent lieu
à aucune indemnité si, en raison de l’époque à laquelle les améliorations ont eu lieu ou de
toutes autres circonstances, il apparaît qu’elles ont été faites en vue d’obtenir une indemnité
plus élevée. Sont présumées faites dans cette intention, sauf preuve contraire, les
améliorations postérieures à l’ouverture de l’enquête du titre III. Il n’est pas non plus tenu
compte des contrats qui auraient été passés dans les mêmes conditions.
La commission arbitrale ne doit tenir aucun compte dans la fixation des indemnités de la
hausse spéculative, même constatée par des actes de vente, qui aurait été provoquée par
l’annonce des travaux ou par leur réalisation partielle.
Si les ayants droits se refusent à recevoir les indemnités, une prise de possession a lieu après
offres réelles et consignation.
S’il s’agit de travaux exécutés par l’État ou par un district, les offres réelles peuvent
s’effectuer au moyen d’un mandat égal au montant de l’indemnité réglée par la commission,
déduction faite de la part des frais et dépens mis à la charge des expropriés, conformément à
l’article 33, ce mandat délivré par l’ordonnateur compétent, visé par le payeur, est payable sur
la caisse publique qui s’y trouve.
Si les ayants droits se refusent à recevoir le mandat, la prise de possession a lieu après la
consignation en espèces.
Cependant, l’administration peut, sauf le droit des tiers, payer sans accomplir ces formalités,
les indemnités fixées par la commission dont le montant n’excéderait pas 500.000 FD.
Les sommes allouées à titre d’indemnité pour lesquelles il ne serait pas produit de justification
suffisante sont versées par l’administration à la Caisse des domaines et y resteront déposées
jusqu’à ce que les justifications utiles aient été produites ou s’il a lieu, jusqu’à décision de
justice passée en force de chose jugée.
Art.44.- Il n’est pas fait d’offres réelles toutes les fois qu’il existe des inscriptions sur
l’immeuble exproprié ou d’autres obstacles au versement des derniers entre les mains des
ayants droit. Dans ce cas, il suffit que les sommes dues par l’administration soient consignées
pour être ultérieurement distribuées ou remises selon les règles du droit commun.
Art.45.- Si, dans les six mois de l’ordonnance du président du tribunal, l’administration ne
poursuit pas la fixation de l’indemnité, les parties peuvent exiger qu’il soit procédé à ladite
fixation.
Quand l’indemnité a été réglée, si elle n’est ni acquittée, ni consignée, dans les six mois de la
décision de la commission arbitrale, les intérêts courent de plein droit à l’expiration de ce
délai.
Art.46.- Lorsque l’expropriation envisagée doit porter sur des terrains concédés n’ayant pas
encore fait l’objet d’attribution : définitive de la propriété, l’arrêté de cessibilité fait tomber de
plein droit les délais qui restent éventuellement à courir pour l’exécution du cahier des
charges et des conditions de la mise en valeur de la concession.
L’arrêté de cessibilité est notifié, dans les formes prévues au présent texte, au concessionnaire
qui, dans le délai de vingt jours à compter de cette notification, peut demander l’attribution de
la propriété. S’il y a lieu, il est statué immédiatement sur cette demande, après avis de la
commission de la propriété foncière, conformément à la réglementation domaniale.
Si la propriété est attribuée, la procédure d’expropriation est poursuivie dans les conditions
ordinaires.
Si la demande d’attribution de la propriété est rejetée, après notification du rejet ou, faute
d’une telle demande, après l’expiration du délai de vingt jours prévu au second alinéa du
présent article, les terrains concédés font retour au Domaine dans les conditions de droit
commun, nets et francs de tous droits et charges dans le cas où les délais d’exécution des
obligations du cahier des charges et des conditions de mise en valeur étaient expirés lors de
l’intervention de l’arrêté de cessibilité. Dans le cas contraire, la commission chargée de la
détermination des indemnités d’expropriation est saisie par le ministre chargé des Domaines
et fixe, selon la procédure prévue au présent texte, l’indemnité à allouer au concessionnaire
évincé. Cette indemnité est en principe égale au prix payé pour la concession, majoré des
impenses utiles, sans pouvoir dépasser la valeur du terrain et des constructions,
aménagements ou cultures. L’indemnité peut toutefois être réduite ou supprimée si la
commission estime que les délais restant à courir lors de l’intervention de l’arrêté de
cessibilité pour l’exécution des obligations du cahier des charges et des conditions de mise en
valeur n’auraient pas normalement permis d’obtenir, à leur expiration, la propriété totale ou
partielle de la concession. La réunion de la commission est notifiée au concessionnaire ; un
délai d’un mois lui est accordé à compter de cette notification pour la justification de ses
impenses.
Art.47.- Les contrats de vente, quittances et autres actes relatifs à l’acquisition des terrains
peuvent être passés dans la forme des actes administratifs ; la minute reste déposée aux
bureaux du ministre chargé des Domaines ; expédition en est transmise au chef du service des
Domaines.
Art.48.- En vue des notifications, significations et citation nécessitées par les procédures
d’expropriation, les propriétaires concessionnaires et titulaires de droits réels qui n’auraient
pas leur domicile réel dans la République de Djibouti, pourront ainsi que leurs mandataires,
faire élection de domicile à Djibouti à partir du dépôt du plan parcellaire prévu à l’article 4
ou, s’il n’y a pas lieu, à ce dépôt, dès l’ouverture de la procédure d’expropriation.
Toutes notifications, significations et citations seront valablement faites au domicile ainsi élu,
lorsque le domicile réel de la partie sera situé hors du territoire de la République ou, à défaut
d’élection de domicile connu dans la République, au commissaire de District du lieu de
situation des immeubles, suivant le cas, et aux fermiers, locataires, gardiens ou régisseurs des
propriétés.
Les notifications et significations sont faites, soit par le ministère d’un huissier soit par un
agent administratif, dont les procès-verbaux font foi en justice, soit par lettres recommandées
avec, accusé de réception, et sans qu’il y ait lieu, en aucun cas, de tenir compte des délais de
distance.
Il n’est perçu aucun droit pour l’inscription des actes au bureau de la Conservation de la
propriété foncière.
Les droits perçus sur les acquisitions amiables faites antérieurement aux arrêtés de cessibilité
sont restitués lorsque, dans un délai de trois mois courant à partir de la perception, il est
justifié que les immeubles acquis sont compris dans ces arrêtés. La restitution des droits ne
peut s’appliquer qu’à la portion des immeubles qui a été reconnue nécessaire à l’exécution des
travaux.
Art.51.- Si les terrains acquis pour des travaux d’utilité publique ne reçoivent pas cette
destination, les anciens propriétaires ou leurs ayants droit peuvent en demander la remise.
Toutefois, cette demande reste sans effet si l’administration a affecté les immeubles ou
s’engage à les affecter dans le délai de trois ans au plus, à des opérations dont l’utilité
publique a été déclarée dans les formes régulières. La nouvelle affectation après enquête faite
comme il est dit aux articles 4 et 9 ci-dessus, est prononcée par arrêté pris en Conseil de
ministres sur proposition du ministre chargé des Domaines.
Le droit de demander la remise des terrains ne s’exerce que pendant dix ans, à compter de
l’ordonnance du président du tribunal.
Le prix des terrains rétrocédés est fixé à l’amiable et, s’il n’y a pas d’accord, par la
commission arbitrale dans les formes ci-dessus prescrites.
L’administration qui acquiert des terrains, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation, pour
des travaux dont l’utilité publique a été régulièrement déclarée et qui prévoit que ces terrains
ne seront nécessaires que pendant une durée limitée, peut reconnaître aux propriétaires le droit
de jouir du privilège de rétrocession prévu ; aux paragraphes précédents. Suivant le cas,
l’administration insère cette clause dans la convention amiable ou demande au juge délégué
d’en donner acte par son ordonnance.
Les dispositions du présent article s’appliquent à toutes les demandes sur lesquelles un
jugement définitif n’est pas encore intervenu à la date de promulgation du présent texte.
Art.52.- Un avis publié et affiché par les moyens habituels fait connaître les terrains que
l’administration est dans le cas de revendre.
Dans les trois mois de cette publication, les anciens propriétaires qui veulent réacquérir la
propriété desdits terrains sont tenus de le déclarer et, dans le mois de la fixation du prix, soit à
l’amiable, soit par la commission ou par le tribunal en cas d’appel, ils doivent passer le
contrat de rachat et payer le prix, le tout à peine de déchéance du privilège que leur accorde
l’article précédent.
Art.53.- Les dispositions des articles 51 et 52 ne sont pas applicables aux terrains qui auront
été acquis sur la réquisition du propriétaire, en vertu de l’article 40, et qui resteraient
disponible après l’exécution des travaux.
Art.54.- Les concessionnaires de travaux ou services publics, exercent dans la mesure où ils
leur ont été délégués spécialement, tous les droits conférés à l’administration et sont soumis à
toutes les obligations imposées par le présent texte. Ils ne peuvent toutefois, ni déclarer
d’utilité publique, ni procéder à l’enquête préalable à l’arrêté de cessibilité, ni déroger aux
stipulations particulières des traités et cahiers des charges.
S’il s’agit de travaux exécutés par un district, les significations et notifications sont adressées
au commissaire ou faites à sa diligence.
S’il s’agit de travaux concédés, les significations et notifications sont faites, en tant que de
besoin, aux concessionnaires ou à leur diligence.
Art.55.- Les contributions des immeubles ou parties d’immeubles qu’un propriétaire a cédées,
ou dont il a été exproprié pour cause d’utilité publique, restent à la charge de ce propriétaire
jusqu’au premier janvier qui suit la date de l’acte de cession ou celle du jugement prononçant
l’expropriation.
Les portions de ces terrains qui, après assainissement opéré, resteront en dehors des
alignements arrêtés pour les nouvelles constructions, pourront être revendues aux enchères
publiques, sans que les anciens propriétaires ou leurs ayants droit puissent demander
l’application des articles 51 et 52.
Art.57.- Lorsqu’il y aura urgence à prendre possession de terrain non bâtis, même attenant à
des habitations s’ils ne sont pas dans ce cas clos de murs ou de clôtures équivalentes suivant
les usages du pays, notamment en matière de travaux militaires et d’assainissement, l’urgence
sera spécialement déclarée par un arrêté pris en Conseil des ministres sur proposition du
ministre chargé des Domaines déterminant ces immeubles, et les dispositions du titre III ne
seront pas applicables aux terrains ainsi déterminés. Il pourra en être de même pour les
terrains bâtis qui ne comporteront que des constructions légères en matériaux réputés
provisoires selon les usages du pays.
Art.58.- Sous réserve des formalités prescrites à la fin du présent article, les agents de
l’administration ou les personnes auxquelles elle délègue ses droits peuvent pénétrer dans les
propriétés privées, à l’exception des maisons d’habitation, à l’occasion des opérations ci-après
désignées :
études des projets de tous travaux publics ou des travaux d intérêt public, général ou
collectif, susceptibles ou non de donner lieu à expropriation ;
travaux de triangulation, d’arpentage ou de nivellement faits pour le compte de l’État ;
études en vue de l’installation de bornes ou signaux destinés à marquer les points
trigonométriques et tous autres repères nécessaires.
Les opérations ci-dessus doivent être ordonnées par une décision du ministre chargé des
Domaines, précisant leur nature, la région où elles doivent être faites, ainsi que la date à
laquelle elles doivent commencer.
Cette décision doit être affichée au moins dix jours à l’avance aux bureaux du commissaire du
District où les propriétés sont situées.
Les personnes chargées desdits opérations reçoivent une copie conforme de la décision
qu’elles doivent présenter en cas de réquisition des propriétaires ou des occupants.
Art.59.- Lorsqu’il y a lieu d’occuper temporairement un terrain, soit pour y installer des
bornes ou signaux destinés à marquer les points trigonométriques et tous autres repères
nécessaires, soit pour en extraire les terres ou des matériaux, soit pour y fouiller ou y faire des
dépôts de terre, soit, d’une manière générale, pour tout autre objet relatif à l’exécution des
travaux publics ou de travaux d’intérêt public, général ou collectif, susceptibles ou non de
donner lieu à expropriation, cette occupation est autorisée par une décision du ministre chargé
des Domaines, publiée comme il est dit à l’article précédent, indiquant les travaux à raison
desquels l’occupation est ordonnée, les surfaces sur lesquelles elle doit porter, la nature et la
durée probable de l’occupation. Notification préalable d’une ampliation de ladite décision doit
être faite au propriétaire intéressé par l’autorité administrative de qui elle émane.
Ne peuvent être occupés temporairement : les cours, vergers et jardins attenant aux
habitations entourées de clôtures.
L’indemnité annuelle représentative de la valeur locative des propriétés qui n’auraient été
occupées que temporairement et du dommage résultant du fait de la dépossession, sera réglée
à l’amiable ou par autorité de justice, et payée par moitié, de six mois en six mois, au
propriétaire, usufruitier, locataire ou fermier suivant le cas.
Lors de la remise de ces terrains, l’indemnité due pour les détériorations causées par les
travaux ou par la différence entre l’état des lieux au moment de leur remise et l’état constaté
par procès-verbal descriptif, sera payée sur un règlement amiable ou judiciaire au propriétaire,
à l’usufruitier, au locataire ou au fermier, selon leurs droits respectifs.
Art.61.- Si, dans le cours du premier trimestre de la troisième année d’occupation provisoire,
le propriétaire ou ses ayants droit ne sont pas remis en possession, ils pourront exiger
l’indemnité pour la cession de l’immeuble qui deviendra, dès lors, propriété publique.
L’indemnité foncière sera réglée, non sur l’état de la propriété à cette époque, mais sur son
état au moment de l’occupation, constaté par le procès-verbal descriptif. Le montant de
l’indemnité sera déterminé par la commission arbitrale et le règlement en aura lieu
conformément aux dispositions du titre V du présent texte.
Art.62.- Lorsqu’une borne ou un signal sera établi à demeure sur une propriété particulière, si
la cession amiable du terrain nécessaire à son emplacement ou à sa conservation ne peut être
obtenue, il sera procédé à son expropriation pour cause d’utilité publique. La destruction, la
détérioration ou le déplacement des bornes ou des signaux seront punis des peines prévues à
l’article 257 du Code pénal.
Les délits prévus au paragraphe précédent seront constatés par les officiers de police
judiciaire, ainsi que par les agents des services publics intéressés, dûment assermentés, qui en
dresseront procès-verbaux.
Art.64.- Au cas prévu à l’article précédent, la commission arbitrale est convoquée par arrêté
pris en Conseil des ministres sur proposition du ministre chargé des Domaines, publié et
affiché dans les formes habituelles et notifié aux intéressés. Cette notification entraîne pour
les intéressés et pour l’administration les obligations prévues aux articles 22 à 27 inclus.
Art.65.- La commission arbitrale fixe les indemnités auxquelles donnerait lieu l’expropriation
éventuelle.
justifieraient leur avoir été causé par l’engagement de la procédure. Cette deuxième indemnité
ne peut être supérieure à 1 % de celle déterminée pour le principal, ni au total à 1.000.000 FD.
Le délai de quinze jours accordé aux intéressés par l’article 36, pour faire appel de la décision
de la commission, court de la date de cette notification. Si l’administration entend faire appel,
elle ne peut le faire que dans le délai de trois mois ci-dessus fixé.
Dans le mois qui suit l’expiration du délai d’appel accordé aux particuliers pour la dernière
décision de la commission ou si l’appel a été interjeté dans le mois qui suit le jugement du
tribunal, l’administration déclare si elle entend poursuivre l’expropriation.
Dans l’affirmative, le ministre chargé des Domaines, par un arrêté motivé, détermine les
propriétés qui doivent être concédées ainsi qu’il est dit à l’article 10.
Art.69.- L’utilité de l’expropriation peut être déclarée, non seulement pour les superficies
comprises dans le périmètre des ouvrages publics projetés, mais encore pour toutes celles qui
sont reconnues nécessaires pour assurer à ces ouvrages leur pleine valeur immédiate ou
d’avenir.
Il en est notamment ainsi en matière de voirie urbaine pour les superficies hors alignement,
qui font obstacle à un lotissement rationnel ou qui ne sont pas susceptibles de constructions
s’accordant avec le plan général des travaux.
Art.70.- L’utilité de l’expropriation par zone est déclarée dans l’acte même qui reconnaît
l’utilité publique des travaux projetés ou dans un acte ultérieur rendu dans la même forme
avant l’achèvement des travaux. Lorsque l’exécution des travaux n’oblige pas à une
déclaration d’utilité publique, cette utilité est spécialement déclarée par un arrêté du ministre
chargé des Domaines.
Art.72.- Un arrêté du ministre chargé des Domaines, au vu du projet établi à la suite des
opérations prévues à l’article précédent, autorise, s’il y a lieu, l’administration à poursuivre la
procédure d’expropriation.
Au cas prévu par l’article 69, l’arrêté du ministre chargé des Domaines détermine les
différentes zones pour lesquelles l’autorisation d’exproprier est accordée et indique pour
chacune d’elles, le motif de cette extension. L’arrêté fixe en outre, le mode d’emploi des
terrains qui ne seront pas incorporés aux ouvrages publics et, éventuellement, les conditions
auxquelles leur vente sera subordonnée.
Art.73.- Au cas prévu par l’article 69, le ministre chargé des Domaines détermine, par un
arrêté motivé, les propriétés qui doivent être cédées et indique l’époque à laquelle il sera
nécessaire d’en prendre possession.
La procédure est ensuite poursuivie conformément aux titres IV et suivants du présent texte.
Art.74.- Lorsque les immeubles acquis en vertu de l’article 69 n’ont pas été utilisés
conformément à l’arrêté ou Ministre chargé des Domaines visé à l’article 72, les anciens
propriétaires ou leurs ayants droit peuvent en demander la remise, comme il est dit aux
articles 51, 52 et 53.
Art.75.- Les tarifs déterminés pour les frais de justice et d’expertise en matière criminelle en
la République de Djibouti sont applicables aux frais des actes faits en vertu du présent texte et
aux honoraires, vacations et frais de déplacement, s’il y a lieu, des experts non fonctionnaires.
Art.77.- La définition des champs d’application de la présente loi fera l’objet d’une loi
proposée par le Ministre chargé des Domaines.