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Cours Orthoptie

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Encadrement juridique

de la profession
d’orthoptiste

Charles-Henry Frouart
Manon de Fallois
Laboratoire d’éthique médicale et de médecine légale
Université Paris Descartes
Introduction

 La profession d’orthoptiste est une profession réglementée


par les dispositions du Code de la santé publique.

 Ce code range les orthoptistes dans la catégorie des


auxiliaires médicaux, au même titre que les infirmiers ou
les orthophonistes par exemple.
Introduction

 La profession d’orthoptiste est donc non seulement


encadrée par des règles propres, mais également par des
règles générales qui concernent l’ensemble des
professionnels de santé.
 Les orthoptistes sont soumis aux règles générales qui
encadrent la relation de soin et qui protègent la dignité du
patient.
Introduction

 Trois aspects seront donc abordés:

Les règles spécifiques à la


profession d’orthoptiste;
Les règles fondamentales
encadrant la relation de soin;
Les notions fondamentales de la
responsabilité professionnelle.
I. Les règles spécifiques à la
profession d’orthoptiste
Remarque préliminaire:
Les études d’orthoptiste sont encadrées par un arrêté ministériel
qui fixe les conditions d’obtention du diplôme et les compétences
qui doivent être acquises lors de la formation:
 Arrêté du 20 octobre 2014 relatif aux études en vue du
certificat de capacité d'orthoptiste
 [Link]
T000029913536&categorieLien=id
 Décret du 5 décembre 2016 relatif à la définition des
actes d'orthoptie et aux modalités d'exercice de la
profession d'orthoptiste
 [Link]
23D/jo/texte
A. Les dispositions issues de la loi

Le code de la santé publique consacre un chapitre


spécifique à la profession d’orthoptiste et fixe les conditions
d’exercice:

 Partie législative:
Quatrième partie : Professions de santé
Livre III : Auxiliaires médicaux, aides-soignants,
auxiliaires de puériculture et ambulanciers
Titre IV : Professions d'orthophoniste et
d'orthoptiste
Chapitre II : Orthoptiste (articles L.4342-1 à
L.4342-7 CSP)
Article L.4342-1:
 La pratique de l'orthoptie comporte la promotion de la santé, la prévention, le bilan orthoptique
et le traitement des altérations de la vision fonctionnelle sur les plans moteur, sensoriel et
fonctionnel ainsi que l'exploration de la vision.
 L'orthoptiste pratique son art sur prescription médicale ou, dans le cadre notamment du cabinet
d'un médecin ophtalmologiste, sous la responsabilité d'un médecin.
 Il dépiste, évalue, rééduque, réadapte et explore les troubles de la vision, du nourrisson à la
personne âgée. Il participe à la prévention des risques et incapacités potentiels.
 L'orthoptiste exerce son activité en toute indépendance et en pleine responsabilité,
conformément aux règles professionnelles prévues au 1° de l'article L. 4342-7.
 Dans le cadre des troubles congénitaux ou acquis, l'orthoptiste met en œuvre les techniques et
les savoir-faire les plus adaptés à l'évaluation et au traitement orthoptique du patient et participe
à leur coordination. Son intervention contribue notamment au développement et au maintien de
l'autonomie et à la qualité de vie du patient.
 Il peut prescrire ou, sauf indication contraire du médecin, renouveler les prescriptions médicales
des dispositifs médicaux d'orthoptie, hors verres correcteurs d'amétropie et lentilles de contact
oculaire correctrices, dont la liste est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et de la
sécurité sociale pris après avis de l'Académie nationale de médecine.
 L'orthoptiste peut réaliser les séances d'apprentissage à la manipulation et à la pose des lentilles.
 Il peut également concourir à la formation initiale et continue ainsi qu'à la recherche.
 La définition des actes d'orthoptie est précisée par un décret en Conseil d'Etat pris après avis de
l'Académie nationale de médecine.
Article L.4342-2 :
 Sont tenues de se faire enregistrer auprès du service ou de l'organisme désigné à
cette fin par le ministre chargé de la santé, avant leur entrée dans la profession,
les personnes ayant obtenu un titre de formation ou une autorisation requis
pour l'exercice de la profession d'orthoptiste.
 L'enregistrement de ces personnes est réalisé après vérification des pièces
justificatives attestant de leur identité et de leur titre de formation ou de leur
autorisation. Elles informent le même service ou organisme de tout changement
de situation professionnelle.
 La procédure d'enregistrement est sans frais.
 Il est établi, pour chaque département, par le service ou l'organisme désigné à
cette fin, une liste de cette profession, portée à la connaissance du public.
 Un orthoptiste ne peut exercer sa profession, à l'exception de ceux qui relèvent
du service de santé des armées, que si ses diplômes, certificats, titres ou
autorisation ont été enregistrés conformément au premier alinéa.
 Les dispositions des articles L. 4311-26 et L. 4311-27 sont applicables aux
orthoptistes.
 Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret.
Article L.4342-2-1:
 L'orthoptiste peut faire usage de son titre de formation dans la
langue de l'Etat qui le lui a délivré. Il est tenu de faire figurer le
lieu et l'établissement où il a été obtenu.
 Dans le cas où le titre de formation de l'Etat d'origine, membre
ou partie, est susceptible d'être confondu avec un titre exigeant
en France une formation complémentaire, l'autorité
compétente peut décider que l'orthoptiste fera état du titre de
formation de l'Etat d'origine, membre ou partie, dans une
forme appropriée qu'elle lui indique.
 L'intéressé porte le titre professionnel d'orthoptiste.
B. Les dispositions issues de la
partie réglementaire
Code de la santé publique
 Partie réglementaire
 Quatrième partie : Professions de santé

Livre III : Auxiliaires médicaux,


aides-soignants, auxiliaires de
puériculture et ambulanciers
Titre IV : Professions
d'orthophoniste et d'orthoptiste
Chapitre II : Orthoptiste
Section 1 : Actes professionnels
Article R.4342-1:
 L'orthoptie consiste en des actes d'exploration, de rééducation et de
réadaptation de la vision utilisant éventuellement des appareils et
destinés à traiter les anomalies de la fonction visuelle.
 Dans son activité, l'orthoptiste est habilité à réaliser un
interrogatoire et à recueillir les informations concernant le patient
et son entourage dans le respect du secret professionnel.
 La prise en charge orthoptique est accompagnée, le cas échéant, de
conseils appropriés à l'entourage proche du patient.
Article R.4342-1-1:
 I.-L'orthoptiste est habilité à pratiquer ses actes en application d'une
prescription médicale écrite, datée et signée par le médecin
prescripteur.
 II.-Lorsqu'il exerce dans le cadre du cabinet d'un médecin
ophtalmologiste, au sein d'un établissement de santé, dans les
services de santé décrits au titre II du livre III de la sixième partie,
dans les hôpitaux et centres médicaux des armées ou dans les
services de santé au travail, l'orthoptiste peut également réaliser les
actes mentionnés aux articles R. 4342-2 et R. 4342-4 à R. 4342-7, en
application d'un protocole organisationnel préalablement établi, daté
et signé par un ou plusieurs médecins ophtalmologistes exerçant
dans ces structures. Ce protocole mentionne les noms et les adresses
professionnelles des orthoptistes concernés.
 III.-En cas d'urgence et en l'absence d'un médecin, l'orthoptiste est
habilité à accomplir les premiers actes de soins nécessaires en
orthoptie. Un compte-rendu des actes accomplis dans ces conditions
est transmis au médecin dès son intervention.
Article R.4342-1-2:
 Le protocole organisationnel permet à un orthoptiste de participer à
la prise en charge de patients suivis par un médecin ophtalmologiste
signataire de ce protocole.
 Il peut concerner :
 1° La préparation par l'orthoptiste de l'examen médical du médecin
ophtalmologiste ;
 2° Le suivi par l'orthoptiste d'un patient dont la pathologie visuelle
est déjà diagnostiquée, sans examen ophtalmologique réalisé le
même jour, afin de vérifier que l'état reste stabilisé.
 Le patient est informé de sa prise en charge dans le cadre d'un
protocole organisationnel.
Article R.4342-1-3:

 Le protocole organisationnel décrit les situations médicales


concernées et les actes orthoptiques nécessaires.
Article R.4342-1-4:

 Lorsque le protocole est utilisé pour le suivi par l'orthoptiste d'un


patient dont la pathologie visuelle est déjà diagnostiquée, sans
examen ophtalmologique réalisé le même jour, afin de vérifier que
l'état reste stabilisé, il précise :
 1° La durée au delà de laquelle un examen médical ophtalmologique
est nécessaire ;
 2° Les situations de sortie du protocole, notamment en cas
d'évolution apparaissant sur les examens pratiqués ou de
constatation d'éléments sans rapport avec la situation ciblée par le
protocole ;
 3° Les modalités de transmission au médecin ophtalmologiste des
informations relatives à l'interrogatoire et aux examens réalisés.
 Un compte-rendu, signé par le médecin ophtalmologiste, est alors
adressé au patient.
Article R.4342-2:

 L'orthoptiste est seul habilité, sur prescription médicale ou dans le


cadre d'un protocole organisationnel défini à la présente section, à
établir un bilan qui comprend le diagnostic orthoptique, l'objectif et
le plan de soins. Ce bilan, accompagné du choix des actes et des
techniques appropriées, est communiqué au médecin prescripteur.
 La réalisation d'un bilan orthoptique comporte l'étude des axes
sensoriel, moteur et fonctionnel de la vision.
 Dans le cadre de ce bilan, l'orthoptiste peut être amené à effectuer :
 1° Une mesure de la réfraction et de l'acuité visuelle ;
 2° Une étude des mouvements oculaires enregistrés ou non ;
 3° Un bilan des déséquilibres oculomoteurs ;
 4° Une déviométrie ;
 5° Une analyse fonctionnelle des troubles neuro-visuels.
Article R.4342-3:
 L'orthoptiste est seul habilité, sur prescription médicale et après réalisation du
bilan décrit à l'article R. 4342-2, à effectuer la prise en charge orthoptique :
 1° Des strabismes ;
 2° Des paralysies oculomotrices ;
 3° De l'amblyopie ;
 4° Des hétérophories ;
 5° Des troubles de la vision binoculaire et de ses déséquilibres ;
 6° Des troubles neurosensoriels, fusionnels et accommodatifs ;
 7° Des troubles de l'orientation du regard et des mouvements oculaires ;
 8° Des troubles neuro-ophtalmologiques ou neuro-visuels ;
 9° Des conséquences neuro-ophtalmologiques des pathologies générales ;
 10° Des troubles de la communication visuelle ;
 11° Des déficiences visuelles d'origine périphérique ou neuro-ophtalmologique
(basse vision).
 L'orthoptiste informe le médecin prescripteur de l'éventuelle adaptation du
traitement en fonction de l'évolution et de l'état de santé du patient et de
l'évolution du traitement orthoptique à l'issue de la dernière séance prévue dans le
plan de soin effectué lors du bilan.
Article R.4342-4:
 Sur prescription médicale, ou dans le cadre d'un protocole
organisationnel défini à la présente section, l'orthoptiste est habilité
à:
 1° Déterminer l'acuité visuelle et la réfraction, avec ou sans
dilatation, les médicaments nécessaires à la réalisation étant
prescrits par le médecin ;
 2° Procéder à l'irrigation de l'œil et instillation de collyres ;
 3° Recueillir des sécrétions lacrymales ;
 4° Réaliser les séances d'apprentissage à la manipulation et à la
pose des lentilles de contact oculaire et des verres scléraux.
Article R.4342-5 :
 L'orthoptiste est habilité, sur prescription médicale ou dans le cadre
d'un protocole organisationnel défini à la présente section, à
effectuer les actes professionnels suivants :
 1° Périmétrie ;
 2° Campimétrie ;
 3° Etude de la sensibilité au contraste et de la vision nocturne ;
 4° Exploration du sens chromatique ;
 5° Rétinographie mydriatique et non mydriatique. Les médicaments
nécessaires à la réalisation sont prescrits par le médecin ;
 6° Tonométrie sans contact.
 L'interprétation des résultats est de la compétence du médecin
prescripteur ou d'un médecin ophtalmologiste signataire du
protocole organisationnel.
Article R.4342-6 :
 L'orthoptiste est habilité, sur prescription médicale ou dans le cadre
d'un protocole organisationnel défini à la présente section, à
effectuer les actes professionnels suivants :
 1° Pachymétrie cornéenne sans contact ;
 2° Enregistrement des mouvements oculaires ;
 3° Tomographie par cohérence optique oculaire ;
 4° Topographie cornéenne ;
 5° Biométrie oculaire préopératoire sans contact ;
 6° Examen spéculaire de la cornée sans contact ;
 7° Aberrométrie oculaire ;
 8° Photographie du segment antérieur de l'œil et de la surface
oculo-palpébrale ;
 9° Photographie des deux yeux dans les différentes positions du
regard.
 L'interprétation des résultats est de la compétence d'un médecin
ophtalmologiste.
Article R.4342-7 :
 L'orthoptiste est habilité, sur prescription médicale ou dans le cadre
d'un protocole organisationnel défini à la présente section, à
participer, sous la responsabilité d'un médecin en mesure d'en
contrôler l'exécution et d'intervenir immédiatement, aux
enregistrements effectués à l'occasion des explorations
fonctionnelles suivantes :
 1° Angiographie rétinienne, à l'exception de l'injection qui est
effectuée par un professionnel de santé habilité ;
 2° Electrophysiologie oculaire ;
 3° Biométrie oculaire avec contact ;
 4° Pachymétrie avec contact.
 L'interprétation des résultats est de la compétence du médecin
responsable de l'exécution de l'examen.
Article R.4342-8 :
 Selon les secteurs d'activité où il exerce et les besoins rencontrés,
l'orthoptiste participe, dans le cadre des actes prévus aux articles R.
4342-1 à R. 4342-7, à différentes actions d'éducation, de prévention,
de dépistage, de formation, de recherche et d'encadrement.
 Ces actions concernent en particulier :
 1° La formation initiale et continue des orthoptistes ;
 2° La contribution à la formation d'autres professionnels ;
 3° La collaboration, en particulier avec les autres membres des
professions sanitaires et sociales, permettant de réaliser des
interventions coordonnées, notamment en matière de prévention ;
 4° Le développement de la recherche dans le domaine de
l'orthoptie.
Section 3 : Règles d'exercice de la profession
Article R.4342-16:
 La profession d'orthoptiste ne peut s'exercer dans les locaux
ou les dépendances des locaux commerciaux.
 L'interdiction prévue à l'alinéa précédent ne fait pas
obstacle à l'exercice de cette profession dans des locaux
dépendant d'un établissement sanitaire, social ou médico-
social ou d'éducation, ou dans des locaux aménagés par une
entreprise pour les soins donnés à son personnel.
Article R.4342-17:
 Lors de l'enregistrement à l'agence régionale de
santé du titre de capacité ou, le cas échéant, de
l'autorisation d'exercice, il est délivré à l'intéressé
une carte professionnelle, dont le modèle est établi
par le ministre chargé de la santé.
 Le changement de résidence professionnelle hors
des limites du département oblige à un nouvel
enregistrement. La même obligation s'impose aux
personnes qui après deux ans d'interruption, veulent
reprendre l'exercice de leur profession.
 Dans chaque département, le directeur général de
l'agence régionale de santé dresse annuellement les
listes des personnes qui exercent la profession
d'orthoptiste. Ces listes sont insérées au recueil des
actes administratifs de la préfecture.
Article R.4342-18 :

 Seules les personnes remplissant les conditions exigées à


l'article L. 4342-2 pour l'exercice de la profession
d'orthoptiste peuvent porter le titre d'orthoptiste.
B. Les dispositions issues de la
partie réglementaire
Les dispositions pénales:
Code de la santé publique
 Partie réglementaire
Quatrième partie : Professions de santé
 Livre III : Auxiliaires médicaux, aides-soignants, auxiliaires de
puériculture et ambulanciers

Titre IV : Professions
d'orthophoniste et d'orthoptiste
Chapitre IV : Dispositions
pénales
Section 1 : Exercice illégal

Article R.4344-1 :
 L'exercice illégal de la profession d'orthophoniste ou
d'orthoptiste est puni dans les conditions fixées par l'article
L. 4344-4.
Section 2 : Autres dispositions
Article R.4344-2:
 Le fait d'exercer la profession d'orthophoniste ou celle
d'orthoptiste dans les locaux ou les dépendances des locaux
commerciaux, sans respecter les dispositions des articles R.
4341-19 ou R. 4342-16, est puni de l'amende prévue pour
les contraventions de la quatrième classe.
II. Les règles fondamentales
encadrant la relation de soin

 Ces règles sont communes à l’ensemble des professionnels


de santé impliqués dans une relation de soins. Elles ne sont
donc pas spécifiques aux seuls orthoptistes.
A. Le respect de la dignité
de la personne
Le principe central: le respect de la personne et de sa dignité

 Article 16 du code civil: « la loi assure la primauté de la personne,


interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de
l’être humain dès le commencement de sa vie »;

 La dignité humaine est un principe à valeur constitutionnelle relevé


par le conseil constitutionnel dans une décision de 1994 (27 juillet
1994, n°94-343/344);
 Il n’y a pas de définition unique de la dignité de la personne humaine.
Ce principe découle de l’appartenance de tout individu à l’espèce
humaine.
 C’est un principe fondamental car il permet :
 De protéger chacun contre les atteintes des tiers
 De protéger l’individu contre lui-même (cf. l’arrêt du Conseil d’Etat du 27
octobre 1995 relatif à l’affaire du « lancer de nain »)
 Le maire de la commune de Morsang-sur-Orge avait interdit des spectacles de
"lancer de nains" qui devaient se dérouler dans des discothèques de cette ville.
 Pour le Conseil d’Etat, « l'attraction de "lancer de nain" consistant à faire
lancer un nain par des spectateurs conduit à utiliser comme un projectile une
personne affectée d'un handicap physique et présentée comme telle ; que, par
son objet même, une telle attraction porte atteinte à la dignité de la personne
humaine ».
 Conclusion: la dignité est indisponible à la personne.
 Principe inaliénable dont les composantes sont:
 L’intégrité du corps humain,
 L’absence de caractère patrimonial du corps humain,
 L’intégrité de l’espèce humaine,
 Le respect de l’être humain,
 Le droit à la vie privée,
 Le principe de consentement à l’acte médical.
 L’individu ne doit pas être réduit à un objet. Il doit être pris
en compte comme sujet tout au long de sa vie;
 Ce principe se retrouve de façon spécifique dans le code de
la santé publique: « la personne malade a droit au
respect de la dignité ». (art. L.1110-2 CSP);
 Le traitement de la douleur est considéré comme une
composante du respect de la dignité de la personne.
 Article L.1110-5 alinéa 4: « toute personne a le droit d'avoir une
fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible
de la souffrance. Les professionnels de santé mettent en œuvre tous
les moyens à leur disposition pour que ce droit soit respecté. »

 Le respect de la dignité perdure au-delà de la mort: « le respect dû au


corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des
personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le
corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec
respect, dignité et décence. »

 L’orthoptiste doit donc traiter son patient en prenant en


considération ses souffrances et en faisant preuve d’attention, de
professionnalisme et de respect.
B. Le droit à une
information claire et loyale
Le droit du patient à obtenir du professionnel de santé une information claire et
loyale tout au long de la relation de soin est considéré comme un droit
fondamental du patient (article L.1111-2 CSP)

« Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou


actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle,
leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles
qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les
conséquences prévisibles en cas de refus. » (art. L. 1111-2 CSP)

Toutefois, « la volonté d’un patient de rester dans l’ignorance de son état doit
être respectée » (article L.1111-2 al. 4) sauf si l’ignorance expose les tiers à un
risque de contamination.

L’information doit être délivrée au patient sauf en cas d’urgence, d’impossibilité


d’informer ou de refus du patient d’être informé sur un pronostic grave ou fatal.
Cette information est nécessaire à la délivrance d’un consentement éclairé
de la part du patient.

Si le patient est inconscient ou incapable, l’information est délivrée à la


personne apte à consentir à l’acte médical.

Le professionnel de santé a donc l’obligation de délivrer une telle


information et s’il ne le fait pas, il peut voir sa responsabilité engagée: « en
cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé
d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé » (article
L.1111-2 CSP)
 L’information du patient doit être préalable (y compris les conséquences et
les risques éventuels liés au soin envisagé) à tout acte de soin, mais elle doit
également être dispensée après celui-ci.

 Les informations portent non seulement sur l’état de santé du patient, mais
également sur le tarif des actes qui vont être proposés au patient (coût de
l’acte, les honoraires, les conditions de leur prise en charge et de dispense
d’avance des frais): « toute personne a droit à une information sur les frais
auxquels elle pourrait être exposée à l'occasion d'activités de prévention, de
diagnostic et de soins et, le cas échéant, sur les conditions de leur prise en
charge et de dispense d'avance des frais. » (article L.1111-3 CSP)

 L’obligation d’information pesant sur le professionnel de santé est délimité


par son champ de compétence.

 L’information est délivrée par affichage dans les lieux de réception des
patients ou par devis préalable au-delà d’un certain montant (article
L.1111-3-2 CSP)
C. Le consentement à l’acte
médical

 « Le consentement de l'intéressé doit être recueilli préalablement


hors le cas où son état rend nécessaire une intervention
thérapeutique à laquelle il n'est pas à même de consentir. » (article
16-3 du Code civil)
 « Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte
tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les
décisions concernant sa santé.
 Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un
traitement.
 Le médecin a l'obligation de respecter la volonté de la personne
après l'avoir informée des conséquences de ses choix et de leur
gravité. Si, par sa volonté de refuser ou d'interrompre tout traitement, la
personne met sa vie en danger, elle doit réitérer sa décision dans un délai
raisonnable.
 Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans
le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement
peut être retiré à tout moment. » (article L.1111-4 CSP)
 Sur la base des informations fournies, le patient doit donner son
consentement avant tout acte de soin. Le patient doit être libre
d’accepter ou de refuser. Ce consentement doit être exprès.
 Ce consentement doit être libre et éclairé, c’est-à-dire qu’il doit être
pris en connaissance de cause, à partir des informations qui lui ont
été communiquées.
 Le patient peut renouveler et révoquer son consentement à tout
moment. Le professionnel de santé l’informe sur les conséquences
de sa décision.
 Pour un acte médical concernant un mineur, le consentement
doit être donné, sauf dispositions spécifiques, par les titulaires de
l’autorité parentale conjointement, sauf pour les actes usuels. Le
consentement du mineur doit être systématiquement recherché s’il
est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision (article
L.1111-4 al. 7 CSP).
 S’agissant d’un acte médical concernant un majeur sous
tutelle, le consentement doit être donné par le tuteur, en y
associant le majeur capable de discernement.
 Quant au majeur sous curatelle, il peut par principe consentir
à l’acte médical sauf pour les actes graves pour lesquels il peut être
assisté par son curateur.
Faute de consentement du patient, le professionnel de santé s’expose
à des sanctions pénales (pour des atteintes à l’intégrité physique), à
des sanctions civiles (pour le préjudice subi) et à des sanctions
disciplinaires.
D. Le droit au respect du
secret professionnel

Secret professionnel: « obligation pour les personnes qui ont eu


connaissance de faits et informations confidentiels, dans l’exercice
ou à l’occasion de leurs fonctions, de ne pas les divulguer, hors les
cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret » (G.
CORNU, Vocabulaire juridique, coll. Quadrige, PUF, 2003, p. 818.)

Le secret professionnel, obligation de taire les informations


personnelles des patients, est une obligation juridique définie
notamment par les articles 226-13 et 226-14 du code pénal, et
l’article L.1110-4 du code de la santé publique.
Aujourd’hui, le secret professionnel et médical n’est
plus seulement pensé comme une obligation morale,
déontologique ou juridique pour le professionnel de santé.
Il se présente comme un corollaire du respect de la vie
privée, droit fondamental consacré par la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme (1948), la Convention
Européenne des Droits de l’Homme (1950), et par l’article 9
du code civil (« chacun a droit au respect de sa vie privée »).
L’article pivot du secret professionnel, l’article L.1110-4
du Code de la santé publique reprend cette dimension
fondamentale :
« toute personne prise en charge par un professionnel de
santé, un établissement ou service, un professionnel ou
organisme concourant à la prévention ou aux soins […] , le
service de santé des armées, un professionnel du secteur
médico-social ou social ou un établissement ou service
social et médico-social […] a droit au respect de sa vie
privée et du secret des informations le concernant. »
 Le secret professionnel en matière de santé est un droit de
la personne, une composante du droit fondamental au
respect de la vie privée.
 Ce droit fondamental est parfois mis en balance avec
d’autres intérêts fondamentaux, notamment pour les
questions qui concernent la santé ou la sécurité publique.
1°- L’objet du secret

Le secret couvre tout ce qui a été porté à la connaissance du


professionnel dans le cadre de sa profession, qu’il s’agisse
d’informations relatives à l’état de santé du patient que
d’informations relatives à sa vie privée.
« Ce secret couvre l'ensemble des informations concernant la personne
venues à la connaissance du professionnel » (art. L.1110-4 du Code de la
santé publique).

Informations écrites ou orales :


- connues des professionnels de santé ou de toute personne tenue au
secret professionnel;
- découvertes lors de consultations, analyses, déduites d’observations ;
- portée à la connaissance des professionnels de santé par tout autre
moyen.
Tout ce qui a été vu, entendu, compris:
- les informations négatives (absence de problème).
- toute information sur l’état physique ou psychique d’une
personne ;
- le diagnostic médical ;
- les informations génétiques ;
- les rapports de filiation ;
- la découverte de certaines infirmités à la naissance…
2°- Les personnes tenues au
secret professionnel
L’article 1110-4 alinéa 2 du code de la santé publique :

« Excepté dans les cas de dérogation, expressément prévus par la loi, ce


secret couvre l'ensemble des informations concernant la personne
venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout
membre du personnel de ces établissements ou organismes et
de toute autre personne en relation, de par ses activités, avec
ces établissements ou organismes. Il s'impose à tout professionnel
de santé, ainsi qu'à tous les professionnels intervenant dans le système
de santé. »
3°- La portée de l’obligation de
secret professionnel

Le secret est un droit de la personne. Il faut donc, avant


toute divulgation, recueillir le consentement de la
personne.
4°- Les sanctions prévues en cas de violation de l’obligation de secret
professionnel

Les sanctions pénales


L’article 226-13 du code pénal dispose que:
« la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en
est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction
ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15
000 euros d'amende. »

Responsabilité civile
le patient qui a subi une violation de la confidentialité des informations le
concernant peut demander et obtenir réparation du préjudice subi sous
forme de dommages et intérêts (réparation pécuniaire). Ce préjudice peut
être moral ou corporel.
5°- Les limites de l’obligation

 Le secret partagé;
 Les exceptions
 Par exemple, les obligations de levée du secret professionnel
(obligation de communiquer les naissances, de déclarer certaines
maladies contagieuses, de déclarer les maladies professionnelles…) Les
obligations de signalement sont le plus souvent justifiées par l’intérêt
général, que ce soit pour des raisons d’organisation de la société, de
santé publique ou de sécurité publique.

 Les facultés de parler: par exemple, les autorisations de levée du secret


professionnel (le signalement des situations ou de risques de violences…)
Fondement législatif du secret partagé
 Le droit fondamental du patient est le droit au respect de sa vie privée. Par exception, un
partage d’informations secrètes est possible s’il a lieu dans l’intérêt du patient et s’il porte
sur des informations strictement nécessaires aux soins.
 Selon l’article L. 1110-4 du Code de la santé publique, « un professionnel peut échanger
avec un ou plusieurs professionnels identifiés des informations relatives à une même
personne prise en charge, à condition qu'ils participent tous à sa prise en charge et que ces
informations soient strictement nécessaires à la coordination ou à la continuité des soins, à
la prévention ou à son suivi médico-social et social.
 Lorsque ces professionnels appartiennent à la même équipe de soins, au sens de l'article
L. 1110-12, ils peuvent partager les informations concernant une même personne qui sont
strictement nécessaires à la coordination ou à la continuité des soins ou à son suivi médico-
social et social. Ces informations sont réputées confiées par la personne à l'ensemble de
l'équipe.
 Le partage, entre des professionnels ne faisant pas partie de la même équipe de soins,
d'informations nécessaires à la prise en charge d'une personne requiert son consentement
préalable, recueilli par tout moyen, y compris de façon dématérialisée, dans des conditions
définies par décret pris après avis de la Commission nationale de l'informatique et des
libertés.
 La personne est dûment informée de son droit d'exercer une opposition à l'échange et au
partage d'informations la concernant. Elle peut exercer ce droit à tout moment. »
Règles relatives au secret partagé

 Une équipe de soins est un « ensemble de professionnels qui


participent directement au profit d’un même patient à la réalisation
d’un acte diagnostique, thérapeutique, de compensation du
handicap, de soulagement de la douleur ou de prévention de la
perte d’autonomie, ou aux actions nécessaires à la coordination de
plusieurs de ces actes » (art. L.1110-12 du Code de la santé
publique).
 Le secret partagé permet d’assurer la continuité des soins dans
l’intérêt du patient.

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