Le Cycle de L'Azote Dans Les Agro-Systemes de L'Afrique de L'Ouest
Le Cycle de L'Azote Dans Les Agro-Systemes de L'Afrique de L'Ouest
) 1980
Nitrogen Cycling in West African Ecosystems
G.Hainnaux
Centre ORSTOM d’Adiopodoumé, BP 51, Abidjan, Ivory Coast
Abstract
The nitrogen cycle comprises all the transformations that this element is subject to in the biosphere.
Most of these transformations are carried out by microorganisms and their agricultural importance is
considerable in that they regulate the nitrogen balance in the soil and the nitrogen available to the
plants in a mineral form.
In an agroecosystem where the objective is to produce, the nitrogen cycle is influenced by manage-
ment practices. African agriculture is characterized by cropping systems, which have a very varied
intensification in their management, and the importanœ and frequency of the influence on the nitro-
gen cycle are very variable.
An evaluation is made of the different components of this cycle: the importance of different pools
and determination of the annual fluxes are evaluated based on literature data for systems in a crop
rotation.
Introduction
i Le cycle de l’azote concerne l’ensemble des transformations subies par cet élément dans la
biosphère. La plupart sont d’origine microbienne et leur importance agricole est con-
sidérable dans la mesure où elles régissent le bilan de l’azote dans le sol et conditionnent
la mise à la disposition des plantes des formes minérales.
Dans un agrosystème dont l’objectif est de produire, ce cycle subit la pression des tech-
niques culturales exercées par l’homme dans le cadre des systèmes de cultures qu’il met
en place. L’agriculture africaine se caratérisant par la juxtaposition de systèmes de cul-
tures présentant des niveaux d’intensification très divers, l’importance et l’incidence de
ces pressions sont très variables. Par ailleurs, si la mise en valeur agricole du milieu se
traduit par la rupture des équilibres naturels originels, l’installation de cultures pérennes
arbustives semble permettre le plus souvent le rétablissement d’un équilibre stable du fait
de la faible fréquence des interventions. Avec les cultures annuelles, l’évolution peut
être fort différente. En effet, l’intensification et les diverses interventions culturales
qu’elle implique, résultant plus de choix devenus nécessaires au niveau de la planification
que d’une progressive évolution de la pratique agricole, peut se traduire par la dégradation
rapide des qualités d’un milieu généralement considéré comme fragile compte-tenu de
l’agressivité des facteurs climatiques et de la rapidité des cycles biologiques.
Une évaluation moyenne des principales composantes du cycle de l’azote: impor-
,,. , . , , , , . , ... , ,. , . , ..... . " ~. ,. . ~. . ~
--+
tance des différents pools et mesure des fluxes annuels, sera dégagée des données biblio-
graphiques pour d'une part les systèmes traditionnels et d'autre part les systémes amé-
liorés, essentiellement ceux constitués de cultures entrant en rotation.
L'agriculture traditionelle
Les systèmes mis en place dans le cadre de cette pratique vont de l'agriculture itinérante
sur brûlis à une agriculture alternant périodes de culture à périodes de jachère plus ou
moins longues selon la pression démographique locale. L'importance relative de ces deux
périodes peut être illustrée par le coefficient d'utilisation des sols tel qu'il est définit par
Allan (1965) qui est de l'ordre de 2 à 6.
116
Tableau 1. Apports d'azote par les eaux de pluies
(1) d'après Thornton (1965); (2) d'après Jones & Bromfield (1970)
L'évaluation moyenne serait tant en zone tempérée qu'en zone tropicale de l'ordre de
10 kg ha-' an-' (Eriksson, 1952).
La fixation biologique: Cette fixation peut-être symbiotique ou non, mais quoi qu'il en
soit, on dispose de peu de données quantitatives quant à son importance réelle au champ
surtout en milieu traditionnel.
Aussi, en ce qui concerne les cultures de légumineuses est-il préférable d'estimer que
la fixation par voie symbiotique de l'azote atniosphèrique permet de satisfaire aux besoins
de la culture sans modifier le stock d'azote du sol (Jones & Wild, 1975) bien que des
variations importantes soient souvent observées mais le plus souvent en culture améliorée.
C'est ainsi qu'après culture d'arachide Jones (1974) note sur les céréales des augmen-
tations de rendement équivalent à un apport de 30 kg ha-'.
RU 1030 (paddy) 25 13
Maïs 778 (grains) 22 12
Mil 659 (panicules) 26 12
Sorgho 806 (panicules) 28 13
Igname 9500 (30% MS) 40 35
Manioc 7700 (30% MS) 32 21
Banane pl. 8500 (30% MS) - 17
Arachide 720 (gousses) 34 25
Coton 683 @aine) 37 15
117
. -. ,, , , ,, , . ,,, . , ,, .. .. .,
, ..".
"I III..... 1 .... . l . l . ,
i
i
Tableau 3. Exportations par les produits marchands en Afrique de l'ouest. Il
(1) d'apr5s les données de FAO - 1971 (Production Yearbook Vol. 25)
Dahomey
Ghana
13
13
11
12 j
Guinée 16 15
Côte d'ivoire 13 12 i
Niger 10 9
Nigeria 18 15 1
Sénégal 21 13
Haute-Volta 12 11
Moyenne 14 12 i
l
comparées à celles libérées à partir des réserves du sol, laissant supposer l'existence de
pertes nettes non négligeables essentiellement en zone forestière.
Evolution du sol sous culture: La mise en culture qui supprime la source principale de ma-
tieres organiques constituée par les restitutions issues de couvert végétal originel se traduit
au niveau de l'azote par des pertes dans le sol variant de 25 B 78 kg ha" an-' 3 B 4 ans
après défrichement (Martin, 1970; Jones, 1971; Fauck et al., 1969) dans les 15 premiers
[
1'18 I
I
I
l centimètres. Elles peuvent être beaucoup plus importantes l'année suivant de défriche-
ment et Fauck (1956) observe des pertes de 187 kg ha-' à Sefa.
i En moyennes ces pertes peuvent être estimées à 4 % par an. Elles sont le fait, d'une
part de l'érosion et du ruissellement et d'autre part, de la lixiviation.
! Les pertes en terre par érosion citées par Jones & Wild (1975) passant en revue les
résultats concernant la zone de savane varient de O à 21 t ha-' an-' selon les techniques
i culturales et pour des pentes inférieures à 4 %. Les résultats moyens obtenus par Roose
(1967) à Sefa sont de 9,3 t ha-' an-'. Ils sont voisins de ceux cités par Kowal(l970) à
Samaru. Selon cet auteur les pertes moyennes en azote attribuables à l'érosion sont de
6,3 kg ha-' an-' et de 7,4 kg pour le ruissellement. En zone forestière, les pertes, compte-
tenu des teneurs plus élevées en matière organique sont plus élevées. C'est ainsi que Roose
i (1973, 1977) sur pente de 7 % cite des pertes en terre de 32 t ha-' se traduisant par une
perte en azote de 98,3 kg ha-'. Sous sol nu elles atteignent 259 kg ha-' alors qu'elles ne
! sont que de 3,5 kg sous forêt naturelle.
I Conclusion
Les termes du bilan azoté d'un système sol-plante en culture traditionelle ont, exceptées
I les immobilisations et exportations, fait l'objet de peu de mesures en conditions réelles.
Par ailleurs, beaucoup d'entre eux variant en fonction des conditions locales, il est diffi-
I cile de donner des estimations moyennes.
I
I
On peut cependant noter que la productivité, bien que faible, de ces systèmes n'est
entretenue que sous réserve d'un rapport temps de jachèreltemps de culture assez élevé,
i variable selon les zones écologiques, mais supérieure à 3 en zone de savane et à 5 en zone
forestière. Cette jachère permet de thésauriser les apports extérieurs: apports météoriques
i 119
l
1
et furation biologique; tandis qu’en phase de culture prédominent les pertes par érosion et
lixiviation.
d’engrais de 100 kg ha-’ des pics de minéralisation équivalant à une fourniture de 300 kg
d’azote. Par ailleurs, cet auteur par des études en laboratoire a pu préciser les paramètres
cinétiques des transformation de l’azote dans le sol.
Les vitesses de minéralisation mesurées sont de l’ordre de 0,8 à 0,5 ppm par jour
mais variables en fonction du pH dont la baisse se traduit par une action inhibitrice et de
la nature des matibres organiques incorporées au sol. C’est ainsi que des apports répétés de
compost, bien qu’augmentant le coefficient de minéralisation de 3’7 à 5’4% provoquent
un ralentissement de la nitrification. Dans ces mêmes expériences, l’emploi d’engrais
marqué a permi de montrer que le ”turn over’’ de l’azote était très rapide: 25 % de l’azote
1?O
~.
niinéral apporté est réorganisé en 12 jours tandis que le taux de renouvellement est de
46 %.
Cette réorganisation peut affecter 30 à 70 % de l’engrais apporté et concerne princi-
palement les formes labiles. Les résultats mentionnés par Blondel (1971 b) illustrent égale-
nient l’existence d’un cycle minéralisation - immobilisation. Les immobilisations affec-
teraient des quantités de l’ordre de 66 kdha représentant le tiers des apports. Toutefois
la présence de plantes cultivées maintiendrait durant cette phase une certaine activitd
minéralisatrice variable selon les plantes qui interviendraient par leur activité rhizosphé-
rique (Blondel, 1971e).
Ces possibilités de réorganisation temporaire d’une fraction des engrais constituent
dans des sols oh la lixiviation des nitrates est rapide, un facteur de conservation intéres-
sant à considérer.
Les fixations biologiques: En ce qui concerne les capacités de fixation des légumineuses
Agboola & Fayemi (1972) les estiment à respectivement 450,350,324 kg ha-’ pour Calo-
pogoniuin mucunoides, Vigna sinensis et Phaseolus areus cultivées en sol fertiles. Ces plan-
tes seraient aptes à assurer leur propre alimentation azotée, et procureraient au sol des
gains que Fauck (1956) a pu chiffrer à 250 kgha“ pour une culture d’arachide. Toutefois,
selon Jones & Wild (1979, ce chiffre est suspect. En effet, d’autres auteurs (Martin, 1970)
constate une diminution du stock d’azote total après culture d’arachide. Cependant, sous
culture fourragère de légumineuse (Stylosanthes gracilis), Hainnaux et al. (1978) chiffrent
des gains nets dans le système sol-plante variant en moyenne de 50 à 150 kg ha-’ an-’
selon que ces plantes reçoivent ou non une fertilisation d‘appoint autre qu’azotée.
Sous cultures de riz et de maïs Chabalier (1976) estime qu’il est peu vraisemblable
qu’elles dépassent 30 unités.
Les apports d’engrais azotés: Ils sont très variables selon le niveau d’intensification. Les
doses les plus fréquemment vulgarisées pour les cultures entrant en rotation dépassent
rarement 25 à 50 kg ha“.
Ils visent essentiellement à l’optimisation économique du rapport outputs/inputs et ne
sont pas toujours compatibles avec les nécessités agronomiques (Poulain, 1977). Dans les
systèmes faiblement améliorés les apports sont par ailleurs préférentiellement réservés
d’une part aux cultures de rente (coton) et ensuite aux céréales.
Toutefois, l’étude des courbes de response montre que sous réserve d’application
d’un ensemble de techniques culturales adaptées et les autres facteurs limitant ayant été
éliminés, les doses peuvent être notablement augmentées et se situer de 60 à 150 kg ha-’
pour les céréales. Ils peuvent atteindre 750 kg ha-’ an-’ pour les cultures fourragères mais
restent faibles sous cultures de légumineuses. Toutefois, il est à noter que l’apport de
hautes doses effectué le plus souvent sous forme de sulfate d’amonium provoque des
chutes notable du pH.
Ces apports destinés à compenser globalement les pertes dues à la culture doivent aussi
permettre la satisfaction des besoins instantanés des plantes qui peuvent varier de 1’5 à
5 kg ha-’ jour-’ selon les plantes (Blondel, 1971f).
Le coefficient d’utilisation des engrais est plus élevés aux faibles doses que pour des
apports élevés et varie de 33 à 25 % pour le riz de 60 à 35 % pour la mais lorsque les
apports passent respectivement de 6 0 à 120 unités et de 100 à 200 unités. Les taux pour
des cultures fourragères n’excèdent pas 50 % (Hainnaux et al., 1978) sont améliorés
121
*
- .-
par le fractionnement (Roose & Talineau, 1974). L'engrais non utilisé par la culture peut
l'être par les cultures suivantes, les quantités ainsi mises en jeu sont de l'ordre de 20 5%
des apports (Chabalier, 1976).
Les immobilisations
Elles sont fonction des apports et des niveaux de production qu'ils permettent comme le
montrent les courbes de résponse, mais aussi des variétés plus ou moins bien adaptées.
C'est ainsi que pour des apports moyens sur céréales Poulain (1967) indique que sur les
variétés traditionelles cultivées l'accroissement de production affecte plus les pailles
(+124 %) que les grains (+33 %). Sur cotonnier, pour un rendement de 770 kg ha-' de
coton-graine les résidues aériens représentent 69 % du poids total, ce taux n'est plus que
de 48 % pour une production de 2150 kg ha-' (Deat & Sement, 1974).
Les types de sols et les caractéristiques climatiques induisent également une forte varia-
bilité. Dupont de Dinechin (1967a) note sur sorgho des gains de rendement variant de
624 à 1131 kg ha-' selon les années, que les doses apportées soient faibles (22 kg ha-')
ou fortes (100 kg ha-'), les variations entre points d'essais s'échelonnant de O à 785 kg
ha-'.
Cette importante variabilité est illustrée dans les Tableaux 5 et 6. Les Tableaux 7 et 8
donnent des estimations moyennes de ces immobilisations et exportations pour différents
niveaux de fertilisation azotée et en l'absence de tout autre facteur limitant. Les rende-
ments correspondant aux fertilisation faibles à moyenne sont voisins des objectifs de
production envisagés actuellement dans le cadre des opérations de développement mises
en place. Ceux correspondant à la forte fertilisation sont relatifs aux résultats obtenus en
stations expérimentales.
Compte-tenu des assolements et de la succession des cultures pratiquées, le Tableau 9
donne le niveau moyen des immobilisations et exportations selon que les restitutions sont
totales ou partielles. En effet, dans la pratique agricole habituelle, les restitutions sont,
122
Tableau 6 . Reponse 5 la fertilisation azotée de quelques cultures
RU sorgho Mais
Senegal (Siband 1970) Haute-Volta (Chaminade 1970) Haute-Volta (Dupont de
Sols à concrbtions Dinechin 1967 a & b)
~ ~~~~~~
O 2300 O 420
20 2740 25 520
40 3080 50 7 10
80 3960 15 800
~ ~~
RU 12 (Oà1.5)
Mais 15 (10 à 19)
Sorgho 16 (14 i3 22)
Mil 20 (18 25)
Arachide 50 (30 B 55)
Coton 28 (25 B 32)
Igname 4 ( 3 1 6)
Manioc 3 ( 2 8 4)
pour certaines cultures, faibles. Pour le manioc, les bois qui immobilisent environ 30 % de
l'azote ne sont pas restitués et servent à la préparation des boutures. En ce qui concerne
le coton, les tiges sont pour des raisons techniques (difficultés d'enfouissement) ou
phytosanitaires, brûlées. Quant aux fanes d'arachide, elles servent dans de nombreuses
régions à l'affouragement du bétail. De plus, cette culture ne reçoit en général qu'une
faible fertilisation azotée.
Ainsi, dans la plupart des Systemes pratiqués, les restitutions proviennent essentielle-
ment des pailles de céréales. Elles constituent comme l'ont noté de nombreux auteurs et
en particulier (Poulain (1977) une pratique nécessaire à l'entretien de la fertilité.
La variabilité observée tient aussi d'une part à la possibilité d'effectuer un ou deux
123
1
Niveau de fertilisation Rendements (kg ha-') Immobilisationpar la plante Exportation par les produits marchands
1
azot'ee (kg ha") (kg ha-' ) (kg ha-' 1
8 - 15 25 -50 75 -150 8 - 15 25 - 5 0 75 - 150 8-15 25 - 5 0 75 - 150
RU 1300 2800 3500 40 70 85 20 34 45
i
Maïs 1500 3500 5000 45 80 115 25 52 75
Mil 1100 1700 2000 50 70 95 20 30 40
sorgho 1300 2500 3000 45 75 90 20 38 45
Arachide 2200 - - 130 - - 88 - -
Coton 900 1500 1900 70 90 100 25 42 55
Igname 15000 30000 - 75 140 - 70 110 -
Manioc 15000 30000 50000 80 150 200 50 90 130
! Tableau 10. Balance entre gains et pertes en azote B Sefa, pour une succession de 5 cultures
I
Jachère enfouis 40 O
Maïs enfouis 120 95
RU exportés 69 86
Arachide exportés 10 O
I Mil brûlés 69 120
Moyenne annuelle 61 90
125
I
.-.
N (N03-) N (NH4')
Conclusion
Si la culture continue semble possible sous réserve d'une utilisation rationelle des engrais
et d'une restitution de l'ensemble des résidus de récolte, elle reste l'apanage des stations
expérimentales où l'ensemble des techniques culturales peuvent être appliquées dans des
conditions d'efficacité maximum. Les apports d'engrais minéraux tout en augmentant
considérablement la productivité des systèmes sol-plante ne permettent pas, le plus
souvent, du fait de l'importance des pertes par érosion, drainage et volatisation, d'équilib-
rer le bilan en azote.
Aussi, tant qu'un seuil minimal de technicité n'aura pas été atteint, l'introduction
d'une sole fourragère à base de légumineuses peut constituer une solution efficace à l'en-
tretien d'un équilibre azoté satisfaisant au niveau des rotations culturales. De même, la
restitution des résidus de culture constitue un impératif au maintien du bilan humique des
systèmes intensifiés (Talineau et al. , 1976).
Conclusion générale
La mise en cultures puis leur intensification se traduit au niveau du cycle de l'azote par
une ouverture de plus en plus importante. Si la productivité ne peut être en l'état actuel
des connaissances améliorée et maintenue que par des apports d'engrais, ceux-ci ont pour
conséquence une augmentation souvent importante des pertes.
Ainsi, même les apports à doses faibles ou moyennes, vulgarisées plus en fonction de
critères ~ ' é c ~ n o m i q u eque
s ~ ~de critères agronomiques restent insuffisants pour équilib-
rer le bilan azote. Ils risquent par ailleurs, du fait des effets cumulatifs, d'engendrer à
terme des déséquilibres affectant des éléments autres que l'azote. Tourte (1971) ont il-
lustré ces problèmes au Sénégal et montré qu'un bilan positif ne peut être obtenu que par
l'intensification simultanée d'un ensemble de techniques culturales qui outre l'utilisation
126
des engrais à des doses moyennes 1 élevées comportent l’enfouissement d’une jachère et
la restitution des résidus de culture.
Dans ces conditions, l’adaptation de l’ensemble des techniques culturales d’une part, et
le choix judicieux des systèmes de culture d’autre part, constituent des éléments essentiels
du contrôle de ce cycle.
Une autre voie possible d’amélioration semble être l’introduction dans les rotations,
d’une sole fourragère productive constituée de légumineuses. D’autre part, étant donné
l’accroissement notable des pertes d’engrais aux fortes doses d’apport, et compte tenu de
la diminution de leur efficience, l’amélioration génétique et la sélection de variétés aptes
à utiliser par voie de fixation symbiotique ou non l’azote atmosphérique, constituent des
voies à approfondir.
Enfin, il est nécéssaire pour rationaliser la gestion du stock d’azote du sol de mieux
connaitre les mécanismes qui règlent le cycle interne de cet azote et leur déterminisme.
Quoi qu’il en soit, les données disponibles sont en l’état actuel des connaissances in-
suffisantes pour évaluer de façon exhaustive et fiable tous les termes du bilan azoté d’une
succession culturale au champ. La détermination des valeurs moyennes à partir d’expéri-
mentations particulières et adaptées à la mesure de chacun d’entre eux pris isolément
élimine les interactions possibles et peut présenter un risque d’erreur important.
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