Sorbonne Université Licence de mathématiques 2
Année 2021-2022 Module LU2MA211
Intégrale de Lebesgue
Partiel du vendredi 24 mars 2023
Chaque réponse sera soigneusement justifiée
documents non autorisés
Exercice 1 : Énoncer précisément le théorème de convergence dominée.
Solution de l’exercice 1. Voir cours.
Exercice 2 : Pour n ∈ N∗ , on pose
n
X k 2 πk
In := cos .
n2 2n
k=0
a) Écrire la limite I = lim In sous la forme d’une intégrale.
n→+∞
b) Calculer cette intégrale.
Solution de l’exercice 2.
a) Si on pose f (x) = x cos2 (πx/2), on remarque que
n
1Xk πk
In = cos2
n n 2n
k=0
est une somme de Riemann pour f continue sur [0, 1] (on pourrait penser le contraire, puisque
la somme commence à k = 0, mais le premier terme est nul). Ainsi, la limite de In vaut
Z 1
x cos2 (πx/2)dx.
0
1 + cos(2t)
b) On utilise l’identité cos2 (t) = . Ceci donne
2
Z 1 Z 1
2 x + x cos(πx)
I= x cos (πx/2)dx = dx.
0 0 2
Par le théorème fondamental de l’analyse, on obtient
Z 1 Z 1 Z 1
x + x cos(πx) 2 1
I= dx = [x /4]0 + (1/2) · x cos(πx)dx = 1/4 + (1/2) · x cos(πx)dx.
0 2 0 0
Ensuite, on fait une intégration par parties en posant u = x et v 0 = cos(πx). Ceci donne u0 = 1
et v = sin(πx)/π. Les deux fonctions u et v sont C 1 sur l’intervalle [0, 1] donc on obtient
Z 1 Z 1
sin(πx)
x cos(πx)dx = [x sin(πx)/π]10 − dx = 0 + [cos(πx)/π 2 ]10 = −2/π 2 .
0 0 π
Ceci donne I = 1/4 − 1/π 2 .
1
sin(x) )
!n
∗ e−((x−1)e
Exercice 3 : On considère pour n ∈ N et x ≥ 1 la fonction fn (x) := et on pose
x3
Z ∞
Jn := fn (x)dx.
1
a) Pourquoi les nombres Jn sont-ils bien définis ?
b) Calculer la limite de fn (x) selon les valeurs de x ∈ [1, +∞[.
c) Que vaut la limite de Jn ?
Solution de l’exercice 3.
sin(x)
a) Comme (x − 1) ≥ 0 et esin(x) ≥ 0 pour tout x ≥ 1, on a la majoration e−((x−1)e )
≤ 1, ce qui
donne
1 1
|fn (x)| ≤ 3n ≤ 3
x x
pour tout x ≥ 1, et le critère de Riemann permet de conclure à l’intégrabilité de fn sur [1, +∞[
pour tout n.
b) Si x = 1, on a fn (x) = 1 donc lim fn (1) = 1. Si x > 1, la majoration
n
1
|fn (x)| ≤
x3n
permet de voir que lim fn (x) = 0. On en déduit que fn tend presque partout (en dehors de {1},
n
qui est un singleton de mesure nulle) vers 0 sur [1, +∞[.
c) La domination
1 1
|fn (x)| ≤ ≤ 3
x3n x
pour tout x ≥ 1, obtenue dans la première question et la convergence presque partout vers 0
de la deuxième question permet de montrer, par le théorème de convergence dominée, que la
limite de l’intégrale est l’intégrale de la limite presque partout, c’est à dire que la limite des Jn
est nulle.
Exercice 4 : Étudier l’intégrabilité des fonctions suivantes sur R.
sin(t)
a) f1 : t 7→ 3/2 1t>0 .
t + e−t
2
e−t − 1
b) f2 : t 7→ 1t6=0 .
t3
Solution de l’exercice 4.
a) On a t3/2 + e−t ≥ t3/2 . On obtient donc, pour t > 0 proche de zéro,
| sin(t)| | sin(t)| 1
|f1 (t)| ≤ 3/2
≤
t |t| t1/2
et comme sin(t)/t se prolonge par continuité en 0, elle y est bornée, ce qui permet de conclure
à l’intégrabilité en 0 par le critère de Riemann en 0 car 1/2 < 1. Pour l’intégrabilité en l’infini,
on utilise la même majoration et la majoration grossière du sinus par 1, ce qui donne
1
|f1 (t)| ≤
t3/2
et le critère de Riemann à l’infini permet encore de conclure car 3/2 > 1.
2
b) La fonction étant continue sur R − {0}, on peut simplement étudier la convergence en 0 et en
±∞. Pour montrer la convergence de l’intégrale à l’infini on majore par 2/t3 qui est intégrable.
2
En zéro, on utilise l’équivalence e−t − 1 ∼ −t2 qui donne f2 (t) ∼ −1/t donc la fonction n’est
2
e−t − 1
pas intégrable en zéro. Il est aussi possible de dire que pour tend vers −1 quand t
t22
e−t − 1
tend vers 0 (développement limité), ce qui permet de dire que | | > 1/2 pour t proche
t2
de zéro (car il est proche de 1). Plus précisément, on obtient sur un petit voisinage de 0, une
minoration 2
e−t − 1 1
| 3
|≥
t 2|t|
et par le critère de Riemann, la fonction de droite n’est pas intégrable, donc la fonction n’est
pas intégrable en zéro.
Exercice 5 : A l’aide du changement de variable x = sin(t), calculer l’intégrale
Z π/2
2 (t)
I= e− sin sin(2t)dt.
0
Solution de l’exercice 5. On rappelle la formule trigonométrique sin(2t) = 2 sin(t) cos(t). On fait le
changement de variable C 1 donné par x(t) = sin(t), donc x0 (t) = cos(t). Ceci donne
Z π/2 Z 1 Z 1
− sin2 (t) −x2
I= e 2 sin(t) cos(t)dt = e 2xdx = e−u du = [−e−u ]10 = −e−1 + 1.
0 0 0