texte procédés interprétation
MVT 1 : vision de l’année dans l’enfance de Colette
Une année de plus constat question fataliste
A quoi bon les compter ? question rhétorique → elle est indifférente
Ces jours de l’an [...] phrase qui explicite et développe
jours de l’an d’autrefois
jour de l’an parisien // opposition ajd // passé met en valeur les jours de l’an de
autrefois opposition “ce” // les anciens son enfance → connotation
positive
ne me rappelle rien négation grammaticale totale
solennité puérile → presque un oxymore solennité = adulte // puérile = enfantin
⇒ montre le début de la
reconstruction → son moyen de
La forme des années a chiasme : revivre les émotions perdues
changé pour moi / a changé - moi / moi - je changeais
moi, je changeais → 2 valeurs du passé montre un changement lent mais
définitif
L’année n’est plus négation grammaticale totale
paradoxe → négation fait
immédiatement ressurgir le
route / ruban / déroulé allitération en / r / + idée cadeau souvenir
déroulé / ondulé mouvement fluide et doux
renvoient à quelque chose de positif
montait (x3) rythme ternaire
description été
courbe ascendante
pré brûlant / ombres bleues opposit° couleurs chaudes / froides
coupé / taché aplat de couleurs } image synesthésique
→ odorat, vue, toucher
plaine / pré allitération en / p /
calme / brûlant + chiasme ⇒ paysage sensoriel car ne s’en
souvient pas assez pour le décrire
précisément + enfant vit souvenir à
travers les sensation (retour à
description automne l’essentiel)
puis descendait vers… continuité du mouvement
odorant / fleurant / gibier utilise encre sens (odorat) après ascension → descente
brumeux vue → couleurs plus ternes topos - lieu commun
description vague et clichée
description hiver ⇒ veut toucher tout le monde,
puis s’enfonçait progression (descente) imaginaire collectif
enfonçait / hiver / sec assonance en / è /
sec / sonore allitération en / ss /
sec / sonore / miroitant ternaire } jeu avec les sons et les
étangs / neige binaire rythmes → spécialité de Colette
“...” continuité de la description pour rendre la description plus
naturelle
puis le ruban ondulé contraction de route ondulée
et ruban déroulé → variation
mime absorption dans les pensées
Puis [...] jour de l’An phrase en 7 temps
dévalait / vertigineux allitération en / v /
jusqu'à / rompre / net / une } champ lexical de l’arrêt
date / isolée / suspendue
merveilleuse / isolée / rythme ternaire
suspendue
le jour de l’An sujet de la description introduite à
la fin par “:” → unicité du texte
“...” continuité de la description
mime absorption dans les pensées
MVT 2 : rétrécissement sur les différentes fêtes
Une enfant très aimée utilisation de la 3e personne met de la distance
adverbe + participe passé → indice fort de réécriture du
souvenir
arbres et livres arbres = nature / livres = culture
pas souhaité les jouets → stoïcisme se suffit de ce qu’elle a, heureuse de
coûteux son monde
ce que je revois / me retour de la 1ère personne mime le travail d’écriture - se penche
penchant sur son bureau
Une enfant 3e personne met de la distance entre passé (3e
pers) et présent (1ère pers)
aux fêtes / aux dates → binaire jeu de rythmes
un cadeau / une fleur / un → ternaire
gâteau } joie, odeur, goût →attachement émotionnel +
sensoriel
superstitieusement attachée 6 syllabes + 3 syllabes
fêtes des saisons symbolique païenne → fait entrer le texte dans une
esthétique païenne
Une enfant qui d’instinct développe superstitieusement
ennoblissait de paganisme normalement péjoratif mais ici pour
Colette, connotation positive
rameau de buis fête chrétienne
oeuf rouge Pâques rapporté seulement à la branche
rapporté seulement à l’oeuf
syringas / aconits / placés entre tirets
camomilles reposoir réduit aux fleurs
⇒ perte de la connotation
surgeon [...] grêle spirituelle
abrite présent de l’indicatif rituel païen, superstitieux
prouve que rituel fonctionne →
Une fillette (= une enfant) foi de l’enfant
crêpe / carnaval allitération en / k / elle a grandit
gâteau cuit = goût + chaleur
crêpe = chaleur + odeur progression sensorielle du souvenir
odeur étouffante = odeur → pas de suite logique au niveau
temporel car le souvenir
mois de Marie périphrase s’impose à Colette
= mois de mai
Colette, Les Vrilles de la vigne, « Rêverie de nouvel An »,
1908.
Une année de plus... À quoi bon les compter ? Ce jour de l'An parisien ne me
rappelle rien des premier janvier de ma jeunesse ; et qui pourrait me rendre la
solennité puérile des jours de l'An d'autrefois ? La forme des années a changé
pour moi, durant que, moi, je changeais. L'année n'est plus cette route
ondulée, ce ruban déroulé qui depuis janvier, montait vers le printemps,
montait, vers le printemps, montait, montait vers l'été pour s'y épanouir en
calme plaine, en pré brûlant coupé d'ombres bleues, taché de géraniums
éblouissants, - puis descendait vers un automne odorant, brumeux, fleurant le
marécage, le fruit mûr et le gibier, – puis s'enfonçait vers un hiver sec, sonore,
miroitant d'étangs gelés, de neige rose sous le soleil... Puis le ruban ondulé
dévalait, vertigineux, jusqu'à se rompre net devant une date merveilleuse,
isolée, suspendue entre les deux années comme une fleur de givre : le jour de
l'An...
Une enfant très aimée, entre des parents pas riches, et qui vivait à la
campagne parmi des arbres et des livres, et qui n'a connu ni souhaité les
jouets coûteux voilà ce que je revois, en me penchant ce soir sur mon passé...
Une enfant superstitieusement attachée aux fêtes des saisons, aux dates
marquées par un cadeau, une fleur, un traditionnel gâteau... Une enfant qui
d'instinct ennoblissait de paganisme les fêtes chrétiennes, amoureuse
seulement du rameau de buis, de l'œuf rouge de Pâques, des roses
effeuillées à la Fête-Dieu et des reposoirs - syringas, aconits, camomilles - du
surgeon de noisetier sommé d'une petite croix, bénit à la messe de
l'Ascension et planté sur la lisière du champ qu'il abrite de la grêle... Une
fillette éprise du gâteau à cinq cornes, cuit et mangé le jour des Rameaux ; de
la crêpe, en carnaval; de l'odeur étouffante de l'église, pendant le mois de
Marie...