302 ARTHROPODES.
communication directe le caelome avec le dehors ; divers Arthropodes se
trouvent pourvns a leur tour de glandes tégumentaires profondes, ayant
également une disposition tubulaire. Malgré leur simililude densemble,
ces deux systémes ne s'accordent point entre eux; Ja partie essentielle du
premicr dérive du mésoderme, et celle du second découle de rectoderme ;
celui souvre dans le ceelome, alors que celui-ci est clos de ce cdté, et
se borne 4 déboucher au dehors. Quant a voir des relations dans la divi-
sion en Wrongons égaux, chez divers représentants des deux types, de plu-
sieurs éhauches organiques, comme eclle des glandes sexuelies par exem-
ple, de telles équivalences ne peuvent élre acceptées comme fournissant des
preuves Whomologie, car elles dépendent des conditions générales de
structure suivant lesquelles se présente Péconomie de Vembryon au mo-
ment oit ces rudiments prennent naissance. — Les homologies véritables
doivent étre cherchées parmi les premiers phénoménes de l'évolution
mbryonnaire;en les ramenant, dansla mesure du possible, aux phases des
développements es plus simples et les moins allérés. A cet égard, une
limite des plus nettes sépare les Arthropodes des Annélides; et, puisque
ces étals primilifs se trouvent dissemblables, non pas homologues, une
conelusion pareille s‘impose pour ceux qui proviennent deux.
Il existe, dans la nature actuelle, un étre, le Périnate, dont la structure
est des plus remarquables. Cet animal a un corps annelé, muni de
membres répartis par paires ; il posséde, a la fois, des appareils exeréteurs
semblables & ceux des Annélides, et des trachées comme 1a plupart des
Arthropodes terrestres. I] semble, par ces caractéres, tenir en méme
temps des deux groupes, et faire entre eux une transition. Aussi, beaucoup
de naturalistes eréent avec Ini une classe, dite des Protrachéates, qui,
dans lenr esprit, sert dintermédiaire aux deux types préeédents. — Or,
cétte liaison ne découle point des fails. Les organes de Pexcrétion dérivent
de Fectoderme, chez les Péripates, et ne sont pas homologues de leurs
similaires des Annélides. A leur lour, les trachées affectent une structure
és dilférente de celle que montrent les Arthropodes. Enfin, plusieurs des
particularités du développement embryonnaire sont vraiment spéciales
ces animaux, et Jes écartent 4 la fois des uns et des autres. Les Péripates,
par tontes leurs qualités, prises en elles-mémes, paraissent former un
xroupe indépendant, dont les affinités réelles, malgré les nombreuses
recherches effectuées récemment sur eux, sont encore des plus obscures
chap. x1)
En résumé, les Arthropodes composent un embranchement délimite
avec précision ; leurs caractéres, par leur importance et leur
les dloignent des autres Gcelomates, et Ieur donnent, dans la série, une
autonomie complite
11. Répartition des Arthropodes dans la nature. — Les Arthro-
podessont répandus partout; & cet é[Link] surpassent lous Ies autres ani-ORGANISATION GENERALE. 803
maux. Non seulement ils vivent dans les eaux et sur lerre; mais encore
plusicurs dentre eux se trouvent capables de s‘éleverdans 'air et de voler,
Ils possédent cette derniére adaptation en commun avee les Vertébrés;
mais, de plus que ceux-ci, ils offrent le parasitisme dans ses diverses
maniéres d’étre. Les Arthropodes constituent aussi un élément important
de la faune des cavernes, ct de celle des eaux souterraines. — Ils comptent
parmi les premiers étres dont les vestiges fossiles aient été conservés. Les
terrains anciens renferment beaucoup dentre eux; et, depuis celle époque
jusqu’a la période actuelle, des groupes entiers, appartenant 4 leur série,
ont pris naissance, se sont développés, et ont disparu. I en est ainsi,
notamment, pour les Trilobites. qui ne se rencontrent que dans les couches
primaires, oi ils atteignent une extension considérable, pour cesser ensuite
Wexister.
2
GENERALITES SUR L’ORGANISATION
1. Organisation embryonnaire. —L’ovule des Arthropodes contient
Presque toujours, sauf chez un petit nombre de Crustacés et d’Arachnides,
lune quantité assez grande de vilellus nutrilif, Cependant, il ne s’ensuit pas
de ce fait que les développements condensés et directs constituent la
régle ; dans le plus grand nombre des cas, I’évolution embryonnaire com-
porle la présence de larves. Seulement, ces derniéres sont secondaires le
plus sonvent, s‘adaplent a des circonstances différentes de celles qui enlou-
rent les adultes, subissent de longues stases, el des métamorphoses assez
brusques, Il découle de 1a des différences considérables, suivant les types
et leurs adaptations particuliéres, dans la genése de leur organisme. Ces
dissemblances alleignent surtoul les formes des embryons; elles touchent
& peine aux caractéres essentiels comme au développement du corps, qui
blissent d’aprés des principes 4 peu prés constant
Foraes pes emtinyoxs. — Les larves sont fréquentes; au cas oil elles
font défaut, les aspects, présentés par les embryons enfermés dans leurs
coques. ovulaires, concordent sensiblement avec les leurs, saut par le
privation annexes servant A adaptation aux milieux extérieurs. Le
corps, recouvert par une culicule, est privé de cils vibratiles. Il porte
latéralement des appendices, semblables & ceux des adultes quoique
moins complexes ct parfois moins ou plus nombreux, qui servent la
locomotion et & la préhension des aliments; ces membres, groupés par
paires, se divisent en articles. L’économie est seindée en anneaux ; cette
structure apparail d'une maniére assez lardive, soit un peu aprés la gendse
des premiéres pairesde membres, soit ce moment méme. — Ges embryons,
ainsi disposés, ne peuvent étre confondus avec ceux des autres animaux.804 AUTHROPODE:
Ils offrent une allure spéciale, qui tient & la combinaison de ces diverses
qualités, et qui lear donne une originalité indiseutable. En somme, ces
embryons, qu'ils soient libres ow enfermés dans leurs coques, présentent,
avec une simplicité plus grande et un nombre d'éléments moins élevé, les
particularilés carackéristiques des adulles. Les principales de celles-ci
portent sur Tannulation de Vorganisme ct sur Ja présence de membres
rliculés ; elles se montrent ilés que les ébauches des appareils commencent
produire aux dépens des feuillets, el se mainticnnent, en ne faisant
que saccentuer jusqu'a [état adulte: sauf les phénoménes de rétrogra-
dations et de dégénérescences, entrainées par ladaplation & une vie fixé
om an parasitisme, Dans ces «lerniers cas, dont certains Crustacés, comme
les Cirrhipédes et les Rhizocéphates, olfvent des exemples, les individus
achevés ne possédent plus la structure normale des Arthropodes, et les
Jarves seules, conservant d'une fagon lemporaire la disposition habituelle,
dénolent les. véritables affinités naturelles
Les circonstances, oft se tronvent les larves des ArUhropodes, sont des
plus variées. Dans Fensemble, et malgré des exceptions nombreuses, celles
des Arthropodes terrestres vivent également sur terre, et celles des
aquatiques habitent les eaux. Parmi les premieres, cerlaines sont sapro-
phages, et méme parasites; la plupart des secondes se déplacent avec
facilité, soit par elles-mémes, soit en utilisant les courants marins, et
constiluent, pour Pespe principaux agents de sa dissémination, —
Souvent, ces larves se maintiennent, pendant un temps assez long, dans
une méme forme extérieure, alors que leur éeonomie continue & évoluer
ol ase perfectionner; aprés celle slase, elles subissent une métamorphose
brasque, qui se raméne & une mue, A une chute de lenveloppe cutieulaire
ol rigide qui enserrait lecorps dans un aspect précis, D'habitude, la période
larvaire comporte plusieurs de ces stases et de ces mues. La larve arrive &
Tétat_adulle, non point par une mélamorphose lente, el constamment
graduclle, mais par une série de phases distinetes, dont chacune se
maintient pendant quelque lemps, et se laisse rapidement remplacer par
Ja suivante
La nature franchement adaptative de ces évolutions embryonnaires
ontraine des conséquencesde deux sorles. — D’abord,
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