En 1914, l’Europe est sous tension en raison de rivalités politiques, coloniales, économiques
et territoriales. L e s p u i s s a n c e s e u ro p é e n n e s constituent des alliances militaires :
- la Triple Entente (France, RU, Russie)
- la Triple Alliance (Allemagne, Autriche
Hongrie, Italie).
L’assassinat de l’héritier de l’Empire austro-hongrois provoque le début de
la Première Guerre mondiale le 3 août 1914. Elle apparaît bientôt comme
une guerre nouvelle, une guerre totale. Comment et pourquoi la Première
Guerre mondiale bouleverse-t-elle les sociétés européennes entre 1914 et
1918 ?
L'attaque allemande par la Belgique surprend les Français. L’ a n n é e 1 9
1 4 p r i v i l é g i e l e s offensives : c’est la guerre de mouvement. Après
l’échec du plan allemand, chaque belligérant essaye de déborder l’autre
pour le prendre à revers : c’est la course à la mer. Aucun des camps
n’arrive à prendre l’avantage et le front se stabilise fin 1914. A l’Est, les
offensives russes échouent elles aussi, et là aussi se constitue un front. De
fin 1914 au début de 1918, c’est la guerre de position. Les soldats se
protègent tant bien que mal en creusant des tranchées. Régulièrement,
chaque camp tente une percée pour briser le front (ex : la bataille de
Verdun de février à septembre 1916). Les offensives sont inefficaces et
très meurtrières.
En 1915, de nouveaux fronts s’ouvrent (Balkans, Moyen – Orient, colonies
allemandes d’Afrique et du Pacifique). L’Italie, en désaccord avec
l’Autriche et moyennant la promesse de territoires, rejoint l’Entente.
L’Empire ottoman rejoint les Empires centraux.
1917 est une année importante avec : - l'entrée en guerre des EU aux
côtés de l'Entente, lui apportant un avantage en matériel et en hommes ; -
les empires centraux bénéficient de la
défection des Russes après les révolutions de 1917.
A partir de 1918, les Empires centraux subissent les offensives de
l’Entente.
L’aide des EU, l’asphyxie économique de l’Allemagne et l’utilisation des
chars donnent l’avantage à l’Entente, qui lance des offensives après l’été
1918, et l’échec des dernières
offensives allemandes. Le 11 novembre 1918 la France et l’Allemagne
signent l’arrêt des
combats (l’armistice).
Près de 70 millions de soldats sont mobilisés. Les colonies sont mises à
contribution par la France et le RU.
Avec la mobilisation, les femmes remplacent massivement les hommes
dans les usines et les champs. On fait aussi appel à la main d’œuvre
étrangère et coloniale.
La durée de la guerre impose de lourdes charges financières. Les impôts
sont augmentés et on fait a p p e l a u x emprunts nationaux.
On assiste à la conversion des industries de paix en industries de guerre
(ex : Renault), qui deviennent prioritaires pour assurer
l’approvisionnement en matériel lors de qui a été la première guerre
”industrielle”.
C’est la première guerre industrielle. Savants et techniciens sont mis à
contribution pour développer de nouvelles armes (char d’assaut, avions,
gaz de combat, grenade à main, lance– flamme), mais aussi soigner les
blessés (ex : la radiographie développée par Marie Curie).
Par peur des espions et pour rassurer l’opinion publique, la censure m i l i t
a i r e c o n t r ô l e l a correspondance des soldats, les journaux.
Les belligérants usent de l’arme idéologique : la propagande. La presse
propage des mensonges et de la désinformation. C'est « le bourrage de
crâne ».
C'est une guerre très meurtrière. A chaque assaut, un homme sur trois est
tué. Blessés et mutilés sont nombreux à cause de l’utilisation d’armes
terribles : obus, gaz, grenades,
lance - flamme.
La vie du « poilu » est un enfer. Il souffre du froid, de la faim, de la soif, de
la vermine et des rats. Dès qu’il pleut, la boue rend les tranchées
impraticables.
La guerre provoque une « brutalisation » des rapports humains. Seul le
sentiment du devoir, le bourrage de crâne et la camaraderie ont permis
aux s o l d a t s d e t e n i r a u s s i longtemps dans des conditions
atroces.
En 1917, des mutineries (refus de combattre et d'obéir aux officiers)
éclatent après des offensives meurtrières et inefficaces, notamment dans
les armées françaises et russes. Elles sont durement réprimées, mais cela
oblige les chefs militaires à abandonner les attaques massives et
sanglantes.
Le risque de mort crée une incompréhension entre les soldats et « l’arrière
», qui a une image faussée du front. A « l’arrière » la vie est difficile du fait
des p r o b l è m e s d e ravitaillement et du m a n q u e de m a i n
d’œuvre masculine.
La guerre de 1914 – 1918 fut très meurtrière : 10 millions de morts,
principalement des soldats. Il faut y ajouter près de 1 million de victimes
de la grippe espagnole et les victimes du génocide mené par l’Empire
ottoman contre les Arméniens (entre 1,5 et 2 millions de morts en 1915).
La mort d’un aussi grand nombre d’hommes provoque : - en démographie,
un déficit des naissances ou « classes creuses » : ce sont les enfants qui
auraient du naître, et qui ne sont pas nés, entre 1914 et 1918
Les séquelles de la guerre sont très importantes : il y a les mutilés (les
«Gueules Cassées») et les invalides, les veuves, les orphelins, ...
Le traumatisme va alimenter dans la population européenne, à la fois un
pacifisme fort (« la Der des Der »), et une glorification de la violence
comme moyen d’action dans certaines couches de la population. Les
zones de guerre ont é t é c o m p l è t e m e n t détruites, surtout en
Belgique et dans le Nord de la France.
La guerre a coûté très cher. Les belligérants sont très endettés vis-à-vis
des États-Unis (désormais la p r e m i è r e p u i s s a n c e é c o n o m i q
u e e t financière).
La guerre a bouleversé la carte de l’Europe : - Les 4 empires (allemand,
austro-hongrois, russe et ottoman) ont disparu : - avec le démantèlement
des anciens empires, de nouveaux États sont nés : ex :la Pologne, la
Tchécoslovaquie ; - des frontières changent ; ex : la France récupère
l’Alsace Lorraine.
Inspiré des 14 points du président des États-Unis Wilson, le traité de
Versailles (traité de paix avec l’Allemagne) impose à l’Allemagne la
responsabilité de la guerre, de lourdes réparations, des limitations à sa
puissance militaire, la perte d'un quart de son territoire et de 10% de sa
population.
Les pays vaincus sont très mécontents des traités de paix. Pour les
Allemands, c’est un ”diktat”, dont les conditions très dures vont nourrir un
fort ressentiment dans l’opinion allemande.
Sous l’impulsion du président des États-Unis, W. Wilson, est créée une
Société des Nations (SDN) sensée régler les conflits internationaux. Mais
cette organisation se révèle vite inefficace du fait de la non adhésion des
États-Unis, de l’absence de l’URSS et des pays vaincus, et le fait qu’elle
n’ait aucun moyen de contrainte autre que diplomatique
(pas de forces militaires).
Certains pays vainqueurs sont aussi mécontents : ex : l’Italie estime ne
pas avoir reçu les territoires promis par la France et le RU (une partie de la
nouvelle Yougoslavie, l’Albanie).
Les tensions nationalistes et / ou territoriales vont perdurer dans les
années 1920/1930, semant les germes de la Seconde Guerre mondiale.