B 01: Champ magnétique
Les sources du champ électrique sont des charges électriques fixes.
Les sources du champ magnétique sont les charges électriques en mouvement qui donnent lieu à des courant
électriques.
I. Distributions de courant électrique :
1. Courant électrique :
On appelle courant électrique tout mouvement d’ensemble des particules chargées dans un référentiel.
C’est l’intensité du courant électrique.
dt
1. Densité volumique de courant
Considérons un ensemble des particules de charges q, de densité particulaire n et ayant un mouvement
d’ensemble avec une vitesse ⃗
Le vecteur densité volumique de courant associé a un mouvement d’ensemble est définit par : ⃗ ⃗
Avec densité volumique de charges mobiles
L’intensité élémentaire du courant électrique est définie par : ⃗ ⃗
L’intensité du courant électrique représente le flux du vecteur densité volumique de courant ∬⃗ ⃗
On définit ⃗ ⃗ vecteur élément de courant
2. Densité surfacique du courant
Dans certains cas, les courants sont confinés au voisinage d’une surface S d’épaisseur e faible devant les
autres dimensions du problème.
On définit le vecteur élément de courant par : ⃗ ⃗ où vecteur densité surfacique de
courant.
⃗ ⃗ − −
→ →
3. Densité linéique du courant
• Si deux dimensions d’une distribution de courant électrique sont négligeables devant la troisième, on dit
qu’on a distribution linéique de courant électrique.
• On considère un fil de section négligeable où les courants sont Zlocalisées le long du fil. ⃗ ⃗
− −
→ →
Z
Le vecteur élément de courant par : ⃗ ⃗ où I = j .dS.
S
• Ceci correspond à une modélisation linéique qui sera très souvent utilisée. Ce sera la seule modélisation
considérée dans la suite du cours de 1ère année.
Distribution Volumique (réelle) Surfacique Linéique
• Conclusion : →
− →
− →
− →
−
dC j dτ js dS I dl
1
II. Champ magnétostatique :
1. Loi de Biot et Savart;
Soit un filiforme parcourut par un courant électrique I
Le champ magnétostatique crée par le filiforme en un point M dans l’espace est définit par la loi de Biot et
Savart : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗ ∫ ⃗
2. Principe de superposition
Le champ magnétostatique total créé par un ensemble de distribution en un point M est égal à la somme
des champs magnétostatique créés par chaque distribution au point M .
III. Invariances et symétries :
1. Principe de Curie:
Les éléments d’invariance et de symétrie des causes doivent se retrouver dans les effets produits.
les effets : le champ magnétostatique et le potentiel -vecteur (hors programme de sup)
les causes : les distributions de courant.
2. Invariances des distributions de courant
a. Invariance par translation :
Une distribution de courant illimitée dans la direction de l’axe .
Elle est invariante par translation suivant l’axe si on retrouve la même distribution après avoir effectué la
translation.
Exemple 1: un fil de section rectangulaire illimitée dans la direction de l’axe parcourue par une densité
→
−
volumique de courant .
Si toute translation selon (Oz) laisse la distribution de courant invariante
Ce qui fait, la distribution de courant ne dépend pas du z : → − →
−
b. Invariance par rotation autour d’un axe:
Une distribution de courant est invariante par rotation suivant l’axe si on retrouve la même distribution
après avoir effectué la rotation autour de cet axe.
Exemple 2: un cylindre d’axe de révolution parcourue par une densité volumique de courant →−.
Si toute rotation autour de l’axe (Oz) laisse la distribution de courant invariante
→
−
Ce qui fait, la distribution de courant ne dépend pas du : → −
3. Invariance est symétrie du champ magnétostatique :
a. Invariance du champ magnétostatique:
Le champ magnétostatique présente les mêmes invariances de la distribution de courant.
b. Plan de symétrie:
La distribution de courant est symétrique par rapport à un plan de symétrie si seulement si :
→
− →
−
, on trouve
: désigne symétrique par rapport à .
Le champ magnétostatique créé par la distribution de courant est alors antisymétrique par rapport au plan
[ ]
de symétrie π S : B ( M ' ) = − symπ B ( M ) . Si M appartient à π alors B(M ) est orthogonal à π .
Conclusion : Le champ magnétostatique créé en un point d’un plan de symétrie est perpendiculaire à ce
plan.
2
c. Plan de d’antisymétrie
La distribution de charges est antisymétrique par rapport à un plan d’antisymétrie si seulement si :
, on trouve ⃗ ⃗
: désigne symétrique par rapport à
Le champ magnétostatique créé par la distribution de courant est alors symétrique par rapport au plan
d’antisymétrie π : B ( M ' ) = symπ [B(M )] . Si M appartient à π alors B(M ) est contenu dans π .
Conclusion : Le champ magnétostatique créé en un point d’un plan d’antisymétrie appartient à ce plan.
Remarque : On voit que les propriétés de symétries de B sont opposées à celles de E . Ceci est du au fait que B est défini par
un produit vectoriel : on dit que le champ magnétique est un pseudo-vecteur ou un vecteur axial.
IV. Topographie du champ magnétostatique :
1. Lignes de champ Le champ magnétostatique est un vecteur axial (pseudo vecteur)
Une ligne de champ est la courbe tangente en chacun de ses points M au champ ⃗⃗ :
⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗
Une ligne de champ est orienté dans le sens de ⃗⃗
2. Tube du champ
Un tube de champ est l'ensemble des lignes de champ qui s'appuient sur un contour fermé.
3. Propriété du champ magnétostatique;
Le flux du champ magnétostatique à travers une surface fermée est nul : ∯ ⃗⃗⃗ ⃗⃗
Le champ magnétostatique a flux conservatif
donc les lignes de champ sont des courbes fermées et entournet les sources
Le long d'une ligne de champ , la norme du champ décroit quand les lignes de champ voisines s'écartent
Le long d'une ligne de champ , la norme du champ croit quand les lignes de champ voisines se rapprochent
Exemple : carte topographique du champ magnétostatique
Lignes de champ magnétique d’une spire.
Le plan de la spire est plan de symétrie de la distribution de courants : les lignes de champ
coupent ce plan orthogonalement et sont antisymétriques de part et d’autre de ce plan.
Tout plan contenant l’axe de la spire est plan d’antisymétrie de la distribution de courants :
les lignes de champ sont symétriques de part et d’autre de ce plan et en un point de ce plan
lui appartiennent.
3
V. Théorème d’ampére :
→
−
• Énoncé : La circulation du champ magnétique B le long d’un contour fermé C orienté, appelé contour
d’Ampère, est égale au produit de µ0 par la somme algébrique des courants qui traversent la surface
→
− →
−
I X
délimité par C : B (M ). dl = µ0 Iint = µ0 εk Ik
C k
avec εk = +1 si Ik traverse S dans le sens +→
−
n.
→
−
εk = −1 si Ik traverse S dans le sens − n .
εk = 0 si Ik ne traverse pas S.
• Dans notre cas : Iint = i1 + i2 − i2 − 2i3 = i1 − 2i3 .
• Le contour d’Ampère doit passer par le point M où on cherche à calculer le champ.
VI. Exemples du calcul du champ magnétostatique :
1. Calcul par méthode directe :
1.1 Segment traversé par un courant
Soit AB un segment parcourut par un courant électrique I , et M un point quelconque
de l’espace
B
P
I
α αB
O •M
αA
A
En coordonnées cylindriques (Oz est confondu avec AB) on a invariance par rotation
autour de l’axe oz et par conséquent le champ magnétique ne dépend pas de l’angle et
donc
→
− →−
B(M) = B(r, z)
→
− →
−
Puisque le plan (ABM ≡ ( →−
er , →
−
ez )) est un plan de symétrie alors B(M) = B(r, z) = B(r, z) →
−
eθ
On applique la loi de Biot et Savart :
−→ −−→
→
− µo dC ∧ PM
dB =
4π PM 3 −−→
−u = PM = cos α → −→ →
−
Si on pose → −
er − sin α →
−
ez avec dC = I dℓ = Idz → −
ez et r = PM on obtient
PM
− µo I dz →
→ −
ez ∧ →−u
dB =
4π r2
→
− →
− →
− r
Sachant que ez ∧ u = cos α eθ ainsi z = r tan α =⇒ dz = dα ce qui donne :
cos2 α
µo I →− µo I
dBθ = cos αdα =⇒ B(M) = (sin αB − sin αA ) →
−
eθ
4πr 4πr
4
Pour un fil infini (αB → π/2 et αA → −π/2) alors en coordonnées cylindriques :
→
− µo I →
−
B(fil infini) = eθ
2πr
1.2 Champ magnétique sur l’axe d’une spire circulaire
Soit une spire circulaire de rayon R traversée par un courant I et M un point de son
axe Oz →
−u z
•M
O
R •
P
I
En coordonnées cylindriques ; tout plan diamétral est un plan d’antisymétrie est par
conséquent le champ magnétique est porté par oz.
→
−
Puisque on invariance par rotation autour de l’axe oz alors B(M) = B(r, z) →
−
ez ainsi on a M
→
−
sur l’axe r = 0 ce qui donne que B(M) = B(z) →
−
ez .
−→ −
→
− µo dC ∧ → u
La loi de Biot et Savart : d B(M) = 2
4π PM
→
− →− →
− −→ R
• u = cos α ez − sin α er • dC = IRdθ → −
eθ • sin α = ce qui donne
PM
µo I µo I 3 µo I R2
dB(M) = sin3 α dθ =⇒ B(M) = sin α =
4πR 2R 2 (R2 + z2 )3/2
Représentation graphique
On a :
• B(z) = B(−z) fonction paire donc symétrique par rapport à l’axe oy
• lim = 0
z→+∞ B(z)
µo I µo I
• B(z = 0) =
2R 2R
z
Si la spire contient N spires collées alors :
→
− − µo NI
→ µo NI R2
BT = N B = sin3 α →
−
ez = →
−
ez
2R 2 (R2 + z2 )3/2
5
1.3 solénoïde
Calcul du champ magnétique sur l'axe
Un solénoide est constitue de N spires identiques parourue par le méme courant permnant I
I R
L
N
Avec n = : nombre de spire par unité de longueur .
L
Ces spires créent donc un champ en un point M quelconque de l’axe.
Un solénoide présente les meme invariances et les symétries qu'une seule spire et par conséquant le champ
magnétique est porté par oz.
On note z = OP. La tranche d’épaisseur dz du solénoïde comprise entre z et z + dz
m0 I 3
est parcourue par une intensité élémentaire dI = nIdz et crée le champ élémentaire : dB = n sin adz
2R
R R R
avec tan a = . PM = OM − OP = OM − z = donc dz = 2 da
PM tan a sin a
+
L
dz
I a M z
O P a1 a2
z z+dz
D’où
m0 I 3 R m0 nI m0 nI
dB = n sin a 2 da = sin ada = − d (cos a)
2R sin a 2 2
On en déduit par intégration entre a1 et a2 :
→
− µo nI
B(M) = (cos α1 − cos α2 ) →
−
ez
2
2. Solénoïde infini : α1 → 0 et α2 → π :
→
−
B(M) = µo nI →
−
ez
2. Calcul par théoréme d’Ampére :
z
2.1 Champ magnétique d’un fil infini traversé par un courant I
I
En coordonnées cylindriques on a :
◮ Le plan ( →
−
er , →
−
ez ) est un plan de symétrie Γ #»
B (M
→
−
et par conséquent B(M) = B(M) →
−
eθ )
→−
◮ Symétrie cylindriques B(M) = B(r) →
−
eθ M
Appliquons le théorème Ampere avec le
contour (Γ) un cercle de rayon r . orienté dans le sens trigonométrique
6
H →− →
−
Γ
B(M).dℓ = µo Ie =⇒ B(r)2πr = µo I
ce qui donne µo I →
→
− −
B(M)fil infini = eθ
2πr
2.2 Solénoïde infini traversé par un courant I
Considérons un solénoïde infini, comportant N spires par unite de longueur, chacune
parcourue par un courant I permanent. Étant donne la géométrie cylindrique du solé-
noïde, on se place en coordonnées cylindriques, l’axe z étant l’axe du solénoïde.
Γ2
Γ3
I
⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙
Γ1 R
⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗⊗
→−
Symétrie et invariance donne : B(M) = B(r) →
−
ez
En utilisant le théorème d’Ampere pour les trois contours Γ1 ,Γ2 et Γ3 :
orientés dans le sens horaire
Z ◮ PourZle contourZΓ1 : Z h
− −
→ → − −
→ → − −
→ → − −
→ → C D
B.dℓ + B.dℓ + B.dℓ + B.dℓ = 0 ce qui donne
| AB{z } | BC{z } |CD{z } | DA{z } Γ1
r2
− B(r1 )h 0(⊥) B(r2 )h 0(⊥) A
r1 B
z
B(r1 ) = B(r2 ) ∀(r1 , r2 ) < R
Il en résulte qu’à l’intérieur du solénoïde le champ magnétique est uniforme.
Z ◮ PourZle contourZΓ2 : Z
− −
→ → − −
→ → − −
→ → − −
→ →
B.dℓ + B.dℓ + B.dℓ + B.dℓ = 0 ce qui donne B(r1) = B(r2 ) comme le champ
h
| AB{z } | BC{z } |CD{z } | DA{z } C D
− B(r1 )h 0(⊥) B(r2 )h 0(⊥)
Γ2
r2
B A
r1
z
magnétique est nul pour r → ∞ alors en dehors du solénoïde le champ magnétique est
nul. h
Z ◮ PourZle contour Γ
Z 3 : Z C D
→− −
→ − −
→ → − −
→ → − −
→ → Γ
B.dℓ + B.dℓ + B.dℓ + B.dℓ = − -6µo n hI ce qui donne r2
| {z } | {z } | {z } | {z }
AB BC CD DA
r1 B A
− Bh 0(⊥) 0 0
B(r < R) = µo nI z
Champ uniforme à l’intérieur du solénoïde
7
2.3 Nappe infinie traversé par un courant surfacique
Soit une nappe infinie confondue avec le plan xoy traversée par un courant surfacique
→
−
j s = js →
−
ex avec j s > 0.
Déterminons le champ magnétique en M∈ oz
z
z
M(z)
S R
→
−
js
J y
y
−
→
js
P Q
M’(-z)
x
En coordonnées cartésiennes on a :
→− →−
• Invariances par translation suivant les axes ox et oy ce qui donne B(M) = B(z).
→
−
• Le plan xoz est un plan de symétrie , donc B(M) = B(z) → −
ey z
Soit le contour Γ = PQRS P : orientés dans le sens trigonométrique
◮ On a :Ie = j s L avec PQ = L −
→
H→− →
− B (M)
◮ B(M) .dℓ = [−B(z) + B(−z)]L M
◮ −B(z) = B(−z )
Le théorème d’Ampere donne −
→
x js y
→
− µo j s →
− M
B(z) = −signe(z) ey C’est un champ uniforme −
→
2 B (M )
B
µo j s
2
µo j s
−
2
Le champ présente une discontinuité en 0 due à la modilisation surfacique