PERCEPTION DU PALUDISME ET UTILISATION DES
MOUSTIQUAIRES IMPRÉGNÉES : CAS DES FEMMES
ENCEINTES DE LA COMMUNE D’ATTÉCOUBÉ (CÔTE
D’IVOIRE)
YAPI MEDARD STEPHEN AKRE
Doctorant en Psychologie Sociale
UFR Sciences de l’Homme et de la Société
Université Félix Houphouët-Boigny-Abidjan-Côte d’ivoire
RÉSUMÉ
Cet article se propose d’étudier l’influence des variables sociocognitives telles que
la perception du risque dans un contexte de prévention d’une maladie comme le
paludisme. L’étude a été menée sur un échantillon de cent quatre-vingt-six (186)
femmes enceintes. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire.
Les informations ainsi obtenues ont été testées à l’aide du Khi deux. Les résultats
indiquent une influence considérable et positive de la perception du risque sur le
comportement à risque palustre.
Ces résultats constituent la base de nos différentes contributions théoriques et
méthodologiques, ainsi que les voies futures de recherches.
MOT CLÉ
Perception du paludisme
ABSTRACT
This article aims to study the influence of sociocognitive variables such as the
perception of risk in a context of prevention of a disease such as malaria. The study
was contucted on a sample of one hundred and eighty-six (186) pregnant women.
Data were collected through a questionnaire. The information thus obtained was test
using chi-square. The rebuts indicate a considerable and positive influence of risk
perception on malaria risk behavior.
These results form the basis of our various theoretical and methodological
contributions, as well as future avenues of research.
KEYWORD
Perception of malaria
REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006 193
INTRODUCTION
« La santé est un idéal complet de bien-être physique, mental et, elle ne consiste pas
seulement en une absence de maladie puis d’infirmité» (OMS 1998).Cette définition,
marque un réel progrès par rapport à la vision classique qu’avaient les médecins et
la population de la santé,
Selon le Dictionnaire d’épidémiologie d’oxford (1993), la santé est « un état
caractérisé par l’intégrité anatomique, la capacité de jouer personnellement les rôles
familiaux, professionnels et communautaires valorisés : la capacité de faire face au
stress physique, biologique et social; un sentiment de bien-être; et une absence de
risque de maladie et de mort inattendue» (DedySéri, cité par Otémé 2015). On
s’aperçoit qu’il n’existe pas une définition unique quand il s’agit de parler de la santé.
Cette pluralité dans la définitiondénote de l’importance accordée à cette réalité
sociale. En effet, la santé est un pilier très important du développement de toute
société humaine; c’est pourquoi elle apparaît comme une préoccupation majeure de
toutes les politiques de développement. Elle est aussi indispensable à la satisfaction
des besoins essentiels de l’homme et à la qualité de la vie. C’est l’un des droits
fondamentaux de l’homme, tel que défini par la charte internationale des droits de
l’homme.
Chaque Etat a donc le devoir de garantir ce droit à tous ses citoyens. Malgré toutes ces
initiatives, nos populations sont encore victimes de plusieurs maladies qui mettent en
péril leur santé, empêchant ainsi l’amorce d’un développement social, économique,
politique, culturel harmonieux et durable.
Parmi celles- ci figure une maladie bien connue, mais qui cependant continue d’être
la première cause de consultation et d’hospitalisation en Côte d’Ivoire, il s’agit du
paludisme.
Au cours de la 3ème session de la Conférence des Ministres de la Santé de l’Union
Africaine tenue du 9 au 13 avril 2007 à Johannesburg en Afrique du Sud, le constat
a été encore fait que le paludisme demeure le problème de santé publique le plus
grave en Afrique.
Environ 24% de tous les décès d’enfants de moins de 5 ans en Afrique sont dus au
paludisme ou aux maladies apparentées au paludisme. Presque tous les pays ont mis
en place des partenariats nationaux pour renforcer la collaboration et les efforts de
coordination dans le contrôle du paludisme. Depuis la création du partenariat Roll
Back Malaria en 2008, de remarquables progrès ont été réalisés concernant la lutte
mondiale contre le paludisme. En effet, jusqu’à ce jour, plus de 4,3 millions de décès
dû au paludisme ont été évités. Cependant, les avancées sont fragiles et reparties de
façon inégale. En 2013, plus de 3 milliards de personnes étaient toujours exposés
194 REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006
aux risques liés au paludisme. C’est pourquoi lors de l’assemblée mondiale de la
santé tenue le 20 Mai 2015 à G e n è v e , les États membres de l’OMS ont adopté une
nouvelle stratégie mondiale de lutte contre le paludisme pour la période 2016-2030.
Cette stratégie vise à réduire la charge mondiale du paludisme de 40% d’ici 2020, et
d’au moins 90% d’ici 2030. Elle vise aussi à éliminer la maladie dans 35 nouveaux
pays au moins d’ici 2030. Il a été remarqué que, même si quelques avancées ont
été réalisées en ce qui concerne l’accès effectif au traitement et aux services de
prévention du paludisme l’ampleur des progrès réalisés est plutôt limité. L’une des
raisons de cet écart reste l’adhésion et l’adoption des mesures de prévention telles
que les moustiquaires imprégnées. Or, les travaux de Lengeler et al. (1997) révèlent
que les moustiquaires imprégnées sont les mesures de prévention adaptées de nos
jours à la promotion d’une approche fondée sur des soins de santé.
Au vu de ce qui précède, nous pensons qu’entreprendre une étude sur les facteurs
influençant l’utilisation de la moustiquaire imprégnée aiderait à mieux comprendre
ce qui constitue le blocage, mais surtout à mieux orienter les éventuelles stratégies
de lutte contre le paludisme. Ainsi, cette étude se propose de montrer l’influence
des facteurs sociocognitifs sur l’attitude envers l’utilisation des moustiquaires.
Autrement dit nous voulons mesurer l’effet de la de la représentation du paludisme
sur l’adoption ou non du comportement à risque palustre.
1. POSITION DU PROBLÈME
En Côte d’Ivoire, plus de 90% de la population est également exposée au risque du
paludisme. Cette maladie est le premier motif de consultation et d’hospitalisation
dans les formations sanitaires car elle cause en moyenne le décès de huit (8) enfants
de moins de cinq (5). En moyenne, chaque heure, huit (8) enfants meurent de cette
maladie dans notre pays, soit 173 enfants par jour (MICS, 2006). Selon la DIPE
(2008),l’incidence du paludisme générale est de 76,08 pour mille habitants. Chez
les enfants de cinq (5) ans, cette maladie a une prévalence de 133,38 pour mille
habitants et présente 62,44% des causes d’hospitalisations. La létalité hospitalière
se situe entre 5 et 25% (DSRP, 2009). En plus, la proportion des femmes enceintes
testées positives au paludisme est plus élevée dans le milieu urbain (11%) que dans
les zones rurales (5%) (EDSCI-III, 2011-2012).
Que faire pour freiner l’avancée de cette pandémie ?
La réponse que propose l’état c’est la prévention contre le paludisme à travers l’usage
de Moustiquaires imprégnées. Dans cet élan, toutes les femmes enceintes y ont droit
car elles représentent la priorité du gouvernement. Ainsi, toute femme enceinte reçoit
une moustiquaire lors de ses consultations prénatales. Quand ce n’est pas le cas, c’est
à travers des campagnes de distribution gratuite des moustiquaires.
REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006 195
Malheureusement, la realité contraste avec les prévisions (39% selon EDS 2011-
2012). La plupart des moustiquaires reçues ne sont pas utilisées ou mal utilisées.
Aussi, lors des campagnes de distribution massive de ces infrastructures, est-il donné
de constater un réel engouement laissant présager de l’importance que revêtent ces
moustiquaires pour ces populations. C’est la raison pour laquelle à ces périodes, les
spectacles auxquels tous assistent sont les suivants : des populations se précipitant
et se bousculant pour recevoir leurs moustiquaires ; certaines sont aperçues avec
plusieurs. Le moins que l’on puisse dire est que les centres de distributions ne
désemplissent pas. Ces comportements sont perceptibles chez toutes les classes
d’âges (jeunes, adolescents, personnes âgées). Or, entre ce qu’il est donné d’observer
lors de la réception et la réalité ou la pratique, le fossé reste grand. Selon Otémé
([Link]), les moustiquaires sont utilisées par les femmes enceintes à d’autres fins
(éponges de bain, éponges de vaisselle, rideaux de bistro...).
Comment donc expliquer cet écart dans le comportement des femmes enceintes
avec les avantages de la prévention contre le paludisme et quand on sait les
risques liés à cette maladie? Quels sont les facteurs explicatifs de cette métaphore
théâtrale (Goffman, 2005).
Dans leurs tentatives de trouver des réponses face à cet écart entre le comportement
prévu et celui constaté, plusieurs travaux ont vu le jour. Et plusieurs variables ont été
mises en évidence dans la tentative d’explication de cette réalité.
Par exemple, Le niveau d’instruction est une variable qui a été abondamment étudiée
pour expliquer également les comportements sanitaires. L’instruction implique
des changements dans les comportements, les attitudes et la manière de penser,
se traduisant par une meilleure utilisation des services de santé modernes et des
meilleures pratiques de santé dans le ménage (Hobcraft, 1993). En effet, l’instruction
permet à la femme de réaliser des progrès au niveau de sa vie : une instruction élevée
donne à celle-ci un accès à un emploi formel et entraine par conséquent un accès aux
ressources économiques ; ce qui contribue également à accroître ses connaissances
concernant divers aspects de la vie (la santé, la contraception, etc.) (Rakotondrabe,
2001). De plus, l’instruction offre une plus grande ouverture de la femme au monde
extérieur lui permettant de rompre facilement avec les comportements traditionnels
néfastes à sa santé (Hobcraft, [Link].). Or, Seck et al (2008) dans leur étude au
Sénégal ont démontré qu’il n’existait pas une différence significative dans le fait
de dormir sous une moustiquaire entre les femmes enceintes instruites et celles non
instruites.
Le milieu de résidence a été également cité dans l’explication de la non utilisation des
moustiquaires imprégnées par les femmes enceintes. A ce sujet, Aholoukpé (2006)
montre que 58% des habitants des zones urbaines ont recours à une moustiquaire.
On serait donc tenté de penser que le paludisme est moins prononcé en milieu urbain
196 REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006
qu’en milieu rural. Mais, le constat est que le paludisme sévit aussi bien en milieu
rural qu’urbain.
D’un point de vue déterministe, nous ne pouvons ignorer l’influence du social et du
culturel dans la façon d’agir et de faire des individus. Elle a donc une valeur normative.
De ce fait, la représentation d’un phénomène détermine notre comportement. Aussi,
lorsque la maladie apparaît-elle, la personne atteinte mais aussi l’entourage tente
de s’en faire une représentation. Ya-t-il un lien significatif entre la perception de la
maladie et l’adoption de l’itinéraire thérapeutique?
Le paludisme est l’une des rares maladies qui a une appellation dans de nombreuses
langues en Afrique. Cela démontre que cette maladie est connue des populations depuis
longtemps, au point où cela engendre chez les individus une série de conséquences
comportementales vis à vis de la maladie. Ces conséquences entravent certainement
l’adhésion de ces derniers à des mesures de préventions et ont des répercussions
sur l’itinéraire thérapeutique.
Une représentation est selon Moscovici (1961) une dorme de connaissance socialement
élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la construction d’une
réalité commune à un ensemble social donné. Autrement dit, la représentation est
une idée que l’on pourrait se faire de quelque chose, d’une maladie, d’un traitement,
etc.
La représentation émerge d’une idée que l’individu peut avoir sur sa maladie par
rapport à ses connaissances et à son propre ressenti. Il se réfère à ces idées, mêmes
erronées. Le concept de représentation est issu de la psychologie du développement
et de la psychologie sociale. Pour la psychologie du développement, elle désigne
l’interprétation personnelle du phénomène. Une « représentation peut être considérée
comme un modèle personnel d’organisation des connaissances par rapport à
un problème particulier » (Migne, 1970). La construction des représentations pour
l’individu s’effectue sur son vécu de la maladie.
Pour la psychologie sociale, Durkheim « désigne une interprétation collective
d’un phénomène, d›un univers socialement partagé ». Moscovici (1996) définit la
représentation sociale comme « une modalité de connaissance particulière ayant pour
fonction l’élaboration des comportements et la communication entre les individus ».
Ces représentations font parties de l’entourage extérieur des individus, elles ne
font pas parties d’eux, mais, orientent leurs attitudes et leurs comportements.
Les connaissances d’une personne s’élaborent tout au long de sa vie par des
influences multiples : milieu culturel, social, familial, parcours scolaire, activités
professionnelles, médias, ... Les origines de ces représentations sont multiples et vont
varier selon les individus, elles évoluent également au cours de l’histoire, le statut
ou les caractéristiques de certaines professions (enseignants, médecins, infirmières,
cadres...). Les connaissances, expériences, vécu et émotions permettent de penser,
REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006 197
communiquer et d’agir. Chaque individu possède donc sa propre représentation de la
maladie, de sa cause, de sa durée, de son traitement et aussi la représentation de sa
propre vulnérabilité et de sa propre conscience du pouvoir réel de la médecine.
La perception de la maladie est construite à partir de trois sources d’information :
les représentations collectives directement disponibles, les données transmises par
le milieu médical et enfin, l’expérience que la personne fait de la maladie. Lorsque
ces trois sources d’information constitutives de la perception de la maladie sont
lacunaires, des facteurs conatifs et cognitifs (traits de personnalité et croyances plus
profondes) peuvent jouer un rôle prépondérant à la construction d’une représentation.
D’après Leventhal et al (1980 ; 1992), la perception de la maladie agit comme
filtre dans les opérations cognitives. C’est alors la perception de la maladie qui est
évaluée plutôt que la situation objective et réelle. Côté ressources, nous retrouvons
de nouveau les composantes de la perception de la maladie. Les représentations vont
donner lieu à des résultats d’évaluations différents. Par exemple, une perception de
conséquences graves, avec handicap et perte d’emploi et un fort contrôle personnel
donnera une représentation des ressources plutôt importante. En revanche, une
perception de la maladie avec des conséquences moins importantes et n’empêchant
pas de fonctionner quotidiennement, avec aucune possibilité d’agir sur l’évolution
de la maladie peut donner une évaluation de ressources plus faible. Les stratégies
choisies dépendant de ces évaluations, elles seront probablement différentes.
La plupart des études réalisées sur ce sujet sont d’ordre médical ou sociologique,
d’une part. D’autre part, peu de recherches à notre connaissance dans le champ de
la psychologie, se sont intéressées au phénomène du paludisme en particulier. Ainsi,
entreprendre une telle étude contribue sans doute à l’avancement des connaissances
scientifiques sur les causes de la non-utilisation des moustiquaires imprégnées. D’où
l’intérêt scientifique de ce présent travail de recherche.
En clair, notre étude vise à montrer le rôle de la représentation du paludisme dans
l’adoption ou non des comportements à risque palustre. De cette idée découle
l’hypothèse suivante :
2. HYPOTHÈSE
Les femmes enceintes qui minimisent les risques du paludisme (risques faibles)
sont moins enclines à utiliser les moustiquaires imprégnées que leurs paires qui les
surestiment (risques élevés).
198 REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006
3. DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE
Description des variables
Pour formuler notre hypothèse de recherche, nous avons opposé deux variables. Une
indépendante et l’autre dépendante. La perception du risque du paludisme représente
la Variable Indépendante (VI)avec deux modalités (risque élevé/risque faible)et
l’utilisation de la moustiquaire est la Variable Dépendante (VD) avec également
deux modalités (utilisation/non utilisation).
4. PARTICIPANTS
Pour cette étude, nous avons interrogé 186 femmes enceintes âgées de 20 à 40 ans
résidentes permanentes à Attecoubé, une commune du District d’Abidjan disposant
ou non de moustiquaires. L’objectif était d’apprécier également le taux de possession
de la moustiquaire.
5. MÉTHODE D’ENQUÊTE
Pour la collecte des données, le questionnaire a été retenu comme outil. L’enquête
s’est déroulée dans les quatre centres de santé de la commune. Il s’agit du centre de
santé urbain d’atttecoubé village, du CSU d’Abobodoumé, du CSU de Mossikro et
du CSU de Santé (Sous-quartier d’Abobodoumé). Les femmes étaient interrogées
après les séances de consultation prénatales. Le questionnaire était ainsi remis à
chacun de nos sujets afin de le remplir sur place. Des précisions ont été apportées aux
sujets chaque fois que cela s’est avéré nécessaire. Il a donc été exclu de la passation,
la possibilité de laisser l’enquêté partir avec le formulaire du questionnaire.
Notre questionnaire a comporté trois parties. La première est relative aux informations
sociodémographiques notamment l’âge, le motif de consultation, le lieu de résidence,
le statut matrimonial, la profession et le niveau d’étude et la possession de la
moustiquaire.
La deuxième partie concerne la perception du risque du paludisme. Elle met en lumière
le paludisme tel que perçu et apprécié par la femme enceinte. Notre instrument de
mesure à été inspiré de l’échelle de mesure l’IPQ-R. C’est un important instrument
de mesure de la représentation de la maladie de l’individu en situation de maladie. Il
a donc été adapté au besoin de cette recherche.
6. MÉTHODE D’ANALYSE DES DONNÉES.
Pour cette étude, seule la variable indépendante a fait l’objet de dépouillement a
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proprement dit. Ainsi, les réponses aux items à valence positive sont cotées comme
suit : (Tout à fait d’accord = 5 à - Pas du tout d’accord = 1) ; A l’inverse les items à
valence négative sont cotés de la façon suivante : (Tout à fait d’accord: 1 à - Pas du
tout d’accord : 5). Chaque individu est amené à donner son opinion en marquant son
degré d’accord.
La procédure de cotation des réponses à l’échelle mesure du risque perçu du paludisme
est la suivante : Les réponses aux items à valence positive (item 2, 5, 7, 8, 10, 12, 14
et 17) sont cotées comme suit : (Tout à fait d’accord = 5 à - Pas du tout d’accord =
1). A l’inverse les items à valence négative (item 1, 4, 6, 9, 11, 13, 15, 16 et 18) sont
cotés de la façon suivante: (Tout à fait d’accord : 1 à - Pas du tout d’accord=1).
Le résultat obtenu correspond à une note du niveau du risque perçu du paludisme.
La distribution des notes de notre population dans ce cas varie de 18 à 90. Le score
médian sera donc égal à 54. De ce fait, un sujet ayant une note supérieure à cette
note médiane est considéré comme un sujet percevant des risques élevés (gravité du
paludisme). Alors qu’un sujet ayant un score inférieur à 54 sera considéré comme
percevant des risques faibles (non gravité du paludisme).
7. PRÉSENTATION, ANALYSE ET INTERPRÉTATION
DES RÉSULTATS
Présentation, Analyse des résultats
Tableau 1 : Répartition des effectifs des femmes enceintes selon la
perception du risque du paludisme
perception du risque Pourcentage
du paludisme Effectif (n) (%)
Risques faibles 103 55,37
Risques élevés 83 44,62
Total 186 100
A la lecture de ces résultats, on s’aperçoit que sur les 186 femmes enceintes de notre
échantillon, 103 perçoivent les risques liés au paludisme comme faibles, soit 55,37%
des réponses contre 83 qui perçoivent les risques comme élevés, soit 44,62 % des
réponses données.
200 REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006
Tableau 2: Répartition des effectifs des femmes enceintes selon l’utilisation
de la moustiquaire Imprégnée
Utilisation de la moustiquaire Effectif (n) Pourcentage (%)
Oui 64 34,4
Non 122 65,6
Total 186 100
Alors que les précédents résultats montrent que sur l’échantillon de femmes
enceintes interrogées, il y’avait plus de femmes possédant la MII, on constate que
l’utilisation n’obéit pas forcément à cette loi. Ainsi, sur les 186 femmes qui ont
répondu à notre questionnaire, seulement 64 utilisent la MII, soit 35% des personnes
interrogées contre 122 qui n’utilisent pas avec une proportion de 65% des réponses.
- Perception du risque de la maladie et comportement à risque palustre
Tableau 3 : distribution des fréquences des femmes enceintes selon
l’influence de la perception des risques de la maladie sur le comportement à risque
palustre.
Usage de la Non usage Total
moustiquaire de la
moustiquaire
Perception des risques n (%) n (%) n (%)
la maladie
Risques faibles 27 (26,2) 76 (73,8) 103 (100)
Risques élevés 37 (44,6) 46 (55,4) 83 (100)
Total 64 122 186 (100)
X2= 6,86 (p < 0.05)
La lecture de ce tableau montre que sur 103 femmes enceintes qui ont une mauvaise
perception du paludisme (risques faibles), 27 utilisent la moustiquaire imprégnée,
alors que 76 n’en font pas usage. Parmi les 83 qui ont une bonne perception du
paludisme (risques élevés), il y en a 37 qui n’utilisent pas la moustiquaire, pour 46
utilisatrices.
REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006 201
A l’aide du X2 nous avons croisé la variable perception des risques de la maladie
à deux modalités à savoir « mauvaise perception » (risques faibles) et « bonne
perception » (risques élevés) et la variable « comportement à risque palustre » avec
aussi deux modalités à savoir : « usage de la moustiquaire » et « non-usage de la
moustiquaire ».
Les résultats donnent un X² = 6,86 à 1ddl, et une marge d’erreur p < 0.05. Il existe
donc une différence significative entre la valeur théorique et la valeur calculée du khi
deux. Nous rejetons donc l’hypothèse (H0) et acceptons l’hypothèse de travail H1.
Ainsi, il y a donc une différence significative entre l’utilisation des moustiquaires
imprégnées des deux groupes de femmes enceintes. Autrement dit, il existe une
relation de significativité entre la perception du risque de la maladie et l’utilisation
de la moustiquaire imprégnée.
Notre hypothèse selon laquelle les femmes enceintes qui perçoivent faiblement les
risques du paludisme sont moins enclines à utiliser les moustiquaires imprégnées
comparativement à leurs homologues qui en ont une perception plus élevée du risque
est confirmée.
8. DISCUSSION DES RÉSULTATS
Nous avons à travers notre hypothèse, mis en relief le lien entre la perception du risque
lié au paludisme et le comportement à risque palustre. Autrement dit, notre hypothèse
qui stipule que les femmes enceintes qui perçoivent les risques du paludisme comme
étant élevés ont plus tendance à se tourner vers la moustiquaire comparées à leurs
homologues qui perçoivent les risques comme étant faible est vérifiée.
L’examen des résultats relatifs à cette hypothèse à la lumière des conclusions de
travaux de certains auteurs met en évidence quelques similitudes.
Godfrey et al. ([Link]) ont tenté à travers le HealthBelief Model d’expliquer
l’utilisation par la population des services de santé. Par la suite, il a été utilisé pour
comprendre les comportements associés à la prévention des maladies (par exemple,
la vaccination). Le HBM pose comme prémisse qu’un individu est susceptible de
poser un geste pour prévenir une maladie ou une condition défavorable s’il possède
des connaissances minimales en matière de santé et s’il considère la santé comme
une dimension d’importance dans sa vie. Ce modèle identifie donc des déterminants
principaux de la « décision d’agir », à savoir : la perception des menaces personnelles
liées à l’apparition du problème (le risque perçu), la croyance en l’efficacité de
l’action à entreprendre et la perception des coûts / coûts sociaux / barrières diverses.
Au-delà de ces déterminants directs, plusieurs variables démographiques (âge, sexe,
etc.) et psychosociales (catégorie sociale, profession, niveau d’éducation, etc.) vont
202 REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006
influencer la perception des différentes menaces et croyances qui viennent d’être
décrites.
Nos résultats corroborent également les conclusions des travaux de Kroeger (1983).
Il a englobé dans son étude l’ensemble des déterminants, proches ou non, des
pratiques thérapeutiques. Il classe les déterminants en trois catégories majeures: les
caractéristiques individuelles, les caractéristiques de la maladie et les caractéristiques
du système de soins. Les caractéristiques individuelles, agissant comme facteurs
prédisposant, regroupent des facteurs sociodémographiques, économiques et
socio-psychologiques. Les caractéristiques de la maladie et du cadre étiologique
dépendent de la sévérité, de la durée et de l’interprétation de l’origine du mal. Les
caractéristiques du système de soins décrivent la diversité de l’offre, son accessibilité
spatiale et financière, sa qualité et son efficacité.
Nos résultats sont renforcés par la Théorie de l’Action raisonnée élaborée par Ajzen
et Fishbein (1980). Cette théorie souligne le rôle central de certaines cognitions
sociales, comme les normes sociales et les normes subjectives dans la genèse de
certains comportements. En outre, elle intègre à la fois des croyances (relatives aux
conséquences d’un comportement) et l’évaluation de ces conséquences, l’ensemble
constituant les attitudes. Comme le montre également Schwarzer (1992), certains
facteurs tels que la vulnérabilité et gravité perçue, croyances, intentions et l’auto-
efficacité perçue sont des déterminants prédictifs de l’adoption des comportements
sains. Ce modèle situe bien l’individu dans son contexte psychosocial et laisse de la
place à des processus d’évaluation ».
La recherche de contrôle ou de prévention de la maladie peut dépendre de la
représentation que les individus ont de cette maladie. Il s’agit souvent de perception
«profane» produite par le malade opposée à la perception «savante» (médicale) de
la médecine. Les perceptions profanes sont construites au sein de la pensée sociale
et culturelle (Morin, 1996). Elles peuvent être réparties en plusieurs composantes:
surtout la dénomination, le sens et les causes donnés à la maladie, mais aussi les
symptômes, la temporalité, les conséquences. (Pucheu et al. 2005 ; Pedinielli, 1996).
Deux perceptions ont été exprimées par les femmes enceintes à travers l’entretien: le
paludisme est une maladie sans grands risques et alors que le SIDA ou le cancer est
une maladie dangereuse. Si la femme enceinte pense que le paludisme effraye parce
qu’il s’agit d’une maladie grave, destructrice, celle-ci peut développer de faibles
croyances de contrôle, voire un sentiment d’impuissance la conduisant ainsi vers des
moyens de prévention tels que la moustiquaire. A contrario, lorsqu’elle pense que le
paludisme est une maladie quelconque aux conséquences faibles, cela va augmenter
ses croyances de contrôle et donc la détourner des moyens de prévention.
Comme nous, des auteurs ont trouvé un lien entre perception du risque et
comportement. Cest le cas d’une étude menée par McCool, et al. (2009). Les auteurs
REVUE SEMESTRIELLE DE L’ULSHB I N° 006 203
invitent 3371 personnes qui fréquentent les plages en Nouvelle Zélande, à compléter
un questionnaire. Le questionnaire mesure la gravité perçue du risque de noyade
pour soi, la vulnérabilité perçue, l’efficacité perçue des mesures de prévention, la
capacité perçue à appliquer ces mesures, la peur d’éprouver des difficultés pendant
qu’on nage et les comportements pendant la nage durant l’année écoulée. Pour cette
dernière variable, les participants sont invités à se prononcer sur deux items portant
sur leur comportement durant l’année écoulée à savoir « nager entre les balises de
sécurité » et « nager après avoir bu », sur une échelle du type Likert en quatre points.
Les résultats de cette étude montrent un lien positif entre la menace perçue du risque
de noyade et le comportement de nage sur l’année écoulée d’une part, et entre la
capacité perçue à appliquer les mesures de prévention et le comportement de nage
d’autre part.
Nous pouvons également mentionner une étude d’Ivers et al. (2009), qui confirme
le lien entre perception du risque et comportement dans le domaine de la circulation
routière. Les auteurs invitent 20 822 conducteurs novices à compléter un questionnaire
comportant une échelle de risque perçu et de comportements de sécurité rapportés.
Deux ans plus tard, ils recueillent le nombre d’accidents subis dans cette cohorte.
Ils observent une corrélation positive et significative entre le risque perçu et les
comportements de sécurité rapportés d’une part, et une corrélation négative entre
le risque perçu et les accidents impliquant les participants d’autre part. En d’autres
termes, plus les participants perçoivent le risque routier comme étant élevé, plus
ils rapportent des comportements sécuritaires. L’étude de McCool et al. ([Link]) et
celle de Ivers et al. ([Link]) montrent bien que le comportement passé est susceptible
d’affecter le risque perçu qui à son tour, affecte le comportement futur.
Contrairement aux résultats de notre étude, des auteurs ont plutôt mis en lumière des
conclusions mitigées.
Dans cette veine,Kouabenan (2009) note que les résultats sur le lien entre le risque
perçu et le comportement de protection, quoi que fort plausible, sont plutôt mitigés.
Ainsi, « certaines études concluent à une influence positive de la perception du
risque sur le comportement de protection quand d’autres au contraire concluent à
une relation négative entre perception du risque et comportement » (Kouabenan,
[Link]). Il rapporte pour ce faire, une étude de Bellrose et Pilisuk qui montre que
malgré le niveau de connaissance des risques de leurs métiers, des spécialistes de
protection contre les radiations et les pompiers semblent les tolérer. Il explique cette
tolérance par le fait que la gestion de ces risques leur procure une certaine identité
professionnelle, une certaine satisfaction et une image publique valorisante. Cette
étude montre que la connaissance de certains risques peut plutôt pousser l’individu à
les affronter dans certaines conditions.
S’agissant de l’effet contradictoire du risque perçu sur le comportement, nous
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pouvons citer une étude de Otten et van der Pligt (1992). Ces auteurs expliquent
l’échec à trouver un lien entre la perception du risque et le comportement par le fait
que les études ne prennent pas en compte le comportement antérieur. Ils expliquent
qu’un comportement risqué dans le passé conduit à faire des évaluations élevées de
risque pour des évènements négatifs à venir. En fait, ils observent un lien entre le
comportement passé et l’évaluation du risque d’une part, et entre le comportement
passé et le comportement futur d’autre part.
Van der Pilgt ((1996) explique également cet échec à établir un lien entre la perception
du risque et le comportement par le fait que la plupart des études ne reposent pas sur des
évaluations conditionnelles. L’évaluation conditionnelle consiste à inviter l’individu
à évaluer le risque pour soi en tenant compte de ses pratiques comportementales
actuelles ou des changements probables dans ces pratiques.
En se référant à Stasson et Fishbein (1990), on note qu’en procédant par des
mesures conditionnelles, le lien entre perception du risque et comportement semble
plutôt indirect et médiatisé par les attitudes, les croyances, les pressions sociales et
les normes subjectives.
Dans ces conditions il conviendrait de prendre en compte l’effet médiateur de ces
variables dans la compréhension de cette relation, entre la perception du risque
et le comportement à risque palustre. Certes, cette question reste certainement à
approfondir, mais elle dépasse le cadre de la présente étude.
CONCLUSION
Cette recherche a permis de mettre en exergue le rôle de la perception de la maladie
sur le comportement d’utilisation de la moustiquaire chez les femmes enceintes.
Ainsi, au niveau théorique, ce travail a nécessité le recours à plusieurs variables et
modèles théoriques avec une méthodologie rigoureuse.
Concernant le premier niveau théorique, cette étude présente une certaine originalité
car, elle s’inscrit dans les quelques recherches qui ont abordé la question du
comportement des individus dans le cadre de la prévention face à la maladie.
D’un point de vue social, les résultats de cette étude nous obligent à prendre en
compte les aspects cognitifs dans les programmes de santé. Désormais, l’on devrait
comprendre que la santé est plus large que la médecine, c’est pourquoi il ne suffit
plus de décider et mettre des moyens de lutte contre les maladies à la disposition
des populations sans avoir au préalable mené une étude d’ordre social basée sur
l’individu.
Notre étude a été menée en zone urbaine. Ce qui ne permet pas une généralisation
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des résultats à toutes les femmes enceintes de Côte-d’Ivoire. C’est pourquoi, une
étude sur l’utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes en milieu rural
serait une piste intéressante à explorer pour les futures recherches.
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