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Étude exploratoire et descriptive sur la pratique du
mini-élevage pour contribuer à la lutte contre la
malnutrition au Territoire de Kenge/Kwango-RD
Congo
Luyatu Diambanza Joseph1, 2, Ndoki Ndimba Jean Christian1, Telamanu Bafwanga Edouad3†,
Indjasa Langan Raoul4, 5 Et Umba Di M’balu Joachim1, 3,4
1 Université Loyola du Congo (ULC)-Kimwenza B.P. 3724 Kinshasa-Gombe
2Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) Marie Reine de la Paix/Kenge
3 Université Pédagogique Nationale (UPN), B.P. 8815 Kinshasa-Ngaliema
4 Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) de MBEO-Idiofa/Kwilu
5UCC (Université Catholique du Congo) B.P. 1534 Kinshasa/Limite
Mots-clés : Miniélevage, Développement durable, Sécurité alimentaire, Territoire de Kenge et RD Congo
Keywords: Mini-livestock, Sustainable development, Food security, Kenge Territory and DR Congo
Corresponding author Email:
[email protected], Cellphone+243822248733
Submitted 15/11/2023, Published online on 31/01/2024 in the Journal of Animal and Plant Sciences
(J. Anim. Plant Sci.) ISSN 2071 – 7024
1 RESUME
La problématique de la lutte contre la pauvreté, la misère et la malnutrition dans le concept
de développement durable préoccupe tout le monde dans ce monde interconnecté et
globalisant. C’est ainsi que le mini élevage, regroupant des espèces d’intérêt durable mais ne
demandant pas de grands espaces, devrait être valorisé comme source de protéines pour
l’alimentation familiale au Territoire de Kenge. Ainsi donc, une étude exploratoire et
descriptive a été réalisée en vue d’identifier les exploitants pratiquant le mini-élevage, de
décrire les différentes techniques d’élevage utilisées et faire la typologie de ces élevages afin
de proposer un schéma de vulgarisation. À cet effet, une enquête a été menée, du 25 octobre
au 21 novembre 2022, auprès de cinquante et un exploitants pratiquant le mini-élevage au
territoire de Kenge par la méthode à 4 axes. Ces 4 axes sont le renforcement des capacités des
éleveurs, la santé animale, la recheptellisation et la commercialisation. Il ressort de cette étude
que le mini-élevage se rencontre aussi bien en milieu urbain, périurbain que rural au territoire
de Kenge mais il représente une activité de faible importance. Cinq espèces ont été
identifiées, exploitées avec des techniques d’élevage très rudimentaires ; il s’agit notamment
des cobayes, lapins, pintades et de l’entomo-culture (Apiculture et Rhynchophorus
phoenicis). Les produits d’élevage sont destinés à l’autoconsommation et la
commercialisation. Les hommes sont majoritairement impliqués dans cet élevage ; un effectif
du cheptel variant de 1 à 10 têtes est souvent rencontré dans les élevages. L’essor du mini-
élevage passera par la vulgarisation et la mise en place de stratégies participatives avec les
éleveurs en vue de l’adoption de techniques d’élevage plus productives et leur promotion
auprès de la population du Territoire de Kenge.
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ABSTRACT
The problem of combating poverty, misery and malnutrition within the concept of sustainable
development concerns everyone in this interconnected and globalizing world.
This is how mini-livestock breeding, bringing together species of sustainable interest but not
requiring large spaces, should be promoted as a source of protein for family nutrition in the
Kenge Territory. Therefore, an exploratory and descriptive study was carried out to identify
farmers practising the different farming techniques used, and to draw up a typology of these
farms in order to propose an extension scheme. To this end, a survey was carried out, from
October 25 to November 21, 2022, among fifty-one farmers practicing mini-livestock farming
in the Kenge territory using the 4-axis method. These 4 axes are capacity building for
breeders, animal health, restocking and marketing. It appears from this study that mini
livestock -breeding is found in urban, peri-urban and rural areas in the Kenge territory but it
represents an activity of little importance. Five species were identified, exploited with very
rudimentary breeding techniques; these include guinea pigs, rabbits, guinea fowl and
entomo-culture (Beekeeping and Rhyconphorus phoenicis). Livestock products are intended
for self-consumption and marketing. Men are mainly involved in this breeding; a herd size
varying from 1 to 10 heads is often found on farms.
The development of mini-breeding will involve the popularization and implementation of
participatory strategies with breeders with a view to adopting more productive breeding
techniques and their promotion to the population of the Kenge Territory.
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2 INTRODUCTION
L’homme dépend de l’Agriculture et de l’élevage Par mini-élevage, on entend l’exploitation, à des
pour se nourrir. Du chasseur-cueilleur à fins alimentaires ou économiques, de certains
l’agriculteur-éleveur, la recherche de la animaux de taille relativement petite. Il
nourriture a toujours été la priorité de l’humanité comprend l’exploitation de tous les animaux
car les aliments apportent à notre corps les vertébrés ou invertébrés, en général de petite
substances nutritives essentiellement à son taille, susceptibles d’être utilisés comme aliments
développement. La préoccupation mondiale de l’homme, comme nourriture des animaux ou
actuelle, selon les Objectifs de Développement comme source de revenus si l’espèce n’est pas
durable, est d’éradiquer la faim à l’horizon 2030 consommée. On range notamment divers
et garantir la sécurité alimentaire. Ainsi, la rongeurs comestibles (Tryonomys, Cricetomys,
sécurité n’existe que lorsque tous les êtres Xerus, Atherurus, le Cobaye Cavia porcellus et les
humains ont à tout moment la possibilité grenouilles. Parmi les invertébrés, il faut
physique, sociale et économique de se procurer mentionner l’élevage des asticots de mouches, de
une nourriture suffisante, saine et nutritive, leur termites et de vers de compost, les escargots et
permettant de satisfaire leurs besoins et de divers insectes (Hardouin et Thys, 1997). La
préférences alimentaires pour mener une vie promotion du mini-élevage ou élevage des
saine et active (Somment mondial de animaux à cycle court est de ce fait préconisée en
l’alimentation, Rome 1996). Pourtant, au vue de résoudre le problème de carences en
territoire de Kenge et au Kwango en général, la protéines d’origine animale au territoire de
situation nutritionnelle de la population est très Kenge où la situation nutritionnelle est très
précaire, par manque d’une nourriture saine et précaire. Grâce à l’identification des exploitants
nutritive, entrainant une malnutrition chronique, déjà existants et des espèces élevées, l’activité
principalement chez les enfants (UNICEF, pourrait être étendue à une population plus
2021). Le mini-élevage se présente comme une étendue. Il est donc avantageux pour les
solution de rechange aux élevages populations pauvres, car il nécessite peu
conventionnels qui nécessitent des coûts d’espace et n'entre pas directement en
importants des provendes et concentrés et des compétition avec l'homme et son alimentation.
grandes terres d’exploitation. Cette activité est Ses rentrées en argent interviennent en un temps
favorable aux personnes souvent marginalisées, très court.
aux femmes, enfants, handicapés (Umba, 2020).
Tableau 1 : Avantages et inconvénients des mini-élevages
Critères Avantages des mini-élevages Inconvénients des mini-élevages
Écologique Espèces mieux adaptées, utilisation Autochtones uniquement, pas
de ressources alimentaires de faible d’espèces allochtones, fraude et
qualité, réduction de la pression sur contrebande d’animaux à fort
les populations sauvages, potentiel (pression accrue sur les
production de viande de brousse, populations sauvages)
repeuplement de zones
surexploitées
Technique Meilleure connaissance d’espèces Manque de données, peu de
non-conventionnelles, synergies et potentiel compétent et
complémentarités avec d’autres d’encadrement technique, forte
productions animales et/ou situation de stress des animaux
végétales capturés
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Économique Investissement limité, retour rapide, Manque d’information des
petits producteurs, consommateurs, marché (vente) de
autoconsommation et revenus, faible importance, méfiance des
concurrence limitée avec consommateurs, peu de
l’alimentation humaine, prix de développement, concurrence
vente supérieurs aux autres viandes directe avec le gibier chassé,
conventionnelles, production de manque d’organisation des
protéines pour l’alimentation producteurs en vue d’une meilleure
animale commercialisation
Sanitaire Meilleure santé que la faune chassée, Possible apparition de nouvelles
plus de contrôles, résistance aux maladies dues à l’élevage (densité,
pathogènes et aux maladies plus stress).
importantes que les espèces Vecteurs de zoonoses
conventionnelles
Social Moins de dépendance alimentaire, Conditions d’abattage, d’élevage,
plus de revenus, activité de dépeçage, de conservation.
complémentaire des femmes et des Réticence des bailleurs de fonds,
enfants, développement des cadres locaux, de la population
communautaire … (processus assimilation)
Politique Début d’intéressement des autorités Intervention erratique des états,
locales, démarche participative fluctuation dans le temps des aides
(intégration de petites à la production, élevage vivrier ne
communautés) contribue que peu au
développement économique
national
Source : Anonyme (s.d.a) ; Fugler (1985) ; Hardouin (1993) ; Tisdell et al., (1997) cités par Umba et al., (2022)
3 MATERIEL ET METHODES
Cette étude s’est intéressée à la partie Nord de la estimée à 1 862 445 habitants avec une densité
Province du Kwango, particulièrement le de 41 habitants/km². Il a pour chef-lieu la Cité
territoire de Kenge, qui constitue le miroir de de Kenge 2, située sur la rive gauche de la rivière
cette province (Figure 1). Le territoire de Kenge Wamba, à 12 Km de la Ville de Kenge, chef-lieu
est une entité déconcentrée et l’un des cinq de la province. Il compte 1314 villages,
territoires que comprend la province du 70groupements, 4 secteurs, 1 chefferie, et une
Kwango, au terme de la loi de la décentralisation. ville (ISCO, 2012).La Figure 2 illustre bien la
Il est compris dans le 5ème degré de latitude sud subdivision administrative du territoire de
et le 16ème degré longitude est. Il s’étend sur une Kenge.
superficie de 18 662 km2. Sa population est
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Figure 1 : Carte administrative de la Province du Kwango
Source : Zenga, 2012.
Les données ont été collectées par l’enquête et Lonzo et la ville de Kenge. L’enquête
par l’observation. Il s’agissait d’identifier et de proprement dite a été réalisée à base d’un
localiser les élevages, de les catégoriser en questionnaire préétabli, avec quelques entretiens
fonction des caractéristiques socio-économiques individuels ou de groupe. L’observation a permis
des éleveurs et d’analyser la conduite des d’enrichir la collecte de données primaires, pour
élevages. La pré-enquête a identifié15 éleveurs décrire et comprendre les techniques pratiquées
pratiquant le mini-élevage. Par la méthode mais parfois mal connues des éleveurs. Grâce à
d’enquête en boule de neige, l’échantillon a été la prise des notes, des photos et enregistrements
élargi jusqu'à 51 exploitants, répartis entre les audio et vidéo, la compilation et l’analyse des
secteurs de Ding, Pelende-Nord et Bukanga- données a été faciles.
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Figure 2 : Carte administrative du Territoire de Kenge
Source : ISCO, 2012
4 RESULTATS
L’enquête réalisée a permis de d’identifier 51 enquêtés, l’analyse des données présentées par le
exploitants pratiquant le mini-élevage, parmi graphique 1 indique que le mini-élevage est plus
lesquels 69% sont des hommes, comme l’illustre pratiquée par la tranche d’âge comprise entre 26
le Tableau 2.Ils sont en général instruits, et 45 ans, avec 39% des enquêtés, puis celle de
avec14% d’universitaires, 28% disposant d’un 56 à 75 ans, avec 29% des enquêtés.
niveau secondaire. Quant à l’âge des
Tableau 2 : Répartition des enquêtes selon le sexe et le niveau d’étude
Niveau d’Étude Primaire Secondaire Universitaire SNE * TOTAL Pourcentage
HOMME 5 19 11 35 69 %
FEMME 2 8 2 2 16 31 %
TOTAL 7 28 14 2 51 100 %
* Sans Niveau d’Étude
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Graphique 1 : Répartition des enquêtés selon leur âge
À propos de la profession des éleveurs, comme comptent 35 % des enquêtés. En fonction de la
l’illustre le graphique 2, les fonctionnaires confession religieuse des enquêtés, le majorité
occupent le plus grand nombre d’éleveurs, soit d’entr’eux est catholique, avec 29 éleveurs, soit
45 % des enquêtés, suivis des paysans, qui 57 % de l’effectif global.
Graphique 2 : Répartition des enquêtés selon leur activité principale
Les espèces de mini-élevage exploitées au Rynchonphorus 5 % et l’apiculture 2 %.
territoire de Kenge comprennent les pintades, L’exploitation des autres espèces des mini-
les lapins, les cobayes, l’apiculture et l’élevage de élevages est moins connue de la majorité des
ver blanc du palmier (Rynconphorus enquêtés qui considèrent que ce sont des espèces
phoenicis). Comme le montre le tableau 3, la sauvages. C’est le cas de l’aulacode, du
pintade occupe 42 %, soit 23 exploitants cricétome, des grillons, et d’autres insectes qui
recensés, suivie du cobaye avec 17 exploitants, sont habituellement chassés dans le milieu
soit 31 %. Le lapin occupe 20 %, le naturel.
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Photo 1 : Piège à aulacodes Photo 2 : Chasseur de cricétomes Photo 3 : Grillons
Tableau 3 : Répartition des espèces exploitées selon les secteurs
SECTEURS ESPECES ELEVEES TOTAL
Lapins cobayes Pintades Apiculture Rhyconphorus
Bukanga-Lonzo 3 2 1 0 0 6
Dinga - - 3 1 0 4
Kenge-Ville 4 3 7 0 3 17
Pelende-Nord 4 12 12 0 0 28
Total 11 17 23 1 3 55
Comme l’illustre le Tableau 3, la taille du cheptelne dépasse en général pas 10 animaux par exploitation.
Tableau 4 : Effectif des animaux par cheptel
Espèces Minimum Moyenne Maximum
Lapins 2 9 32
Cobayes 3 11 25
Pintades 2 6 12
Rynchonphorus * 1 2 3
Apiculture * 1 2 3
À propos du système d’élevage pratiqué, la majorité des enquêtés, soit 89 %, pratiquent le système
extensif de type traditionnel, où les animaux vivent en liberté ou en divagation. Quelques exploitants
pratiquent le système traditionnel amélioré avec des animaux gardés en cage commune et nourris avec
le fourrage vert.
Photo 4 : Cobayes en cage Photo 5 : Pintades en plein Photo 6 : Lapin en cage
commune air
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Le produit de l’élevage est, à 96 %, destiné pathologies comprennent les maladies
principalement à l’autoconsommation. 4 % des infectieuses et les parasitaires. Parmi les
enquêtés utilisent leur production pour la vente accidents, on évoque particulièrement le
en vue d’assurer un peu de revenu au ménage. piétinement, car les animaux vivent
Les principales causes de mortalité des animaux généralement dans l’habitation où par
relevées par les exploitants sont les pathologies, inadvertance ils peuvent être écrasés.
les accidents, la prédation (chiens, voleurs). Les
Graphique 4 : Causes de mortalité des animaux
5 DISCUSSION
Cette étude porte sur la pratique du mini-élevage produit du mini-élevage est principalement
au territoire de Kenge, en identifiant les destiné à la consommation familiale. Il permet de
exploitants qui exercent cette activité et les fournir de la viande et des protéines animales aux
espèces élevées. Les espèces exploitées sont le ménages à faible revenu. Ce résultat est contraire
lapin, le cobaye, la pintade, le Rynchonphorus et à celui obtenu par Ihatakana (2017) dans l’étude
l’apiculture. Le mini-élevage est connu et des gros et petit élevages qui, indique que ces
pratiqué au territoire de Kenge. Mais l’activité élevages sont destinés essentiellement à la vente
occupe une place. Ceci corrobore l’étude qu’à la consommation. En fonction de la
menée par Kapakala Kibaka (2013) qui affirme, confession religieuse, les répondants à cette
au sujet de l’élevage des cobayes dans la cité étude sont majoritairement catholiques, suite à
rurale de Vanga, que le mini-élevage est une l’impact des paroisses et des communautés
activité familiale secondaire pratiquée par des religieuses sur le développement des villages.
personnes exerçant d’autres activités comme Ceci est appuyé par les résultats de Ibanda (2020)
métier principal. Le système d’élevage pratiqué qui démontre la contribution importante des
par ces exploitants est un système traditionnel où missionnaires dans l’introduction du bovin vers
les animaux vivent dans la case ou en divagation. 1930 dans la province du Kwango. Comme
En 2017, Ihatakanaa avait obtenu des résultats l’affirment Hardouin et Thys, le développement
similaires au sujet de l’élevage de gros et petit du mini-élevage doit être considéré comme une
bétail au territoire de Kenge. Il affirme en effet possibilité parmi tant d’autres dans le
que les éleveurs pratiquent le système extensif du développement durable intégré. (Hardouin et
type divagation où les animaux se débrouillent Thys, 1997). Pour promouvoir le mini-élevage au
pour se nourrir, sans un contrôle rigoureux. Le territoire de Kenge et le faire adopter par
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plusieurs exploitants, il est suggéré ainsi une des éleveurs, Recheptellisation : production et
stratégie d’intervention basée sur 4 axes diffusion de géniteurs, Santé animale,
principaux préconisée et vulgarisée par Commercialisation : organisation des éleveurs
LUVUPEL (2006) : Renforcement des capacités (figure 3).
Production du petit élevage familial
Axe
« Renforcement des Axe Axe Axe
capacités des « Santé « recheptellis « commercial
éleveurs » animale » ation » isation »
Règle de Amélioratio Mesure Mise en place Production
conduite des n génétique d’hygiène et d’un circuit de et diffusion Information
élevages de santé animale de géniteurs des éleveurs
(alimentation, prophylaxie
de proximité
abreuvement, sanitaire
logement)
Connaissances Organisation
des agents des éleveurs
pathogènes
(nature des
mécanismes
de leurs
actions et
aussi des
conditions
d’entretien
optimales des
animaux
sains)
Figure 3 : Schéma résumant les 4 axes d’une bonne mise en pratique du mini-élevage
Source : LUVUPEL (2006).
6 CONCLUSION
Dans le Territoire de Kenge comme dans toute rendements faibles et des contraintes liées à la
la province du Kwango, l’agriculture constitue fertilité des sols (Ibanda, 2020).
l’activité principale de la population. Mais c’est Le mini-élevage y est pratiqué mais il occupe une
une agriculture de subsistance dont la valeur place faible dans les activités de la population. Il
économique est très faible en raison des joue pourtant un rôle important dans
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l’autoconsommation des ménages. Il constitue d’existence et d’alimentation. En adoptant le
ainsi une activité économiquement et modèle proposé par LUVUPEL, les 4 axes
écologiquement rentable dont la vulgarisation au permettront de renforcer les compétences des
Territoire de Kenge peut constituer une exploitants, en leur fournissant des
alternative efficace et pertinente, pour combattre reproducteurs de bonne qualité et en leur
la malnutrition et contribuer au développement garantissant un accompagnement
durable. Sa pratique et sa vulgarisation au Nord sanitaire adéquat. L’activité pourra ainsi fournir
Kwango peuvent améliorer la situation de la viande suffisante pour la consommation
nutritionnelle et socio-économique de la familiale et pour la commercialisation en vue de
population, par la diversification des moyens l’augmentation des revenus des ménages.
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