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BURKINA FASO

Unité- Progrès - Justice


MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE ET SUPERIEUR
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN SCIENCES DE LA SANTE (UFR/SDS)
SECTION MEDECINE

Année universitaire 2011-2012 thèse n° 130

CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DE LA


CONTRACEPTION EN MILIEU ESTUDIANTIN DES UNIVERSITES
PUBLIQUES DE LA VILLE DE OUAGADOUGOU (BURKINA FASO)

THESE
Présentée et soutenue publiquement le 23 juillet 2012 pour
l’obtention du grade de Docteur en Médecine (Diplôme d’Etat) par

Loceni BANHORO né le 23 Février 1983 à Bouna/Yé (Nayala)

Directeur de thèse : Président de jury :


Pr Blandine BONANE/THIEBA Pr Jean LANKOANDE

Co Directeur : Membres de jury :


Dr Ali OUEDRAOGO Pr Blandine BONANE/THIEBA
Dr Boubakar TOURE
Dr Amédée Prosper DJIGUEMDE
DEDICACES

vii
A ALLAH, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Puisse le Tout-Puissant guider notre vie.

A mon père

Tu as été la personne, la première qui m’a soutenu et encouragé à embrasser ces


longues études

Ta simplicité, ton humilité, ton sens de l’écoute et du partage, sont de grandes valeurs
humaines qui ont fait de toi un homme de référence dans ta communauté.

Que le Tout Puissant t’accorde longue vie afin que tu puisses bénéficier pleinement
des fruits de ce travail.

A ma mère

Mère exemplaire pour mes frères et moi-même ; tu as su donner l’éducation qu’il nous
faut pour affronter les épreuves de la vie. Tu nous as comblés de ton amour maternel
et tu répondais présente à chacune de nos sollicitations.

Puisse le Tout Puissant t’accorder longue vie afin de profiter des fruits de ce labeur

Papa, maman ceci est le résultat de votre patience et à travers ce travail puissiez-vous
être fiers de votre fils.

A Sénata ma sœur jumelle

D’un soutien inestimable, tu m’as été tout au long de mon cursus malgré la distance
qui nous séparait. Puisse ce travail soit l’occasion de grandes retrouvailles et
renforcer nos liens de fraternité. Que tes vœux les plus chers soient réalité et que Dieu
te comble au delà de toute espérance.

A ma bien-aimée Aurélie. Que notre amour grandisse davantage et que le Tout-


Puissant nous comble de bonheur.

A mes frères et soeurs : Oumar, Ali, Drissa, Ladji, Moussa, Fataw, Ousmane,
Janso, Maimouna, zèha et Mariam. Ce travail est aussi le vôtre.

viii
A KY Passano à Toma et à toute sa famille,

Vous m’avez accueilli chez vous comme votre fils. Je n’aurais été ce que je suis sans
votre soutien inconditionnel. En témoignage de ma reconnaissance, je vous dédie ce
travail.

A KY Assita affectueusement appelée « tantie »

Tu as guidé mes premiers pas dans la cité de Ouagadougou. Tes encouragements et


tes conseils m’ont été d’un apport inestimable.

Puisse le Seigneur te donner une santé de fer et t’accorder longue vie pour que
d’autres, tout comme moi bénéficient de ton humanisme.

A mes amis Arnaud et Aboubakar

Je vous suis reconnaissant et vous dédie cette thèse.

A mes voisins du secteur 24 : Koita, Barro et sa famille, Amed et sa famille, Shou et


sa famille, Daniel

Merci pour votre soutien

A mes coéquipiers de garde : Bancé, Yank, Bartho, Caro, Chabi

A tous mes amis et camarades : Moussa, Mathias, Dr Dabayé, Vincent Zef, John,
Sylvain, Aida, Bakouan, Bantenga,

A tous les internes de la promotion Blandine THIEBA : restons solidaires !

Au personnel des services où j’ai effectué mes stages.

A tous les étudiants ayant participé à cette étude :

La vie n’est merveilleuse que lorsqu’on est en bonne santé, nous nous devons de la
préserver. Je vous dédie cet ouvrage en témoignage de ma reconnaissance.

ix
REMERCIEMENTS

x
Nous exprimons nos sincères remerciements et nôtre gratitude à tous ceux qui
ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce travail. Nos remerciements
vont à l’endroit de :

Pr Blandine THIEBA/BONANE

Notre Maitre et Directeur de thèse

Nonobstant vos multiples occupations, vous avez su trouver le temps pour nous
diriger dans la réalisation de cet ouvrage. Merci pour votre dévouement et votre
grand esprit critique sans lesquels cette étude n’aurait pu se faire. Si ce travail a
un quelconque mérite, c’est à vous que nous le devons. Recevez nos sincères
remerciements.

Dr Ali OUEDRAOGO

Notre Maitre et Co-directeur de thèse

Vous avez su trouver le temps de nous guider pas à pas dans ce travail malgré
vos multiples occupations surtout en cette année. Merci pour votre dévouement
et votre esprit critique tout au long de ce travail. A vos cotés nous avons
beaucoup appris. Recevez à travers ces lignes notre profonde gratitude et notre
reconnaissance.

Mes enseignants de l’Ecole Primaire Publique de Bouna, du Lycée Provincial du


Nayala et de l’UFR/SDS.

Nous vous remercions pour le savoir que vous nous avez transmis.

Présidents des universités de Ouagadougou et de Ouaga II

Merci d’avoir accepté la réalisation de cette enquête au sein de vos


établissements.

xi
Personnel de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant en particulier à
M. SARI.

Personnel du CENOU particulièrement à Mme YAMEOGO responsable du


centre d’écoute pour jeunes.

Tantie KY Assita pour les corrections apportées à ce document

Aboubakar TOE et Barthélémy PARE (fiston) au MEF

Étudiants et jeunes frères Salam, Seydou, Sanguisso, Minahoro qui m’ont aidé
au cours de la collecte des données.

Délégués des différentes promotions retenues pour l’enquête.

Tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à la réalisation de ce
document.

xii
A NOS MAITRES ET JUGES

xiii
A notre Maître et Président du jury, le Pr Jean LANKOANDE,

Professeur titulaire en gynécologie-obstétrique à l’UFR/SDS de l’université de


Ouagadougou

Chef de service de gynécologie-obstétrique du CHU-YO

Coordonnateur du DES de gynécologie-obstétrique

Chef du département de gynécologie- obstétrique à l’UFR/SDS de l’université de


Ouagadougou

Officier de l’ordre national.

Cher maître,

Nous vous sommes très reconnaissant d’avoir accepté et ce malgré vos


innombrables tâches, de présider ce jury de thèse. Cela nous touche énormément
et humblement nous vous disons merci.

Nous avons eu l’immense honneur de bénéficier de vos enseignements


théoriques et pratiques au cours de notre formation. Vous nous avez toujours
impressionné par la clarté et l’aisance avec laquelle vous savez transmettre
votre savoir. Votre grande simplicité et votre modestie font de vous un homme
admiré et respecté de tous.

Présider ce jury de thèse est un grand privilège que vous nous faites et nous vous
en sommes reconnaissant.

Trouvez ici, cher maître, notre profond respect et toute notre gratitude.

Que Dieu vous comble de ses bénédictions au-delà de vos attentes.

xiv
A nôtre maître et directrice de thèse,

Le professeur Blandine BONANE/THIEBA

Professeur titulaire en gynécologie obstétrique à l'UFR/SDS

Gynécologue obstétricienne au CHUYO

Directrice exécutive de la SOGOB

Coordinatrice nationale de l'Alliance du Ruban Blanc (ARB)

Chevalier de l'ordre national.

Chère maître,
C'est pour nous un grand honneur de vous avoir comme directrice de thèse.
Merci d'avoir accepté de diriger ce travail malgré vos multiples occupations.
Nous avons eu le privilège de bénéficier de vos enseignements théoriques et de
votre encadrement lors de nos stages pratiques dans le service de gynécologie-
obstétrique du CHUYO. Votre abord facile, votre disponibilité, votre humilité,
votre abnégation au travail ; associées à vos qualités de mère et de formatrice
nous ont beaucoup séduit lors de notre passage dans le service.
Chère maître, c'est l'opportunité pour nous de vous rendre un hommage mérité et
de vous signifier notre profonde gratitude.
Que le seigneur vous bénisse.

xv
A notre maître et juge

Le Dr. Boubakar TOURÉ

Maître-assistant en gynécologie obstétrique à l’UFR/SDS de l’Université de


Ouagadougou

Ancien interne des hôpitaux d’Abidjan

Médecin Réanimateur

Gynécologue obstétricien au service de Gynécologie-Obstétrique du CHU-YO

Cher Maître,

Permettez-nous de vous témoigner toute notre gratitude pour avoir accepté de


siéger pour juger ce travail en dépit de vos multiples sollicitations. Vos qualités
humaines et votre rigueur scientifique vous font apprécier de tous. Nous avons
eu l’immense chance de bénéficier de votre enseignement théorique en
quatrième année de médecine et de votre encadrement pratique à la maternité du
CHUYO. Nous sommes sensibles à l’insigne honneur que vous nous faites à
travers votre présence dans ce jury de thèse. Vos apports combien riches sont
indispensables pour l’amélioration de ce travail. Trouvez ici cher maître,
l’expression de notre profond respect. Que Allah, le miséricordieux vous comble
de ses bénédictions.

xvi
A notre maître et co-directeur de thèse

Le Dr. Ali OUEDRAOGO

Maître-assistant en gynécologie-obstétrique à l’UFR/SDS de l’Université de


Ouagadougou

Ancien interne des hôpitaux de Ouagadougou

Gynécologue-obstétricien au service de Gynécologie-Obstétrique au CHU-YO.

Cher Maitre,

Nous sommes très heureux de l’honneur que vous nous avez fait en nous
confiant ce travail et en acceptant de nous guider dans sa réalisation et ce,
malgré vos multiples occupations surtout en cette année.

Nous avons été impressionnés par votre simplicité, votre sympathie et votre
ardeur au travail. Vous êtes toujours resté ouvert à nos multiples sollicitations
Vos compétences techniques et scientifiques, ainsi que votre rigueur dans le
travail forcent l’admiration.

Veuillez trouver dans ce travail, l’expression de notre estime et de notre


profonde gratitude.

Qu’Allah le Tout Puissant exauce tous vos vœux.

xvii
A notre maitre et juge,
Le Dr Amédée Prosper Djiguemdé
Médecin de Santé Publique
Directeur Général de la Santé de la Famille
Officier de l’ordre national

Cher maitre,

Sans hésitation vous a avez accepté de siéger pour juger ce travail malgré vos
multiples sollicitations. Nous sommes honorés par votre participation à ce jury.

Trouvez ici l’expression de notre profonde gratitude. Que le tout Puissant vous
bénisse ainsi que votre famille.

xviii
LISTE DES ABREVIATIONS ET
SIGLES ; TABLEAUX, FIGURES

xix
ABREVIATIONS ET SIGLES

%: Pourcentage
µg : Microgrammes
2iE : Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de
l’Environnement
ABBEF : Association Burkinabè pour le Bien Etre Familial
BEPC : Brevet d’Etude du Premier Cycle
BF : Burkina Faso
CCV : Contraception Chirurgicale Volontaire
CENOU : Centre National des Œuvres Universitaires
CEP : Certificat d’Etude Primaire
CIP : Contraceptifs Injectables Progestatifs
CIPD : Conférence Internationale sur la Population et le
Développement
COC : Contraceptifs Oraux Combinés
DIU : Dispositif Intra Utérin
DMPA : Dépo-medroxyprogestérone
EDS : Enquête Démographique et de Santé
EE : Ethinylestradiol
EP : Oestro-Progestatifs
EPSCT : Etablissement Public à Caractère Scientifique, Culturel et
Technique
GEU : Grossesse Extra Utérine
IBAM : Institut Burkinabè des Arts et Métiers
IEC : Information Education Communication
IMC : Indice de Masse Corporelle
IST : Infection Sexuellement Transmissible

xx
ITG : Infection du Tractus Génital
LH : Hormone Lutéinisante
LNG : Lévonorgestrel
MAMA : Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée
MAO : Méthode d’Auto- Observation
MJF : Méthodes des Jours Fixes
MST : Maladie Sexuellement Transmissible
MUNASEB : Mutuelle Nationale des Etudiants du Burkina
NET-EN : Noréthistérone
n: Effectif
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
PF : Planification Familiale
PFN : Planification Familiale Naturelle
PMI : Protection Maternelle et Infantile
PNP : Politique Nationale de la Population
PROMACO : Programme de Marketing Social et de Communication pour
la Santé
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SIDA : Syndrome de l’Immuno-Déficience Acquise
SMI : Santé Maternelle et Infantile
SR : Santé de la Reproduction
TBC : Température Basale du Corps
UFR /SDS : Unité de Formation et de Recherche en Sciences de la Santé
UFR/LAC : Unité de Formation et de Recherche en Lettres Arts et
Communication
UFR/SEA : Unité de Formation et de Recherche en Sciences Exactes et
Appliquées

xxi
UFR/SEG : Unité de Formation et Recherche en Sciences Economiques
et de Gestion
UFR/SH : Unité de Formation et de Recherche en Sciences Humaines

UFR/SJP : Unité de Formation et de Recherche en Sciences Juridiques


et Politiques
UFR/SVT : Unité de Formation et de Recherche en Sciences de la Vie et
de la Terre
UK : Université de Koudougou
UO : Université de Ouagadougou
UO2 : Université de Ouaga II
UPB : Université Polytechnique de Bobo
VHB : Virus de l’Hépatite B
VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine

xxii
TABLEAUX

Tableau I: Les contraceptifs utilisés en contraception d’urgence et

leur posologie ………………………………………………...22

Tableau II: Les avantages, inconvénients, et les effets secondaires


des différentes méthodes de barrière………………………...26
Tableau III: Répartition des étudiants par tranche d’âge……..…....……....50
Tableau IV : Répartition des étudiants selon la religion………….………. .52
Tableau V: Répartition des étudiants selon l’ethnie…………………...…53
Tableau VI: Répartition des étudiants selon leur domicile………..………55

Tableau VII: Distribution des étudiants selon le moyen de déplacement….56

Tableau VIII: Répartition des étudiants selon leur connaissance

des méthodes contraceptives………………………………....57

Tableau IX: Distribution des méthodes contraceptives citées par

les étudiants selon le cycle d’étude universitaire .………….58

Tableau X: Répartition des étudiants selon la connaissance des

avantages des méthodes contraceptives……………….……...60

Tableau XI: Répartition des étudiants selon la connaissance des

inconvénients des méthodes contraceptives………...……….61

Tableau XII: Répartition des étudiants selon le lieu d’accès

aux méthodes contraceptives ………………………..………62

Tableau XIII: Distribution des étudiants selon les méthodes


contraceptives qui protègent contre le VIH/SIDA……..……..63
xxiii
Tableau XIV: Taux d’utilisation des méthodes contraceptives
en fonction du sexe des étudiants …………….…………….64

Tableau XV: Comparaison des méthodes déjà utilisées et

des méthodes actuellement utilisées………………………...65

Tableau XVI: Distribution des étudiants selon la méthode

utilisée et selon le sexe……………………………………...66

Tableau XVII: Répartition des étudiants selon les raisons de la


non utilisation des méthodes contraceptive……..……...…….67

Tableau XVIII: Utilisation des méthodes contraceptives

et le recours à un agent de santé…………………………….68

Tableau XIX: Distribution des étudiants selon les raisons

du premier rapport sexuel………………………………….73

Tableau XX : Suggestions faites pour faciliter l’accès


aux méthodes contraceptives……………………………….75

xxiv
FIGURES

Figure 1: Distribution des étudiants selon la situation matrimoniale……..….54

Figure 2: Répartition des étudiants selon leur connaissance

des méthodes contraceptives et selon le sexe……………………….59

Figure 3: Répartition des étudiants selon la tranche d’âge au

premier rapport sexuel……………………………………………...69

xxv
TABLE DES MATIERES
1. Introduction et énoncé du problème………………………………………..5
2. Généralités…………………………………………………………………....8
2.1. Définitions…………………………………………………………...…...9
2.1.1. Planification familiale ………………………………….………….…9
2.1.2. Contraception………………………………………………………..10
2.2. Physiologie ……………………………………………………………...12
2.2.1. Cycle menstruel………………………………………………….......12
2.2.2. Fécondation ……………………………………………………........12
2.3. Méthodes contraceptives ………………………………………………13
2.3.1. Contraceptifs hormonaux………...………………………………......15
2.3.2. Méthodes locales……………………………………………………..22
2.3.3. Méthodes chirurgicales………………………………………………29
2.3.4. Contraception naturelle……………………………………………...32
2.3.5. Méthodes traditionnelles…………………………………………….37
2.4. Prévalence contraceptive………………………………………………38
3. Objectifs …………………………………………………………………….40
3.1. Objectif général………………………………………………………...41
3.2. Objectifs spécifiques……………………………………………………41
4. Matériels et méthodes…………..…………………………………………..42
4.1. Cadre d’étude…………………………………………………………...43
4.1.1.Ville de Ouagadougou…….………………………………………….43
4.1.2. Structuration de l’enseignement au Burkina Faso……………….…..43
4.1.3. Universités publiques de la ville de Ouagadougou…………...……..44
4.2. Type et période d’étude………………………….……………………..45
4.3. Population d’étude……………………………………………………...45
4.3.1. Taille de l’échantillon……………………………………….............45
4.3.2. Méthode…………………………….……………………………….46
4.3.3. Base de sondage…………………………………………………….46

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 2


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
4.3.4. Critères d’inclusion…………………………………………………47
4.3.5. Critères de non inclusion……………………………………………47
4.4. Collecte des données……………………………………………………47
4.5. Analyse des données……………………………………………………48
4.6. Considérations éthiques………………………………………………..48
5. Résultats ……………………………………………………………………49
5.1. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés…………….….50
5.1.1. Age…………………………………………………………………..50
5.1.2. Sexe…………………………………………………………….……51
5.1.3. Parité…………………………………………………..…………......51
5.1.4. Religion……………………………………………………………...51
5.1.5. Nationalité…………………………………………………………...52
5.1.6. Ethnie………………………………………………………………...52
5.1.7. Situation matrimoniale………………………………………………54
5.1.8. Lieu d’habitation…………………………………………………….54
5.1.9. Moyen de déplacement………………………………………………55
5.1.10. Source de revenu…………………………………………………...56
5.2. Connaissances et attitudes en matière de contraception………….….57
5.2.1. Connaissances des méthodes contraceptives………………….……..57
5.2.2. Connaissances des avantages et des inconvénients des
méthodes contraceptives…………………………………………….60
5.2.3. Connaissance de la contraception d’urgence………………………...62
5.2.4. Attitudes des étudiants face à la contraception……………...............62
5.2.5. Lieu d’accès aux méthodes contraceptives…………………………..62
5.2.6. Méthodes contraceptives et VIH/SIDA……………………………...63
5.3. Utilisation des méthodes contraceptives………………………………64
5.3.1. Taux d’utilisation des méthodes contraceptives………...…………...64
5.3.2. Différentes méthodes utilisées par les étudiants…………..…………65

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 3


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
5.3.3. Cas de la contraception d’urgence………………………………....66
5.3.4. Raisons de la non utilisation des méthodes contraceptives……….67
5.3.5. Recours à un agent de santé pour la prescription
des méthodes contraceptives………………...….…………………. 67
5.4. Comportement sexuel des étudiants…………...……………………..68
5.4.1. Age au premier rapport sexuel………………….…..………………69
5.4.2. Déterminants du premier rapport sexuel…………..…….………….69
5.4.3. Age au mariage……………………………………..….……………70
5.5. Contraception et centre d’écoute pour jeunes………..……………...71
5.6. Obstacles à la pratique de la contraception……………...…………..71
5.7. Suggestions des étudiants…………………………………...……..…..71
6. Discussion ………….………………………………………….…..…….….73
6.1. Limites et contraintes de l’étude……………………..……....…….....74
6.2. Connaissances en matière de contraception ….……………………..74
6.3. Taux d’utilisation des méthodes contraceptives……………….……76
6.4. Age et déterminants du premier rapport sexuel……………...….......78
6.5. Obstacles à la pratique de la contraception…………………...……..79
7. CONCLUSION…….………..…………………………………………..….82
8. SUGGESTIONS……….…...………………………………………………84
9. REFERENCES ……….………...…….……………………………………87
ANNEXES………………………………………….…………………..XXVi

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 4


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
1. INTRODUCTION ET ENONCE DU
PROBLEME
La planification familiale, concept qui vise la prise de conscience de
l’avenir par les familles a pour objectif d’espacer et de limiter les naissances par
l’usage de méthodes contraceptives. Ainsi avoir un enfant devient un choix et
non un hasard.
Depuis le 24 octobre 1986, le Burkina Faso a adopté la politique de
promotion de la planification familiale pour permettre aux couples et
particulièrement aux femmes de maîtriser non seulement leur fécondité, mais
aussi la taille de leurs familles. En juin 1991, la Politique Nationale de la
Population (PNP) fut adoptée puis relue en 2000 prenant en compte la santé de
la reproduction des jeunes.
Devant la nécessité de promouvoir la santé reproductive et partant la santé
maternelle et infantile ; plusieurs rencontres inter-états se sont tenues avec au
centre des préoccupations la promotion de la santé de la femme et de l’enfant.
Dans ce cadre, 189 pays parmi lesquels le Burkina Faso, ont souscrit à la
déclaration du millénaire des nations unies en 2000 qui a fixé huit Objectifs du
Millénaire pour le Développement (OMD) dont certains sont relatifs à la santé
maternelle et infantile.
Aussi, le Ministère de la Santé du Burkina Faso a-t-il élaboré et mis en œuvre
de nombreux projets, programmes et stratégies en faveur de la santé de la
reproduction. Il y a notamment:
- le programme national de santé maternelle (1994-1998) ;
- les stratégies d’intervention en IEC/MST/VIH/SIDA, planification
familiale, éducation à la vie familiale (novembre 1996) ;
- la stratégie nationale de maternité sans risque (1998-2000), en vue de
réduire l’indice de fécondité, le taux brut de mortalité, le taux de
mortalité maternelle et infantile.
- le plan national de développement sanitaire 2001-2010 qui visait à
l’horizon 2010 un taux de prévalence contraceptive de 27%.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 6


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
Nonobstant tous ces efforts, la prévalence contraceptive reste faible, 16%
chez les femmes selon l’enquête démographique et de santé (EDS 2010) et
32,9% chez les hommes (EDS 2003). Cette même enquête de 2003 note un
besoin élevé de planification familiale. Environ 58,4% des femmes en âge de
procréer veulent espacer ou limiter les naissances mais n’utilisent pas encore
une méthode contraceptive. En 2008 une étude a montré que parmi les
étudiantes sexuellement actives, 17,6% ont déjà contracté une grossesse et 7,6%
ont déjà pratiqué un avortement [44].
C’est pourquoi à travers notre étude, nous nous proposons d’étudier les
connaissances, les attitudes et les pratiques de la contraception en milieu
estudiantin afin de faire des recommandations pour rendre les méthodes
contraceptives plus accessibles et disponibles à cette population.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 7


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
2. GENERALITES
2.1. Définitions
2.1.1. Planification familiale
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la planification
familiale comme étant : « une manière de vivre que des individus et des couples
adoptent de leur propre volonté, en se basant sur des connaissances précises, des
attitudes et des décisions réfléchies afin d’améliorer l’état de santé et le bien être
du groupe familial et par conséquent, de contribuer efficacement au
développement social du pays. Telle que définie, la planification familiale est un
élément indispensable au développement d’un pays ». [47]
Selon la conférence internationale sur la population et le développement
(CIPD) le concept actuel de la PF se couple à celui de la santé de la reproduction
(SR). En effet, la CIPD en 1994 au Caire, a défini la SR comme étant : « le bien-
être général, tant physique que mental et social de la personne humaine pour tout
ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non
pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité ». [55]
Pour le ministère de la santé du Burkina Faso, la planification familiale a
été définie comme l’ensemble des mesures techniques, psychologiques,
éducatives qui permettent aux couples et aux individus d’atteindre certains
buts en fonction de leurs possibilités et de leurs désirs :
- favoriser les naissances désirées ;
- espacer les naissances ;
- éviter les grossesses non désirées ;
- déterminer le nombre d’enfants qu’ils souhaitent pour constituer une
famille.
Il ressort de ces définitions que la planification vise le bien être familial
par la maitrise de la procréation.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 9


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
2.1.2. Contraception
La contraception est l’ensemble des procédés par lesquels un rapport
sexuel est rendu non fécondant et ceci de façon temporaire et réversible.[12]
Elle est un recours délibéré par des gens sexuellement actifs, à des produits
chimiques (spermicides), des médicaments (hormones), des dispositifs
(condoms, diaphragmes, stérilets) des interventions chirurgicales ou retrait en
vue d’éviter la grossesse.
La base fondamentale d’une contraception de qualité est qu’elle doit
utiliser des méthodes sûres, efficaces, abordables et acceptables. Les hommes et
les femmes ont le droit d’être informés sur toutes les méthodes disponibles et
d’utiliser celles de leur choix ; ils ont le droit d’utiliser toute méthode de
régulation des naissances qui ne soit pas contraire à la loi.
Les critères d’évaluation d’une méthode contraceptive sont l’efficacité,
acceptabilité, l’innocuité et la réversibilité.
- l’efficacité se mesure par la proportion dans laquelle la fécondité
naturelle se trouve réduite par l’emploi d’une méthode contraceptive donnée en
utilisant l’indice de Pearl ou la méthode des tables de mortalités. L’efficacité est
théorique et pratique :
L’efficacité théorique est synonyme de l’efficacité technique de la
contraception ; elle implique l’utilisation d’une méthode de contraception de
façon continue suivant les instructions données. Elle se mesure par le
pourcentage de femmes qui, théoriquement, tomberont enceinte en un an, même
si chaque femme utilise la méthode correctement et régulièrement ;
L’efficacité pratique est synonyme d’usage de la contraception ; elle est
liée à l’acceptabilité du procédé et à la motivation des couples qui l’utilisent.
Elle se mesure par le pourcentage de femmes qui sont tombées enceintes parce
que certaines n’utilisent pas correctement et régulièrement la méthode ;
L’indice de PEARL (ou taux d’échec pratique) est une mesure de

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 10


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
l’efficacité de la contraception, qui exprime le taux des échecs en fonction du
nombre de grossesses pour 100 années-femmes à risque. Plus cet indice est
proche de zéro, plus la méthode contraceptive est efficace. Cette mesure est
proportionnelle au rapport, chez les couples concepteurs, du nombre de
conceptions accidentelles durant une période, au nombre de mois d’exposition
au risque de concevoir durant cette période. Cet indice R s’exprime par la
formule

Nombre de conceptions accidentelles


R= ------------------------------------------------------------------------------×1200
Nombre de mois d’exposition au risque de concevoir

S’exprime par (% année-femmes)


- l’acceptabilité de la méthode contraceptive par l’utilisateur dépend
aussi bien du prescripteur que de la méthode contraceptive elle-même. Les
principaux critères d’acceptabilité d’une méthode sont : l’attitude des
prescripteurs vis-à-vis de la méthode ; les effets secondaires et leur prise en
charge ; les questions sociales, culturelles et religieuses liées à la méthode ; la
facilité d’utilisation ; les répercussions sur les relations du couple.
- l’innocuité est l’absence de risque ou d’effets néfastes sur la femme,
sur sa fertilité ultérieure et sur le fœtus en cas d’échec de la méthode ; elle doit
être locale ou générale, immédiate ou ultérieure.
- la réversibilité d’une méthode se mesure par la capacité à revenir à
l’état initial à l’arrêt de la prise de la méthode. Elle peut être immédiate ou
ultérieure.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 11


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
2.2. Physiologie
2.2.1. Cycle menstruel [35]
Le cycle menstruel est l’ensemble des modifications anatomiques et
biologiques se produisant de façon cyclique ou périodique chez la femme de la
puberté à la ménopause. C’est un temps qui s’étend du premier jour des règles
au premier jour des règles suivantes. A chaque cycle les hormones, messagers
chimiques de l’organisme stimulent différentes parties du corps entrainant ainsi
des changements qui s’accumulent petit à petit jusqu’à la maturation de l’ovule
nécessaire à la fécondation. La muqueuse utérine devient riche et abondante en
éléments nutritifs dans l’attente d’une grossesse éventuelle. Si un spermatozoïde
féconde l’ovule pendant le cycle, une grossesse se produit. Dans le cas contraire,
la muqueuse de l’utérus, alors abondante en éléments nutritifs desquame et le
cycle recommence.
La durée du cycle est en moyenne de 28 jours mais peut varier d’un cycle
à l’autre chez la même femme ou d’une femme à une autre. On admet comme
cycle normal, celui dont la durée se situe dans l’intervalle 28 ± 5 jours. Les
cycles courts sont de 21 jours et les longs de 35 à 45 jours.
Sous la commande des hormones hypothalamo-hypophysaires, le cycle
menstruel va se dérouler en deux phases : une phase folliculaire et une phase
lutéale qui sont séparées par la ponte ovulaire ou ovulation.
La maîtrise des phases de ce cycle est très importante pour une bonne
prescription de la contraception.

2.2.2. Fécondation [35]


Toutes les modifications au cours du cycle menstruel ont pour but de
préparer l’organisme de la femme à accueillir et à mener à terme une éventuelle
grossesse. La fécondation est un phénomène plus ou moins complexe
aboutissant à la formation de la première cellule diploïde en puissance de créer

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l’individu parfait.
Elle se déroule en plusieurs étapes :
 la pénétration des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines
lors de l’éjaculation qui les dépose au niveau du vagin ;
 leur migration vers les trompes facilitée par la glaire cervicale qui est
très abondante et très filante en phase pré-ovulatoire ; leur capacitation
au passage dans la partie proximale de la trompe ;
 la rencontre entre spermatozoïde et ovule : elle a lieu dans le tiers
externe de la trompe ;
 la fécondation proprement dite est la pénétration du spermatozoïde
dans l’ovocyte avec activation de ce dernier suivi de la fusion des deux
gamètes formant l’œuf qui est le point de départ d’une nouvelle vie.
Le blocage d’une de ces étapes peut constituer tout ou partie du
mécanisme d’action d’une méthode contraceptive.

2.3. Méthodes contraceptives

Bien que la définition de la contraception prenne en compte le concept de


la réversibilité, nous aborderons les méthodes de stérilisation volontaire qui,
elles sont des méthodes de planning familial irréversibles mais qui sont intégrés
dans le « paquet » des prestations de contraception.
Nous distinguons les méthodes de contraception en fonction de la voie
d’administration :

 Les méthodes hormonales peuvent être administrées par :


o La voie orale :
- les pilules oestroprogestatives
- les pilules progestatives
- la contraception d’urgence (de lendemain)

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o Les autres voies :
- l’injection périodique intramusculaire (tous les trois mois) de 150mg
d’acétate de médroxyprogestérone ;
- la voie intra-utérine (stérilet hormonal libérant le lévonorgestrel)
- l’implant progestatif sous cutané ;
- la voie transdermique : tout récemment, il existe sur le marché de la
contraception hormonale, des patchs (timbres ou des dispositifs
transdermiques) oestro-progestatifs ;
- la voie transvaginale : anneau oestroprogestatif
 Les méthodes locales :
- les préservatifs
- le diaphragme
- la cape cervicale
- les éponges
- les spermicides
- le stérilet (ou dispositif intra utérin « DIU ») simple, à cuivre,
hormonal.
 Les méthodes chirurgicales
Chez la femme :
- la ligature des trompes
- l’obstruction tubaire par l’introduction des dispositifs ou des colles
synthétiques dans les trompes en utilisant la cavité utérine comme voie
d’accès opératoire.
Chez l’homme : la vasectomie.
 La contraception naturelle

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2.3.1. Contraceptifs hormonaux
2.3.1.1. Les pilules oestroprogestatives
Elles sont également appelées la pilule combinée ou encore les pilules
contraceptives orales combinées.
Définition : les pilules oestroprogestatives sont des comprimés composés
d’œstrogènes et de progestatifs.
Mécanisme d’action : les oestroprogestatifs oraux possèdent quatre principales
actions que sont :
- l’inhibition de l’ovulation ;
- l’épaississement de la glaire cervicale empêchant la pénétration des
spermatozoïdes ;
- la modification de l’endomètre (atrophie de l’endomètre) le rendant
impropre à la nidation ;
- la diminution du transport des spermatozoïdes dans le tractus
génital supérieur (trompes de Fallope) [34,46].
Types:
Selon la teneur en œstradiol, on distingue :
 les pilules minidosés qui contiennent moins de 35 microgrammes (µg)
d’ethinyl-oestradiol. Selon le dosage hormonal durant le cycle
menstruel, ces pilules peuvent être :
 monophasiques : tous les 21 comprimés sont activés avec une même
quantité d’oestro-progestatif (EP) : Minidril®
 biphasiques : les 21 comprimés actifs contiennent 2 combinaisons
différentes d’EP : Adépal®
 triphasique : les 21 comprimés actifs contiennent 3 combinaisons
différentes d’EP : Trinordiol®
 les pilules normodosées qui contiennent 50(µg) d’ethinyl-oestradiol ;

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 les pilules macrodosées qui contiennent plus de 50(µg) d’ethinyl-
oestradiol
Effets secondaires et complications
Ils sont nombreux mais d’apparition peu fréquente ; ce sont : les nausées,
les vomissements, la prise de poids, les mastodynies, les spottings, les
mastopathies, l’hypertension artérielle réversible, les thrombophlébites, la
coronaropathie, les troubles de coagulation, la migraine, l’aménorrhée post
thérapeutique, la tension mammaire, les métrorragies, la galactorrhée [34, 48,
49].
Avantages
Elles ont une bonne efficacité, un coût abordable ; elles n’interfèrent pas
avec les rapports sexuels et peuvent être fournies par un personnel non médical.
La pilule oestroprogestative corrige les troubles menstruels, permet de traiter les
kystes et les dystrophies de l’ovaire, protège contre les cancers de l’ovaire et de
l’endomètre [12].
Inconvénients
C’est une méthode astreignante (prise quotidienne), comporte un risque
d’oubli et certains effets secondaires. Elle n’assure aucune protection contre les
IST/SIDA et interagit avec la rifampicine et les autres inducteurs enzymatiques
[23,34, 48].

2.3.1.2. Les pilules progestatives


Elles sont également appelées pilules contraceptives orales progressives
ou pilules à seule progestative ou minipilules.
Définition
Les minipilules sont des contraceptifs oraux qui renferment de petite
quantité d’une seule hormone, un progestatif. Elles contiennent entre la moitié et
le dixième que l’on trouve dans les contraceptifs oraux combinés. Elles sont

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souvent composées de lévonorgestrel, Noréthistérone, Norgestrel. Elles ne
contiennent pas d’œstrogène. Elles sont meilleures pour la femme allaitante.

Mécanisme d’action

Ils ont en commun les actions suivantes : épaississement de la glaire et


atrophie de l’endomètre. Les microprogestatifs à double action inhibent
l’ovulation par écrêtement du pic de LH [49].
Type
Ce sont des plaquettes de 35 pilules (300µg de levonorgestrel ou 350µg de
noréthistérone) et de 28 pilules (75µg de norgestrel).
Selon leur mode d’action les microprogestatifs peuvent être classés en deux
types [49]
- les microprogestatifs ayant uniquement une action contraceptive
périphérique ;
- et ceux ayant à la fois une action anti gonadotrope et contraceptive
périphérique.
Effets secondaires
On note les métrorragies à type de spotting, les mastodynies, les kystes
fonctionnels ovariens récidivants, et l’acné [49].
Avantages
Son administration pendant l’allaitement 3 à 4 semaines après
l’accouchement pour les femmes non allaitantes et 6 semaines après
l’accouchement pour celles qui allaitent, est possible.

2.3.1.3. Les contraceptifs injectables progestatifs (CIP)

Définition
Les CIP sont des contraceptifs retard à base de progestérone seule sous
forme injectable.

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Mécanisme d’action
Ils épaississent la glaire cervicale empêchant la pénétration des
spermatozoïdes, atrophient l’endomètre rendant difficile la nidation, diminuent
le transport du sperme dans le tractus génital supérieur et inhibent l’ovulation
[32, 46].
Types
On distingue :
- l’acétate de dépo-medroxyprogestérone (DMPA) ou Dépo-Provera®
dosé à 150mg et administré tous les trois mois ;
- l’énanthale de noréthistérone (NET-EN) ou Noristerat® dosé à 200mg
et donné tous les deux mois.
Avantages [23, 46]
C’est une méthode très efficace, confidentielle, réversible dont la durée
moyenne de protection est de deux ou trois mois par injection. Elle n’interfère
pas avec les rapports sexuels ; n’affectent pas la quantité et la qualité du lait du
sein ; aide à empêcher les cancers de l’endomètre, des ovaires, les fibromes et
prévient l’anémie ferriprive.
Elle rend moins fréquente et moins douloureuse les crises de
drépanocytose, les convulsions chez les femmes épileptiques et peut être
employée par les mères allaitantes dès 6 semaines après l’accouchement. Enfin
elle est dépourvue d’effets secondaires dus à un œstrogène et peut être employée
à n’importe quel âge.
Inconvénients [23]
Les effets secondaires fréquents (ne sont pas des signes de maladie), le
gain de poids en moyenne de 1 à2 kg, le retard du retour à la fécondité (DPMA),
l’existence d’une nouvelle injection tous les 2 à 3 mois et l’absence de
protection contre les maladies sexuellement transmissibles y compris le
VIH/SIDA sont les principaux inconvénients.

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Effets secondaires [23]
Ces effets sont constitués par les céphalées, la sensibilité des seins, les
sauts d’humeur, les nausées, la chute des cheveux, la diminution de la libido,
l’acné et les troubles du cycle menstruel (métrorragies, aménorrhée secondaire
réversible, hyperménorrhée).

2.3.1.4. Les implants (Norplant®, Jadelle®, Implanon®)

Définition [46, 57]

C’est une méthode contraceptive composée de capsules fines souples,


remplies de levonorgestrel (progestatif) insérées sous la peau à la partie
superieure du bras par une petite incision sous anesthésie locale.

Mécanisme d’action

Le lévonorgestrel est libéré lentement, à rythme régulier, et à très faible


dose ; ce qui assure l’épaississement de la glaire cervicale, le blocage de
l’ovulation, l’atrophie de l’endomètre et le ralentissement du transport du
sperme dans le tractus génital supérieur.

Type [9, 49, 57]

On distingue, le Norplant® avec six capsules dosées à 36mg de


lévonorgestrel (LNG) par capsule, le Jadelle® avec deux capsules libérant
progressivement du lévonorgestrel et l’Implanon® avec une capsule contenant
68 mg d’étonogestrel, métabolite actif du désogestrel.
Avantages [23, 49]
Les implants sont très efficaces (l’efficacité est proche de 100% chez les
adolescents dont l’IMC est inferieur à 25) et ont une longue durée d’action.
L’effet contraceptif est immédiat quand il est inséré dans les cinq premiers jours
du cycle et disparait dans la semaine suivant le retrait. Ils ont aussi l’avantage
d’éviter les échecs provoqués par le retard d’une prise orale, de ne pas gêner les

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 19


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rapports sexuels et de réduire la fréquence et la douleur des crises de
drépanocytose.

Inconvénients

Il nécessite un prestataire qualifié pour son insertion et son retrait. Il


n’assure aucune protection contre les IST/SIDA. Il a une tolérance clinique très
variable [49].

Effets secondaires [23]


En plus des effets secondaires des contraceptifs injectables, on peut citer
le changement d’appétit et l’infection du site d’insertion.

2.3.1.5. Les patchs dermiques (patch Evra®)

Il s’agit d’une contraception hormonale oestroprogestative non orale. Ils


contiennent 600 microgrammes d’éthinylestradiol (EE) et 6 mg de
norelgestromine.
Ils délivrent quotidiennement 150µg de norelgestromine et 20µg d’EE. Ils
agissent en inhibant l’ovulation et en altérant la glaire cervicale et l’endomètre.
Ils ont les mêmes indications et contre- indications que les
oestroprogestatifs oraux.
Ils sont généralement appliqués sur les fesses, l’abdomen, la face externe
des bras et la partie supérieure du torse et jamais sur le sein.
Ils sont mis en place pour une semaine et ce, trois semaines consécutives
sur quatre. Pour la première utilisation : un patch par semaine en commençant le
premier jour des règles, ainsi les jours d’application sont le : 1er, 8ème, 15ème jour
du cycle et une semaine libre (22ème jour au 28ème jour).

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 20


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2.3.1.6. L’anneau vaginal oestroprogestatif (Nuvaring®)

La voie vaginale autorise de faibles doses d’oestrogènes et de progestatifs


permettant d’atteindre des taux sanguins très stables en quelques jours.
C’est un anneau souple, transparent et incolore. Il délivre quotidiennement
120µg d’étonorgestrel, métabolite actif du désogestrel et 15µg d’EE. L’anneau
est mis en place, par la patiente, pour une durée de trois semaines consécutives,
puis retiré pendant sept jours avant la pose d’un nouveau dispositif.
Son action contraceptive est due essentiellement à l’inhibition de l’ovulation. La
tolérance clinique est comparable à celle des oestroprogestatifs minidosés. Il a
les mêmes contre- indication que les contraceptifs oraux combinés (COC).

2.3.1.7. La contraception d’urgence ou contraception du lendemain [16,

49]

Elle est à prendre le plus rapidement après un rapport sexuel non protégé
ou en cas d’accident de contraception (déchirure de préservatif, oubli de
comprimés sur la plaquette de pilules…).
Les effets secondaires sont les mêmes que ceux de la contraception
classique mais beaucoup plus accentués.
La contraception d’urgence agit en bloquant l’ovulation, la fécondation, la
migration ou même la nidation.
De nombreux contraceptifs peuvent être utilisés à cet effet : les COC, les
pilules progestatifs, les œstrogènes, les anti-progestatifs et le DIU.
La principale contre-indication est la grossesse.
Nous avons les principales méthodes utilisées en contraception d’urgence
et leur posologie dans le tableau I:

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Tableau I: les contraceptifs utilisés en contraception d’urgence et leur
posologie [35]
Délai écoulé depuis
Méthodes Posologie
le rapport sexuel
100µg d’éthinyl estradiol et
Oestro-progestatifs 0,5mg de levonorgestrel pour la
dans les 72 heures
(C.O.C) première prise, deuxième prise
12 heures plus tard
0,75mg en première prise,
Progestatifs dans les 8 heures deuxième prise 12heures plus
tard
5mg d’éthinyl estradiol par 24
Oestrogènes dans les 48 heures
heures pendant 5 jours
400 à 600mg de DANAZOL
Androgènes dans les 72 heures pour la première prise, deuxième
prise 12 heures plus tard
600mg de MIFEPRISTONE (RU
Anti-progestatifs dans les 72 heures
486) en une seule prise
insertion dans les 5 Un seul DIU (insertion
DIU
jours classique)

2.3.2. Méthodes locales

Les méthodes locales sont constituées des méthodes de barrière et du stérilet.

2.3.2.1. Les méthodes de barrière

Définition

Les méthodes de barrière empêchent les spermatozoïdes d’atteindre le


tractus génital féminin soit en bloquant leur entrée ou en les détruisant.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 22


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Types

 Les méthodes de barrière mécanique bloquent l’entrée des spermatozoïdes


dans le tractus génital de la femme. Ce sont :
- le préservatif masculin ou condom;
- le préservatif féminin ;
- le diaphragme ;
- la cape cervicale ;
- les éponges.
 Les méthodes de barrière chimique ou spermicides inactivent ou
détruisent les spermatozoïdes.

2.3.2.1.1. Le préservatif ou condom masculin [34, 46]

Définition

Ce sont des fine gaines en caoutchouc, en vinyle ou en produits naturels


pouvant être traitées avec un spermicide pour une protection supplémentaire.
Elles sont placées sur le pénis en érection.

Types

On distingue les préservatifs : en latex (caoutchouc), plastique (vinyle),


naturels (produits d’animaux).

Mode d’action

Ils empêchent les spermatozoïdes et tout organisme pathogène du sperme


de pénétrer dans le vagin et inversement empêchent tout organisme pathogène
du vagin de pénétrer dans le pénis.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 23


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2.3.2.1.2. Le préservatif féminin [17, 49]

Définition

C’est une fine membrane de polyuréthane. Il est muni d'un anneau flexible
à chaque extrémité ; l'anneau intérieur sert à insérer le condom et à le maintenir
en place.

Mode d’action

Il agit en empêchant les spermatozoïdes et tout organisme pathogène du


sperme de pénétrer dans le vagin et inversement empêchent tout organisme
pathogène du vagin de pénétrer dans le pénis.

Avantages

Il protège contre la grossesse et les IST/SIDA.

Inconvénients

Il reste d’utilisation délicate en raison du maniement intra vaginal qui


nécessite une bonne connaissance de l’appareil génital féminin. Il coûte plus
cher que le préservatif masculin et fait du bruit au cours des relations sexuelles.
Il a un impact socio sexuel car certaines femmes pensent que le préservatif est
contaminé par le VIH ou que le lubrifiant pouvait causer des stérilités ou
infections. Certains hommes craignent que les femmes ne s’emparent du sperme
recueilli dans le préservatif et le confient ensuite à un sorcier dans le but de leur
jeter un sort.

2.3.2.1.3. Le diaphragme [46]


Définition
C’est un capuchon en latex (caoutchouc) en forme de dôme qui est inséré
dans le vagin avant le rapport sexuel et qui couvre le col.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 24


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Types

Il existe trois types de diaphragmes : le ressort à lame (bande plate de


métal), le ressort à boudin (fil métallique spiralé), le ressort à arceau (ressort à
combinaison de métal).

Mode d’action

Le diaphragme empêche les spermatozoïdes d’arriver dans le tractus


génital supérieur (utérus et trompes de Fallope) et sert de collecteur de
spermicide. Son action est renforcée par la fonction spermicide de la crème ou
de la gelée.

2.3.2.1.4. La cape cervicale [23]


Elle ressemble au diaphragme mais est plus petite.
Elle empêche les spermatozoïdes de pénétrer dans le tractus génital
supérieur (utérus et trompes de Fallope) et sert de collecteur de spermicide.
Elle a les mêmes indications et les mêmes contre-indications que le
diaphragme.

2.3.2.1.5. Les éponges


L’éponge jetable recouvre le col de l’utérus et contient un spermicide qui
détruit les spermatozoïdes.
Elles sont aussi appelées Protectaid® ou Pharmatex today® sur le marché
américain.
Elles agissent en obstruant le col utérin, en absorbant les spermatozoïdes
et en libérant les spermicides.
Le tableau II récapitule les avantages, inconvénients, et les effets
secondaires des différentes méthodes de barrière.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 25


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Tableau II: Avantages, inconvénients, et effets secondaires des différentes
méthodes de barrière.

Méthodes Effets secondaires Avantages Inconvénients


Préservatif Diminution du plaisir Efficace, disponible, Risque de déchirure,
masculin sexuel faible coût, accès nécessité d’une forte
Réactions allergiques et facile, protège contre motivation, gêne à la
d’irritations les IST/SIDA, manipulation des
prolonge l’érection organes génitaux
et le temps de
l’éjaculation, pas
d’effets secondaires
systémiques
Préservatif Diminution du plaisir Efficace si Coût relativement
féminin sexuel correctement utilisé, élevé, nécessité
Réactions allergiques et protège contre les d’une connaissance
d’irritations IST/SIDA de l’appareil génital
féminin, impact
socio culturel
Diaphragme Infections des voies Efficace, n’affecte Efficacité modérée,
urinaires, réactions pas l’allaitement nécessité d’un
allergiques, syndrome de maternel, n’interfère examen
choc toxique, pertes et pas avec les rapports gynécologique par
lésions vaginales sexuels, n’a pas un prestataire formé
d’effets secondaires et d’un spermicide
systémiques, pour chaque
permets les rapports utilisation
sexuels pendant les
menstrues
Cape cervicale Infections des voies Efficacité dépend de Moins efficace chez
urinaires, réactions la durée d’utilisation, les femmes ayant eu
allergiques, syndrome de pas d’effet sur la de enfants, nécessite
choc toxique composition du lait un spermicide et un
maternel examen
gynécologique
Eponges Le spermicide si Irritations et lésions
l’éponge inséré des vaginales pouvant
- heures plus tôt, tue être cause
les germes d’infections
pathogènes,
IST/SIDA

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2.3.2.1.6. Les méthodes chimiques : les spermicides [46]

Définition
Les spermicides sont des produits chimiques. C’est généralement le
Nonoxynol-9 qui, introduit dans le vagin avant le rapport sexuel, inactive ou tue
les spermatozoïdes.

Types

On distingue les aérosols (mousses), les tablettes vaginales, les


suppositoires ou films dissolvants et les crèmes.

Mode d’action

Ces méthodes désagrègent la membrane cellulaire des spermatozoïdes et


diminuent leur mouvement (mobilité et motilité) et leur capacité à fertiliser
l’ovule.

Avantages

Elles sont efficaces immédiatement (mousse ou crème) et d’utilisation


facile. Elles n’interférent pas avec l’allaitement maternel et peuvent être utilisées
comme appoint à d’autres méthodes. Les spermicides sont dénués d’effets
secondaires systémiques, augmentent l’humidité (lubrification) pendant les
rapports sexuels et protègent contre les ITG et les IST. Ils sont disponibles sans
ordonnance et sans bilan médical.

Inconvénients

Pendant la première année d’utilisation, les spermicides sont modérément


efficaces (3à 21% de grossesse). Il est nécessaire de les appliquer 10 à 15
minutes avant d’avoir le rapport sexuel (tablette de mousse vaginale,
suppositoire et film) et chaque application n’est efficace que pendant une à deux
heures. Les produits doivent être disponibles avant chaque rapport sexuel.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 27


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Effets secondaires

Les effets secondaires sont une réaction de type irritation vaginale et


pénienne, de sensation gênante de chaleur dans le vagin et de non fonte des
tablettes et de mousse vaginale.

2.3.2.2. Le dispositif intra utérin (DIU) ou stérilet

Définition [9,23, 57]

Le DIU est un petit dispositif souple inséré dans la cavité utérine. Les
nouveaux types sont faits en plastique et sont médicamentés, libérant de petites
quantités de cuivre et de progestatifs.

Types

Il en existe deux :
. les DIU dits actifs, diffusant des hormones, du cuivre ou de l’argent dans la
cavité utérine :
 Les DIU libérant du cuivre : Tcu 380 A, Nova T®, Multiload 375,
Tcu220, Cooper T300 Multiload 250au cuivre 200
 Les DIU libérant un progestatif : minera, levonova (LNG-20) ;
. les DIU dits inertes : Boucles de LIPPES, SAF. T.Coil.

Mode d’action [23, 46, 51]


Le mode d’action est fonction du type de DIU.
Le DIU libérant le cuivre agit par des réactions enzymatiques,
leucocytaires et macrophagiques sur l’endomètre empêchant la nidation. Il
inhibe également les mouvements des spermatozoïdes dans le tractus génital de
la femme.
Celui libérant un progestatif épaissit la glaire cervicale et entraine une
atrophie de l’endomètre.

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Effets secondaires et complications [23]
Quelques effets secondaires ont été observés chez certaines utilisatrices :
métrorragies, anémie, dysménorrhées, perforation de la paroi de l’utérus.
Avantages [23, 46]
Le DIU est une méthode très efficace immédiatement et a un effet durable
(jusqu’à 10 ans avec Tcu 380A). Il ne gêne pas les rapports sexuels, n’affecte
pas l’allaitement maternel, n’interagit pas avec les médicaments et entraîne le
retour immédiat à la fécondité après le retrait. Il comporte peu d’effets
secondaires et diminue les crampes menstruelles, les saignements menstruels
(libérant un progestatif).
Inconvénients [23]
La pose de DIU entraine :
. le changement menstruel (habituel durant les trois premiers mois mais il a
tendance à diminuer après trois mois) : règles plus longues et plus abondantes
(ménorragies) ; saignement ou saignotement entre les règles (métrorragies) ; des
crampes et des douleurs durant les règles (dysménorrhées) ;
. un risque de grossesse extra-utérine (GEU) ;
. la sensation du fil par l’homme lors des rapports sexuels.

2.3.3. Méthodes chirurgicales

Elles sont irréversibles. Ce sont :


- La vasectomie chez l’homme ;
- La ligature des trompes et l’obstruction tubaire chez la femme.

2.3.3.1. La vasectomie [23, 46]

Définition

La vasectomie est aussi appelée stérilisation masculine ou contraception


masculine. C’est une procédure chirurgicale volontaire pour mettre fin, de

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 29


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manière permanente, à la fécondité chez l’homme par section des canaux
déférents.

Types

On distingue la méthode standard incisionnelle (1 ou 2 incisions) et la


méthode sans bistouri, sans scalpel qui reste meilleure.

Mécanisme d’action

En sectionnant les canaux déférents (conduits éjaculatoires) les


spermatozoïdes ne sont plus présents dans le liquide éjaculé et ne peuvent
féconder l’ovule.

Avantages

C’est une méthode :


- très efficace ;
- permanente ;
- n’interfère pas avec les rapports sexuels ou la fonction sexuelle ;
- bonne pour les couples si la grossesse ou l’occlusion des trompes
causerait un grave problème de santé pour la femme ;
- faite sous anesthésie locale.
Inconvénients
Quelques inconvénients ont été signalés :
- le regret du client plus tard car méthode permanente et irréversible ;
- efficacité retardée (demande du temps jusqu’à 20 éjaculations) ;
- la nécessité de l’assistance d’un médecin formé ;
- la non protection contre les ITG et autres maladies (VHB, VIH/SIDA).
Complications
L’infection de la petite plaie et l’hématome du scrotum sont les
complications retrouvées.

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2.3.3.2. La ligature des trompes [23, 46]
Encore appelée contraception chirurgicale volontaire (CCV) ou Minilap,
la ligature des trompes est une procédure chirurgicale volontaire pour mettre fin
de manière permanente, définitive à la fécondité chez la femme sans toutefois
perturber sa sexualité ou la fonction hormonale. C’est une contraception par
mini laparotomie ou laparoscopie.

Mécanisme d’action

L’occlusion des trompes par ligature, section, anneaux, électro


cautérisation ou clips, empêche la rencontre entre les spermatozoïdes el l’ovule
et, de ce fait, empêche la fécondation.

Avantages

La ligature des trompes est très efficace (0,2 à 0,4 grossesse pour 100
femmes pendant la première année d’utilisation) et permanente, efficace
immédiatement. Elle n’affecte pas l’allaitement maternel, n’interfère pas avec
les rapports sexuels et n’a pas d’effets secondaires à long terme.
C’est une intervention chirurgicale simple généralement faite sous
anesthésie locale.

Inconvénients

Les inconvénients sont dus à l’irréversibilité de la méthode, à la nécessité


d’un acte chirurgical par un personnel qualifié et d’une laparoscopie. Elle
comporte aussi des risques de complication à l’opération (infection ou
saignement au niveau du site de l’incision, infection ou saignement interne’
lésions d’organes internes, risque d’anesthésie). Enfin elle ne protège pas contre
les ITG et IST/SIDA.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 31


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
2.3.3.3. L’obstruction tubaire
Elle se fait par l’introduction de dispositif ou de colles synthétiques dans
les trompes en utilisant la cavité utérine comme voie d’accès opératoire.

2.3.4. Contraception naturelle

2.3.4.1. Définition

Les méthodes naturelles comprennent l’ensemble des méthodes basées sur


la capacité du couple à identifier la phase fertile au cours de chaque cycle
menstruel et à s’abstenir de rapports sexuels durant cette période ou à l’utiliser
pour concevoir.

2.3.4.2. Les différentes méthodes


Ce sont :
- la méthode du calendrier ;
- la méthode de la température basale du corps (TBC) ;
- la méthode de la glaire cervicale ;
- la méthode sympto-thermique,
- la méthode d’auto observation ;
- la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) ;
- la méthode du collier ou méthode des jours fixes.
NB : il est important d’expliquer à la patiente que les rapports sexuels sont à
éviter pendant la phase du cycle menstruel où la conception est la plus probable.

2.3.4.2.1. La méthode du calendrier [23]

La méthode du calendrier est une méthode contraceptive permettant de


déterminer les périodes fertiles à partir d’un calcul fait sur les cycles menstruels
précédents. Il faut avoir noté au moins six (06) cycles consécutifs pour pouvoir

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 32


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
déterminer la période féconde. La femme doit soustraire 18 de la durée du cycle
le plus court qu’elle a enregistré, elle obtient ainsi l’estimation du 1 er jour de sa
période féconde. Le couple évite les rapports sexuels, emploie une méthode
mécanique ou a recours au retrait pendant la période féconde.
Exemple : si les cycles enregistrés varient de 26 à 32 jours ;
. 28 - 18 = 8, elle commence à éviter les rapports non protégés le 8 ème jour.
. 32 – 11 = 21, elle peut avoir de nouveau des rapports sexuels non protégés
après le 21ème jour.

2.3.4.2.2. La méthode de la température basale du corps

Elle repose sur l’augmentation de la température corporelle observée


après l’ovulation. Son principe est que la température doit être prise tous les
jours à la même heure avant la levée du lit, avec toujours le même thermomètre
et la même voie de prise (buccale, rectale ou vaginale). Aussi la femme doit
savoir comment lire le thermomètre et consigner sa température sur un
graphique spécial. Elle doit également savoir que sa température augmente de
0,2°c à 0,5°c au moment de l’ovulation. La femme doit alors s’abstenir de
rapport sexuel à compter du 1er jour des règles des règles jusqu’à ce que sa
température dépasse sa température ordinaire et reste à ce niveau pendant trois
jours consécutifs entiers, cela correspond à la fin de l’ovulation.
Certains facteurs ont une influence sur la courbe thermique :
 la prise de la température à des heures variées et quand les
conditions ne sont pas respectées ;
 toute maladie pouvant occasionner une fièvre ;
 le changement d’environnement ;
 la mauvaise nuit, le stress, l’insomnie ;
 la prise d’alcool.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 33


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
2.3.4.2.3. La méthode de la glaire cervicale : méthode billings

Elle est basée sur l’observation et l’interprétation des changements


cycliques de la glaire cervicale se produisant sous l’influence des variations des
hormones. La cliente doit être informée sur les périodes sèches et humides de
son cycle. La période sèche est inféconde. La période humide est féconde, c’est
la période à laquelle la femme observe des sécrétions glissantes, humides ou
étirables.

2.3.4.2.4. La méthode sympto-thermique


C’est l’association de la méthode thermique et de celle de la glaire
cervicale.

2.3.4.2.5. La méthode d’auto- observation (MAO)

La méthode d’auto- évaluation est acceptée par l’islam et le christianisme.


Elle intervient dans le traitement de l’infertilité, permet le retour à la fécondité
immédiate et la connaissance du système reproducteur féminin par le couple.
Elle n’a pas d’effets secondaires locaux et systémiques et son coût est presque
nul. Une fois que la méthode est maitrisée, il n’y a plus nécessité d’une
assistance de prestataires.
C’est une méthode dont l’efficacité moindre, nécessite une période
d’apprentissage, une observation et d’un enregistrement quotidien de signes de
fécondité. La période d’abstinence parfois longue, la glaire ovulatoire difficile à
discerner en présence d’infection et la modification de la courbe thermique par
certains partenaires. Elle ne protège pas contre les infections du tractus génital et
est difficile d’utilisation chez les femmes ayant un cycle menstruel irrégulier.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 34


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2.3.4.2.6. La méthode de l’allaitement maternelle et de l’aménorrhée
(MAMA) [15, 33]

Définition

C’est une méthode de contraception qui repose sur l’allaitement maternel


exclusif pendant les six premiers mois du post-partum.
Elle est basée sur l’effet physiologique de l’allaitement dans la
suppression de l’ovulation. Elle utilise l’infécondité temporaire au moment de
l’allaitement maternel.

Mécanisme d’action [15]

La succion du mamelon par le bébé stimule l’hypophyse qui produit la


prolactine ; celle-ci agit sur les ovaires et entraine un blocage de l’ovulation.

Avantages [8]

En plus des avantages contraceptifs, elle a des avantages pour l’enfant, la


mère et la société.
Pour la mère, elle permet une meilleure involution utérine, un
établissement de liens solides entre la mère et l’enfant et a un avantage
contraceptif. En plus, le risque de cancer du sein et des ovaires est amoindri.
Pour l’enfant, elle permet la protection contre les infections et les allergies
et assure un meilleur développement psychomoteur, affectif et social.
Pour la société, elle a un avantage économique.

Inconvénients

L’efficacité de la MAMA après six mois est incertaine ; certaines


circonstances sociales peuvent réduire son efficacité et/ou la rendre difficile.
Elle n’assure aucune protection contre les MST/SIDA.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 35


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2.3.4.2.7. La méthode du collier ou méthodes des jours fixes (MJF) [28]

Définition

C’est une méthode naturelle qui consiste à éviter les rapports sexuels
pendant la période féconde. Il s’agit d’un collier qui comporte 32 perles faites de
trois couleurs (rouge, blanc, marron), chacune représentant un jour du cycle
menstruel de la femme. Un anneau en caoutchouc que l’on peut déplacer indique
chaque jour du cycle ; un cylindre avec une flèche montre la direction dans
laquelle l’anneau doit être déplacé [10].

Mode d’action

Elle repose sur des faits physiologiques, à savoir la période féconde d’une
femme commence 5 jours avant l’ovulation et dure jusqu’au jour de l’ovulation
inclus. Les rapports sexuels sont à éviter pendant la période féconde qui s’étend
du 8ème jour au 19ème jour du cycle menstruel.

Avantages

Si elle est correctement utilisée [3], la MJF est efficace à plus de 95%
pour prévenir la grossesse. Elle aide les femmes et les couples à éviter les
grossesses non souhaitées car ils savent les jours où ils doivent éviter les
rapports sexuels non protégés. Aussi, identifie-t-elle les jours 8 à 19 du cycle
menstruel comme jours féconds, jours pendant lesquels une grossesse est très
probable. C’est une méthode simple, facile à enseigner, à apprendre et à utiliser.
Elle a un faible coût et ne demande pas de prise de médicaments ou
d’intervention chirurgicale. Enfin, elle n’a pas d’effets secondaires.

Inconvénients

Elle n’assure aucune protection contre les IST/SIDA. Ainsi si l’un des
partenaires au sein du couple court le risque de contracter une IST, la méthode
n’est plus indiquée.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 36


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
2.3.4.3. Autres méthodes naturelles
 Le coït interrompu ou retrait
C’est une méthode de PF traditionnelle où l’homme retire entièrement son
pénis du vagin de la femme avant d’éjaculer. Par conséquent, les spermatozoïdes
n’entrent pas dans le vagin et la fécondation est évitée. C’est une méthode qui
n’a pas de coût, qui peut diminuer le plaisir sexuel et ne protège pas contre les
ITG ou autres MST.
 Le coït inter fémoral
 L’abstinence
 La douche vaginale

2.3.5. Méthodes traditionnelles


On se sert dans le monde entier d’un grand nombre de plantes et d’autres
substances pour empêcher la conception. Bien que nous commencions, à l’heure
actuelle, à réaliser l’ampleur de l’utilisation des méthodes traditionnelles de
conception, il reste encore à déterminer l’efficacité de certaines méthodes.
Le fait que ces méthodes soient si utilisées prouve que les gens se sentent
capables de régler leur fécondité et qu’ils ont, depuis longtemps, découvert les
avantages de cette régulation. La vitesse à laquelle la modernisation,
l’urbanisation et les changements sociaux se sont produits en Afrique, fait qu’il
est difficile de comprendre la manière dont les méthodes traditionnelles
courantes de régulation de la fécondité sont encore utilisées.

Les plantes et autres substances

D’autres pratiques sont aussi utilisées :


 le Tafo : ceinture magique à multiples nœuds produite par le
marabout. Elle aurait un pouvoir contraceptif de durée illimitée
tant qu’elle est portée ou de durée liée au nombre de nœuds ;

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 37


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 la toile d’araignée : dispositif opaque issu du tissage de
l’araignée, que les femmes enduisent de beurre de karité pour
obstruer le col ;
 les graines de Banfora : plante fréquente à Banfora (Burkina
Faso), plante dont les graines sont censées posséder une action
spermicide.

2.4. Prévalence contraceptive


Les services de planification familiale en général, la contraception en
particulier, sont reconnus aujourd’hui comme étant une intervention pour
améliorer la santé de la mère et de l’enfant. L’indicateur en matière de
contraception est la prévalence contraceptive. Selon l’OMS, la prévalence
contraceptive se définit comme étant le rapport du nombre d’utilisatrices de
méthodes contraceptives avec le nombre de femmes en âge de procréer.
Une analyse récente des données a mis en évidence l’écart très important
qui existe entre les riches et les pauvres au niveau de plusieurs indicateurs de
santé, notamment dans les domaines de la fécondité et de la contraception [5].
Dans certaines régions du monde le taux de prévalence contraceptive est
élevé, Asie du sud-est 51%, Océanie 57%, Amérique latine 68%, Europe
occidentale 71%, Amérique du Nord 72%. L’Afrique est en marge de ce
progrès où la prévalence varie d’un pays à l’autre : 55% en Afrique du Sud, 46%
au cap vert, 19% au Ghana, inférieur à 10% dans les autres pays [24].
Mais en Afrique de l’ouest, on enregistre les taux de couverture les plus
bas au monde. Ainsi seules 8% des femmes en âge de procréer vivant en union
utilisent une méthode contraceptive moderne dans cette zone. Le Mali et le
Niger enregistre les plus faibles taux avec respectivement 6 et 4% [13].
Ce faible taux de façon générale en Afrique de l’ouest traduit l’existence d’un
fossé important entre les services de contraception actuellement offerts et les

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 38


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
besoins réels de la population. Cette situation, non corrigée, induira forcement
des conséquences négatives, sur le plan sanitaire et économique. Toute chose
pouvant entraver les efforts de développement des pays concernés.
Au Burkina Faso, le taux de prévalence contraceptive a connu une nette
amélioration à partir de 2005. Elle est passée de 22,8% en 2005 à 25,7% en 2007
[40] puis à 26,6% en 2009 [26]. Cette évolution s’explique par les efforts
déployés ces dernières années pour le repositionnement de la planification
familiale dans notre pays.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 39


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
3. OBJECTIFS
3.1. Objectif général

Etudier les connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en


milieu estudiantin des universités publiques de la ville de
Ouagadougou.

3.2. Objectifs spécifiques

1. Décrire les caractéristiques sociodémographiques de la population


d’étude.
2. Evaluer les connaissances des étudiants des universités publiques
de la ville de Ouagadougou sur les méthodes contraceptives.
3. Déterminer le taux d’utilisation des méthodes contraceptives de la
population d’étude.
4. Identifier les méthodes contraceptives utilisées par les étudiants des
universités publiques de la ville de Ouagadougou.
5. Déterminer les obstacles à la pratique de la contraception dans la
population d’étude.
6. Recueillir les suggestions des enquêtés pour l’amélioration de
l’utilisation des méthodes contraceptives en milieu estudiantin.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 41


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
4. MATERIELS ET METHODES
4.1. Cadre d’étude
4.1.1. Ville de Ouagadougou
Notre étude a été menée dans les universités publiques de la ville de
Ouagadougou. Capitale politique et administrative du Burkina Faso, chef lieu de
la province du Kadiogo et de la région du Centre, Ouagadougou a une superficie
de 1704km2. C’est une ville cosmopolite en plein essor avec une population de
465 969 habitants en 1985, 750 398 en 1996, 1 475 223 en 2006[26].
La prévalence contraceptive de la région du Centre était de 32,5% en
2003, 32,7% en 2006 et de 36,1% en 2009[26]. Selon l’EDS IV le taux
d’utilisation de méthodes contraceptives de la ville de Ouagadougou était de
37,6% en 2010.

4.1.2. Structuration de l’enseignement au Burkina Faso


L’enseignement au Burkina Faso comprend l’enseignement général et
l’enseignement technique.
L’enseignement général comprend trois (03) niveaux : le primaire, le
secondaire et le supérieur.
 l’enseignement primaire dure six (6) ans et est sanctionné par le certificat
d’étude primaire (CEP).
 l’enseignement secondaire comprend un premier cycle qui va de la classe
de 6ème à celle de 3ème sanctionné par le brevet d’étude du premier cycle
(BEPC) et un second cycle (les classes de seconde, première et terminale)
qui permet de postuler au baccalauréat.
 l’enseignement supérieur dont l’accès est conditionné par le baccalauréat,
est assuré par :
- des universités publiques que sont l’université de Ouagadougou
(UO), l’université de Ouaga II (UO2), l’université polytechnique de

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 43


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
Bobo (UPB), l’université de Koudougou (UK), l’université de
Ouahigouya et l’université de Dédougou.
- des universités privées que sont l’université Saint Thomas d’Aquin,
université libre du Burkina et l’université catholique de l’Afrique
de l’Ouest représentée au Burkina Faso par l’unité universitaire de
Bobo-Dioulasso.
- une école régionale inter-état, l’institut international d’ingénierie de
l’eau et de l’environnement (2iE) ;
- vingt-quatre (24) instituts privés dispensant des formations
professionnelles dans le secteur tertiaire (secrétariat, banque
assurance finance, comptabilité) et dans le secteur informatique.

4.1.3. Universités publiques de la ville de Ouagadougou


L’étude s’est déroulée à l’université de Ouagadougou, et à l’université
Ouaga II.
L’université de Ouagadougou a été créée en 1974. Après plusieurs
restructurations (1985 et 1991), l’Université de Ouagadougou s’est engagée dans
une refondation en octobre 2000 pour devenir un établissement public à
caractère scientifique, culturel et technique (EPSCT). L’université de
Ouagadougou comptait vingt quatre mille trois cent quatre vingt onze (24391)
étudiants à la rentrée 2010-2011. Elle comprend actuellement cinq unités de
formation et de recherche et un institut :
- unité de formation et de recherche en science de la santé
(UFR/SDS)
- unité de formation et de recherche en science de la vie et de la
terre (UFR/SVT)
- unité de formation et de recherche en science humaine
(UFR/SH)

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 44


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- unité de formation et de recherche en lettres arts et
communication (UFR/LAC)
- unité de formation et de recherche en science exacte et appliquée
(UFR/SEA)
- institut Burkinabè des arts et métiers (IBAM).
L’université Ouaga II, créée en 2008, comprend deux unités de formation
et de recherche :
- unité de formation et de recherche en science juridique et
politique (UFR/SJP)
- unité de formation et de recherche en science économique et de
gestion (UFR/SEG)

4.2. Type et période d’étude


Il s’agit d’une étude transversale à visée descriptive auprès des étudiants
de l’université de Ouagadougou et de l’université Ouaga II. Elle a été menée au
cours de la période allant du 01 Avril au 30 Juin 2011.

4.3. Population d’étude


La population d’étude était constituée par les étudiants des premiers et
seconds cycles régulièrement inscrits dans l’institut et dans les différentes unités
de formation et de recherche de l’université de Ouagadougou et de l’université
Ouaga II, au cours de l’année académique 2010-2011.

4.3.1. Taille de l’échantillon


Selon l’EDS 2003 la prévalence contraceptive au Burkina Faso chez les
femmes est de 14% et celui des hommes est de 32 ,9%. La prévalence
contraceptive en milieu estudiantin n’étant pas connue, nous avons posé
l’hypothèse que cette prévalence est égale à 32,9% avec un degré de précision

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 45


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
de 5%, de même que le risque d’erreur. A partir de la formule de Schwartz
corrigée d’un effet grappe, nous avons :

n = g(z1-α/2)2×p×q/d2
n : taille souhaité de l’échantillon
g : effet grappe
p : prévalence estimé
q = 1-p
d : degré de précision
α : risque d’erreur
Ainsi, nous avons :

n = 2×1,962×0,329×0,671/0,052 = 678 # 720

La taille estimée de l’échantillon est de 720 étudiants.

4.3.2. Méthode
Il s’agit d’une méthode par échantillonnage aléatoire simple à 2 degrés,
l’unité statistique étant l’étudiant de la promotion retenue.

4.3.3. Base de sondage


La base de sondage était constituée par la liste des promotions constituant
les différentes unités de formation et de recherche et de l’institut des universités
de Ouagadougou et de Ouaga II. Cette liste était disponible auprès des
présidences des deux institutions.
Nous avons tiré de façon aléatoire deux (02) promotions dans chaque
unité de formation et de recherche et dans l’institut dont l’une entre les

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 46


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promotions du 1er cycle ; l’autre entre celles du 2nd cycle ; soit au total seize
(16) promotions.
Quarante cinq (45) étudiants ont été choisis de façon aléatoire à partir de
la liste de présence des étudiants de chaque promotion tirée. Ce qui donne un
total de 720 étudiants pour les 16 promotions.

4.3.4. Critères d’inclusion


- Etudiants inscrits des premier et second cycles des différentes
unités de formation et de recherche et de l’institut des universités
de Ouagadougou et de Ouaga II, tirés de façon aléatoire selon la
technique de collecte.
- Etudiants ayant accepté participer à l’étude.

4.3.5. Critères de non inclusion


Les promotions comportant moins de 45 étudiants.

4.4. Collecte des données


La collecte des données a débuté après une autorisation d’enquête obtenue
auprès de la présidence des universités de Ouagadougou et de Ouaga II.
Elle a été effectuée entre le 1er avril et le 30 juin 2011.
Les données ont été collectées à l’aide de questionnaires écrits et
anonymes, administrés par quatre (4) enquêteurs (étudiants de la 5 ème et 6ème
année de médecine) après un pré-test effectué sur vingt étudiants. Ce test a
permis de mettre en caractère gras les questions car certaines d’entre elles
n’étaient pas vues au cours du remplissage. De même lorsque le questionnaire
était administré à des voisins proches les étudiants avaient la possibilité de se
communiquer certaines informations. Les enquêteurs ont reçu au préalable une

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 47


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
formation leur permettant de répondre aux inquiétudes et aux questions des
étudiants. Ils ont été dans les différentes promotions retenues en début de cours.
Après avoir informé les étudiants des objectifs de l’étude, et leur assuré de la
préservation de l’anonymat et de la confidentialité, les questionnaires leur ont
été administrés. Ils ont été remplis par les étudiants eux-mêmes puis récupérés
sur place par les enquêteurs.
Le questionnaire a porté sur les :
- caractéristiques socioculturelles de l’enquêté ;
- connaissances et l’utilisation des méthodes contraceptives ;
- obstacles à l’utilisation de la contraception ;
- suggestions pour faciliter l’accès aux méthodes contraceptives.

4.5. Analyse des données


Les données ont été saisies et analysées sur micro-ordinateur à l’aide du
logiciel Epi info dans sa version 3.5.1, Excel 2007et Word 2007.

4.6. Considérations éthiques


Notre étude a porté sur les étudiants des deux sexes et l’information
recherchée était d’ordre intime et sentimental. De ce fait les conditions de
recueil et de conservation de l’information exigeaient le respect des principes
fondamentaux des droits humains.
Il est important de noter que l’administration du questionnaire conçu dans
le cadre de l’étude a été effectuée avec le consentement de l’enquêté.
Les étudiants ont été informés des objectifs de l’étude et leur
consentement éclairé a été obtenu.
L’anonymat du questionnaire et la confidentialité des données recueillies
ont été une garantie en retour.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 48


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
Au cours de notre étude nous avons effectué une enquête auprès de sept
cent vingt (720) étudiants dont deux cent vingt cinq (225) de 1ère et 3ème année et
cent trente cinq (135) de 2ème et 4ème.

5.1. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés

5.1.1. Age
Sept cent deux (703) étudiants avaient précisé leur âge.
L’âge moyen était de 23,5 ± 4,9 avec des extrêmes de 18 et 39 ans. Les
étudiants les plus âgés sont pour la plupart des fonctionnaires inscrits à l’IBAM.
Le tableau III donne la répartition des étudiants par tranche d’âge.

Tableau III: répartition des étudiants par tranche d’âge (n=703)

Tranche d'âge (ans) Effectifs %

15-19 10 1,4

20-24 482 68,5

25-29 205 29,2

30-34 4 0,6

35-39 2 0,3

Total 703 100

La tranche d’âge de 20-24 ans représentait 68,6%.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 50


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5.1.2. Sexe
La répartition des étudiants selon le sexe notait 66,1% de sexe masculin et
33,9% de sexe féminin soit un sexe ratio de 1,95.

5.1.3. Parité
Trente cinq (35) soit 4,9% étudiants affirmaient avoir au moins un enfant
dont quinze (15) hommes et vingt (20) femmes. Dix neuf (19) d’entre eux
étaient célibataires. Les grossesses n’étaient pas désirées dans 28,1% des cas.
Le nombre moyen d’enfant était de 1,3 avec des extrêmes de 1 et 5 enfants.
Le désir d’avoir un enfant avant la fin des études était éprouvé par la
moitié des étudiants (49,9%) dont 43,9% de filles et 56,1% de garçons.
Le nombre moyen d’enfant désiré par les étudiants était de 3,5 avec des
extrêmes de 1 et 7 enfants. Deux cent soixante huit (268) étudiants (41,5%)
désiraient avoir trois enfants.
Au moment de l’administration du questionnaire, cinq étudiantes portaient
une grossesse dont deux célibataires. La grossesse était désirée dans tous les cas.

5.1.4. Religion
La religion n’a pas été précisée dans deux cas.
Le tableau IV montre la répartition des étudiants en fonction de leur
ethnie

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 51


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Tableau IV: répartition des étudiants selon la religion (n=718)

Religion Effectifs %

Chrétienne 405 56,4

Musulmane 300 41,8

Animiste 11 1,5

Autres 2 0,3

Total 718 100

Les deux autres religions étaient la religion raélienne et le syncrétisme.

5.1.5. Nationalité
Sept cent treize (713) étudiants soit 99% étaient de nationalité burkinabè
et 7 d’autres nationalités notamment Béninoise (01), Congolaise (02),
Centrafricaine (01), Nigérienne (01) et Togolaise (02).

5.1.6. Ethnie
Nous avons résumé dans le tableau V les différentes ethnies des étudiants.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 52


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Tableau V: répartition des étudiants selon l’ethnie (n=719)

Ethnie Effectifs %

Bissa 37 5,2

Bobo 25 3,5

Gourmantché 26 3,6

Gourounsi 54 7,5

Mossi 404 56,2

Peulh 11 1,5

Samo 33 4,6

Autres 129 17,9

Total 719 100

L’ethnie mossi était majoritaire (56,2%).


Vingt et un (21) autres ethnies du territoire et cinq (5) de nationalité
étrangère ont été identifiées.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 53


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5.1.7. Situation matrimoniale
Les étudiants ont été repartis selon leur situation matrimoniale en
célibataire, concubinage et mariée (figure 1)

Célibataire=96,1%
Concubinage=1,3%
Marié=2,6%

Figure 1: distribution des étudiants selon la situation matrimoniale (n=720)

Vingt huit (28) étudiants avaient une vie maritale.


La moyenne d’âge au mariage était de 23,7 ans avec des extrêmes de 19 et
30 ans.

5.1.8. Lieu d’habitation


Les secteurs 28, 29, 30 abritaient 42,9% des étudiants avec respectivement
19,7%, 12,4% et 10, 8%. Quatre étudiants résidaient dans la commune rurale de
Saaba.
Le tableau VI donne la répartition des étudiants selon leur domicile
pendant l’année universitaire et pendant les vacances.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 54


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Tableau VI: répartition des étudiants ayant participé à l’étude selon leur
domicile

Domicile Année universitaire Vacances

n % n %

Parents 295 41,2 529 74,3

Amis 133 18,6 47 6,6

Cité 46 6,4 8 1,1

Conjoint 16 2,2 19 3,1

Seul en location 86 12 40 5,6

Tuteurs 137 19,1 59 8,3

Autres 3 0,4 7 1

Total 716 100 712 100

5.1.9. Moyens de déplacement


Le tableau VII donne la distribution des étudiants en fonction de leur
moyen de déplacement.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 55


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Tableau VII: Distribution des étudiants selon le moyen de déplacement
(n=712)

Moyen de déplacement Effectifs %

Bus/taxis 30 4,2

Moto 348 48,9

Pied 35 4,9

Vélo 296 41,6

Voiture personnelle 3 0,4

Total 712 100

Les étudiants se déplacent à moto ou à vélo dans respectivement 48,9% et


41,6% des cas.

5.1.10. Source de revenu


Le Fond National pour l’Education et la Recherche (FONER) représentait
68,3% des sources de revenu des étudiants suivi des parents /conjoint (28,9%) et
de la bourse (85 étudiants). Les autres sources étaient essentiellement le salaire
pour les étudiants fonctionnaires (04 étudiants), les activités personnelles et les
amis.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 56


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5.2. Connaissances et attitudes en matière de contraception

5.2.1. Connaissances des méthodes contraceptives


Sept cent quinze (715) étudiants ayant répondu à la question relative à la
connaissance en matière de contraception ont donné une réponse affirmative
dans la totalité des cas.
Le tableau VIII illustre la répartition des étudiants en fonction de leur
connaissance des différentes méthodes contraceptives.

Tableau VIII: répartition des étudiants selon leur connaissance des


méthodes contraceptives

Méthodes contraceptives Effectifs %

Préservatifs 654 90,8

Contraceptifs oraux 580 80,6

Implants 283 39,3

Contraceptifs injectables 137 19

DIU 322 44,7

Méthodes naturelles 284 39,4

Ligature des trompes 30 4,2

Autres 26 3,6

Certains étudiants avaient cité plusieurs méthodes à la fois.


Le préservatif était connu des étudiants dans 90,8% des cas, suivi des
pilules (80,6%).

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 57


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Les méthodes naturelles évoquées par les étudiants étaient le coït
interrompu, les méthodes du collier, de la glaire cervicale et du calendrier.
Les autres méthodes citées par les étudiants étaient : les spermicides, le
diaphragme, ovariectomie, ablation de l’utérus.
Dans le tableau IX figurent les différentes méthodes contraceptives citées
par les étudiants en fonction du cycle d’étude

Tableau IX: Distribution des méthodes contraceptives citées par les


étudiants selon le cycle d’étude universitaire

Méthodes contraceptives 1er cycle 2ème cycle

Préservatif 326 328

Contraceptifs oraux 293 287

Implants 131 152

DIU 142 180

Contraceptifs injectables 70 67

Méthodes naturelles 146 138

Ligature de trompes 8 22

Autres 11 15

Les mêmes méthodes contraceptives étaient évoquées par les étudiants du


premier et du second cycle pratiquement dans les mêmes proportions. Le constat
est le même dans les différentes UFR et de l’institut.
La figure 2 représente la répartition des étudiants en fonction de leur
connaissance des méthodes contraceptives et selon leur sexe.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 58


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Pourcentage

100
90
80
70
60
50
40
Masculin
30
Féminin
20
10
0

Figure 2: répartition des étudiants selon leur connaissance des méthodes


contraceptives et selon le sexe

Les étudiants ont cité les mêmes méthodes contraceptives et dans les
mêmes proportions que les étudiantes sauf pour le cas des contraceptifs oraux,
des implants et du DIU où les étudiantes étaient mieux informées.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 59


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5.2.2. Connaissances des avantages et des inconvénients des méthodes
contraceptives
La connaissance des avantages est illustrée dans le tableau X.

Tableau X: répartition des étudiants selon la connaissance des avantages


des méthodes contraceptives

Avantages Effectifs %

Eviter les grossesses non désirées 520 72,2

Eviter les IST/VIH 469 65,1

Espacement des naissances 146 20,3

Autres avantages 34 4,7

Cinq cent dix (510) étudiants soit 70,8% ont pu citer au moins deux
avantages des méthodes contraceptives.
La protection contre les IST/VIH a été évoquée par 65,1% des étudiants
les grossesses non désirées par cinq cent vingt (520) soit 72 ,2%.
Les autres avantages cités par les étudiants étaient économique (contrôle
des dépenses familiales), sanitaire (bien être de la femme, protection contre
l’hépatite), social (évite la paternité ou maternité précoce)
Les données se rapportant à la connaissance des inconvénients figurent
dans le tableau XI.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 60


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Tableau XI: répartition des étudiants selon la connaissance des
inconvénients des méthodes contraceptives

Inconvénients Effectifs %

Stérilité 200 27,8

Trouble du cycle 74 10,3

Mauvaise conduite sexuelle* 58 8,1

Prise pondérale 43 6

Cancer 17 2,4

Autres inconvénients 208 28,9


* =infidélité, vagabondage sexuel, précocité des rapports sexuels

Le cancer comme inconvénient a été évoqué par dix sept étudiants.


Les autres inconvénients évoqués par les étudiants étaient:
- ne protège pas contre les infections (VIH et hépatite),
- effets secondaires,
- diminution du plaisir sexuel pour le cas du préservatif,
- grossesse extra utérine,
- irréversibilité des effets des méthodes contraceptives,
- nécessité de personnels qualifiés pour la prescription de certains
contraceptifs,
- conséquences sociales : divorce, disputes au sein du couple.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 61


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5.2.3. Connaissance de la contraception d’urgence
Quatre cent cinquante deux (452) étudiants soit 66,9% sur les 676 ayant
répondu à cette question avaient affirmé ne pas connaitre la contraception
d’urgence.

5.2.4. Attitudes des étudiants face à la contraception


Cinq cent vingt six (526) étudiants soit 73,1% estimaient que la
contraception est une bonne pratique. Seuls vingt et un (21) étudiants soit 2,9%
en avaient une appréciation négative.

5.2.5. Lieu d’accès aux méthodes contraceptives


Dans le tableau XII se trouve la répartition des étudiants en fonction du
lieu d’accès des différentes méthodes contraceptives. Certains étudiants avaient
cité plusieurs sources.

Tableau XII: répartition des étudiants selon le lieu d’accès aux méthodes
contraceptives

Lieu Effectifs %

Service de santé du CENOU 169 23,5

Centre de santé 405 56,3

ABBEF 257 35,7

Pharmacie 390 54,2

Boutique 50 6,9

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 62


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Comme source d’accès aux méthodes contraceptives, la pharmacie était
connue des étudiants dans 54,2% des cas.

5.2.6. Méthodes contraceptives et VIH/SIDA


Les méthodes qui protègent contre le VIH/SIDA citées par les étudiants
sont résumées dans le tableau XIII.

Tableau XIII: distribution des étudiants selon les méthodes contraceptives


qui protègent contre le VIH/SIDA

Méthodes contraceptives Effectifs %

Préservatif 637 88,5

Abstinence 242 33,6

Fidélité 33 4,6

Pilule 6 0,8

Implant 3 0,4

Aucune méthode 12 1,7

En matière de protection contre le VIH/SIDA, les méthodes


contraceptives correctement citées par les étudiants étaient le préservatif dans
88,5% et l’abstinence (33,6%).

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 63


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5.3. Utilisation des méthodes contraceptives

5.3.1. Taux d’utilisation des méthodes contraceptives


Quatre cent vingt neuf (429) étudiants soit 61,9% avaient déjà utilisé au
moins une méthode contraceptive de par le passé.
Trois cent quarante trois (343) étudiants soit 51% utilisaient une méthode
contraceptive à la date de l’enquête.
Le tableau XIV résume le taux d’utilisation des méthodes contraceptives
en fonction du sexe.

Tableau XIV: taux d’utilisation des méthodes contraceptives en fonction du


sexe des étudiants.

Sexe Effectif des utilisateurs Effectif total %


n N n /N

Masculin 249 442 56,3

Féminin 94 230 40,9

Total 343 672 51,0

Le taux d’utilisation de méthodes contraceptives dans notre série était de


51% avec respectivement 56,3% pour les étudiants et 40,9% pour les étudiantes.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 64


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5.3.2. Différentes méthodes utilisées par les étudiants
Le tableau XV compare les méthodes contraceptives déjà utilisées et
celles actuellement utilisées par les étudiants.

Tableau XV: comparaison des méthodes déjà utilisées et des méthodes


actuellement utilisées.

Méthodes Méthodes actuellement


contraceptives Méthodes déjà utilisées utilisées

Effectifs % Effectifs %

Préservatif 380 52,8 257 81,1

Contraceptifs oraux 59 8,2 14 4,4

Contraceptifs injectables 7 1 1 0,3

Méthodes naturelles* 54 7,5 39 12,3

Implant - - 6 1,9
*= abstinence, coït interrompu, MAMA, collier.

Le préservatif était et reste la méthode contraceptive la plus utilisée par


les étudiants. Il est utilisé actuellement par 81,1% des étudiants.
La distribution des étudiants selon la méthode et selon le sexe est
mentionnée dans le tableau XVI.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 65


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Tableau XVI: distribution des étudiants selon la méthode utilisée et selon le
sexe

Méthodes utilisées Etudiants Etudiantes

Effectifs % Effectifs %

Préservatif 192 81,1 65 75,6

Contraceptifs oraux - - 12 14

Contraceptifs injectables - - 1 1,2

Implant - - 4 4,7

Méthodes naturelles 35 15,2 4 4,7

Les étudiantes exigeaient l’utilisation du préservatif de leur partenaire


dans 75,6% des cas.

5.3.3. Cas de la contraception d’urgence


Deux cent vingt quatre (224) étudiants soit 33,1% connaissait la
contraception d’urgence.
La contraception d’urgence avait été utilisée par 80 étudiants soit 35,2% .Les
raisons évoquées étaient: l’échec du préservatif lors de son utilisation dans
67 ,1% des cas et le rapport sexuel sans contraception dans 32,9%.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 66


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5.3.4. Raisons de la non utilisation des méthodes contraceptives
Les raisons évoquées sont récapitulées dans le tableau XVII.

Tableau XVII: répartition des étudiants selon les raisons de la non


utilisation des méthodes contraceptives

Raisons Effectifs %

Non sexuellement actif 151 21,0

Religion 12 1,7

Non marié 26 3,6

Confiance au partenaire 4 0,6

Crainte des complications 11 1,5

L’absence d’activité sexuelle représentait 21% des raisons de non


utilisation des méthodes contraceptives.

5.3.5. Recours à un agent de santé pour la prescription des méthodes


contraceptives
Quatre vingt et un (81) étudiants soit 22,3% avaient eu recours à un
agent de santé pour la prescription des méthodes contraceptives.
Le tableau XVIII représente l’utilisation des méthodes contraceptives
avec ou sans recours à un agent de santé.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 67


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Tableau XVIII: utilisation des méthodes contraceptives et le recours à un
agent de santé

Méthodes contraceptives Recours à un agent de santé

non oui

Préservatif 266 56

Pilule 11 47

Contraceptif injectable 0 6

Méthodes naturelles 28 6

Cinquante six(56) étudiants 17,4% ont eu recours à un agent de santé


pour la prescription du préservatif.

5.4. Comportement sexuel des étudiants


Sept cent treize (713) étudiants soit 99% ont accepté donner des
informations sur leurs expériences sexuelles. Ils étaient 469 soit 65,8% à avoir
déjà eu des rapports sexuels à la date de l’enquête dont 66,4% de filles et 65 ,2%
de garçons. Les rapports sexuels étaient réguliers chez 31,6% des étudiants.
Ces rapports sexuels étaient toujours protégés dans 60,4%, parfois dans 36,3%
et jamais dans 3,3% des cas. Les étudiants recouraient à la protection
systématique dans 66,2% contre 48,9% chez les étudiantes.
Dans notre population d’étude ils étaient 315 soit 48,3% à affirmer avoir
un partenaire sexuel régulier : les étudiantes dans 71,9% des cas et les étudiants
dans 37,1%.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 68


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5.4.1. Age au premier rapport sexuel
L’âge moyen au premier rapport sexuel était de 19,2 ans ± 5,5 avec des
extrêmes de 10 et 26 ans.
La figure 3 représente les différentes tranches d’âge au premier rapport
sexuel.

50,8%
46,4%

1,9% 0,9%

<15 15-19 20-24 ≥25

Tranche d’âge (ans)

Figure 3: répartition des étudiants selon la tranche d’âge au premier


rapport sexuel (n=426)

5.4.2. Déterminants du premier rapport sexuel


Les raisons ayant motivé le premier rapport sexuel sont mentionnées dans
le tableau XIX.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 69


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Tableau XIX: distribution des étudiants selon les raisons du premier
rapport sexuel

Raisons Effectifs %

Sentiments 269 58,9

Curiosité 138 30,2

Mimétisme 28 6,2

Menace ou peur 7 1,5

Viol 2 0,4

Devoir conjugal 11 2,4

Besoin financier 2 0,4

Total 457 100

Les sentiments ont motivé le premier rapport sexuel dans 58,9% des cas.

5.4.3. Age au mariage


Dix neuf étudiants dont 5 hommes et 14 femmes avaient une vie maritale.
La moyenne d’âge au mariage était de 23,7ans ± 9,8 avec des extrêmes
de 19 et 30 ans. Treize d’entre eux se sont mariés au cours de leurs études
supérieures.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 70


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
5.5. Contraception et centre d’écoute pour jeunes
Cinq cent quatre vingt neuf (589) étudiants 85,6% ont connaissance de
l’existence de centre d’écoute pour jeune.
Deux cent soixante quatre (264) étudiants soit 38,5% ignorait l’existence
d’un centre d’écoute pour jeune au service de santé du CENOU.

5.6. Obstacles à la pratique de la contraception

5.6.1. Accessibilité financière


La barrière financière avait été évoquée par 209 étudiants soit 29% avec
respectivement 15,7% pour la baisse du coût et 13,3% pour la gratuité des
méthodes contraceptives.

5.6.2. Facteurs psychosociaux


Cent vingt huit (128) étudiants 17,8% doutaient de la fiabilité des
différentes méthodes contraceptives.
La crainte des inconvénients en général était retrouvé chez 102 étudiants
soit 14,2% ; 17 étudiants avaient nommément cité le cancer comme
inconvénients et la mauvaise conduite sexuelle avait été évoquée par 8,1% des
étudiants.

5.7. Suggestions des étudiants


Plusieurs suggestions avaient été faites à la fois par certains étudiants.
Nous avons regroupé dans le tableau XX les suggestions faites par les
étudiants pour faciliter l’accès aux méthodes contraceptives.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 71


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
Tableau XX : Suggestions faites pour faciliter l’accès aux méthodes
contraceptives

Suggestions Effectifs %

Sensibilisation 483 67,1

Baisse du coût 113 15,7

Gratuité 96 13,3

Promotion de centre d'écoute 51 7,1

Quatre cent quatre vingt trois (483) étudiants soit 67,1% avaient proposé
la sensibilisation par des spots publicitaires, des théâtres-fora… pour faciliter
l’accès des étudiants aux méthodes contraceptives. La barrière financière a été
évoquée par 209 étudiants soit 29%.
D’autres suggestions avaient également été formulées par les étudiants en
l’occurrence :
- la mise en place d’un numéro vert d’information ;
- l’insertion de module de formation sur la sexualité dans les programmes ;
- la décentralisation des centres d’écoute au niveau des cités universitaires ;
avec augmentation du personnel ;
- la création de clubs de santé dans les UFR avec une cellule spéciale ;
composée d’étudiants en médecine pour sensibiliser leurs pairs
- l’engagement de la MUNASEB pour la subvention des produits de
contraception ;
- l’augmentation des allocations des étudiants.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 72


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
6. DISCUSSION
6.1. Limites et contraintes de l’étude

Au cours de notre étude nous avons enregistré quelques difficultés.


La difficulté majeure se trouvait au niveau du repérage des différentes
promotions. En effet après le choix des promotions, il fallait se procurer les
emplois du temps. Ces emplois du temps étaient pour la plupart hebdomadaires.
Puis il fallait identifier les amphithéâtres où les cours étaient dispensés. Cette
étape était la plus laborieuse compte tenu du fait que la majorité des promotions
n’avait pas de sites fixes pour les cours, excepté les étudiants de l’IBAM et
certaines promotions de l’Université Ouaga II.
Certaines questions portaient sur le comportement sexuel, donc d’ordre
intime, de ce fait elles pourraient ne pas être répondues par les étudiants. De
même les étudiants des filières scientifiques pourraient être mieux informés que
leurs confrères.
Aussi, n’avons-nous pas eu l’effectif total des étudiants de l’université
Ouaga II.
En dépit de toutes ces difficultés et contraintes, nous pensons que cette
étude contribuera à améliorer la qualité de la santé des étudiants en l’occurrence
la santé reproductive.

6.2. Connaissances en matière de contraception

Nous avons trouvé dans notre étude que la totalité des étudiants
connaissaient ou avaient déjà entendu parler de méthodes contraceptives. Ces
résultats sont au dessus de ceux de Gichangi au Kenya (1998) [21], Aggarwal en
Inde (1995) [2], Masmoudi-soussi en Tunisie (2004) [36] et Simbar en Iran
(2004) [53] qui ont trouvé dans leurs études respectivement 95%, 88,7%, 87% et
55%.
En Iran, l’éducation parentale fortement islamique et les conditions socio-
économiques influenceraient le niveau de connaissance en matière de santé de la
Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 74
publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
reproduction. Notre taux élevé est à l’image de celui national. Selon l’EDS
2003, 91% des femmes et 93% des hommes au Burkina Faso connaissent au
moins une méthode contraceptive. Ce niveau de connaissance élevé pourrait
justifier en partie la large connaissance des avantages des méthodes
contraceptives puisque 70,8% des étudiants ont pu donner au moins deux
avantages.
La première méthode contraceptive connue des étudiants est le préservatif
(90,8%). Cette fréquence est proche de celle d’Arowojolu au Nigéria (2002) [4]
qui a trouvé dans son étude 93%. Ce résultat est cependant supérieur à celui de
Simbar qui trouvait 72%.
Cette différence pourrait s’expliquer par le fait qu’au Burkina Faso depuis
l’avènement de la pandémie du VIH/SIDA, de vastes campagnes de
sensibilisation ont été entreprises et le préservatif était mis au centre des moyens
de prévention.
Les contraceptifs oraux sont connus des étudiants dans 80,6% des cas. Ce
pourcentage est similaire à celui de Barbour au Liban (2005) [7] et Simbar qui
ont trouvé respectivement 82,8% et 82%. La connaissance des contraceptifs
oraux vient au deuxième rang des méthodes contraceptives. Ce constat est
également fait par Barbour, mais dans la série de Simbar, ils viennent en
première position.
Nos résultats pourraient s’expliquer par le fait que ces méthodes font partie de
celles dont l’usage ne nécessite pas un personnel qualifié. Ils sont faciles
d’accès, disponibles dans les centres de Santé Maternelle et Infantile (SMI), les
pharmacies et semblent être la méthode proposée en première intention aux
jeunes filles.
La connaissance de la contraception d’urgence reste faible (33,1%). Cette
fréquence est en dessous des 51,4% d’Addo au Ghana (2005) [1]. Elle est deux
fois inferieure à celles trouvées par Miller en Pennsylvanie (USA) en 2010 [37]

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 75


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
et Kang en Corée du Sud (2007) [29] avec respectivement 73,6% et 76,3%. Nos
données sont au delà de celles nationales qui sont de 15,7% et 9,4%
respectivement pour les hommes et les femmes (EDS 2003).
Ce faible taux en général au Burkina Faso pourrait s’expliquer par l’insuffisance
de communication en faveur de la contraception d’urgence aussi bien de la part
des décideurs que des prestataires.

6.3. Taux d’utilisation des méthodes contraceptives

Si l’ensemble des étudiants de notre série ont une connaissance sur la


contraception, on note cependant une faible utilisation des méthodes
contraceptives. Ainsi seuls 51% des étudiants utilisaient au moins une méthode.
Ces résultats sont largement en dessous de ceux de Sorhaindo en Jamaïque
(2002) [54] qui trouvait que 93% d’étudiants avaient utilisé une forme de
contraception dans leur vie. Par contre ce taux est supérieur à celui d’Arowojolu
au Nigéria [4] qui trouvait dans son étude 34,2% d’utilisateurs. Par ailleurs ce
taux est nettement supérieur à la prévalence nationale et celle de la région du
centre qui sont respectivement de 26,6 et de 34,3% [26].
Cette relative différence élevée par rapport au taux national pourrait s’expliquer
par le niveau d’instruction de notre population d’étude. En effet selon l’EDS IV
50,5% des burkinabè ayant un niveau secondaire et plus utilisent au moins une
méthode contraceptive.
Le préservatif était la méthode la plus utilisée par les étudiants (81,1%).
Ce taux s’approche des 86,64% de Nacanabo (2007) [41] chez des adolescentes
au Burkina Faso mais nettement au dessus des 43,97% trouvé par Rowen en
Californie (USA) en 2010 [50]. Tout comme dans ces études, il vient en
première position en termes d’utilisation dans notre série.
Ce fort taux d’utilisation du préservatif serait lié à sa facilité d’accès : disponible
dans les services de santé, centre d’écoute, et dans les boutiques citées par 6,9%

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 76


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
des étudiants ; à son coût relativement abordable grâce à la subvention de la
PROMACO. En outre le double avantage de protection tel que affirmé par
Forrest [18] et Free [19] : protection contre les grossesses non désirées et les
IST/VIH/SIDA, fait du préservatif une méthode populaire. Il est d’ailleurs cité
par 88,5% des étudiants comme moyen de protection contre le VIH/SIDA. Son
utilisation devrait être encouragée dans cette frange de la population très
sexuellement active. Cependant il convient de souligner la nécessité de la
rigueur dans son mode d’utilisation. En effet, 67,1% des étudiants justifiaient
l’usage de la contraception d’urgence par l’échec du préservatif. Cette situation
serait-elle liée à la qualité du préservatif ou à une mauvaise utilisation ? La
dernière hypothèse nous semble plus plausible car seuls 17,4% des étudiants ont
eu recours à un agent de santé avant l’utilisation du préservatif. Dans tous les
cas l’association d’une autre méthode (notamment les contraceptifs oraux)
pourrait aider à minimiser le risque de survenue de grossesses non désirées.
Dans les études de Rowen et de Sorhaindo l’usage des contraceptifs oraux
vient au deuxième rang après le préservatif avec respectivement 37,9% et 34%.
Nous avons également fait le même constat mais avec un taux d’utilisation
beaucoup plus faible (4,4%).
Ce résultat trouverait son explication dans le fait que cette méthode n’offre pas
l’avantage de protéger contre les IST/VIH/SIDA surtout si l’on considère que la
majorité des étudiants (51,7%) n’ont pas un partenaire sexuel régulier et qu’ils
ont des rapports sexuels occasionnels (68,4%).
Quant à la contraception d’urgence, son usage reste faible 35,2% à
l’image de sa connaissance 33,1%. Ce faible taux a également été relevé dans
l’étude de Noufe en 2008 chez des étudiantes 21% au Burkina Faso. Les raisons
qu’il évoquait étaient le coût élevé, l’indisponibilité de ces produits et l’attitude
peu conciliante des agents de santé.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 77


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
Le préservatif était la première méthode 88,5% citée par les étudiants
comme protégeant contre le VIH suivi de l’abstinence 33,6%. Ces taux sont le
résultat des différentes campagnes entreprises depuis l’avènement de la
pandémie du VIH/SIDA. La sensibilisation était axée sur la culture d’un
comportement sexuel responsable avec au centre l’usage du préservatif,
l’abstinence et la fidélité. Les deux premiers moyens qui sont par ailleurs des
méthodes contraceptives de lutte contre le VIH étaient fortement recommandés
dans la population jeune. Ce qui fait qu’ils sont majoritairement cités dans notre
série.
En dépit de toutes ces connaissances théoriques des étudiants, des efforts
restent encore à faire dans la pratique quotidienne. En effet, nous avons noté au
cours de notre étude, des comportements sexuels à risque chez certains étudiants
35,9% des célibataires. En plus certaines méthodes contraceptives ne protégeant
pas contre le VIH avaient été citées par des étudiants. Ces comportements et
cette ignorance doivent être corrigés de façon diligente. Ils sont de nature à
favoriser la propagation de la maladie et ainsi annihiler les efforts consentis par
les autorités et les acteurs de lutte contre le VIH. Selon l’ONU/SIDA le taux de
prévalence est passé de 7,17% en 1997 à 1,6% en 2007 [39].

6.4. Age et déterminants du premier rapport sexuel

Si de nombreux auteurs ont trouvé l’âge des premiers rapports sexuels


entre 17 et 18 ans [11, 22, 30, 42, 52], nous notons dans notre étude un âge
moyen élevé de 19,2 ans. Cette survenue des premiers rapports sexuels après
l’adolescence est à mettre à l’avantage des étudiants car à cet âge ils sont censés
comprendre les conséquences des rapports sexuels protégés ou non. Ainsi ils
seraient à l’abri des IST et VIH/SIDA, de la paternité ou maternité précoce
source de perturbation des études supérieures. De même, les étudiantes
pourraient être moins exposées au cancer du col de l’utérus. En effet des études

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 78


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
ont noté que la précocité des rapports sexuels et les accouchements précoces
constituaient des facteurs importants dans la survenue des lésions
précancéreuses [6, 14, 31, 43, 45, 56].
Le sentiment était la première raison ayant motivé le premier rapport
sexuel des étudiants alors que les adolescentes dans l’étude de Nacanabo [41]
avaient évoqué la curiosité. La maturité d’esprit des étudiants avant leur
première expérience sexuelle (âge moyen 19,2 ans) expliquerait en partie ce
résultat.
Dans notre série, des cas de menace ou peur et de viol ont été signalés. Ce
qui n’est pas sans conséquences si l’on considère que dans un tel contexte les
rapports sexuels peuvent se faire sans mesures de protection. Ce qui pourrait de
ce fait exposer les victimes à des grossesses non désirées et à des risques
d’IST/VIH/SIDA.

6.5. Obstacles à la pratique de la contraception

Dans notre étude, 17,8% des étudiants doutaient de la fiabilité des


différentes méthodes contraceptives et 14,2% en craignaient les inconvénients.
Ce doute peu justifié de la part des étudiants pourrait s’expliquer par le non
respect des prescriptions des prestataires par certains usagers. Ce qui peut
conduire à la survenue d’effets contraires recherchés (grossesses non désirées
par exemple).
Le faible niveau de connaissance des inconvénients, les informations erronées
sur ceux-ci pourraient justifier la crainte des inconvénients de façon générale.
Cette situation trouverait son explication dans la stratégie de communication en
matière de planification, axée spécifiquement sur les avantages [38]. D’où la
nécessité de renforcer la communication prenant en compte tous les aspects de la
planification y compris les inconvénients des méthodes contraceptives afin de
favoriser une meilleure adhésion.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 79


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
La crainte du cancer avait été évoquée par dix sept étudiants 2,4%. Même
s’il est établit que le risque de survenue du cancer du col de l’utérus croît avec
l’usage des contraceptifs oraux combinés et que ce risque décroît à l’arrêt [27].
Cette donnée à elle seule ne saurait justifier la crainte des étudiants car ce risque
est de 4,8 pour mille femmes pour une utilisation de plus de 20 ans [20]. Leur
attitude serait plutôt liée à la psychose générale autour du cancer. Il est considéré
comme une affection très grave et incurable avec une prise en charge palliative
coûteuse.
Même si d’importants efforts ont été faits en matière de subvention de
prix des produits contraceptifs (pilule =100f CFA /mois, Jadelle® = 1000f
CFA/5ans, contraceptif injectable = 400f CFA/3mois), 29% des étudiants
de notre série ont cependant évoqué une barrière financière.
Ce motif de préoccupation peu fondé pourrait s’expliquer par le fait que la
majeure partie des étudiants (68,3%) dépendent des allocations du FONER. Ce
fond peu suffisant (150000 à 200000 CFA par an) est destiné à soutenir
principalement les études. Mais compte tenu de la situation financière des
parents : près de la moitié (46,4%) de la population burkinabè vit en dessous du
seuil de la pauvreté [28], ce financement est aussi utilisé pour assuré d’autres
besoins essentiels notamment l’alimentation. Face à cette situation de survie, la
question de la contraception pourrait être effectivement reléguée au second plan.
Il nous semble important de souligner le problème de fréquentation de
l’unique centre d’écoute pour jeune au CENOU. Le centre, crée en 2008 mène
des activités en faveur de la sexualité des étudiants. La majeure partie des
activités du centre est focalisée sur le conseil dépistage VIH/SIDA et parfois sur
la planification familiale. Bien que situé au sein du campus le centre accuserait
un faible taux de fréquentation selon les responsables (80 à 90 étudiants par
trimestre) contrastant avec la connaissance de son existence par les étudiants
(61,5%).

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 80


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
Deux raisons pourraient justifier cet état de fait :
- l’insuffisance de communication et d’information sur les activités du
centre : en dehors des activités de sensibilisation organisée en 2010 en
partenariat avec l’ABBEF le centre n’a organisé aucune autre campagne
d’envergure à même de toucher les cités universitaires.
- le fait que les étudiants vivent en dehors du campus dans des secteurs
souvent éloignés. C’est le cas des secteurs 28, 29, 30 abritant 42,9% des
étudiants avec un rayon minimum de 6 km. Ils se rendent à l’université
essentiellement pour les activités académiques.
En plus du faible taux de fréquentation, nous avons constaté un problème
de disponibilité des produits contraceptifs au niveau du centre d’écoute. En
dehors du préservatif masculin, aucune autre méthode de contraception n’est
disponible. Cette indisponibilité des produits contraceptifs trouverait sa
justification d’une part dans le manque de moyens financiers de la structure pour
son approvisionnement en produits. D’autre part, dans le fait que le service de
santé auquel est rattaché le centre d’écoute aurait décidé de ne rendre disponible
les produits contraceptifs qu’au niveau du dépôt pharmaceutique. Ils ne sont
donc accessibles, pour la plupart que sur prescription médicale.
Cette situation pourrait donc porter préjudice à l’utilisation massive de la
contraception par les étudiants.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 81


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
7. CONCLUSION
Cette étude qui s’est déroulée dans les universités publiques de
Ouagadougou nous a donné l’opportunité d’évaluer le niveau de connaissance
des étudiants en matière de contraception, d’apprécier le taux d’utilisation et
d’analyser leur comportement. Elle nous a permis également de révéler des
obstacles pouvant être un frein à l’utilisation des méthodes contraceptives et de
recueillir les suggestions des étudiants afin d’améliorer l’accès à ces méthodes.
Au terme de l’étude, le constat est le suivant : les étudiants des universités
publiques de la ville de Ouagadougou ont un niveau de connaissance très élevé
des méthodes contraceptives. Cependant le niveau d’utilisation reste peu
satisfaisant malgré une adhésion à la pratique.
De nombreux obstacles relatifs à des facteurs psychosociaux : doute sur la
fiabilité, craintes des inconvénients ; à l’accessibilité financière et à la
disponibilité des produits contraceptifs ont été retrouvés. La correction de ces
facteurs pourrait aider à inverser cette tendance.
Devant la nécessité d’améliorer la santé de la reproduction dans cette
frange de la population, une analyse plus approfondie des obstacles, prenant en
compte tous les déterminants de la non utilisation des produits contraceptifs
serait souhaitable.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 83


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
8. SUGGESTIONS
Après analyse de notre étude, il nous semble utile de faire les suggestions
suivantes :

A l’endroit du Ministre de la santé


Installer des centres de planification familiale aux lieux de résidence des
étudiants et faire baisser le coût des méthodes contraceptives pour eux.

A l’endroit du directeur général de la Santé de la famille

Mettre en place un numéro vert d’information, gratuit et accessible à tous


les jeunes avec préservation de l’anonymat. Ce système devrait être un
tremplin pour fournir des informations justes en matière de contraception.

A l’endroit du directeur général du CENOU


1. Mettre à la disposition du centre d’écoute pour jeunes des ressources
financières nécessaires pour son approvisionnement en produits
contraceptifs.
2. Inclure la prise en charge des produits de contraception dans les
prestations de la mutuelle.

A l’endroit des étudiants


1. Fréquenter les centres d’écoute pour jeunes notamment celui du service de
santé du CENOU qui est créé pour les étudiants. Cela leur permettra
d’exposer les problèmes se rapportant à la santé sexuelle et d’avoir des
informations justes en matière de contraception.
2. S’adresser toujours à un service habilité avant toute utilisation de produits
contraceptifs.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 85


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
3. Adopter un comportement sexuel responsable en prenant les précautions
nécessaires pour éviter les grossesses non désirées, les IST et le
VIH/SIDA.

Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 86


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
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Connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu estudiantin des universités 94


publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)
ANNEXES

xxvi
xxvii
xxviii
Liste des promotions retenues

UFR/SH : Sociologie : 3ème année


Géographie : 1ère année

UFR/LAC : Anglais : 3ème année


Lettres Modernes : 1ère année

UFR/SEA : Physiques : 4ème année


Sciences Et Technologies : 1ère année

UFR/SJP : Droit : 3ème année


Droit : 2ème année

UFR/SVT : Sciences et Technologie : 2ème année


Microbiologie : 4ème année

UFR/SDS : Médecine : 3ème année


Pharmacie : 1ère année

IBAM : Licence Professionnelle Finance Appliquée


Commerciale : 3ème année
Finance Comptabilité/Banque et Gestion : 1ère année

UFR/SEG : Macroéconomie Gestion du Développement : 4ème année


Sciences Economiques et de Gestion : 1ère année

xxix
Questionnaire

Le présent questionnaire vous est adressé dans le cadre d’un travail de fin d’études
(thèse de doctorat en médecine) sur le thème : « connaissances attitudes et pratiques de la
contraception en milieu estudiantin de l’université de Ouagadougou et OuagaII ». Il
s’adresse aux étudiants du 1er et du 2nd cycle de l’université de Ouagadougou et de OuagaII.
Il est strictement anonyme et son remplissage prend environ 15 minutes.
Nos sincères remerciements pour votre franche collaboration.
Pour toute information, veuillez contacter M. Loceni BANHORO 70140053/78690211

Fiche n°
I- Identification du questionnaire
I-1 date de l’enquête /………/……../……../
I-2 UFR /……………… Filière ……………………….Niveau d’étude………………….

II- Identification et caractéristiques socioculturelles de l’enquêté


II-1 Quel est votre âge ? /……………ans/
II-2 Quel est votre sexe ? - Masculin [……] - Féminin [……]
II-3 Quelle est votre religion ?
- Chrétienne [……] - Musulmane [……] - Animiste [……]
- Autres (préciser)…… ………………………………………………………………….
II-4 Quelle est votre nationalité ?
- Burkinabé [……]
- Autre [……] préciser…………………………………………………………….
II-5 Quelle est votre ethnie ?
- Mossi [……] - Gourounsi [……] - Gourmantché [……]
- Bissa [……] - Samo [……] - Peulh [……]
- bobo [……]
- Autre (préciser)………………………………………………………………………….
II-6 Quelle est votre situation matrimoniale ?
- Mariée [……] - Célibataire [……]
- Concubinage [……] - Divorcée [……]
II-7 Si mariée à quel âge ? / ...................ans/ et à quel niveau d’étude ?
- 1er cycle du secondaire [……] - 2ème cycle du secondaire [……]
- Supérieur [……]
II-8 Si non avez-vous un partenaire régulier ?
- Oui [……] - Non [……]
II-9 Quel est votre lieu d’habitation pendant l’année universitaire ?
- En cité universitaire [……] - Seule en location [……] - Avec des amis (es) [……]
- Avec vos parents [……] - Avec votre conjoint [……] - Avec un tuteur/tutrice [……]
- Autres (préciser)…………………………………………………………………………
II-10 Quel est votre lieu d’habitation pendant les vacances ?
- En cité universitaire [……] - Seule en location [……] - Avec des amis (es) [……]
- Avec vos parents [……] - Avec votre conjoint [……] - Avec un tuteur/tutrice [……]
- Autres (préciser)…………………………………………………………………………
II-11 Quel est votre secteur de résidence ?…………………………………………………...
II-12 Quel est votre moyen de déplacement habituel ?
- Moto [……] - Vélo [……] - Bus/taxi [……]
- Voiture personnelle [……] - A pied [……]

xxx
II-13 Quelle est votre source de revenu ?
- Bourse [……] - FONER [……] - Parents/conjoint [……]
- Amis (es) [……] - Activités [……]
- Autre (préciser)………………………………………………………………………….

III- Connaissances et utilisation des méthodes de contraception


III-1 Avez-vous déjà eu des rapports sexuels ?
- Oui [……] - Non [……]
III-2 Si oui pour la première fois quel âge aviez-vous ?/…………ans / et quelle était la
raison ?
- Sentiment [……] - Curiosité [……] - Faire comme les autres [……]
- Menace ou peur [……] - Devoir conjugal [……] - Besoin financier [……]
- Autre (préciser)………………………………………………………………………….
III-3 Entretenez-vous régulièrement des rapports sexuels ?
- Oui [……] - Non [……]
III-4 Ces rapports sont-ils protégés ?
- Toujours [……] - Parfois [……]
- Jamais [……]
III-5 Avez-vous déjà entendu parler des méthodes de contraception ?
- Oui [……] - Non [……]
III-6 Quelles sont les méthodes contraceptives que vous connaissez ou dont vous avez
entendu parler ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
III-7 Citez deux avantages et deux inconvénients des méthodes que vous connaissez
-Avantages :……………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
-Inconvénients :………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………
III-8 Avez-vous déjà utilisé une méthode contraceptive ?
- Oui [……] - Non [……]
III-9 Si non, pourquoi ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
III-10 Quelles sont les méthodes que vous avez déjà utilisées ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
III-11 Avez-vous eu recours à un agent de santé ?
- Oui [……] - Non [……]
III-12 Où peut-on avoir accès à ces méthodes contraceptives ?
- Service de santé du CENOU [……]
- ABBEF [……]
- Centre de santé [……]
- Pharmacie [……]

xxxi
- Autres (préciser)…………………………………………………………………………
III-13 Selon vous quelles sont les méthodes contraceptives qui protègent contre le VIH ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
III-14 Utilisez-vous actuellement une méthode contraceptive ?
- Oui [……] - Non [……]
Si oui laquelle …………………………………………………………………………….
III-15 Connaissez-vous la contraception d’urgence ?
- Oui [……] - Non [……]
III-16 Avez-vous déjà utilisé la contraception d’urgence ?
- Oui [……] - Non [……]
Si oui pour quelle(s) raison(s) ?
- Echec du préservatif [……] - Rapport sexuel sans contraception [……]
- autres…………………………………………………………………………………….
III-17 Avez-vous des enfants ?
- Oui [……] - Non [……]
Si oui combien /……………. /
La ou les grossesse(s) était (ent) elle (s) désirée(s) ?
- Oui [……] - Non [……]
III-18 Si non désirez-vous avoir un enfant d’ici la fin de vos études ?
- Oui [……] - Non [……]
III-19 Etes-vous en grossesse actuellement ?
- Oui [……] - Non [……] - Ne sait pas [……]
Si oui est-elle désirée ?
- Oui [……] - Non [……]
III-20 Combien d’enfants désirez-vous avoir ? /………..enfant(s)/
III-21 Avez-vous entendu parler de centres d’écoute pour jeunes ?
- Oui [……] - Non [……]
III-22 Savez-vous qu’il y a un centre d’écoute pour jeunes au service de santé du
CENOU ?
- Oui [……] - Non [……]
III-23 Quel commentaire avez-vous à faire par rapport à la contraception?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
III-24 Que proposez-vous pour améliorer l’accès des étudiants aux méthodes de
contraception ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………

Merci pour votre contribution !


Bon courage pour vos études !

xxxii
SERMENT D’HYPPOCRATE

« En présence des maîtres de cette école et de mes chers condisciples, je


promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans
l'exercice de la médecine.

Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et n'exigerai jamais de salaire au-


dessus de mon travail.

Admis à l'intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s'y passe,
ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas
à corrompre les mœurs ni à favoriser les crimes.

Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je rendrai à leurs enfants


l'instruction que j'ai reçue de leurs pères.

Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Que je sois couvert d'opprobre et méprisé de mes confrères si j'y manque. »
Titre : connaissances, attitudes et pratiques de la contraception en milieu
estudiantin des universités publiques de la ville de Ouagadougou (Burkina
Faso).

Résumé

Nous avons mené une enquête dans le but d’étudier la contraception en milieu
estudiantin afin d’améliorer l’accessibilité des méthodes contraceptives aux
étudiants.

Il s’est agit d’une étude transversale réalisée entre le 01 Avril et le 30 Juin 2011
dans les universités publiques de la ville de Ouagadougou. Un questionnaire a
été administré à un échantillon de 720 étudiants choisis de façon aléatoire.

L’âge moyen des étudiants était de 23,5 ans, la tranche d’âge de 20-24 ans était
la plus représentée (68,6%). L’âge moyen au premier rapport sexuel était de
19,2 ans. Tous les étudiants avaient une connaissance en matière de
contraception et 73,1% en avaient une attitude positive. Les étudiants ont pu
citer au moins 02 avantages dans 70,8% des cas. Le taux d’utilisation de
méthodes contraceptives était de 51% avec 56,7% et 40,9% respectivement
pour les étudiants et les étudiantes. Le préservatif était la méthode la plus
connue (90,8%) et la plus utilisée (81,1%) suivi par les contraceptifs oraux. La
contraception d’urgence était peu connue (33,1%). En matière de protection
contre le VIH/SIDA le préservatif reste la méthode la plus connue (88,5%). Des
obstacles liés à des facteurs psychosociaux, l’accessibilité financière et à la
disponibilité des produits de contraception ont été dégagés.

La sensibilisation et la correction des obstacles suscités pourraient contribuer à


l’amélioration de la santé reproductive des étudiants.

Mots clés : contraception-étudiants-universités publiques-Ouagadougou

Auteur : Loceni BANHORO

Tel : (00226) 70 14 00 53

E-mail : [email protected]
Title: Knowledge, attitudes and practices of contraception among students
in public universities in the city of Ouagadougou (Burkina Faso).

Abstract
We conducted a survey to study contraception among students in order to
improve the accessibility of contraceptives to students.
He is a cross-sectional study conducted between April 1 and June 30, 2011 in
public universities in the city of Ouagadougou. A questionnaire was
administered to a sample of 720 students randomly selected.
The average age of students was 23.5 years; the age group of 20-24 years was
the most represented (68.6%). The average age at first intercourse was 19.2
years. All students had knowledge about contraception and 73.1% had a positive
attitude. The students could name at least 02 benefits in 70.8% of cases. The rate
of contraceptive use was 51% with 56.7% and 40.9% respectively for male and
female students. The condom was the most known (90.8%) and most used
(81.1%) followed by oral contraceptives. Emergency contraception was not
widely known (33.1%). In protecting against HIV / AIDS condom remains the
best known method (88.5%). Obstacles related to psychosocial factors, financial
accessibility and availability of contraceptive products have been identified.
Awareness and correction of obstacles raised could contribute to improving the
reproductive health of students.

Keywords: Contraception-student- public university-Ouagadougou

Author: Loceni BANHORO


Tel: (00226) 70 14 00 53
E-mail: [email protected]

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