Généralités et fonctions usuelles en maths
Généralités et fonctions usuelles en maths
Fonctions usuelles
Albert Einstein
Dans ce chapitre, sont rappelées certaines généralités sur les fonctions (monotonie, max-
imum, minimum...) auxquelles sont ajoutés des compléments permettant d’approfondir
l’étude des fonctions (parité, périodicité, composée de fonctions...). On revoit également
les fonctions usuelles et on introduit de nouvelles fonctions (la fonction valeur absolue,
la fonction partie entière et les fonctions trigonométriques).
f : D → R
x 7→ f (x)
f (x) est appelé l’image de x par f , tandis que x est appelé antécédent de f (x) par f .
1
2 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
1
2x + 3 = 4 ⇔ 2x = 1 ⇔ x = .
2
1
L’antécédent de 4 est donc .
2
Remarque : Il peut y avoir un, plusieurs ou même aucun antécédent. Par contre, il ne peut y
avoir qu’une seule image !
Exemple 4.2 1. La fonction f définie par f (x) = 2x+3 a pour ensemble de définition:
Df = R car pour tout x ∈ R, 2x + 3 est calculable.
1
2. La fonction g : x 7→ a pour ensemble de définition: Dg = R \ {2} car g est
2x − 4
définie pour les x ∈ R tels que 2x − 4 , 0 i.e. 2x , 4 donc x , 2.
• La fonction x 7→ 1
x est définie sur R∗ donc
existe ⇐⇒ D , 0.
N
D
√ √
• La fonction x 7→ x est définie sur R+ donc A existe ⇐⇒ A ⩾ 0.
• La fonction x 7→ ln(x) est définie sur R∗+ donc ln(B) existe ⇐⇒ B > 0.
Exercice 4.1 Déterminer le domaine de définition de chacune des trois fonctions définies
par:
x+3 √
f (x) = g(x) = 1−x h(x) = ln(x2 − 9).
x2 − 4
1. Domaine de définition de la fonction f :
x < Df ⇐⇒ x2 − 4 = 0
⇐⇒ (x − 2)(x + 2) = 0
⇐⇒ x − 2 = 0 ou x + 2 = 0
⇐⇒ x = 2 ou x = −2
Donc Df = R \ {−2; 2}.
2. Domaine de définition de la fonction g:
x ∈ Dg ⇐⇒ 1 − x ⩾ 0
⇐⇒ x ⩽ 1
Donc Dg =] − ∞; 1].
4.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS 3
x ∈ Dh ⇐⇒ x2 − 9 > 0
⇐⇒ (x − 3)(x + 3) > 0
⇐⇒ x < −3 ou x > 3 (cf. tableau de signes ci-dessous)
x −∞ −3 3 +∞
x−3 – – 0 +
x+3 – 0 + +
(x − 3)(x + 3) + 0 – 0 +
1
x
−1 1 2 3 4
−1
M Cf
−2 b
f (x)
−3
Définition 4.4 (Ensemble image) Soit f une fonction définie sur Df . Soit E une partie
de R tel que E ⊂ Df . On appelle ensemble image de E par la fonction f et on note f (E)
l’ensemble:
f (E) = {f (x) | x ∈ E} = {y ∈ R | ∃x ∈ E, y = f (x)}.
√
Exemple 4.3 Soit f la fonction définie par f (x) = x2 − 1. Déterminons son domaine
de définition et son domaine image sachant que son tableau de variation est le suivant.
x −∞ −1 1 +∞
f ′ (x) − +
+∞ +∞
f
0 0
Il peut parfois être utile de déterminer f (Df ) notamment lorsqu’on compose des fonctions,
comme on va le voir dans ce qui suit.
Définition 4.5 (Composée de fonctions) Soient f et g deux fonctions définies respec-
tivement sur Df et Dg telles que f (Df ) ⊂ Dg . La composée de la fonction f par g est
la fonction, notée g ◦ f (qui se lit « g rond f ») est la fonction définie sur Df par
2. g ◦ f
On remarque que Df = R et Dg = R+ . On a f (Df ) = R+ = Dg . Soit x ∈ Df ,
√
(g ◦ f )(x) = g(f (x)) = g(x2 ) = x2 = |x| .
4.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS 5
3. f ◦ h
On remarque que Df = R et Dh = R. On a donc clairement h(Dh ) ⊂ Df . Soit
x ∈ Dh , (f ◦ h)(x) = f (h(x)) = f (ex ) = (ex )2 = e2x .
4. h ◦ f
On remarque que Df = R et Dh = R. On a clairement f (Df ) ⊂ Dh . Soit x ∈ Df ,
2
(h ◦ f )(x) = h(f (x)) = h(x2 ) = ex .
5. g ◦ h
On remarque que Dh = R et Dg = R+ . On a h(Dh ) = R+ = Dg . Soit x ∈ Dh ,
√
(g ◦ h)(x) = g(h(x)) = g(ex ) = ex .
6. h ◦ g
On remarque que Dg = R+ et Dh = R. On a clairement g(Dg ) ⊂ Dh . Soit x ∈ Dg ,
√ √
(h ◦ g)(x) = h(g(x)) = h( x) = e x .
4.1.4 Parité
• La fonction inverse x 7→ 1
x est une fonction impaire.
∀x ∈ R, x ∈ Df ⇒ −x ∈ Df
Exemple 4.5 • L’ensemble ] − ∞; −5[∪]5; +∞[ est symétrique par rapport à zéro.
ex − e−x x5
f (x) = g(x) = h(x) = x3 − x2 .
x x2 − 4
1. On commence par déterminer Df . La fonction f est définie pour tout réel x
différent de 0 donc Df = R∗ . Ce domaine est bien symétrique par rapport à 0.
Calculons pour x ∈ Df :
(−x)5 −x5
g(−x) = = = −g(x).
(−x)2 − 4 x2 − 4
3. On remarque h est définie pour tout réel x donc Dh = R qui est évidemment
symétrique par rapport à 0. Calculons pour x ∈ Dh :
Propriété 4.1 • Si une fonction est paire, sa courbe représentative est symétrique
par rapport à l’axe des ordonnées.
• Si une fonction est impaire, sa courbe reprśentative est symétrique par rapport à
l’origine du repère.
4
2
1
2
−3 −2 −1 1 2 3
−1
−3 −2 −1 1 2 3 −2
Courbe représentative d’une fonction paire Courbe représentative d’une fonction impaire
4.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS 7
4.1.5 Monotonie
∀x, y ∈ I , x < y ⇒ f (x) < f (y). ∀x, y ∈ I , x < y ⇒ f (x) > f (y).
Remarque :
• On dit qu’une fonction croissante conserve l’ordre et qu’une fonction décroissante inverse
l’ordre.
• Il existe des fonctions qui ne sont pas monotones, c’est-à-dire qui ne sont ni croissantes
ni décroissantes.
• La composée de deux fonctions ayant des sens de variation opposé est décroissante.
Remarque : Pour retenir les deux derniers points de cette proposition, on peut remarquer une
analogie avec la règle du signe d’un produit.
Si « croissante » = « + » et « décroissante » = « - », on a bien « + × + = + », « - × - =
+ » et « + × - = - ».
• Soient f et g des fonctions croissantes et soient x, y ∈ Df tels que x < y. Comme f est
croissante, on a f (x) ⩽ f (y). La fonction g étant également croissante, on en déduit :
4.1.6 Périodicité
Définition 4.8 Soit f une fonction et Df son domaine de définition. La fonction f est
dite périodique lorsqu’il existe un réel T non nul tel que :
x ∈ Df ⇐⇒ x + T ∈ Df et ∀x ∈ Df , f (x + T ) = f (x).
On dit alors que f est T -périodique et le réel T est appelé une période de f .
Majorant, minorant
• On dit que la fonction f est majorée sur I s’il existe un réel M tel que:
∀x ∈ I f (x) ⩽ M.
On dit alors que M est un majorant de f sur I ou encore que le réel M majore la
fonction f sur I.
• On dit que la fonction f est minorée sur I s’il existe un réel m tel que:
∀x ∈ I f (x) ⩾ m.
On dit alors que m est un minorant de f sur I ou encore que le réel m minore la
fonction f sur I.
• On dit que f est bornée sur I si elle est à la fois majorée et minorée sur I:
∃m ∈ R ∃M ∈ R ∀x ∈ I m ⩽ f (x) ⩽ M.
Remarque : Graphiquement, une fonction f est majorée par un réel M (resp. minorée par un
réel m) lorsque sa courbe représentative est située au-dessous (resp. au-dessus) de la droite
horizontale d’équation y = M (resp. y = m).
4.1. GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS 9
y=M y=M
y=m y=m
1
Exemple 4.7 Soit f la fonction définie sur R par f (x) = 2 . En dressant le tableau
x +1
de variation de f , on peut montrer que :
∀x ∈ R 0 < f (x) ⩽ 1.
Maximum, minimum
x0 ∈ I et ∀x ∈ I f (x) ⩽ f (x0 ).
x0 ∈ I et ∀x ∈ I f (x) ⩾ f (x0 ).
Remarque : Si f (x0 ) est un extremum sur un intervalle ouvert contenant x0 , mais pas sur I
tout entier, on dit que f (x0 ) est un extremum local.
10 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
1
Exemple 4.8 Soit f la fonction définie sur R par f (x) = . On sait que:
x2 + 1
∀x ∈ R f (x) ⩽ f (0) = 1. Donc la fonction f admet un maximum en x0 = 0 sur R:
1
max 2 = 1. Par contre, la fonction f n’admet pas de minimum sur R (et pourtant
x∈R x + 1
elle est minorée sur R).
−3 −2 −1 0 1 2 3 4
La fonction carré
4
Théorème 4.1 La fonction carré f : R → R+ ; x 7→ x2 .
3
• est à valeurs positives ;
2 • est paire ;
−2 −1 1 2
Remarque : Plus généralement, pour tout entier naturel n non nul, la fonction x → x2n est
paire et est strictement décroissante sur ] − ∞; 0] et strictement croissante sur [0; +∞[.
4.2. FONCTIONS DE RÉFÉRENCE 11
La fonction cube
−2
−3
Remarque : Plus généralement, pour tout entier naturel n, la fonction x → x2n+1 est impaire
et strictement croissante sur R.
Définition 4.11 Soient a, b et c trois réels avec a , 0. Soit T la fonction définie sur R
par: T (x) = ax2 + bx + c.
On dit que T est une fonction polynôme de degré 2 ou encore une fonction trinôme du
second degré.
La représentation graphique d’une fonction polynôme du second degré est une parabole,
orientée vers le haut si a > 0 et orientée vers le bas si a < 0:
y y
x x
Comme déjà rappelé dans le Chapitre 1, nous avons le théorème suivant :
12 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
• Si ∆ = b2 −4ac > 0 alors l’équation T (x) = 0 admet deux solutions réelles distinctes
x1 et x2 avec : √ √
−b − ∆ −b + ∆
x1 = et x2 = .
2a 2a
On a alors la factorisation: T (x) = a(x − x1 )(x − x2 ). On dit que x1 et x2 sont les
racines de T .
−b
• Si ∆ = 0 alors l’équation T (x) = 0 admet une seule solution x0 avec x0 = . On
2a
a alors la factorisation: T (x) = a(x − x0 )2 .
On dit que x0 est la racine double de T .
4 4 4
y = T (x)
3 3 3
2 y = T (x) 2 2 y = T (x)
1 1 1
x1 x2 x0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
Exercice 4.3 Trouver deux réels x1 et x2 dont la somme vaut 4 et le produit vaut 1.
La fonction inverse
3
1
y=
1 Soit h la fonction inverse h : x 7→ dont
x x
2 la courbe représentative est donnée ci-
contre.
y=1
1
1
y= • Son ensemble de définition est
3 1
Dh = R∗ . En effet, n’est pas défini
−4 −3 −2 −1 1 2 3 4
x
0 pour x = 0.
−1
y = −1 • L’image de 1 est 1 et l’image de −1
est −1.
−2
1
• L’unique antécédent de est 3.
−3
3
1
Théorème 4.4 La fonction inverse f : R∗ → R∗ ; x 7→
x
• est impaire ;
Définition 4.12 La fonction logarithme népérien, notée ln, est l’unique primitive de la
fonction inverse sur l’intervalle ]0; +∞[ qui s’annule en 1. Autrement dit:
∫x
1
∀x ∈]0; +∞[ ln(x) = dt.
1 t
Propriété 4.2 La fonction ln est définie sur R∗+ . Elle est continue et dérivable sur R∗+
1
et sa dérivée est x 7→ . De plus, ln(1) = 0.
x
La fonction ln possède des propriétés tout à fait remarquables, la première d’entre elles
étant de transformer les produits en sommes.
14 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
Exemple 4.9 Soient x et y > 0. Simplifier le plus possible les expressions suivantes.
( )
1. ln(2x) − ln(x) 3 1
4. 2 ln(x ) + ln 3
= ln(2) + ln(x) − ln(x) = ln(2) x
= 6 ln(x) − 3 ln(x) = 3 ln(x)
( ) ( )
1 1
2. ln(x2 ) − ln(x) 5. ln(1) + ln + ln 2
= 2 ln(x) − ln(x) = ln(x) x x
= 0 − ln(x) − 2 ln(x) = −3 ln(x)
( ) ( )
( ) x y
1 6. ln + ln
3. ln(x) − ln y x
x
= ln(x) + ln(x) = 2 ln(x) = ln(x) − ln(y) + ln(y) − ln(x) = 0
• Limites usuelles:
On ne garde que la solution qui est dans l’intervalle I =]0; +∞[. Il n’y a donc
qu’une solution qui est x = 2. Ainsi S = {2}.
3
2. ln(2x − 3) + ln(3) = 2 ln(x) sur I =] ; +∞[.
2
On a ln(2x) < ln(x + 7) ⇐⇒ 2x < x + 7 ⇐⇒ x < 7. Il faut donc que x < 7 et que x
soit dans l’intervalle ]0; +∞[ donc S =]0; 7[.
1
2. ln(3x + 1) − ln(x + 1) ⩾ ln(2) sur I =] − ; +∞[.
3
Définition 4.13 L’unique solution dans R∗+ de l’équation ln(x) = 1 est notée e : c’est la
constante de Neper. On a: e ≃ 2, 718.
ln(x) = 1 ⇐⇒ x = e.
Notations : Plus généralement, pour tout y dans R, l’équation ln(x) = y admet une unique
solution dans R∗+ . On convient de noter ey cette solution car l’unique solution de l’équation
ln(x) = n (avec n ∈ Z) n’est autre que le nombre en . En effet:
∀n ∈ Z ln(en ) = n ln(e) = n.
16 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
La fonction exponentielle
Définition 4.14 La fonction exponentielle notée exp est définie sur R par exp(x) = ex .
∀x ∈ R y = exp(x) ⇐⇒ x = ln(y).
Propriété 4.4 La fonction exp est définie sur R. Elle est continue et dérivable sur R et
sa dérivée est égale à elle-même. De plus, exp(R) = R∗+ .
2. ∀a ∈ R ∀b ∈ R ea+b = ea × eb .
1
3. ∀a ∈ R e−a = .
ea
ea
4. ∀a ∈ R ∀b ∈ R ea−b = .
eb
5. ∀n ∈ Z ∀a ∈ R ena = (ea )n .
• e2t−1 = 1 1
• ln(3x) =
e2t−1 = 1 ⇐⇒ 2t − 1 = ln(1) = 0 ⇐⇒ 2
1 1
1
2t = 1 ⇐⇒ t = . ln(3x) = ⇐⇒ 3x = e 2 ⇐⇒ x =
2 1
2
e2
.
3
Exercice 4.7 Soient x et y deux réels. Simplifier le plus possible les expressions suiv-
antes:
(ex )2 e2x
1. = x = e2x−x = ex .
ex e
2. (e2x )3 × (e−x )2 = e6x × e−2x = e6x−2x = e4x .
• Limites usuelles:
e3x+5
= e2x −1
2
1. 3−2x
e
e3x+5
On a 3−2x = e2x −1 ⇐⇒ e3x+5−3+2x = e2x −1 ⇐⇒ e5x+2 = e2x −1 ⇐⇒ 5x + 2 =
2 2 2
e
2x2 − 1 ⇐⇒ 2x2 − 5x − 3 = 0. On calcule le discriminant ∆ = (−5)2 − 4 × 2 × (−3) =
25 + 24 = 49. Il y a donc deux racines qui sont :
√ √
5 − 49 −2 1 5 + 49 12
x1 = = =− et x2 = = = 3.
4 4 2 4 4
{ }
1
Ainsi S = − ; 3 .
2
2
2. e2x ex < 1
2 2
On a e2x ex < 1 ⇐⇒ e2x+x < e0 ⇐⇒ 2x + x2 < 0. Les racines de ce polynôme de
degré 2 sont 0 et −2. On en déduit le tableau de signes suivant :
x −∞ −2 0 +∞
Signe de
+ 0 − 0 +
x2 + 2x
Et donc S =] − 2; 0[.
18 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
y = ex
y
e
La fonction exponentielle est la fonction ré-
ciproque de la fonction logarithme népérien. y = ln x
Dans un repère orthonormé, leurs courbes
représentatives sont symétriques par rapport à ⃗
j
la droite D d’équation y = x.
−1 0 ⃗i e x
ou bien √ √
f√2 (x) = x 2
=e 2 ln(x)
.
Attention ! L’écriture xα est une notation. Pour étudier une telle fonction, il faudra toujours
repasser à son écriture exponentielle eα ln(x) .
Propriété 4.6 Soit α dans R. La fonction fα est dérivable (donc continue) sur ]0; +∞[
et:
∀x ∈]0; +∞[ fα′ (x) = αxα−1 .
4.2. FONCTIONS DE RÉFÉRENCE 19
Démonstration. On écrit fα sous la forme fα (x) = eα ln(x) . La fonction fα est dérivable sur R∗+
comme composée de fonctions dérivables.
La fonction fα est du type eu avec u(x) = α ln(x). Sa dérivée est donc de la forme u ′ eu avec
α
u ′ (x) = .
x
On a donc :
α α ln(x) α α
fα′ (x) = e = x
x x
xα
=α = αxα−1 .
x
Propriété 4.7 La fonction fα est strictement croissante sur ]0; +∞[ si α > 0 et stricte-
ment décroissante sur ]0; +∞[ si α < 0.
Les règles de calculs sont les mêmes que celles vues dans le Chapitre 1 dans le cas des
puissances entières, exceptées qu’elles ne sont valables que pour les x > 0.
2
Exercice 4.9 1. Résoudre l’équation x 3 = 2.
2 2 ( 2 ) 2
x 3 = 2 ⇐⇒ e 3 ln(x) = 2 ⇐⇒ ln e 3 ln(x) = ln(2) ⇐⇒ ln(x) = ln(2) ⇐⇒ ln(x) =
3
3 ln(2) 3 ln(2) ( )3 3
ln(2) 2
⇐⇒ x = e 2 = e =2 .
2
2 { 3}
Ainsi S = 2 2 .
ln(0.5)
2. Résoudre dans N l’inéquation 0.99n > 0.5 en sachant que ≃ 68, 97.
ln(0.99)
ln(0.5)
0.99n > 0.5 ⇐⇒ en ln(0.99) > 0.5 ⇐⇒ n ln(0.99) > ln(0.5) ⇐⇒ n < ⇐⇒
ln(0.99)
n < 68, 97 ⇐⇒ n < 69.
Ainsi S = J0; 68K.
20 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
Représentation graphique
5
4
α<0 α=1
Voici les différentes allures de 3 α>1
la courbe représentative de la
2 α<1
fonction x 7→ xα suivant les
valeurs de α ∈ R. 1
1 2 3 4 5
−1
1
Un cas particulier : α =
2
Définition
√ 4.16 La fonction racine carrée est la fonction r définie sur [0; +∞[ par:
r(x) = x
√ (√ )2
Remarque : On rappelle que par définition, x est l’unique réel positif tel que x = x.
1
∀x ∈ R∗+ r ′ (x) = √ .
2 x
On en déduit que la fonction racine carrée est strictement croissante sur [0; +∞[.
√
Soit r la fonction racine carrée r : x 7→ x.
y = x2 y=x
5
• Sa courbe représentative est la branche de
parabole obtenue par symétrie par rapport
4 à la droite y = x de la courbe représenta-
tive de la fonction carrée sur l’intervalle
3 R+ .
√ • Son domaine de définition est Dr = R+ .
2 y= x
Propriété 4.9 La fonction racine carrée coïncide avec la fonction puissance 12 sur R∗+ :
√
∀x ∈ R∗+
1
x = x2.
4.2. FONCTIONS DE RÉFÉRENCE 21
( 1 )2 √
Démonstration. Soit x > 0. Alors x 2 > 0 et x 2 = x 2 ×2 = x1 = x donc x 2 = x.
1 1 1
Exercice type 4.1 Étudier les variations de la fonction f : x 7→ xx sur son domaine de
définition.
La fonction f est définie pour x ∈ R∗+ donc Df = R∗+ . La fonction f peut s’écrire sous
la forme f (x) = ex ln(x) . C’est une fonction dérivable sur Df qui est de la forme eu avec
1
u(x) = x ln(x). Sa dérivée est donc de la forme u ′ eu avec u ′ (x) = 1×ln(x)+x× = ln(x)+1.
x
On a alors :
f ′ (x) = (ln(x) + 1)ex ln(x) .
Etudions le signe de f ′ (x) pour x ∈ Df . On a pour tout x ∈ Df , ex ln(x) > 0. Ainsi le
signe de f ′ (x) dépend du signe de ln(x) + 1. On a :
On en conclut que f est strictement croissante pour x > e−1 et strictement décroissante
sur ]0; e−1 ].
Définition 4.17 La fonction valeur absolue, notée x 7→ |x| est la fonction définie sur R
par: {
x x⩾0
∀x ∈ R |x| =
−x x < 0
Exemple 4.11 |2.9| = 2.9 mais |−5.2| = 5.2. Il est clair que: ∀x ∈ R |x| ⩾ 0.
√
Exercice 4.10 1. Ecrire sans valeur absolue les nombres suivants 2 − 1 et |π − 5|.
√ √ √ √
On sait que 2 ≃ 1.41 donc 2 − 1 > 0 ainsi 2 − 1 = 2 − 1.
On sait que π ≃ 3.14 donc π − 5 < 0 ainsi |π − 5| = 5 − π.
(a) |x − 2| = x − 2 si x ⩾ 2 ou |x − 2| = 2 − x si x ⩽ 2.
22 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
(b) |x − 1| + |x + 2|
√
Proposition 4.9 • ∀x ∈ R |x| = x2
• ∀x ∈ R |−x| = |x|
• ∀x ∈ R ∀y ∈ R xy = |x| × y
x |x|
• ∀x ∈ R ∀y ∈ R∗ =
y y
Démonstration.
√ √ √
• Si x ⩾ 0 alors x2 = x = |x|. Sinon x < 0 alors −x > 0 donc x2 = (−x)2 = −x = |x|.
√ √
• |−x| = (−x)2 = x2 = |x|.
√ √ √ √
• xy = (xy)2 = x2 y 2 = x2 × y 2 = |x| × y .
√
( )2 √ 2 √ 2
x x x x |x|
• = = 2
=√ = .
y y y y2 y
Remarque : Les inégalités strictes de deux dernières propriétés de la Proposition 4.10 peuvent
être remplacées par des inégalités larges.
4.2. FONCTIONS DE RÉFÉRENCE 23
1. |x| > 3
D’après la Proposition 4.10, on a |x| > 3 ⇐⇒ x < −3 ou x > 3. On a donc
S =] − ∞; −3[∪]3; +∞[.
2. |x + 1| < 4
D’après la Proposition 4.10, on a |x + 1| < 4 ⇐⇒ −4 < x + 1 < 4 i.e. − 5 < x < 3.
On a donc S =] − 5; 3[.
• (⇐) Si a = b alors de manière évidente |a| = |b|. De plus, si a = −b, on a |a| = |−b| =
|b| d’après la Proposition 4.9.
√ √ (√ ) (√ )
• (⇒) Si |a| = |b| alors a2 = b2 d’après la Proposition 4.9. Ainsi a2 = b 2 ,
donc a2 = b2 . On a alors que a2 − b2 = 0 soit (a − b)(a + b) = 0. On déduit que a = b
ou bien a = −b.
∀x ∈ R ∀y ∈ R x + y ⩽ |x| + y .
Démonstration. On sait que x ⩽ max(x, −x) = |x| et y ⩽ max(y, −y) = y donc x + y ⩽ |x| + y .
De même on a −x ⩽ max(−x, x) = |x| et −y ⩽ max(−y, y) = y donc −x − y ⩽ |x| + y .
Par suite, x + y = max(x + y, −x − y) ⩽ |x| + y .
24 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
Propriété 4.10 La fonction valeur absolue est une fonction paire, strictement décrois-
sante sur R− et strictement croissante sur R+ .
y
y = |x|
4
3
2
1
x
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
Proposition 4.12 Soit x ∈ R. Alors |x| est la distance entre le point origine O d’un axe
gradué et le point M d’abscisse x.
√
Démonstration. Si A et B désignent deux points du plan, on sait que AB = (xB − xA )2 + (yB − yA )2 .
Prenons
√ A = O alors xA = yA = 0 et prenons B = M avec xM = x et yM = 0. Alors OM =
√
(x − 0)2 + (0 − 0)2 = x2 = |x|, donc |x| représente bien la distance entre O et M.
√ √
Démonstration. Soient M(x, 0) et N (y, 0). Alors MN = N M = (x − y) + (0 − 0) = (x − y)2 =
2 2
Définition 4.18 Soit x dans R. La partie entière de x est le plus grand entier relatif
inférieur ou égal à x, noté ⌊x⌋.
7
⌊2x + 1⌋ = 7 ⇐⇒ 7 ⩽ 2x + 1 < 8 ⇐⇒ 6 ⩽ 2x < 7 ⇐⇒ 3 ⩽ x < .
2
[ [
7
Donc S = 3; .
2
Soit x dans R. On sait que ⌊x⌋ ⩽ x < ⌊x⌋ + 1 donc ⌊x⌋ + 1 ⩽ x + 1 < ⌊x⌋ + 1 + 1.
Posons y = ⌊x⌋ + 1. Alors y ∈ Z et y vérifie y ⩽ x + 1 < y + 1 donc y = ⌊x + 1⌋.
On a donc bien démontré que ⌊x + 1⌋ = ⌊x⌋ + 1.
Remarque : La fonction partie entière n’est pas strictement croissante sur R: en effet, elle
est constante sur chaque intervalle [n; n + 1[ où n ∈ Z. Cela se traduit graphiquement par des
« paliers » sur sa courbe, comme on peut le voir sur son graphe ci-dessous.
4
3
2
1
x
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
−2
−3
−4
Proposition 4.15 • Pour tout réel x et pour tout entier relatif k, cos (x + 2kπ) =
cos x et sin (x + 2kπ) = sin x
Valeurs remarquables π
2 π
1
√
3 3
2
√ π
π π π π 2 4
x 0 2
6 4 3 2
√ √ π
1
3 2 1 6
cos x 1 0 2
2 2 2
√ √
1 2 3
sin x 0 1
2 2 2
O √ √
1 2 3 1
2 2 2
Propriété 4.12 (Périodicité) Pour tout réel x, cos(x+2π) = cos(x) et sin(x+2π) = sin(x).
On dit que les fonctions cosinus et sinus sont périodiques de période 2π (on dit aussi
2π-périodiques).
Remarque : La fonction cosinus (ou sinus) est entièrement connues dès qu’on connaît ses
valeurs sur un intervalle [a; a + 2π[.
4.2. FONCTIONS DE RÉFÉRENCE 27
• Pour tout réel x, cos(−x) = cos(x). On dit que la fonction cosinus est paire.
Ainsi la courbe représentative de la fonction cosinus est symétrique par rapport
à l’axe des ordonnées.
• Pour tout réel x, sin(−x) = − sin(x). On dit que la fonction sinus est impaire.
Ainsi la courbe représentative de la fonction sinus est symétrique par rapport à
l’origine du repère.
J
M
Remarque : Il suffit d’étudier les fonctions cosinus et sinus sur l’intervalle [0; π] pour les
connaître sur [−π; π] à l’aide de la parité et enfin sur R à l’aide de la périodicité.
1
cos 0
−1
1
sin
0 0
28 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
Fonction cosinus 2π
1
−5π −3π −π π 3π 5π
−2π −π π 2π
2 2 2 −1 2 2 2
Fonction sinus 2π
1
−5π −3π −π π 3π 5π
−2π −π π 2π
2 2 2 −1 2 2 2
Formules de trigonométrie
Proposition 4.16
J
N M
J
M
Pour tout réel x :
π+x
x
• cos(π + x) = − cos x
O I
sin(π + x) = − sin x
La fonction tangente
Exemple 4.14 On a :
sin(0) 0
• tan(0) = = = 0.
cos(1) 1
( ) √
( ) sin π4 2
π 2
• tan = ( ) = √ = 1.
4 cos π4 2
2
Remarque : La fonction tangente est entièrement connue dès qu’on connaît ses valeurs sur
un intervalle [a; a + π[.
Grâce à la parité, la courbe représentative de la fonction tangente est symétrique
[ [ par rapport
π
à l’origine du repère. Il suffit donc d’étudier la fonction sur l’intervalle 0; .
2
Propriété 4.17 (Dérivée) La fonction tangente est dérivable sur son ensemble de défi-
π
nition et ∀x ∈ R \ { + kπ, k ∈ Z}, on a :
2
1
tan′ (x) = = 1 + tan(x)2 .
cos(x)2
1
tan′ (x) = .
cos(x)2
π
Variations de la fonction tangente sur [0; ]
2
π π
x 0
4 2
Signe de tan′ (x) +
+∞
tan 1
0
1
−π
π π
−2π − π +2π
2 −1 2
−2
−3
−4
La fonction arctangente
] [
π π
La fonction tangente est continue et strictement croissante sur l’intervalle − ; . De plus,
2 2
limπ tan(x) = −∞ et limπ tan(x) = +∞. Ainsi d’après le théorème des valeurs intermédiaires
x→− 2 x→+ 2
] [
π π
version monotone, pour tout y ∈ R, il existe un unique x ∈ − ; tel que tan(x) = y.
2 2
Cet unique x est appelé appelé arctangente de y et est noté arctan(y).
4.2. FONCTIONS DE RÉFÉRENCE 31
• arctan(0) =0
π
• arctan(1) =
4
π
• arctan(−1) =−
4
π
• lim arctan(x) =
x→−∞ 2
π
• lim arctan(x) =−
x→+∞ 2
] [
π π
Proposition 4.17 • Pour tout x ∈ R, arctan(x) ∈ − ; .
2 2
• Pour tout x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
] [
π π
• Pour tout x ∈ − ; , arctan(tan(x)) = x.
2 2
Propriété 4.18 (Dérivée) La fonction arctangente est dérivable sur R et pour tout x ∈ R,
1
arctan′ (x) = .
1 + x2
x −∞ 0 +∞
π
+
arctan π 0 2
−
2
32 CHAPITRE 4. FONCTIONS USUELLES
y = tan(x)
1
y = arctan(x)
−4 −3 −2 −1 1 2 3
−1
−2
−3
ax + b a R λu λu ′
xn (n ∈ N) nxn−1 R u +v u′ + v′
1 1 u ′ v + uv ′
− R∗ uv
x x2
u u ′ v − uv ′
xp (p ∈ Z \ N) pxp−1 R∗ v v2
√ 1 √ u′
x √ R∗+ u √
2 x 2 u
xα (α ∈ R) αxα−1 R∗+ u′
ln(u)
u
1
ln(x) R∗+
x exp(u) u ′ exp(u)
y = f ′ (a)(x − a) + f (a).