F3 C
F3 C
ALGÈBRE BILINÉAIRE
◦
Feuille d'exercices n 3 - Correction -
Exercice 1 :
Adapté de ECRICOME 2003
1. ? ϕ : Mn (R) × Mn (R) → R.
? Soit (A, B) ∈ Mn (R) × Mn (R). On a : ϕ(A, B) = Tr( t AB) et ϕ(B, A) = Tr( tBA) = Tr( t ( tBA)) car la
transposition laisse invariant les termes diagonaux d'une matrice. Donc ϕ(B, A) = Tr( tAB) = ϕ(A, B).
L'application ϕ est symétrique.
? Soit (A, B, C) ∈ Mn (R)3 . Soit λ ∈ R. Par linéarité dela trace, on a :
ϕ(A, λB + C) = Tr( tA (λB + C)) = Tr λ. tAB + tAC = λTr( tAB) + Tr( tAC) = λϕ(A, B) + ϕ(A, C).
L'application ϕ est linéaire à droite. Etant de plus symétrique, ϕ est bilinéaire.
? Soit A ∈ Mn (R). On pose A = (ai,j )16i,j6n , tA = (bi,j )16i,j6n et tAA = (ci,j )16i,j6n . Alors :
n n X n X
n n X
n
Tr tAA = a2i,k . En tant que somme de termes tous
X X X X
ci,i = ai,k bk,i = ai,k .ai,k =
i=1 i=1 k=1 i=1 k=1 i=1 k=1
positifs : Tr( tAA) > 0.
De plus, une somme de termes tous positifs ne peut être nulle que si tous les termes sont nuls. D'où :
i=1 j=1
1 2
De plus, d'après la question a, on a : min ||A − S||2 = ||A − M ||2 , soit min ||A − S||2 = A − tA ,
S∈Sn (R) S∈Sn (R) 2
d'après la question précédente. Enn,d'après l'expression de la norme, on a bien :
n X
n n X
n 2 n n
1 1 XX
(ai,j − aj,i )2 .
X 2
X
min (ai,j − si,j ) = (ai,j − aj,i ) =
S∈Sn (R) 2 4
i=1 j=1 i=1 j=1 i=1 j=1
Exercice 2 :
Note sur l'énoncé :
Les notations proposées ici sont un peu pénibles...
u
Je note v = . Le vecteur v est alors un vecteur normé de E .
||u||
De plus, par linéarité à droite du produit scalaire, on remarque que :
hx, ui 1 u u u
∀x ∈ E, 2 u = ||u|| hx, ui . ||u|| = x, . = hx, vi v
||u|| ||u|| ||u||
et donc : ∀x ∈ E, ϕu (x) = 2 hx, vi v − x = ϕv (x), ce qui aurait beaucoup plus sympathique à manipuler !
1. ? L'espace E étant stable par combinaisons linéaires, ϕu est une application de E dans E .
Vérions que ϕu est linéaire. Soient x, y deux vecteurs de E et λ un réel. On a, par bilinéarité du produit
scalaire :
hλx + y, ui λ hx, ui + hy, ui hx, ui hy, ui
ϕu (λx + y) = 2 2 u − (λx + y) = 2 2 u − λx − y = λ 2 2 u − x +2 u−y
||u|| ||u|| ||u|| ||u||2
= λϕu (x) + ϕu (y)
hx, ui
ϕu ◦ ϕu (x) = ϕu ( ϕu (x) ) = ϕu 2 u − x
||u|| 2
| {z }
réel
hx, ui
= 2 ϕu (u) − ϕu (x) par linéarité de ϕu
||u2 ||
hx, ui hu, ui hx, ui
= 2 2 2 u−u − 2 u−x
||u || ||u||2 ||u||2
hx, ui hx, ui
= 2 2 (2u − u) − 2 2 u + x car hu, ui = ||u||2
||u || ||u||
= x
Présentation 2 :
Conclusion :
Puisque pour tout x ∈ E , ϕu ◦ ϕu (x) = x = idE (x), on a bien : ϕu ◦ ϕu = idE .
Remarque :
On vient de montrer que ϕu ◦ ϕu = idE . On en déduit que P = X 2 − 1 est un polynôme annulateur de ϕu .
2. On sait que u est non nul.
hu, ui
De plus, ϕu (u) = 2 2 u − u = 2u − u = u, car hu, ui = ||u|| . D'où : ϕu (u) = 1.u.
2
||u||
Ainsi, u est vecteur propre de ϕu associé à la valeur propre 1.
3. Regarder vos calculs : vérier que vous n'avez pas faits de calculs superus (i.e. vous avez utiliser les propriétés de
linéarité à droite (resp. à gauche) du produit scalaire d'un coup : les scalaires sortent des produits scalaires).
Soient x1 et x2 deux vecteurs de E . On a, par bilinéarité du produit scalaire :
hx1 , ui hx2 , ui
hϕu (x1 ), ϕu (x2 )i = 2 u − x1 , 2 u − x2
||u||2 ||u||2
hx1 , ui hx2 , ui hx2 , ui
= 2 u, 2 u − x2 − x1 , 2 u − x2 Là, j'ai utilisé la linéarité à gauche,
||u||2 ||u||2 ||u||2
hx , ui
en remarquant que 2 1 2 u − x1 est de la forme λu − x1 , avec λ ∈ R
||u||
hx1 , ui hx2 , ui hx2 , ui
= 2 2 hu, ui − hu, x2 i − 2 hx1 , ui − hx1 , x2 i Même remarque
||u||2 ||u||2 ||u||2
hx1 , ui hx2 , ui
= 2 2 2hx2 , ui − |
hu, x2 i − 2 hx1 , ui + hx1 , x2 i
||u|| {z } ||u||2
= hx2 , ui
hx1 , ui hx2 , ui
= 2 2 × hx2 , ui − 2 hx1 , ui + hx1 , x2 i par symétrie du produit scalaire
||u|| ||u||2
= hx1 , x2 i
En posant x1 = x2 = x dans l'égalité précédente, on obtient : hϕx (x), ϕu (x)i = hx, xi, donc ||ϕu (x)||2 = ||x||2 , et
donc : ||ϕu (x)|| = ||x||.
4. (a) N'oubliez pas de justier que −1 est bien valeur propre de ϕu !
Ce n'est pas en écrivant ∀x ∈ Hu , ϕu (x) = 0 que ça justie que −1 est valeur propre de ϕu ...
hx, ui
ϕu (x) = x ⇐⇒ 2 u − x = x Objectif : Trouver x. J'isole donc x dans l'égalité
||u||2
hx, ui
⇐⇒ 2 u = 2x
||u||2
hx, ui
⇐⇒ x = u : donc x est de la forme λu, avec λ ∈ R
||u||2
| {z }
un réel
=⇒ x ∈ Vect(u) ici, ce n'est plus une équivalence a priori :
dire x ∈ Vect(u) signie qu'il existe λ ∈ R tel que x = λu,
hx, ui
mais ça n'entraîne pas a priori que λ =
||u||2
Pour l'instant, on ne reconnaît pas hx1 , x2 i : c'est normal, pour calculer hψ(x1 ), ψ(x2 )i, on a utilisé les
notations xi = ai + bi . On va donc faire de même avec hx1 , x2 i, pour pouvoir identier deux même
écritures.
Et de même :
hx1 , x2 i = ha1 + b1 , a2 + b2 i
= ha1 , a2 + b2 i + hb1 , a2 + b2 i
= ha1 , a2 i + ha1 , b2 i + hb1 , a2 i + hb1 , b2 i
= ha1 , b1 i + hb1 , b2 i comme précédemment : car a1 ∈ ∆ et b2 ∈ ∆⊥ , donc a1 ⊥ b2 , et de même a2 ⊥ b
||ei || = 1 si i = j
2
ai,j = hψ(ei ), ψ(ej )i = hei , ej i = car B = (e1 , . . . , en ) est une base orthonormée. On a
0 si i 6= j
donc bien : tM M = (ai,j ) = In .
(*) Quelques explications si besoin.
On note M = (mi,j )16i,j6n , tM = (bi,j )16i,j6n , avec bi,j = mj,i , et t M M = (ai,j )16i,j6n .
n n
D'après le cours : ai,j = mk,i .mk,j : pour calculer ai,j on balaye la iième ligne de la
P P
bi,k .mk,j =
k=1 k=1
matrice tM et la j ième colonne de M . Or la iième ligne de tM est :
m1,i
m2,i
bi,1 bi,2 . . . bi,n = m1,i m2,i . . . mn,i = tCi , avec Ci = . la iième colonne de la matrice M .
..
mn,i
m1,j
m2,j n
On a donc bien : tCi Cj = m1,i m2,i . . . mn,i .. = mk,i mk,j = ai,j .
P
. k=1
mn,j
Exercice 3 :
1. a) On a x ∈ Ker(u) si et seulement si ha, xib = hb, xia. Or la famille (a, b) est libre ; donc ceci impose
hb, xi = ha, xi = 0 et x ∈ Vect(a, b)⊥ .
La réciproque est immédiate.
Ainsi Ker(u) = Vect(a, b)⊥ , qui est de dimension 2.
Comme pour tout x, u(x) = ha, xib − hb, xia, on a Imu ⊂ Vect(a, b) et comme u est de rang 2, il vient
Im(u) = Ker(u)⊥ .
b) Par le cours et la question précédente, on a Ker(u) ⊕⊥ Im(u) = E .
2. Il sut d'écrire :
6/ 8 C. Carchereux, lycée Carnot
(
hu(x), yi = ha, xihb, yi − hb, xiha, yi
hu(y), xi = ha, yihb, xi − hb, yiha, xi
D'où :
∀ x, y, hu(x), yi = −hx, u(y)i
Matriciellement ceci se traduit par le fait que A est une matrice antisymétrique.
3. Si λ est une valeur propre (nécessairement réelle) de u, il existe x 6= 0 tel que u(x) = λx. Ainsi :
λ||x||2 = hλx, xi = hu(x), xi = −hx, u(x)i = −λ||x||2
Donc λ = 0. Comme le noyau de u est de dimension 2, 0 est eectivement valeur propre de u.
4. Pour tout (x, y) ∈ E 2 , en appliquant deux fois la question 2, on obtient :
hu ◦ u(x), yi = hu(u(x)), yi = − hu(x), u(y)i = −[− hx, u(u(y))i] = hx, u ◦ u(y)i.
Exercice 4 :
1. Soit a ∈ E . Par bilinéarité du produit scalaire, on a, pour tout (x, y, z) ∈ E 3 , et pour tout λ ∈ R,
ϕa (λx + y) = hλx + y, ai = λ hx, ai + hy, ai = λϕa (x) + ϕa (y). L'application ϕ est donc linéaire et est à valeurs
dans R : ϕa est une forme linéaire de E .
2. (a) i. Soient (a, b) ∈ E 2 et λ ∈ R.
Pour tout x ∈ E , ϕλa+b (x) = hx, λa + bi = λ hx, ai + hx, bi, par bilinéarité du produit scalaire. On a
donc, pour tout x ∈ E : ϕλa+b (x) = λϕa (x) + ϕb (x) = (λϕa + ϕb ) (x). On en déduit que
ϕλa+b = λϕa + ϕb , soit Φ(λa + b) = λΦ(a) + Φ(b). L'application Φ est bien linéaire, et va de E dans
L(E, R) par dénition.
ii. Soit a ∈ E tel que Φ(a) = θ, avec θ la forme linéaire nulle sur E . On a donc, pour tout x ∈ E ,
→
− →
−
ϕa (x) = 0 . En particulier : ϕa (a) = 0, soit ha, ai = 0. On en déduit que a = 0 car un produit scalaire
→
−
est une application dénie positive. Par conséquent, Ker(Φ) ⊂ { 0 }. L'inclusion réciproque étant
→
−
toujours vériée, on en déduit que Ker(Φ = { 0 }, ce qui signie que Φ est injective.
iii. On déduit du théorème du rang que
dim Im(Φ) = dim E − dim Ker(Φ) = dim(E) = dim(E) × 1 = dim L(E, R). Ainsi, Im(Φ) est un
sous-espace vectoriel de L(E, R) de même dimension. On en déduit que Im(Φ) = L(E, R).
On en déduit que Φ est un isomorphisme de E sur L(E, R) (c'est une application linéaire injective et
surjective). Par conséquent, pour toute forme linéaire f de E , il existe un unique vecteur a de E tel que
f = Φ(a), c'est-à-dire tel que f = ϕa .
n
(b) Soit f ∈ L(E, R). Soit x ∈ E . Comme la base (ε1 , . . . , εn ) est orthonormée, on a : x = hx, εk i εk , et donc
X
k=1
n
par linéarité de f : f (x) = hx, εk i f (εk ). Par bilinéarité du produit scalaire, on obtient, pour tout x ∈ E :
X
k=1
n n
* +
f (εk )εk . Ainsi, en posant a = εk f (εk ), on a bien, pour tout x ∈ E :
X X
f (x) = x,
k=1 k=1
f (x) = hx, ai = ϕa (x), ce qui montre que f = ϕa .
Montrons l'unicité d'un tel réel a. Supposons que a et b sont deux vecteurs de E tels que f = ϕa = ϕb . Par
bilinéarité du produit scalaire, on remarque que, pour tout x ∈ E :
hx, a − bi = hx, ai − hx, bi = ϕa (x) − ϕb (x) = 0. Pour x = a − b, on obtient en particulier :
→
−
||a − b||2 = ha − b, a − bi = 0. On en déduit que a − b = 0 et donc a = b.
n
Finalement, a = f (εk )εk est bien l'unique vecteur de E tel que f = ϕa .
X
k=1
3. On se place dans l'espace euclidien E = Rn [X] muni du produit scalaire déni par : ∀(P, Q) ∈ Rn [X] × Rn [X],
Z 1
hP, Qi = P (t)Q(t) dt.
0
L'application f dénie sur Rn [X] par : ∀Q ∈ Rn [X], f (Q) = Q(0) est une forme linéaire sur Rn [X].
On déduit de la question précédente qu'il existe Zun unique polynôme P ∈ Rn [X] tel que ∀Q ∈ Rn [X],
1
hP, Qi = f (Q), c'est-à-dire tel que ∀Q ∈ Rn [X], P (t)Q(t) dt = Q(0).
0
4. (a) On reprend les notations de la question précédente dans le cas où n = 2. Notons Q0 = 1, Q1 = X et
Q2 = X 2 .
7/ 8 C. Carchereux, lycée Carnot
D'après la question précédente, il existe un unique polynôme P = aX 2 + bX + c tel que : ∀Q ∈ R2 [X],
hP, Qi = f (Q). Par linéarité à droite du produit scalaire et par linéarité de f , cela revient à dire qu'il existe
un unique polynôme P = aX 2 + bX + c tel que hP, Qi i = f (Qi ), pour tout i ∈ [[0, 2]], car (Q0 , Q1 , Q2 ) est
une base de R2 [X].
1
Z
(at2 + bt + c).1 dt = Q0 (1) = 1
a Z0 1
Ainsi, il existe un unique vecteur b tel que :
(at2 + bt + c).t dt = Q1 (0) = 0 , soit
c
0
Z 1
(at2 + bt + c).t2 dt = Q2 (0) = 0
0
a b
+ +c=1 1 1
3 2 1 a 1
a b c 3 2
+ + = 0 , ce qui se traduit matriciellement par : 4 3 2 1 1 1
b = 0.
4 3 2 1 1 1
c 0
a + b + c = 0
5 4 3
5 4 3
a 1
(b) Comme le système A b = 0 est de Cramer, la matrice A est bien inversible.
c 0
5. La fonction polynomiale P étant continue sur le segment [ 0 ; 1 ], il existe un réel M tel que : ∀t ∈ [ 0 ; 1 ],
|P (t)| 6 M .
Soit n ∈ N. Z 1 Z 1 Z 1
L'inégalité triangulaire donne : P (t).(1 − t)n dt 6 |P (t).(1 − t)n | dt = |P (t)| .(1 − t)n dt, car 0 6 1.
0 0 0
Or, pour tout t ∈ [ 0 ; 1 ] , |P (t)| .(1 − t)n 6 M.(1 − t)n . On obtient par positivité de l'intégrale :
1 1 1
(1 − t)n+1
Z Z
M
|P (t)| .(1 − t) dt 6
n
M (1 − t) dt = M −
n
= . On a donc bien :
0 0 n+1 0 n+1
Z 1
M
∀n ∈ N, P (t).(1 − t)n dt 6 .
0 n+1
Z 1
M
Par hypothèse, pour tout n ∈ N, P (t).(1 − t)n dt = (1 − 0)n = 1. On a donc montré que : ∀n ∈ N, 1 6 .
0 n+1
On aboutit à une contradiction
Z 1 en faisant tendre n vers +∞. Par conséquent, il n'existe pas de polynôme P de
R[X] tel que ∀Q ∈ R[X], P (t).Q(t) dt = Q(0). Ce n'est pas en contradiction avec le résultat de les questions 2
0
et 3 car l'espace vectoriel R[X] n'est pas de dimension nie (le théorème du rang ne s'applique plus, et on ne peut
plus parler de base...)