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Niger Profile 2009

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Cette publication a été co-financée

par l’Union européenne

Migration au Niger
PROFIL NATIONAL 2009

17 route des Morillons 1211 Genève 19, Suisse


Tél : +41 22 717 91 11 • Télécopie : +41 22 798 61 50
Courrier électronique : [email protected] • Internet : http://www.iom.int
Les opinions exprimées dans la présente publication sont celles des auteurs et ne
reflètent pas les positions de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les
appellations utilisées et la présentation des données dans le rapport n’impliquent pas
l’expression d’opinion de la part de l’OIM concernant des faits tels que statut légal, pays,
territoire, ville ou zone particulière, ou à propos de leurs autorités, ou de leurs frontières
ou confins. Toute omission et erreur reste de la seule responsabilité de l’auteur.

L’OIM croit fermement que les migrations organisées, s’effectuant dans des conditions
décentes, profitent à la fois aux migrants et à la société tout entière. En tant qu’organisme
intergouvernemental, l’OIM collabore avec ses partenaires au sein de la communauté
internationale afin de résoudre les problèmes pratiques de la migration, de mieux faire
comprendre les questions de migration, d’encourager le développement économique et
social grâce à la migration, et de promouvoir le respect effectif de la dignité humaine et le
bien-être des migrants.

Ce document a été produit avec le soutien financier de l’Union européenne, l’Office fédéral
des migrations suisse (ODM) et la Coopération belge au développement. Les opinions
exprimées ci-après sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de
l’Union européenne, de l’Office fédéral des migrations suisse (ODM) et de la Coopération
belge au développement.

Editeur : Organisation internationale pour les migrations


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_____________________________________________________

ISBN 978-92-9068-566-1
© 2009 Organisation internationale pour les migrations (OIM)

_____________________________________________________

Tous droits réservés. Aucun élément du présent ouvrage ne peut être reproduit, archivé
ou transmis par quelque moyen que ce soit – électronique, mécanique, photocopie,
enregistrement ou autres – sans l’autorisation écrite et préalable de l’éditeur.

04_09
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Migration au Niger

PROFIL NATIONAL 2009

Préparé pour l’OIM par


Issaka Maga Hamidou
Sommaire
Liste des tableaux.................................................................................7

Liste des graphiques.............................................................................9

Abréviations.......................................................................................11

Avant-propos......................................................................................15

Résumé..............................................................................................21

Executive Summary............................................................................27

PARTIE A : Introduction.......................................................................33
A.1 Etat des lieux du niveau de développement............................................. 33
A.1.1 Une population très pauvre (OMD 1)............................................... 33
A.1.2 Des inégalités et iniquités importantes selon le genre
en matière d’éducation et d’emploi (OMD 3).................................. 35
A.1.3 Une progression maîtrisée du VIH/SIDA et du paludisme
(OMD 6)............................................................................................ 37
A.1.4 Aide publique pour le développement (OMD 8).............................. 38
A.1.5 Un indice de développement humain parmi les plus
faibles du monde ............................................................................. 39
A.2 Principales tendances migratoires............................................................ 40

PARTIE B : Analyse du contexte socio-économique de la migration....43


B.1 Changements démographiques................................................................ 43
B.1.1 Une population qui augmente très vite............................................ 43
B.1.2 Des densités de population importantes dans certaines zones........ 44
B.1.3 Une migration internationale nette peu importante........................ 45
B.2 Environnement économique.................................................................... 46
B.2.1 Une économie fragile et instable...................................................... 46
B.2.2 Une politique fiscale peu incitative.................................................. 48
B.2.3 Une économie informelle prépondérante........................................ 49
B.2.4 Une balance commerciale en dégradation continuelle.................... 50
B.3 Marché du travail...................................................................................... 50
B.3.1 La politique d’emploi et la législation en vigueur............................. 50
B.3.2 La population active et son évolution............................................... 52
B.3.3 Caractéristiques du marché du travail.............................................. 52
B.4 Capital humain ......................................................................................... 55

Migration au Niger : Profil National 2009 3


PARTIE C : Analyse de la situation migratoire dans le pays .................57
C.1 Immigrants................................................................................................ 57
C.1.1 Nombre total d’immigrants.............................................................. 57
C.1.2 Types d’immigrants........................................................................... 65
C.1.3 Immigrants en situation irrégulière.................................................. 69
C.2 Emigrants................................................................................................... 70
C.2.1 Nombre total d’émigrants................................................................. 70
C.2.2 Types d’émigrants ............................................................................ 74
C.2.3 Emigrants en situation irrégulière.................................................... 76
C.3 Diaspora.................................................................................................... 77
C.4 Transferts de fonds.................................................................................... 80

PARTIE D : Analyse des facteurs générant la migration ......................85


D.1 Principales caractéristiques des tendances migratoires actuelles ........... 85
D.1.1 Principales caractéristiques de l’immigration internationale........... 85
D.1.2 Principales caractéristiques de l’émigration internationale.............. 86
D.2 Identification des facteurs générant la migration..................................... 87
D.2.1 Un pays enclavé dans un environnement austère............................ 87
D.2.2 Une situation économique précaire et peu incitative...................... 89
D.3 Evolution probable des mouvements migratoires ................................... 91
D.3.1 L’émigration internationale : un phénomène qui se poursuivra....... 91
D.3.2 L’immigration : vers une augmentation du phénomène?................. 92

PARTIE E : Efficacité des politiques dans la gestion du


phénomène migratoire.......................................................................95
E.1 Aperçu du cadre stratégique et institutionnel régissant la migration....... 95
E.1.1 Aperçu des développements récents de la politique migratoire...... 95
E.1.2 Aperçu de la législation nationale..................................................... 96
E.1.3 Description des principaux acteurs institutionnels
impliqués dans la gestion de la migration...................................... 102
E.2 Analyse de la coordination politique en matière migratoire .................. 106
E.2.1 Existence d’un cadre de concertation interministériel................... 106
E.2.2 Intégration de la migration dans les plans de développement....... 106
E.2.3 Implication de la diaspora dans le développement........................ 109
E.3 Coopération régionale et internationale................................................. 110
E.3.1 Coopération internationale............................................................. 110
E.3.2 Coopération régionale.................................................................... 112
E.3.3 Accords bilatéraux.......................................................................... 113
E.4 Evaluation globale de la politique migratoire ......................................... 113

PARTIE F : Evaluation des conséquences de la migration et de la


politique migratoire sur le développement.......................................115
F.1 Impacts de la migration sur le développement socio-économique
du pays .................................................................................................... 115
F.2 Impact des politiques migratoires sur le développement du pays.......... 117

4 Migration au Niger : Profil National 2009


PARTIE G : Conclusions......................................................................119
G.1 Principales conclusions sur les tendances migratoires récentes............. 119
G.1.1 Principales caractéristiques de l’émigration internationale........... 120
G.2 Recommandations pour l’amélioration des statistiques migratoires ..... 121
G.2.1 Identification et explication des lacunes statistiques
et des problèmes rencontrés dans la collecte des données .......... 121
G.2.2 Actions/stratégies recommandées pour améliorer les
données de la migration................................................................ 125
G.2.3 Propositions sur la manière de mettre régulièrement à
jour le Profil national sur les migrations ....................................... 126
G.3 Recommandations relatives à la gestion de la migration........................ 127

Bibliographie....................................................................................129

Annexe I : Statistiques......................................................................137

Annexe II : Aperçu de la migration interne........................................157

Annexe III : Sources de données et définition des catégories


utilisées............................................................................................159
Source de données.................................................................................. 159
Définitions de catégories......................................................................... 164

Migration au Niger : Profil National 2009 5


Liste des tableaux
Tableau 1 : Indicateurs de la pauvreté, 2007 (%)............................................... 34
Tableau 2 : Dépenses de consommation dans la dépense totale par
quintile, 2005.................................................................................. 35
Tableau 3 : Effectifs scolaires par niveau d’enseignement, 2001-2006.............. 36
Tableau 4 : Evolution de l’IDH, 1975-2008......................................................... 40
Tableau 5 : Evolution de la population du Niger de 1960 à 2007...................... 43
Tableau 6 : Principaux indicateurs économiques, 2002-2007............................ 47
Tableau 7 : Echanges extérieurs, 2002-2006..................................................... 50
Tableau 8 : Taux brut de scolarisation par sexe et par niveau, année
académique 2007-2008................................................................... 56
Tableau 9 : Stocks d’immigrants internationaux toutes durées (a) . ................. 58
Tableau 10 : Population immigrante internationale par sexe, 1977-2001........... 60
Tableau 11 : Immigrants internationaux par pays et régions de
provenance, 1988 et 2001............................................................... 61
Tableau 12 : Immigrants internationaux et population résidente totale
par groupes d’âge, 1977-2001 (%)................................................... 62
Tableau 13 : Flux d’entrée et de sortie par provenance/destination
au niveau des postes frontaliers de Dirkou (Niger-Lybie) et
Assamaka (Niger-Algérie), 2002-2006............................................. 64
Tableau 14 : Stock des émigrants internationaux, 1960-2005............................. 71
Tableau 15 : Réfugiés nigériens par principaux pays d’accueil, 1996-2008......... 74
Tableau 16 : Refoulés nigériens par pays de provenance, 2005-2007................. 77
Tableau 17 : Entrées récentes dans le pays, de Nigériens ou non,
selon leur durée de séjour au Niger, par sexe, 2001....................... 79
Tableau 18 : Transferts de fonds des émigrants nigériens, 2002-2006................ 80
Tableau 19 : Fonds envoyés au Niger par les travailleurs nigériens
de l’étranger de 2000 à 2008 (en millions de dollars E.-U.)............. 81
Tableau 20 : Cas de paludisme et de tuberculose, 2001-2006.......................... 137
Tableau 21 : Secteurs d’activités au Niger, 2004-2007....................................... 137
Tableau 22 : Population active au Niger, 1977-2001.......................................... 138
Tableau 23 : Effectifs de la fonction publique, 2001-2006................................. 138
Tableau 24 : Demande d’emploi par catégories professionnelles,
2000-2007..................................................................................... 139
Tableau 25 : Taux brut de scolarisation et d’admission à l’école
primaire, 2001-2008...................................................................... 139
Tableau 26 : Indicateurs relatifs à l’immigration internationale
de 1960 à 2010.............................................................................. 140
Tableau 27 : Immigrants internationaux selon le milieu de résidence,
1977 et 2001................................................................................. 142
Tableau 28: Flux d’entrées aux postes frontaliers du Niger par
nationalité, 2005 et 2006.............................................................. 142
Tableau 29 : Flux de sorties aux postes frontaliers du Niger par nationalité,
2005 et 2006................................................................................. 143

Migration au Niger : Profil National 2009 7


Tableau 30 : Entrées et sorties au poste de police frontalier d’Assamakka
par nationalité, 2002-2004............................................................ 144
Tableau 31 : Répartition de la population résidente et immigrante
par groupes d’âge et sexe, 1988.................................................... 145
Tableau 32 : Répartition de la population résidente et immigrante
par groupes d’âge et sexe, 2001.................................................... 146
Tableau 33 : Immigrants internationaux par groupes d’âge, 1977,
1988 et 2001 (%)........................................................................... 147
Tableau 34 : Proportion de la population immigrante dans la population
active (15-64 ans) totale par groupes d’âge et de sexe,
1977, 1988 et 2001 (%)................................................................. 147
Tableau 35 : Refugiés reconnus au Niger (au sens de la Convention
de Genève de 1951), 1993-2008................................................... 148
Tableau 36 : Demandeurs d’asile et refugiés reconnus au Niger, avec leurs
dépendants, 2008.......................................................................... 148
Tableau 37 : Etudiants inscrits en 2ème et 3ème cycle à l’université
nationale (Abdou Moumouni) par nationalité, 2006-2008........... 149
Tableau 38 : Nombres de voyageurs/passagers par région de provenance,
1990-2006..................................................................................... 150
Tableau 39 : Motifs des voyages, 1996-2006..................................................... 151
Tableau 40 : Principaux pays de destination des émigrants nigériens,
1995-2005..................................................................................... 152
Tableau 41 : Demandeurs d’asile nigériens par principaux pays d’accueil,
1996-2008..................................................................................... 152
Tableau 42 : Boursiers de l’Etat par région et pays, 1990-2007......................... 153
Tableau 43 : Refoulés Nigériens et ouest-africains au niveau des postes
frontaliers de Dirkou (Niger-Lybie) et Assamaka (Niger-Algérie),
2004 et 2006................................................................................. 154
Tableau 44 : Population résidente nigérienne par pays de résidence
antérieure (émigrants internationaux de retour) et durée
de résidence, RGPH 2001.............................................................. 154
Tableau 45 : Frais de transfert de fonds appliqués par l’intermédiaire
privé de transaction Western Union
(zone CFA et hors CFA), 2008......................................................... 155
Tableau 46 : Statut migratoire de la population native du Niger, 2001.............. 158

8 Migration au Niger : Profil National 2009


Liste des graphiques
Graphique 1 : Evolution de la demande globale d’emploi, 2000-2007............. 53
Graphique 2 : Demande d’emploi par catégories professionnelles,
2000-2007................................................................................... 54
Graphique 3 : Evolution de la demande et de l’offre d’emplois, 2000-2007..... 55
Graphique 4 : Pyramides des groupes d’âge de la population résidente
et immigrante, 2001 (%)............................................................. 63
Graphique 5 : Nombre de passagers au Niger par région de provenance,
1990 et 2006............................................................................... 67
Graphique 6 : Motifs des voyages aériens, 1996 et 2006 . ............................... 68
Graphique 7 : Emigrants nigériens par principaux pays de destination,
1995-2005................................................................................... 73
Graphique 8 : Entrées récentes dans le pays, de Nigériens ou non,
par principaux pays de résidence antérieure, 1988 et 2001...... 79
Graphique 9 : Pyramides des groupes d’âge de la population résidente
et immigrante, 1997 (%)........................................................... 141
Graphique 10 : Pyramides des groupes d’âge de la population résidente
et immigrante, 1988 (%)........................................................... 141
Graphique 11 : Evolution du nombre de passagers au Niger par région
de provenance, 1990-2006....................................................... 149

Migration au Niger : Profil National 2009 9


Abréviations
ANAB Agence nationale des allocations et des bourses
Association nigérienne pour la défense des droits de
ANDDH
l’homme
ANPE Agence nationale pour la promotion de l’emploi
Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en
ASECNA
Afrique et à Madagascar
BCR Bureau central pour le recensement
BIC Bénéfice industriel comptable
CEDEAO Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CERMES Centre d’étude et de recherche médicale et sanitaire
Centre d’étude et de recherche sur la population pour le
CERPOD
développement
Commission nationale des droits de l’homme et des
CNDHLF
libertés fondamentales
CNE Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié
DPNU Division de la population des Nations Unies
Centre sur la migration, la globalisation et la pauvrété,
DRC
Université de Sussex
DSCN Direction des statistiques de la comptabilité nationale
DSI Direction de la statistique et de l’informatique
DST Direction de la surveillance du territoire
EDSN Enquêtes démographiques de santé du Niger
ENMU Enquête nigérienne sur la migration et l’urbanisation
FCFA Franc de la communauté française d’Afrique
FED Fonds européen de développement
IDH Indice de développement humain
INS Institut national de la statistique
Institut national de la statistique et des études
INSEE
économiques
IPH Indice de pauvreté humaine
ISF Indice synthétique de fécondité
ME/F Ministère de l’Economie et des Finances

Migration au Niger : Profil National 2009 11


MEBA Ministère de l’Education de base et de l’Alphabétisation
MEN Ministère de l’Éducation nationale
Ministère de l’Enseignement secondaire et supérieur, de la
MESSRT
Recherche et de la Technologie
MFP/T Ministère de la Fonction publique et du Travail
MI/D Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation
Multiple Indicators and Cluster Survey (Enquête à
MICS
indicateurs multiples)
MOBOUA Mobilité ouest-africaine (programme de recherche)
MP/AS Ministère de la Population et de l’Action sociale
Ministère de la Santé publique et de la Lutte contre les
MSP/LCE
Endémies
Organisation de coopération et de développement
OCDE
économique
OIM Organisation internationale pour les migrations
OMD Objectifs du Millénaire pour le développement
ONAFOP Office national de la formation professionnelle
PDDE Plan décennal pour le développement de l’éducation
PIB Produit intérieur brut
PNE Politique nationale de l’emploi
PNSR Programme national de santé reproductive
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PPA Parité de pouvoir d’achat
QUIBB Questionnaire unifié des indicateurs de base du bien-être
Réseau sur les migrations et l’urbanisation en Afrique de
REMUAO
l’Ouest
RGPH Recensement général de la population et de l’habitat
SDR Stratégie de développement rural
Stratégie de développement accéléré pour la réduction de
SDRP
la pauvreté
Secrétariat permanent de la stratégie de réduction de la
SP/SRP
pauvreté
TBA Taux brut d’alphabétisation
TBM Taux brut de mortalité

12 Migration au Niger : Profil National 2009


TBS Taux brut de scolarisation
TOKTEN Transfer of Knowledge through Expatriate Nationals
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
UAM Université Abdou Moumouni de Niamey
UE Union européenne
UEMOA Union économique et monétaire ouest-africaine
UNFPA Fonds des Nations Unies pour la population
HCR Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance
Virus de l’immunodéficience humaine/Syndrome
VIH/SIDA
d’immunodéficience acquis

Migration au Niger : Profil National 2009 13


Avant-propos
Au cours des trois dernières années, l’OIM a préparé des profils migratoires
sur 32 pays de diverses régions du monde, soit l’Europe de l’Est, la région de la
mer Noire, l’Amérique du Sud et l’Afrique.

La réalisation de profils migratoires a été d’abord proposée par la


Commission européenne dans sa Communication sur la migration et le
développement de 2005. Selon ce document, les profils migratoires devraient
être des rapports statistiques fournissant des informations sur un panel de
sujets relatifs à la migration dans les pays partenaires de l’Union européenne ;
ils devraient être conçus comme un outil de la Commission européenne pour
informer les programmes d’assistance communautaire des pays tiers en matière
de migration, ainsi que les stratégies de réduction de la pauvreté.

En Afrique de l’Ouest et centrale, l’OIM a approfondi le concept


originel des profils migratoires. Dans le cadre du projet « Migration en
Afrique de l’Ouest et centrale : profils nationaux pour le développement de
politiques stratégiques », les profils migratoires sont conçus pour être plus
que des rapports statistiques. Ils sont également destinés à être des outils
gouvernementaux pour le développement de politiques.

Le principal objectif de cette recherche et de ce projet de renforcement


des capacités est d’accroître les capacités gouvernementales des dix pays ciblés
en Afrique de l’Ouest et centrale. Cela permettra de promouvoir une approche
politique cohérente et dynamique de la migration, en développant des « profils
migratoires nationaux » en tant que cadres pour la collecte et l’analyse de
données en appui à la planification des politiques stratégiques au niveau national
et régional. Grâce au soutien financier de la Commission européenne, de l’Office
fédéral des migrations suisse et de la Coopération belge au développement, l’OIM
met en œuvre ce projet en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali, en Mauritanie, au
Niger, au Nigeria, en République démocratique du Congo et au Sénégal, tandis
que des profils migratoires sont également en cours d’élaboration au Cap-Vert
et au Cameroun.

Les profils migratoires sont un résultat fondamental de ce projet. Ils


rassemblent de façon structurée les informations en provenance de différentes
sources, et fournissent un aperçu complet des tendances clé en matière de
migration internationale et de développement socio-économique dans les
pays ciblés. Ils identifient également les lacunes en matière de données et les
stratégies potentielles pour améliorer la collecte de données dans l’optique
d’une planification des politiques.

Migration au Niger : Profil National 2009 15


Il est important de noter que l’élaboration de ces profils migratoires
nationaux va au-delà de la simple collecte d’informations. Les données et
informations pertinentes en matière migratoire sont souvent conservées à
divers endroits, à la fois au sein de structures gouvernementales et en dehors.
Chaque pays ciblé instaure donc un Groupe de travail technique national
(GTTN) interministériel pour faciliter la collecte des informations pertinentes
en provenance de diverses entités. Les GTTN ont également permis aux
gouvernements de contribuer aux rapports à chaque étape du processus de
rédaction et de prendre en considération de manière plus large une approche
cohérente de la collecte de données et du développement de politiques. Les
avant-projets de profils migratoires ont été présentés lors d’ateliers nationaux
de planning politique, sur la base desquels les gouvernements ont émis des
recommandations sur le développement futur de politiques et ont amélioré
la collecte de données. Les profils migratoires nationaux sont donc le résultat
d’un processus largement appuyé par les gouvernements, destiné à accroître
l’utilisation de données pour le développement de politiques. Ils vont au-delà de
la seule compilation de données.

Par le biais de mécanismes tels que les GTTN et les ateliers nationaux
de planning politique, les rapports constituent également un instrument de
sensibilisation et contribuent à avancer le planning politique sur les migrations
internationales dans les pays ciblés.

Afin de garder leur rôle d’outil efficace pour l’élaboration de politiques,


les profils migratoires doivent être mis à jour régulièrement et utilisés pour le
développement de politiques. La pérennité des mécanismes gouvernementaux
établis pour la préparation des profils migratoires demeure un défi important.
Les données sur lesquelles les rapports se basent et le format des rapports
doivent être améliorés pour permettre une analyse plus approfondie des
tendances relatives à la migration. Le projet « Migration en Afrique de l’Ouest et
centrale : profils nationaux pour le développement de politiques stratégiques »
a initié une résolution de ces défis, mais d’autres interventions sont nécessaires
pour s’assurer que les profils migratoires constituent un outil d’information
régulièrement mis à jour pour le développement de politiques.

Ce rapport n’aurait pu voir le jour sans les contributions de nombreuses


personnes. Nous souhaiterions remercier : l’expert national, Issaka Maga
Hamidou, pour la rédaction du rapport ; Rudolf Anich, Jobst Koehler et Timon
Van Lidth pour la coordination, la révision et l’édition du profil migratoire ;
Maud Bonnet pour l’assistance dans la recherche lors des dernières étapes ; le
point focal et la mission nationale de l’OIM pour la transmission d’informations

16 Migration au Niger : Profil National 2009


complémentaires ; et, finalement, les membres du Gouvernement qui ont fourni
de précieux commentaires sur le rapport lors des différentes phases du projet.

Abye Makonnen Frank Laczko


Représentant régional Chef de la division recherche et publications
Mission à fonctions régionales Siège de l’OIM
Dakar, Sénégal Genève, Suisse

Migration au Niger : Profil National 2009 17


NIGER - Données de base
Population (2005) 13 102 000
Superficie totale 1 267 000 km²
PIB par habitant (PPA en dollar E.-U.) (2005) 781
Indice de développement humain (IDH) (rang) (2005) 174 sur 177
Taux net de migration (période 2000-2005) -0.5 / 1 000 habitants
Sources: Division de la Population des Nations Unies (DPNU) (2008), World Population Prospects: The 2008
Revision ; Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) (2008), Rapport sur le Développement
humain 2007/2008 ; Institut National de la Statistique du Niger (INS), http://www.stat-niger.org/

Migration au Niger : Profil National 2009 19


Résumé
Le faible niveau de développement du Niger a engendré plus d’émigration
que d’immigration, au cours des 10 dernières années. Il enregistre un taux net
de migration négatif (par 1 000 habitants) de -0,6, bien qu’il soit en même temps
progressivement devenu un pays de transit pour les migrants subsahariens
(DPNU, 2008).

L’émigration nigérienne

Les données relatives à l’émigration sont très limitées au Niger. Aucun


ministère ou service ne collecte de manière exhaustive des données sur les
Nigériens vivant à l’étranger. Lors des recensements généraux de la population
effectués par le passé, aucune question relative à l’émigration n’a été posée.

Selon les estimations du Centre sur la migration, la globalisation et


la pauvreté (DRC) de l’Université Sussex, publiées en 2007 et basées sur
des recensements des années 1995 à 2005, il y avait 496 773 émigrants
internationaux nigériens hors de leur pays, soit environ 3,5 % de la population
totale. Cette proportion d’émigrants a augmenté puisqu’elle était estimée à
1,7 % de la population totale pour la période 1988-1992, soit 99 927 émigrants
(REMUAO, 1997).

D’après les estimations du DRC, les principaux pays de destination des


migrants nigériens sont : Burkina Faso (27,8 %), Côte-d’Ivoire (26,2 %), Nigeria
(11,9 %), Guinée Conakry (10,8 %), puis Ghana (5,2 %), Togo (3,4 %) et Bénin (3 %).
Parmi ces pays, les deux premiers (Burkina Faso et Côte d’Ivoire) accueillent à eux
seuls plus de la moitié des émigrants nigériens. L’Afrique de l’Ouest est la principale
destination avec 88,3 % d’émigrés nigériens concentrés dans 7 pays ouest africains.
Au total, les pays de la CEDEAO accueillent plus de 89 % des émigrés nigériens.

La moitié des émigrés nigériens sont hautement qualifié. Cependant, selon


les données disponibles en matière de fuite des cerveaux, il ne semble pas que le
phénomène soit très important par rapport à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.
En 2000, 50 % des émigrants nigériens disposaient d’un niveau d’enseignement
supérieur, mais cela ne représentait que 6 % de la population ayant un tel niveau
d’éducation (Docquier et Marfouk, 2005). Sur la période 1995-2005, 9 % des
médecins nigériens et 2 % des infirmiers ont émigrés, là où d’autres pays comme
la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée Bissau ou le Sénégal voient plus de 50 % de
leurs médecins émigrer (Clemens et Pettersson, 2007).

Migration au Niger : Profil National 2009 21


L’immigration au Niger

Bien que les données existantes soient rares et manquent de mise à jour,
l’immigration internationale apparaît comme n’étant pas très importante au
Niger, avec une part des immigrants internationaux dans la population totale
résidente ne dépassant pas 2 % (1,8 % en 1995, 1,5 % en 2000 et 1,4 % en 2005)
(DPNU, 2008). De plus, l’augmentation des stocks d’immigrants ralentit. De 3 %
d’augmentation entre 1977 et 1988, le taux de croissance annuelle du stock des
immigrants internationaux est tombé à 0,6 % entre 1988 et 2001.

Les immigrants internationaux proviennent pour la plupart des pays


frontaliers ouest-africains du Niger : Nigeria (34 %), Mali (28 %), Burkina Faso
(9 %), Benin (8 %), Côte d’Ivoire et Ghana (chacun 4 %) (DRC, 2007).

Aucune donnée n’a été publiée sur la part des immigrés internationaux
dans la population active totale. On ne peut qu’effectuer des estimations par
rapport aux estimations pour le reste de la population. Les résultats obtenus
montrent que la part des immigrants internationaux est très faible et ne dépasse
en général pas les 3 % quels que soient les groupes d’âge et le sexe (tableau 49
annexe I). Cependant, la part des immigrants dans la population active dépasse
la part des immigrants dans la population totale (moins de 2 %).

Le Niger n’est pas non plus un pays d’accueil important pour les
demandeurs d’asile (20 en 2008) et les réfugiés (320 en 2008), bien que le pays
ait connu des afflux importants de demandeurs d’asile dans les années 1990
(plus de 27 000 en 1995), provenant principalement du Tchad (HCR, 2008).

L’effectif des immigrants (travailleurs ou non) en situation irrégulière au


Niger est probablement très important, selon les informations obtenues auprès
de la Direction de la surveillance du territoire. Compte tenu de l’absence d’un
système de collecte et de traitement des informations fiable sur les migrations
dans le pays, il n’est pas possible de connaître le nombre d’immigrants irréguliers.

Les facteurs conduisant à la migration

La longue crise économique que le pays a connu, notamment au cours


des années 1980 et 1990, a certainement contribué à ralentir le rythme
d’accroissement du stock des immigrants internationaux du fait de la réduction
des opportunités d’emploi au Niger, et ce malgré le cadre favorable à la migration
de main d’œuvre instauré par la CEDEAO.

22 Migration au Niger : Profil National 2009


Toutefois, on pourrait s’attendre à une augmentation progressive des
immigrants internationaux avec la reprise économique progressive et les
perspectives économiques très prometteuses qui s’ouvrent au Niger : exploitation
future de gisements de pétrole, d’uranium et d’or, et construction d’un grand
barrage hydroélectrique sur le fleuve Niger.

Il faut souligner qu’en matière de mouvements migratoires, une des


particularités du Niger, est qu’il est surtout utilisé comme pays de transit vers le
Maghreb (notamment la Libye et l’Algérie) et les pays développés du Nord, par
des migrants venant surtout de l’Afrique de l’Ouest. Cette migration économique
de transit fait l’objet de préoccupations politiques en vue de renforcer les moyens
de contrôle de ce genre de flux, normalement destinés à entrer clandestinement
en Afrique du Nord.

En matière d’émigration, le prolongement de la crise économique


des années 1980 et 1990, la pauvreté endémique qui touche 6 Nigériens sur
10, l’austérité géo-climatique qui caractérise le pays, les crises alimentaires
récurrentes, la forte croissance démographique annuelle (plus 3 %), et la
création de la CEDEAO (espace de libre circulation des personnes et des biens)
sont autant de facteurs qui poussent des Nigériens à migrer vers d’autres pays
en vue de chercher à améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille.

Cette émigration s’est intensifiée au cours des dernières années et est


progressivement devenue extrarégionale en direction de l’Amérique du Nord,
l’Europe et le Moyen-Orient.

Toutefois, avec la reprise économique progressive actuelle, les actions de


lutte contre la pauvreté et les perspectives économiques nouvelles, l’émigration
pourrait ralentir quelque peu, sans pour autant s’arrêter complètement.

Les conséquences des migrations sur la société nigérienne

Bien que les transferts de fonds des émigrants nigériens soient assez
modestes, du moins pour ce qui est des montants officiellement connus, par
rapport à certains pays comme le Mali, le Sénégal ou le Togo, ils constituent
certainement des ressources financières importantes injectées dans l’économie
nigérienne.

L’émigration est motivée par l’amélioration des conditions de vie et


semble effectivement la permettre. Ainsi, selon les résultats de l’enquête QUIBB
(Questionnaire unifié des indicateurs de base du bien-être), « près de 66 % des

Migration au Niger : Profil National 2009 23


ménages estiment que leurs conditions de vie se sont relativement améliorées
au cours des cinq dernières années (c’est-à-dire entre 2000 et 2005) » grâce
à différents facteurs. La migration, soit les transferts de fonds de la part de
membres de la famille émigrés, est citée dans 15 % des cas. Cependant, en
l’absence d’études relatives à cette thématique, il est difficile d’évaluer l’impact
réel de ces fonds sur la réduction de la pauvreté et le développement du pays
en général.

Enfin, l’utilisation officielle de la migration comme un facteur de


développement est en train de faire son chemin au Niger à travers le programme
de transferts de connaissance des expatriés (TOKTEN, Transfer of Knowledge
through Expatriate Nationals) et également de certaines politiques publiques
comme la stratégie de développement rural (SDR).

Le cadre politique et les défis de la gestion des migrations

Le gouvernement du Niger a mis en place, en 2007, un comité


interministériel pour élaborer une politique migratoire censée permettre de
mieux gérer les flux migratoires internes et internationaux. Ce comité est dirigé
par le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation,
qui est la principale institution étatique chargée des questions migratoires sur le
plan juridique et sécuritaire.

La politique migratoire s’appuiera sur les textes juridiques et législatifs


existants, ainsi que sur les nombreuses conventions internationales ratifiées par
le Niger, dont les réglementations de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Le gouvernement cherche également à faire de la migration un facteur


de développement national et local, à travers l’implication des migrants dans
les actions économiques et sociales. Le gouvernement essaie en particulier
d’aborder la question de l’utilisation productive des transferts de fonds. En
effet, les migrants, qui possèdent des revenus stables, effectuent des transferts
d’argent vers le Niger, le plus souvent par des circuits informels. Mais les
fonds transférés servent en général à la consommation des ménages et peu à
l’investissement productif.

Par ailleurs, le programme TOKTEN est en préparation en vue d’amener


les Nigériens de l’extérieur à appuyer leur pays, par leur savoir-faire, dans divers
domaines, à travers des séjours de courte durée au Niger.

24 Migration au Niger : Profil National 2009


Les lacunes statistiques

Ce Profil migratoire inclut des données nationales et internationales. Les


données nationales sont quelques peu lacunaires. En effet, peu d’informations
sont disponibles sur l’ensemble des éléments constitutifs de la question
migratoire (immigration, émigration, transferts de fonds, mouvements
migratoires irréguliers, etc.). Bien que certaines données supplémentaires
soient collectées aux postes-frontières par exemple, elles ne sont généralement
pas exploitées ou pas publiées, notamment en raison du peu d’intérêt accordé
par les autorités aux données relatives aux flux migratoires. De plus, la plupart
de ces données sont saisies manuellement ce qui en complique la collecte.

En général, quelle que soit la source nationale de données, il semble


nécessaire de moderniser les moyens de collecte, de renforcer les capacités
techniques, matérielles et humaines de collecte, de traitement et de diffusion
de ces données. Davantage de précisions et de données détaillées doivent être
fournies. L’accès aux données doit également être facilité en accroissant leur
publication, en créant davantage de bases de données publiques.

Il est tout particulièrement attendu que les grandes opérations de collecte


de données au niveau national (recensement général de la population) incluent
des questions sur l’émigration internationale, pour laquelle l’information est
particulièrement insuffisante.

Migration au Niger : Profil National 2009 25


Executive Summary

Niger’s low level of development has given rise to more emigration than
immigration. For the past ten years, the country has registered a negative
net migration rate (per 1,000 inhabitants) of -0.6, although it has increasingly
become country of transit for migrants from Sub-Saharan Africa (UNPD, 2008).

Emigration from Niger

There is very limited data on emigration from Niger. There is no ministry


or service entrusted with collecting data on Nigeriens living abroad. Even during
the last general population censuses, not a single question on emigration was
asked.

According to the estimates of the Centre on Migration, Globalization and


Poverty (DRC) of Sussex University, published in 2007 and based on 2000 Census
Round data, there are 496,773 Nigerien emigrants outside their country, i.e.
about 3.5% of the total population. This proportion of emigrants has increased
from 1.7% of the total population for the period 1988-1992, i.e. 99,927 emigrants
(REMUAO, 1997).

DRC estimates show that the main countries of destination of Nigerien


migrants are Burkina Faso (27.8%), Côte-d’Ivoire (26.2%), Nigeria (11.9%),
Guinea Conakry (10.8%), followed by Ghana (5.2 %), Togo (3.4%) and Benin (3%).
The first two of these countries (Burkina Faso and Côte d’Ivoire) alone receive
more than half of these Nigerien migrants. West Africa is the leading destination
of Nigeriens, as 88.3 per cent of Nigerien expatriates are concentrated in 7 West
African countries. All in all, more than 89 per cent of Nigerian emigrants are
based in ECOWAS countries.

According to data available on brain drain, although in 2000 50 per cent


of Nigerien migrants are highly-educated, these emigrants only represent 6
per cent of the overall population with tertiary education, suggesting that the
phenomenon does not seem to be as widespread in Niger as it is in other West
African countries (Docquier and Marfouk, 2005). During the 1995-2005 period, 9
per cent of Nigerien doctors and 2% of nurses emigrated, while in countries like
Côte d’Ivoire, Ghana, Guinea Bissau or Senegal, over 50 per cent of their doctors
emigrate (Clemens and Pettersson, 2007).

Migration au Niger : Profil National 2009 27


Immigration to Niger

The existing data on migration to Niger is scanty and is not frequently


updated; however, it seems that international immigration does not seem to
be significant in Niger. International immigrants represent less than 2 per cent
of the total resident population (1.8% in 1995, 1.5% in 2000 and 1.4% in 2005)
(UNPD, 2008). Moreover, the increase in immigrant stock has slowed down in
Niger. The annual growth rate of the international immigrant stock registered a 3
per cent increase between 1977 and 1988, but dropped to 0.6 per cent between
1988 and 2001.

Most international immigrants come from West African countries


bordering Niger: Nigeria (34%), Mali (28%), Burkina Faso (9%), Benin (8%), Côte
d’Ivoire and Ghana (4% each) (DRC, 2007).

No information on the proportion of international migrants in the total


active population has been published. Estimated from the potentially active
population of immigrants to that of the population also potentially active (that is,
within the same 15-64 year age bracket), the portion of international immigrants
is very consistent and does not generally exceed 3 per cent regardless of age
groups and sex (table 49 in annex I). However, this share exceeds the average of
immigrants in the total population (less than 2%).

Niger does not receive many asylum seekers (20 in 2008) and refugees
(320 in 2008); even though a considerable number of asylum seekers flooded
into the country in the 1990s (more than 27 000 in 1995), essentially from Chad
(UNHCR, 2008).

The number of immigrants (workers or non workers) in Niger whose


papers are not in order is probably very high, according to discussions held with
the Border Surveillance Directorate. Thus, in view of the fact that there is no
system to collect and process reliable information on migration in the country, it
is not possible to know the exact number of irregular migrants.

Factors leading to migration

Although entry requirements for immigrants from ECOWAS countries were


relaxed, the prolonged economic crisis confronting the country during the 1980s
and 1990s certainly contributed to declining growth rates of the immigrant stock
as immigrants struggled to find employment.

28 Migration au Niger : Profil National 2009


However, with progressive economic revival and very promising economic
prospects expected in Niger, due to the imminent exploitation of oil, uranium
and gold deposits as well as the construction of a major hydro-electric dam over
the Niger river, it can be expected that the international immigrant population
will progressively increase.

It is worth noting that, one of the particularities of Niger is that it serves


as a transit point to North Africa (particularly Libya and Algeria) and developed
countries of the North, especially for migrants from West Africa. Political
concerns were expressed as regards this economic transit migration and efforts
were made to strengthen the means of controlling this type of flow which usually
ends in irregular entry to North African countries.

With respect to emigration, the persistence of the economic crisis of the


1980s and 1990s, endemic poverty affecting 6 out of every 10 Nigeriens, the geo-
climatic harshness with which this country is constantly confronted, recurrent
food crises, strong annual demographic growth (over 3%), and the creation of
ECOWAS (as a space for the free movement of persons and goods) are all factors
that push Nigeriens to migrate to other countries with the hope of improving
their living conditions and that of their family.

The emigration of Nigeriens has intensified during recent years and has
become more extra-regional, heading for Europe, the Middle East and North
America.

However, with the currently observed progressive economic revival,


actions geared towards poverty reduction and new economic prospects,
emigration may slow down somewhat without stopping completely.

The consequences of migration on Nigerien society

Although remittances from Nigerien emigrants are fairly modest - at least


the transfers through regular channels - compared to countries like Mali, Senegal
or Togo, these money transfers certainly represent significant financial resources
injected into Niger’s economy.

People emigrate to improve their living conditions and emigration seems


to make that happen. Thus, according to the results of the QUIBB (Questionnaire
unifié des indicateurs de base du bien-être) survey “close to 66 per cent of
households consider that their living conditions have improved comparatively
over the last five years (i.e. between 2000 and 2005)” thanks to various factors.

Migration au Niger : Profil National 2009 29


Migration, i.e. the transfer of funds by members of the family who have
emigrated, is mentioned in 15 per cent of cases. Other factors mentioned may
be linked to migration, notably the existence of a job (16%) and the creation of
a business corporation or a new activity (15%) (SP/SRP, 2007). Since there is no
study on this theme, it is difficult to evaluate the real impact of these funds on
poverty reduction and the country’s development.

Finally, the official use of migration as a factor of development is beginning


to gain ground in Niger through expatriates’ knowledge transfer programme
(TOKTEN) and public policies like the rural development strategy (RDS).

The policy framework and migration management challenges

In 2007, the Government set up an Interministerial Committee to


prepare a migration policy in order to improve the management of internal
and international migration flows. This committee is headed by the Ministry of
Interior, Public Safety and Decentralization, which is the leading State institution
in charge of migration issues at both the legal and security levels.

The migration policy is based on existing legal and legislative texts and on
several international agreements ratified by Niger. These include the Economic
Community of West African States (ECOWAS) and West African Economic and
Monetary Union (UEMOA) regulations.

The Government also seeks to turn migration into a tool for national
and local development, by involving migrants in economic and social actions.
An issue the government particularly seeks to address is the productive use
of remittances. Migrants, who have stable incomes, often send remittances to
Niger through informal channels. But the transferred funds are generally used
for household consumption and rarely for productive investments.

In addition to this, the TOKTEN programme is being prepared with a view


to getting Nigeriens living abroad to support their country in various fields,
through their know-how, by organizing short visits.

Data gaps

The migration profile involved the collection of national and international


data. National data is incomplete. Not much information is available on all the
essential elements of the migration issue (immigration, emigration, funds transfer,

30 Migration au Niger : Profil National 2009


irregular migration movements, etc.). Even though additional information is
collected at border posts, for example, they are not generally used or published
because of the authorities’ lack of interest in information concerning migration
flows. Moreover, most of this information is typed by hand, making its collection
more complicated.

In general, regardless of the national source of information, there is


a need to modernize the means of collection of data, strengthen technical,
material and human capacities as well as that of processing and disseminating
this information. Further precision and more detailed information should be
provided. Access to information should also be facilitated by increasing the
publication of data, through the creation of more public data bases.

It is highly recommended that the major data collection operations at


national level (i.e. general population census) include questions on international
emigration on which information is particularly scarce.

Migration au Niger : Profil National 2009 31


PARTIE A : Introduction
A.1 Etat des lieux du niveau de développement

A l’instar de plusieurs autres pays du monde, le Niger s’est engagé à


atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) fixés en
2000 par une conférence internationale regroupant la plupart des nations de la
planète. Cependant, la réalisation complète des OMD, notamment en matière de
pauvreté, de santé, d’éducation, d’égalité et d’équité entre les sexes, constitue
un défi important qui ne sera pas facile à relever à l’horizon 2015 pour les pays
comme le Niger, parmi les plus pauvres au monde. Or, les succès ou les échecs
en matière de développement pourraient avoir des impacts significatifs sur les
mouvements migratoires nationaux et internationaux qui ont lieu dans le pays
et qui se sont amplifiés ces dernières années.

L’analyse des indicateurs de développement humain et de pauvreté est


effectuée pour évaluer le niveau de développement du pays et l’impact des
tendances passées et actuelles de la migration. L’analyse essaie également de
mesurer les défis à relever par le pays concernant les Objectifs du Millénaire
pour le développement (OMD) à l’horizon 2015. Cette section traite surtout des
OMD les plus liés aux questions de migration, soit :

-- OMD 1 : Réduire l’extrême pauvreté de moitié d’ici 2015


-- OMD 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
-- OMD 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies
-- OMD 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

A.1.1 Une population très pauvre (OMD 1)

Selon la typologie établie par les Nations Unies, le Niger abrite l’une des
populations les plus pauvres au monde, avec un PIB par habitant d’environ
294 dollars E.-U. en 2007 (soit 627 dollars E.-U. PPA1) (PNUD, 2009). Plusieurs
éléments concourent à maintenir le pays à un bas niveau de développement.

Au plan national (tableau 1), les données recueillies lors d’enquêtes sur
les dépenses des ménages révèlent que 6 Nigériens sur 10 sont pauvres ; la
situation a très peu évolué au cours du temps. Cependant, le taux de pauvreté
a légèrement baissé, puisque il était estimé à 62 % et 60 % respectivement en
2005 et 2007, alors qu’il était à 63 % pour la période 1989-1992 (INS, 2008a).

1
PPA= parité de pouvoir d’achat

Migration au Niger : Profil National 2009 33


Tableau 1 : Indicateurs de la pauvreté, 2007 (%)
Milieu de résidence Incidence de la pauvreté Profondeur de la pauvreté
Urbain 36.7 11.3
Rural 63.9 21.2
Ensemble 59.5 19.6
Source : INS, 2008a.
Note : La profondeur de la pauvreté ou écart de pauvreté indique la distance à laquelle les pauvres se trouvent de la ligne de pauvreté.
Autrement dit, elle donne le déficit moyen de consommation par rapport à la ligne de pauvreté pour l’ensemble de la population; elle
permet ainsi d’estimer les ressources nécessaires pour amener l’ensemble de la population au niveau du seuil de pauvreté (INS, 2006).

Pour l’année 2005, le pauvre est défini comme « une personne ne recevant
pas les 2100 calories par jour (recommandé par le système des Nations Unies
pour le Niger) dont son organisme a besoin pour se maintenir, autrement dit c’est
une personne dont la dépense annuelle moyenne est inférieure ou égale à 144
750 FCFA si elle vit en milieu urbain, ou à 105 827 FCFA lorsqu’elle vit en milieu
rural. Ce montant correspond à une dépense journalière de 397 FCFA en milieu
urbain et à 290 FCFA en milieu rural, valeurs qui sont toutes en deçà du seuil de
pauvreté monétaire de la Banque mondiale (un dollar par personne et par jour
correspondant à 583 FCFA au moment de l’enquête) pour l’extrême pauvreté »
(INS, 2006).

L’ampleur de la pauvreté varie selon le milieu de résidence (urbain, rural),


mais aussi selon les régions. En effet, en 2007, l’incidence de la pauvreté était
de 64 % en milieu rural (où vit plus de 80 % de la population totale) contre
seulement 37 % en zone urbaine (tableau 1). Cette disparité ville-campagne
est un des facteurs explicatifs des migrations rurales vers les centres urbains,
supposés offrir plus d’opportunités de gains financiers. Par ailleurs, l’écart
moyen entre les pauvres (profondeur de la pauvreté) est plus élevé en milieu
rural que dans les villes. D’après l’indice de pauvreté humaine (IPH) du PNUD,
basé sur une combinaison d’indications socio-sanitaires (éducation, santé, eau
potable et malnutrition des enfants) 63,3 % de la population était pauvre en
2001 (République du Niger-PNUD, 2004).

A signaler que la répartition en quintiles des dépenses totales en 2005


fait ressortir que « les 20 % les plus pauvres ne disposent que de 8,58 % des
dépenses totales alors que les 20 % les plus riches consomment 42,53 % des
dépenses totales » (tableau 2)(INS, 2006). Il ressort également que les 40 % les
plus pauvres effectuent approximativement 20 % de la dépense totale, tandis
que les 40 % les plus riches consomment plus de 60 %. Ainsi, « les dépenses de
consommation des 20 % les plus pauvres ne représentent qu’un cinquième des
dépenses de consommation des 20 % les plus riches » (INS, 2006).

34 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 2 : Dépenses de consommation dans la dépense totale par quintile, 2005
Quintile 1er 2ème 3ème 4ème 5ème Ensemble
Dépenses totales (en 144 209 264 348 714 1,679
milliards de FCFA)
Part dans les dépenses 8,6 12,5 15,7 20,7 42,5 100
globales (%)
Source : Enquête QUIBB 2005 (INS, 2006).

Dans la perspective d’améliorer les conditions de vie des populations et de


réduire l’incidence de la pauvreté, le gouvernement du Niger a adopté en 2002
une stratégie de réduction de la pauvreté qui a été révisée en 2007. La « stratégie
de développement accéléré et de réduction de la pauvreté » repose sur toutes les
politiques sectorielles en cours (développement rural, santé, éducation, emploi,
micro-finance, population, genre, etc.) et le Programme spécial du Président
de la République pour le milieu rural. Cependant, malgré les efforts de l’Etat et
les perspectives qu’offrent l’exploitation du pétrole et de nouveaux gisements
d’uranium, il paraît actuellement illusoire, à moins d’un miracle économique,
de voir le taux de pauvreté diminuer de moitié d’ici 2015. Or, les liens entre la
pauvreté et les migrations sont souvent très étroits, notamment dans les pays en
voie de développement présentant des disparités importantes entre les régions,
les villes et les villages. Dans bien de situations, la pauvreté est un facteur de
migration (Usher, 2005). Cependant, la migration contribue également à la
réduction de la pauvreté grâce aux envois d’argent qui permettent de satisfaire
les besoins de base des familles de migrants restées au pays (Usher, 2005 ; Olivier
de Sardan, 2007 et Hamani A., 2008).

A.1.2 Des inégalités et iniquités importantes selon le


genre en matière d’éducation et d’emploi (OMD 3)

Malgré les progrès importants réalisés, le Niger se caractérise également


par un capital humain instruit faible. Depuis 2003, le pays élabore et met en
œuvre un Plan décennal du développement de l’éducation (PDDE) en vue
d’améliorer les niveaux d’instruction au primaire et au secondaire pour les deux
sexes et atteindre l’OMD 3. Les statistiques scolaires montrent un grand écart
entre les effectifs du niveau primaire et secondaire (tableau 3).

Au niveau primaire, le ratio filles/garçons était d’environ 74,4 % en 2008


(soit environ 7 filles contre 10 garçons) ; au secondaire, il était de 6 contre 10.
L’enseignement supérieur, essentiellement public, enregistre les effectifs les
plus faibles et se caractérise par la sous-représentation des femmes. En effet,
les étudiantes ne représentaient que 21 % de la population estudiantine de

Migration au Niger : Profil National 2009 35


l’Université nationale Abdou Mounouni de Niamey (UAM) en 2004 (MES/S/R/T,
2005).

Tableau 3 : Effectifs scolaires par niveau d’enseignement, 2001-2006


Enseignement public et privé Rapport filles/garçons
Années
Primaire Secondaire Supérieur Primaire Secondaire
2001 656 589 102 145 10 564 0,66 0,63
2002 760 987 109 297 9 872 0,66 0.63
2003 857 592 123 930 9 388 0,67 0,64
2004 980 033 155 042 9 294 0,68 0,62
2005 1 064 056 177 033 9 989 0,69 0,64
2006 1 126 075 210 626 11 438 0,70 0,63
2007 1 235 065 211 490 10 539 0,71 0,62
2008 1 389 194 230 108 11 761 0,74 0,61
Source : INS, www.ins.ne; Annuaires statistiques 2007-2008 des ministères concernés.
Note : Au niveau d’enseignement superiérieur, les effectifs incluent l’Université Abdou Moumouni de Niamey et l’Université Islamique
de Say.

La sous-représentation des femmes au niveau de la formation explique


leur faible proportion dans les emplois salariés de la fonction publique, où
elles n’atteignent pas 30 % de l’effectif total. Toutefois, la part des femmes a
légèrement augmenté chaque année depuis 2001 (tableau 23, annexe I).

Au cours des années 2000, grâce à la loi sur les quotas,2 au plaidoyer en
faveur de l’égalité et de l’équité des genres et à la volonté politique, les effectifs
des femmes ont augmenté, par exemple, aux niveaux suivants :

-- Gouvernement (22 % depuis 2007, soit 8 femmes sur 36, contre 18 % en


2002) (SP/SRP, 2007 et www.presidence.ne/gouvernement.htm).
-- Assemblée nationale (12,4 % depuis 2004, soit 14 femmes parlementaires
élues, contre 1,2 % en 1998)3 (SP/SRP, 2007).

Cependant, beaucoup d’efforts restent à faire, tant dans le domaine de la


participation des femmes à la gouvernance politique que sur celui de l’emploi,
les femmes salariées ne représentant p.ex. que 24,5 % des effectifs de la fonction
publique (SP/SRP, 2007).

2
La loi sur les quotas vise à assurer 25 % des postes de nomination et 10 % des postes électifs à l’un ou
à l’autre sexe. Malgré qu’elle constitue une avancée significative, cette loi n’assure pas encore l’égalité et
l’équité en matière de participation politique des deux sexes, puisque les quotas ne sont pas paritaires.
3
Une 15ème femme (suppléante au départ) est devenue parlementaire à la suite du décès d’un titulaire.

36 Migration au Niger : Profil National 2009


La réalisation progressive de l’OMD 3 permettra également aux femmes
de mieux tirer profit de la migration indépendamment des hommes (les femmes
pouvant migrer seules) sans être victimes de discrimination au sein du marché
de travail qui est traditionnellement plus favorable aux hommes (Usher, 2005).
On peut également soutenir avec Usher (2005) que la migration économique
(internationale ou interne) permet aux femmes de renforcer leur accès à des
activités génératrices de revenus et donc leur autonomie financière et leur
indépendance vis-à-vis des hommes.

A.1.3 Une progression maîtrisée du VIH/SIDA et du


paludisme (OMD 6)

Selon une enquête démographique et de santé à indicateurs multiples,


chez les hommes et les femmes âgés de 15-59 ans, le taux de séroprévalence
du VIH était de 0,7 % en 2006 (INS et Macro International, 2007). Ce taux ne
semble pas avoir progressé puisqu’en 2002, il était estimé à 0,87 % suite à une
enquête du CERMES (Centre d’étude et de recherche médicale et sanitaire). La
prévalence moyenne du VIH chez les jeunes de 15-24 ans se situait à 0,4 % en
2006 ; elle était de 0,5 % chez les jeunes femmes et de 0,1 % chez les jeunes
hommes.

Ces moyennes nationales cachent néanmoins des disparités entre les


régions et les couches sociales. Notamment chez les professionnelles du sexe,
les transporteurs et les militaires, l’enquête CERMES de 2002 a trouvé des taux
plus élevés que la moyenne nationale. Chez les professionnelles du sexe, la
prévalence observée était de 27 % en moyenne, dont plus de 40 % dans
certaines localités (PNSR, MSP/LCE, 2005). Mentionnons également que le taux
de séroprévalence du VIH en milieu urbain était de 2 % en 2002 (PNSR, MSP/
LCE, 2005) contre 1,4 % en 2006, dont 1,5 % chez les femmes et 1,3 % chez les
hommes (INS et Macro International, 2007). A Niamey, la capitale nationale, ce
taux était de 1,1 % en 2006 ; cependant, contrairement à la moyenne urbaine,
la prévalence y est plus forte chez les hommes (1,6 % contre 1,1 % chez les
femmes) selon la même source. A signaler qu’en milieu rural, le VIH est moins
présent avec un taux de prévalence de 0,5 % en 2006 contre 0,64 % en 2002.

Les liens entre les migrations (forcées ou non) et le VIH/SIDA sont assez
bien connus et documentés. En effet, il est bien établi que la mobilité humaine
facilite en même temps celle du virus HIV (Usher, 2005). Certaines catégories
de migrants (irréguliers, réfugiés, chômeurs, etc.) sont particulièrement touchés
par les problèmes de santé, en l’absence de moyens financiers adéquats pour
bien se soigner. Il est important d’initier des programmes visant à améliorer les

Migration au Niger : Profil National 2009 37


conditions de santé des populations migrantes ou non afin de réduire les pertes
économiques dues aux maladies humaines.

En ce qui concerne le paludisme, sa prévalence reste élevée, même s’il


est en baisse (60 ‰ en 2005 contre 68 ‰ en 2001) (tableau 20, annexe I). De
même, le taux de décès dus au paludisme semble maîtrisé, puisqu’il varie entre
2 et 3 décès pour 1000 cas. Enfin, le taux de dépistage de la tuberculose s’est
sensiblement amélioré en passant de 33,4 % en 2001 à 43,6 % en 2005. Il reste
néanmoins encore éloigné de l’objectif international de 70 % fixé par l’OMS.

A.1.4 Aide publique pour le développement (OMD 8)

Mettre en place un partenariat mondial pour le développement par une


aide accrue, un meilleur accès au marché et la viabilité de la dette constitue
l’un des principaux Objectifs du Millénaire pour le développement. Au Niger,
l’essentiel des investissements est financé par des ressources extérieures sous
forme d’emprunts ou de dons. L’aide publique pour le développement (APD)
représente plus de 90 % des investissements publics et 35 % du budget de
fonctionnement (Rapport national sur les progrès vers l’atteinte des OMD).

Toutefois, le volume d’aide extérieure en faveur du Niger ne fait que


diminuer en dépit des allégements de la dette extérieure dans le cadre des
initiatives IPPTE (Initiative en faveur des pays pauvres très endettés) et IADM
(Initiative d’allégement de la dette multilatérale) du Club de Paris. Partie de 16 %
du PIB en 1990, l’APD ne représentait plus en 2007 que 9 % (PNUD, 2007). Entre
2000 et 2004, le volume de l’APD est passé de 697,9 millions de dollars E.-U. à
360,9 millions de dollars E.-U. en termes d’engagements. Cette situation résulte
de l’absence d’harmonisation dans les interventions des partenaires, de la faible
compétitivité de l’économie nigérienne au plan régional, de la forte dépendance
de l’économie aux cours mondiaux pour l’uranium et, pour les activités agricoles,
de la mauvaise pluviométrie. La mise en œuvre du plan d’action national de la
Déclaration de Paris permettra probablement d’améliorer significativement
l’efficacité de l’aide au Niger.

Le rapport national du PNUD de 2007 stipule que pour atteindre les


OMD en 2015, le Niger aura besoin chaque année de 59,6 milliards de FCFA
pour l’éducation, de 30 milliards pour la santé, de 639,5 milliards pour le
développement rural, etc.

Dans le cadre du financement des programmes de développement et


de leur mise en œuvre, les migrants peuvent jouer un rôle important à travers

38 Migration au Niger : Profil National 2009


les revenus stables dont ils disposent (notamment dans les pays développés)
et les envois d’argent réguliers qu’ils effectuent au bénéfice de leurs parents
restés au pays (Usher, 2005). Dans cette perspective, à travers la coopération
internationale, des stratégies et actions sont recherchées par plusieurs pays pour
inciter les migrants à contribuer au développement de leur pays, notamment
au travers d’appuis financiers ou de projets de développement local, ou encore
par des initiatives de type TOKTEN (Transfer Of Knowledge Through Expatriate
Nationals, en français Transfert des connaissances par l’intermédiaire des
nationaux expatriés, notamment ceux vivant au Nord). A l’instar de certains pays
africains plus avancés dans la mise en œuvre du programme TOKTEN, le Niger
cherche également à s’engager sur cette voie (voir E.1).

A.1.5 Un indice de développement humain parmi les plus


faibles du monde

Pendant plusieurs années, le Niger a été classé dernier des pays pour
lesquels le PNUD calculait un indice de développement humain (IDH), malgré
une évolution en général positive de 1975 à 2007 (sauf entre 1980 et 1985).
En effet, l’IDH est passé de 0,246 en 1975 à 0,279 en 1990 et à 0,374 en 2007
(tableau 4). En 2007, le Niger a été classé 174ème sur 177 pays, sur la base d’une
augmentation importante (plus de 50 points) de son IDH, notamment grâce
à l’amélioration de l’espérance de vie et du taux combiné d’éducation (PNUD,
2008). Les indicateurs et valeurs utilisés pour le calcul de l’IDH en 2008 sont :

-- Espérance de vie : 55,8 ans (avec un indice de 0,513)


-- Taux d’alphabétisation des adultes : 28,7 %
-- Taux de scolarisation combiné pour l’éducation primaire, secondaire et
supérieure : 22,7 % (avec un indice de 0,267 comprenant l’alphabétisation4)
-- PIB/habitant (en PPA dollars E.-U.) : 781 (avec un indice de 0,353).

L’indicateur qui a le plus évolué au cours des dernières années est le taux
de scolarisation combiné pour l’éducation primaire, secondaire et supérieure.
Cette croissance s’est surtout faite par le biais du taux brut de scolarisation
primaire qui est passé de 41,7 % en 2002 à 53,6 % en 2006. L’espérance de vie
a également significativement augmenté, passant de 54,5 ans en 2000-2005 à
56,9 ans pour la période 2005-2010 (Nations Unies, 2007). Cependant, en 2009,
le Niger est à nouveau classé dernier, avec un IDH de 0,340 lié sans doute à
l’indice d’espérance de vie qui a été revu à la baisse (0,431) par rapport à l’année
d’avant (PNUD, 2009).

4
Indicateur d’éducation = 2/3 (indicateur d’alphabétisation chez les adultes) + 1/3 (taux de scolarisation tous
cycles confondus).

Migration au Niger : Profil National 2009 39


Tableau 4 : Evolution de l’IDH, 1975-2008
Année 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2007 2008
Valeur IDH 0,246 0,264 0,261 0,279 0,296 0,321 0,374 0,34
Source : PNUD, 2008 et 2009.

A.2 Principales tendances migratoires

Les migrations internationales au Niger au cours des années 2000


se caractérisent par le développement de tendances des années 1990, en
l’occurrence des flux suivants :

-- migration de transit venant surtout d’autres pays africains et utilisant le


Niger comme couloir de passage vers le Maghreb, l’Europe et l’Amérique
du Nord ;
-- migration vers des destinations non-africaines des émigrants nigériens.

Pour ce qui est de l’émigration nigérienne de longue durée, les statistiques


disponibles révèlent que la plupart des émigrants nigériens (89 % environ)
restent en Afrique de l’Ouest. Cependant, il semble bien que depuis le début des
années 2000, des flux importants s’orientent vers d’autres pays hors de l’Afrique
de l’Ouest, Libye et Algérie notamment, comme en témoignent les statistiques
de Nigériens refoulés par ces pays en 2005, 2006 et 2007 (voir C.2.2). On peut
noter qu’avant la colonisation au 19ème siècle, il y avait des échanges commerciaux
entre le Niger et le Maghreb à travers des mouvements caravaniers (Brachet,
2007). Actuellement, ces échanges transfrontaliers se poursuivent à travers des
moyens de déplacement modernes. Cependant, la migration de travail vers le
Maghreb est venue se greffer aux activités proprement commerciales.

Il existe actuellement de véritables filières de migration de travail


vers le Maghreb, aussi bien de Nigériens que d’autres nationalités (surtout
subsahariennes ainsi que non-africaines) utilisant le Niger comme espace
de transit en direction notamment de la Libye et de l’Algérie. Bien que les
estimations des flux ne soient pas fiables et exhaustives (cf. C.2.2), il s’agit
d’une nouvelle forme de migration qui s’est surtout développées au cours des
années 1990 (Lalou, 2005 ; Brachet, 2007). Pour le Niger (en l’occurrence, la
région d’Agadez), elle apparaît comme un « nouveau secteur économique » qui
a ses règles, ses risques, ses acteurs, ses réseaux de relations, ses filières, sa
rentabilité financière, etc. (Brachet, 2007 ; Hamani A., 2008).

40 Migration au Niger : Profil National 2009


En outre, une partie des flux actuels d’émigration s’orientent vers d’autres
continents :

-- l’Europe (notamment la France, l’Italie et l’Allemagne) ;


-- l’Amérique du Nord (les Etats-Unis particulièrement) ;
-- l’Asie (plus précisément le Moyen-Orient et l’Arabie Saoudite). Certaines
statistiques mentionnent également le Pakistan (voir C.2.1).

Selon un classement établi par la Banque mondiale (2008), ces pays


d’Europe et les Etats-Unis font partie des 10 premiers pays de destination des
Nigériens, après les 6 premiers qui sont tous situés sur le continent africain
(principalement dans la partie ouest). Concernant le Moyen-Orient, notamment
l’Arabie Saoudite, les statistiques de refoulés de la DST (Direction de la surveillance
du territoire) montrent qu’entre 2005 et 2007, des centaines de Nigériens ont
été expulsés de ce pays (cf. C.2.2).

Enfin, on notera que par rapport aux années 1970, 1980 et 1990 (avec des
arrivées relativement importantes de demandeurs d’asiles pour cette dernière
décennie), le Niger est devenu un pays moins attractif dans les années 2000, sans
doute du fait de la crise économique prolongée. Toutefois, on note dernièrement
une certaine reprise de l’immigration (voir C.1.1).

Migration au Niger : Profil National 2009 41


PARTIE B : Analyse du contexte socio-
économique de la migration
L’objectif de la présente section est de donner une vue d’ensemble des
conditions, du climat macro-économique et de la réalité politique du Niger afin
d’identifier les conditions déterminantes ainsi que les facteurs de répulsion et
d’attraction pour la migration dans le pays.

B.1 Changements démographiques

B.1.1 Une population qui augmente très vite

Au moment de son accession à l’indépendance en 1960, le Niger avait


une population estimée à environ 2,9 millions d’habitants (INSEE, 1963). Lors
du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2001, ce
chiffre était de 11,1 millions (BCR, 2005a), soit presque un quadruplement de
la population en l’espace de 41 ans (tableau 5). La population devait passer à
13,4 millions en 2007, selon les projections démographiques nationales 2005-
2050 (BCR, 2005b) et à 14,7 millions en 2009, selon les dernières projections de
l’Institut national de la statistique.

Tableau 5 : Evolution de la population du Niger, 1960 - 2007

Enquête 2009
RGPH 1977 RGPH 1988 RGPH 2001
démographique 1960 (projections)

2 876 000 (a) 5 102 980 (b) 7 251 626 (c) 11 060 291 (d) 14 693 112 (e)
Sources : (a) INSEE, 1963 ; (b, c, d) BCR, 2005a ; (e) INS www.ins.ne.

Si les tendances démographiques se maintenaient, le Niger pourrait se


retrouver en 2015 avec environ 18 millions d’habitants ; à l’horizon 2050, le
nombre d’habitants serait de l’ordre de 56 millions (BCR, 2005b). En appliquant
la formule d’estimation utilisée par les Nations Unies, on arrivé également à
environ 53 millions d’habitants en 2050.5

L’augmentation rapide de la population nigérienne résulte du niveau élevé


et quasi constant de la croissance démographique dans le pays. En effet, le taux
annuel de croissance intercensitaire 1988-2001 est de 3,31 %, contre 3,38 %
entre 1977 et 1988. Le maintien d’un tel taux de croissance démographique

5
Voir site de la Division de la population des Nations Unies, projections de 2006 : http://esa.un.org/unpp.

Migration au Niger : Profil National 2009 43


entraînerait un doublement de la population nigérienne en 21 ans environ.6 Ce
taux est le plus élevé au monde, selon des données internationales (UNFPA,
2007).

L’augmentation rapide de la population résulte de la baisse régulière et


significative de la mortalité alors que le niveau de fécondité a très peu changé.
En effet, sur la base des données existantes et des analyses effectuées, il ressort
que le taux brut de mortalité (TBM) a baissé depuis 1960, comme dans d’autres
pays de la sous-région. Le TBM pour 1 000 habitants est passé de 27 ‰ en 1960
à 20 ‰ en 1988 et à 16,8 ‰ en 2001 (DSCN, 1991 ; BCR, 2005d). Quant à la
mortalité infantile et juvénile pour 1 000 naissances, elle est passée de 326 ‰
en 1992 à 274 ‰ en 1998 et à 198 ‰ en 2006, soit une réduction de 39,3 %
(Kourguéni et al. 1992 ; Attama et al., 1999 ; INS et Macro International, 2007).
Ces changements importants ont permis, entre autres facteurs, de faire passer
l’espérance de vie de 48 ans en 1988 à 54,8 ans (54,3 pour les hommes et 55,7
pour les femmes). A l’inverse, le taux brut de natalité, estimé entre 50 et 55 ‰
en 1960, se situe à 51,8 ‰ au RGPH de 1988 et à 49,5 ‰ au RGPH de 2001
(INSEE, 1963 ; BCR, 2005e).

L’indice synthétique de fécondité (ISF) n’a pas changé significativement,


puisqu’il était estimé à 7,1 enfants par femme en 1960, 7,5 en 1988 et 1998 et
7,1 en 2006. Ce taux est également parmi les plus élevés d’Afrique de l’Ouest
et même du monde, d’après les dernières statistiques internationales (UNFPA,
2007). Cette forte fécondité contribue à expliquer l’extrême jeunesse de la
population. En effet, selon le RGPH de 2001, presque un Nigérien sur 2 (48 %)
a moins de 15 ans, et deux nigériens sur trois (soit 66 %) ont moins de 25 ans
(BCR, 2005c).

Le Niger est aussi un pays faiblement urbanisé, puisque seuls 16,3 %


des habitants vivaient en milieu urbain d’après les résultats du RGPH de 2001,
et 15,2 % en 1988 (BCR, 2005a). D’où des défis considérables en matière de
développement et de modernisation.

B.1.2 Des densités de population importantes dans cer-


taines zones

Le Niger est un pays peu peuplé au regard de la densité moyenne de


la population, qui n’est que de 8,7 habitants au km². Cette moyenne cache
cependant de très fortes disparités, car plus de 66 % du pays est considéré

6
L’analyse des flux migratoires concerne aussi bien les nationaux que les étrangers. Cela signifie que dans la
méthodologie d’analyse du REMUAO, des Nigériens peuvent être également comptabilisés dans les entrées.

44 Migration au Niger : Profil National 2009


comme peu habitable parce qu’il y pleut très peu et que les terres sont peu
propices à l’agriculture. En fait, la densité de peuplement a atteint des niveaux
critiques dans certaines régions. C’est le cas notamment des régions de Maradi et
Zinder, les plus peuplées avec des densités humaines approchant ou dépassant
les 100 habitants au km² dans certaines localités comme Aguié (92,4 hab./km²),
Matameye (103,5 hab./km²) ou Madarounfa (116,5 hab./km²). Les régions de
Maradi et Zinder, qui ne représentent respectivement que 3,3 % et 12,3 % de
la superficie du pays, abritent à elles seules 39 % de la population du Niger. En
revanche, la région d’Agadez, couvrant 52,7 % du territoire national, n’accueille
que 2,9 % des résidents (BCR, 2005a) ; située au nord, cette région est en grande
partie constituée de terres désertiques, les zones propices à l’agriculture et à
l’élevage étant très limitées. La population du Niger se trouve ainsi concentrée sur
la bande sud du pays où, en conséquence, de fortes pressions démographiques
sont exercées sur les ressources naturelles. Cette situation est également
favorable aux migrations vers d’autres zones plus fertiles, vers les villes et vers
les autres pays de la sous-région.

B.1.3 Une migration internationale nette peu importante

Les seules données nationales disponibles sont celles issues de l’Enquête


nigérienne sur la migration et l’urbanisation (ENMU) qui date de 1992-1993.
Selon cette source, le taux net de migration n’était que de -0,54 pour la période
1988-1992, cela correspond à environ -103 032 individus sur toute la période,
soit un déficit annuel de 20 000 personnes (REMUAO, 1997). En 2008, la Division
de la population des Nations Unies estimait ce taux à -0,6 par an pour les périodes
2000-2005 et 2005-2010. Ce taux paraît faible compte tenu de l’importance
observée de l’émigration par rapport à l’immigration (voir C.2).

Ainsi, le taux net de migration influe très peu sur le taux de croissance
globale de la population (3,3 % par an pour la période 1988-2001), qui reste
déterminé primordialement par la mortalité et la natalité internes. Il y a plus
de sorties que d’entrées au Niger, quelle que soit la nationalité des migrants.7
Globalement, cela suggère que le Niger n’est pas un pays très attractif comme
lieu de résidence prolongé pour d’autres nationalités ; ses réalités climatiques
et socio-économiques incitent plutôt à l’émigration. Cependant, la migration de
transit vers les pays du Maghreb et les pays non africains s’est amplifiée au cours
des années 1990 et 2000.

7
L’analyse des flux migratoires concerne aussi bien les nationaux que les étrangers. Cela signifie que dans la
méthodologie d’analyse du REMUAO, des Nigériens peuvent être également comptabilisés dans les entrées.

Migration au Niger : Profil National 2009 45


On peut également signaler que l’émigration internationale concerne
surtout les hommes. D’après l’enquête de 1997, le taux net de migration
internationale était de -1,2 migrants/1 000 habitants chez les hommes de 15 ans
et plus, contre un taux presque nul chez les femmes. Au niveau des hommes de
15-30 ans, on trouve un taux relativement important de -2,8 (REMUAO, 1997).
Ces données indiquent que c’est dans la tranche d’âge 15-30 ans que l’émigration
internationale est la plus importante.

B.2 Environnement économique

Le Niger fait partie des pays les moins développés du monde. Il est
confronté à plusieurs contraintes d’ordre démographique, économique, social et
culturel qui freinent son développement ainsi que le maintien d’une croissance
économique soutenue.

B.2.1 Une économie fragile et instable

D’un point de vue macroéconomique, la période 2000-2007 a été


marquée par un taux de croissance moyen du produit intérieur brut de l’ordre
de 4,1 %, avec néanmoins de fortes variations entre les années, allant de -0,8 %
à 7,4 % entre 2002 et 2007 (tableau 6). L’instabilité de la croissance économique
provient surtout de la structure même de l’économie qui est très peu diversifiée
et fortement dominée par l’agriculture et l’élevage. Par exemple, en 2007,
l’agriculture a rapporté plus de 27 % du PIB, constituant la principale source
d’emplois et de revenus de la majorité de la population (SP/SRP, 2007).

46 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 6 : Principaux indicateurs économiques, 2002-2007
2002 2003 2004 2005 2006 2007
PIB nominal (en milliards de FCFA) 1 440 1 534 1 530 1 755 1 871 1 969
PIB nominal par tête
130,8 129,6 125,2 139,0 143,4 148,7
(en milliers de FCFA)
(en dollars US) 180,8 214,4 237,4 262,6 274,3 303,3
PIB réel par tête (en milliers de FCFA) 88,1 88,0 88,1 91,6 93,2 93,1
Taux de croissance du PIB réel (%) 5,3 3,5 -0,8 7,4 5,1 3,2
Taux de croissance du PIB par tête 4,8 -1,3 -4,0 11,0 3,2 3,7
Taux de croissance des secteurs 6,7 4,5 -8,7 11,6 7,7 1,7
Primaire 4,9 5,7 5,1 -0,1 5,6 1,3
Secondaire 4,2 2,6 3,9 4,8 2,4 4,8
Taux d’inflation annuel (%) 2,6 -1,6 0,2 7,8 0,1 0,0
Part du secteur informel dans le PIB
72,2 72,5 70,4 70,5 70,8 71,3
nominal
Dette publique en % du PIB 76,6 66,5 58,0 54,5 17,1 15,3
Service de la dette extérieure en
29,3 22,3 10,8 7,4 8,0 2,9
pourcentage des exportations
Source : INS, Comptes économiques de la nation, 2008.

L’activité agricole la plus importante est liée aux cultures vivrières


traditionnelles (mil, sorgho et maïs) ; l’élevage (surtout domestique) est pratiqué
par la majorité des habitants. Le secteur primaire est constamment handicapé
par les cycles récurrents de sécheresse, la dégradation continue des terres
et l’avancée du désert. En outre, la baisse des cours mondiaux de l’uranium,
principal produit d’exportations du pays, a une grande influence sur son
économie. L’évolution erratique et volatile de l’économie nigérienne maintient
la vulnérabilité des populations. Pour preuve, le PIB par tête a baissé de 3,7 %
en moyenne annuelle durant la période 1980-1990, puis de 0,8 % durant la
décennie suivante (avec notamment une baisse de 3,7 % en 1999 et 6,2 % en
2000). En 2005, le PIB nominal par tête a connu une hausse de 11 %, contre une
baisse de 3,4 % en 2004 (INS, 2007).

Le secteur secondaire, concentré sur quelques branches (agro-alimentaire,


textile, bâtiment et travaux publics), est le maillon faible de l’économie nigérienne
avec une contribution de moins de 12 % au PIB en 2007 (13,2 % en 2006). Le
faible nombre d’entreprises de taille significative explique qu’une grande partie
des besoins des populations soient assurés par les importations, en provenance,
pour l’essentiel, du Nigeria (SP/SRP, 2007).

Quant au secteur tertiaire, il est prépondérant et représente 40,8 % du


PIB. Ce secteur a enregistré des taux de croissance de 2,4 % en 2006 et 4,8 %

Migration au Niger : Profil National 2009 47


en 2007, essentiellement imputables aux performances enregistrées par les
branches « communications » et « services publics ». Le secteur tertiaire est
essentiellement dominé par un secteur informel qui contribue pour 70 % du
PIB (tableau 21, annexe I). L’importance du secteur informel par rapport au
secteur formel constitue un problème permanent aussi bien pour les entreprises
reconnues que pour les finances publiques.

L’économie nigérienne souffre en outre de la faible efficacité des


investissements publics et de rigidités structurelles qui entravent la réalisation
du potentiel de croissance en freinant la promotion des exportations et la
production de biens de substitution aux importations. Une enquête sur le climat
des affaires, réalisée en 2006 et portant sur 246 entreprises reconnues, indique
que le climat des affaires au Niger n’est globalement pas favorable au secteur
privé. Les points négatifs les plus importants sont liés à la corruption perçue
comme forte, à l’incohérence des réglementations et de leur application, à une
faible efficacité de l’appareil judicaire, à une taxation relativement lourde et mal
appliquée, à des problèmes d’accès et de coûts des crédits et enfin à une forte
concurrence du secteur informel (SP/SRP, 2007).

Le pays ne consacre qu’une faible part de son PIB à ses investissements


tant privés que publics (8,2 % du PIB en 2004). Au cours des dernières années,
la réduction des investissements publics dans certains secteurs a porté un coup
dur au niveau de vie de la population, déjà majoritairement pauvre. La faiblesse
des investissements privés constitue en outre un manque à gagner en terme de
création d’emplois et d’activités génératrices de revenus.

B.2.2 Une politique fiscale peu incitative

Le cadre fiscal est handicapé par les insuffisances de la politique fiscale


(évasion fiscale, non-maîtrise de l’assiette, faible organisation de l’administration
fiscale, etc.). Le cadre réglementaire y afférent est contraignant et les impositions
sont excessives étant donné l’étroitesse de la base d’imposition. En fait, malgré
l’importance du secteur informel, la grande majorité des impôts sont supportés
par le secteur formel. Signalons que le taux du BIC (impôt sur les bénéfices
industriels et comptables) varie entre 3 et 7 % au maximum ; la TVA (taxe sur la
valeur ajoutée) est de 19 % au Niger.

La politique fiscale, mais aussi l’image du pays dans les notations


internationales, expliquent la faiblesse des investissements directs dans le pays.
Une évaluation récente du cadre d’investissement du Niger, effectuée par la
Banque mondiale (ICA, 2006), a identifié une série de contraintes qui minent le

48 Migration au Niger : Profil National 2009


climat d’investissement. Il s’agit entre autres des contraintes d’infrastructures,
des goulets d’étranglement dans la réglementation, des barrières administratives,
des problèmes de gouvernance et des contraintes de financement.

B.2.3 Une économie informelle prépondérante

Au Niger, la majeure partie de l’activité économique a lieu dans le


secteur informel (tableau 21, annexe I). En effet, en plus des activités agricoles
et d’élevage, en grande partie informelles, le secteur privé comporte environ
700 000 entreprises informelles. Le secteur privé moderne8 n’en compte que
600, dont 40 % exercent dans la production, 35 % dans le commerce et 25 %
dans les services. A noter que 85 % de ces activités sont situées en zone rurale.
Le secteur emploie plus d’un million de personnes (PNUD, 2006).

Le tableau 20, annexe I, montre l’évolution des secteurs d’activités en


pourcentage du PIB. Le secteur informel représente en moyenne 70 % du PIB
et est dominé par les activités primaires (60 %), puis les activités commerciales
(35 % environ).

B.2.4 Une balance commerciale en dégradation


continuelle

Concernant les échanges extérieurs, la balance commerciale connaît une


dégradation continue, essentiellement due au poids important des importations
par rapport aux exportations. Le taux de couverture des importations par les
exportations était de 37,6 % en 2005 ; il tourne autour de 40 % depuis 2001
(tableau 7). L’on observe un déficit chronique de la balance commerciale, qui
s’accentue au fil du temps. Cette situation traduit la faible compétitivité de
l’économie nigérienne.

8
Le secteur privé moderne désigne l’ensemble des entreprises dont le capital est détenu par des personnes
physiques, ou morales privées ou des sociétés privées qui fournissent des informations économiques
(documents comptables) et/ou qui ont des structures de production dites modernes. (INS 2007, Comptes
économiques de la nation).

Migration au Niger : Profil National 2009 49


Tableau 7 : Echanges extérieurs, 2002-2006
2002 2003 2004 2005 2006
Importations (en millions de FCFA) 275 061 287 213 330 372 361 037 414 319
Dont Union européenne 76 573 78 718 87 236 90 353 113 776
Union européenne en % 27,8 27,4 26,4 25,0 27,5
Exportations (en millions de FCFA) 117 535 116 054 127 961 164 695 143 852
Dont Union européenne 46 773 49 374 53 390 64 878 67 173
Union européenne en % 39,8 42,5 41,7 39,4 46,7
Balance commerciale (millions de FCFA) -157 526 -171 159 -202 411 -196 342 -270 467
Importations en % du PIB 25,3 26,9 29,4 31,5 30,1
Exportations en % du PIB 16,0 16,4 18,5 19,0 18,4
Balance commerciale en % du PIB -4,4 -5,1 -5,4 -6,8 -5
Source : INS www.ins.ne.

Par ailleurs, les importations en provenance de l’Union Européenne


représentent en moyenne plus de 27 % du total des importations et les
exportations à destination de cette région avoisinent les 42 %.

B.3 Marché du travail

B.3.1 La politique d’emploi et la législation en vigueur

Le cadre législatif et réglementaire nigérien pour l’emploi est caractérisé


par des textes et engagements parmi lesquels on peut relever :

-- L’adoption en 1998 de la Loi d’orientation du système éducatif nigérien. Par


ses articles 62 et 63 respectivement, elle crée le Fonds et l’Office national
de la formation professionnelle (ONAFOP), chargés du pilotage de la
politique nationale en matière d’apprentissage, d’enseignement technique,
de formation et de perfectionnement professionnels.
-- L’adoption, en janvier 2002, d’une stratégie de réduction de la pauvreté (SRP)
pour une période de cinq ans, cadre de référence unique des interventions
de l’Etat en matière économique, financière et sociale.
-- L’adoption en 2002 d’un plan décennal pour le développement de
l’éducation (PDDE) qui a généré un cadre d’orientation cohérent et global
servant de guide à tous les appuis techniques et financiers nécessaires au
développement de l’école.
-- L’approbation en 2003 d’un document sur la stratégie de développement
rural (SDR), avec comme point de mire les enjeux d’une réduction
significative et durable de la pauvreté.

50 Migration au Niger : Profil National 2009


-- L’adoption, le 16 mars 2006, du document de la politique sectorielle de
l’enseignement et de la formation professionnels et techniques.

La SRP, dans sa nouvelle version révisée (2007-2011), définit la promotion


des activités productrices et porteuses d’emplois rémunérateurs comme une
opportunité fondamentale pour le développement économique et social et la
lutte contre la pauvreté.

A cet égard, le gouvernement nigérien, à travers le Ministère de la Fonction


publique et du Travail, s’est engagé en 2007 dans un processus d’élaboration
d’une Politique nationale de l’emploi (PNE). Un document cadre a été défini qui
trace les domaines d’intervention prioritaire de la Politique, le plan d’action sur
la période 2008-2012 ainsi que les mécanismes de mise en œuvre, de suivi et
d’évaluation.

La PNE s’appuie sur les grandes orientations de la Stratégie de réduction


de la pauvreté, qui assigne au secteur rural un rôle moteur dans la croissance
économique. Ses principes directeurs9 sont :

-- la création d’emplois dans le cadre de la politique macroéconomique ;


-- le développement de l’employabilité des ressources humaines par
l’acquisition d’une formation de base et le renforcement des qualifications ;
-- l’amélioration des mécanismes de connaissance du marché de l’emploi
dans l’optique d’une meilleure adéquation de la formation à l’emploi ;
-- l’impulsion d’une dynamique entrepreneuriale au niveau de la jeunesse ;
-- le développement de stratégies d’accueil, d’orientation professionnelle et
de stages pour les demandeurs d’emplois ;
-- le développement d’un environnement incitatif au plan administratif,
juridique, fiscal et financier ;
-- l’accroissement de l’égalité des chances pour tous les demandeurs d’emplois,
hommes, femmes, jeunes et handicapés ;
-- la modernisation des services publics de l’Etat ;
-- la revalorisation du régime de protection sociale.

L’objectif général de la PNE est de « placer la création d’emplois au


centre des objectifs de développement des politiques économiques et sociales
aux niveaux national, régional et local permettant la réduction durable de la
pauvreté et l’amélioration des conditions de vie de chaque Nigérien » (MFP/T,
2007). Pour atteindre cet objectif, les programmes et projets d’action porteront
sur quatre domaines prioritaires, à savoir : l’agriculture et l’élevage, le bâtiment
9
Voir Document-cadre de politique nationale de l’emploi au Niger, p. 14-15

Migration au Niger : Profil National 2009 51


et les travaux publics, les nouvelles technologies de l’information et de la
communication et le secteur moderne, dont le tourisme.

B.3.2 La population active et son évolution

En 2001, la population active âgée de 15 à 64 ans comptait près de 3,5


millions de personnes sur une population totale d’environ 11 millions, soit
32 % de la population. La population active est essentiellement masculine, le
pourcentage de femmes n’étant que de 33 % (tableau 22, annexe I). Cependant,
la part des femmes a augmenté depuis 1977. Globalement la population active
a connu une croissance de 3,5 % de 1977 à 1988 et de 4,6 % entre 1988 et 2001.
Chez les femmes, la croissance globale a été beaucoup plus forte : 13 % en 1988
et 9 % en 2001, contre 2,1 et 3,3 % respectivement chez les hommes.

B.3.3 Caractéristiques du marché du travail

Au Niger, le marché du travail est caractérisé part une déficience structurelle


au niveau de l’offre d’emplois. En raison des réformes pour maîtriser la masse
salariale, les emplois dans la fonction publique sont en régression continue alors
que ceux du secteur privé et parapublic ont connu une croissance régulière.
Ainsi, sur la période 2000-2005, les recrutements au sein de la fonction publique
ont évolué en moyenne de 6,1 % par an tandis que l’effectif des agents a baissé
de 13,3 %. Au niveau du secteur privé, l’emploi progresse en moyenne de 15,5 %
par an et concerne 41 700 nouveaux agents en 2004 contre 30 550 en 2000. En
dépit de cette performance, le faible niveau de la reprise économique assure
une offre d’emplois largement en dessous de la demande, malgré des problèmes
de fiabilité des statistiques. Or, la demande potentielle (exprimée ou non) est en
progression constante et le flux de nouveaux arrivants sur le marché du travail
est estimé à 3 000 personnes environ par an selon l’Agence nationale pour la
promotion de l’emploi (statistiques compilées de 2007 de l’ANPE). Cependant,
la demande exprimée a évolué en dents de scie (sans toutefois descendre en
dessous de son niveau de l’année 2000), en raison sans doute de l’insuffisance
des offres d’emploi et du découragement des sans-emploi (graphique 1).

52 Migration au Niger : Profil National 2009


Graphique 1 : Evolution de la demande globale d’emploi, 2000-2007

Source : ANPE, 2007.

La distribution des offres de travail par catégorie professionnelle montre


que les forts grands effectifs sont observés au niveau des manœuvres, ouvriers
(spécialisés ou qualifiés) et employés de bureau (graphique 2 et tableau 24
en annexe I). Cette situation résulte du faible niveau de scolarisation de la
population nigérienne. En effet, selon le recensement général de 2001, 92 % des
demandeurs d’emploi n’ont pas d’expérience professionnelle, près de 55 % n’ont
jamais été à l’école, 23 % ont un niveau primaire alors que 2 % seulement ont un
diplôme de l’enseignement technique et professionnel. L’absence de formation
professionnelle diminue considérablement les chances d’intégrer le marché
moderne de l’emploi.

Migration au Niger : Profil National 2009 53


Graphique 2 : Demande d’emploi par catégories professionnelles, 2000-2007

Source : ANPE, 2007.

Le taux de chômage au Niger s’élève officiellement à 15,9 % en 2005 (SP/


SRP, 2007) (13,1 % selon le RGPH en 2001). Il est plus important dans les centres
urbains (19,4 %) que dans les zones rurales (15,2 %) ; la tranche d’âge de 15-29
ans enregistre le taux le plus élevé (24 %). Les femmes sont plus touchées, avec
un taux de 25 % contre seulement 12 % pour les hommes. En 2002, ce taux était
de 15 % et 12 % respectivement pour les femmes et pour les hommes.

Le taux d’emploi élevé dans le pays (34,6 % en 2005, dont 38,3 % pour
les femmes et 32,9 % pour les hommes) est contrebalancé par l’importance du
sous-emploi, principalement parmi la population rurale (86,3 %) en raison du
caractère saisonnier de l’activité agricole.

Le graphique 3 ci-dessous révèle que l’offre d’emplois est nettement en


deçà de la demande. Ces statistiques provenant de l’Agence nigérienne pour la
promotion de l’emploi (ANPE, 2007) révèlent que le taux de satisfaction moyen
des demandes d’emplois n’atteint pas 25 %. Au niveau de la fonction publique,
les effectifs ont baissé de 13,3 % sur la période 2000-2005. Cependant, le
secteur urbain informel, qui occupe 15 % des actifs urbains, est en croissance
rapide, particulièrement dans le transport, le commerce et le bâtiment.
Malheureusement, l’emploi y est précaire, peu qualifié et peu productif, avec
des revenus faibles. Or, le système de sécurité sociale ne couvre pas les risques
de chômage et s’applique à moins d’un Nigérien sur dix, en raison de la faiblesse
de l’économie moderne (MFPT, 2007).

54 Migration au Niger : Profil National 2009


Graphique 3 : Evolution de la demande et de l’offre d’emplois, 2000-2007

Source : ANPE, 2007.

Pour conclure, on peut retenir qu’ il y a au Niger une « inadéquation


structurelle entre la demande d’emploi et l’offre d’emploi en raison de la forte
croissance démographique d’une part, et, d’autre part, de la déficience structurelle
de l’offre » (SP/SRP, 2007). Cette déficience résulte principalement des facteurs
suivants : le caractère archaïque des techniques de production, notamment
dans le secteur rural ; le niveau embryonnaire du secteur secondaire ; et la
désorganisation du secteur informel.

B.4 Capital humain

En dépit des progrès substantiels enregistrés au cours de ces dernières


années, notamment entre 2000 et 2008, le taux brut de scolarisation au primaire
(TBS) au Niger demeure l’un des plus faibles au monde. Cependant, des progrès
importants ont été enregistrés, puisque le TBS se situe à 62,6 % en 2008 contre
42 % en 2002 (tableau 25, annexe I). Néanmoins, de fortes disparités existent
entre les régions, les milieux de résidence et les sexes. Ainsi, en 2008, le TBS est
de 58 % en milieu rural contre 73 % en milieu urbain et de 53 % chez les filles
contre 72 % chez les garçons (tableau 13, ci-dessous).

Les opportunités d’accès au système éducatif primaire se sont améliorées


entre 2001 et 2008. Le taux brut d’admission (TBA) dans l’enseignement primaire
est l’un des indicateurs qui traduit l’accès à l’enseignement primaire et la capacité

Migration au Niger : Profil National 2009 55


du système éducatif à assurer l’accès en première année à la population ayant
l’âge officiel (6 ans) d’entrer à l’école. Le TBA se situait en 2008 à 84 % chez
les garçons et 71 % chez les filles. La moyenne était de 78 % en 2008, contre
40 % en 2001 (MEN, 2008). Le milieu rural a également enregistré des progrès
importants, puisque le TBA y a été évalué à 70 % en 2008 contre 34 % seulement
en 2001 (tableau 25, annexe I).

Cependant, le taux d’achèvement du cycle primaire demeure


particulièrement faible, même s’il a connu une avancée significative entre 2002
et 2008, passant de 26 % à 46 % selon les statistiques du Ministère de l’Éducation
nationale (2008). Par ailleurs, il est particulièrement faible chez les filles (36 %
en 2008, contre 56 % chez les garçons). Le taux d’achèvement en 2008 se situe à
59 % en milieu urbain contre 40 % en milieu rural, contre un taux d’admission à
70 %. Ce taux de « déchet » contribue probablement à favoriser l’exode rural et
l’engagement dans les « petits boulots » des centres urbains.

La scolarisation est encore très limitée au-delà du primaire. Selon les


statistiques du Ministère de l’Éducation nationale, le taux brut de scolarisation
du cycle post-primaire (base 2 ou secondaire premier degré, public et privé) est
estimé à 17,1 % en 2007-2008 (12,5 % pour les filles et 21 % pour les garçons).
Au niveau du cycle moyen,10 les taux sont encore plus faibles, avec 3,6 % (2,3 %
pour les filles) (tableau 8).

Tableau 8 : Taux brut de scolarisation par sexe et par niveau, année académique 2007-2008 (%)
Primaire Post-primaire Moyen
Taux brut de scolarisation (%) 62,6 17,1 3,6
Filles 53,5 12,5 2,3
Garcons 71,7 21,0 4,9
Source : Statistiques du Ministère de l’Education nationale, 2007-2008.

Au niveau supérieur, le taux d’accès à l’université est extrêmement faible


(73 étudiants pour 100 000 habitants), et largement en deçà de la moyenne
de l’Afrique subsaharienne qui est de 230 étudiants pour 100 000 habitants.
Quant à la formation professionnelle, elle accueille 39 % de filles contre 44 % de
garçons (SP/SRP, 2007).

En ce qui concerne l’alphabétisation des adultes, son taux est également


faible, à 19,9 % en 2000 et 28,7 % en 2005 (42,9 % chez les hommes et 15,1 %
chez les femmes (SP/SRP, 2007).

10
Le niveau moyen se réfère à l’enseignement au lycée c'est-à-dire après le brevet d’études primaire.

56 Migration au Niger : Profil National 2009


PARTIE C : Analyse de la situation migratoire
dans le pays
C.1 Immigrants

Au Niger, plusieurs sources de données existent sur les migrations


internationales, de qualités différentes. Les sources nationales couvrent les
données de routine, les enquêtes et les recensements généraux de la population.
Pour compléter ces statistiques nationales, des sources internationales ont
également été utilisées. Les différents types de données ainsi que leurs limites
respectives sont présentées en annexe.

C.1.1 Nombre total d’immigrants

Evolution des flux d’immigrants

Il est actuellement difficile de connaître les flux d’immigrants en utilisant


les données de la Direction de la surveillance du territoire (DST). D’une part, les
données publiées ne précisent pas la durée de séjour des personnes qui entrent
dans le pays ; d’autre part, comme le montrent les tableaux 28 et 29 en annexe
I, la fiabilité de ces données est discutable. D’ailleurs, les flux d’entrée en 2005
(715 000 entrées) semblent très largement sous-estimés par rapport à ceux
de 2006 où il y aurait eu 2 334 442 entrées (toutes nationalités confondues, y
compris nigérienne), soit une différence de plus d’un million et demi d’entrées.
Cependant, ces données d’entrées (qui comprennent également des visites de
courte durée qu’on ne peut pas considérer comme des migrations) nous livrent
les informations intéressantes suivantes :

-- En 2005 comme en 2006, la majorité des entrées sont le fait de Nigériens


revenant de l’extérieur. En 2006, les flux d’entrées sont dus à 77,5 % aux
Nigériens et à 22,5 % aux autres nationalités.
-- Parmi les étrangers entrants, les flux venant du Nigeria voisin, avec qui le
Niger a la plus longue frontière, représentent 81 % ; les ressortissants de la
CEDEAO représentent 98 % au total.

Evolution des stocks d’immigrants internationaux

Pour ce qui est des stocks d’immigrants, les données crédibles retenues
dans cette étude sont fournies par l’enquête démographique de 1960,
l’Enquête nigérienne sur la migration et l’urbanisation (ENMU) de 1992-

Migration au Niger : Profil National 2009 57


1993 et les recensements généraux de la population de 1977, 1988 et 2001.
Malheureusement, l’ENMU ne s’est que très peu intéressée aux stocks de
migrants dans le rapport descriptif relatif aux données recueillies ; cependant,
les données brutes peuvent être exploitées. Des données produites par des
organismes internationaux ont été également utilisées dans les analyses.

Les stocks d’immigrants internationaux ne sont connus qu’au moment


de grandes opérations de collecte de données comme les enquêtes et les
recensements généraux de la population. Lors de ces opérations, on entend
par immigrant international toute personne née à l’étranger qui réside au Niger
depuis au moins 6 mois ou qui a l’intention d’y résider au-delà de cette durée.
On se base pour cela sur le lieu de naissance et le lieu de résidence à la date
de la collecte des données, englobant quatre catégories de personnes : (1) les
personnes nées à l’étranger de parents nigériens ; (2) les personnes nées au
Niger de parents étrangers, qui sont parfois enregistrées comme étrangers (BCR,
2005f) ; (3) les étrangers naturalisés au Niger ; et (4) les personnes étrangères nées
hors du Niger. Ainsi, les personnes enregistrées comme immigrés internationaux
dans ces sources ne sont pas toutes des étrangers ou des migrants (voir aussi
plus loin la section sur l’évolution des effectifs des étrangers). A cet égard, il
nous a semblé intéressant d’analyser également quelques statistiques sur la
population étrangère.

Selon les informations nationales disponibles, on peut noter d’abord que


l’immigration internationale n’est pas très importante au Niger. En effet, la part
des immigrants internationaux dans la population totale résidente n’a jamais
dépassée 2 % selon les sources utilisées (tableau 9).

Tableau 9 : Stocks d’immigrants internationaux toute durée (a)


Indicateurs
Année et type Taux de En % de la
de sources Variation Population
Effectifs croissance population
absolue résidente totale
annuelle (%) totale
1960 (Enquête) 55 008 (b) - - 1,7 2 876 000
1977 (RGPH) 80 439 26 390 2,3 1,6 5 102 990
1988 (RGPH) 113 223 32 784 3,1 1,6 7 220 089
1993 (Enquête) 166 544 - - 2,0 8 327 221 (c)
2001 (RGPH) 122 983 9 760 6,4 1,1 11 060 291
Sources : DSI,1985 ; RGPH, 1977 ; BCR, 1992 ; REMUAO, 1997 ; BCR, 2005f.
Notes : (a) Les immigrants internationaux toute durée incluent les personnes nées à l’étranger et ayant séjourné ou ayant l’intention
de séjourner au Niger au moins pendant 6 mois;
(b) Estimation de la Division de la Population des Nations Unies ;
(c) Effectif extrapolé de la population totale, après pondération.

58 Migration au Niger : Profil National 2009


Le tableau 9 indique également un ralentissement de l’augmentation
du stock absolu d’immigrants internationaux. Entre 1977 et 1988 ce stock a
augmenté de 33 000 personnes en 11 ans, soit 3 000 par an ; de 1988 à 2001,
l’augmentation n’était que de 10 000 personnes, soit moins de 800 personnes
par an. C’est donc logiquement que le taux de croissance annuel du stock des
immigrants internationaux est passé de 2,3 % entre 1960 et 1977 et 3 % entre
1977 à 1988 (période de prospérité due notamment à l’uranium) à 0,6 % entre
1988 et 2001 (période de récession économique prolongée et d’instabilité
politique).

Ce ralentissement se traduit pas une baisse de la proportion des


immigrants internationaux dans la population totale, passant de 1,6 % en
1988 à 1,1 % en 2001. Cette baisse pourrait être expliquée par les sécheresses
et crises alimentaires récurrentes, et surtout par la longue crise économique
et l’instabilité politique que le Niger a connues entre 1984 et 1999, avec une
dévaluation de 50 % de la valeur du FCFA, monnaie supportée par la France.

Le résultat de 1992-93 (stock d’immigrants), supérieur à celui de toutes les


autres années, apparaît comme exceptionnel. Ce chiffre peut provenir d’erreurs
dans le sondage, la période de l’enquête correspondant au prolongement de la
crise économique. Il peut aussi résulter d’un afflux de réfugiés en provenance
notamment du Tchad, comptabilisés comme immigrants, à la suite de plusieurs
conflits armés ayant obligé « des ressortissants tchadiens à se replier sur le
territoire nigérien » (REMUAO, 1997).

L’évolution des effectifs des immigrants internationaux calculée par les


sources nationales correspond approximativement aux estimations réalisées
par la Division de la population des Nations Unies (DPNU). En effet, selon cette
Division, le stock d’immigrants au Niger était de 135 698 en 1990, 170 877 en
1995, 165 461 en 2000 et 182 960 en 2005 ; il est prévu à 202 163 pour 2010.
Le taux de croissance des stocks d’immigrants était donc de 4,6 % sur la période
1990-2005, pour ensuite devenir négatif (-0,6 %) entre 1995 et 2000 et se
stabiliser autour de 2 % depuis lors La DPNU confirme également la diminution
de la population immigrante dans la population totale. Selon ses données, le
stock d’immigrants représentait 1,8 % de la population totale en 1995, 1,5 % en
2000 et 1,4 % en 2005 (DPNU, 2008)(tableau 26, annexe I).

En conclusion, on peut retenir que la crise économique (y compris


alimentaire) et l’instabilité politique entre 1988 et 1999, notamment les coups
d’Etat militaires de 1996 et 1999, ont probablement eu un effet négatif sur
l’immigration internationale.

Migration au Niger : Profil National 2009 59


Evolution de la répartition par sexe des stocks d’immigrants internationaux

De 1977 à 2001, les effectifs des immigrants internationaux des deux


sexes ont augmenté, mais l’accroissement s’est ralenti à partir de 1988
comme mentionné plus haut. A l’exception 1977,11 les effectifs des femmes
sont légèrement supérieurs à ceux des hommes (tableau 10). Cette tendance
se retrouve également dans les données publiées par la DPNU pour les
périodes allant de 1960 à 2010 (voir tableau 26, annexe I). La migration
d’accompagnement (femmes et enfants) est donc importante. Il est certain
que des femmes migrent également seules, à travers leurs réseaux de relations
sociales. Il faudrait également vérifier l’importance de la polygamie au sein des
immigrants internationaux. En outre, la procréation et la présence d’enfants
renforce probablement l’« enracinement » des immigrants dans le pays.

Tableau 10 : Population immigrante internationale par sexe, 1977-2001


Femmes Hommes
Année Total
Effectifs % Effectifs %
1977 37 894 47,1 42 545 52,9 80 439
1988 59 022 52,1 54 201 47,9 113 223
2001 64 476 52,4 58 507 47,6 122 983
Sources : DSI, 1985 et 1986 ; BCR, 1992 ; BCR, 2005f.

Les chiffres de 1988 et 2001 montrent une stabilité de la répartition par


sexe du stock des immigrants ; la distribution est similaire à celle de la population
d’accueil, dans laquelle la proportion des femmes dépasse légèrement celle des
hommes.

Pays et régions de provenance des immigrants internationaux

Les immigrants internationaux proviennent pour la plupart des pays


frontaliers ouest-africains du Niger. En effet, en 1988, les quatre principaux
pays sont le Nigeria, le Mali, le Burkina et le Bénin (tableau 11). Les migrants
proviennent à 77 % de ces pays. 6 migrants sur 10 proviennent du Nigeria ou
du Mali. Ainsi, au Niger, comme dans de nombreux autres pays, l’immigration
internationale est liée principalement à la proximité géographique ainsi qu’à des
similitudes culturelles et linguistiques. Selon le RGPH (Recensement général de
la population et de l’habitat) de 2001, l’on observe également que 9 migrants sur
10 (92 %) sont originaires de l’espace CEDEAO.

11
Le rapport du RGP de 1977 a détecté des problèmes importants de sous-dénombrement de la population
totale. Par exemple, contre toute attente, à partir de 35 ans, les effectifs des hommes sont supérieurs à ceux
des femmes (DSI, 1985).

60 Migration au Niger : Profil National 2009


Cette tendance est confirmée par les données fournies par le Centre sur
la migration, la globalisation et la pauvrété (DRC) sur la base des recensements
sur la période 1995-2005. Selon ces données, les immigrants proviendraient
principalement du Nigeria (34 %), du Mali (28 %), du Burkina Faso (9 %), du
Bénin (8 %), de Côte d’Ivoire et du Ghana (chacun 4 %) (DRC, 2007).

Tableau 11 : Immigrants internationaux par pays et régions de provenance, 1988 et 2001


RGPH 1988 Région de RGPH 2001
Pays de provenance
Effectifs % provenance Effectifs %
Nigeria 37 832 33,4 CEDEAO 113 253 92,1
Mali 30 746 27,2 Autres 5 203 4,2
Burkina Faso 9 474 8,4 Europe 1 481 1,2
Bénin 8 834 7,8 Amérique 391 0,3
Togo 5 451 4,8 Asie 1 894 1,5
Côte d’Ivoire 4 369 3,9 Océanie 20 0,0
Ghana 4 131 3,6 Non connue 741 0,6
Sénégal 723 0,6 Total 122 983 100
Tchad 650 0,6
Soudan 333 0,3
Algérie 289 0,3
Cameroun 262 0,2
Libye 99 0,1
Autre pays 5 066 4,5
Provenances non
4 964 4,4
connues
Total 113 223 100
Source : BCR, 1992 ; BCR, 2005f.

Si l’on ne considère que la population de nationalité étrangère et non plus


les immigrants internationaux (dont certains sont ou sont devenus Nigériens),
l’on constate que les Maliens et les Burkinabés viennent avant les Nigérians.
Ceci indiquerait une naturalisation ou une intégration de facto des Nigérians ;
beaucoup d’entre eux sont de l’ethnie Haoussa et peuvent se considérer comme
Nigériens. L’ethnie Haoussa est numériquement majoritaire au Niger.

Migration au Niger : Profil National 2009 61


Evolution de la répartition par groupes d’âge des stocks d’immigrants
internationaux

La comparaison de la structure par grands groupes d’âge de la population


des immigrants internationaux avec celle de la population résidente totale (donc
essentiellement des non-migrants) fait ressortir un constat attendu : la part
des adultes âgés de 15 à 64 ans (donc des actifs potentiels) est beaucoup plus
importante que chez les immigrants (tableau 12). En effet, chez les immigrants
internationaux, les adultes représentent plus de 70 % des effectifs, quelle que
soit l’année, tandis que dans la population totale, cette proportion tourne autour
de 50 %. L’immigration internationale vers le Niger concerne donc surtout des
adultes âgés de 15 à 64 ans.

Tableau 12 : Immigrants internationaux et population résidente totale par groupes d’âge, 1977-
2001 (%)
Immigrants internationaux Population résidente
Grands groupes d’âge
1977 1988 2001 1977 1988 2001
0-14 ans 21,8 21,8 23,5 43,9 48,7 47,5
15-64 ans 74,0 71,8 71,8 52,9 48,0 49,6
65 ans et + 3,7 4,9 4,7 2,9 3,0 2,8
Nd 0,5 1,5 0,0 0,3 0,3 0,1
Sources : DSI, 1985 ; BCR, 1992 ; BCR, 2005f.

Les pyramides des groupes d’âge (graphiques 4 ci-dessous, 9 et 10 en


annexe I ; voir aussi tableaux de données 31, 32, 33 en annexe I) montrent
également que les structures des deux types de population sont bien différentes :
celle des migrants présente, quelle que soit l’année, une base rétrécie alors que
la pyramide de la population non migrante a une base élargie du fait du poids
important des moins de 15 ans (plus de 43 %, contre moins de 24 % chez les
migrants).

62 Migration au Niger : Profil National 2009


Graphique 4 : Pyramides des groupes d’âge de la population résidente et immigrante, 2001 (%)

Source : INS, 2009.

Evolution des stocks d’immigrants de 1977 à 2001 selon le milieu de résidence

On retrouve autant d’immigrants internationaux en milieu urbain qu’en


milieu rural (tableau 27, annexe I). Les immigrants internationaux ne viennent
donc pas seulement au Niger pour des emplois salariés urbains, mais aussi pour
des activités rurales primaires (agriculture et élevage) dans les villages. Cette
répartition peut surprendre dans un pays en grande partie désertique et où les
pluies connaissent une grande variabilité. Par contre, en terme de pourcentages,
le poids des immigrés est plus important en ville (3,5 % à 6 % de la population
urbaine selon les années) qu’en milieu rural (moins de 1 % de la population
rurale). Toutefois, on peut constater, comme mentionné auparavant, que la part
des immigrés internationaux a chuté presque de moitié en milieu urbain, sans
doute à cause du prolongement des difficultés économiques.

Evolution de la part des stocks d’immigrants internationaux dans la population


active

En l’absence de données publiées sur la population active des immigrés


internationaux, on doit se contenter de rapporter la population potentiellement
active des immigrés sur celle de la population totale pour la même tranche
d’âge de 15-64 ans. Les résultats obtenus montrent que la part des immigrants
internationaux est très faible et ne dépasse en général pas les 3 %, quels que
soient les groupes d’âge et le sexe (tableau 49, annexe I). Cependant, cette part
dépasse la moyenne des immigrants dans la population totale (moins de 2 %).

Migration au Niger : Profil National 2009 63


Par ailleurs, la part des immigrés internationaux dans la population
potentiellement active a baissé entre 1977 et 2001, malgré une très légère
augmentation en 1988. Ce résultat semble confirmer le ralentissement noté plus
haut. Cependant, l’immigration de courte durée, notamment de transit vers les
pays du Maghreb et l’Europe, pourrait être assez importante, mais les données
ne sont pas exhaustives (Mounkaila, 2007).

Selon des estimations de Bensaâd (2003),12 les flux de migrants transitant


par Agadez à destination du Maghreb étaient de l’ordre de 65 000 personnes
par an (toutes nationalités confondues), dont 80 % vers la Libye et 20 % vers
l’Algérie. Les chiffres officiels disponibles semblent donc nettement sous-estimer
les flux de transit, du fait notamment des sorties et entrées non contrôlées par
la police des frontières de la région d’Agadez (tableau 13). Par ailleurs, le séjour
des migrants à Agadez est de courte durée (quelques jours), afin de minimiser
les frais occasionnés par le temps d’attente avant le départ vers le Maghreb
(Mounkaila 2007; Hamani A., 2008).
Tableau 13 : Flux d’entrée et de sortie par provenance/destination au niveau des postes
frontaliers de Dirkou (Niger-Lybie) et Assamaka (Niger-Algérie), 2002-2006
2002 2003 2004 2006
Dirkou Dirkou Dirkou Dirkou Assamaka
Nigériens - 22 737 20 782 17 534 1 676
Ouest-
- 1 271 1 975 1 187 2 300
Entrées africains
Autres - 846 1 611 69 1 862
Total - 24 854 24 412 18 790 5 838
Nigériens 8 142 8 437 2 355 7 540 1 149
Ouest-
2 153 2 796 1 868 3 380 1 885
Sorties africains
Autres 548 3 242 1 426 90 1 016
Total 10 843 14 475 5 649 11 010 4 050
Source : Direction régionale de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant d’Agadez, 2007; Brachet, 2005 cité par
Mounkaila, 2007.

Selon d’autres sources, les migrants enregistrés en partance pour le


Maghreb serait majoritairement des Nigériens et des Maliens, même si l’on
trouve également d’autres ressortissants africains et mêmes des ressortissants
d’autres continents (tableau 30, annexe I).

12
Cité par Mounkaila, 2007.

64 Migration au Niger : Profil National 2009


C.1.2 Types d’immigrants

Il y a plusieurs catégories d’immigrants internationaux au Niger : les


demandeurs d’asile, les réfugiés reconnus, les travailleurs immigrants, les
étudiants étrangers, les touristes et les visiteurs internationaux. La présente
section examine les données relatives à ces différentes catégories d’immigrants
internationaux.

Evolution des effectifs des demandeurs d’asile et de réfugiés

Les statistiques relatives aux demandeurs d’asile (ou requérants) et des


réfugiés (au sens de la Convention de Genève de 1951) montrent que le Niger
n’est pas actuellement un pays d’accueil de demandeurs d’asile et de réfugiés.
En 2008, on n’y comptait que 320 réfugiés et 24 demandeurs d’asile (tableau 35,
annexe I). Cependant, il y a eu des années d’afflux importants de demandeurs
d’asile venant surtout d’Afrique centrale (notamment du Tchad voisin). Ainsi plus
de 16 600 demandeurs d’asile et réfugiés ont été enregistrés en 1993, plus de
27 000 en 1995 et 25 845 en 1996. Actuellement, les demandeurs d’asile et les
réfugiés proviennent surtout du continent africain (98 %), notamment d’Afrique
centrale (75 %, dont 43 % pour le Tchad) (tableau 36, annexe I).

Concernant les stocks de réfugiés en 2008, 57 % sont originaires d’Afrique


centrale, notamment de RDC (45 %), 24 % d’Afrique de l’Est (dont 12 % du
Rwanda) et 16 % d’Afrique de l’Ouest (dont 14 % de Côte d’Ivoire) (statistiques
compilées par la Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié du Niger).
A noter que le Tchad, qui est en première position au niveau des demandeurs
d’asile, se retrouve en 5ème position de la liste des réfugiés. En 2008, sur 146
demandeurs d’asile tchadiens, seuls 11 (soit 7,5 %) ont bénéficié du statut de
réfugiés. En moyenne, seules 58 % des demandes d’asile ont été satisfaites.

Données sur les travailleurs immigrants

Les données de routine ne permettent pas de connaître les stocks et les


flux des travailleurs migrants installés au Niger, contrairement aux données
des recensements. Cependant, les rapports d’analyse des recensements ne se
sont pas toujours intéressés à publier ce type d’informations contenu dans les
bases de données brutes. Il serait bon de procéder à une re-exploitation plus
approfondies des données des recensements de 1988 et 2001, en vue d’avoir un
tableau plus complet de l’évolution de la situation professionnelle des étrangers
et des immigrés d’une manière générale.

Migration au Niger : Profil National 2009 65


Evolution des étudiants étrangers au Niger

Le Niger possède trois universités : l’Université Abdou Mounouni (UAM)


de Niamey (établissement public), l’Université islamique de Say (établissement
public à statut international) et l’Université canadienne au Niger (établissement
privé). Malheureusement, il n’y a pas d’informations publiées concernant
l’ensemble de ces 3 institutions par rapport aux effectifs des étrangers.

Les seules statistiques disponibles relatives aux étudiants étrangers


concernent l’UAM. Cependant, étant donné que l’informatisation des données
relatives aux étudiants inscrits est récente, les statistiques ne couvrent que les
années académiques 2006-2007, 2007-2008 et 2008-2009. Il ressort que les
effectifs des étudiants étrangers sont assez faibles, un peu plus d’une centaine
(tableau 37, annexe I). Parmi les étudiants étrangers, les plus nombreux en
2008-2009 sont les Camerounais (30 %) et les Béninois (23 %), et les étudiantes
représentent 33 % de l’effectif.

Evolution des flux de touristes et de visiteurs

Il n’existe pas de données publiées précises relatives au tourisme et aux


visiteurs. Cependant, les services concernés possèdent des informations non
publiées, collectées à partir des fiches d’embarquement et de débarquement
aéroportuaires établies pour les voyageurs qui entrent ou qui sortent du Niger.
Mais la plupart des voyageurs utilisent la voie terrestre. Or, contrairement aux
données fournies par les deux aéroports internationaux du pays, celles publiées
à partir des informations établies par les postes frontaliers terrestres ne précisent
pas les motifs des voyages, ni la durée de séjour. Il n’est donc pas possible,
avec les données publiées, de séparer les effectifs de touristes, de visiteurs et
de migrants de longue ou de courte durée. On ne peut donner qu’un chiffre
total ; à titre d’exemple, en 2006, 524 659 étrangers sont entrés au Niger (toutes
frontières) (DST, 2006). Ce chiffre représente 4,1 % de la population totale du
Niger en 2006 (12 944 millions ; BCR, 2005a). Les étrangers proviennent à 99,3 %
des pays africains, notamment ceux de l’Afrique de l’Ouest.

Evolution des flux de visiteurs et de passagers internationaux aux postes


aéroportuaires

Bien que la grande majorité des visiteurs étrangers et des Nigériens


empruntent les voies terrestres, et malgré les lacunes des données des postes
aéroportuaires, on peut tout de même en tirer quelques informations et
tendances relatives aux flux de passagers par région du monde. Les données

66 Migration au Niger : Profil National 2009


fournies par le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat concernent la période
1990-2006 (INS, 2007). Cependant, les chiffres fournis par la DST au Ministère
du Tourisme ne distinguent pas les entrées des sorties et ne donnent pas
d’informations sur les personnes. L’Agence pour la sécurité de la navigation
aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) ne s’intéresse elle aussi qu’aux
effectifs absolus de passagers, sans tenir compte d’autres variables (sexe,
nationalité, etc.).

Il ressort que l’évolution des effectifs des passagers a été irrégulière de


1990 à 2006 (tableau 38, annexe I), reflétant la situation de crise économique et
politique prolongée que le pays a connu entre 1990 et le début des années 2000.
Mais il y a certainement d’autres facteurs explicatifs. A noter qu’à partir de 2002,
les effectifs ont régulièrement augmenté pour dépasser les 60 000 passagers en
2005 et 2006, contre environ 42 000 en 1990 et 16 000 en 1996.

En termes de répartition des passagers par régions du monde, les passagers


en provenance de l’Afrique ont progressivement supplanté ceux du reste du
monde, notamment de l’Europe qui occupait la première place (graphiques
5 et 11, annexe I). La place occupée par l’Afrique depuis 1995 reflète bien les
tendances observées en matière d’immigration et d’émigration, où les pays de
la CEDEAO prédominent. La France maintient et renforce sa place privilégiée en
termes de provenance des visiteurs européens (83 % en 2006 contre 59 % en
1990).

Graphique 5 : Nombre de passagers au Niger par région de provenance, 1990 et 2006

Source : Direction de la statistique / Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, INS, 2007.

Migration au Niger : Profil National 2009 67


Evolution de la répartition des passagers selon les motifs des voyages

Comme pour les flux de passagers, les données relatives aux motifs ne
sont pas réparties en fonction des entrées et des sorties, ni par nationalité. Ces
lacunes limitent donc leur intérêt pour des analyses plus détaillées.

Le classement des motifs de voyages est la suivante : affaires, conférences,


famille, vacances, résidents nigériens et non classés (graphique 6). L’évolution
est irrégulière pour tous les motifs entre 1996 et 2006 (tableau 39, annexe I),
mais les motifs d’affaires et de conférences l’emportent en général. Cependant,
les résidents du Niger (Nigériens et étrangers) ont, semble-t-il, voyagé de plus
en plus. En effet, en 1996, ils représentaient 4 % seulement dans la répartition
des motifs, contre 13 % en 2006. Mais des résidents du Niger peuvent également
être classés dans les « autres motifs » de déplacements (affaires, conférences,
vacances, famille, etc.). Il est donc nécessaire d’améliorer l’exploitation et la
publication des statistiques relatives aux passagers voyageant par voie aérienne.

Graphique 6 : Motifs des voyages aériens, 1996 et 2006

Source : INS, 2007.

Estimation des visiteurs étrangers à partir du nombre de visas délivrés

La DST publie également des informations relatives aux visas délivrés au


Niger à des étrangers. Mais ces informations mèneraient à une sous-estimation,
étant donné que les voyageurs ayant déjà un visa d’entrée avant leur départ ne
sont pas concernés. 2 798 visas ont été délivrés ainsi en 2007, et 2 668 en 2005
(DST, 2006 et 2005). Il faut rappeler que les ressortissants des pays membres de
la CEDEAO, ainsi que de plusieurs autres pays du monde ayant conclu un accord

68 Migration au Niger : Profil National 2009


avec le Niger, sont exemptés du visa d’entrée au Niger. Cela affaiblit encore
l’utilité des données relatives aux visas d’entrée pour appréhender la mobilité
et les flux migratoires.

Un renforcement des capacités de traitement de données des services


concernés est nécessaire afin que les données collectées soient présentées dans
leur totalité et avec des précisions portant sur les motifs des visites, la durée de
séjour des visiteurs, leur âge et leur sexe.

C.1.3 Immigrants en situation irrégulière

L’effectif des immigrants (travailleurs ou non) en situation irrégulière au


Niger est probablement très important, selon les entretiens réalisés à la DST et
les documents consultés. Compte tenu de l’absence d’un système de collecte
et de traitement des informations crédible sur les migrations dans le pays, il
n’est pas possible de connaître le nombre d’immigrants irréguliers. Selon l’OIM,
« seuls 10 % des étrangers présents au Niger sont en effet en situation régulière»
(Niger-CE, Annexe 4 du DSP du 10ème FED, 2007-2013).

Toujours selon des entretiens réalisés à la DST, nombreux sont les


étrangers, surtout africains, qui ne renouvellent pas leur visa ou leur permis de
séjour. Cela provient entre autres de l’existence de textes et accords régionaux
et sous-régionaux favorables à la libre circulation des personnes et des biens
dans le cadre de la CEDEAO, de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA) et de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD). Ainsi,
certaines nationalités se contentent de leur « carte consulaire » pour circuler
librement dans le pays (entretiens avec des immigrants maliens) ; d’autres
(notamment des Nigérians non Haoussas) affirment que les services de sécurité
routière ou urbaine demandent parfois à voir leur permis de séjour.

Dans les faits, les opérateurs économiques étrangers de toutes catégories


(y compris les petits commerçants tenant une boutique, un atelier, etc.) sont
obligés d’avoir un permis de séjour et de le renouveler périodiquement pour
pouvoir exercer leurs activités commerciales (entretiens avec des immigrants
nigérians).

Compte tenu du processus d’intégration et des dispositions régionales


en vigueur, les services de sécurité sont assez prudents dans les contrôles et
l’exigence du permis de séjour auxquels la plupart des étrangers sont astreints. Il
y a donc une situation confuse et/ou de « laisser-aller » par rapport à l’application
des textes de la CEDEAO en matière de séjour des ressortissants des pays

Migration au Niger : Profil National 2009 69


membres. Malgré les dispositions en matière de libre circulation des personnes
dans l’espace CEDEAO, il arrive que des ressortissants de la CEDEAO ne soient
pas admis à entrer au Niger pour des raisons non précisées. Ainsi, en 2005, il
y a eu 180 étrangers non admis au Niger dont 85 (soit 47,2 %) provenaient de
l’Afrique de l’Ouest (DST, 2005).

Il existe par ailleurs une migration irrégulière ou clandestine de personnes


qui entrent au Niger sans passer par les postes frontaliers. Malheureusement,
mais logiquement, les informations chiffrées sur ce phénomène sont assez
limitées. Les routes de l’immigration irrégulière sont nombreuses, surtout au
nord et au sud du pays, étant donné que le territoire du Niger est très vaste. Pour
l’instant, les services de sécurité ne sont pas en mesure de faire entièrement
face aux entrées clandestines, car il n’existe que 12 postes frontaliers terrestres
pour un territoire de plus de 1,2 millions de km². Pour mieux contrôler les
entrées irrégulières, des initiatives ont été menées et d’autres sont en cours
pour le bornage des frontières, notamment avec le Nigeria, et l’utilisation sur
l’ensemble du territoire de technologies de communication avancées, à travers
l’appui de la coopération française.

C.2 Emigrants

C.2.1 Nombre total d’émigrants

Variation du nombre total d’émigrants

Il faut d’emblée mentionner que les données relatives à l’émigration sont


très limitées au Niger. En effet, il n’y a aucun ministère ou service qui collecte de
manière exhaustive des données sur les Nigériens vivant à l’étranger. Même lors des
recensements généraux de la population, aucune question relative à l’émigration
proprement dite n’était posée par le passé. Signalons au passage que selon des
données anciennes (INSEE, 1963), il y avait en 1960 environ 49 550 Nigériens à
l’étranger, dont 16 020 (soit 32,3 %) y résidaient depuis 6 mois et plus, soit un taux
d’émigration internationale de l’ordre de 0,56 %. La moitié des résidents hommes
absents se trouvait au Ghana et au Nigeria (REMUAO, 1997).

En fait, la seule source nationale existante d’informations crédibles est


l’Enquête nigérienne sur les migrations et l’urbanisation (ENMU) réalisée entre
1992 et 1993 dans le cadre du Réseau migrations et urbanisation en Afrique
de l’Ouest (REMUAO) et qui concernait 7 autres pays de l’Afrique de l’Ouest,
à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le
Nigeria et le Sénégal (Issaka et al. 2006).

70 Migration au Niger : Profil National 2009


Le taux d’émigration internationale tel que calculé par le REMUAO
représente 1,73 % de la population totale, soit environ 144 060 personnes
(REMUAO, 1997) (tableau 32). En 2005, la Banque mondiale a estimé le
nombre d’émigrants internationaux au départ du Nigeria à 437 844, soit 3,3 %
de la population totale de la même année (Banque mondiale, 2008). Selon les
estimations du DRC, basées sur des recensements des années 1995 à 2005, il
y avait 496 773 émigrants nigériens hors de leur pays, soit environ 3,5 % de la
population totale.

Tableau 14 : Stock des émigrants internationaux, 1960-2005


Nombre Population totale % des émigrants nigériens
Année
d’émigrants du Niger dans la population totale
1960 (a) 1 602 2 876 000 0,6
1988-1992 (b) 99 927 8 327 221 1,7
1995- 2005 (c) 496 773 14,2 millions (e) 3,5
2005 (d) 437 844 13,3 millions (e) 3,3
Sources : (a) Enquête démographique, 1960 ; (b) ENMU, 1992-1993 ; REMUAO, 1997 ; (c) DRC, 2007 ; (d) World Bank, 2008 ;
(e) DPNU, 2007.

Ces données sont probablement sous-estimées en raison de la définition


des migrants, qui peut différer d’une statistique nationale à une autre et d’une
source à une autre. Ainsi, la Banque mondiale et le DRC utilisent la définition
du migrant de longue durée des Nations Unies, qui considèrent comme
migrant toute personne « séjournant depuis au moins un an dans un pays
autre que leur pays de résidence habituelle » (Dilip et Shaw, 2007 ; Banque
mondiale, 2008 ; www.worldbank.org/prospects/migrationandremittances).
Cependant, il semble que la DPNU estime le volume des migrants sur la
base des recensements africains qui utilisent souvent une période de 6 mois
minimum d’absence du pays ou de séjour dans un autre pays pour considérer
une personne comme migrante. En effet, pour l’immigration internationale au
Niger, les informations publiées par la DPNU sont presque identiques à celles
obtenues par le Bureau central du recensement nigérien, qui se base sur la
période de 6 mois ou plus.

Dans tous les cas, malgré les différences de définitions selon les sources
d’informations ou les organismes, on peut soutenir que depuis 1960, l’effectif
des émigrants internationaux nigériens a sans aucun doute augmenté. En chiffres
absolus, l’effectif serait passé de 16 020 dans les années 1960 à près de 500 000
au début des années 2000. En termes relatifs, les émigrants représentaient 0,6 %
(ou autour de 1 %, selon les sources) de la population totale en 1960 contre
3,5 % sur la période 1995-2005 (INSEE, 1963; DRC, 2007). On notera ici que

Migration au Niger : Profil National 2009 71


d’après certains participants nigériens du Groupe technique de travail du Profil
migratoire, l’effectif estimé des émigrants est en dessous de la réalité. Mais il ne
s’agit là que d’impressions non fondées sur des preuves chiffrées.

L’augmentation importante des départs à l’étranger est probablement


en relation avec la situation économique du pays, qui offre peu d’opportunités
d’emplois et de gains salariaux. Ainsi, la proportion des migrants hors du Niger
n’est pas négligeable, même si elle n’affecte pas significativement la population
active nationale. Au niveau des ménages et des familles, il peut y avoir des
impacts économiques et sociaux assez importants, notamment pour les femmes
et les enfants restés au Niger (Olivier de Sardan, 2007 et Hamani O., 2008).

D’autre part, la fuite de « cerveaux » de haut niveau pourrait être une


perte dans certains domaines, mais il faudrait des études pour vérifier cette
affirmation. Les données disponibles en la matière n’illustrent pas un phénomène
très important par rapport à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. En 2000, 6 % de
la population ayant un niveau d’enseignement supérieur a émigré, représentant
près de 50 % des émigrants nigériens (Docquier et Marfouk, 2005). Sur la période
1995-2005, 9 % des médecins et 2 % des infirmiers nigériens ont émigré, là où
d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée Bissau ou le Sénégal
voient plus de 50 % de leurs médecins émigrer (Clemens et Petterson, 2007).

Enfin, il faut attirer l’attention du lecteur sur le fait que les effectifs
d’émigrants présentés ici ne concernent pas l’ensemble de la diaspora
nigérienne, qui comprend également les enfants nés à l’étranger de parents
ressortissants du Niger (voir définition en annexe III). Il n’existe pas de chiffres
relatifs à la diaspora, mais des cadres ministériels rencontrés (Affaires étrangères
et Nigériens de l’Extérieur) ont exprimé le désir d’effectuer un recensement des
nationaux vivant à l’extérieur. Mais un tel projet est difficilement réalisable du
point de vue méthodologique et financier, à moins de ne se concentrer que sur
les principaux pays de destination des Nigériens.

Principaux pays de destinations des émigrants nigériens

Les données de l’ENMU de 1992-1993 indiquent que 73 % des émigrants


nigériens vont dans les pays de l’Afrique de l’Ouest (REMUAO, 1997). Selon
les données publiées la Banque mondiale en 2005 (Banque mondiale, 2008)
sur la base des derniers recensements de la population, les 10 premiers
pays de destination des Nigériens sont, par ordre d’importance : la Côte
d’Ivoire, le Burkina Faso, le Nigeria, le Tchad, le Bénin, le Togo, la France,
l’Italie, l’Allemagne et les Etats-Unis. D’après cette source également, les

72 Migration au Niger : Profil National 2009


émigrants Nigériens restent principalement en Afrique (6 premiers pays), et en
particulier dans la zone ouest. On peut remarquer que cette liste ne comprend
pas le Ghana, qui pourtant figure traditionnellement parmi les principaux pays
d’accueil des Nigériens.

Selon les estimations publiées en 2007 par le DRC (basées sur récensements
sur la période 1995-2005), les migrants nigériens se retrouvent surtout dans les
10 pays de destination suivants : Burkina Faso (27,8 %), Côte d’Ivoire (26,2 %),
Nigeria (11,9 %), Guinée Conakry (10,8 %), puis Ghana (5,2 %), Togo (3,4 %),
Bénin (3 %), République démocratique du Congo (1,4 %), Allemagne (1,1 %) et
Pakistan (1,1 %) (graphique 7 ci-dessous et tableau 40, en annexe I). Parmi ces
pays, les deux premiers (Burkina Faso et Côte d’Ivoire) accueillent à eux seuls
environ 54 % des Nigériens.

Graphique 7 : Emigrants nigériens par principaux pays de destination, 1995-2005

Source : DRC, 2007.

D’après ces mêmes données, on constate que l’Afrique de l’Ouest est la


principale destination des émigrants Nigériens, qui sont concentrés à 88,3 %
dans 7 pays ouest-africains. Au total, les pays de la CEDEAO accueillent plus
de 89 % des émigrés nigériens. Ainsi, on peut dire que les émigrants nigériens
participent pleinement au processus d’intégration humaine et sociale dans le
cadre de la CEDEAO.

Enfin, on peut signaler que les principales portes de sortie officielles


vers l’extérieur sont les mêmes que pour l’immigration. Cependant, un effectif
important d’émigrants nigériens et d’autres nationalités passe par des voies

Migration au Niger : Profil National 2009 73


clandestines, non couvertes par la police des frontières, pour entrer en Algérie,
en Libye ou au Mali. Certains émigrants transitaires visent surtout les pays du
Nord (Mounkaila, 2007 ; Brachet, 2007 ; Hamani A., 2008 ; Niger-CE, Annexe 4
du DSP du 10ème FED, 2007-2013).

C.2.2 Types d’émigrants

Les émigrants nigériens peuvent être classés en plusieurs catégories :


travailleurs émigrants, réfugiés et étudiants.

Les travailleurs émigrants nigériens

Les travailleurs émigrants nigériens sont en grande majorité concentrés en


Afrique de l’Ouest ; beaucoup exercent probablement dans le secteur informel
et ne sont connus qu’à travers les recensements des pays de destination.

Selon la base de données de l’Organisation de coopération et de


développement économique (OCDE), les travailleurs migrants dans les pays
de l’OCDE13 sont employés principalement dans les secteurs de l’industrie, du
commerce (gros et détails), de la santé et de l’hôtellerie (OCDE, 2008).

Evolution des effectifs des demandeurs d’asile et de réfugiés nigériens à l’extérieur

D’après les données du HCR, en 2008 (www.unhcr.org), il y avait 796


réfugiés et 271 demandeurs d’asile nigériens à l’étranger, soit 1 067 personnes
ou 0,21 % de la population émigrante actuelle connue. En 1996, il y avait jusqu’à
10 361 réfugiés, puis ce chiffre a progressivement diminué au fil des années
(tableau 15). Par contre, l’effectif des nigériens demandant l’asile à l’extérieur a
régulièrement augmenté de 1996 à 2004, pour baisser ensuite de plus de 50 %
en 2005 (tableau 41, annexe I).

Tableau 15 : Réfugiés nigériens par principaux pays d’accueil, 1996-2008


1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008
Allemagne - - - - - - 307 396 402 326 -
Etats-Unis 148 238 353 455 425 394 332 210 146 158 -
Pays-Bas 9 9 11 13 36 44 49 61 69 75 -
Autres pays 10 204 2 541 59 46 32 45 146 61 72 96 -
Total 10 361 2 788 423 514 493 483 834 728 689 655 796
Source : HCR, 2009.

13
Les données pour les émigrants en France ne sont pas inclus.

74 Migration au Niger : Profil National 2009


En 2005, les principaux pays d’accueil des réfugiés nigériens étaient
l’Allemagne, les Etats-Unis et les Pays-Bas. Selon les statistiques utilisées, les
demandes d’asile sont faites principalement dans les pays suivants : Belgique,
Italie, Allemagne, Etats-Unis et Suisse (tableau 41, annexe I).

Evolution des effectifs des étudiants nigériens (boursiers nationaux) à l’extérieur

Des statistiques des étudiants nigériens à l’étranger sont disponibles,


mais elles ne sont pas exhaustives, ne concernant que les boursiers nationaux
de l’Etat nigérien et ceux qui bénéficient de bourses de coopération bilatérale ou
multilatérale. Même au niveau des boursiers non-nationaux, les statistiques ne
sont pas toujours exhaustives car d’après l’Agence nationale des allocations et des
bourses (ANAB), des étudiants peuvent obtenir des bourses de coopération sans
passer par le circuit officiel. Pour ce qui est des étudiants financés par d’autres
biais, il n’existe aucune statistique nationale publiée. Même les statistiques
disponibles sont sujettes à caution au vu des fortes variations des effectifs entre
1990 et 2007 et de la répartition par régions d’accueil (tableau 42, annexe I).

On peut tout de même affirmer que la majorité des étudiants nigériens


boursiers de l’Etat à l’extérieur poursuivent leurs études en Afrique, principalement
dans l’ouest de ce continent. Par exemple, en 2007, ils étaient environ 89 % à
étudier dans un autre pays africain. Certaines années, ce pourcentage dépasse
les 95 ou 98 %. On remarque que depuis 1992, l’Etat envoie de moins en moins
d’étudiants en Europe, (notamment en France et en Russie), étant donné le
développement de l’Université nationale ou plusieurs disciplines des sciences
naturelles et sociales existent à, notamment au 1er et 2ème cycle. Aussi, l’Etat met
l’accent surtout sur la formation en 3ème cycle (Master II et de doctorat).

On notera encore que l’effectif publié des étudiants boursiers nationaux


dans les universités et grandes écoles extérieures (INS, 2007) n’est pas très
important, n’ayant jamais atteint 4 000 étudiants. En 2007, il y avait 1 210
étudiants boursiers de l’Etat à l’étranger. Cependant, en ajoutant les boursiers de
coopération, les effectifs d’étudiants boursiers pourraient atteindre ou dépasser
les 2 500 étudiants. En effet, en 2007, il y avait 1 030 boursiers de coopération
(dont 739 bourses offertes par l’Algérie, soit 72 %) (statistiques 2008 de l’ANAB).
Quoique les statistiques des étudiants nigériens à l’extérieur soient loin d’être
exhaustives, on peut affirmer que les boursiers de l’Etat sont certainement
beaucoup plus nombreux que ceux de la coopération et ceux financés par leurs
parents.

Selon des données de l’UNESCO, en 2003, 1 240 étudiants nigériens


poursuivaient leur formation à l’étranger, soit 14,5 % du nombre des étudiants

Migration au Niger : Profil National 2009 75


de l’enseignement supérieur du Niger. En 2006, ils étaient 2 122, soit près de
21 % (UNESCO, 2008). Les étudiants présents dans les pays de l’OCDE étudiaient
principalement dans le domaine suivants : sciences sociales, commerce et droit,
sciences et santé (OCDE, 2008).

C.2.3 Emigrants en situation irrégulière

Compte tenu du fait que la plupart des émigrants nigériens vont dans
les autres pays de la CEDEAO, il est difficile d’obtenir une bonne estimation
des effectifs de travailleurs parmi les migrants. En effet, comme les immigrants
internationaux résidant au Niger, les émigrants nigériens qui vivent dans les
autres pays de la CEDEAO ne sont souvent pas en règle par rapport à l’obligation
de posséder un permis de séjour. De ce fait, la plupart des émigrés nigériens
sont en situation irrégulière au sein même de la CEDEAO. Dans d’autres pays,
certains nationaux entrent de manière irrégulière (p. ex. Libye et Algérie) ou
prolongent leur séjour au-delà de la durée de leur visa ou d’autres papiers (p.
ex. Arabie Saoudite, Etats-Unis, en France, etc.). En l’absence de statistiques
sur les émigrants nigériens en situation irrégulière, on doit se contenter des
effectifs de refoulés, qui cependant ne montrent pas l’importance numérique
du phénomène.

Evolution des effectifs des Nigériens refoulés de l’extérieur

Chaque année, plusieurs Nigériens sont refoulés à partir de pays tiers,


notamment des pays du Maghreb (Libye et Algérie surtout) et du Moyen-Orient
(Arabie Saoudite). Cependant, les statistiques ne sont pas toujours disponibles
ou à la portée du public. Paradoxalement, des Nigériens sont également expulsés
du Nigeria voisin, membre de la CEDEAO (tableau 16).

Selon les données de la DST, 6 913 ressortissants du Niger ont été expulsés
de divers pays en 2005, en grande partie de l’Algérie (65 %) et de la Libye (30 %).
En 2006, ils étaient 3 254 à être contraints de rentrer au pays : 44 % depuis
la Libye, 25 % depuis l’Algérie, 18,5 % du Nigeria et 9 % de l’Arabie Saoudite.
En 2007, les statistiques (incomplètes) indiquent que 1 641 Nigériens ont été
expulsés, dont 67 % d’Algérie, 25 % de Libye et 8 % du Nigeria. Au total, en trois
ans (2005, 2006 et 2007), près de 12 000 Nigériens ont été refoulés de l’extérieur.

76 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 16 : Refoulés nigériens par pays de provenance, 2005-2007
2005 2006 2007
Pays Pays Pays
Nombre % Nombre % Nombre %
d’origine d’origine d’origine
Algérie 4 512 65,3 Libye 1 421 43,7 Algérie 1 094 66,7
Libye 2 052 29,7 Algérie 812 25,0 Libye 419 25,5
Arabie
133 1,9 Nigeria 602 18,5 Nigeria 128 7,8
Saoudite
Arabie
Nigeria 124 1,8 286 8,8 Total 1 641 100
Saoudite
France 26 0,4 États-Unis 27 0,8
États-Unis 15 0,2 Maroc 19 0,6
Belgique 12 0,2 France 19 0,6
Norvège 8 0,1 Belgique 18 0,6
Allemagne 7 0,1 Norvège 13 0,4
Côte d’Ivoire 6 0,1 Allemagne 9 0,3
Italie 6 0,1 Pays-Bas 9 0,3
Pays-Bas 5 0,1 Royaume-Uni 7 0,2
Royaume-Uni 4 0,1 Côte d’Ivoire 6 0,2
Total 6 913 100 Total 3 254 100

Source : Rapports annuels de la DST, 2005, 2006 et 2007.


Ces effectifs sont peut-être fortement sous-estimés car, selon d’autres


sources (Mounkaila, 2007), rien qu’au niveau de deux postes frontaliers (Dirkou
et Assamaka) du Niger avec la Libye et l’Algérie, il y aurait eu 5 343 Nigériens
refoulés en 2006 (tableau 43, annexe I).

Les Nigériens en situation irrégulière et appréhendés dans les pays de


l’Union européenne étaient au nombre de 416 en 2006, et 84 ont été expulsés.
En 2007, 472 Nigériens ont été appréhendés et 60 expulsés (CIREFI, 2009). Il faut
encore mentionner que pour aider les Nigériens qui reviennent volontairement
au Niger depuis la Libye (et non les refoulés), un programme de réinsertion a été
initié par le Bureau de l’OIM, qui octroie aux migrants concernés un montant
forfaitaire sous forme de matériel et de biens servant à des activités marchandes
pour leur permettre d’améliorer leurs ressources financières (information issue
de l’OIM-Niamey).

C.3 Diaspora

Le terme de diaspora se réfère aux émigrants nigériens et à leurs


descendants qui vivent à l’étranger. Malheureusement, il n’existe pas encore de

Migration au Niger : Profil National 2009 77


définition officielle du terme diaspora pour le Niger, ni d’estimation des effectifs
à l’étranger. Empiriquement, on estime que la diaspora nigérienne peut se
chiffrer à plusieurs millions, sans qu’il n’y ait de preuves formelles. Ainsi, certains
pensent qu’il y aurait 2 à 3 millions de Nigériens au Soudan ; il pourrait y en avoir
également plusieurs millions au total dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le
Ghana, le Burkina, le Bénin et le Moyen-Orient, notamment en Arabie Saoudite.
Mais ces informations ne sont pas documentées et manquent donc de crédibilité.

Les données susmentionnées de la Banque mondiale et du DRC de


l’Université de Sussex estiment à près de 500 000 les émigrants nigériens, un
chiffre pouvant englober quelques descendants d’émigrants. Mais ce chiffre
ne représente probablement pas l’effectif de la diaspora nigérienne après de
nombreuses décennies, voire de siècles de séjour. Dans tous les cas, la diaspora
est principalement située en Afrique, étant donné la destination principale des
émigrants (voir plus haut l’analyse des stocks d’émigrants et les sources utilisées).

En ce qui concerne les émigrants de retour au pays, les statistiques


nationales de routine ne permettent pas d’en connaître les effectifs. En revanche,
les recensements fournissent des informations sur les personnes, natives ou non
du Niger, étant récemment entrées dans le pays, sur la base de deux questions :
le lieu de résidence au moment du recensement (Niger) et le lieu de résidence
antérieure (Niger ou ailleurs). On dispose également d’informations sur la durée
de résidence au Niger. Cependant, les statistiques publiées ne séparent pas
les Nigériens et les étrangers sur ce point. Mais étant donné que les effectifs
d’immigrants internationaux sont beaucoup plus faibles que ceux des migrants
nigériens de retour, selon les RGPH de 1988 et 2001, on peut estimer que la
plupart des personnes récemment revenues dans le pays sont des natifs du
Niger. Comme on l’a vu, d’après les statistiques officielles, les immigrants
internationaux durée de vie vivant au Niger représentent moins de 2 % de la
population totale (graphique 8 et tableau 44, annexe I).

En 1988, 253 744 résidants avaient déclaré avoir séjourné pour une durée
de 6 mois ou plus à l’étranger, soit 3,5 % de la population totale. En 2001, ils
étaient 361 295, soit 3,2 %.

En 1988 comme en 2001, les personnes recensées comme entrées


récemment dans le pays (Nigériens ou non) provenaient pour la plupart des pays
voisins ou de la côte ouest-africaine, surtout le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Au total,
les pays de l’Afrique de l’Ouest représentaient 79,5 % des provenances en 1988
et 77,3 % en 2001. A eux seuls, trois pays voisins (Nigeria, Mali, Burkina et Bénin)
comptabilisaient 48 % des provenances en 1988 et 51,4 % en 2001. Enfin, on

78 Migration au Niger : Profil National 2009


peut noter qu’en 2001, les provenances de pays non africains ne représentaient
que 3,8 %, dont 2,5 % pour les pays asiatiques, notamment du Moyen-Orient ;
il s’agit principalement de l’Arabie Saoudite qui, comme on l’a vu plus haut, a eu
récemment à expulser de nombreux Nigériens. Cependant, il faut signaler que
les provenances indéterminées ou non précisées sont assez importantes (10 %
ou plus). Il pourrait s’agir d’omissions de la part des enquêteurs (BCR, 2005f).
Graphique 8 : Entrées récentes dans le pays, de Nigériens ou non, par principaux pays de
résidence antérieure, 1988 et 2001

Source : BCR, 1992 et 2005f.

Les données ne permettent pas de savoir si ces personnes ont l’intention


de repartir ou non. Cependant, on peut constater que les entrées récentes
(moins d’un an de séjour après la dernière migration) représentent 22 % (surtout
des hommes, d’ailleurs) ; les séjours à l’étranger plus anciens (5 ans et plus)
constituent 50 % du total (tableau 17).

Tableau 17 : Entrées récentes dans le pays, de Nigériens ou non, selon leur durée de séjour au
Niger, par sexe, 2001
Durée de résidence au Hommes Femmes
Niger Nombre % Nombre %
Moins d’1 an 65 739 26,3 13 537 12,1
1-4 ans 70 622 28,3 29 503 26,4
5-9 ans 28 309 11,3 16 649 14,9
10 ans et + 65 085 26,1 33 608 30,1
Nd 19 783 7,9 18 460 16,5
Total 249 538 100 111 757 100
Source : BCR, 2005f.

Migration au Niger : Profil National 2009 79


C.4 Transferts de fonds

Les envois de fonds correspondent à la part des revenus gagnés à


l’étranger que les émigrés rapatrient chez eux. Ces envois sont de deux types : les
envois officiels qui transitent par les banques et autres institutions de transferts
de fonds, et les envois non officiels qui se font par le biais de parents, amis et
connaissances ou des réseaux informels.

Les statistiques produites par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de


l’Ouest (BCEAO) ne concernent bien entendu que les envois de fonds transitant
par le circuit formel, constitué des banques, des services postaux et autres
institutions reconnues de transferts de fonds.

Les statistiques nationales relatives à la balance des paiements estiment à


11,4 milliards de FCFA les envois de fonds des travailleurs nigériens à l’étranger
pour l’année 2006 (tableau 18). Les statistiques nationales compilées par la
BCEAO révèlent des fluctuations annuelles irrégulières. Ainsi, le montant des
envois de fonds a été multiplié par 4 en l’espace de 3 ans, passant de 2,7 milliards
de FCFA en 2002 à 11,2 milliards en 2004, puis il a chuté à 9,8 milliards en 2005
pour remonter à 11,4 milliards de FCFA en 2006 (tableau 18).

Tableau 18 : Transferts de fonds des émigrants nigériens, 2002-2006


2002 2003 2004 2005 2006
Transferts courants privés (millions
8 672 9 741 16 233 37 431 41 568
de FCFA)
Dont envois de fonds de travailleurs 2 715 2 560 11 224 9 838 11 419
Pourcentage du PIB (%) - - 1,9 1,9 0,8
Source : BCEAO, Balance des paiements, 2007.

Toutefois, ces données sont certainement loin de donner une estimation


correcte de la masse monétaire transférée, dans la mesure où elles ne tiennent
pas compte des transferts opérés par des voies non officielles en raison des frais
de transferts assez élevés du circuit formel.

Les statistiques de la balance des paiements de la BCEAO (compilation


de statistiques des pays membres) sont très différentes de celles fournies par la
Banque mondiale (tableau 19). D’après la Banque mondiale, les envois de fonds
étaient de 5 millions de dollars E.-U. (environ 3,6 milliards de FCFA) en 2000 et
seraient passés à 46 millions de dollars E.-U. (24,2 milliards de FCFA) en 2005.
Pour l’année 2008, d’après la même source, les envois de fonds s’élèvent à 78
millions de dollars E.-U., soit 39 milliards de FCFA, un montant qui représente

80 Migration au Niger : Profil National 2009


1,9 % du PIB du pays. Cependant, ces montants sont assez dérisoires comparés
à ceux de pays voisins comme le Mali et le Burkina, ou encore ceux du Sénégal
et du Togo.

Tableau 19 : Fonds envoyés au Niger par les travailleurs nigériens de l’étranger de 2000 à 2008
(en millions de dollars E.-U.)
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
(est.)
Envois de fonds
de l’étranger (en 14 22 19 26 60 66 66 78 78
millions dollars E.-U.)
Dont envois de fonds
5 14 9 12 43 46 - - -
de travailleurs
Source : Banque mondiale, 2008.

La Banque mondiale (2008) soutient qu’après l’aide au développement,


les transferts de fonds constituent la source de financement la plus importante
pour le développement, d’où l’intérêt croissant accordé à ce phénomène.
Indubitablement, les transferts de fonds (formels et informels) des émigrants
nigériens vers leurs pays d’origine constituent bien une source importante de
revenus, permettant d’assurer la vie et la survie de plusieurs familles. Une partie
de ces fonds peut également être orientée vers des projets et des réalisations
en matière de développement. D’ailleurs, le Plan d’action de la Stratégie de
développement rural (SDR) du Niger prévoit de promouvoir les contributions
des migrants internes et internationaux au développement local, notamment
par les biais suivants :

-- « informer et sensibiliser les exodants [i.e. migrants] des possibilités


d’investissements en milieu rural ;
-- sécuriser les flux financiers des exodants [i.e. migrants] à travers la mise en
place de conventions avec des établissements financiers (IMF, Banque…) ;
-- mettre en relation les exodants [i.e. migrants] avec les acteurs locaux du
développement (ONG, associations, collectivités territoriales…) ».
Source : Plan d’action de la SDR, SP/SRP-comité SDR 2006.

Il s’agit là d’une reconnaissance officielle tardive des apports positifs de


l’émigration. Pour les populations rurales, depuis plusieurs décennies, voire
depuis des siècles, la migration a été une stratégie économique de survie, voire
un secteur économique. Plusieurs études locales dans les régions de Tahoua et
Maradi ont mis en évidence le recours à l’émigration comme source de revenus
complémentaires pour les ménages ruraux et la contribution des émigrants
internationaux au développement de leurs villages (Gambo, 2009).

Migration au Niger : Profil National 2009 81


La répartition des envois de fonds par pays d’origine en 2004 montre que
les transferts les plus importants proviennent d’Afrique, principalement de la
Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Comparativement aux autres pays d’Afrique
de l’Ouest, les transferts de fonds vers le Niger sont les plus faibles. Les pays
qui bénéficient des transferts les plus importants sont le Sénégal, le Mali,
la Côte d’Ivoire et le Togo. Dans ces pays, la majorité des transferts de fonds
proviennent d’Europe occidentale et des Etats-Unis, où le niveau des salaires est
plus élevé qu’en Afrique. Ce constat constitue une confirmation supplémentaire
de la théorie économique qui explique la migration en termes de différences de
salaires entre pays (Zlotnik, 2003). En d’autres termes, les migrations sont plus
importantes vers les pays qui offrent des salaires plus importants.

Les transferts de fonds vers le Niger sont exécutés par des sociétés
spécialisées comme Western Union et MoneyGram, les banques et
l’administration postale. Les circuits bancaires apparaissent généralement
comme les plus sûrs, mais ils sont coûteux (tableau 45 en annexe I). L’administration
postale à l’avantage de disposer de réseaux plus étendus, principalement dans
les zones reculées, mais là encore, le coût est élevé. Cette situation favorise les
circuits informels (« Hawala » en Haoussa), moins sécurisants certes, mais qui
sont parfois plus rapide et exigent peu de frais de transfert.

Par leurs effets sur les réserves en devises, la balance des paiements,
l’amélioration des moyens de subsistance et les investissements en capital
humain, les transferts de fonds sont importants pour les ménages et l’Etat
du Niger. Mais l’ampleur de leur impact reste discutable, puisqu’elle dépend
de l’utilisation des fonds envoyés. On observe généralement trois types
d’utilisation : investissement dans des activités économiques (entreprises et
surtout immobilier) ; consommation par les bénéficiaires (familles, ménages)
pour leurs dépenses d’alimentation, de santé et d’éducation ; activités sociales
(construction de mosquées,etc.) (Hamani O., 2008 ; Gambo, 2009).

Les envois de fonds des migrants ruraux, le plus souvent issus de ménages
pauvres, sont principalement destinés à soutenir les dépenses de consommation
des ménages. Dans tous les cas, la migration fait partie des principales stratégies
de survie adoptées par certaines couches de la population nigérienne dans le
but d’améliorer les conditions de vie de leur famille. Quelques études à portée
géographique limitée existent dans ce domaine au Niger. Pour les régions
d’Agadez, Tahoua, Maradi et Tillabéry, des recherches ont montré que la
migration fait effectivement partie des stratégies économiques des migrants et
de leurs familles (Olivier de Sardan, 2007 ; Hamani O. 2008 ; Hamani A., 2008 ;
Réseau MOBOUA, 2009 ; Gambo, 2009). A titre d’exemple, on peut citer le cas

82 Migration au Niger : Profil National 2009


d’émigrants ressortissants de la commune d’Allakaye dans la région de Tahoua
(une des principales régions d’émigration du Niger), vivant en Côte d’Ivoire, qui se
sont constitués en association pour appuyer leur commune. Leurs contributions
sont multiples : appui à la construction ou à la rénovation d’édifices publics
(écoles, dispensaires, puits, mosquées, etc.) et envois de fonds à leurs familles
restées au village (Gambo, 2009).

Selon Olivier de Sardan (2007), durant la crise de 2005, qui a durement


frappé certaines populations, les migrations « ont été sans conteste le principal
moyen de faire face à la crise conjoncturelle de 2005. Mais il s’agit en fait de
stratégies normales, banalisées, généralisées, dans une situation de crise
structurelle». Les propos d’un villageois du département de Ouallam (région de
Tillabéry), cités par le même auteur, sont également illustratifs de la « manne »
que constituent parfois les migrations : « Avoir un parent à l’étranger est un
signe de « richesse », de sécurité sociale et alimentaire, c’est le signe qu’on a
un soutien, un recours sûr en cas de difficulté. C’est pourquoi chaque famille
s’organise pour avoir au moins deux émigrants en son sein (l’un à l’étranger, et
l’un vers d’autres régions ou les grandes villes du Niger) » (Olivier de Sardan,
2007).

Il faudrait des études plus approfondies pour mieux connaître la


contribution des émigrants nigériens à l’économie moderne de leur pays.
Empiriquement, on peut soutenir qu’en milieu urbain les émigrants investissent
beaucoup dans l’immobilier et l’import-export de marchandises de première
nécessité, de tissus, de matériaux de construction, etc. Cependant, on pense que
très peu de fonds sont affectés à des investissements productifs, notamment dans
les entreprises de transformation de produits ou la modernisation du secteur
agricole ou pastoral. Une réorientation des envois de fonds vers des secteurs
productifs de l’économie pourrait apporter une contribution significative au
développement du pays, tout comme le transfert organisé de compétences, une
voie que le Niger cherche à exploiter à l’instar de plusieurs autres pays africains
(voir plus loin partie E.1.1).

En conclusion, on peut retenir que les données officielles ne donnent


pas une bonne idée des montants envoyés vers le Niger, du fait de l’utilisation
de réseaux informels, facilités par les téléphones portables, la mobilité des
personnes entre les pays et les faibles coûts de transferts. Il est en effet fréquent
que des envois d’argent se fassent par l’intermédiaire de migrants rentrant
temporairement ou définitivement au Niger (Olivier de Sardan, 2007 ; Hamani
O., 2008 ; Hamani A., 2008 ; Réseau de recherche MOBOUA, 2009).

Migration au Niger : Profil National 2009 83


Les réseaux d’envois de fonds devraient faire l’objet d’études approfondies
en vue de mieux connaître leurs rôles et leur importance numérique. En effet,
l’utilisation des circuits informels explique sans doute les montants assez faibles
transférés par les circuits formels. Il faudrait également attirer l’attention de la
BCEAO et des institutions de transferts de fonds sur l’importance de fournir des
informations plus détaillées sur les transferts de fonds.

84 Migration au Niger : Profil National 2009


PARTIE D : Analyse des facteurs générant la
migration
Selon les approches économiques, les mouvements de population ont
généralement un lien avec le niveau de développement du pays d’origine (Zlotnik,
2003). Mais plusieurs facteurs peuvent expliquer les mouvements de population
dans une région. Certains sont liés à des troubles ou des conflits internes qui
poussent les populations à fuir ; d’autres sont plus « classiques », tels que la
recherche d’un travail, d’un emploi mieux rémunéré, de meilleures conditions de
vie, la volonté de faire des études ou encore des raisons sociales (regroupement
familial par exemple). Il y a également des facteurs liés à la similitude des
cultures, à l’histoire et aux conditions (géographiques et juridiques) d’accès aux
différents pays.

D.1 Principales caractéristiques des tendances migratoires


actuelles

A partir de l’analyse des migrations effectuée dans la partie C, plusieurs


enseignements et tendances peuvent être dégagés, malgré les limites indéniables
des données disponibles aux niveaux national et international.

D.1.1 Principales caractéristiques de l’immigration


internationale

Un certain nombre de constats généraux peuvent être dégagés à l’issue


des analyses relatives à l’immigration internationale :

i. L’effectif (stock) des immigrants internationaux de longue durée (6 mois


et plus) n’est pas important au Niger, avec moins de 123 000 personnes
en 2001 et au plus 2 % de la population totale résidente. Ce pourcentage
a même baissé de 1,6 à 1,1 % entre 1988 et 2001. Le pourcentage des
immigrants internationaux est également assez bas parmi la population
active. Par contre, les flux de migrants internationaux utilisant le Niger
comme pays de transit vers le Maghreb seraient assez importants, mais les
estimations ne sont pas très précises.
ii. Le rythme annuel d’augmentation des stocks d’immigrants internationaux
s’est ralenti entre 1988 et 2001, sans doute du fait de la crise économique
prolongée qui a rendu le Niger de moins en moins attractif ; cependant la
situation économique est en train de changer et les perspectives d’avenir
sont réelles avec la mise en valeur des ressources minières (notamment

Migration au Niger : Profil National 2009 85


l’uranium et le pétrole) et du fleuve Niger, avec la construction en cours
d’un grand barrage hydro-électrique.
iii. En général, l’effectif des femmes parmi les immigrants est légèrement plus
important que celui des hommes, du fait probablement de l’immigration
d’accompagnement, et aussi parce que certaines femmes viendraient
seules grâce à des réseaux de parents, amis et connaissances ; la pratique
de la polygamie parmi les migrants pourrait être un facteur supplémentaire
expliquant la supériorité numérique des femmes.
iv. Les immigrants internationaux proviennent majoritairement des pays
voisins (Nigeria, Mali, Burkina, Bénin et Togo) et de la Côte d’Ivoire. Les
étrangers séjournant pour de plus courtes durées proviennent en grande
majorité des mêmes pays.
v. La proportion des immigrants internationaux est nettement plus élevée en
milieu urbain qu’en milieu rural.
vi. Sur la base du nombre de permis de séjour délivrés ou renouvelés, il est
certain que le nombre d’immigrants irréguliers (sans permis de séjour) est
beaucoup plus important que ceux qui sont en règle, du fait du processus
d’intégration régionale qui a tendance à rendre caducs les textes nationaux
en matière d’immigration et aussi parce que les autorités policières sont
moins exigeantes.

D.1.2 Principales caractéristiques de l’émigration interna-


tionale

i. Contrairement aux immigrants internationaux, les effectifs d’émigrants


nigériens ont augmenté de 1960 jusqu’à présent. On estime les émigrés
à presque 500 000 individus dans les années 2000, contre environ 16 000
en 1960, soit respectivement 3,5 % et 0,6 % de la population totale des
périodes concernées (INSEE, 1963; DRC, 2007).
ii. Les émigrants nigériens se dirigent en grande partie vers les pays ouest-
africains, notamment le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, la Guinée
Conakry, le Ghana, le Bénin et le Togo. Au total, selon les statistiques
compilées par le Centre de recherche sur les migrations de l’Université de
Sussex (DRC), 89 % des Nigériens émigrants restent en Afrique de l’Ouest
(pays de la CEDEAO).
iii. La diaspora nigérienne à l’étranger n’est pas numériquement définie, faute
d’estimations fiables ; mais son effectif pourrait être de plusieurs millions
de personnes. Compte tenu des destinations des émigrants, on peut
penser qu’elle se situe principalement en Afrique, notamment occidentale.
Les émigrants nigériens qui reviennent au pays temporairement ou
définitivement représentent 3,2 à 3,5 % de la population totale résidente

86 Migration au Niger : Profil National 2009


du Niger. Ils sont donc numériquement plus importants que les immigrants
internationaux ou les étrangers au Niger. En 2001, environ 361 296
migrants de retour (récents ou anciens) ont été recensés, dont une partie
d’étrangers résidents au Niger (BCR, 1992 et 2005).
iv. Le solde migratoire international pourrait avoir diminué de 1993 à 2009,
étant donné le ralentissement de l’arrivée d’immigrants internationaux
(d’environ 122 000 au total), alors que la population émigrante est proche
de 500 000 personnes. Cependant, la Division de la population des Nations
Unies estime le solde migratoire à -0,6 % par an pour les périodes 2000-
2010. Cette estimation nous paraît peu solide.

D.2 Identification des facteurs générant la migration

Les contraintes économiques et démographiques nationales décrites


dans les parties A et B, ainsi que les contraintes géo-climatiques, jouent un
rôle important pour expliquer les déplacements de populations vers d’autres
contrées analysés dans la partie C.

D.2.1 Un pays enclavé dans un environnement austère

Le Niger est un pays sans accès direct à la mer. Il partage des frontières
avec 7 pays qui sont :

-- au nord, le Mali (821 km), l’Algérie (956 km) et la Libye (354 km) ;
-- à l’est, le Tchad (1 175 km) ;
-- au sud, le Nigeria (1 497 km) et le Bénin (266 km) ;
-- à l’ouest, le Burkina Faso (628 km).
Source : Mounkaila, 2007.

De par sa position géographique, le Niger se trouve être un trait d’union


entre l’Afrique noire et le monde arabe maghrébin. Aussi, le pays est devenu un
couloir de passage pour de nombreux africains, et même pour des personnes
d’autres continents (comme l’Asie) qui aspirent à aller chercher fortune au
Maghreb ou en Europe sans effectuer les formalités administratives d’usage
(Mounkaila, 2007 ; Hamani A., 2008 ; Issaka, 2009). Ainsi, du fait des faiblesses
dans la surveillance des frontières et des difficultés à obtenir des visas vers les
pays du Maghreb et l’Europe, de nombreuses personnes, dont des Nigériens,
affrontent l’austérité climatique et les dangers du désert du Sahara pour réaliser
leur projet migratoire.

Migration au Niger : Profil National 2009 87


Les populations nigériennes sont en permanence confrontées à un
environnement naturel austère marqué par un régime climatique qui se
caractérise par « une pluviométrie faible, variable dans l’espace et dans le temps,
et des températures élevées qui ont tendance à accentuer son aridité » (SP/SRP-
comité SDR 2003). Du point de vue climatique, on distingue quatre zones :

-- « la zone sahélo-soudanienne qui représente environ 1 % de la superficie


totale du pays et reçoit 600 à 800 mm de pluie par an au cours des années
normales ;
-- la zone sahélienne couvre 10 % du pays et reçoit 350 à 600 mm de pluie ;
-- la zone sahélo-saharienne qui représente 12 % de la superficie du pays (150
mm à 350 mm) ;
-- la zone saharienne, désertique, qui couvre 77 % du pays (moins de 150 mm
par an ».
Source : (SP/SRP-comité SDR 2003).

L’environnement difficile qui caractérise le Niger contribue à expliquer les


migrations dans ce pays. En effet, le pays est situé au cœur de la zone sahélienne,
à la lisière du Sahara. Plus des deux tiers des 1 267 000 km² de superficie du pays
sont considérés comme peu propices à l’agriculture et à l’élevage. La saison des
pluies ne dure que 3 à 4 mois ; c’est elle qui permet de produire les céréales (mil,
sorgho et maïs) qui font principalement vivre les populations rurales. L’irrigation
reste encore assez traditionnelle et peu importante, notamment pour le riz.
Aussi, pour sa survie, la majorité de la population ne peut compter que sur
les pluies, qui sont très aléatoires. L’insuffisance des pluies ou leur mauvaise
répartition en juin et en septembre entraîne souvent des crises alimentaires.
L’histoire agricole du Niger se caractérise par une variation en dents de scie de
la production céréalière, avec une alternance entre des années excédentaires et
déficitaires (SP/SRP-comité SDR 2003; MP/AS, 2005).

97 % de la population est concentrée sur la bande sud du pays. La région


d’Agadez (près de l’Algérie, de la Libye et du Mali), qui occupe 52,7 % du territoire,
n’accueille que 2,9 % de la population en 2001 (BCR, 2005a). Il y a donc une
forte concentration de la population tout au long de la frontière sud du pays.
Cette situation entraîne une forte pression démographique sur les terres et des
densités de population très importantes. En effet, dans certaines régions, les
densités humaines ont atteint des niveaux critiques avec près ou plus de 100
habitants au km² (voir B.1).

Cette forte pression démographique, combinée à une situation climatique


aléatoire et à un faible niveau de développement, explique en grande partie

88 Migration au Niger : Profil National 2009


l’émigration internationale, et surtout la migration rurale-urbaine interne au
pays. Comme on le verra plus loin, les migrations internes sont beaucoup plus
intenses que les migrations internationales. Ces dernières ne sont toutefois pas
négligeables et semblent avoir pris de l’importance au cours des deux dernières
décennies, marquées par des crises économiques, en plus des crises agricoles
habituelles et des taux annuels de croissance démographique élevés (plus de 3 %).

D.2.2 Une situation économique précaire et peu incitative

Sur le plan macro-économique, le taux de croissance annuel moyen du


PIB n’est que de l’ordre de 2,5 %, voire moins sur certaines périodes (1,9 % en
moyenne entre 1990 et 2000 (SP/SRP, 2002)). Cependant, depuis 2000, la situation
économique connaît globalement une nette amélioration. Ainsi, au cours de la
période 2002-2006, le taux de croissance économique s’est située à 3,9 % en
moyenne (SP/SRP, 2007). Même si ce taux annuel est légèrement supérieur à
celui de la croissance démographique (3,3 %), il demeure très insuffisant pour
réduire significativement la pauvreté et permettre d’amorcer un bond qualitatif
dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à
l’horizon 2015. D’ailleurs, il a été estimé que pour atteindre les OMD (notamment
en matière de réduction de la pauvreté, de santé et d’éducation), le Niger devrait
avoir une croissance économique annuelle régulière de l’ordre de 7 % (SP/SRP,
2007).

On peut également mentionner que le PIB nominal per capita a évolué en


dents de scie et n’a pas beaucoup augmenté. En effet, il est passé de 131 000
FCFA en 2002 à 130 000 en 2003, 125 000 en 2004, 139 000 en 2005 et 149 000
FCFA en 2006. Le taux de croissance du PIB réel per capita a varié, avec des taux
négatifs ou positifs entre 2002 et 2006. En moyenne, il n’a évolué que de 0,6 %
par an (SP/SRP, 2007).

Ainsi, plusieurs facteurs internes ont probablement contribué à entretenir


les mouvements migratoires et à inscrire le recours à la pratique migratoire dans
les stratégies de diversification des revenus développées par les populations pour
faire face à la détérioration de leurs conditions de vie quotidienne. Notamment :

-- La crise économique des années 1980 et 1990, qui a engendré des réformes
importantes ayant contribué à la disparition ou à la liquidation de la plupart
des entreprises publiques, augmentant ainsi le nombre de chômeurs.
-- Les grandes réformes économiques ayant amené l’Etat (principal employeur)
à ralentir le recrutement de jeunes diplômés.

Migration au Niger : Profil National 2009 89


-- La faiblesse du secteur privé, qui ne peut pas absorber tous les jeunes
diplômés.
-- La faible mobilisation des ressources internes, qui révèle la faible capacité
des pouvoirs publics à assurer les services sociaux de base, la création
d’emplois et le recrutement de jeunes diplômés.
-- Les contraintes liées aux aléas climatiques, à la dégradation de
l’environnement, à l’accroissement démographique qui ont accentué la
pression sur les ressources naturelles limitées. Ces facteurs ont favorisé à
leur tour la fréquence des sécheresses et des crises alimentaires.
-- La prédominance d’une agriculture de subsistance de type traditionnel
comme principale source d’emplois et de revenus pour la majorité de la
population. En effet, les techniques de culture restent rudimentaires et
favorisent la pratique d’une agriculture extensive, alors que les bonnes
terres diminuent progressivement.
-- La prédominance de l’agriculture pluviale qui explique que les agriculteurs
ne sont occupés que pendant trois à quatre mois sur douze. Ce type
d’agriculture basée sur les pluies entraîne le désœuvrement partiel des bras
valides (surtout les jeunes), qui finissent par considérer la migration interne
et internationale comme une seconde activité économique qui peut générer
assez rapidement des revenus monétaires à travers une diversité de « petits
boulots » (vendeurs ambulants, dockers, cireurs, domestiques, etc.). Il faut
cependant noter que beaucoup de migrants reviennent travailler pendant
la saison des pluies pour repartir après les récoltes.
-- Les fortes disparités entre les régions au niveau interne, tant sur le plan du
développement que des infrastructures ou de l’accès aux services sociaux
de base, qui peuvent inciter les populations les plus défavorisées à se diriger
vers les zones plus favorables du pays.
-- L’inefficacité du système éducatif et les contraintes structurelles de l’offre de
travail. Ceci favorise le développement d’une masse critique de populations
découragées, déscolarisées et sans emploi qui ne trouvent souvent d’autres
alternatives que de partir vers d’autres horizons en espérant pouvoir
améliorer leurs conditions de vie. Non seulement l’offre de travail est
largement en deçà de la demande, mais le cadre pour le développement
d’investissements est également contraignant.
-- La faiblesse et l’inefficience du système éducatif, entraînant un accroissement
du nombre de personnes rejetées de l’école et désorientées, qui s’intègrent
finalement dans un secteur informel où les emplois sont précaires et peu
sécurisants.

Par ailleurs, les opportunités d’obtention de revenus dans d’autres pays


africains et dans les pays développés ou émergeants constituent des pôles
d’attraction privilégiés pour les Nigériens.

90 Migration au Niger : Profil National 2009


Il y a plusieurs raisons pour expliquer le ralentissement de l’augmentation
du taux de croissance de l’immigration internationale et la diminution de la part
des immigrants internationaux dans la population entre 1977 et 2001 (voir partie
C plus haut). En particulier, ils seraient dus à la série de crises (ou de récessions
économiques) qui a frappé le Niger après la période de relative prospérité
économique de (1977 à 1988) générée par l’augmentation de la production
nationale d’uranium et la flambée des prix internationaux de ce minerai. De 1985
à 2001 et au-delà, les prix de l’uranium ont entamé une dégringolade qui s’est
combinée aux sécheresses et aux crises alimentaires récurrentes, ainsi qu’aux
crises politiques (2 coups d’Etat militaires et des grèves syndicales répétées). La
crise économique qui a frappé pour de multiples raisons plusieurs pays d’Afrique
de l’Ouest a engendré en 1994 une dévaluation de 50 % de la valeur du FCFA,
monnaie partagée par plusieurs pays de la sous-région et soutenue par la France
(Conté, 1997).

A noter que durant cette période, plusieurs bailleurs de fonds (dont


USAID) se sont retirés du Niger ou ont réduit leur contribution financière. Cette
période s’est traduite également par l’irrégularité dans le paiement des salaires
des fonctionnaires et l’accumulation de plusieurs mois d’arriérés de salaires. Les
indicateurs macroéconomiques confirment les difficultés économiques que le
pays a rencontré dans les années 1980 et 1990 ; le PIB et le PNB ont enregistré
des variations en dents de scie et des faibles taux de croissance (inférieurs à
3 %), voire des taux de croissance négatifs dans les années 1990 (SP/SRP, 2002).

D.3 Evolution probable des mouvements migratoires

D.3.1 L’émigration internationale : un phénomène qui se


poursuivra

Selon certaines théories économiques, la rationalité migratoire est


généralement liée à l’écart de développement entre les régions d’origine et
les régions de destination (Zlotnik, 2003). Or, au Niger, avec la mise en œuvre
des politiques de décentralisation et les différents schémas d’aménagement
du territoire, il est possible que les disparités entre les villes et les campagnes
soient réduites, ce qui pourrait endiguer l’exode rural. Néanmoins, avec la
forte augmentation de la population (3,3 % par an) qui risque de se maintenir
pendant plusieurs années et l’amélioration des indicateurs sociaux de base, les
pressions sur les ressources seront assez fortes et on assistera probablement à
une poursuite de la migration interne et externe ; la migration est également un
phénomène culturel entretenu par des habitudes séculaires, comme l’émigration
de personnes d’ethnie Sonrhaï vers le Ghana et la Côte d’Ivoire, ou celle des

Migration au Niger : Profil National 2009 91


Adrawa de la région de Tahoua ou des Haoussa des régions de Maradi et Zinder
vers le Nigeria.

Des perspectives s’offrent au Niger en matière de gros ouvrages, comme le


barrage de Kandadji (pour la production d’électricité et l’irrigation agricole), ou
d’exploitation de nouveaux gisements d’uranium et de pétrole. Cependant, on
peut s’attendre au maintien des tendances actuelles de hausse de l’émigration,
principalement vers les pays africains, étant donné que l’entrée dans les pays
européens est très contrôlée et sélective. L’émigration vers l’Asie et les pays
arabes devrait également se poursuivre du fait de leur prospérité. Par ailleurs,
le secteur rural continuera à être à la traîne en l’absence d’investissements
importants et avec les aléas climatiques non maîtrisés. La poursuite des tendances
démographiques actuelles constitue un facteur supplémentaire d’impulsion
des migrations, à travers la forte pression sur les terres, l’environnement et la
demande d’emploi.

Il faut également souligner que les politiques actuelles de développement


au niveau global (comme la SDRP et le Programme spécial du Président de la
République) ou sectoriel (comme la Stratégie de développement rural, la Stratégie
de l’emploi, de la microfinance, etc.) ne vont pas transformer radicalement dans
les dix prochaines années l’environnement économique et naturel du Niger, car
les défis du développement et les besoins de financement sont énormes.

Enfin, on peut dire que le respect de la libre circulation des personnes et


des biens, de plus en plus demandé aux Etats membres de la CEDEAO (au nombre
de 15 Etats actuellement14) et de l’UEMOA (8 Etats de la CEDEAO partageant la
même monnaie, le Franc CFA)15, pourrait également favoriser le déplacement
des Nigériens qui restent principalement en Afrique de l’Ouest. Il en sera de
même avec l’Union africaine, si elle arrive à être effective dans un futur proche.

D.3.2 L’immigration : vers une augmentation du


phénomène?

Parallèlement, l’immigration internationale pourrait connaître une réelle


augmentation dans quelques années, lorsque les nouveaux gisements d’uranium
seront opérationnels et que l’exploitation du pétrole débutera réellement. Le
démarrage effectif du barrage de Kandadji attirera certainement des étrangers

14
Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Libéria, Mali,
Nigeria, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Togo (la Mauritanie s’est retirée de la CEDEAO depuis plusieurs
années).
15
Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

92 Migration au Niger : Profil National 2009


à la recherche d’opportunités de travail et de salaires. Globalement, le Niger
deviendrait plus attractif grâce à son dynamisme économique, qui pourrait se
réaliser grâce aux bonnes perspectives qui s’ouvrent.

Par ailleurs, le renforcement des espaces CEDEAO et UEMOA continuera à


faciliter l’entrée au Niger des ressortissants des Etats membres de ces institutions
régionales et sous-régionales. De même, en l’absence de mesures efficaces de
contrôle et de prévention, on peut s’attendre à la poursuite de l’utilisation du
Niger comme couloir de passage pour les migrants internationaux en transit vers
le Maghreb et l’Europe.

Migration au Niger : Profil National 2009 93


PARTIE E : Efficacité des politiques dans la
gestion du phénomène migratoire
La section ci-dessous se penche sur le traitement des questions de
migration au Niger, y compris en relation avec le développement. Les principaux
aspects abordés sont :

-- Les dispositifs stratégiques et institutionnels existants pour gérer les


mouvements migratoires transfrontaliers (entrées et sorties, établissement,
naturalisation, acquisition de la nationalité nigérienne, etc.).
-- Les accords bilatéraux, multilatéraux et internationaux signés à cet effet.
-- Les diverses institutions et organisations impliquées dans la gestion des
questions migratoires.

E.1 Aperçu du cadre stratégique et institutionnel régissant


la migration

Il n’existe pas encore au Niger une politique migratoire regroupée dans un


document unique. Cependant, les autorités nationales envisagent d’en élaborer
une. Plusieurs textes nationaux et régionaux, notamment dans le cadre de la
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union
économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté des
Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), régissent les mouvements migratoires entre
les pays signataires, ainsi que le séjour des ressortissants des espaces concernés.
Le Niger applique également certaines dispositions internationales protégeant
les droits des immigrants et des réfugiés.

E.1.1 Aperçu des développements récents de la politique


migratoire

Plusieurs initiatives sont en cours en matière de migrations, en lien avec


les efforts de développement. Au niveau des organisations internationales,
on peut citer le projet « Accross Sahara II » et le développement des profils
migratoires, qui s’inscrivent dans le cadre de l’appui que l’OIM apporte au
Gouvernement du Niger. Sur le plan national, relèvera la mise en place du
programme TOKTEN (Transfer Of Knowledge Through Expatriate Nationals,
Transfert des connaissances par l’intermédiaire des ressortissants expatriés) et
la préparation d’une politique migratoire.

Migration au Niger : Profil National 2009 95


Depuis le 13 juillet 2007, avec l’appui de l’OIM, un comité interministériel
a été mis en place pour élaborer, finaliser et vulgariser, au cours de l’année 2009,
une politique migratoire cohérente et adaptée aux réalités nationales, tout en
tenant compte de certaines dispositions régionales et internationales.

E.1.2 Aperçu de la législation nationale

Plusieurs textes régissent les mouvements de personnes (en l’occurrence,


l’immigration et l’émigration), ainsi que d’autres phénomènes connexes comme
le trafic de personnes, la contrebande et les transferts de fonds des émigrants
nigériens. La Constitution du 9 août 1999 définit également un certain nombre
de droits dont bénéficient les migrants internationaux résidant dans le pays.

Immigration internationale

La législation en matière d’immigration internationale concerne d’une


part les procédures d’admission (entrée) et de résidence (séjour) des immigrants
internationaux, et d’autre part les conditions d’obtention de la nationalité
nigérienne.

Les conditions d’entrée et de séjour des étrangers sont régies par le


Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation (MI/
S/D), plus précisément par la Direction de la surveillance du territoire (DST),
un organe de la Police nationale. L’admission et la résidence des étrangers sont
principalement réglées par l’ordonnance N° 81-40 du 29 octobre 1981 et son
décret d’application N°87-076/PCMS/MI/MAE/C (MI/D-Police nationale, 2006).
Toutefois, certaines dispositions sont dépassées, notamment celles relatives
aux documents de voyage et aux visas d’entrée, compte tenu des nouvelles
dispositions entrées en vigueur dans le cadre de la CEDEAO et de l’UEMOA ; des
révisions sont prévues.

Selon l’ordonnance susmentionnée, « est considéré comme étranger […]


tout individu qui n’a pas la nationalité nigérienne, soit qu’il est de nationalité
étrangère, soit qu’il n’a pas de nationalité (apatride) ». Les étrangers sont
classifiés en deux catégories, selon leur durée de séjour et leurs activités : les
« étrangers non-immigrants » et les « étrangers immigrants » (MI/D, Police
nationale, 2006).

Les étrangers non-immigrants sont répartis en trois groupes :

-- membres des missions diplomatiques et consulaires ;

96 Migration au Niger : Profil National 2009


-- officiers, fonctionnaires et autres agents étrangers en mission, ainsi que
leur famille, quelle que soit leur durée de séjour au Niger ;
-- voyageurs en transit.

Ces trois sous-groupes ne sont pas considérés comme des immigrants.


Mais dans certains cas, notamment les recensements de la population, ils sont
assimilés à la même catégorie.

Sont considérés comme étrangers immigrants tous les étrangers qui


n’entrent dans aucun des trois sous-groupes ci-dessus. Ceci inclut donc les
réfugiés et les demandeurs d’asile, même s’ils sont régis par d’autres textes
nationaux et internationaux.

Pour entrer au Niger, les étrangers doivent présenter à un poste frontière


un document de voyage avec un visa. Ils devraient également respecter d’autres
conditions (carnet de vaccination international, présentation d’un billet aller-
retour, possession d’un montant de subsistance supérieur à la valeur du billet
aller-retour, etc.), mais ces exigences sont considérées comme dépassées ou ne
sont pas respectées Cependant, aussi bien dans l’espace CEDEAO que dans celui
de l’UEMOA, le passeport et le visa ne sont plus nécessaires ; les cartes d’identité
nationales des pays membres ou tout autre document de voyage reconnu dans
le pays d’origine du voyageur suffisent, dans le but de faciliter la libre circulation
des personnes (CEDEAO A/P1/5/79, Dakar, 1979). Cette disposition, complétée
par d’autres,16 devrait permettre de rendre effectif le titre de « citoyen de la
CEDEAO » donné à tous les ressortissants d’un Etat membre. Par ailleurs, en vertu
d’un accord de réciprocité, quelques nationalités hors-CEDEAO sont également
exemptées du visa d’entrée.

Tout étranger de plus de 15 ans (en dehors des catégories exemptées


mentionnées ci-dessus) doit faire une demande de permis de séjour s’il désire
rester sur le territoire national après 3 mois de séjour (MI/D, ordonnance du 29
octobre 1981). Le permis de séjour (qui est payant) est valable pour une durée
de 2 ans, renouvelable dans les conditions fixées par les textes. Cependant, selon
les entretiens réalisés à la DST, nombreux sont les étrangers résidents qui ne se

16
Notamment les protocoles additionnels suivants : Protocole additionnel A/SP2/82 du 29 mai 1982 portant
code de conduite de citoyenneté de la communauté ; Protocole additionnel A/SP1/7/85 du 06 juillet 1985
portant code de conduite pour l’application du protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de
résidence et d’établissement ; Protocole additionnel A/SP1/7/86 du 1er juillet 1986 relatif à l’exécution de la
troisième étape (droit de résidence) du Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence
et d’établissement ; Protocole additionnel A/SP1/90 du 29 mai 1990 relatif à l’exécution de la troisième
étape (droit d’établissement du Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et
d’établissement).

Migration au Niger : Profil National 2009 97


conforment pas entièrement à ces dispositions, malgré les différentes amendes
et peines qu’ils encourent. Notamment chez les immigrants travaillant dans le
secteur informel, l’obligation de demander et de renouveler les permis de séjour
n’est pas toujours respectée.

En fait, la création de l’espace CEDEAO favorise de telles situations, alors


même que les dispositions de la Communauté demandent aux ressortissants
qui désirent résider dans l’un des Etats membres de se conformer aux lois
en vigueur, notamment la prise d’un titre de séjour dans le pays d’accueil
(protocoles additionnels de 1979 à 1990). Pour de multiples raisons (politiques,
humanitaires, culturelles, de chantage, d’extorsion illicite d’argent, etc.), on est
en présence d’une politique de laisser-aller des autorités à divers niveaux dans
la gestion de l’immigration irrégulière.

Signalons que les coûts des timbres fiscaux pour l’établissement du permis
de séjour sont les suivants :

-- premier établissement : 10 000 FCFA (environ 15 Euros) pour les


ressortissants de la CEDEAO et 50 000 FCFA (environ 76 Euros) pour les
autres nationalités ;
-- prorogation : 5 000 FCFA (environ 7,6 euros) pour les ressortissants de la
CEDEAO et 25 000 FCFA (environ 38 euros) pour les autres nationalités (DST,
2007).

Droits des migrants internationaux résidents

Comme pour les nationaux, la Constitution du 9 août 1999, en son article


8, garantit aux étrangers résidents un certain nombre de droits : « La République
du Niger est un Etat de droit […]. Les étrangers bénéficient sur le territoire de
la République des mêmes droits et libertés que les citoyens nigériens dans les
conditions déterminés par la loi ». Cependant, comme dans de nombreux pays,
les étrangers résidents n’ont pas le droit de voter aux élections nationales,
régionales et locales ou de se faire élire à des postes politiques, etc. En revanche,
« les non-nationaux bénéficient de tous les droits fondamentaux relatifs à
la personne humaine », notamment les droits relatifs à la vie, à la sécurité, à
l’égalité devant les tribunaux, les droits à liberté d’expression, de s’organiser, à
la propriété, de circuler librement sur le territoire national, etc. (MI/D, Police
nationale, 2006). D’autres droits et devoirs des étrangers sont précisés dans le
code de procédure pénale.

98 Migration au Niger : Profil National 2009


Législation relative aux réfugiés et demandeurs d’asile

A la différence des étrangers immigrants, les demandeurs d’asile sont


considérés comme des personnes vulnérables. Aussi, les demandeurs d’asile
reconnus comme réfugiés bénéficient d’un traitement particulier (MI/D, Police
nationale, 2006). C’est dans cet esprit que le Niger a ratifié la Convention de
1951 relative au statut de réfugiés et son Protocole additionnel de 1967 ; il a
aussi ratifié, le 21 septembre 1971, la Convention de l’OUA17 du 6 septembre
1969 régissant les aspects spécifiques aux problèmes des réfugiés en Afrique,
adoptée à Addis Abéba (Ethiopie) (MI/D-CNE, Guide des réfugiés 2006 ;
Mounkaila, 2007). En outre, le Niger adhère à la Déclaration universelle des
droits de l’homme de 1948.

S’inspirant des textes régionaux et internationaux ratifiés par le Niger, la


Loi n° 97-016 du 20 juin 1997 portant statut des réfugiés (suivie de son décret
d’application n°98-382/PRN/MI/AT du 24 décembre 1998) définit le réfugié
comme une personne qui vient demander une protection parce qu’elle a été
obligée de quitter son pays pour un certain nombre de raisons (agression,
occupation extérieure, domination étrangère, conflits internes graves, etc.).
C’est la Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié (CNE) qui est
principalement chargée de gérer les questions relatives aux réfugiés, selon des
procédures établies (MI/D-CNE, 2006). Ainsi, il revient à la CNE d’attribuer ou
non le statut de réfugié aux demandeurs d’asile.

Comme les nationaux, les réfugiés reconnus officiellement comme tels par
la CNE bénéficient (avec leurs dépendants qui les accompagnent) d’un certain
nombre de droits spécifiés par la loi n° 97-016 du 20 juin 1997, notamment :
l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, logement, etc.), la sécurité
de leur personne et de leurs biens, la liberté de circuler sur le territoire national,
etc. Pour faciliter leur insertion au Niger, les réfugiés bénéficient d’une assistance
humanitaire d’une durée n’excédant pas 6 mois (qui n’est pas considérée comme
un droit). Cette assistance humanitaire peut concerner la santé, l’éduction des
enfants, etc. Cependant, en lien avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), le
réfugié peut demander son rapatriement volontaire dans son pays d’origine ou
de nationalité ou vers un pays de son choix (MI/D-CNE, 2006).

Conditions d’obtention de la nationalité nigérienne

Les conditions d’acquisition de la nationalité nigérienne sont fixées par


l’Ordonnance n° 84-33 du 23 août 1984 portant code de la nationalité nigérienne,

17
Organisation de l’Unité africaine, renommée dans les années 2000 en « Union africaine ».

Migration au Niger : Profil National 2009 99


modifiée par l’Ordonnance n° 88-13 du 18 février 1988 et l’Ordonnance n° 99-17
du 4 juin 1999.18 Selon les dispositions en vigueur, la nationalité nigérienne peut
s’acquérir par :

-- La naissance au Niger de parents (père ou mère) nés de Nigériens ou de


parents étrangers. Cependant, cette disposition ne s’applique pas aux
enfants nés au Niger des agents diplomatiques ou consulaires de nationalité
étrangère.
-- La filiation à l’égard d’un parent nigérien.
-- La filiation par adoption à l’égard d’un parent nigérien.
-- La filiation à l’égard d’un parent devenu Nigérien par naturalisation.
-- Le mariage, pour une femme qui épouse un Nigérien (mais le contraire n’a
pas été prévu pour l’instant). Toutefois, la femme peut perdre la nationalité
nigérienne après un divorce si elle ne réside plus au Niger ou si elle épouse
un étranger, même résidant dans le pays.
-- La naturalisation, après au moins dix ans de résidence habituelle au Niger
(au moment de la demande de nationalité). Ce délai n’est pas exigé des
étrangers qui ont rendu au Niger des services exceptionnels. Concernant les
mineurs, ils ne peuvent demander la naturalisation qu’à partir de l’âge de 16
ans, sur autorisation parentale.

La nationalité nigérienne peut être perdue lorsque « le Nigérien acquiert


volontairement une nationalité étrangère » (article 34, titre IV) ; cette disposition
n’est toutefois pas appliquée à la lettre. Par ailleurs, l’étranger naturalisé ne
pourra prétendre à un emploi dans la fonction publique nigérienne ou être
titulaire d’un office ministériel avant un délai de 5 ans après sa naturalisation ;
avant un délai de dix ans, « il ne pourra être investi de fonctions ou mandats
électifs » (article 28, chapitre 3, titre III).

Conditions d’émigration internationale des Nigériens

Il n’existe pas de conditions particulières en matière d’émigration


internationale des Nigériens, mis à part les dispositions relatives à la possession et
à la présentation de documents de voyage (passeport, carte d’identité nationale,
carnet de vaccination, etc.) aux postes frontières et l’obligation de se conformer
aux conditions d’entrée définies par les pays d’accueil et de transit (visas et
autres exigences). On peut rappeler ici que les Nigériens n’ont pas besoin de
visa lorsqu’ils se déplacent dans l’espace de la CEDEAO ou de l’UEMOA et dans
certains autres pays avec lesquels existent des accords d’exemption réciproque.

18
Journal officiel n° 14 du 15 juillet 1999.

100 Migration au Niger : Profil National 2009


En revanche, en dehors des voyages officiels, les déplacements
notamment vers l’Europe et l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) sont très
contrôlés par les autorités des pays concernés ; nombreux sont les Nigériens
qui se voient refuser le visa dans les ambassades et consulats des pays du Nord,
parce que certaines conditions sont considérées comme non réunies (étudiants,
fonctionnaires, visiteurs, etc.).

On mentionnera encore qu’au Niger, il n’y a pas de dispositions officielles


tendant à encourager les migrations internationales. Au contraire, notamment
à l’égard du milieu rural, toutes les politiques visant à améliorer les conditions
de vie des populations cherchent également, directement ou indirectement,
à réduire les flux d’émigration. Ces flux, internationaux et même internes,
sont considérés comme un problème socioéconomique qu’il faut endiguer
afin, d’une part, d’éviter une urbanisation anarchique (création de quartiers
périphériques insalubres, de logements précaires, etc.) et, d’autre part, d’éviter
le dépeuplement des villages et l’abandon massif des travaux agricoles, qui
pourrait hypothéquer la sécurité alimentaire du pays.

Législation en matière de trafic/traite de personnes

Selon le Protocole de Palerme du 15 novembre 2000, la traite des


personnes se définit comme « le recrutement, le transport, le transfert,
l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours
à la force ou d’autres formes de contraintes, par enlèvement, fraude, tromperie,
abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation
de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne
ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation » (ANDDH-UNICEF, 2005).

La traite des personnes prend des formes tant anciennes (esclavage) que
nouvelles (travail et exploitation des enfants, pratiques avilissantes, etc.) qui
entraînent des déplacements humains au niveau interne et international. Au
Niger, le trafic ou la traite de personnes fait l’objet de controverses plus ou moins
affichées, en raison notamment de l’absence de textes législatifs et juridiques
spécifiques définissant et réprimant la traite de personnes, le travail des enfants
et l’esclavagisme traditionnel (Grand Bassam, 2006 ; Yenikoye, 2007 ; CNDHLF,
2008). Il n’existe malheureusement pas de loi relative à la traite de personnes
au Niger. Un projet de loi existe dans ce sens, mais il n’a pas encore fait l’objet
de discussion au niveau de l’Assemblée nationale, en raison des controverses
existantes autour de la définition de la traite de personnes, qui inclut également
d’autres formes d’asservissement, voire d’esclavage. Cependant, plusieurs
acteurs, notamment des organisations de la société civile, tentent d’amener les
autorités politiques à combler ce vide juridique (ANNDH-UNICEF, 2005).

Migration au Niger : Profil National 2009 101


Malgré tout, la traite de personnes, et plus particulièrement celle des
enfants, est un acte sévèrement puni au Niger, notamment en cas de flagrant
délit ou de faits avérés (comme l’enlèvement d’enfants). Il s’agit d’un problème
planétaire touchant tous les Etats du monde, à des degrés différents ; au Niger, il
est réglé par des dispositions du droit pénal et par l’adhésion du Niger à plusieurs
dispositions et recommandations internationales et régionales en la matière.

E.1.3 Description des principaux acteurs institutionnels


impliqués dans la gestion de la migration

Dans l’optique d’une gestion durable des migrations sur les plans
institutionnel et socioéconomique, plusieurs structures étatiques interviennent,
ainsi que des organismes bilatéraux, multilatéraux, non gouvernementaux et
humanitaires.

Le dispositif étatique en matière de gestion des migrations

L’Etat intervient directement dans la gestion des migrations internes et


internationales, à travers ses ministères. Les plus impliqués sont :

-- Le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation


(MI/SP/D).
-- Le Ministère des Affaires étrangères et de la coopération.
-- Le Ministère de l’Intégration africaine et des Nigériens de l’extérieur.
-- Le Ministère des Transports et de l’Aviation civile.
-- Le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat.
-- Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant.
-- Le Ministère du Commerce et des Industries.
-- Le Ministère de la Justice.

A signaler que les fonctions des ministères présentés en matière de


migration ne concernent essentiellement que la gestion des migrations et non
tous les domaines que couvrent ces ministères.

Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation (MI/


SP/D)

Dans le domaine de la gestion des migrations internes et internationales,


ce ministère est le chef de file naturel de tous les autres ministères et organismes
impliqués. Il est chargé d’une manière générale « de la mise en œuvre et du
suivi de la politique nationale en matière d’administration territoriale, de

102 Migration au Niger : Profil National 2009


sécurité publique et de la décentralisation » (Journal officiel du 1er décembre
2007). Dans le domaine spécifique aux migrations, il s’occupe de la gestion des
frontières nationales, de l’élaboration et de l’application de la réglementation
en matière de mouvements de personnes (entrées, sorties, migrants internes et
internationaux, réfugiés, traite des personnes, etc.). Au sein de ce ministère, deux
organes jouent un rôle essentiel dans la gestion des migrations internationales :
la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour les entrées et les sorties et
la Direction de l’état civil et des réfugiés pour les demandeurs d’asile. Ces deux
organes collectent et gèrent les données relatives aux migrations internationales.
On peut encore signaler que ce ministère est le partenaire national principal de
l’OIM, qui lui apporte des appuis importants.

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération (MAE/C)

Le MAE/C s’occupe principalement des accords de coopération bilatérale,


multilatérale et internationale en matière de circulation des personnes et
des biens (Journal officiel du 1er octobre 2007) et de l’enregistrement et de la
délivrance des actes d’état civil aux personnes nées de parents Nigériens vivant à
l’extérieur, à travers notamment les représentations diplomatiques hors du pays.
Les données collectées par ce ministère sont assez insignifiantes en matière de
migration.

Ministère de l’Intégration africaine et des Nigériens de l’Extérieur

Il s’agit d’un très jeune ministère créé en juin 2007 seulement ; il est en
train d’affiner ses orientations, ses stratégies et ses actions, conformément à
son mandat principal qui est orienté (en relation avec le MAE/C et les autres
ministères) vers « l’intéressement et l’insertion des Nigériens de l’Extérieur dans
la vie socio-économique de la Nation » (Décret n° 2007-375/PRN/MIA/NE du 6
septembre 2007). A ce titre, ce ministère doit faire la promotion de l’intégration
africaine (élaboration de documents de politique nationale, réalisation d’études
prospectives, de travaux de réflexion, etc.). D’autre part, il doit amener les
Nigériens de l’extérieur à participer activement au développement du pays, à
travers la sensibilisation et la mobilisation d’investissements divers (économiques,
bancaires, socioculturels, etc.) impliquant la diaspora Nigérienne. Le Ministère
de l’Intégration africaine et des Nigériens de l’Extérieur est donc essentiellement
orienté vers la problématique « migrations et développement » et est intéressé
à mieux connaître la diaspora nigérienne du point de vue quantitatif et qualitatif
(profil des émigrants internationaux et de leurs descendants).

Migration au Niger : Profil National 2009 103


Ministère des Transports et de l’Aviation civile

Ce ministère est notamment impliqué dans la mobilité humaine, à travers


la gestion des transports terrestres motorisés et aériens au niveau interne et
international. A ce titre, ce ministère possède des statistiques de flux migratoires
internationaux à travers les aérogares et les aéroports.

Ministère du Tourisme et de l’Artisanat

En matière de migration, ce ministère s’occupe particulièrement des


visiteurs internationaux, définis comme les personnes qui entrent dans un pays
dont elles ne sont pas résidentes pour une durée inférieure à 12 mois et pour
des motifs non professionnels. Cette définition, qui est conforme à celle de
l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), inclut également des migrants au
sens des critères de l’OIM. A signaler que le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat
ne collecte pas directement des données quantitatives relatives aux migrations,
mais traite celles que lui envoie la DST (police nationale). On peut également
noter que ce ministère s’intéresse essentiellement à utiliser le tourisme comme
un facteur de développement, à travers, entre autres, l’hôtellerie, l’artisanat et
les sites socioculturels.

Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant

Ce ministère s’occupe spécifiquement des questions relatives à la traite de


personnes, notamment des femmes et des enfants. Pour ce faire, il dispose de
deux directions nationales (Promotion de la femme et Protection de l’enfant) qui
gèrent principalement ces questions.

Ministère du Commerce et des Industries

Cette institution s’occupe, entre autres, de la réglementation des activités


commerciales (échanges marchands transfrontaliers et internationaux, création
d’entreprises, etc.) des immigrants internationaux dans le cadre des accords de
coopération sur le plan bilatéral, multilatéral et international, ou encore des
investissements de privés étrangers.

Ministère de la Justice

Le Ministère de la Justice joue un rôle clé en matière de gestion des


migrations régulières et irrégulières, à travers la mise en place du dispositif
juridique relatif aux droits humains (y compris la traite des personnes et
l’acquisition de la nationalité nigérienne), mais aussi aux devoirs des étrangers
vivant au Niger.

104 Migration au Niger : Profil National 2009


En dehors de ces principaux ministères, presque tous les autres sont
également indirectement concernés par le phénomène migratoire. Pour
la gestion proprement dite des migrations, on peut notamment citer les
départements ministériels ci-dessous :

-- Le Ministère du Développement rural pour les aspects relatifs à la promotion


d’une agriculture rentable et diversifiée, la protection de l’environnement,
etc. en vue d’éviter les départs massifs des ruraux vers d’autres régions
du pays ou vers l’extérieur. La Stratégie de développement rural (SDR)
prévoit également de mettre à contribution les émigrants (internes et
internationaux) pour le financement du développement local.
-- Le Ministère de l’Economie et des Finances, pour les aspects
macroéconomiques (croissance économique, création d’entreprises,
d’emplois, etc.) qui influent directement ou indirectement sur les flux et les
stocks de migrants.
-- Le Ministère de la Fonction publique et de l’Emploi, l’Etat étant le
principal employeur au Niger. Cependant, le rythme de recrutement
de jeunes diplômés par l’Etat s’est ralenti depuis les années 1990 et la
contractualisation est progressivement en train de s’institutionnaliser dans
la fonction publique, au détriment de la titularisation. Le Ministère gère
également les offres et les demandes d’emplois des secteurs publics et
privé et des ONG.
-- Le Ministère de la Promotion des jeunes Entrepreneurs et de la Réforme
des Entreprises publiques est un ministère assez récent dont la contribution
reste assez limitée en matière de migration. Ce ministère doit promouvoir
la création d’entreprises et de nouveaux emplois pour faire face à une
demande sans cesse croissante du fait de l’augmentation rapide de la
population nigérienne.
-- Le Ministère de la Population et des Réformes sociales cherche à maîtriser
la croissance démographique rapide du pays. Cette croissance exerce une
pression considérable sur les ressources économiques et naturelles du pays
et constitue un facteur qui contribue à favoriser les migrations internes et
internationales.
-- Le Ministère de l’Aménagement du Territoire et du Développement
communautaire a pour charge de promouvoir le développement
communautaire en créant les conditions pour réduire les disparités intra- et
interrégionales par une répartition harmonieuse des infrastructures et des
activités socioéconomiques sur le territoire national.
-- Le Ministère de la Jeunesse et des Sports : les jeunes sont les principaux
candidats potentiels en matière de migration. Toute politique de
développement qui tend à ignorer les jeunes ne peut que favoriser
directement ou indirectement leur émigration vers d’autres pays.

Migration au Niger : Profil National 2009 105


-- Le Ministère de la Formation professionnelle et technique. La formation
professionnelle des jeunes est devenue un problème crucial permanent
compte tenu du niveau de développement du pays, de la croissance
démographique rapide, des crises économiques et alimentaires récurrentes.

Le Ministère de la Santé publique s’intéresse essentiellement à la


circulation des virus et des maladies à travers les déplacements des personnes
et des biens, notamment certains produits de consommation de base (légumes,
produits d’origine animale, laitiers, etc.). En effet, la migration constitue un des
principaux canaux de transport rapide et de diffusion de virus et de maladies
d’un pays à un autre, voire d’un continent à un autre.

E.2 Analyse de la coordination politique en matière


migratoire

E.2.1 Existence d’un cadre de concertation


interministériel

Grâce à la création d’un comité interministériel dirigé par le Ministère


de l’Intérieur, les principaux ministères impliqués dans les questions de
gestion des migrations ont trouvé un cadre d’échanges et de travail. Ce comité
est placé sous la responsabilité du Ministère de la Sécurité publique et de la
Décentralisation (MI/S/D), qui est la principale institution étatique chargée des
questions migratoires sur le plan juridique et sécuritaire. Ce comité est appuyé
financièrement et techniquement par le Bureau de l’OIM à Niamey, la capitale
du pays. Au cours de l’année 2008, le comité a élaboré un budget et un calendrier
de travail.

Le présent Profil migratoire du Niger doit servir de document de travail aux


membres du comité interministériel chargé d’élaborer la politique migratoire.
On déplore cependant l’absence dans ce comité des organisations de la société
civile intervenant sur les droits humains, en relation notamment avec les
questions migratoires comme le trafic de personnes et la migration irrégulière
ou clandestine de mineurs vers la Libye et l’Algérie.

E.2.2 Intégration de la migration dans les plans de


développement

La prise en compte des migrations dans les politiques et programmes


de développement reste encore assez timide au Niger. Dans la Stratégie de

106 Migration au Niger : Profil National 2009


réduction de la pauvreté 2008-2012, les questions de migrations ne sont traitées
que de manière transversale à travers des domaines comme l’agriculture,
l’urbanisation, l’emploi, la santé, les droits humains, l’aménagement du territoire,
l’environnement, etc. La prise en compte des migrations se situe à deux niveaux :
d’une part dans l’analyse de la situation globale relative à la pauvreté et au
développement, et d’autre part au niveau des actions et mesures préconisées
pour atténuer la pauvreté et favoriser le développement socioéconomique.

Les migrations dans l’analyse de la situation générale

La Stratégie de développement accéléré pour la réduction de la pauvreté


(SDRP) reconnaît que les migrations internes et externes sont provoquées
principalement par la pauvreté, les crises alimentaires, la dégradation des terres
et l’augmentation rapide de la population ; cette dernière accroît la pression sur
le terrain et le nombre de « bouches à nourrir ». Ainsi, selon une enquête relative
au bien-être des populations (QUIBB, INS, 2005), 15 % des ménages considèrent
la migration économique comme un facteur qui a contribué à améliorer leurs
conditions de vie au cours des 5 dernières années (document de la SDRP).

Cependant, les départs vers les villes et vers l’étranger sont également
perçus comme un risque potentiel, voire comme un facteur de réduction de la
production agricole (principale activité économique de la population) en raison
du départ de bras valides. D’autre part, la migration interne peut être un facteur
d’urbanisation anarchique et de problèmes socio-économiques dans les villes
(vols, banditisme, sous-emploi, chômage, etc.). C’est pourquoi, l’émigration
est considérée dans le document de la SDRP comme un « fléau » qu’il faudrait
arrêter.

Autres formes de migrations prises en compte dans l’analyse de la pauvreté

Il s’agit notamment du travail et du trafic des enfants, considérés comme


des conséquences de la pauvreté. La SDRP prévoit des stratégies et actions à
entreprendre pour atténuer ces phénomènes et assurer une meilleure protection
des enfants victimes de violences (trafic, travail, etc.).

Actions et mesures à prendre

Dans le domaine des migrations en général, le Cadre stratégique de


développement pour la réduction de la pauvreté (période 2008-2012) préconise
de lutter contre l’émigration (surtout l’exode rural) à travers les actions directes
suivantes : la promotion des travaux rémunérés à haute intensité de main d’œuvre ;
la mise en valeur de nouvelles terres de cultures irriguées et aménagées ; l’octroi

Migration au Niger : Profil National 2009 107


de microcrédits ; la promotion d’activités rurales génératrices de revenus ; la
protection de l’environnement ; la création d’une agence nationale des travaux
communautaires ; etc. Au niveau urbain, il est préconisé d’assurer l’insertion
socioprofessionnelle des jeunes à travers notamment la création d’emplois.

Au niveau du trafic des enfants, la SDRP vise les objectifs suivants :

-- Appuyer la mise en œuvre des conventions internationales et des


recommandations des sommets mondiaux relatives aux droits des enfants
et des femmes.
-- Renforcer le cadre légal, juridique, institutionnel et social permettant
l’application de la CDE, de la CEDEF et de la CIPD.
-- Prévenir et corriger les abus, violences et discriminations à l’égard des
enfants et des femmes (violence familiale, répudiation, mariage précoce,
mutilation génitale féminine, enfants en conflit avec la loi, travail des
enfants, trafic des enfants, esclavage, prostitution, etc.).
-- Sensibiliser les familles et renforcer les capacités des associations et des
organisations non gouvernementales en tant que défenseurs et promoteurs
des droits des enfants et des femmes.
-- Entreprendre un plaidoyer pour la mobilisation de ressources en faveur des
enfants et des femmes.
-- Promouvoir la participation des femmes et des jeunes dans les processus
de prise de décisions et de gestion.

Pour parvenir à ces objectifs les interventions prioritaires viseront à :

-- Assurer la prise en charge des enfants de la rue, des enfants en conflit avec
la loi, des enfants victimes de trafic, des enfants victimes de l’exploitation
sexuelle et économique (mettre fin au travail des enfants mineurs), des
enfants victimes de maltraitance familiale.
-- Assurer la révision de la politique nationale de protection de l’enfant de
1999.
-- Adopter et mettre en œuvre le code de l’enfant, la politique nationale de
lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants, la politique nationale de
prise en charge des orphelins et autres enfants vulnérables, la politique
de développement du jeune enfant et le plan national pour la survie, la
protection et le développement de l’enfant.
-- Adopter des stratégies alternatives à l’incarcération des mineurs dans les
maisons d’arrêt.
-- Promouvoir la réinsertion socio-économique des enfants victimes de
vulnérabilité.

108 Migration au Niger : Profil National 2009


-- Réduire les violences faites aux enfants, en particulier les petites filles
(mariage précoce, mutilation génitale féminine, etc.).

Traitement des questions migratoires au niveau sectoriel : le cas de la SDR

Le document multisectoriel de Stratégie de développement rural (SDR),


adopté en 2003, sur lequel la SDRP s’appuie pour le développement rural, était
plus explicite et engagé dans la prise en compte de l’émigration comme un
facteur possible pour contribuer à atténuer la pauvreté des populations rurales.
Plus précisément, la SDR considère la migration interne et internationale comme
une activité qui mérite d’être mieux structurée à travers une « valorisation de la
stratégie d’exode », considérée comme génératrice de revenus importants. Etant
donné que les revenus tirés des migrations contribuent à atténuer la pauvreté
rurale, la SDR préconise également de sécuriser les revenus qui en résultent et
de les orienter vers des investissements pour le développement, notamment
communal. Plus spécifiquement : « Informer et sensibiliser les exodants [i.e.
migrants] des possibilités d’investissements en milieu rural ; Sécuriser les flux
financiers des exodants à travers la mise en place de conventions avec des
établissements financiers (institutions de micro-finance, banques) ; Mettre
en relation les exodants avec les acteurs locaux du développement (ONG,
associations, collectivités territoriales…) » (Plan d’action de la SDR, 2006). Il s’agit
manifestement d’une vision nouvelle pour les pouvoirs publics, considérant que
les migrations présentent également des aspects positifs.

E.2.3 Implication de la diaspora dans le développement

Au cours des années 2000 notamment, les instances politiques et


planificatrices ont mieux perçu que la diaspora nigérienne constituait une
source potentielle de financement et de savoir-faire pouvant contribuer au
développement du pays. Cette prise de conscience (qui reste limitée) s’est
manifestée d’une part par une meilleure prise en compte des migrations dans
certains documents de développement comme la Stratégie de développement
rural (voir point E.2.2) et d’autre part à travers les réflexions et le projet
d’élaboration d’un programme TOKTEN. En effet, à l’instar d’autres pays africains
comme le Mali, le Burundi, le Sénégal, etc., le Niger cherche à utiliser pour son
développement les compétences de sa diaspora.

C’est à cette fin qu’a été adoptée l’initiative TOKTEN (Transfer Of Knowledge
Through Expatriate National), en français « Transfert des connaissances par
l’intermédiaire des nationaux expatriés ». Le TOKTEN est un programme initié
par le PNUD depuis une trentaine d’années dans les pays en développement

Migration au Niger : Profil National 2009 109


(Ammassari, 2004). Le Niger ne s’est réellement intéressé à ce type de programme
que dans les années 2000, et les initiatives sont encore à l’état de projet en
négociation. Elles sont menées par le Ministère de l’Intégration africaine et
des Nigériens de l’Extérieur en collaboration avec la représentation locale du
PNUD. Ce ministère a organisé début 2009 un atelier de restitution de l’étude
de faisabilité d’un programme TOKTEN au Niger (MIA/NE-PNUD, 2009). L’étude
réalisée auprès de plusieurs ministères et des facultés et IUT de l’Université
Abdou Moumouni de Niamey a permis d’identifier les besoins d’appui du Niger
dans divers domaines : enseignement, santé, hydraulique, justice, population,
transport, urbanisme, décentralisation, etc. Plusieurs propositions ont été faites
pour la gestion du programme.

E.3 Coopération régionale et internationale

Le Niger a signé ou ratifié plusieurs traités et accords internationaux,


régionaux et bilatéraux relatifs à la migration.

E.3.1 Coopération internationale

Le Niger a adhéré aux accords internationaux suivants :

-- La Convention internationale pour l’abolition de l’esclavage, signée à


Genève le 23 septembre 1926, et le Protocole amendant la Convention du
7 décembre 1953.
-- La Convention n° 29 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le
travail forcé de 1930.
-- La Convention n° 105 du 17 janvier 1959 sur l’abolition du travail forcé.
-- La Convention de 1951 relative au statut de réfugiés et le Protocole de 1967.
-- La Convention de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) du 6 septembre
1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique.
-- La Convention relative aux Droits de l’enfant de 1989 (avec quelques
réserves émises qui concernant certaines dispositions de l’Islam).
-- La Convention n° 182 de l’OIT relative aux pires formes de travail des enfants
(de 1999).
-- La Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale, signée
à Palerme les 12-15 décembre 2000. Cependant, le Protocole additionnel
sur la lutte contre la traite des personnes, en particulier des femmes et des
enfants, n’est pas encore ratifié (Niger-CE, Annexe 4 du DSP du 10ème FED,
2007-2013).
-- La Convention internationale de 1990 sur la protection des droits de tous
les travailleurs migrants et les membres de leurs familles, adoptée par

110 Migration au Niger : Profil National 2009


l’Assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 1990 (ratifiée par
le Niger le 27 janvier 2009).
-- La Déclaration sur les droits des personnes qui ne possèdent pas la
nationalité du pays dans lequel elles vivent, adoptée par l’Assemblée
générale des Nations Unies le 13 décembre 1985 (ratifiée par le Niger en
janvier 2009).

Le Niger a également signé et ratifié des traités et conventions relatifs aux


droits de l’homme en général :

-- La Déclaration universelle des droits de l’homme (f 948), référencée


dans le préambule de la Constitution du 9 août 1999.
-- Le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques (1966), ratifié
en 1986.
-- Le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux
droits civils et politiques (1966), ratifié en 1986.
-- Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels (1966), ratifié en 1986.
-- La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination raciale (1965), ratifiée en 1967.
-- La Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime
d’apartheid, ratifiée en 1978.
-- La Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le
domaine de l’enseignement (1960), ratifiée en 1968.
-- La Convention internationale contre l’apartheid dans les sports (1985),
ratifiée en 1986.
-- La Convention sur la réduction des cas d’apatridie (1975), ratifiée en
1985.
-- La Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à
l’égard des femmes (1979), ratifiée en 1999 (avec des réserves).
-- La Convention sur les droits politiques de la femme (1952), ratifiée en
1964.
-- La Convention sur le consentement au mariage, l’âge minimum du
mariage et l’enregistrement des mariages (1962), ratifiée en 1964.
-- La Convention relative à la répression de la traite des femmes majeures
(1934), ratifié en 1961.
-- La Convention internationale relative à la répression de la traite des
blanches conclue à Paris le 4 mai 1910 (1926), ratifiée en 1961.
-- La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants (1984), ratifiée en 1998.
-- La Convention relative au statut des réfugiés (1954), ratifiée en 1961.

Migration au Niger : Profil National 2009 111


-- La Convention relative à l’esclavage (1927), ratifiée en 1961.
-- Le Protocole amendant la Convention relative à l’esclavage (1953),
ratifié en 1963.
-- La Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la
traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage
(1957), ratifiée en 1963.
-- La Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de
l’exploitation de la prostitution d’autrui (1951), ratifiée en 1977.
-- La Convention concernant le travail forcé (1932).
-- La Convention sur l’abolition du travail forcé (1959).
-- La Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de
guerre (1950), 1964.
-- La Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles
en temps de guerre (1950), ratifiée en 1964.
-- La Convention de Genève pour l’amélioration du sort des blessés et des
malades dans les forces armées en campagne (1950), ratifiée en 1964.
Source : Niger-CE, 2007-2013, Annexe 6 du DSP.

E.3.2 Coopération régionale

Sur le plan régional, outre le cadre de l’UEMOA qui favorise la circulation


des ressortissants des Etats membres, de leurs biens et de leurs capitaux, on
note également la création de l’espace CEDEAO en vue de faciliter une plus
grande intégration régionale. A cet égard, plusieurs protocoles ont été adoptés
pour permettre la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux
ainsi que pour améliorer juridiquement les conditions de séjour et de travail des
ressortissants des pays membres de la CEDEAO. Notamment :

-- Le Protocole A/P1/5/79 du 29 mai 1979 sur la libre circulation des personnes,


le droit de résidence et d’établissement.
-- Le Protocole additionnel A/SP2/82 du 29 mai 1982 portant code de conduite
de citoyenneté de la Communauté.
-- Le Protocole additionnel A/SP1/7/85 du 06 juillet 1985 portant code
de conduite pour l’application du Protocole sur la libre circulation des
personnes, le droit de résidence et d’établissement.
-- Le Protocole additionnel A/SP1/ 7/86 du 1er juillet 1986 relatif à l’exécution
de la troisième étape (droit de résidence) du Protocole sur la libre circulation
des personnes, le droit de résidence et d’établissement.
-- Le Protocole additionnel A/SP1/90 du 29 mai 1990 relatif à l’exécution de la
troisième étape (droit d’établissement du Protocole sur la libre circulation
des personnes, le droit de résidence et d’établissement).

112 Migration au Niger : Profil National 2009


E.3.3 Accords bilatéraux

Au niveau bilatéral, le Niger coopère avec tous ses pays voisins (l’Algérie,
le Bénin, le Burkina Faso, la Libye, le Mali, le Nigeria et le Tchad) sur les plans
économique, politique, culturel, etc., mais également en matière de sécurité des
frontières, une question qui touche aux mouvements de personnes et de biens.
Sont couverts en particulier la circulation des personnes et des biens et la lutte
contre le crime organisé, contre la drogue et les stupéfiants, le terrorisme, etc.
Dans le cadre de la CEDEAO et de la CEN-SAD, des dispositions existent également
dans ce sens. Il faut encore souligner que plusieurs projets d’accords en matière
de sécurité sont en cours, par exemple avec le Soudan et la Mauritanie.

E.4 Evaluation globale de la politique migratoire

Depuis l’indépendance du Niger en 1960, les autorités politiques


successives se sont toujours préoccupées des migrations aussi bien internes
qu’internationales, même s’il n’y a jamais eu de politique migratoire
formelle. Cependant, dans plusieurs documents d’orientation politique et
socioéconomique, de nombreuses dispositions ont été préconisées et mises en
œuvre pour mieux gérer les flux migratoires. Cela a eu lieu à travers des textes,
mais surtout des stratégies et actions concrètes pour améliorer les conditions
d’existence précaires des populations rurales, qui ont une plus forte tendance à
migrer. Sur le plan politique, on peut citer les documents suivants :

-- Les Déclarations de politique générale du Gouvernement, qui contiennent


la vision et les grandes orientations du gouvernement en matière de
développement.
-- Le Programme spécial du Président de la République, qui vise depuis l’an
2000 à améliorer les conditions de vie des ruraux à travers des actions
en matière de restauration de terres dégradées, de construction de mini-
barrages pour l’irrigation, de classes d’école et de cases de santé, d’octroi de
crédits aux femmes pour la promotion d’activités génératrices de revenus,
etc.
-- La Loi 032 du 31/12/2001 portant orientation de la politique d’aménagement
du territoire, qui comporte des objectifs dans les domaines de l’exode rural
et de la lutte contre la pauvreté.
-- La Stratégie de développement rural (SDR) (adopté en 2003), qui
préconise, entre autres, d’impliquer les migrants internes et externes
dans le développement local (cette politique intègre également celle de
l’aménagement du territoire) ; de valoriser la stratégie d’exode rural afin de

Migration au Niger : Profil National 2009 113


sécuriser les revenus tirés de cette « activité » ; de sensibiliser les migrants
sur les possibilités d’investissements en milieu rural, etc.

Sur le plan socioéconomique, ont peut noter :

-- Les différents plans de développement socioéconomique et culturel.


-- La Déclaration de politique nationale de la population de 1992 qui
préconisait (sans y parvenir) la maîtrise des flux migratoires et de la
croissance démographique rapide du pays.
-- Le Cadre stratégique de réduction de la pauvreté qui, sur la base des
différents programmes sectoriels, vise des actions directes et indirectes
dans le but d’une meilleure maîtrise des flux migratoires (éviter des départs
massifs des villages et des arrivés massives dans les villes). Plus précisément,
au niveau de l’axe prioritaire n°1 (la recherche d’une croissance forte,
diversifiée, durable et créatrice d’emplois), il est préconisé, en milieu rural,
la création d’emplois, d’activités génératrices de revenus, la restauration
des terres dégradées, la diversification des cultures agricoles, la promotion
des cultures de rente, le développement de l’irrigation agricole, etc. (SP/
SRP, 2007; Comité SDR, 2003).
-- Les programmes sectoriels de développement, notamment la stratégie de
développement rural, en matière de microfinance, d’emplois, etc.

114 Migration au Niger : Profil National 2009


PARTIE F : Evaluation des conséquences de la
migration et de la politique migratoire sur le
développement
L’impact des migrations sur le développement doit être évalué séparément
pour l’émigration et pour l’immigration. Néanmoins, pour l’une comme pour
l’autre, il n’existe pas d’études approfondies montrant leur impact sur le processus
de développement au Niger. Cependant, on peut essayer de mesurer les effets
des phénomènes migratoires sur le développement, principalement pour ce qui
est de l’émigration, de manière intuitive ou en formulant des hypothèses sur la
base de certaines connaissances et informations.

F.1 Impacts de la migration sur le développement socio-


économique du pays

La présente section s’intéresse surtout à l’émigration du Niger et à son


impact sur le développement du pays. Il ressort des sections précédentes
que les transferts de fonds des émigrants nigériens sont assez modestes
comparativement à certains pays comme le Mali, le Sénégal ou le Togo. Mais
ces montants officiels sont sans aucun doute très en deçà de la réalité, du fait
de l’importance des transferts informels. On peut donc dire que les transferts
d’argent injectent de ressources financières réelles dans l’économie. Quel peut
être alors l’impact de ces transferts sur le développement du pays ?

Les mouvements de populations observés au Niger se font au plan interne


entre les villes et les campagnes (exode rural), au niveau intra-régional entre
pays africains, mais aussi au niveau international en direction des pays du Nord.

Aux plans interne et régional, les migrations concernent le plus souvent les
populations rurales qui se déplacent chaque année vers les villes de l’intérieur
du Niger ou vers les villes côtières comme Abidjan, Cotonou, Lomé, Lagos et
certaines villes du Ghana (comme Accra et Koumassi) ou du Burkina Faso.
L’attraction pour la ville résulte du fait qu’elle semble donner plus d’opportunités
d’emplois lucratifs et de meilleure rémunération du travail que le milieu rural.
En somme, la migration rurale-urbaine constitue pour beaucoup de ruraux une
stratégie de survie face à l’insécurité alimentaire (SP/SRP, 2007). Cependant,
les effets de la dépopulation relative et temporaire des villages au bénéfice des
villes ne sont pas bien étudiés. Ainsi, cette migration produit des effets tant
positifs (transferts de fonds) que négatifs (stagnation du milieu rural pendant
les périodes mortes où la production agricole pluviale n’est plus possible). En

Migration au Niger : Profil National 2009 115


termes de développement local, on peut dire que l’effet positif des migrations
vers les villes se fait sentir surtout au niveau des familles, voire des ménages
(niveau micro), et non au niveau des villages (niveau macro).

Selon les résultats de l’enquête QUIBB (Questionnaire unifié des indicateurs


de base du bien-être), « près de 66 % des ménages estiment que leurs conditions
de vie se sont relativement améliorées au cours des cinq dernières années (c’est-à-
dire entre 2000 et 2005) » grâce aux facteurs suivants : l’augmentation du nombre
de personnes dans le ménage exerçant une activité professionnelle (selon 28 %
des répondants), la disponibilité d’un emploi (16 %), la création d’une entreprise
ou d’une nouvelle activité (15 %), la migration (15 %) (autrement dit, les transferts
de fonds des membres de la famille absents) (SP/SRP, 2007).

On peut également soutenir que, si le niveau de développement socio-


économique est un facteur de migration, les mouvements migratoires peuvent
en retour jouer sur le niveau de pauvreté du milieu de départ. En effet, la
migration de populations démunies des campagnes vers les villes permet
de réduire la pression sur les ressources des zones rurales en allégeant leur
pauvreté. Par exemple, du fait de la fécondité élevée, les terres de cultures à
partager sont souvent insuffisantes pour les héritiers d’un père cultivateur
possédant des champs. Dans ces conditions, l’émigration peut permettre de ne
pas trop morceler les champs hérités.

Au plan international, la morosité économique des villes nigériennes,


en relation avec une lente reprise des activités économiques, ne permet
pas de créer des conditions suffisantes pour retenir durablement la fuite
des cerveaux. Or, il s’agit là de capacités intellectuelles qui, si elles étaient
exploitées, pourraient contribuer significativement au développement du pays.
Toutefois, les mouvements migratoires de main-d’œuvre se traduisent par des
transferts monétaires en retour. En effet, les migrants nigériens rapatrient une
partie de leurs revenus pour la prise en charge de leur famille restée sur place
(alimentation, santé, éducation, etc.) ou pour le financement d’activités sociales
(écoles, santé, mosquées, etc.) au niveau de leur communauté d’origine. Il reste
qu’il est difficile, en l’absence d’une étude conséquente, d’évaluer l’impact de ces
fonds sur la réduction de la pauvreté et le développement du pays en général.
Cependant, en tant que fonds de soutien aux dépenses de consommation des
familles, les transferts peuvent avoir un impact significatif sur la pauvreté dans le
pays. Les investissements qu’ils peuvent engendrer dans les infrastructures sont
bénéfiques pour le développement, mais le climat d’affaires peu opportun au
Niger ne permet pas de profiter convenablement de cette possibilité.

116 Migration au Niger : Profil National 2009


D’un autre côté, si les envois de fonds des migrants sont bénéfiques
pour leurs récipiendaires, la dépendance qu’ils créent limite la valorisation
de l’épargne dans le pays. Ceci est d’autant plus vrai que les opportunités
économiques pour « sécuriser » les ressources financières sont peu nombreuses
au Niger ; les solutions proposées par les banques locales, quand elles existent,
sont peu ou mal adaptées aux besoins des populations pauvres bénéficiaires des
transferts.

Enfin, soulignons que l’utilisation officielle de la migration comme un


facteur de développement est en train de faire son chemin au Niger à travers le
programme TOKTEN (voir partie E), et également à travers certaines politiques
publiques comme la Stratégie de développement rural (SDR).

F.2 Impact des politiques migratoires sur le


développement du pays

Même en l’absence d’une politique migratoire formelle au Niger, on peut


soutenir que les différentes dispositions nationales et régionales (UEMOA,
CEDEAO et CENSAD) en matière de migration, de libre circulation des personnes
et des biens ainsi que les perspectives de l’Union africaine ont plutôt tendance à
renforcer les impacts positifs de la migration en matière de développement. En
effet, ces différentes dispositions régionales et continentales sont orientées vers
une perspective « gagnant-gagnant » pour toutes les parties prenantes aux plans
politique, économique, socioculturel, juridique, scientifique, technologique, etc.

De même, contrairement aux époques où, au Niger, les émigrants


internationaux étaient perçus comme des aventuriers (voire des délinquants
et des voyous) qui tentent le diable en abandonnant momentanément ou
durablement leur famille, leur terroir et le dur travail agricole, il semble que
beaucoup de parents exhortent maintenant leurs enfants à aller « chercher à
l’extérieur » en étudiant ou en travaillant dans des pays qui offrent de meilleures
opportunités. Ainsi, l’émigration internationale n’est plus forcément perçue
comme une fuite en avant ou un acte non patriotique. Au contraire, elle est
considérée comme un acte logique, compréhensible et acceptable compte tenu
du niveau de développement du Niger et de l’efficacité limitée des politiques
socio-économiques, comme le montrent certaines études locales (Olivier de
Sardan, 2007 ; Hamani O., 2008 ; Hamani A., 2008).

Migration au Niger : Profil National 2009 117


PARTIE G : Conclusions
La section ci-dessous contient plusieurs aspects :

- un résumé des principales conclusions obtenues à partir de l’analyse des


données disponibles sur les tendances actuelles de la migration ;
- des indications sur les lacunes statistiques (et les stratégies éventuelles
pour améliorer les statistiques de la migration) ;
- des propositions sur comment actualiser le profil migratoire du Niger ;
- des recommandations aux décideurs pour une meilleure gestion de la
migration.

G.1 Principales conclusions sur les tendances migratoires


récentes

L’analyse des diverses sources de données nationales et internationales


sur les migrations internationales au Niger a permis de dégager plusieurs
tendances structurelles actuelles.

i) Le stock (effectif) des immigrants internationaux de longue durée (6


mois et plus) n’est pas important au Niger ; moins de 123 000 personnes
en 2001, soit 1,1 % de la population totale. Certaines années entre 1960
et 2001, cette proportion a pu atteindre 2 % de la population totale
résidente. Ce pourcentage aurait même baissé entre 1988 et 2001,
passant de 1,6 % à 1,1 %. Par contre, les flux annuels de migrants
internationaux utilisant le Niger comme pays de transit vers le Maghreb
seraient assez importants, mais les estimations ne sont pas très précises.
Certaines sources avancent des chiffres de l’ordre de 65 000 migrants
en transit par an (Brachet, 2007). Ces flux occasionnent également des
reflux (refoulés et expulsés) annuels importants.
ii) La population étrangère (légèrement différente de la population
immigrante) est moins importante au Niger ; elle aurait même diminué
entre 1988 et 2001. Elle est estimée à environ 88 067 personnes en
2001, soit moins de 1 % de la population totale du pays. Le stock des
étrangers a également subi une baisse entre 1988 (où il était estimé
à 100 160 personnes) et 2001, du fait certainement de la persistance
des mauvaises conditions économiques depuis plusieurs années.
iii) Le taux de croissance annuel des stocks des immigrants internationaux
s’est ralenti entre 1988 et 2001, sans doute du fait de la crise
économique prolongée qui a rendu le Niger de moins en moins
attractif. Mais la situation économique est en train de changer et les

Migration au Niger : Profil National 2009 119


perspectives d’avenir sont réelles avec la mise en valeur des ressources
minières (notamment l’uranium et le pétrole) et du fleuve Niger, avec
la construction en cours d’un grand barrage hydro-électrique.
iv) Les effectif des femmes sont le plus souvent légèrement supérieurs
à ceux des hommes, du fait probablement de l’immigration
d’accompagnement et aussi parce que certaines femmes viendraient
seules grâce à des réseaux de parents, amis et connaissances ; la
pratique de la polygamie parmi les migrants de sexe masculin pourrait
également être un facteur supplémentaire expliquant la supériorité
numérique des femmes.
v) Les immigrants internationaux proviennent majoritairement des pays
voisins (Nigeria, Mali, Burkina, Bénin et Togo) et de la Côte d’Ivoire.
Les étrangers proprement dits proviennent en grande majorité des
mêmes pays que les immigrants internationaux.
vi) La proportion des immigrants internationaux est nettement plus
élevée en milieu urbain qu’en milieu rural par rapport aux populations
respectives de ces deux types de zones.
vii) Contrairement aux immigrants internationaux, au niveau des
étrangers, ce sont les hommes qui sont plus nombreux que les
femmes.
viii) Si l’on se réfère au nombre très limité de permis de séjour délivrés
ou renouvelés, il est certain que le nombre d’immigrants irréguliers
(sans permis de séjour) est beaucoup plus important que ceux qui
sont en règle. Cela peut être rapporté partiellement au processus
d’intégration régionale qui a tendance à rendre caduque l’application
des textes nationaux, par la libre circulation des biens et des capitaux
au sein de l’espace CEDEAO. Ces dispositions peuvent expliquer
également l’atténuation des sanctions administratives (ou le laxisme)
à l’encontre des étrangers (en majorité ouest-africains) qui sont en
situation irrégulière.

G.1.1 Principales caractéristiques de l’émigration interna-


tionale

i) Contrairement à celui des immigrants internationaux dont


l’importance a diminué de manière absolue et relative, l’effectif
des émigrants nigériens a augmenté de 1960 à 2007. Il est estimé
à presque 500 000 individus dans les années 2000 contre environ
16 000 en 1960, soit respectivement 3,5 % et 0,6 % de la population
totale des périodes concernées.

120 Migration au Niger : Profil National 2009


ii) Comme les immigrants internationaux et les étrangers qui proviennent
principalement des pays membres de la CEDEAO, les émigrants
nigériens vont en grande partie dans les pays ouest-africains,
notamment le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, la Guinée-
Conakry, le Ghana, le Bénin et le Togo. Au total, selon les statistiques
compilées par le Centre de recherche sur les migrations de l’Université
de Sussex, 89 % des Nigériens émigrants restent en Afrique de l’Ouest
(pays de la CEDEAO).
iii) L’effectif de la diaspora nigérienne à l’étranger n’a pas été estimé. Mais
il pourrait se chiffrer à plusieurs millions de personnes. Compte tenu
des destinations fréquentes des émigrants, on peut penser qu’elle se
situe principalement en Afrique, notamment occidentale.
iv) Les émigrants nigériens qui reviennent au pays temporairement
ou définitivement représentent 3,2 à 3,5 % de la population totale
résidente du Niger. Ils sont donc numériquement plus importants
que les immigrants internationaux ou les étrangers au Niger. En
2001, environ 361 296 migrants de retour (récents ou anciens) ont
été recensés, dont une partie est constituée d’étrangers résidents au
Niger.
v) Sur cette base, le taux net de migration ne peut être que négatif.

G.2 Recommandations pour l’amélioration des statis-


tiques migratoires

G.2.1 Identification et explication des lacunes statistiques


et des problèmes rencontrés dans la collecte des données

L’élaboration du présent profil des migrations au Niger a nécessité le


recours à plusieurs sources de données, nationales et internationales. Les
données nationales sont les données de routine (collectées tous les jours) et
celles collectées de manière ponctuelle ou selon un certain intervalle de temps.

Données de routine

Les données nationales de routine sur les migrations sont collectées et


produites par plusieurs structures :

- La Direction de la surveillance du territoire (DST, Ministère de l’Intérieur, de


la Sécurité publique et de la Décentralisation).

Migration au Niger : Profil National 2009 121


- La Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié (CNE).
- Le Ministère des Enseignements secondaire et supérieur, de la Technologie
et de la Recherche.

Direction de la surveillance du territoire (DST)

Les données sont collectées à partir des postes frontaliers terrestres


et aéroportuaires. La DST est chargée de collecter des données sur les flux
d’entrées, et de sorties ainsi que sur le stock d’immigrants internationaux, à
travers l’établissement du permis de séjour. Malheureusement ces données
présentent plusieurs lacunes et limites.

Au niveau des postes frontaliers terrestres utilisés par la majorité des


voyageurs nigériens et étrangers, des informations sont collectées à travers des
registres contenant, entre autres, la nationalité, le sexe, la date de naissance et
le motif du voyage. Malheureusement, seules les données sur la nationalité sont
exploitées et publiées, pour des raisons multiples dont principalement le peu
d’intérêt accordé aux données sur les flux migratoires par les autorités. Certaines
informations manquent, comme la durée du séjour, le statut matrimonial et
la profession. De plus, les 12 postes frontaliers terrestres du pays ne sont pas
suffisants pour couvrir le vaste territoire du Niger. Les entrées et sorties non
contrôlées par la DST sont nombreuses.

Les données relatives au stock d’immigrants internationaux ne sont


pas exhaustives, car la plupart des immigrants internationaux, notamment les
Africains et particulièrement les ressortissants de la CEDEAO, ne demandent
ou ne renouvellent pas leur permis de séjour. Par ailleurs, des ressortissants de
certains pays comme le Mali et le Tchad sont exemptés de permis de séjour. En
outre, l’accès aux données de la DST en matière de migration n’est pas facile, car
elles relèvent de la sécurité nationale du pays. Des procédures administratives
sont nécessaires pour y accéder.

Au niveau des postes frontaliers aéroportuaires, la collecte des


informations est plus organisée et plus fiable grâce aux fiches d’embarquement
et de débarquement des passagers. Tous les passagers ordinaires sont obligés
de remplir ces fiches. Elles comportent les informations suivantes : la date de
naissance, la nationalité, la profession, le pays de départ et de destination, la
durée de séjour et le motif du voyage. Malheureusement toutes ces informations
ne sont pas bien exploitées, ni par la DST, ni par l’ASECNA (Agence pour la
sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar). Lorsqu’elles
sont exploitées, les informations publiées manquent de précision au niveau

122 Migration au Niger : Profil National 2009


de la nationalité (regroupée par grande zone géographique) et des motifs du
voyage, présentés en bloc et non en fonction du sexe, de la nationalité, de
l’âge, etc. Parmi les informations contenues dans les fiche d’embarquement et
de débarquement, seules celles relatives aux provenances/destinations et les
motifs sont exploitées. De plus, les données des fiches ne pas sont saisies sur
ordinateur, ce qui explique sans doute que la plupart des informations ne sont
pas exploitées. Il serait recommandé de mettre en place un système de scannage
des fiches pour qu’elles soient utilisables sous forme de base de données.

Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié (CNE)

Les données publiées par la CNE comportent les informations de base


nécessaires que sont la nationalité, le sexe et l’âge. Cependant, d’autres
informations pourraient être incluses : le niveau d’instruction, la profession
antérieure du demandeur d’asile, etc. Par ailleurs, seuls les effectifs absolus
sont présentés et il n’y a pas de séries longues, d’où le recours aux informations
publiées par le HCR. Il faudrait également que les statistiques publiées comportent
des pourcentages. Enfin, les données de la CNE devraient être présentées dans
l’annuaire statistique de l’Institut national de la statistique.

Ministère des Enseignements secondaire et supérieur, de la Recherche et de la


Technologie

Au niveau de ce ministère, on dispose de données de routine sur les


effectifs des étudiants nigériens à l’extérieur et des étudiants étrangers au Niger,
à travers l’Université Abdou Moumouni de Niamey et l’Agence nationale des
allocations et des bourses (ANAB).

L’Université Abdou Moumouni de Niamey possède depuis 2006 une base


de données informatique (format Dbase) sur tous les étudiants, y compris ceux
venant d’autres pays. Les informations de base suivantes sont saisies : nationalité,
sexe, date de naissance, diplôme d’entrée à l’université, niveau (année) d’étude,
discipline de formation suivie, etc. Malheureusement, la base de données n’est
pas suffisamment flexible pour sortir directement l’âge et le cycle des étudiants
étrangers. Toutefois, on peut exporter le fichier de données désirées en SPSS
et faire les croisements et les calculs nécessaires (y compris déterminer l’âge
et le cycle, comme l’effectif des étudiants étrangers est limité). A signaler que
les effectifs des étudiants étrangers ne sont toujours publiés dans l’annuaire
statistique du ministère, et jamais dans l’annuaire de l’Institut national de la
statistique (INS), qui ne présentent que les effectifs de l’ensemble des étudiants
(y compris les étudiants nigériens à l’extérieur).

Migration au Niger : Profil National 2009 123


L’INS publie également les informations que lui envoie l’ANAB. Ces
informations relatives aux étudiants nigériens en formation à l’étranger ne
concernent que certains pays et zones géographiques (UEMOA, Europe,
etc.). Les informations publiées ne sont pas ventilées par sexe, âge, discipline
et cycle. De plus, les données publiées par l’ANAB ne concernent que les
boursiers nationaux. L’ANAB possède également des informations sur l’effectif
des étudiants bénéficiant d’une bourse de coopération à l’étranger, mais elle
ne s’occupe pas des étudiants financés par des sources privées, notamment les
parents. L’ANAB a besoin d’une base de données pour bien gérer ses données
statistiques relatives aux boursiers.

Données des grandes opérations nationales de collecte

Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH)

Le RGPH constitue, au Niger, la principale source la plus crédible pour


analyser les migrations. Malheureusement, les RGPH du Niger ne sont pas
directement intéressés à la migration internationale. On ne dispose que
d’informations sur les stocks d’immigrants internationaux et de migrants de
retour de l’extérieur. Les RGPH fournissent également des informations sur la
population étrangère résidente et sur les visiteurs internationaux et internes.

Les données disponibles sur les migrations peuvent être réparties selon
plusieurs autres variables : la résidence antérieure, la durée de résidence, la
nationalité, l’âge, le sexe et d’autres caractéristiques socioéconomiques (niveau
d’éducation, profession, milieu de résidence, etc.). Malheureusement, les
informations publiées dans le rapport d’analyse des migrations ne renseignent
pas systématiquement sur toutes les caractéristiques des migrants.

Les propositions suivantes permettraient d’améliorer l’utilité des RGPH en


matière de migration :

-- inclure des questions sur l’émigration internationale en vue de mesurer son


importance numérique, de connaître les durées de séjour des émigrants
ainsi que leurs caractéristiques démographiques et socioéconomiques ;
-- analyser les données collectées de manière plus exhaustive, en vue
notamment de faire ressortir les caractéristiques socioéconomiques des
migrants.

124 Migration au Niger : Profil National 2009


Données d’enquêtes nationales

Parmi les grandes enquêtes nationales, seules les enquêtes


démographiques et de santé nationales (EDSN) collectent quelques données
sur les migrations. Malheureusement, les EDSN ne sont pas spécifiquement
destinées à mesurer les migrations. Elles ont essentiellement pour objectifs de
mesurer certains comportements démographiques (notamment la fécondité, la
nuptialité et la mortalité). C’est certainement la raison qui explique la portée très
limitée des questions posées en matière de migration. On obtient seulement
une information sur les migrants récents, à travers la comparaison entre le
lieu de résidence au moment de l’enquête et le lieu de résidence passée (p.
ex. à l’étranger, sans que le pays ne soit précisé). Il est possible également de
connaître la durée de résidence des migrants. Cependant, les résultats des EDSN
concernant les migrations n’ont jamais été publiées dans les rapports d’enquêtes
(voir Kourguéni et al., 1992 ; Attama et al, 1998 ; INS et Macro International,
2007). Par ailleurs, les informations concernent uniquement des groupes d’âge
spécifiques : pour les femmes, il s’agit des groupes d’âge de 15 à 49 ans ; au
niveau des hommes, seuls ceux âgés de 15 à 59 ans sont considérés.

Cependant, il est possible d’inclure dans les enquêtes nationales de santé


quelques questions relatives à la migration (résidence antérieure, présence
d’émigrants, durée d’absence, etc.) dans la feuille de ménage, qui concerne
tous les membres du ménage (enfants, adultes et personnes âgées). Dans les
enquêtes pour mesurer la pauvreté (enquêtes sur le budget et la consommation
des ménages (ENBC)), il est également possible d’insérer des questions relatives
aux transferts de fonds.

G.2.2 Actions/stratégies recommandées pour améliorer


les données de la migration

Direction de la surveillance du territoire (DST)

-- informatiser le traitement des données issues des postes frontaliers. Le


processus pourrait se faire progressivement, en commençant par le niveau
régional et central (DST Niamey). Ensuite, les postes frontaliers devraient
également disposer d’outils informatiques. Une base de données devrait
être créée ;
-- renforcer les capacités techniques, humaines et matérielles de traitement
des données du service d’immigration de la DST ;
-- améliorer la présentation des données relatives à la migration de la DST.

Migration au Niger : Profil National 2009 125


Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié (CNE)

-- ventiler les informations sur les demandeurs d’asile et réfugiés selon


d’autres caractéristiques (niveau d’instruction, profession antérieure, etc.) ;
-- présenter les pourcentages relatifs aux demandeurs d’asile et aux réfugiés,
et non pas seulement les effectifs absolus ;
-- faire publier les statistiques à disposition dans l’annuaire statistique de l’INS.

Ministère des Enseignements secondaire et supérieur :

-- publier les statistiques relatives aux étudiants inscrits dans les universités et
les grandes écoles du pays ;
-- créer une base de données statistiques en vue de saisir toutes les
informations utiles concernant les étudiants boursiers (de l’Etat et autres)
à l’étranger.

Grandes opérations nationales de collecte de données :

-- intégrer des questions relatives aux migrations (émigrants, migration durée


de vie, etc.) dans la feuille des ménages de certaines grandes enquêtes
nationales comme l’EDSN et l’ENBC ;
-- ajouter des questions précises (montants, pays, etc.) sur les transferts de
fonds reçus ou envoyés à l’étranger par les ménages.

G.2.3 Propositions sur la manière de mettre régulière-


ment à jour le Profil national sur les migrations

Pour gérer la mise à jour du Profil national sur les migrations, le Ministère
de l’Intérieur et peut collaborer avec l’Institut national de la statistique (INS), qui
a la charge de collecter, analyser et diffuser les données statistiques au Niger.
Même si l’INS n’a pas l’exclusivité de la production et de la diffusion des données
statistiques, il possède une longue expérience et les capacités (humaines,
techniques, matérielles et organisationnelles) nécessaires pour prendre en
charge les questions de migrations, qui relèvent d’ailleurs de son domaine
de compétence en matière de données démographiques. L’organisation, la
collecte et l’analyse des données démographiques constituent un des avantages
comparatifs exclusifs de l’INS. Toutefois, l’INS devrait impliquer d’autres
structures nationales ainsi que les partenaires techniques et financiers (PTF)
dans la mise à jour régulière des statistiques. Aussi, il sera nécessaire de mettre
en place un comité multisectoriel dirigé par le Ministère de l’Intérieur, de la

126 Migration au Niger : Profil National 2009


Sécurité publique et de la Décentralisation avec la collaboration de structures
étatiques et d’ONG concernées par les questions de migrations.

Il sera certainement difficile pour l’instant de mettre à jour le profil tous


les ans. Si l’on réussit à insérer des questions pertinentes dans les feuilles de
ménage de certaines grandes enquêtes (comme les EDSN organisées tous les
5 ans), il sera possible de mettre à jour le profil tous les 5 ans dans un premier
temps, en attendant une amélioration significative des données de routine de la
DST notamment. Il est possible également d’insérer d’autres questions sur les
migrations lors du prochain RGPH prévu en 2011.

Cependant, il faudrait veiller à la publication annuelle de certaines


données relatives aux migrations internationales (étudiants étrangers au Niger,
demandeurs d’asile, réfugiés, etc.) dans l’annuaire statistique de l’INS, avec
une ventilation pertinente selon certaines variables. Enfin, il serait également
utile que le Ministère de l’Intérieur, en collaboration avec d’autres structures
nationales pertinentes (comme l’INS) et l’OIM publient tous les ans un bulletin
d’information et de sensibilisation sur la situation des mouvements migratoires
internes et internationaux au Niger.

G.3 Recommandations relatives à la gestion de la migra-


tion

-- Renforcer le diagnostic de la pauvreté de la SDRP par des analyses en


relation avec les migrations.
-- élaborer une politique en matière de migration en vue d’une meilleure
gestion de ces questions et de leur prise en compte dans la SDRP.
-- Promouvoir la participation des migrants nigériens (internes et
internationaux) dans le développement et la lutte contre la pauvreté dans
leur localité d’origine.
-- Prendre en compte les transferts de compétences des Nigériens de
l’extérieur dans les actions de développement (agriculture, éducation,
santé, etc.), à travers des initiatives comme TOKTEN.
-- Renforcer l’implication des ONG dans le traitement des questions de
migration.
-- Renforcer la collecte de données quantitatives et qualitatives sur les
migrations.
-- Mener des études approfondies et thématiques sur les relations entre
migrations et pauvreté.
-- Analyser également les OMD en tenant compte, autant que possible, du
statut migratoire des ménages et des individus.

Migration au Niger : Profil National 2009 127


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Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID)-Police nationale


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Migration au Niger : Profil National 2009 135


Annexe I : Statistiques
Tableau 20 : Cas de paludisme et de tuberculose, 2001-2006
2001 2002 2003 2004 2005 2006
Nombre de cas 783 650 662 816 663 348 681 783 760 718 886 533
Prévalence (pour 68 - - - 60 -
Paludisme 1000 cas)
Taux de décès 3 2 3 2 3 3
(pour 1000 cas)
Tuberculose Taux de dépistage 33,4 - - - 43,6 -
(%)

Source : INS, 2009.

Tableau 21 : Secteurs d’activités au Niger, 2004-2007


2004 2005 2006 2007
PIB (en millions FCFA) 1 530 443 1 755 048 1 871 242 2 004 209
Secteur moderne (en % du PIB) 10,4 10,6 11,0 13,4
Secteur informel (en % du PIB) 70,4 70,5 70,7 67,9
Secteur informel nominal (en millions FCFA) 1 077 011 1 237 746 1 323 760 1 360 414
Activités primaires (agriculture, élevage, pêche) 57,2 60,7 61,7 60,8
(en % du PIB)
Activités hors primaires (en % du PIB) 42,8 39,3 38,3 39,2
Activités extractives 1,8 1,7 1,6 1,7
Activités de fabrication 17,9 17,7 17,6 17,7
Construction 5,0 5,0 5,0 5,0
Commerce 34 35,2 35,3 35,2
Réparation auto et articles domestiques 7,4 7,3 7,3 7,2
Activités de services (hôtels, transports,…) 21,4 20,8 20,9 21,1
Autres services 12,6 12,3 12,2 12,1
Source : INS, 2008b.
Note: Secteur moderne, également appelé secteur formel, secteur structuré ou secteur organisé sur le plan comptable: regroupe les
unités productrices qui fournissent (ou devraient fournir) des informations économiques (documents comptables) et/ou qui ont des
structures de production dites modernes (INS 2007, Comptes économiques de la nation).

Migration au Niger : Profil National 2009 137


Tableau 22 : Population active au Niger, 1977-2001
Hommes Femmes Ensemble
1977 1988 2001 1977 1988 2001 1977 1988 2001
Population
active 1 213 623 1 532 517 2 338 202 102 792 388 827 1 130 855 1 316 415 1 921 344 3 469 057
(15-64 ans)
Taux de
croissance - 2,1 3,3 - 12,9 8,6 - 3,5 4,6
(%)
% de
- - - 7,8 20,2 32,6 - - -
femmes
Sources : DSI, 1985, 1986 ; BCR, 1992 ; BCR, 2005c.
Note : La population active est la population occupée (ayant un emploi) et les anciens et nouveaux chômeurs.

Tableau 23 : Effectifs de la fonction publique, 2001-2006


2001 2002 2003 2004 2005 2006
Ensemble Total 39 254 38 839 38 126 35 701 34 238 31 892
% de femmes 26 26,1 26,2 27,7 29,2 29,2
Titulaires Total 32 375 32 193 31 676 29 219 28 181 26 424
% de femmes 27 27,1 27,1 28,8 30,6 30,5
Auxiliaires Total 6 879 6 646 6 450 6 482 6 057 5 468
% de femmes 21,3 21,4 21,8 22,4 22,8 22,9
Source : Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, 2007.

Tableau 24 : Demande d’emploi par catégories professionnelles, 2000-2007


2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Apprentis 344 595 314 279 924 291 26 161
Manœuvres 3 747 3 409 3 227 4 139 4 304 2 571 2 468 2 891
Ouvriers spécialisés 2 391 4 072 4 093 2 835 2 338 3 642 2 070 1 010
Ouvriers qualifiés 3 283 4 304 4 656 3 301 2 165 2 644 2 189 1 804
Employés de bureau 3 476 5 312 5 363 2 916 2 862 5 644 2 762 3 401
Agents de maîtrise 903 1 633 982 1 143 1 878 2 929 494 1 262
Ingénieurs et cadres
922 976 872 1 720 1 401 1 572 1 457 976
supérieurs
Demande totale 15 066 20 301 19 507 16 333 15 872 19 293 11 466 11 505
Taux de croissance
- 34,7 -3,9 -16,3 -2,8 21,6 -40,6 0,3
annuelle (%)
Source : ANPE, 2007.

138 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 25 : Taux brut de scolarisation et d’admission à l’école primaire, 2001-2008
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Taux brut de Ensemble 37 42 45 50 52 54 57 63
scolarisation
Urbain 51 52 53 54 57 57 65 73
(TBS)
Rural 32 38 43 48 51 52 54 58
Taux brut Ensemble 40 50 51 55 55 59 65 78
d’admission
Urbain 70 79 87 90 92 91 98 117
(TBA) à l’école
primaire Rural 34 44 44 49 48 53 58 70

Source : DSI/MEBA, Annuaires statistiques de l’éducation de base, 2008.

Migration au Niger : Profil National 2009 139


Tableau 26 : Indicateurs relatifs à l’immigration internationale de 1960 à 2010
1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010
Estimation
du nombre
d’immigrants
internationaux 55 008 63 911 74 254 86 271 100 233 116 455 135 698 170 877 165 461 182 960 202 163
au milieu de
l’année (les
deux sexes)
Estimation
du nombre
d’immigrants
internationaux
27 497 32 269 37 868 44 438 52 149 61 198 71 668 90 700 88 265 98 089 108 928
de sexe
féminin au
milieu de
l’année
Estimation
du nombre
d’immigrants
internationaux
27 511 31 642 36 386 41 833 48 084 55 257 64 030 80 177 77 196 84 871 93 235
de sexe
masculin au
milieu de
l’année
Augmentation
- 8 903 10 343 12 017 13 962 16 222 19 243 35 179 -5 416 17 499 19 203
en 5 ans
Taux de
croissance
quinquennal
des stocks - 3,0 3,0 3,0 3,0 3,0 3,1 4,6 -0,6 2,0 2,0
d’immigrants
internationaux
(en %)
Effectifs de
la population
au milieu de 3 242 3 766 4 383 5 090 5 922 6 827 7 904 9 302 11 031 13 102 15 891
l’année (en
milliers)
% des
immigrants
internationaux
1,7 1,7 1,7 1,7 1,7 1,7 1,7 1,8 1,5 1,4 1,3
dans la
population
totale

Source DPNU, 2008.

140 Migration au Niger : Profil National 2009


Graphique 9 : Pyramides des groupes d’âge de la population résidente et immigrante, 1997 (%)

Source : DSI, 1986.

Graphique 10 : Pyramides des groupes d’âge de la population résidente et immigrante, 1988 (%)

Source : BCR, 1992.

Migration au Niger : Profil National 2009 141


Tableau 27 : Immigrants internationaux par milieu de résidence, 1977 et 2001
% des immigrants internationaux
Répartition des migrants par milieu
Milieu de dans la population totale par
de résidence
résidence milieu de résidence
1977 2001 1977 2001
Urbain 49,6 % 49,5 % 6,1 % 3,4 %
39 822 60 897 656 203 1 798 501
Rural 50,4 % 50,5 % 0,9 % 0,7 %
40 537 62 086 4 446 787 9 261 790
Ensemble 100 % 100 % 1,6 % 1,1 %
80 359 122 983 5 102 990 11 060 291
Sources : DSI, 1986; BCR, 2005f.

Tableau 28: Flux d’entrées aux postes frontaliers du Niger par nationalité, 2005 et 2006
2005 2006
Nombre Nombre
Nationalité % Nationalité %
d’entrées d’entrées
Nigérienne 407 600 57,0 Nigérienne 1 809 783 77,5
Nigériane 256 888 35,9 Nigériane 424 813 18,2
Malienne 18 317 2,6 Burkinabée 21 382 0,9
Béninoise 15 696 2,2 Malienne 19 963 0,9
Burkinabée 4 384 0,6 Béninoise 17 961 0,8
Togolaise 3 166 0,4 Algérienne 16 326 0,7
Ghanéenne 1 538 0,2 Libyenne 5 243 0,2
Tchadienne 1 351 0,2 Togolaise 4 831 0,2
Mauritanienne 973 0,1 Ghanéenne 3 428 0,2
Algérienne 924 0,1 Tchadienne 2 181 0,1
Autres pays
2 248 0,3 Autres pays africains 4 680 0,2
africains
Pays d’Europe 1 196 0,2 Pays d’Europe 2 539 0,1
Pays d’Asie (dont Pays d’Asie (dont
267 0,0 750 0,0
Moyen-Orient) Moyen-Orient)
Amérique du Nord Amérique du Nord
(États-Unis et 447 0,1 (États-Unis et 556 0,0
Canada) Canada)
Pays d’Amérique Pays d’Amérique
5 0,0 6 0,0
du Sud du Sud
Total 715 000 100 Total 2 334 442 100

Source : DST, 2005 et 2006.

142 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 29 : Flux de sorties aux postes frontaliers du Niger par nationalité, 2005 et 2006
2005 2006
Nombre de Nombre de
Nationalité % Nationalité %
sorties sorties
Nigérienne 429 709 60,1 Nigérienne 1 098 798 60,5
Nigériane 260 563 36,4 Nigériane 610 089 33,6
Béninoise 24 699 3,5 Béninoise 27 086 1,5
Malienne 17 457 2,4 Algérienne 22 263 1,2
Burkinabée 15 084 2,1 Burkinabée 17 266 1,0
Togolaise 1 850 0,3 Malienne 16 067 0,9
Algérienne 1 848 0,3 Libyenne 11 370 0,6
Ghanéenne 1 829 0,3 Togolaise 3 221 0,2
Autres pays
2 966 0,4 Marocaine 2 570 0,1
africains
Pays d’Europe 1 124 0,2 Ghanéenne 2 109 0,1
Pays d’Asie (dont
164 0,0 Autres pays africains 3 785 0,2
Moyen-Orient)
Amérique du Nord
(Etats-Unis et 377 0,1 Pays d’Europe 2 353 0,1
Canada)
Pays d’Amérique Pays d’Asie (dont
1 0,0 348 0,0
du Sud Moyen Orient)
Amérique du Nord
Total 757 671 100 7 0,0
(Etats-Unis et Canada)
0,0
Pays d’Amérique du Sud 452
Source : Rapports d’activités de la DST, 2005 et 2006.
Total 1 817 784 100

Migration au Niger : Profil National 2009 143


Tableau 30 : Entrées et sorties au poste de police frontalier d’Assamakka par nationalité,
2002-2004
2002 2003 2004
Nationalité
Sorties Entrées Sorties Entrées Sorties
Nigériens - 2 636 2 134 1 172 2 437
Maliens - 1 432 1 616 1 039 1 405
Tchadiens - 107 69 72 85
Nigérians - 35 35 28 10
Mauritaniens - 21 3 36 43
Ghanéens - 19 9 - -
Sénégalais - 11 11 6 11
Béninois - 10 72 - -
Camerounais - 1 - - -
Togolais - 1 1 - -
Burkinabés - 1 - - -
Gambiens - - - 2 10
Guinéens - - 1 - -
Syriens - 3 - - -
Yéménites - 6 - - -
Tunisiens - 16 15 3 4
Libyens - 26 22 41 21
Algériens - 832 689 835 718
Européens - 315 236 182 122
Américains - - - 10 -
Asiatiques - 9 1 18 3
Total (toutes
1 817 5 483 4 914 3 444 4 869
nationalités)
Total (subsahariens) - 4 274 3 951 2 355 4 001
% de subsahariens 78,0 80,4 68,4 82,2
Nombre de véhicules - 524 716 - -
Source : Julien Brachet, 2007.

144 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 31 : Répartition de la population résidente et immigrante par groupes d’âge et sexe, 1988
Population totale résidente Population des immigrants internationaux durée de vie

Groupes Effectifs absolus % Groupes Effectifs absolus %


d’âge Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total d’âges Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total
0-4 772 409 761 519 1 533 928 10,7 10,6 21,3 0-4 2 407 2 623 5 030 2,1 2,3 4,4
5-9 645 763 622 627 1 268 390 9,0 8,6 17,6 5-9 5 310 5 570 10 880 4,7 4,9 9,6
10-14 378 512 330 437 708 949 5,3 4,6 9,8 10-14 4 172 4 610 8 782 3,7 4,1 7,8
15-19 294 342 350 397 644 739 4,1 4,9 8,9 15-19 3 851 6 342 10 193 3,4 5,6 9,0
20-24 253 217 333 879 587 096 3,5 4,6 8,1 20-24 4 506 7 463 11 969 4,0 6,6 10,6
25-29 240 714 317 890 558 604 3,3 4,4 7,8 25-29 5 412 7 659 13 071 4,8 6,8 11,5
30-34 200 230 224 081 424 311 2,8 3,1 5,9 30-34 5 157 6 149 11 306 4,6 5,4 10,0
35-39 171 389 160 776 332 165 2,4 2,2 4,6 35-39 4 562 4 433 8 995 4,0 3,9 7,9
40-44 147 774 142 689 290 463 2,1 2,0 4,0 40-44 4 138 3 908 8 046 3,7 3,5 7,1
45-49 109 920 82 605 192 525 1,5 1,1 2,7 45-49 3 118 2 399 5 517 2,8 2,1 4,9
50-54 101 763 88 759 190 522 1,4 1,2 2,6 50-54 3 185 2 325 5 510 2,8 2,1 4,9
55-59 66 007 43 625 109 632 0,9 0,6 1,5 55-59 2 005 1 118 3 123 1,8 1,0 2,8
60-64 67 098 59 416 126 514 0,9 0,8 1,8 60-64 2 116 1 399 3 515 1,9 1,2 3,1
65-69 35 542 25 452 60 994 0,5 0,4 0,8 65-69 965 563 1 528 0,9 0,5 1,3
70-74 36 504 35 122 71 626 0,5 0,5 1,0 70-74 1 087 689 1 776 1,0 0,6 1,6
75-79 17 009 13 415 30 424 0,2 0,2 0,4 75-79 509 266 775 0,4 0,2 0,7
80 et + 24 860 25 644 50 504 0,3 0,4 0,7 80 et + 793 641 1 434 0,7 0,6 1,3
Nd 9 722 15 283 25 005 0,1 0,2 0,3 Nd 908 865 1 773 0,8 0,8 1,6
Total 3 572 775 3 633 616 7 206 391 49,6 50,4 100 Total 54 201 59 022 113 223 47,9 52,1 100

Migration au Niger : Profil National 2009


Sources : BCR, 1992.

145
Tableau 32 : Répartition de la population résidente et immigrante par groupes d’âge et sexe, 2001

146
Population totale résidente Population des immigrants internationaux durée de vie

Groupes Effectifs absolus % Groupes Effectifs absolus %


d’âge Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total d’âge Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total
0-4 1 176 053 1 136 966 2 313 019 10,6 10,3 20,9 0-4 3 996 4 264 8 260 3,2 3,4 6,6
5-9 920 830 865 788 1 786 618 8,3 7,8 16,2 5-9 5 003 5 171 10 174 4,0 4,1 8,1
10-14 600 216 558 785 1 159 001 5,4 5,1 10,5 10-14 5 271 5 698 10 969 4,2 4,5 8,7
15-19 514 387 611 802 1 126 189 4,7 5,5 10,2 15-19 5 578 8 133 13 711 4,4 6,5 10,9
20-24 411 402 460 594 871 996 3,7 4,2 7,9 20-24 5 788 6 796 12 584 4,6 5,4 10,0
25-29 359 085 405 040 764 125 3,2 3,7 6,9 25-29 5 432 7 028 12 460 4,3 5,6 9,9
30-34 292 822 329 695 622 517 2,6 3,0 5,6 30-34 5 058 6 244 11 302 4,0 5,0 9,0

Migration au Niger : Profil National 2009


35-39 331 961 296 601 628 562 3,0 2,7 5,7 35-39 6 376 5 577 11 953 5,1 4,4 9,5
40-44 291 705 252 763 544 468 2,6 2,3 4,9 40-44 5 924 4 693 10 617 4,7 3,7 8,4
45-49 102 757 124 889 227 646 0,9 1,1 2,1 45-49 1 923 2 470 4 393 1,5 2,0 3,5
50-54 160 480 160 550 321 030 1,5 1,5 2,9 50-54 3 166 3 403 6 569 2,5 2,7 5,2
55-59 95 407 103 165 198 572 0,9 0,9 1,8 55-59 1 712 1 906 3 618 1,4 1,5 2,9
60-64 94 385 86 978 181 363 0,9 0,8 1,6 60-64 1 937 1 417 3 354 1,5 1,1 2,7
65-69 31 563 32 731 64 294 0,3 0,3 0,6 65-69 635 530 1 165 0,5 0,4 0,9
70-74 61 826 54 924 116 750 0,6 0,5 1,1 70-74 1 225 860 2 085 1,0 0,7 1,7
75-79 25 233 23 629 48 862 0,2 0,2 0,4 75-79 521 515 1 036 0,4 0,4 0,8
80 et + 46 038 38 802 84 840 0,4 0,4 0,8 80 et + 915 658 1 573 0,7 0,5 1,3
Nd 438 0,0 438 0,0 0,0 0,0 Nd 5 - 5 0,0 - 0,0
Total 5 516 588 5 543 702 11 060 290 49,88 50,12 100 Total 60465 65363 125828 48,05 51,95 100

Sources : INS, 2009.


Tableau 33 : Immigrants internationaux par groupes d’âge, 1977,1988 et 2001 (%)
Groupes d’âge 1977 1988 2001
0-4 7,6 4,4 6,6
5-9 7,8 9,6 8,2
10-14 6,4 7,8 8,8
15-19 10,1 9,0 10,9
20-24 11,2 10,6 9,9
25-29 12,1 11,5 9,8
30-34 11,1 10,0 8,9
35-39 7,6 7,9 9,5
40-44 7,8 7,1 8,5
45-49 4,1 4,9 3,5
50-54 5,0 4,9 5,3
55-59 2,0 2,8 2,9
60-64 2,9 3,1 2,7
65-69 0,9 1,4 0,9
70-74 1,4 1,6 1,7
75-79 0,5 0,7 0,8
80 et + 0,9 1,3 1,3
Nd 0,5 1,6 0,0
Total 100 100 100
Sources : DSI (1986, tableaux brutes); BCR (1992); BCR (2005f).

Tableau 34 : Proportion de la population immigrante dans la population active (15-64 ans)


totale par groupes d’âge et de sexe, 1977, 1988 et 2001 (%)
Groupes 1977 1988 2001
d’âge Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Ensemble Ensemble
15-19 1,5 1,5 1,5 1,3 1,8 1,6 1,2
20-24 2,3 1,9 2,0 1,8 2,2 2,0 1,4
25-29 2,6 2,1 2,3 2,2 2,4 2,3 1,6
30-34 2,6 2,2 2,4 2,6 2,7 2,7 1,8
35-39 2,8 2,3 2,6 2,7 2,8 2,7 1,9
40-44 2,9 2,3 2,7 2,8 2,7 2,8 1,9
45-49 3,2 2,5 2,9 2,8 2,9 2,9 1,9
50-54 3,1 2,2 2,7 3,1 2,6 2,9 2,0
55-59 3,1 2,1 2,7 3,0 2,6 2,8 1,8
60-64 2,8 1,7 2,3 3,2 2,4 2,8 1,8
Total 2,5 2,0 2,2 2,3 2,4 2,4 1,6

Sources : DSI, 1986; BCR, 1992; BCR, 2005f.

Migration au Niger : Profil National 2009 147


Tableau 35 : Refugiés reconnus au Niger (au sens de la Convention de Genève de 1951), 1993-2008
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Année
16 692 1 507 27 622 25 845 7 376 3 691 350 58
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Nombre
83 296 328 344 301 818 318 198
Sources: HCR, Commission nationale d’éligibilité (CNE) du Niger, 31 décembre 2008.


Tableau 36 : Demandeurs d’asile et refugiés reconnus au Niger, avec leurs dépendants, 2008
Demandeurs d’asile et Nombre de refugiés
refugiés reconnus reconnus
Région Pays de provenance
Effectifs Effectifs
% %
absolus absolus
Afrique de Bénin, Côte-d’Ivoire, Togo et
32 9,4 31 15,7
l’Ouest Libéria
Cameroun, Congo Brazzaville,
Afrique
255 74,6 113 57,1 Congo Démocratique, Tchad et
centrale
Centrafrique
Afrique de l’Est 49 14,3 48 24,2 Rwanda, Somalie et Soudan
Proche-Orient 6 1,8 6 3,0 Irak
Total 342 100 198 100 -
Source : Commission nationale d’éligibilité (CNE) du Niger, 2009.

148 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 37 : Etudiants inscrits en 2ème et 3ème cycle à l’université nationale (Abdou Moumouni)
par nationalité, 2006-2008
2006 2007 2008
Nationalité
Femmes Hommes Totale Femmes Hommes Totale Femmes Hommes Totale
Algérienne 0 1 1 - - - - - -
Béninoise 11 21 32 12 19 31 11 20 31
Burkinabée 1 3 4 1 0 1 0 4 4
Camerounaise 8 11 19 17 18 35 20 20 40
Centrafricaine - - - - - - 0 1 1
Comorienne 0 3 3 0 3 3 0 1 1
Congolaise 1 1 2 1 0 1 1 0 1
Française 0 1 1 0 1 1 - - -
Ivoirienne 0 3 3 0 4 4 0 3 3
Malienne 0 3 3 - - - 1 0 1
Mauritanienne 0 1 1 - - - - - -
Nigériane 0 1 1 0 3 3 0 2 2
Ougandaise - - - - - - 0 1 1
Rwandaise - - - - - - 0 1 1
Sénégalaise 0 2 2 0 1 1 - - -
Tchadienne 0 21 21 0 20 20 5 23 28
Togolaise 1 9 10 4 11 15 6 13 19
Total 22 81 103 35 80 115 44 89 133
Source : ANAB, 2009.

Graphique 11 : Evolution du nombre de passagers au Niger par région de provenance, 1990-2006

Source : Direction de la statistique / Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, INS, 2007.

Migration au Niger : Profil National 2009 149


Tableau 38 : Nombres de voyageurs/passagers par région de provenance, 1990-2006

150
Afrique Amérique Asie Europe Reste du monde
Dont % Total
N % N % N % N % N %
France
1990 3 446 8,2 2 317 5,5 - - 27 661 65,6 59,0 8 722 20,7 42 146
1991 2 848 6,5 1 818 4,1 - - 17 625 40,0 52,3 21 731 49,4 44 022
1992 1 603 9,5 1 713 10,2 - - 8 644 51,4 54,6 4 873 28,9 16 833
1993 24 048 50,3 2 612 5,5 - - 20 223 42,3 54,6 925 1,9 47 808
1994 17 405 45,6 3 122 8,2 - - 15 383 40,3 50,4 2 250 5,9 38 160
1995 32 886 49,1 7 408 11,1 - - 22 379 33,4 55,1 4 286 6,4 66 959
1996 33 201 49,1 7 562 11,2 - - 22 579 33,4 54,9 4 308 6,4 67 650
1997 33 671 49,4 7 702 11,3 - - 22 837 33,5 54,3 3 996 5,9 68 206

Migration au Niger : Profil National 2009


1998 20 242 49,0 4 544 11,0 - - 13 633 33,0 54,5 2 892 7,0 41 311
1999 26 618 68,0 1 393 3,6 706 1,8 9 380 24,0 59,7 1 032 2,6 39 129
2000 28 181 56,1 2 500 5,0 1 392 2,8 14 083 28,0 86,8 4 107 8,2 50 263
2001 34 964 66,6 2 165 4,1 1 327 2,5 13 516 25,8 79,5 491 0,9 52 463
2002 26 198 66,6 1 574 4,0 983 2,5 10 110 25,7 79,5 472 1,2 39 337
2003 (est.) 37 000 67,3 2 000 3,6 1 400 2,5 14 000 25,5 78,6 600 1,1 55 000
2004 (est.) 38 000 66,7 2 500 4,4 1 500 2,6 14 500 25,4 82,8 500 0,9 57 000
2005 37 926 59,8 3 150 5,0 2 835 4,5 17 640 27,8 82,7 1 900 3,0 63 451
2006 36 199 60,0 4 223 7,0 3 017 5,0 16 893 28,0 82,7 - 0,0 60 332
Source : Direction de la statistique / Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, INS, 2007
Tableau 39 : Motifs des voyages, 1996-2006
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Motifs (effectifs)
Affaires 35 718 35 719 - 13 827 - 18 047 13 847 19 250 20 064 34 300 19 306
Conférences 12 313 12 515 - 4 290 - 9 554 7 238 10 120 10 545 11 400 12 067
Famille 6 968 7 183 - 4 632 - 6 669 5 193 7 315 7 524 - 7 240
Vacances 10 148 10 145 - 9 202 - 8 602 6 963 9 460 10 032 10 500 13 876
Résidents au
2 503 2 644 - 7 168 - 7 881 6 096 8 415 8 835 6 800 7 843
Niger
Non classés 0 0 41 311 10 50 263 1 710 0 440 0 451 0
Total 67 650 68 206 41 311 39 129 50 263 52 463 39 337 55 000 57 000 63 451 60 332
Motifs (%)
Affaires 53 52 0 35 0 34 35 35 35 54 32
Conférences 18 18 0 11 0 18 18 18 19 18 20
Famille 10 11 0 12 0 13 13 13 13 0 12
Vacances 15 15 0 24 0 16 18 17 18 16 23
Résidents au
4 4 0 18 0 15 15 15 15 11 13
Niger
Non classés 0 0 100 0 100 4 1 2 0 1 0
Total 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100

Source : INS, 2007.


Migration au Niger : Profil National 2009 151


Tableau 40 : Principaux pays de destination des émigrants nigériens, 1995-2005
% des toutes les % des destinations au
Pays Effectifs absolus
destinations sein de la CEDEAO
Burkina Faso 138 293 27,8 31,1
Côte d’Ivoire 130 387 26,2 29,3
Nigeria 59 043 11,9 13,3
Guinée Conakry 53 625 10,8 12,1
Ghana 25 611 5,2 5,8
Togo 16 719 3,4 3,8
Bénin 14 680 3,0 3,3
Congo- RDC 6 898 1,4 -
Allemagne 5 449 1,1 -
Pakistan 5 279 1,1 -
Autres pays 40 789 8,2 -
Total CEDEAO 444 282 89,4 100
Total 496 773 100 -
Source : DRC, 2007.

Tableau 41 : Demandeurs d’asile nigériens par principaux pays d’accueil, 1996-2008


1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008
Belgique 8 16 20 48 149 263 121 90 177 113 -
Italie - - - - - 9 - - 14 63 -
Allemagne 97 93 101 143 70 113 168 83 69 49 -
Etats-Unis - 123 136 56 52 59 62 89 53 41 -
Suisse 1 3 1 2 - 8 65 28 29 22 -
Autres pays 35 26 41 100 146 249 393 206 472 107 -
Total 141 261 299 349 417 701 809 496 814 395 271
Source : HCR, 2008.

152 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 42 : Boursiers de l’Etat par région et pays, 1990-2007
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Total 1 617 1 477 2 448 2 463 2 302 2 706 2 127 3 050 3 531 3 620 3 438 3 121 2 297 1 186 278 1 300 135 1 210
Total 578 508 1 025 985 779 879 901 972 1 161 1 241 1 013 1 050 629 405 185 99 83 100
Bénin 56 110 379 341 314 272 193 144 135 132 83 114 58 47 18 8 3 5
Burkina
51 68 116 122 101 133 146 136 162 164 102 105 52 28 20 4 10 16
Faso
UEMOA Côte
83 66 112 155 150 142 146 219 254 261 231 225 133 80 49 48 33 16
d’Ivoire
Mali 154 88 219 182 142 196 246 284 321 372 366 320 218 151 58 26 16 4
Sénégal 135 92 128 118 72 70 52 66 107 110 105 110 71 55 24 7 10 44
Togo 99 84 71 67 - 66 118 123 182 202 126 176 97 44 16 6 11 15
Total 573 556 972 1 243 1 190 1 525 1 105 1 919 2 213 2 208 2 317 1 962 1 587 761 69 1 132 6 976
Autres Maghreb 250 202 276 298 325 348 123 588 717 788 646 891 618 57 17 1 119 2 941
pays
d’Afrique Nigeria 260 302 614 882 835 1 117 965 1 176 1 390 1 382 1 643 1 040 854 679 47 11 4 18
Autres 63 52 82 63 30 60 17 155 106 38 28 31 115 25 5 2 0 17
Total 398 343 391 183 274 256 103 128 119 125 75 63 33 18 6 9 17 37
Belgique - 4 2 8 9 12 5 3 11 10 9 7 7 6 3 1 1 0
France 169 160 170 - 141 135 59 88 76 82 54 45 24 12 3 8 16 37
Europe
Russie 219 169 208 166 117 99 34 31 21 22 10 8 - - - - - -
Autres
pays 10 10 11 9 7 10 5 6 11 11 2 3 2 - - - - -
d’Europe
Moyen
- 5 - 1 - 6 12 - 3 21 5 4 34 38 - - - - -
Orient
Autres
- 63 70 59 52 53 34 18 28 17 41 29 12 10 2 18 60 29 97
pays

Migration au Niger : Profil National 2009


Source : INS, 2007 et site web (www.ins.ne)

153
Tableau 43 : Refoulés Nigériens et ouest-africains au niveau des postes frontaliers de Dirkou
(Niger-Lybie) et Assamaka (Niger-Algérie), 2004 et 2006
2004 2006
Dirkou Dirkou Assamaka
Nigériens 1 574 2 464 2 879
Ouest-africains - 208 -
Autres 138 9 -
Total 1 712 2 681 2 879
Source : Direction régionale de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant d’Agadez, 2007 ; Brachet, 2005 cité par
Mounkaila, 2007.

Tableau 44 : Population résidente nigérienne par pays de résidence antérieure (émigrants


internationaux de retour) et durée de résidence à l’étranger, RGPH 2001
Pays de provénance < 1 an 1-4 ans 5-9 ans 10 ans et + Nd Total
Nigeria 27 882 29 029 15 200 38 207 11 461 121 779
Côte-d’Ivoire 16 154 21 129 6 775 12 575 3 289 59 922
Bénin 8 528 9 022 3 195 4 886 1 851 27 482
Ghana 4 012 5 205 1 956 7 372 0 899 19 444
Mali 1 913 3 684 2 911 8 843 3 902 21 253
Burkina 3 522 3 562 1 648 3 969 2 540 15 241
Togo 3 118 4 835 1 884 2 568 1 049 13 454
Autres pays d’Afrique
529 761 362 681 258 2 591
de l’Ouest
Afrique du Nord 3 610 4 360 1 238 2 165 398 11 771
Afrique centrale 3 404 3 995 1 552 2 278 963 12 192
Reste de l’Afrique 112 248 133 503 96 1 092
Europe 382 669 307 882 1 387 3 627
Amérique 152 276 70 208 316 1 022
Asie 711 2 046 1 602 3 057 1 764 9 180
Reste du monde 15 6 1 15 20 57
Nd 5 232 11 298 6 124 10 484 8 050 41 188
Total 79 276 100 125 44 958 98 693 38 243 361 295
% par rapport à la population totale 3,2

Source : BCR, 2005f.

154 Migration au Niger : Profil National 2009


Tableau 45 : Frais de transfert de fonds appliqués par l’intermédiaire privé de transaction
Western Union (zone CFA et hors CFA), 2008
Tarif Zone CFA Tarif Hors Zone CFA
Montant A Envoyer HT TVA TTC HT TVA TTC
0 à 60 000 6 000 1 140 7 140 9 000 1 710 10 710
60 001 à 90 000 7 500 1 425 8 925 13 000 2 470 15 470
90 001 à 120 000 9 000 1 710 10 710 13 000 2 470 15 470
120 001 à 150 000 10 500 1 995 12 495 17 000 3 230 20 230
150 001 à 180 000 12 000 2 280 14 280 17 000 3 230 20 230
180 001 à 210 000 14 000 2 660 16 660 20 000 3 800 23 800
210 001 à 240 000 15 000 2 850 17 850 20 000 3 800 23 800
240 001 à 270 000 17 000 3 230 20 230 25 000 4 750 29 750
270 001 à 300 000 19 000 3 610 22 610 25 000 4 750 29 750
300 001 à 400 000 21 000 3 990 24 990 28 000 5 320 33 320
400 001 à 450 000 26 000 4 940 30 940 28 000 5 320 33 320
450 001 à 600 000 26 000 4 940 30 940 31 000 5 890 36 890
600 001 à 700 000 29 000 5 510 34 510 40 000 7 600 47 600
700 001 à 900 000 33 000 6 270 39 270 40 000 7 600 47 600
900 001 à 1 100 000 39 000 7 410 46 410 46 000 8 740 54 740
1 100 001 à 1 200 000 50 000 9 500 59 500 54 000 10 260 64 260
1 200 001 à 1 400 000 50 000 9 500 59 500 66 000 12 540 78 540
1 400 001 à 1 500 000 65 500 12 445 77 945 66 000 12 540 78 540
1 500 001 à 1 800 000 65 500 12 445 77 945 78 000 14 820 92 820
1 800 001 à 2 100 000 80 000 15 200 95 200 90 000 17 100 107 100
Source : Western Union, Niamey, 2008.

Migration au Niger : Profil National 2009 155


Annexe II : Aperçu de la migration interne
La présente section s’intéresse principalement aux migrations internes
récentes analysées à partir des données du RGPH (Recensement général de
la population et de l’habitat) 2001, la seule source de données qui fournit un
aperçu valable des mouvements de population au sein du Niger. Il faut noter
que le RGPH ne s’est intéressé qu’aux migrations entre arrondissements,
départements et régions. Les migrations au sein d’un même arrondissement
(donc entre villages et cantons) ne sont pas prises en compte. Il faut d’emblée
souligner que les populations nomades (environ 215 345 personnes en 2001)
ne sont pas concernées par les migrations, étant donné qu’elles n’ont pas de
résidence fixe (BCR, 2005e).

La mesure de l’importance numérique de la migration se fait à partir du


décompte du « nombre de personnes ayant effectué au moins une fois dans
leur vie un déplacement en dehors de leur lieu de naissance », pour une durée
d’au moins 6 mois (pour les RGPH au Niger et dans d’autres pays africains) (BCR,
2005f). Les déplacements retenus ne concernent que ceux effectués entre
les départements (transformés en régions avec la décentralisation) et entre
arrondissements (devenus départements). Les déplacements au sein d’un même
arrondissement ne sont pas pris en compte, mais dans d’autres types d’études on
peut également analyser les mouvements au sein d’un même arrondissement.

Sur la base de ces critères, il ressort de l’analyse des données du RGPH


de 2001 que sur une population résidente de 10 804 085 personnes (sans les
nomades et les pertes d’informations19), il y a 1 173 711 migrants, soit 10,9 % de
l’effectif total (BCR, 2005f). Ce pourcentage est plus important chez les hommes
(12,4 %) que chez les femmes (9,3 %). En fait, de l’effectif des migrants internes
nigériens, il faut déduire les 122 983 immigrants internationaux inclus dans le
total. Ainsi, l’effectif total des migrants internes nigériens est d’environ 1 050
728, soit 9,8 % de la population totale résidente nigérienne (sans les immigrants
internationaux). Cette estimation concorde à peu près avec les données du
tableau ci-dessous. Ainsi, les non-migrants représentent 90,2 % de la population
totale résidente native du Niger.

19
Ces pertes d’informations concernent « 40 861 personnes dont le mode de vie est indéterminé » (BCR,
2005f).

Migration au Niger : Profil National 2009 157


Tableau 46 : Statut migratoire de la population native du Niger, 2001
Hommes Femmes Ensemble %
Non-migrants 4 715 197 4 915 177 9 630 374 90,2
Migrants internes de retour 285 983 126 404 412 387 3,8
Migrants internes non
320 111 315 692 635 803 6
retournés
Population sédentaire native
5 321 291 5 357 273 10 678 564 100
du Niger

Source : BCR, 2005f.

158 Migration au Niger : Profil National 2009


ANNEXE III: Sources de données et définition
des catégories utilisées
Source de données

Données nationales de routine :

Au plan national, les données de routine sont produites par la Direction


de la surveillance du territoire (DST) du Ministère de l’Intérieur et de la
Décentralisation. Les rapports annuels de la DST présentent plusieurs types
d’informations portant notamment sur :

-- Les entrées et sorties aux postes frontaliers terrestres et aéroportuaires


internationaux (Niamey et Agadez).
-- Le nombre de permis de séjour établis ou renouvelés.
-- Le nombre de visas de séjour délivrés au Niger.
-- Le nombre d’étrangers non autorisés à entrer au Niger.
-- Le nombre de Nigériens refoulés de l’extérieur.

Données des flux d’entrées et sorties des postes frontaliers :

Les postes frontaliers se situent sur les voies terrestres et aériennes


internationales. Il existe 12 postes frontaliers terrestres :

-- Dan Issa et Madarounfa (région de Maradi)


-- Konni (région de Tahoua)
-- Dan Barto et Tinkim (région de Zinder)
-- Assamaka, Dirkou et Madama (région d’Agadez)
-- N’Guigmi (région de Diffa)
-- Gaya (région de Dosso)
-- Yassan et Makalondi (région de Tillabéry)

Quant aux postes aéroportuaires internationaux, ils ne sont que Niamey


(la capitale nationale) et Agadez, situé dans le nord du pays.

Au niveau des postes frontaliers terrestres, les données sont collectées


tous les jours et transmises régulièrement par radio aux directions régionales,
puis à la Direction centrale à Niamey. Malheureusement, les données transmises
et publiées ne présentent que la nationalité des migrants. Les autres informations
comme l’âge, le sexe, la durée de séjour et le motif du voyage sont absentes des

Migration au Niger : Profil National 2009 159


rapports annuels, bien qu’il semble que toutes ces informations existent dans les
registres établis par les agents des postes frontaliers. Mais de telles informations
ne sont pas exploitées à des fins statistiques.

Par ailleurs, les douze postes frontaliers existants sont insuffisants


pour couvrir les entrées et les sorties effectuées sur le territoire nigérien,
dont la superficie dépasse 1,2 millions de km². La DST elle-même reconnaît
que ses capacités d’action sont actuellement limitées. Des dispositions non
encore opérationnelles ont été prises, à travers la coopération internationale
(notamment française), pour doter le pays de technologies de pointe en matière
de communication par voie satellitaire. Cela vise à assurer une liaison plus rapide
entre les structures déconcentrées et le niveau central, ainsi qu’une surveillance
plus adéquate et efficace des frontières terrestres partagées avec 7 autres pays
de la sous-région.

Pour le moment, ces postes frontaliers ne sont pas dotés de micro-


informatique, voire parfois d’électricité, pour traiter adéquatement les données
collectées qui s’entassent au fil des ans. Outre le renforcement de capacités
nécessaire en termes de ressources humaines et matérielles (ordinateurs et
accessoires), il y a également la nécessité de réorganiser la compilation des
données des postes frontaliers de telles sortes que les informations fournies
soient traitées sur ordinateur et selon plusieurs variables pertinentes (nationalité,
sexe, âge, durée de séjour, etc.).

Il faut également préciser que l’accès aux données en matière de


migration de la DST n’est pas facile, car elles relèvent de la sécurité nationale
du pays. Cependant, quelques données ont pu être obtenues et quelques
informations utiles ont pu en être tirées. Mais en réalité, on peut considérer que
les données de migrations disponibles à la DST ne sont pas suffisamment fiables
ou exhaustives pour permettre de connaître les immigrants qui viennent chaque
année s’installer dans le pays, ni même de déterminer le stock d’immigrants
résidents.

Données des stocks d’immigrants de la DST

Dans ses rapports annuels, la DST publie souvent des informations


relatives à l’établissement ou au renouvellement du permis de séjour, obligatoire
pour les immigrés qui s’installent au Niger pour une période d’au moins trois
mois. Malheureusement, beaucoup de personnes étrangères, notamment

160 Migration au Niger : Profil National 2009


les ressortissants de la CEDEAO,20 ne respectent pas cette disposition ou ne
renouvellent pas leur permis arrivé à échéance. Aussi, le nombre de permis de
séjour établis ou renouvelés ne donne pas une estimation fiable du nombre
d’immigrants au Niger. Certaines nationalités, comme les ressortissants du
Mali et du Tchad, sont exemptées de permis de séjour, selon des accords signés
avec le Niger depuis 1960. D’autre part, la mise en œuvre des textes de la
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) relatifs
à la libre circulation des personnes et des biens rend difficile l’application des
textes du Niger en matière d’immigration, notamment pour ce qui est du permis
de séjour, qui n’est pas toujours considéré comme obligatoire par des immigrés
établis au Niger.21

Données relatives au nombre de visas de séjour délivrés

La DST établit également des statistiques relatives aux demandes de visa


à l’entrée du Niger pour les étrangers n’ayant pas pu remplir les formalités avant
leur départ. Les intéressés doivent ensuite se présenter le plus tôt possible à la
DST pour obtenir leur visa.

Cependant, les statistiques relatives aux visas présentent deux types de


limites : d’une part, elles ne concernent que les étrangers qui demandent le visa
à leur arrivée au Niger, et d’autre part, les ressortissants de certains pays sont
exemptés de formalités de visa (ceux appartenant à l’espace CEDEAO et ceux
ayant conclu des accords avec le Niger, comme la Tunisie, le Maroc, etc.)

Données d’enquêtes

Il existe plusieurs sources d’enquêtes qui peuvent fournir des informations


sur les migrations. Il s’agit notamment de l’enquête démographique de 1960,
des enquêtes démographiques de santé du Niger (EDSN) de 1992, 1998 et
2006 (combinée à l’enquête MICS) et de l’enquête nigérienne sur migration
et l’urbanisation (ENMU) réalisée en 1992/1993. Cependant, les données
d’enquêtes dignes d’intérêt sont celles de 1960 et 1993. Pour le analyser les
migrations au Niger, nous n’avons pas tenu compte des EDSN, qui ne sont pas
appropriées. En effet, les EDSN de 1992, 1998 et 2006 ne sont pas spécifiquement
destinées à mesurer les migrations. On peut seulement obtenir des informations
très limitées relatives aux migrants récents, à travers la comparaison entre le lieu
de résidence au moment de l’enquête et le lieu de résidence passée dans d’autres
20
Les pays membres sont au nombre de 15 (sans la Mauritanie, qui s’est retirée) : Bénin, Burkina Faso, Cap-
Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Nigeria, Niger, Sénégal,
Sierra Leone et Togo.
21
Entretiens à la DST et avec une association d’immigrants du Nigeria.

Migration au Niger : Profil National 2009 161


pays dont les noms ne sont pas précisés. Par ce biais, il est possible également
de connaître la durée de résidence du migrant. Cependant, les résultats des
EDSN qui concernent les migrations n’ont jamais été publiés dans les rapports
d’enquêtes (voir Kourguéni et al., 1992 ; Attama et al, 1998 ; INS et Macro
International, 2007). Par ailleurs, les informations concernent uniquement des
groupes d’âge spécifiques : pour les femmes, il s’agit des groupes d’âge de 15 à
49 ans ; au niveau des hommes, seuls ceux âgés de 15 à 59 ans sont considérés.

L’enquête démographique de 1960

Les informations en matière de migrations dans cette enquête concernent


les Nigériens absents du ménage au moment de l’enquête. Les informations
publiées sont : le nombre de résidents absents de leur ménage, leur durée de
séjour (au Niger ou à l’étranger), leur lieu de destination (au Niger ou à l’étranger),
leur sexe. En fait, l’enquête de 1960 ne s’est pas explicitement intéressée aux
migrations. Cependant, quelques informations concernant les mouvements de
personnes ont été collectées.

L’enquête nigérienne sur migration et l’urbanisation (ENMU) de 1992/1993

L’ENMU a été spécifiquement réalisée pour mesurer les migrations


(émigration, immigration et migration de retour), tenant compte aussi bien des
stocks que des flux, sur la base d’une durée d’au moins 6 mois de résidence
dans le pays d’accueil ou de destination. L’enquête s’est également intéressée
à la biographie des migrants (migrations multiples, itinéraires suivis, motifs des
déplacements à chaque migration, etc.).

Les résultats publiés portent principalement sur les flux migratoires sur la
base de définitions fixées dans le cadre du Réseau migration et urbanisation en
Afrique de l’Ouest (REMUAO) Ce réseau regroupe 8 pays de l’Afrique de l’Ouest
(le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry, le Mali, la Mauritanie, le
Niger, le Nigeria et le Sénégal) ; il est piloté par le CERPOD (Institut du Sahel à
Bamako) avec la collaboration d’autres institutions internationales.

Les définitions des migrants (émigrants, immigrants et migrants de retour)


et la période de référence de 6 mois ou plus de séjour sont identiques à celles
utilisées dans les analyses des recensements. Cependant, certaines méthodes
de calcul des indicateurs ne sont pas tout à fait similaires. En effet, le REMUAO
a utilisé les définitions suivantes pour le calcul des taux d’immigration et
d’émigration :

162 Migration au Niger : Profil National 2009


-- Le numérateur a été estimé en calculant « la somme des migrations d’une
aire géographique vers une autre, c’est-à-dire un flux migratoire », toutes
nationalités confondues (y compris les mouvements des Nigériens). En
somme, les analystes se sont moins intéressés aux stocks de migrants en
termes de nationalités.
-- L’enquête « a recueilli tous les changements de résidence de plus de 6
mois d’une localité à une autre à l’aide d’un questionnaire rétrospectif
qui s’adressait aux individus de 15 ans et plus. Selon cette définition de
la migration, chaque individu a pu migrer plusieurs fois au cours des cinq
années précédant l’enquête (années 1988-92). » La migration durée de vie a
également été estimée pour toutes les personnes de moins ou de plus de 15
ans, pour des besoins de comparaison avec les résultats des recensements
de la population.
-- Par ailleurs, « les migrations temporaires ou saisonnières (de moins de 6
mois) ne sont pas prises en compte » (REMUAO, 1997).

Pour inclure des données d’émigration vers l’étranger au cours de la


même période quinquennale, un autre questionnaire spécifique a été utilisé
pour « saisir des informations sur les personnes ayant quitté le ménage dans les
cinq ans précédent l’enquête ». Cependant, le questionnaire sur les émigrés du
ménage n’a été conçu que pour enregistrer la dernière émigration. Ceci revient
à faire « l’hypothèse que ces émigrés n’ont migré qu’une seule fois au cours des
cinq dernières années ». Les données sur l’émigration sont donc sous-estimées
et ne peuvent en conséquence pas être comptabilisées comme « flux ».

Au niveau du dénominateur, c’est la méthode des années vécues (temps


passé dans une zone géographique pertinente) qui a été retenue, au lieu de « la
population soumise au risque en début de période, en fin de période ou bien au
milieu de période » (REMUAO, 1997). Ainsi, pour tenir compte des « entrées et
sorties de l’aire géographique étudiée », les analystes ont cumulé les durées de
résidence pour toute la population qui a séjourné dans l’aire durant la période
1988-1992. Par exemple, « un individu qui a résidé dans une ville donnée pendant
seulement un an au cours de la période 1988-92 sera comptabilisé par une année
vécue dans la population soumise au risque de la ville considérée ».

Les résultats de l’ENMU ne sont donc pas strictement comparables à ceux


des recensements, qui utilisent la population au milieu de l’année. Cependant,
quelques statistiques de migrations ont été produites selon la méthode
d’analyse des RGPH, à des fins de comparaisons. Il faut également souligner que
malgré sa pertinence, cette enquête, qui date d’environ 15 ans, ne correspond
que partiellement aux réalités actuelles, qui se caractérisent par l’apparition de

Migration au Niger : Profil National 2009 163


nouvelles formes de migrations, comme par exemple les migrations de transit
et les personnes refoulées, et l’accentuation des formes classiques comme les
migrations internes rurales-urbaines et la fuite des cerveaux.

Données des recensements généraux de la population (RGP)

Après les données de l’ENMU de 1993, celles des recensements généraux


de la population (avec ou sans le volet habitat) constituent les sources les plus
crédibles pour analyser les migrations internationales. Malheureusement, les
RGP du Niger ne sont pas directement intéressés à l’émigration internationale.
L’on ne dispose que d’informations sur les stocks d’immigration internationaux
et de migrants de retour de l’extérieur. Les RGP fournissent également
des informations sur la population étrangère résidente et sur les visiteurs
internationaux et internes.

Les données disponibles sur les migrations peuvent être réparties selon
plusieurs autres variables : la résidence antérieure, la durée de résidence, la
nationalité, l’âge, le sexe et d’autres caractéristiques socioéconomiques (niveau
d’éducation, profession, milieu de résidence, etc.). Malheureusement, les
informations publiées dans le rapport d’analyse des migrations ne renseignent
pas systématiquement sur toutes les caractéristiques des migrants. A ce jour, le
Niger a organisé trois recensements généraux de la population : celui de 1977 et
ceux de 1988 et 2001, qui comportent également un volet « habitat ».

Définitions de catégories

Il faut d’emblée souligner qu’il n’existe pas de définition universelle du


terme « migrant », ni au niveau international (Bonifazi et Strozza, 2006), ni au
niveau des sources nationales. Cependant, on convient que « ce terme s’applique
habituellement lorsque la décision d’émigrer est prise librement par l’individu
concerné, pour des raisons « de convenance personnelle » et sans intervention
d’un facteur contraignant externe. Ce terme s’applique donc aux personnes se
déplaçant vers un autre pays ou une autre région aux fins d’améliorer leurs
conditions matérielles et sociales, leurs perspectives d’avenir ou celles de leur
famille » (OIM, Glossaire de la migration, N°9, 2007).

164 Migration au Niger : Profil National 2009


Définition des catégories pour les données de routine collectées par la Direction
de la surveillance du territoire (DST) :
Terme Définition Source
Etranger Tout individu qui n’a pas la nationalité nigérienne, MI/D, Police nationale,
soit qu’il est de nationalité étrangère, soit qu’il 2006
n’a pas de nationalité (apatride).
Etrangers non-immigrants Ils sont répartis en trois groupes : les membres MI/D, Police nationale,
des missions diplomatiques et consulaires, les 2006
officiers, les fonctionnaires et autres agents
étrangers en mission, ainsi que leur famille,
quelle que soit leur durée de séjour au Niger, et
les voyageurs en transit.
Ces trois sous-groupes ne sont pas considérés
comme des immigrants internationaux.
Etrangers immigrants Tous les étrangers qui ne rentrent dans aucun des MI/D, Police nationale,
trois sous-groupes ci-dessus définis. Les réfugiés 2006
font donc également partie de cette catégorie,
même s’ils sont régis par d’autres textes.
Visiteur Toute personne qui se déplace vers un lieu situé OMT, 1994 :
en dehors de son environnement habituel pour recommandations
une durée inférieure à 12 mois et dont le motif sur les statistiques du
principal de la visite est autre que celui d’exercer tourisme
une activité rémunérée dans le lieu visité.

Définition des catégories pour les données des recensements généraux de la


population (RGP) :
Terme Définition Source
Toute personne, présente physiquement ou non lors du passage
de l’agent recenseur, qui vit habituellement dans le ménage
Résident depuis au moins 6 mois ou qui est là depuis moins de 6 mois et BCR, 2005f
qui a l’intention d’y rester pour une durée totale d’au moins 6
mois depuis son arrivée dans le ménage.
Un individu qui aura changé de résidence à un moment ou à un
Migrant BCR, 2005f
autre.
Un individu qui n’a pas effectué de changement de résidence :
Non-migrant son lieu de résidence lors du recensement est égal à son lieu de BCR, 2005f
naissance et est égal à son lieu de résidence antérieure.
Immigrant durée Immigrant international résident au Niger mais qui est né à
BCR, 2005f
de vie l’étranger (même s’il est Nigérien de droit ou par naturalisation).
Résident (qu’il soit nigérien ou non) qui a eu une résidence
Migrant international
antérieure ou a séjourné (pendant une durée de 6 mois ou plus) BCR, 2005f
de retour
dans un autre pays.
Individu qui a eu une résidence antérieure ou a séjourné
Migrant interne de
(pendant une durée de 6 mois ou plus) dans une autre région, BCR, 2005f
retour
département ou arrondissement.

Migration au Niger : Profil National 2009 165


Les opinions exprimées dans la présente publication sont celles des auteurs et ne
reflètent pas les positions de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les
appellations utilisées et la présentation des données dans le rapport n’impliquent pas
l’expression d’opinion de la part de l’OIM concernant des faits tels que statut légal, pays,
territoire, ville ou zone particulière, ou à propos de leurs autorités, ou de leurs frontières
ou confins. Toute omission et erreur reste de la seule responsabilité de l’auteur.

L’OIM croit fermement que les migrations organisées, s’effectuant dans des conditions
décentes, profitent à la fois aux migrants et à la société tout entière. En tant qu’organisme
intergouvernemental, l’OIM collabore avec ses partenaires au sein de la communauté
internationale afin de résoudre les problèmes pratiques de la migration, de mieux faire
comprendre les questions de migration, d’encourager le développement économique et
social grâce à la migration, et de promouvoir le respect effectif de la dignité humaine et le
bien-être des migrants.

Ce document a été produit avec le soutien financier de l’Union européenne, l’Office fédéral
des migrations suisse (ODM) et la Coopération belge au développement. Les opinions
exprimées ci-après sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de
l’Union européenne, de l’Office fédéral des migrations suisse (ODM) et de la Coopération
belge au développement.

Editeur : Organisation internationale pour les migrations


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1211 Genève 19
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© 2009 Organisation internationale pour les migrations (OIM)

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ou transmis par quelque moyen que ce soit – électronique, mécanique, photocopie,
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04_09
Cette publication a été co-financée
par l’Union européenne

Migration au Niger
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