nicolas copernic nicolas copernic
de revolvtionibvs orbivm cœlestivm
des révolutions des orbes célestes de revolvtionibvs orbivm cœlestivm
par Michel-Pierre Lerner, des révolutions des orbes célestes
Alain-Philippe Segonds et Jean-Pierre Verdet
avec la collaboration de Concetta Luna,
Isabelle Pantin, Denis Savoie et Michel Toulemonde
Le présent ouvrage contient l’édition critique du chef-d’œuvre de
Nicolas Copernic (1473-1543) publié à Nuremberg l’année de sa mort
sous le titre De revolutionibus orbium cœlestium libri VI. Le texte critique,
établi à partir de l’édition princeps de 1543 et de l’autographe qui – fait
exceptionnel au xvie siècle – a été conservé et est parvenu jusqu’à nous,
est accompagné d’une traduction française en vis-à-vis, d’une ample
introduction, et d’un commentaire détaillé.
Le Volume I contient une introduction dans laquelle sont étudiés
notamment la vie et l’œuvre de Copernic, ses divers travaux astro-
nomiques, le contenu et la fortune de son œuvre majeure jusqu’à sa
condamnation par la Congrégation romaine de l’Index en 1616, et,
enfin, l’histoire du texte du De revolutionibus.
Le Volume II contient l’édition critique du texte du De revolutionibus
publié en 1543, suivie de l’édition de plusieurs passages de l’autographe
non repris dans l’édition imprimée. Le texte latin est accompagné de
la traduction française en vis-à-vis. Trois index complètent le volume,
dont un Index verborum de la langue technique de Copernic.
Le Volume III contient un appareil systématique de notes, plusieurs
appendices, un riche dossier iconographique et divers index. édition critique et traduction
La présente édition du De revolutionibus orbium cœlestium, qui totalise
quelque 2 700 pages, est le fruit d’un long travail collectif réunissant par Michel-Pierre Lerner,
des compétences diverses, nécessaires pour appréhender sous tous ses Alain-Philippe Segonds et Jean-Pierre Verdet
aspects une œuvre fondamentale qui marque le début de la cosmologie
et de l’astronomie modernes, et donne naissance à une vision de l’univers
et de la science complètement nouvelle. trois volumes sous coffret
Cette publication est la onzième dans la collection Science et tirage limité
Humanisme fondée par Alain-Philippe Segonds.
Science et Humanisme
Première page de couverture :
les belles lettres
Nicolas Copernic, De revolutionibus orbium cœlestium libri VI, 2015
Nuremberg, 1543, f. 9v. Ne peut être vendu.
Des révolutions des orbes célestes
1473 nicolas copernic 1543
Cette publication bénéficie du soutien
des organismes suivants :
Première édition critique bilingue
Volume I : Introduction
Volume II : Texte et traduction du De revolutionibus orbium cœlestium
Volume III : Notes ; appendices ; dossier iconographique ; index général
• Un événement éditorial international
• Une édition scientifique de référence
• Une somme magistrale de 2 700 pages
• Des documents rares présentés dans un cahier hors-texte de 16 pages
(n&b et coul.)
• Trois volumes reliés imprimés sur papier fin ivoiré, tranchefile et signet,
rassemblés dans un somptueux coffret
• Emballage spécial au format
Édition critique et traduction par Michel-Pierre Lerner, Alain-Philippe Segonds et
Jean-Pierre Verdet
Collection Sciences et Humanisme
3 volumes 15 x 24 cm sous coffret
199 €
ISBN 978-2-251-34514-7
En librairie le 13 novembre 2015
NICOLAS COPERNIC
DE REVOLVTIONIBVS ORBIVM CŒLESTIVM
DES RÉVOLUTIONS DES ORBES CÉLESTES
édition critique, traduction,
introduction et notes
par michel-pierre lerner, alain-philippe segonds
et jean-pierre verdet
avec la collaboration
de concetta luna, isabelle pantin,
denis savoie, michel toulmonde
trois volumes sous coffret
SCIENCE
ET
HUMANISME
LES BELLES LETTRES
2015
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TABLE DES MATIÈRES
DES TROIS VOLUMES
VOLUME I
INTRODUCTION
Avant-propos
Abréviations et sigles
I. Aperçu biographique
II. Les travaux astronomiques de Copernic
III. Le De revolutionibus
IV. La réception de l’héliocentrisme copernicien :
de 1540 à la condamnation de 1616
V. La question des précurseurs
VI. Histoire du texte du De revolutionibus
Annexes I-XVII
Index des noms anciens
Index des noms modernes
Index géographique
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VOLUME II
DE REVOLVTIONIBVS ORBIVM CŒLESTIVM
DES RÉVOLUTIONS DES ORBES CÉLESTES
Sigla
Texte latin et traduction française en vis-à-vis
Principaux passages de l’autographe
qui n’ont pas été repris dans l’édition de 1543
Index nominum
Index geographicus
Index verborum
VOLUME III
NOTES, APPENDICES, DOSSIER ICONOGRAPHIQUE,
INDEX GÉNÉRAL
Abréviations et sigles
Sommaire analytique
Notes (livres I-VI)
Notes complémentaires
Notes sur les principaux passages de l’autographe
qui n’ont pas été repris dans l’édition de 1543
Appendice
La condamnation de 1616 et la censure du De revolutionibus
(texte latin et traduction française en vis-à-vis)
Notes
Copernic et les Index espagnols
Dossier iconographique
Index des noms anciens et modernes
Index géographique
Index rerum notabilium
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GENÈSE, CARACTÈRE ET FORTUNE
DE L’ŒUVRE DE COPERNIC
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Il est très difficile de nos jours de
comprendre et d’apprécier dans
leur grandeur effective l’effort
intellectuel, l’audace et le courage
moral représentés par l’œuvre de
Copernic.
Alexandre Koyré
Genèse de l’œuvre
Le De revolutionibus orbium cœlestium, préparé pendant de longues années
par le chanoine catholique Nicolas Copernic (1473-1543) dans l’isolement
de la lointaine Warmie (Pologne), et publié l’année même de sa mort à
Nuremberg, célèbre centre scientifique de l’Allemagne luthérienne, ce livre
« épocal », qui est à l’origine de la vision moderne de l’univers, aurait bien pu
ne jamais paraître.
Au début des années 1510, Copernic laisse circuler sous le voile de
l’anonymat un court manuscrit connu par la postérité sous le nom de
Commentariolus. Il y présente les grandes lignes d’une nouvelle doctrine cos-
mologique qui sera qualifiée plus tard de « révolutionnaire ». En voici les
points essentiels :
– le centre de la Terre n’est pas le centre du monde, qui est occupé par
le Soleil ;
– la distance du Soleil à la Terre est imperceptible en comparaison de la
hauteur du firmament ;
– la Terre fait une révolution complète en un jour autour de ses pôles,
tandis que le firmament demeure immobile ;
– les mouvements qui paraissent appartenir au Soleil proviennent de la
Terre, qui effectue des révolutions autour du Soleil comme n’importe quelle
autre planète ;
– le mouvement de la Terre suffit à expliquer à lui seul un nombre consi-
dérable d’irrégularités apparentes dans le ciel.
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8 GENÈSE, CARACTÈRE ET FORTUNE
Dans le Commentariolus, Copernic précise que, à la différence des
Pythagoriciens, il a des raisons solides pour soutenir la mobilité de la Terre,
et il annonce, à l’intention des astronomes professionnels, qu’ils trouveront
dans un futur ouvrage de plus grande ampleur toutes les démonstrations
mathématiques nécessaires à l’appui de sa thèse.
On ignore tout de la circulation effective de ce court traité de Copernic
et des réactions qu’il a suscitées, mais on a des raisons de penser qu’elles
n’ont été favorables ni du côté de ses confrères du chapitre de Warmie,
ni du côté des philosophes et des astronomes dans les universités. Indice
probant : en 1524, dans un écrit consacré à réfuter l’astronome Johannes
Werner qui proposait d’enrichir la machina mundi d’un onzième ciel pour
sauver de supposées irrégularités nouvellement décelées dans les mouve-
ments des étoiles fixes, Copernic ne dit rien de sa propre solution, qui
consiste à ramener tous ces déplacements stellaires apparents à un mouve-
ment de l’axe de la Terre.
Il semble bien en effet que, pour éviter des réactions hostiles venant
de divers horizons, Copernic a renoncé à rendre public le traité annoncé
une dizaine d’années plus tôt — sur lequel il continue néanmoins de tra-
vailler et où il expose plus au long la doctrine héliocentrique avec son
appareil de démonstrations mathématiques. Au lieu de cela, il a décidé
de publier seulement des tables astronomiques sans exposer les prin-
cipes théoriques sur lesquels ces tables reposent. Ce faisant, il imiterait
les astronomes qui publiaient de simples volumes de tables dépourvus de
toute introduction cosmologique. Le bon accord des tables avec les phé-
nomènes célestes était l’unique critère exigé par leurs utilisateurs, princi-
palement les astrologues.
Pour se justifier, Copernic avait prévu de s’abriter derrière le silence
gardé par les Pythagoriciens sur les enseignements de leur maître Pythagore.
C’est ainsi que, dans sa première rédaction, le premier livre du De revolutioni-
bus s’achevait par la traduction d’un texte pythagoricien apocryphe, la Lettre
de Lysis à Hipparque, où il est reproché à Hipparque de rendre publiques les
secrets de l’École, au lieu de se contenter de les transmettre aux amis ou aux
parents, pour éviter le scandale. Copernic a vu dans cette lettre un encoura-
gement à garder secrète sa doctrine de l’héliocentrisme (Extrait 8).
Cette décision, heureusement, va être contrecarrée par des amis et des
admirateurs. Pour eux, l’esprit exceptionnel de Copernic dont la réputa-
tion a fini par atteindre l’Italie et l’Allemagne, se doit de communiquer aux
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DE L’ŒUVRE DE COPERNIC 9
hommes le fruit de son audacieuse spéculation, dût-elle être jugée absurde et
mise au ban par la majorité des théologiens et même des astronomes.
Parmi les hommes d’Église dont le rôle a été déterminant, il y a le cardi-
nal Nicolas Schönberg, qui invite Copernic en 1536, depuis Rome, à publier
« ses méditations sur la sphère du monde ». Et son ami l’évêque de Warmie,
Tiedemann Giese, lui fait valoir que des tables, à elles seules, ne permet-
traient pas aux utilisateurs de remonter aux hypothèses et à la cosmologie
dont elles sont issues, et compose un traité dans lequel il soutient que la thèse
géocinétique de Copernic ne contredit pas les textes de l’Écriture sainte.
Mais le rôle déterminant dans la mise au point définitive de l’ouvrage en
vue de sa publication revient à un jeune et brillant mathématicien et hellé-
niste : Georg Joachim Rheticus (1514-1574). Élève de Philippe Melanchthon,
le luthérien Rheticus a été attiré en Warmie par la réputation que Copernic
s’est acquise auprès de certains astronomes comme Johannes Schöner, et il
va travailler pendant plus de deux ans aux côtés du vieux chanoine (Copernic
a 66 ans quand Rheticus arrive chez lui, à Frombork, en 1539). Au bout de
six mois, Rheticus a assimilé la complexe doctrine de son maître et il publie
dès 1540 une Narratio prima (Premier rapport) dans laquelle il expose les
grandes lignes de la doctrine héliocentrique. Le livre est bien accueilli, et il
connaît une deuxième édition l’année suivante. Plus rien dès lors ne s’op-
pose à la publication du magnum opus de Copernic.
Le De revolutionibus orbium cœlestium
La présentation de l’ouvrage au public
L’ouvrage qui paraît à Nuremberg en mars 1543 chez Johannes Petreius,
imprimeur réputé d’ouvrages scientifiques (et aussi d’écrits de réformateurs
luthériens), a été composé à partir d’une belle copie réalisée à Frombork
par Copernic avec le concours de Rheticus et emportée par ce dernier en
Allemagne. L’impression en a été suivie dans un premier temps par Rheticus
lui-même, puis, après son départ à Leipzig pour occuper une chaire de
mathématiques, par Andreas Osiander. Ce théologien, proche de Luther et
de Melanchthon, occupe à Nuremberg une position prééminente. Pour que
puisse paraître le livre de Copernic, auteur qu’il admire et dont il connaît
depuis 1540 la thèse centrale par la Narratio prima de Rheticus, Osiander
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10 GENÈSE, CARACTÈRE ET FORTUNE
estime nécessaire d’en neutraliser la portée révolutionnaire. Aussi, sans en
avertir ni Copernic, ni Rheticus, prend-il sur lui de placer en tête de l’ou-
vrage un avertissement non signé : l’Ad lectorem de hypothesibus huius operis,
dans lequel il déclare notamment :
Je ne doute pas que certains savants, une fois que se sera répandue la rumeur
de la nouveauté des hypothèses de cet ouvrage, qui pose que la Terre est mobile
tandis que le Soleil est immobile au milieu de l’univers, ne soient vivement
choqués et ne pensent qu’on ne doit pas ébranler les arts libéraux, alors qu’ils
sont solidement établis de longue date. Mais en vérité, s’ils veulent considérer la
chose avec soin, ils trouveront que l’auteur de cet ouvrage n’a rien commis qui
mérite reproche. Il revient en effet en propre à l’astronome de faire l’histoire
des mouvements célestes par une observation diligente et habile, puis, comme
il ne peut d’aucune façon atteindre les véritables causes de ces mouvements, ou
hypothèses, de concevoir et d’inventer des [hypothèses] quelles qu’elles soient par
la supposition desquelles on puisse calculer avec exactitude, à partir des principes
de la géométrie, ces mouvements tant pour le futur que pour le passé. Or, l’auteur
de cet ouvrage a excellemment accompli l’une et l’autre tâche. Il n’est en effet pas
nécessaire que ces hypothèses soient vraies, ni même vraisemblables, mais il suffit
qu’elles fournissent un calcul qui s’accorde avec les observations […]. Laissons
donc à ces nouvelles hypothèses aussi le droit de se faire connaître de concert avec
les anciennes, sans qu’elles soient en rien plus vraisemblables que ces dernières,
et cela surtout parce qu’elles sont admirables et faciles, et qu’elles apportent
avec elles un immense trésor de très savantes observations. Et que personne, en
matière d’hypothèses, ne demande rien de certain à l’astronomie puisqu’elle ne
peut rien offrir de tel ; ainsi, ne prenant pas pour vraies des choses qui ont été
imaginées pour un autre usage, on ne quittera pas cette discipline plus stupide
qu’on ne l’avait abordée. Salut.
Ce texte anonyme est suivi d’une « Préface de l’auteur » adressée en forme
de dédicace au pape Paul III. La décision courageuse, et même téméraire, de
publier cette nouvelle astronomie contraire à la fois au sens commun, à la
philosophie reçue et à l’interprétation obvie de l’Écriture sainte, ne pouvait en
effet aller sans une tentative de défense et une demande de protection adressée
au plus haut représentant de la chrétienté en la personne du souverain pontife.
Copernic y rappelle d’abord son hésitation première à publier en invo-
quant l’exemple des Pythagoriciens, puis il explique pourquoi il a finalement
changé d’avis :
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DE L’ŒUVRE DE COPERNIC 11
Cependant, mes amis vinrent à bout de mes longues hésitations, et même de ma
résistance. Le premier de ces amis fut Nicolas Schönberg, cardinal de Capoue,
célèbre en toute espèce de savoir. Ensuite, il y eut Tiedemann Giese, évêque
de Chełmno, qui me porte une très grande affection et qui est plein de zèle
pour les lettres tant sacrées que profanes. C’est lui, en effet, qui m’a exhorté
fréquemment et m’a pressé, quelquefois même avec des reproches, de publier
ce livre et de laisser enfin voir le jour à cet ouvrage qui, renfermé chez moi,
était demeuré caché non pas seulement neuf ans mais plus de trois fois neuf
ans. C’est également ce que me demandèrent quantité d’autres personnes très
éminentes et très savantes, m’exhortant à ne pas refuser plus longtemps, à cause
de la crainte que je concevais, de livrer mon œuvre pour l’utilité commune de ceux
qui étudient les mathématiques. Il se peut, disaient-elles, que toute absurde que
paraisse maintenant au plus grand nombre ma doctrine du mouvement de la
Terre, elle ne doive en obtenir que plus d’admiration et de faveur, une fois qu’on
aura vu par l’édition de mes commentaires les ténèbres de l’absurdité dissipées
par les plus claires démonstrations. Aussi, persuadé par ces personnes et mû par
cet espoir, j’ai enfin permis à des amis de faire l’édition, qu’ils me demandaient
depuis si longtemps, de mon ouvrage.
Le De revolutionibus s’offre donc au public en 1543 muni d’une double
entrée : d’abord avec le contre-poison de l’Ad lectorem (destiné, dans l’es-
prit d’Osiander, à servir de sauf-conduit pour le livre), puis avec la subs-
tance non frelatée, à savoir la véritable doctrine présentée par son auteur à
visage découvert en même temps qu’il expose le cheminement de sa pensée
(Extrait 1).
Le contenu du De revolutionibus orbium cœlestium : un mélange
d’audace et de tradition
Le De revolutionibus est un traité d’astronomie complet, dont le modèle est
l’Almageste de l’astronome alexandrin Claude Ptolémée écrit dans les années
140 de notre ère.
On mesurera toujours mal l’audace qu’il a fallu à Copernic, travaillant
seul dans un coin isolé de l’Europe, sans contact avec les savants européens
experts dans sa discipline, pour mener à bien son projet : s’attaquer, en vue
de le remplacer, au prestigieux monument de science observationnelle et
mathématique qui régnait sur l’astronomie occidentale et arabe depuis de
longs siècles. Copernic est le premier astronome depuis Ptolémée à oser se
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12 GENÈSE, CARACTÈRE ET FORTUNE
penser capable d’une tâche aussi immense et à en exposer hardiment la thèse
centrale — voilà qui suffit à disqualifier l’image du chanoine « craintif »
qu’Arthur Koestler a voulu bien malencontreusement accoler à Copernic
dans Les Somnambules.
L’audace en question tient, bien entendu, dans l’idée centrale de l’œuvre
défendue par son auteur avec intrépidité et franchise — à l’inverse de ce que
voulait faire accroire Osiander —, à savoir la thèse absurde à tous égards,
selon laquelle la Terre, tenue pour immobile depuis des temps immémoriaux
aussi bien par le vulgaire que par les savants, est en fait mue dans le ciel à
l’instar des autres planètes, et accomplit, comme elles, un circuit autour du
Soleil qui vient occuper, immobile, le centre de l’univers.
L’essentiel du premier livre du De revolutionibus est consacré à réfuter les
arguments déniant la possibilité physique de la mobilité du globe terrestre.
Contre la thèse géocentrique consacrée par Aristote quelque deux mille ans
plus tôt et confortée par Ptolémée, Copernic ose immobiliser le ciel des
étoiles fixes et mettre la Terre en rotation sur elle-même toutes les vingt-
quatre heures, soutenant, contre les philosophes de la nature, que les phéno-
mènes observés à sa surface ne seraient en rien affectés par sa cyclophorie
quotidienne. Mais il va plus loin encore en postulant un deuxième mouve-
ment : celui de la révolution héliocentrique de la Terre. Copernic déloge
en effet celle-ci de sa position centrale pour lui donner le statut plein et
entier de planète, c’est-à-dire qu’il en fait un astre errant, au même titre que
Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, planètes tournant toutes autour du
Soleil — qui, lui, se voit immobilisé au milieu du monde (Extrait 2).
Les implications cosmologiques de cette inversion des places occupées
dans l’univers respectivement par la Terre et le Soleil sont considérables :
avec la disposition héliocentrique des planètes, la loi entrevue par certains
astronomes anciens, selon laquelle il y a proportion directe entre les périodes
et les distances des planètes à leur centre de révolution, se trouve démon-
trée. Chez Copernic, le monde planétaire forme pour la première fois un
véritable système et n’est plus un simple agrégat de planètes qui se meuvent
dans le ciel sans loi mathématique rigoureuse.
Mais la thèse de Copernic a une autre implication plus audacieuse encore
que celle relative à l’architecture du monde planétaire proprement dit. S’il est
vrai que la Terre tourne autour du Soleil en un an, alors une conséquence
nécessaire devrait s’ensuivre. Du fait de la parallaxe, l’apparence du ciel
étoilé devrait notablement changer pour un observateur selon la position
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DE L’ŒUVRE DE COPERNIC 13
qu’occupe la Terre sur son circuit. L’argument avait une force toute par-
ticulière pour les contemporains de Copernic vivant dans un monde aux
dimensions incroyablement petites, avec un Soleil distant de la Terre d’en-
viron 1 200 rayons terrestres, et une sphère des étoiles fixes située à moins
de 20 000 rayons terrestres. Pour sauver la révolution annuelle de la Terre
en échappant à la conséquence susdite, Copernic déclare que les étoiles se
trouvent à une distance si considérable du centre du monde que la trajec-
toire héliocentrique de la Terre ne modifie en rien le paysage stellaire tout
au long de sa course. Autrement dit, alors que les Anciens tenaient le ciel de
Saturne et celui des étoiles fixes pour contigus, Copernic introduit entre eux
un intervalle immense, soit un espace vide de tout corps. Espace immense
au point que l’on a pu se demander si le monde de Copernic n’enflerait
pas jusqu’à devenir infini ! Quoi qu’il en soit, il y avait là une autre implica-
tion de la doctrine héliocentrique qui ne pouvait que rendre plus difficile sa
réception.
Les éléments traditionnels dans le De revolutionibus
Alors que toute l’audace du message copernicien est concentrée pour
l’essentiel dans les onze premiers chapitres du livre I, les trois derniers
chapitres de ce même livre, consacrés à la trigonométrie, et les livres II à
VI consacrés respectivement aux étoiles, au mouvement du Soleil (= de la
Terre), à la théorie de la Lune, et aux mouvements en longitude et en latitude
des cinq planètes, se rattachent à la tradition du corpus astronomicum médié-
val. Les instruments d’observation à l’œil nu, avec leur degré de précision
relatif, l’appareil mathématique euclidien, les modèles cinématiques d’inspi-
ration ptoléméenne reposant sur diverses combinaisons de cercles (à l’ex-
ception de l’usage de l’équant rejeté par Copernic au motif qu’il contredit
le principe du mouvement circulaire uniforme), le langage même employé
pour parler, selon l’usage ordinaire, de lever et de coucher du Soleil et des
étoiles, et autres phénomènes semblables — tout dans le De revolutionibus est
identique à ce qu’on trouve dans l’Almageste et dans l’Epitome de Johannes
Regiomontanus (1496).
Cet air de famille incontestable avec la structure et les procédures d’ana-
lyse des traités traditionnels explique largement pourquoi, muni du viatique
de l’Ad lectorem neutralisant les effets potentiellement destructeurs de sa
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14 GENÈSE, CARACTÈRE ET FORTUNE
thèse cosmologique centrale, le De revolutionibus va trouver grâce auprès des
spécialistes de la discipline. Bénéficiant, pour ses modèles cinématiques, de
séries d’observations plus longues (mais non pas plus exactes) que celles de
ses prédécesseurs, Copernic a pu dresser des tables plus précises que celles
en usage jusqu’à lui. Avantage très opportunément mis en œuvre dans les
Tables Pruténiques (1551) élaborées par Érasme Reinhold (1511-1553) — lui-
même hostile au géocinétisme — sur la base des paramètres coperniciens,
tables nouvelles qui sont rapidement exploitées par les professionnels (astro-
logues et médecins) intéressés à obtenir de meilleures prévisions que celles
résultant de l’emploi des Tables Alphonsines et de leurs adaptations modernes.
D’où l’accueil en général très favorable, et même la célébration du mathema-
ticus Copernic, tenu par certains pour un nouveau Ptolémée.
La fortune du De revolutionibus
Entre 1543 et 1616, seuls quelques très rares esprits lucides, fidèles à
l’intention de Copernic — Georg Joachim Rheticus, Michael Maestlin,
Christophe Rothmann, Johannes Kepler, Galilée — reprennent à leur
compte l’audacieuse vision du monde proposée dans le De revolutionibus.
Un choix qu’ils doivent défendre, eux aussi, contre les critiques de tous
bords adressées à la doctrine « absurde » de Copernic. En effet, l’immense
majorité des astronomes, des philosophes et des théologiens (qu’ils soient
catholiques ou réformés) font un usage « instrumentaliste » de Copernic,
loué pour avoir proposé une hypothèse ingénieuse dont la fécondité mathé-
matique est confirmée par les tables et éphémérides qui en sont dérivées.
Cette approche pragmatique a du reste été renforcée par les critiques de
l’astronome danois Tycho Brahe contre le géocinétisme copernicien et par
la confortable solution de compromis géo-héliocentrique qu’il propose. Et
de fait, en raison de la qualité et de la quantité de ses observations, Brahe
offre une meilleure prévision des mouvements célestes que celle obtenue à
partir des Tables Pruténiques, tout en restant fidèle aux principes de la phy-
sique reçue et à l’interprétation traditionnelle des passages cosmologiques
de la Bible.
Mais à partir de 1610, année de la publication du Sidereus nuncius de
Galilée, tout change. Dans cet ouvrage petit par la taille, mais considé-
rable par le contenu, Galilée révèle au monde, grâce à la lunette astrono-
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DE L’ŒUVRE DE COPERNIC 15
mique, des spectacles célestes encore jamais vus — la Lune a un relief,
Jupiter est accompagné de quatre satellites, les étoiles fixes sont beau-
coup plus nombreuses que celles vues à l’œil nu —, en même temps qu’il
proclame son ralliement à l’héliocentrisme comme authentique système
du monde, dont il suggère qu’il sera confirmé par l’observation. Dans ce
texte et dans d’autres publiés en 1612 et 1613, et aussi dans des lettres
écrites en défense du géocinétisme contre les attaques de certains théo-
logiens, Galilée remet sur le devant de la scène le vrai Copernic, avec sa
doctrine dérangeante.
Le combat, toutefois, est inégal. Le 5 mars 1616, au terme d’une pro-
cédure judiciaire engagée contre Galilée, la Congrégation romaine de l’In-
dex juge que Copernic n’est pas un inoffensif Ptolémée redivivus, mais un
membre dangereux de la secte des Pythagoriciens, dont il partage et répand
« la fausse doctrine, totalement contraire à l’Écriture sainte ». Renonçant
toutefois à interdire absolument le De revolutionibus, la Congrégation le sus-
pend en attente de correction.
Quatre ans plus tard, par un décret en date du 15 mai 1620, la même
Congrégation publie la liste des erreurs du livre qu’il convient de corriger
pour le rendre inoffensif aux yeux des lecteurs catholiques. Une mesure qui
déclenchera les sarcasmes de Kepler :
À chacun son injustice. La suprême injustice contre le livre des Révolutions de
Copernic, c’est que des ignares en matière d’astronomie (jugeant des censures
des livres non selon leur esprit, mais de façon erronée) estiment qu’il ne faut
pas lire ce livre sans avoir au préalable ôté le mouvement de la Terre : ce qui
serait autant dire qu’il ne faut pas le lire avant qu’il ait été consumé par le feu.
C’est pourquoi, décidant que de tels gens ne doivent pas être réfutés avec des
arguments, mais par le rire, j’ai composé l’épigramme suivante :
Pour qu’il ne fornique pas, ils ont pu châtrer le Poète
Privé de ses testicules, il lui restait la vie.
Malheur à toi, ô Pythagore, qui, dit-on, as abusé de ton cerveau
Ils te concèdent de vivre, mais ils t’ont auparavant
décérébré.
La suite est connue. Pour avoir eu l’audace de contourner les interdits
des théologiens romains en publiant le Dialogo sopra i due massimi sistemi del
mondo (1632) dans lequel il prend le parti d’un Copernic non « châtré », la
Congrégation du Saint-Office impose en 1633 à Galilée d’abjurer en tant
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16
que « fortement suspect d’hérésie pour avoir tenu et cru une doctrine fausse
et contraire aux saintes et divines Écritures, à savoir que le Soleil est le centre
du monde et qu’il ne se meut pas d’orient en occident, et que la Terre se
meut et qu’elle n’est pas le centre du monde ». Par un décret en date du 23
août 1634, le Dialogo est mis à l’Index.
Bien que corrigé, le De revolutionibus continuera de figurer, avec l’Epitome
astronomiae copernicanae de Kepler condamné en 1619 et le Dialogo de Galilée
— interdits, eux, absolument — dans les différentes éditions de l’Index
publiées par Rome jusqu’au xixe siècle. C’est seulement dans l’édition de
l’Index librorum prohibitorum publiée en 1835 que le nom de Copernic dispa-
raît, avec ceux de Foscarini, Zuñiga, Kepler et Galilée.
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EXTRAITS
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Extrait 1
Lettre-préface au pape Paul III
[…] peut-être Ta Sainteté ne s’étonnera-t-Elle pas tant que j’aie osé
mettre au jour ces miens travaux, étant donné que j’avais consacré à leur
mise au point tant de labeur que je n’avais pas hésité à mettre par écrit mes
idées sur le mouvement de la Terre, qu’Elle ne sera désireuse d’apprendre
comment il m’est venu à l’esprit d’oser imaginer, pour la Terre, quelque
mouvement, et ce contrairement à l’opinion reçue des mathématiciens et,
pour ainsi dire, contre le sens commun. C’est pourquoi je ne veux pas cacher
à Ta Sainteté que rien ne m’a incité à penser à une autre façon de calculer
les mouvements des sphères du monde, sinon le fait d’avoir compris que
les mathématiciens ne s’accordent pas entre eux dans la recherche desdits
mouvements. En premier lieu, en effet, ils sont à ce point incertains sur
les mouvements du Soleil et de la Lune, qu’ils ne peuvent même pas déter-
miner ni confirmer par l’observation une grandeur constante pour l’année
tropique. Ensuite, en établissant les mouvements des deux [astres] en ques-
tion et des cinq autres astres errants, ils n’utilisent pas les mêmes principes,
ou hypothèses, ni non plus les mêmes démonstrations pour les révolutions
et les mouvements apparents. De fait, les uns utilisent seulement les cercles
concentriques, les autres, les excentriques et les épicycles, sans cependant
parvenir pleinement par là au but qu’ils se proposent. En effet, ceux qui
se sont fiés aux cercles concentriques, bien qu’ils aient pu démontrer que
certains mouvements non-uniformes peuvent être composés à l’aide de ces
cercles, n’ont cependant rien pu établir de certain qui s’accordât pleinement
avec les phénomènes. Quant à ceux qui ont imaginé les excentriques, bien
qu’ils semblent dans une large mesure avoir, par leur moyen, résolu le pro-
blème des mouvements apparents, grâce à des calculs appropriés, ils ont
toutefois admis, ce faisant, de nombreuses choses qui paraissent contredire
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Extrait 1
Praefatio authoris
(p. 6.26-10.8)
[…] non tam mirabitur fortasse Sanctitas tua, quod has meas
lucubrationes ædere in lucem ausus sim posteaquam tantum operæ
in illis elaborandis mihi sumpsi, ut meas cogitationes de terræ motu
etiam literis committere non dubitauerim, sed quod magis ex me
audire expectat, qui mihi in mentem uenerit, ut contra receptam opinio-
nem Mathematicorum, ac propemodum contra communem sensum,
ausus fuerim imaginari aliquem motum terræ. Itaque nolo Sanctitatem
tuam latere, me nihil aliud mouisse, ad cogitandum de alia ratione
subducendorum motuum sphærarum mundi, quam quod intellexi,
Mathematicos sibi ipsis non constare in illis perquirendis. Primum enim
usque adeo incerti sunt de motu Solis & Lunæ, ut nec uertentis anni
perpetuam magnitudinem demonstrare & obseruare possint. Deinde
in constituendis motibus, cum illarum, tum aliarum quinque errantium
stellarum, neque ijsdem principijs & assumptionibus, ac apparentium
reuolutionum motuumque demonstrationibus, utuntur. Alij namque
circulis homocentris solum, alij eccentris & epicyclis, quibus tamen
quæsita ad plenum non assequuntur. Nam qui homocentris confisi
sunt, etsi motus aliquos diuersos ex eis componi posse demonstraue-
rint, nihil tamen certi, quod nimirum phænomenis responderet, inde
statuere potuerunt. Qui uero excogitauerunt eccentrica, etsi magna
ex parte apparentes motus, congruentibus per ea numeris absoluisse
uideantur : pleraque tamen interim admiserunt, quæ primis principijs, de
motus æqualitate, uidentur contrauenire. Rem quoque præcipuam, hoc
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20 LETTRE-PRÉFACE
les principes premiers relatifs à l’uniformité du mouvement. De plus, ils
n’ont pas été en mesure de découvrir ou de déduire à partir de ces cercles la
chose principale, c’est-à-dire la forme du monde et l’exacte proportion exis-
tant entre ses parties ; il leur arrive ce qui arriverait à qui prendrait de divers
côtés des mains, des pieds, une tête et d’autres membres, fort bien représen-
tés en eux-mêmes, sans doute, mais sans qu’ils soient rapportés à un même
corps, puisqu’ils ne vont pas ensemble : c’est un monstre que l’on formerait
ainsi bien plutôt qu’un homme. C’est pourquoi, dans le déroulement de leur
démonstration (ce que l’on nomme methodos), on découvre qu’ils ont soit
omis quelque chose de nécessaire, soit admis quelque chose d’étranger et de
tout à fait inapproprié. Cela ne leur serait pas arrivé, s’ils avaient suivi des
principes certains. Car si les hypothèses qu’ils ont admises n’étaient pas fal-
lacieuses, tout ce qui en découle serait vérifié sans aucun doute. Les propos
que je tiens maintenant sont assurément obscurs, mais ils deviendront plus
clairs le moment venu.
Ayant donc longuement médité sur cette incertitude des enseignements
des mathématiciens relativement à la détermination des mouvements des
sphères du monde, je commençai à être préoccupé de ce que les mouve-
ments de la machine du monde, qui a été créée pour nous par le meilleur et
le plus exact de tous les artisans, ne fussent pas connus avec plus de certitude
par les philosophes qui, par ailleurs, ont examiné avec tant d’exactitude des
choses qui sont absolument minuscules en comparaison du monde. C’est
pourquoi j’entrepris la tâche de relire le plus de livres possible des philo-
sophes, pour rechercher si l’un d’entre eux avait jamais pensé que les sphères
du monde eussent d’autres mouvements que ceux que leur attribuaient les
professeurs de mathématiques dans les écoles. Et ainsi, j’ai trouvé d’abord
chez Cicéron que [Hicétas] était d’avis que la Terre se meut ; puis, je trou-
vai chez Plutarque aussi que quelques autres auteurs avaient partagé cette
opinion. Et pour que tous puissent avoir accès à ses paroles, j’ai décidé de
les transcrire ici : Alors que les autres philosophes pensent que la Terre est en repos,
Philolaos le Pythagoricien pense que la Terre se meut à l’instar du Soleil et de la Lune
autour du feu, sur un cercle oblique. Héraclide du Pont et Ecphante le Pythagoricien font
se mouvoir la Terre non pas selon un mouvement de translation, mais à la manière d’une
roue, dans une rotation du couchant au levant autour de son propre centre.
L’occasion m’étant ainsi donnée, j’ai commencé moi aussi à songer à
mettre la Terre en mouvement. Et bien que l’opinion semblât absurde, néan-
moins, dès lors que je savais que d’autres avaient eu la liberté d’imaginer
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PRÆFATIO AVTHORIS 21
est mundi formam, ac partium eius certam symmetriam non potuerunt
inuenire, uel ex illis colligere. Sed accidit eis perinde, ac si quis e diuersis
locis, manus, pedes, caput, aliaque membra, optime quidem, sed non
unius corporis comparatione, depicta sumeret, nullatenus inuicem sibi
respondentibus, ut monstrum potius quam homo ex illis compone-
retur. Itaque in processu demonstrationis, quam μέθοδον uocant, uel
præterijsse aliquid necessariorum, uel alienum quid, & ad rem minime
pertinens, admisisse inueniuntur. Id quod illis minime accidisset, si
certa principia sequuti essent. Nam si assumptæ illorum hypotheses
non essent fallaces, omnia quæ ex illis sequuntur, uerificarentur pro-
culdubio. Obscura autem licet hæc sint, quæ nunc dico, tamen suo loco
fient apertiora.
Hanc igitur incertitudinem Mathematicarum traditionum, de colli-
gendis motibus sphærarum orbis, cum diu mecum reuoluerem, cœpit
me tædere, quod nulla certior ratio motuum machinæ mundi, qui propter
nos, ab optimo & regularissimo omnium opifice, conditus esset, philo-
sophis constaret, qui alioqui rerum minutissima respectu eius orbis, tam
exquisite scrutarentur. Quare hanc mihi operam sumpsi, ut omnium
philosophorum, quos habere possem, libros relegerem, indagaturus, an
ne ullus unquam opinatus esset, alios esse motus sphærarum mundi,
quam illi ponerent, qui in scholis Mathemata profiterentur. Ac reperi
quidem apud Ciceronem primum, Nicetam sensisse terram moueri.
Postea & apud Plutarchum inueni quosdam alios in ea fuisse opinione,
cuius uerba, ut sint omnibus obuia, placuit hic ascribere : Οἱ μὲν ἄλλοι
μένειν τὴν γῆν, Φιλόλαος δὲ Πυθαγόρειος κύκλῳ περιφέρεσθαι περὶ τὸ
πῦρ κατὰ κύκλον λοξὸν ὁμοιοτρόπως ἡλίῳ καὶ σελήνῃ. Ἡρακλείδης ὁ
Ποντικὸς καὶ Ἔκφαντος ὁ Πυθαγόρειος κινοῦσι μὲν τὴν γῆν οὐ μήν γε
μεταβατικῶς, τροχοῦ δίκην ἐνζωνισμένην ἀπὸ δυσμῶν ἐπὶ ἀνατολάς,
περὶ τὸ ἴδιον αὐτῆς κέντρον.
Inde igitur occasionem nactus, cœpi & ego de terræ mobilitate cogi-
tare. Et quamuis absurda opinio uidebatur, tamen quia sciebam alijs
ante me hanc concessam libertatem, ut quoslibet fingerent circulos ad
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22 LETTRE-PRÉFACE
n’importe quels cercles en vue d’expliquer les phénomènes célestes, j’esti-
mai qu’on me permettrait sûrement à moi aussi d’examiner si, en supposant
quelque mouvement de la Terre, on pouvait trouver des explications de la
révolution des orbes célestes plus solides que celles de mes prédécesseurs.
Ainsi ayant posé les mouvements que, plus bas dans mon ouvrage, j’as-
signe à la Terre, j’ai enfin découvert, au terme d’un examen soutenu et long,
que si l’on mettait en rapport les mouvements des autres astres errants avec
le mouvement circulaire de la Terre, et que si l’on calculait ces mouvements
pour la révolution de chaque astre, non seulement leurs apparences s’en
déduisent, mais aussi l’ordre de tous les astres et de tous les orbes ainsi que
leurs dimensions, et le ciel lui-même est si bien lié qu’on ne peut rien chan-
ger dans aucune de ses parties sans introduire une confusion dans les autres
parties et dans l’univers tout entier. Par suite, dans la composition de mon
ouvrage également, j’ai suivi l’ordre que voici : dans le premier livre, je décris
la disposition des orbes en même temps que les mouvements que j’assigne à
la Terre, de sorte que ce livre contient, pour ainsi dire, la constitution géné-
rale de l’univers. Puis, dans les livres restants, je mets en relation les mouve-
ments des autres astres et de tous les orbes avec la mobilité de la Terre, de
telle sorte que l’on puisse établir par là dans quelle mesure les mouvements
et les apparences des autres astres et orbes peuvent être sauvés si on les
rapporte aux mouvements de la Terre. Et je ne doute pas que les mathéma-
ticiens ingénieux et savants ne me donnent leur adhésion si, comme cette
philosophie le requiert tout particulièrement, ils veulent prendre connais-
sance et examiner non pas superficiellement, mais de manière approfondie
ce que, dans cet ouvrage, j’apporte pour démontrer ces choses. Mais afin que
les savants et les ignorants voient pareillement que je ne fuis nullement le
jugement de quiconque, j’ai préféré dédier mes travaux à Ta Sainteté plutôt
qu’à toute autre personne, parce que même dans ce coin très éloigné de la
terre où je vis, tu es considéré comme la personne la plus éminente par la
dignité de ton rang et par ton amour pour toutes les études et notamment
pour les mathématiques : ainsi, du fait de ton autorité et de ton jugement, tu
peux aisément empêcher les calomniateurs de mordre, même si, comme dit
le proverbe, il n’y a pas de remède contre la morsure d’un sycophante.
Si d’aventure il se trouve de vains discoureurs qui, tout en étant totalement
ignorants des mathématiques, prétendent néanmoins juger de ces matières,
[et] qui, en raison de tel ou tel passage de l’Écriture malignement détourné
dans le sens de leur opinion, osent blâmer et attaquer mon ouvrage, eh bien !
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PRÆFATIO AVTHORIS 23
demonstrandum phænomena astrorum, existimaui mihi quoque facile
permitti, ut experirer, an posito terræ aliquo motu, firmiores demons-
trationes, quam illorum essent, inueniri in reuolutione orbium cœles-
tium possent.
Atque ita ego positis motibus, quos terræ infra in opere tribuo, multa
& longa obseruatione tandem reperi, quod si reliquorum syderum er-
rantium motus, ad terræ circulationem conferantur, & supputentur pro
cuiusque syderis reuolutione, non modo illorum phænomena inde se-
quantur, sed & syderum atque orbium omnium ordines, magnitudines,
& cœlum ipsum ita connectatur, ut in nulla sui parte possit transpo-
ni aliquid, sine reliquarum partium, ac totius uniuersitatis confusione.
Proinde quoque & in progressu operis hunc sequutus sum ordinem, ut
in primo libro describam omnes positiones orbium, cum terræ, quos ei
tribuo, motibus, ut is liber contineat communem quasi constitutionem
uniuersi. In reliquis uero libris postea confero reliquorum syderum
atque omnium orbium motus, cum terræ mobilitate, ut inde colligi pos-
sit, quatenus reliquorum syderum atque orbium motus & apparentiæ
saluari possint, si ad terræ motus conferantur. Neque dubito, quin inge-
niosi atque docti Mathematici mihi astipulaturi sint, si quod hæc philo-
sophia in primis exigit, non obiter, sed penitus, ea quæ ad harum rerum
demonstrationem a me in hoc opere, adferuntur, cognoscere atque ex-
pendere uoluerint. Vt uero pariter docti atque indocti uiderent, me nul-
lius omnino subterfugere iudicium, malui tuæ Sanctitati, quam cuiquam
alteri has meas lucubrationes dedicare, propterea quod & in hoc re-
motissimo angulo terræ, in quo ego ago, ordinis dignitate, & literarum
omnium atque Mathematices etiam amore, eminentissimus habearis, ut
facile tua authoritate & iudicio calumniantium morsus reprimere possis,
etsi in prouerbio sit, non esse remedium aduersus sycophantæ morsum.
Si fortasse erunt ματαιολόγοι, qui cum omnium Mathematum
ignari sint, tamen de illis iudicium sibi sumunt, propter aliquem locum
scripturæ, male ad suum propositum detortum, ausi fuerint meum hoc
institutum reprehendere ac insectari : illos nihil moror, adeo ut etiam
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24 LETTRE-PRÉFACE
je ne me soucie aucunement d’eux ; mieux même, je méprise leur jugement
comme téméraire. On n’ignore pas, en effet, que Lactance, par ailleurs
célèbre écrivain mais piètre mathématicien, parle d’une façon tout à fait pué-
rile de la forme de la Terre, lorsqu’il tourne en dérision ceux qui ont enseigné
que la Terre a la forme d’un globe. C’est pourquoi les savants ne doivent pas
s’étonner si de tels gens nous tournent aussi en dérision. Les mathématiques
sont écrites pour les mathématiciens, aux yeux de qui mes travaux aussi, si je
ne me trompe, paraîtront apporter quelque chose à la république ecclésias-
tique, dont Ta Sainteté occupe actuellement la tête. En effet, il y a peu, sous
le pontificat de Léon X, la question de la réforme du calendrier ecclésias-
tique a été débattue au concile du Latran, et n’est restée en suspens que parce
que l’on n’avait pas déterminé encore avec assez d’exactitude la longueur
des années et des mois, ainsi que les mouvements du Soleil et de la Lune.
Depuis cette époque, je me suis appliqué à étudier ces questions avec plus
d’exactitude, à la demande du très illustre Paul, évêque de Fossombrone, qui
avait présidé la commission de réforme. Quant à ce que j’ai accompli dans
cet ordre d’études, je le laisse au jugement de Ta Sainteté d’abord et, ensuite,
à celui de tous les autres savants mathématiciens. […]
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PRÆFATIO AVTHORIS 25
illorum iudicium tanquam temerarium contemnam. Non enim obscu-
rum est Lactantium, celebrem alioqui scriptorem, sed Mathematicum
parum, admodum pueriliter de forma terræ loqui, cum deridet eos, qui
terram globi formam habere prodiderunt. Itaque non debet mirum
uideri studiosis, si qui tales nos etiam ridebunt. Mathemata mathematicis
scribuntur, quibus & hi nostri labores, si me non fallit opinio, uidebun-
tur etiam Reipublicæ ecclesiasticæ conducere aliquid, cuius principatum
tua Sanctitas nunc tenet. Nam non ita multo ante sub Leone X cum
in Concilio Lateranensi uertebatur quæstio de emendando Calendario
Ecclesiastico, quæ tum indecisa hanc solummodo ob causam mansit,
quod annorum & mensium magnitudines, atque Solis & Lunæ motus
nondum satis dimensi haberentur. Ex quo equidem tempore, his accu-
ratius obseruandis, animum intendi, admonitus a præclarissimo uiro D.
Paulo episcopo Semproniensi, qui tum isti negotio præerat. Quid autem
præstiterim ea in re, tuæ Sanctitatis præcipue, atque omnium aliorum
doctorum Mathematicorum iudicio relinquo […].
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Extrait 2
Livre I
Chapitre 10
Ordre des orbes célestes
Que le ciel des étoiles fixes soit ce qui est le plus élevé dans tout ce qui
est visible, je ne vois personne en douter. Pour ce qui est de l’ordre des astres
errants, nous voyons que les anciens philosophes ont voulu le déterminer
d’après la durée de leur révolution, en assumant le principe que, lorsque des
corps se meuvent à une vitesse égale, ceux qui sont plus éloignés paraissent
être mus plus lentement, comme cela est démontré dans l’Optique d’Euclide.
Ainsi, selon eux, la Lune accomplit son circuit dans l’espace de temps le plus
court, parce que, étant la plus proche de la Terre, elle tourne sur le cercle le
plus petit. Au contraire, Saturne est le plus élevé, lui qui accomplit le plus
grand circuit dans le temps le plus long. Au-dessous de lui vient Jupiter, puis
Mars. Quant à Vénus et Mercure, on trouve des opinions diverses à leur
sujet, pour la raison que [ces planètes], à la différence des précédentes, ne
prennent pas toutes les élongations par rapport au Soleil […].
C’est pourquoi, il ne faut, selon moi, nullement mépriser ce que
Martianus Capella, auteur d’une encyclopédie, et quelques autres [auteurs]
latins ont fort bien connu. Ils estiment, en effet, que Vénus et Mercure
tournent autour du Soleil qui est leur centre ; et c’est pour cette raison,
pensent-ils, qu’elles ne s’écartent pas du Soleil plus que ne le permet la
courbure de leurs orbes ; en effet, elles ne tournent pas autour de la Terre,
comme les autres [planètes], mais elles ont leurs « apsides converses ». Que
veulent donc dire ces auteurs, sinon que le centre de leurs orbes se trouve
près du Soleil ? Dans ces conditions, l’orbe de Mercure sera compris à
l’intérieur de celui de Vénus, qui doit être plus de deux fois plus grand, et
Mercure occupera dans cette vaste région un espace qui lui suffit.
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Extrait 2
Liber I
De ordine cælestium orbium. Cap. X.
(p. 33.5-15 et p. 35.23-39.23)
Altissimum uisibilium omnium, cælum fixarum stellarum esse,
neminem uideo dubitare. Errantium uero seriem penes reuolutio-
num suarum magnitudinem accipere uoluisse priscos Philosophos
uidemus, assumpta ratione, quod æquali celeritate delatorum quæ
longius distant, tardius ferri uidentur, ut apud Euclidem in Opticis
demonstratur. Ideoque Lunam breuissimo temporis spacio circuire
existimant, quod proxima terræ minimo circulo uoluatur. Supremum
uero Saturnum, qui plurimo tempore maximum ambitum circuit.
Sub eo Iouem. Post hunc Martem. De Venere uero atque Mercurio
diuersæ reperiuntur sententiæ, eo quod non omnifariam elongantur
a Sole, ut illi. […]
Quapropter minime contemnendum arbitror, quod Martianus
Capella, qui Encyclopædiam scripsit, & quidam alij Latinorum per-
calluerunt. Existimant enim, quod Venus & Mercurius circumcurrant
Solem in medio existentem, & eam ob causam ab illo non ulterius
digredi putant, quam suorum conuexitas orbium patiatur, quoniam
terram non ambiunt ut cæteri, sed absidas conuersas habent. Quid
ergo aliud uolunt significare, quam circa Solem esse centrum illorum
orbium ? Ita profecto Mercurialis orbis intra Venereum, quem duplo &
amplius maiorem esse conuenit, claudetur, obtinebitque locum in ipsa
amplitudine sibi sufficientem.
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28 LIVRE I, CHAP. 10
Si, saisissant cette occasion, quelqu’un rattachait également Saturne,
Jupiter et Mars à ce même centre, pourvu qu’il conçoive la grandeur de
leurs orbes telle qu’avec Vénus et Mercure, la Terre également soit conte-
nue à l’intérieur et entourée, il ne se trompera pas, comme l’établit l’ordre
canonique de leurs mouvements. Il est constant, en effet, que [ces trois
planètes] sont plus proches de la Terre toujours vers leur lever vespéral,
c’est-à-dire lorsqu’elles sont en opposition avec le Soleil, la Terre se trou-
vant entre elles et le Soleil, et qu’elles sont le plus éloignées de la Terre, au
contraire, lorsqu’elles se couchent le soir et qu’elles disparaissent à proxi-
mité du Soleil, c’est-à-dire lorsque nous avons le Soleil entre elles et la
Terre. Voilà qui indique assez que leur centre se rattache plutôt au Soleil, et
qu’il est le même que celui autour duquel Vénus et Mercure aussi accom-
plissent leurs révolutions.
Mais toutes ces [révolutions] se rattachant à un centre unique, il est néces-
saire que l’espace compris entre l’orbe convexe de Vénus et l’orbe concave
de Mars soit aussi tenu pour un orbe, ou une sphère, dont chacune des
surfaces est concentrique aux orbes de Vénus et de Mars. Et [cette sphère]
doit accueillir la Terre, la Lune sa compagne et tout ce qui est contenu sous
le globe lunaire. Nous ne pouvons en effet aucunement séparer la Lune de
la Terre, dont elle est incontestablement la plus proche, d’autant plus que
nous trouvons pour elle un lieu suffisamment vaste et approprié dans l’es-
pace [qui s’étend entre Vénus et Mars]. C’est pourquoi nous n’avons aucune
honte à affirmer que tout ce que [le circuit de] la Lune encercle, ainsi que le
centre de la Terre, parcourent ce grand orbe parmi les autres astres errants
en une révolution annuelle autour du Soleil, et que le centre du monde se
trouve près du Soleil ; que le Soleil demeurant immobile, tout ce qui appa-
raît comme un mouvement du Soleil s’avère plutôt dû à la mobilité de la
Terre ; et que la grandeur du monde est telle que, alors que la distance de
la Terre au Soleil, comparée à la dimension de l’un quelconque des autres
orbes des astres errants a, par rapport à la taille de ces orbes, une grandeur
assez sensible, cette même distance, rapportée à la sphère des étoiles fixes,
est imperceptible. Il est plus facile, selon moi, d’admettre cela que de tirailler
l’esprit en tout sens avec cette multitude presque infinie d’orbes, comme ont
été obligés de le faire ceux qui maintenaient la Terre au milieu du monde.
Mais il vaut mieux suivre la sagesse de la nature qui, tout de même qu’elle a
évité au plus haut point de produire quelque chose de superflu ou d’inutile,
a de même souvent préféré attribuer à une chose unique plusieurs effets.
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LIBER I, CAP. X 29
Hinc sumpta occasione si quis Saturnum quoque, Iouem & Martem
ad illud ipsum centrum conferat, dummodo magnitudinem illorum
orbium tantam intelligat, quæ cum illis etiam immanentem contineat,
ambiatque terram, non errabit : quod Canonica illorum motuum ratio
declarat. Constat enim propinquiores esse terræ semper circa uesperti-
num exortum, hoc est, quando Soli opponuntur, mediante inter illos &
Solem terra : remotissimos autem a terra in occasu uespertino, quando
circa Solem occultantur, dum uidelicet inter eos atque terram Solem
habemus. Quæ satis indicant, centrum illorum ad Solem magis perti-
nere, & idem esse ad quod etiam Venus & Mercurius suas obuolutiones
conferunt.
At uero omnibus his uni medio innixis, necesse est id quod inter
conuexum orbem Veneris & concauum Martis relinquitur spacium,
orbem quoque siue sphæram discerni cum illis homocentrum secun-
dum utranque superficiem, quæ terram cum pedissequa eius Luna,
& quicquid sub Lunari globo continetur, recipiat. Nullatenus enim
separare possumus a terra Lunam citra controuersiam illi proximam
existentem, præsertim cum in eo spacio conuenientem satis & abun-
dantem illi locum reperiamus. Proinde non pudet nos fateri hoc totum,
quod Luna præcingit, ac centrum terræ per orbem illum magnum inter
cæteras errantes stellas annua reuolutione circa Solem transire, & circa
ipsum esse centrum mundi : quo etiam Sole immobili permanente, quic-
quid de motu Solis apparet, hoc potius in mobilitate terræ uerificari :
tantam uero esse mundi magnitudinem, ut cum illa terræ a Sole distan-
tia, ad quoslibet alios orbes errantium syderum magnitudinem habeat,
pro ratione illarum amplitudinum satis euidentem, ad non errantium
stellarum sphæram collata, non appareat : quod facilius concedendum
puto, quam in infinitam pene orbium multitudinem distrahi intellec-
tum : quod coacti sunt facere, qui terram in medio mundi detinuerunt.
Sed naturæ sagacitas magis sequenda est, quæ sicut maxime cauit super-
fluum quiddam, uel inutile produxisse, ita potius unam sæpe rem multis
ditauit effectibus.
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30 LIVRE I, CHAP. 10
Bien que toutes ces considérations soient difficiles et presque inconce-
vables (car elles sont contraires à l’opinion du plus grand nombre), néan-
moins, au cours de notre démarche, et avec l’aide de Dieu, nous les rendront
plus claires que le Soleil lui-même — pour ceux du moins qui n’ignorent
pas la science mathématique. C’est pourquoi, puisque notre premier prin-
cipe reste valide — et en effet personne ne saurait en trouver de meilleur
que celui qui permet de mesurer la grandeur des orbes par la longueur du
temps —, l’ordre des sphères, en commençant par le haut, est le suivant.
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LIBER I, CAP. X 31
Quæ omnia cum difficilia sint, ac pene inopinabilia, nempe contra
multorum sententiam, in processu tamen fauente Deo, ipso Sole
clariora faciemus, Mathematicam saltem artem non ignorantibus.
Quapropter prima ratione salua manente, nemo enim conuenientiorem
allegabit, quam ut magnitudinem orbium multitudo temporis metiatur.
Ordo sphærarum sequitur in hunc modum, a summo capiens initium.
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32 LIVRE I, CHAP. 10
La première, et la plus élevée de toutes, est la sphère des étoiles fixes, qui
se contient elle-même et toutes choses, et qui, par suite, est immobile ; c’est,
à n’en pas douter, le lieu de l’univers, par rapport auquel se repèrent le mou-
vement et la position de tous les autres astres. Et si certains sont d’avis que
cette sphère, elle aussi, change en quelque manière, nous donnerons, pour
notre part, une autre explication de cette apparence dans notre démonstra-
tion du mouvement de la Terre. Vient ensuite le premier des astres errants,
Saturne, qui boucle son circuit la trentième année. A la suite, vient Jupiter,
avec une révolution de 12 ans ; puis Mars qui fait son circuit en 2 ans. La
révolution annuelle occupe la quatrième place qui contient, comme nous
l’avons dit, la Terre avec l’orbe de la Lune qui est comme son épicycle. La
cinquième place est occupée par Vénus, qui revient à son point de départ le
neuvième mois. Enfin, Mercure qui occupe la sixième place, fait sa course
circulaire en l’espace de 80 jours.
Quant au Soleil, il repose au milieu de tous [les astres]. En effet, dans ce
temple suprêmement beau qu’est le monde, qui choisirait de poser ce lumi-
naire dans un lieu autre ou meilleur que celui d’où il peut illuminer le tout
simultanément ? Et ce n’est pas à tort que certains le nomment « lampe du
monde », d’autres « intelligence du monde », d’autres encore « gouverneur
du monde ». Hermès Trismégiste l’appelle un « dieu visible» et Électre, chez
Sophocle, « celui qui voit tout ». C’est ainsi, assurément, que le Soleil, assis
comme sur un trône royal, gouverne la famille des astres qui tourne autour
de lui. La Terre elle-même n’est nullement privée des services de la Lune ;
au contraire, comme le dit Aristote traitant des animaux, la Lune a la plus
étroite parenté avec la Terre. Cependant, c’est sous l’action du Soleil que la
Terre conçoit, et que chaque année elle met au monde.
Nous découvrons donc dans cette disposition l’admirable proportion
[qui règne dans] le monde et une liaison véritablement harmonieuse entre le
mouvement des orbes et leur grandeur, telle qu’on ne peut la trouver d’au-
cune autre manière. Cela permet à l’observateur attentif de voir pourquoi
progressions et rétrogradations apparaissent, dans le cas de Jupiter, plus
grandes que dans celui de Saturne, mais plus petites que dans celui de Mars ;
et à nouveau, dans le cas de Vénus, plus grandes que dans celui de Mercure ;
pourquoi, également, ce changement de direction se produit plus fréquem-
ment pour Saturne que pour Jupiter, et plus rarement pour Mars et pour
Vénus que pour Mercure ; pourquoi, en outre, Saturne, Jupiter et Mars sont
plus proches de la Terre lorsqu’ils se lèvent le soir que lors de leur disparition
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LIBER I, CAP. X 33
Prima & suprema omnium, est stellarum fixarum sphæra, seipsam
& omnia continens : ideoque immobilis, nempe uniuersi locus, ad quem
motus & positio cæterorum omnium syderum conferatur. Nam quod
aliquo modo illam etiam mutari existimant aliqui : nos aliam, cur ita
appareat, in deductione motus terrestris assignabimus causam. Sequitur
errantium primus Saturnus, qui XXX. anno suum complet circuitum.
Post hunc Iupiter duodecennali reuolutione mobilis. Deinde Mars, qui
biennio circuit. Quartum in ordine annua reuolutio locum obtinet,
in quo terram cum orbe Lunari tanquam epicyclo contineri diximus.
Quinto loco Venus nono mense reducitur. Sextum denique locum
Mercurius tenet, octuaginta dierum spacio circumcurrens.
In medio uero omnium residet Sol. Quis enim in hoc pulcherrimo
templo lampadem hanc in alio uel meliori loco poneret, quam unde
totum simul possit illuminare ? Siquidem non inepte quidam lucer-
nam mundi, alij mentem, alij rectorem uocant. Trimegistus uisibilem
Deum, Sophoclis Electra intuentem omnia. Ita profecto tanquam in
solio regali Sol residens circumagentem gubernat Astrorum familiam.
Tellus quoque minime fraudatur lunari ministerio, sed ut Aristoteles de
animalibus ait, maximam Luna cum terra cognationem habet. Concipit
interea a Sole terra, & impregnatur annuo partu.
Inuenimus igitur sub hac ordinatione admirandam mundi symme-
triam, ac certum harmoniæ nexum motus & magnitudinis orbium :
qualis alio modo reperiri non potest. Hic enim licet animaduertere, non
segniter contemplanti, cur maior in Ioue progressus & regressus appa-
reat, quam in Saturno, & minor quam in Marte : ac rursus maior in
Venere quam in Mercurio. Quodque frequentior appareat in Saturno
talis reciprocatio, quam in Ioue : rarior adhuc in Marte, & in Venere,
quam in Mercurio. Præterea quod Saturnus, Iupiter, & Mars acronycti
propinquiores sint terræ, quam circa eorum occultationem & appari-
tionem. Maxime uero Mars pernox factus magnitudine Iouem æquare
uidetur, colore duntaxat rutilo discretus : illic autem uix inter secundæ
magnitudinis stellas inuenitur, sedula obseruatione sectantibus cogni-
tus. Quæ omnia ex eadem causa procedunt, quæ in telluris est motu.
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34 LIVRE I, CHAP. 10
et de leur apparition ; et pourquoi, enfin, particulièrement Mars, lorsqu’il
brille toute la nuit, paraît égaler Jupiter en grandeur et ne s’en distingue que
par sa couleur rougeâtre ; au contraire, le reste du temps, on le retrouve à
peine parmi les étoiles de deuxième grandeur, et il n’est alors reconnu que
par ceux qui le suivent grâce à une observation attentive. Tout cela procède
de la même cause, qui consiste dans le mouvement de la Terre.
Or, le fait que rien de cela ne se produise dans le cas des étoiles fixes,
voilà qui prouve qu’elles sont à une hauteur immense, laquelle rend imper-
ceptible à nos yeux l’orbe du mouvement annuel — ou son image. En effet,
tout objet visible a un éloignement limite au-delà duquel on ne le voit plus,
comme cela est démontré dans l’Optique. Le scintillement de la lumière des
étoiles établit qu’entre Saturne, le plus élevé des astres errants, et la sphère
des fixes il y a encore un espace considérable. C’est principalement au moyen
de cet indice qu’on les distingue des planètes, puisqu’il importait qu’il y eût
la plus grande différence possible entre les astres qui sont mus et ceux qui
ne le sont pas. Si vaste, assurément, est cette œuvre divine de [l’être] suprê-
mement bon et grand.
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LIBER I, CAP. X 35
Quod autem nihil eorum apparet in fixis, immensam illorum arguit
celsitudinem, quæ faciat etiam annui motus orbem siue eius imaginem
ab oculis euanescere. Quoniam omne uisibile longitudinem distantiæ
habet aliquam, ultra quam non amplius spectatur, ut demonstratur in
Opticis. Quod enim a supremo errantium Saturno ad fixarum sphæram
adhuc plurimum intersit, scintillantia illorum lumina demonstrant. Quo
indicio maxime discernuntur a planetis, quodque inter mota & non
mota, maximam oportebat esse differentiam. Tanta nimirum est diuina
hæc Optimi Maximi fabrica.
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Extrait 3
Livre II
Préambule
Maintenant que dans le précédent livre nous avons exposé les mouve-
ments de la Terre, trois au total, au moyen desquels nous avons promis de
rendre compte de toutes les apparences célestes, nous allons, dans la mesure
de nos forces, entreprendre d’examiner et d’étudier successivement chacun
d’eux. Nous commencerons par le plus connu de tous, la révolution du jour
et de la nuit (les Grecs l’appelaient, nous l’avons dit, nuchthêmeron, et nous
l’avons considéré comme tout à fait et immédiatement approprié au globe
terrestre), puisque c’est de cette révolution que naissent mois, années et
autres divisions du temps diversement nommées, tout comme de l’unité naît
le nombre. Eh bien, concernant l’inégalité des jours et des nuits, le lever et
le coucher du Soleil, des degrés et des signes du zodiaque, et tous [les phé-
nomènes] de cette espèce qui résultent de cette révolution, nous ne dirons
que peu de choses, et cela principalement parce que beaucoup d’auteurs ont
abondamment traité de ces questions, mais ce que nous dirons, toutefois,
sera en conformité et en accord avec nos [conceptions]. Et peu importe que
ce qu’ils expliquent par le repos de la Terre et la rotation du monde, nous,
nous l’atteignions en posant l’inverse, dès lors que dans les choses qui sont
en relation mutuelle, il se trouve qu’il y a accord si elles sont prises l’une à
la place de l’autre. Nous n’omettrons toutefois rien de ce qui sera néces-
saire. Que personne cependant ne s’étonne si nous continuons de parler
simplement de lever et de coucher du Soleil et des étoiles et autres [phéno-
mènes] semblables : qu’il sache que nous parlons le langage usuel qui peut
être accepté de tous, tout en ayant toujours présent à l’esprit que :
Devant nous qui sommes emportés par la Terre, Soleil et Lune défilent.
Et les étoiles passent à tour de rôle et de nouveau s’en vont.
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Extrait 3
Liber II – Praefatio
(p. 80.4-81.2)
CVM in præcedenti libro tres in summa telluris motus exposueri-
mus, quibus polliciti sumus apparentia syderum omnia demonstrare,
id deinceps per partes examinando singula & inquirendo pro posse
nostro faciemus. Incipiemus autem a notissima omnium diurni noc-
turnique temporis reuolutione, quam a Græcis νυχθήμερον diximus
appellari, quamque globo terrestri maxime ac sine medio appropria-
tam suscepimus, quoniam ab ipsa menses, anni & alia tempora multis
nominibus exurgunt, tanquam ab unitate numerus. De dierum igitur &
noctium inæqualitate, de ortu & occasu Solis, partium zodiaci & signo-
rum, & id genus ipsam reuolutionem consequentibus, pauca quædam
dicemus : eo præsertim, quod multi de his abunde satis scripserint,
quæ tamen nostris astipulantur & consentiunt. Nihilque refert, si quod
illi per quietam terram, & mundi uertiginem demonstrant, hoc nos ex
opposito suscipientes ad eandem concurramus metam : quoniam in his
quæ ad inuicem sunt, ita contingit, ut uicissim sibi ipsis consentiant.
Nihil tamen eorum quæ necessaria erunt prætermittemus. Nemo uero
miretur si adhuc ortum & occasum Solis & stellarum, atque his similia
simpliciter nominauerimus, sed nouerit nos consueto sermone loqui,
qui possit recipi ab omnibus, semper tamen in mente tenentes, quod
Qui terra uehimur, nobis Sol Lunaque transit,
Stellarumque uices redeunt, iterumque recedunt.
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Extrait 4
Livre II
Chapitre 14
Détermination de la position des étoiles
et constitution d’une table des étoiles fixes
[Ptolémée], qui est le plus éminent de tous les mathématiciens, a noté
quelle position chaque étoile occupait à son époque par rapport à l’équinoxe
vernal et mis sous nos yeux les astres regroupés en personnages dans le ciel.
Ce faisant, il n’a pas peu contribué à notre entreprise et nous a libérés d’une
tâche plutôt ardue, et ainsi, nous pouvons aisément décrire les étoiles en par-
tant de quelque autre commencement immuable, nous qui estimons qu’il ne
faut pas rapporter les positions des étoiles aux équinoxes (lesquels changent
avec le temps), mais bien plutôt les équinoxes à la sphère des étoiles fixes.
Il nous a plu de choisir le Bélier, parce qu’il est le premier signe, et de partir
de la première étoile qui s’y trouve, celle qui est sur la tête du Bélier. De la
sorte, les étoiles qui brillent en groupes, occupant une fois pour toutes le
même siège et étant, pour ainsi dire, fixées et perpétuellement liées les unes
aux autres, conservent une disposition toujours identique et immuable. Ces
étoiles ont été, par les soins et l’admirable diligence des Anciens, réparties en
48 constellations, à l’exception de celles qu’éliminait le cercle des étoiles tou-
jours invisibles, correspondant au quatrième climat, c’est-à-dire à la région
de Rhodes. Ainsi, ces étoiles, parce qu’elles leur étaient restées inconnues, ne
furent pas distribuées en constellations. En effet, selon l’opinion de Théon
le Jeune dans son commentaire sur Aratos, les étoiles n’ont été ordonnées
en constellations que pour permettre de distinguer en groupes une si grande
multitude et pour pouvoir désigner chacun de ces groupes en particulier par
une dénomination : c’est là un usage assez ancien, puisque même chez Job,
il est constant que certaines étaient déjà nommées, et que chez Hésiode et
Homère les Pléiades, les Hyades, Arcturus et Orion sont désignées nommé-
ment. Et donc, pour donner la longitude des étoiles, nous n’utiliserons pas
les dodécatémories, qui sont déterminées à partir des équinoxes et des sols-
tices, mais simplement le nombre ordinaire de degrés ; pour le reste, nous
suivrons Ptolémée, à de rares exceptions près, lorsque nous aurons constaté
ou bien une corruption ou bien qu’il en va autrement.
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Extrait 4
Liber II
De exquirendis stellarum locis, ac fixarum
canonica descriptione. Cap. XIIII.
(p. 122.21-123.15 et p. 124.1-125.26)
Ita uir ille Mathematicorum eminentissimus, quantum eo tempore
quæque stellarum ab æquinoctio uerno locum obtinuisset, adnotauit,
animantiumque cælestium exposuit asterismos. Quibus haud parum
studio huic nostro subuenit, nosque labore satis arduo releuauit, ut
qui stellarum loca non ad æquinoctia, quæ cum tempore mutantur, sed
æquinoctia ad stellarum fixarum sphæram referenda putauimus, facile
possimus ab alio quopiam immutabili principio deducere siderum des-
criptionem, quam ab Ariete, tanquam primo signo, & a prima eius stella,
quæ in capite eius est, assumi placuit, ut sic eadem semper & abso-
luta facies maneat ijs, quæ ueluti infixa ac cohærentia perpetua semel
capta sede collucent. Sunt autem cura & solertia mirabili antiquorum
in XLVIII. formas digesta, exceptis ijs, quæ a quarto fere per Rhodon
climate semper latentium circulus dirimebat. Sicque informes stellæ, ut
illis incognitæ, remanserunt. Neque enim aliam ob causam simulacris
formatæ sunt stellæ secundum Theonis iunioris in expositione Aratæa
sententiam, nisi ut tanta earum multitudo per partes discerneretur, &
denominationibus quibusdam singillatim possint designari, antiquo
satis instituto, cum etiam apud Hiobum quasdam iam nominatas fuisse
constet & Pleiades, Hyadas, Arcturum, Oriona, apud Hesiodum &
Homerum etiam nominatim legamus. In earum igitur secundum lon-
gitudinem descriptione non utemur dodecatemorijs, quæ ab æquinoc-
tijs & conuersionibus deducuntur, sed simplici & consueto graduum
numero, in cæteris Ptolemæum sequemur, paucis exceptis, quæ uel
deprauata, uel utcunque aliter se habere comperimus.
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CATALOGUE DES ÉTOILES
(début)
CATALOGUE DES CONSTELLATIONS
ET DES ÉTOILES, ET D’ABORD
de celles qui sont dans la région septentrionale.
Constellations Longitude Latitude Magnitude
degrés degrés
LA PETITE OURSE OU CYNOSURE
A l’extrémité de la queue 53°30 66°00 3
La suivante sur la queue 55°50 70°00 4
A la naissance de la queue 69°20 74°00 4
Sur le côté ouest du 83°00 75°20 4
quadrilatère, celle au sud
Sur le même côté, celle au 87°00 77°40 4
nord
Des étoiles du côté est, 100°30 72°40 2
celle au sud
Sur le même côté, celle au 109°30 74°50 2
nord
Soit 7 étoiles, dont 2 de deuxième magnitude, 1 de troisième, 4 de quatrième.
L’informe, proche
de Cynosure, dans le 103°20 71°10 4
prolongement du côté est,
la plus au sud
LA GRANDE OURSE AUSSI APPELÉE HÉLICÉ
Celle sur le museau 78°40 39°50 4
Sur les deux yeux, celle à 79°10 43°00 5
l’ouest
Celle à l’est 79°40 43°00 5
Des deux sur le front, celle 79°30 47°10 5
à l’ouest
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SIGNORVM STELLARVMQVE DESCRIPTIO
CANONICA, ET PRIMO
quæ sunt Septentrionalis plagæ.
Longitu- Lati-
Formæ stellarum dinis tudinis Magnitudo
partes partes
VRSAE MINORIS SIVE CYNOSVRAE
In extremo caudæ 531/2 66 0 3
Sequens in cauda 551/21/3 70 0 4
In eductione caudæ 691/3 74 0 4
In latere quadranguli 83 0 751/3 4
præcedente australior
Eiusdem lateris Borea 87 0 771/21⁄6 4
Earum quæ in latere sequente
australior 1001/2 721/21⁄6 2
Eiusdem lateris Borea 1091/2 741/21/3 2
Stellæ 7, quarum secundæ magnitudinis 2, tertiæ 1, quartæ 4.
Et quæ circa Cynosuram
informis in latere sequente ad 1031/3 711⁄6 4
rectam lineam maxime australis
VRSÆ MAIORIS QVAM ELICEN VOCANT
Quæ in rostro 781/21⁄6 391/21/3 4
In binis oculis præcedens 79 ⁄
16
43 0 5
Sequens hanc 791/21⁄6 43 0 5
In fronte duarum præcedens 791/2 47 1⁄6 5
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42 CATALOGUE DES ÉTOILES
Sur le front, celle à l’est 81°00 47°00 5
Celle sur l’oreille droite, à 81°30 50°30 5
l’ouest
Des deux sur le cou, celle à 85°50 43°50 4
l’ouest
Celle à l’est 92°50 44°20 4
Des deux sur la poitrine, 94°20 44°00 4
celle au nord
Celle au sud 93°20 42°00 4
Sur le genou gauche 89°00 35°00 3
antérieur
Des deux sur la patte 89°50 29°00 3
gauche avant, celle au nord
Celle au sud 88°40 28°30 3
Sur le genou droit antérieur 89°00 36°00 4
Celle sous le même genou 101°10 33°30 4
Celle sur l’épaule 104°00 49°00 2
Celle sur le flanc 105°30 44°30 2
Celle à la naissance de la 116°30 51°00 3
queue
Sur la cuisse gauche arrière 117°20 46°30 2
Des deux sur la patte gauche 106°00 29°30 3
arrière, celle à l’ouest
Celle à l’est 107°30 28°15 3
Celle sur le pli du genou 115°00 35°15 4
gauche
Des deux sur la patte droite 123°10 25°50 3
arrière, celle au nord
Celle au sud 123°40 25°00 3
La première des trois sur la
queue, après la naissance 125°30 53°30 2
Celle au milieu 131°20 55°40 2
La toute dernière, au bout 143°10 54°00 2
de la queue
Soit 27 étoiles, dont 6 de deuxième magnitude, 8 de troisième, 8 de
quatrième, 5 de cinquième.
[Ce qui est nouveau chez Copernic : (1) la première étoile de la constellation du Bélier
est prise comme point 0 sur la sphère des fixes ; (2) les coordonnées en longitude des
étoiles sont comptées de 0° à 360°.
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SIGNORVM STELLARVMQUE DESCRIPTIO CANONICA 43
Sequens in fronte 81 0 47 0 5
Quæ in dextra auricula
811/2 501/2 5
præcedente
Duarum in collo antecedens 851/21/3 431/21/3 4
Sequens 921/21/3 441/3 4
In pectore duarum Borea 941/3 44 0 4
Australior 931/3 42 0 4
In genu sinistro anteriori 89 0 35 0 3
Duarum in pede sinistro priori
891/21/3 29 0 3
borea
Quæ magis ad Austrum 881/21⁄6 281/2 3
In genu dextro priori 89 0 36 0 4
Quæ sub ipso genu 101 ⁄16
331/2 4
Quæ in humero 104 0 49 0 2
Quæ in ilibus 1051/2 441/2 2
Quæ in eductione caudæ 1161/2 51 0 3
In sinistro crure posteriore 1171/3 461/2 2
Duarum præcedens in pede 106 0 291/2 3
sinistro posteriore
Sequens hanc 1071/2 281/4 3
Quæ in sinistra cauitate 115 0 351/4 4
Duarum quæ in pede dextro
posteriore Borea 1231⁄6 251/21/3 3
Quæ magis ad Austrum 1231/21⁄6 25 0 3
Prima trium in cauda post
1251/2 531/2 2
eductionem
Media earum 1311/3 551/21⁄6 2
Vltima & in extrema cauda 143 ⁄16
54 0 2
Stellæ 27, quarum secundæ magnitudinis 6, tertiæ 8, quartæ 8, quintæ 5.
Ce qui reste traditionnel : la sphère céleste demeure découpée, comme chez Ptolémée, en
48 constellations comptant « au total 1 022 étoiles, dont 15 de première magnitude,
45 de deuxième, 208 de troisième, 474 de quatrième, 216 de cinquième, 50 de
sixième, 9 peu brillantes, 5 nébuleuses »].
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Extrait 5
Livre III
Chapitre 3
Hypothèses à l’aide desquelles on peut expliquer
la variation des équinoxes et celle de l’obliquité de
l’écliptique par rapport à l’équateur
Il paraît donc évident, d’après ce qui précède, que les équinoxes et les
solstices se déplacent d’un mouvement non-uniforme ; et l’on ne saurait,
peut-être, mieux expliquer ce phénomène que par une certaine déviation
de l’axe de la Terre et des pôles de son équateur. C’est bien là, en effet,
ce qui semble résulter de l’hypothèse du mouvement de la Terre, puisqu’il
est évident que l’écliptique demeure perpétuellement immuable, comme
l’attestent les latitudes constantes des étoiles fixes, tandis que l’équateur se
déplace. En effet, si le mouvement de l’axe de la Terre s’accordait simple-
ment et exactement avec le mouvement du centre de la Terre, il n’appa-
raîtrait, comme nous l’avons déjà dit, absolument aucune précession des
équinoxes et des solstices. Dès lors, cependant, que ces deux mouvements
diffèrent l’un de l’autre, mais d’une différence variable, il fallait que les
solstices et les équinoxes eux aussi précédassent les positions des étoiles
d’un mouvement non-uniforme. Il en va de même pour le mouvement de
la déclinaison, qui modifie non-uniformément l’obliquité de l’écliptique,
laquelle obliquité cependant serait plus justement attribuée à l’équateur.
C’est pourquoi il faut concevoir pour les pôles deux mouvements de va-et-
vient comparables à des librations [de corps] qui se balancent, car, dans une
sphère, pôles et cercles sont solidaires et liés les uns aux autres. Il y aura
donc un premier mouvement qui modifie l’inclinaison de ces cercles [l’un
par rapport à l’autre], les pôles se déplaçant en haut et en bas sur un arc
de cercle proportionnel à l’angle d’intersection ; et un autre mouvement,
qui fait augmenter ou diminuer la précession des solstices et des équinoxes
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Extrait 5
Liber III
Hypotheses, quibus æquinoctiorum,
obliquitatisque signiferi,
& æquinoctialis mutatio, demonstratur. Cap. III.
(p. 174.14-177.20)
Quod igitur æquinoctia & solstitia permutantur inæquali motu, ex
his uidetur esse manifestum. Cuius causam nemo forsitan meliorem
afferet, quam axis terræ, & polorum circuli æquinoctialis deflexum
quendam. Id enim ex hypothesi motus terræ sequi uidetur. Cum mani-
festum sit, circulum qui per medium signorum est, immutabilem per-
petuo manere, attestantibus id certis stellarum hærentium latitudinibus,
æquinoctialem uero mutari. Quoniam si motus axis terræ simpliciter &
exacte conueniret cum motu centri, nulla penitus, ut diximus, appare-
ret æquinoctiorum conuersionumque præuentio. At cum inter se diffe-
rant, sed differentia inæquali, necesse fuit etiam solsticia & æquinoctia
inæquali motu præcedere loca stellarum. Eodem modo circa motum
declinationis contingit, qui etiam inæqualiter permutat obliquitatem
signiferi, quæ tamen obliquitas rectius æquinoctiali concederetur.
Quam ob causam binos omnino polorum motus reciprocos penden-
tibus similes librationibus oportet intelligi, quoniam poli & circuli in
sphæra sibi inuicem cohærent & consentiunt. Alius igitur motus erit,
qui inclinationem permutat illorum circulorum, polis ita delatis sursum
deorsumque circa angulum sectionis. Alius qui solsticiales æquinoctia-
lesque præcessiones auget & minuit, hinc inde per transuersum facta
commotione. Hos autem motus librationes uocamus, eo quod penden-
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46 LIVRE III, CHAP. 3
en effectuant un mouvement transversal de part et d’autre. Nous appelons
ces mouvements des « librations », parce qu’à la façon [de corps] qui se
balancent, ils parcourent le même chemin, défini par ces deux limites, d’un
mouvement plus rapide au milieu et très lent aux extrémités ; ce sont des
mouvements de cette sorte qui se rencontrent très souvent pour les latitudes
des planètes, comme nous le verrons en son lieu. Ces [deux] mouvements
diffèrent aussi par [leur période de] révolution ; en effet, dans le temps que
le mouvement non-uniforme des équinoxes accomplit deux cycles, celui de
l’obliquité n’en accomplit qu’un seul. Et de même que, pour tout mouve-
ment apparemment non-uniforme, il faut concevoir un moyen terme qui
permette de déterminer sa non-uniformité, de même aussi, dans le cas
présent, fallait-il imaginer des pôles moyens, un équateur moyen, ainsi que
des intersections équinoxiales moyennes et des points solsticiaux moyens,
par rapport auxquels les pôles et l’équateur terrestre, dans leurs écarts de
part et d’autre, mais entre des limites déterminées, font apparaître comme
non-uniformes ces mouvements uniformes. Par conséquent, ces deux libra-
tions, en se combinant, ont pour effet qu’avec le temps, les pôles de la Terre
décrivent des lignes ressemblant à une petite couronne tordue.
Mais parce qu’il n’est pas facile d’expliquer suffisamment ces choses à
l’aide de mots et que, comme je le crains, elles ne seront pas plus comprises
par l’ouïe, si elles ne sont pas également mises sous les yeux, traçons donc sur
une sphère l’écliptique ABCD. Soit E son pôle nord, A le commencement
du Capricorne, C celui du Cancer, B celui du Bélier, D celui de la Balance ;
par les points A et C et par le pôle E, traçons le cercle AEC. Soit EF la plus
grande distance entre les pôles nord de l’écliptique et de l’équateur et EG la
plus petite, et soit au milieu [entre F et G] le pôle I. De I, pris pour centre,
traçons l’équateur BHD, que l’on appellera équateur moyen ; soient B et
D les équinoxes moyens. Que tout cela se meuve autour du pôle E d’un
mouvement toujours uniforme dans le sens rétrograde, c’est-à-dire contre
l’ordre des signes qui sont sur la sphère des étoiles fixes, et d’un mouvement
lent, comme on l’a déjà dit. Représentons-nous maintenant le double mou-
vement des pôles terrestres comme semblable au mouvement de va-et-vient
qui appartient aux corps qui se balancent ; le premier mouvement, qui se
fait entre les limites F et G, sera appelé anomalie (c’est-à-dire mouvement
non-uniforme) de l’inclinaison ; l’autre, qui se fait transversalement au pre-
mier, [d’abord] dans l’ordre des signes, [puis] contre cet ordre, nous l’appel-
lerons anomalie des équinoxes, et il est deux fois plus rapide que le premier.
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LIBER III, CAP. III 47
tium instar sub binis limitibus per eandem uiam in medio concitatiores
fiunt : circa extrema tardissimi. Quales plerunque circa latitudines
planetarum contingunt, ut suo loco uidebimus. Differunt etiam suis
reuolutionibus, quod inæqualitas æquinoctiorum bis restituitur sub una
obliquitatis restitutione. Sicut autem in omni motu inæquali apparente,
medium quiddam oportet intelligi, per quod inæqualitatis ratio possit
accipi : ita sane & hic medios polos mediumque circulum æquinoctia-
lem : sectiones quoque æquinoctiales & puncta conuersionum media,
necesse erat cogitare, sub quibus poli circulusque æquinoctialis terres-
tris hinc inde deflectentes, statis tamen limitibus motus illos æquales
faciant apparere diuersos. Itaque binæ illæ librationes concurrentes
inuicem efficiunt, ut poli terræ cum tempore lineas quasdam describant
corollæ intortæ similes.
At quoniam hæc uerbis sufficienter explicasse facile non est, ac eo
minus, uti uereor, auditu percipientur, nisi etiam conspiciantur oculis.
Describamus igitur signorum in sphæra circulum ABCD, polus eius
Boreus sit E, principium Capricorni A, Cancri C, Arietis B, Libræ D,
& per A, C signa, atque E polum, circulus AEC describatur : maxima
distantia polorum zodiaci & æquinoctialis Borealium sit EF, minima
EG : ac perinde medio loco sit I polus, in quo describatur BHD cir-
culus æquinoctialis, qui medius uocetur : Et B, D æquinoctia media.
Quæ omnia circa E polum æquali semper motu in præcedentia feran-
tur, id est, contra signorum ordinem sub fixarum stellarum sphæra,
lento, ut dictum est, motu. Iam intelligantur bini motus polorum ter-
restrium reciprocantes pendentibus similes, unus inter F, G limites, qui
motus anomaliæ, hoc est, inæqualitatis declinationis uocabitur. Alter in
transuersum, a præcedentibus in consequentia, & a consequentibus in
antecedentia, quem æquinoctiorum uocabimus anomaliam, duplo uelo-
ciorem priori.
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48 LIVRE III, CHAP. 3
Ces deux mouvements, qui se rencontrent aux pôles de la Terre, les
font dévier d’une manière étonnante. Tout d’abord, si l’on prend F comme
pôle nord de la Terre, le cercle équateur tracé autour de ce pôle passera par
les points d’intersection B et D susdits, c’est-à-dire par les pôles du cercle
AFEC. Et cet équateur déterminera des angles d’obliquité plus grands à pro-
portion de l’arc FI. Alors que le pôle de la Terre va quitter [F] (pris comme
point de départ) pour se diriger vers l’obliquité moyenne en I, l’autre mou-
vement, venant s’ajouter, empêche le pôle de s’avancer en ligne droite sur
FI et il l’entraîne sur une ligne courbe, vers son écart maximal dans l’ordre
des signes, c’est-à-dire vers K. L’équateur apparent OQP décrit autour de
ce point, coupera l’écliptique non plus en B, mais en arrière, en O ; et la
précession des équinoxes diminuera de la valeur de BO. A partir du point
[K], le pôle change de direction, se dirige contre l’ordre des signes et du fait
des deux mouvements combinés simultanément, il parvient jusqu’au milieu
I ; l’équateur apparent, alors, ne fait plus qu’un avec l’équateur uniforme
ou moyen ; ensuite, ayant dépassé le point I, le pôle de la Terre poursuit
son chemin vers les régions occidentales, fait s’écarter l’équateur appa-
rent de l’équateur moyen, et fait augmenter la précession des équinoxes,
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LIBER III, CAP. III 49
Hi ambo motus in polis terræ congruentes mirabili modo deflec-
tunt eos. Primum enim sub F constituto polo terræ Boreo, descriptus
in eo circulus æquinoctialis per eadem BD segmenta transibit, nempe
per polos AFEC circuli : sed angulos obliquitatis faciet maiores pro
ratione FI circumferentiæ. Ab hoc sumpto principio transiturum terræ
polum ad mediam obliquitatem in I : alter superueniens motus non sinit
recta incedere per FI, sed per ambitum ac extremam in consequentia
latitudinem, quæ sit in K deducit ipsum. In quo loco descripti æquinoc-
tialis apparentis OQP, sectio non erit in B, sed post ipsam in O, & pro
tanto minuitur præcessio æquinoctiorum, quantum fuerit BO. Hinc
conuersus polus, & in præcedentia tendens, excipitur a concurrentibus
simul utrisque motibus in I medio, & æquinoctialis apparens per omnia
unitur æquali siue medio, ac eo pertransiens polus terræ transmigrat
in præcedentes partes, & separat æquinoctialem apparentem a medio,
augetque præcessionem æquinoctiorum usque in alterum L limitem.
Inde reuertens aufert quod modo adiecerat æquinoctijs, donec in G
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50 LIVRE III, CHAP. 3
jusqu’à [ce qu’il arrive à] l’autre limite en L. Faisant alors demi-tour, il ôte
aux équinoxes une quantité égale à celle qu’il vient de leur ajouter, jusqu’à
ce que, parvenu au point G, il détermine à la même intersection B l’obli-
quité minimale en ce point : de nouveau, le mouvement des équinoxes et
des solstices apparaîtra très lent, à peu près comme en F. A ce moment, il est
constant que le mouvement non-uniforme des solstices et des équinoxes a
accompli une révolution complète, puisque, partant de sa valeur moyenne,
le mouvement non-uniforme est passé par ses deux valeurs extrêmes
tandis qu’entre la plus grande et la plus petite déclinaison, le mouvement
de l’obliquité n’a parcouru qu’un demi-circuit seulement. Ensuite, le pôle
poursuivant sa route <dans> l’ordre des signes revient jusqu’à la limite
extrême M, puis, faisant encore demi-tour, il vient coïncider avec le milieu I ;
poursuivant alors sa course contre l’ordre des signes, il atteint la limite N
et boucle enfin la ligne que nous avons appelée tordue [c’est-à-dire]
FKILGMINF. Ainsi, il est évident qu’au cours d’une seule révolution de
l’obliquité, le pôle de la Terre atteint deux fois la limite occidentale et deux
fois la limite orientale.
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LIBER III, CAP. III 51
puncto constitutus minimam efficiat obliquitatem in eadem B sectione,
ubi rursus æquinoctiorum solsticiorumque motus tardissimus appare-
bit eo fere modo quo in F. Quo tempore constat inæqualitatem eorum
reuolutionem suam peregisse, quando a medio utrunque pertransierit
extremorum : motus uero obliquitatis a maxima declinatione ad mini-
mam, dimidium duntaxat circuitum. Exinde pergens polus conse-
quentia repetit ad extremum usque limitem in M, ac denuo reuersus
unitur I medio, rursumque uergens in præcedentia N limitem emensus
concludit tandem quam diximus intortam lineam FKILGMINF. Itaque
manifestum est, quod in una reuersione obliquitatis bis præcedentium
bisque sequentium limitem terræ polus attingit.
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Extrait 6
Livre V
Chapitre 4
De quelles façons les mouvements propres des
[astres] errants paraissent non-uniformes
Puisque les mouvements propres en longitude des [astres errants] s’effec-
tuent à peu près de la même manière, à l’exception de Mercure qui semble se
comporter différemment, nous traiterons des quatre [autres astres] ensemble,
tandis que nous avons réservé pour Mercure un examen spécial. Mais alors
que les Anciens, comme on l’a rappelé, posaient un mouvement unique sur
deux excentriques, nous estimons, quant à nous, qu’il y a deux mouvements
uniformes qui produisent par leur composition un mouvement apparemment
non-uniforme, soit par un excentrique d’excentrique, soit par un épicycle d’épi-
cycle, soit encore en combinant un excentrique avec un épicycle : ces [combi-
naisons] peuvent en effet produire le même mouvement non-uniforme, comme
nous l’avons démontré plus haut dans le cas du Soleil et de la Lune.
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Extrait 6
Livre V
Quibus modis errantium motus proprij
appareant inæquales. Cap. IIII.
(p. 345.20-348.29)
Quoniam uero motus eorum secundum longitudinem proprij
eundem fere modum habent, excepto Mercurio, qui uidetur ab illis
differre. Quamobrem de illis quatuor coniunctim tractabitur. Mercurio
alius deputatus est locus. Quod igitur prisci unum motum in duobus
eccentris (ut recensitum est) posuerunt, nos duos esse motus cense-
mus æquales, quibus inæqualitas apparentiæ componitur, siue per
eccentri eccentrum, siue per epicycli epicyclium, siue etiam mixtim
per eccentrepicyclum, quæ eandem possunt inæqualitatem efficere, uti
superius circa Solem & Lunam demonstrauimus.
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54 LIVRE V, CHAP. 4
Soit donc un cercle excentrique AB de centre C et que le diamètre ACB,
[ligne] du lieu moyen du Soleil, passe par les apsides supérieure et inférieure
de la planète. Que le centre D de l’orbe terrestre se trouve sur cette ligne ; en
prenant l’apside supérieure A [pour centre], traçons un petit épicycle EF dont
le rayon vaut un tiers de CD. Plaçons la planète au périgée F de cet épicycle.
Faisons se mouvoir le petit épicycle le long de l’excentrique AB dans l’ordre
des signes ; quant au mouvement de la planète, il s’effectuera semblablement
dans l’ordre des signes sur le demi-cercle supérieur du petit épicycle, mais contre
l’ordre des signes sur le demi-cercle restant ; leurs révolutions — je veux dire
celle du petit épicycle et celle de la planète — seront égales entre elles. Par suite,
le petit épicycle partant de l’apside supérieure de l’excentrique, et la planète,
au contraire, du périgée du petit épicycle, il arrivera, lorsque chacun d’eux aura
parcouru son demi-cercle, que leurs mouvements s’inverseront respectivement.
Mais, à un quart de cercle de chaque côté des deux premières positions, chacun
d’eux sera à mi-distance entre ces apsides, et c’est seulement dans le premier cas
[c’est-à-dire aux apsides supérieure et inférieure] que le diamètre du petit épicy-
cle sera aligné avec AB, tandis qu’à mi-distance, ce diamètre sera perpendiculaire
à AB ; dans toutes les autres positions, enfin, le diamètre s’approche et s’éloigne
sans cesse. Tout cela se comprend aisément par l’enchaînement de ces mouve-
ments. Partant de là, on démontrera également que la planète par ce mouvement
composé ne décrit pas un cercle parfait comme le pensaient les mathématiciens
anciens, mais qu’elle s’en écarte imperceptiblement. Traçons à nouveau le même
petit épicycle KL autour du centre B et, ayant pris un quart de cercle AG, traçons
autour de G le petit épicycle HI. Coupons CD en trois parties égales et que CM,
égal au tiers de CD, soit aussi égal à GI. Traçons GC et IM qui se couperont en
Q. Puisque par construction l’arc AG est semblable à l’arc HI et que l’angle ACG
est droit, l’angle HGI aussi est droit, et les angles opposés par le sommet en Q
sont eux aussi égaux. Par conséquent, les triangles GIQ et QCM ont leurs angles
égaux et ils ont aussi les côtés correspondants égaux, puisque par hypothèse la
base GI est égale à la base CM, et que le côté QI est plus grand que GQ, tout
comme QM est plus grand que QC : donc IQM en entier est plus grand que
GQC en entier. Or FM, ML, AC et CG sont égaux les uns aux autres. Donc le
cercle décrit autour du centre M et passant par les points F et L est égal au cercle
AB et il coupera la ligne IM. On procédera à la même démonstration pour le
quart de cercle opposé. Par conséquent, la planète sur le petit épicycle ne décrit
pas un cercle parfait à cause des mouvements uniformes du petit épicycle sur
l’excentrique, mais un cercle presque parfait : ce qu’il fallait démontrer.
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LIBER V, CAP. IIII 55
Sit igitur eccentrus AB circulus circa C centrum, dimetiens ACB
medij loci Solis per summam ac infimam absida planetæ, in qua centrum
orbis terreni sit D, factoque in summa abside A, distantiæ autem tertiæ
partis CD, describatur epicyclium EF, in cuius perigæo quod sit F, pla-
neta constituatur. Sit autem motus epicyclij per AB eccentrum in conse-
quentia, planetæ uero in circumferentia epicyclij superiori similiter in
consequentia, in reliqua ad præcedentia, ac utriusque epicyclij inquam &
planetæ paribus inuicem reuolutionibus. Accidet propterea, ut cum epi-
cyclium in summa abside fuerit eccentri, & planeta in perigæo epicyclij
ex opposito, permutentur ad inuicem in contrarias partes, cum uterque
suum peregerit hemicyclium. At in quadrantibus utrisque medijs, utrum-
que absidem suam mediam habebit, & tunc solum epicyclij diame-
tros erit ad AB lineam, ac rursus his dimidiatis, recta ad eandem AB.
Cæterum annuens semper & abnuens, quæ omnia ex ipsorum motuum
consequentia facile intelliguntur. Hinc etiam demonstrabitur, quod
sidus hoc motu composito, non describit circulum perfectum iuxta
priscorum sententiam mathematicorum, differentia tamen insensibili.
Repetatur enim idem epicyclium in B centro, quod sit KL, ac desumpto
quadrante circuli AG, in ipso G, epicyclium HI, & trifariam secta CD,
sit CM triens, æqualis ipsi GI, connectanturque GC, IM, quæ secent
se in Q. Quoniam igitur AG, circumferentia similis est ex præscripto
HI circumferentiæ, & angulus qui sub ACG, rectus est. Rectus igitur
& HGI angulus. Et qui ad Q uerticem, sunt etiam æquales, æquiangula
sunt igitur triangula, GIQ, & QCM, sed & æqualium laterum, alterum
alteri. Quoniam GI basis ponitur æqualis CM basi, & maior est subtensa
QI, ipsi GQ, sicut etiam QM, ipsi QC. Tota ergo IQM maior est tota
GQC. Sed FM, ML, AC, CG sunt inuicem æquales. Descriptus ergo
circulus in M centro per F, L, signa, ac perinde æqualis ipsi AB circulo
secabit IM lineam. Eodem modo demonstrabitur ex opposito, ac altero
quadrante. Planetes igitur per æquales motus epicyclij in eccentro, &
ipse in epicyclio non describit circulum perfectum, sed quasi, quod erat
demonstrandum.
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56 LIVRE V, CHAP. 4
Décrivons maintenant, autour du centre D, l’orbe annuel de la Terre, soit
NO ; traçons IDR ainsi que PDS, parallèle à CG : dès lors la droite IDR sera
la ligne du mouvement vrai de la planète, GC, celle du mouvement moyen et
uniforme ; en R sera l’apogée vrai de la Terre par rapport à la planète et en S
l’apogée moyen. En effet, l’angle RDS, ou l’angle IDP, représente la différence
entre les deux mouvements, l’uniforme et l’apparent, c’est-à-dire entre l’angle
ACG et l’angle CDI. Si, au lieu d’un excentrique AB, nous tracions autour de D
un concentrique égal, qui porte un petit épicycle de rayon égal à DC ; si sur ce
petit épicycle s’en trouvait un second, dont le diamètre vaut la moitié de CD ; si,
d’autre part, le premier épicycle se déplaçait dans l’ordre des signes, le second
contre cet ordre et avec la même vitesse ; si enfin, sur ce dernier, la planète se
déplaçait avec une vitesse double, alors, il se produira la même chose que ce que
nous venons de dire, et qui n’est pas très différent de ce qui se passe dans le cas
de la Lune ; on obtient aussi le même résultat au moyen de l’une quelconque des
combinaisons [de cercles] mentionnées plus haut. Mais ici nous avons choisi un
excentrépicycle parce que, alors que le point D demeure toujours entre le Soleil
et le centre C, on découvre qu’il a, entre temps, changé de position, comme on
l’a montré dans l’examen du mouvement apparent du Soleil. Les autres appa-
rences ne suivant pas semblablement ce changement, une certaine irrégularité
en découle nécessairement pour elles et, bien qu’elle soit très faible, elle n’en est
pas moins perceptible dans le cas de Mars et de Vénus, comme on le verra en
son lieu.
Que ces hypothèses suffisent à rendre compte des apparences, nous allons main-
tenant le démontrer en nous appuyant sur des observations. Et nous commencerons
par Saturne, Jupiter et Mars, pour lesquels le problème principal et le plus difficile
est de trouver le lieu de l’apogée et la distance CD, parce que, à partir d’eux, on
démontre aisément le reste. La méthode que nous utiliserons dans leur cas est à peu
près la même que celle que nous avons utilisée dans le cas de la Lune, à savoir une
comparaison entre trois oppositions anciennes avec le Soleil et le même nombre
d’oppositions récentes. Ces oppositions, les Grecs les appellent « éclats acronyques »
[des planètes] et nous, « levers de la fin de la nuit » : à ce moment-là, la planète,
en opposition avec le Soleil, atteint la ligne du mouvement moyen du Soleil et se
débarrasse de toute l’irrégularité causée par le mouvement de la Terre. Ces positions
sont obtenues au moyen des observations faites à l’aide de l’instrument astrolabique,
comme on l’a expliqué plus haut, en recourant de plus au calcul des mouvements du
Soleil pour établir à quel moment la planète est diamétralement opposée au Soleil.
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LIBER V, CAP. IIII 57
Describatur modo in D centro orbis terræ annuus, qui sit NO, &
extendatur IDR, insuper & PDS, parallelus ipsi CG, erit igitur IDR
recta linea ueri motus planetæ, GC medij & æqualis, atque in R uerum
terræ apogæum ad planetam, in S medium. Angulus enim RDS, siue
IDP, est utriusque differentia inter æqualem apparentemque motum,
nempe inter ACG angulum & CDI. Quod si loco AB eccentri cape-
remus ipsi æqualem in D homocentrum, qui deferat epicyclium, cuius
quæ ex centro fuerit æqualis ipsi DC, in hoc ipso quoque alterum epicy-
clium, cuius dimetiens sit dimidium ipsius CD. Moueatur autem primus
epicyclus in consequentia, secundus tantundem in diuersum, in quo
demum planetes duplicato reflectatur motu, accident eadem, quæ iam
diximus. Nec multo aliter, quam circa Lunam, siue etiam per quemli-
bet aliorum modorum supradictorum. Sed elegimus hic eccentri epicy-
clum, eo quod manente semper inter Solem & C centrum, D interim
mutasse reperitur, ut in solaribus apparentijs ostensum est. Cui quidem
mutationi cæteris pariter non obsequentibus, necesse est in illis ali-
quam sequi differentiam, quæ tametsi permodica sit, in Marte tamen &
Venere percipitur, ut suo loco uidebitur.
Quod igitur hæ hypotheses apparentijs sufficiant, ammodo ex
obseruatis demonstrabimus, idque primum de Saturno, Ioue, & Marte,
in quibus præcipuum est, atque difficillimum apogæi locum & CD dis-
tantiam inuenisse, quoniam per ea cætera facile demonstrantur. In his
autem eo fere modo utemur, quo circa Lunam usi sumus. Nempe trium
oppositionum solarium antiquarum, ad totidem nouarum facta com-
paratione, quas acronychias ipsorum fulxiones Græci appellant, nos
extrema noctis, dum uidelicet planeta lineam rectam medij motus Solis
inciderit, Soli oppositus, ubi omni illa differentia, quam motus telluris
ingerit, exuitur. Talia quippe loca ex obseruationibus capiuntur per ins-
trumenta astrolabica, ut supra expositum est. Adhibita etiam supputa-
tione Solis, donec constiterit ad eius oppositum planetam peruenisse.
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Extrait 7
Livre VI
Chapitre 6
Deuxième écart en latitude de Vénus
et de Mercure, à l’apogée ou au périgée,
dépendant de l’inclinaison de leurs orbes
Voilà pour l’écart en latitude de ces astres qui se produit dans la région
des longitudes moyennes de leurs orbes : ces écarts, nous l’avons déjà dit,
sont appelés « déclinaisons ». Il nous faut maintenant traiter des latitudes
qui se produisent dans la région du périgée ou de l’apogée : à ces latitudes se
mêle la troisième sorte de digression, la « déviation » non pas comme dans le
cas des trois [planètes] supérieures, mais d’une façon telle qu’elle peut, [dans
le cas de Vénus et de Mercure], être assez facilement distinguée et séparée
par le raisonnement, comme suit. Ptolémée a observé que les latitudes en
question paraissent maximales lorsque les planètes se trouvent sur les lignes
droites tracées depuis le centre de la Terre et tangentes à leur orbe, ce qui se
produit, comme nous l’avons déjà dit, lorsqu’elles sont à leur distance maxi-
male du Soleil, le matin ou le soir. Ptolémée a aussi trouvé que les latitudes
boréales de Vénus étaient plus grandes que les latitudes australes d’environ
1/3°, tandis que les latitudes australes de Mercure étaient plus grandes que
les latitudes boréales d’environ 1° 1/2. Mais voulant s’épargner des calculs
laborieux et difficiles, il a pris 2° 1/2 comme une sorte de valeur moyenne
pour la variation de latitude de part et d’autre ; et les latitudes elles-mêmes
sous-tendent ces degrés sur un cercle perpendiculaire à l’écliptique autour
de la Terre, cercle sur lequel les latitudes sont mesurées. [S’il a agi ainsi],
c’est principalement parce qu’il estimait qu’il ne découlerait de là nulle erreur
sensible, comme nous le montrerons un peu plus loin. Si maintenant nous
supposons que [la planète] s’écarte également de part et d’autre de l’éclip-
tique de 2° 1/2 et si, pour l’instant, nous ne tenons pas compte de la dévia-
tion, nos démonstrations seront simplifiées et facilitées, jusqu’à ce que nous
ayons déterminé les latitudes dues à l’obliquation.
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Extrait 7
Liber VI
De secundo in latitudinem transitu Veneris &
Mercurij secundum obliquitatem
suorum orbium in apogæo & perigæo. Cap. VI.
(p. 455.13-457.23)
Hæc de transitu latitudinis horum siderum, qui circa medias lon-
gitudines suorum orbium contingit, quasque latitudines, declinationes
uocari diximus. Nunc de ijs dicendum est, quæ accidunt circa perigæa &
apogæa, quibus ille tertius deuiationis excursus commiscetur. Non ut in
tribus superioribus, sed qui ratione facilius discerni separarique possit,
ut sequitur. Obseruauit enim Ptolemæus latitudines has, tunc maximas
apparere, quando stellæ fuerint in rectis lineis orbem contingentibus
a centro terræ, quod accidit in maximis a Sole distantijs matutinis &
uespertinis, ut diximus. Inuenitque Veneris latitudines Boreas maiores
triente unius gradus, quam Austrinas. Mercurij uero Austrinas sesqui
gradu fere maiores quam Boreas. Sed difficultati & labori calculationum
consulere uolens, accepit secundum mediam quandam rationem ses-
tertia graduum in diuersas partes latitudinis, quos gradus in circulo ad
zodiacum recto circa terram latitudines ipsæ subtendunt, per quem lati-
tudines definiuntur, præsertim quod non euidentem propterea errorem
profuturum existimauit, prout etiam mox ostendemus. Quod si modo
gradus II.s. tanquam a signorum circulo abscessus hinc inde æquales
capiamus, excludamusque interim deuiationem, erunt demonstra-
tiones nostræ simpliciores ac faciliores, donec inflexionum latitudines
determinauerimus.
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60 LIVRE VI, CHAP. 6
Il nous faut donc montrer, en premier lieu, que cette digression en lati-
tude atteint son maximum près du point de tangence avec l’excentrique, où
les prosthaphérèses en longitude sont aussi maximales. Les plans de l’éclip-
tique et de l’excentrique — soit de Vénus, soit de Mercure — se coupent
selon une ligne passant par l’apogée et le périgée, et, sur cette intersection,
soit A le lieu de la Terre, B le centre de l’excentrique CDEFG incliné par
rapport à l’écliptique, de sorte que toutes les lignes droites tracées perpendi-
culairement à CG déterminent des angles égaux à l’inclinaison. Traçons AE,
tangente au cercle [excentrique], et une sécante quelconque, AD ; traçons,
en outre, depuis les points D, E et F les perpendiculaires à CG, soit DH,
EK et FL, ainsi que les perpendiculaires à l’écliptique pris comme plan de
référence, les droites DM, EN et FO ; traçons enfin MH, NK, OL, ainsi
que AN et AOM : AOM, en effet, est une droite, puisque trois de ses points
sont à la fois dans les deux plans, à savoir le plan de l’écliptique et le plan
ADM perpendiculaire à l’écliptique. Puisque, pour l’inclinaison adoptée, les
angles HAM et KAN embrassent les prosthaphérèses en longitude de ces
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LIBER VI, CAP. VI 61
Ostendendum igitur est primum, quod huius latitudinis excursus
circa contactus circuli eccentri maximus contingat, ubi etiam longi-
tudinis prosthaphæreses sunt maximæ. Esto enim communis sectio
planorum zodiaci & circuli eccentri siue Veneris, siue Mercurij, per
apogæum & perigæum, in qua capiatur A terræ locus, atque B centrum
eccentri, CDEFG circuli ad signiferum obliqui, ut uidelicet rectæ lineæ
quæcunque ad rectos angulos ipsi CG ductæ angulos compræhendant
æquales obliquitati : aganturque AE quidem contingens circulum AD
utrumque secans, ducantur etiam a D, E, F signis perpendiculares in
CG quidem ipsæ DH, EK, FL, in subiectum uero signiferi planum ipsæ
DM, EN, FO, & coniungantur MH, NK, OL, & insuper AN, AOM,
ipsa enim AOM recta est, cum tria eius signa in duobus sint planis,
nempe medij signorum circuli & ipsius ADM, recto ad planum signi-
feri. Quoniam igitur in proposita obliquatione longitudinis quidem
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62 LIVRE VI, CHAP. 6
planètes, tandis que les angles DAM et EAN embrassent leurs écarts en
latitude, je dis, en premier lieu, que l’angle de latitude EAN qui est formé
au point de tangence, où la prosthaphérèse en longitude atteint à peu près
son maximum, est aussi le plus grand de tous les angles de latitude. En effet,
puisque l’angle EAK est le plus grand de tous les angles [de longitude], le
rapport entre KE et EA sera plus grand que le rapport entre HD et DA et
que celui entre LF et FA. Or, il y a égalité de rapport entre EK et EN, HD
et DM et enfin LF et FO ; en effet, les angles sous-tendus [par EN, DM
et FO] sont, comme nous l’avons déjà dit, égaux entre eux et les angles en
M, N et O sont droits. Par conséquent, le rapport entre NE et EA est plus
grand que le rapport entre MD et DA, et que celui entre OF et FA ; en outre,
les angles DMA, ENA et [FO]A sont droits ; dès lors, l’angle EAN est, lui
aussi, plus grand que l’angle DAM ou que tous les [autres] angles formés
de cette manière-là. Par conséquent, il est évident que parmi les différences
de prosthaphérèses en longitude dues à cette inclinaison, la plus grande est
aussi celle qui se produit au plus grand écart, c’est-à-dire près du point E.
En effet, en raison de l’égalité des angles sous-tendus [dans les triangles
DMH, ENK et FOL], il y a égalité de rapport entre HD et HM, KE et KN,
et enfin LF et LO. Et comme cette proportion reste la même pour les dif-
férences [entre les termes de chaque rapport], il en résulte que le rapport de
la différence entre EK et KN, d’une part, et EA, d’autre part, est plus grand
que celui des autres différences avec les côtés semblables à AD. D’où il suit
évidemment qu’il y aura même rapport entre la prosthaphérèse maximale
en longitude et l’écart maximal en latitude, qu’entre les prosthaphérèses en
longitude des parties de l’excentrique et les écarts en latitude. En effet, le
rapport entre KE et EN est égal au rapport de tous les côtés semblables à
LF et HD avec les côtés semblables à FO et DM. Ce que l’on se proposait
de démontrer.
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LIBER VI, CAP. VI 63
anguli qui sub HAM & KAN, prosthaphæreses harum stellarum com-
præhendunt latitudinis autem excursus, qui sub DAM, & EAN. Aio
primum, quod EAN angulus latitudinis, qui in contactu constituitur, sit
omnium maximus, ubi etiam fere prosthaphæresis longitudinis maxima
existit. Cum enim sub EAK angulus maior sit omnium, ipsa KE ad EA
maiorem rationem habebit, quam utraque HD, & LF, ad utramque DA
& FA. Sed ut EK ad EN, sic HD ad DM, & LF ad FO æquales enim
sunt anguli, sicut diximus, quos subtendunt, & qui circa M, N, O recti.
Igitur & NE ad EA, maiorem habet rationem, quam utraque MD, &
OF, ad utramque DA & FA : ac rursus qui sub DMA, & ENA, & OFA
sunt anguli recti, maior est igitur & qui sub EAN angulus, ipso DAM,
atque omnibus eis, qui hoc modo constituuntur. Vnde manifestum
est, quod etiam quæ fiunt ex hac obliquatione secundum longitudinem
inter prosthaphæreses differentiæ, maxima est, quæ in maximo tran-
situ determinatur circa E signum. Nam propter angulos, quos subten-
dunt æquales HD, KE, & LF, proportionales sunt ad HM, KN, & LO.
Cumque maneat eadem ratio earum ad excessus suos, consequens est
excessum EK & KN, maiorem habere rationem ad EA, quam reliquos
ad similes ipsi AD. Hinc etiam manifestum est, quod quam habuerit
rationem maxima secundum longitudinem prosthaphæresis, ad latitu-
dinis maximum transitum, eandem habebunt rationem segmentorum
eccentri secundum longitudinem prosthaphæreses, ad transitus latitu-
dinis. Quoniam ut KE ad EN, sic & omnes similes ipsis LF, & HD, ad
similes ipsis FO & DM, quæ demonstranda proponebantur.
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Extrait 8
Première rédaction
de la fin du livre I
Et bien que nous reconnaissions que le cours du Soleil et de la Lune peut
être démontré aussi en posant l’immobilité de la Terre, dans le cas des autres
astres errants cela convient moins. On peut croire que c’est pour ces rai-
sons et d’autres semblables que Philolaos a pensé à la mobilité de la Terre,
et Aristarque de Samos a été, selon certains [auteurs], lui aussi de la même
opinion, sans être ébranlé par l’argument qu’allègue et que critique Aristote.
Mais comme ces choses sont telles qu’elles ne peuvent être comprises sans
un esprit aigu et une longue application, la plupart des philosophes les ont
alors ignorées et, Platon ne le cache pas, rares étaient ceux qui, à cette époque,
étaient versés dans l’explication des mouvements célestes. Mais si ces choses
ont été comprises de Philolaos ou de l’un quelconque des Pythagoriciens, il
est toutefois vraisemblable qu’elles n’ont pas été transmises à la postérité, car
c’était une règle chez les Pythagoriciens de ne rien consigner par écrit, et de
ne pas enseigner les secrets de la philosophie à tout le monde, mais de ne les
confier et de ne les passer de la main à la main qu’aux amis et aux proches. La
lettre de Lysis à Hipparque en porte témoignage. Il nous a plu de l’insérer ici et
de terminer sur elle ce premier livre pour rappeler les sentences mémorables
de ces auteurs, et pour que l’on voie en quelle estime ils ont tenu la philoso-
phie. Voici donc le texte de cette lettre que nous avons traduit à partir du grec
de la façon suivante.
Lysis à Hipparque, Salut.
Après la mort de Pythagore, jamais je n’aurais pu croire que la société de ses
disciples pût se défaire. Après que, contre toute attente, comme à la suite d’un
naufrage, nous avons été transportés et dispersés chacun de son côté, c’est un
devoir de piété de se souvenir de ses divins préceptes et de ne pas communiquer
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Extrait 8
Liber I, capitulum X
Autographum, f. 11v.11-12v.16
(p. 476.1-478.12)
Et si fateamur Solis Lunæque cursum in immobilitate quoque terræ
demonstrari posse : in cæteris vero errantibus minus congruit. Credibile
est hisce similibusque causis philolaum mobilitatem terræ sensisse :
quod etiam nonnulli Aristarchum samium ferunt in eadem fuisse sen-
tentia. non illa ratione moti : quam allegat reprobatque Aristoteles. Sed
cum talia sint : quæ nisi acri ingenio et diligentia diuturna comprehendi
non possent : latuisse tunc plerumque philosophos : et fuisse admo-
dum paucos : qui eo tempore sydereorum motuum calluerint rationem,
a platone non tacetur. At si philolao vel cuiuis Pythagorico intellecta
fuerunt : verisimile tamen est ad posteros non profudisse. Erat enim
pythagoreorum obseruantia non tradere literis : nec pandere omnibus
arcana philosophiæ. Sed amicorum dumtaxat et propinquorum fidei
committere ac per manus tradere. Cuius rei monumentum extat Lysidis
ad Hipparchum epistula : quam ob memorandas sententias et ut appa-
reat, quam preciosam penes se habuerint philosophiam placuit huc
inserere : atque huic primo libro per ipsam inponere finem. Est ergo
exemplum epistulæ : quod e græco vertimus hoc modo.
Lysis Hipparcho Salut(em).
Post excessum Pythagoræ : numquam mihi persuasissem futurum
ut societas discipulorum eius disiungeretur. Postquam autem præter
spem, tamquam naufragio facto alius alio delati disiectique sumus,
pium tamen est diuinorum illius præceptorum meminisse : neque com-
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66 PREMIÈRE RÉDACTION DE LA FIN DU LIVRE I
les biens de la philosophie à ceux qui n’ont même pas songé à la purification
de leur âme. Car il ne convient pas d’offrir à tous ce que nous avons obtenu au
prix de tant de peines, tout comme il n’est pas permis de dévoiler au profane les
secrets des déesses d’Éleusis, et ceux qui feraient l’une ou l’autre de ces actions
seraient tenus pour également injustes et impies. Il vaut la peine de rappeler
tout le temps que nous avons passé à effacer les taches qui souillaient nos poi-
trines jusqu’à ce qu’au terme de cinq années, nous ayons été prêts à recevoir ses
préceptes. En effet, tout comme les teinturiers, après avoir lavé les vêtements,
en fixent la teinture au moyen d’un certain mordant, pour qu’ils s’imprègnent
d’une couleur indélébile, qui par la suite ne pourrait pas disparaître facilement,
de la même façon cet homme divin a préparé les amoureux de la philosophie,
pour que l’espérance qu’il avait conçue concernant la vertu de l’un d’entre eux
ne fût pas déçue. En effet, il ne vendait pas sa doctrine contre rémunération,
ni ne lançait les filets avec lesquels la plupart des sophistes, qui n’ont en vue
que le profit, embrouillent l’esprit des jeunes gens, mais il enseignait les choses
divines et humaines. Certains, simulant sa doctrine, font sans doute beaucoup de
grandes choses et instruisent la jeunesse sans respecter ni l’ordre ni la manière
qui conviennent. C’est pourquoi ils rendent leurs disciples importuns et effron-
tés, parce qu’ils mêlent les préceptes purs de la philosophie à leurs mœurs tur-
bulentes et impures. C’est comme si quelqu’un versait de l’eau pure et limpide
dans un puits profond plein de boue : il agite la boue et perd son eau ; il en va
de même pour ceux qui enseignent et sont enseignés de cette façon. D’épaisses
et obscures forêts envahissent l’esprit et le cœur de ceux qui n’ont pas été initiés
comme il convient, et elles empêchent toute bonté d’âme et toute raison. Toutes
les sortes de vices pénètrent sous cette forêt, qui dévorent la raison, la repoussent
et ne lui permettent pas de se manifester d’aucune façon. Nommons d’abord les
mères de tous ces vices qui envahissent [l’âme] : l’incontinence et l’avarice, qui
sont toutes deux très prolifiques. Car l’incontinence engendre incestes, ivrogne-
ries, débauches, voluptés contre nature, ainsi que certaines impulsions violentes
qui mènent à la mort et à l’abîme. En effet, le désir a tellement enflammé certains
qu’ils n’ont respecté ni mères ni enfants. Il les a même poussés contre les lois,
contre la patrie, contre la cité, et contre les gouvernants, et il les entrave de telle
sorte qu’il les mène liés jusqu’au dernier supplice. De l’avarice sont nés rapines,
parricides, sacrilèges, empoisonnements et autres rejetons de cette sorte. Il
convient donc de détruire par le feu, par le fer, et par tous les moyens les refuges
de cette forêt dans lesquels se tiennent ces passions. Et lorsque nous saurons
que la noble raison a été libérée de ces passions, alors nous pourrons y planter
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LIBER I, CAP. X (REDACTIO PRIMA) 67
municare philosophiæ bona, ijs qui neque animi purificationem som-
niauerunt. Non enim decet ea porrigere omnibus : quæ tantis laboribus
sumus consecuti. Quemadmodum neque Eleusiniarum dearum arcana
prophanis hominibus licet patefacere : peræque enim iniqui ac impij
haberentur utrique ista facientes. Operæ precium est autem recensere :
quantum temporis consumserimus in abstergendis maculis : quæ pec-
toribus nostris inhærebant : donec quinque labentibus annis, præcep-
torum illius facti sumus capaces. Quemadmodum enim pictores post
expurgationem astrinxerunt acrimonia quadam vestimentorum tinctu-
ram : ut inabluibilem imbibant colorem et qui postea non facile possit
euanescere. Ita diuinus ille vir philosophiæ præparauit amatores : quo
minus spe frustraretur : quam de alicuius virtute concepisset. Non
enim mercennariam vendebat doctrinam. Neque laqueos, quibus multi
sophistarum mentes iuuenum implicant, utilitate vacantes adnectebat ;
sed diuinarum humanarumque rerum erat præceptor. Quidam vero
doctrinam illius simulantes multa et magna faciunt : et peruerso ordine :
neque ut congruit instruunt iuuentutem. Quamobrem importunos ac
proteruos reddunt auditores. permiscent enim turbulentis ac impuris
moribus syncera præcepta philosophiæ. Perinde enim est ac si quis
in altum puteum cœno plenum puram ac liquidam aquam infundat :
nam cœnum conturbat et aquam amittit. Sic accidit ijs : qui hoc modo
docent atque docentur. Densæ enim et opacæ siluæ mentem et præcor-
dia eorum occupant : qui rite non fuerint iniciatj : omnemque animi :
mansuetudinem : et rationem impediunt. Subeunt hanc siluam omnia
viciorum genera : quæ depascuntur : arcent : nec aliquo modo sinunt
prodire rationem. Nominabimus autem primum ipsorum ingredien-
tium matres incontinentiam : et auariciam. Suntque ambæ fecundis-
simæ. Nam incontinentia incestus : ebrietates stupra : et contra naturam
voluptates parit : et vehementes quosdam impetus : qui ad mortem
usque et præcipicium impellunt. Jam enim libido quosdam usque adeo
inflammauit : ut neque matribus neque pignoribus abstinuerint : quos
etiam contra leges patriam ciuitatem : et tyrannos induxit : iniecitque
laqueos : ut vinctos ad extremum usque supplicium cœgerit. Ex aua-
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68 PREMIÈRE RÉDACTION DE LA FIN DU LIVRE I
une semence excellente et féconde. Ces préceptes, Hipparque, tu les avais appris
non sans grande peine, mais, ô homme bon, tu les as bien peu respectés, une
fois que tu as goûté le luxe de la Sicile auquel tu n’aurais dû pourtant rien sacri-
fier. Beaucoup disent même que tu enseignes publiquement la philosophie, ce
que Pythagore a interdit : en confiant par testament ses écrits à sa fille Dama,
il ordonna qu’elle ne les transmît à personne en dehors de la famille. Et alors
qu’elle aurait pu les vendre pour beaucoup d’argent, elle ne l’a pas voulu, car elle
estimait la pauvreté et les ordres de son père pour plus précieux que l’or. On dit
aussi que Dama, à sa mort, demanda à sa fille Vitalie de respecter le même enga-
gement. Et nous, qui sommes pourtant du sexe masculin, nous manquons à nos
devoirs envers notre maître, et renions notre promesse. Si donc tu t’amendes, je
t’en saurai gré, sinon, tu es mort pour moi.
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LIBER I, CAP. X (REDACTIO PRIMA) 69
ricia autem genitæ sunt rapinæ parricidia : sacrilegia : veneficia : atque
aliæ id genus sorores. Oportet igitur huiusce siluæ latebras : in quibus
affectus isti versantur : igne ferro : et omni conatu excidere. Cumque
ingenuam rationem his affectibus liberatam intellexerimus : tunc opti-
mam frugem : et fructuosam illj inseremus. Hæc tu quidem Hipparche
non paruo studio didiceras. Sed parum o bone vir seruasti, siculo luxu
degustato, cuius gratia nihil postponere debuisses. Aiunt etiam plerique
te publice philosophari : quod vetuit Pythagoras : qui Damæ filiæ suæ
commentariolos testamento relinquens mandauit : ne cuiquam eos extra
familiam traderet. Quos cum magna pecunia vendere posset, noluit.
Sed paupertatem et iussa patris æstimauit auro cariora. Aiunt etiam :
quod Dama moriens Vitaliæ filiæ suæ idem reliquerit fidei commissum.
Nos autem virilis sexus inofficiosi sumus in præceptorem : sed trans-
gressores professionis nostræ. Si igitur te emendaueris gratum habeo.
Sin minus mortuus es mihi.
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PIÈCES DIVERSES
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VOLUME I
Annexe I
Deux horoscopes de Copernic
(1) München, Bayerische Staatsbibliothek, Clm. 27003, f. 33v
Pour une description du contenu de ce manuscrit astrologique (et
des nombreux autres conservés dans le même fonds), voir D. Juste,
Les manuscrits astrologiques latins conservés à la Bayerische Staatsbibliothek
de Munich, Paris, 2011, en part. p. 175.
Cet horoscope de Copernic fait partie d’une série très riche
de génitures qui semblent avoir été rassemblées vers 1545 par un
astrologue proche de Melanchthon, peut-être Johannes Schöner.
On y trouve notamment, en tête du recueil, la nativité de Martin
Luther qui est gratifié de deux thèmes de naissance, l’un calculé pour
le 10 novembre 1483 et l’autre pour le 22 octobre 1484 (avec une
remarque de Melanchthon adressée à Schöner concernant l’heure
de naissance de Luther, reproduite dans D. Juste, Les manuscrits
astrologiques latins, cit., planche 7) : voir A. Warburg, Heidnisch-antike
Weissagung in Wort und Bild zu Luthers Zeiten, Heidelberg, 1920,
réimp. dans D. Wuttke [éd.], Ausgewählte Schriften und Würdigungen,
2e éd., Baden-Baden, 1980, p. 215, trad. fr. dans A. Warburg, Essais
florentins, Paris, 1990, p. 247-294, en part. p. 259 pour la note de
Melanchthon à Schöner ; A. Grafton, Cardano’s Cosmos, Cambridge
(Mass.), 1999, p. 75-77. On trouve également dans le Clm. 27003
les nativités d’autres réformateurs importants comme Philippe
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DEUX HOROSCOPES DE COPERNIC 73
Melanchthon, Andreas Osiander, etc. et de mathematici comme
Rheticus, Johannes Werner, Érasme Reinhold, Georg Hartmann,
Johannes Virdung, etc.
Nous présentons ci-dessous une comparaison des données figu-
rant sur l’horoscope de Copernic avec celles que l’on tire des Tables
Alphonsines et du De revolutionibus.
Les longitudes des planètes sont calculées pour le 19 février 1473
à 16 h 48 m, date de naissance de Copernic à Toruń.
Rappelons que les tables du De revolutionibus sont données pour le
méridien de Frombork à minuit, lequel est situé, selon le catalogue
des lieux géographiques des Tables Pruténiques, à 5 min à l’Ouest du
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74 VOLUME I, ANNEXE I
méridien de Königsberg. D’après ce même catalogue, le méridien
de Tolède, origine des Tables Alphonsines, est situé à 2 h 05 min de
longitude Ouest de Königsberg. La longitude de Toruń n’est pas
donnée ; elle a été estimée à partir des données modernes à 4 min
de longitude Ouest par rapport à Frombork, mais on l’a négligée ici
dans les calculs (ces 4 minutes ne sont sensibles que pour la longi-
tude de la Lune). Il s’ensuit que, lorsqu’il est 16 h 48 m à Toruń, il
est 14 h 52 m à Tolède. On a donc calculé la longitude des planètes
à 14 h 52 m pour les Tables Alphonsines (base des Tabulae resolutae de
Johannes Schöner) et à 16 h 48 m pour le De revolutionibus.
[Les valeurs données ici sont issues du calcul informatique qui peut légèrement différer
du calcul effectué manuellement à partir des tables.]
Horoscope Copernic
Planète Tables Alphonsines
de Copernic De rev.
Lune 247° 246° [245° 34'] 246° [245° 31']
Mercure 0° 0° [359° 59'] 358° [358° 7']
Vénus 7° 8° [7° 55'] 7° [7° 16']
Soleil 341° 341° [340° 35'] 340° [340° 13']
Mars 322° 323° [322° 40'] 321° [320° 55']
Jupiter 244° 243° [243° 25'] 245° [245° 15']
Saturne 81° 80° [80° 15'] 78° [ 77° 53']
La comparaison du calcul alphonsin avec celui du De revolutio-
nibus donne des valeurs assez voisines ; mais les coordonnées de
l’horoscope de Copernic sont plus proches des valeurs alphonsines.
On trouvera dans la Note complémentaire 2 du livre V un
exemple d’utilisation des tables de Copernic pour le 19 février 1473,
à 16 h 48 m.
(2) München, Bayerische Staatsbibliothek, Clm. 10667, f. 63r
Par rapport au précédent, cet horoscope présente une double
particularité : (1) la date de naissance de Copernic est donnée comme
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DEUX HOROSCOPES DE COPERNIC 75
étant le 10 février 1543, à 4 h 38 m ; (2) la latitude de son lieu de
naissance, non indiqué, est donnée comme étant 55°. Les positions
du Soleil (entre 3° et 28° dans les Poissons) et de Mercure (entre
28° dans les Poissons et 16° dans le Bélier) ne sont pas données de
façon précise, à la différence des positions des autres planètes, iden-
tiques à celles de l’horoscope précédent.
Par un cheminement que l’on ignore, cet horoscope avec la date
et l’heure fautives est parvenu à Johannes Garcaeus, qui l’a publié
dans son Astrologiae methodus, in qua secundum doctrinam Ptolemaei exac-
tissima facillimaque Genituras qualescunque iudicandi ratio traditur […].
Nunc primum in lucem edita, in honorem Illustrissimi Principis D. Augusti
Saxoniae Electoris (Basileae, 1576), p. 138.
Dans le commentaire joint à la nativité de Copernic, Garcaeus
attribue l’excellence de son esprit (« Excellentiam ingenij eius in
Mathematicis, monumenta docent ») à l’aspect trigone entre Mercure
et la Lune dans son thème natal, aspect qui se trouve également, dit
Garcaeus, dans la géniture de Georg Peurbach (1423-1461) et dans
celle de l’humaniste Ulrich de Hutten (1488-1523).
On notera enfin que dans l’exemplaire de l’Astrologiae methodus
conservé à la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris [cote : 1057(2)],
l’horoscope de Copernic comporte quelques corrections manus-
crites. Sa date de naissance est corrigée en 19 février à 4 h 48 m et la
latitude (de Toruń) est donnée comme étant de 52° 34'.
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76 VOLUME I, ANNEXE I
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Annexe XVII
La bibliothèque de Copernic
Nous mentionnons ci-dessous seulement les titres des ouvrages
qui sont les sources, nommément citées ou non, auxquelles ren-
voient les écrits astronomiques de Copernic, à savoir l’Epistola contra
Wernerum, le Commentariolus et le De revolutionibus (édition de 1543 et
manuscrit autographe).
Une première liste est constituée par les ouvrages possédés
et/ou annotés par Copernic (conservés à la Bibliothèque d’Upp-
sala, Suède). On dispose pour eux de l’inventaire dressé par P.
Czartoryski, « The Library of Copernicus » (Studia Copernicana
XVI), Wrocław, 1978, p. 355-396, revu et corrigé par A. Goddu,
« Copernicus’s Annotations : Revisions of Czartoryski’s “Coper-
nicana” », Scriptorium, 58 (2004), p. 202-226. Nous y renvoyons le
lecteur pour les indications bibliographiques relatives aux titres
cités.
Une deuxième liste concerne les auteurs cités par Copernic, dont
il a pu posséder ou seulement consulter un exemplaire, mais dont
on n’a pas retrouvé trace (pour certains titres, les éditions sont citées
à titre d’hypothèse).
Enfin, une troisième liste signale les titres des ouvrages non cités
par Copernic, mais dont on peut penser qu’il les a connus sans les
avoir pour autant nécessairement tous utilisés dans le De revolutioni-
bus (dans ce cas aussi, les dates et les lieux des éditions citées sont
hypothétiques). On a mis également dans cette dernière liste les
ouvrages édités par Rheticus et dont il est certain, ou quasi certain,
qu’il a offert une copie à Copernic.
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78 VOLUME I, ANNEXE XVII
I. Ouvrages possédés et/ou annotés par Copernic
Albohazen Haly, In judiciis astrorum, Venise, 1485.
Apianus, Petrus, Instrumentum primi mobilis, Nuremberg, 1534.
Bessarion, In calumniatorem Platonis libri quatuor […], Venise, 1503.
Crastonus, Johannes, Dictionarium graecum cum interpretatione latina, Modène,
1499-1500.
Euclide, Elementa geometriæ, Venise, 1492.
— Εὐκλείδου Στοιχείων βιβλ. ΙΕ', ἐκ τῶν Θέωνος Συνουσιῶν, εἰς τὸν
αὐτοῦ πρῶτον ἐξηγημάτων Πρόκλου βιβλ., Bâle, 1533.
Geber, Gebri filii Affla Hispalensis […] libri IX De astronomia, Nuremberg,
1534.
Platon, Opera (trad. Marsile Ficin), Florence, 1484.
Pline l’Ancien, Historia naturalis, Rome, 1473, et Venise, 1487.
Pontanus, Opera, Venise, 1501.
Ptolémée, Claude, Κλ. Πτολεμαίου Μεγάλης Συντάξεως Βιβλ. ιγ'.
Θέωνος ᾽Αλεξανδρέως εἰς τὰ αὐτὰ ὑπομνημάτων Βιβλ. ια'. […]
Theonis Alexandrini in eosdem Commentariorum lib. XI, Bâle, 1538.
— Almagestum Cl. Ptolemei Pheludiensis Alexandrini Astronomorum principis,
Venise, 1515.
— Cosmographia, Ulm, 1486.
Regiomontanus, Johannes, Tabulae directionum et profectionum, Augsburg, 1490.
— Calendarium, Augsburg, 1492.
— Ephemerides (1491-1506), Augsburg, 1492.
— De triangulis omnimodis libri quinque, Nuremberg, 1533.
Stöffler, Johannes, Almanach nova in annos 1499-1531, Ulm, 1499.
— Calendarium Romanum magnum, Oppenheim, 1518.
Tabule Astronomice Alfonsi Regis, Venise, 1492.
Vitellio, Περὶ ὀπτικῆς, id est de natura, ratione et proiectione radiorum visus
hominum, colorum, atque formarum, quam vulgo Perspectivam vocant, libri X,
Nuremberg, 1535.
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LA BIBLIOTHÈQUE DE COPERNIC 79
II. Auteurs cités par Copernic,
dont il a pu posséder ou consulter un exemplaire
Aratus, Phaenomena, dans Scriptores rei astronomicae veteres, Venise, 1499.
Censorinus, De die natali (éditions possibles : Bologne, 1497; Venise, 1528).
Cléomède, Cleomedis de mundo, dans Georgio Valla Placentino interprete. Hoc in
volumine haec continentur Nicephori de arte disserendi liber, De expedita ratione
argumentandi ; Euclidis Elementorum liber XIV […] Cleomedis de mundo […],
Venise, 1498.
Euclide, Optica, trad. latine de B. Zamberti, Venise, 1505.
— Phaenomena, trad. latine de B. Zamberti, Venise, 1505.
Lactance, L. Caecilii Lactantii Firmiani divinarum institutionum libri septem,
Venise, 1515.
Martianus Capella, De nuptiis Philologiæ et Mercurii libri VIII, Vicence, 1499
(ou Modène, 1500).
Peurbach, Georg, Theoricae novae planetarum, Venise, 1490 (autres éditions
possibles : 1472, 1485, 1491, 1515).
Pic de la Mirandole, Jean, Disputationes adversus astrologiam divinatricem,
Bologne, 1496.
Plutarque, Plutarchi opuscula LXXXII, Venise, 1509 (ou Bâle, 1531).
Proclus, Hypotyposis astronomicarum hypothesium (dans la version latine de
Giorgio Valla, De expetendis et fugiendis rebus, lib. XVIII [= Astrologiae III],
3, cap. 23 (voir infra).
Regiomontanus, Epytoma Johannis De monte regio In Almagestum Ptolomei,
Venise, 1496.
Valla, Giorgio, De expetendis et fugiendis rebus opus, 2 vol., Venise, 1501.
Werner, Johannes, De motu octavae sphaerae, dans In hoc opere haec continentur :
Libellus Joannis Verneri […] super viginti duobus elementis conicis […] ejusdem
[…] de motu octavae sphaerae tractatus duo ; eiusdem summaria enarratio theoricae
motus octavae sphaerae, Nuremberg, 1522.
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80 VOLUME I, ANNEXE XVII
III. Ouvrages non cités par Copernic,
mais probablement connus de lui
Albategnius, Rudimenta astronomica Alfragani. Item Albategnius astronomus
peritissimus de motu stellarum ex obseruationibus tum propriis tum Ptolemæi,
Nuremberg, 1537.
Albert de Brudzewo, Commentariolum super Theoricas novas planetarum Georgii
Purbachii [...] per Albertum de Brudzewo, Milan, 1495.
Bovillus, Carolus, Liber de intellectu, […] de sapiente, […] Ars oppositorum…,
Paris, 1510.
Calcidius, Chalcidii […] luculenta Timaei Platonis traductio et eiusdem argutissima
explanatio, Paris, 1520.
Copernicus, Nicolaus, De lateribus et angulis triangulorum, Wittenberg, 1542.
Horace, De arte poetica, dans Q. Horatii Flacci Opera, Paris, 1511.
Macrobe, In somnium Scipionis, Brescia, 1501.
Nicolas de Cues, De docta ignorantia, dans Opera, Paris, 1514.
Rheticus, Georg Joachim, Narratio prima, Gdańsk, 1540.
Vitruve, De architectura libri decem, Venise, 1497.
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VOLUME III
LIVRE III
Note complémentaire 2
Le mouvement de la Terre autour du Soleil
Copernic construit sa théorie solaire sur la base d’observations
anciennes auxquelles il fait, comme à son habitude, entièrement
confiance, et d’où il conclut que la variation non-uniforme de la longi-
tude du Soleil est due à quatre causes :
— une précession non-uniforme
— une inégalité annuelle due à l’excentricité
— une variation de cette excentricité
— un glissement non-uniforme de la ligne des apsides par rap-
port aux étoiles.
La Terre (fig. 1) parcourt un excentrique de centre G en une
année sidérale dans le sens direct. G parcourt le petit cercle de centre
F en 3 434 années égyptiennes dans le sens rétrograde. Le centre F
parcourt le cercle centré sur le Soleil en 53 260 années égyptiennes
environ dans le sens direct.
Figure 1
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82 VOLUME III, LIVRE III, NOTE COMPLÉMENTAIRE 2
Es = équation du centre δA = équation de l’aphélie
ou équation solaire
e = excentricité L* = longitude sidérale moyenne
M = anomalie moyenne L = longitude tropique moyenne
V = anomalie vraie λ* = longitude sidérale vraie
ω = longitude tropique de l’aphélie λ = longitude tropique vraie
La longitude sidérale est rapportée à l’étoile γ Bélier ; si on la corrige
de la valeur de la précession, on obtient la longitude tropique, rapportée
au point vernal.
L’anomalie moyenne M est comptée depuis l’aphélie moyen Am ;
mais comme ce point est mobile, il convient de distinguer l’anoma-
lie vraie V qui diffère de l’anomalie moyenne d’une quantité notée
δA et appelée équation de l’aphélie. On a V = M + δA.
Dans le Commentariolus, Copernic pensait que la ligne des apsides
était fixe ; mais, par la suite, il a cru que l’aphélie se déplaçait par
rapport aux étoiles de façon non-uniforme, et que l’excentricité de
l’orbite terrestre oscillait entre deux valeurs limites. Il a alors ima-
giné un mécanisme liant la variation de l’excentricité et le mouve-
ment de la ligne des apsides, d’où la distinction entre aphélie moyen
et aphélie vrai.
Si, de fait, la ligne des apsides n’est pas fixe par rapport aux étoiles
en raison des perturbations planétaires, le mouvement imaginé par
Copernic ne correspond absolument pas à la réalité. On calcule
l’équation de l’aphélie et l’excentricité à un instant donné par :
(1)
(2)
avec
où θ est un angle qui varie de 0° à 360° en 3 434 années égyptiennes,
e1 et e2 étant des constantes (FG = e2 et FS = e1 avec e1 = 369 et e2 = 48).
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LE MOUVEMENT DE LA TERRE AUTOUR DU SOLEIL 83
On se trouve donc en présence pour l’aphélie d’un moyen mou-
vement qui fait faire le tour du ciel en 53 260 années égyptiennes,
auquel se superpose un mouvement d’oscillation de période 3 434
années égyptiennes.
Le fait que le Soleil soit excentré sur la ligne des apsides entraîne
un mouvement non-uniforme de la Terre, introduit par l’équation
du centre. On démontre que :
esin V
sin E s =
R2 + e2 + 2 Re cosV
avec R = 10 000 selon Copernic (ce qui correspond au rayon de l’orbe).
L’équation du centre est négative pour 0° < V < 180°, et positive pour
180° < V < 360°. Dans ses tables, Copernic calcule l’équation du
centre avec une valeur minimale de l’excentricité. Pour tenir compte
d’une valeur supérieure, il ajoute une colonne Excessus donnant la
différence entre l’équation du centre calculée avec une excentricité
minimum et l’équation du centre calculée avec une excentricité
maximum.
La longitude vraie du Soleil, rapportée au point γ vrai, s’obtient
alors en ajoutant l’équation du centre à la longitude sidérale ou
tropique :
λ = L* + π + Es où π est la précession vraie.
Si l’on considère que, au cours de l’année, l’excentricité et l’aphé-
lie sont fixes, on peut représenter le mouvement de la Terre autour
du Soleil par un excentrique simple comme sur la figure 2.
Figure 2
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TABLE DES MATIÈRES
DU PRÉSENT LIVRET
Table des matières des trois volumes........................................................ 2
Genèse, caractère et fortune de l’œuvre de Copernic ���������������������� 5
Extraits
1. Lettre-préface au pape Paul III �����������������������������������������������������������18
2. Livre I, chapitre 10 ��������������������������������������������������������������������������������26
3. Livre II – Préambule ����������������������������������������������������������������������������36
4. Livre II, chapitre 14, suivi du Catalogue des étoiles (début) �����������38
5. Livre III, chapitre 3 ������������������������������������������������������������������������������44
6. Livre V, chapitre 4 ���������������������������������������������������������������������������������52
7. Livre VI, chapitre 6 �������������������������������������������������������������������������������58
8. Première rédaction de la fin du livre I �����������������������������������������������64
Pièces diverses
Volume I, Annexe I : Deux horoscopes de Copernic �������������������������72
Volume I, Annexe XVII : La bibliothèque de Copernic ���������������������77
Volume III, Livre III, Note complémentaire 2 :
Le mouvement de la Terre autour du Soleil �����������������������������������������81
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Des révolutions des orbes célestes
1473 nicolas copernic 1543
Cette publication bénéficie du soutien
des organismes suivants :
Première édition critique bilingue
Volume I : Introduction
Volume II : Texte et traduction du De revolutionibus orbium cœlestium
Volume III : Notes ; appendices ; dossier iconographique ; index général
• Un événement éditorial international
• Une édition scientifique de référence
• Une somme magistrale de 2 700 pages
• Des documents rares présentés dans un cahier hors-texte de 16 pages
(n&b et coul.)
• Trois volumes reliés imprimés sur papier fin ivoiré, tranchefile et signet,
rassemblés dans un somptueux coffret
• Emballage spécial au format
Édition critique et traduction par Michel-Pierre Lerner, Alain-Philippe Segonds et
Jean-Pierre Verdet
Collection Sciences et Humanisme
3 volumes 15 x 24 cm sous coffret
199 €
ISBN 978-2-251-34514-7
En librairie le 13 novembre 2015
nicolas copernic nicolas copernic
de revolvtionibvs orbivm cœlestivm
des révolutions des orbes célestes de revolvtionibvs orbivm cœlestivm
par Michel-Pierre Lerner, des révolutions des orbes célestes
Alain-Philippe Segonds et Jean-Pierre Verdet
avec la collaboration de Concetta Luna,
Isabelle Pantin, Denis Savoie et Michel Toulemonde
Le présent ouvrage contient l’édition critique du chef-d’œuvre de
Nicolas Copernic (1473-1543) publié à Nuremberg l’année de sa mort
sous le titre De revolutionibus orbium cœlestium libri VI. Le texte critique,
établi à partir de l’édition princeps de 1543 et de l’autographe qui – fait
exceptionnel au xvie siècle – a été conservé et est parvenu jusqu’à nous,
est accompagné d’une traduction française en vis-à-vis, d’une ample
introduction, et d’un commentaire détaillé.
Le Volume I contient une introduction dans laquelle sont étudiés
notamment la vie et l’œuvre de Copernic, ses divers travaux astro-
nomiques, le contenu et la fortune de son œuvre majeure jusqu’à sa
condamnation par la Congrégation romaine de l’Index en 1616, et,
enfin, l’histoire du texte du De revolutionibus.
Le Volume II contient l’édition critique du texte du De revolutionibus
publié en 1543, suivie de l’édition de plusieurs passages de l’autographe
non repris dans l’édition imprimée. Le texte latin est accompagné de
la traduction française en vis-à-vis. Trois index complètent le volume,
dont un Index verborum de la langue technique de Copernic.
Le Volume III contient un appareil systématique de notes, plusieurs
appendices, un riche dossier iconographique et divers index. édition critique et traduction
La présente édition du De revolutionibus orbium cœlestium, qui totalise
quelque 2 700 pages, est le fruit d’un long travail collectif réunissant par Michel-Pierre Lerner,
des compétences diverses, nécessaires pour appréhender sous tous ses Alain-Philippe Segonds et Jean-Pierre Verdet
aspects une œuvre fondamentale qui marque le début de la cosmologie
et de l’astronomie modernes, et donne naissance à une vision de l’univers
et de la science complètement nouvelle. trois volumes sous coffret
Cette publication est la onzième dans la collection Science et tirage limité
Humanisme fondée par Alain-Philippe Segonds.
Science et Humanisme
Première page de couverture :
les belles lettres
Nicolas Copernic, De revolutionibus orbium cœlestium libri VI, 2015
Nuremberg, 1543, f. 9v. Ne peut être vendu.