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Novembre 2021

ALGÈBRE BILINÉAIRE
Feuille d’exercices n˚ 2 - Correction -

Exercice 1 :
Note sur l’énoncé :
On remarque que l’on a une famille de polynômes.
P0 = 1 : P0 est la fonction constante égale à 1.
1
Pour tout k ∈ [[1, n]], Pk (X) = X(X − k)k−1 : on a un polynôme défini sous forme factorisée. On note qu’ici : Pk est
k!
de degré k (= 1 + 1 ∗ (k − 1)), que 0 est racine simple de Pk , k est racine d’ordre de multiplicité k − 1 de Pk .
On peut déjà remarquer que : (P0 , P1 , . . . , Pn ) est une famille de n + 1 polynômes tous non nuls de Rn [X] (k 6 n), de
degrés échelonnés, donc une famille libre de Rn [X], donc une base de Rn [X] car dim(Rn [X]) = n + 1.
1. Soit k ∈ [[1, n]].
Pour k = 1, P1 (X) = X, donc P1′ (X) = 1, et donc P1′ (X + 1) = 1 = P0 (X).
Pour k > 2,

1 h i (X − k)k−2
Pk′ (X) = (X − k)k−1 + X.(k − 1).(X − k)k−2 = [(X − k) + (k − 1)X]
k! k!
(X − k)k−2 1
= [kX − k] = (X − 1)(X − k)k−2
k! (k − 1)!

1 1
et donc : Pk′ (X + 1) = ((X + 1) − 1).(X + 1 − k)k−2 = X(X − (k − 1))(k−1)−1 = Pk−1 (X).
(k − 1)! (k − 1)!
On a donc, pour tout k ∈ [[1, n]], Pk′ (X) = Pk−1 (X − 1).
En effet : Pk′ (X + 1) = Pk−1 (X), donc Pk′ (X) = Pk′ ((X − 1) + 1) = Pk−1 (X − 1).
On note que : dériver Pk , c’est diminuer l’indice k d’une unité, et diminuer la variable X d’une unité aussi : à
chaque fois qu’on dérive, on va perdre une unité en indice et en variable X.
(j)
D’où la conjecture : Pk (X) = Pk−j (X − j), lorsque k − j > 0 soit j 6 k.
La réponse n’étant pas donnée dans l’énoncé, on peut travailler par itérations.
Je démontre également ci-dessous la propriété par récurrence.
Méthode par itérations :
Ainsi, pour tout (k, j) ∈ [[1, n]]2 tels que j 6 k, on a :

Pk′ (X) = Pk−1 (X − 1)


donc Pk′′ (X) = [Pk−1 (X − 1)]′ = 1×
|{z}

Pk−1 (X − 1) = Pk−2 (X − 2)
dérivée : (X − 1)′

en effet : k − 1 est un entier > 1, donc d’après le 1ier calcul, Pk−1 (X) = P(k−1)−1 (X − 1),

donc Pk−1 (X − 1) = Pk−2 ((X − 1) − 1) = Pk−2 (X − 2)
(3) ′
donc Pk (X) = 1 × Pk−2 (X − 2) = Pk−3 (X − 3)
..
.
(j)
et Pk (X) = Pk−j (X − j)

Méthode par récurrence :


Soit k ∈ [[1, n]].
(j)
Montrons par récurrence sur j ∈ [[0, k]] la propriété Hj : « Pk (X) = Pk−j (X − j) » .
L’énoncé demande de prouver la propriété pour 1 6 j 6 k. J’en montre un peu plus ici : le cas j = 0 se montre de
manière immédiate, donc j’en profite !
(0)
Pour j = 0, Pk (X) = Pk (X) = Pk−0 (X − 0). La propriété est bien initialisée.
Soit j ∈ [[0, k − 1]] tel que Hj est vérifiée.
Je prends j 6 k − 1, et non « j ∈ [[0, k]] » . En effet, je veux montrer une propriété valable pour tout j ∈ [[0, k]], et
pour l’hérédité, je dois montrer que Hj+1 est vérifiée avec j + 1 qui doit également appartenir à [[0, k]] : donc
j + 1 6 k, soit j 6 k − 1.
(j)
Par hypothèse de récurrence, on a : Pk (X) = Pk−j (X − j).
1/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
Alors :
h i
(j+1) (j) ′
Pk (X) = Pk (X) = [Pk−j (X − j)]′ d’après Hj
= (1) × (Pk−j )′ (X − j) car 1 est la dérivée de X − j
= P(k−j)−1 ((X − j) − 1) d’après le premier calcul, avec ici k − j > 1, car j 6 k − 1
= Pk−(j+1) (X − (j + 1)),

ce qui prouve l’hérédité.


On déduit du principe de récurrence que, pour tout j ∈ [[0, k]], la propriété Hj est vérifiée.
2. (a) ⋆ L’application h., .i va bien de Rn [X] × Rn [X] dans R.
⋆ Symétrie
n
X n
X
(k) (k)
Soit (P, Q) ∈ Rn [X]2 . On a : hP, Qi = P (k)Q (k) = Q(k) (k)P (k) (k) = hQ, P i.
k=0 k=0
L’application h., .i est symétrique.
⋆ Bilinéarité
Soit (P1 , P2 , Q) ∈ Rn [X]3 et soit λ ∈ R. Alors :
n
X
hP1 + λP2 , Qi = (P1 + λP2 )(k) (k).Q(k)
k=0
n 
X 
(k) (k)
= P1 + λP2 (k).Q(k) (k) par linéarité de la dérivation
k=0
n 
X 
(k) (k)
= P1 (k) + λP2 (k) .Q(k) (k)
k=0
Xn n
X
(k) (k)
= P1 (k)Q(k) (k) + λ P2 (k)Q(k) (k) par linéarité de la somme
k=0 k=0
= hP1 , Qi + λ hP2 , Qi

L’application h., .i est linéaire à gauche et symétrique. Elle est donc bilinéaire.
⋆ Définie-positivité
Soit P ∈ Rn [X].
Xn h i2
Alors : hP, P i = P (k) (k) > 0.
k=0 | {z }
carré, donc > 0
Petit rappel :
Pour tout i ∈ N, pour tout k ∈ N,

i = i!


 X X i−k si k = 0
(k)

 (i − k)!
Xi = i(i − 1) · · · (i − k + 1)X i−k = i!
 X i−k si 1 6 k 6 i


 (i − k)!
0 si k > i

Méthode 1 : (plus rapide ici)


Soit P un polynôme non nul de Rn [X].
Pd
Notons d = deg(P ) et P = ak X k , avec ad 6= 0.
k=0
On remarque que :
Pour tout k > d, P (k) = 0,
P (d) = ad .d!, i.e. P (d) est la fonction constante égale à ad .d!
 2
Pour tout k ∈ [[0, d − 1]], P (k) (k) > 0.
Pn  2 d−1P h (k) i2  (d) 2  (d) 2
D’où : hP, P i = P (k) (k) = Pk (k) + P (d) > P (d) = (ad .d!)2 > 0, car d! > 1 et
k=0 k=0
ad 6= 0.
On a donc montré que : P 6= 0 =⇒ hP, P i 6= 0.
2/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
Par contraposée : Si hP, P i = 0, alors P = 0.
De plus, si P = 0, hP, P i = 0, par bilinéarité du produit scalaire.
Finalement, h., .i est bien définie positive.
Méthode 2 : (plus classique)
De plus, une somme de termes tous positifs est nulle si et seulement tous les termes sont nuls. D’où, en
Xn
posant P = ak X k :
k=0

hP, P i = 0 ⇐⇒ ∀k ∈ [[0, n]], [P (k) (k)]2 = 0


⇐⇒ ∀k ∈ [[0, n]], P (k) (k) = 0
 (n)

 P (n) = 0

P (n−1) (n − 1) = 0





P (n−2) (n − 2) = 0


⇐⇒ .. Pn j!
 . Avec le rappel vu plus haut, on a : P (i) (X) = aj X j−i


 j=i (j − i)!



 P ′ (1) = 0



P (0) = 0



 an × n! = 0




 an−1 × (n − 1)! + an × n!.(n − 1) = 0

 n!
an−2 × (n − 2)! + an−1 × (n − 1)!.(n − 2) + an × (n − 2)2 = 0


2
⇐⇒ ..


 .

 Pn

 ak .k = 0



 k=1

a = 0
0


 an = 0




 an−1 = 0 car an = 0


an−2 = 0 car an = an−1 = 0
⇐⇒ ..


 .




 a1 = 0 car an = an−1 = . . . = a2 = 0


a0 = 0
⇐⇒ P = 0

L’application h., .i est donc définie positive.


Nous avons fini de montrer que h., .i définit un produit scalaire sur Rn [X].
(b) On remarque que pour tout k ∈ [[0, n]], Pk est un polynôme de degré k. Ainsi, (P0 , . . . , Pn ) est une famille de
polynômes de Rn [X].
Soient i et j deux entiers distincts de [[0, n]].
Supposons i < j.

3/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot


(k)
Comme Pi est de degré i, pour tout k > i, Pi = 0. Alors :
n
X i
X
(k) (k) (k) (k)
hPi , Pj i = Pi (k)Pj (k) = Pi (k).Pj (k)
k=0 k=0
Xi
= Pi−k (k − k).Pj−k (k − k) d’après la question 1
k=0
Xi
= Pi−k (0).Pj−k (0)
k=0
i−1
X
= P0 (0)Pj−i (0) + Pi − k (0).Pj−k (0)
| {z }
k=0
terme pour k = i
= P0 (0).Pj−i (0) car pour tout ℓ ∈ [[1, n]], 0 est racine de Pℓ , et pour k 6 i − 1, i − k> 1
= Pj−i (0) car P0 = 1
= 0 pour les mêmes raisons, car ici j − i > 0

D’où Pi ⊥ Pj .
De même, si on suppose j < i, on déduit du calcul ci-dessus (valable pour tous entiers i′ et j ′ tels que
i′ < j ′ : Pi′ ⊥ Pj ′ . Et ici, on prend i′ = j et j ′ = i.), que Pj ⊥ Pi .
On en déduit que la famille (P0 , P1 , . . . , Pn ) est orthogonale.
Soit i ∈ [[0, n]]. En reprenant le calcul ci-dessus, on a, pour tout i ∈ [[0, n]],
Xi
||Pi ||2 = hPi , Pi i = Pi−k (0).Pi−k (0) = P0 (0)2 = 1, car 0 est racine de Pi−k lorsque i − k > 0. D’où ||Pi || = 1.
k=0
On a donc montré que (P0 , P1 , . . . , Pn ) est une famille orthonormée de Rn [X]. Or toute famille orthonormée
est libre. De plus, (P0 , P1 , . . . , Pn ) es une famille constituée de n + 1 vecteurs et dim Rn [X] = n + 1. On en
conclut que (P0 , P1 , . . . , Pn ) est une base orthonormée de Rn [X].
n
X
(c) Soit P ∈ E. Comme (P0 , P1 , . . . , Pn ) est une base orthonormée de E, on sait que P = hP, Pk i Pk . Et pour
k=0
tout k ∈ [[0, n]],
n
X (i)
hP, Pk i = P (i) (i).Pk (i)
i=0
k
X
= P (i) (i)Pk−i (i − i) car deg(Pk ) = k, et d’après la question 1
i=0
(k)
= P (k) × P0 (0) = P (k) (k) car P0 (0) = 1 et 0 est racine de Pℓ pour tout ℓ > 1
dans la somme, tous les termes sont nuls, sauf le terme pour i = k.

On a bien établi l’égalité demandée.

Exercice 2 : Polynômes de Legendre


Soient (Pn )n∈N et (Ln )n∈N deux suites de polynômes définies par :
(
P0 = 1
∗ n n
et ∀n ∈ N, Ln = Pn(n)
∀n ∈ N , Pn = (X + 1) (X − 1)

1. (a) Soit n ∈ N. D’après la formule de Leibniz, en notant f : x 7→ (x + 1)n et g : x 7→ (x − 1)n , on a :


n  
X n
∀x ∈ R, Ln (x) = Pn(n) (x) = f (k) (x)g (n−k) (x).
k
k=0

Les fonctions x 7→ x − 1 et x 7→ x + 1 ont pour dérivée x 7→ 1. Ainsi, pour tout k ∈ [[0, n]], pour tout réel x,
on a :
n! n!
f (k) (x) = (x + 1)n−k et g (k) (x) = (−1)n−k
(n − k)! (n − k)!
4/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
D’où, pour tout réel x,
n  
X n n! n!
Ln (x) = (x + 1)n−k (x − 1)k
k (n − k)! k!
k=0
n  
X n 2
= n! (x − 1)n−k (x + 1)k
k
k=0

Pn n2
Et on a bien : Ln = n! k=0 k (X − 1)n−k (X + 1)k .
(0)
(b) L0 = P0 = P0 = 1 : L0 est un polynôme de degré 0 et de cœfficient dominant égal à 1.
Soit n ∈ N∗ .
(n)
Comme Pn = (X + 1)n (X − 1)n est un polynôme de degré 2n, Ln = Pn est un polynôme de degré
2n − n = n.
k  
X k
On rappelle que, pour tout k ∈ N, (X − 1)k (−1)k−i X i , d’après la formule du binôme de Newton.
i
i=0
Ainsi, (X − 1)k est un polynôme de degré k et de cœfficient dominant égal à 1. De même, pour (X + 1)k .
Ainsi, on déduit de la question précédente le cœfficient dominant an de Ln :
n  2
X n
an = n!
k
k=0
  
n n
= n!
k n−k
 
2n
= n! , par la formule de Vandermonde.
n

(c) Soit n ∈ N∗ .
Comme Pn = (X + 1)n (X − 1)n , −1 est racine de Pn d’ordre de multiplicité n. Par conséquent, pour tout
(k)
k ∈ [[0, n − 1]], Pn (−1) = 0.
(k)
Pour les mêmes raisons, pour tout k ∈ [[0, n − 1]], Pn (1) = 0.
Z 1
2. Soit ϕ l’application de R[X]2 définie par ϕ(P, Q) = P (t)Q(t) dt.
−1

(a) • ϕ va bien de R[X]2 dans R.


Z 1 Z 1
• Pour tout (P, Q) ∈ R[X]2 , ϕ(P, Q) = P (t)Q(t) dt = Q(t)P (t) dt = ϕ(Q, P ).
−1 −1
L’application ϕ est donc symétrique.
• Pour tout (P1 , P2 , Q) ∈ R[X]3 et pour tout λ ∈ R, on a :
Z 1
ϕ(λP1 + P2 , Q) = (λP1 + P2 ) (t).Q(t) dt
−1
Z1
= (λP1 (t)Q(t) + P2 (t)Q(t)) dt
−1
= λϕ(P1 , Q) + ϕ(P2 , Q)

par linéarité de l’intégrale.


Ainsi, ϕ est linéaire à gauche, et par symétrie, ϕ est bilinéaire.
• Soit P ∈ R[X].
Z 1
Pour tout t ∈ [ −1 ; 1 ], P (t)2 > 2. Donc, par positivité de l’intégrale, ϕ(P, P ) = P (t)2 dt > 0, car
−1
−1 < 1.
De plus, t 7→ P (t)2 est continue et positive sur [ −1 ; 1 ]. On déduit de la « stricte » positivité de
l’intégrale que :
Z 1
P (t)2 dt = 0 donc ∀t ∈ [ −1 ; 1 ] , P (t)2 = 0
−1
donc ∀t ∈ [ −1 ; 1 ] , P (t) = 0
donc P = 0 car le polynôme P admet une infinité de racines (tous les réels de [ −1 ; 1
5/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
On en déduit que ϕ est définie positive.
On déduit des points ci-dessus que ϕ est bien un produit scalaire sur R[X].
(b) Pour k = 0, la propriété est évidente, car f (0) = f et L0 = P0 .
Soit k ∈ N∗ et soit f une fonction de classe C k sur [ −1 ; 1 ]. Par intégration par partie, avec les fonctions f
(k−1)
et Pk , de classe C 1 sur [ −1 ; 1 ], on a :
Z 1 Z 1 Z 1  
(k) (k−1) ′
f (t)Lk (t) dt = f (t)Pk (t) dt = f (t) Pk (t) dt
−1 −1 −1
h i1 Z 1 Z 1
(k−1) ′ (k−1) (k−1)
= f (t)Pk (t) − f (t)Pk (t) dt =− f ′ (t)Pk (t) dt d’après la question 1c
−1 −1 −1
Z 1  
(k−2) ′
= (−1). f (1) (t) Pk (t) dt
−1
h i1 Z 1 
(1) (k−2) (2) k−2
= (−1) f (t)Pk (t) − f (t)Pk (t) dt , par intégration par partie
−1 −1
Z 1
(k−2)
= (−1)2 f (2) (t)Pk (t) dt, d’après la question 1c
−1
..
.
Z 1
i (k−i)
= (−1) f (i) (t)Pk (t) dt, en itérant le procédé, sachant que pour i ∈ [[1, k]], k − i 6 k −
−1
..
.
Z 1 Z 1
(k−k)
= (−1)k f (k) (t)Pk (t) dt = (−1)k f (k) (t)Pk (t) dt
−1 −1

(c) Soit (i, k) ∈ [[0, n]]2 tel que i 6= j.


Supposons par exemple que i < k (ce qui est suffisant pour conclure dans tous les cas, par symétrie du
produit scalaire).
R 1 (k)
D’après la question précédente, appliquée à f = Li , on a : ϕ(Li , Lk ) = (−1)k −1 Li (t)Pk (t) dt. Or Li est
(k)
un polynôme de degré i. Comme k > i, on a :Li = 0.
Par conséquent : ϕ(Li , Lk ) = 0 et donc Li ⊥ Lk .
Ainsi, la famille (Lk )06k6n forme une famille orthogonale de de Rn [X].
3. (a) Soit n ∈ N.
Pn+1 = (X + 1)n+1 (X − 1)n+1 . Donc :

Pn+1 = (n + 1)(X + 1)n (X − 1)n+1 + (n + 1)(X + 1)n+1 (X − 1)n
= (n + 1)Pn (X − 1 + X + 1) = 2(n + 1)XPn

Et :
′′

Pn+1 = 2(n + 1) Pn + XPn′
= 2(n + 1) (Pn + X (2nXPn−1 )) d’après le premier point valable pour tout n ∈ N
= 2(n + 1)Pn + 4n(n + 1)X 2 Pn−1
= 2(n + 1)Pn + 4n(n + 1)((X 2 − 1) + 1)Pn−1
= 2(n + 1)Pn + 4n(n + 1) (X − 1)(X + 1)Pn−1 +4n(n + 1)Pn−1
| {z }
Pn
= 2(2n + 1)(n + 1)Pn + 4n(n + 1)Pn−1

6/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot


(b) Soit n ∈ N. On déduit de la question précédente que :
Z 1
In+1 = Pn+1 (t) dt
−1
Z 1
= [[Link]+1 (t)]1−1 − ′
tPn+1 (t) dt par intégration par parties, avec t 7→ t et Pn+1 de classe C 1 sur [ −1 ; 1
−1
Z 1

= − tPn+1 (t) dt d’après la question 1c
−1
Z 1
= − t (2(n + 1)tPn (t)) dt d’après (∗)
−1
Z 1
= −2(n + 1) t2 Pn (t) dt
−1
Z 1  
= −2(n + 1) t2 − 1 Pn (t) + Pn (t) dt
−1
Z 1
= −2(n + 1) (Pn+1 (t) + Pn (t)) dt
−1
= −2(n + 1) (In+1 + In ) par linéarité de l’intégrale

2(n + 1)
D’où : (2n + 3)In+1 = −2(n + 1)In , soit encore : In+1 = − In . Par itération de cette égalité
2(n + 1) + 1
(valable pour tout entier naturel n), on a :
 
n
In = −2 In−1
2n + 1
  
2n 2(n − 1)
= − −2 In−1
2n + 1 2(n − 1) + 1
..
.
     Z 1 Z 1
2n 2(n − 1) 2×1
= − −2 ... − I0 , avec I0 = P0 (t) dt = dt = 2
2n + 1 2(n − 1) + 1 2×1+1 −1 −1
2n n!
= (−1)n ×2
(2n + 1)(2n − 1)(2n − 3) · · · 3
2n+1 n! 2n × (2(n − 1)) × 2(n − 2) × · · · × 2
= (−1)n ×
(2n + 1)(2n − 1)(2n − 3) · · · 3 2n × (2(n − 1)) × 2(n − 2) × · · · × 2
22n+1 (n!)2
= (−1)n
(2n + 1)!

(c) Soit n ∈ N. On a :
Z 1 Z 1
2 2
||Lk || = Lk (t) dt = Lk (t)Lk (t) dt
−1 −1
Z 1
k (k)
= (−1) Lk (t)Pk (t) dt d’après 2b avec f = Lk
−1

2k  (k)
Or Lk est un polynôme de degré k et de cœfficient dominant ak = k! k . On en déduit que Lk est le
polynôme constant égal à k! × ak . D’où :

||Lk ||2 = (−1)k .k! ak Ik


 
2k 22k+1 (k!)2
= k! × k! ×
k (2k + 1)!
(2k)! 22k+1 (k!)2 22k+1 (k!)2
= =
(2k + 1)! 2k + 1
r
2
Ainsi, ||Lk || = 2k k!.
2k + 1
7/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
On a montré précédemment que (L0 , . . . , Ln ) est une famille orthogonale de Rn [X] (deg(Lk )k 6 n).
Lk
On en déduit qu’en posant Lk = , pour tout k ∈ [[0, n]], la famille (Lk )06k6n est une famille
||Lk ||
orthonormée de Rn [X].
Or toute famille orthonormée est libre.
De plus, toute famille libre de n + 1 = dim Rn [X] vecteurs de Rn [X] est une base de Rn [X].
On en déduit que (Lk )06k6n est une base orthonormée de Rn [X].
On a :

• L0 = P0 = 1 et ||L0 || = 2. r
2
• L1 = P1′ = ((X − 1)(X + 1))′ = (X 2 − 1)′ = 2X et ||L1 || = × 2.
3 r
2
2 2 ′′ 2 ′ 2 2
• L2 = P2′ = ((X − 1) ) = (4X(X − 1)) = 4(X − 1) + 8X = 12X − 4 et ||L2 || = 2 × 8.
√ r r √ 5
1 3 3 51  5 
On a donc : L0 = √ , L1 = √ .2X = X et L2 = 12X 2 − 4 = √ 3X 2 − 1 .
2 2 2 2 28 2 2
Exercice 3 :
2
1. La fonction à intégrer est continue sur R et lim x2 .P (x) e−x = 0, ce qui prouve la convergence de l’intégrale
x→±∞
proposée, tant pour la borne −∞ que pour la borne +∞.
Z +∞
2
P (x) e−x dx converge
−∞
2. ⋆ On a clairement pour tous polynômes et tout scalaire :
hP, Qi = hQ, P i et hP1 + λP2 , Qi = hP1 , Qi + λhP2 , Qi
Z +∞
2
⋆ hP, P i > 0 et hP, P i = 0 ⇐⇒ P 2 (x)e−x dx = 0, d’où par positivité de la fonction à intégrer
−∞
Z 8
2
P 2 (x)e−x dx = 0 et par positivité et continuité :
6
2
∀ x ∈ [6, 8], P 2 (x)e−x = 0, i.e. P (x) = 0
et P a une infinité de zéros, donc est le polynôme nul.
h., .i est un produit scalaire sur E
2
3. (a) Soit ϕ : x 7→ e−x . On a :
2 2 2
ϕ′ (x) = −2x.e−x , ϕ′′ (x) = (4x2 − 2)e−x , ϕ′′′ (x) = (−8x3 + 12x)e−x
d’où :
P0 = 1, P1 = −2X, P2 = 4X 2 − 2, P3 = −8X 3 + 12X
(b) On a ϕ′ (x) = −2xϕ(x), donc en dérivant n fois, et grâce à la formule de Leibniz :
ϕ(n+1) (x) = −2xϕ(n) (x) + n(−2)ϕ(n−1) (x)
2
soit, en multipliant par ex :
∀ x ∈ R, Pn+1 (x) = −2xPn (x) − 2nPn−1 (x)
(c) Il est facile de montrer, par récurrence, et gr ?ce à la relation précédente que : → Pour tout n, Pn est un
polynôme de degré exactement n.
→ Le coefficient dominant de Pn est (−2)n .
→ Si n est pair, Pn est un polynôme pair et si n est impair, Pn est un polynôme impair.
2 2
(d) On a ϕ(n) (x) = Pn (x)e−x , donc : ϕ(n+1) (x) = (Pn′ (x) − 2xPn (x))e−x , soit :
Pn+1 (x) = Pn′ (x) − 2xPn (x)
et en comparant avec le résultat obtenu en 3.b) :
Pn′ (x) = −2nPn−1 (x)
4. (a) On a :
Z +∞ Z +∞
2
hPp , Pq i = Pp (x)Pq (x)e−x dx = Pq (x)ϕ(p) (x) dx On intègre par parties, en dérivant Pq en
−∞ −∞
2
−2qPq−1 et en « primitivant » ϕ(p) en (p−1)
On a Pq (x)ϕ(p−1) (x) = Pq (x)Pp−1 (x)e−x qui est de limite
ϕ .
nulle, tant en −∞ qu’en +∞, ce qui autorise à faire cette intégration par parties directement avec les bornes
infinies, ce qui donne : Z +∞
2
hPp , Pq i = 2q Pq−1 (x)Pp−1 (x)e−x dx = 2qhPp−1 , Pq−1 i
−∞
8/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
(b) En permutant les rôles de p et q, on a donc aussi : hPq , Pp i = 2phPq−1 , Pp−1 i et pour p 6= q dans N∗ , on a
donc hPq−1 , Pp−1 i = 0 :
(Pn )n∈N est une famille orthogonale
(c) On a, par le résultat 4. a) : ||Pn ||2 = 2n ||Pn−1 ||2 , soit en glissant :
||Pn ||2 = 2n n! ||P0 ||2
Z +∞

Or ||P0 ||2 =
2
e−x dx = π (intégrale de référence) et donc :
−∞

λn = ||Pn || = 2n/2 π 1/4 n!
1 
(d) Pn n∈N est une famille orthonormée de E.
λn

Exercice 4 :

1. L’intégrale converge pour P = 0.


Pour P 6= 0, la fonction intégrée est continue sur [0, +∞[
Donc l’intégrale est impropre en +∞.
t2 P (t)e−t ∼ t2+n /et → 0 par croissance comparée.

Donc P (t)e−t = o 1/t2 .
R +∞ 1 R +∞
1 2
dt converge. Donc, par comparaison de fonctions continues et positives, 0 P (t)e−t dt converge.
t
Z +∞
pour tout polynôme P de R[X], l’intégrale P (t)e−t dt converge
0
R +∞ R +∞
2. (a) Ik = 0 tk e−t dt. et Ik+1 = 0 tk+1 e−t dt.
Soit A ≥ 0 avec u (t) = tk+1 : u′ (t) = (k + 1) tk
v ′ (t) = e−t : v (t) = −et et u et v de classe C 1 sur [0, A]
Z A h iA Z A
tk+1 e−t dt = −tk+1 e−t − (k + 1) tk × −e−t dt
0 0 0
→ (k + 1) Ik
A→+∞

avec Ak1 e−A = Ak+1 /eA → 0 donc Ik+1 = (k + 1) Ik pour tout k ∈ N


R +∞
(b) On a I0 = 0 e−t dt = 1 (densité de E (1) ) Donc I0 = 1 = 0!.
Soit k ∈ N tel que Ik = k!. Alors, d’après la question a : Ik+1 = (k + 1)Ik = (k + 1) × k! = (k + 1)!.
On déduit du principe de récurrence que, pour tout k ∈ N, Ik = k!.
Note :
On vient de redémontrer la propriété du cours : ∀n ∈ N, Γ(n + 1) = n!.
3. ⋆ h, i est définie sur R[X]2 à valeurs dans R.
⋆ Pour tout couple (P, Q) de R[X]2 : hP, Qi = hQ, P i car P (t) Q (t) = Q (t) P (t) donc h, i est symétrique.
⋆ Pour tout P, Q, R de R[X] et α ∈ R :
Z +∞
hαP + Q, Ri = (αP + Q) (t)R(t)e−t dt
0
Z +∞ Z +∞
−t
= α P (t) R(t)e dt + Q(t)R(t)e−t dt
0 0
= α hP, Ri + hQ, Ri

par linéarité d’intégrales convergentes


Donc h, i est linéaire à gauche, et symétrique, donc bilinéaire.
⋆ Soit P ∈ R[X].
R +∞
hP, P i = 0 P 2 (t) e−t dt ≥ 0 par positivité d’intégrales convergentes, bornes croissantes. donc h, i est positif.
R +∞
Enfin, si hP, P i = 0 P 2 (t) e−t dt = 0, comme P 2 (t) e−t ≥ 0 et que t 7→ P 2 (t) e−t continue sur R+ alors
P 2 (t) e−t = 0 pour tout t ∈ R+ . Donc P (t) = 0 sur R+ et P a une infinité de racines donc P = 0 et
h, i est définie positive.
Donc h, i est un produit scalaire
9/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
R +∞
4. hX i , X j i = 0 ti+j e−t dt = Ii+j = (i + j)! pour tout (i, j) ∈ N2
5. (a) On utilise ici les résultats de la question 4.
Q0 est de degré 0 donc Q0 = α ∈ R et kQ0 k2 = α2 X 0 , X 0 = α2 0! = 1 donc α2 = 1 et comme α > 0 alors
α=1
Donc Q0 = 1
Il existe a et b > 0 ∈ R tels que Q1 = a + bX
Par bilinéarité hQ0 , Q1 i = a h1, 1i + b h1, Xi = a + b = 0 donc b = −a > 0 et Q1 = b (X − 1)
 
et ||Q1 ||2 = b2 ||X − 1, X − 1||2 = b2 ||X||2 − 2 hX, 1i + ||1||2 = b2 (2 − 2 + 1) = b2
Et comme Q1 est normé, alors b = ±1. Or b > 0.
Donc b = 1, a = −1 et Q1 = X − 1
1
Posons R = X 2 − 2X + 1.
2
1
Le polynôme R est de degré 2, de cœfficient dominant > 0.
2
De plus,
 
1 2 1
hQ0 , Ri = 1, X − 2X + 1 = 1, X 2 − 2 h1, Xi + h1, 1i
2 2
1
= ×2−2×1+1=0
2
Donc : Q0 ⊥ R
hQ1 , Ri = hX − 1, Ri = hX, Ri − h1, Ri
 
1 2
= X, X − 2X + 1 car R ⊥ Q0 et Q0 = 1
2
1
= X, X 2 − 2 hX, Xi + hX, 1i
2
1
= × 3! − 2 × 2 + 1
2
= 3−4+1=0
Donc : R ⊥ Q1
2
||R|| = hR, Ri
 
1 2
= X − 2X + 1, R
2
1
= X 2 , R − 2 hX, Ri + h1, Ri
2 
1 2 1 2
= X , X − 2X + 1
2 2
car R ⊥ Q0 donc h1, Ri = 0
et R ⊥ Q1 donc hX, Ri = hX − 1, Ri + h1, Ri = 0 + 0 = 0
1 1
= X 2, X 2 − X 2, X + X 2, 1
4 2
1 1
= × 4! − 3! + × 2
4 2
= 6−6+1=1
Donc : ||R|| = 1

1
Par unicité du polynôme Q2 , on en déduit que : Q2 = R = X 2 − 2X + 1
2
(b) Ck = (Q0 , . . . , Qk ) est une famille de k + 1 polynômes de Rk [X], libre car orthonormée, et dim Rk [X] = k + 1.
Donc Ck = (Q0 , . . . , Qk ) est une base de Rk [X].
6. Étude du cas n = 2 :
(a) Pour tout i et j : hi,j = hX i−1 , X j−1 i = (i + j − 2)!
   
0! 1! 2! 1 1 2
Donc H2 = 1! 2! 3! = 1 2 6 
2! 3! 4! 2 6 24
10/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
    
3 −3 12 1 1 2 1 0 0
Et −3 5 −1 1 2 6  = 0 1 0
1
2 −1 14 2 6 24 0 0 1
 
3 −3 12
Donc H2 est inversible et H2−1 = −3 5 −1
1
2 −1 14
(b) On a Q0 = 1, Q1 = X − 1 et Q2 = 21 X 2 − 2X + 1.
1 = Q0 = 1Q0 + 0Q1 + 0Q2
X = X − 1 + 1 = 1Q0 + 1Q1 + 0Q2

X 2 = 2 12 X 2 − 2X + 1 + 4 (X − 1) + 2 = 2Q0 + 4Q1 + 2Q2
 
1 1 2
et A2 = 0 1 4
0 0 2
    
1 0 0 1 1 2 1 1 2
Donc t A2 A2 = 1 1 0 0 1 4 = 1 2 6  = H2
2 4 2 0 0 2 2 6 24

7. (a) An est la matrice de passage de Cn dans Bn qui sont deux bases de Rn [X]
Donc An est inversible
(b) les (ak,j )k sont les coordonnées de X j−1 dans la base Cn donc
P
∀j ∈ [[1; n + 1]] , X j−1 = n+1
k=1 ak,j Qk−1 .
Et comme la base Cn est orthonormée, le produit scalaire se calcule à partir des coordonnées de X i−1 et
X j−1 dans la base Cn :
P
hX i−1 , X j−1 i = n+1
k=1 ak,i ak,j
(Est ce que l’énoncé attendait ici que l’on redémontrer ce résultat de cours ?)
P
(c) On a donc hi,j = hX i−1 , X j−1 i = n+1
k=1 ak,i ak,j
t
 Pn+1
et An An i,j = k=1 ak,i ak,j
Donc Hn = t An An .
8. (a) An est inversible donc t An également et donc
Hn est inversible comme produit de matrices inversibles.
 
(b) t Hn = t t An An = t An t t An = t An An = Hn
Donc Hn est symétrique réelle donc diagonalisable.
(c) Soit α une valeur propre et Y une colonne propre associée alors
t Y H Y = t Y αY = α kY k2 avec la norme canonique de M
n n,1 (R)
et c’est également = Y An An Y = (An Y ) An Y = kAn Y k2 norme canonique de Mn+1 (R)
t t t

Et comme Y est vecteur propre, kY k = 6 0 donc α = kAn Y k2 / kY k2


Et comme An est inversible, et Y 6= 0 alors An Y 6= 0 donc kAn Y k2 > 0 et α > 0
Donc les valeurs propres de Hn sont strictement positives

Exercice 5 :

1. ⋆ L’application va bien de Mn (R) × Mn (R) dans R.


⋆ Symétrie
Pour tout M X
= (mi,j )16i,j6n et pour
X tout N = (ni,j )16i,j6n ,
(M |N ) = mi,j ni,j = ni,j mi,j = (N |M ).
(i,j)∈[[1,n]]2 (i,j)∈[[1,n]]2
⋆ Bilinéarité Soit M = (mi,j ), N = (ni,j ) et O = (oi,j ) trois matrices de Mn (R) et soit λ ∈ R. Par linéarité de
la somme, on obtient
X: X X
(λM + N |O) = (λmi,j + ni,j ) .oi,j = λ mi,j oi,j + ni,j oi,j = λ(M |O) + (N |O).
(i,j)∈[[1,n]]2 (i,j)∈[[1,n]]2 (i,j)∈[[1,n]]2
L’application (.|.) est linéaire à gauche et symétrique, donc bilinéaire.
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⋆ Définie positivité
Soit M =′ (mi,j )(i,j)∈[[1,n]]2 .
X
Pour tout (i, j) ∈ [[1, n]]2 , mi,j .mi,j = m2i,j > 0. D’où (M |M ) = (mi,j )2 > 0 et
(i,j)∈[[1,n]]2
(M |M ) = 0 ⇐⇒ ∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , m2i,j
= 0, car une somme de termes tous positifs ne peut être nulle que si
chaque terme de la somme est nul. D’où (M |M ) = 0 ⇐⇒ ∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , mi,j = 0 ⇐⇒ M = 0.
Remarque :

On vérifie facilement (cf. exercice du cours) que : ∀(M, N ) ∈ Mn (R) × Mn (R), (M |N ) = Tr tM N : il s’agit en
fait du produit scalaire canonique de Mn (R).
2. Posons M = (mi,j ) et N = (ni,j ).
n
X
Notons A = (ai,j )(i,j)∈[[1,n]]2 la matrice M tN . Alors, pour tout (i, j) ∈ [[1, n]]2 , ai,j = mi,k .nj,k . D’où, comme
k=1
seuls les cœfficients de la diagonale de In sont non nuls, on a :
n n Xn
 X X
M tN |In = ai,i × 1 = mi,k ni,k = (M |N ).
i=1 i=1 k=1
Autre démonstration, en utilisant la remarque faite à la question précédente
On a :

(M |N ) = (N |M ) par symétrie du produit scalaire


= Tr( tN M )
= Tr(M tN ) par propriété de la trace
= Tr(M tN In )
= (M tN |In )

Comme P est orthogonale, tP P = In . De plus, pour tout 2 t


( (i, j) ∈ [[1, n]] , Ci Cj est égal au cœfficient situé à la
1 si i = j
iième ligne et j ième colonne de tP P = In . D’où tCi Cj =
0 si i 6= j
Nous venons ici de redémontrer que les colonnes de P forment une base orthonormée de Mn,1 (R) muni de son
produit scalaire canonique.
3. Posons P = (pi,j )(i,j)∈[[1,n]]2 . Alors, en notant, pour tout k ∈ [[1, k]], dk le kième cœfficient diagonal de Ci tCj , on a :
dk = pk,i .pk,j . (
n n
X X 1 si i = j
La matrice In étant diagonale, on obtient : (Ci tCj |In ) = dk × 1 = pk,i pk,j = tCi Cj = ,
k=1 k=1
0 si i 6= j
d’après la question précédente.

4. D’après la question 2 : (Ci tCj |Ck tCℓ ) = (Ci tCj t Ck tCℓ |In ) = (Ci tCj Cℓ tCk |In )
D’après la question 3, si j 6= ℓ, tCj Cℓ = 0, et donc (Ci tCj |Ck tCℓ ) = (0n |In ) = 0. (
t t t t 1 si i = k
Toujours d’après la question 3, si j = ℓ, Cj Cℓ = 1, et ainsi, (Ci Cj |Ck Cℓ ) = (Ci Ck |In ) = , d’après
0 si i 6= k
la question 4. (
t t 1 si (i, j) = (k, ℓ)
Conclusion : (Ci Cj |Ck Cℓ ) =
0 sinon

5. Nous avons montré dans la question précédente que B = Ci tCj (i,j)∈[[1,n]]2 est une famille orthonormée de Mn (R).
Comme toute famille orthonormée est libre, B est une famille libre de Mn (R). Enfin, B contient n2 vecteurs, et
dim Mn (R) = n2 .
On conclut bien que B est une base orthonormée de Mn (R).

Exercice 6 :

1. (a) Supposons P est orthogonale : tP P = In . Soit X ∈ Mn,1 (R). On a :


||P X||2 = t(P X).(P X) = tX tP P X = tXIn X = tXX = ||X||2 . D’où ||P X|| = ||X||.
(b) On s’aide de la remarque du cours : la formule ||x + y||2 = ||x||2 + 2 hx, yi + ||y||2 permet d’obtenir des
propriétés sur les produits scalaires, lorsque l’on a des données sur la norme.
Soit (X, Y ) ∈ Mn,1 (R)2 .
12/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
D’après l’hypothèse : ||P (X + Y )||2 = ||X + Y ||2 . Or ||X + Y ||2 = ||X||2 + 2 hP X, P Y i + ||Y ||2 et
||P (X + Y )||2 = ||P X + P Y ||2 = ||P X||2 + 2 hP X, P Y i + ||P Y ||2 . Toujours d’après l’hypothèse, on a :
||P X|| = ||X|| et ||P Y || = ||Y ||. On déduit que nécessairement : hP X, P Y i = hX, Y i.
Méthode 1 :
Notons (X1 , . . . , Xn ) la base canonique de Mn,1 (R) et (C1 , . . . , Cn ) les colonnes de la matrice P .
Notons que, pour tout i ∈ [[1, n]], Ci = 2
(P Xi . On déduit du premier point que, pour tout (i, j) ∈ [[1, n]] ,
1 si i = j
hCi , Cj i = hP Xi , P Xj i = hXi , Xj i = , car (X1 , . . . , Xn ) est orthonormée. Nous venons de
0 si i 6= j
montrer que les colonnes de P forment une famille orthonormée de Mn,1 (R). Toute famille orthonormée
étant libre, et Mn,1 (R) étant de dimension n, on en déduit que les colonnes de P forment une base (car
famille libre maximale) orthonormée de Mn,1 (R), ce qui permet de conclure que P est orthogonale.
Méthode 2 :
Notons (X1 , . . . , Xn ) la base canonique de Mn,1 (R). (
2 t t
 t 1 si i = j
Pour tout (i, j) ∈ [[1, n]] , Xi P P Xj = (P Xi ) .P Xj = hP Xi , P Xj i = hXi , Xj i = , car
0 si i 6= j
(X1 , . . . , Xn ) est orthonormée.
Or Xk a tous ses cœfficients égaux à 0 sauf celui situé à la kième ligne qui vaut 1. On remarque ainsi que :
 
0
 .. 
.
 
0
 
 .. 
   .
t
Xi tP P Xj = 0 . . . 0 1 0 . . . 0 t  
P P 0
 
1
 
0
 
 .. 
.
0
| {z }
j ième colonne de tP P

est égal au cœfficient situé à la iième ligne et j ième colonne de tP P .


Ainsi, tP P et In ont les même cœfficients. Donc tP P = In , ce qui prouve que P est orthogonale.
2. (a) Nous avons vu en cours de réduction que si l’on sait diagonaliser la matrice J, on sait diagonaliser la matrice
aJ + bIn . Nous allons procéder de même : on commence par diagonaliser la matrice U tU , puis on conclut sur
la matrice A.
Soit M = U tU . 
La matrice M est symétrique, car tM = t tU tU = U tU = M , et à cœfficients réels. Donc M est
diagonalisable.  2 
    u1 u1 u2 . . . un u1
u1 u1  u1 u2
 u22 . . . un u2  
 ..  . 
En posant U =  . , on remarque que : U tU =  ..  u1 . . . un =  u1 u3 u2 u3 . . . un u3 
   
 .. .. .. ..
un un  . . . .
u1 un u2 un . . . un 2
t
Toutes les colonnes de U U sont colinéaires U . Donc rg(U ) 6 1 < [Link] matrice M n’est pas inversible, donc
0 est valeur propre de M .
Notons E0 le sous-espace propre de M . On a, pour tout X ∈ Mn,1 (R) :

X ∈ E0 ⇐⇒ U tU X = 0
⇐⇒ U. hU, Xi = 0U et X étant deux vecteurs colonnes, on reconnaît : tU X = hU, Xi
⇐⇒ hU, Xi .U = 0
| {z }
∈R
⇐⇒ hU, Xi = 0 car (u, v) est libre, donc u 6= 0, et donc U 6= 0
⇐⇒ X ⊥ U RÉFLEXE : produit scalaire nul ←→ vecteurs orthogonaux
⇐⇒ X ∈ (Vect(U ))⊥ cf. cours :
X ∈ Vect(U )⊥ ⇐⇒ X ⊥ U , car (U ) est une famille génératrice de Vect(U )
13/ 16 C. Carchereux, lycée Carnot
Conclusion : E0 = (Vect(U ))⊥ .
Comme U 6= 0, dim(Vect(U )) = 1. Comme Mn,1 (R) est euclidien, Vect(U ) et (Vect(U ))⊥ sont
supplémentaires orthogonaux, et donc dim(E0 ) + dim Vect(U ) = dim Mn,1 (R). D’où dim(E0 ) = n − 1.
Puisque M est diagonalisable, la somme des dimension des sous-espaces propres de M est égale à n.
On en déduit que M admet une unique valeur propre non nulle λ, et son sous-espace propre Eλ est de
dimension 1.
Une idée : comme M est diagonalisable, M est semblable à une matrice diagonale D, avec n − 1 zéros sur sa
diagonale, et λ l’unique valeur propre non nulle de M . Deux matrice semblables ayant même trace, on en
Pn
déduit que λ = u2k = ||U ||2 .
k=1
Mais, cela ne donne pas le sous-espace propre de M associé à la valeur propre ||U ||2 .
On peut ici se souvenir que si − →
x est vecteur propre d’un endomorphisme f associé à une valeur propre non


nulle, alors x ∈ Im(f ).
En notant f l’endomorphisme de Rn canoniquement associé à la matrice M , on a : Im(f ) ⊂ Vect(u), puisque
toutes les colonnes de M sont colinéaires à U .
Donc les vecteurs propres de M associé à une valeur propre non nulle sont de la forme xU , avec x ∈ R∗ . Un
sous-espace propre étant stable par multiplication par un scalaire, il suffit de vérifier que U est bien vecteur
propre de M .
De plus, on remarque que U 6= 0 et M U = U tU U = U. ||U ||2 = ||U ||2 .U , avec ||U ||2 6= 0 (puisque U 6= 0). On
en déduit que ||U ||2 est valeur propre non nulle de M . Le sous-espace propre associé E||U ||2 étant de
dimension 1, on en déduit que E||U ||2 = Vect(U ).
La matrice M étant diagonalisable, notons B ′ la base de Mn,1 (R) obtenue en concaténant une base de E0 et
une base de E||U ||2 . Par la formule de changement de base, on a : P −1 M P = D, où D est la matrice diagonale
où tous ses cœfficients sont nuls, sauf celui situé à la dernière ligne et dernière colonne qui est égal à ||U ||2 .
Enfin, A = αM + In .
On a : P −1 AP = αP −1 M P + P −1 In P = αD + In , et αD + In est la matrice diagonale, donc les cœfficients
diagonaux sont 1, 1, . . . , 1, α ||U ||2 + 1, avec 1 + α ||U ||2 6= 1 (α 6= 0 et U 6= 0).
On en déduit que A est diagonalisable, Sp(A) = {1, α ||U ||2 + 1}, et par la formule de changement de bases :
E1 (A) = E0 = Vect(U )⊥ , et E1+α||U ||2 = E||U ||2 = Vect(U ).
Finalement, f est diagonalisable, Sp(f ) = {1, 1 + α ||u||2 }, Ker(f − id) = Vect(u)⊥ et
Ker(f − (1 + α ||u||2 )id) = Vect(u).
(b) Soit λ ∈ Sp(Q). Soit alors X ∈ Mn,1 (R) tel que X 6= 0 et QX = λX.
D’après la question 1a, on a : ||QX|| = ||X||.
Or ||QX|| = ||λX|| = |λ| ||X||.
D’où |λ| ||X|| = ||X||.
On a alors : (|λ| − 1) ||X|| = 0, et comme X 6= 0, ||X|| =
6 0, et donc |λ| = 1 : λ ∈ {−1, 1}.
(c) Supposons que la matrice A est orthogonale.
D’après les deux questions précédentes, on en déduit que nécessairement 1 + α ||u||2 ∈ {−1, 1}.
2
6 0, on en déduit que 1 + α ||u||2 = −1, soit α = − 2 .
Comme α 6= 0 et ||u|| =
||u||
2
Supposons maintenant que α = − 2 .
||u||
On a alors :
t

AA = α tM + tIn .(αM + In ) = (αM + In ).(αM + In ) par linéarité de la transposition
= (αM + In )2 car M et In sont symétriques
2 2
= α M + 2αM + In car M et In commutent
2
2
= α . ||u|| M + 2αM + In car M 2 = U t
UU
|{z} U = ||u||2 U tU
t

=hU,U i=||U ||2 =||u||2


 
= α α ||u||2 + 2 M + In
2
= In car α ||u||2 = − 2
2 ||u|| = −2
||u||

Donc A est bien orthogonale.


2
Finalement la matrice A est orthogonale si, et seulement si, α = − .
||u||2
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3. (a) On a, pour tout X ∈ Mn,1 (R) :

B X = λ X ⇐⇒ λ X = X + U.t V X + V.t U X
⇐⇒ (λ − 1) X = hX, V i U + hX, U i V

On en déduit immédiatement l’équivalence demandée :

g(x) = λx ⇐⇒ (λ − 1)x = hx, vi u + hx, ui u

(b) On remarque, d’après la question précédente, que si x est vecteur propre de g associé à la valeur propre λ,
alors :
soit 1 − λ = 0, et donc λ = 1,
hx, vi hx, ui
soit 1 − λ 6= 0, et donc x = u+ v, et en particulier x ∈ Vect(u, v).
1−λ 1−λ
Cas λ = 1
Pour tout x ∈ Rn ,

g(x) = x ⇐⇒ hx, vi u + hx, ui v = 0 d’après 3a


⇐⇒ hx, vi = 0 et hx, ui = 0 car (u, v) est libre
⇐⇒ x ⊥ v et x ⊥ u et comme (u, v) est une famille génératrice de Vect(u, v) :

⇐⇒ x ∈ (Vect(u, v))

Comme Rn est euclidien, on sait que Vect(u, v) ⊕ (Vect(u, v))⊥ = Rn . D’où


dim Vect(u, v)⊥ = n − dim Vect(u, v) = n − 2, car (u, v) est libre.
Ainsi, 1 est valeur propre de g si, et seulement si, n > 2.
Et lorsque n > 3, le sous-espace propre de g associé à la valeur propre 1 est (Vect(u, v))⊥ .
Cas λ 6= 1
D’après la question a, les éventuels vecteurs propres de g associés à une valeur propre λ 6= 1 sont dans
Vect(u, v).
Soit λ ∈ R − {1} et (a, b) ∈ R2 . On a :

g(au + bv) = λ(au + bv) ⇐⇒ (1 − λ)(au + bv) = hau + bv, vi u + hau + bv, ui v
(
(1 − λ)a = hau + bv, vi
⇐⇒ car (u, v) est libre : il y a unicité de l’écriture
(1 − λ)b) hau + bv, ui
(
(1 − λ)a = a hu, vi + b ||v||2
⇐⇒
(1 − λ)b = a ||u||2 + b hu, vi
(
a (hu, vi − 1 + λ) + b ||v||2 = 0
⇐⇒
a ||u||2 + b (hu, vi − 1 + λ) = 0
    
hu, vi − 1 + λ ||v||2 a 0
⇐⇒ =
||u||2 hu, vi − 1 + λ b 0
| {z }
=Mλ

Comme (u, v) est libre, au + vb = 0 ⇐⇒ a = b = 0.


On 
en déduit que λ est valeur propre de g associé à la valeur propre λ, si, et seulement si, le système
a
Mλ = 0 n’est pas de Cramer, c’est-à-dire si, et seulement si, la matrice Mλ n’est pas inversible. Et :
b

Mλ n’est pas inversible ⇐⇒ det(Mλ ) = 0


⇐⇒ (hu, vi − 1 + λ)2 − ||u||2 ||v||2 = 0
⇐⇒ (hu, vi − 1 + λ)2 = ||u||2 ||v||2
⇐⇒ hu, vi − 1 + λ = ||u|| ||v|| ou hu, vi − 1 + λ = − ||u|| ||v||
⇐⇒ λ = 1 + ||u|| ||v|| − hu, vi ou λ = 1 − ||u|| ||v|| − hu, vi
| {z } | {z }
λ1 λ2

Comme (u, v) est libre, on sait d’après l’inégalité de Cauchy Schwarz que : |hu, vi| < ||u|| ||v||. Donc :
− ||u|| ||v|| < hu, vi < ||u|| ||v||. D’où λ1 6= 1 et λ2 6= 1.
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Et comme ||u|| = 6 0, λ1 6= λ2 .
6 0, ||v|| =
Conclusion : Sp(g) = {1, λ1 , λ2 }.
On sait que le sous-espace propre E1 de g est de dimension n − 2.
Et en tant que sous-espaces propres, les deux autres sous-espaces propres de g vérifient : dim(Eλ1 ) > 1 et
dim(Eλ2 ) > 1.
D’où dim(E1 ) + dim(Eλ1 ) + dim(Eλ2 ) > n − 2 + 1 + 1 = n.
Or la somme des dimensions des sous-espaces propres de g est 6 n.
On en déduit que la somme des sous-espaces propres de g est égaleà n = dim(Rn ). Donc g est diagonalisable.

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