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Fiscalité Indirect

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Fiscalité des personnes physiques et morales :

LES IMPÖTS INDIRECTS


PLAN DU COURS TVA ET DROITS D’ACCISES
CHAPITRE INTRODUCTIF : GENERALITES SUR LA FISCALITE

PREMIERE PARTIE : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE


INTRODUCTION : DEFINITION ET HISTORIQUE DE LA TVA
A – Définition, principe de liquidation et avantages de la TVA
B – Historique de la TVA

TITRE I – LA TVA COLLECTEE

Chapitre I - CHAMP D’APPLICATION


Section 1 : Les opérations imposables
Section 2 : Les opérations exonérées
Section 3 : les personnes imposables
Section 4 : La territorialité

Chapitre II - FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE


Section 1 : Les définitions
Section 2 : Le principe
Section 3 : les cas particuliers

Chapitre III - BASE D’IMPOSITION


Section 1 : Les règles générales d’assiette
Section 2 : les règles particulières d’assiette

Chapitre IV - TAUX D’IMPOSITION


Section 1 : Pluralité des taux ou unicité des taux ?
Section 2 : L’évolution des taux et les coefficients de conversion

TITRE II – LA TVA DEDUCTIBLE

Chapitre I - REGIMES DE DEDUCTION


Section 1 : Le droit à déduction : conditions de fond et de forme
Section 2 : Les restrictions au droit à déduction (exclusions et limites)

Chapitre II - MODALITES DU DROIT À DEDUCTION


Section 1 : L’exercice du droit à déduction
Section 2 : Le remboursement de TVA

Chapitre III – REGULARISATIONS DE TVA


Section 1 : Les omissions
Section 2 : La TVA sur ventes et services impayés, résiliés ou annulés
Section 3 : La TVA facturée par une entreprise non commerciale et impayée
Section 4 : Les reversements par suite de modifications intervenues dans
l’activité de l’entreprise
TITRE III : REDEVABLES, OBLIGATIONS ET SANCTIONS

Chapitre I – REGIMES D’IMPOSITION

Chapitre II – OBLIGATIONS ET SANCTIONS

DEUXIEME PARTIE : LES DROITS D’ACCISE


TITRE I : LES DISPOSITIONS COMMUNAUTAIRE

TITRE II : LES PRINCIPAUX DROITS D’ACCISE AU BURKINA FASO

Chapitre I. LA TAXE SUR LES PRODUITS PETROLIERS

Chapitre II. LA TAXE SUR LES BOISSONS

Chapitre III. LA TAXE SUR LES TABACS, CIGARES, CIGARETTES

Chapitre IV. LA TAXE INTERIEURE SUR LA COLA.

Chapitre V. LA TAXE SUR LE CAFE ET LE THE

Chapitre VI. LA TAXE SUR LES PARFUMS ET COSMETIQUES

Chapitre VII. LE PRELEVEMENT SUR LES BILLETS D’AVION


Chapitre VIII. LA TAXE SUR LES JEUX DE HASARD
Chapitre XIX. LA TAXE SUR LES TELECOMMUNICATIONS

TITRE III. LES AUTRES IMPÔTS INDIRECTS


CHAPITRE I. LA TAXE UNIQUE SUR LES ASSURANCES
CHAPITRE II. LES DROITS D’ENREGISTREMENT
TITRE III. LES SANCTIONS
PREMIERE PARTIE : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE

INTRODUCTION : DEFINITION ET HISTORIQUE DE LA TVA

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est l’un des impôts les plus productifs de la fiscalité
burkinabè. Avant la création de l’Impôt sur les Sociétés (IS) en 2010, elle représentait, entre
35% à 40% des recettes fiscales du budget de l’État. Ce taux a chuté ces dernières années
(environ 30,33% en 2012). La TVA est d’application au Burkina Faso depuis le 1 er janvier
1993, elle a été instituée en lieu et place de la Taxe sur le Chiffre d’Affaires (TCA). La TVA
est le résultat d’une longue évolution de l’impôt sur la dépense (la consommation).

A – Définition, principe de liquidation et avantages de la TVA

1 – Définition de la TVA

La TVA est un impôt sur la dépense, c’est-à-dire un impôt qui frappe les actes de
consommation. Les actes de consommation étant des opérations de transmission de biens ou
de services.
La TVA est une forme de taxation du chiffre d’affaires mais basée sur la valeur ajoutée. En
effet on distingue au moins trois (3) types d’impôt général sur la dépense : la taxe cumulative,
la taxe unique à la production ou à la consommation et la taxe unique à paiement fractionné.

a) La taxe cumulative

Elle frappe le même produit lors de chaque transaction sans permettre la déduction des impôts
payés aux stades antérieurs. On estime généralement que ce mode de taxation entraîne une
augmentation excessive des prix et une pression fiscale insupportable si les taux d’imposition
sont élevés.

b) Les taxes uniques

Elles frappent les mêmes produits soit au début du circuit commercial (taxe à la production)
soit en fin de circuit (taxe à la consommation).
Les inconvénients des taxes uniques sont :
- la concentration du poids de la taxe à un seul stade ;
- l’incitation à la fraude;
- l’incertitude des rentrées fiscales.

c) La taxe unique à paiement fractionné

Elle évite les inconvénients des deux systèmes précédents. En effet, tout en frappant le même
produit lors de chaque transaction, elle permet la déduction des taxes payées aux stades
antérieurs. Les exemples ci-après le démontrent.
Pour un taux de 18%, le producteur qui achète pour 1000 F ses matières premières et
fournitures consommées acquitte 180 F de TVA, soit 1000 x 18%.
À la vente de son produit à 1400 F, il collecte une TVA égale à 1400 x 18% = 252 F. Il doit
donc reverser au Trésor 252 – 180 = 72 F.
Le grossiste qui a acquis sa marchandise à 1400 F, la revend à 1700 F. Il collecte alors une
TVA égale à 1700 x 18% soit 306 F. Il donc reverser au Trésor 306 – 252 = 54 F.
Le détaillant revend cette marchandise à 2200 F. Il collecte alors une TVA de 2200 x 18 % =
396 F. Dans ce cas il reverse au trésor 396 – 306 = 90F.
Total de la taxe versée au Trésor public = 180 + 72 + 54 + 90 = 396 F.

Le rendement de l’impôt est le même qu’il soit perçu au niveau du dernier vendeur (supporté
par le consommateur final) ou qu’il soit perçu à chaque stade de transaction (taxe à paiement
fractionnée).

2 - Principe de la liquidation de la TVA

Le calcul effectué ci-dessus montre que liquider la TVA consiste à calculer d’abord la TVA
collectée (TVA brute ou TVA exigible), ensuite à déterminer la TVA déductible et enfin à
faire le solde entre la TVA collectée et la TVA déductible, lequel solde peut être, selon le cas,
positif (TVA à décaisser ou TVA nette ou TVA due) ou négatif (crédit de TVA).
Le crédit de taxe est en principe (sauf cas de remboursement autorisé) imputable ou
déductible sur la TVA collectée de la période suivante.

NB - Lorsque la TVA afférente à un bien ou service n’est pas déductible par suite
d’exonération, de restriction ou d’exclusion, elle est considérée comme un élément du prix et
comptabilisée avec celui-ci en charge d’exploitation.

3 – Avantages de la TVA

Comparativement au système de taxe cumulative ou de taxe unique (comme la TCA), la TVA


comporte de nombreux avantages financiers et économiques :
- la rentrée régulière et échelonnée de recettes pour le budget national ;
- le risque de non-recouvrement est dilué par la multiplicité des interlocuteurs
(collecteurs de taxe) qui se contrôlent et se dénoncent mutuellement ;
- la possibilité de déduire la taxe, non seulement sur les achats et services mais aussi sur
les immobilisations, incite à l’investissement ;
- les exportations sont exonérées, d’où une incitation au commerce international ;
- la TVA peut jouer un rôle intégrateur important dans le cadre des organisations
économiques régionales ou sous-régionales (cas de l’UE, de la CEDEAO, de
l’UEMOA et la CEMAC).

B – Historique de la TVA

La TVA est le résultat d’une longue évolution des taxes sur le chiffre d’affaires. Cette
évolution peut être mise en évidence par quelques dates importantes, en France d’abord et au
Burkina Faso ensuite.

1 – En France

En France, la gestation, la naissance et l’évolution de la TVA sont marquées par les dates
suivantes :
 1917 – 1920 : création de la taxe sur les paiements qui est une taxe générale sur les
affaires, à caractère cumulatif, aux taux de 2% et de 10%.
 1920 – 1936 : institution de la taxe sur le chiffre d’affaires des transactions
industrielles et commerciales faites en France, aux taux de 2%, 3% et 10% ; la TCA
étant doublée par des taxes spécifiques sur certains produits (charbon, produits
pétroliers…).

 1937 : institution d’une taxe unique à la production aux taux de 6% et de 2%, perçue
auprès du premier producteur, avec un régime suspensif en amont.

 1948 : la taxe à la production est perçue selon le système des paiements fractionnés.
La taxe est donc perçue à chaque stade du circuit de production, mais chaque
redevable peut déduire (déductions physiques) sous certaines conditions, la taxe qu’il
a supportée en amont sur les matières premières et autres intrants utilisés pour réaliser
l’opération taxable.

 1954 : Institution de la TVA par une loi du 10 avril 1954 qui est entrée en vigueur en
1956. La TVA a été inventée et mise en place par Maurice Lauré, polytechnicien et
inspecteur des finances. À l’origine la TVA est limitée aux opérations de production
industrielle et au commerce de gros, avec six (6) taux allant de 6% à 23%.

 1968 : généralisation de la TVA à l’ensemble des activités industrielles, commerciales


et agricoles et modification des taux.

 1978 : harmonisation de la TVA dans le cadre de la CEE. Le champ d’application de


la TVA qui était limité aux seules « affaires » est étendu à l’ensemble des « opérations
économiques à titre onéreux » (donc imposition des activités libérales aussi).

 Actuellement, plus de 120 États, dont la Chine, le Japon et la Russie, ont adopté la
TVA. Comme exception notable, on notera les États Unis où la TVA n’existe pas
encore.

2 – Au Burkina Faso

Les dates suivantes méritent d’être retenues :


 1952 : institution de la taxe sur le chiffre d’affaires (TCA) par délibération AT
n°90/52 du 15 décembre 1952 ;

 1965 : le premier Code des impôts enregistrait la distinction des catégories d’affaires
telles les travaux immobiliers au taux de 16%, les actes de production au taux de 14%,
les prestations de services au taux de 9,5% et la fourniture de logement ou de
nourriture au taux de 4%.

 1987 : extension de la TCA aux produits importés et institution de trois taux de 7%,
18% et 25% (ordonnance n°85-26 du 3 juin 1985 mise en application en 1987).

Concernant les actes de production, la déduction des achats de matières premières et autres
matières consommables, du chiffre d’affaires, était autorisée. Par ailleurs, le secteur du
commerce, bien que situé dans le champ d’application de la TCA, est resté dans une situation
d’exonération de fait.
 1992 : institution de la TVA par la loi n°04/92/ADP du 3 décembre 1992, entrée en
vigueur le 1er janvier 1993.

 1998 : directive de l’UEMOA relative à l’harmonisation des législations des États


membres en matière de TVA, applicable à compter de 2001. Au Burkina Faso,
certaines dispositions de cette directive ont déjà été prises en compte dans les
différentes lois de finances adoptées depuis 1999 et le nouveau Code général des
impôts a internalisé cet acte communautaire dans son ensemble

 2009 : une seconde directive de l’UEMOA va venir instituer un taux réduit pour une
catégorie de biens et services.

Actuellement, tous les États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA) appliquent la TVA, avec des règles de plus en plus harmonisées.
TITRE I – LA TVA COLLECTEE
CHAPITRE I : CHAMP D’APPLICATION

SECTION 1 : LES OPERATIONS IMPOSABLES

Les opérations imposables à la TVA sont celles qui sont effectuées par les assujettis (critère
réel). Il faut distinguer les opérations imposables par nature, c’est-à-dire celles qui entrent
dans le champ d’application de la TVA et les opérations qui sont imposables par dispositions
expresses de la loi.

§1 – Les opérations imposables par nature

A – Les conditions d’imposition à la TVA

Aux termes du CGI (art. 296): « Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée – TVA – les
affaires faites au Burkina Faso par des personnes physiques ou morales qui, habituellement ou
occasionnellement, accomplissent des actes relevant d’une activité autre que salariée ».
Les conditions d’imposition à la TVA sont donc essentiellement au nombre de trois (3).

1 – L’opération doit constituer une « affaire »

Selon l’art. 297 du CGI « Par affaire, il faut entendre toute opération réalisée entre deux
personnes juridiques distinctes, moyennant une contrepartie en espèces ou en nature, quels
que soient les buts recherchés ou les résultats obtenus ».
Cette opération peut être une livraison de bien ou une prestation de service.
Moyennant une contrepartie signifie que l’opération doit être faite à titre onéreux. Il importe
peu que l’opération soit réalisée avec bénéfice, à prix coûtant ou à perte. La TVA ne frappe
pas un résultat bénéficiaire mais un chiffre d’affaires. La contrepartie versée par le client peut
prendre d’autres formes que le prix payé en espèces ; elle peut notamment être versée en
nature (échange de bien ou prestation de service).
À contrario, lorsque l’opération est réalisée à titre gratuit, il n’y a pas de TVA exigible, faute
de contrepartie servant de base à son calcul. Donc en principe les dons et les subventions
(opérations réalisées sans contrepartie ou à titre gratuit) ne sont pas imposables à la TVA.
Mais on verra plus loin que certaines subventions et certaines opérations réalisées à titre
gratuit peuvent être imposables.
Enfin, les « affaires » constituent des activités économiques et non administratives. Cela
exclut les activités normales des personnes publiques comme l’État et les EPA. Par activités
normales, il faut entendre les activités relevant de la puissance publique (ventes de timbres,
droits de scolarité réglés aux universités et aux établissements publics …).
Cependant, les activités de la puissance publique qui peuvent entraîner des distorsions de
concurrence par rapport aux activités du secteur privé sont soumises à la TVA ; tel est le cas
lorsqu’une collectivité publique exploite elle-même un parking pour véhicules à deux ou
quatre roues ou un service public qui loue ces locaux à des particuliers.

2- L’opération doit être réalisée par une personne physique ou morale qui accomplit des
actes relevant d’une activité lucrative autre que salariée.

Le domaine de la TVA couvre toutes les activités économiques indépendantes : industrielles,


commerciales, artisanales, agricoles et libérales. Seule l’activité salariée caractérisée par le
lien de dépendance (entre employé et employeur) est placée hors du champ d’application de la
TVA.
Cela signifie par ailleurs que les associations et autres personnes morales à but non lucratif
(fondations, congrégations, syndicats…) se trouvent hors du champ d’application de la TVA
lorsqu’elles n’exercent pas d’activité économique. Mais, si elles se rendent des services
payants, on estime qu’elles exercent une activité économique et qu’elles acquièrent de ce fait
la qualité d’assujettis.

3- L’opération doit être faite au Burkina Faso

C’est-à-dire que :
 pour une vente ou toute opération ayant pour effet de transférer à un tiers la propriété
des biens, la livraison du bien doit être faite au Burkina Faso.
 pour les travaux immobiliers, ces travaux doivent être effectués au Burkina Faso.
 pour toute autre opération, le service rendu, le droit cédé ou concédé, l’objet ou le
matériel loué doivent être utilisés ou exploités au Burkina Faso.
C’est la territorialité de la TVA qui donne un caractère spécifique aussi bien à l’imposition
des importations qu’à l’exonération des exportations.
En effet, pour certains auteurs, c’est pour cette raison que les importations sont imposables à
la TVA (consommation à l’intérieur du pays importateur) alors que les exportations en sont
exonérées (consommation dans le pays de destination où se fait donc l’imposition). En fait
pour ces auteurs, les importations seraient par nature, dans le champ d’application de la TVA
alors que les exportations seraient hors de ce champ d’application.
Pour d’autres auteurs, l’importation est une opération réalisée entre deux personnes dont l’une
est hors du territoire national (l’exportateur) et l’autre est sur le territoire national
(l’importateur). Par conséquent, l’importation (comme l’exportation) devrait se situer hors du
champ d’application de la TVA. Elle ne peut donc être soumise à la TVA que par une
disposition expresse de la loi. C’est cette dernière conception qui est dominante aussi bien
dans la doctrine que dans la législation.

B- La nature des opérations

Les opérations peuvent être regroupées en cinq (5) catégories et exposées logiquement selon
l’ordre suivant :
- les livraisons de biens (ventes) ;
- les opérations de transformation de produits agricoles;
- les prestations de services ;
- les travaux immobiliers ;
- toute activité lucrative autre que salariée.
En fait, il s’agit de livraisons de biens (les ventes) et le reste pouvant être considéré comme
des prestations de services.

1 - Les livraisons de biens

Par livraison de biens, il faut entendre toute opération ayant pour effet de transférer la
propriété de biens matériels et immatériels à des tiers, que ces biens soient ou non fabriqués
par celui qui effectue l’opération.
Il s’agit des ventes de biens meubles corporels, importés ou fabriqués ou acquis sur le sol
national. L’opération doit se traduire par un transfert de propriété de bien à un tiers. Il s’agit
de la vente ou de la revente des produits des activités industrielles et artisanales et des
produits importés.
Sont notamment assimilées à des livraisons de biens :
- les fournitures d’eau, d’électricité et de gaz;
- les ventes à tempérament ou ventes à crédit ;
- la transmission de biens effectuée en vertu d’un contrat de commission à l’achat ou à
la vente.

2- Les opérations de transformation de produits agricoles et piscicoles

Il s’agit en fait de vente de produits agricoles et piscicoles transformés. Il faut entendre par
produits agricoles, les produits de la culture, de la forêt, de la pêche et de l’élevage (animaux,
abeilles, poissons, grenouilles, etc.)
Les opérations de transformation des produits agricoles sont soumises à la TVA, qu’elles
constituent ou non le prolongement de l’activité agricole, qu’elles aient été faites par
l’agriculteur lui-même, par une union (coopératives ou unions de coopératives) d’agriculteurs
ou par toute autre personne. Ces opérations présentent en effet un caractère commercial ou
industriel qui les distingue nettement de la pure production agricole, qui, elle, est exonérée de
la TVA (céréales, produits de l’élevage ou de la pêche).
En clair, lorsqu’une personne exerce une activité de transformation de produits agricoles ou
piscicoles, la vente des produits transformés (grains transformés en farine, viande ou poissons
transformés en conserves ou autres, bois transformés en planches ou en meubles..) est
soumise à la TVA.

3- Les prestations de services

Par prestation de services, il faut entendre toute opération qui ne constitue pas une livraison
de biens effectuée entre deux personnes juridiques distinctes et comportant une contrepartie
en espèces ou en nature.
Les prestations de services sont notamment :
 les concessions de biens incorporels (brevets, licence, …) ;
 les locations de fonds de commerce ;
 les locations de biens meubles ou immeubles ;
 les opérations d’entremise (agences de voyage, courtage, opérations de commission ou de
change) ;
 les opérations de banque, d’assurance et de réassurance ;
 les travaux à façon ne relevant pas des actes de production (couture, coiffure, menuiserie,
…);
 les opérations d’entretien et de réparation de biens meubles (mécanique, électricité,
plomberie, …) ;
 les ventes à consommer sur place (bar, cafeteria, restaurant, …) ;
 les opérations de tourisme, d’hôtellerie et de restauration ;
 les activités de spectacles et de divertissement ;
 les opérations de transport ;
 les fournitures de télécommunication ;
 les opérations réalisées par les professions libérales.

4 - Les travaux immobiliers

Les travaux immobiliers sont des prestations de services d’un genre particulier. Par travaux
immobiliers, il faut entendre :
- tous travaux de construction, de rénovation, d’entretien et de réparation de bâtiments
et d’ouvrages immobiliers (routes, ponts, caniveaux, etc.) ;
- les travaux publics ;
- les travaux de chaudronnerie de bâtiments et de construction métalliques ;
- les travaux de démolition ainsi que tous les travaux accessoires ou préliminaires à des
travaux immobiliers.

5- Toute activité lucrative autre que salariée

En plus des opérations citées expressément, l’article 299 du CGI. Ouvre le champ
d’application de la TVA à « toute activité lucrative autre que les emplois salariés ».
La TVA s’étend donc en principe (sauf exonération) à toutes les activités économiques à
l’exception des emplois salariés. Ceci traduit le caractère de taxe générale de consommation
des biens et services de la TVA.

§2- Les opérations imposables par détermination de la loi

Les opérations citées au paragraphe précédent sont imposables à la TVA parce que par leur
nature, elles répondent à la définition « d’affaires faites au Burkina Faso » qui délimite le
champ d’application de la TVA.
Cependant, le CGI soumet expressément à la TVA un certain nombre d’opérations qui, par
nature, n’auraient pas été imposables parce qu’elles ne répondent pas entièrement ou pas du
tout à la notion d’« affaire » telle qu’elle est explicitée par la loi. Il en est ainsi des
importations et des livraisons à soi-même. Leur imposition permet de réaliser la neutralité
fiscale entre d’un côté les produits nationaux et les produits importés et d’un autre côté les
produits auto-consommés et les produits vendus.

A- Les importations
Les importations sont soumises à la TVA. Au plan fiscal, l’importation signifie : « le
franchissement du cordon douanier au Burkina Faso pour la mise à la consommation de
marchandises provenant de l’extérieur ou de mise à la consommation en suite de régime
douanier suspensif ».
Les produits importés sont soumis à la TVA, qu’ils soient destinés :
- à la revente en l’état ;
- aux besoins de production (matières premières ou machines-outils) ;
- à la consommation personnelle.
Sont assimilées à des importations :
- les prestations de services rendues par des non-résidents ;
- les acquisitions de biens immatériels acquis auprès de non-résidents.

B - Les livraisons de biens, de prestations de services ou de travaux qu’un assujetti se


fait à lui-même (Les livraisons à soi-même)
Il y a livraison à soi-même (LASM) lorsqu’un assujetti possède, pour la même opération, la
double qualité de fournisseur et de consommateur. Il peut consommer à titre personnel ce
qu’il vend (bien ou prestation de service) ; il s’agit alors de prélèvement pour un usage privé
(c’est l’autoconsommation). Il peut également fabriquer lui-même ce qui sera consommé par
son entreprise (c’est l’auto fabrication d’outils par exemple).
Selon les dispositions de l’article 299 du CGI « les livraisons de biens et les prestations de
services qu’un assujetti se fait à lui-même » sont soumises à la TVA dans les deux
situations ci-après :
1)- Lorsque ces biens (biens, extraits, fabriqués, construits ou transformés) ou ces services
sont utilisés pour les besoins de son exploitation et cette utilisation concourt à la réalisation
d’affaires portant :
- sur des biens autres qu’immobilisations et services (BAIS), non imposables ou
imposables mais ne bénéficiant pas en tout ou en partie du droit à déduction ;
- sur des immobilisations.
Exemples :
- le prélèvement de chaises sur sa propre production par une société de menuiserie pour
meubler le logement de fonction du Directeur ;
- la réparation par un mécanicien d’un véhicule de tourisme utilisé comme véhicule de
service dans son garage ;
- la construction, par un entrepreneur, de ses propres bureaux ou d’un magasin pour
entreposer ses matériaux, sauf si cette dernière opération est incluse dans un marché
global en exécution (construction d’un magasin sur un chantier).

 2- Lorsque ces biens et services sont utilisés pour les besoins autres que ceux de son
exploitation notamment pour ses besoins propres (autoconsommation, dons à des tiers,
prestations gratuites…), les besoins de son personnel ou les livraisons à titre gratuit au
profit des tiers, lorsque les biens, travaux ou services ont ouvert droit à déduction.
Exemples :
- le prélèvement de chaussures sur son stock effectué par un commerçant, pour lui-
même ou pour donner à autrui ;
- la construction d’une villa personnelle par un entrepreneur avec les moyens de son
entreprise ;
- le transport gratuit de personnes par un transporteur avec les cars de son entreprise.

Il convient de souligner que l’imposition des services rendus à soi-même pour les besoins de
l’exploitation ou pour les besoins personnels n’est pas aisée à réaliser dans les faits. Les
LASM de biens corporels sont plus faciles à taxer parce que portant sur des choses matérielles
et palpables.

NB : Les retraits d’immobilisations de l’actif d’une entreprise pour les porter dans le
patrimoine privé de l’exploitant ne sont pas soumis à la TVA mais sujets à la régularisation (à
voir dans les prochains chapitres).

SECTION 2 - LES OPERATIONS EXONEREES

Par définition, les opérations exonérées sont des opérations qui se situent dans le champ
d’application de la TVA mais que la loi exonère de la taxation effective pour des motifs
divers. Les exonérations sont énumérées dans le CGI aux articles 307, 308 et 309. On peut les
classer selon les objectifs visés par le législateur ou selon la nature des opérations.

§1- Les exonérations destinées à éviter une double imposition ou une


iniquité fiscale

1- Les affaires effectuées par les entreprises d’assurance et de réassurance et qui sont
soumise à la taxe sur les assurances. Il en est de même des opérations effectuées par
les courtiers en assurance.
2- Les dividendes, intérêts, arrérages, revenus et tous autres produits des actions de toute
nature et des parts de fondateur de sociétés soumises à l’IRCM.
3- Les mutations d’immeuble, de droit réel immobilier, de droit au bail, de fonds de
commerce et de titre minier imposées aux droits d’enregistrement ou à une imposition
équivalente à l’exclusion des opérations effectuées par les marchands de biens.
4- Les opérations portant sur les jeux de hasard et soumises à la taxe sur les jeux de
hasard.
5- Les prestations de services portant sur les produits soumis à la taxe sur les produits
pétroliers.
6- Les opérations soumises à la taxe sur les activités financières.

§2- Les exonérations dictées par des motifs sociaux ou culturels

1- Les recettes réalisées dans le cadre de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire


et supérieur, dispensé dans les établissements publics et privés reconnus par l’État.
(Problèmes d’interprétation de la nature des recettes : frais de scolarité uniquement
ou en plus des autres recettes éventuelles : vente de tenues scolaires ou de fournitures
scolaires non expressément exonérées) ; une I.A. est nécessaire pour clarifier ce
point.
Pour l’instant, il semble prudent d’exonérer uniquement les frais de scolarité et les
fournitures scolaires expressément cités par le CGI (cahiers, protège-cahiers et livres).
2- Les opérations effectuées par les entreprises de constructions d’habitats sociaux,
agrées comme telles et dont les prix de référence sont fixés par les pouvoirs publics.
3- les opérations de transport de malades.
4- les prestations d’hébergement et de restauration fournies aux malades dans les
structures sanitaires.
5- Les consultations médicales, soins et autres prestations présentant un caractère
médical (rééducation, kinésithérapeute), qu’ils soient au bénéfice de la santé humaine
ou animale, les médicaments et le matériel médical. L’exonération est étendue aux
prestations d’hospitalisation et de transport de malades et de blessés.
6- Les locations d’immeubles nus à usage d’habitation.
7- les locations effectuées par les sociétés de crédit-bail pour les biens figurant au tableau
I- A
8- Les opérations de transport terrestre urbain en commun (bus et taxis).
9- Les fournitures d'eau et d'électricité aux personnes physiques pour la tranche sociale
de leur consommation domestique pour un niveau fixé par arrêté du ministre chargé
des finances.
10- Les services rendus par les associations à but non lucratif, légalement constituées et
les établissements reconnus d’utilité publique, sous réserve que lesdits services soient
conformes à l’objet statutaire de l’association ou de l’établissement.
11- Les ventes par l’artiste de ses œuvres d’art à l’exception des articles d’orfèvrerie, de
bijouterie, de joaillerie ainsi que des objets manufacturés par des artisans ou
industriels de l’art.
12- Les ventes des biens d’occasion à l’exclusion des ventes de biens amortissables ayant
donnés droit à déduction effectuée par les assujettis et de celles effectuées par les
négociants en biens d’occasion.
13- les importations et les ventes de produits alimentaires non transformés frais, réfrigérés
ou congelés destinés à la consommation, y compris le poisson.
14- les importations et les ventes de viande non transformées frais ou réfrigérées destinées
à la consommation à l’exclusion de la viande congelée.
15- Les opérations de crédits dits crédits de masse ou crédits collectifs octroyés aux
paysans au titre de la culture attelée, de la culture maraîchère et de la motorisation
intermédiaire ;
16- La longue liste des produits exonérés : céréales, pain, journaux, gaz, réchauds et
accessoires, engrais, pesticides, machines et matériels agricoles, etc.
17- les intérêts servis par les établissements financiers sur les comptes d'épargne des
personnes physiques et des associations légalement autorisées.
18- Les intérêts des prêts consentis aux personnes physiques pour la construction ou
l’acquisition de la première maison ou du premier appartement destiné à l’habitation
principale lorsque la valeur HT ne dépasse pas un montant fixé par un arrêté du
ministre chargé des finances.
19- les décorticages et opérations de conditionnement portant sur les céréales ;
20- les opérations ayant pour objet la cession de valeurs mobilières et de créances.

§3- Les exonérations liées aux activités du commerce extérieur et assimilé

 Les exportations directes de biens et les réexportations en suite d’un régime douanier
suspensif ainsi que les prestations de services assimilées à des exportations sont
exonérées de TVA. Sont assimilés à des exportations : les transports terrestres pour les
parties réalisées à l’étranger, lorsque ces prestations sont effectuées du Burkina vers
l’étranger ;
 les transports aériens internationaux et les déménagements internationaux par voie
aérienne;
 l’avitaillement des aéronefs à destination de l'étranger;
 les livraisons, transformations, réparations, entretien et locations d’aéronefs, utilisés
par des compagnies de navigation aérienne pratiquant essentiellement un trafic
international rémunéré, les livraisons, locations, réparations et entretien des objets qui
leur sont incorporés ou qui servent à leur exploitation, les livraisons de biens destinés
à leur avitaillement ainsi que les prestations de services effectués par les besoins
directs de ces aéronefs et de leur cargaison ;.
 Les ventes d’emballages par les fabricants pour le conditionnement des fruits et
légumes destinés à l’exportation par les professionnels (les modalités d’application
sont fixées par voies règlementaires).

§4- L’agriculture, l’élevage et la pêche

Les ventes, effectuées par les exploitants agricoles, les planteurs, les éleveurs et les pêcheurs
des produits non transformés de leur activité, sont exonérées de TVA.
Sont aussi exonérées, les ventes d’aliments pour bétail et pour volaille produits au Burkina
Faso.

§5- Les organismes publics à caractère administratif

Les ventes, cessions ou prestations réalisées par l’État, les collectivités locales et les
établissements publics n’ayant pas un caractère industriel ou commercial sont exonérés.

§6- Les petites entreprises


Les opérations effectuées par les contribuables relevant du régime du Réel Simplifié
d’Imposition (RSI) et ceux relevant de la Contribution des Micro Entreprise (CME) sont
exonérées de TVA.
En rappel, sont assujettis à la CME, les contribuables dont le chiffre d’affaires annuel (HT) est
inférieur à 15 millions de FCFA et ceux dont leur chiffre d’affaires HT est supérieur ou égal à
15 millions et inférieur à 50 millions relèvent du RSI. Il est à préciser que les professions
libérales sont exclues de la CME.
Le dépassement en cours d’année de la limite de 50 millions ci-dessus entraîne
l’assujettissement à la TVA (et autres impôts professionnels) au premier jour de l’exercice
suivant.
Le redevable ne peut à nouveau bénéficier de l’exonération que si le chiffre d’affaires annuel
est inférieur à la limite de 50 millions durant trois exercices consécutifs.

§7 – Exonérations liées aux relations diplomatiques

Les exonérations1 accordées dans le cadre des relations internationales et de la gestion des
projets ou marchés à financement extérieur sont strictement limitées :
- aux fournitures d’eau, de téléphone et d’électricité, aux prestations de services et aux
travaux immobiliers effectués dans les locaux de la mission diplomatiques et de la
résidence du chef de mission ;
- aux biens et services nécessaires au fonctionnement des organismes internationaux et
organismes assimilés ayant conclu une convention de siège avec l’État burkinabè ;
- aux biens et services nécessaires au fonctionnement des institutions du système des
Nations Unies conformément à la Convention sur les privilèges et immunités des
Nations Unies du 13 février 1946.

SECTION 3 - LES PERSONNES IMPOSABLES

Ont la qualité d’assujetti, les personnes qui réalisent des opérations soumises à la TVA. C’est
le critère personnel (assujetti) par opposition au critère réel (opérations imposables). Le critère
réel conditionne le critère personnel ; ce qui est normal, puisque la TVA est un impôt réel
portant sur des opérations réalisées, quelle que soit la qualité de la personne assujettie.
Il y a des personnes qui sont imposables à la TVA de plein droit et d’autres par contre qui
choisissent volontairement de payer la TVA.

§1- Les personnes assujetties de plein droit

1- Les importateurs, à titre habituel ou occasionnel.


2- Les producteurs :
- les industriels (fabrication, opération de montage ou d’assemblage aboutissant à la
création de produits neufs) ;
- les façonniers lorsqu’ils fournissent eux-mêmes les matières premières (couturiers,
menuisiers…) et les personnes qui effectuent des rénovations ou des transformations ;
- les exploitants de mines et carrières lorsque cette activité n’est pas le prolongement de
travaux immobiliers.
3- Les entrepreneurs de travaux immobiliers

1
Pour bénéficier de cette exonération le contribuable devra disposer d’un certificat d’exo et solliciter la détaxe
auprès de la DGI selon la LF 2019.
4- Les entreprises de leasing ou crédit-bail : ce sont des entreprises qui effectuent des
locations de biens d’équipement ou d’exploitation avec possibilité pour le preneur de
les acheter en fin de contrat.
5- Les commerçants ou négociants : ce sont ceux qui habituellement achètent pour
revendre, en l’état ou après conditionnement, des biens meubles.
6- Les prestataires de services : tous ceux qui réalisent des opérations de prestation de
services y compris les professions libérales.
7- L’État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics sont assujettis de
plein droit à la TVA pour leurs activités à caractère industriel ou commercial.
8- Les personnes bénéficiant d’exonérations totales ou partielles, lorsque les conditions
d’octroi de ces avantages ne sont plus réunies, rendant ainsi les taxes exigibles.

§2- Les personnes assujetties par option

A - Le principe de l’option
Il y a option lorsqu’une personne exonérée d’un impôt, la TVA en l’occurrence, demande
l’autorisation de l’acquitter. La loi autorise dans certains cas, limitativement énumérés,
l’option pour l’assujettissement à la TVA parce que cela peut comporter des avantages alors
que l’exonération ressemble parfois à une punition.

B - Les avantages de l’option


L’exonération d’une opération au cours d’un circuit de fabrication ou de commercialisation
peut aboutir à une pénalisation, puisque l’entreprise exonérée ne peut récupérer la TVA qui
lui a été facturée. En effet, dans ce cas il y a une rupture dans la chaîne des déductions, du fait
que l’un des maillons est taxé comme un consommateur final, ce qui se traduit par une
surcharge fiscale ; c’est ce qu’on appelle le phénomène de rémanence de taxe.
Il existe d’autres avantages comme :
- la possibilité de facturer la taxe aux clients assujettis qui les récupéreront eux-mêmes ;
- la possibilité d’augmenter le prorata de déduction, en cas d’assujettissement partiel.
C - Les bénéficiaires de l’option
L’option est réservée aux deux catégories de personnes suivantes :
- les exploitants agricoles, les planteurs, les éleveurs et les pêcheurs quel que soit leur
chiffre d’affaires annuel.
- les contribuables du RSI qui optent pour le régime du bénéfice du réel normal
d’imposition.
D - La forme et la durée de l’option
- L’option pour les exploitants agricoles, les planteurs, les éleveurs et les pêcheurs est
irrévocable et prend effet à compter du premier jour du mois au cours duquel, elle est
exercée.
- L’option pour les contribuables du RSI est formulée par lettre adressée au Directeur
Général des Impôts avant le 1er février de chaque année. L’option prend effet à
compter du 1er jour du mois au cours duquel elle est exercée. Elle est irrévocable
durant trois (3) ans. Au terme de cette période, elle peut être dénoncée chaque année
au cours du mois de janvier.
Les contribuables qui débutent leur activité peuvent opter dans les trente (30) jours du
commencement de cette activité.

SECTION 4 – LA TERRITORIALITE
Le champ d’application de la TVA n’est pas illimité dans l’espace ; il comporte un caractère
territorial : l’opération imposable doit être réputée faite au Burkina Faso. La loi pose le
principe de territorialité de la TVA et énonce la solution liée à chaque catégorie d’opération
imposable.

1- La vente ou toute opération ayant pour effet de transférer à un tiers la propriété


d’un bien.
L’opération est réputée faite au Burkina Faso, si elle est réalisée aux conditions de livraison
de la marchandise au Burkina Faso, c’est-à-dire si la délivrance matérielle du produit est
effectuée sur le territoire burkinabè.
Les ventes à l’exportation réalisées aux conditions départ, franco-gare ou franco-frontière,
constituent donc des affaires faites au Burkina Faso ; cependant elles bénéficient d’une
exonération particulière qui est expressément dictée par le CGI (exportation directe des biens
et réexportation en suite de régime douanier suspensif).

2- Les travaux immobiliers


Les travaux immobiliers sont imposables s’ils sont effectués au Burkina Faso.

3- Les autres opérations


Il s’agit notamment des prestations de services. Elles sont imposables au Burkina Faso
lorsque le service rendu, le droit cédé ou concédé ou l’objet ou le matériel loué ou réparé est
utilisé ou exploité au Burkina Faso.
Le critère de l’imposition est donc le lieu d’utilisation des services, c’est-à-dire le lieu où les
services sont exploités ; dans la mesure où ils sont utilisés ou exploités au Burkina Faso, ceux-
ci deviennent passibles de la TVA.

À ce sujet, voir, par exemple, la lettre n°0166 du 18 février 2000 du DGI à un gérant de
SARL à propos de l’imposition des frais de siège à la TVA.
CHAPITRE II - FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE

SECTION 1 – LES DEFINITIONS

La doctrine fiscale distingue le fait générateur de l’exigibilité.


Le fait générateur est l’événement ou la situation qui donne naissance à la créance fiscale de
l’État et donc du Trésor public.
L’exigibilité est l’événement qui accorde au Trésor public le droit de réclamer le paiement de
la taxe ou de l’impôt ; elle est le droit que le Trésor peut faire valoir à partir d’un moment
donné pour obtenir du redevable, le paiement de l’impôt.
Dans la pratique cette dernière notion est la plus importante :
- pour l’assujetti, elle détermine la période au titre de laquelle les opérations
imposables doivent être déclarées au service des impôts ;

- pour le client, elle détermine la date à laquelle il peut déduire la taxe qui lui est
facturée.
Au Burkina Faso, en matière de TVA, en principe le fait générateur et l’exigibilité sont
concomitants, mais il existe quelques cas particuliers dans lesquels les deux phénomènes
ne coïncident pas.

SECTION 2 - LE PRINCIPE

Le fait générateur et l’exigibilité sont concomitants, c’est-à-dire qu’ils se produisent en


même temps.
Ils sont constitués :
- pour les importations, la mise à la consommation de la marchandise sur le
territoire burkinabè au sens douanier (dédouanement de la marchandise sur le
territoire burkinabè);
- pour les ventes, par la livraison du bien (marchandises ou produits) ; mais en cas
d’établissement de facture avant que des livraisons ne soient effectuées, la taxe devient
exigible au moment de l’émission de la facture (la loi dispose que toute TVA facturée
est due) ;
- pour les travaux immobiliers, par la livraison du travail (l’exécution des travaux)
Dans la pratique on se réfère à la réception provisoire des travaux. Pour les
travaux immobiliers donnant lieu à l’établissement de décomptes, le fait
générateur est réputés intervenir lors de l’expiration des périodes auxquelles ces
décomptes se rapportent ;
- pour les prestations de services, par l’accomplissement des services ;
- pour les livraisons à soi-même, par la première utilisation du bien ou des travaux
immobiliers et par l’accomplissement des services pour les prestations à soi-
même. Mais dans la pratique, pour les biens, on prendra la date du prélèvement
du bien ;
- pour les importations de biens immatériels ou les prestations de services rendues par
des non-résidents, par l’émission de la facture ou la comptabilisation de
l’opération.
SECTION 3 - LES CAS PARTICULIERS

La loi fiscale a posé des exceptions au principe de la concomitance du fait générateur et de


l’exigibilité. Ainsi :

- pour les livraisons de biens, en cas d’établissement de facture avant que les
livraisons ne soient effectuées, l’exigibilité intervient au moment de l’émission de la
facture ;
- pour les prestations de services et les travaux immobiliers, le versement d’avance ou
d’acompte rend la taxe exigible sur le montant dudit versement ;
- pour les prestations fournis par les redevables soumis à l’impôt sur les bénéfices
non commerciaux (les professions libérales par exemple), l’exigibilité intervient à
l’encaissement du prix des services ; c’est la conséquence de l’application de la
comptabilité de caisse à ces professions, en lieu et place de la comptabilité
d’engagement fondée sur le principe des créances acquises et des dettes certaines ;
- pour les fournitures ou livraisons à l’État, aux collectivités territoriales ou à leurs
démembrements n’ayant pas un caractère industriel ou commercial, les redevables
ont l’obligation de déclarer ces opérations dans les délais de droit commun.
Toutefois, un différé de paiement (un sursis de paiement) peut être accordé par le service des
impôts jusqu’au moment du paiement par les services du Trésor. Dans ce cas, le montant dû
est retenu à la source par le service chargé du paiement, au taux indiqué par le service des
impôts lors du visa des décomptes, du marché ou du contrat. À défaut de visa, une pénalité de
25% en cas de mauvaise foi et 200% en cas de manœuvres frauduleuses, des droits dus sera
infligée aux contrevenants.
CHAPITRE III - BASE D’IMPOSITION

Il ressort des dispositions du CGI que la base d’imposition de la TVA est constituée par le
prix total tous frais compris (à l’exception de la TVA elle-même) du produit ou du service. Il
existe des règles générales d’assiette mais aussi des dérogations à ce régime général.

SECTION 1- LES REGLES GENERALES D’ASSIETTE

L’étude des principes généraux régissant la TVA amène à examiner successivement :


- les éléments normaux de la base d’imposition ;
- les éléments particuliers à ajouter dans la base d’imposition ;
- les éléments particuliers à exclure de la base d’imposition.

§ 1 - Les éléments normaux de la base d’imposition

Si l’on considère chaque type d’opération taxable, la base imposable est essentiellement
constituée d’un certain nombre d’éléments précis.

A- Pour les produits importés


La base imposable est constituée par la valeur en douane (valeur CAF franco-frontière c’est-à-
dire le coût d’achat augmenté des frais de transport, d’assurance) et de tous les droits et taxes
de porte de toute nature liquidés par l’administration des douanes (article 25 du Code des
Douanes). Cependant, les frais de transport ne sont pas pris en compte dans la base imposable
lorsque la vente est conclue aux conditions et que le transport est à la charge de l’acquéreur et
rémunéré distinctement.

B - Pour les livraisons des produits extraits ou fabriqués au Burkina Faso ou


importés
La base imposable est le prix de vente réclamé au client (ensemble des paiements qui
incombent au client) ou toutes les sommes, valeurs, tout biens ou services reçu ou à recevoir
en contrepartie.
C’est le cas d’un prix payé en nature ou en espèce qui se rattache à la notion de reprise.

La base imposable est constituée par le prix convenu entre les parties sans qu’il y’ait lieu de
tenir compte du fait que ce prix peut se décomposer en versement d’acomptes du prix
principal et du solde.
Il peut arriver, dans certains cas exceptionnels, que des éléments accessoires du prix ne soient
pas déterminés de façon précise lors de la délivrance de la marchandise ; dans ce cas, les
sommes perçues postérieurement à cette délivrance donnent lieu à imposition dès leur
encaissement.
Lorsque plusieurs produits passibles de la TVA à divers taux sont vendus pour un prix global,
chacun doit être soumis à l’imposition à raison de son prix et au taux qui lui est applicable. Il
appartient au redevable d’en faire la ventilation sur la facture. Ces cas se rencontrent dans les
restaurants et les hôtels.

Lorsqu’un produit est composé d’éléments passibles de taux différents, la TVA est exigible en
principe sur le prix du produit considéré, au taux qui lui est propre (vente de climatiseur avec
pose). La base imposable est le prix du climatiseur (qui comporte en fait le prix de la pause) et
on applique le taux propre aux climatiseurs.
C - Pour les travaux immobiliers
La base imposable est constituée par le montant des mémoires, marchés, factures ou
acomptes, y compris les travaux confiés à des sous-traitants.

D - Pour les prestations de services


La base imposable est constituée par le prix des services ou par toute valeur ou service reçu
ou à recevoir du client par le prestataire en contrepartie de sa prestation.
En règle générale, pour les deux derniers cas, la base est déterminée tous frais et taxes
compris, à l’exclusion de la TVA. Elle comprend également :
- les primes et bonifications pour avance dans l’exécution des ouvrages ;
- les indemnités de résiliation correspondant au prix des travaux déjà exécutés ; mais la
part représentative d’un préjudice subi n’est pas imposable ;
- et d’une manière générale, toute somme versée pour un motif quelconque en sus du
prix du marché de travaux, à l’exception des primes et indemnités pour préjudice.

E- Pour les livraisons à soi-même


La base imposable est constituée par le prix de revient des biens, services ou travaux.

F- Pour les entreprises de travail temporaire


La base imposable est constituée par toutes les sommes facturées au client.

G- Pour les échanges


La base imposable est constituée par la valeur des produits reçus en contrepartie du bien livré,
augmenté, le cas échéant, du montant de la soulte.

§ 2 - Les éléments particuliers à ajouter à la base d’imposition

Outre les éléments normaux ci-dessus, constitutifs de la base d’imposition, il convient d’y
ajouter, le cas échéant, certains éléments particuliers comme les impôts et taxes, les frais
accessoires aux livraisons des biens, les indemnités n’ayant pas le caractère de dommages et
intérêts et les subventions de fonctionnement.

A - Les impôts et taxes


La TVA elle-même n’entre pas dans la base imposable, puisque les taux s’appliquent au prix
hors taxe. Il convient en revanche d’incorporer dans la base imposable les autres droits et
taxes. Il en est ainsi des droits de douane, des droits d’accises et toute autre taxe applicables
aux produits ou au service (taxe sur les produits pétroliers, taxes sur les boissons, les tabacs, le
café et le thé, la cola…), des taxes parafiscales et redevances (taxe touristique, le droit de
péage sur les routes bitumées ou taxe routière, taxe de statistique, etc.).

Par exemple, la base imposable d’une importation sera égale au prix CAF (coût-assurance-
fret) plus le droit de douanes et les taxes parafiscales perçues par le service des douanes en
raison de l’importation.

La base imposable d’une opération effectuée sur le territoire national comprend le prix du
produit ou du service mais également, s’il y a lieu, les montants des taxes qui s’y rattachent (à
l’exclusion de la TVA elle-même) comme les taxes spécifiques (accises), les taxes
parafiscales et les redevances.
L’incorporation des impôts et taxes à la base imposable de la TVA confère à celle-ci un
caractère cumulatif puisque l’on calcule l’impôt sur l’impôt.
B - Les frais accessoires aux livraisons de biens
Il s’agit par exemple des commissions, des intérêts, des frais d’emballage (non récupérables
ou non récupérés), des frais de transport et d’assurance demandés au client même s’ils sont
facturés séparément.
Les commissions versées à des intermédiaires et facturées aux clients sont à inclure dans la
base d’imposition. Aucune déduction de la base n’est admise pour frais quelconques afférents
à la vente ou pour salaires, commissions ou courtages dus par le vendeur à des intermédiaires.
Les intérêts, agios et autres frais facturés aux clients, doivent être inclus dans la base
d’imposition alors même qu’ils feraient l’objet d’une facturation distincte, dès lors qu’ils sont
liés à une opération soumise à la TVA. Bien entendu, ces frais ne sont pas imposables à la
TVA si la vente à laquelle ils se rapportent est elle-même exonérée ou s’ils sont totalement
indépendants d’une opération imposable.

En ce qui concerne les emballages lorsqu’ils ne sont pas récupérables ; ils sont vendus avec
le produit qu’ils contiennent et leur prix s’incorpore au prix du produit qui est soumis à la
TVA.

Quant aux frais de transport, ils sont à incorporer à la base imposable dès lors qu’ils sont
facturés au client. Dans le cas des ventes effectuées à l’intérieur du territoire national, il
convient de distinguer les ventes « franco-domicile » des « ventes-départ ». En cas de vente
franco-domicile, le transfert de propriété et la remise matérielle du bien vendu s’opère au
domicile de l’acquéreur, le transport incombe alors au vendeur et la responsabilité de celui-ci
n’est dégagée qu’après la prise de possession effectuée par l’acquéreur à son domicile. Dans
ce cas, les frais de transport sont compris dans la facture et le montant total est soumis à la
TVA. Dans le cas de la vente-départ, l’acquéreur prend livraison de la marchandise au
domicile (à l’entreprise) du vendeur et assure lui-même le transport. La facture du vendeur ne
comprendra pas alors les frais de transport. Si l’acquéreur fait transporter sa marchandise par
un transporteur professionnel, ce dernier lui en facturera les frais qui seront soumis à la TVA
si le transporteur est un assujetti.

Enfin les frais d’assurance qui sont normalement à la charge du vendeur doivent, lorsqu’ils
sont réclamés au client, être considérés comme un élément du prix de vente de l’opération et
constituent par conséquent un élément de la base d’imposition. Ils suivent le même sort que
les frais de transport. C’est ainsi qu’en cas d’importation, les frais de transport et les frais
d’assurance sont inclus dans la base d’imposition des objets importés.

C - Les indemnités n’ayant pas le caractère de dommages et intérêts


Les indemnités perçues à des titres divers entrent dans la base d’imposition à la TVA
lorsqu’elles représentent la contrepartie directe ou indirecte d’une opération imposable. Il
s’agit le plus souvent d’indemnités versées par une personne à une autre à raison de
l’inexécution ou de la mauvaise exécution d’un contrat. Ce sont des indemnités qui sont en
fait des substituts ou des compléments du prix. Par exemple :
- le dépôt de garantie et cautionnement conservé par le créancier à titre d’indemnité en
cas de mauvaise exécution d’un contrat de location d’immeuble ;
- les intérêts moratoires perçus conformément aux stipulations du contrat ;
- les arrhes et acomptes conservés à titre de dommages et intérêts par les fournisseurs
lorsque les clients renoncent à prendre possession des objets commandés ;
- les intérêts de résiliation et les indemnités de dégradation versées par les clients à une
entreprise de location de véhicules.
D - Les subventions de fonctionnement et subvention d’équilibre
Sont soumises à la TVA, les subventions et abandon de créances qui représentent l’unique
contrepartie d’une opération imposable ou qui constitue le complément direct du prix d’une
telle opération (subvention de fonctionnement) ou encore celles qui sont destinées à
compenser globalement l’insuffisance des recettes d’exploitation d’une entreprise (subvention
d’équilibre).
Ces types de subventions s’opposent aux subventions d’équipement.
Évidemment si la subvention est destinée à compenser ou à compléter le prix d’une opération
exonérée, la subvention est aussi exonérée.

§ 3 - Les éléments particuliers à exclure de la base d’imposition

A - Les réductions commerciales et financières


Elles ne font pas partie de la base imposable à la TVA lorsqu’elles sont directement
consenties aux clients (sur facture) et dans les normes habituelles de l’activité concernée et
que ceci entraîne donc une diminution du prix hors taxe. Il s’agit notamment des rabais et des
remises au profit des clients.

La ristourne est une réduction commerciale (accordée généralement en fin d’année). Elle se
calcule sur la base totale TTC déjà facturée ; dans ce cas, le vendeur adressera à son client une
facture rectificative ou une note d’avoir ; ce qui entraîne une remise en cause du montant de la
TVA et donc une régularisation ; c’est-à-dire que le montant de la TVA correspondant à la
remise viendra en diminution de la TVA collectée chez le vendeur et corrélativement de la
TVA déductible chez l’acheteur. L’escompte est une réduction financière qui entraîne la
même conséquence que la ristourne

B - Les sommes perçues lors des livraisons d’emballages consignés


Les prix des emballages consignés (bouteilles de gaz, fûts, containers, etc.) ne sont pas
imposables à condition que la TVA afférente à ces sommes ne soit pas facturée (art. 312-2°
du CGI.). En effet, les emballages consignés (ou récupérables) sont simplement prêtés au
client contre une somme sous forme de garantie et doivent être restitués au fournisseur qui
procède à son tour au remboursement de la somme déposée en garantie. Toutefois, si
l’emballage consigné n’est pas restitué, il est considéré comme vendu (donc comme un
emballage perdu) et la consigne devient alors imposable. Dans ce cas, il y a deux solutions
possibles :
- le prix de l’emballage non restitué devient un prix hors taxe, et le fournisseur adresse
une facture complémentaire comportant le montant de la TVA au client (indélicat) ;
l’application stricte de l’article 311 du CGI– 1° doit aboutir à appliquer cette solution ;
- le prix de l’emballage non restitué est considéré comme un prix TTC et la TVA
collectée est extrait de ce montant. Cette solution semble la plus réaliste. (NB :
application controversée au Burkina Faso).
Par prudence et par simplification, en France, les entreprises sont autorisées à facturer, aux
clients, la TVA sur le montant de la consignation comme s’il s’agissait d’emballages perdus
(donc vendus), quitte à ce qu’elles procèdent par la suite à une régularisation de la TVA en
cas de remise de l’emballage. Certaines entreprises font également ainsi au Burkina Faso.

Enfin, il faut noter que l’emballage qui est séparé de son contenu par le destinataire devient un
article d’occasion, dont la vente est soumise au régime des biens d’occasion.
C - Les indemnités ayant le caractère de dommages-intérêts
Il s’agit d’indemnités perçues par un assujetti en compensation d’un préjudice matériel ou
moral qu’il a subi ; dans ce cas on considère que l’intéressé ne s’enrichit pas et ne réalise donc
pas une affaire. Tout se passe comme s’il recevait tout juste le remboursement de ce qu’il a
perdu par le fait du hasard ou d’autrui. Il en est de même des dommages-intérêts issus de
condamnations judiciaires.

Voici quelques exemples d’indemnités ayant le caractère de dommages-intérêts et donc non


soumises à la TVA :
- les indemnités d’assurance versées par les compagnies à la suite d’un sinistre ;
- les indemnités allouées à un commerçant à la suite d’une action en concurrence
déloyale.

D - Les débours dûment justifiés


Il s’agit du remboursement exact des frais dont le contribuable avait fait l’avance. Les cas les
plus fréquents sont constitués par les débours engagés par les mandataires (avocats, avoués…)
et les commissionnaires (commissionnaires en douane ou de transport…) lorsqu’ils effectuent
des dépenses sur l’ordre et pour le compte de leur mandant. Pour être exonéré, le montant des
débours doit, en plus, être exactement justifié auprès du service des impôts.

Si le remboursement ne correspond pas au montant exact des frais déboursés et présente un


caractère forfaitaire, il doit être inclus dans la base imposable.
Ce régime permet aux mandataires et aux commissionnaires de n’être taxés que sur leur
rémunération propre, à l’exclusion des frais qu’ils ont avancés pour le compte de leur
commettant.

E - Les primes et subventions d’équipement affectées au financement d’un bien


d’investissement déterminé et les aides à caractère financier entre entreprises
S’agissant des primes et subventions d’équipement, ce sont en règle générale des sommes
versées aux entreprises par les pouvoirs publics. Lorsque ces sommes sont destinées à
financer l’achat d’un bien d’équipement déterminé, elles sont à exclure de la base
d’imposition.

Concernant les aides inter-entreprises (au moyen de versement de sommes ou d’abandon de


créances), il faut distinguer l’aide à caractère dit financier de l’aide à caractère dit
commercial.

L’aide est à caractère financier lorsqu’elle est consentie par une société mère au profit d’une
filiale avec laquelle elle n’entretient pas de relations commerciales ; cette forme d’aide
échappe à la TVA.

L’aide est à caractère commercial lorsqu’elle est consentie par un partenaire commercial,
qu’il s’agisse d’une entreprise juridiquement indépendante ou d’une filiale de
commercialisation. Cette forme d’aide est en revanche soumise à la TVA.
SECTION 2- LES REGLES PARTICULIERES D’ASSIETTE

Dans certains cas, la TVA est calculée sur une base spécifique. Le CGI prévoit deux : les
ventes des biens d’occasion et les agences de voyages. A ces deux, on peut ajouter les LASM.
Ce sont des dérogations aux règles générales d’assiette.

§ 1 - Les livraisons à soi-même

La base imposable des LASM est constituée par le prix de revient des biens, services ou
travaux faisant l’objet des livraisons.

Le mode de détermination de l’assiette, c’est-à-dire du prix de revient, résulte de la


comptabilité de l’entreprise qui se livre à elle-même un bien ou un service. En règle générale,
la base imposable est constituée par les dépenses engagées pour obtenir le bien ou pour
exécuter la prestation de services. Donc, en cas d’autoconsommation, la taxe est calculée sur
le prix d’achat des biens prélevés et en cas d’auto fabrication, la taxe est calculée sur le prix
de revient des biens fabriqués.

§ 2 - Les ventes de biens d’occasion

Sont considérés comme biens d’occasion, les biens ayant fait l’objet d’une utilisation et qui
sont susceptibles de réemploi en l’état ou après réparation.
En cas de réparation, l’opération doit aboutir simplement à une remise en état, c’est-à-dire à
une restitution, plus ou moins complète, des caractéristiques initiales de l’objet à l’état neuf.
En revanche, les opérations qui se traduisent par une transformation par rapport à l’objet
initial avant usage font perdre à celui-ci la qualification d’objet d’occasion ; il devient un
produit nouveau dont le régime d’imposition est celui des produits neufs.

Les négociants en biens d’occasion (ceux qui font profession de vendre des biens d’occasion),
sont imposables à la TVA sur le montant total de chaque vente. Mais la faculté d’acquitter la
TVA sur la marge leur est ouverte ; la marge étant la différence entre le prix de vente et le
prix d’achat.
L’option prend effet à compter du premier janvier qui suit la date de l’accusé de réception de
la demande par le service des impôts.

En cas d’option, deux remarques s’imposent :


* la marge est supposée comprendre la TVA exigible (qui aussi la TVA nette), laquelle est
donc calculée « en dedans » ;
* du fait que le négociant ne paie pas la TVA sur la totalité du prix de vente du bien
d’occasion, il ne peut récupérer la taxe qui lui a été, le cas échéant, facturée à l’achat ; il peut
en revanche déduire la TVA qui a grevé le coût des réparations. C’est en cela que l’option
présente un avantage lorsqu’il s’agit de biens acquis auprès de non assujettis.

§ 3 - Les opérations d’entremise effectuées par les agences de voyages et les


organisateurs de circuits touristiques
Leur base imposable (qui est aussi leur chiffre d’affaires) est constituée par la différence
entre :
- le prix total HTVA payé par le client ;
- et le prix HT (déductible) facturé à l’agence ou à l’organisateur par les entrepreneurs
de transport ou de spectacles, les hôteliers, les restaurateurs et les autres assujettis qui
exécutent matériellement les services utilisés par le client.
Ils sont donc imposés sur leurs marges brutes ou sur leurs commissions.
Les remarques faites à propos des ventes de biens d’occasion, en cas d’option, sont également
valables en ce qui concerne les agences de voyages.
CHAPITE IV – TAUX D’IMPOSITION

La TVA peut comporter un ou plusieurs taux.

Dans tous les cas, la TVA collectée s’obtient en appliquant à une base hors taxe (HT), le taux
légal. Mais dans certains cas, la base d’imposition est exprimée toutes taxes comprises (TTC),
ce qui pose le problème de conversion de cette base en HT.

SECTION 1 - PLURALITE OU UNICITE DES TAUX ?

Les taux des impôts indirects et particulièrement ceux de la TVA font souvent l’objet de
nombreuses manipulations en fonction des nécessités budgétaires ou des impératifs
économiques ou sociaux. Ainsi dans certains cas, on fixe un seul taux et dans d’autres cas, on
adopte plusieurs taux (deux, trois, quatre ou même plus).

Il faut souligner que le système des taux multiples comporte des avantages même s’il a aussi
quelques inconvénients. Dans tous les cas, au Burkina les autorités ont plutôt opté pour le taux
unique avant d’instituer un second taux à partir de 2020.

§ 1 - Les avantages et les inconvénients de la pluralité des taux

A - Les avantages
L’adoption de plusieurs taux de TVA est le moyen dont dispose le législateur pour « nuancer
l’imposition ». Elle permet de tenir compte des impératifs économiques, sociaux et financiers.

Au plan économique, la pluralité des taux permet de sauvegarder certains secteurs tels que
l’agriculture, l’artisanat, la pêche et de favoriser le développement d’autres activités telles
l’hôtellerie ou le tourisme.

Au plan social, la discrimination des taux permet d’atténuer la charge fiscale sur les budgets
modestes par la taxation réduite (au taux réduit) des produits de large consommation comme
le savon de ménage, l’huile…

Au plan financier, la pluralité des taux permet de maintenir les recettes budgétaires à un
niveau satisfaisant, en taxant plus fortement les consommations de luxe ou la consommation
de produits dangereux pour la santé (voitures, parfumerie, alcool…) de manière à compenser
le manque à gagner né de la taxation au taux réduit et des franchises et exonérations.

B - Les inconvénients
Les difficultés nées de l’utilisation de plusieurs taux sont moindres et proviennent
essentiellement de :
- la pluralité des listes limitatives c’est-à-dire des tableaux des opérations et services soumis
respectivement aux différents taux ;
- l’empiétement de certaines opérations dans le domaine de plusieurs taux (ex. vente d’objet
avec pose) ;
- la ventilation des recettes imposables par les redevables qui vendent ou louent des services
ou opérations passibles de taux différents. Par exemple dans un hôtel, il faut pratiquer un taux
de 10% pour le prix des chambres tandis que le prix des alcools supporte un taux de 18%.

§ 2 - La tendance vers l’adoption du taux unique

Au Burkina Faso, à la veille de la création de la TVA, la tendance était à la pluralité des taux
applicable à la TCA. En effet, une ordonnance de 1985 avait transformé le taux unique de la
TCA en trois taux (réduit, normal et majoré) afin de discriminer la taxation des
consommations courantes ou de masse de celles qui sont considérées comme des
consommations de luxe.

Le projet de TVA avait alors suivi cette évolution en proposant trois taux d’imposition : un
taux de 7% (opérations de première nécessité), un taux normal de 14% (opérations courantes)
et un taux de 20% (opérations de luxe). Mais le législateur a finalement écarté la notion de
produit de luxe et a retenu deux taux à l’institution de la TVA en décembre 1992 : 10% pour
les produits de large consommation et 15% pour les autres, lorsqu’ils ne sont pas
expressément exonérés.

Mais seulement après un an d’application, le législateur a adopté un taux unique de 15% en


1994. Ensuite, en 1996, ce taux a été porté à 18%.

Il faut noter que l’adoption du taux unique et sa fixation à 18% depuis 1996 trouvait sa raison
fondamentale dans les deux principaux piliers de la politique actuelle du gouvernement
burkinabè. Cela a permis aux autorités burkinabè de respecter d’une part les recommandations
des insistantes des institutions de Breton Wood (FMI et Banque Mondiale) dans le cadre du
P.A.S. et d’autre part les résolutions des instances de l’UEMOA sur l’harmonisation des
fiscalités des États membres, notamment les règles en matière de TVA. (Cf. article 29 de la
Directive n°02/98/CM/UEMO du 22 décembre 1998.
Cependant, un deuxième taux va être institué à nouveau pour les prestations offertes par le
secteur de l’hôtellerie et du tourisme à 10%.

SECTION 2 - LES DIFFERENTS TAUX ET LES COEFFICIENTS DE CONVERSION

§ 1 - L’évolution des taux

Ainsi qu’il a été indiqué précédemment, les modifications de taux obéissent à plusieurs
impératifs. L’évolution des taux de la TVA est la suivante depuis l’institution de cette taxe au
Burkina Faso :
- taux réduit de 10% et taux normal de 15% par la loi n°4/92/ADP du 3 décembre 1992
(instituant la TVA), entrée en vigueur le 1er janvier 1993 ;
- taux unique de 15% par la loi n°27/93/ADP du 1er décembre 1993, entrée en vigueur le 1er
janvier 1994 ;
- taux unique de 18% par la loi n°26/96/ADP du 16 juillet 1996, entrée en vigueur dès le 1 er
septembre 1996 ;
- taux réduit de 10% par la loi n°031-2020/AN du 09 juillet 2020 portant loi de finances
rectificative pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2020 ;
Donc avec une base imposable de 15.251.360 F ; La TVA collectée sera égale à 15.251.360 F
x 18% = 2.745.245 F.
Il reste entendu que le taux 0 s’est toujours appliqué aux exportations.

§ 2 - Les coefficients de conversion

En matière de TVA, le taux légal est le taux réel, c’est-à-dire un taux applicable à une base
hors taxe. C’est pour cette raison que la comptabilité est tenue hors taxe et que sur les
déclarations mensuelles de TVA, les affaires imposables doivent être récapitulées hors taxe.

Mais il arrive, dans certains cas, que le chiffre d’affaires soit exprimé et comptabilisé pour son
montant toutes taxes comprises : « Des dérogations relatives à l’obligation de facturation
pourront être accordées à certaines professions par arrêté conjoint du ministre chargé des
finances et du ministre chargé du commerce »). Ces cas (fixés par l’arrêté n°…..) sont
notamment les suivants :
- commerce de détail dans les grands magasins ;
- ventes de biens d’occasion ;
- restauration ;
- agences de voyages ;
- diverses indemnités n’ayant pas le caractère de dommages intérêts (intérêts moratoires,
dépôts de garantie conservés suite à un non-paiement de loyer…) ;
- valeur d’un bien qui vient s’ajouter à un prix pour constituer le prix total d’un service rendu
ou d’autre bien (ex ; nuit d’hôtel en argent augmenté d’un sac) ;
- frais d’emballage consigné mais finalement non restitués ;
- etc.
Dans chaque cas, il est nécessaire de reconstituer le chiffre d’affaires hors taxe avant
d’appliquer le taux légal. Cela se fait au moyen d’un coefficient de conversion qui est le
suivant :
Si le taux est 18% et le coefficient de conversion est K

Première hypothèse
100 100
K = ---------------------- = --------------- = 0,847
100 + taux 118

Pour avoir une base hors taxe (HT), on applique à la base toutes taxes comprises (TTC), le
coefficient de conversion.

Illustration : si la base TTC est égale à 865.000 ;


la base HT sera égale à 865.000 x 0,847 = 732 655.
L’application du taux à une telle base entraîne un petit reste que l’on comptabilisera dans les
produits et profits divers.
Par exemple montant TVA = 732.655 x 18% = 131.878. Donc le montant TTC sera de
732 655 + 131 878 = 864 533 soit une différence de 467 F. Le montant de 467 est un reste qui
sera comptabilisé en produits et profits divers.

Deuxième hypothèse
100 100 1
K = ---------------------- = --------------- = ----
100 + taux 118 1,18

Base HT = 865000/1,18 = 733.051


Montant TVA = 733.051 x 18% = 131.949
Montant TTC = 733.051 + 131.949 = 865.000

C’est cette 2ème hypothèse qui est de plus appliquée au Burkina Faso

NB : La directive n°02/98/CM/UEMOA du 22/12/1998 de l’UEMOA révisée par la


directive n°02/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009 portant harmonisation des
législations des États membres en matière de TVA, préconise un taux d’imposition situé
entre 15% et 20%. En outre, chaque État a la possibilité d’instituer un taux réduit qui
devra se situer entre 5% et 10%.
TITRE II - LA TVA DEDUCTIBLE

INTRODUCTION

La détermination de la TVA déductible est une étape importante de l’opération de liquidation


de la TVA. Liquider la TVA consiste à calculer la TVA collectée, ensuite à déterminer la
TVA déductible et enfin à faire le solde entre la TVA collectée et la TVA déductible, lequel
solde peut être positif ou négatif selon le cas.

1 – La TVA collectée ou TVA brute ou TVA exigible est un impôt perçu par l’entreprise
auprès de ses clients. C’est la TVA sur la vente des biens et services qui représente une dette
vis-à-vis du Trésor public.

2 – La TVA déductible est celle qui est acquittée par l’entreprise auprès de ses fournisseurs.
C’est la TVA sur les achats de biens et services qui représente une créance de l’entreprise sur
le Trésor public.

NB - Lorsque la TVA afférente à un bien ou service n’est pas déductible par suite
d’exonération, de restriction ou d’exclusion, elle est considérée comme un élément du prix et
comptabilisée avec celui-ci en charge d’exploitation.

3 – Le solde est obtenu par la différence entre le montant total de la TVA collectée et le
montant total de la TVA déductible pour la même période (en général un mois).

La TVA nette ou TVA due ou encore TVA à décaisser représente la différence positive
entre la TVA collectée et la TVA déductible. Elle doit être reversée dans la caisse du receveur
dans un délai déterminé, sous peine de sanction.

Le crédit de TVA représente l’excédent de la TVA déductible sur la TVA collectée. Ce


crédit de taxe est en principe (sauf cas de remboursement autorisé) imputable ou déductible
sur la TVA collectée de la ou des périodes suivantes.

Explication d’application
CHAPITRE I - REGIMES DE DEDUCTION

SECTION 1 – LE DROIT À DEDUCTION

§1 - Le principe du droit à déduction

Le principe est que la TVA qui a grevé les éléments du prix de revient d’une opération
imposable est déductible de la TVA applicable à cette opération. C’est le mécanisme de
l’imputation de la TVA d’amont sur la TVA d’aval.

§2 - Les conditions du droit à déduction

Le droit à déduction n’est accordé qu’aux assujettis qui sont réellement redevables de la TVA
et assimilés (les exportateurs par exemple qui sont supposés alors être imposés au taux zéro).
Parmi les assujettis redevables de la TVA, il faut distinguer les assujettis totaux (100% des
affaires soumises à la TVA) et les assujettis partiels (seulement une partie des affaires est
soumise à la TVA), ces derniers ne pouvant récupérer qu’une partie de la TVA qui leur est
facturée. Par ailleurs, le droit à déduction peut ne porter que sur des biens et services affectés
à des opérations taxables.
Ainsi donc ouvrent droit à déduction :
 les opérations soumises à la TVA ;
 les opérations d’exportation (ces opérations sont alors traitées comme des
opérations taxées).
Toutefois, les opérations effectuées à l’exportation qui seraient exonérées en régime intérieur
n’ouvrent pas droit à déduction (ex : exportation de médicaments).

Il faut noter que la TVA sur les dépenses d’investissement (acquisition d’immobilisations) est
également déductible.
Les personnes qui n’ont pas la qualité de redevable ou assimilés ne peuvent prétendre au droit
à déduction. Il s’agit :
 des particuliers qui sont les consommateurs finaux ;
 des professionnels non imposables ou exonérés (salariés, établissements
d’enseignement, cabinets médicaux, sociétés d’assurance, les redevables qui
relèvent du RSI et de la CME, etc.).

La déduction se fait en principe à partir de la date de réalisation des opérations imposables


(date d’exigibilité chez le fournisseur), c’est-à-dire qu’elle est immédiate pour les achats, les
services et les investissements qui concourent à l’exploitation.

§3 – La déduction de la TVA en cas d’option

En ce qui concerne les entreprises qui n’étaient pas soumises à la TVA et qui optent ensuite
pour leur assujettissement (à la TVA), la déduction (immédiate après l’option) est autorisée de
la manière suivante:

a) – la déduction de la TVA qui a grevé le coût des marchandises existant en stock et


destinées à la réalisation d’opérations taxables intervient à partir de la date à laquelle
l’entreprise réalise des opérations imposables (date d’entrée en vigueur de l’option ou
date d’effet de l’option).
Exemple : si l’option entre en vigueur à compter du 1 er janvier et si à cette date, la TVA sur
les marchandises ou les matières premières en stock est égale à 6 050.000 F, cette somme est
déductible au titre des opérations de ce mois de janvier (à déclarer début février).

b) – la déduction de la TVA qui a grevé le coût des investissements existants à la date


d’effet de l’option est faite par fraction égale :

 pour les biens immeubles, à la différence entre le montant de la taxe qui a


grevé le coût et le produit du dixième (1/10) de cette taxe par le nombre
d’années ou fractions d’années écoulées depuis l’acquisition du bien ;
 pour les autres biens d’investissement, à la différence entre le montant de la
taxe qui a grevé le coût et le produit du cinquième (1/5) de cette taxe par le
nombre d’années ou fractions d’années écoulées depuis l’acquisition du bien.

Exemple : Si une entreprise est déjà assujettie de plein droit à la TVA et si elle acquiert un
immeuble à 40.000.000 F le 23 mai 2015, la TVA ayant grevé cette acquisition (40.000.000 x
18% = 7.200.000) est immédiatement déductible (donc au titre du mois de mai 2015).

Si la même entreprise a opté pour son assujettissement à la TVA avant le 1 er février 2018 (elle
n’était pas assujetti avant cette date), donc applicable à compter du 1 er janvier 2018, la
déduction qui lui sera accordée est égale à 7.200.000 – (7.200.000 x 3/10) = 5 040.000. Les
trois années ‘’perdues’’ correspondent aux années 2015, 2016 et 2017. La déduction autorisée
correspond aux sept années restantes (2018 à 2024) au cours desquelles l’immeuble va servir
à faire des activités taxables.
En revanche, comme indiqué plus haut, la TVA sur son stock à cette date est déductible en
totalité.

SECTION 2 – LES EXCLUSIONS DU DROIT À DEDUCTION


Les exceptions au droit à déduction sont prévues de façon expresse à la loi. Cela concerne des
dépenses qui revêtent tantôt un caractère personnel (risque d’abus, éléments non liés à
l’exploitation) tantôt un caractère somptuaire (éléments non nécessaires ou non indispensables
à l’exploitation) ou de simple libéralité. Ces dépenses sont enregistrées TTC en comptabilité.

§1 – Les dépenses à caractère personnel

1 – Les véhicules conçus pour le transport des personnes et les véhicules à usage mixte dont
le nombre de places assises, y compris celle réservée au conducteur, est supérieur ou égal à
trois (3) et inférieur à dix (10) lorsqu’ils ne sont pas affectés :
- au transport public de personnes ;
- au transport du personnel sur le lieu du travail ;
- au transport de la clientèle des établissements hôteliers ;
- à l'enseignement de la conduite ;
- à la location y compris dans le cadre d'une opération de crédit-bail ;
- lorsqu'ils ne sont pas destinés à être revendus en l'état.
L’exclusion s’applique également aux parties et pièces détachées ainsi qu’aux accessoires
desdits véhicules. (Pour l’interprétation de cette disposition, cf. I.A. n°01-2002 du
12/11/2002 : Dispositions de fiscalité intérieure de la loi de finances pour la gestion 2002).

2 – L’essence d’aviation, le super carburant, le gas-oil et le bio carburant ;

3 – Les dépenses de réception, de restaurant, de spectacles et de déplacement à l’exclusion des


dépenses de transport engagées en vertu d’un contrat permanent de transport conclu pour
conduire le personnel sur le lieu de travail et des dépenses exposées pour la satisfaction des
besoins collectifs du personnel sur le lieu de travail ;

4 – Les dépenses exposées pour assurer le logement ou l’hébergement (exemple : loyer au


profit du dirigeant) à l’exception de celles profitant au personnel chargé de la surveillance ou
de la sécurité des unités industrielles ou des chantiers de travaux.

§2 – Les dépenses à caractère somptuaire

Il s’agit des dépenses consécutives à l’acquisition d’objets et de mobilier de décoration autres


que ceux ayant le caractère de mobilier ou de matériel commercial ou industriel ou de
mobilier et matériel de bureau.

§3 – Les dépenses revêtant un caractère de libéralité

Il s’agit des biens cédés et les services rendus gratuitement ou à un prix sensiblement inférieur
au prix de revient à titre de commission, salaire, gratification, rabais, bonification, cadeau
quelle que soit la qualité du bénéficiaire sauf lorsqu'il s'agit d'objets publicitaires d'une valeur
inférieure à dix mille 10 000 francs CFA hors la taxe sur la valeur ajoutée ;

§4 – D’une manière générale

Sont exclus du droit à déduction, les services de toute nature portant sur des biens exclus du
droit à déduction.

NB : toute TVA facturée est due (y compris la TVA illégalement facturée), cependant la TVA
illégalement facturée n’est pas déductible.

SECTION 3 – LES LIMITATIONS AU DROIT A DEDUCTION CHEZ LES


ASSUJETTIS PARTIELS
§1– Le principe de la limitation du droit à déduction

Les redevables qui réalisent exclusivement des opérations taxables (assujettis totaux) ou des
exportations (et assimilées) peuvent déduire l’intégralité de la TVA ayant grevé leurs
acquisitions de biens et services sous réserve des exclusions légales.
Tous leurs biens et services étant affectés à la réalisation d’opérations imposables, leur
pourcentage de déduction est égal à 100%.
Les entreprises qui sont entièrement exonérées de TVA (compagnies d’assurances,
professions médicales, établissement d’enseignement…) ne bénéficient d’aucun droit à
déduction.
Pour les entreprises qui ne sont assujetties à la TVA que sur une partie de leur chiffre
d’affaires, la déduction ne peut être que partielle (assujettis partiels).

L’exercice du droit à déduction obéit donc à la règle de l’affectation des biens et services.

La règle du pourcentage ou du prorata n’est applicable que lorsque les biens et services
concourent à la fois à la réalisation d’opérations taxables et d’opérations non taxables.

Les assujettis partiels doivent déterminer leurs droits à déduction :


- selon la règle de l’affectation pour les biens et services concourant soit à la réalisation
d’opérations taxables (droit à déduction total) ou non taxables (aucun droit à
déduction) ;
- selon la règle du pourcentage de déduction (prorata de déduction) pour les biens et
services concourant simultanément à la réalisation d’opérations taxables et
d’opérations non taxables (ce sont les dépenses communes).

Rappel : Les opérations effectuées à l’exportation, qui seraient exonérées en régime intérieur,
n’ouvrent pas droit à déduction (ex. : exportations de médicaments, de journaux, d’engrais ou
de produits alimentaires non transformés destinés à la consommation).

§2 – Le calcul du prorata de déduction

La loi (Art 323 du CGI) dispose que « Pour les entreprises assujetties partiellement à la TVA,
la fraction déductible est déterminée par le rapport existant entre d’une part, les opérations
taxables et les exportations (portant sur des opérations taxables en régime intérieur) et, d’autre
part, l’ensemble des affaires réalisées… ». Les montants des opérations considérées sont
exprimés hors TVA.
En rappel, les exportations dont il s’agit ne doivent pas porter sur des produits exonérés en
régime intérieur.

Par ailleurs dans le calcul des affaires annuelles pour la détermination du pourcentage de
déduction, ne sont pas pris en compte, les éléments suivants :
 les affaires résultant de la cession d’éléments d’actifs immobilisés ;
 les subventions d’équipement ;
 les indemnités d’assurance ne constituant pas la contrepartie d’opérations
soumises à la TVA;
 les débours ;
 les dommages-intérêts.
Ainsi si X représente les opérations taxables et les exportations (en fait toutes les opérations
qui ouvrent droit à déduction) et Y représente l’ensemble des affaires réalisées (taxables et
non taxables à l’exception de quelques affaires expressément exclues cités ci-dessus), le
rapport à appliquer à la TVA pour déterminer le droit à déduction est égal à X/Y.

Pour le calcul du prorata de déduction de l’année N, il faut se baser sur les affaires réalisées
en année N+1.

1er Exemple : Si dans une entreprise qui fabrique de l’huile (biens taxables) et du lait en
poudre (denrée non taxable), au cours d’une année donnée, les fûts d’huile vendus
représentent un chiffre d’affaires (HT) de 25 millions de francs et le lait en poudre, un chiffre
d’affaires (HT) de 15 millions de francs (en supposant que toutes ces ventes ont été faites sur
le territoire national), le prorata de déduction (qui sera appliquée l’année suivante) est le
suivant : 25.000.000 / 40.000.000 = 0,625 soit 62,5%.

Si la TVA (sur les biens et services communs à l’ensemble des activités) facturée par les
fournisseurs de cette entreprise dans un mois donné est de 1.000.000 F, la fraction déductible
sera de 1.000.000 F x 62,5% = 625.000 F. Les 375.000 F non déductibles représentent la TVA
ayant grevé les acquisitions des biens et services ayant servi à des opérations ou des
productions non imposables à la TVA. Cette TVA non déductible sera comptabilisée comme
un élément accessoire des achats et passée en charge pour la détermination du résultat de
l’exercice.

2ème Exemple : Si au cours d’une année donnée, la même entreprise a réalisé les opérations
suivantes (montants H.T.) :
- ventes à l’intérieur de l’huile = 20.500.000 F ;
- ventes à l’exportation de l’huile = 13 040.000 F ;
- ventes à l’intérieur de lait = 12.250.000 F ;
- ventes à l’exportation de lait = 6 210.000 F ;
- recettes de cession d’éléments d’actif immobilisés = 3.500.000 F.

Recettes totales de l’année = 20 500.000 + 13 040.000 + 12 250.000 + 6 210.000 = 52


000.000 F
Les recettes de cession d’éléments d’actif immobilisées ne sont pas prises en compte.
Prorata de déduction = ventes d’huile à l’intérieur et à l’exportation (denrée taxable) sur le
total des recettes (cession d’élément d’actif immobilisé exclues) soit :
(20 500.000 + 13 040 000) /52 000 000 = 0,645 soit un prorata de déduction = 64,5%.

Si dans ce cas, la TVA (sur les biens et services communs à l’ensemble des secteurs) facturée
par les fournisseurs de l’entreprise dans un mois donné est de 1.000.000 F, la fraction
déductible sera de 1.000.000 F x 64,5% = 645.000 F. La différence qui n’est pas déductible
sera passée en charge pour la détermination du résultat de l’exercice.

C’est un prorata provisoire (calculé sur les affaires de l’année N-1) qui sera appliqué au cours
de toute l’année (année N).

§3 – Les régularisations liées à la limitation du droit à déduction

1 – Les régularisations liées au calcul du prorata définitif de déduction

Pour les entreprises (anciennes) déjà soumises à la TVA, le prorata de déduction applicable au
cours d’une année donnée est déterminé à partir du chiffre d’affaires réalisées au cours de
l’année précédente. Ce pourcentage est un prorata provisoire.

Aux termes de la loi, en ce qui concerne les entreprises nouvelles ou les nouveaux assujettis
(donc par option), le pourcentage de déduction provisoire est déterminé en fonction
respectivement des recettes ou produits prévisionnels de l’année en cours et des recettes ou
produits de l’exercice précédent.

Le caractère provisoire du prorata appliqué au cours d’un exercice entraîne une


régularisation des déductions opérées en fonction du pourcentage résultant des opérations
réalisées au titre dudit exercice. Cette régularisation intervient quel que soit l’écart constaté
entre le pourcentage provisoire et le pourcentage définitif. Elle se traduit soit par des
déductions complémentaires, soit par des reversements.

Le pourcentage de déduction définitif est déterminé et la régularisation des déductions opérées


est faite dans les délais prévus par la loi c’est-à-dire au plus tard le 30 avril de l’année
suivante.

Exemple : Supposons une entreprise soumise partiellement à la TVA. Le montant de sa TVA


déductible est respectivement de 4 320.612 F sur marchandises (soumises à la TVA) et de
6.482.346 F sur immobilisations et services communs. Le prorata provisoire de 2019 (calculé
sur les affaires de 2018) est égal à 82%. Le prorata définitif 2019 (calculé en début 2020) est
de 90% (1ère hypothèse) ou de 78% (2ème hypothèse).
Quelle est la régularisation à faire ?

1°) Si le prorata définitif = 90% :


 Régularisation de la TVA sur marchandises (soumises à la TVA) = néant ;
 Régularisation de la TVA sur immobilisation = 6.482.346 F x (90% - 82%) =
518 587 F. C’est le montant de la déduction supplémentaire dont bénéficie
l’entreprise ; déduction à opérer dans la période de janvier à avril 2020.

2°) Si le prorata définitif = 78% :


 Régularisation de la TVA sur marchandises = néant ;
 Régularisation de la TVA sur immobilisation = 6 482 346 F x (82% - 78%) =
259 294 F. Ce montant, qui constitue un trop déduit, est à reverser dans les
caisses du Trésor public et ce entre janvier et avril 2020.

2 – Les régularisations liées à la variation du prorata définitif de déduction

Aux termes de l’article 325 du CGI., lorsque la variation du pourcentage de déduction est
supérieure à 10% entre deux (2) prorata définitifs, l’assujetti doit procéder à la régularisation
des déductions opérées au titre des immobilisations exclusivement, à concurrence d’une
fraction égale :

- s’il s’agit d’immeubles, au dixième du produit de la taxe ayant grevé le prix


d’acquisition par la différence entre le pourcentage de déduction de l’année de
dépassement (l’année considérée) et le pourcentage de l’année d’acquisition ;

- s’il s’agit d’autres biens (autres qu’immobilisations), au cinquième du produit de la


taxe ayant grevé le prix d’acquisition par la différence entre le pourcentage de
déduction de l’année de dépassement (l’année considérée) et le pourcentage de
déduction de l’année d’acquisition.
Les régularisations se font dans les mêmes délais que ceux indiqués précédemment.
Pour les biens amortissables et totalement amortis, aucune régularisation n’est effectuée
même si le bien figure encore au bilan de l’entreprise.

NB – La variation du prorata définitif n’a pas d’effet sur la TVA ayant grevé les services.
Exemple : Une SARL, soumise partiellement à la TVA, a acheté en octobre 2017, une
machine pour un prix de 12 000.000 F (HT) augmenté d’une TVA de 2 160.000 F.
Le pourcentage de déduction définitif appliqué par l’entreprise au cours de l’année
2017 était de 75% alors que le pourcentage de déduction définitif pratiqué au titre de l’année
2019 est de 91%.
Quelle régularisation doit-elle opérer en début 2020?

Montant de la régularisation = 1/5 x 2 160 000 x (91% - 75%) = 69 120 F

En effet : * en 2017 : 2 160 000 x 75% = 1.620.000


* en 2019: 2 160 000 x 91% = 1.965 600
Montant à régulariser = 1.965 600 – 1.620.000 = 345 600 x 1/5 = 69 120 F

Cette somme doit être rajoutée à la TVA déductible de l’entreprise dans les 4 premiers mois
de l’année 2020 (donc au plus tard le 30 avril 2020).
CHAPITRE II – LES MODALITES DU DROIT À DEDUCTION

SECTION 1 – L’EXERCICE DU DROIT À DEDUCTION


Les redevables autorisés à déduire la TVA exercent leur droit dans le respect d’un certain
nombre de conditions : délai, période, documents justificatifs.

§1 – Le délai et la période

Le droit à déduction prend naissance avec l’exigibilité de la taxe chez le fournisseur. C’est le
principe qui est retenu par l’article 326 du CGI qui indique que la naissance du droit à
déduction intervient lorsque la taxe devient exigible chez le redevable. La même disposition
précise qu’en ce qui concerne les importations, la TVA pour être déductible, doit avoir été
acquittée et figurer sur la déclaration de mise à la consommation.
Pour les autres opérations, la TVA doit être mentionnée distinctement sur la facture.

En pratique, la déduction s’effectue au cours du mois pendant lequel la taxe est devenue
exigible (chez le fournisseur). La TVA déductible d’un assujetti au titre d’un mois donné est
donc la somme totale de TVA que lui ont facturée ses fournisseurs au cours du mois
considéré.
Par exemple les différents montants de TVA facturés à un commerçant par ses fournisseurs de
biens et services pendant le mois de décembre 2019 seront sommés et déduits sur la TVA
collectée sur les ventes du même mois et le résultat (TVA nette due ou crédit de TVA) sera
déclaré au service des impôts début janvier 2020 (au plus tard le 15 janvier).

§2 – Les documents justificatifs et autres conditions

1) – La TVA n’est déductible que dans la mesure où elle figure distinctement sur un
document justificatif qui peut être :
 une facture d’achat de biens ou de prestation de service ;
 un document douanier pour les importations (déclaration de mise à la
consommation, bulletin de liquidation). La TVA à l’importation doit avoir été
payée (quittance de règlement en douane).

Donc les factures qui portent des prix totaux sans une mention séparée du montant HT et du
montant de la TVA, ne peuvent ouvrir droit à déduction.

2) – La TVA facturée par un fournisseur n’est déductible chez le client que si :


 le fournisseur est lui-même soumis à la TVA (par exemple les redevables du RSI
et de la CME ne peuvent pas facturer la TVA) ;
 la facture d’achat, qui doit être normalisée, comporte toutes les mentions
indiquées à l’article 562 du CGI:
 le numéro de facture d'une série ininterrompue
 le nom ou la raison sociale et le numéro IFU de l'imprimeur
 l’année et le mois d'édition de la facture par l'imprimeur
 l’hologramme (un sticker) selon un modèle déterminé par l'administration fiscale
 la date d'établissement de la facture ;
 l'identité du redevable, (nom et prénoms s'il s'agit d'une personne physique,
forme juridique et la raison sociale s'il s'agit d'une personne morale) ;
 les adresses géographique, cadastrale et postale du redevable ;
 le numéro d'immatriculation du redevable au registre du commerce et du crédit
mobilier ;
 les références du ou des comptes bancaires ;
 le numéro d'identifiant financier unique du redevable ;
 le régime d'imposition et service des impôts dont dépend le redevable;
 l'identification du client :
- nom et prénoms s ' i l s'agit d'une personne physique ;
- forme juridique et raison sociale s'il s'agit d'une personne morale ;
- l’adresse géographique et postale ;
- le numéro d'immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier
pour les commerçants ;
- le numéro d'identifiant financier unique ;
- la nature, l'objet et la date de la transaction ;
- le p r i x hors TVA du bien ou de la prestation ;
- le taux et le montant de la taxe due, et le cas échéant, la mention
"exonéré" ;
- le montant total toutes taxes comprises dû par le client.

 date d’établissement de la facture ;


 identité du redevable (nom et prénoms s’il s’agit d’une personne physique,
forme juridique et raison sociale s’il s’agit d’une personne morale) ;
 adresses géographique et postale du redevable ;
 numéro d’immatriculation du redevable au registre du commerce et du crédit
mobilier
 numéro d’identification financier du redevable ;
 régime d’imposition et service des impôts dont dépend le redevable
 identification du client :
* nom et prénoms s’il s’agit d’une personne physique ;
* forme juridique et raison sociale s’il s’agit d’une personne morale ;
* adresses géographique et postale ;
* numéro d’immatriculation au registre du commerce et du crédit
mobilier ;
* numéro d’identification financier unique ;
 nature, objet et date de la transaction ;
 prix hors TVA du bien ou de la prestation ;
 taux et montant de la taxe due, et le cas échéant la mention "exonéré" ;
 montant total toutes taxes comprises dû par le client.

SECTION 2 – LE REMBOURSEMENT DE TVA


§1 – La règle de l’imputation et la possibilité du remboursement

Si sur la déclaration d’un mois donné, le montant de la TVA déductible est supérieur au
montant de la TVA collectée, l’excédent (le crédit de TVA) peut être imputé sur la ou les
déclarations ultérieures. Le principe est donc la règle de l’imputation.
Toutefois, la loi fiscale (l’article 328 du CGI) prévoit la possibilité de remboursement dans
certains cas limitativement énumérés et dans des conditions précises.
§2 – Les bénéficiaires du remboursement

Peuvent bénéficier du remboursement du crédit de TVA :

 les entreprises exportatrices de biens taxables en régime intérieur ;


 les prestataires de services réalisant des opérations exploitées ou utilisées hors du Burkina
Faso sous réserve que des prestations similaires soient imposables en régime intérieur;
 les entreprises en extension d’activité agréées au code des investissements;
 les entreprises ayant perdu la qualité d’assujetti à la TVA (changement de régime
d’imposition, cession ou cessation d’activité) ;
 les entreprises de crédit-bail ;
 les organisations à but non lucratif bénéficiaires d’une dérogation accordée par le ministre
chargé des finances pour leurs investissements au profit des populations d’un montant au
moins égal à quinze millions (15.000 000) de francs CFA en matière de développement
économique, d’enseignement et de santé.

NB : Par entreprise exportatrice de biens, il faut entendre celle qui réalise plus de 50% de
son chiffre d’affaires à l’exportation. Par entreprise exportatrice de services, il faut entendre
celles qui réalisent exclusivement leurs opérations à l’exportation.
Le crédit de TVA dont le remboursement a été demandé ne peut donner lieu à imputation
dans les déclarations des mois suivants, sauf si la demande de remboursement est rejetée.

§3 – Les conditions du remboursement

1) – Les conditions de fond


 Pour les entreprises exportatrices, le montant du remboursement est limité au crédit de
TVA affecté du pourcentage des opérations réalisées à l’exportation au cours de
l’exercice précédent.
 Pour les entreprises qui perdent la qualité d’assujettis, le remboursement est total.

NB : Dans tous les cas, le bénéficiaire du remboursement ne doit pas être en situation de
débiteur vis-à-vis du Trésor public.

Exemple : En 2018, une entreprise fabriquant des cycles a réalisé un chiffre d’affaires de 500
millions de francs dont 70% à l’exportation (soit 350 millions de francs).
En 2019, l’entreprise dégage en février, un crédit de taxe de 90 000 000 F.
Le montant de remboursement auquel elle peut prétendre = 90 000 000 x70% = 63 000 000 F.
Ce montant étant supérieur à 1 000 000 F, elle pourra effectivement en obtenir le
remboursement si elle n’est pas débitrice vis à vis du Trésor public. Sinon il lui sera déduit ce
qu’il doit au Trésor avant de lui rembourser le reliquat au cas échéant.

2) – Les conditions de forme

La demande de remboursement doit être adressée au Directeur Général des Impôts :


 dans les 30 jours suivant la déclaration mensuelle faisant apparaître un crédit remboursable
d'un montant supérieur à un million (1 000 000) de francs CFA pour les entreprises, dont
l'activité est réalisée à l'exportation, les sociétés de crédit-bail et les entreprises en
extension;
 dans les 30 jours suivant l’événement ayant entraîné la perte de la qualité d’assujetti pour
les entreprises qui sont dans ce cas.
 dans le trimestre suivant la réalisation des investissements pour les organismes à but non
lucratif;
 La demande de remboursement doit intervenir dans un délai maximum de deux (2) ans
à compter de la date à laquelle l’impôt est devenu remboursable. Cette date correspond
au premier jour qui suit la date de l’expiration des délais de dépôt de la déclaration
comportant le crédit de TVA, objet de la demande de remboursement.
Tout crédit dont le remboursement n’aura pas été demandé dans le délai de deux (2)
ans sera annulé de plein droit et ne pourra donner lieu ni à imputation, ni à
remboursement.
 Toute demande de remboursement doit être accompagnée d’un relevé des factures
d’achat comportant, sur trois colonnes, les noms, adresses, identifiant financier unique,
régimes d’imposition des fournisseurs ou prestataires de services ; les dates et
montants de chaque facture et le montant des taxes correspondantes.

La demande de remboursement est appuyée des pièces suivantes :

 pour les entreprises exportatrices:

une copie de la déclaration TVA de la période ;


 le titre de transport et la facture visés au départ par la douane ;
 le justificatif de paiement des biens exportés ;
 les noms, professions et adresses des acheteurs des marchandises, produits ou services;
 une copie de la déclaration d’exportation ou de réexportation dûment visée par la
douane ;
 les copies des factures fournisseurs, des déclarations de mise à la consommation et des
quittances de paiement des droits pour les importations.

 pour les entreprises de crédit-bail, les entreprises en extension d’activités et les


entreprises qui perdent la qualité d’assujetti :
 la déclaration TVA de la période ;
 les copies des factures fournisseurs, des déclarations de mise à la consommation et des
quittances de paiement des droits pour les importations ;
 le justificatif de paiement des biens et services acquis en régime intérieur.

 pour les organisations bénéficiant d’une dérogation :


 les copies des factures fournisseurs, des déclarations de mise à la consommation et des
quittances de paiement des droits pour les importations ;
 le justificatif de paiement des biens et services acquis en régime intérieur.
La demande reconnue fondée donne lieu à l'établissement d'un certificat de détaxe par le
Directeur général des impôts dans les deux mois suivant le dépôt du dossier.

Le remboursement s’effectue dans un délai de trente jours à compter de la date


d’établissement du certificat de détaxe. Un compte spécial est ouvert auprès du Trésor public
à cet effet. Ce compte est alimenté par un pourcentage du produit de la TVA perçue au cordon
douanier et en régime intérieur.
NB : Sur les procédures de remboursement voir Arrêté n°2010-284/MEF/CAB du 30 juin
2010.
CHAPITRE III : LES REGULARISATIONS DE TVA

La TVA dont la déduction a été omise peut être corrigée dans un certain délai. Dans certains
cas, la TVA antérieurement acquittée (TVA collectée) par un redevable peut faire l’objet
d’une régularisation par voie de déduction : ventes et services impayés ou ventes résiliées ou
annulées.

Par ailleurs, dans d’autres cas la TVA antérieurement déduite doit être reversée : il s’agit de la
TVA facturée par une entreprise non commerciale et impayée au bout d’un certain temps. Il
en est de même en cas de modifications intervenues dans l’entreprise. Mais toutes ces
opérations sont soumises à des conditions précises.

SECTION 1 – LES OMISSIONS


La TVA dont la déduction a été omise au titre des opérations réalisées au cours d’un exercice
peut faire l’objet d’une régularisation jusqu’au 30 avril de l’année suivante.

SECTION 2 – LA TVA SUR VENTES ET SERVICES IMPAYES, RESILIES OU


ANNULES
Le CGI autorise l’imputation (la déduction) de la TVA antérieurement acquittée (payée) au
titre d’opérations qui se révèlent par la suite définitivement irrécouvrable : ventes et services
impayés, ventes résiliées ou annulées.

Le redevable doit alors apporter la preuve que la facture est définitivement irrécouvrable en
totalité ou en partie, rectifier la facture initiale et calculer correctement le montant de la TVA
nette à imputer. Par ailleurs, l’opération réalisée devenant non imposable, elle ne peut plus
ouvrir droit à déduction. Donc la TVA antérieurement récupérée (déduite à l’achat) doit être
reversée dans la même proportion que la TVA facturée et imputée.

Exemples de calcul du montant de la TVA nette à imputer (chez le fournisseur qui n’a pas été
payé) : soit un bien acquis à 12.000.000 F (HT) et revendu à 14.000.000 F(HT) dont le prix de
vente demeure définitivement irrécouvrable.

1) Si la facture est totalement impayée (irrécouvrable en totalité), l’imputation nette =


2.520.000- 2.160.000 = 360.000 F. (TVA déductible pour le redevable).
TVA collectée = 14.000.000x18% = 2.520.000 et TVA antérieurement déduite =
12.000.000x18% = 2 160.000

2) Si la facture est irrécouvrable à hauteur de 7.000.000 F(HT).


 TVA sur vente (collectée) :
 initiale 14.000.000 x18% = 2.520.000
 rectifiée (14.000.000 – 7.000.000) x 18% = 1.260.000
 imputation : 2.520.000 – 1. 260.0000 = 1 260.000 pour impayé.
 TVA sur achat (antérieurement déduite) :
 initiale : 12.000.000 x 18% = 2 160.000
 reversement : 2 160 000 x 7.000.000 = 1 080 000
14.000.000
 Imputation nette
1 260 000– 1 080.000 = 180 000
Cette somme de 180.000 F constitue une TVA déductible pour le redevable (fournisseur qui
n’a pas été payé).

SECTION 3 – LA TVA FACTUREE PAR UNE ENTREPRISE NON COMMERCIALE


ET IMPAYEE
La TVA facturée par une entreprise non commerciale, si elle a été déduite, doit faire l’objet
d’une régularisation au plus tard le 30 avril de l’année suivante si la facture n’a pas été réglée
à cette date.
En effet, les entreprises non commerciales, c’est-à-dire celles qui sont soumises à l’IBNC, ne
reversent leur TVA collectée qu’au paiement (cf. Fait générateur et exigibilité). Par
conséquent, le client n’a plus le droit de déduire cette TVA avant règlement de la facture
reçue.

SECTION 4 – LES REVERSEMENTS PAR SUITE DE MODIFICATIONS


INTERVENUES DANS L’ACTIVITE DE L’ENTREPRISE

§ 1 – Les situations entraînant un reversement

La TVA antérieurement déduite doit être reversée, par le redevable, dans les caisses
de l’État dans les cas:
 de cessation d'activités ;
 de destruction de biens ;
 de cession séparée à titre gratuit ou à un prix sensiblement inférieur à la valeur vénale
d'éléments d'actif ;
 de perte de la qualité d'assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ;
 d’affectation d'un bien à une activité ou à un usage n'ouvrant pas droit à déduction.
La TVA ayant grevé l’acquisition des biens doit être reversée dans les cas et modalités
suivants :
NB : Lorsque la cession du bien d’occasion est taxable à la TVA, il n’y pas de reversement.

§2 – Le montant du reversement

Le redevable doit reverser :

 en cas de cessation d’activité ou de la perte de la qualité d’assujetti, s'il s'agit de biens


non soumis à amortissement(stock et petites fournitures non immobilisées), le montant
de la taxe déduite lors de l'acquisition de ces biens à concurrence de la partie restant en
stock à la date de l'événement motivant la régularisation de la taxe ; (cession
d’activité ou perte de la qualité d’assujetti) ;

 en cas de cession séparée à titre gratuit ou à un prix sensiblement inférieur à la


valeur vénale, de destruction ou d’affectation à une activité ou à un usage
n'ouvrant pas droit à déduction, s'il s'agit de biens non soumis à amortissement, le
montant de la taxe ayant grevé l’acquisition desdits biens ;

 s'il s'agit de biens immeubles, une fraction égale à la différence entre le montant de
la taxe qui a grevé le coût et le produit du dixième de cette taxe par le nombre
d'années écoulées depuis l'acquisition du bien (cession d’immeubles –non taxable-
dont la construction avait supporté une TVA déductible) ;
 s'il s'agit d'autres biens, une fraction égale à la différence entre le montant de la
taxe qui a grevé le coût et le produit du cinquième de cette taxe par le nombre
d'années écoulées depuis l'acquisition du bien (affectation à une activité ou à un
usage n’ouvrant pas droit à déduction).

La régularisation (reversement de la taxe) se fait sur la déclaration du mois de


l’événement ayant motivé la répétition de la taxe et en cas de cession ou cessation, dans
les 15 jours suivants.
TITRE IV – LES REDEVABLES, LES OBLIGATIONS ET LES
SANCTIONS
Jusqu’au 31 décembre 2014, il existait deux régimes d’imposition à la TVA : le régime du
réel simplifié d’imposition (RSI) et le régime du réel normal d’imposition. Chaque régime
concernait une catégorie précise de redevables. Depuis le 1 er janvier 2015 (loi
N°001-2014/CNT), seuls les contribuables du régime du Réel Normal d’Imposition (RNI)
peuvent facturer et déduire la TVA.

CHAPITRE I : LES REGIMES D’IMPOSITION

SECTION 1 – LE REGIME DU REEL NORMAL D’IMPOSITION


Sont placés sous le régime du bénéfice du réel normal d’imposition (RNI) les contribuables
personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires annuel hors taxe est égal ou
supérieur à cinquante millions (50 000 000) de francs CFA. Il faut noter que le chiffre
d’affaires limite de cinquante millions (50 000 000) de francs CFA hors taxe est ajusté au
prorata du temps d’exploitation pour les contribuables qui commencent leurs activités en
cours d’année. Les contribuables dont le chiffre d’affaires hors taxe baisse en dessous du
chiffre d’affaires limite prévu ci-dessus, ne sont soumis au RSI que lorsque leur chiffre
d’affaires hors taxe est resté inferieur à cette limite pendant trois années consécutives.
Les contribuables qui remplissent les conditions pour être imposés sous le régime du réel
simplifié d’imposition peuvent opter avant le 1er février de chaque année pour le régime du
bénéfice du réel normal. L'option prend effet à compter du 1er janvier de l'année au cours de
laquelle elle est exercée. Elle est irrévocable durant trois ans. Au terme de cette période de
trois ans, l'option peut être dénoncée chaque année au cours du mois de janvier.

SECTION 2 – LE REGIME DU REEL SIMPLIFIE D’IMPOSITION (RSI)

Sont placés sous le régime du bénéfice du réel simplifié d’imposition (RSI) les contribuables
personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires annuel hors taxe est égal ou
supérieur à quinze millions (15 000 000) de francs CFA et inferieur à cinquante millions
(50 000 000) de francs CFA. Les chiffres d’affaires limite de quinze millions (15 000 000) et
cinquante millions (50 000 000) de francs CFA hors taxe sont ajustés au prorata du temps
d’exploitation pour les contribuables qui commencent leurs activités en cours d’année.
Les contribuables dont le chiffre d’affaires hors taxe baisse en dessous du chiffre d’affaires
limite prévu ci-dessus, ne sont soumis à la CME que lorsque leur chiffre d’affaires hors taxe
est resté inferieur à cette limite pendant trois années consécutives
Les contribuables qui remplissent les conditions pour être imposés sous le régime de la CME
peuvent opter avant le 1er février de chaque année pour le régime du RSI. L'option prend
effet à compter du 1er janvier de l'année au cours de laquelle elle est exercée. Elle est
irrévocable durant trois ans. Au terme de cette période de trois ans, l'option peut être
dénoncée chaque année au cours du mois de janvier.

SECTION 2 – LE REGIME DE LA CONTRIBUTION DES MICRO ENTREPRISES


(CME)

Sont assujettis à la Contribution des micro-Entreprises, les contribuables dont le chiffre


d’affaires annuel hors taxe est inférieur à quinze millions (15 000 000) de francs CFA.
Le dépassement de la limite en cours d’année de ces limites entraîne une caducité
systématique du régime de la CME.
Les dispositions ci-dessus s’appliquent indistinctement, que les activités soient exercées à
demeure ou en ambulance pendant ou en dehors des heures normales de service.
Tout contribuable relevant du régime de la CME peut opter avant le 1 er février de chaque
année pour le régime du bénéfice du réel simplifié. L’option qui est faite au moyen d’une
lettre adressée au service des impôts de rattachement prend effet à compter du 1 er janvier
de l’année au cours de laquelle elle est exercée et est irrévocable durant trois (03) ans. Au
terme de la période de trois ans, l’option peut être dénoncée chaque année au cours du
mois de janvier.
Cependant, il faut noter que la Contribution des micro-entreprises ne s’applique pas :
- aux contribuables relevant de la contribution du secteur élevage (CSE) ;
- aux contribuables exerçant une profession libérale quelle que soit la forme
juridique de l’activité.
CHAPITRE II: LES OBLIGATIONS

SECTION 1 – OBLIGATIONS

Les redevables doivent délivrer une facture normalisée à leur client pour les opérations
réalisées. La facture doit obligatoirement mentionner distinctement :
 1° le numéro de facture d’une série ininterrompue ;
 2° la date d’établissement de la facture ;
 3° l’objet précis de la transaction ;
 4° le montant de la facture :
 pour les assujettis à la TVA : le montant hors TVA ; le taux et le montant de la taxe due
ou, le cas échéant, la mention « exonéré » ; le montant total toutes taxes comprises dû
par le client ;
 pour les non assujettis à la TVA : le montant total dû par le client ;
 5° l’identification précise du redevable qui délivre la facture :
 les nom et prénom(s) s’il s’agit d’une personne physique, forme juridique et raison
sociale s’il s’agit d’une personne morale ;
 les adresses géographique, cadastrale, boite postale et numéro de téléphone ;
 le numéro d’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier, au registre
des sociétés civiles, des professions et des métiers ou au registre des métiers de
l’artisanat ;
 les références du ou des compte(s) bancaire(s) ;
 le numéro d’identifiant financier unique (IFU) ;
 le régime d’imposition et le service des impôts dont dépend le redevable ;
 6° l’identification du client :
 les nom et prénoms s’il s’agit d’une personne physique, forme juridique et raison
sociale s’il s’agit d’une personne morale ;
 les adresses géographique, boite postale et numéro de téléphone ;
 le cas échéant, le numéro d’immatriculation au registre du commerce et du crédit
mobilier, au registre des sociétés civiles, des professions et des métiers ou au registre
des métiers de l’artisanat ;
 le numéro d’identifiant financier unique (IFU) pour les ventes à des personnes morales
ou à des commerçants.
NB : certains redevables de la TVA, au regard de la nature de leur activité et/ou du volume
des affaires réalisées sont dispensés de l’émission de factures normalisées. (Voir Art 566 du
CGI)
Aussi, les contribuables qui se livrent à des opérations de vente au comptant de marchandises
doivent les enregistrer sur des caisses automatiques.
Les bandes ou autres supports y afférents doivent être conservés pendant les cinq (5)
exercices suivant celui au cours duquel a été enregistré l’encaissement.

Pour les contribuables soumis à un régime réel d’imposition, les achats de biens, services et
immobilisations d’un montant au moins égal à cent mille (100.000) francs CFA toutes taxes
comprises, doivent être réglés par des moyens de paiement scripturaux (chèque, carte
bancaire, prélèvement, télérèglement, virement bancaire, etc.).

Tout redevable de la TVA doit déposer auprès de son service des impôts de rattachement au
plus tard le 15 de chaque mois une déclaration de la TVA, sur un formulaire conforme au
modèle de l’administration fiscale, au titre des opérations intervenues pendant le mois
précédent.
La déclaration doit être déposée dans les mêmes délais lorsque l’assujetti n’a effectué au
cours d’un mois déterminé aucune opération imposable.
Les redevables acquittent la taxe auprès du service des impôts au vu de la déclaration prévue
au présent article. Toutefois, pour les titulaires de commandes publiques non-résidents, la
TVA est retenue à la source par l’organisme payeur.
Pour les importations de biens immatériels ou les prestations de services rendues par des non-
résidents, la TVA est auto-liquidée sur la déclaration mensuelle.
DEUXIEME PARTIE : LES DROITS D’ACCISE

INTRODUCTION GENERALE
Les accises constituent une forme d'imposition très ancienne ; il s’agit des plus anciennes
sources de revenu des gouvernements du monde entier.
Traditionnellement, on distingue le droit d’accise de la taxe ad valorem. L’accise est une taxe
qui porte sur une quantité et non sur une valeur : ainsi par exemple, la taxe sur les alcools
consiste à prélever n francs par hectolitre d’alcool vendu. Au contraire, une taxe ad valorem
porte sur la valeur d’un bien ou d’un service, comme la TVA.
Le terme accise est dérivé du terme accès : il s’agit donc d’un droit à acquitter pour accéder à
la consommation de certains produits ; autrefois cette taxe était désignée sous le terme
«acquis».
On peut définir les droits d'accise comme des taxes à la consommation de produits
particuliers, que ce soit une consommation intermédiaire ou finale. Ils sont évalués
généralement par référence au poids, au volume ou au degré du produit en question, mais
rarement à sa valeur.
À l’origine, les droits d’accise avaient pour unique objet de fournir des recettes à
l'Administration, elles sont bien davantage aujourd'hui associées à des objectifs :
 de santé publique (tabacs, alcools) ;
 de défense ou de sécurité (cartouches) ;
 d’environnement (emballages plastiques, pollution, etc.).
Elles permettent aussi d'orienter la structure de la consommation en cas de produits dégageant
des externalités négatives (huiles minérales).
En général, cette taxe frappe les alcools, les tabacs, les produits énergétiques (les carburants et
les combustibles, tels que le pétrole et l'essence, l'électricité, le gaz naturel, la houille et le
coke, etc.), les véhicules ou les produits dits « de luxe ». Le but recherché par le législateur est
de dissuader la consommation de produits qu’il considère comme ayant une externalité
négative, mais parfois aussi l’accise frappe le thé ou le café (bien que leur justification sur ces
produits soit aujourd’hui contestée car le but n’est pas d’en dissuader la consommation).
Plus récemment, l’accise a été introduite sur certaines formes de transport considérées comme
polluantes (comme le transport aérien) ou sur la consommation de produits générateurs de
déchets polluants peu ou pas recyclés, ou nuisibles à la protection de l’environnement
(comme les produits électroniques, certains emballages plastiques2, etc.).

2
Au Burkina une taxe sur les emballages plastiques a été proposée mais rejetée par l’Assemblée Nationale au titre
de la Loi de finance gestion 2009
TITRE II : LES DISPOSITIONS COMMUNAUTAIRES
L’UEMOA, par la Directive n°03/98/CM/UEMOA du 22 décembre 1998 portant
harmonisation des législations des États membres a règlementer les droits d’accises.
Les États membres possédaient chacun des dispositions propres en la matière ; depuis
l’adoption de la directive ils se devaient de conformer leur législation à celle-ci au plus tard le
31 décembre 2000.

La Directives définit un champ d’application, la base d’imposition, des taux minimums et


maximums constituant des fourchettes dans lesquelles les États membres peuvent fixer des
taux et le délai de mise en œuvre.

CHAPITRE I CHAMP D’APPLICATION

L’article x de la Directive désigne les produis que les États membres doivent obligatoirement
soumettre à un droit d’accises ; d’autres produits peuvent être facultativement soumis à un
droit d’accises ; enfin les produits pétroliers font l’objet d’une règlementation spécifique.

Section I : Les produits obligatoirement soumis aux droits d’accises

Ce sont les produits suivants :


 les boissons, alcoolisées et non alcoolisées à l’exclusion de l’eau ;

 les tabacs.

Section II : Les produits facultativement soumis aux droits d’accises

Le législateur communautaire a le souci de rationaliser le nombre de produits soumis aux


droits d’accises ; c’est pourquoi il dispose que les États membres ont la faculté de soumettre
également à un droit d’accises au maximum quatre produits sélectionnés parmi ceux qui
suivent :
 le café,
 la cola,
 les farines de blé,
 les huiles et corps gras alimentaires,
 les produits de parfumerie et cosmétiques,
 le thé,
 les armes et munitions.

Section III : Le cas particuliers des produits pétroliers

Les droits applicables aux produits pétroliers est l’objet d’une Directive spécifique.

Les droits d’accises s’appliquent aux produits fabriqués localement et aux produits importés,
lors de leur première vente ou de leur mise à la consommation.
CHAPITRE II DETERMINATION DU DROIT

Section I : base d’imposition

La base d’imposition des droits d’accises est constituée :

 à l’importation par la valeur en douane majorée des droits et taxes perçus à l’entrée, à
l’exception de la taxe sur la valeur ajoutée ;

 en régime intérieur, par le prix de vente sortie usine, à l’exclusion de la Taxe sur la
Valeur Ajoutée.

Section II Taux d’imposition

Les États membres déterminent, par produit imposable, un taux d’imposition compris dans les
limites communautaires ci-après.
Aucune discrimination de taux ne doit être faite entre les produits fabriqués localement et
importés.

produits Taux minimum Taux maximum Taux au BF


boissons non alcoolisées à 0% 10 %
l’exclusion de l’eau
boissons alcoolisées 20 % 45 %
Tabacs 10 % 40 %
Café 1% 12 %
Cola 10 % 30 %
Farines de blé 1% 5%
Huiles et corps gras 1% 15 %
Thé 1% 12 %
Armes et munitions 15 % 40 %
Produits de parfumerie et 5% 15 %
cosmétiques

Les États membres doivent transmettre à la Commission les mesures législatives ou


réglementaires qu’ils adoptent pour se conformer aux dispositions de la directive. Le délai de
mise en œuvre est de deux (2) ans, c'est-à-dire 2000.
TITRE II : LES PRINCIPAUX DROITS D’ACCISE AU BURKINA FASO

CHAPITRE I : LA TAXE SUR LES BOISSONS (TSB)

Section I : Opérations et personnes imposables


La fabrication et l'importation pour la mise à la consommation de boissons, sont frappées
d'une taxe spéciale.

Les redevables de cette taxe sont les producteurs, en ce qui concerne les fabrications locales et
le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane pour les importations.
Sont exonérés de la taxe, les fabrications ou importations portant sur les produits ci-après:
 les produits médicamenteux alcoolisés ;
 les boissons fabriquées au Burkina Faso et destinées à être exportées ;
 les jus de fruits ou de légumes fabriqués au Burkina Faso à partir de matières premières
locales ;
 les eaux, y compris les eaux minérales naturelles ou artificielles et les eaux gazéifiées, non
additionnées de sucre ou d’autres édulcorants, ni aromatisées ;
 les vinaigres ;
 les boissons locales produites selon les procédés traditionnels ;
 les vins destinés à la célébration du culte ;
 les alcools importés au Burkina Faso pour la production de boissons ou liquides
alcoolisés.
Les modalités de mise en œuvre de cette exonération sont fixées par arrêté du Ministre chargé
des finances.

Section II Fait générateur

Le fait générateur de la taxe est constitué :


- pour les boissons produites au Burkina Faso par la sortie d'usine après fabrication ou par la
livraison que le fabricant se fait à lui-même ;
- pour les autres boissons par la mise à la consommation.

Section III Base d’imposition et tarifs

La base imposable est déterminée pour les produits importés, par la valeur des marchandises
en douane majorée des droits et taxes perçus par les services des douanes à l’exception de la
TVA, et, pour les fabrications locales, par la valeur du chiffre d'affaires avant application de
la TVA.

Il est fait application du taux suivant, quelle que soit l’origine des produits :
I. Boissons alcoolisées
1. Bières titrant moins de 8° d’alcool : 30%
2. Bières titrant plus de 8° d’alcool : 40%
3. Vins : 70%
4. Autres boissons alcoolisées titrant moins de 35° d’alcool : 50%
5. Autres boissons alcoolisées titrant 35° d’alcool et plus : 70%
II. Boissons non alcoolisées
1. Boissons non alcoolisées énergisantes : 50%
2. Autres boissons non alcoolisées : 15%
Par boisson alcoolisée, il faut entendre toutes les boissons d’une teneur en alcool supérieure à
zéro virgule cinq (0,5) degré.
Section IV Obligations des redevables
Tout redevable doit tenir une comptabilité matières faisant ressortir en nature et en quantité :
1° le stock au 1er de chaque mois ;
2° les entrées ou fabrications du mois inscrites au jour le jour ;
3° les sorties inscrites également au jour le jour ;
4° les restes en magasins au dernier jour du mois, ces restes constituant le stock de reprise au
premier du mois suivant.

CHAPITRE II LA TAXE SUR LES PRODUITS PETROLIERS

Depuis le 17 janvier 1994, taxe sur les carburants et sur les lubrifiants ainsi que toutes les autres
taxes parafiscales perçues précédemment sur les produits pétroliers autres que les droits et taxes
inscrits au tarif des douanes, ont été remplacée par la taxe unique sur les produits pétroliers.
La liste des produits concernés et le taux de la TUPP par nature de produits sont fixés par voie
réglementaire aux termes de la loi 5-94 ADP du 11/3/1994 portant institution d'une Taxe
Unique sur les Produits Pétroliers (TUPP). Cette taxe a elle-même été remplacée par la Taxe sur
les Produits Pétroliers (TPP) par l’article 22 de la loi de finances 2001.

Section I : Champ d’application

La TPP importés au Burkina Faso s’applique aux cessions de tous produits pétroliers
effectuées à titre onéreux ou à titre gratuit par les entreprises importatrices directes. Les
prélèvements effectués par ces entreprises pour leurs propres besoins sont assimilés à des
cessions.
Les produits concernés sont :
-l’essence d’avion ;
-le super carburant ;
-l’essence auto (ordinaire)3 ;
-le pétrole lampant ;
-le Gas-oil ;
-le fuel-oil domestique ;
-le fuel-oil lourd I
-le gaz de pétrole et autres hydrocarbures gazeux ;
-le fuel-oil lourd II ;
-l’huile lubrifiante (destinée à être mélangée, pour frein hydraulique, graisse et autres huiles
de pétrole et de minéraux bitumineux)

Section II : Le fait générateur et l’exigibilité


Ils sont constitués par la mise à la consommation ou par le prélèvement en cas de livraison à
soi-même.
Section III : Tarifs au litre
Produits Tarif Observations
s
-l’essence d’avion ; 0
-le super carburant ; 125 F
-le pétrole lampant ; 0
3
L’importation de cette essence est désormais interdite.
-le Gas-oil ; 50 F
-le fuel-oil domestique ; 0
-le fuel-oil lourd I 0
-le gaz de pétrole et autres hydrocarbures gazeux ; 0
-le fuel-oil lourd II ; 0
-l’huile lubrifiante (destinée à être mélangée, pour frein 0
hydraulique, graisse et autres huiles de pétrole et de minéraux
bitumineux
Les tarifs de la taxe sur les PP sont fixés une fois l’an. La taxe est perçue par la douane.
CHAPITRE III TAXE SUR LE CAFÉ ET LE THÉ

Section I Opérations et personnes imposables

La taxe intérieure sur le café et le thé destinés à être consommés au Burkina Faso a été
instituée par l’article 7 de la Zatu 86-11 du 11/2/86, portant Zatu de finances pour l'exercice
1986.
La taxe frappe aussi bien les produits destinés à la vente que ceux réservés à la consommation
personnelle de l'importateur.

Le redevable de la taxe est le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane.

Section II Fait générateur

Le fait générateur est constitué par la mise en consommation du café et du thé sur le territoire
burkinabè.

Section III Tarif

Le taux de la taxe sur le café et le thé est fixé à 12% de la valeur des marchandises telle que
définie à l'article 22 du code des douanes.

Section IV Obligations des redevables

Toute personne important du café et du thé au Burkina Faso est tenue d'en faire la déclaration.
CHAPITRE IV TAXE SUR LES TABACS, CIGARS ET CIGARETTES

Section I Opérations et personnes imposables

La fabrication et l'importation des tabacs, cigares et cigarettes sont soumises à une taxe ad
valorem. Sont redevables de cette taxe, les producteurs et les commerçants agréés pour
l'importation et la commercialisation des produits concernés. Il est précisé que les tabacs
fabriqués au Burkina Faso et destinés à être exportés sont exonérés de la taxe sur les tabacs.

Section II Base d’imposition

En ce qui concerne les produits importés les taxes assises sur la valeur des marchandises en
douane majorée des taxes perçues par le service des douanes, seront perçues par le service des
Douanes.

En ce qui concerne les produits de fabrication locale, les taxes sont assises sur le prix hors
TVA. Les producteurs de tabacs, cigarettes et cigarillos sont tenus de payer avant le 15 de
chaque mois au receveur des taxes et droits indirects dont ils relèvent, le montant de la taxe
due sur les ventes du mois précédent. Le paiement sera accompagné d'une déclaration
comportant par nature et par produits :
- les stocks au 1er du mois concerné ;
- les quantités fabriquées au cours du mois ;
- les quantités vendues au cours du mois concerné ;
- les stocks à la fin du mois ;
- le chiffre d'affaires taxable ;
- le montant de la taxe due.

Section III Tarif

Les tarifs ont connu de nombreuses modifications, l’article 19 de la Loi 42-2000 AN du 20


décembre 2000 avait distingué deux catégories et abolit la distinction de tarification fondé sur
l’origine des produits ainsi qu’il suit :
1) produits classés " bas de gamme " ou " produits populaires " : 17 %
2) produits classés " haut de gamme " et de luxe : 22 %.

La loi de finances gestion 2016 a modifié l’article 354 bis en introduisant deux
catégories et en rehaussant les tarifs :
1°) produits classés « bas de gamme » et « produits standard» : 30%
2°) produits classés « de luxe » : 40%.

Le CGI a fixé un taux unique de 50% (article 365 du CGI).

Cette tarification s’applique indifféremment aux produits de fabrication locale et aux


produits importés.
La production et l'importation des tabacs, cigarettes et cigarillos sont soumises au régime
fiscal et douanier de droit commun.
Avec la loi de finances, 2024 le tarif a été à nouveau modifié comme suit.
Pour les produits de fabrication locale, la taxe est assise sur le prix de vente ex-usine, à
l'exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée. Ce prix de vente ex-usine ne peut être inférieur à
300 FCFA pour 20 cigarettes.
Pour les produits importés, la taxe est assise sur la valeur en douane majorée des droits et
taxes perçus par les services de la douane, à l'exception de la taxe sur la valeur ajoutée. Cette
valeur en douane ne peut être inférieur à 300 FCFA pour 20 cigarettes.
Le taux de la taxe est fixé à 55 %.
CHAPITRE V TAXE INTERIEURE SUR LES COLAS

Section I Opérations et personnes imposables

La taxe intérieure sur les colas destinés à être consommées au Burkina Faso a été instituée par
l’Ordonnance 75-62 du 29/12/75

La taxe frappe aussi bien les noix de colas destinées à la vente que celles réservées à la
consommation personnelle de l'importateur]
Le redevable de la taxe est le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane.

Section II Fait générateur

Le fait générateur est constitué par l'introduction des colas sur le territoire burkinabè.

Section III Tarif

La taxe intérieure sur la cola est fixée à 10% de la valeur des marchandises telle que définie à
l'article 22 du code des douanes.

Section IV Obligations des redevables

Toute personne important des colas au Burkina Faso est tenue d'en faire la déclaration.
CHAPITRE VI : LA TAXE SPECIFIQUE SUR LES PRODUITS DE LA
PARFUMERIE ET DES COSMETIQUES.

Cette taxe a été instituée pour compter du 1er janvier 2009 par la Loi de Finances pour
l’exécution du budget 2009.

Section I : Opérations et personnes imposables

La fabrication et l’importation des produits de la parfumerie et de la cosmétique sont


soumises à une taxe spécifique.
Sont redevables de la taxe :
- en ce qui concerne la fabrication, les producteurs ;
- en ce qui concerne les importations, le propriétaire de la marchandise ou le déclarant
en douane.
Sont exonérés de la taxe les produits de fabrication locale destinés à l’exportation.
Cette taxe frappe aussi bien les produits destinés à la vente que ceux réservés à l’usage
personnel du fabricant ou de l’importateur.

Section II Fait générateur

Le fait générateur est constitué :


- pour les produits fabriqués au Burkina Faso, par la sortie d’usine ou par la livraison
que le fabricant se fait à lui-même ;
-pour les autres produits par l’importation pour la mise à la consommation.

Section III Tarif et base imposable

Il est fait application d’un taux de 15% quelle que soit l’origine du produit.
-en ce qui concerne les produits importés, la taxe est assise sur la valeur des
marchandises en douane majorée des droits et taxes perçus par le service des douanes ;
elle est perçue par le service des Douanes.
-en ce qui concerne les produits de fabrication locale, la taxe est assise sur le prix hors
TVA.

Section IV Obligations des redevables

Les producteurs sont tenus de payer, le 15 de chaque mois au receveur des impôts dont
ils relèvent, le montant de la taxe due sur les ventes du mois précédent. Le paiement
est accompagné d’une déclaration comportant par nature et par produits :
-les stocks au 1er jour du mois concerné ;
-les quantités fabriquées au cours du mois concerné ;
-les quantités vendues au cours du mois concerné ;
-les stocks à la fin du mois concerné ;
-le chiffre d’affaires taxable ;
-le montant de la taxe due.
En cas de retard dans le paiement, le redevable acquittera une pénalité conformément
aux dispositions de l’article 386 du CGI.
Les dispositions des titres IV, V et VI du deuxième livre sont également applicables en
ce qu’elles ne sont pas contraires aux dispositions de la taxe sur les produits de la
parfumerie et des cosmétiques.
CHAPITRE VII LE PRELEVEMENT SUR LES BILLETS D’AVION

Cette taxe a été instituée par la loi n°050-2008/AN du 11 novembre 2008.

Section I : Opérations et personnes imposables


Le prélèvement s’applique aux billets d’avion émis au Burkina Faso pour le transport
international de personnes.
La taxe est assise sur tout billet émis et selon la classe de voyage quelles que soient les
conditions tarifaires accordées.
Les personnes redevables sont :
-les compagnies aériennes ;
-les agences de voyages ;
-les autres structures de vente de titres de transport aérien.

Sont exemptés du prélèvement :


-les vols officiels exclusifs ;
- les évacuations sanitaires d’urgence ;
-l’assistance humanitaire d’urgence.

Section II : Fait générateur


Le fait générateur est constitué par l’achat du titre d’embarquement (titre de transport).

Section III : Tarif

Il est fait application des tarifs suivants :

Destination Passagers de la première Passagers de la


Passagers de la
classe classe
classe affaires
économique
Pays de la zone 2500 1500 1000
UEMOA
Autres destination 7500 5000 2500
Ces tarifs ne s’appliquent pas aux passagers en transit

Section IV : Obligations

Les compagnies aériennes, les agences de voyages et les autres structures de vente de
titres de transport aérien sont tenues de déclarer au plus tard le 20 de chaque mois, sur
un imprimé fourni par l’administration fiscale, la situation des billets émis le mois
précédent pour les vols effectués au départ du territoire du Burkina Faso vers
l’étranger.

Chapitre VIII – LA TAXE SUR LES JEUX DE HASARD

La taxe sur les jeux de hasard, perçue au profit du budget de l’État, est applicable à
tous les jeux de hasard à l’exclusion des jeux dont la loterie nationale burkinabè
détient le monopole.
La taxe est due par l’entreprise qui organise les jeux.
La taxe est assise sur les produits bruts des jeux ou le chiffre d’affaires réalisé sur l’ensemble
des jeux mis à la disposition du public.
Le taux de la taxe est de 5%.
La taxe est déclarée et recouvrée comme en matière de TVA.

Chapitre XIX– LA TAXE SPÉCIFIQUE SUR LES ENTREPRISES DE


TÉLÉCOMMUNICATION
La taxe spécifique sur les entreprises de télécommunication est perçue au taux de 7% sur le
chiffre d’affaires annuel hors taxes des entreprises de téléphonie installées au Burkina
Faso.
Le produit de la taxe est réparti comme suit :
• 20% au budget de l’État ;
• 80% à un compte ouvert auprès de la direction générale du trésor et de la
comptabilité publique pour le financement :
- de la promotion du sport ;
- de la promotion de la culture ;
- de la promotion des technologies de l’information et de la communication ;
- de l’équipement et de la modernisation de l’administration fiscale.
Les modalités de répartition du produit de la taxe affectée au compte ouvert seront
déterminées par arrêté du Ministre chargé des finances.
Les entreprises de téléphonie sont tenues de déclarer et d’effectuer les paiements au plus tard
le 20 de chaque mois sur la base du chiffre d’affaires mensuel au service des impôts dont elles
dépendent.

CHAPITRE X. LA TAXE SUR LES ACTIVITES FINANCIÈRES (TAF).


Il est institué au profit du budget de l'Etat une taxe sur les activités financières TAF).

Section 1 : Opérations imposables


Sont soumises à la TAF, les opérations qui se rattachent aux activités bancaires, financières et
d'une manière générale, au commerce des valeurs et de l'argent à l'exception des opérations de
crédit-bail.

Section 2 : Assujettis
Sont assujettis à la taxe :
1. les banques et établissements financiers agréés au Burkina Faso ;
2. les personnes physiques ou morales réalisant de l'intermédiation financière ;
3. les opérateurs de change ;
4. les personnes physiques ou morales réalisant des opérations de transfert d'argent.

Section 3 : Exonérations
Sont exonérées de la taxe sur les activités financières (TAF) :
- les agios afférents à la mobilisation par voie de réescompte ou de pension des
effets publics ou privés figurant dans les portefeuilles des banques, des
établissements financiers et dans les organismes publics ou semi publics
habilités à réaliser des opérations d'escompte ainsi que ceux afférents à la
première négociation d'effets destinés à mobiliser les prêts consentis par les
mêmes organismes ;
- les opérations de refinancement des institutions mutualistes ou coopératives
d'épargne et de crédit, constituées conformément à la loi n°023-2009/AN du 14
mai 2009 portant règlementation des systèmes financiers décentralisés,
auprès des banques et établissements financiers ;
- les intérêts servis par les établissements financiers sur les comptes
d'épargne des personnes physiques et des associations légalement
autorisées ;
- les opérations de crédits dits crédits de masse ou crédits collectifs octroyés aux
organisations paysannes par les établissements financiers ou bancaires au titre
de leurs activités agro-sylvo-pastorales ;
- les opérations réalisées par l'institut d'émission de la monnaie ;
- les intérêts et commissions sur prêts et avances consentis à l'Etat et aux
collectivités territoriales ;
- les intérêts sur des prêts consentis aux personnes physiques pour la
construction ou l'acquisition de la première maison ou du premier appartement
destiné à leur habitation principale lorsque la valeur hors taxes de cette
habitation ne dépasse pas un montant fixé par arrêté du ministre en charge des
finances ;
- les intérêts et commissions sur les opérations de collecte de l'épargne et de
distribution du crédit effectués par les institutions du système financier
décentralisé, telles que définies par la loi portant règlementation des systèmes
financiers décentralisés ;
- les intérêts et commissions perçus sur les opérations de financement agricole
réalisées par la Banque agricole du Faso ;
Lorsqu'une même rémunération est partagée entre plusieurs établissements, chaque
établissement est imposé sur la fraction de rémunération qui lui est définitivement acquise.
- les opérations relatives au mandat postal.

Section 4: Base imposable


L'assiette de la taxe sur les activités financières est constituée par le montant brut des intérêts,
agios, commissions et autres rémunérations, la taxe elle-même étant exclue de la base
d'imposition.
La TAF perçue à l'occasion des opérations imposables qui sont par la suite résiliées, annulées
ou impayées, peut être imputée sur la taxe due au titre d'opérations faites ultérieurement.
L'imputation est subordonnée à la production de document justifiant les opérations annulées,
résiliées ou impayées avec l'indication des motifs.

Section 5 : Taux
Le taux de la taxe sur les activités financières est fixé à 17%.
Ce taux est réduit à 15% pour :
- les entreprises relevant du régime du bénéfice réel normal d'imposition (RNI),
selon les seuils fixés à l'article 527;
- le refinancement interbancaire.

Section 6 : Fait générateur et exigibilité


Le fait générateur et l'exigibilité de la taxe sont constitués par :
- l'encaissement ou l'inscription du montant des intérêts au crédit du compte du
bénéficiaire du prêt, des avances et opérations assimilées ;
- l'accomplissement de la prestation pour les autres opérations.

Section 7 : Obligations
Les modalités des déclarations, de contrôle et de recouvrement ainsi que les obligations et
sanctions sont comme celles prévues en matière de taxe sur la valeur ajoutée.

Il existe notre législation fiscale d’autres taxes :


 Taxe de développement touristique
 Taxe sur les emballages et sachets plastiques non biodégradables
TITRE III. LES AUTRES IMPÔTS INDIRECTS
Chapitre I. LA TAXE UNIQUE SUR LES ASSURANCES
Section 1 - Champ d’application
Toute convention d’assurance conclue avec une société d’assurance est soumise, quels que
soient le lieu et la date auxquels elle est conclue, à une taxe annuelle et obligatoire appelée
Taxe unique sur les assurances (TUA).
La taxe est recouvrée au profit du budget de l’État.
Sont exonérées de la taxe :
• les réassurances ;
• les assurances sur la vie et assimilées ou les contrats de rentes viagères ;
• les assurances maladie et santé ;
• les assurances passées par les sociétés ou caisses d’assurances mutuelles agricoles, les actes
intéressant les sociétés de secours mutuels, les unions de sociétés de secours mutuels, et les
syndicats professionnels à condition que ces organismes soient reconnus.
Est dispensé de la taxe tout contrat d’assurance contre des risques qui se trouvent situés hors
du Burkina Faso ou qui ne se rapportent pas à un établissement industriel, commercial ou
agricole sis au Burkina Faso.
Si la situation du risque n’est pas clairement précisée, le risque est réputé situé au lieu du
domicile ou du principal établissement du souscripteur.
Il ne peut être fait usage au Burkina Faso de ces contrats, soit par acte public, soit en justice
ou devant toute autre autorité constituée, s’ils n’ont été préalablement enregistrés gratis si
l’assureur est immatriculé au Burkina Faso ou au droit fixe des actes innomés dans le cas
contraire.

Section 2 - Base imposable


La taxe est perçue sur le montant des sommes stipulées au profit de l’assureur et de tous
accessoires dont celui-ci bénéficie directement ou indirectement du fait de l’assuré.

Section 3 - Liquidation et paiement


Le tarif de la taxe est fixé à :
• 8% pour les assurances contre les risques relatifs aux transports maritimes, fluviaux,
aériens ou ferroviaires ;
• 10% pour les assurances de responsabilité civile des voitures particulières ;
• 12% pour les assurances des risques divers et de responsabilité civile des véhicules
de transports publics routiers de personnes ou de marchandises y compris les taxis ;
• 20% pour les assurances contre l’incendie. Les risques d’incendie couverts par des
assurances ayant pour objet des risques de transport sont compris dans les risques
suivant qu’il s’agisse de transport par eau, par air, par fer ou de transports terrestres.
Pour les conventions conclues avec des assureurs ayant au Burkina Faso soit leur siège social,
soit un établissement, une agence, une succursale ou un représentant responsable, la taxe est
perçue par l’assureur ou son représentant ou par l’apériteur de la police, si le contrat est
souscrit par plusieurs assureurs, et versée par lui au service des impôts du lieu du siège
social, de l’agence, de la succursale ou de la résidence du représentant.
La taxe est due au titre de chaque trimestre civil ; elle est payée au plus tard le 15 des mois de
janvier, avril, juillet et octobre.
La taxe est liquidée au tarif en vigueur au jour de l’échéance sur toutes les sommes
stipulées au profit de l’assureur et leurs accessoires comptabilisées au cours du trimestre
écoulé.
Du montant ainsi obtenu est déduit le montant de la taxe perçue sur toutes les sommes
stipulées au profit de l’assureur et leurs accessoires constatés en comptabilité comme
ayant fait l’objet, au cours de la même période, d’un remboursement.
Pour les conventions avec les assureurs n’ayant au Burkina Faso ni établissement, ni
agence, ni succursale, ni représentant responsable, conclues par l’intermédiaire d’un
courtier ou de toute autre personne qui, résidant au Burkina Faso, prête habituellement
ou occasionnellement son entremise pour des opérations d’assurance, la taxe est perçue
par l’intermédiaire et versée par lui au service des impôts compétent.
Les assureurs, leur représentant responsable, les courtiers, les intermédiaires en assurance et
les assurés sont tenus solidairement pour le paiement de la taxe et des pénalités.
CHAPITRE II : LES DROITS D’ENREGISTREMENT
L’enregistrement est une formalité fiscale qui entraîne le paiement d’un droit perçu au
profit du budget de l’État.
Sont soumis à la formalité de l’enregistrement :
- les actes limitativement énumérés par la loi ;
- les actes présentés volontairement à la formalité par les parties.

Section 1 - Actes soumis à l’enregistrement


Sont obligatoirement soumis à la formalité de l’enregistrement, sauf s’ils en sont exemptés
par l’article 396 du CGI :
- les mutations d’immeubles ou de droits réels immobiliers ;
- les mutations de titres miniers ;
- les mutations de titres de sociétés, de droit au bail, de fonds de commerce
ou de clientèle ;
- les ventes publiques de meubles ;
- les baux immobiliers, le crédit-bail immobilier ;
- les contrats de location-gérance ;
- les partages de sociétés, d’indivisions ou de communautés ;
- les contrats de mariage ;
- les commandes publiques ;
- les mutations à titre gratuit ;
- les nantissements, warrants et autres sûretés sans dépossession ;
- les actes des notaires ;
- les actes judiciaires ;
- les actes de sociétés ;
- les cessions et concessions de brevets, marques et autres droits de propriété
intellectuelle ;
- les actes extra-judiciaires, les actes des huissiers et greffiers expressément
prévus par la loi.

Section 2 - Exonérations - Exemptions


En dehors des cas prévus par la loi, les droits d’enregistrement ne peuvent faire l’objet
d’aucune exonération, modération ou suspension à quelque titre que ce soit.
Les actes exonérés de droit d’enregistrement par une disposition législative ou un accord
international restent soumis à la formalité de l’enregistrement et enregistrés gratis.
Sont enregistrées en débet et les droits, impôts et taxes qui s’y rattachent mis à la charge du
budget de l’État, les commandes publiques lorsqu’elles sont financées sur ressources
extérieures à la condition que la convention de financement prévoit expressément des
droits.
Sont exemptés de la formalité de l’enregistrement :
• 1° les actes judiciaires, jugements et arrêts :
- concernant l’état civil des personnes et leur régime matrimonial ;
- relatifs à l’application de la réglementation de sécurité sociale ;
- relatifs aux commandements, saisies et ventes ayant pour objet le recouvrement des
amendes et condamnations pécuniaires au profit des comptables publics ;
- relatifs aux inscriptions et opérations électorales ;
- en exécution des lois portant organisation des procédures collectives d’apurement du
passif;
- en matière pénale à la seule condition qu’il s’agisse d’actes effectués à la requête du
ministère public et qu’ils n’incombent pas à une partie civile ;
- ayant exclusivement pour objet la protection des pupilles de la Nation ;
• 2° les cédules ou avertissements pour citer devant le tribunal d’instance ;
• 3° les actes de procédure d’avocat défenseur à avocat défenseur devant les juridictions
de tous ordres ainsi que les exploits de signification de ces mêmes actes ;
• 4° les actes faits en vertu des textes sur l’expropriation pour cause d’utilité publique ;
• 5° les actes de sociétés :
- les apports en numéraires et les apports en nature de biens dont la mutation à titre onéreux
n’entraîne pas l’application de droits proportionnels ;
- prorogation et fusion de sociétés, quel que soit le mode de fusion ;
- les actes portant augmentation du capital, à l’exception de ceux entraînant la création
de parts ou actions nouvelles ;
- les actes de dissolution de société qui ne portent aucune transmission de biens
meubles ou immeubles entre les associés ou autres personnes ;
• 6° le gage automobile.

Section 3 - Territorialité
Sont obligatoirement soumis à la formalité et aux droits d’enregistrement au Burkina Faso,
les actes passés à l’étranger et portant :
• sur des immeubles, fonds de commerce ou droit au bail sis au Burkina Faso ;
• sur des titres miniers de droit burkinabè ;
• sur des titres de sociétés immatriculées au Burkina Faso.
Les actes passés au Burkina Faso et portant sur des immeubles, des fonds de
commerce, un droit au bail, un titre minier ou des titres de sociétés sis ou immatriculés en
dehors du Burkina Faso, sont dispensés de la formalité de l’enregistrement au Burkina Faso.
Sont soumis aux droits de mutation par décès les fonds publics, actions, obligations,
parts d’intérêts, créances et généralement toutes les valeurs mobilières étrangères de
quelque nature qu’elles soient, dépendant d’une succession assujettie à déclaration au
Burkina Faso, quelle que soit la nationalité du défunt.
Lorsqu’elles s’opèrent par acte passé au Burkina Faso ou par acte passé à l’étranger dont il est
fait usage au Burkina Faso, les transmissions entre vifs à titre gratuit de biens mobiliers sis
hors du Burkina Faso, sont soumises aux droits de mutation dans les mêmes
conditions que si elles avaient pour objet des biens de même nature sis au Burkina
Faso.

Section 4 - Fait générateur et exigibilité


Le fait générateur et l’exigibilité des droits d’enregistrement sont constitués par la signature
de l’acte, le transfert de propriété, d’usufruit ou de jouissance, le décès ou l’approbation de la
commande publique.

Section 5 : Les différents droits d’enregistrement


Les Droits d’enregistrement sont soit fixes, soit proportionnels mais également progressifs.

Paragraphe 1-Les Droits Fixes


Le Droit fixe de 6 000 s’applique aux actes qui ne constatent ni transmission de propriété,
d’usufruit ou de jouissance de biens immeubles ou meubles, ni condamnation de somme et
valeurs, ni apport en mariage, ni apport en société, ni partage de biens meubles ou immeubles,
ni marchés et, d’une façon générale à tous autres actes même exempts de l’enregistrement qui
sont présentés volontairement à la formalité (Art. 429 du CGI) :
- les certificats de propriété ;
- les actes des huissiers et autres ayant pouvoir de faire des exploits et procès-verbaux,
- qui ne contiennent aucune disposition pouvant donner lieu au droit proportionnel ;
- les prisées de meubles ;
- les contrats de mariage ne contenant que la déclaration du régime adopté par les
futurs époux, sans constater de leur part aucun apport ; en cas d’apport, le droit
proportionnel applicable aux mutations à titre onéreux est exigible ;
- les actes portant nantissements des droits d’associés et valeurs mobilières, de fonds de
commerce, de matériel professionnel, des véhicules automobiles et des stocks des matières
premières et des marchandises ;
- les cessions de titre minier ainsi que les contrats ou accords par lesquels le titulaire d’un
titre minier confie, cède ou transmet, partiellement ou totalement, les droits et
obligations résultant dudit titre ;
- les concessions de licences d’exploitation, de brevets et de marques ;
- et généralement tout acte non tarifé, présenté volontairement à la formalité de
l’enregistrement.
- etc.

Paragraphe 2-Le Droit Proportionnel


I- mutation à titre onéreux
Il s’applique essentiellement aux mutations à titre onéreux, partages, condamnation à payer
des sommes, apport en société :
- échange d’immeuble : 5% ;
- cession de fonds de commerce : 8%
- cession d’immeubles ou baux d’immeubles à vie ou à durée illimitée : 8%
- cession de meubles ou baux de meubles à vie ou à durée illimitée : 5%
- marchés administratifs : 3%
- bail à durée limitée d’immeubles : 5% (usage commercial ou professionnel), 3%
(usage d’habitation) ;
- emphytéose: 5%(professionnel) et 3%(habitation)
- location-gérance 5% ;
- Partage de biens meubles et immeuble : 0.5%
- concession de brevet d’invention, marque et autres droits de propriété : 5%;
- contrat de mariages avec apport : 0,50% ;
- etc.
II- mutation à titre gratuit ou par décès

Tarif applicable à la fraction de part nette comprise entre : (Francs CFA)

Indication du 1 et 2 000 000 2 000 001 et 5 5 000 001 et 10 10 000 001 et Au délà 50 000
passif 000 000 000 000 50 000 000 000
successoral

En ligne directe 0% 0% 1% 2% 5%
et entre époux

Entre frères et 0% 7% 10% 15% 20%


sœurs et entre
parents au 3e
degré (oncles
ou tantes et
neveux ou
nièces)

Entre parents à 10% 15% 20% 30% 40%


partir du 4e
degré et entre
personnes non
parentes

Paragraphe 3 : Le régime des droits d’enregistrement

1-Fait générateur
La créance du trésor résulte de la rédaction de l’acte ou de la mutation. Pour les actes non
obligatoirement soumis à l’enregistrement, le fait générateur se place à la date de la
présentation volontaire de l’acte.

2-Assiette
En général, la valeur taxable figure dans l’acte ou la déclaration présentée à la formalité et
résulte des conventions des parties (prix, au cas de vente, de bail….).
Dans certains cas, les contribuables sont tenus de fournir une déclaration estimative pour la
perception de l’impôt.

3-Liquidation :
Pour la perception des droits, il est fait abstractions des sommes et valeurs inférieures à 1 000
Frs. Les sommes résultant des liquidations sont arrondies au franc le plus voisin. Si le droit
exigible est inférieur à 6 000 Frs, on retient 6 000 frs, sauf pour les baux à usage d’habitation
ou le minimum de perception est de 1 000 frs.
La formalité accomplie dans un bureau incompétent est en principe inopérante et le paiement
des droits à ce bureau non libératoire.
Les notaires doivent faire enregistrer leurs actes au bureau dans la circonscription duquel ils
ont leur résidence légale.
Les huissiers et autres agents ayant pouvoir de faire des exploits ou procès-verbaux sont tenus
de faire enregistrer leurs actes soit au bureau de leur résidence, soit au bureau du lieu où ils les
ont faits.
Les greffiers, les secrétaires des administrations locales et municipales doivent faire
enregistrer leurs actes au bureau dans le ressort duquel ils exercent leurs fonctions.
Les actes sous seing privé qui portent transmission de propriété, d’usufruit ou de jouissance
d’immeuble, de fonds de commerce doivent être enregistrés au bureau de la situation des
biens. Les autres actes sous seing privés sont présentés au bureau du domicile de l’une des
parties contractantes et pour les actes de société au bureau du siège social.
Les actes non soumis obligatoirement à l’enregistrement et les actes passés à l’étranger
peuvent être enregistrés dans n’importe quel bureau.

4-Délai :
En règle générale le délai est d’un mois sauf dans certains cas :
- les actes d’huissier : 15 jours ;
- les testaments : 3 mois à compter du décès du testateur ;
- les successions : 6 mois à compter du décès du défunt ;
- délai d’un mois prorogé à 3 lorsque les actes sont passés hors du Burkina ou
dans une localité du pays où il n y a pas de bureau d’enregistrement.
TITRE IV – SANCTIONS DES IMPÔTS INDIRECTS
Section 1 - TVA
Le défaut d’établissement de facture par un assujetti à la TVA, l’omission de la facturation
séparée de la taxe sur la valeur ajoutée et les irrégularités dans le libellé des factures sont
passibles d’une amende égale à 100% de la taxe due.
La facturation illégale de la taxe sur la valeur ajoutée est sanctionnée par une amende égale à
200% du montant indûment facturé.
Le redevable qui a sciemment déduit à tort la taxe sur la valeur ajoutée illégalement facturée
est solidairement responsable du paiement de cette amende.
Le défaut de déclaration des affaires réalisées dans les délais prévus à l’article 334
entraîne pour son auteur et ses complices l’application d’une pénalité égale à 25%, majorée
de 1% des droits dus par mois ou fraction de mois de retard. Cette pénalité ne peut
être inférieure à cinquante mille (50 000) francs.
En cas de taxation d’office, la pénalité est portée à 50% majorée de 1% par mois ou fraction
de mois de retard avec un minimum de cinq cent mille (500 000) francs.
Lorsqu’une des déclarations visées à l’article 334 susvisé laisse apparaître une base
d’imposition ou des éléments servant à la liquidation de l’impôt insuffisants, inexacts ou
incomplets, le montant des droits mis à la charge du contribuable est assorti d’une
majoration de 50% en cas de bonne foi, de 100% lorsque la mauvaise foi est établie, 200% en
cas d’agissements constitutifs de manœuvres frauduleuses.
Le défaut ou l’insuffisance dans le paiement ou le versement tardif de la taxe sur la valeur
ajoutée est passible d’une pénalité égale à 10% de l’impôt exigible.
Si ce retard excède quinze (15) jours, la pénalité de 10% est majorée d’un intérêt de retard
égal à 1 % de l’impôt exigible par mois ou fraction de mois de retard.
Toute demande de remboursement de crédit de TVA fictif entraîne, indépendamment
des poursuites pénales pour fraude fiscale, l’application d’une pénalité égale à 100% du
montant de TVA indûment réclamé.
Si le crédit a fait l’objet d’un remboursement, le contribuable est tenu de rembourser le
montant de taxe indûment remboursé, majoré d’une pénalité de 200% et d’un intérêt de retard
de 1% par mois ou fraction de mois depuis le jour du paiement par le Trésor public jusqu’au
jour du remboursement.

Paragraphe 2 - Autres impôts indirects


Les sanctions applicables aux impôts et taxes indirects sont celles prévues en matière de taxe
sur la valeur ajoutée, notamment :
• par l’article 776 en matière de facturation ;
• par l’article 777 en matière de déclaration ;
• par l’article 778 en matière de paiement.
En matière de taxe de développement touristique, les infractions aux dispositions de
l’article 340 relatives à la facturation de la taxe sont sanctionnées par une amende de vingt
mille (20 000) francs CFA par infraction constatée.
La non tenue de la comptabilité matière visée à l’article 360 pour l’établissement de la taxe
sur les boissons, ou l’existence d’erreurs graves et répétées entachant cette comptabilité
matière, sont sanctionnées par une amende de deux millions (2 000 000) de francs CFA pour
chaque exercice concerné.
Lorsqu’il incombe à un assureur, courtier ou intermédiaire, le simple retard de paiement de
la taxe unique sur les assurances entraîne l’application aux sommes exigibles d’un
intérêt moratoire liquidé au taux de 1% par mois ou fraction de mois de retard.

Section 3 - Droits d’enregistrement et de timbre


Paragraphe 1 - Dispositions communes
Sont fixées à six mille (6 000) francs CFA les pénalités d’enregistrement ou de timbre et les
droits en sus dont le montant serait inférieur à cette somme.
Sans préjudice des droits et sanctions fiscales exigibles :
• les infractions aux dispositions des articles 457, 461 à 463, 485 et 486 sont punies d’une
amende de six mille (6 000) francs CFA ;
• les infractions aux dispositions des articles 452 à 454 et 487 sont punies d’une
amende de vingt-cinq mille (25 000) francs CFA ;
• le notaire qui ne procède pas à la lecture, à l’affirmation ou aux mentions prévus à l’article
450 est passible d’une amende de vingt-cinq mille (25 000) francs CFA ;
• les notaires, huissiers, greffiers et avocats défenseurs ayant contrevenu aux
dispositions de l’article 451 sont personnellement redevables des droits d’enregistrement
et d’une amende de vingt-cinq mille (25 000) francs CFA ;
• l’officier public qui a sciemment contrevenu aux dispositions de l’article 456 ou souscrit
une affirmation incomplète ou inexacte est passible, sans préjudice des sanctions
disciplinaires, d’une amende de vingt-cinq mille (25 000) francs CFA ;
• le défaut ou le retard de présentation des documents visés à l’article 459 est puni
d’une amende de vingt-cinq mille (25 000) francs CFA.

Paragraphe 2 - Défaut d’enregistrement dans les délais prescrits


À défaut d’enregistrement des actes dans les délais prescrits, les redevables des droits sont
passibles des pénalités suivantes :
• une majoration égale à 50% des sommes dues ;
• un intérêt de retard de 1% par mois de retard ou fraction de mois de retard.
Le montant cumulé de la majoration et de l’intérêt de retard sont arrondis à la centaine de
francs inférieure et ne peut être inférieur à six mille (6 000) francs CFA.
Les parties n’ayant pas consigné le montant des droits dans les délais prévus par l’article 464,
ainsi que les greffiers ayant contrevenu aux dispositions du paragraphe 2 du même article
sont passibles des mêmes pénalités.
Les parties aux actes visés aux articles 433 et 434 sont tenues solidairement au paiement des
pénalités prévues à cet effet.
Les greffiers qui enregistrent hors délais sont personnellement passibles d’une amende égale
au montant du droit exigé, sans que l’amende puisse être inférieure à six mille (6 000) francs
CFA.

Paragraphe 3 - Insuffisances et dissimulations


Dès lors qu’elle est égale ou supérieure à 10% de la valeur déclarée, toute
insuffisance entraîne :
• le complément des droits simples exigibles ;
• l’application des pénalités prévues à l’article 786 sur le montant des droits éludés.
Les tuteurs ou curateurs supportent personnellement les pénalités lorsqu’ils ont fait des
estimations entrant dans le cadre du présent article.
Est nulle et de nul effet toute convention ayant pour but de dissimuler tout ou partie du prix
d’une mutation d’immeuble, de fonds de commerce ou de clientèle ou de droit à un bail ou au
bénéfice d’une promesse de bail.
Toute dissimulation entraîne :
• le rappel des droits éludés ;
• l’application des pénalités prévues à l’article 786 sur le prix global reconstitué de l’acte
enregistré.
La majoration de l’article 786 est portée à 200% du prix global reconstitué de l’acte enregistré
lorsque :
• 1° il est constaté l’existence d’une contre-lettre sous signature privée, autre que celle
relative aux dissimulations visées au paragraphe 1), et qui aurait pour objet une
augmentation du prix stipulé dans un acte précédemment enregistré ;
• 2° il est établi que le véritable caractère des stipulations d’un contrat ou d’une
convention a été dissimulé sous l’apparence de stipulations donnant ouverture à des droits
moins élevés.
Les parties contractantes sont solidairement redevables des droits éludés et les pénalités
prévus au présent article.

Paragraphe 4 - Mutations à titre gratuit


Sont passibles d’une pénalité égale à 1% par mois ou fraction de mois de retard du
droit dû pour la mutation, avec un minimum de six mille (6 000) francs CFA, les héritiers,
donataires ou légataires qui n’ont pas fait dans les délais prescrits les déclarations des
biens à eux transmis.
Les tuteurs ou curateurs supportent personnellement la peine ci-dessus, lorsqu’ils ont
négligé de faire les déclarations dans les délais.
Les omissions dans les déclarations de biens transmis par décès sont passibles des pénalités
prévues à l’article 786, applicables sur le montant des droits éludés.
Les tuteurs ou curateurs supportent personnellement les peines ci-dessus, lorsqu’ils ont fait
des omissions ou des dissimulations.
Est passible d’une majoration égale à 200% du montant des droits éludés et de l’intérêt de
retard prévu à l’article 786, avec un minimum de six mille (6 000) francs CFA :
• 1° toute déclaration souscrite pour le paiement des droits de mutation par décès ayant
indûment entraîné la déduction d’une dette. Le prétendu créancier qui en a faussement attesté
l’existence est tenu, solidairement avec le déclarant, au paiement de l’amende et en supporte
définitivement le tiers ;
• 2° toute contravention aux prescriptions de l’article 468 ;
• 3° l’indication inexacte de la date de naissance de l’usufruitier dans les actes et déclarations
régis par l’article 405 ;
• 4° l’indication inexacte, dans un acte de donation entre vifs ou dans une déclaration de
mutation par décès, du lien de parenté entre le donateur ou le défunt et les donataires,
héritiers ou légataires, ainsi que toute indication inexacte du nombre d’enfants du défunt
ou de l’héritier, donataire ou légataire ;
• 5° la dissimulation frauduleuse dans les déclarations de biens transmis par décès.

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