Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles
Casablanca - Lycée Mohammed V
Classes : PCSI & MPSI
Niveau : Première année
Matières : Sciences Industrielles de l‘Ingénieur (SII)
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ETUDE DES SYSTEMES
Professeur : EL AOUDI ABDELAZIZ
Année scolaire : 2024 / 2025
1
SII – PCSI & MPSI CPGE Mohammed V
1 Présentation générale des systèmes
L'objectif de ce chapitre est de comprendre et d'assimiler la notion de système, notion fondamentale en sciences
industrielles pour l'ingénieur. C'est une vision de l'esprit, un outil de représentation et de formalisation du réel qui
vous permettra d'appréhender et de comprendre des systèmes industriels complexes.
1.1 Définition d'un système
Définition 1 Un système est un ensemble structuré d'éléments qui interagissent entre eux pour rendre un
service (répondre à un ou à plusieurs besoins) attendu avec des performances données.
Le système nerveux
Exemple de système industriel : Voiture électrique Tesla
Le système d'équations
Exemple de système industriel didactisé : Drone
Un système est entièrement déterminé par la connaissance de l'ensemble des composants et des interactions
entre ces éléments.
1.2 Systèmes techniques
Les systèmes complexes que nous allons étudier sont des réalisations industrielles, c'est-à-dire des systèmes
techniques conçus par l'homme. La norme NF 90-001 définit un système technique comme :
Définition 3 Un ensemble d'éléments interconnectés de façon logique, qui se coordonnent pour réaliser
une tâche précise
Poinçonneuse Table élévatrice Moissonneuse-batteuse
1.3 Systèmes automatisés
Le système automatisé peut être vu comme une évolution naturelle du système technique.
Définition 4 Un système automatisé est un système technique auquel est ajouté une partie commande
qui peut commander de manière autonome, sans intervention extérieure, la partie
opérative.
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L'homme peut tout de même donner des instructions à la partie commande sous forme de consignes ou de
réglages.
Figure 1 : Structure d'un système automatisé
1.4 Fonction globale d'un système Matière d’œuvre entrante (MOE)
D'un point de vue global, le système est vu comme un générateur
de prestation. C'est-à-dire que le système a pour raison d'être la satisfaction
d'un besoin, il rend service à quelqu'un ou à quelque chose.
Système
La fonction globale (générale) d’un système est de conférer une valeur
ajoutée à une matière d’œuvre entrante.
1.5 Matière d’œuvre :
Il existe trois types de matière d’œuvre : Matière d’œuvre sortante (MOS)
MOS = MOE +VA
➢ Matière / Produit ;
➢ Energie ;
➢ Information ;
1.6 Valeur ajoutée :
La valeur ajoutée est la raison d’être d’un système. Elle est décomposée en trois catégories :
➢ La transformation (modification de la forme de la
matière d’œuvre entrante) ;
➢ Le stockage (modification de la matière d’œuvre dans
le temps) ; Matière
➢ Le déplacement (modification de la matière d’œuvre
dans l’espace).
Energie Information
MO / VA Constance dans le temps Déplacement dans Modification de
l'espace forme
Matière Frigidaire Grue Usine
d'assemblage
Energie Accumulateur Ligne électrique éolienne
Information imprimerie satellite de télécoms Capteur
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1.7 Les performances d'un système
Il est nécessaire de préciser la fonction principale d'un système afin de définir ses performances attendues.
Ces performances sont précisées par les critères de performances accompagnés de niveaux chiffrés. Ces critères
apportent les informations les plus utiles sur la fonction que doit réaliser le système.
La voiture électrique Tesla P100D
Ci-dessous, on représente les types de performances liées aux phases d'existence d'un système technique sous :
➢ Sa forme imaginée (ou souhaitée) à partir
d'un besoin ;
➢ Sa forme modélisée, simulée ;
➢ Et sa forme réelle.
Type de performances
1.8 Définition d'une frontière
Avant d'aborder la description du système il faut en définir la
frontière : c'est décider ce qui fait partie du système étudié et ce qui
n'en fait pas partie. Les éléments extérieurs à la frontière sont appelés
éléments du milieu extérieur (EME). Attention, isoler le système de
son milieu extérieur ne signifie pas qu'il n'y a pas de relations entre le
système et les EME, bien au contraire, les EME qui nous intéressent
sont justement ceux qui ont une relation avec le système.
Frontière d'un système et des relations entre les EME.
Exemple : On peut définir comme éléments du milieu extérieur :
➢ L'utilisateur
➢ La voiture
➢ La source d'eau
➢ La source d'énergie électrique
➢ Le sol
On pourra choisir comme frontière la frontière physique du système
par exemple.
Système de lavage automatique des voitures
1.9 Classification des systèmes industriels :
Les systèmes industriels peuvent être classés suivant différents critères qui sont :
✓ Le domaine d’application
➢ L’aéronautique : avion, système de navigation, système d’armes…
➢ L’automobile : voiture, système de climatisation, ABS, direction assistée …
➢ L’électroménager : machine à laver, cafetière, four micro-onde…
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➢ L’électronique grand public : téléviseur, téléphone portable, lecteur DVD…
➢ La domotique : store, ouvre-portail, climatisation…
➢ Le service : distributeur de billets, station de lavage, ascenseur…
➢ Le médical : respirateurs, pompes, rein artificiel…
✓ Le contexte technico-économique
On distingue :
➢ Les systèmes de diffusion limitée rencontrés dans les usines de production industrielle. Ils sont souvent
unitaires ;
➢ Les systèmes de grande diffusion rencontrés dans l'électroménager, la domotique, la distribution. Ces
systèmes, produits en grande série, font l’objet d’études poussées pour optimiser les coûts. Le design
est souvent un élément important.
✓ La nature de la matière d’œuvre et de la valeur ajoutée
1.10 Cycle de vie d’un produit :
➢ Produit : ce qui est ou sera fourni à l’utilisateur pour répondre à un besoin.
➢ Cycle de vie : ensemble de toutes les phases de l'existence d'un produit, de sa naissance à sa disparition.
Les phases de l´existence d´un produit
a) Analyser le besoin :
« Un besoin est une nécessité ou un désir éprouvé par un utilisateur » (NF X 50-150). Le besoin évolue
constamment.
b) Etablir le Cahier des Charges Fonctionnel (CdCF) :
Document par lequel le demandeur exprime ses besoins en terme de fonctions de service et de contraintes.
Pour chacune d’elles sont définis des critères d’appréciation ainsi que leurs niveaux, chacun d’entre eux étant
assorti d’un certain degré de flexibilité.
c) Concevoir :
A partir du cahier de charges fonctionnel, le bureau d'étude modélise le produit sous forme de maquette
numérique. Les simulations et tests effectués sur la maquette initiale la feront évoluer progressivement vers la
conception finale à adopter.
d) Matières premières :
Le choix des matières premières est important dans le cycle de vie puisqu'il conditionne le prix du produit. Il
faut également penser au recyclage du produit lors du choix des matériaux.
e) Industrialiser :
L'industrialisation est le processus de fabrication des produits avec des techniques permettant une forte
productivité du travail.
f) Homologuer :
L'homologation est la certification conforme d'un produit à une norme, ou une réglementation en vigueur dans
le pays de sa commercialisation.
g) Transporter :
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Le transport du produit est un point important dans l'analyse du cycle de vie du produit. Le coût et la qualité
du produit en dépendent.
h) Commercialiser, utiliser le produit :
C'est là que l'on peut constater si le client est satisfait par le produit ou pas.
i) Eliminer/Recycler :
L'objectif actuel est de recycler un maximum de composants mais beaucoup de matériaux ne peuvent pas l’être.
1.11 Impacts environnementaux :
Les impacts environnementaux sont classés en 3 familles :
➢ Ressources naturelles non renouvelables ;
➢ Pollutions ;
➢ Nuisances ;
A chaque impact correspond alors une substance ou une unité de référence :
Familles d’impacts Exemples d’impacts
Ressources naturelles non Consommation d’énergie non renouvelable
renouvelables Consommation de ressources naturelles non renouvelables
Gaz à Effet de Serre (GES)
Acidification liée aux pluies acides
Eutrophisation : enrichissement excessif des milieux aquatiques en sels
Pollutions nutritifs
Dégradation de la couche d’ozone
Toxicité d’une substance sur l’être humain ou sur les autres organismes
(écotoxicité)
Acoustiques
Nuisances Visuelles
Olfactives
Afin de pouvoir comparer les différents impacts environnementaux, on peut par exemple déterminer le taux
de CO2 équivalent émis.
Émissions équivalentes de CO2 en Émissions équivalentes de
Matériau Énergie
kg par tonne produite CO2 en g/kWh électrique
Verre bouteille 120 Éolienne 3 à 22
Ciment 250 Hydraulique 4
300 à 850 selon le pourcentage de Nucléaire 6
Acier
ferrailles Photovoltaïque 60 à 150
Verre plat 400 Cycle combiné à
430
Papier-carton 300 à 500 gaz
Plastiques 500 à 1600 800 à 1050 suivant la
Charbon
600 à 3000 selon le pourcentage de technologie
Aluminium
déchets d'aluminium
2 Analyse de l´organisation fonctionnelle et structurelle :
2.1 Organisation Structurelle d’un système :
Un système comporte deux parties :
➢ La partie commande (PC)
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Représente les organes de décision (Cerveau), qui assurent le fonctionnement de la P.O. Elle gère le
déroulement des opérations à réaliser en fonction des informations issues de la P.O et des Interfaces Homme-
Machine (IHM)).
Energie MOE
➢ La partie opérative (PO)
Effectue le travail prévu (Muscles)
Ordres
Partie Partie
Extérieur Commande Opérative
Comptes rendus
Représentation de l´organisation structurelle d´un système
MOS
2.2 Organisation fonctionnelle d’un système : Chaîne d’information – Chaîne
d’énergie
On peut distinguer deux chaînes, l’une agissant sur les flux de données, appelée chaîne d’information (PC),
l’autre agissant sur les flux de matières et d’énergies, appelée chaîne d’énergie (PO).
➢ La chaîne d’information (PC) permet de :
✓ Acquérir les informations ;
✓ Coder les informations ;
✓ Traiter les informations pour piloter le fonctionnement du système ;
✓ Mémoriser l’information puis la restituer ;
✓ Communiquer les informations vers l’extérieur.
➢ La chaîne d’énergie (PO) permet de :
✓ Stocker l’énergie ;
✓ Alimenter le système ;
✓ Moduler l‘énergie en vue de sa conversion ;
✓ Convertir l’énergie en l’adaptant, pour la transmettre ;
: Lien d´énergie (puissance)
✓ Agir sur la matière d’œuvre entrante.
: Lien d´information
Représentation de l´organisation fonctionnelle d´un système
Un lien de puissance véhicule deux informations dont le produit est une puissance :
➢ Une grandeur de type « effort »
➢ L’autre est de type « flux ».
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Selon les grandeurs mises en jeu, la nature de l’énergie change :
Nature de l’énergie Grandeur effort Grandeur flux
Électrique Tension U (V) Courant I (A)
Mécanique (de translation) Force F (N) Vitesse V (m/s)
Mécanique (de rotation) Couple C (N.m) Vitesse de rotation Ω (rad/s)
Hydraulique / pneumatique Pression P (Pa) Débit volumique QV (m3/s)
Thermique Température T (K) Flux d’entropie QS (W/°C)
3 Constituants des chaines fonctionnelles
3.1 Constituants de la chaîne d’énergie :
Remarque sur la fonction moduler : celle-ci peut
être associée à une réversibilité de l'énergie ; un
variateur peut moduler l'énergie envoyée au moteur
mais peut aussi en récupérer « dans l'autre sens »
lors du freinage.
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3.1.1 Actionneurs :
[Link] Fonction :
Ce sont des organes de la PO permettant de convertir une énergie d’entrée disponible sous certaine forme en
une énergie de sortie utilisable pour obtenir un effet donné, et ceci en développant :
• Une force mécanique ;
• Un mouvement de rotation ou de translation…
[Link] Actionneurs couramment utilisés : (Guide des automatismes)
Moteurs électriques :
La fonction globale d´un moteur électrique est de transformer l’énergie électrique en énergie mécanique de
rotation (ou de translation pour certains moteurs).
Un moteur électrique est constitué d’un stator (Partie fixe) et d’un rotor
(Partie tournante). Plusieurs types de moteurs électriques existent :
✓ Moteur à courant alternatif : alimenté en courant triphasé ou
monophasé, ce moteur permet d’obtenir des couples élevés.
Symboles :
M M
3
Monophasé
Triphasé
✓ Moteur à courant continu : ce moteur tourne à des vitesses nominales
allant de 100 tr/mn à 10000 tr/mn.
M
Symbole :
Vérins :
La fonction globale d´un vérin et de transformer l’énergie pneumatique ou hydraulique en énergie mécanique de
translation.
Deux types de vérins existent :
✓ Vérin à simple effet : Le vérin simple effet est un
composant monostable (Stable dans une seule
position). Ce type de vérin ne peut produire un effort
significatif que dans un seul sens, le rappel de tige est
assuré par un ressort.
✓ Vérin à double effet : Le vérin double effet est un
composant bistable (Stable dans deux positions). Ce
type de vérin peut produire un effort significatif dans
les deux sens, le rappel de tige est obtenu par
inversion de l’alimentation des deux chambres.
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Moteurs hydrauliques (Pneumatiques) :
La fonction globale d´un moteur hydraulique et de transformer l’énergie hydraulique
(pneumatique) en énergie mécanique de rotation. Leurs avantages résident dans leur
puissance massique élevée et leur capacité à supporter les variations brusques des couples
résistants, ainsi que la possibilité de changer facilement le sens et la vitesse de rotation.
Moteur hydraulique à
double sens de rotation à
Moteurs thermiques : vitesse variable
La fonction globale d´un moteur thermique et de transformer l’énergie thermique en énergie mécanique.
3.1.2 Pré-actionneurs :
[Link] Fonction :
Permettent, à partir d’un signal basse énergie (de commande), de mettre en relation l’actionneur avec la source
d’énergie (Haute énergie : de puissance).
Le type du pré-actionneur dépend du type d´actionneur utilisé
[Link] Pré-actionneurs couramment utilisés : (Guide des automatismes)
Distribuer l’énergie électrique :
✓ Le contacteur électrique :
Le contacteur est un appareil
mécanique de connexion qui n’est pas
commandé manuellement, permet :
d’élaborer ou interrompre un fort
courant électrique ainsi que la
commande des circuits, permet aussi
l’automatisation des machines de
protection et d’amélioration de la
sécurité de fonctionnement.
✓ Le relais électromagnétique :
Le relais électromagnétique est un
dispositif constituant la famille des pré-actionneurs à faible puissance (courant
faible), il permet d’établir la commutation d’un circuit en fonction d’un signal
extérieur.
Le circuit commuté peut être un circuit de commande ou un circuit de
puissance alimentant un actionneur électrique.
Les relais électromagnétiques sont équipés de
plusieurs séries de contacts à établissement et à coupure
de circuit.
✓ Convertisseurs statiques :
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Les convertisseurs statiques sont des appareils de conversion d’énergie électrique, d’une énergie électrique de
paramètres (tension, courant) alternatif à une énergie électrique de paramètres (tension, courant) continu et
inversement.
Les pré-actionneurs hydraulique (pneumatique) - les distributeurs :
Les distributeurs permettent, à partir d’un ordre de la partie commande, de distribuer l’énergie de puissance
aux actionneurs : Tiroir
➢ Contrôler le mouvement de la tige d’un vérin ou la rotation d’un
moteur hydraulique ou pneumatique.
➢ Choisir le sens de circulation d’un fluide.
➢ Démarrer ou arrêter la circulation d’un fluide (robinet d’arrêt,
Orifices
bloqueur, …). Corps
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3.2 Constituants de la chaîne d’information :
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3.2.1 Capteurs :
[Link] Fonction :
Son rôle est de prélever une grandeur physique et d'en produire une image exploitable par la partie commande.
[Link] Nature de l’information délivrée par un capteur :
✓ Signal logique :
L’information ne peut prendre que les valeurs 1 ou 0 ; on parle alors d’un
capteur Tout ou Rien (TOR).
✓ Signal analogique :
L’information peut prendre toutes les valeurs possibles entre 2 certaines
valeurs limites ; on parle alors d’un capteur analogique.
✓ Signal numérique :
L’information fournie par le capteur permet à la PC d’en déduire un nombre
binaire sur n bits ; on parle alors d’un capteur numérique.
[Link] Les types des capteurs :
✓ Les capteurs TOR :
Les capteurs TOR (Tout Ou Rien) fournissent une information logique, généralement sous forme d'un contact
électrique qui se ferme ou s'ouvre suivant l'état du capteur.
• Capteurs avec contact :
Ces capteurs sont aussi appelés ‘ interrupteurs de position ’. Ce sont des commutateurs actionnés par le
déplacement d’un organe de commande. Lorsqu’ils sont actionnés, ils ouvrent ou ferment un ou plusieurs circuits
électriques ou pneumatiques…
• Capteurs de proximité :
Les capteurs de proximité détectent à distance et sans contact avec l’objet dont ils contrôlent la position. Un
contact électrique s'ouvre alors ou se ferme en fonction de la présence ou de l’absence d’un objet dans la zone
sensible du capteur.
Capteur capacitif Capteur inductif
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• Capteurs magnétiques :
Les détecteurs magnétiques (aussi appelés interrupteurs à lame souple ou
ILS) sont de plus en plus employés dans les systèmes automatisés. Ils sont
directement fixés sur le corps d’un vérin dont le piston comporte un aimant.
Lorsque l’aimant s’éloigne du capteur, Lorsque l’aimant passe à proximité du capteur,
le contact s’ouvre et le circuit n’est le contact électrique se ferme et l’information
plus établi. L’information disparait. est donnée à la partie commande.
• Capteurs photoélectriques à distance :
Un détecteur photoélectrique est constitué d’un émetteur (qui
est généralement une diode électroluminescente) associé à un
récepteur de lumière (un phototransistor).
Il délivre une information chaque fois que le faisceau lumineux
issu de l’émetteur est interrompu par un obstacle (objet opaque :
non transparent). Le récepteur détecte la coupure de ce faisceau.
Pour réaliser la détection d'objets dans les différentes applications, 3 techniques de montages sont possibles :
Système barrage : L’émetteur et le récepteur sont de part et
d’autre de l’élément à détecter qui coupera le faisceau lumineux. La
portée peut aller jusqu’à 30 m. Ce système est adapté aux
environnements difficiles.
Système Reflex : L’émetteur et le récepteur sont dans le même
boitier ; Le faisceau lumineux est réfléchi par un réflecteur. La portée
peut aller jusqu’à 10m.
Système proximité : L’émetteur et le récepteur sont dans le
même boitier. C’est l’objet lui-même qui assure la réflexion du
faisceau lumineux. La cible doit être réfléchissante et la portée est
de l’ordre de 1,5 m (variable selon le pouvoir réfléchissant de l’objet
et de sa couleur).
✓ Autres types des capteurs :
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• Codeur incrémental :
La périphérie du disque du codeur est divisée en « X » fentes
régulièrement réparties. Un faisceau lumineux se trouve derrière
ces fentes, et dirigé vers une diode photosensible. Chaque fois que
le faisceau est coupé, le capteur envoie un signal qui permet de
connaitre la variation de position.
• Codeur numérique :
Les codeurs numériques de position pour lesquels chaque position du disque correspond à une valeur
numérique différente identifiable par la partie commande.
• Thermocouples :
• Thermocouple
Un thermocouple utilise principalement l'effet Seebeck afin d'obtenir une mesure de la température. Si on
réunit à une extrémité deux fils métalliques de natures différentes et que l'on élève la température de cette
extrémité, il apparaît une tension 𝑒𝐴𝐵 aux extrémités restées libres. Il est possible de déterminer la température de
l'extrémité chauffée à partir de la mesure de 𝑒𝐴𝐵 .
• Potentiomètre
Pour mesurer la position d'un objet, il suffit de le relier mécaniquement au curseur C d'un potentiomètre
(schéma ci-dessous).
X. R
La tension U en sortie aura l'expression suivante : U=E. R
=X .E
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• Génératrice tachymétrique
C´est le capteur de vitesse le plus utilisé, son principe de fonctionnement est
l´inverse de celui d´un moteur à courant continu : la rotation du rotor induit une
tension continu proportionnelle à la vitesse de rotation du rotor.
• Capteur de force à jauge de contrainte
Un capteur de force transforme une force physique (un poids, une tension, une compression ou une pression)
en un signal électrique proportionnel qui peut être mesuré, converti et analysé. Lorsque la force appliquée au
capteur augmente, le signal électrique change proportionnellement.
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3.3 Symboles normalisés (hydrauliques et pneumatiques) :
Exemple d’installation hydraulique :
1 : Pompe
2 : Réservoir
3 : Limiteur de pression
4 : Vérin double effet
5 : Distributeur 4/3
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3.4 Codage de l´information
Une information est un « élément de connaissance susceptible d’être représenté à l’aide de conventions pour
être conservé, traité ou communiqué ».
La représentation de la chaîne d’information montre que ces informations sont classées en deux catégories :
▪ Des renseignements qui seront communiqués par ou à destination de l’utilisateur,
▪ Des décisions qui seront communiquées à la chaîne de puissance
L’évolution d’une information au cours du temps est qualifiée de signal.
Au sein des systèmes techniques, l’information est le plus souvent portée par des grandeurs
électriques (intensité, fréquence, différence de potentiels…).
Le rôle de l'électronique numérique est de traiter ces informations numériques représentant des grandeurs
physiques (lumière, température, tension, vitesse, son, pression, nombre d'objets comptés, etc.).
Mais avant de traiter une grandeur il faut la convertir en une image numérique, représentative de la
grandeur et pouvant être manipulée par l'électronique.
On utilise pour cela un code, qui traduit fidèlement et sans ambiguïté un nombre décimal (image de la
grandeur) en une succession de bits appelée mot-code (image numérique de la grandeur).
Un mot-code sera matérialisé par une succession de lignes électriques ne pouvant prendre que 2 valeurs en
fonction de l'état de chacun des bits (exemple : bit à 0 = 0 volt sur la ligne, bit à 1 = 5 volts sur la ligne).
Ainsi codé, l'image de la grandeur pourra être analysée par des circuits numériques (circuits logiques,
microcontrôleurs, calculateurs, etc.).
Mais il existe plusieurs codes ayant chacun leurs avantages et leurs inconvénients, et possédant des propriétés
utilisées dans des applications spécifiques.
Lors du traitement numérique d'une information, il sera donc souvent nécessaire de passer d'un code à un
autre. Les circuits logiques permettant de réaliser cette opération sont appelés codeurs, décodeurs, encodeurs,
ou encore transcodeurs selon les cas.
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3.4.1 BINAIRE NATUREL
Le binaire naturel est un système de numération à base 2, et deux symboles (habituellement 0 et 1)
suffisent pour représenter tous les nombres entiers naturels :
• Un bit peut donc prendre les valeurs 0 ou 1.
• Deux bits sont nécessaires pour représenter les nombres décimaux de 0 à 3
• Trois bits pour les nombres décimaux de 0 à 7, etc.
• D'une manière générale, n bits permettent de représenter en binaire naturel les nombres décimaux
de 𝟎 à 𝟐𝒏
Un nombre exprimé en binaire naturel se présente sous la forme d'une succession de bits.
Le binaire naturel est un code pondéré, et les poids de chaque bit correspondent aux puissances successives
de deux : 1=20 2=21 4=22 8=23 16=24 32=25 etc.
Pour coder un nombre entier naturel en binaire naturel, il suffit de l'écrire sous la forme d'une somme finie
de puissances de 2.
Exemple
41(10) = 1(10) + 8(10) + 32(10), donc s'écrit en binaire naturel :
Soit 41(10) = 101001(2)
2000(10) = 1024(10) + 512(10) + 256(10) + 128(10) + 64(10) + 16(10) donc
soit 2000(10) = 111 1101 0000(2)
Tableau de conversion décimal → binaire naturel
Remarque : avec un mot binaire de 4 bits on peut coder 24=16 valeurs différentes.
3.4.2 LE BINAIRE REFLECHI (OU CODE GRAY)
La propriété principale du code gray est que le passage d'un mot-code au suivant entraînera toujours le
changement d’un seul bit. Ainsi, les transitions s'effectuent sans ambiguïté, éliminant les risques d'aléas.
En revanche le code gray n'est pas pondéré, il n'est donc pas adapté pour le calcul numérique. Tout comme
le binaire naturel, le binaire réfléchi peut coder n'importe quel nombre entier naturel.
Tableau de conversion décimal → binaire réfléchi
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Décimal Binaire réfléchi Décimal Binaire réfléchi
𝟎(𝟏𝟎) ↔ 0000(2𝑟) 8(10) ↔ 1100(2𝑟)
𝟏(𝟏𝟎) ↔ 0001(2𝑟) 9(10) ↔ 1101(2𝑟)
𝟐(𝟏𝟎) ↔ 0011(2𝑟) 10(10) ↔ 1101(2𝑟)
𝟑(𝟏𝟎) ↔ 0010(2𝑟) 11(10) ↔ 1111(2𝑟)
𝟒(𝟏𝟎) ↔ 0110(2𝑟) 12(10) ↔ 1110(2𝑟)
𝟓(𝟏𝟎) ↔ 0111(2𝑟) 13(10) ↔ 1011(2𝑟)
𝟔(𝟏𝟎) ↔ 0101(2𝑟) 14(10) ↔ 1001(2𝑟)
𝟕(𝟏𝟎) ↔ 0100(2𝑟) 15(10) ↔ 1000(2𝑟)
Remarque : avec un mot binaire de 4 bits on code toujours 24=16 valeurs différentes.
Exemple :
Ce code est utilisé pour la réalisation de capteurs numériques de position car il permet d'éviter toutes
confusions de codes lors du passage d'une position à une autre, adjacente.
3.4.3 CODE P PARMI N
Une des nombreuses qualités que l'on puisse demander à un code traité par une machine, est sa fiabilité.
Le code p parmi n est un code de représentation des chiffres décimaux basé sur un principe simple de
reconnaissance de l'appartenance d'un mot binaire au code : chaque mot binaire composant le code
comporte le même nombre de 1 (ici p 1 parmi n bits) seule la position de ces 1 permet de déterminer la
valeur du code.
Exemple
Code 3 parmi 5 utilisé dans les centres de tri de La Poste
Le code postal utilise 3 barres parmi 5 pour coder un chiffre.
Cela est suffisant car ce code doit représenter des chiffres décimaux (donc 10 valeurs différentes), ce qui
s'obtient par le nombre de combinaison de 3 parmi 5 :
Les barres sont « rose fluo » et imprimées au bas des enveloppes.
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La lecture à La Poste des codes à barres se fait de droite à gauche puisque les enveloppes se déplacent de
gauche à droite dans les trieuses.
3.4.4 Convertisseur Analogique/Numérique (C.A.N.) :
[Link] Définition :
Le convertisseur Analogique /Numérique (abrégé CAN) est un dispositif électronique permettant d’obtenir en
sortie une grandeur numérique codée sur n bits dont la valeur est représentative de la grandeur analogique (tension)
présenté en entrée.
[Link] Symbole d´un CAN 4 bits :
[Link] Résolution d´un CAN
On appelle ‘Résolution’ d’un CAN, ou ‘Pas de progression’ ou encore ‘Quantum’, la plus petite variation de
tension appliquée à l’entrée qui augmente (ou diminue) la valeur binaire en sortie de 1.
D’une manière générale et pour un CAN théorique, en notant ´Q´ la résolution et ´n´ le
nombre de bit du convertisseur, on exprimera Q de la manière suivante :
La résolution d’un CAN est une tension, elle s’exprime donc en volt (V).
Remarque : Pour un CAN réel, le quantum est généralement donné dans la documentation
du constructeur.
Conceptuellement, la conversion analogique – numérique peut être divisée en trois étapes : l’échantillonnage
temporel, la quantification et le codage.
La figure ci-dessus présente successivement ces trois étapes pour un CAN dont la sortie du signal numérique
est sur 3 bits :
[Link] Détermination de la valeur binaire de sortie en fonction de la tension d´entrée :
Cette opération se fait en trois étapes
- Division de la tension à convertir VE par le quantum Q : Nd=VE/Q, la valeur Nd obtenue est une valeur
décimale,
- Élimination de la partie décimale du résultat de la division (on ne conserve que la partie entière de Nd),
- Conversion de Nd en binaire.
Etude des systèmes Page 21 sur 21 2024 / 2025