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Chap 01

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Thèmes abordés

  • indemnités,
  • assurance non-vie,
  • mutualisation des risques,
  • assurance vie,
  • actualisation,
  • taux d'intérêt,
  • contrats d'assurance,
  • caractéristiques du véhicule,
  • valeur espérée,
  • survie
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  • contrats d'assurance,
  • caractéristiques du véhicule,
  • valeur espérée,
  • survie

Chapitre 1 Techniques de tari…cation

La tari…cation en assurance consiste à déterminer le prix d’un contrat


d’assurance, c’est-à-dire le montant de la prime ou cotisation qui devrait être
payée, une fois pour toutes ou régulièrement, par le souscripteur ou l’assuré
pour pouvoir béné…cier d’une prestation de la part de l’assureur, en cas de
réalisation du sinistre (aléa assuré) ou à une échéance donnée.
La tari…cation des contrats d’assurance varie selon la nature de ces contrats.
Ainsi, pour les contrats d’assurance non-vie ou dommage, dont l’échéance est
généralement courte (en général, il s’agit de contrats annuels ou renouvelables
annuellement) et pour lesquels le délai moyen (calculé sur l’ensembles des as-
surés) entre versement de la prime et celui de la prestation est relativement
court, la tari…cation s’inscrit dans une approche uniquement actuarielle, ba-
sée sur la seule dimension du risque, telle que re‡étée par la probabilité
d’occurrence des sinistres. Pour les contrats d’assurance vie, dont l’échéance
est plus longue et pour lesquels le délai moyen séparant le paiement de la
prime de celui de la prestation est assez long, donnant ainsi la possibilité
à l’assureur d’e¤ectuer des placements procurant des produits …nanciers, la
tari…cation est basée à la fois sur la dimension actuarielle du risque mais éga-
lement sur la dimension …nancière, qui passe par la prise en compte explicite
du taux d’intérêt.
Ce chapitre se propose de passer en revue les principes et les techniques
qui guident cette tari…cation aussi bien en assurance non vie (section 1) qu’en
assurance vie (section 2).

1 Tari…cation en assurance non vie


Soit un contrat d’assurance non-vie souscrit par n assurés (i = 1; : : : ; n)
où il est prévu le versement d’une prestation ou indemnité Xi en cas de si-
nistre en contrepartie du paiement à la souscription d’une prime commerciale

1
pri . L’indemnité est aléatoire puisque son montant exact n’est pas connu à la
date de souscription, à la di¤érence de la prime commerciale. Celle-ci com-
prend une prime pure i, qui permet grâce à la mutualisation des risques
(c’est-à-dire la répartition sur tous les assurés des conséquences …nancières
des sinistres ne survenant qu’à certains d’entre eux) d’indemniser les sinistres
lorsqu’ils ont lieu, le reste de la prime commerciale comprenant des charge-
ments destinés à …nancer le fonctionnement de la compagnie d’assurance.

1.1 La prime pure


La prime pure représente pour l’assureur le prix du risque, c’est-à-dire le
montant dont il doit disposer pour indemniser en moyenne ses clients suite
P
aux sinistres qu’ils déclarent. La somme des primes pures = i=1 i ,

relatives à un portefeuille donné, doit donc lui permettre d’honorer ses en-
gagements envers les assurés, c’est-à-dire la valeur probable (ou espérée ou
P
prévue) des prestations, soit : E ( i=1 Xi ), sans dégager d’excédent ni subir
de dé…cit, soit :
P P
= i=1 i = n = E ( i=1 Xi )

Cette prime pure est déterminée uniquement sur une base actuarielle,
égalisant les ‡ux probables des primes et des prestations, sans tenir compte
de l’actualisation de ces ‡ux et des produits …nanciers.
Si on désigne par N le nombre total de sinistres survenus durant une
certaine période, par exemple une année, et par Xi ; 8i = 1; : : : ; N , les mon-
tants des pertes et d’indemnisation qui leur sont associés, les variables N et
Xi sont aléatoires dans la mesure où l’assureur ne peut connaitre avec cer-
titude leurs valeurs respectives. On suppose que les Xi sont identiquement
et indépendamment distribuées et qu’elles sont également indépendantes de
N . L’identité et l’indépendance des N risques implique notamment que :
E(Xi ) = E(X) et (Xi ) = (X), 8i.

2
La charge …nancière de la compagnie d’assurance résultant des indemni-
sations pour la période considérée et que l’on note par S peut être obtenue
comme suit :

PN
S= i=1 Xi

On véri…e que S = 0 lorsque N = 0.


S étant aléatoire, la charge totale probable des sinistres est donnée par
la valeur espérée de S, soit : E(S). Cette expression est donnée par :

E(S) = E(N )E(X)

Démonstration
Selon la loi des espérances itérées, la moyenne non conditionnelle est égale
à la moyenne non conditionnelle des moyennes conditionnelles (c’est-à-dire
sachant N et que l’on note par E ( j N )) :

PN h PN i hP i
N
E(S) = E Xi = E E i=1 Xi j N =E E (Xi j N )
hP i=1 i i=1
N
=E i=1 E (X j N ) = E [N E (X j N )] = E(N )E [E(X j N )]

= E(N )E(X)

Il s’ensuit que :

= n = E(S) = E(N )E(X)

L’expression de la prime pure par assuré peut être facilement déduite


comme :

PN
= n
= E( n1 i=1 Xi ) = E( Nn )E(X)

expression qui décompose la prime pure en ses deux composantes : le


nombre probable ou moyen (c’est-à-dire par assuré) des sinistres E( Nn ), censé

3
re‡éter la fréquence des sinistres, et le coût moyen des sinistres E(X), censé
re‡éter leur sévérité.
Cette décomposition de la prime pure en deux composantes est intéres-
sante dans la mesure où les facteurs explicatifs de la fréquence et de la sévé-
rité des sinistres ne sont pas toujours les mêmes. Ainsi, pour l’assurance auto
par exemple, les caractéristiques du conducteur (âge, expérience, activité)
et celles de la zone de circulation (densité du tra…c routier, état des routes)
in‡uencent principalement la fréquence des accidents alors que les caracté-
ristiques du véhicule (puissance, cylindrée, âge) in‡uencent essentiellement
le coût moyen des sinistres. Par ailleurs, si la fréquence peut être connue
rapidement, le coût peut être long à estimer en raison des délais d’expertise
et de recours possibles et des coûts qui leurs sont associés.
L’assureur doit bâtir son tarif sur une estimation b de . La loi des grands
nombres stipule que l’agrégation d’un grand nomre de risques (de variables
aléatoires) indépendants et homogènes du point de vue de la probabilité
d’occurrence et du montant de la perte nous permet d’estimer la moyenne
théorique de la population par la moyenne empirique de l’échantillon et par
suite d’estimer la fréquence probable E( Nn ) par la fréquence e¤ectivement
b
N
observée n
et le coût probable E (X) par le coût moyen observé X.
Si l’assureur dispose d’un échantillon d’observations sur les sinistres pas-
sés, cette loi lui permet d’utiliser leurs fréquences et montants pour prévoir
avec précision les sinistres futurs et les prestations qui leurs sont liées.
La loi des grands nombres ne peut donc être utilisée si :
–le nombre de risques assurés est faible ;
– les risques sont correlés ou dépendants, à l’instar du risque incendie
des appartements d’un même immeuble où la réalisation du risque dans un
appartement peut entrainer celle de l’autre ;
– les risques sont hétérogènes du point de vue de la fréquence ou du
montant de la perte, comme le sont le risque incendie d’une usine et celui

4
d’une maison.

1.2 La prime commerciale


La prime commerciale est la prime e¤ectivement versée par les assurés.
Le montant total de ces primes excède celui des prestations puisque la prime
commerciale ajoute à la prime pure des chargements liés au fonctionnement
de la compagnie d’assurance. Ces chargements comprennent :
–Les chargements liés aux frais de fonctionnement, tels que les dépenses
courantes, les coûts administratifs et de commercialisation, les frais de per-
sonnel, . . . Ces chargements sont en général proportionnels à la prime com-
merciale ;
–Les chargements de sécurité, pour faire face aux écarts éventuels entre
la charge e¤ective des indemnités et celle prévue. Ces chargements sont en
général proportionnels à la prime pure.
La prime commerciale est donc égale à la somme de la prime pure et des
chargements, soit :

pr = + pr +

où représente la proportion de la prime commerciale au titre des charge-


ments de gestion et la proportion de la prime pure au titre des chargements
de sécurité. En regroupant les termes en pr, on montre que :
(1+ )
pr = (1 )
>

Le résultat de l’assureur R (béné…ce ou perte) peut être obtenu à partir


de la di¤érence entre les produits et les charges, soit :
P P P
R= pr Xi fg = n + n + n pr Xi fg

où f g représentent les frais de gestion. Ces derniers sont prévisibles et


peuvent être supposés correspondre aux chargements de gestion, n , auquel
cas le résultat s’écrit :

5
P
R = n + n pr Xi

Il se décompose en résultat technique, lié à l’activité d’assurance propre-


ment dite, et en résultat non technique lié aux autres activités. Le résultat
technique est donné par :

P P P
RT = Xi = n Xi

et permet, lorsqu’il est nul, de déterminer la prime pure. En e¤et, il est


facile d’observer que ou peuvent être obtenus en annulant le résultat
technique probable E (RT ), ce qui signi…e l’absence d’excédent ou dé…cit au
niveau technique.

1.3 La segmenatation tarifaire


Les portefeuilles d’assurance non vie sont en règle générale hétérogènes
et doivent faire l’objet d’une segmentation tarifaire, en vue de di¤érencier la
prime exigée aux assurés, sur la base d’information disponible a priori et/ou
a posteriori. Nous abordons ces techniques de segmentation dans la suite.

1.3.1 Tari…cation a priori

Une des caractéristiques de l’assurance non vie réside dans le fait que tous
les assurés ne sont pas égaux devant le risque : certains ont une propension
à subir des sinistres largement plus élevés ou plus fréquents que d’autres.
Lorsque ces assurés se retrouvent mélangés dans le même portefeuille de la
compagnie, il en résulte une certaine hétérogénéité, où des individus à faible
niveau de risque côtoient d’autres dont le niveau de risque est plus élevé. Cette
hétérogénéité est notamment à l’origine du problème de sélection adverse :
si la même prime est appliquée à l’ensemble des assurés, les mauvais clients
chercheront activement à s’assurer car ils auront à payer un tarif moins élevé
que celui qui devrait leur être réclamé, à la di¤érence des bons clients qui

6
pourraient être désincités à le faire car se trouvant à payer un tarif supérieur
à celui de leur exposition réelle au risque.
L’assureur peut remédier partiellement à ce problème en adoptant une
première forme de segmentation, à savoir la tari…cation a priori. Cette tech-
nique consiste à partitionner le portefeuille hétérogène initial de contrats en
plusieurs groupes ou classes, de sorte à ce qu’à l’intérieur de chacun d’eux,
les risques puissent être considérés comme plus ou moins homogènes, et à
leur appliquer ensuite un montant de prime a priori.
Les variables selon lesquelles s’opère la segmentation a priori sont appelées
des variables tarifaires et sont en général des variables qualitatives et/ou
des variables continues que l’on regroupe en classes. La prise en compte de
ces variables explicatives que l’on note par le vecteur T permet de réécrire
l’expression de la prime pure en termes d’espérance conditionnelle comme
suit :

= E( Nn j T )E(X j T )

En assurance automobile par exemple, la tari…cation peut dépendre des


caractéristiques propres du véhicule (puissance et vitesse de pointe, ancien-
neté du véhicule), de certains traits spéci…ques du conducteur habituel (âge
et ancienneté du permis à conduire, sexe, usage du véhicule et catégorie socio-
professionnelle) et de la zone de circulation, censée re‡éter la densité du tra…c
routier. Les caractéristiques propres du véhicule in‡uencent essentiellement
le coût moyen des sinistres qui a tendance à augmenter avec la cylindrée du
véhicule et à diminuer avec son âge. A l’opposé, les caractéristiques spéci-
…ques au conducteur ou à la zone de circulation in‡uencent principalement
la fréquence des accidents. Ainsi, on s’attend à ce qu’il y ait plus d’accidents
chez les jeunes conducteurs, en raison de leur inexpérience ou de leur conduite
dangereuse, ainsi que chez les vieux, en raison de leur manque de ré‡exes. La

7
fréquence des accidents peut également augmenter en relation avec la densité
du tra…c routier ou du mauvais état des routes empruntées.
La tari…cation a priori peut être injuste dans la mesure où il n’y a pas
nécessairement de lien causal entre le critère de segmentation, c’est-à-dire les
variables tarifaires, et les variations de la sinistralité qu’il est supposé induire.
Pour l’assurance automobile par exemple, les facteurs de risque pertinents
sont cachés : agressivité au volant, respect du code de la route, justesse
des ré‡exes et acuité du jugement consommation d’alcool ou de drogues,
kilométrage annuel, état d’entretien du véhicule, etc., et ne peuvent donc
être incorporés dans le tarif commercial.

1.3.2 La tari…cation a posteriori

La partition du portefeuille de contrats d’assurance en classes de risque


aussi homogènes que possible sur la base de variables observables ne fait
pas disparaitre l’hétérogénéité au sein de chaque classe dans la mesure où
les variables explicatives utilisées ne renseignent pas totalement sur le risque
associé aux assurés. Il est donc normal d’utiliser la sinistralité, c’est-à-dire
l’expérience passée en matière de sinistres, relative à un individu en vue de
réévaluer le montant de la prime qu’il devrait payer, puisque la sinistralité
d’un individu devrait re‡éter le niveau de risque réel de celui-ci.
Dans la tari…cation a posteriori le montant de la prime est réajusté a
posteriori en fonction de la sinistralité constatée, laquelle révèle les facteurs
non observables évoqués plus haut. Ce processus de révélation peut se voir
comme une manière détournée de récupérer de l’information non accessible
a priori.
La plupart des compagnies qui pratiquent l’assurance automobile ont
adopté un système de tari…cation a posteriori connu sous le nom de sys-
tème bonus-malus pour les assurances vendues aux particuliers. Dans cer-
tains pays, ce système est imposé aux assureurs par l’Etat. La fonction de

8
ce système est de répartir plus équitablement les coûts entre les bons et les
mauvais conducteurs. Les études montrent que, bien plus que l’âge, le sexe
ou l’usage du véhicule, ce sont les sinistres causés par un assuré dans le passé
qui prédisent le mieux ceux qu’il occasionnera dans le futur.
L’instauration d’un système bonus-malus poursuit essentiellement trois
buts. Tout d’abord, il s’agit de responsabiliser les assurés et de les inciter
à plus de prudence au volant. En application du système bonus-malus, les
assurés qui ont causé un sinistre pour lequel la compagnie a dû intervenir
voient leur prime augmenter l’année suivante. Les assurés ont donc un inté-
rêt objectif à prendre autant de précautions que possible au volant. A ce titre,
le système bonus-malus est un mécanisme permettant de combattre l’aléa ou
risque moral, c’est-à-dire la tendance naturelle des assurés à prendre moins
de précautions lorsqu’ils se savent couverts par une police d’assurance. En-
suite, il s’agit d’ajuster le montant de la prime au cours du temps a…n que
celui-ci re‡ète le risque réel que représente l’assuré. Dans un environnement
segmenté, il s’agit d’a¢ ner l’opinion que l’assureur se faisait a priori du risque
à assurer (telle que re‡étée par le tarif) grâce à la sinistralité observée. En…n,
le système bonus-malus permet d’augmenter la prime des assurés qui mettent
des sinistres à la charge de la collectivité, et de diminuer d’autant la prime
des bons conducteurs, réduisant ainsi le problème de la sélection adverse.

2 Tari…cation en assurance-vie
En assurance vie, les contrats sont en général à longue échéance et le
délai moyen qui sépare le paiement de la cotisation de celui de la prestation
est élevé de sorte à ce que les primes peuvent être placées sur les marchés
…nanciers et procurer des produits …nanciers. Par conséquent, la tari…cation
est déterminée, non seulement sur une base actuarielle, qui égalise les ‡ux des
P
primes à la valeur probable ou espérée des ‡ux des prestations (E ( )=

9
P
E ( Xi )), mais également sur une base …nancière, qui permet d’actualiser
ces ‡ux futurs et de tenir compte des produits des placements …nanciers.
La tari…cation varie selon que le risque ou aléa assuré concerne la survie de
l’assuré à l’échéance du contrat ou son décès.

2.1 Tari…cation des contrats d’assurance vie en cas de


survie
Il est utile, avant d’étudier ce problème, de rappeler dans un premier
temps les di¤érents contrats d’assurance vie en cas de survie.

2.1.1 Les contrats d’assurance vie en cas de survie

Ces contrats s’inscrivent dans une approche de constitution d’épargne. On


distingue principalement deux types de contrats au sein de cette catégorie :
les contrats de capital di¤éré et les contrats de rente viagère ou non.

Les contrats d’assurance capital di¤éré selon lesquels l’assureur s’en-


gage à verser un capital à l’assuré s’il est en vie à l’échéance du contrat
d’assurance en contrepartie du paiement par l’assuré d’une prime unique ou
périodique s’il est en vie. Ces contrats visent à …nancer par exemple un pro-
jet futur, les études des enfants ou la retraite et avoir ainsi une ressource
complémentaire à la pension, ... Si l’assuré décède avant l’échéance, aucun
capital n’est versé, à moins de souscrire à une contre-assurance, selon la-
quelle ce capital irait à un béné…ciaire choisi par l’assuré et désigné dans le
contrat (héritiers par exemple), contre le paiement d’une prime plus élevée.
Le contrat de capital di¤éré avec contre-assurance est un contrat mixte com-
binant l’assurance vie en cas de survie et celle en cas de décès, et sera donc
traité avec les contrats en cas de décès.

10
Les contrats d’assurance de rentes viagères ou non selon lesquels le
souscripteur verse un capital à l’assureur qui s’engage à lui verser réguliè-
rement (à une fréquence annuelle, trimestrielle ou mensuelle) une rente soit
immédiatement soit en général après une certaine période durant toute la
vie du béné…ciaire (rente viagère) ou durant une durée inférieure bien déter-
minée (par exemple, les 5 années d’études des béné…ciaires, les 15 premières
années de la retraite des béné…ciaires). Selon cette formule d’assurance, au-
cune rente ne sera versée si l’assuré décède avant l’échéance du contrat et
ne pourra donc pas être transmise à un béné…ciaire au moment du décès, à
moins d’insérer dans le contrat une clause de réversion, permettant de verser
la rente même en cas de décès. Cette formule convient particulièrement aux
assurés qui n’ont pas d’héritiers directs mais qui se préoccupent de garantir
leurs ressources pour leurs vieux jours.
La rente viagère ou non s’assimile à une succession de capitaux di¤érés.

2.1.2 La prime pure

Pour tarifer un contrat d’assurance en cas de survie ou de décès, il faudrait


non seulement rechercher l’équivalence …nancière des sommes di¤érées mais
également pondérer ces sommes par la probabilité pour l’assureur ou l’assuré
de devoir ou non les régler. La prime pure est déterminée à partir du
principe d’équivalence, qui égalise à la date de souscription (t = 0) la valeur
actuelle probable des engagements de l’assuré à celle des engagements de
l’assureur. Ce principe est conforme à l’idée que l’assureur ne cherche pas à
dégager un excédent ni à subir un dé…cit lorsqu’il établit le montant de la
prime pure, ce qui permet d’annuler le résultat technique probable.

Contrat de capital di¤éré sans contre-assurance Nous envisageons 2


cas de primes : une prime unique constante versée à la date de souscription
(en t = 0) et une prime périodique constante versée régulièrement tant que

11
l’assuré est en vie.

Prime unique Un assuré d’âge x en t = 0 (date de souscription du


contrat d’assurance) désire toucher un capital C en t = k (c’est-à-dire k
périodes plus tard) s’il est encore en vie à cette date.

prime capital si survie

t=0 t=k
âge x âge x+k

La probabilité à l’âge x (en t = 0) de survie jusqu’à l’âge x + k (en t = k)


est donnée par px+k
x . Elle est supposée identique pour les n assurés d’âge x en

t = 0. Ces probabilités de survie sont fournies par les tables de mortalité. Ces
tables donnent pour chaque âge x, le nombre de survivants Sx et par suite
les décès Dx = Sx Sx+1 . Ainsi, la probabilité en t = 0 pour une personne
d’âge x de survie jusqu’à l’âge x + k est donnée par le rapport des survivants
à l’âge x + k et celui à l’âge x, soit :

Sx+k
px+k
x = Sx

L’assureur actualise toutes les sommes futures avec le taux d’intérêt tech-
nique r, c’est-à-dire le rendement …nancier minimum sur lequel s’engage l’as-
sureur et avec lequel il valorise les sommes futures à verser. Il est supposé
constant sur toute la durée du contrat.
La prime pure est telle que les valeurs actuelles probables des engagements
de l’assuré et ceux de l’assureur soient égales, soit :

C
V AP0 (Eng:Assure) = = V AP0 (Eng:Assureur) = (1+r)k
pxx+k

Puisque la prime pure est unique et versée en une seule fois, à la date
de souscription, elle est certaine (sa probabilité est égale à 1) et perçue au
présent, donc n’a pas besoin d’être actualisée. Au contraire, le versement du

12
capital C n’est pas certain puisque conditionné par la survie à l’échéance k
de l’assuré (d’où la multiplication par la proababilité de survie px+k
x ) et se

fera dans le futur (d’où l’actualisation de cette somme, par multiplication


1
par le facteur d’actualisation (1+r)k
).
Selon cette expression, la prime pure est une fonction croissante du capital
garanti C (plus le capital est élevé et plus elle est élevée) et de la probabilité
de survie px+k
x (plus cette probabilité est élevée et plus elle est élevée) et
décroissante du taux d’intérêt technique r (plus ce taux est élevé et plus elle
est faible) et de l’échéance du contrat k (plus cette échéance est longue et
plus elle est faible).
C 1
Le fait que = (1+r)k
px+k
x soit inférieur à C (puisque (1+r)k
et pxx+k
sont tous les deux inférieurs à 1) prouve que le contrat de capital di¤éré est
une forme de constitution d’épargne.
On obtient la même expression de la prime pure en annulant le résultat
technique espéré. Pour ce faire, on dé…nit la variable aléatoire Yi dé…nie pour
un individu donné d’âge x en t = 0 telle que : Yi = 1 si l’individu est en vie
à la date t = k (ou à l’âge x + k), événement de probabilité pxx+k et Yj = 0
sinon. La variable Yi suit une loi Bernouilli de probabilité px+k
x . On montre

que :

E (Yi ) = 1 px+k
x + 0 1 px+k
x = px+k
x

Pn
Soit Ns = i=1 Yi le nombre aléatoire de survivants jusqu’à l’âge x + k
(puisque cette somme présente des termes égaux à 1 pour les survivants et
égaux à 0 sinon). Cette variable suit une loi binomiale, qui est une générali-
sation de la loi de Bernouilli. On montre que :

P P
E (Ns ) = E ( ni=1 Yi ) = ni=1 E (Yi ) = npx+k
x

Le résultat technique de l’assureur est donné par :

13
RT = n (1 + r)k Ns C

qui est une variable aléatoire puisque dépendant de Ns . La prime pure


est telle que : E (RT ) = 0, ce qui donne :

n (1 + r)k = CE (Ns ) = Cnpx+k


x ) =C (1 + r) k
px+k
x

Application numérique (Janvier 2022)


Un homme âgé de 50 ans souhaite souscrire un contrat d’assurance visant
à lui garantir un capital C de 50000 D à l’âge de la retraite (60 ans). Le taux
d’intérêt technique r utilisé par l’assureur est de 3%. Un extrait de la table
de mortalité utilisée, relative à la population totale, est donné par le tableau
suivant :

Age x 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60

Sx 96369 96141 95887 95606 95295 94952 94575 94164 93720 93244 92736

où Sx désigne les e¤ectifs des survivants d’âge x.


On en déduit la probabilité à l’âge de 50 ans de survie jusqu’à l’âge de 60
ans, soit : p60
50 = S60 =S50 = 0:9623. Au taux d’intérêt technique de r = 3%, le
1 10
facteur d’actualisation 1+r
= 0:7441 et la prime pure par assuré est égale
à:

C
= (1+r)k
p60
50 = 50000 0:7441 0:9623 = 35802; 372 D

Pour avoir 50000 D à l’âge de 60 ans, l’assuré doit survivre à cet âge et
payer une prime pure de 35802; 372 D à l’âge de 50 ans. Ceci montre bel et
bien que ce contrat de capital di¤éré est une forme de constitution d’épargne.
Le rendement de cette épargne est le taux r’ tel que : (1 + r’)10 = C. Il
q q
10 C 50000
s’ensuit que : r’= 1= 10
35802;372
1 = 0:034. On remarque que :

14
r’= 3:4% > r = 3%. L’écart de rendement constitue une sorte de "prime de
survie" qui provient de la redistribution par l’assureur du capital perdu par
les assurés qui sont décédés avant l’échéance entre les assurés survivants.

Prime périodique constante L’assuré paie maintenant une prime pé-


riodique constante , tant qu’il est en vie, selon le schéma suivant :

si si si capital C
survie survie survie si survie
... ... ... ...
t=0 t=1 t=2 t=k-1 t=k
âge x x+1 x+2 x+k-1 x+k

La prime pure est telle que les valeurs actuelles probables des engagements
de l’assuré et ceux de l’assureur soient égales. La valeur actuelle probable des
engagements de l’assureur est inchangée et toujours égale à :

C
V AP0 (Eng:Assureur) = (1+r)k
px+k
x

alors que la valeur actuelle probable des engagements de l’assuré de-


viennent :

V AP0 (Eng:Assure) = + (1+r) px+1


x + (1+r)2 px+2
x + ::: + (1+r)k 1 px+k
x
1

Pk 1 1
= j=0 (1+r)j px+j
x

Le calcul de la prime doit être e¤ectué à la souscription du contrat (en


t = 0). Si l’on excepte la premier versement de prime e¤ectué à la date de
souscription, qui est certain et présent à cette date, les autres versements
seront e¤ectués dans le futur, et doivent donc être actualisés, et sont aléa-
toires, puisque dépendant de la survie de l’assuré à la date de versement de la
prime. Ainsi, à la date t = 1, l’assuré doit verser s’il est en vie à cette date,
c’est ce qui explique que est multiplié par px+1
x , c’est-à-dire la probabilité

à l’âge x de survie jusqu’à l’âge x + 1. Comme cette somme doit être versée

15
après une période de la date de souscription, elle est actualisée, c’est-à-dire
exprimée au moment présent t = 0, c’est ce qui explique la multiplication
1
par le facteur d’actualisation 1+r
. Et ainsi de suite, jusqu’au dernier terme
de versement t = k 1 (on suppose que l’assuré ne paie rien en t = k puisque
c’est la date où au contraire il reçoit la prestation s’il est vivant).
La prime pure est donc égale à :
k
C (1 + r) px+k
x
= Pk 1 1
j=0 (1+r)j px+j
x

Pk 1 1
Elle est inférieure à la prime pure unique puisque : j=0 (1+r)j px+j
x =
1 + ::: > 1.
Si l’on se réfère aux données de Janvier 2022, le calcul de la prime donne
une valeur de : = 4177; 357.
Pour avoir 50000 D à l’âge de 60 ans, l’assuré doit survivre à cet âge
et payer régulièrement entre les dates t = 0 (x = 50) et t = 9 (x = 59)
une prime pure de 4177; 357 D à l’âge de 50 ans, soit un total de 41773; 570
D, supérieur au montant de la prime pure unique de 35802; 372 D, calculée
précedemment. L’assureur applique une prime pure totale plus élevée car il
sait que certains assurés ne vont pas survivre à l’échéance du paiement de la
prime et que les montants placés ainsi que les durées de placement vont être
moins élevés.

Les contrats de rente viagère ou non Comme pour le cas précédent,


nous envisageons 2 cas de primes : une prime unique constante versée à la
date de souscription (en t = 0) et une prime périodique constante versée
régulièrement tant que l’assuré est en vie.

Prime unique Un assuré d’âge x en t = 0 (date de souscription du


contrat d’assurance) désire toucher régulièrement une rente R à partir de
t = k (c’est-à-dire k périodes plus tard) s’il est encore en vie à cette date et

16
jusqu’à la date de son décès (rente viagère) ou à une autre date déterminée, en
contrepartie du paiement d’une prime pure unique à la date de souscription.

prime rente si survie rente si survie rente si survie ...


...
t=0 t=k t=k+1 t=k+2 ...
âge x âge x+k âge x+k+1 âge x+k+2 ...

La prime pure est telle que les valeurs actuelles probables des engage-
ments de l’assuré et ceux de l’assureur soient égales, soit :

V AP0 (Eng:Assure) = = V AP0 (Eng:Assureur)


P
= R
(1+r)k
px+k
x
R
+ (1+r) k+1 px+k+1
x
R
+ (1+r) k+2px+k+2
x +::: = Tj=k R
(1+r)j
px+j
x

où T représente la date précédant le décès de l’assuré (rente viagère) ou


une autre date prédeterminée dans le contrat (rente non viagère).

Prime périodique constante L’assuré paie maintenant une prime pé-


riodique constante , tant qu’il est en vie, selon le schéma suivant :

si si si rente R R si R si
survie survie survie si survie survie survie...
... ... ...
t=0 t=1 t=2 ... ... t=k-1 t=k t=k+1 t=k+2 ...
âge x x+1 x+2 ... ... x+k-1 x+k x+k+1 x+k+2 ...

La prime pure est telle que les valeurs actuelles probables des engagements
de l’assuré et ceux de l’assureur soient égales. La valeur actuelle probable des
engagements de l’assureur est inchangée et toujours égale à :

PT R
V AP0 (Eng:Assureur) = j=k (1+r)j px+j
x

alors que la valeur actuelle probable des engagements de l’assuré de-


viennent :

17
V AP0 (Eng:Assure) = + (1+r) px+1
x + (1+r)2 px+2
x + ::: + (1+r)k 1 px+k
x
1

Pk 1 1
= j=0 (1+r)j px+j
x

On en déduit facilement l’expression de la prime pure périodique consatnte :


P
R Tj=k (1+r)
1
j px+j
x
= Pk 1 1 x+j
j=0 (1+r)j px

2.2 Tari…cation des contrats d’assurance vie en cas de


décès
Il est utile, avant d’étudier ce problème, de rappeler dans un premier
temps les di¤érents contrats d’assurance vie en cas de décès.

2.2.1 Les contrats d’assurance vie en cas de décès

Selon ce type de contrats, qui s’inscrivent dans une approche basée sur
la prévoyance, l’assureur s’engage à verser un capital (une fois pour toutes)
ou une rente à un béné…ciaire désigné dans le contrat en cas de décès de
l’assuré avant le terme du contrat. On distingue principalement deux types
de contrats au sein de cette catégorie :

Les contrats d’assurance temporaire décès qui garantit le versement


d’un capital au(x) béné…ciaire(s) désigné(s) dans le contrat si l’assuré décède
avant le terme de ce contrat. Un exemple fréquent d’assurance temporaire
décès est le contrat par lequel une banque fait souscrire à ses débiteurs une
assurance destinée à la rembourser du solde de leurs prêts en cas de décès où
l’échéance du contrat d’assurance coincide avec la durée du prêt. Le béné…-
ciaire est la banque prêteuse et éventuellement les héritiers de l’assuré, si le
capital assuré est supérieur au solde du prêt encore dû au moment du décès.
Un autre exemple des garanties d’assurance temporaire décès est le contrat
souscrit par un chef de famille jusqu’à la date de son départ à la retraite

18
et qui garantit au(x) béné…ciaire(s) (par exemple les héritiers) un capital ou
une rente en cas de décès prématuré. Il y a aussi l’assurance frais d’étude
qui garantit aux enfants de l’assuré une rente leur permettant de poursuivre
leurs études même après le décès du chef de famille. Autre exemple : celui
de la transmission d’un patrimoine au pro…t d’un béné…ciaire en dehors du
cadre successoral et en évitant de payer des droits de succession.
Dans les contrats d’assurance temporaire, l’assureur n’est tenu à aucune
prestation si l’assuré ne décède pas avant le terme du contrat. Les chances de
survie (ou les probabilités de décéder) sont facilement calculables en fonction
de son âge à la souscription et de la durée du contrat à l’aide des tables de
mortalité. Le coût de cette assurance est d’autant moins élevé que les assurés
sont plus jeunes et que les contrats sont plus courts.

Les contrats d’assurance vie entière qui garantit le versement d’un


capital au(x) béné…ciaire(s) au décès de l’assuré, quelle qu’en soit la date.
L’assureur est certain de devoir payer un jour le capital …xé mais ne sait pas
à partir de quelle date le réglement devra être e¤ectué. Cette formule d’assu-
rance est la meilleure pour qui veut transmettre un capital à un béné…ciaire
quel qu’il soit au moment du décès de l’assuré, soit pour lui garantir des
revenus, soit pour faciliter le paiement des droits de succession qui devront
être acquités par les héritiers, ou des frais immédiatement entraînés par le
décès (frais d’obsèques).
Des contrats peuvent combiner des garanties temporaires et des garanties
vie entière : par exemple, le contrat peut prévoir le versement d’un capital
en cas de décès de l’assuré et d’un capital supérieur si le décès se produit par
exemple avant 70 ans.

19
2.2.2 La prime pure

Nous envisageons 2 cas de primes : une prime unique constante versée à


la date de souscription (en t = 0) et une prime périodique constante versée
régulièrement tant que l’assuré est en vie.

2.2.3 Contrat Temporaire décès

Prime unique Un assuré d’âge x en t = 0 (date de souscription du contrat


d’assurance) s’engage à payer une prime unique à cette date en contrepartie
de l’engagement de l’assureur à payer un capital C à un béné…ciaire désigné
dans le contrat si l’assuré décède avant l’échéance du contrat t = k (c’est-
à-dire k périodes plus tard). Si l’assuré est toujours en vie à l’échéance du
contrat, l’assureur est exempté de tout engagement. Ceci peut être décrit par
le schéma suivant :

Prime C si décès C si décès C si décès C si décès aucun capital


entre entre entre entre si survie
0 et 1 1 et 2 k-2 et k-1 k-1 et k en t=k
... ...
t=0 t=1 t=2 t=k-1 t=k
âge x x+1 x+2 x+k-1 x+k

La probabilité en t = 0 (à l’âge x) de décès avant la date t = j (avant l’âge


Dx+j Sx+j 1 Sx+j
x + j) est donnée par qxx+j = Nx+j
1
1
= Sx+j 1
=1 px+j
x , 8j = 1; :::; k.

Ainsi, selon cette formule, pour j = 1, par exemple, la probabilité à l’âge


x (en t = 0) de décéder avant l’âge x + 1 (avant la date t = 1) est égale à
Dx Sx Sx+1
qxx+1 = Sx
= Sx
=1 px+1
x .

On suppose que ces probabilités de décès sont identiques pour les n assurés
d’âge x en t = 0. La prime pure, qui donne la valeur actuelle probable des
engagements d’un assuré, doit être égale à la valeur actuelle probable des
engagements de l’assureur sur un seul contrat, soit :

20
C C C
= (1+r)
qxx+1 + (1+r)2
qxx+2 + ::: + (1+r)k
qxx+k =
Pk 1
C j=1 (1+r)j qxx+j

Selon cette expression, la prime pure est une fonction croissante du capital
garanti C (plus le capital est élevé et plus elle est élevée), des probabilités
de décès qxx+j (plus ces probabilités sont élevées et plus elle est élevée) et de
l’échéance du contrat k (plus cette échéance est longue et plus elle est élevée)
et décroissante en fonction du taux d’intérêt technique r (plus ce taux est
élevé et plus elle est faible).

Prime périodique constante Un assuré d’âge x en t = 0 (date de


souscription du contrat d’assurance) s’engage à payer une prime périodique
constante à partir de cette date et jusqu’à la date antérieure à l’échéance
du contrat (t = k 1) tant qu’il est en vie en contrepartie de l’engagement
de l’assureur à payer un capital C à un béné…ciaire désigné dans le contrat si
l’assuré décède avant l’échéance du contrat t = k (c’est-à-dire k périodes plus
tard). Si l’assuré est toujours en vie à l’échéance du contrat, l’assureur est
exempté de tout engagement. Ceci peut être décrit par le schéma suivant :

Prime C si décès C si décès C si décès C si décès


Prime entre 0 et 1 entre 1 et 2 entre k-2 et k-1 entre k-1 et k aucun c
si survie si survie si survie si survie
... ... en t=k
t=0 t=1 t=2 t=k-1 t=k
âge x x+1 x+2 x+k-1 x+k

La valeur actuelle des engagements de l’assureur en t = 0 ne change pas


P
et est toujours égale à : C kj=1 (1+r)
1
j qxx+j . Par contre, celle de l’assuré
devient égale à :

V AP0 (Eng:Assure) = + (1+r) px+1


x + (1+r)2 px+2
x + ::: + (1+r)k 1 px+k
x
1

Pk 1 1
= j=0 (1+r)j px+j
x

21
A partir de l’égalité des valeurs actuelles probables en t=0, il est facile
de tirer l’expression de la prime pure :
P
C kj=1 1
qxx+j
(1+r)j
= Pk 1 1
px+j
j=0 (1+r)j x

2.2.4 Contrat de capital di¤éré avec contre-assurance

Ce contrat est un contrat mixte qui couvre à la fois le risque vie (capital
di¤éré) et le risque décès (contre-assurance). Selon ce contrat, l’assureur s’en-
gage à verser un capital à l’assuré si ce dernier est encore en vie à l’échéance
du contrat ou à un béné…ciaire désigné dans le contrat si l’assuré décède avant
l’échéance, en contrepartie du paiement d’une prime unique ou périodique par
l’assuré.

Prime unique Un assuré d’âge x en t = 0 (date de souscription du contrat


d’assurance) désire toucher un capital C en t = k (c’est-à-dire k périodes
plus tard) s’il est encore en vie à cette date, en contrepartie du paiement
à la souscription d’une prime unique. S’il meurt avant cette échéance, un
béné…ciaire désigné dans le contrat touchera le capital à sa place.

Prime C si décès C si décès C si décès C si décès C si s


entre 0 et 1 entre 1 et 2 entre k-2 et k-1 entre k-1 et k en t=
... ...
t=0 t=1 t=2 t=k-1 t=k
âge x x+1 x+2 x+k-1 x+k
La prime pure est telle que :

V AP0 (Eng:Assure) = = V AP0 (Eng:Assureur)


C C C C
= (1+r)
qxx+1 + (1+r)2
qxx+2 + ::: + (1+i)k
qxx+k + (1+r)k
pxx+k

On remarque que cette prime est égale à la somme de la prime pure


P
de la temporaire décès (C kj=1 (1+r)
1
j qxx+j ) et de celle du capital di¤éré
C
(1+r)k
px+k
x .

22
Prime périodique constante Ceci peut être décrit par le schéma suivant :

C si décès C si décès C si décès C si décès C si


Prime entre 0 et 1 entre 1 et 2 entre k-2 et k-1 entre k-1 et k survie
si survie si survie si survie en t=
... ...
t=0 t=1 t=2 t=k-1 t=k
âge x x+1 x+2 x+k-1 x+k

Si l’assuré paie une prime périodique constante tant qu’il est en vie, la
valeur actuelle des engagements de l’assureur ne change pas et reste égale
P
C
à : (1+r) k px+k
x + kj=1 (1+r)
C
j qxx+j , contrairement à celle de l’assuré qui
devient :

V AP0 (Eng:Assure) = + (1+r) px+1


x + (1+r)2 px+2
x + ::: + (1+r)k 1 px+k
x
1

Pk 1 1
= j=0 (1+r)j px+j
x

On en déduit facilement l’expression de la prime pure :


C x+k
Pk C
(1+r) k p x + j=1 (1+r)j qxx+j
= Pk 1 1
j=0 (1+r)j px+j
x

2.3 La prime commerciale


La prime commerciale pr est la prime e¤ectivement versée par les assu-
rés. Elle est dé…nie de telle sorte à égaliser la valeur actuelle probable des
primes commerciales à la somme des valeurs actuelles probables des presta-
tions X (X pouvant prendre la forme d’un capital C ou d’une rente R) et
des chargements de gestion cg :

V AP0 (pr) = V AP0 (X) + V AP0 (cg)

Si la prime est unique et versée en t = 0, elle sera certaine et présente


et n’aura besoin ni d’être actualisée ni d’être probabilisée, si bien que :

23
V AP0 (pr) = pr. Les prestations et les frais de gestion sont des dépenses
futures, ce qui nécessite leur actualisation à la date t = 0, et aléatoires
puisque dépendant de la survie et/ou du décès de l’assuré, ce qui requiert
leur a¤ectation d’une probabilité de survie et/ou de décès selon le cas.
Si la prime est périodique et constante, elle sera aléatoire (puisque dé-
pendant de la survie de l’assuré) et versée dans le futur, ce qui nécessite son
a¤ectation d’une probabilité de survie de l’assuré et son actualisation.
En assurance vie, les chargements de sécurité, destinés à réduire le risque
de perte ou de ruine, n’interviennent pas de manière explicite mais plutôt
implicite et découlent d’un choix prudent des taux d’intérêt et des tables
de mortalité. Ainsi, le taux d’intérêt avec lequel l’assureur actualise ses en-
gagements re‡ète une prévision des produits …nanciers futurs qui doit être
prudente. Une valeur plus faible de ce taux aurait donc pour e¤et d’augmen-
ter la prime pure et d’intégrer implicitement les chargements de sécurité. Par
ailleurs, ceux-ci pourraient être pris en compte grâce à une surestimation de
la probabilité de survie dans le cas des contrats en cas de survie (par exemple,
en utilisant pour l’ensemble des assurés la table de mortalité relative à la po-
pulation féminine) ou à leur sous-estimation dans le cas des contrats en cas
de décès (par exemple, en utilisant pour l’ensemble des assurés la table de
mortalité relative à la population masculine).

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