Fiscalité Indirect
Fiscalité Indirect
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est l’un des impôts les plus productifs de la fiscalité
burkinabè. Avant la création de l’Impôt sur les Sociétés (IS) en 2010, elle représentait, entre
35% à 40% des recettes fiscales du budget de l’État. Ce taux a chuté ces dernières années
(environ 30,33% en 2012). La TVA est d’application au Burkina Faso depuis le 1 er janvier
1993, elle a été instituée en lieu et place de la Taxe sur le Chiffre d’Affaires (TCA). La TVA
est le résultat d’une longue évolution de l’impôt sur la dépense (la consommation).
1 – Définition de la TVA
La TVA est un impôt sur la dépense, c’est-à-dire un impôt qui frappe les actes de
consommation. Les actes de consommation étant des opérations de transmission de biens ou
de services.
La TVA est une forme de taxation du chiffre d’affaires mais basée sur la valeur ajoutée. En
effet on distingue au moins trois (3) types d’impôt général sur la dépense : la taxe cumulative,
la taxe unique à la production ou à la consommation et la taxe unique à paiement fractionné.
a) La taxe cumulative
Elle frappe le même produit lors de chaque transaction sans permettre la déduction des impôts
payés aux stades antérieurs. On estime généralement que ce mode de taxation entraîne une
augmentation excessive des prix et une pression fiscale insupportable si les taux d’imposition
sont élevés.
Elles frappent les mêmes produits soit au début du circuit commercial (taxe à la production)
soit en fin de circuit (taxe à la consommation).
Les inconvénients des taxes uniques sont :
- la concentration du poids de la taxe à un seul stade ;
- l’incitation à la fraude;
- l’incertitude des rentrées fiscales.
Elle évite les inconvénients des deux systèmes précédents. En effet, tout en frappant le même
produit lors de chaque transaction, elle permet la déduction des taxes payées aux stades
antérieurs. Les exemples ci-après le démontrent.
Pour un taux de 18%, le producteur qui achète pour 1000 F ses matières premières et
fournitures consommées acquitte 180 F de TVA, soit 1000 x 18%.
À la vente de son produit à 1400 F, il collecte une TVA égale à 1400 x 18% = 252 F. Il doit
donc reverser au Trésor 252 – 180 = 72 F.
Le grossiste qui a acquis sa marchandise à 1400 F, la revend à 1700 F. Il collecte alors une
TVA égale à 1700 x 18% soit 306 F. Il donc reverser au Trésor 306 – 252 = 54 F.
Le détaillant revend cette marchandise à 2200 F. Il collecte alors une TVA de 2200 x 18 % =
396 F. Dans ce cas il reverse au trésor 396 – 306 = 90F.
Total de la taxe versée au Trésor public = 180 + 72 + 54 + 90 = 396 F.
Le rendement de l’impôt est le même qu’il soit perçu au niveau du dernier vendeur (supporté
par le consommateur final) ou qu’il soit perçu à chaque stade de transaction (taxe à paiement
fractionnée).
Le calcul effectué ci-dessus montre que liquider la TVA consiste à calculer d’abord la TVA
collectée (TVA brute ou TVA exigible), ensuite à déterminer la TVA déductible et enfin à
faire le solde entre la TVA collectée et la TVA déductible, lequel solde peut être, selon le cas,
positif (TVA à décaisser ou TVA nette ou TVA due) ou négatif (crédit de TVA).
Le crédit de taxe est en principe (sauf cas de remboursement autorisé) imputable ou
déductible sur la TVA collectée de la période suivante.
NB - Lorsque la TVA afférente à un bien ou service n’est pas déductible par suite
d’exonération, de restriction ou d’exclusion, elle est considérée comme un élément du prix et
comptabilisée avec celui-ci en charge d’exploitation.
3 – Avantages de la TVA
B – Historique de la TVA
La TVA est le résultat d’une longue évolution des taxes sur le chiffre d’affaires. Cette
évolution peut être mise en évidence par quelques dates importantes, en France d’abord et au
Burkina Faso ensuite.
1 – En France
En France, la gestation, la naissance et l’évolution de la TVA sont marquées par les dates
suivantes :
1917 – 1920 : création de la taxe sur les paiements qui est une taxe générale sur les
affaires, à caractère cumulatif, aux taux de 2% et de 10%.
1920 – 1936 : institution de la taxe sur le chiffre d’affaires des transactions
industrielles et commerciales faites en France, aux taux de 2%, 3% et 10% ; la TCA
étant doublée par des taxes spécifiques sur certains produits (charbon, produits
pétroliers…).
1937 : institution d’une taxe unique à la production aux taux de 6% et de 2%, perçue
auprès du premier producteur, avec un régime suspensif en amont.
1948 : la taxe à la production est perçue selon le système des paiements fractionnés.
La taxe est donc perçue à chaque stade du circuit de production, mais chaque
redevable peut déduire (déductions physiques) sous certaines conditions, la taxe qu’il
a supportée en amont sur les matières premières et autres intrants utilisés pour réaliser
l’opération taxable.
1954 : Institution de la TVA par une loi du 10 avril 1954 qui est entrée en vigueur en
1956. La TVA a été inventée et mise en place par Maurice Lauré, polytechnicien et
inspecteur des finances. À l’origine la TVA est limitée aux opérations de production
industrielle et au commerce de gros, avec six (6) taux allant de 6% à 23%.
Actuellement, plus de 120 États, dont la Chine, le Japon et la Russie, ont adopté la
TVA. Comme exception notable, on notera les États Unis où la TVA n’existe pas
encore.
2 – Au Burkina Faso
1965 : le premier Code des impôts enregistrait la distinction des catégories d’affaires
telles les travaux immobiliers au taux de 16%, les actes de production au taux de 14%,
les prestations de services au taux de 9,5% et la fourniture de logement ou de
nourriture au taux de 4%.
1987 : extension de la TCA aux produits importés et institution de trois taux de 7%,
18% et 25% (ordonnance n°85-26 du 3 juin 1985 mise en application en 1987).
Concernant les actes de production, la déduction des achats de matières premières et autres
matières consommables, du chiffre d’affaires, était autorisée. Par ailleurs, le secteur du
commerce, bien que situé dans le champ d’application de la TCA, est resté dans une situation
d’exonération de fait.
1992 : institution de la TVA par la loi n°04/92/ADP du 3 décembre 1992, entrée en
vigueur le 1er janvier 1993.
2009 : une seconde directive de l’UEMOA va venir instituer un taux réduit pour une
catégorie de biens et services.
Actuellement, tous les États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA) appliquent la TVA, avec des règles de plus en plus harmonisées.
TITRE I – LA TVA COLLECTEE
CHAPITRE I : CHAMP D’APPLICATION
Les opérations imposables à la TVA sont celles qui sont effectuées par les assujettis (critère
réel). Il faut distinguer les opérations imposables par nature, c’est-à-dire celles qui entrent
dans le champ d’application de la TVA et les opérations qui sont imposables par dispositions
expresses de la loi.
Aux termes du CGI (art. 296): « Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée – TVA – les
affaires faites au Burkina Faso par des personnes physiques ou morales qui, habituellement ou
occasionnellement, accomplissent des actes relevant d’une activité autre que salariée ».
Les conditions d’imposition à la TVA sont donc essentiellement au nombre de trois (3).
Selon l’art. 297 du CGI « Par affaire, il faut entendre toute opération réalisée entre deux
personnes juridiques distinctes, moyennant une contrepartie en espèces ou en nature, quels
que soient les buts recherchés ou les résultats obtenus ».
Cette opération peut être une livraison de bien ou une prestation de service.
Moyennant une contrepartie signifie que l’opération doit être faite à titre onéreux. Il importe
peu que l’opération soit réalisée avec bénéfice, à prix coûtant ou à perte. La TVA ne frappe
pas un résultat bénéficiaire mais un chiffre d’affaires. La contrepartie versée par le client peut
prendre d’autres formes que le prix payé en espèces ; elle peut notamment être versée en
nature (échange de bien ou prestation de service).
À contrario, lorsque l’opération est réalisée à titre gratuit, il n’y a pas de TVA exigible, faute
de contrepartie servant de base à son calcul. Donc en principe les dons et les subventions
(opérations réalisées sans contrepartie ou à titre gratuit) ne sont pas imposables à la TVA.
Mais on verra plus loin que certaines subventions et certaines opérations réalisées à titre
gratuit peuvent être imposables.
Enfin, les « affaires » constituent des activités économiques et non administratives. Cela
exclut les activités normales des personnes publiques comme l’État et les EPA. Par activités
normales, il faut entendre les activités relevant de la puissance publique (ventes de timbres,
droits de scolarité réglés aux universités et aux établissements publics …).
Cependant, les activités de la puissance publique qui peuvent entraîner des distorsions de
concurrence par rapport aux activités du secteur privé sont soumises à la TVA ; tel est le cas
lorsqu’une collectivité publique exploite elle-même un parking pour véhicules à deux ou
quatre roues ou un service public qui loue ces locaux à des particuliers.
2- L’opération doit être réalisée par une personne physique ou morale qui accomplit des
actes relevant d’une activité lucrative autre que salariée.
C’est-à-dire que :
pour une vente ou toute opération ayant pour effet de transférer à un tiers la propriété
des biens, la livraison du bien doit être faite au Burkina Faso.
pour les travaux immobiliers, ces travaux doivent être effectués au Burkina Faso.
pour toute autre opération, le service rendu, le droit cédé ou concédé, l’objet ou le
matériel loué doivent être utilisés ou exploités au Burkina Faso.
C’est la territorialité de la TVA qui donne un caractère spécifique aussi bien à l’imposition
des importations qu’à l’exonération des exportations.
En effet, pour certains auteurs, c’est pour cette raison que les importations sont imposables à
la TVA (consommation à l’intérieur du pays importateur) alors que les exportations en sont
exonérées (consommation dans le pays de destination où se fait donc l’imposition). En fait
pour ces auteurs, les importations seraient par nature, dans le champ d’application de la TVA
alors que les exportations seraient hors de ce champ d’application.
Pour d’autres auteurs, l’importation est une opération réalisée entre deux personnes dont l’une
est hors du territoire national (l’exportateur) et l’autre est sur le territoire national
(l’importateur). Par conséquent, l’importation (comme l’exportation) devrait se situer hors du
champ d’application de la TVA. Elle ne peut donc être soumise à la TVA que par une
disposition expresse de la loi. C’est cette dernière conception qui est dominante aussi bien
dans la doctrine que dans la législation.
Les opérations peuvent être regroupées en cinq (5) catégories et exposées logiquement selon
l’ordre suivant :
- les livraisons de biens (ventes) ;
- les opérations de transformation de produits agricoles;
- les prestations de services ;
- les travaux immobiliers ;
- toute activité lucrative autre que salariée.
En fait, il s’agit de livraisons de biens (les ventes) et le reste pouvant être considéré comme
des prestations de services.
Par livraison de biens, il faut entendre toute opération ayant pour effet de transférer la
propriété de biens matériels et immatériels à des tiers, que ces biens soient ou non fabriqués
par celui qui effectue l’opération.
Il s’agit des ventes de biens meubles corporels, importés ou fabriqués ou acquis sur le sol
national. L’opération doit se traduire par un transfert de propriété de bien à un tiers. Il s’agit
de la vente ou de la revente des produits des activités industrielles et artisanales et des
produits importés.
Sont notamment assimilées à des livraisons de biens :
- les fournitures d’eau, d’électricité et de gaz;
- les ventes à tempérament ou ventes à crédit ;
- la transmission de biens effectuée en vertu d’un contrat de commission à l’achat ou à
la vente.
Il s’agit en fait de vente de produits agricoles et piscicoles transformés. Il faut entendre par
produits agricoles, les produits de la culture, de la forêt, de la pêche et de l’élevage (animaux,
abeilles, poissons, grenouilles, etc.)
Les opérations de transformation des produits agricoles sont soumises à la TVA, qu’elles
constituent ou non le prolongement de l’activité agricole, qu’elles aient été faites par
l’agriculteur lui-même, par une union (coopératives ou unions de coopératives) d’agriculteurs
ou par toute autre personne. Ces opérations présentent en effet un caractère commercial ou
industriel qui les distingue nettement de la pure production agricole, qui, elle, est exonérée de
la TVA (céréales, produits de l’élevage ou de la pêche).
En clair, lorsqu’une personne exerce une activité de transformation de produits agricoles ou
piscicoles, la vente des produits transformés (grains transformés en farine, viande ou poissons
transformés en conserves ou autres, bois transformés en planches ou en meubles..) est
soumise à la TVA.
Par prestation de services, il faut entendre toute opération qui ne constitue pas une livraison
de biens effectuée entre deux personnes juridiques distinctes et comportant une contrepartie
en espèces ou en nature.
Les prestations de services sont notamment :
les concessions de biens incorporels (brevets, licence, …) ;
les locations de fonds de commerce ;
les locations de biens meubles ou immeubles ;
les opérations d’entremise (agences de voyage, courtage, opérations de commission ou de
change) ;
les opérations de banque, d’assurance et de réassurance ;
les travaux à façon ne relevant pas des actes de production (couture, coiffure, menuiserie,
…);
les opérations d’entretien et de réparation de biens meubles (mécanique, électricité,
plomberie, …) ;
les ventes à consommer sur place (bar, cafeteria, restaurant, …) ;
les opérations de tourisme, d’hôtellerie et de restauration ;
les activités de spectacles et de divertissement ;
les opérations de transport ;
les fournitures de télécommunication ;
les opérations réalisées par les professions libérales.
Les travaux immobiliers sont des prestations de services d’un genre particulier. Par travaux
immobiliers, il faut entendre :
- tous travaux de construction, de rénovation, d’entretien et de réparation de bâtiments
et d’ouvrages immobiliers (routes, ponts, caniveaux, etc.) ;
- les travaux publics ;
- les travaux de chaudronnerie de bâtiments et de construction métalliques ;
- les travaux de démolition ainsi que tous les travaux accessoires ou préliminaires à des
travaux immobiliers.
En plus des opérations citées expressément, l’article 299 du CGI. Ouvre le champ
d’application de la TVA à « toute activité lucrative autre que les emplois salariés ».
La TVA s’étend donc en principe (sauf exonération) à toutes les activités économiques à
l’exception des emplois salariés. Ceci traduit le caractère de taxe générale de consommation
des biens et services de la TVA.
Les opérations citées au paragraphe précédent sont imposables à la TVA parce que par leur
nature, elles répondent à la définition « d’affaires faites au Burkina Faso » qui délimite le
champ d’application de la TVA.
Cependant, le CGI soumet expressément à la TVA un certain nombre d’opérations qui, par
nature, n’auraient pas été imposables parce qu’elles ne répondent pas entièrement ou pas du
tout à la notion d’« affaire » telle qu’elle est explicitée par la loi. Il en est ainsi des
importations et des livraisons à soi-même. Leur imposition permet de réaliser la neutralité
fiscale entre d’un côté les produits nationaux et les produits importés et d’un autre côté les
produits auto-consommés et les produits vendus.
A- Les importations
Les importations sont soumises à la TVA. Au plan fiscal, l’importation signifie : « le
franchissement du cordon douanier au Burkina Faso pour la mise à la consommation de
marchandises provenant de l’extérieur ou de mise à la consommation en suite de régime
douanier suspensif ».
Les produits importés sont soumis à la TVA, qu’ils soient destinés :
- à la revente en l’état ;
- aux besoins de production (matières premières ou machines-outils) ;
- à la consommation personnelle.
Sont assimilées à des importations :
- les prestations de services rendues par des non-résidents ;
- les acquisitions de biens immatériels acquis auprès de non-résidents.
2- Lorsque ces biens et services sont utilisés pour les besoins autres que ceux de son
exploitation notamment pour ses besoins propres (autoconsommation, dons à des tiers,
prestations gratuites…), les besoins de son personnel ou les livraisons à titre gratuit au
profit des tiers, lorsque les biens, travaux ou services ont ouvert droit à déduction.
Exemples :
- le prélèvement de chaussures sur son stock effectué par un commerçant, pour lui-
même ou pour donner à autrui ;
- la construction d’une villa personnelle par un entrepreneur avec les moyens de son
entreprise ;
- le transport gratuit de personnes par un transporteur avec les cars de son entreprise.
Il convient de souligner que l’imposition des services rendus à soi-même pour les besoins de
l’exploitation ou pour les besoins personnels n’est pas aisée à réaliser dans les faits. Les
LASM de biens corporels sont plus faciles à taxer parce que portant sur des choses matérielles
et palpables.
NB : Les retraits d’immobilisations de l’actif d’une entreprise pour les porter dans le
patrimoine privé de l’exploitant ne sont pas soumis à la TVA mais sujets à la régularisation (à
voir dans les prochains chapitres).
Par définition, les opérations exonérées sont des opérations qui se situent dans le champ
d’application de la TVA mais que la loi exonère de la taxation effective pour des motifs
divers. Les exonérations sont énumérées dans le CGI aux articles 307, 308 et 309. On peut les
classer selon les objectifs visés par le législateur ou selon la nature des opérations.
1- Les affaires effectuées par les entreprises d’assurance et de réassurance et qui sont
soumise à la taxe sur les assurances. Il en est de même des opérations effectuées par
les courtiers en assurance.
2- Les dividendes, intérêts, arrérages, revenus et tous autres produits des actions de toute
nature et des parts de fondateur de sociétés soumises à l’IRCM.
3- Les mutations d’immeuble, de droit réel immobilier, de droit au bail, de fonds de
commerce et de titre minier imposées aux droits d’enregistrement ou à une imposition
équivalente à l’exclusion des opérations effectuées par les marchands de biens.
4- Les opérations portant sur les jeux de hasard et soumises à la taxe sur les jeux de
hasard.
5- Les prestations de services portant sur les produits soumis à la taxe sur les produits
pétroliers.
6- Les opérations soumises à la taxe sur les activités financières.
Les exportations directes de biens et les réexportations en suite d’un régime douanier
suspensif ainsi que les prestations de services assimilées à des exportations sont
exonérées de TVA. Sont assimilés à des exportations : les transports terrestres pour les
parties réalisées à l’étranger, lorsque ces prestations sont effectuées du Burkina vers
l’étranger ;
les transports aériens internationaux et les déménagements internationaux par voie
aérienne;
l’avitaillement des aéronefs à destination de l'étranger;
les livraisons, transformations, réparations, entretien et locations d’aéronefs, utilisés
par des compagnies de navigation aérienne pratiquant essentiellement un trafic
international rémunéré, les livraisons, locations, réparations et entretien des objets qui
leur sont incorporés ou qui servent à leur exploitation, les livraisons de biens destinés
à leur avitaillement ainsi que les prestations de services effectués par les besoins
directs de ces aéronefs et de leur cargaison ;.
Les ventes d’emballages par les fabricants pour le conditionnement des fruits et
légumes destinés à l’exportation par les professionnels (les modalités d’application
sont fixées par voies règlementaires).
Les ventes, effectuées par les exploitants agricoles, les planteurs, les éleveurs et les pêcheurs
des produits non transformés de leur activité, sont exonérées de TVA.
Sont aussi exonérées, les ventes d’aliments pour bétail et pour volaille produits au Burkina
Faso.
Les ventes, cessions ou prestations réalisées par l’État, les collectivités locales et les
établissements publics n’ayant pas un caractère industriel ou commercial sont exonérés.
Les exonérations1 accordées dans le cadre des relations internationales et de la gestion des
projets ou marchés à financement extérieur sont strictement limitées :
- aux fournitures d’eau, de téléphone et d’électricité, aux prestations de services et aux
travaux immobiliers effectués dans les locaux de la mission diplomatiques et de la
résidence du chef de mission ;
- aux biens et services nécessaires au fonctionnement des organismes internationaux et
organismes assimilés ayant conclu une convention de siège avec l’État burkinabè ;
- aux biens et services nécessaires au fonctionnement des institutions du système des
Nations Unies conformément à la Convention sur les privilèges et immunités des
Nations Unies du 13 février 1946.
Ont la qualité d’assujetti, les personnes qui réalisent des opérations soumises à la TVA. C’est
le critère personnel (assujetti) par opposition au critère réel (opérations imposables). Le critère
réel conditionne le critère personnel ; ce qui est normal, puisque la TVA est un impôt réel
portant sur des opérations réalisées, quelle que soit la qualité de la personne assujettie.
Il y a des personnes qui sont imposables à la TVA de plein droit et d’autres par contre qui
choisissent volontairement de payer la TVA.
1
Pour bénéficier de cette exonération le contribuable devra disposer d’un certificat d’exo et solliciter la détaxe
auprès de la DGI selon la LF 2019.
4- Les entreprises de leasing ou crédit-bail : ce sont des entreprises qui effectuent des
locations de biens d’équipement ou d’exploitation avec possibilité pour le preneur de
les acheter en fin de contrat.
5- Les commerçants ou négociants : ce sont ceux qui habituellement achètent pour
revendre, en l’état ou après conditionnement, des biens meubles.
6- Les prestataires de services : tous ceux qui réalisent des opérations de prestation de
services y compris les professions libérales.
7- L’État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics sont assujettis de
plein droit à la TVA pour leurs activités à caractère industriel ou commercial.
8- Les personnes bénéficiant d’exonérations totales ou partielles, lorsque les conditions
d’octroi de ces avantages ne sont plus réunies, rendant ainsi les taxes exigibles.
A - Le principe de l’option
Il y a option lorsqu’une personne exonérée d’un impôt, la TVA en l’occurrence, demande
l’autorisation de l’acquitter. La loi autorise dans certains cas, limitativement énumérés,
l’option pour l’assujettissement à la TVA parce que cela peut comporter des avantages alors
que l’exonération ressemble parfois à une punition.
SECTION 4 – LA TERRITORIALITE
Le champ d’application de la TVA n’est pas illimité dans l’espace ; il comporte un caractère
territorial : l’opération imposable doit être réputée faite au Burkina Faso. La loi pose le
principe de territorialité de la TVA et énonce la solution liée à chaque catégorie d’opération
imposable.
À ce sujet, voir, par exemple, la lettre n°0166 du 18 février 2000 du DGI à un gérant de
SARL à propos de l’imposition des frais de siège à la TVA.
CHAPITRE II - FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE
- pour le client, elle détermine la date à laquelle il peut déduire la taxe qui lui est
facturée.
Au Burkina Faso, en matière de TVA, en principe le fait générateur et l’exigibilité sont
concomitants, mais il existe quelques cas particuliers dans lesquels les deux phénomènes
ne coïncident pas.
SECTION 2 - LE PRINCIPE
- pour les livraisons de biens, en cas d’établissement de facture avant que les
livraisons ne soient effectuées, l’exigibilité intervient au moment de l’émission de la
facture ;
- pour les prestations de services et les travaux immobiliers, le versement d’avance ou
d’acompte rend la taxe exigible sur le montant dudit versement ;
- pour les prestations fournis par les redevables soumis à l’impôt sur les bénéfices
non commerciaux (les professions libérales par exemple), l’exigibilité intervient à
l’encaissement du prix des services ; c’est la conséquence de l’application de la
comptabilité de caisse à ces professions, en lieu et place de la comptabilité
d’engagement fondée sur le principe des créances acquises et des dettes certaines ;
- pour les fournitures ou livraisons à l’État, aux collectivités territoriales ou à leurs
démembrements n’ayant pas un caractère industriel ou commercial, les redevables
ont l’obligation de déclarer ces opérations dans les délais de droit commun.
Toutefois, un différé de paiement (un sursis de paiement) peut être accordé par le service des
impôts jusqu’au moment du paiement par les services du Trésor. Dans ce cas, le montant dû
est retenu à la source par le service chargé du paiement, au taux indiqué par le service des
impôts lors du visa des décomptes, du marché ou du contrat. À défaut de visa, une pénalité de
25% en cas de mauvaise foi et 200% en cas de manœuvres frauduleuses, des droits dus sera
infligée aux contrevenants.
CHAPITRE III - BASE D’IMPOSITION
Il ressort des dispositions du CGI que la base d’imposition de la TVA est constituée par le
prix total tous frais compris (à l’exception de la TVA elle-même) du produit ou du service. Il
existe des règles générales d’assiette mais aussi des dérogations à ce régime général.
Si l’on considère chaque type d’opération taxable, la base imposable est essentiellement
constituée d’un certain nombre d’éléments précis.
La base imposable est constituée par le prix convenu entre les parties sans qu’il y’ait lieu de
tenir compte du fait que ce prix peut se décomposer en versement d’acomptes du prix
principal et du solde.
Il peut arriver, dans certains cas exceptionnels, que des éléments accessoires du prix ne soient
pas déterminés de façon précise lors de la délivrance de la marchandise ; dans ce cas, les
sommes perçues postérieurement à cette délivrance donnent lieu à imposition dès leur
encaissement.
Lorsque plusieurs produits passibles de la TVA à divers taux sont vendus pour un prix global,
chacun doit être soumis à l’imposition à raison de son prix et au taux qui lui est applicable. Il
appartient au redevable d’en faire la ventilation sur la facture. Ces cas se rencontrent dans les
restaurants et les hôtels.
Lorsqu’un produit est composé d’éléments passibles de taux différents, la TVA est exigible en
principe sur le prix du produit considéré, au taux qui lui est propre (vente de climatiseur avec
pose). La base imposable est le prix du climatiseur (qui comporte en fait le prix de la pause) et
on applique le taux propre aux climatiseurs.
C - Pour les travaux immobiliers
La base imposable est constituée par le montant des mémoires, marchés, factures ou
acomptes, y compris les travaux confiés à des sous-traitants.
Outre les éléments normaux ci-dessus, constitutifs de la base d’imposition, il convient d’y
ajouter, le cas échéant, certains éléments particuliers comme les impôts et taxes, les frais
accessoires aux livraisons des biens, les indemnités n’ayant pas le caractère de dommages et
intérêts et les subventions de fonctionnement.
Par exemple, la base imposable d’une importation sera égale au prix CAF (coût-assurance-
fret) plus le droit de douanes et les taxes parafiscales perçues par le service des douanes en
raison de l’importation.
La base imposable d’une opération effectuée sur le territoire national comprend le prix du
produit ou du service mais également, s’il y a lieu, les montants des taxes qui s’y rattachent (à
l’exclusion de la TVA elle-même) comme les taxes spécifiques (accises), les taxes
parafiscales et les redevances.
L’incorporation des impôts et taxes à la base imposable de la TVA confère à celle-ci un
caractère cumulatif puisque l’on calcule l’impôt sur l’impôt.
B - Les frais accessoires aux livraisons de biens
Il s’agit par exemple des commissions, des intérêts, des frais d’emballage (non récupérables
ou non récupérés), des frais de transport et d’assurance demandés au client même s’ils sont
facturés séparément.
Les commissions versées à des intermédiaires et facturées aux clients sont à inclure dans la
base d’imposition. Aucune déduction de la base n’est admise pour frais quelconques afférents
à la vente ou pour salaires, commissions ou courtages dus par le vendeur à des intermédiaires.
Les intérêts, agios et autres frais facturés aux clients, doivent être inclus dans la base
d’imposition alors même qu’ils feraient l’objet d’une facturation distincte, dès lors qu’ils sont
liés à une opération soumise à la TVA. Bien entendu, ces frais ne sont pas imposables à la
TVA si la vente à laquelle ils se rapportent est elle-même exonérée ou s’ils sont totalement
indépendants d’une opération imposable.
En ce qui concerne les emballages lorsqu’ils ne sont pas récupérables ; ils sont vendus avec
le produit qu’ils contiennent et leur prix s’incorpore au prix du produit qui est soumis à la
TVA.
Quant aux frais de transport, ils sont à incorporer à la base imposable dès lors qu’ils sont
facturés au client. Dans le cas des ventes effectuées à l’intérieur du territoire national, il
convient de distinguer les ventes « franco-domicile » des « ventes-départ ». En cas de vente
franco-domicile, le transfert de propriété et la remise matérielle du bien vendu s’opère au
domicile de l’acquéreur, le transport incombe alors au vendeur et la responsabilité de celui-ci
n’est dégagée qu’après la prise de possession effectuée par l’acquéreur à son domicile. Dans
ce cas, les frais de transport sont compris dans la facture et le montant total est soumis à la
TVA. Dans le cas de la vente-départ, l’acquéreur prend livraison de la marchandise au
domicile (à l’entreprise) du vendeur et assure lui-même le transport. La facture du vendeur ne
comprendra pas alors les frais de transport. Si l’acquéreur fait transporter sa marchandise par
un transporteur professionnel, ce dernier lui en facturera les frais qui seront soumis à la TVA
si le transporteur est un assujetti.
Enfin les frais d’assurance qui sont normalement à la charge du vendeur doivent, lorsqu’ils
sont réclamés au client, être considérés comme un élément du prix de vente de l’opération et
constituent par conséquent un élément de la base d’imposition. Ils suivent le même sort que
les frais de transport. C’est ainsi qu’en cas d’importation, les frais de transport et les frais
d’assurance sont inclus dans la base d’imposition des objets importés.
La ristourne est une réduction commerciale (accordée généralement en fin d’année). Elle se
calcule sur la base totale TTC déjà facturée ; dans ce cas, le vendeur adressera à son client une
facture rectificative ou une note d’avoir ; ce qui entraîne une remise en cause du montant de la
TVA et donc une régularisation ; c’est-à-dire que le montant de la TVA correspondant à la
remise viendra en diminution de la TVA collectée chez le vendeur et corrélativement de la
TVA déductible chez l’acheteur. L’escompte est une réduction financière qui entraîne la
même conséquence que la ristourne
Enfin, il faut noter que l’emballage qui est séparé de son contenu par le destinataire devient un
article d’occasion, dont la vente est soumise au régime des biens d’occasion.
C - Les indemnités ayant le caractère de dommages-intérêts
Il s’agit d’indemnités perçues par un assujetti en compensation d’un préjudice matériel ou
moral qu’il a subi ; dans ce cas on considère que l’intéressé ne s’enrichit pas et ne réalise donc
pas une affaire. Tout se passe comme s’il recevait tout juste le remboursement de ce qu’il a
perdu par le fait du hasard ou d’autrui. Il en est de même des dommages-intérêts issus de
condamnations judiciaires.
L’aide est à caractère financier lorsqu’elle est consentie par une société mère au profit d’une
filiale avec laquelle elle n’entretient pas de relations commerciales ; cette forme d’aide
échappe à la TVA.
L’aide est à caractère commercial lorsqu’elle est consentie par un partenaire commercial,
qu’il s’agisse d’une entreprise juridiquement indépendante ou d’une filiale de
commercialisation. Cette forme d’aide est en revanche soumise à la TVA.
SECTION 2- LES REGLES PARTICULIERES D’ASSIETTE
Dans certains cas, la TVA est calculée sur une base spécifique. Le CGI prévoit deux : les
ventes des biens d’occasion et les agences de voyages. A ces deux, on peut ajouter les LASM.
Ce sont des dérogations aux règles générales d’assiette.
La base imposable des LASM est constituée par le prix de revient des biens, services ou
travaux faisant l’objet des livraisons.
Sont considérés comme biens d’occasion, les biens ayant fait l’objet d’une utilisation et qui
sont susceptibles de réemploi en l’état ou après réparation.
En cas de réparation, l’opération doit aboutir simplement à une remise en état, c’est-à-dire à
une restitution, plus ou moins complète, des caractéristiques initiales de l’objet à l’état neuf.
En revanche, les opérations qui se traduisent par une transformation par rapport à l’objet
initial avant usage font perdre à celui-ci la qualification d’objet d’occasion ; il devient un
produit nouveau dont le régime d’imposition est celui des produits neufs.
Les négociants en biens d’occasion (ceux qui font profession de vendre des biens d’occasion),
sont imposables à la TVA sur le montant total de chaque vente. Mais la faculté d’acquitter la
TVA sur la marge leur est ouverte ; la marge étant la différence entre le prix de vente et le
prix d’achat.
L’option prend effet à compter du premier janvier qui suit la date de l’accusé de réception de
la demande par le service des impôts.
Dans tous les cas, la TVA collectée s’obtient en appliquant à une base hors taxe (HT), le taux
légal. Mais dans certains cas, la base d’imposition est exprimée toutes taxes comprises (TTC),
ce qui pose le problème de conversion de cette base en HT.
Les taux des impôts indirects et particulièrement ceux de la TVA font souvent l’objet de
nombreuses manipulations en fonction des nécessités budgétaires ou des impératifs
économiques ou sociaux. Ainsi dans certains cas, on fixe un seul taux et dans d’autres cas, on
adopte plusieurs taux (deux, trois, quatre ou même plus).
Il faut souligner que le système des taux multiples comporte des avantages même s’il a aussi
quelques inconvénients. Dans tous les cas, au Burkina les autorités ont plutôt opté pour le taux
unique avant d’instituer un second taux à partir de 2020.
A - Les avantages
L’adoption de plusieurs taux de TVA est le moyen dont dispose le législateur pour « nuancer
l’imposition ». Elle permet de tenir compte des impératifs économiques, sociaux et financiers.
Au plan économique, la pluralité des taux permet de sauvegarder certains secteurs tels que
l’agriculture, l’artisanat, la pêche et de favoriser le développement d’autres activités telles
l’hôtellerie ou le tourisme.
Au plan social, la discrimination des taux permet d’atténuer la charge fiscale sur les budgets
modestes par la taxation réduite (au taux réduit) des produits de large consommation comme
le savon de ménage, l’huile…
Au plan financier, la pluralité des taux permet de maintenir les recettes budgétaires à un
niveau satisfaisant, en taxant plus fortement les consommations de luxe ou la consommation
de produits dangereux pour la santé (voitures, parfumerie, alcool…) de manière à compenser
le manque à gagner né de la taxation au taux réduit et des franchises et exonérations.
B - Les inconvénients
Les difficultés nées de l’utilisation de plusieurs taux sont moindres et proviennent
essentiellement de :
- la pluralité des listes limitatives c’est-à-dire des tableaux des opérations et services soumis
respectivement aux différents taux ;
- l’empiétement de certaines opérations dans le domaine de plusieurs taux (ex. vente d’objet
avec pose) ;
- la ventilation des recettes imposables par les redevables qui vendent ou louent des services
ou opérations passibles de taux différents. Par exemple dans un hôtel, il faut pratiquer un taux
de 10% pour le prix des chambres tandis que le prix des alcools supporte un taux de 18%.
Au Burkina Faso, à la veille de la création de la TVA, la tendance était à la pluralité des taux
applicable à la TCA. En effet, une ordonnance de 1985 avait transformé le taux unique de la
TCA en trois taux (réduit, normal et majoré) afin de discriminer la taxation des
consommations courantes ou de masse de celles qui sont considérées comme des
consommations de luxe.
Le projet de TVA avait alors suivi cette évolution en proposant trois taux d’imposition : un
taux de 7% (opérations de première nécessité), un taux normal de 14% (opérations courantes)
et un taux de 20% (opérations de luxe). Mais le législateur a finalement écarté la notion de
produit de luxe et a retenu deux taux à l’institution de la TVA en décembre 1992 : 10% pour
les produits de large consommation et 15% pour les autres, lorsqu’ils ne sont pas
expressément exonérés.
Il faut noter que l’adoption du taux unique et sa fixation à 18% depuis 1996 trouvait sa raison
fondamentale dans les deux principaux piliers de la politique actuelle du gouvernement
burkinabè. Cela a permis aux autorités burkinabè de respecter d’une part les recommandations
des insistantes des institutions de Breton Wood (FMI et Banque Mondiale) dans le cadre du
P.A.S. et d’autre part les résolutions des instances de l’UEMOA sur l’harmonisation des
fiscalités des États membres, notamment les règles en matière de TVA. (Cf. article 29 de la
Directive n°02/98/CM/UEMO du 22 décembre 1998.
Cependant, un deuxième taux va être institué à nouveau pour les prestations offertes par le
secteur de l’hôtellerie et du tourisme à 10%.
Ainsi qu’il a été indiqué précédemment, les modifications de taux obéissent à plusieurs
impératifs. L’évolution des taux de la TVA est la suivante depuis l’institution de cette taxe au
Burkina Faso :
- taux réduit de 10% et taux normal de 15% par la loi n°4/92/ADP du 3 décembre 1992
(instituant la TVA), entrée en vigueur le 1er janvier 1993 ;
- taux unique de 15% par la loi n°27/93/ADP du 1er décembre 1993, entrée en vigueur le 1er
janvier 1994 ;
- taux unique de 18% par la loi n°26/96/ADP du 16 juillet 1996, entrée en vigueur dès le 1 er
septembre 1996 ;
- taux réduit de 10% par la loi n°031-2020/AN du 09 juillet 2020 portant loi de finances
rectificative pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2020 ;
Donc avec une base imposable de 15.251.360 F ; La TVA collectée sera égale à 15.251.360 F
x 18% = 2.745.245 F.
Il reste entendu que le taux 0 s’est toujours appliqué aux exportations.
En matière de TVA, le taux légal est le taux réel, c’est-à-dire un taux applicable à une base
hors taxe. C’est pour cette raison que la comptabilité est tenue hors taxe et que sur les
déclarations mensuelles de TVA, les affaires imposables doivent être récapitulées hors taxe.
Mais il arrive, dans certains cas, que le chiffre d’affaires soit exprimé et comptabilisé pour son
montant toutes taxes comprises : « Des dérogations relatives à l’obligation de facturation
pourront être accordées à certaines professions par arrêté conjoint du ministre chargé des
finances et du ministre chargé du commerce »). Ces cas (fixés par l’arrêté n°…..) sont
notamment les suivants :
- commerce de détail dans les grands magasins ;
- ventes de biens d’occasion ;
- restauration ;
- agences de voyages ;
- diverses indemnités n’ayant pas le caractère de dommages intérêts (intérêts moratoires,
dépôts de garantie conservés suite à un non-paiement de loyer…) ;
- valeur d’un bien qui vient s’ajouter à un prix pour constituer le prix total d’un service rendu
ou d’autre bien (ex ; nuit d’hôtel en argent augmenté d’un sac) ;
- frais d’emballage consigné mais finalement non restitués ;
- etc.
Dans chaque cas, il est nécessaire de reconstituer le chiffre d’affaires hors taxe avant
d’appliquer le taux légal. Cela se fait au moyen d’un coefficient de conversion qui est le
suivant :
Si le taux est 18% et le coefficient de conversion est K
Première hypothèse
100 100
K = ---------------------- = --------------- = 0,847
100 + taux 118
Pour avoir une base hors taxe (HT), on applique à la base toutes taxes comprises (TTC), le
coefficient de conversion.
Deuxième hypothèse
100 100 1
K = ---------------------- = --------------- = ----
100 + taux 118 1,18
C’est cette 2ème hypothèse qui est de plus appliquée au Burkina Faso
INTRODUCTION
1 – La TVA collectée ou TVA brute ou TVA exigible est un impôt perçu par l’entreprise
auprès de ses clients. C’est la TVA sur la vente des biens et services qui représente une dette
vis-à-vis du Trésor public.
2 – La TVA déductible est celle qui est acquittée par l’entreprise auprès de ses fournisseurs.
C’est la TVA sur les achats de biens et services qui représente une créance de l’entreprise sur
le Trésor public.
NB - Lorsque la TVA afférente à un bien ou service n’est pas déductible par suite
d’exonération, de restriction ou d’exclusion, elle est considérée comme un élément du prix et
comptabilisée avec celui-ci en charge d’exploitation.
3 – Le solde est obtenu par la différence entre le montant total de la TVA collectée et le
montant total de la TVA déductible pour la même période (en général un mois).
La TVA nette ou TVA due ou encore TVA à décaisser représente la différence positive
entre la TVA collectée et la TVA déductible. Elle doit être reversée dans la caisse du receveur
dans un délai déterminé, sous peine de sanction.
Explication d’application
CHAPITRE I - REGIMES DE DEDUCTION
Le principe est que la TVA qui a grevé les éléments du prix de revient d’une opération
imposable est déductible de la TVA applicable à cette opération. C’est le mécanisme de
l’imputation de la TVA d’amont sur la TVA d’aval.
Le droit à déduction n’est accordé qu’aux assujettis qui sont réellement redevables de la TVA
et assimilés (les exportateurs par exemple qui sont supposés alors être imposés au taux zéro).
Parmi les assujettis redevables de la TVA, il faut distinguer les assujettis totaux (100% des
affaires soumises à la TVA) et les assujettis partiels (seulement une partie des affaires est
soumise à la TVA), ces derniers ne pouvant récupérer qu’une partie de la TVA qui leur est
facturée. Par ailleurs, le droit à déduction peut ne porter que sur des biens et services affectés
à des opérations taxables.
Ainsi donc ouvrent droit à déduction :
les opérations soumises à la TVA ;
les opérations d’exportation (ces opérations sont alors traitées comme des
opérations taxées).
Toutefois, les opérations effectuées à l’exportation qui seraient exonérées en régime intérieur
n’ouvrent pas droit à déduction (ex : exportation de médicaments).
Il faut noter que la TVA sur les dépenses d’investissement (acquisition d’immobilisations) est
également déductible.
Les personnes qui n’ont pas la qualité de redevable ou assimilés ne peuvent prétendre au droit
à déduction. Il s’agit :
des particuliers qui sont les consommateurs finaux ;
des professionnels non imposables ou exonérés (salariés, établissements
d’enseignement, cabinets médicaux, sociétés d’assurance, les redevables qui
relèvent du RSI et de la CME, etc.).
En ce qui concerne les entreprises qui n’étaient pas soumises à la TVA et qui optent ensuite
pour leur assujettissement (à la TVA), la déduction (immédiate après l’option) est autorisée de
la manière suivante:
Exemple : Si une entreprise est déjà assujettie de plein droit à la TVA et si elle acquiert un
immeuble à 40.000.000 F le 23 mai 2015, la TVA ayant grevé cette acquisition (40.000.000 x
18% = 7.200.000) est immédiatement déductible (donc au titre du mois de mai 2015).
Si la même entreprise a opté pour son assujettissement à la TVA avant le 1 er février 2018 (elle
n’était pas assujetti avant cette date), donc applicable à compter du 1 er janvier 2018, la
déduction qui lui sera accordée est égale à 7.200.000 – (7.200.000 x 3/10) = 5 040.000. Les
trois années ‘’perdues’’ correspondent aux années 2015, 2016 et 2017. La déduction autorisée
correspond aux sept années restantes (2018 à 2024) au cours desquelles l’immeuble va servir
à faire des activités taxables.
En revanche, comme indiqué plus haut, la TVA sur son stock à cette date est déductible en
totalité.
1 – Les véhicules conçus pour le transport des personnes et les véhicules à usage mixte dont
le nombre de places assises, y compris celle réservée au conducteur, est supérieur ou égal à
trois (3) et inférieur à dix (10) lorsqu’ils ne sont pas affectés :
- au transport public de personnes ;
- au transport du personnel sur le lieu du travail ;
- au transport de la clientèle des établissements hôteliers ;
- à l'enseignement de la conduite ;
- à la location y compris dans le cadre d'une opération de crédit-bail ;
- lorsqu'ils ne sont pas destinés à être revendus en l'état.
L’exclusion s’applique également aux parties et pièces détachées ainsi qu’aux accessoires
desdits véhicules. (Pour l’interprétation de cette disposition, cf. I.A. n°01-2002 du
12/11/2002 : Dispositions de fiscalité intérieure de la loi de finances pour la gestion 2002).
Il s’agit des biens cédés et les services rendus gratuitement ou à un prix sensiblement inférieur
au prix de revient à titre de commission, salaire, gratification, rabais, bonification, cadeau
quelle que soit la qualité du bénéficiaire sauf lorsqu'il s'agit d'objets publicitaires d'une valeur
inférieure à dix mille 10 000 francs CFA hors la taxe sur la valeur ajoutée ;
Sont exclus du droit à déduction, les services de toute nature portant sur des biens exclus du
droit à déduction.
NB : toute TVA facturée est due (y compris la TVA illégalement facturée), cependant la TVA
illégalement facturée n’est pas déductible.
Les redevables qui réalisent exclusivement des opérations taxables (assujettis totaux) ou des
exportations (et assimilées) peuvent déduire l’intégralité de la TVA ayant grevé leurs
acquisitions de biens et services sous réserve des exclusions légales.
Tous leurs biens et services étant affectés à la réalisation d’opérations imposables, leur
pourcentage de déduction est égal à 100%.
Les entreprises qui sont entièrement exonérées de TVA (compagnies d’assurances,
professions médicales, établissement d’enseignement…) ne bénéficient d’aucun droit à
déduction.
Pour les entreprises qui ne sont assujetties à la TVA que sur une partie de leur chiffre
d’affaires, la déduction ne peut être que partielle (assujettis partiels).
L’exercice du droit à déduction obéit donc à la règle de l’affectation des biens et services.
La règle du pourcentage ou du prorata n’est applicable que lorsque les biens et services
concourent à la fois à la réalisation d’opérations taxables et d’opérations non taxables.
Rappel : Les opérations effectuées à l’exportation, qui seraient exonérées en régime intérieur,
n’ouvrent pas droit à déduction (ex. : exportations de médicaments, de journaux, d’engrais ou
de produits alimentaires non transformés destinés à la consommation).
La loi (Art 323 du CGI) dispose que « Pour les entreprises assujetties partiellement à la TVA,
la fraction déductible est déterminée par le rapport existant entre d’une part, les opérations
taxables et les exportations (portant sur des opérations taxables en régime intérieur) et, d’autre
part, l’ensemble des affaires réalisées… ». Les montants des opérations considérées sont
exprimés hors TVA.
En rappel, les exportations dont il s’agit ne doivent pas porter sur des produits exonérés en
régime intérieur.
Par ailleurs dans le calcul des affaires annuelles pour la détermination du pourcentage de
déduction, ne sont pas pris en compte, les éléments suivants :
les affaires résultant de la cession d’éléments d’actifs immobilisés ;
les subventions d’équipement ;
les indemnités d’assurance ne constituant pas la contrepartie d’opérations
soumises à la TVA;
les débours ;
les dommages-intérêts.
Ainsi si X représente les opérations taxables et les exportations (en fait toutes les opérations
qui ouvrent droit à déduction) et Y représente l’ensemble des affaires réalisées (taxables et
non taxables à l’exception de quelques affaires expressément exclues cités ci-dessus), le
rapport à appliquer à la TVA pour déterminer le droit à déduction est égal à X/Y.
Pour le calcul du prorata de déduction de l’année N, il faut se baser sur les affaires réalisées
en année N+1.
1er Exemple : Si dans une entreprise qui fabrique de l’huile (biens taxables) et du lait en
poudre (denrée non taxable), au cours d’une année donnée, les fûts d’huile vendus
représentent un chiffre d’affaires (HT) de 25 millions de francs et le lait en poudre, un chiffre
d’affaires (HT) de 15 millions de francs (en supposant que toutes ces ventes ont été faites sur
le territoire national), le prorata de déduction (qui sera appliquée l’année suivante) est le
suivant : 25.000.000 / 40.000.000 = 0,625 soit 62,5%.
Si la TVA (sur les biens et services communs à l’ensemble des activités) facturée par les
fournisseurs de cette entreprise dans un mois donné est de 1.000.000 F, la fraction déductible
sera de 1.000.000 F x 62,5% = 625.000 F. Les 375.000 F non déductibles représentent la TVA
ayant grevé les acquisitions des biens et services ayant servi à des opérations ou des
productions non imposables à la TVA. Cette TVA non déductible sera comptabilisée comme
un élément accessoire des achats et passée en charge pour la détermination du résultat de
l’exercice.
2ème Exemple : Si au cours d’une année donnée, la même entreprise a réalisé les opérations
suivantes (montants H.T.) :
- ventes à l’intérieur de l’huile = 20.500.000 F ;
- ventes à l’exportation de l’huile = 13 040.000 F ;
- ventes à l’intérieur de lait = 12.250.000 F ;
- ventes à l’exportation de lait = 6 210.000 F ;
- recettes de cession d’éléments d’actif immobilisés = 3.500.000 F.
Si dans ce cas, la TVA (sur les biens et services communs à l’ensemble des secteurs) facturée
par les fournisseurs de l’entreprise dans un mois donné est de 1.000.000 F, la fraction
déductible sera de 1.000.000 F x 64,5% = 645.000 F. La différence qui n’est pas déductible
sera passée en charge pour la détermination du résultat de l’exercice.
C’est un prorata provisoire (calculé sur les affaires de l’année N-1) qui sera appliqué au cours
de toute l’année (année N).
Pour les entreprises (anciennes) déjà soumises à la TVA, le prorata de déduction applicable au
cours d’une année donnée est déterminé à partir du chiffre d’affaires réalisées au cours de
l’année précédente. Ce pourcentage est un prorata provisoire.
Aux termes de la loi, en ce qui concerne les entreprises nouvelles ou les nouveaux assujettis
(donc par option), le pourcentage de déduction provisoire est déterminé en fonction
respectivement des recettes ou produits prévisionnels de l’année en cours et des recettes ou
produits de l’exercice précédent.
Aux termes de l’article 325 du CGI., lorsque la variation du pourcentage de déduction est
supérieure à 10% entre deux (2) prorata définitifs, l’assujetti doit procéder à la régularisation
des déductions opérées au titre des immobilisations exclusivement, à concurrence d’une
fraction égale :
NB – La variation du prorata définitif n’a pas d’effet sur la TVA ayant grevé les services.
Exemple : Une SARL, soumise partiellement à la TVA, a acheté en octobre 2017, une
machine pour un prix de 12 000.000 F (HT) augmenté d’une TVA de 2 160.000 F.
Le pourcentage de déduction définitif appliqué par l’entreprise au cours de l’année
2017 était de 75% alors que le pourcentage de déduction définitif pratiqué au titre de l’année
2019 est de 91%.
Quelle régularisation doit-elle opérer en début 2020?
Cette somme doit être rajoutée à la TVA déductible de l’entreprise dans les 4 premiers mois
de l’année 2020 (donc au plus tard le 30 avril 2020).
CHAPITRE II – LES MODALITES DU DROIT À DEDUCTION
§1 – Le délai et la période
Le droit à déduction prend naissance avec l’exigibilité de la taxe chez le fournisseur. C’est le
principe qui est retenu par l’article 326 du CGI qui indique que la naissance du droit à
déduction intervient lorsque la taxe devient exigible chez le redevable. La même disposition
précise qu’en ce qui concerne les importations, la TVA pour être déductible, doit avoir été
acquittée et figurer sur la déclaration de mise à la consommation.
Pour les autres opérations, la TVA doit être mentionnée distinctement sur la facture.
En pratique, la déduction s’effectue au cours du mois pendant lequel la taxe est devenue
exigible (chez le fournisseur). La TVA déductible d’un assujetti au titre d’un mois donné est
donc la somme totale de TVA que lui ont facturée ses fournisseurs au cours du mois
considéré.
Par exemple les différents montants de TVA facturés à un commerçant par ses fournisseurs de
biens et services pendant le mois de décembre 2019 seront sommés et déduits sur la TVA
collectée sur les ventes du même mois et le résultat (TVA nette due ou crédit de TVA) sera
déclaré au service des impôts début janvier 2020 (au plus tard le 15 janvier).
1) – La TVA n’est déductible que dans la mesure où elle figure distinctement sur un
document justificatif qui peut être :
une facture d’achat de biens ou de prestation de service ;
un document douanier pour les importations (déclaration de mise à la
consommation, bulletin de liquidation). La TVA à l’importation doit avoir été
payée (quittance de règlement en douane).
Donc les factures qui portent des prix totaux sans une mention séparée du montant HT et du
montant de la TVA, ne peuvent ouvrir droit à déduction.
Si sur la déclaration d’un mois donné, le montant de la TVA déductible est supérieur au
montant de la TVA collectée, l’excédent (le crédit de TVA) peut être imputé sur la ou les
déclarations ultérieures. Le principe est donc la règle de l’imputation.
Toutefois, la loi fiscale (l’article 328 du CGI) prévoit la possibilité de remboursement dans
certains cas limitativement énumérés et dans des conditions précises.
§2 – Les bénéficiaires du remboursement
NB : Par entreprise exportatrice de biens, il faut entendre celle qui réalise plus de 50% de
son chiffre d’affaires à l’exportation. Par entreprise exportatrice de services, il faut entendre
celles qui réalisent exclusivement leurs opérations à l’exportation.
Le crédit de TVA dont le remboursement a été demandé ne peut donner lieu à imputation
dans les déclarations des mois suivants, sauf si la demande de remboursement est rejetée.
NB : Dans tous les cas, le bénéficiaire du remboursement ne doit pas être en situation de
débiteur vis-à-vis du Trésor public.
Exemple : En 2018, une entreprise fabriquant des cycles a réalisé un chiffre d’affaires de 500
millions de francs dont 70% à l’exportation (soit 350 millions de francs).
En 2019, l’entreprise dégage en février, un crédit de taxe de 90 000 000 F.
Le montant de remboursement auquel elle peut prétendre = 90 000 000 x70% = 63 000 000 F.
Ce montant étant supérieur à 1 000 000 F, elle pourra effectivement en obtenir le
remboursement si elle n’est pas débitrice vis à vis du Trésor public. Sinon il lui sera déduit ce
qu’il doit au Trésor avant de lui rembourser le reliquat au cas échéant.
La TVA dont la déduction a été omise peut être corrigée dans un certain délai. Dans certains
cas, la TVA antérieurement acquittée (TVA collectée) par un redevable peut faire l’objet
d’une régularisation par voie de déduction : ventes et services impayés ou ventes résiliées ou
annulées.
Par ailleurs, dans d’autres cas la TVA antérieurement déduite doit être reversée : il s’agit de la
TVA facturée par une entreprise non commerciale et impayée au bout d’un certain temps. Il
en est de même en cas de modifications intervenues dans l’entreprise. Mais toutes ces
opérations sont soumises à des conditions précises.
Le redevable doit alors apporter la preuve que la facture est définitivement irrécouvrable en
totalité ou en partie, rectifier la facture initiale et calculer correctement le montant de la TVA
nette à imputer. Par ailleurs, l’opération réalisée devenant non imposable, elle ne peut plus
ouvrir droit à déduction. Donc la TVA antérieurement récupérée (déduite à l’achat) doit être
reversée dans la même proportion que la TVA facturée et imputée.
Exemples de calcul du montant de la TVA nette à imputer (chez le fournisseur qui n’a pas été
payé) : soit un bien acquis à 12.000.000 F (HT) et revendu à 14.000.000 F(HT) dont le prix de
vente demeure définitivement irrécouvrable.
La TVA antérieurement déduite doit être reversée, par le redevable, dans les caisses
de l’État dans les cas:
de cessation d'activités ;
de destruction de biens ;
de cession séparée à titre gratuit ou à un prix sensiblement inférieur à la valeur vénale
d'éléments d'actif ;
de perte de la qualité d'assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ;
d’affectation d'un bien à une activité ou à un usage n'ouvrant pas droit à déduction.
La TVA ayant grevé l’acquisition des biens doit être reversée dans les cas et modalités
suivants :
NB : Lorsque la cession du bien d’occasion est taxable à la TVA, il n’y pas de reversement.
§2 – Le montant du reversement
s'il s'agit de biens immeubles, une fraction égale à la différence entre le montant de
la taxe qui a grevé le coût et le produit du dixième de cette taxe par le nombre
d'années écoulées depuis l'acquisition du bien (cession d’immeubles –non taxable-
dont la construction avait supporté une TVA déductible) ;
s'il s'agit d'autres biens, une fraction égale à la différence entre le montant de la
taxe qui a grevé le coût et le produit du cinquième de cette taxe par le nombre
d'années écoulées depuis l'acquisition du bien (affectation à une activité ou à un
usage n’ouvrant pas droit à déduction).
Sont placés sous le régime du bénéfice du réel simplifié d’imposition (RSI) les contribuables
personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires annuel hors taxe est égal ou
supérieur à quinze millions (15 000 000) de francs CFA et inferieur à cinquante millions
(50 000 000) de francs CFA. Les chiffres d’affaires limite de quinze millions (15 000 000) et
cinquante millions (50 000 000) de francs CFA hors taxe sont ajustés au prorata du temps
d’exploitation pour les contribuables qui commencent leurs activités en cours d’année.
Les contribuables dont le chiffre d’affaires hors taxe baisse en dessous du chiffre d’affaires
limite prévu ci-dessus, ne sont soumis à la CME que lorsque leur chiffre d’affaires hors taxe
est resté inferieur à cette limite pendant trois années consécutives
Les contribuables qui remplissent les conditions pour être imposés sous le régime de la CME
peuvent opter avant le 1er février de chaque année pour le régime du RSI. L'option prend
effet à compter du 1er janvier de l'année au cours de laquelle elle est exercée. Elle est
irrévocable durant trois ans. Au terme de cette période de trois ans, l'option peut être
dénoncée chaque année au cours du mois de janvier.
SECTION 1 – OBLIGATIONS
Les redevables doivent délivrer une facture normalisée à leur client pour les opérations
réalisées. La facture doit obligatoirement mentionner distinctement :
1° le numéro de facture d’une série ininterrompue ;
2° la date d’établissement de la facture ;
3° l’objet précis de la transaction ;
4° le montant de la facture :
pour les assujettis à la TVA : le montant hors TVA ; le taux et le montant de la taxe due
ou, le cas échéant, la mention « exonéré » ; le montant total toutes taxes comprises dû
par le client ;
pour les non assujettis à la TVA : le montant total dû par le client ;
5° l’identification précise du redevable qui délivre la facture :
les nom et prénom(s) s’il s’agit d’une personne physique, forme juridique et raison
sociale s’il s’agit d’une personne morale ;
les adresses géographique, cadastrale, boite postale et numéro de téléphone ;
le numéro d’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier, au registre
des sociétés civiles, des professions et des métiers ou au registre des métiers de
l’artisanat ;
les références du ou des compte(s) bancaire(s) ;
le numéro d’identifiant financier unique (IFU) ;
le régime d’imposition et le service des impôts dont dépend le redevable ;
6° l’identification du client :
les nom et prénoms s’il s’agit d’une personne physique, forme juridique et raison
sociale s’il s’agit d’une personne morale ;
les adresses géographique, boite postale et numéro de téléphone ;
le cas échéant, le numéro d’immatriculation au registre du commerce et du crédit
mobilier, au registre des sociétés civiles, des professions et des métiers ou au registre
des métiers de l’artisanat ;
le numéro d’identifiant financier unique (IFU) pour les ventes à des personnes morales
ou à des commerçants.
NB : certains redevables de la TVA, au regard de la nature de leur activité et/ou du volume
des affaires réalisées sont dispensés de l’émission de factures normalisées. (Voir Art 566 du
CGI)
Aussi, les contribuables qui se livrent à des opérations de vente au comptant de marchandises
doivent les enregistrer sur des caisses automatiques.
Les bandes ou autres supports y afférents doivent être conservés pendant les cinq (5)
exercices suivant celui au cours duquel a été enregistré l’encaissement.
Pour les contribuables soumis à un régime réel d’imposition, les achats de biens, services et
immobilisations d’un montant au moins égal à cent mille (100.000) francs CFA toutes taxes
comprises, doivent être réglés par des moyens de paiement scripturaux (chèque, carte
bancaire, prélèvement, télérèglement, virement bancaire, etc.).
Tout redevable de la TVA doit déposer auprès de son service des impôts de rattachement au
plus tard le 15 de chaque mois une déclaration de la TVA, sur un formulaire conforme au
modèle de l’administration fiscale, au titre des opérations intervenues pendant le mois
précédent.
La déclaration doit être déposée dans les mêmes délais lorsque l’assujetti n’a effectué au
cours d’un mois déterminé aucune opération imposable.
Les redevables acquittent la taxe auprès du service des impôts au vu de la déclaration prévue
au présent article. Toutefois, pour les titulaires de commandes publiques non-résidents, la
TVA est retenue à la source par l’organisme payeur.
Pour les importations de biens immatériels ou les prestations de services rendues par des non-
résidents, la TVA est auto-liquidée sur la déclaration mensuelle.
DEUXIEME PARTIE : LES DROITS D’ACCISE
INTRODUCTION GENERALE
Les accises constituent une forme d'imposition très ancienne ; il s’agit des plus anciennes
sources de revenu des gouvernements du monde entier.
Traditionnellement, on distingue le droit d’accise de la taxe ad valorem. L’accise est une taxe
qui porte sur une quantité et non sur une valeur : ainsi par exemple, la taxe sur les alcools
consiste à prélever n francs par hectolitre d’alcool vendu. Au contraire, une taxe ad valorem
porte sur la valeur d’un bien ou d’un service, comme la TVA.
Le terme accise est dérivé du terme accès : il s’agit donc d’un droit à acquitter pour accéder à
la consommation de certains produits ; autrefois cette taxe était désignée sous le terme
«acquis».
On peut définir les droits d'accise comme des taxes à la consommation de produits
particuliers, que ce soit une consommation intermédiaire ou finale. Ils sont évalués
généralement par référence au poids, au volume ou au degré du produit en question, mais
rarement à sa valeur.
À l’origine, les droits d’accise avaient pour unique objet de fournir des recettes à
l'Administration, elles sont bien davantage aujourd'hui associées à des objectifs :
de santé publique (tabacs, alcools) ;
de défense ou de sécurité (cartouches) ;
d’environnement (emballages plastiques, pollution, etc.).
Elles permettent aussi d'orienter la structure de la consommation en cas de produits dégageant
des externalités négatives (huiles minérales).
En général, cette taxe frappe les alcools, les tabacs, les produits énergétiques (les carburants et
les combustibles, tels que le pétrole et l'essence, l'électricité, le gaz naturel, la houille et le
coke, etc.), les véhicules ou les produits dits « de luxe ». Le but recherché par le législateur est
de dissuader la consommation de produits qu’il considère comme ayant une externalité
négative, mais parfois aussi l’accise frappe le thé ou le café (bien que leur justification sur ces
produits soit aujourd’hui contestée car le but n’est pas d’en dissuader la consommation).
Plus récemment, l’accise a été introduite sur certaines formes de transport considérées comme
polluantes (comme le transport aérien) ou sur la consommation de produits générateurs de
déchets polluants peu ou pas recyclés, ou nuisibles à la protection de l’environnement
(comme les produits électroniques, certains emballages plastiques2, etc.).
2
Au Burkina une taxe sur les emballages plastiques a été proposée mais rejetée par l’Assemblée Nationale au titre
de la Loi de finance gestion 2009
TITRE II : LES DISPOSITIONS COMMUNAUTAIRES
L’UEMOA, par la Directive n°03/98/CM/UEMOA du 22 décembre 1998 portant
harmonisation des législations des États membres a règlementer les droits d’accises.
Les États membres possédaient chacun des dispositions propres en la matière ; depuis
l’adoption de la directive ils se devaient de conformer leur législation à celle-ci au plus tard le
31 décembre 2000.
L’article x de la Directive désigne les produis que les États membres doivent obligatoirement
soumettre à un droit d’accises ; d’autres produits peuvent être facultativement soumis à un
droit d’accises ; enfin les produits pétroliers font l’objet d’une règlementation spécifique.
les tabacs.
Les droits applicables aux produits pétroliers est l’objet d’une Directive spécifique.
Les droits d’accises s’appliquent aux produits fabriqués localement et aux produits importés,
lors de leur première vente ou de leur mise à la consommation.
CHAPITRE II DETERMINATION DU DROIT
à l’importation par la valeur en douane majorée des droits et taxes perçus à l’entrée, à
l’exception de la taxe sur la valeur ajoutée ;
en régime intérieur, par le prix de vente sortie usine, à l’exclusion de la Taxe sur la
Valeur Ajoutée.
Les États membres déterminent, par produit imposable, un taux d’imposition compris dans les
limites communautaires ci-après.
Aucune discrimination de taux ne doit être faite entre les produits fabriqués localement et
importés.
Les redevables de cette taxe sont les producteurs, en ce qui concerne les fabrications locales et
le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane pour les importations.
Sont exonérés de la taxe, les fabrications ou importations portant sur les produits ci-après:
les produits médicamenteux alcoolisés ;
les boissons fabriquées au Burkina Faso et destinées à être exportées ;
les jus de fruits ou de légumes fabriqués au Burkina Faso à partir de matières premières
locales ;
les eaux, y compris les eaux minérales naturelles ou artificielles et les eaux gazéifiées, non
additionnées de sucre ou d’autres édulcorants, ni aromatisées ;
les vinaigres ;
les boissons locales produites selon les procédés traditionnels ;
les vins destinés à la célébration du culte ;
les alcools importés au Burkina Faso pour la production de boissons ou liquides
alcoolisés.
Les modalités de mise en œuvre de cette exonération sont fixées par arrêté du Ministre chargé
des finances.
La base imposable est déterminée pour les produits importés, par la valeur des marchandises
en douane majorée des droits et taxes perçus par les services des douanes à l’exception de la
TVA, et, pour les fabrications locales, par la valeur du chiffre d'affaires avant application de
la TVA.
Il est fait application du taux suivant, quelle que soit l’origine des produits :
I. Boissons alcoolisées
1. Bières titrant moins de 8° d’alcool : 30%
2. Bières titrant plus de 8° d’alcool : 40%
3. Vins : 70%
4. Autres boissons alcoolisées titrant moins de 35° d’alcool : 50%
5. Autres boissons alcoolisées titrant 35° d’alcool et plus : 70%
II. Boissons non alcoolisées
1. Boissons non alcoolisées énergisantes : 50%
2. Autres boissons non alcoolisées : 15%
Par boisson alcoolisée, il faut entendre toutes les boissons d’une teneur en alcool supérieure à
zéro virgule cinq (0,5) degré.
Section IV Obligations des redevables
Tout redevable doit tenir une comptabilité matières faisant ressortir en nature et en quantité :
1° le stock au 1er de chaque mois ;
2° les entrées ou fabrications du mois inscrites au jour le jour ;
3° les sorties inscrites également au jour le jour ;
4° les restes en magasins au dernier jour du mois, ces restes constituant le stock de reprise au
premier du mois suivant.
Depuis le 17 janvier 1994, taxe sur les carburants et sur les lubrifiants ainsi que toutes les autres
taxes parafiscales perçues précédemment sur les produits pétroliers autres que les droits et taxes
inscrits au tarif des douanes, ont été remplacée par la taxe unique sur les produits pétroliers.
La liste des produits concernés et le taux de la TUPP par nature de produits sont fixés par voie
réglementaire aux termes de la loi 5-94 ADP du 11/3/1994 portant institution d'une Taxe
Unique sur les Produits Pétroliers (TUPP). Cette taxe a elle-même été remplacée par la Taxe sur
les Produits Pétroliers (TPP) par l’article 22 de la loi de finances 2001.
La TPP importés au Burkina Faso s’applique aux cessions de tous produits pétroliers
effectuées à titre onéreux ou à titre gratuit par les entreprises importatrices directes. Les
prélèvements effectués par ces entreprises pour leurs propres besoins sont assimilés à des
cessions.
Les produits concernés sont :
-l’essence d’avion ;
-le super carburant ;
-l’essence auto (ordinaire)3 ;
-le pétrole lampant ;
-le Gas-oil ;
-le fuel-oil domestique ;
-le fuel-oil lourd I
-le gaz de pétrole et autres hydrocarbures gazeux ;
-le fuel-oil lourd II ;
-l’huile lubrifiante (destinée à être mélangée, pour frein hydraulique, graisse et autres huiles
de pétrole et de minéraux bitumineux)
La taxe intérieure sur le café et le thé destinés à être consommés au Burkina Faso a été
instituée par l’article 7 de la Zatu 86-11 du 11/2/86, portant Zatu de finances pour l'exercice
1986.
La taxe frappe aussi bien les produits destinés à la vente que ceux réservés à la consommation
personnelle de l'importateur.
Le fait générateur est constitué par la mise en consommation du café et du thé sur le territoire
burkinabè.
Le taux de la taxe sur le café et le thé est fixé à 12% de la valeur des marchandises telle que
définie à l'article 22 du code des douanes.
Toute personne important du café et du thé au Burkina Faso est tenue d'en faire la déclaration.
CHAPITRE IV TAXE SUR LES TABACS, CIGARS ET CIGARETTES
La fabrication et l'importation des tabacs, cigares et cigarettes sont soumises à une taxe ad
valorem. Sont redevables de cette taxe, les producteurs et les commerçants agréés pour
l'importation et la commercialisation des produits concernés. Il est précisé que les tabacs
fabriqués au Burkina Faso et destinés à être exportés sont exonérés de la taxe sur les tabacs.
En ce qui concerne les produits importés les taxes assises sur la valeur des marchandises en
douane majorée des taxes perçues par le service des douanes, seront perçues par le service des
Douanes.
En ce qui concerne les produits de fabrication locale, les taxes sont assises sur le prix hors
TVA. Les producteurs de tabacs, cigarettes et cigarillos sont tenus de payer avant le 15 de
chaque mois au receveur des taxes et droits indirects dont ils relèvent, le montant de la taxe
due sur les ventes du mois précédent. Le paiement sera accompagné d'une déclaration
comportant par nature et par produits :
- les stocks au 1er du mois concerné ;
- les quantités fabriquées au cours du mois ;
- les quantités vendues au cours du mois concerné ;
- les stocks à la fin du mois ;
- le chiffre d'affaires taxable ;
- le montant de la taxe due.
La loi de finances gestion 2016 a modifié l’article 354 bis en introduisant deux
catégories et en rehaussant les tarifs :
1°) produits classés « bas de gamme » et « produits standard» : 30%
2°) produits classés « de luxe » : 40%.
La taxe intérieure sur les colas destinés à être consommées au Burkina Faso a été instituée par
l’Ordonnance 75-62 du 29/12/75
La taxe frappe aussi bien les noix de colas destinées à la vente que celles réservées à la
consommation personnelle de l'importateur]
Le redevable de la taxe est le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane.
Le fait générateur est constitué par l'introduction des colas sur le territoire burkinabè.
La taxe intérieure sur la cola est fixée à 10% de la valeur des marchandises telle que définie à
l'article 22 du code des douanes.
Toute personne important des colas au Burkina Faso est tenue d'en faire la déclaration.
CHAPITRE VI : LA TAXE SPECIFIQUE SUR LES PRODUITS DE LA
PARFUMERIE ET DES COSMETIQUES.
Cette taxe a été instituée pour compter du 1er janvier 2009 par la Loi de Finances pour
l’exécution du budget 2009.
Il est fait application d’un taux de 15% quelle que soit l’origine du produit.
-en ce qui concerne les produits importés, la taxe est assise sur la valeur des
marchandises en douane majorée des droits et taxes perçus par le service des douanes ;
elle est perçue par le service des Douanes.
-en ce qui concerne les produits de fabrication locale, la taxe est assise sur le prix hors
TVA.
Les producteurs sont tenus de payer, le 15 de chaque mois au receveur des impôts dont
ils relèvent, le montant de la taxe due sur les ventes du mois précédent. Le paiement
est accompagné d’une déclaration comportant par nature et par produits :
-les stocks au 1er jour du mois concerné ;
-les quantités fabriquées au cours du mois concerné ;
-les quantités vendues au cours du mois concerné ;
-les stocks à la fin du mois concerné ;
-le chiffre d’affaires taxable ;
-le montant de la taxe due.
En cas de retard dans le paiement, le redevable acquittera une pénalité conformément
aux dispositions de l’article 386 du CGI.
Les dispositions des titres IV, V et VI du deuxième livre sont également applicables en
ce qu’elles ne sont pas contraires aux dispositions de la taxe sur les produits de la
parfumerie et des cosmétiques.
CHAPITRE VII LE PRELEVEMENT SUR LES BILLETS D’AVION
Section IV : Obligations
Les compagnies aériennes, les agences de voyages et les autres structures de vente de
titres de transport aérien sont tenues de déclarer au plus tard le 20 de chaque mois, sur
un imprimé fourni par l’administration fiscale, la situation des billets émis le mois
précédent pour les vols effectués au départ du territoire du Burkina Faso vers
l’étranger.
La taxe sur les jeux de hasard, perçue au profit du budget de l’État, est applicable à
tous les jeux de hasard à l’exclusion des jeux dont la loterie nationale burkinabè
détient le monopole.
La taxe est due par l’entreprise qui organise les jeux.
La taxe est assise sur les produits bruts des jeux ou le chiffre d’affaires réalisé sur l’ensemble
des jeux mis à la disposition du public.
Le taux de la taxe est de 5%.
La taxe est déclarée et recouvrée comme en matière de TVA.
Section 2 : Assujettis
Sont assujettis à la taxe :
1. les banques et établissements financiers agréés au Burkina Faso ;
2. les personnes physiques ou morales réalisant de l'intermédiation financière ;
3. les opérateurs de change ;
4. les personnes physiques ou morales réalisant des opérations de transfert d'argent.
Section 3 : Exonérations
Sont exonérées de la taxe sur les activités financières (TAF) :
- les agios afférents à la mobilisation par voie de réescompte ou de pension des
effets publics ou privés figurant dans les portefeuilles des banques, des
établissements financiers et dans les organismes publics ou semi publics
habilités à réaliser des opérations d'escompte ainsi que ceux afférents à la
première négociation d'effets destinés à mobiliser les prêts consentis par les
mêmes organismes ;
- les opérations de refinancement des institutions mutualistes ou coopératives
d'épargne et de crédit, constituées conformément à la loi n°023-2009/AN du 14
mai 2009 portant règlementation des systèmes financiers décentralisés,
auprès des banques et établissements financiers ;
- les intérêts servis par les établissements financiers sur les comptes
d'épargne des personnes physiques et des associations légalement
autorisées ;
- les opérations de crédits dits crédits de masse ou crédits collectifs octroyés aux
organisations paysannes par les établissements financiers ou bancaires au titre
de leurs activités agro-sylvo-pastorales ;
- les opérations réalisées par l'institut d'émission de la monnaie ;
- les intérêts et commissions sur prêts et avances consentis à l'Etat et aux
collectivités territoriales ;
- les intérêts sur des prêts consentis aux personnes physiques pour la
construction ou l'acquisition de la première maison ou du premier appartement
destiné à leur habitation principale lorsque la valeur hors taxes de cette
habitation ne dépasse pas un montant fixé par arrêté du ministre en charge des
finances ;
- les intérêts et commissions sur les opérations de collecte de l'épargne et de
distribution du crédit effectués par les institutions du système financier
décentralisé, telles que définies par la loi portant règlementation des systèmes
financiers décentralisés ;
- les intérêts et commissions perçus sur les opérations de financement agricole
réalisées par la Banque agricole du Faso ;
Lorsqu'une même rémunération est partagée entre plusieurs établissements, chaque
établissement est imposé sur la fraction de rémunération qui lui est définitivement acquise.
- les opérations relatives au mandat postal.
Section 5 : Taux
Le taux de la taxe sur les activités financières est fixé à 17%.
Ce taux est réduit à 15% pour :
- les entreprises relevant du régime du bénéfice réel normal d'imposition (RNI),
selon les seuils fixés à l'article 527;
- le refinancement interbancaire.
Section 7 : Obligations
Les modalités des déclarations, de contrôle et de recouvrement ainsi que les obligations et
sanctions sont comme celles prévues en matière de taxe sur la valeur ajoutée.
Section 3 - Territorialité
Sont obligatoirement soumis à la formalité et aux droits d’enregistrement au Burkina Faso,
les actes passés à l’étranger et portant :
• sur des immeubles, fonds de commerce ou droit au bail sis au Burkina Faso ;
• sur des titres miniers de droit burkinabè ;
• sur des titres de sociétés immatriculées au Burkina Faso.
Les actes passés au Burkina Faso et portant sur des immeubles, des fonds de
commerce, un droit au bail, un titre minier ou des titres de sociétés sis ou immatriculés en
dehors du Burkina Faso, sont dispensés de la formalité de l’enregistrement au Burkina Faso.
Sont soumis aux droits de mutation par décès les fonds publics, actions, obligations,
parts d’intérêts, créances et généralement toutes les valeurs mobilières étrangères de
quelque nature qu’elles soient, dépendant d’une succession assujettie à déclaration au
Burkina Faso, quelle que soit la nationalité du défunt.
Lorsqu’elles s’opèrent par acte passé au Burkina Faso ou par acte passé à l’étranger dont il est
fait usage au Burkina Faso, les transmissions entre vifs à titre gratuit de biens mobiliers sis
hors du Burkina Faso, sont soumises aux droits de mutation dans les mêmes
conditions que si elles avaient pour objet des biens de même nature sis au Burkina
Faso.
Indication du 1 et 2 000 000 2 000 001 et 5 5 000 001 et 10 10 000 001 et Au délà 50 000
passif 000 000 000 000 50 000 000 000
successoral
En ligne directe 0% 0% 1% 2% 5%
et entre époux
1-Fait générateur
La créance du trésor résulte de la rédaction de l’acte ou de la mutation. Pour les actes non
obligatoirement soumis à l’enregistrement, le fait générateur se place à la date de la
présentation volontaire de l’acte.
2-Assiette
En général, la valeur taxable figure dans l’acte ou la déclaration présentée à la formalité et
résulte des conventions des parties (prix, au cas de vente, de bail….).
Dans certains cas, les contribuables sont tenus de fournir une déclaration estimative pour la
perception de l’impôt.
3-Liquidation :
Pour la perception des droits, il est fait abstractions des sommes et valeurs inférieures à 1 000
Frs. Les sommes résultant des liquidations sont arrondies au franc le plus voisin. Si le droit
exigible est inférieur à 6 000 Frs, on retient 6 000 frs, sauf pour les baux à usage d’habitation
ou le minimum de perception est de 1 000 frs.
La formalité accomplie dans un bureau incompétent est en principe inopérante et le paiement
des droits à ce bureau non libératoire.
Les notaires doivent faire enregistrer leurs actes au bureau dans la circonscription duquel ils
ont leur résidence légale.
Les huissiers et autres agents ayant pouvoir de faire des exploits ou procès-verbaux sont tenus
de faire enregistrer leurs actes soit au bureau de leur résidence, soit au bureau du lieu où ils les
ont faits.
Les greffiers, les secrétaires des administrations locales et municipales doivent faire
enregistrer leurs actes au bureau dans le ressort duquel ils exercent leurs fonctions.
Les actes sous seing privé qui portent transmission de propriété, d’usufruit ou de jouissance
d’immeuble, de fonds de commerce doivent être enregistrés au bureau de la situation des
biens. Les autres actes sous seing privés sont présentés au bureau du domicile de l’une des
parties contractantes et pour les actes de société au bureau du siège social.
Les actes non soumis obligatoirement à l’enregistrement et les actes passés à l’étranger
peuvent être enregistrés dans n’importe quel bureau.
4-Délai :
En règle générale le délai est d’un mois sauf dans certains cas :
- les actes d’huissier : 15 jours ;
- les testaments : 3 mois à compter du décès du testateur ;
- les successions : 6 mois à compter du décès du défunt ;
- délai d’un mois prorogé à 3 lorsque les actes sont passés hors du Burkina ou
dans une localité du pays où il n y a pas de bureau d’enregistrement.
TITRE IV – SANCTIONS DES IMPÔTS INDIRECTS
Section 1 - TVA
Le défaut d’établissement de facture par un assujetti à la TVA, l’omission de la facturation
séparée de la taxe sur la valeur ajoutée et les irrégularités dans le libellé des factures sont
passibles d’une amende égale à 100% de la taxe due.
La facturation illégale de la taxe sur la valeur ajoutée est sanctionnée par une amende égale à
200% du montant indûment facturé.
Le redevable qui a sciemment déduit à tort la taxe sur la valeur ajoutée illégalement facturée
est solidairement responsable du paiement de cette amende.
Le défaut de déclaration des affaires réalisées dans les délais prévus à l’article 334
entraîne pour son auteur et ses complices l’application d’une pénalité égale à 25%, majorée
de 1% des droits dus par mois ou fraction de mois de retard. Cette pénalité ne peut
être inférieure à cinquante mille (50 000) francs.
En cas de taxation d’office, la pénalité est portée à 50% majorée de 1% par mois ou fraction
de mois de retard avec un minimum de cinq cent mille (500 000) francs.
Lorsqu’une des déclarations visées à l’article 334 susvisé laisse apparaître une base
d’imposition ou des éléments servant à la liquidation de l’impôt insuffisants, inexacts ou
incomplets, le montant des droits mis à la charge du contribuable est assorti d’une
majoration de 50% en cas de bonne foi, de 100% lorsque la mauvaise foi est établie, 200% en
cas d’agissements constitutifs de manœuvres frauduleuses.
Le défaut ou l’insuffisance dans le paiement ou le versement tardif de la taxe sur la valeur
ajoutée est passible d’une pénalité égale à 10% de l’impôt exigible.
Si ce retard excède quinze (15) jours, la pénalité de 10% est majorée d’un intérêt de retard
égal à 1 % de l’impôt exigible par mois ou fraction de mois de retard.
Toute demande de remboursement de crédit de TVA fictif entraîne, indépendamment
des poursuites pénales pour fraude fiscale, l’application d’une pénalité égale à 100% du
montant de TVA indûment réclamé.
Si le crédit a fait l’objet d’un remboursement, le contribuable est tenu de rembourser le
montant de taxe indûment remboursé, majoré d’une pénalité de 200% et d’un intérêt de retard
de 1% par mois ou fraction de mois depuis le jour du paiement par le Trésor public jusqu’au
jour du remboursement.