Le Bâton et la Carotte
ESPARBEC
roman pornographique
Musardine
© Editions La Musardine, 2009 122, rue du Chemin-Vert – 75 011
Pariswww.lamusardine.com
ISBN : 978-2-84271-369-0
DU MÊME AUTEUR, CHEZ
LE MÊME ÉDITEUR :
Le Pornographe et ses modèles, roman, 1998 (nouvelle édition,
2006)
Contes érotiques de l’an 2000, nouvelles, 1999
La Pharmacienne, roman, 2002
La Foire aux cochons, roman, 2003
Les Mains baladeuses, roman, 2004
Amour et Popotin, roman, 2005
Le Goût du péché, roman, 2006
Monsieur est servi, roman, 2007
La Jument, roman, 2008
[email protected]
En couverture :
Photographie © Chas Ray Krider www.motelfetish.com – [email protected]
PREMIÈRE PARTIE
LES PARTIES HONTEUSES
1 LA BABY-SITTER
Pour la petite Marie-Hélène Bollard, tout avait commencé alors
qu'elle n'était encore qu'une fillette renfermée dont sa mère ne s'occupait
guère. En effet, Mme Bollard, femme d'un avocat en renom, menait une
existence mondaine assez agitée. Elle et son mari sortaient presque tous les
soirs, et les baby-sitters défilaient pour tenir compagnie à la gamine.
Dans le lot débarqua un soir, envoyée par l'agence, en remplacement
d'une autre qui s'était décommandée, une jeune Anglaise, Penny, venue en
France pour se perfectionner dans la langue. Cette fille allait exercer sur
Marie-Hélène une influence déterminante.
C'était une rousse osseuse, au buste étroit, pas vraiment jolie, qui
avait l'air dans la lune et s'attifait comme une hippie, avec une longue robe
indienne, sous laquelle elle portait des bottines archaïques, des bottines de
grand-mère, qui se laçaient sur les côtés. En la voyant débarquer ainsi
accoutrée, Mme Bollard avait fait grise mine. Elle lui trouvait un « drôle de
genre ». Mais il était trop tard pour décommander leur soirée, les Bollard
devaient aller au théâtre avec un couple d'amis.
Après que les parents furent partis, non sans que Mme Bollard eût
fait de nombreuses recommandations, Penny fit subir à la gamine un
interrogatoire en règle. Est-ce que ses parents la laissaient souvent seule ?
Est-ce qu'elle s'entendait bien avec les baby-sitters ? Intriguée par ce
questionnaire inhabituel, un peu émoustillée aussi sans comprendre encore
pourquoi, car cette Penny n'était pas une baby-sitter comme les autres,
Marie-Hélène répondit à tout. En l'écoutant, l'Anglaise, avec un sans-gêne
incroyable, visitait l'appartement de fond en comble, n'hésitant pas à ouvrir
les armoires et à fouiller dans les tiroirs. La fillette la suivait, effarée.
Elles arrivèrent dans la chambre de ses parents. Les vêtements de
nuit du couple avaient été déposés sur le lit par la bonne. Penny siffla entre
ses dents en voyant la chemise de nuit transparente de Mme Bollard. Elle la
prit, la souleva, l'admira.
« T'as déjà vu ta mère dans ce truc ? » demanda-t-elle à Marie-
Hélène.
Celle-ci ayant répondu affirmativement, Penny se drapa dans la
chemise face au miroir de la coiffeuse.
« On doit tout lui voir à travers, non ? Le bout des nichons ? Les
poils... »
Marie-Hélène se sentit rougir, il lui était arrivé en effet de deviner la
toison pubienne de sa mère à travers la chemise de nuit. Mme Bollard, une
brune, était très poilue du sexe.
« Elle en a beaucoup, de poils, ta mère ? »
Comme Marie-Hélène, interdite, la dévisageait sans parvenir à
répondre, la baby-sitter lui cligna de l'œil. Elle remit soigneusement la
chemise de nuit en place et s'assit au bord du lit. Elle attira Marie-Hélène
devant elle.
« Ecoute, fit-elle, avec son atroce accent anglais qui faisait penser à
Jane Birkin, je vais te dire un truc. Moi, je suis la baby-sitter, on me paye
pour te garder. Si tu veux que je fasse la « vraie baby-sitter », je vais faire
comme ta mère m'a dit, je vais te mettre au plumard, et ensuite j'irai
regarder la télé jusqu'à ce qu'ils reviennent. Mais si tu préfères, on pourrait
s'amuser, toi et moi... comme deux copines, tu vois ? On pourrait se
raconter des trucs, tout ça... »
Malgré son jeune âge, Marie-Hélène était loin d'être idiote. Elle
sentit tout de suite qu'on lui proposait quelque chose de défendu, et sa
curiosité s'alluma.
« Et ma mère ? Si elle le sait ? »
« On lui dira pas. Je lui raconterai que tu t'es couchée à l'heure et
elle me croira. Si tu lui dis rien de ton côté, bien sûr... »
« Je lui dirai rien. »
Souvent, Marie-Hélène, enfant sournoise, avait menti à sa mère. Elle
se sentit tout excitée à l'idée de faire quelque chose de défendu avec une
grande personne. Pour elle, en effet, l'adolescente était une adulte. Penny lui
cligna de l'œil et lui caressa la joue.
« O.K. Je te fais confiance... Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? »
Comme Marie-Hélène ne savait quoi répondre, Penny lui adressa un
autre clin d'œil. Puis, comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle, elle
lui proposa :
« Est-ce que ça te dirait de faire des cochonneries, comme les grands
?»
Marie-Hélène en resta muette ; elle s'effrayait, soudain, de la
tournure que prenaient les choses. La voyant hésiter, Penny lui susurra
d'une voix aguichante :
« Tu veux qu'on fasse comme ton daddy et ta maman, dans le lit ?
Tu sais ce qu'ils font, les papas et les mamans, dans leur lit, quand les
enfants dorment ? »
Marie-Hélène en avait déjà entendu parler par ses copines de classe,
elle sentit son pouls battre plus vite. Rusée, elle affirma cependant qu'elle
ne « savait pas ».
Ce fut au tour de Penny d'hésiter. Elle se décida enfin et baissa
encore la voix pour chuchoter :
« Eh bien, je vais te le dire, moi : ils se regardent leurs parties
honteuses, et ils se les touchent ! »
Elle eut un rire un peu idiot et Marie-Hélène remarqua qu'elle se
trémoussait nerveusement. La baby-sitter s'approcha d'elle pour lui parler à
l'oreille.
« J'adore faire des cochonneries avec les filles, vois-tu. C'est pour ça
que je fais la baby-sitter ! »
Elle regarda fixement Marie-Hélène :
« On est tranquilles, ici, toutes les deux. Tes parents ne rentreront
qu'à minuit... on peut faire tout ce qu'on veut ; on peut se montrer nos
parties honteuses... on peut se les toucher. T'as pas envie de les voir, toi,
mes parties honteuses ? Tu aimerais pas que je te les montre ? »
Soudain effrayée, mais toute fiévreuse d'impatience, la fillette avoua
sa curiosité. Penny lui adressa un sourire étrange. Elle lui montra la
descente de lit.
« Mets-toi à genoux, ici... entre mes jambes... je vais te les montrer,
mes parties honteuses, je vais toutes te les montrer, les poils, la fente... les
trous... mais tu le diras à personne, hein ? Si on sait que je joue à montrer
mes parties honteuses aux petites filles, on me donnera plus jamais de
travail, à l'agence ! »
Marie-Hélène lui assura qu'elle garderait bouche cousue. Elle
s'agenouilla sur la peau de mouton, entre les chevilles de l'Anglaise. Celle-
ci écarta les genoux et, une fois de plus (ça devait être un tic), lui cligna de
l'œil.
« J'adore montrer mes parties honteuses à des filles ! Je trouve ça
plus excitant qu'avec les mecs, ils veulent tout de suite vous fourrer leur
gros machin dans le trou... regarde, regarde bien, petite coquine... »
Penny retroussa sa robe indienne sur ses bottines. Au-dessus des
bottines, elle portait des bas noirs, très fins. Marie-Hélène fut surprise de
voir qu'elle avait de gros mollets blancs, un peu flasques. La robe remonta
plus haut, découvrant les cuisses ; elles étaient très blanches, au-dessus des
bas que maintenaient des élastiques. L'Anglaise, qui dévorait des yeux le
visage de la gamine, replia un genou et posa le talon de sa bottine sur le
matelas. Elle acheva de retrousser sa robe. Elle portait une culotte rouge,
ornée de fanfreluches criardes ; Marie-Hélène avait parfois aperçu des
culottes de ce genre dans certaines vitrines de lingerie.
« C'est une culotte de pute... j'adore porter des culottes de pute... »
chevrota Penny.
La culotte, très étroite, moulait étroitement les « parties honteuses ».
A travers le rouge cru du nylon, les poils formaient une tache foncée.
Marie-Hélène remarqua que l'étoffe était humide à l'endroit où elle adhérait
à la partie inférieure de la vulve.
« Alors ? Ça te plaît de me regarder mes parties honteuses ? »
Marie-Hélène eut un sourire niais. L'Anglaise lui fit une grimace salace :
« Tu dois trouver que tu vois pas grand-chose, à cause de la culotte,
hein ? Ce serait mieux si je l'enlevais, ma culotte, hein ? Tu pourrais
vraiment les voir, mes parties honteuses, hein, si j'enlevais ma culotte ? »
Chaque fois qu'elle prononçait le mot culotte, avec son incroyable
accent anglais, Penny donnait un petit coup de reins et la culotte en question
se plaquait contre son sexe dont la fente s'ouvrait sous le nylon rouge. Elle
eut un rire rentré et soupira.
« Vois-tu, Marie-Hélène, si je mets des culottes, c'est parce que
j'adore me les faire enlever... tu peux pas savoir comme ça me plaît, qu'on
m'enlève ma culotte... par exemple, en ce moment, je pense que tu vas
m'enlever celle-là et ça me chatouille dans mon pussy... »
Elle se laissa aller à la renverse sur le lit en prenant appui sur ses
coudes.
« Il est tout mouillé, mon pussy ! Il bave comme un escargot... tu
veux que je te montre comme il bave ? »
Elle remonta son autre jambe et resta ainsi, les cuisses ouvertes, les
genoux pliés, les talons sur le lit. Maintenant Marie-Hélène pouvait voir la
partie inférieure de la culotte, réduite à une sorte de cordon tout froissé, qui
pénétrait entre les fesses blêmes.
« Tu veux bien m'enlever ma culotte, Marie-Hélène ? demanda
Penny. Faire comme ton daddy avec ta maman... quand il a envie de
s'amuser avec ses parties honteuses ? Allez... enlève-la... je te permets. »
Penny avait pris une intonation bébête. Elle remonta sa robe au-
dessus du ventre. Marie-Hélène, tremblante d'angoisse, se releva. Elle prit
la culotte par l'élastique et la tira vers le bas, dénudant le ventre bombé, très
blanc. Les poils du pubis, roux foncé, apparurent.
L'Anglaise souleva les fesses et la gamine fit glisser la culotte sous
son derrière. Après quoi, elle la tira le long des cuisses que Penny avait
rapprochées. Elle la fit passer par- dessus les bottines et la posa sur le lit.
Penny, les genoux serrés, la dévisageait d'un air hagard.
« Tu vois plus rien, hein, maintenant, je te cache mes parties
honteuses, j'ai les cuisses serrées, bredouilla-t-elle. Je parie que t'es pas
capable de me les écarter. »
Avec un rire énervé, comprenant qu'il s'agissait d'une comédie,
Marie-Hélène prit les genoux tièdes de la baby-sitter et tira dessus pour les
écarter. Elle était sûre que l'Anglaise ne résisterait pas vraiment.
« Oh, ce qu'elle est forte, cette petite fille ! » bêtifia-t-elle.
Riant stupidement, Marie-Hélène tira plus fort et les cuisses
s'ouvrirent d'un coup. Ses yeux effarés découvrirent alors un spectacle qui
lui coupa le souffle : dans la touffe des poils roux qui incendiait le bas du
ventre, s'entrebâillait une grosse bouche lippue d'un rose maladif.
Elle plongea les yeux dans l'insolite calice de chair, et sentit son
cœur s'emballer. Que c'était laid ! Et pourtant, comme elle aimait regarder
ça ! Toutes ces chairs fripées et molles qui remuaient dans la grande fente
de chair, ce trou vorace, tout en bas, et ces espèces de nageoires qui
s'écartaient, toutes luisantes de bave, de part et d'autre d'un bouton
rougeâtre. Quel spectacle passionnant ! Avides, ses yeux ne se lassaient pas
d'en étudier les mystères. Elle n'avait jamais été autant intéressée par
quelque chose depuis qu'elle était née.
« Ma mère aussi, pensait-elle, elle a un gros machin poilu comme ça
! Ainsi, c'est donc pour ça qu'on le cache sous les robes ! Comme c'est
laid... »
Cela lui donnait envie de s'esclaffer stupidement, tandis qu'une
chaleur fiévreuse lui alourdissait le ventre.
Ce qu'elle ignorait alors, faute d'en avoir vu d'autres, c'est que la
vulve de l'Anglaise était particulièrement bestiale. Etait-ce dû à ses
habitudes vicieuses ? Les grandes lèvres couvertes de poils roux, très
lippues, proéminentes, formaient une saillie qui évoquait un mufle d'animal.
Les joues brûlantes d'émotion, Marie-Hélène s'agenouilla sur la
peau de mouton et avança le cou entre les cuisses blanches pour observer de
plus près cette chose étrange.
« Oui, l'encouragea alors l'Anglaise d'une voix étranglée, regarde
bien mes parties honteuses... ouvre-les... touche-les ! T'as vu tous ces poils
que j'ai ? C'est laid, hein, tous ces poils. Cherche dedans... fouille... »
Le visage empourpré, les yeux hagards, elle déboutonna le haut de
sa robe comme si elle avait trop chaud. Marie-Hélène avança la main et
tendit l'index. Elle tâta prudemment une des lèvres du gros sexe poilu. La
mollesse humide de cette chair flasque l'intimidait. Sous la pression de ses
doigts, cependant, la fissure verticale s'agrandit. Une goutte de liquide clair
en tomba et roula entre les fesses jusqu'à la pastille mauve de l'anus.
Fascinée par la grosseur scandaleuse de cet objet velu, par les louches
reflets de viscère de la chair interne, la fillette sentait son cœur battre de
façon précipitée. Le sexe de l'Anglaise lui faisait penser à un étrange animal
marin, il bougeait, s'ouvrait et se refermait ; une écume blanchâtre,
légèrement mousseuse, soulignait les replis de la chair secrète.
« Ici... ici... » implora l'Anglaise.
Elle porta une main à son ventre et tira sur une lèvre de sa vulve
faisant saillir deux pétales de chair mauve. L'Anglaise les pinça entre deux
doigts et tira dessus, ce qui fit remonter son « radis rouge ». (C'est ainsi que
Marie-Hélène avait baptisé dans sa tête l'insolite excroissance du clitoris.)
« Tu vois, c'est ce truc que ton daddy suce à ta maman quand il veut
lui faire perdre les pédales...Touche-le avec tes doigts... pince-le, tire
dessus... oui, comme ça, c'est très bien. Continue... t'arrête pas... »
L'Anglaise lui prit la main et lui déplia l'index. Elle en posa le bout
sur son clitoris et le fit aller et venir en tournicotant. Marie-Hélène fit alors
signe qu'elle avait compris. Ça, elle savait le faire ; il y avait déjà des
années qu'elle se le faisait dans son lit, en toute innocence, avant de
s'endormir. Elle branla donc d'un mouvement mécanique Penny qui se mit à
haleter.
« Oh, qu'est-ce que je mouille bien, moi, geignait-elle. Oh là là,
comme elle me chatouille bien mon clito, cette gentille petite demoiselle !
Oh, qu'est-ce que j'aime ça, alors, moi, qu'on me touche mes parties
honteuses ! »
Elle se vautrait sur le lit, les cuisses écartées, et pétrissait les pâles
petits seins qu'elle avait extirpés de sa robe. Avec un cri rauque, elle se
cambra, se dressant sur les talons, décollant les fesses du matelas. Puis elle
retomba, tout essoufflée, et se rasseyant au bord du lit, serra convulsivement
Marie-Hélène contre sa poitrine en riant comme une folle.
2 LES DEUX SALOPES
« Oh là là, s'écriait Penny, qu'est-ce que tu m'as bien branlée, alors,
toi ! Tu n'as l'air de rien, mais tu sais drôlement y faire, hein, petite salope
française ! Oh, à Londres, j'ai jamais connu de petite fille qui me branlait
aussi bien ! Sais-tu que tu es une championne, toi ? Oh, dis donc, j'ai joui
comme une salope, moi ! Regarde, j'en ai les fesses aussi mouillées que si je
m'étais pissé dessus ! »
Et elle se remettait à rire, d'une façon hystérique ; les larmes lui en
coulaient sur les joues, délayant le khôl de ses paupières, ce qui formait des
traînées noirâtres sur ses joues et lui donnait un visage clownesque ; elle
hoquetait, s'étranglant presque.
« La vache ! Si elle savait ça, la vieille conne de l'agence de baby-
sitters... si elle savait que je me fais toucher mes parties honteuses par les
petites filles... elle en avalerait son dentier, tu peux être sûre ! »
Elle cessa subitement de rire, comme si une idée soudaine la
traversait.
« Et moi, ajouta-t-elle en regardant Marie-Hélène dans les yeux, on
m'enverrait en prison, sais-tu, si on apprenait ce que nous faisons ensemble
! Car c'est défendu par la loi de se faire tripoter ses parties honteuses par des
petites filles ! Tu ne diras rien à personne, hein, Marie-Hélène ? Tu ne
voudrais pas qu'on me mette en prison ? »
Elle ajouta qu'elle-même, Marie-Hélène, serait mise en pension dans
un établissement très sévère, chez les bonnes sœurs, si jamais ses parents
apprenaient ça, ce qui terrifia la gamine. Aussi ne fit-elle aucune difficulté
pour lui jurer qu'elle ne parlerait à personne (pas même à sa meilleure amie,
Amandine Chartier) de ce qui s'était passé entre elles. L'idée d'être mise en
pension la glaçait de peur. Après qu'elle eut juré, l'Anglaise parut un peu
rassurée.
« Tu es une bonne copine, dit-elle à Marie-Hélène. Tu vas voir, si je
reviens te garder, je vais t'apprendre plein de choses qui te plairont
beaucoup ! On s'amusera comme des folles, toi et moi, quand tes parents ne
seront pas là ! On fera les salopes, tu verras comme c'est agréable, de faire
les salopes entre filles ! »
Elle se leva et s'étira langoureusement, face à la coiffeuse. Puis elle
se retourna vers la fillette et l'étudia d'un regard satisfait. La petite lueur sale
se rallumait dans ses yeux barbouillés de khôl.
« Et si on commençait maintenant, proposa-t-elle. Ça te dirait qu'on
fasse les salopes tout de suite ? Tu veux bien ? Les grandes salopes... et
d'abord, on se met toutes nues. »
Elle donna l'exemple, retirant sa robe. Elle ne portait pas de soutien-
gorge. Elle avait des seins plats, en bouclier, un peu mous, avec de pâles
aréoles de blonde aux tétines rosâtres
Une fois nue, elle fit quelques pas dans la chambre des parents de
Marie-Hélène, en se déhanchant sur ses bottines à talons hauts. La fillette
était fascinée par l'épaisseur flasque de son large cul et la blancheur
malsaine de sa chair que faisaient ressortir les bas noirs. L'Anglaise allait et
venait, se dandinant de façon grotesque ; ses lourdes fesses blafardes,
qu'elle balançait, tremblaient à chaque pas. Elle s'assit, écarta les cuisses,
prit des poses obscènes, ouvrant à nouveau le rose humide de sa fente de
chair, puis elle se releva.
« A ton tour. Mets-toi toute nue, toi aussi. Fais la salope avec moi ! »
Marie-Hélène retira sa jupe plissée et son chemisier. Puis elle baissa
sa sage culotte blanche.
« Garde tes chaussures et tes chaussettes... viens me montrer ta
moule... »
L'Anglaise la coucha sur la chemise de nuit de sa mère et lui écarta
les cuisses. Elle se pencha pour examiner la fente corail, au bas du ventre.
Elle caressa les lèvres imberbes du bout des doigts.
« Tu sens la crevette et le pipi, comme les petites filles... Je vais te
nettoyer ta petite moule... »
Marie-Hélène ferma les yeux, toute honteuse, pour ne pas voir
l'Anglaise se pencher sur son ventre. La baby-sitter lui remonta les cuisses
et colla sa bouche à la plaie qui s'ouvrait entre elles. Marie-Hélène
tressaillit. La langue chaude et pointue se mit à frétiller dans sa fente. Et
tout de suite, une sensation affolante s'éveilla dans sa chair, ça n'avait rien à
voir avec les misérables chatouillis qu'elle s'accordait avant de dormir ; le
plaisir qu'elle se procurait alors était celui d'une démangeaison intime
qu'elle apaisait machinalement ; tandis que de la langue de Penny
s'élançaient en elle des sensations si aiguës, si délicieuses, que le cœur lui
sautait dans la gorge. Pour mieux la lécher, l'Anglaise aspirait les
muqueuses entre ses lèvres, et de violentes décharges de plaisir traversaient
Marie-Hélène qui croyait devenir folle.
Peu à peu, pourtant, elle s'habitua à l'intensité des sensations que lui
dispensait la langue de Penny, et si elle criait toujours, c'était pour supplier
la baby-sitter de ne pas arrêter. Puis ses cris s'affaiblirent et elle se tut. La
bouche de l'Anglaise, collée à son sexe, rassasiée elle aussi, ne bougeait
plus.
Elles durent s'endormir ainsi. Elles se réveillèrent ensemble, en
sursaut. Il n'était pas loin de onze heures. Elles allèrent se laver dans la salle
de bains pour chasser les odeurs qui imprégnaient leurs corps. Et il fut
temps de coucher Marie-Hélène.
A peine la tête sur l'oreiller, elle sombra dans le sommeil. Au matin,
elle se réveilla tout inquiète. Mais sa mère ne lui posa aucune question. Elle
semblait revenue de sa prévention contre la baby-sitter anglaise, car, par la
suite, elle eut recours plusieurs fois à ses services. Chaque fois, dès que les
parents étaient sortis, Marie-Hélène et l'Anglaise « faisaient les salopes ».
Elles se mettaient toutes nues et exploraient le vaste appartement de
l'avocat. Elles se masturbaient dans chaque pièce, se vautraient dans les
poses les plus impudiques devant tous les miroirs et se léchaient
mutuellement les parties intimes, car Marie-Hélène s'y était mise, elle aussi,
et le faisait sans trop de dégoût bien que les muqueuses de l'Anglaise ne
fussent pas toujours bien ragoûtantes ; les cris qu'elle lui arrachait
compensaient largement ce léger désagrément.
Elle découvrait ainsi que donner du plaisir est un plaisir parfois plus
aigu que celui qu'on accepte de subir.
A sa troisième ou quatrième garde, Penny apporta un étrange objet
de caoutchouc durci. Cela ressemblait à une matraque et l'extrémité formait
une sorte de bulbe.
« C'est un gode, expliqua-t-elle à Marie-Hélène. Un gode avec un e,
hein, pas un god. God, en anglais, ça veut dire Dieu, tu sais. Ce gode-là,
c'est le Dieu des vieilles filles, des femmes qui n'ont pas d'homme... je vais
te montrer comment on s'en sert. »
Elle apprit à Marie-Hélène à lui introduire le godemiché dans le
sexe. La gamine fut sidérée par la profondeur du vagin de l'Anglaise, tout
l'objet, qui était pourtant énorme, s'y engouffrait. Elle le fit aller et venir,
ébahie ; il se couvrait d'une écume blanchâtre, et le trou de l'Anglaise
s'ouvrait de plus en plus.
« Plus fort, plus fort... bourre-la bien, cette salope d'Anglaise ! »
haletait Penny.
Elle montrait le blanc de ses yeux, grimaçait d'une façon affreuse.
Quand l'orgasme vint, elle poussa un hurlement strident et sombra dans un
marasme tel que Marie-Hélène fut prise de terreur. Mais après de longues
minutes d'angoisse, l'Anglaise sortit de sa léthargie, et elles s'amusèrent
encore devant les miroirs.
« Il faut toujours se branler devant un miroir, lui avait appris Penny,
parce que c'est excitant de voir sa fente comme si c'était celle d'une autre
fille... »
C'est une leçon dont Marie-Hélène se souviendrait toute sa vie...
Au début du printemps, pour profiter de la douceur de l'air, au lieu
de prendre l'autobus, Marie-Hélène revenait du collège à pied avec son
amie Amandine Chartier, quand elle aperçut la baby-sitter attablée à la
terrasse d'une brasserie du centre-ville, en compagnie d'un homme en qui
elle reconnut, tout effarée, Isidore Bigot, un gratte-papier qui occupait une
fonction subalterne dans le cabinet de son père.
Aussi loin que remontaient ses souvenirs, Isidore avait toujours
travaillé pour son père. C'était un homme d'une trentaine d'années, qui
n'avait l'air de rien, assez grand, efflanqué, qui rasait les murs et semblait
toujours s'excuser. Il était marié, avait trois enfants, et sa femme, une
créature pâle et bouffie, était enceinte du quatrième. Lui et sa famille
logeaient au-dessus des Bollard, dans un petit appartement étriqué fait
d'anciennes chambres de bonne réunies qui appartenait à l'avocat. Ce
dernier le louait à son employé pour une somme dérisoire, mais cette
générosité était intéressée, elle lui permettait de l'avoir constamment sous la
main ; à n'importe quelle heure, même au cœur de la nuit, il pouvait le
convoquer par l'interphone. Isidore descendait et s'enfermait dans le bureau
de l'avocat. Souvent, il descendait en pantoufles. Ces pantoufles lui avaient
valu les moqueries de Mme Bollard qui l'avait surnommé « l'homme aux
charentaises ».
Pour Marie-Hélène, c'était un subalterne habitué à courber l'échine,
un être incolore, une sorte de meuble, comment dire, il n'existait pas à part
entière, pas plus que les bonnes, en tout cas, il ne comptait pas. Quand elle
le croisait dans l'appartement de ses parents, avec ses dossiers sous le bras,
elle ne le saluait même pas.
Souvent Me Bollard lui donnait un dossier à liquider pendant le
week-end, et Isidore, au lieu d'aller voir un match de foot, restait enfermé
chez lui à gratter du papier. Sa femme, que Marie-Hélène croisait parfois
dans l'escalier, appartenait à la même espèce craintive. C'était une petite
femelle assez grasse, à l'air hypocrite, à la chair très blanche, qui baissait les
yeux en rougissant quand on la croisait.
Une fois, ignorant que sa fille pouvait l'entendre, Mme Bollard
s'étonna auprès de son mari.
« Je me demande comment il arrive à lui faire des enfants, ce
mollasson... je suis sûre que son truc est aussi mou que ses pantoufles ! »
« C'est une mauviette, je le reconnais, et il n'a aucune personnalité,
dit l'avocat. Mais il est bien commode, bien docile. Et c'est un grand
travailleur. »
« En tout cas, ce n'est pas avec lui que je te tromperais, mon chéri !
»
Grande fut donc la stupeur de la gamine de voir ce personnage falot
attablé avec l'Anglaise. Cependant, comme elle était en compagnie
d'Amandine, elle pressa le pas, effrayée à l'idée que Penny aurait pu lui
adresser la parole. L'idée qu'Amandine, si proprette, si mignonne, si
normale, aurait pu se trouver en contact avec l'Anglaise l'emplissait de
terreur !
Néanmoins, sa curiosité était allumée. Que faisait donc l'homme à
tout faire de son père, ce personnage effacé, en compagnie d'une fille aussi
vicieuse que l'Anglaise ?
A partir de ce jour, elle observa attentivement Isidore. Quand elle le
croisait, maintenant, dans l'appartement de son père ou dans le couloir de
l'immeuble, elle le saluait d'une petite inclinaison de la tête et il lui
répondait, avec un sourire cauteleux. S'aperçut-il de l'intérêt qu'il avait
éveillé ? Elle remarqua qu'un changement s'effectuait en lui et qu'au lieu de
baisser la tête après l'avoir saluée, il la dévisageait maintenant avec une
sorte d'impudence.
Et là-dessus, alors qu'elle attendait avec impatience de pouvoir
interroger Penny à ce sujet, curieuse de savoir de quelle façon elle et
l'homme à tout faire s'étaient connus, Marie-Hélène apprit par sa mère que
la baby-sitter ne viendrait plus la garder. Elle était retournée en Angleterre
pour une affaire de famille. Dans la foulée, sa mère en profita pour lui
signifier que dorénavant Marie-Hélène resterait seule, quand ses parents
seraient invités en ville.
« Tu vas avoir douze ans, tu n'es plus un bébé. Il faut apprendre à te
gouverner toute seule. D'ailleurs, il y a Isidore qui habite au-dessus. Si
jamais il y avait le moindre pépin, tu n'aurais qu'à l'appeler par l'interphone.
C'est un homme très dévoué, très serviable... Sa femme aussi. »
Marie-Hélène fit la grimace. Cela fit rire sa mère.
« Oui, je sais, il n'est pas très séduisant avec ses charentaises... mais
il est bien utile. »
3 L'HOMME À TOUT FAIRE
Quelques jours plus tard, Me Bollard et sa femme décidèrent d'aller
au théâtre. Sa mère vint trouver Marie-Hélène dans le salon avant de partir.
Elle était pomponnée, parfumée, toute froufroutante. Marie-Hélène était
installée devant la télé, avec un plateau.
« Ne veille pas trop tard, hein ? A dix heures, je veux que tu sois au
lit ! Tu as classe demain... »
Dès qu'elle fut seule, Marie-Hélène se mit à errer dans
l'appartement, comme du temps de Penny. Elle s'arrêtait devant chaque
miroir et se souvenait des « saloperies » qu'elles avaient faites ensemble.
Elle se masturba, face à un miroir, mais son plaisir la laissa insatisfaite. Elle
venait de gagner sa chambre et s'apprêtait à se coucher quand elle entendit
s'ouvrir la porte palière. Elle crut que sa mère revenait plus tôt, ayant abrégé
sa soirée, et courut au vestibule.
Elle se trouva nez à nez avec Isidore, dans ses éternelles pantoufles.
Elle vit avec ahurissement qu'il était en peignoir et que le bas d'un pyjama
rayé dépassait de ce peignoir. Il tenait un dossier sous son bras.
« Je voulais juste porter ça dans le bureau de votre papa, chuchota-t-
il. C'est une affaire urgente... je pensais que vous dormiez. J'espère que je
ne vous ai pas fait peur ? »
Marie-Hélène secoua la tête. Brusquement, elle s'avisa qu'elle était
en chemise de nuit, pieds nus. Elle sentit ses joues tiédir. Isidore la couvait
d'un regard obséquieux. Il ressemblait à un grand chien craintif.
« Votre maman a dû vous dire qu'en cas de besoin, vous pouviez
nous appeler, ma femme et moi, par l'interphone ? »
Marie-Hélène acquiesça. Elle avait une boule dans la gorge.
« Ma femme dort... elle est enceinte, vous savez ? Elle va accoucher
dans un mois... Je me suis dit... il vaudrait mieux ne pas la réveiller. C'est
pour ça que je suis descendu, pour voir si vous n'aviez besoin de rien. Une
tisane, peut-être ? »
Marie-Hélène remarqua l'embarras du secrétaire de son père. Il avait
légèrement rougi.
« Je croyais que c'était pour ce dossier que vous étiez descendu ? »
lui rétorqua-t-elle insolemment.
« Pour ce dossier aussi... bien sûr... »
Il eut l'air tout pantois et se mit à bégayer des explications confuses
qu'elle n'écouta pas. En le voyant aussi ému (il était devenu rouge comme
une pivoine), elle sentait une sale curiosité s'éveiller en elle. Il y avait dans
le comportement équivoque d'Isidore quelque chose de craintif et
d'impudent en même temps qui, tout à la fois, la mettait mal à l'aise et lui
donnait envie d'en savoir davantage.
« Votre amie anglaise ne vous manque pas ? » demanda-t-il soudain,
en détournant les yeux.
Prise de court par cette question à laquelle elle ne s'attendait guère,
et surtout par ce qu'elle sous-entendait, Marie-Hélène tenta de dissimuler
son embarras en laissant tomber d'une voix ennuyée ces mots méprisants :
« Penny ? Ce n'était pas une amie, voyons, juste une baby-sitter ! »
« Pourtant, insista Isidore, vous sembliez vraiment très intimes,
toutes les deux... quand vos parents n'étaient pas là. »
Il toussota dans le creux de sa main et ajouta, en baissant la voix :
« Je vous entendais jouer, de chez moi... Elle criait très fort, votre
amie, quand... quand vous vous amusiez ensemble ! »
Il avait appuyé intentionnellement sur le mot « amie ». Marie-
Hélène, à son grand dépit, se sentit rougir.
« La dernière fois qu'elle est venue, elle a crié vraiment très fort... »
insista Isidore.
Il y avait une sorte de méchanceté joyeuse dans sa voix. Un long
silence embarrassé suivit ces paroles. Marie-Hélène n'osait pas lever les
yeux sur lui.
« On entend tout à travers le plancher... ajouta-t-il, avec une
jubilation qu'il ne cherchait plus à cacher. Mon bureau est juste au-dessus de
votre chambre, je crois. Heureusement, notre chambre se trouve à l'autre
bout de l'appartement, ma femme ne pouvait pas vous entendre... quand
vous vous amusiez... ».
Il se rapprocha sur ses pantoufles. Il la dominait de toute sa taille.
Elle prit peur, soudain, mais se sentait incapable de réagir.
« Je sais à quoi vous vous amusiez, dit-il d'une voix sifflante. Votre
mère... votre mère serait très surprise d'apprendre... » Il n'alla pas plus loin.
« On ne faisait rien de mal... » dit Marie-Hélène.
Elle était furieuse d'avoir à se justifier devant un aussi piètre
personnage. La honte lui embrasait les joues à l'idée qu'il avait pu entendre
les paroles qu'elle avait échangées avec l'Anglaise, au cours de leurs délires.
Elles employaient des mots orduriers et les criaient, certaines d'être seules
dans l'appartement.
« Oui, salope, fais-moi jouir, suce-moi bien mon bouton ! » nasilla
Isidore, en imitant à s'y méprendre l'accent cockney de Penny.
Marie-Hélène recula comme s'il l'avait giflée. Elle leva un regard
haineux sur le grand escogriffe. Il roulait des yeux d'halluciné. Sa pomme
d'Adam montait et descendait le long de son cou de héron.
« Oh, lèche-moi mes parties intimes, petite Française, reprit-il, et je
lécherais les tiennes, d'accord ? »
Cessant d'imiter l'accent anglais, il zozota d'une petite voix enfantine
:
« Oh, cochonne de Penny... Tu as du fromage sur ton radis rouge ! »
Après quoi ils restèrent muets un long moment, face à face, à se
dévisager. L'homme à tout faire paraissait terrifié, comme s'il regrettait ce
qu'il venait de dire, et ne savait comment se tirer de ce pas. Comme leur
silence s'éternisait, Marie-Hélène se décida à le rompre :
« Je vous ai vu avec Penny, une fois, dans un café », bredouilla-t-
elle.
« Je l'avais invitée à prendre un coca, dit Isidore, visiblement
soulagé. Je voulais savoir si elle pourrait garder mes enfants, quand ma
femme accoucherait. J'en ai profité pour lui faire la morale... Je lui ai dit
que c'était mal de dissiper une aussi jolie petite fille que vous... Que votre
papa était avocat, très puissant, et qu'il pourrait la poursuivre pour
détournement de mineure ! »
Voilà donc pourquoi Penny était retournée à Londres. La haine
envahit Marie-Hélène. Elle fusilla le secrétaire du regard.
« Ce sont des mensonges ! On ne faisait rien de mal, on s'amusait
juste... à dire des sottises, mais on faisait rien ! » bégaya-t-elle.
« Moi, elle m'a dit que vous la masturbiez souvent... elle ne m'a rien
caché. C'est une fille étrange, très cynique. Elle riait en me disant ça... Et
elle parlait très fort, dans ce café, en disant qu'elle n'avait jamais rencontré
de sa vie une petite fille aussi vicieuse que vous ! »
Ecrasée de honte, Marie-Hélène aurait voulu pouvoir se réfugier
dans un trou de souris. Le secrétaire jouissait de son embarras. Il eut un
petit sourire hideux, plein de satisfaction.
« Elle m'a même décrit ce que vous lui faisiez ! Avec les mots les
plus crus ! »
Il prit un air faussement apitoyé.
« Je ne vous cacherai pas que je regrettais de l'avoir invitée dans ce
café. A la table voisine, des gens nous écoutaient ! Ah, croyez-moi, il vaut
mieux pour vous qu'elle soit retournée dans son pays. Cette fille manquait
vraiment de discrétion.
Vos parents auraient fini par avoir vent de... vos amusements ! »
Des larmes de dépit montèrent aux yeux de Marie-Hélène à l'idée
que Penny avait pu la trahir d'une façon aussi abominable et raconter ce
qu'elles avaient fait à ce lamentable personnage. Sans doute s'en était-elle
vantée à d'autres personnes, en ville ! Elle tourna rageusement le dos au
secrétaire et s'enfuit dans sa chambre. Il l'y rejoignit peu après, aussi
silencieux que d'habitude sur ses pantoufles. Assise sur le lit, elle leva
machinalement les yeux, tout en sanglotant, et elle le vit devant elle. Son
cœur battait avec violence.
« Et moi, lui demanda Isidore, moi ? »
Il posa le dossier sur une chaise et vint se placer devant Marie-
Hélène.
« Moi, chuchota-t-il, vous ne voulez pas vous amuser avec moi,
comme avec Penny ? Je suis plus discret qu'elle, vous savez ! »
S'amuser ? Mais que racontait-il ? L'idée de ce qu'il voulait vraiment
était si loin d'elle à ce moment qu'elle ne put cacher son ahurissement.
Isidore ajouta alors, en se penchant vers elle, parlant si bas qu'elle
dut tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il disait :
« Vous ne voulez pas toucher mes parties honteuses, à moi aussi ? »
Ce fut comme s'il l'avait frappée au visage. Son mouvement de recul
fut si violent, et la rougeur qui monta à ses joues si révélatrice, qu'à
nouveau Isidore parut pris de peur. Il blêmit et tendit les mains vers elle,
comme pour l'implorer.
« Vous êtes fou ? » lui demanda Marie-Hélène.
Il parut vexé.
« Vous l'avez bien fait avec elle ! »
Marie-Hélène se pétrifia. Isidore venait de dénouer le cordon de son
peignoir. Il ouvrit le vêtement. Son pyjama rayé était entrouvert. Elle
aperçut une touffe de poils. La tête lui tourna.
« Les hommes aussi se masturbent, vous savez ? lui confia-t-il. Il n'y
a pas que les baby-sitters anglaises... et les petites filles vicieuses ! Je vais
vous montrer... »
Il ouvrit son pyjama. Une masse de chair hideuse en émergea dans
un surgissement de poils ; quelque chose s'affaissa vers l'avant, qui
ressemblait à une grosse saucisse pâle, un peu flasque.
« Depuis que ma femme est enceinte, je me masturbe tous les soirs.
Et je me masturbais souvent, quand vous vous amusiez avec votre amie
Penny. J'écoutais ce que vous disiez, et je me masturbais. Maintenant, je
vais me soulager devant vous, si vous le permettez... »
Il soupesa les deux besaces de chair grisâtre sur lesquelles reposait
la longue saucisse blême. Marie-Hélène vit une veine se gonfler sur le dos
de la tige et la verge se redressa légèrement.
« Vous ne direz rien à votre maman, et je ne lui dirai pas non plus ce
que vous faisiez avec l'Anglaise... regardez mon gland... je vais le faire
sortir... vous voyez ? C'est mon radis rouge à moi... Il est plus gros que celui
de votre copine anglaise... et il ne sent pas le fromage, je l'ai bien lavée,
avant de descendre... »
Il saisit l'extrémité du tuyau charnu et la pinça ; la verge s'aplatit
comiquement et un peu de chair rouge émergea de la peau blafarde.
« Regardez bien... le gland va sortir... »
Il tira davantage et le prépuce se rabattit sur lui-même comme un
doigt de gant qu'on retourne ; de l'ouverture qui s'élargit la muqueuse
violacée du gland émergea, toute luisante. Il tirait lentement sur la peau
blême, les yeux fixés sur Marie-Hélène. Toute rouge, hagarde, elle ne
pouvait détacher les siens de ce qu'il lui montrait. Le gland émergea
entièrement et une odeur fade arriva aux narines de Marie-Hélène. Lâchant
sa verge, Isidore la laissa s'affaisser. Elle se balançait devant lui, hideuse,
avec son gros bout de viande rouge dénudé accroché au bout comme un
fruit obscène.
« Voilà, chuchota Isidore, je vous ai montré mes parties honteuses,
moi aussi, comme l'Anglaise. Si vous préférez, je peux rentrer chez moi. Je
ne voudrais pas abuser. »
Il y avait comme une sorte de persiflage dans sa voix. Marie-Hélène
leva les yeux sur lui. La tête lui tournait...
« C'est ce que tu veux ? dit-il, la tutoyant pour la première fois. Que
je retourne chez moi ? »
Elle fit non de la tête.
« Qu'est-ce que tu veux, alors ? »
Il se rapprocha d'elle, la verge toute raide. Le gland était devenu
d'un rouge très foncé, l'odeur était très forte, maintenant.
« Je voudrais... je voudrais voir sortir le... le... »
« Le sperme ? »
Elle acquiesça, les yeux fixés sur le gland au bout duquel une
bouche minuscule venait de s'entrouvrir.
« Prends-le dans ta main, dit Isidore, et tire la peau vers l'avant, pour
recouvrir le radis rouge. »
Marie-Hélène hésita. L'odeur du gland lui empuantissait les narines,
elle était de plus en plus forte. Qu'est-ce que ça devait être, pensa-t-elle,
quand il ne le lavait pas ! Elle remarqua une gouttelette qui pointait par la
petite fente. Lentement, elle éleva la main et saisit le gros tuyau de viande
raidie. Elle se souvint du gode qu'elle avait si souvent enfoncé dans le vagin
et dans l'anus de l'Anglaise. Appliquée, elle tira la peau vers l'avant. Elle
était effarée de sentir la gaine de peau glisser sur la tige, puis se rabattre
comme un capuchon sur l'obscène viande rouge. Elle serra plus fort, c'était
dur et chaud dans sa main. Elle se mordit les lèvres pour refréner le rire
dément qui montait dans sa gorge.
« Tu es vraiment une petite fille très vicieuse, tu sais ? dit Isidore
d'une voix rauque. Penny avait raison ! »
Il tira sur le cordon de son pyjama qui s'affaissa en accordéon le
long de ses cuisses poilues, dénudant tout le bas de son corps. Dévorée de
curiosité, Marie-Hélène souleva les grosses couilles qui se balançaient sous
la tige du pénis. Elle les tâta, froissa les amandes dures qu'elles contenaient
à travers la membrane ridée.
« Découvre le gland... découvre-le et recouvre-le... de plus en plus
vite... ça va faire sortir le jus... attends... allons près de la table, ce sera
mieux... »
Il la fit se lever. Le tenant par le pénis, elle l'accompagna près de son
bureau d'écolière. Isidore déplaça quelques cahiers et fouilla dans la poche
de son peignoir. Il déploya un grand mouchoir quadrillé en tissu, à
l'ancienne. Il le posa sur la table... et s'avança de façon que ses couilles
surplombent le mouchoir. Il fit signe à Marie-Hélène de le masturber.
Elle fit glisser alors la peau de la verge vers l'arrière afin de dénuder
entièrement l'extrémité rouge ; le gland surgit du prépuce, comme un
oignon un peu aplati ; lentement, elle rabattit la peau vers l'avant, pour le
cacher dessous ; puis elle tira encore la peau vers les couilles, plus fort et la
ramena immédiatement vers l'avant pour faire disparaître le gland ; ce jeu
l'enchantait ; elle sentit que sa fente se mouillait entre ses cuisses comme
quand elle masturbait l'Anglaise. Dans ses petits doigts fluets le gros pénis
se cambrait, Isidore accompagnait sa fruste caresse d'un mouvement
spasmodique du bassin ; il semblait danser sur place, creusant les reins,
avançant le bassin.
« Vous êtes dégoûtant, hein, Isidore... » chuchota Marie-Hélène.
Il approuva de la tête, les yeux hagards.
« Oh oui, je serais le dernier à en disconvenir... Je suis un triste
personnage... un lamentable individu... continue, branle-moi bien... le jus va
sortir ! »
Elle pressa le mouvement ; ses ongles se plantaient dans la chair
élastique. Isidore émit un chuchotement désespéré.
« Oh... Oh là là... ça vient... le mouchoir, vite, bégaya-t-il, le
mouchoir ! »
Il fit signe de le prendre, mais Marie-Hélène secoua la tête et pressa
encore le mouvement. Elle voulait voir le sperme sortir. Elle le vit.
Renonçant à se couvrir avec le mouchoir, le secrétaire lui poussa sa verge
dans les doigts, et un jet visqueux fusa avec violence. Une partie du sperme
se répandit sur le mouchoir, mais il en gicla sur les livres de classe et sur les
cahiers, sur le bois verni de la table. Marie-Hélène, radieuse, continuait à
faire aller et venir sa main, et de nouvelles giclées s'échappaient du pénis,
fouettant avec un bruit humide le bois du bureau. Il y en eut bientôt toute
une flaque. C'était épais, blanchâtre, vaguement répugnant. Cela ressemblait
à du lait condensé. Se dessaisissant de la verge qui s'affaissa, elle flaira
curieusement sur ses doigts une odeur de poisson cru. Son cœur se soulevait
de dégoût. Elle regarda Isidore s'essuyer avec le mouchoir. Quand il eut fini,
il remonta son pyjama et nettoya tant bien que mal les traces qui maculaient
le bureau et les livres de Marie-Hélène. Après quoi, il se retourna vers elle.
Maintenant que leur sale ivresse était retombée, ils éprouvaient la même
gêne, et la même stupeur à l'idée de ce qui venait de se passer.
« Il est bientôt onze heures... vous devriez vous coucher,
mademoiselle... »
Elle nota qu'il la vouvoyait à nouveau. Elle hocha la tête et se
dirigea vers son lit. Elle sentait ses yeux sur elle. Elle se glissa sous les
couvertures et le regarda, adossée à l'oreiller. Qu'attendait-il ? Elle
l'interrogea du regard.
« Et vous ? Vous ne voulez pas que je vous touche aussi les parties
honteuses ? » proposa-t-il.
L'idée l'électrisa. Une mollesse démoralisante envahit tout son
corps. Elle ne répondit pas, se contentant de le fixer par-dessus la
couverture qu'elle avait remontée sous son menton.
« Laissez-moi faire », dit Isidore.
Il abaissa la couverture aux pieds de Marie-Hélène. Puis il lui
retroussa sa chemise sur la poitrine, tout en haut. Elle ferma les yeux,
honteuse du plaisir qu'elle éprouvait à se montrer à lui toute nue. Entre ses
cils, sournoisement, elle l'épiait. Il lui prit une jambe et la tira de côté pour
lui faire desserrer les cuisses.
« Voilà la petite fente qui s'ouvre... toute rose... »
Il se pencha sur le sexe glabre et le flaira. Il écarta un peu plus la
cuisse de Marie-Hélène.
« Je vais bien te sucer ton petit bouton... tu vas voir, je suce aussi
bien qu'une femme... »
Il colla sa bouche à la fente des muqueuses et introduisit doucement
sa langue entre les lèvres. Marie-Hélène se cambra, surprise. Il ne la léchait
pas de la même façon que la baby-sitter, mais c'était quand même très
agréable. Il lui balayait la fente de bas en haut, d'une caresse régulière, très
appuyée. Elle l'entendait avaler sa salive et le jus qui coulait d'elle. Elle
jouit très vite, avec un cri étouffé. Elle se mordit la main en pensant que la
femme d'Isidore pouvait les entendre, et sans doute eut-il la même idée, car
il se releva d'un coup, alarmé, la bouche toute mouillée.
« Il faut dormir, maintenant, bredouilla-t-il. Dormir... Bonsoir,
mademoiselle ! Et vous êtes assez grande pour comprendre que tout ceci
doit rester entre nous ! »
Il ramassa son dossier et sortit rapidement de la chambre. Elle ne
l'entendit pas quitter l'appartement. Il ne faisait aucun bruit, sur ses
pantoufles. Mais quelques minutes plus tard, elle entendit grincer une lame
du parquet, au-dessus de sa tête. Elle s'endormit très vite, après s'être
masturbée.
4 SOIRÉES TÉLÉ
Le lendemain, les Bollard sortirent encore ; ils étaient invités en
ville, une fois de plus ; chose exceptionnelle, Mme Bol-lard proposa à
Marie-Hélène de les accompagner.
« Nous dînons chez les Chartier, les parents de ta camarade de
classe, Amandine. Ensuite, nous ferons probablement un tarot. Madame
Chartier a proposé que tu viennes, tu pourrais dormir dans la chambre de ta
copine, au cas où la partie se prolongerait. »
En d'autres temps, Marie-Hélène aurait bondi sur l'occasion.
Amandine était sa préférée parmi les filles de sa classe. Mais, à la grande
surprise de sa mère, elle prétexta qu'elle était fatiguée, elle préférait se
coucher aussitôt après le film.
Ses parents la laissèrent donc devant la télé. Elle n'y était pas depuis
dix minutes que la porte du salon s'ouvrit sur Isidore.
A son habitude, il n'avait fait aucun bruit. Marie-Hélène n'avait
même pas entendu grincer la porte palière. Elle se sentit devenir toute froide
et ses mains se crispèrent sur le plateau qui était sur ses genoux. Elle était
sur le canapé, face à la télé, renversée contre le dossier.
« J'ai attendu que ma femme dorme. Heureusement, en ce moment,
elle ferme les yeux dès que sa tête est sur l'oreiller. Chaque fois qu'elle est
sur le point d'accoucher, c'est pareil ! »
La gorge serrée, Marie-Hélène faisait mine de ne rien avoir entendu
; elle fixait l'écran de télé.
« Et vous, encore debout à cette heure ? Vous ne devriez pas
regarder la télé si tard, ça va vous abîmer les yeux ! »
Elle haussa insolemment les épaules, sans le regarder. Il s'approcha.
Comme la veille, il était en pyjama sous son peignoir.
« Et qu'est-ce qu'elle regarde de beau, cette grande fille ? chuchota-
t-il en s'approchant. Encore un de ces stupides feuilletons américains ! »
Il avait pris une atroce voix sucrée qui fit courir des frissons de
répulsion sur la peau de Marie-Hélène. Il s'assit près d'elle, sur le canapé, et
regarda défiler les images.
« Vous ne voulez pas aller vous coucher ? » demanda-t-il au bout
d'un moment.
Elle secoua la tête, en croquant une chip, les yeux rivés à l'écran. Il
se rapprocha. Elle retenait son souffle. Timidement, comme s'il craignait
une rebuffade, il lui posa le bout des doigts sur le genou. Elle fit mine de ne
rien remarquer.
« Elle aime donc tellement la télé, cette grande fille ? » demanda-t-il
de son horrible voix mielleuse.
« Fichez-moi la paix ! »
« Oh, la vilaine... est-ce qu'on parle comme ça à une grande
personne ? C'est très mal, vous savez ? »
Sous le plateau, ses doigts rampèrent, ils atteignirent l'ourlet, le
soulevèrent. A nouveau, elle retint son souffle. Le contact des doigts tièdes
sur sa peau la fit frémir.
« Comme elle a la peau douce, cette jeune personne, susurra Isidore,
avec une mièvrerie horripilante. On dirait du satin... Ma femme n'a pas la
peau aussi douce que vous malgré tous ses laits de beauté... »
Les doigts remontèrent sous la jupe, à l'intérieur de la cuisse, légers,
la frôlant à peine. Marie-Hélène sentait son ventre tiédir. Le salopard s'y
prenait très bien, elle en tremblait d'impatience... Mais qu'il le lui touche,
bon sang ! Eh bien, non, il semblait décidé à la faire cuire dans son jus.
« Entre les cuisses, c'est là que la peau est la plus sensible,
chuchotait-il. Tout près du nid d'amour... Chaque fois que je masturbe ma
femme, je commence par lui caresser les cuisses. Elle aime beaucoup ça,
toute catholique qu'elle est. Elle fait semblant de dormir... mais ses cuisses
s'écartent... »
Marie-Hélène porta une chip à sa bouche.
« ... ses cuisses s'écartent de plus en plus... » murmura Isidore.
Sur l'écran, des policiers américains échangeaient des coups de feu
avec des malfrats. Très lentement, Marie-Hélène fit comme la femme
d'Isidore, elle laissa ses cuisses s'éloigner l'une de l'autre.
« Est-ce qu'elle a une culotte, sous cette jolie jupe ? » demanda
Isidore.
Elle se garda bien de répondre ; alors, il avança ses doigts et la
toucha tout en haut, près de l'aine. Elle tressaillit et écarta un peu plus les
cuisses. Du bout d'un doigt, en prenant tout son temps, il lui caressa la fente
du sexe à travers la culotte. Elle était à lui, maintenant, elle savait qu'il le
savait. Le doigt montait et descendait, appuyant sur l'empiècement pour le
faire pénétrer entre les lèvres.
« ... voilà, exactement comme ma femme... donne-le bien... »
Marie-Hélène se mit à trembler.
« Oh oui, elle aime ça, hein, qu'on lui touche ses parties honteuses...
murmurait Isidore. Sa culotte devient mouillée ! Serait-ce du pipi ? »
Il la masturba ainsi, d'un va-et-vient appuyé, pendant de longues
minutes. Les doigts crispés sur le plateau télé, les yeux fermés, Marie-
Hélène guettait la montée du plaisir. Elle respirait très vite. Isidore lui prit le
plateau des mains et le posa au sol. Sans ouvrir les yeux, Marie-Hélène
s'adossa au dossier du canapé, les jambes écartées. Il lui remonta sa jupe sur
le ventre.
« Et si on lui retirait sa culotte ? Comme ça, je pourrais lui voir ses
parties honteuses, non ? »
Il agrippa l'élastique, elle souleva les fesses pour laisser la culotte
descendre sous elles. Il posa le léger chiffon près du plateau télé. Puis il lui
prit une jambe, sous le genou, et la lui replia vers le haut.
« Voilà... elles sont bien ouvertes, maintenant, ses parties
honteuses... On va chercher le petit bouton, hein, c'est là que c'est le
meilleur ! »
Elle était très mouillée, maintenant, et l'odeur de son sexe montait à
leurs narines. Le doigt du secrétaire dénicha le clitoris et commença à le
faire rouler. Tout en la masturbant, il se penchait pour bien voir ce qu'il lui
faisait, et elle écarta les cuisses pour bien lui montrer tout ce qu'il touchait
« Oh... le petit trou marron ! » se moqua-t-il, en lui touchant l'anus.
Elle haussa les épaules, vexée par la façon puérile dont il lui parlait,
mais en même temps, cela l'excitait, l'emplissait d'un sale plaisir, elle garda
la pose obscène que lui avait enseignée Penny, ouvrant bien la fente du
sexe, montrant son anus. N'y tenant plus, Isidore descendit du canapé et
s'installa par terre. Là encore, comme elle avec la baby-sitter, Marie-Hélène
remonta les genoux pour bien lui offrir ce qu'il voulait. Et comme Penny
l'avait fait si souvent, il avança son cou et se mit à lui lécher la fente, la
langue bien tirée. D'avoir été attendu si longtemps, le plaisir de Marie-
Hélène fut si aigu qu'elle s'y abandonna en sanglotant d'énervement.
Quant à Isidore, il gardait tout son sang-froid. En léchant sa victime,
il guettait les bruits, à l'étage au-dessus. Pourvu que sa femme ne se réveille
pas. Il pensa à ses enfants qui dormaient. L'aînée avait presque le même âge
que la fille de l'avocat. Il chassa cette pensée de son esprit ; pour l'instant,
seul son plaisir comptait. Et ce qui lui en donnait le plus, c'était le sentiment
qu'il avait de souiller, d'avilir la fille de ces gens qui le traitaient avec tant
de mépris. Combien de fois avait-il surpris une lueur moqueuse dans les
yeux de la belle Mme Bollard. Il n'ignorait pas de quelle façon l'avocat
parlait de lui. Aussi ses scrupules, si tant est qu'il lui en restât,
s'évanouissaient-ils bien vite. Il guettait les soupirs et les gémissements de
sa jeune proie, et il la titillait en conséquence ; il fallait la rendre folle,
l'asservir par le plaisir.
Son calcul réussit au-delà de tout ce qu'il attendait.
Toute cette semaine, les Bollard dînèrent en ville. Et chaque soir,
après que sa femme s'était endormie, il descendit retrouver Marie-Hélène.
Certains soirs, il la trouvait au lit, feignant de dormir. Il toussotait. Elle
battait des paupières :
« Oh, c'est encore vous, Isidore. Vous ne voyez pas que je dors ?
Fichez-moi la paix, à la fin, geignait-elle. Allez faire vos cochonneries avec
votre femme... »
Mais elle ne faisait rien pour l'empêcher de glisser sa main sous le
drap. Elle avait déjà dénudé le bas de son corps ; elle écartait les cuisses, il
lui titillait le clitoris, la faisait panteler. Quand elle avait eu son plaisir, il se
relevait.
« Qu'est-ce que vous voulez, encore, geignait-elle. J'ai classe, moi,
demain. Laissez-moi dormir ! »
Mais elle guettait, l'œil luisant d'une sale convoitise, le pyjama qu'il
écartait.
« Allez, donnez donc votre vilain truc... pouah, que c'est laid ! »
Les doigts tremblant d'impatience, elle prenait le pénis, le
décalottait. Il s'était masturbé avant de venir, lui aussi, afin de l'obliger à le
tripoter longtemps. Il avait remarqué qu'elle aimait bien lui faire durcir la
verge elle-même, qu'elle préférait qu'elle soit flasque, au début. Assise dans
son lit, le tenant par les couilles, elle s'évertuait à le faire bander en le
branlant à toute allure.
Ces soirs-là, c'était elle qui avait le pouvoir ; et son tour à lui d'être
la proie de son plaisir. Elle ne lui épargnait pas ses sarcasmes :
« Monsieur Isidore, monsieur Isidore, pouffait-elle nerveusement,
mais regardez donc au lieu d'ouvrir la bouche comme ça ! Votre... votre
truc... sa tête devient toute rouge, vous avez vu comme elle est laide ! Oh,
c'est marrant... Vous sentez, maintenant ? Il commence à devenir dur... on
dirait qu'il tire la langue ! »
Une goutte de mouille perlait au bout du gland et coulait doucement
dessous. Elle la touchait du bout du doigt et prenait une mine dégoûtée.
« Vous avez vu, monsieur Isidore ? Il est enrhumé, votre truc, il a la
morve qui coule ! Il faudrait le moucher, non ? Ou alors, je sais ce qu'il lui
faut, c'est une bonne friction, pour bien lui dégager les bronches ! Comme
ça ! »
Elle le branlait si vite qu'on voyait à peine bouger sa main. Le
secrétaire se dressait alors sur la pointe des pantoufles, comme une ridicule
ballerine, il suppliait :
« Moins vite, mademoiselle, moins vite ! Faites attention, vous allez
trop vite, ça brûle ! »
Elle ralentissait alors son mouvement saccadé et rapprochait son
visage attentif, louchant sur le gros gland tuméfié, dont la muqueuse, irritée
par la friction du prépuce, devenait d'un rouge sanglant. Excitée et dégoûtée
à la fois, elle levait un œil interrogatif sur l'homme qui la regardait faire,
bouche bée. De légers spasmes animaient la verge qu'elle étreignait
nerveusement.
« Je la sens sauter dans ma main, monsieur Isidore ! Espèce de
vilain dégoûtant, ça veut dire que vous aimez ça, hein ? Ignoble individu !
Vous n'avez pas honte de vous faire tripoter par une petite fille ? Et si je le
disais à mon papa, hein ? (Elle se souvenait de ce que Penny lui avait dit.)
On vous ficherait en prison, pas vrai ? »
Le secrétaire blêmissait, émettait une vague protestation. « Mais... je
ne vous force à rien, mademoiselle, vous le faites parce que vous voulez
bien ! »
« Et d'abord, je ne suis pas une demoiselle. Je suis une petite fille.
On les met en prison, les hommes qui se font tripoter par des petites filles !
»
Comprenant qu'elle le taquinait, le secrétaire esquissait un sourire
piteux. Dans la petite main sa grosse bite se cambrait soudain. Marie-
Hélène s'y intéressait à nouveau.
« Vous sentez comme elle bouge, monsieur Isidore ? On dirait une
bête ! Quand elle bouge comme ça, ça veut dire que le jus va sortir, pas vrai
? Répondez, vilain dégoûtant ! »
Il acquiesçait et lui tendait son mouchoir. Avec un sourire narquois,
elle prenait le carré de tissu et en coiffait le gland. Puis, à travers le
mouchoir, elle reprenait sa friction et pouffait quand le sperme fusait, par
saccades.
« Voilà, se moquait-elle, on a mouché l'enrhumé ! Oh, qu'est-ce qu'il
a comme morve, tout le mouchoir en est rempli ! »
D'autres soirs, le secrétaire, en arrivant sans bruit sur ses pantoufles,
la trouvait installée devant la télé avec son plateau. Elle avait déjà retiré sa
culotte. Elle l'accueillait avec un sourire crispé.
« Vous venez encore me tripoter, hein, sale individu ! »
Sans répondre, il quittait son peignoir, baissait le pantalon de son
pyjama. Marie-Hélène le regardait venir vers elle, le bas du corps nu, avec
ses grosses couilles poilues qui ballottaient, et sa trompe qui se relevait à
chaque pas, découvrant peu à peu la chair rose du gland.
Qu'il était donc ridicule, ainsi, qu'il était laid ! Et comme il avait l'air
bête, avec sa bouche entrouverte et ses yeux ronds. Comme les hommes
sont bêtes, pensait-elle, quand ils ont envie qu'on leur touche leur truc.
Aussi bêtes que des chiens, dans la rue, qui suivent une femelle !
Elle tendait la main pour lui prendre le pénis et, tout de suite, elle
dégageait le gland.
Après quoi, il s'asseyait près d'elle, la prenait par la taille, la
soulevait et l'installait sur lui, face à la télé, les cuisses écartées, de façon
que son pénis se dresse entre les cuisses de Marie-Hélène. Cela la faisait
rire, car elle avait l'air d'avoir un gros sexe d'homme et des couilles. Elle le
masturbait ainsi, à pleine main, tout en se masturbant elle-même en frottant
sa fente de bas en haut contre la bite dressée.
Ils se chuchotaient des conseils pour bien synchroniser leurs
jouissances et l'idéal était qu'elle obtienne la sienne à l'instant où le sperme
fusait hors du gland.
Le dernier soir avant l'accouchement de sa femme, ils s'installèrent
ainsi dans la chambre des parents de Marie-Hélène, devant le miroir de
coiffeuse : c'était encore plus obscène que devant la télé, parce qu'ils
pouvaient voir leur image. Les couilles pendaient sous les fesses de Marie-
Hélène et la bite du secrétaire semblait vraiment lui appartenir. Ce spectacle
les affola ; ils échangeaient de sales regards dans le miroir et des
plaisanteries grossières ; la nudité gracieuse de Marie-Hélène et la laideur
du gros pénis qui semblait greffé entre ses cuisses formaient le plus
scandaleux des contrastes. Il se fit masturber ainsi, et tous les deux se
regardaient dans le miroir, les yeux fous. Quand le sperme gicla, avec une
violence inouïe, Isidore faillit s'évanouir de plaisir.
Le sperme dégoulinait sur le miroir, de grosses gouttes maculaient
les flacons de produits de beauté qui encombraient la coiffeuse. Ils
essuyèrent tout, méticuleusement, sans se parler.
Comme chaque fois qu'ils avaient eu leur plaisir, ils n'éprouvaient
plus l'un à l'égard de l'autre qu'une indifférence dégoûtée.
5 LA BOUTEILLE D'EVIAN
Après l'accouchement de sa femme, le secrétaire demanda un congé
d'une semaine. Au-dessus de celui des Bollard, le petit appartement sous les
combles resta silencieux. Marie-Hélène n'entendit plus grincer les lames du
parquet, ni les cris des enfants. Ils étaient partis chez leurs grands-parents.
Par une conversation entre ses parents, elle comprit que l'accouchement
avait été laborieux.
« Ils ont déjà quatre enfants ! Cette femme est une lapine ! maugréa
Mme Bollard. Pourquoi ne prend-elle pas la pilule ? »
Le secrétaire obtint un congé supplémentaire pour emmener sa
femme à la campagne. Elle se rétablissait lentement. Quinze jours
passèrent. Puis un après-midi, en revenant du collège, Marie-Hélène
entendit à nouveau les enfants galoper au-dessus de sa tête. Et le lendemain,
elle aperçut le secrétaire qui sortait du bureau de son père, les bras chargés
de dossiers. Marie-Hélène s'apprêtait à partir pour aller goûter chez son
amie Amandine, dont c'était l'anniversaire. Elle était en compagnie de sa
bonne. Le secrétaire s'effaça pour les laisser passer et leurs yeux se
croisèrent.
La fête que Mme Chartier avait donnée pour l'anniversaire de sa fille
fut très réussie ; il y avait là toutes les camarades de classe préférées
d'Amandine et même quelques garçons triés sur le volet. Profusion de
gâteaux, des glaces, mille friandises.
Alors que tout le monde s'amusait et s'empiffrait, Marie-Hélène se
tenait à l'écart. Elle se montrait irritable. Elle pensait sans arrêt au secrétaire
de son père. Elle avait honte, en se souvenant de ce qui s'était passé entre
eux ; elle se dégoûtait ; elle frémissait d'horreur à l'idée qu'Amandine ou
une autre fille de sa classe aurait pu apprendre qu'elle se faisait tripoter par
un individu aussi peu reluisant. Elle se jura que c'était bien fini.
Deux jours plus tard, elle tomba dans l'escalier sur Isidore et sa
femme. C'était le secrétaire qui portait le bébé, une larve rougeâtre,
répugnante, qui s'égosillait. Sa femme, pâlotte, les traits bouffis, se pendait
à son bras. Ils s'arrêtèrent pour lui montrer l'affreux moutard, et il fallut
faire semblant de s'extasier. Marie-Hélène avait le cœur au bord des lèvres.
Elle observait l'épouse du secrétaire, créature apathique, mollassonne, à la
chair blanche et flasque, au gros derrière de matrone, qui parlait d'une voix
dolente, se plaignait à tout propos. Ils s'adressèrent à elle en prenant une
voix mielleuse (n'était-elle pas la fille du patron ?) et lui demandèrent si elle
travaillait bien à l'école. Marie-Hélène se tint à quatre pour ne pas se
montrer désagréable.
Deux ou trois jours plus tard, les Bollard furent invités en ville.
Marie-Hélène avait presque oublié le secrétaire. Elle regarda la télé, puis se
fit une tisane et alla se coucher. Elle entendait le bébé brailler dans
l'appartement du dessus. Les lames du plancher grinçaient. Isidore devait
aller et venir en berçant le moutard. Elle s'installa dans son lit et se mit à
feuilleter des magazines de charme qu'elle avait trouvés dans la chambre de
ses parents. Un peu énervée, elle contemplait toutes ces photos de femmes
nues ; certaines dans des postures très impudiques, exhibaient d'énormes
vulves aux toisons soigneusement retaillées.
Tous ces sexes lui faisaient penser à celui de Penny, et à leurs jeux.
Elle retroussa sa chemise de nuit pour étudier le sien : petite fente rose entre
deux lèvres bordées d'un léger duvet. Puis elle se masturba comme tous les
soirs, avant de s'endormir. Elle était sur le point d'avoir son plaisir quand
elle entendit s'ouvrir la porte palière. Elle rabaissa sa chemise, remonta le
drap sur elle, s'assit dans son lit. Son cœur bondissait. Les magazines étaient
éparpillés sur le lit, en désordre, certains ouverts.
Elle tendit l'oreille. Quelqu'un entrait dans la cuisine, on ouvrit la
porte du frigo. Un frisson grimpa sur son échine. Peu après, des pantoufles
clapotèrent dans le couloir et on toqua à sa porte. Le secrétaire ouvrit sans
attendre qu'elle réponde et la vit dans son lit. Il lui montra du pas de la porte
une bouteille d'Evian entamée qu'il avait prise dans le frigo.
« Nous sommes en panne d'eau minérale, expliqua-t-il, et pour le
biberon, on ne peut pas prendre celle du robinet ! Elle est trop calcaire. Je
vous emprunte un peu d'Evian, demain je vous rapporterai une bouteille
entière. Expliquez-le à votre maman. »
Marie-Hélène eut un petit mouvement de tête hautain. Le secrétaire
lui adressa un sourire poli. Il se comportait comme si rien ne s'était passé
entre eux. Tout à coup, le bébé qui était resté silencieux se remit à piailler,
au-dessus.
« Vous l'entendez ? fit Isidore. Il réclame son biberon ! Quel
gueulard ! Votre maman a dit à ma femme que vous n'étiez pas commode,
vous non plus, à cet âge ! »
Marie-Hélène se renfrogna encore plus. Qu'attendait-il pour
décamper ? Pourquoi restait-il planté là, sur le seuil de sa chambre, indécis,
sa bouteille à la main ?
« Il va falloir que j'y aille, soupira-t-il. Bonsoir, mademoiselle. »
Comme il s'apprêtait à refermer la porte, ses yeux tombèrent sur les
revues.
« Eh bien ! » s'exclama-t-il.
L'instant d'après, il était tout près du lit, en arrêt devant un magazine
ouvert ; une femme nue se renversait sur le sable d'une plage exotique, le
corps luisant de crème, le vagin béant.
« Eh bien ! » répéta stupidement Isidore.
Il tourna une page, puis une autre. Marie-Hélène, toute rouge, avait
remonté ses genoux sous son menton et enlaçait ses jambes.
« C'est à mon père, se justifia-t-elle. Je les ai trouvés dans la
chambre de mes parents. »
« Et... il le sait, ton père, que tu lis ses journaux ? »
Marie-Hélène haussa les épaules. A vrai dire, son père ne se souciait
guère de ses lectures. Isidore lui montra la page du magazine qu'il
contemplait.
« Tu as vu tous ces poils qu'elles ont entre les jambes ? demanda-t-
il. Ma femme aussi, elle est très poilue. En temps normal, on ne lui voit
même pas le vagin. Maintenant, c'est différent : on a dû la raser pour
l'accouchement, mais ça repousse déjà ! »
Il lui adressa un sourire doucereux.
« Telle que je te connais, je parie que ça te donne des idées de
regarder ça au lit...Non ? Je me trompe ? Fais voir... » Marie-Hélène secoua
la tête.
« Laissez-moi tranquille ! »
« Allez, allez... Nous le savons bien, que tu es une petite vicieuse ! »
Il saisit le drap sous le menton de Marie-Hélène, et le fit descendre à
ses pieds ; elle n'eut pas un geste pour l'en empêcher. Voilà donc que ça
recommençait ? Ça ne finirait donc jamais ? Sa chemise de nuit descendait
jusqu'à ses chevilles, elle avait le menton sur les genoux. Il ne pouvait donc
rien voir. Mais elle savait bien que ça ne l'arrêterait pas. Comme il l'avait
fait tant de fois, il faufila une main sous la chemise de nuit. Avec un cri de
rage, elle serra les cuisses pour lui bloquer le poignet entre ses mollets.
« Fichez-moi la paix, sale type ! » lui cria-t-elle.
Elle leva un regard haineux sur le secrétaire ; des larmes lui
brûlaient les paupières. Et soudain, elle céda. Ses cuisses se desserrèrent
lâchement, la main put toucher le bas de son ventre, les doigts fouiller
lentement la fente mouillée.
« Je le savais bien, triompha Isidore, je le savais bien. »
Il la branlait branler doucement. A quoi bon lutter, elle se laissa
retomber en arrière, écarta les cuisses. Il s'assit au bord du lit et la masturba
ainsi, en regardant attentivement le sexe glabre dont les lèvres se
déformaient sous ses gros doigts. Le bébé geignait au-dessus, mais le père
ne semblait guère s'en soucier ; il n'avait plus d'yeux que pour le con
juvénile qu'il tripatouillait ; il avait posé la bouteille à ses pieds et se
servaient maintenant de ses deux mains. Il ouvrait les lèvres de la vulve
pour bien en voir tous les détails, et titillait le petit clitoris irrité, s'amusant
de voir sa victime soulever nerveusement les fesses quand des flèches de
plaisir la surprenaient.
Sans cesser de la masturber, il se leva et ouvrit son pyjama.
« Regarde comme elle est grosse ! » chuchota-t-il.
Marie-Hélène entrouvrit les yeux. La verge énorme, hideuse, se
dressait au-dessus de son visage renversé. Les mots rituels se mirent à
couler :
« Touche-la ! Allons, allons... Prends-la dans ta petite main. Fais
sortir le gland... »
Le bébé braillait à pleins poumons.
Marie-Hélène ne s'appartenait plus. Elle prit la grosse tige et dénuda
le gland. Les grosses couilles velues se balançaient lourdement au-dessus de
son visage renversé. Elle sentait le doigt qui lui fouillait la vulve. Comme
pour se venger, elle se mit à branler le secrétaire des deux mains, très vite,
très fort. Oh, comme ça lui avait manqué !
Isidore l'encouragea :
« Plus fort, encore plus fort ! »
Elle planta ses ongles dans le sexe raide et tira violemment la peau
en arrière. Un jet visqueux lui fouetta le visage. Elle resta toute saisie de
dégoût. Le sperme giclait par saccades sur ses joues, sur son front, sur ses
cheveux. Isidore râlait, se démenant comme un forcené. Sa main était
crispée sur le sexe de Marie-Hélène, il avait replié un doigt entre les lèvres
et lui faisait très mal. Puis, d'un coup, il sortit de sa transe et recula, hébété.
Il constata alors les dégâts. Marie-Hélène avait du sperme plein le
visage. Il tira un mouchoir de sa poche et la débarbouilla. Il lui essuya les
cheveux, tant bien que mal, en marmonnant des excuses confuses : depuis
qu'elle avait accouché sa femme refusait de remplir ses devoirs conjugaux,
elle disait que ça lui faisait mal, et lui... bref, il n'était qu'un homme, après
tout.
Il venait de ramasser la bouteille d'Evian et s'apprêtait à décamper,
quand ils entendirent s'ouvrir la porte palière. Le secrétaire devint livide. Il
regardait autour de lui, affolé. Ils entendirent Mme Bollard rire doucement,
dans le couloir, à une plaisanterie de son mari. Silencieux sur ses
pantoufles, Isidore traversa à la hâte la chambre et alla éteindre la lumière.
Dans le noir, ils écoutèrent l'avocat et sa femme passer dans le couloir.
Marie-Hélène avait remonté le drap sur elle et fermait les yeux. L'odeur du
sperme qui lui poissait encore les cheveux lui soulevait le cœur. Elle
entendit son père entrer dans les W.-C. Peu après, il tira la chasse d'eau et se
rendit dans son bureau.
L'avocat travaillait souvent très tard, en pleine nuit, quand il avait
une affaire à plaider le lendemain. C'était sans doute la raison pour laquelle
les Bollard étaient rentrés plus tôt que de coutume. Quand Mme Bollard se
rendit à son tour aux toilettes, Isidore sortit sans bruit de la chambre de
Marie-Hélène. Elle n'entendit pas la porte palière se refermer mais,
quelques instants plus tard, les cris du bébé se turent au-dessus de sa tête.
Le triste individu avait sans doute éprouvé la trouille de sa vie.
Réalisa-t-il à quel point il s'était montré imprudent ? Il ne redescendit plus
jamais, même pour emprunter de l'eau minérale.
Les semaines suivantes, s'il leur arrivait de se croiser, il prenait un
air affairé et s'éclipsait en rasant les murs, les yeux baissés. Puis un soir, par
une conversation entre ses parents, Marie-Hélène apprit que l'homme à tout
faire de son père allait subir un stage de formation professionnelle très
poussé, à Paris. L'avocat songeait à le prendre comme associé, mais pour
cela Isidore devait obtenir son diplôme d'avocat et reprendre ses études de
droit qu'il avait interrompues quand il avait engrossé sa future femme,
étudiante comme lui.
« C'est l'affaire de quatre ou cinq ans, expliquait son père. Ce n'est
pas un foudre de guerre, mais il est bûcheur. Il fera un avocat d'affaires très
correct, je pourrais lui refiler la partie la moins intéressante de mon travail.
»
La blême épouse cagote suivit son mari à Paris. Au-dessus de celui
des Bollard, le petit appartement sous les combles resta vide.
6 LA BRANLEUSE
Combien d'années, s'écoulèrent ? Cinq, six ? Marie-Hélène était
devenue une longue et frêle adolescente qui commençait, sous l'influence de
son amie Amandine Chartier, à s'intéresser aux garçons de son âge. Elle
avait déjà échangé quelques baisers avec eux et les avait laissés caresser ses
seins naissants, mais redoutant de passer pour une fille facile, elle veillait
jalousement à sa réputation. Dans les surprises-parties où Amandine
l'emmenait, elle faisait souvent tapisserie, car les garçons savaient qu'elle
refusait d'enlever sa culotte.
Cependant, ses besoins sexuels devenaient dévorants. Elle se
masturbait toutes les nuits, plusieurs fois et souvent même, au cours de la
journée. Chose curieuse, en s'adonnant ainsi au plaisir solitaire elle
n'évoquait jamais ce qu'elle avait fait avec l'ancien secrétaire de son père ;
c'est à Penny qu'elle avait recours pour s'exciter chaque fois qu'elle
s'exhibait face au miroir de sa table de toilette.
Car c'est une habitude qu'elle ne devait jamais perdre. Quand elle se
masturbait, elle voulait voir son sexe. Sur ce plan, son aventure avec la
jeune Anglaise l'avait marquée pour la vie. Elle adorait exhiber les chairs
roses de sa fente ; quand elle se les montrait dans le miroir, en tirant sur les
lèvres pour bien les écarter, ainsi que le lui avait appris la baby-sitter, elle
imaginait toujours que quelqu'un était caché là, et la regardait faire. C'est
cette idée qui la faisait jouir, plus que ses attouchements.
« Je suis une branleuse ! » se répétait-elle chaque fois qu'elle se
masturbait devant sa table de toilette. Elle s'adressait à l'image que lui
renvoyait le miroir, celle d'une grande gamine pâlotte à la féminité
naissante, qui écartait impudiquement les cuisses pour se montrer la balafre
rose et humide qui fendait son bas-ventre.
« Sale branleuse, tu n'as pas honte ! » criait-elle.
Et ses doigts s'affairaient, ouvraient ses chairs, trituraient le petit
bouton cramoisi. Haletante, elle se racontait, d'une voix haineuse,
méprisante, tout ce qu'elle se faisait.
« Tu vois, je m'ouvre le trou... il est tout mouillé, mon trou... et tu
sais pourquoi il est mouillé ? Parce que c'est un trou de salope... et ce truc,
là en haut, c'est le clitoris... un clitoris de branleuse... »
Elle pantelait, le front baigné de sueur. De temps en temps, elle
faisait une pause pour tendre l'oreille, guetter les bruits de l'appartement.
Pour rien au monde, elle n'aurait voulu que la bonne l'entende. Rassurée par
le silence, elle reprenait ses caresses et son monologue.
« Branleuse, sale branleuse ! Tu mouilles ta culotte en classe quand
les autres filles te racontent ce qu'elles font avec les garçons, et toi, tout ce
que tu sais faire, c'est te tripoter le bouton ! Si Amandine savait ça ! »
Souvent, quand elle se masturbait ainsi, face à son miroir, comme du
temps de Penny, Marie-Hélène pensait subitement à son amie. La honte lui
brûlait les joues.
« Si elle pouvait me voir, comme elle se moquerait de moi ! »
En vain, Amandine, qui était très portée sur la bagatelle, la
tarabustait-elle pour qu'elle flirte avec des garçons du collège, à son
exemple, Marie-Hélène faisait la sourde oreille. Elle avait trop peur de ne
pas se maîtriser si un garçon commençait à lui toucher le sexe. Amandine,
elle, savait garder la tête froide ; avec ou sans culotte, elle n'allait jamais
que jusqu'où elle voulait aller quand c'était son tour, en surprise-partie, de
passer un moment avec un garçon dans la chambre du fond. Mais dans la
même situation, enfermée avec un garçon, Marie-Hélène sentait bien qu'elle
ne saurait pas se dominer. Si le garçon commençait à la tripoter, elle se
laisserait faire tout ce qu'il voudrait. Et ils se vantent tous, à cet âge ; on
saurait vite qu'elle était une fille facile.
Par ailleurs, une idée l'effrayait. Elle avait entendu dire par une fille
de sa classe que les branleuses, à force de se tripoter, se déformaient le sexe.
Que ça se voyait, quand elles le montraient.
Pour rien au monde elle n'aurait voulu subir cet affront, voir
s'allumer une curiosité goguenarde dans les yeux du garçon qui viendrait de
la déculotter, et l'entendre ricaner à propos de son clitoris.
« Mais c'est un clito de branleuse, ça, dirait-il. Fais voir... mais oui,
une vraie petite bite ! »
Elle imaginait le garçon lui tripotant son petit appendice ridicule, lui
tirant dessus en se moquant d'elle. Il la branlait et lui répétait :
« Hou, la branleuse, la sale branleuse ! »
Et elle, elle était incapable de l'en empêcher, et plus il se moquait,
plus ça l'excitait. Voilà le genre de délire auquel elle cédait, en se branlant
devant le miroir de sa coiffeuse.
Quant à l'ancien secrétaire de son père, elle l'avait complètement
chassé de sa mémoire.
De temps en temps, elle avait de ses nouvelles, indirectement, en
écoutant ses parents en parler. C'est ainsi qu'elle sut qu'après avoir enfin,
non sans peine, décroché son diplôme, il était entré comme stagiaire chez
un avocat parisien.
« Il fait son trou, disait Me Bollard. Ce n'est pas un aigle, mais c'est
un bûcheur. Il mettra le temps qu'il faudra, mais il y arrivera, comme tous
les mous. Les mous finissent toujours par y arriver ; ils ont la patience pour
eux ! »
Chaque fois qu'elle entendait parler de lui, un dégoût mêlé de haine
envahissait l'adolescente, un goût de fiel lui montait sous la langue ; alors,
très vite, elle s'efforçait de penser à autre chose.
7 LE PANTIN
Un matin, pendant les vacances de Pâques (elle était alors en
seconde), Marie-Hélène qui venait d'avoir seize ans travaillait dans la
bibliothèque quand son père y entra. Surprise, elle constata qu'il n'était pas
seul, un homme assez grand, barbu, légèrement bedonnant, le suivait. Elle
se leva poliment pour saluer le visiteur.
« Tu connais maître Bigot, bien sûr, lui dit son père. Le revoilà
parmi nous ! L'enfant « prodige » est de retour ! »
Comme elle restait sans réaction, son père perdit patience. Depuis
qu'il s'était lancé dans la politique, il était comme une boule de nerfs.
« Voyons, ne reste pas plantée ainsi, tu te souviens certainement de
lui. Tu n'étais pas si jeune ! Rappelle-toi... Isidore !... »
Elle tressaillit violemment et rougit jusqu'au blanc des yeux. L'ex-
secrétaire de son père s'avança timidement et ils échangèrent une molle
poignée de main. Il s'était laissé pousser la barbe, son front s'était dégarni,
et il avait pris de la bedaine, mais c'était bien lui, il avait toujours ce même
sourire hésitant et cette façon obséquieuse de se déplacer sans faire de bruit,
comme s'il cherchait à faire oublier son grand corps gauche.
Marie-Hélène remarqua qu'il avait rougi lui aussi quand leurs mains
s'étaient touchées et qu'il n'osait pas la regarder en face. Fort heureusement,
son père ne parut pas remarquer leur embarras ; il était perdu dans ses
pensées, à son habitude.
« Les affaires de maître Bigot n'ont pas marché aussi bien qu'il
l'aurait souhaité, à Paris. En outre, sa femme ne se plaît pas là-bas. Elle a sa
famille ici. Aussi, maître Bigot est revenu me voir pour que je le conseille. »
Voilà donc pourquoi, en dépit de son allure prospère, Isidore avait
cet air de chien couchant. Il revenait en solliciteur. Me Bollard se tourna
vers lui.
« Je n'ai pas de travail pour vous, en ce moment, lui déclara-t-il, ou
alors, ce seraient des besognes subalternes, et vous valez mieux que ça,
maintenant que vous êtes diplômé. »
L'ancien secrétaire ravala son orgueil.
« Même une besogne subalterne, bredouilla-t-il, me dépannerait.
Vous savez ce que c'est. J'ai six enfants maintenant, il faut faire bouillir la
marmite... »
Me Bollard fit mine de réfléchir. Marie-Hélène connaissait son père,
elle comprit qu'il n'était pas fâché de tenir la dragée haute à cet ancien
employé qui avait cru pouvoir voler de ses propres ailes et qui revenait
maintenant la queue basse. Elle sut aussi, immédiatement, qu'il allait à
nouveau engager Isidore, et elle sentit les paumes de ses mains devenir
glacées. Elle s'assit à nouveau et feignit de se plonger dans ses maths.
Cependant, elle ne perdait rien de la conversation des deux hommes.
« Dans l'immédiat, je ne vois rien à vous proposer, conclut son père.
Si ce n'est cette compilation dont je vous ai parlé... »
« Ce sera toujours ça, bredouilla Isidore. Cela me dépannera ! »
Il paraissait soulagé d'un grand poids.
Me Bollard s'était mis en tête d'écrire une monographie sur la
région, et il avait besoin d'un documentaliste qui effectue des recherches
dans les archives du tribunal et rédige un premier jet. Bref, il lui fallait un «
nègre ». Comme il ne voulait pas payer trop cher pour cette besogne
ingrate, il n'avait trouvé personne, malgré de nombreuses annonces passées
dans la presse locale. Le retour d'Isidore tombait donc à pic. Me Bollard
songeait à se lancer dans la politique et comptait beaucoup sur la notoriété
que pourrait lui conférer ce livre.
« Vous pourriez travailler ici, dit-il à Isidore, en lui désignant la
bibliothèque. Vous serez tranquille. »
« Je vais téléphoner à ma femme pour lui annoncer la nouvelle. »
L'ex-secrétaire s'empressa de sortir, tout joyeux. L'avocat se tourna
vers sa fille. Il se frottait les mains.
« Et voilà, dit-il. Cela ne t'ennuie pas trop qu'il travaille dans la
bibliothèque ? Il ne te gênera pas, tu sais. C'est un homme très effacé, très
discret. La pièce est suffisamment grande pour vous deux. »
Marie-Hélène haussa les épaules. Son père sortit à son tour, en
fredonnant. Il ne dissimulait pas sa satisfaction d'avoir enfin trouvé
quelqu'un pour se charger de cette corvée.
« Il se voit déjà député ! » pensa Marie-Hélène.
Un peu plus tard, alors qu'elle allait dans sa chambre pour prendre
un cahier, elle vit deux grosses valises dans le couloir. La bonne lui apprit
que l'arrivant allait s'installer chez eux pour quelques jours, le temps qu'on
repeigne l'appartement du dessus. Il déjeunerait à leur table. Quant à sa
femme, elle était restée à Paris pour l'instant, où elle s'occupait de leur
déménagement, en attendant que leur ancien appartement soit prêt.
Quand elle regagna la bibliothèque, elle vit qu'Isidore s'y était déjà
installé. Il y avait plusieurs livres devant lui, sur la grande table, et il prenait
des notes de sa petite écriture appliquée. Marie-Hélène alla s'asseoir en face
de lui, de l'autre côté de la table. De temps en temps, l'adolescente levait les
yeux sur l'homme qui travaillait en face d'elle. Lui gardait les siens baissés
sur ses paperasses. Mais elle voyait bien qu'il rougissait sous son regard et
cela l'emplissait d'une cruelle satisfaction.
Elle était toute surprise par les sentiments qu'elle éprouvait. Alors
qu'elle aurait dû être contrariée par la présence de cet intrus, surtout au
souvenir de ce qui s'était passé entre eux, elle se sentait comme une envie
de rire dans le ventre. Une idée germait dans sa tête. Une idée
complètement folle, absurde même, et cruelle. Ce salopard qui avait pourri
son enfance était aux abois, il avait besoin de ce travail... Pourquoi ne pas
s'en amuser ?
Elle joua avec cette idée. Plus elle jouait avec, plus ça lui plaisait. Sa
cruauté s'éveillait. Mais pas seulement sa cruauté. Le souvenir de leurs
anciens attouchements, des sales plaisirs qu'elle y avait pris, tout lui
revenait, tout ce qu'elle avait essayé d'oublier. Pourquoi ne pas lui faire
payer ce qu'il lui avait fait ? Elle se souvenait de l'odieux chantage auquel il
l'avait soumise. Et si elle lui rendait la pareille ?
Au bout d'un moment, sentant qu'elle l'observait, l'ancien secrétaire
se décida à affronter son regard. Comme il avait l'air gêné ! Il lui adressa un
sourire hésitant et se gratta la gorge.
« Vous... vous êtes devenue une grande jeune fille, maintenant,
Marie-Hélène. Vous êtes presque aussi grande que moi... »
C'était vrai. Marie-Hélène était très grande pour son âge. Elle
dépassait sa mère de quelques centimètres. Elle regarda fixement Isidore, le
visage vide de toute expression. Elle se dit qu'il ressemblait à un élève qui
ne sait pas sa leçon et qui essaie de séduire le professeur qui va l'interroger.
Cela lui donnait une sensation de puissance qui commençait à l'exciter
sexuellement.
« Votre papa, bredouilla Isidore, m'a dit que vous travailliez très
bien en classe, que vous songez à devenir avocate, plus tard. »
Comme il se faisait plat pour l'amadouer ! Elle vit qu'il transpirait.
Des gouttes de sueur brillaient sur son front pâle.
« Pourquoi n'êtes-vous pas resté à Paris ? » lui demanda-t-elle
froidement.
Il eut un haut-le-corps.
« Mais... »
« Est-ce que vous auriez fait des cochonneries avec une autre petite
fille, là-bas ? »
L'ancien secrétaire devint livide. Une goutte de sueur coula le long
de son nez.
« Est-ce qu'on vous aurait surpris ? Est-ce qu'on vous aurait chassé ?
» insista cruellement Marie-Hélène.
La peur d'Isidore était presque palpable. Il se tourna vers la porte,
qui était fermée, et se pencha à travers la table, implorant l'adolescente du
regard.
« Je ne suis pas comme ça... vous vous trompez ! » bafouilla-t-il.
« Je me trompe ? Vraiment ? »
« Je vous jure devant Dieu... »
« Ne mêlez pas Dieu à vos cochonneries ! »
Elle avait élevé la voix, malgré elle. Il lui fit signe de parler plus
bas, terrorisé.
« De quoi avez-vous peur ? demanda-t-elle avec mépris. On ne peut
pas nous entendre. La pièce est insonorisée. »
Il parut un peu rassuré.
« Quand je pense, dit Marie-Hélène, avec une grimace de dégoût, à
la façon dont... et vous aviez une fille qui avait presque mon âge ! »
« Je sais... Ne croyez pas que je ne regrette pas... »
« Regretter ? Il est bien temps. A cause de vous... je n'ai pas eu
d'enfance. J'ai de sales pensées plein la tête ! Comment avez-vous pu ? »
Il écarta les mains dans un geste d'impuissance.
« On ne se maîtrise pas toujours... ses pulsions... c'était comme un
coup de folie qui m'avait pris... je vous avais entendue avec cette Anglaise...
»
Furieuse de se sentir rougir, Marie-Hélène lui lança :
« Et si je le disais à votre femme ? »
« Oh non ! Ne faites pas ça ! »
Il s'était levé pour l'implorer, hagard, les yeux hors de la tête. Elle vit
qu'il tremblait violemment, sa pomme d'Adam montait et descendait.
« Elle divorcerait ? » demanda-t-elle.
« Les catholiques comme ma femme ne divorcent pas... elle ferait
pire. Elle m'interdirait de voir les enfants. »
« Elle n'aurait peut-être pas tort ! Un père tel que vous ! » Qu'il était
pitoyable ! Ainsi, c'était là l'homme qui avait abusé d'elle. Un pantin, un
lamentable pantin...
Mais on peut s'amuser avec un pantin. C'est fait pour ça, un pantin,
non ? Pour qu'on s'amuse avec !
A nouveau, cette idée revenait. Elle se décida d'un coup, comme on
se jette à l'eau. Après, il serait trop tard. Il fallait agir tout de suite, profiter
de ce qu'il était décomposé, terrifié, incapable de réfléchir. Incapable de
comprendre que pour rien au monde elle n'aurait parlé à quiconque de ce
qui s'était passé entre eux ! Elle en avait bien trop honte !
« Vous ne direz rien ? » implora l'ex-secrétaire.
Il s'était rassis, ses mains tripotaient les paperasses. Elle se souvint
de la façon dont ces mêmes mains l'avaient tripotée, elle. Une sale langueur
se répandait dans son corps, comme chaque fois qu'elle s'apprêtait à se
masturber. Elle s'appuya contre le dossier de sa chaise.
« Sortez d'ici, et faites comme si vous alliez aux W.-C., lui dit-elle
tout à coup. Allez dans le couloir et regardez si les raquettes de tennis sont
sur le guéridon, près du portemanteau. »
Isidore approuva servilement de la tête, il se glissa dehors. Il revint
peu après.
« Les raquettes n'y sont pas ! » souffla-t-il.
« Et la bonne ? »
Il se gratta la gorge.
« Elle est dans la cuisine, je l'ai entendue chantonner... »
« Mes parents sont allés jouer au tennis, dit Marie-Hélène, en
regardant fixement Isidore. Ils ne reviendront pas avant midi. »
L'ex-secrétaire jeta un coup d'œil à la pendule. Il était onze heures.
« Vous déjeunez avec nous, je crois ? »
Il acquiesça.
« Venez ici. »
Il la dévisagea sans comprendre.
Elle désigna le sol, à côté de sa chaise. Elle le vit blêmir. Quant à
elle, c'était un véritable tumulte dans sa tête, dans son corps, comme un vent
de folie qui l'emportait ; surtout, ne pas réfléchir... c'était maintenant ou
jamais. La gorge serrée, elle constata qu'il obéissait. Après une hésitation, il
contourna la table et vint se placer à l'endroit qu'elle indiquait. Il semblait
dans un état second...
« Si mon père sait ce qui s'est passé, vous pourrez vous brosser pour
qu'il vous fasse travailler. Je n'ai pas besoin de vous le dire, hein ? »
Il fit non de la tête. Il était pendu à ses lèvres.
« Il vous ferait mettre sur la liste noire. Aucun avocat ne voudrait
plus jamais vous employer, dans le département ! »
Comme il restait muet, attendant la suite, elle ajouta, changeant de
ton :
« Vous êtes sûr que la bonne était bien dans la cuisine ? » Il le lui
confirma d'un hochement de tête.
« Ouvrez votre pantalon. Dépêchez-vous. »
« Mais... »
« Faites ce que je dis ! »
Il porta une main qui tremblait violemment à sa braguette et tira sur
la fermeture Eclair.
« Sortez votre sexe. »
Elle ne regardait pas son visage, rien que sa main et le bas de son
corps. Comme il était debout et elle assise, cela lui était facile. Elle vit la
main disparaître dans le pantalon et ressortir, tenant la longue saucisse
blafarde. Les doigts s'ouvrirent et la tige flasque s'affaissa, entraînée par son
poids, aussi grosse et aussi longue que dans son souvenir.
« Sortez aussi le reste... les testicules... »
Surtout, ne pas affronter son regard... Il extirpa ses couilles et resta
ainsi, ses attributs pendant hors de la braguette.
« Que c'est laid, un sexe d'homme, dit Marie-Hélène. Pouah... »
Elle vit un frémissement parcourir la longue verge pâle. Elle pouvait
en sentir l'odeur. Elle se pencha pour mieux examiner ce qu'il exhibait. Elle
entendit qu'il retenait son souffle. Une sale jubilation l'envahissait.
« Prenez-le entre vos doigts, comme vous faisiez quand j'étais toute
petite, et faites sortir le gland ! »
« Je vous en prie... Marie-Hélène... vous... vous m'avez assez
humilié, maintenant... je... »
« Je vous interdis, vous entendez, maître Bigot, je vous interdis de
m'appeler Marie-Hélène... Pour vous, je suis mademoiselle... »
« Bien, mademoiselle... »
« Et vous faites ce que je vous demande, sans discuter... Nous
sommes bien d'accord ? Faites sortir votre ignoble gland. Je n'aime pas dire
les choses deux fois. »
D'un geste rageur, l'ex-secrétaire se décalotta. Quand il lâcha sa
queue, elle ne s'affaissa plus comme avant. Elle resta presque horizontale.
Le gland découvert était d'un rose grisâtre. Il semblait à Marie-Hélène que
le pénis s'épaississait et qu'il s'allongeait. Ça l'excitait de constater que
l'homme qui se trouvait à sa merci se prenait au jeu, c'était son tour d'être un
objet, d'y prendre un plaisir honteux.
Elle se carra dans sa chaise et montra la porte du doigt.
« Allez jusqu'à la porte, là-bas, puis retournez-vous. »
Il obéit sans discuter. Une fois arrivé devant la porte, il se retourna
pour lui faire face. Pour la première fois, elle affronta son regard. Elle eut
un sourire moqueur.
« Ah, vous avez l'air fin ! Si vous pouviez vous voir, avec votre sexe
dehors... »
Il baissa les yeux sur son pénis.
« Venez, venez vers moi. Je veux voir comment ça bouge, quand
vous marchez ! Et tirez bien sur la peau, je veux que le gland soit bien sorti.
»
Il obéit ; il bandait, maintenant. Il s'approcha d'elle, la verge dressée,
avec son gros fruit rouge brandi au bout, qui se balançait de droite à gauche
à chaque pas et ses couilles qui se soulevaient, étranglées par l'ouverture
étroite de la braguette. Il s'arrêta devant elle, les bras le long du corps.
« Je vois que vous êtes toujours aussi vicieux, dit Marie-Hélène.
Surtout, ne bougez pas ! C'est moi qui décide, mettez-vous bien ça dans la
tête. Vous êtes juste quelque chose avec quoi je m'amuse. »
Elle tendit la main et lui caressa la verge. Puis, de l'autre main, elle
lui toucha le gland. Il eut un sursaut. Cela la fit rire.
« Je m'amuse avec vos parties sexuelles comme vous vous amusiez
avec les miennes, quand j'étais petite. Et vous ne pouvez pas m'en empêcher
!»
Elle lui tripotait le gland, toute joyeuse de le faire tressaillir. Cette
chair moite, de consistance caoutchouteuse qui se déformait entre ses
doigts, l'intriguait toujours autant. L'odeur de macération qu'exhalait la
muqueuse excitée envahissait ses narines, réveillait ses souvenirs.
« Voulez-vous que je vous masturbe, maître Bigot ? » demanda-t-
elle avec une ironique politesse.
Il se garda bien de répondre. Le souffle court, il regardait les jolies
mains aux ongles manucurés manipuler avec désinvolture ses attributs
virils.
« Je vais vous masturber, dit Marie-Hélène, vous allez voir, je vais
faire gicler votre sperme, comme autrefois...
« Ou plutôt non, se ravisa-t-elle. Je préfère vous regarder faire.
Faites sortir votre sperme tout seul ! »
« Mais... »
« On ne discute pas ! Je veux vous voir vous masturber. Faites-le
vous-même. Faites sortir votre saleté de sperme ! »
Elle lui rit au nez, défigurée par une joie haineuse.
« Vous vous souvenez de ces esclaves que les Spartiates obligeaient
à se soûler, demanda-t-elle. Les ilotes ? Ils se donnaient en spectacle, une
fois ivres. Eh bien, j'ai décidé que vous serez mon ilote, maître Bigot. Allez,
masturbez-vous. Je suis sûre que ça va être très drôle ! »
Comme il se détournait, elle le réprimanda.
« Non, non, masturbez-vous bien en face de moi. Je veux tout voir.
Votre sexe ridicule et vos grimaces. Quand vous sentirez que ça va sortir,
vous n'aurez qu'à prendre votre mouchoir... inutile d'en mettre partout... »
Elle recula sa chaise, croisa ses jambes, appuya son coude sur son
genou et posa son menton sur la paume de sa main. Isidore s'avança tout
près. Sa verge se trouvait à quelques centimètres du visage de l'adolescente
dont il ne pouvait voir, lui-même, d'en haut, la surplombant comme il le
faisait, que le dessus de la tête.
« Votre gland est énorme, chuchota-t-elle. Et tout rouge...
masturbez-vous plus vite. Plus vite encore... »
La main de l'ancien secrétaire allait et venait à toute allure, massant
la tige du pénis, faisant avancer et reculer la peau ; le gland restait sorti, le
prépuce ne le recouvrait plus jamais maintenant. Le spectacle fascinait
Marie-Hélène. Mon Dieu, comme ça lui plaisait ! Comme elle se sentait
heureuse, tout à coup ; elle en mouillait sa culotte. Isidore émit un râle
étouffé.
« Il faut que... que je... (il avala sa salive) ça va... sortir... » Il
grimaçait.
« Mon mouchoir ? » implora-t-il.
« Non ! »
Elle venait d'avoir une meilleure idée. Elle se leva et fit face à
l'homme qui serrait son sexe raide dans sa main. Elle le fixait en souriant
dédaigneusement, pour lui cacher la jubilation qui l'emplissait. Il était à elle,
maintenant, elle n'arrivait pas encore à s'en persuader, oh, comme elle allait
lui en faire baver !
« Donnez-moi ça, imbécile. Mon Dieu, que c'est laid ! Pouah ! On
dirait une grosse saucisse pas très fraîche ! Et elle pue, sans vous offenser,
mon cher Isidore ! Dorénavant, prenez l'habitude de bien la savonner avant
de venir travailler ici. »
Elle lui saisit le pénis à pleine main et se mit à le pétrir. Dressé
comiquement sur la pointe des pieds, pantelant, Isidore luttait de son mieux
pour différer l'éjaculation qu'il sentait imminente. Marie-Hélène se dirigea
vers la fenêtre, forçant Isidore à la suivre à son corps défendant en le tirant
par les couilles, et elle ouvrit un battant. La bibliothèque donnait sur le
jardin privatif de l'immeuble. Du lierre s'entortillait aux barreaux de la
fenêtre. Isidore comprit ce qu'elle voulait et, docilement, se tourna vers le
feuillage. Alors, elle serra très fort sa main autour de la verge et la fit aller et
venir, le plus vite qu'elle put.
« Ah, mon Dieu, mon Dieu... gémit Isidore. Oh, mon Dieu...
Oooooh ! »
Elle s'esclaffa : le sperme fusait avec violence, aspergeant les
feuilles de lierre. Elle continua à le branler pendant qu'il éjaculait, et lui
dansait sur place, avec de ridicules soubresauts, s'abandonnant aux
sensations de l'orgasme en poussant des soupirs rauques et de petits
gémissements féminins.
Elle ne consentit à le lâcher que lorsque plus rien ne sortit, et
l'autorisa à se nettoyer, puis à rentrer son pénis dans son pantalon. Elle
retourna à sa table et fit mine de se plonger à nouveau dans ses écritures.
Peu après, il revint en face d'elle et, à son tour, reprit son travail. C'était lui
qui levait sans cesse sur elle des yeux pleins de stupeur. Un peu avant midi,
ils entendirent la voiture de l'avocat qui entrait au garage.
« Dorénavant, quand nous serons seuls, lui dit alors Marie-Hélène
d'une voix très froide, il faudra toujours que vous laissiez votre sexe et vos
testicules dehors. Je veux les voir pendre de votre pantalon. Je pourrais
m'amuser avec quand j'en aurais envie. Ces choses ridicules ne vous
appartiennent plus, elles sont à moi, maintenant. Ce sont mes jouets. Est-ce
bien compris ? »
Comme il faisait mine de ne pas avoir entendu et d'être occupé à son
travail, elle répéta ce qu'elle venait de dire, et il acquiesça, sans lever les
yeux.
« Et n'oubliez pas de vous laver le gland au savon ; que je n'aie pas à
le répéter. »
Pour la première fois depuis des années, Marie-Hélène trouvait la
vie intéressante. Plus que ça : divertissante. Isidore était son pantin. Son
horrible pénis, ses grosses couilles étaient ses jouets, elle pouvait s'en servir
à sa guise. Elle se dit que peu de filles de son âge devaient avoir à leur
disposition un homme adulte comme esclave sexuel. Ces pensées la
faisaient jubiler...
8 « REGARDEZ BIEN MON TROU,
ISIDORE... »
A midi, ce jour-là, l'ancien secrétaire déjeuna donc à la table des
Bollard. Mme Bollard, à qui son mari avait fait la leçon, s'efforça de se
montrer aimable. Il lui en coûtait visiblement, car elle était assez snob. La
conversation languissait. Isidore était dans ses petits souliers. Il mangea
néanmoins d'un solide appétit. On arrivait au dessert quand Amandine
Chartier passa en coup de vent pour inviter Marie-Hélène à venir jouer au
tennis.
Les deux adolescentes se rendirent dans la chambre de Marie-
Hélène qui devait se changer. Elle avait remarqué de quelle façon l'ancien
secrétaire avait lorgné Amandine. Cette dernière n'y avait pas accordé la
moindre attention ; très jolie, elle était habituée aux hommages des regards
masculins, mais une bizarre jalousie avait mordu le cœur de Marie-Hélène.
Pendant qu'elle se changeait, Amandine lui parlait de son dernier flirt, un
étudiant en droit. Il caressait divinement, à l'en croire.
« Je ne ferais pas mieux moi-même, pouffait Amandine. Aussi, tu
me connais, je lui rends la politesse... Et ça n'a rien d'une corvée, le lascar
est monté comme un cerf ! »
Marie-Hélène écoutait babiller son amie d'une oreille distraite. Elle
tremblait de rage intérieure en pensant à Isidore. Elle allait lui apprendre à
regarder les filles !
« Attends-moi ici, j'en ai pour un instant. J'ai oublié quelque chose.
»
Elle planta Amandine un peu ahurie dans le vestibule et courut à la
bibliothèque. Elle croisa la bonne qui revenait avec un plateau. Elle poussa
la porte. Isidore, une tasse de café à la main, se tenait à la fenêtre. Il
observait avec le plus vif intérêt quelque chose qui se trouvait au-dehors. Il
était si absorbé par le spectacle qu'il n'entendit pas Marie-Hélène
s'approcher sur l'épais tapis persan pour voir ce qu'il lorgnait ainsi :
Amandine qui, entre-temps, était sortie dans la cour pour profiter du soleil.
Elle allait et venait, sa raquette à la main, dans sa jupe ridiculement courte.
« Ma copine vous plaît, maître Bigot ? »
Il sursauta si violemment qu'une partie du contenu de sa tasse qu'il
portait à ses lèvres se déversa sur sa veste.
« Vous... vous m'avez fait peur, bégaya-t-il, en s'essuyant avec un
kleenex. Je pensais à mes affaires... »
« En regardant les cuisses d'Amandine. Je vous comprends, ce sont
des jolies cuisses ! Rien à voir avec celles de votre femme ! »
« Je vous assure que... »
« Ne m'assurez rien. C'est vrai qu'elle est plus jolie que moi,
Amandine, tous les hommes en sont fous. Même papa ! »
Une secrète rancœur faisait trembler sa voix. Elle adorait Amandine,
et pourtant, en même temps, elle la détestait. Ah, le cœur humain est une
chose bien compliquée...
« Cela vous excite, hein, de la regarder ? »
« Je vous assure que vous vous trompez, je ne pensais pas à mal !
C'est vrai qu'elle est jolie, mais... »
« Taratata ! Vous n'êtes qu'un hypocrite, comme tous les hommes.
Moi, je suis sûre que ça vous excite. Ouvrez donc votre pantalon, je vais
vous masturber et pendant ce temps, vous la regarderez. »
Il se retourna vers elle, s'efforçant de prendre l'air outragé. Elle le
trouva si comique qu'elle ne put s'empêcher de lui pouffer au nez ! Quel
pitoyable pantin ! Mais comme c'était amusant de jouer avec ! Un pantin en
chair et en os, avec un gros sexe bien obscène, tout ça, rien que pour elle !
Elle allait lui apprendre ! En rougissant sous son regard méprisant, il porta
la main à sa braguette et l'ouvrit pour libérer sa grosse verge blafarde.
« Elle est presque raide, constata froidement Marie-Hélène. Vous
voyez ? Je n'avais pas tort, je le savais bien que vous aviez des idées ! Faites
sortir le gland... dépêchez-vous. »
Isidore s'exécuta. Dès qu'elle vit paraître le gland, elle lui fourra la
main dans le pantalon pour en extraire les couilles. Quand tout fut dehors,
elle le fit se tourner face à la fenêtre, comme le matin, et se mit à le
masturber entre deux doigts. Immédiatement la verge se raidit. Comme
c'était amusant de la voir grossir et s'allonger ! Marie-Hélène ne se lassait
pas du spectacle. Et l'effet ne tarda pas à se produire : elle sentit son vagin
devenir humide...
Amandine allait et venait dans les allées du jardin. Elle devait
commencer à trouver le temps long car elle consulta sa montre. Elle bâilla
en s'étirant, ce qui fit pointer ses petits seins impertinents sous le chemisier
Lacoste. Sans cesser de branler la grosse verge entre deux doigts, Marie-
Hélène, tout en regardant son amie, utilisait maintenant l'autre main pour
agacer le gland découvert. Elle le lissait du plat de la paume, puis elle le
griffait, le taquinait de mille façons. Isidore se contorsionnait, bouche
ouverte. Il se mit à haleter.
« Je m'amuse bien avec votre pénis. Je n'aurais jamais cru que c'était
aussi amusant, dit froidement Marie-Hélène, de tripoter le sexe d'un homme
! Et vous aimez ça, hein, espèce de cochon, qu'on vous tripote ! »
Elle pressa le mouvement. En voyant Isidore grimacer, elle éclata de
rire. Le résultat ne se fit pas attendre. Une giclée de sperme aspergea le
feuillage du lierre. Cela fit un bruit de pluie qu'Amandine dut percevoir de
la cour, car elle se tourna vers la fenêtre, intriguée. Mais comme elle faisait
face au soleil, et qu'eux étaient cachés par le lierre, elle ne put sans doute
rien distinguer. Impavide, Marie-Hélène continuait à secouer le gros
appendice blafard. Le sperme giclait par faibles saccades.
« Je vous viderai les couilles, maître Bigot ! Cela vous apprendra à
regarder les autres filles ! » lui lâcha-t-elle en sortant.
Elle rejoignit Amandine et toutes deux s'en allèrent. Dans le taxi qui
les emmenait, Marie-Hélène renifla sournoisement ses doigts. L'odeur de
sexe d'homme les imprégnait. Elle se sentait terriblement excitée.
Au tennis, elles rencontrèrent des garçons du collège et, comme
chaque fois, ils ne s'occupèrent que d'Amandine. Marie-Hélène se consolait
en pensant qu'elle avait un esclave et en imaginant tout ce qu'elle pourrait
l'obliger à faire. Quand elle rentra, elle courut à la bibliothèque ; Isidore
n'était pas là. La bonne, qu'elle alla interroger dans la cuisine, lui apprit qu'il
ne reviendrait que le lendemain. Elle se sentit atrocement déçue.
Le lendemain matin, à la première heure, elle se rendit dans la
bibliothèque. Isidore était déjà à sa table de travail. Elle tourna la clef dans
la serrure, pour être sûre que la bonne ne les dérangerait pas. L'ancien
secrétaire se leva, indécis. Il ne savait quelle contenance adopter.
« Eh bien, dit Marie-Hélène, qu'attendez-vous pour sortir mes jouets
? Il faut donc tout vous dire ? Ne vous ai-je pas expliqué hier que dès que
nous sommes seuls vous et moi, et que personne ne peut nous voir, vous
devez la laisser pendre dehors ? Il faut lui faire prendre l'air, à cette petite,
elle va s'anémier à rester toujours enfermée dans votre affreux pantalon ! »
Sans discuter, il ouvrit sa braguette et fit sortir ses attributs. Elle vit
que le gland était à demi découvert par le prépuce ; la muqueuse luisait
légèrement. Impatiente, elle lui palpa les couilles, comme pour vérifier si
elles étaient pleines. Puis elle acheva d'éplucher le gland.
« Vous voyez comme elle est contente qu'on s'occupe d'elle, se
moqua-t-elle, en taquinant le gland. Elle commence à prendre des couleurs !
»
Isidore se laissait faire passivement, les bras le long du corps, un
sourire niais aux lèvres.
« Vous voulez que je vous le fasse, hein, demanda Marie-Hélène, en
commençant à le masturber. Vous avez des idées, je le sens. Vous avez dû y
penser à l'avance. Votre sexe est déjà au garde-à-vous. Vous sentez comme
c'est difficile de faire sortir le gland ? Il est si gros qu'il a du mal à passer. »
Elle attira une chaise et s'y assit. Isidore se tenait debout, en face.
Elle jouait avec son pénis et ses couilles, le masturbant, puis le tripotant,
donnant des chiquenaudes à sa verge, lui pinçant le gland. Elle se fatigua
assez vite de ces puérilités et entreprit de le masturber énergiquement, en
faisant aller et venir sa main le long de la tige le plus vite possible, afin de
le faire éjaculer. Elle vit bien qu'il était déçu. Elle continua néanmoins et il
éjacula face à la fenêtre, avec un sanglot rageur. Il déversa beaucoup moins
de sperme que la veille.
Mais cette fois, au lieu de le laisser s'essuyer, Marie-Hélène
continua à tripoter le sexe flasque. Elle faisait sortir le gland, le faisait
rentrer, pétrissait la viande amollie du pénis. Elle vit à quel point ce
traitement humiliait et excitait en même temps son pantin. Au bout de
longues minutes, elle sentit que la verge reprenait du volume. Elle la tripota
savamment, s'évertuant à la faire durcir le plus possible. Quand elle fut
assurée qu'il bandait, elle lui ordonna d'aller travailler, et il dut s'asseoir
sans rentrer son sexe.
Elle se mit elle-même à ses travaux de collégienne. De temps en
temps, elle appelait Isidore pour le consulter sur l'orthographe d'un mot ou
sur un point de syntaxe. Il accourait pour lui fournir les explications
voulues. Tout en l'écoutant, elle lui tripotait le sexe. Isidore avait débandé
mais, très vite, elle le faisait durcir à nouveau. Tout en faisant ses devoirs,
elle joua ainsi de façon épisodique avec les parties sexuelles de sa victime.
Vers onze heures, elle se sentit un peu écœurée par ces jeux, et, après l'avoir
fait éjaculer une dernière fois (il ne lâcha que très peu de sperme, au creux
de son mouchoir), elle regagna sa chambre.
Cela ne l'amusait plus autant, de tripoter le sexe de son pantin. Elle
commençait à se blaser. Il lui fallait autre chose...
Cet après-midi encore, elle se rendit au club de tennis avec
Amandine. Quand elle rentra, la bonne lui apprit que sa mère n'était pas là.
Il n'y avait que l'invité qui travaillait dans la bibliothèque. Elle s'y rendit. En
la voyant entrer, Isidore se leva gauchement, comme d'habitude. Ce n'était
pas vraiment une marque de politesse, c'était autre chose. Une sorte
d'attente. Comme s'il se mettait à sa disposition. Il l'interrogea du regard, et
se gratta la gorge.
« Nous sommes seuls, je crois, balbutia-t-il. A part la bonne... Vous
avez joué au tennis ? »
« C'est exact, dit Marie-Hélène, et maintenant je viens pour jouer au
pénis ! »
Cette plaisanterie idiote, elle l'avait entendue au club de tennis, de la
bouche d'Amandine. Celle-ci, en effet, allait souvent jouer « au pénis » avec
son flirt du moment, dans le vestiaire, après le match.
Isidore fit entendre un rire idiot. Leurs yeux se rencontrèrent. La
bonne allait et venait dans la maison. Marie-Hélène jouissait de son
pouvoir. Dans les yeux d'Isidore, la question se fit plus appuyée. Il porta
lentement la main à son pantalon, l'ouvrit. Après une hésitation, voyant
qu'elle ne bougeait pas, il sortit son sexe. La verge était en érection. Il
dégagea ensuite les couilles, et attendit, les bras derrière le dos. Il respirait
avec difficulté. Il y avait quelque chose de très humble, comme un louche
appel, dans ses yeux ; avec son gland cramoisi, il lui faisait penser à un
chien en rut.
« Vous avez pensé à bien vous laver, au moins ? Je ne voudrais pas
que mes doigts sentent la pisse... »
« Oui, mademoiselle... »
« Au savon ? »
« Oui, mademoiselle, au savon... »
« Et vous vous êtes masturbé, hein ? C'est pour ça que le gland est si
rouge, et tout gonflé ? »
Il l'avoua d'un mouvement de tête, un peu honteux.
« Cela vous excite, hein, de montrer vos parties sexuelles ? » Il en
convint d'un autre hochement de tête.
« Et moi, demanda alors Marie-Hélène, moi ? Vous n'avez pas envie
que je vous montre les miennes ? »
Elle le vit tressaillir. Elle avait très chaud, tout à coup, se sentait
toute moite. Ses jambes tremblaient sous elle.
« Je n'ai pas de culotte sous ma jupe, dit à voix basse Marie-Hélène.
(Une épaisse ivresse lui alourdissait le corps.) Je l'ai retirée dans ma
chambre, en revenant du tennis. Mais, contrairement à vous, je ne me suis
pas lavée. Je sens encore la sueur. Et peut-être aussi un peu la pisse... »
Elle parlait d'une voix rauque. Elle pouvait voir avec quelle intensité
suppliante il la dévorait des yeux.
« Regardez, lui dit-elle, regardez bien... Je vais vous montrer mes
parties sexuelles, mon cher Isidore. »
Elle s'assit sur sa chaise et la fit pivoter vers lui. Puis elle retroussa
le devant de sa jupe sur son ventre et écarta les cuisses en remontant ses
genoux. Elle sentit les poils de sa toison, englués par la sueur et les
sécrétions, qui se séparaient. Sa vulve s'ouvrit onctueusement, comme un
gros mollusque. L'homme à qui elle s'exhibait entrouvrit la bouche. Comme
en extase, sans bouger, il fixait passionnément la blessure mauve qui bâillait
entre les cuisses de Marie-Hélène. Elle n'était pas très poilue, et il pouvait
tout voir. Par ailleurs, elle écartait ses grandes lèvres du bout des doigts,
comme faisait autrefois Penny, afin de bien lui montrer tout.
« Vous voyez bien ma fente, maître Bigot ? demanda-t-elle. Vous
aimez ça, hein, regarder les fentes des filles, vieux cochon que vous êtes ! »
Elle reprit son souffle, elle s'étranglait presque d'émotion. Tout
l'après-midi, en jouant au tennis, elle avait pensé au moment où elle lui
montrerait son « con ». Et ce moment était enfin arrivé. Elle le lui montrait.
Combien de fois avait-elle ouvert ses chairs secrètes de cette façon, face à
un miroir. Mais là, c'était encore mieux ; le miroir, c'était Isidore ; elle
pouvait voir par ses yeux tous les détails obscènes de sa fente ouverte, les
petites lèvres gluantes, rougies, un peu fripées, comme deux pétales fanés,
et l'écume mousseuse au fond de la fente, et le bouton rouge qui dardait.
Comme elle était laide, cette chair de viscère, mais comme elle était
fascinante !
« Approchez, venez tout près. Encore plus près. Prenez une chaise,
asseyez-vous là, bien en face de moi. Je vais me masturber devant vous,
vous voulez bien ? »
Il approuva furieusement de la tête et s'installa sur une chaise, face à
elle. Leurs genoux se touchaient presque. Marie-Hélène mit les pieds sur les
barreaux de sa chaise, de chaque côté. Son sexe était tellement ouvert qu'on
pouvait voir s'arrondir le trou sombre du vagin. La muqueuse était d'un
rouge ardent.
« Vous voyez, quand je me masturbe, je passe mon doigt dans la
fente, de bas en haut. C'est Penny qui m'a appris ça, quand j'étais toute
petite. Et vous aussi, vous me le faisiez. Vous voyez... mon doigt monte et
descend... »
Elle faisait aller et venir son index replié entre les lèvres béantes.
« Je me touche ici... expliqua-t-elle. Et ici... vous voyez bien ? Sur le
bouton, et dans le trou, là, en bas ! Je suis une dégoûtante, hein ? Une sale
fille ? »
Il approuvait. Son pénis décalotté se dressait comme une branche au
bas de son ventre, avec son gros gland tout congestionné à la pointe.
« Mais que ce soit clair, maître Bigot, ne vous avisez surtout pas de
porter la main sur moi, vous. Vous m'entendez ? Vous devez seulement
regarder. »
Elle se manipulait le clitoris entre deux doigts, tirant de l'autre main
les lèvres vers le haut pour le faire saillir le plus possible.
« Vous avez vu comme l'intérieur de mon sexe est mouillé, et
comme les lèvres sont rouges, dans la fente ? »
Il approuva encore, les yeux fixés sur l'entaille mauve.
« Vous voyez, c'est ici que je me touche, quand je suis seule, pour
me faire jouir. Masturbez-vous, vous aussi, faites-le en même temps que
moi ! »
Il se leva et, tout en regardant Marie-Hélène se titiller le clitoris, il
commença à se masturber. Leurs gestes devenaient saccadés. Ils respiraient
bruyamment, tous les deux, bouche ouverte. Marie-Hélène s'ouvrait le sexe
le plus qu'elle pouvait, elle aurait voulu s'éventrer, elle se renversait en
arrière, elle hoquetait, en proie à une rage bestiale qui remontait du passé.
Isidore se mit à geindre, il se détourna à peine quand il éjacula, et son
sperme dessina un long zigzag sur le tapis d'Orient. Marie-Hélène jouissait,
elle aussi, avec des cris gutturaux.
Brusquement, le dégoût la submergea, elle se leva, titubante. Elle
sortit sans un regard pour Isidore qui, le visage défait, les joues luisantes de
sueur, s'était laissé tomber sur sa chaise.
9 LA CAROTTE
Le lendemain, elle recommença. Et les jours suivants. Chaque jour,
elle allait encore plus loin que la veille. Elle ne savait plus quoi inventer
pour se sentir « dégoûtante. » Plus elle se sentait « dégoûtante », et plus elle
avait de plaisir. C'était devenu une maladie, ce besoin de se montrer, de se
toucher le sexe devant Isidore, elle ne pouvait plus s'en passer. Du matin au
soir, chez elle ou en classe, dans la rue, en faisant les commissions, elle ne
pensait plus qu'à ça.
Isidore l'avait compris, et même s'il se comportait toujours comme
son esclave, leurs rapports avaient insidieusement évolué. Ainsi,
maintenant, il n'attendait plus qu'elle prenne l'initiative de leurs jeux.
Dès qu'elle revenait du lycée, elle allait le rejoindre à la bibliothèque
; sans attendre qu'elle le lui ordonne, il ouvrait son pantalon. Il sortait son
sexe, dénudait son gland, et venait vers elle. Il attendait près de sa chaise,
pendant qu'elle étalait ses affaires sur la table. Elle prenait son temps, et lui,
il attendait, le sexe pendant hors du pantalon. Après l'avoir laissé poireauter
de longues minutes, Marie-Hélène consentait à poser les yeux sur la grosse
verge blafarde.
« Qu'est-ce que vous voulez, encore ? Vous croyez que c'est
appétissant, cette affreuse saucisse ? »
Tout en lui parlant, elle tâtait dédaigneusement ce qu'il lui proposait.
Ce qu'elle aimait le plus, maintenant, ce n'était pas le tripoter et faire
gicler son sperme, mais lui montrer ses orifices. Il s'asseyait par terre, en
face d'elle, et elle, sur la chaise, remontait ses genoux, s'écartelait comme
une obscène grenouille, lui exhibait son anus et son sexe béant. Elle
poussait dans son ventre pour bien faire s'arrondir ses corolles.
Sous la poussée, sa chair sortait d'elle peu à peu, ses muqueuses se
retroussaient, elle avait l'impression de fleurir. Elle se sentait si
délicieusement obscène qu'elle tremblait de bonheur.
Les mots qui franchissaient ses lèvres étaient comme une litanie.
« Vous voyez bien mes trous, maître Bigot ? Vous voyez comme ils
s'arrondissent ? Et mon pistil, regardez comme il pointe... approchez votre
nez, respirez ma fleur... ça vous plaît, hein ? Je suis ignoble, hein ? Vous
n'avez pas dû en voir souvent, des filles aussi dégoûtantes ! C'est vous qui
m'avez rendue comme ça, Isidore, quand je n'étais encore qu'une enfant !
Aussi, profitez-en, maintenant, regardez bien comme je m'ouvre pour vous,
Isidore. Vous êtes mon esclave, mais nous savons tous les deux que mes
trous vous appartiennent ! »
Sa voix tremblait, elle se trémoussait, s'écarquillait le plus qu'elle
pouvait, montrait le rouge de sa viande la plus secrète, poussait si fort que
son anus se révulsait, que l'intérieur du vagin formait un gros bourrelet
rouge qui débordait entre les poils.
Le spectacle affolait Isidore ; il s'approchait à la toucher du nez,
humant la fade odeur de sang qu'exhalaient les muqueuses congestionnées.
« Non, criait Marie-Hélène. Pas encore... Il faut attendre ! C'est
meilleur quand on attend longtemps ! »
Il se reculait, déçu.
« Regardez-le bien, Isidore, susurrait-elle. Il est plus joli que celui
de votre femme, mon trou, hein ? Il est tout petit, il est tout frais ! C'est pour
ça qu'il vous fait envie, hein ? »
Il en convenait d'un geste. Alors, pour le récompenser, elle le laissait
revenir.
« A quatre pattes, Isidore, comme un chien. Le sale chien que vous
êtes ! Et venez me flairer la fente. Oh, c'est excitant, Isidore... je sens votre
respiration qui me chatouille ! Je parie que vous avez envie de me lécher,
hein ? Pas vrai, vilain dégoûtant que vous avez envie de me lécher ? Tous
les chiens aiment lécher ces choses-là, c'est pour ça qu'ils mettent leur
museau sous les jupes des dames ! »
Avec un rire sale, elle se renversait, lui poussait sa chair au visage.
« Allez-y, léchez votre bout de viande, et surtout ne dites pas
merci... Est-ce que les chiens parlent ? Vous êtes un chien. Contentez-vous
de flairer et de lécher ! »
Cette comédie du chien qu'elle avait trouvée par hasard les excitait
autant l'un que l'autre. Isidore, dès qu'ils étaient assurés qu'on ne risquait
pas de les déranger, retirait son pantalon et se mettait à quatre pattes. Elle le
faisait aller et venir devant elle, en lui donnant des petits coups de pied. De
temps en temps, elle se baissait et lui empoignait le sexe. Elle le branlait
ainsi, mais maintenant, comme elle voulait qu'il reste excité, elle ne le
faisait plus éjaculer à tout propos. C'était elle qu'il fallait faire jouir. Et pour
cela, le chien devait la lécher. Or, il ne la léchait jamais aussi bien que
lorsqu'il était en rut...
Elle se renversait sur sa chaise et il collait sa bouche à son con
ouvert. Dès qu'elle sentait la grosse langue baveuse entrer en elle, elle se
mettait à trembler de plaisir. Son visage se crispait comme si elle allait
pleurer et elle se trémoussait sur sa chaise, en lui poussant sa vulve dans la
bouche, pour le gaver de sa chair.
« Oui, oui... l'encourageait-elle. Enfilez-la bien au fond... et sucez-
moi le bouton aussi... et le doigt... dans le cul, oui, enfilez-le... oh, vous me
faites mourir, sale chien que vous êtes ! »
Certains jours, quand le délire les emportait, elle autorisait Isidore à
parler. Tout en la pourléchant et en la suçant, il la remerciait. Sa femme ne
voulait presque jamais faire ces choses-là. Elle prétendait que c'était contre
nature. Et quand, à force de supplications de sa part, elle finissait par y
consentir, elle ne semblait en éprouver aucun plaisir.
« Avec vous, mademoiselle, c'est très différent ! Je sens votre chair
bouger sous ma langue, elle est vivante, elle aime ça, votre chair ! Je suis
votre esclave, votre chien ! Votre pantin ! Vous pouvez faire de moi ce que
vous voulez, vous pouvez me frapper, si ça vous amuse, je me laisserai
faire. Du moment que vous me laissez vous lécher le sexe et que vous me le
montrez, je suis prêt à tout subir ! Voulez-vous que je vous lèche aussi le
trou du cul ? »
« Oh oui, léchez mon caca, vilaine bête, gloussait Marie-Hélène, en
prenant une voix infantile. Je me suis mal essuyée, tout à l'heure, exprès.
J'en ai gardé un peu pour vous, ce sera votre dessert... Léchez-moi bien !
Ah, vous êtes bien un chien, Isidore ! Le caca et le pipi, vous aimez ça, hein
?»
Un spasme la faisait se cambrer. Elle poussait un long cri rauque,
étonné, en plantant ses ongles dans la nuque de l'homme qui fouissait du
museau entre ses poils, lui fourrait sa langue au fond du vagin. Ensuite, elle
restait comme morte, affaissée sur sa chaise. Et souvent, une fois son plaisir
assouvi, un morne dégoût la submergeait. Elle avait envie de mourir, elle se
faisait horreur.
Alors, la rage la prenait à le voir si servile.
« Levez-vous, triste individu, hurlait-elle. Essuyez votre bouche ! Et
remettez votre pantalon, cachez ces horreurs ! » Elle le giflait de toutes ses
forces.
« Je vous déteste ! Vous m'entendez, Isidore ? Je vous hais ! Vous
n'êtes qu'un sale pervers ! Il faudrait vous mettre en prison ! Vous avez fait
de moi une détraquée sexuelle. Jamais, par votre faute, je ne pourrai
épouser un homme normal, faire des enfants ! »
Il se laissait battre sans se défendre et Marie-Hélène, à son corps
défendant, recommençait à s'exciter devant cet homme qui était en son
pouvoir.
N'était-ce pas fatal... Au bout d'une ou deux semaines qu'ils jouaient
ainsi, se faire lécher ne lui suffit plus. Un après-midi, elle autorisa Isidore à
lui introduire le bout du pénis dans le vagin.
« Rien que le bout, hein ? N'en profitez pas ! J'ai dit le bout ! » «
Rien que le bout, mademoiselle, promis... »
Ils procédèrent debout. Isidore avait retiré son pantalon, elle, elle
retroussait sa jupe. Elle s'était bien fait sucer et son sexe, amolli, bâillait
largement. Tenant son gros pénis raide d'une main, Isidore le faisait
prudemment aller et venir de bas en haut entre les lèvres de la vulve.
Puis, quand Marie-Hélène le lui ordonna, il introduisit le gland dans
le vagin, et il poussa doucement de l'avant. Inquiète et ravie, l'adolescente
sentait sa corolle s'élargir sous la poussée du pénis. Il y avait de la peur,
certes, dans l'émotion qu'elle éprouvait, presque de la panique. Mais cela la
comblait d'aise. Cette fois, il ne s'agissait plus d'amusettes, ils faisaient
vraiment quelque chose qui comptait. Une fois ce pas franchi, il ne serait
plus question de revenir en arrière...
Le lendemain, ils recommencèrent. Et les jours suivants, ils y
avaient pris goût tous les deux. Le vagin de Marie-Hélène s'ouvrait de plus
en plus. Elle attendait d'avoir un peu mal pour lui demander de se retirer.
« Vous êtes en train de faire de moi une femme, sale chien ! Que dis-
je : une vraie putain ! Vous sentez comme ça entre facilement, maintenant ?
Comme vous m'enfilez presque tout votre truc ? »
Centimètre par centimètre, la verge entrait en elle, chaque jour un
peu plus loin que la veille. Il la déflora ainsi en douceur, presque sans
qu'elle s'en rende compte. Un beau matin, elle sentit que toute la tige était
plantée dans son ventre. Elle n'avait pas eu mal plus que les fois
précédentes, et pourtant, cette fois, ça y était ! Incrédule, elle tâta les
couilles qui se balançaient sous ses fesses, et poussa un cri horrifié.
« Oh, l'infâme individu ! Il l'a fait ! Il me l'a mise ! Je l'ai toute
dedans, sale chien. Toute ! Pourquoi avez-vous fait ça, imbécile ? Comment
vais-je trouver un mari, maintenant ? Je suis une fille perdue ! Ne vous
avais-je pas recommandé de ne me mettre que le bout ! »
Mais Isidore ne se dominait plus ; la douceur affolante du vagin lui
baignait toute la verge ; sans écouter ce qu'elle disait, il l'empoigna sans
façon par les fesses et, après avoir fait mine de se retirer, se renfonça
brutalement en elle et éjacula. En sentant le sperme fuser, Marie-Hélène
hurla de fureur.
« Vous l'avez fait ! Vous l'avez fait ! Espèce d'ordure ! Vous voulez
donc me mettre enceinte comme votre grosse pouffiasse ? Vous avez déjà
six gosses, ça ne vous suffit pas ? Attendez, je vais vous apprendre à faire
vos saletés dans moi ! »
Elle le frappa du poing au visage et se dégagea de son étreinte. Le
sperme coulait de son vagin. Le dégoût la fit blêmir. Elle se vit avec un
ventre énorme et des mamelles de nourrice, toute déformée. Elle courut vers
le porte-parapluie et prit une grosse canne.
Elle obligea Isidore à se coucher à plat ventre sur la table, les fesses
nues, et elle le bâtonna de toutes ses forces, écumant de rage.
« Tenez, haletait-elle, cela vous apprendra à déflorer les jeunes
filles, espèce de sale chien ! »
Isidore se laissait faire ; il tressaillait, pourtant, à chaque coup de
canne, en poussant un grognement bestial, mais il ne cherchait pas à les
éviter. Soudain, au fort de sa crise, Marie-Hélène aperçut les marques
mauves qui striaient les fesses et les reins du secrétaire, et elle s'arrêta, toute
honteuse. Jetant la canne, elle fondit en sanglots. Frottant ses reins, Isidore
voulut la consoler. Elle le repoussa avec horreur et sortit de la bibliothèque
en courant comme une folle.
Dans la salle de bains, elle se lava méticuleusement le sexe,
enfonçant rageusement ses doigts dans son vagin pour déloger le sperme
qui la souillait, puis elle alla s'étendre sur son lit, toute frémissante de peur
et de rage. Elle finit néanmoins par se raisonner : ce serait quand même le
diable si elle tombait enceinte du premier coup !
Plus tard, elle pensa aux avantages de la situation. Elle n'était plus
vierge, autant en profiter.
Le lendemain de son dépucelage, elle retourna dans la bibliothèque
comme si de rien n'était. Isidore qui ne pensait pas la revoir si tôt après
l'éclat de la veille, se leva respectueusement pour l'accueillir.
« Alors, qu'allons-nous faire, maintenant ? » demanda Marie-
Hélène.
Il écarta les bras en signe d'impuissance. Il était si décontenancé
qu'il n'accorda aucune attention à l'objet enveloppé d'une serviette de table
que l'adolescente posait sur la table.
« Vous avez ouvert mon trou, maintenant, lui dit-elle alors, il ne va
pas se refermer, hein ? Autant continuer à mettre votre saucisse dedans !
Seulement, tâchez de cracher vos saletés dehors, c'est compris ? Je ne tiens
pas à me retrouver avec un gros ventre comme votre femme ! »
Isidore lui assura qu'elle n'avait rien à redouter. La veille, il s'était
laissé surprendre. Dorénavant, il saurait se contrôler. Il le lui promit
solennellement. Pendant qu'il parlait, Marie-Hélène retroussait sa robe. Elle
n'avait pas de culotte. Elle s'appuya des fesses à la table et lui fit signe de la
lui mettre. Impatient, il déboutonna son pantalon et s'avança, le pénis à la
main. Elle écarta avec ses doigts les lèvres de son sexe et il lui fourra le sien
dedans, tout entier.
« Vous n'êtes qu'un sale individu, lui murmura-t-elle, mais votre
grosse saucisse est un jouet très amusant ; je ne vois pas pourquoi je m'en
priverais ! Faites-la aller et venir, doucement, et mettez-moi un doigt dans
le trou de derrière, comme ça, j'aurai les deux sensations. »
Il s'exécuta consciencieusement, s'évertuant à lui donner tout le
plaisir qu'il pouvait, sans songer au sien. Quand il vit qu'elle rougissait et
que ses paupières battaient, il se permit pour la première fois, de lui toucher
les seins. Elle ne les lui avait jamais montrés. Cette fois-là encore, elle ne
déboutonna pas son corsage. Il les lui palpa timidement à travers sa robe et
elle fit mine de ne pas s'en apercevoir. Dès qu'elle eut obtenu son orgasme,
elle lui ordonna de sortir d'elle ; il retira donc sa verge et recula.
« Vous pouvez vous finir à la main, si vous voulez ! » lui accorda-t-
elle.
Piteusement, il suggéra l'emploi de préservatifs.
« J'en ai un dans ma poche, justement, à tout hasard ! » bredouilla-t-
il.
Et il le sortit pour le lui montrer. Marie-Hélène lui rit au nez.
« Je veux sentir votre saucisse, dans mon trou ! Pas du caoutchouc !
Mais puisque vous l'avez, mettez-la, votre chaussette ! »
Amusée, elle lui gaina elle-même le pénis. Quand ce fut fait, elle se
recula pour l'admirer ironiquement. Et elle lui ordonna de se masturber
ainsi. Ce qu'il fit, d'une main pressée, avec une grimace dépitée, comme
quelqu'un qui veut se débarrasser d'une corvée. Quand il eut éjaculé dans le
préservatif, il le retira en veillant à ne pas répandre de sperme sur le tapis.
Puis il enroula l'objet dans un kleenex.
Marie-Hélène le regardait faire avec un sourire méprisant.
« Bon, lui dit-elle, c'est fini, maintenant ? Vous avez fait vos saletés
? Vous êtes bien soulagé ? On va pouvoir régler nos comptes, comme deux
grandes personnes. »
Alarmé par ce préambule, il voulut reboutonner sa braguette.
« Non, non, restez ainsi. Tenez, enlevez-le complètement, votre
pantalon, et le caleçon aussi, j'aime bien vous voir avec le cul nu. Ma mère
est en ville, mon père s'occupe de sa politique, la bonne ne nous dérangera
pas. Déculottez-vous donc, mon ami, et mettez-vous à quatre pattes. Vous
êtes mon chien, l'auriez-vous oublié ? »
Il s'exécuta sans trop de déplaisir, car, bien qu'il eût joui, cela
l'excitait toujours de faire le chien devant elle ; le cul nu, il circulait à quatre
pattes, faisant ballotter ses couilles et son pénis flasque sous le regard
moqueur de l'adolescente. Elle le suivait, et de temps en temps, lui donnait
des petites tapes bien sèches sur les fesses, ou lui tâtait les couilles par-
derrière. Ils se divertirent ainsi pendant un moment, puis Marie-Hélène
l'autorisa à se relever. Elle constata que la bite d'Isidore avait repris du
volume. Elle la lui flatta de la main.
« Vous êtes un bon chien, Isidore, toujours prêt à servir votre
maîtresse ! On saura vous récompenser. Si vous êtes bien sage, je vous
laisserai peut-être encore mettre votre grosse saucisse dans mon vagin !
Mais avant, il faut régler notre contentieux ; cette petite affaire de mon
dépucelage, j'espère que vous ne l'avez pas oubliée ? »
Souriant froidement, elle consentit alors à lui montrer ce
qu'enveloppait la serviette qu'elle avait posée sur la table : une énorme
carotte.
« Elle est grosse, hein, Isidore ? Figurez-vous que la bonne voulait
la jeter sous prétexte qu'elles sont trop fibreuses quand elles sont grosses
comme ça, carrément immangeables. Mais moi, je me suis dit qu'on
pourrait peut-être l'utiliser quand même. Qu'en pensez-vous ? Elle ne vous
fait pas envie ? Moi, elle me plaît bien, cette carotte. Je vais vous le prouver
tout de suite ! Regardez, Isidore, regardez bien ! »
Elle se troussa, écarta les cuisses, et introduisit le bout effilé de la
carotte dans son vagin.
« Vous voyez, Isidore, comme vous avez ouvert mon trou ? Je peux
y rentrer presque toute la carotte ! Vous avez dû drôlement m'esquinter,
pour que ça rentre si facilement ! Il est vrai que je suis mouillée, parce que
vous m'avez excitée, tout à l'heure, en m'enfilant. Mais quand même ! Je
suis drôlement ouverte, vous ne trouvez pas ? »
Fasciné, Isidore regardait la carotte s'engloutir entre les poils. Marie-
Hélène ne l'enfonça pas tout entière ; elle n'était qu'à demi dedans quand
elle la retira. Elle la fit flairer à Isidore.
« Elle est belle, hein ? Eh bien, je vous la donne. Elle est pour vous.
Voyez ? Elle est mouillée, maintenant. Elle entrera plus facilement dans
votre derrière ! »
Isidore eut un violent mouvement de recul ; ses yeux s'écarquillaient
stupidement. Le sourire de Marie-Hélène avait disparu.
« Je ne veux pas vous obliger, lui dit-elle, mais si vous voulez
encore m'enfiler votre saucisse, il faudra vous laisser enfiler la carotte.
Donnant, donnant. Vous vous servez de mon trou, je me servirai du vôtre.
C'est à prendre ou à laisser ! »
« Mais, bredouilla-t-il, elle... elle est beaucoup trop grosse ! Elle...
elle n'entrera jamais ! »
« Vous avez bien vu qu'elle est entrée dans mon trou, voyons, ne
faites pas le timoré ! »
« Ce n'est pas pareil... c'est-à-dire... ce n'est pas fait pour ça ! »
« Moi, Isidore, je suis sûre, curieux comme vous l'êtes,
intellectuellement, de toutes les nouveautés, que vous brûlez du désir de
savoir ce que nous éprouvons, nous autres femmes, quand on nous pénètre.
Est-ce que je me trompe ? »
Ahuri, il se contentait de fixer l'énorme légume.
« Eh bien, poursuivit Marie-Hélène, soyez heureux, Isidore, je vais
pouvoir satisfaire cette légitime curiosité. Montez sur la table, et mettez-
vous à quatre pattes ! On va vous faire un petit plaisir ! »
Voyant qu'il restait immobile, Marie-Hélène retroussa sa robe pour
lui montrer son bas-ventre.
« Il ne vous plaît plus, mon petit con ? demanda-t-elle coquettement.
Vous n'en voulez plus ? »
Il était clair qu'elle ne renoncerait pas à son caprice et qu'il n'aurait
plus jamais le droit de la pénétrer s'il n'en passait pas par où elle voulait, il
se résigna donc à grimper sur la table et s'y prosterna piteusement, le front
posé sur le bois comme elle le lui ordonna, ses fesses velues bien ouvertes.
Marie-Hélène s'assit sur une chaise, juste en face de son cul ouvert, et elle
admira le spectacle incongru qu'il offrait, en émettant toutes sortes de
réflexions désobligeantes. Elle ne se tenait plus de joie... Dominant à grand-
peine l'hilarité qui montait en elle en voyant se crisper l'anus d'Isidore, elle
persifla :
« Si vous pouviez voir comme vous êtes ridicule avec votre vilain
trou du cul qui se crispe de peur, et vos grosses couilles qui se balancent
comme des pis de chèvre ! Pouah, que c'est laid, un homme ! »
Elle lui donna une petite tape au creux des reins pour l'obliger à
ouvrir davantage les fesses.
« Allons, Isidore, ne faites pas votre constipé ; ouvrez-moi votre trou
plus que ça ! Mais ne pétez pas, hein, surtout ! J'ai horreur des mauvaises
odeurs ! »
Il poussa un gémissement outragé quand elle lui introduisit le bout
de son doigt, qu'elle avait mouillé de salive, dans l'anus. Elle fit tourner son
doigt pour le visser dans l'orifice contracté.
« Si vous le serrez comme ça, on n'arrivera jamais à enfiler toute la
carotte ! »
C'était bien ce qu'espérait sournoisement Isidore, et pourquoi il se
crispait à ce point.
« Et si je ne peux pas vous enfiler la carotte, alors, vous ne pourrez
pas non plus m'enfiler la vôtre ! Je vous l'ai dit : c'est donnant, donnant. »
La mort dans l'âme, il cessa de résister et son ventre se dénoua. En
voyant s'arrondir son anus, Marie-Hélène poussa un cri joyeux.
« Oh, que je suis contente... vous allez être ma petite femme, hein,
Isidore ? Chacun son tour ! »
Elle lui embrassa une fesse en vissant son doigt dans l'anus. Isidore
s'ouvrit davantage.
Sans plus attendre, elle présenta la pointe de la carotte devant
l'orifice et appuya. Isidore creusa les reins et fit entendre une plainte
étouffée.
« Allons, allons, vous allez voir comme ça va vous plaire, vicieux
comme vous êtes, de faire la femme ! »
Elle appuya, enfonçant quelques centimètres de la carotte. A
nouveau, Isidore gémit.
« Vous êtes ma femme, hein, Isidore ? Vous sentez comme vous êtes
ma femme ? Ma petite femme chérie ? »
« Oui... je sens... je suis votre femme ! »
« Je le savais, que vous aimeriez ça ! Vous voyez que ça ne fait pas
mal ? »
Elle poussa plus fort, plus fort encore, enfila la moitié de la carotte,
eut un ricanement idiot et poussa encore, les lèvres pincées par l'effort. Elle
entendait les ongles d'Isidore grincer sur la table.
« Oh... cette fois... cette fois... râla-t-il, je vous assure, ça fait mal...
»
« Tant mieux ! Vous êtes ma putain, Isidore ! Il faut vous laisser
enfiler ! Les putains sont faites pour ça ! Ce ne sont que des trous ! Des
trous ambulants ! »
Elle appuya de toutes ses forces et, s'ouvrant d'un coup, Isidore
engloutit la carotte avec un cri perçant. Ahurie, Marie-Hélène regarda les
fanes vertes qui dépassaient de l'anus, formant une ridicule petite queue.
Toute la carotte avait disparu. Dans un geste irréfléchi, elle faufila sa main
entre les cuisses de l'homme et lui saisit le pénis. Il était monstrueusement
gonflé ; jamais encore elle ne l'avait vu si gros, ni si dur ! Ravie, elle planta
ses ongles dans le gland. Isidore se mit à geindre, il ne se contrôlait plus.
« Je vais... je vais salir la table... »
« On essuiera... faites vos saletés, Isidore, faites-les ! Oh comme je
suis contente, comme nous sommes dégoûtants tous les deux ! »
Elle fit aller et venir sa main tout en lui étranglant les couilles de
l'autre, et Isidore poussa un véritable rugissement ; le sperme jaillissait de
lui avec une terrible violence. Plus tard, il lui avoua qu'il avait cru se vider
de sa vie, qu'il allait mourir-là, ignominieusement, avec cette chose énorme
dans le cul, cette chose énorme qui lui donnait l'impression d'être une
femelle.
Ils cachèrent la carotte derrière les livres d'un rayon. Et ils s'en
servirent pendant toute la semaine qui suivit. Marie-Hélène l'avait baptisée
« l'arme du crime ». Chaque fois qu'Isidore l'avait baisée, elle lui disait :
« A votre tour, Isidore. Allez chercher l'arme du crime. Nous allons
assassiner ensemble votre ridicule virilité ! »
Il n'y échappait jamais. Chaque fois qu'elle s'était laissé pénétrer, il
devait subir le même sort. Elle était sa putain, mais il était la sienne. Et eût-
on interrogé l'ancien secrétaire, il n'est pas sûr qu'il n'eût pas fini par
reconnaître que la punition qu'on lui imposait était, finalement, ce qu'il
préférait !
DEUXIÈME PARTIE
CES DEMOISELLES S'AMUSENT...
10 CONFIDENCES DE FILLES
Filles d'avocat toutes les deux, fréquentant les mêmes établissements
scolaires, Amandine et Marie-Hélène se voyaient pratiquement chaque jour
depuis leur plus jeune âge. Quand ce n'était pas Amandine qui allait chez
Marie-Hélène, cette dernière venait chez Amandine. Elles faisaient leurs
devoirs ensemble, papotaient, pouffaient de rire, et elles grandissaient.
Bien sûr, elles avaient leurs petits secrets ; vous vous doutez bien
que jamais, au grand jamais, Marie-Hélène, par exemple, n'avait touché un
mot à sa copine de ses amusements avec Penny et des cochonneries
auxquelles elle s'était livrée avec l'homme à tout faire de son père.
Les années avaient passé, devenues adolescentes, elles restèrent
aussi liées et continuèrent à se rendre visite très fréquemment. Pourtant, les
deux amies étaient devenues assez différentes. Marie-Hélène, moins jolie
que son amie et d'un caractère renfermé, fuyait la compagnie des garçons.
En revanche, Amandine, très extravertie, avait beaucoup de succès auprès
d'eux et elle poussait parfois les choses assez loin, tout en veillant à rester
vierge, car, comme elle fréquentait surtout des jeunes gens de son monde,
elle devait garder une certaine modération dans ses écarts.
Elle se plaignait souvent à son amie des restrictions que lui imposait
la peur du qu'en-dira-t-on.
« Je suis très chaude, tu comprends. C'est une affaire de
tempérament. Moi, j'ai de gros besoins sexuels. Me faire peloter, me faire
branler, ça ne me suffit pas, ça m'excite, voilà tout. Maintenant que j'ai un
corps de femme, j'aurais envie d'avoir vraiment un homme dans mon sexe...
tu ne peux pas comprendre, toi, qui as la chance de ne pas aimer les garçons
autant que moi. Mais il faut savoir se dominer, tu comprends ? On ne vit
pas dans une grande ville. Ici, tout le monde connaît tout le monde. Je ne
tiens pas à avoir une réputation de Marie-couche-toi-là ! Ah, les Parisiennes
ont bien de la chance ! Elles peuvent s'envoyer en l'air avec qui elles
veulent, personne ne le sait ! »
Marie-Hélène approuvait mollement.
« Bien sûr, disait-elle. Je comprends très bien. »
« Ce qu'il me faudrait, vois-tu, c'est un homme marié. Les hommes
mariés, c'est l'idéal, comme amants, ils sont obligés de se montrer discrets.
Ils ne vont pas aller raconter à tous leurs copains qu'ils t'ont fourré leur
queue dans le vagin ! Mais voilà, où trouverais-je un homme marié ? »
Elle s'esclaffait à cette idée.
« Oh, les candidats ne manquent pas ! Mais la plupart de ceux que je
connais sont si ennuyeux ! Et ceux qui ne me déplairaient pas deviendraient
vite collants ! Une fois qu'ils ont goûté à une petite jeunette, ils ne peuvent
plus s'arrêter ! »
« En somme, ce que tu souhaiterais, lui résuma une fois, par manière
de plaisanterie Marie-Hélène (mais plaisantait-elle vraiment ?), ce serait
une sorte d'esclave, non ? Un type que tu sortirais de ton placard quand tu
aurais besoin de lui et que tu remettrais dedans... après usage. Un automate,
en somme... mais vivant, quoi ! »
L'idée avait frappé Amandine. Elle avait regardé son amie avec des
yeux ronds. Où allait-elle chercher des trucs pareils ? Un esclave, un
automate ! Je vous demande un peu ! Dès qu'il s'agissait des garçons,
Marie-Hélène avait souvent des réparties assez bizarres.
« Mais enfin, toi, demanda Amandine. Tu n'éprouves jamais... de
besoins ? »
Comme chaque fois qu'elle lui posait ce genre de question, Marie-
Hélène avait détourné la conversation. Pour Amandine, son amie, sur le
plan sexuel, était un véritable mystère. Ce n'était pas une beauté, loin de là,
mais enfin, elle n'était pas si mal ; elle n'aurait pas manqué d'amateurs si
elle avait voulu. Comment faisait-elle ? Tout juste, quand elle allait au
cinéma avec un copain, si elle se laissait peloter les nichons, pas question
qu'on lui fourre la main sous la jupe... Et pourtant...
Et pourtant, ça n'avait pas échappé à Amandine, il y avait dans ses
attitudes, dans la mollesse veule de son corps, un je-ne-sais-quoi d'alangui
qui parlait au sexe. En outre, elle avait souvent les yeux battus... Elle devait
se masturber comme une malade. Cette idée émoustillait Amandine, sans
qu'elle parvienne à s'expliquer pourquoi, car elle n'était pas du tout
intéressée par les filles. Elle essayait de s'imaginer Marie-Hélène en train de
se chatouiller le bouton...
A la fin de cet été-là, alors qu'elles attendaient la rentrée (toutes les
deux allaient entrer en terminale), était-ce à cause de ce temps orageux et
moite d'arrière-saison, leurs confidences se faisaient de plus en plus salaces.
En fait, c'était surtout Amandine qui se confiait. Marie-Hélène se contentait
de l'interroger...
« Et tes amours ? » lançait-elle ; et l'autre fonçait tête baissée. « Ne
m'en parle pas ! Laisse-moi te raconter ce qui m'est arrivé avec ce petit
fumier de... »
Tout en brodant sur sa dernière séance de touche-pipi avec l'un ou
avec l'autre, Amandine guettait son amie du coin de l'œil. Qu'est-ce qu'elle
avait, tout à coup, à ne plus s'intéresser qu'à ça ?
« Est-ce qu'elle aurait envie de se gouiner avec moi ? » se
demandait-elle.
L'idée la faisait rire toute seule ; mais en même temps, elle la
chatouillait étrangement... Elle imaginait certains gestes... La chaleur lui
montait au visage.
« Non. Je dois me faire des idées. C'est simplement une fille
coincée, une branleuse qui n'ose pas sauter le pas. »
Un après-midi, alors qu'elle était venue chercher Marie-Hélène pour
l'emmener jouer au tennis, un orage éclata. Marie-Hélène était seule chez
elle ; son père et sa mère étaient toujours par monts et par vaux.
« Quel temps de merde ! C'est râpé pour le tennis. Et si on allait
plutôt au ciné ? »
« Ou alors, on pourrait rester ici et bavarder ? Tu aimes la liqueur de
banane ? »
« La liqueur de banane ? C'est un gag ? »
« Non, non, tu vas voir. C'est marrant... Ma mère adore les liqueurs
très sucrées, je lui en fauche depuis que je suis toute petite ! Viens, on va
s'installer dans ma chambre... »
Sa curiosité piquée, Amandine l'avait suivie à l'étage. Marie-Hélène
avait sorti d'une cachette une petite bouteille carrée et deux verres à liqueur.
Puis elle avait mis du Mozart en sourdine et les deux filles, après avoir
retiré leurs chaussures, s'étaient installées sur le lit. Elles avaient commencé
à siroter des petits verres de liqueur de banane en écoutant Mozart. Dehors,
c'était le déluge ; de temps en temps, des bourrasques de pluie fouettaient
méchamment les vitres ; il faut avouer que ce n'était pas désagréable d'être
enfermée là, à l'écart, on se sentait comme dans un cocon.
Assise à la turque, Marie-Hélène ne paraissait pas se rendre compte
qu'on voyait sa culotte. Amandine s'efforçait de ne pas regarder, mais c'était
difficile, l'autre était juste en face. La liqueur de banane commençait à lui
monter à la tête ; c'est sucré comme un bonbon, ça colle la bouche, mais
c'est quand même de l'alcool. Tout naturellement, elles en vinrent à leur
sujet de conversation favori : ce qu'Amandine faisait avec les garçons. Ce
jour-là, dès qu'elle entama sa ritournelle, elle vit s'allumer une curiosité un
peu sale dans les yeux de Marie-Hélène. Elle en rajouta une dose, exprès,
pour le plaisir de la provoquer.
« Oh, tais-toi, je t'ai pas dit le plus beau. Hube, tu sais, mon fiancé...
(Amandine, assez snob, appelait Hubert par ce diminutif qu'elle prononçait
même parfois à l'anglaise : « ioube »)... L'autre jour, on devait aller au ciné.
Et puis mon père lui a donné un dossier à mettre en ordre...
(Hubert, qui finissait son droit, faisait un stage dans le cabinet du
père d'Amandine. Les jeunes gens se fréquentaient depuis l'enfance, il était
tacitement entendu entre les deux familles qu'un jour ils se marieraient et
qu'Hubert s'associerait avec son beau-père.)
« Et moi, j'avais absolument envie d'aller voir ce film. La moutarde
m'est montée au nez, et j'ai téléphoné à Philippe. Tu sais bien ? Je t'en ai
déjà parlé. Un type avec qui je suis sortie l'année dernière. »
« Et Hube... Hubert, je veux dire... il était au courant ? »
« Bien sûr que non. On a chacun nos petites affaires. Bref, Philippe
m'emmène au ciné. Ce n'est pas à toi que je l'apprendrai, en cette saison,
l'après-midi, la salle est presque vide. Dès qu'il m'a fait monter au balcon,
j'ai compris que j'y aurais droit. Ça n'a pas tardé... »
Dévorée de curiosité, mais veillant à ne pas le montrer, Marie-
Hélène lui versa une autre dose de liqueur jaune.
« Tu devineras jamais ce qu'il m'a fait, ce salaud de Philippe ! Bon,
il était en train de me... de me mettre en condition... enfin, tu sais bien, il
avait sa main entre mes cuisses, et il me... et moi aussi, je le... (Geste
explicite du poignet). On était tout en haut, au dernier rang, il n'y avait
personne dans la travée. J'ai cru qu'on allait s'amuser comme ça pendant
tout le film, gentiment... Et le voilà qui descend de son siège et se met à
genoux par terre. Avant que je réalise ce qu'il voulait me faire, il me retire
ma culotte, m'écarte les jambes et me fourre sa tête entre les cuisses. Et tout
de suite... avec la langue... là, en plein cinéma, il n'y avait pas un chat, mais
tout de même ! Il me la fourrait partout, sa langue, dedans, autour, entre les
fesses... même sur le trou du cul ! »
« Et tu le laissais faire ? »
« Ah, qu'est-ce que tu veux, moi, quand on me lèche le minou... ça
me retire toute ma volonté. Je lui avais mis ma robe sur la tête et je faisais
attention à ce que personne ne nous voie. Oh, il m'a fait jouir au moins
quatre fois... Quand on est sortis, j'osais à peine le regarder, ce fumier. Il
puait la chatte, tu peux pas savoir. J'ai même pas voulu qu'il me
raccompagne dans sa voiture. Je l'ai planté là, sur le trottoir. Et depuis, il
arrête plus de me bassiner pour qu'on aille voir un autre film ! »
« Quelle histoire ! »
« C'est un copain d'Hube, tu comprends ; c'est horriblement gênant,
je suis obligée de le ménager... j'ai pas envie qu'il aille lui raconter. Faudra
certainement que j'y passe à nouveau, je voudrais pas qu'il devienne
méchant ! Ah, les mecs, je te jure ! T'as bien de la chance de pas avoir ce
genre de problème... »
« Mais tu le laisseras quand même pas aller plus loin ? »
« Philippe ? Ça va pas la tête ! Pour qu'il aille s'en vanter à tout le
monde ! Je ne suis pas folle ! »
« Et Hube... Hubert, je veux dire. Est-ce qu'il te... vous êtes pour
ainsi dire fiancés, non ? »
C'était curieux, cette façon qu'avait Marie-Hélène de toujours
ramener Hubert sur le tapis. Amandine l'avait remarqué à plusieurs reprises.
Il lui plaisait bien, Hubert, à cette sournoise. Faut dire qu'il était plutôt beau
mec, dans le genre grand dadais joueur de tennis, cheveux blonds coupés
court, ouais, il jetait pas mal de jus, Hube. Ça l'émoustillait, Amandine
d'imaginer que son amie avait peut-être le béguin en douce pour lui.
« Il te branche, on dirait, Hube ? Avoue que tu te le ferais bien ? Je
peux t'arranger le coup, tu sais, j'suis pas jalouse ! »
« Mais pas du tout ! Toi, alors ! Qu'est-ce que tu vas penser...
Seulement, je me demandais... C'est toi qui as commencé à m'en parler, je te
ferai remarquer ! »
« Tu veux savoir ce que je fais avec lui ? Eh bien, je vais satisfaire ta
curiosité, ma chérie. Il me lèche aussi... comme Philippe, mais c'est pas trop
son truc ; il préfère de loin que ce soit moi qui le suce. Et je dois dire que ça
ne me déplaît pas, de sucer un garçon. Je suce souvent mes copains, quand
on revient du cinéma, dans la voiture. Toutes les filles font ça, même toi,
j'en suis sûre, toute cachottière que tu sois... J'aime bien sentir ce gros truc
durcir dans ma bouche... et puis quand le jus gicle, comment qu'ils
deviennent, les garçons... Tiens, donne-moi encore un petit verre ! On ne
dirait pas, mais ça monte à la tête, ta liqueur de vieille fille ! Si on continue,
on va être complètement pafs ! »
Tête-bêche, elles se vautraient sans façon sur le lit. Amandine
entrevoyait de plus en plus souvent la culotte de sa copine. (Le faisait-elle
exprès ?) Elle se demandait si Marie-Hélène qui avait les joues moites ne
mouillait pas un peu... Cela lui donnait envie de pousser les choses plus
loin. Comme ça, juste pour voir. Peut-être qu'elle arriverait à la décoincer, à
la faire se confier, elle aussi. Elle devait bien avoir des trucs à raconter,
cette sournoise...
« Hube, tu vois, ce qu'il préfère, c'est « vérifier » que j'ai toujours
mon bonbon, comme il dit. Il n'arrête pas de me « vérifier ».
— Tu l'as toujours, qu'il dit ? Fais voir... ouvre-le bien...
« Il veut être sûr qu'il sera le premier à me pénétrer, qu'il prétend,
mais c'est qu'un prétexte, bien sûr, il adore me tripoter la chatte, en réalité.
Dès qu'on est seuls ensemble, j'y ai droit. Des fois, il me rend presque folle,
à force... Et il sait très bien le faire, tu sais. Il a dû en branler plus d'une,
avant moi ! Quand il m'a bien fait mouiller, il me rentre juste la pointe du
gland... En général, on fait ça debout, parce que mes parents ou les siens
sont dans les parages. C'est ce qui nous fait le plus d'effet, savoir qu'on
pourrait nous surprendre. On tend l'oreille, il m'adosse au mur, je soulève
ma robe, j'écarte les cuisses... j'ai pas de culotte, tu t'en doutes (j'en mets
jamais quand il vient à la maison), et il m'introduit le bout de sa queue dans
le vagin. Rien que le bout, hein, pour que je garde mon « bonbon ». Il le fait
aller et venir... Oh, le salaud... il fait ça très bien ! J'en ai les jambes toutes
molles, tu peux pas savoir. »
« D'autres fois, je vais prendre des bains de soleil chez lui, près de
sa piscine, dans le jardin. Ses parents ne sont jamais là, l'après-midi. Il me
met toute nue et il me passe de la crème sur tout le corps. Mais il insiste
surtout sur les seins et sur les parties basses, tu t'en doutes. Et puis quand il
m'a bien huilée, et que je suis là, à plat ventre, inerte, au soleil, sur la
serviette... il m'écarte les cuisses et il me met son doigt dans les poils. Et
comme ça, pendant que je prends le soleil, comme si je ne me rendais
compte de rien... il me vérifie dans tous les recoins, longtemps, très
longtemps. Il me vérifie aussi le trou du cul, pour rien te cacher. Il aime
bien m'enfiler son doigt dedans. Pour terminer, quand il s'est bien excité, il
me met son pénis dans la bouche, pour que je lui mouille le gland, puis il
retourne derrière moi, il me soulève le bassin, il me cale un coussin sous le
ventre... Et quand je suis comme ça, les bras en croix, au soleil, les fesses en
l'air, à écouter le bruit des guêpes et l'eau qui clapote dans le bassin... il me
rentre tout doucement son gland, par-dessous. Rien que le bout, hein,
comme quand on est chez moi. Millimètre par millimètre... Et une fois qu'il
m'a rentré son gland, on reste comme ça, sans bouger ; lui couché sur moi,
avec le bout de son truc dans mon trou, il me triture le bout des seins, on ne
dit rien. Je le sens qui respire... »
« Et tu aimes ça ? «
(Tiens, tiens. Elle a la voix drôlement étranglée, tout à coup, la
Marie-Hélène !)
« J'a-do-re. Tu peux pas savoir... j'adore. »
« Et dans le... enfin, derrière, il te... »
(Ah, c'est donc ça ce qui l'intéresse ?)
« Ça va pas, la tête ? On va se marier, Hube et moi, faut jamais
laisser un type que tu vas épouser te faire des trucs trop dégueulasses... Ces
trucs, on les fait avec les copains des autres filles. Jamais avec le futur
mari... Oh, à propos de maris ! Je t'ai pas dit la meilleure ! »
Qu'est-ce qu'il lui prenait, tout à coup, de vouloir raconter ça à
Marie-Hélène ? Etait-ce ce temps lourd, cette saloperie de liqueur sucrée...
Elle voulut se reprendre ; mais voilà que Marie-Hélène replie un genou
pour se gratter la cheville et qu'Amandine voit distinctement le pli que
forme sa culotte en pénétrant dans la fente du sexe.
Elle ne rêvait pas : il y avait bien une auréole d'humidité sur le coton
rose ! La sournoise mouillait en l'écoutant... Cela lui fit tout drôle, à
Amandine. Elle en oublia toute prudence.
« Tu le répéteras à personne, hein ? Tu me le jures ? Parce que ça,
hein... c'est vraiment très... particulier. Même moi, quand j'y pense, ça me
fait honte. Oh non, vaut mieux pas... »
Mais Marie-Hélène avait tellement insisté qu'elle finit par céder. Et
puis, il fallait qu'elle en parle à quelqu'un, ce truc-là, c'était vraiment trop !
Elle-même, elle ne comprenait pas comment elle avait pu tolérer ça ; et
surtout, comment elle continuait à le faire... Parce que ça continuait ! Le
vieux pervers qui s'amusait d'elle était un ami de la famille, il venait chez
elle, en voisin, presque chaque jour ; et c'était aussi un familier d'Hubert...
Ce qui fait que plus tard, même quand ils seraient mariés, Hubert et elle, ce
vieux dégoûtant continuerait à abuser d'elle comme maintenant ! Mieux que
maintenant, même, puisqu'elle serait ouverte...
« Tu ne peux pas savoir ; ça me remplit de dégoût, quand j'y pense,
je me dis que je dois être tarée pour accepter ça. Tu me promets que t'en
parleras jamais à personne, hein ? Il y a de quoi flamber ma réputation à
jamais ! Le docteur Lépine, ma chère. Tu le connais, bien sûr ? Eh bien,
c'est de lui qu'il s'agit ! »
« Ce vieux schnoque ? «
Evidemment que Marie-Hélène le connaissait ; c'était le médecin le
plus huppé du quartier ; il la soignait depuis qu'elle était toute petite. Un
drôle de petit homme à lorgnons, sec comme une trique, avec un nez crochu
et un regard intimidant. Marie-Hélène ne l'aimait pas du tout.
« Avec lui ? Mais t'es folle... comment as-tu pu ? »
« C'est ce que je n'arrête pas de me demander ! Comment ai-je pu ?
Enfin, tu l'as vu ? Il n'y pas plus insignifiant que ce type ! Et en plus, je le
connais depuis que je suis toute petite. C'est un ami de mes parents, pas
seulement le médecin de famille, il vient très souvent chez nous, en voisin...
Comment me serais-je méfiée de lui ? Oh, j'avais bien remarqué que je ne
lui déplaisais pas. Chaque fois que j'allais me faire examiner chez lui, même
si c'était pour des maux de gorge, il s'arrangeait pour me faire retirer ma
culotte. »
« Chez les femmes, tout est lié au sexe, qu'il disait à ma mère.
Mieux vaut être certain... »
« Mais ça n'allait jamais bien loin. Moi, j'étais plutôt flattée... et ça
m'amusait un peu, aussi. Mais il savait... Et je savais qu'il savait. Il savait
que j'étais faible avec les hommes, que j'aimais ça... J'avais l'impression
qu'il pouvait lire dans ma tête. Je m'arrangeais toujours pour que ma mère
m'accompagne, je n'aurais pour rien au monde voulu me retrouver seule
avec lui dans son cabinet. Et je suis sûre qu'il s'en doutait. Il y a des trucs
que les filles ne peuvent pas cacher à ce genre d'homme. C'est comme un
flair qu'ils ont, un sixième sens. Bon, assez de généralités.
Voilà que l'autre jour (il y a deux mois de ça), ma mère me dit :
— A propos, Amandine, il faudrait peut-être penser à passer une
visite prénuptiale chez le docteur Lépine. Hubert et toi, vous n'allez pas
vous marier tout de suite, mais vaut mieux être certain qu'il n'y a pas de
tare, tu comprends ? On ne sait jamais. J'en ai parlé au docteur ; à vrai dire,
c'est lui qui m'en a parlé. Nous avons fixé un rendez-vous.
« Elle en avait parlé à Hubert, aussi. Et il n'a pas dit non. Bref, au
jour dit, on se pointe chez ce vieux salaud. Et tout de suite j'ai vu à son air
qu'il avait une idée derrière la tête. Moi aussi, je les sens, ces hommes-là.
Mais je ne pouvais pas en parler à Hube, tu comprends. »
« Bref, il nous pose tout un tas de questions sur nos antécédents
familiaux ; il prend des notes ; et peu à peu, ses questions se font plus
précises. Est-ce que nous avions eu des rapports sexuels, Hubert et moi.
Complets ? Incomplets ? Buccaux, digitaux ? Avec d'autres partenaires...
Moi, je fais mon innocente. Je dis que j'ai flirté, sans plus ; mais Hubert dit
la vérité, il a eu des maîtresses. Et de fil en aiguille, on en arrive à la visite
proprement dite.
— Puisque vous avez déjà opéré des attouchements réciproques,
inutile que l'un de vous sorte pendant que j'examinerai l'autre. Ouvrez donc
votre pantalon, Hubert.
« Et voilà Hubert qui ouvre son pantalon et qui sort son pénis et ses
couilles. Je ne te cache pas que ça me rendait toute chose de voir le docteur
lui tripoter ses organes devant moi, en lui posant des questions affreusement
intimes, comme si c'était la chose la plus normale du monde. Hubert était
debout, tout près de moi qui étais assise, et le docteur l'avait tourné vers moi
pour que je puisse bien voir ce qu'il lui faisait. Il lui tâtait les couilles, il
faisait sortir le gland, il rabattait la peau, il la tirait à nouveau le prépuce
vers l'arrière...
— Ouais, ça semble en bon état de marche, qu'il dit. Est-ce que
votre fiancée vous masturbe souvent ? Jusqu'à éjaculation ? L'émission de
sperme est abondante ?
« Je te jure, Marie-Hélène, j'ai vu le moment où il allait me
demander de masturber Hubert devant lui, pour voir la quantité de sperme
qu'il produisait. Et Hube commençait à bander, pour ne rien te cacher ; la
situation le travaillait, lui aussi. J'étais toute rouge, car je me doutais que
mon tour d'être examinée allait venir, et j'avais mouillé ma culotte, à force
de voir Hubert se faire tripoter le pénis devant moi par un homme. Ça n'a
pas raté...
— Très bien, a dit le docteur, vous pouvez rentrer vos organes ; tout
a l'air correct. Je vais maintenant examiner votre fiancée. Les seins, pour
commencer...
« Je me suis donc mise debout devant lui, et Hubert s'est rassis. Je le
connais. J'ai vu que ça le titillait de me voir dégrafer mon chemisier et
retirer mon soutien-gorge. J'avais les bouts qui pointaient, ils ont bien dû
s'en apercevoir. Voilà le docteur qui m'attrape les nichons à pleines mains et
qui commence à me les palper devant Hubert. Puis il me tripote les pointes,
il me les écrase entre le pouce et l'index, en les regardant de très près. Il tire
dessus pour les allonger. Hubert le regardait faire, ses yeux luisaient
drôlement.
— Les mamelons sont en érection, vous avez remarqué, Hubert ?
C'est signe que votre fiancée est une jeune personne très sensuelle. Sans
doute aussi est-elle un peu exhibitionniste... l'idée de montrer ses seins nus à
deux hommes... c'est un fantasme féminin assez répandu...
« Il était là, à me peloter la poitrine, et moi, je me laissais faire
comme une vraie conne ; pour ne rien te cacher, ça me mettait dans tous
mes états...
— Elle est vraiment vierge ? Techniquement vierge ? a demandé le
docteur. Nous allons vérifier ça... Retirez donc votre culotte, mademoiselle.
« Je suis donc allée me déculotter derrière le paravent, et j'en ai
profité pour m'essuyer le vagin, car j'avais drôlement mouillé.
— Montez là-dessus, m'a dit le docteur. On sera mieux pour
examiner votre hymen....
« Il m'a fait me coucher sur le fauteuil gynécologique, avec ma robe
retroussée tout en haut, et il m'a mis les pieds dans les étriers. Hubert s'était
levé pour venir voir. J'avais drôlement chaud aux joues : moi, avec les
jambes en l'air, les cuisses écartées, les genoux repliés et eux, en face,
penchés sur ce que tu devines pour bien le reluquer. Le docteur a achevé de
me l'ouvrir, avec les doigts, en démêlant les poils. Mouillée comme j'étais, il
n'a eu aucun mal à écarter les petites lèvres. Il faisait des commentaires
assez désobligeants pour moi à Hubert, tout en me tripotant l'intérieur du
sexe.
— Votre fiancée est une mouilleuse, mon cher. Regardez-moi ça, ça
coule comme de la petite bière. Et voyez comme les nymphes sont déjà
développées. Et comme elles se déploient... Quant au clitoris, vous
conviendrez qu'il est d'une taille peu commune. Est-ce que vous vous
masturbez fréquemment, mademoiselle ?
— Docteur !
— Allons, allons... Pas de fausse pudeur... vous êtes chez votre
médecin ! Et votre futur mari est avec nous !
« Il avait pris un ton bourru, agacé, et il faisait monter et descendre
son doigt dans ma fente, sous les yeux d'Hube. Je mouillais comme une
fontaine, impossible de le cacher.
— Combien de fois par jour ?
— J'ai pas compté !
— Cinq fois ? Six fois ?
— A peu près...
« Hubert m'a regardée ; je ne lui avais jamais avoué que je me
masturbais si souvent ; je n'ai pas pu me rendre compte si ça le choquait ou
au contraire, si ça lui plaisait, le docteur commençait à m'introduire son
doigt dans le vagin.
— Le vagin est étroit, c'est normal si elle est vierge. Vous avez
procédé à des introductions partielles du pénis ? Rien que le gland ? Tous
les fiancés font ça. Permettez, chère mademoiselle, je vais vérifier
l'élasticité de votre hymen !
« Il a forcé un peu. J'ai fermé les yeux ; ça me rendait morte de
honte de mouiller autant. Il a fait aller et venir son doigt, et je m'ouvrais de
plus en plus. Et il faisait ses commentaires à l'intention d'Hubert qui ne
quittait pas des yeux le doigt du docteur.
— Les chairs sont élastiques, les fluides abondants, la défloration ne
vous posera aucun problème. Les jeunes filles actuelles font toutes du
sport... elles ne saignent pratiquement plus quand on les déflore ; vous
verrez, ça glissera comme une lettre à la poste. Vous ne voulez pas essayer,
vous aussi. Tenez, mettez votre doigt, poussez-le doucement... vous sentez ?
« Entre mes cils, j'observais Hubert ; le salaud n'a pas refusé ; il m'a
enfilé son doigt dans le vagin devant le docteur et m'a fait ce qu'il ne me
faisait que lorsque nous étions seuls. Ils étaient aussi excités l'un que l'autre.
Et moi qui tolérais tout ça, je ne valais guère mieux ! Pour tout te dire, je
perdais complètement les pédales. Etre ouverte comme ça, sous leurs yeux,
et me faire tripoter les parties sexuelles par deux hommes en même temps,
ça me rendait folle... J'ai toujours adoré qu'on me touche la vulve, c'est mon
point faible. Mais deux types en même temps, tu imagines ça ?
— Bon, a dit le docteur, une dernière formalité, et je vous fais votre
certificat. Poussez-vous de là, cher ami. Vous continuerez à lui faire ça à la
maison.
« Avec un petit rire pincé, Hube a retiré son doigt et il s'est mis de
côté.
— Je vais vous faire un toucher rectal, mademoiselle, restez bien
ouverte, surtout !
« Avant que j'aie réalisé de quoi il s'agissait, il m'enfonce son doigt
dans l'anus.
— Jamais de sodomie, hein ? qu'il demande à Hube. On ne
sodomise pas la future mère de ses enfants !
« Et tout en faisant tourner son doigt, il m'écrase le sexe avec la
paume de la main. Impossible de me retenir. J'ai eu un orgasme. Ces deux
salauds s'en sont rendu compte, tu penses bien. Pendant que le docteur me
faisait son certificat, Hube m'observait en faisant une drôle de tête. »
« Dès qu'on est sortis du cabinet et qu'on s'est retrouvés seuls dans le
couloir, il m'a prise dans ses bras et m'a embrassée sur la bouche.
— Tu as joui, hein ? Petite salope ! Ne dis pas le contraire ! Tu as
joui quand ce vieux schnoque t'a mis le doigt dans le cul ? Je l'ai bien vu !
« J'ai eu beau lui jurer qu'il se faisait des idées, il n'en démordait pas.
Je n'avais pas envie qu'il me fasse une scène, mais c'était tout le contraire,
en fait. Il me soulève ma jupe et se met à genoux. Je n'avais pas pris la
peine de remettre ma culotte. Et là, dans le vestibule du docteur, voilà qu'il
me lèche la fente comme un fou. Pourtant, je te l'ai déjà dit, c'est pas
vraiment son truc.
— Cochonne, il me répétait, sale petite cochonne, ça t'a fait
mouiller, hein, de te faire tripoter par ce vieux salaud ? »
« Quelle histoire ! » fit pour la seconde fois Marie-Hélène. Elle
emplit à ras bord les deux petits verres et en passa un à Amandine. Puis elle
ajouta, mi-envieuse, mi-réprobatrice. « Il n'y a qu'à toi que ça arrive, des
choses pareilles ! »
« Si encore ça s'était arrêté là ! » soupira Amandine.
« Comment ! Tu veux dire... »
« Je te l'ai dit, Lépine est un ami de mes parents. Ce n'est pas
seulement notre médecin de famille, c'est un copain de mon père. Il vient
souvent dîner à la maison, jouer au bridge ou au tarot. Et le soir même,
figure-toi que ma mère l'avait invité. J'étais dans le salon, en train de lire
une lettre d'une copine d'Angleterre, quand il est arrivé. Ma mère se
pomponnait dans sa chambre. La bonne l'a fait rentrer sans penser à mal. Je
me suis levée d'un bond en le voyant. Il est venu s'asseoir sur le canapé, tout
guilleret.
— Alors, petite mouilleuse, qu'il me dit. Il le sait, ton fiancé, que tu
as eu un orgasme quand je t'ai fait un toucher rectal ?
— Docteur !
— Pas la peine de faire cette tête ; ça arrive très souvent que des
femmes aient des orgasmes pendant qu'on leur fait un toucher. Et à propos,
il y a un détail que j'ai oublié de vérifier, au cabinet... ça m'est revenu après
que vous êtes partis. Si on montait chez toi ? On serait mieux, non ?
« Sans attendre ma réponse, il m'a entraînée dans l'escalier. J'étais
déjà sur le palier quand j'ai réalisé ce qui se passait. Il avait un tel aplomb
que ça me laissait sans réaction. Il m'a poussée dans ma chambre ; on
entendait ma mère qui fredonnait dans la sienne, à l'autre bout du couloir,
en choisissant une toilette ; il a refermé la porte.
— On sera plus tranquilles ici qu'au salon ; et puis, ça ne prendra
que deux minutes... retire ton polo... et dégrafe ton soutien-gorge... faut que
je vérifie si t'as pas des ganglions !
« Et me revoilà avec les seins nus ; il me fait tourner sur moi-même,
se place derrière moi, et me demande de mettre mes mains derrière la nuque
et d'écarter les coudes pour bien cambrer ma poitrine. On était juste en face
du miroir de ma coiffeuse. Je le vois, et je le sens m'empoigner les seins, et
voilà qu'il me les pelote longuement, les pétrissant, les malaxant.
— Je ne sens rien de spécial... mais soit dit en passant, entre nous, tu
es drôlement sensuelle, hein ? T'as vu tes mamelons ?
« Il m'a pincé les bouts. Comment t'expliquer ça, Marie-Hélène, je le
détestais, ce vieux saligaud, mais je ne faisais rien pour me défendre... Il l'a
bien senti !
— Et si je faisais encore un petit toucher ? m'a-t-il murmuré à
l'oreille, un tout petit, vite fait bien fait ? Je parie que t'as des sécrétions
vaginales plein la culotte...
— Docteur, vous exagérez, non ? Vous ne trouvez pas ? — Allez...
juste deux doigts de cour, avant de se mettre à table.
« Il m'a poussée vers le lit, j'étais sans force, j'ai trébuché, me voici à
plat ventre, je fais mine de me redresser, il me met une main sur le dos,
m'immobilise et retrousse ma jupe.
— Docteur, arrêtez !
— Parle doucement, idiote, ta mère va nous entendre. Allez, quoi, tu
n'es plus une ingénue... Juste un petit toucher... un tout petit...
« Ce salaud me baisse ma culotte et me fourre la main entre les
cuisses. Il me serre le sexe entre ses doigts. J'étais déjà trempée... Mon
Dieu, pourquoi sommes-nous aussi sensibles à cet endroit, nous, les
femmes, tu peux me le dire, Marie-Hélène ?
— Ecarte les cuisses, qu'il me chuchote... dépêche-toi, ta mère va
sortir de sa chambre...
« Il achève de me retirer ma culotte, me met sur le dos, me relève les
jambes, me replie les genoux sur la poitrine. J'aurais voulu l'en empêcher, et
je me laissais faire. J'étais aussi molle que du caoutchouc... Est-ce que tu
réalises, Marie-Hélène, je le détestais, ce salopard, j'aurais voulu qu'il crève,
et j'acceptais tout... Pour tout t'avouer, j'avais hâte qu'il me le fasse, son
maudit toucher...
— Alors, petite mouilleuse, combien de fois t'es-tu branlée
aujourd'hui ? Quatre fois ? Cinq fois ? Tu ne veux pas me montrer comment
tu fais ?
« En me maintenant d'un bras les jambes renversées, il m'ouvre le
sexe de son autre main et, comme au cours de la visite, il m'enfonce le doigt
du milieu dans le cul et m'écrase le clitoris et les petites lèvres avec sa
paume... Sauf que cette fois, il prenait tout son temps pour faire durer le
plaisir. Ça n'a pas raté, j'ai eu un orgasme, pas moyen de me retenir. Je crois
même que j'ai crié...
— Tu vois que ça te fait jouir !
« Il rigolait comme un bossu en me vissant son doigt dans le cul, et
en me massant la fente.
— Oui, oui, qu'il faisait, en m'écrasant le clitoris, on va t'en donner
un autre... Allez, régale-toi... Voilà, c'est ça, frotte-toi bien contre ma main...
« C'est lui qui m'a reculottée, et il m'a même passé un peu d'eau
fraîche sur les joues. Nous sommes redescendus ensemble au salon, et cette
ordure de mec m'avait mis son doigt dans le trou du cul. A chaque marche,
je sentais son doigt qui remontait tout au fond...
« Pendant tout le repas, je n'arrêtais pas d'y penser. Lui, il était
naturel, plaisantait avec mon père, me taquinait comme il faisait souvent.
Ce jour-là, il ne s'est rien passé d'autre. »
« Ce jour-là ? releva aussitôt Marie-Hélène... Parce que tu veux dire
que... les autres jours, il a continué ? »
« Evidemment ! Pourquoi se priverait-il ? Chaque fois qu'il vient à
la maison, j'y ai droit. J'ai beau, chaque fois, me jurer que je vais l'envoyer
paître, je n'y arrive pas. Je l'ai laissé faire une fois, alors pourquoi ne
continuerait-il pas ? A chacune de ses visites, il se démerde pour me coincer
entre deux portes, ou il vient carrément dans ma chambre. Des fois, ça se
passe debout, il me met contre le mur, il me soulève ma robe, m'enfile un
doigt dans le cul, et puis il s'éloigne. Comme ça. Sans un mot. La dernière
fois qu'il est venu manger chez nous, il a réussi, tiens-toi bien, à me faire six
touchers ! Six ! Trois clitoridiens et trois vaginaux, pas de jaloux. Et chaque
fois, avec un doigt dans le rectum ! Pendant que mes parents jouaient aux
cartes avec un autre couple. Nous, on était au salon, on regardait soi-disant
la télé. Et il me faisait ses touchers. J'étais debout devant lui et il me faisait
deux touchers en même temps, en se servant des deux mains, un doigt
devant, l'autre derrière. Puis j'allais voir si mes parents n'avaient besoin de
rien, je jouais à la jeune fille de la maison, et je revenais le trouver. C'était
plus fort que moi... Je revenais me livrer à lui !
— Tu en veux encore ? qu'il me disait. Allez, donne-le bien...
« Et je le lui donnais... C'est bien simple, chaque fois que j'en ai
l'occasion, je le lui donne. Cela me rend folle la façon dont il m'enfile ses
doigts : si froidement, sans un mot. Et chaque fois, tu me croiras ou pas,
chaque fois, tu m'entends, j'ai des orgasmes ! Il doit y avoir quelque chose
de détraqué en moi, tu ne trouves pas ?
« Ecoute plutôt : l'autre jour, Hube était là, on était en train de se
tripoter les parties. Le docteur arrive, il demande à Hube d'aller lui chercher
un livre qu'il lui avait prêté, et pendant qu'Hube s'absente, il me met les
mains sous la robe et hop, un doigt devant, l'autre derrière... Quand Hube
est revenu, on a recommencé à se tripoter, et tout de suite, j'ai eu un
orgasme avec lui alors que je venais d'en avoir un avec le docteur. Et depuis
qu'il a vu le docteur me faire jouir, Hube aussi n'arrête plus de me faire des
« touchers ».
— Viens, on va jouer au docteur, qu'il me dit. Penche-toi, écarte les
fesses... Donne-moi tes orifices, vilaine fille !
« Et il m'enfile son doigt lentement. C'est un vrai chassé-croisé
quand ils sont tous les deux à la maison. Ils n'arrêtent pas de m'enfiler les
doigts dans le cul ou dans le vagin. Je ne sais plus comment faire pour les
en empêcher. C'est comme un engrenage. Mais attends la suite, je ne t'ai pas
tout dit ; l'autre jour, figure-toi, le docteur m'a montré son pénis.
— Tu ne crois pas que ce serait mieux, pour te faire un toucher
rectal ? J'ai justement un tube de vaseline dans ma poche... Tu vas voir, ça
va entrer comme une lettre à la poste !
Tu imagines un peu ? Le salopard voulait me sodomiser entre deux
portes ! »
Une bourrasque vint frapper les vitres, leur faisant tourner la tête. Le
ciel s'était assombri ; il commençait à faire noir, dans la chambre. Pourtant
ni l'une ni l'autre ne songeaient à allumer.
Amandine pouffa d'un rire d'ivrogne.
« Et ils ne sont pas les seuls, tu sais, à me toucher le sexe ! A croire
qu'ils se sont donné le mot, tous les types avec qui je sors, en ce moment,
n'arrêtent pas. C'est fou ce que les garçons aiment ça, toucher la fente des
filles, t'as remarqué, toi aussi ? Ils sont sans arrêt à me mettre le doigt
dedans, à me titiller le bouton, ces abrutis ; ça les fait ricaner de me faire
sursauter. »
« Et tu les laisses faire ? »
« Oh, écoute, autant en profiter... Je suis terriblement sensuelle, c'est
héréditaire, ma mère était pareille, elle me l'a dit, une fois. Dès qu'un garçon
a réussi à mettre sa main sous ma robe, je suis sans force pour l'empêcher
d'aller plus loin ; je suis encore plus impatiente que lui et tout de suite,
j'écarte les cuisses... Et toi, tu n'aimes pas ? Tu leur fais bien toucher ton
sexe, quand même, aux garçons avec qui tu sors ? Ils ne se contentent pas
de t'embrasser ou de te caresser les seins. Raconte un peu, Marie-Hélène,
t'es vache, quand même ! C'est toujours moi qui parle, et toi tu fais ta
cachottière... »
Pour la première fois, Amandine sentait son amie sur le point de
fléchir. Etait-ce la pénombre ? Tous les petits verres de liqueur sucrée
qu'elles avaient bus ? Il lui sembla que Marie-Hélène allait enfin lui lâcher
le morceau. Pourtant, elle hésitait. Ça devait être drôlement sérieux, après
tout ce qu'Amandine lui avait confié, pour qu'elle se montre toujours si
rétive...
Pour la décider, et aussi parce qu'elle était toute chamboulée,
Amandine fit une chose dont elle ne se serait jamais crue capable.
« Oh, ça m'excite de parler de ça avec toi, fit-elle d'une voix
enrouée. Pas toi ? Je suis toute mouillée, ma parole... Tu ne me crois pas ?
Regarde... »
Renversée contre les oreillers, en face de son amie qui s'était raidie
de stupeur, Amandine retroussa se robe et ouvrit les cuisses. On y voyait
encore assez pour que Marie-Hélène distingue la fente poilue du sexe,
quand son amie écarta sa culotte de côté.
« C'est pas des blagues, pouffa-t-elle, regarde... mon vagin est
trempé ! »
Elle entrouvrit sa vulve et se passa un doigt entre les lèvres.
« Sois sympa, raconte-moi des saloperies, toi aussi, et je me
masturberai en t'écoutant ; ça ne te gêne pas que je le fasse devant toi ? «
Le sang aux joues, Marie-Hélène se tenait aussi raide qu'une statue,
les yeux fixés sur le con de son amie. Amandine replia l'index pour
interroger son clitoris, eut un long frisson...
Que se serait-il passé si les parents de Marie-Hélène n'étaient pas
arrivés ? Par la suite, Amandine se poserait souvent la question. Est-ce
qu'elles auraient eu des relations homosexuelles ? Est-ce que Marie-Hélène
aurait accepté de lui faire un toucher ? Est-ce que ça lui aurait plu autant
qu'avec un garçon ? Comment savoir...
En entendant la voiture, les deux adolescentes avaient bondi du lit.
A la hâte, elles retapèrent les oreillers, allumèrent la lumière, coururent à la
salle de bains se passer de l'eau sur le visage. Mon Dieu, ces têtes qu'elles
avaient ! Et elles étaient soûles, c'était certain. Me Bollard fut tout surpris de
les voir descendre l'escalier.
« Tiens, Amandine ? Vous étiez ici ? Je croyais que vous étiez
sorties ensemble... »
« Non, papa, on a préféré papoter... il faisait un trop vilain temps... »
Amandine avait senti s'appesantir sur elle les yeux de l'avocat. Elle
était sûre qu'il avait flairé quelque chose. Il ne l'avait pas simplement
effleurée du regard comme les autres jours. Ses yeux s'étaient attardés sur sa
poitrine, sur ses hanches... Elle eut le sentiment très net que ce soir-là, il la
découvrait, cessait de ne voir en elle que la copine de sa fille ; qu'il la
jaugeait, comme un homme jauge une femme...
Cela la remua. Un homme marié, n'était-ce pas ce qu'elle cherchait ?
D'autant plus qu'il était drôlement bien de sa personne ! Et pas un tripoteur,
comme ce vieux schnoque de docteur ; un vrai homme...
Seulement voilà, outre que c'était le père de sa meilleure amie, ce
n'était pas quelqu'un qui se contenterait de lui mettre un doigt dans le
derrière...
Avec un type comme ça, ma fille, on passe à la casserole ! Mieux
vaut ne pas y songer...
11 L'ESCLAVE DE MARIE-HÉLÈNE
Rentrée chez elle après cette débauche de confidences, Amandine se
sentit tout à coup horriblement honteuse à l'idée de s'être laissée aller à ce
point. Qu'allait donc penser d'elle cette oie blanche de Marie-Hélène ? Le
sang lui monta aux joues, elle se revoyait, impudiquement renversée sur
l'oreiller, en train d'ouvrir son sexe sous les yeux troublés de son amie !
Comment avait-elle pu se conduire de la sorte ? Que se serait-il passé si les
parents n'étaient pas arrivés ? Pourvu que cette idiote ne se soit pas imaginé
qu'elle lui avait fait des avances. Elle fut sur le point de lui téléphoner pour
mettre les choses au point :
« Si tu ne m'avais pas fait boire ta saloperie de liqueur, si on était
allées au ciné au lieu de dire toutes ces conneries... C'est de ta faute, tout ça
!»
Elle se ravisa. Ce serait ridicule. Mieux valait oublier l'affaire. Se
comporter comme si rien ne s'était passé. Et d'ailleurs, n'était-ce pas la
vérité ? Il ne s'était rien passé. Quelques paroles en l'air, aussitôt dites,
aussitôt oubliées...
Elles avaient convenu, en se quittant, que le lendemain, si le temps
s'améliorait, elles iraient jouer au tennis. Ce fut le cas, un ciel d'azur, pas un
nuage. Alors qu'Amandine hésitait, Marie-Hélène lui téléphona. Elle avait
sa voix de tous les jours.
« On se retrouve au club, ou tu passes me prendre chez moi ? »
« Je passe te prendre ! » dit Amandine sans réfléchir.
Pourquoi avait-elle répondu ça ? Pourquoi ne pas se retrouver au
club, directement, comme elles le faisaient souvent ? Elle fut sur le point de
rappeler Marie-Hélène... mais ne le fit pas.
Elle se maquilla aussi soigneusement que si elle allait a un rendez-
vous avec un garçon. Elle s'efforçait de ne penser à rien. Elle arriva chez les
Bollard. Marie-Hélène vint lui ouvrir elle-même. Comme Amandine s'en
étonnait, son amie lui dit que c'était le jour de sortie de la bonne. A l'idée
qu'elles allaient à nouveau être seules dans l'appartement, Amandine
éprouva un vague malaise. Marie-Hélène était en peignoir de bain et ses
cheveux étaient mouillés.
« Excuse-moi, je suis en retard. Je sors de la douche. Montons dans
ma chambre... J'en ai pour deux minutes... »
Dès qu'elles furent dans la chambre, la gêne d'Amandine s'aggrava.
Le lit n'était pas fait. Son amie avait dû faire la grasse matinée. Elle chercha
un endroit où s'asseoir, mais toutes les chaises étaient encombrées de
vêtements. A contrecœur, elle remonta une couverture sur les draps en
désordre et s'installa du bout des fesses sur le lit.
« Tu tiens vraiment à jouer au tennis ? demanda Marie-Hélène, en se
frottant les cheveux avec sa serviette. Pour ne rien te cacher... j'ai un peu la
gueule de bois. Cette liqueur de banane est une vraie saloperie ! »
Amandine admit qu'elle était assez barbouillée elle-même.
« On pourrait rester ici, comme hier, proposa aussitôt Marie-Hélène,
et se raconter des trucs ? »
« Quels genre de trucs ? » demanda Amandine sur la défensive.
Elle ne tenait pas à faire les frais de la conversation comme la veille.
Percevant sa réticence, Marie-Hélène haussa les épaules.
« Tu sais bien... les garçons, tout ça... »
« Hier, j'ai dit des conneries, fit maussadement Amandine, en
suivant du doigt un dessin de la broderie, sur l'édredon. C'est cette saleté de
liqueur... Quand j'ai bu, je dis n'importe quoi ! »
« C'est vrai que tu avais l'air d'être drôlement paf ! fit Marie-Hélène
avec un petit rire. Je n'en revenais pas quand tu as retroussé ta robe ! »
Les joues d'Amandine s'empourprèrent ; elle était furieuse de voir
ramener sur le tapis l'épisode le plus scabreux de la veille.
« Tu allais vraiment te branler devant moi ? » demanda Marie-
Hélène, en baissant la voix.
Folle de rage, Amandine s'apprêtait à la rabrouer vertement, mais
Marie-Hélène la devança :
« Moi aussi, tu sais... chuchota-t-elle, je fais des trucs avec un
homme. Je t'en ai jamais parlé parce que je pensais... enfin, que tu me
jugerais mal. Mais, après ce que tu m'as raconté... je me rends compte qu'on
est pareilles... »
« Pareilles ? Comment ça, pareilles ? Quel genre de trucs, tu fais,
d'abord ? »
Marie-Hélène haussa les épaules.
« Des trucs sexuels, quoi... Le type avec qui je les fais, il est marié...
il n'est pas beau, oh, que non ! Mais... il fait tout ce que je veux, tu
comprends ? C'est commode ! Je pourrais lui attirer des ennuis s'il ne
m'obéissait pas. Avec sa femme, pour commencer. Et puis, d'autres ennuis...
sur le plan professionnel. Alors, il est obligé de faire tout ce que je veux. »
Tout cela paraissait abracadabrant à Amandine.
« Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Ce type... Tu l'obliges
vraiment ? Pourquoi ? Il ne serait pas d'accord ? »
« Oh, ça lui plaît, ne va pas croire. Mais le fait est qu'il n'a pas le
choix. Je sais sur lui des trucs qui pourraient le faire fiche à la porte de son
boulot. Et j'en profite ! Il est obligé de filer doux ! C'est pour ainsi dire mon
esclave ! »
Amandine la dévisagea comme si elle avait perdu la raison.
« Un esclave ? Que veux-tu dire ? Tu dérailles, je crois ! »
« Tu n'aimerais pas en avoir un, toi aussi ? Un homme qui ferait tout
ce que tu veux, insista Marie-Hélène qui avait tout à coup un drôle de
sourire. Une sorte de pantin vivant, tu vois ? Il suffirait de le sonner, il te
ferait ta petite affaire, et ensuite tu le congédierais. Il n'y aurait pas besoin
qu'il soit beau, d'ailleurs. Mais qu'il ait... tout ce qu'il faut, si tu vois ce que
je veux dire ! »
Amandine écoutait délirer son amie. Plaisantait-elle ? Cette histoire
d'esclave avait tout d'un fantasme d'adolescente, ça ressemblait à ces
scénarios qu'on se raconte quand on se masturbe. Pourtant, la véhémence de
son amie la troublait.
« Ce serait bien commode, en effet, concéda-t-elle, s'efforçant de ne
pas montrer la trouble curiosité qui s'éveillait en elle. Mais ces choses-là
n'arrivent que dans les livres. Et où trouverions-nous des esclaves ? Il ne
faut pas rêver ! »
Sentant son scepticisme, Marie-Hélène prit soudain la mouche.
« Puisque je te dis que j'en ai un, moi, lança-t-elle. Tu ne me crois
pas ? Tu crois que tu es la seule à faire des choses tordues ? Tu veux parier
que j'en fais venir un ici, dès demain ? »
Cette fois, Amandine la crut vraiment cinglée. Mais en observant
mieux son amie, elle eut l'impression que celle-ci regrettait de s'être laissé
emporter et d'avoir parlé trop vite. Les deux filles se dévisagèrent.
Amandine baissa encore plus la voix, et pourtant, elles étaient
seules.
« Ici ? Chez toi ? Demain ? »
Son amie changea de visage.
« Et pourquoi attendre demain, au fond ? dit-elle sur un ton de défi.
Pourquoi pas tout de suite ? Je vois bien que tu ne me crois pas ! Quelle
heure est-il ? (Elle fit mine de consulter sa montre.) Quatre heures... Nous
avons largement le temps : cela nous laisse au moins deux heures, avant que
mes parents rappliquent. Tu es d'accord pour que je le fasse venir ? »
Amandine eut un rire dépité.
« Ton esclave ? »
« Mon esclave, parfaitement, mademoiselle. Tu es d'accord ? »
Amandine haussa les épaules. Elle n'était toujours pas très sûre que Marie-
Hélène ne la mettait pas en boîte.
Elle la regarda décrocher le téléphone et former un numéro. En
entendant la sonnerie résonner au-dessus de leur tête, dans l'appartement du
dessus, Amandine tressaillit. Des pas pesants, des pas d'homme, traversaient
le plafond. La sonnerie s'interrompit.
« Maître Bigot ? fit Marie-Hélène. Bonjour, maître Bigot, c'est
Marie-Hélène Bollard. Pouvez-vous descendre un instant, je vous prie. J'ai
un dossier à vous remettre de la part de mon père. Il s'agit de cette affaire de
transfert de fonds en Suisse, vous savez ? Nous serons dans la bibliothèque.
»
Elle raccrocha sans même laisser à son interlocuteur le temps de
répondre.
« Viens, dit-elle à Amandine, en la prenant par le bras. Allons-y. Tu
vas voir si je suis une menteuse ! »
Elles descendirent au rez-de-chaussée, remontèrent le couloir. La
bibliothèque était plongée dans la pénombre car on avait tiré les persiennes
à cause du soleil. Marie-Hélène alla les pousser.
« Ce maître Bigot ? C'est bien l'ancien secrétaire de ton père ? »
demanda Amandine.
Amandine se souvenait vaguement de l'avoir croisé, un grand
mollasson aux traits ingrats, qui rasait les murs et n'élevait jamais la voix. Il
lui avait toujours fait penser à un bedeau.
« Lui-même. Mais il est monté en grade. Ils sont associés,
maintenant, papa et lui. »
Les deux adolescentes s'assirent à la grande table sur laquelle des
livres étaient éparpillés. Amandine observait son amie. Elle était toujours en
peignoir de bain et s'essuyait les cheveux, machinalement. Amandine
n'arrivait toujours pas à croire qu'il ne s'agissait pas d'une mauvaise
plaisanterie. Autant qu'elle s'en souvienne, ce Bigot était un personnage très
effacé, un père de famille, sa femme, une petite créature boulotte, jamais
maquillée, était toujours fourrée à l'église. Non. Cela ne tenait pas debout.
Et voilà que la porte s'ouvre doucement et qu'un homme passe
prudemment son visage dans l'entrebâillement. C'est bien lui. En apercevant
Marie-Hélène, l'arrivant s'avance d'un pas hésitant dans la bibliothèque et
tombe en arrêt en constatant qu'elle n'est pas seule.
« Vous connaissez de vue mon amie, je crois ? Amandine. La fille de
maître Chartier... »
Marie-Hélène le présenta à son amie :
« Maître Bigot, l'assistant de mon père... »
L'homme tendit gauchement une main molle à Amandine.
« C'est son homme à tout faire, si tu préfères », chuchota Marie-
Hélène, comme s'il ne pouvait pas entendre. Elevant la voix, elle fit sa
mondaine, coqueta :
« Vous m'excuserez, Isidore, de vous recevoir en peignoir de bain. Je
viens de prendre ma douche. »
Transi de timidité, l'arrivant observait Amandine. Il eut un geste
évasif.
« Et... ce dossier... toussota-t-il. Je n'ai pas très bien compris de quoi
il s'agissait... »
Amandine eut un rire plein d'indulgence.
« Oh, ne vous préoccupez pas de ça ! Ce dossier peut attendre,
Isidore, nous avons mieux à faire, pour le moment ! » Amandine vit
l'homme tressaillir.
« Savez-vous, mon ami, lui envoya coquettement Marie-Hélène, que
je suis toute nue sous mon peignoir ? »
Elle pouffa de rire en surprenant le regard craintif qu'il glissait du
côté d'Amandine.
« Ne faites pas cette tête, imbécile, Amandine est au courant. Je lui
ai dit que vous étiez l'homme à tout faire de mon père... et le mien ! »
Marie-Hélène alla tourner la clef dans la serrure.
« Seulement, mon papa et moi ne vous chargeons pas des mêmes
tâches. Vous n'êtes que son larbin, tandis qu'on peut dire sans exagérer que
vous êtes carrément mon esclave. Si, si, je le maintiens, Isidore, mon
esclave ! Et mon amie a tenu à voir de ses propres yeux de quelle façon je
me servais de vous. »
Un vertige prit Amandine en entendant ces mots. Les yeux baissés,
l'assistant paraissait tout embarrassé de sa personne.
« Pourquoi as-tu fermé la porte à clef ? » demanda à voix basse
Amandine.
« Nous serons plus tranquilles... pour jouer avec son gros pénis ! Pas
vrai, Isidore ? Cela ne vous ennuie pas qu'on joue avec votre gros pénis,
Amandine et moi ? Je l'ai mise au courant, elle sait qu'on peut faire tout ce
qu'on veut avec vous, et que vous ne le répéterez à personne ! »
Atrocement gênée en entendant Marie-Hélène parler aussi crûment,
Amandine dévisageait l'assistant. Quel type singulier !
« Tu ne crois toujours pas qu'il est mon esclave ? demanda Marie-
Hélène. Tu vas voir. Venez ici, Isidore. Ici, exactement ici. Au pied, mon
chien ! »
Elle désigna un point du parquet, à ses pieds. Détournant la tête sous
le regard ahuri d'Amandine, l'assistant obtempéra. Une fois qu'il fut devant
Marie-Hélène, celle-ci le gifla froidement. Il se laissa faire sans réagir, sans
même chercher à éviter les gifles. Amandine, toute tremblante
d'énervement, se dressa d'un bond sur ses jambes.
« Alors, qu'en dis-tu ? » demanda son amie.
Amandine ne savait que répondre. Elle contemplait cet homme
qu'on venait de gifler et qui n'avait pas réagi. Certes, il avait l'air penaud
d'avoir été giflé en public, comme un gamin, mais pas spécialement
contrarié. C'était même tout le contraire. Il jeta un coup d'œil sournois à
Amandine, sous ses gros sourcils, puis il détourna la tête, mais elle avait eu
le temps de voir s'étaler sur ses traits ingrats comme une infâme
satisfaction.
« Tu veux que je te le montre, oui ou non, son gros pénis ? »
demanda négligemment Marie-Hélène.
Mais bien qu'elle s'efforçât d'adopter un ton très naturel, le
tremblement de sa voix trahissait son émotion. Cette fois encore, Amandine
se garda de répondre.
« Il a un très gros pénis, tu sais, insista Marie-Hélène, comme si elle
faisait l'article... et des testicules énormes. Tu vas voir. Ouvrez votre
braguette, Isidore, et montrez vos immondes attributs à mon amie. »
Comme un zombie, le visage absent, l'homme porta une main à sa
braguette.
« J'espère que vous savez ce que vous faites ! » bredouilla-t-il, en
commençant à se déboutonner.
« Comment ? s'indigna Marie-Hélène. Vous avez parlé ? Vous avez
osé ? Un chien ne parle pas, Isidore ! Combien de fois devrais-je vous le
rappeler ? »
Elle le gifla à nouveau en plein visage, avec une violence extrême,
et elle éclata de rire en voyant la mine effarée d'Amandine.
« Tu me crois, maintenant ? fit-elle. Tu vas voir comme c'est tordant
de s'amuser avec un esclave ! Beaucoup plus qu'avec un docteur. On peut
lui faire tout ce qu'on veut ! Enlevez votre pantalon, imbécile. Enlevez-le
complètement. »
Immédiatement, l'homme dégrafa sa ceinture, laissa tomber son
pantalon. Il ne portait pas de caleçon. Sa chemise s'arrêtait au-dessus du
pubis. Sans en croire ses yeux, Amandine regarda se balancer le gros sexe
blafard. Quand il se retourna pour poser son pantalon sur une chaise,
Amandine tressaillit : les fesses de « l'homme à tout faire » étaient striées de
zébrures mauves.
« C'est moi qui l'ai fouetté, dit négligemment Marie-Hélène. Il ne
m'avait pas bien léchée, alors, je lui ai donné trente coups de ceinture. »
Sans lui laisser le temps de réagir, elle prit son amie par le bras et
l'entraîna vers le canapé. Elles s'y assirent. L'homme n'avait pas bougé. Il se
tenait toujours au milieu de la pièce, debout, les fesses nues et le sexe à l'air.
D'une voix froide, Marie-Hélène lui ordonna de retrousser sa chemise. Il
s'exécuta, le visage vide d'expression, la remontant à mi-ventre, et il poussa
l'obligeance jusqu'à écarter les jambes, pour bien exhiber ses parties
sexuelles. Son sexe se relevait, grossissait. Amandine n'avait jamais vu un
pénis d'une telle taille.
Les tempes lui tintaient. Son amie appela l'individu qui s' avança.
« Faites sortir votre vilain gland, Isidore. Montrez à Amandine
comme il est laid ! »
L'homme tira sur son prépuce et le gland surgit. Il bandait,
maintenant. Sa verge horizontale se balançait de droite à gauche,
doucement.
« Tu as vu comme son sexe est laid ? C'est ce qui me fait le plus
d'effet, qu'il ait un sexe aussi bestial. Tu peux le toucher, si tu veux. Tu peux
le masturber, le faire gicler ; ça t'amuserait ? »
Amandine secoua la tête. La docilité abjecte de l'individu
l'emplissait d'épouvante. Elle regarda son amie prendre le gros pénis dans sa
main et le caresser. Puis Marie-Hélène souleva les couilles.
« Elles sont grosses, hein ? Et sa bite aussi, tu ne trouves pas ? Tu
n'as pas envie qu'il te la mette ? »
A nouveau, Amandine fit non de la tête. Horrifiée, elle regardait son
amie masturber vicieusement l'étrange personnage. Elle ne la reconnaissait
plus ! Marie-Hélène avait les joues rouges et transpirait, comme quand elles
avaient joué au tennis. Sauf que ce n'était pas au tennis, qu'elle jouait, mais
au pénis ! La plaisanterie consacrée lui vint à l'esprit en dépit de son
désarroi, mais cela ne la fit pas sourire, elle était trop bouleversée. En
revanche, Marie-Hélène, elle, semblait beaucoup s'amuser en retroussant et
en rabattant le prépuce de son « esclave ». Quel gros pénis il avait, cet
imbécile ! Peu à peu, à force de voir son amie le manipuler, une sale
excitation gagnait Amandine, du fond de sa stupeur. Elle se pencha, malgré
elle, pour bien voir le gros gland rosâtre qui émergeait à nouveau du
prépuce que Marie-Hélène faisait glisser vers l'arrière.
Quand la grosse fève de chair rose fut entièrement dénudée,
l'adolescente suça le bout de ses doigts pour les mouiller de salive, puis elle
en humecta la collerette rougeâtre que le prépuce formait en étranglant la
base du gland ; aussitôt, de fades relents de macération montèrent aux
narines d'Amandine qui plissa les lèvres de dégoût.
« Il ne sent pas la rose, hein, se marra Marie-Hélène, c'est parce que
je l'ai puni, hier, je lui ai interdit de se laver les parties. De temps en temps,
je l'oblige à garder son fromage... tu sais, cette saleté blanche qu'on a, nous
aussi, les filles, dans les replis autour du clito, si on néglige sa toilette
intime... Normalement, je lui fais faire sa toilette, avant de jouer avec lui...
mais quand je suis d'humeur vraiment lubrique, ça ne me déplaît pas qu'il
sente le bouc... quand il pue comme ça, ça rend ce qu'on fait encore plus
dégoûtant... Et c'est ce qui me plaît, avec lui, que ce soit bien sale... que ce
soit dégueulasse... »
Elle parlait à voix basse, comme si elle était seule, et ses yeux
contemplaient fixement le gland qui se congestionnait de plus en plus sous
ses attouchements ; elle crachait carrément dessus, maintenant, et, du bout
des doigts, étalait le mélange de salive et de sédiment blanchâtre sur la
muqueuse cramoisie... Ce qui impressionnait le plus Amandine, c'était la
ferveur presque religieuse qui faisait trembler la voix de son amie. Comme
si elle sortait d'une transe, celle-ci parut réaliser qu'elle n'était pas seule
avec son jouet et se tourna vers Amandine.
« Tu dois me prendre pour une folle, hein ? Qu'est-ce que tu veux,
j'aime tellement ça qu'il m'arrive d'en perdre le sens du réel. Voilà, tu sais
tout, maintenant. Au fond, c'est un peu comme toi et ton toubib, sauf que
c'est le contraire : toi, tu es le joujou de ce vieux salopard, tandis que moi, je
fais ce que je veux avec mon esclave... Et c'est moi, pas lui, qui décide s'il
va ou non me fourrer son instrument dans le vagin ou dans l'anus... »
Un petit rire aigrelet fit chevroter sa voix :
« Et par exemple, maintenant que je lui ai bien tripoté ses attributs,
pour ne rien te cacher, ça ne me déplairait pas qu'il s'occupe un peu des
miens... Tu permets que je lui montre mon sexe, ça ne va pas te scandaliser
? Après tout, tu m'as bien montré le tien, hier... »
Sans attendre la réponse, elle écarta les pans de son peignoir et se
renversant en arrière, elle remonta ses genoux en écartant les cuisses pour
s'exhiber à l'assistant. Aussitôt, il s'accroupit devant elle. Amandine se
pencha, curieuse, pour regarder le sexe de son amie. Elle eut un coup au
cœur en le voyant si développé. Ce n'était pas là un sexe d'adolescente,
c'était une vulve de femme adulte ; on voyait qu'elle avait déjà servi. Les
nymphes débordaient de façon outrageuse, il y avait quelque chose de
vorace dans la façon éhontée dont bâillaient les grandes lèvres. Mais ce qui
la sidéra le plus, ce fut la grosseur du clitoris. Il pointait, baigné de mouille,
un vrai clitoris de branleuse ! Ah, elle avait bien caché son jeu, cette sainte-
nitouche. Elle la regarda ouvrir encore plus sa fente en tirant les lèvres vers
le haut afin de faire saillir le clitoris.
L'autre imbécile, à genoux, avançait le cou comme un chien et
flairait de son long nez proéminent l'entaille rose des muqueuses.
Lentement, il tira la langue. Il attendait que Marie-Hélène lui permette de la
lécher. Elle le laissa attendre exprès, guettant son amie qui s'efforçait de ne
rien montrer de ses sentiments, puis elle fit enfin un signe d'assentiment et
la bouche d'Isidore se colla goulûment à sa chair intime, lui arrachant un
glapissement de plaisir. Fermant les yeux, comme si elle avait honte, tout à
coup, de se faire lécher ainsi devant Amandine, elle se livra aux caresses de
la langue.
« Tu trouves que je suis dégueulasse, hein ? Tu te demandes
comment je peux faire des trucs pareils avec un type aussi ridicule ? »
« Pas du tout... ne va pas croire que je te juge ! Mais... comment te
dire ? C'est tellement fou ! C'est complètement fou, non ? »
« Je te l'avais bien dit, que j'avais un esclave ! Tu ne voulais pas me
croire ! »
« Un esclave... non, écoute, ça n'existe pas, des choses pareilles...
c'est trop ! »
Amandine secoua la tête, hébétée. Elle vit les narines de Marie-
Hélène se dilater et ses paupières se soulever ; elle croisa le regard vitreux
de son amie et comprit qu'elle jouissait.
Une pensée la traversa en un éclair : cet Isidore serait un esclave
parfait. Marié, père de famille, obligé de filer doux ! Et quelle grosse verge
il avait... Est-ce que Marie-Hélène l'avait laissé la lui enfiler ? Elle ne tarda
pas à avoir la réponse. Du plat de la main en plein visage, comme elle
l'aurait fait du mufle d'un chien, Marie-Hélène repoussa Isidore qui tomba
assis sur ses fesses. Elle abaissa les yeux sur la faille qui béait au bas de son
ventre. Les nymphes qu'avait aspirées Isidore, déformées par la succion, se
dressaient verticalement pareilles à deux nageoires de poisson rouge.
« Il me fait jouir, cet imbécile, quand il me lèche comme ça, tu peux
pas savoir à quel point ! Tu ne veux pas qu'il te suce, toi aussi ? »
Amandine refusa d'un geste. Elle n'arrivait pas à détacher ses yeux
de la vulve béante qu'exhibait son amie. L'orifice vaginal était vraiment très
large. D'un geste, cependant, Marie-Hélène avait ordonné à Isidore de se
relever. Debout, il se tenait devant elle, les bras ballants. L'adolescente prit
le gros pénis en main et découvrit le gland.
« Je parie que tes petits copains n'en ont pas d'aussi gros, hein ? Tu
as vu ? C'est énorme, non, ce truc ? On dirait un cèpe ! »
Elle fit aller et venir le prépuce à deux ou trois reprises. Chaque fois,
les couilles montaient et descendaient dans leurs bourses velues.
« Si j'étais seule, je lui dirai de me la mettre, mais... »
« Oh, ne te gêne pas pour moi ! »
Elles échangèrent un regard de connivence, puis pouffèrent, malgré
elles, comme deux sales petites chipies en train de faire une grosse bêtise.
C'était tellement absurde, tellement fou, quand on y pensait ! Elles
s'étranglaient de rire et Isidore, vexé, les contemplait, la bite raide, le gland
dehors. Quel pantin !
« Tu n'es donc plus pucelle ? »
« Evidemment que non ! Mets-toi à ma place ! J'avais ce gros truc
sous la main, c'était fatal que je m'en serve, non ? A force de le tripoter
chaque fois que je voulais, ça m'a donné envie qu'il me le fourre entre les
cuisses. Tu aurais fait comme moi ! »
Marie-Hélène avait repris la verge en main, et elle la massait, faisant
fleurir le gland violacé à chaque poussée.
« C'est vraiment énorme... fit Amandine. Tu... tu arrives à... la
rentrer toute ? »
« Quand il m'a bien léchée, comme il vient de le faire, ça dilate mon
orifice, c'est à peine si je la sens ! On dirait un gros poisson qui glisse dans
mon ventre ! »
Les narines d'Amandine frémirent.
« Tu as envie de voir ça, hein ? Eh bien, regarde. Regarde bien ! Tu
vois, pour commencer, je m'ouvre avec les mains, comme ça, afin de bien
élargir mon trou. Tu vois bien ? »
Amandine acquiesça. L'ovale rouge du vagin s'était à ce point
agrandi entre les poils mouillés de salive qu'on aurait pu y loger un œuf.
Marie-Hélène tira encore plus fort sur ses membranes, s'éventrant presque.
Isidore s'était rapproché, il se tenait tout contre le canapé ; ses yeux luisants
de convoitise dévoraient le sexe ouvert de l'adolescente.
« Le chien va m'enfiler ! dit Marie-Hélène, en poussant du coude
Amandine. Regarde bien... c'est la première fois qu'il va me le faire devant
quelqu'un ! »
« Enfilez votre maîtresse, sale animal ! » ordonna-t-elle.
Il plia les genoux sur-le-champ et prit sa grosse verge en main pour
la guider. Il dénuda le gland et l'inséra doucement au bas du sexe de Marie-
Hélène. Sous la poussée, les lèvres de la vulve s'arrondirent, comme une
bouche qui suce quelque chose. Avec une lenteur insidieuse, la verge
pénétra dans le vagin de Marie-Hélène. Celle-ci tremblait d'extase. Les
yeux lui sortaient de la tête, elle ouvrait la bouche.
« Oh, tu peux pas savoir, Amandine, souffla-t-elle, tu peux pas
savoir, quand ce gros truc entre dans ton trou... c'est fou ! On a l'impression
de s'ouvrir en deux ! »
Presque tout était entré, maintenant. Les couilles lui frôlaient ses
fesses. Isidore attendait, immobile. Amandine reprit lentement son souffle.
Elle se sentait toute brûlante. Elle entendit Marie-Hélène émettre un
miaulement désolé.
« Oh, ça m'excitait tellement de faire ça devant toi, que j'ai déjà joui
! » se lamenta-t-elle.
Les couilles d'Isidore s'aplatissaient contre son cul, on ne voyait plus
le pénis.
« Des fois, il n'a même pas besoin de faire le mouvement, tu sais ?
Rien que de l'enfiler, quand il m'a sucée, ça me fait jouir ! »
Elle remonta ses genoux et posa ses pieds sur la poitrine d'Isidore.
D'une ruade, elle l'expédia en arrière. Quand le pénis sortit de son vagin,
cela fit un bruit obscène. Il tomba assis sur le tapis. Son sexe et ses couilles
luisaient de mucosité.
Se levant d'un bond, Marie-Hélène se mit à donner des coups de
pied dans les côtes de son esclave.
« Espèce de sale chien, criait-elle. Tu m'as enfilé ton ignoble
appendice, hein ? Tu es content de toi ! Tu fais ton malin, hein ? Tu te
prends peut-être pour un homme, du coup ! Eh bien, nous allons voir ça !
File chercher la carotte ! Immédiatement ! »
Comme une furie, elle poursuivait Isidore qui, à quatre pattes, se
dirigeait vers le fond de la pièce, et elle continuait à l'invectiver et à le
frapper à coups de pied sans qu'il cherche à se protéger. Obéissant sans
doute aux consignes de Marie-Hélène, il se déplaçait avec une extrême
lenteur sur les genoux et sur les coudes, ce qui l'obligeait à rehausser le
derrière ; en outre, il creusait les reins de façon exagérée pour bien exhiber
son anus et ses couilles qui se balançaient entre ses cuisses. Comme il
n'avait pas éjaculé, sa verge en érection se plaquait à son ventre. Partagée
entre le dégoût et l'excitation de voir un homme s'avilir à ce point,
Amandine regardait s'ouvrir l'anus entre les poils du sillon fessier. Elle
entendit qu'on ouvrait un tiroir, puis peu après, Marie-Hélène et sa victime
reparurent devant elle. Marie-Hélène tenait une énorme carotte en matière
plastique dans une main et un tube de vaseline dans l'autre. Elle montra le
tout à Amandine qui devina sans peine ce qu'elle allait en faire. Elle se leva,
écœurée, mais fut incapable de quitter la pièce.
« Alors, tu as enfilé ton gros truc dégoûtant dans le trou de ta
maîtresse, sale chien ? Eh bien, maintenant, c'est dans ton trou à toi qu'on
va mettre la carotte. Tu vas voir, Amandine, comme il aime ça, ce sale pédé
!»
Isidore se retourna, toujours à quatre pattes, et se prosterna, le
visage sur le tapis. L'anus s'écarquillait comme un œil aveugle. Marie-
Hélène riait nerveusement en le montrant à Amandine et celle-ci, en dépit
de l'horreur que lui inspirait la veulerie de l'individu, fut à son tour gagnée
par l'hilarité. C'était nerveux.
« Moi, je l'ai déjà fait très souvent. Tu ne veux pas la lui enfiler, toi ?
»
Leurs yeux se croisèrent. Amandine s'interrogeait. Sans réfléchir,
elle abaissa le menton. Marie-Hélène la prit dans ses bras, d'un geste
spontané, et elles s'embrassèrent, comme chaque fois qu'elles partageaient
un instant de plaisir, ou de bonheur.
« Oh, que je suis contente, ma chérie ! Tu ne peux pas savoir quel
poids tu me retires de la poitrine... J'avais tellement peur que tu me juges
mal... Tu vas voir, tu vas voir... c'est ignoble quand tu sens son cul qui
s'ouvre... la chair qui résiste, et puis qui cède... c'est exactement ce qu'ils
doivent sentir, eux, ces salauds, quand ils te l'enfilent ! »
Elle déboucha le tube de vaseline et l'approcha de l'anus ouvert de
l'assistant. Elle appuya sur le tube et la vaseline gicla. Elle badigeonna alors
l'anus d'Isidore, introduisant entièrement son doigt à l'intérieur.
« Le vilain Isidore va se faire enculer ! Par une jolie demoiselle ! Il
aime ça, hein, ce sale toutou vicieux ! »
La carotte de plastique rouge à la main, Amandine, toute tremblante,
s'agenouilla derrière l'homme prosterné. Elle visa l'orifice avec la pointe du
légume. Les fesses d'Isidore se contractaient d'appréhension. Marie-Hélène
lui fit signe de pousser, d'un coup, très fort. Amandine n'osait pas. Sa main
tremblait trop. Elle prit une profonde inspiration et se décida enfin. Elle
vissa timidement la pointe de la carotte dans le minuscule orifice et força
prudemment. Marie-Hélène n'avait pas menti. Quelle sensation étrange,
vertigineuse, c'était de voir s'engloutir l'énorme carotte dans le cul de cet
homme. Et surtout, oh surtout, de sentir la chair céder, s'ouvrir avec une
infâme connivence... Elle poussa plus fort, enfonçant d'un coup toute la
carotte, et Isidore grogna comme une bête blessée.
« Oh, que ça me plaît de te voir faire, se réjouit Marie-Hélène. Tu es
comme moi, hein ? Même avant que tu me racontes ce que tu m'as raconté
hier sur ton toubib, je le savais qu'on était pareilles ! »
Elle ouvrit son peignoir de bain et commença à se masturber du bout
des doigts. Amandine retira la carotte, puis la remit lentement au fourreau.
Elle sentait l'homme trembler d'une affreuse extase. Malgré sa répugnance,
elle y prenait vraiment goût. Elle recommença, de plus en plus vite. Chaque
fois qu'elle enfonçait la carotte, Isidore poussait une étrange plainte
féminine.
« Tu vas voir comme on va bien s'amuser avec cet idiot ; tu vas voir
! » répétait sans arrêt Marie-Hélène.
Et Amandine approuvait. Isidore sanglotait, pitoyable, ridicule,
abject.
« Attends, s'écria soudain Marie-Hélène, attends ! Ne le fais pas
jouir comme ça ! Il faut qu'il soit encore en rut pour s'occuper de toi !
Debout, esclave. Debout... il faut donner du plaisir à mon amie, maintenant.
C'est son tour ! »
Amandine, dont la tête tournait, lâcha la carotte. D'une poussée des
reins, comme s'il chiait, Isidore l'expulsa de son anus et elle tomba avec un
bruit mat sur le tapis. Il se releva et se retourna. Il bandait toujours autant.
Hagard, le visage décomposé, il regarda pour la première fois Amandine en
face, lui proposant sa monstrueuse érection.
« Elle est jolie, hein, mon amie, Isidore ? Vilain coquin. Ça va vous
plaire de lui lécher sa fente, hein ? Et de lui enfoncer votre gros pénis ! »
« Oh non ! fit Amandine. Je... »
« Eh bien, quoi ? »
« Mais... »
Amandine bafouillait. De voir errer sur elle les yeux affamés de cet
homme étrange lui donnait la chair de poule. Elle le trouvait si pathétique,
si laid... Et pourtant, elle avait envie que les choses aillent plus loin. Elle ne
comprenait plus ce qui se passait en elle.
« Je suis vierge... » rappela-t-elle piteusement.
« C'est vrai, j'oubliais ce détail, tu te gardes pour ton chéri ! Faudrait
pas qu'il te trouve ouverte, la prochaine fois qu'il te vérifiera. »
Amandine fut surprise par la hargne de Marie-Hélène. Est-ce qu'elle
était jalouse ?
« Mais fais-toi lécher, au moins ? proposa Marie-Hélène. Il suce très
bien, tu sais ? »
C'est alors qu'Isidore leva un doigt en l'air, comme un élève qui
demande la permission de parler au professeur.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Parle, esclave, parle ! Tu as une idée, je parie
? Il a souvent de bonnes idées, cet imbécile, quand il s'agit de sexe ! »
« Nous pourrions... bredouilla Isidore, en fixant avidement le joli
visage d'Amandine. Nous pourrions... comme vous m'avez fait à moi...
même si mademoiselle est vierge, par-derrière, ça ne laisse pas de traces ! »
Le cœur d'Amandine fit un véritable bond dans sa poitrine.
« Mais oui, tu vois qu'il a de bonnes idées ! jubila Marie-Hélène. Il
va t'enculer, tu vas voir, c'est génial. Et Hubert ne pourra rien voir quand il
te vérifiera, ce trou-là, c'est pas comme celui de devant, il se referme
complètement ! »
Amandine était ébranlée ; à la fois terrifiée et transportée à l'idée
qu'un acte irrémédiable pourrait s'accomplir. Et que personne ne le saurait !
Elle cessa de résister et se laissa conduire vers le canapé.
« Isidore, dit Marie-Hélène, je vous rends provisoirement votre
liberté ! Agissez à votre guise : mon amie et moi nous vous laissons faire
tout ce que vous voulez ! »
Une sale curiosité alourdissait le corps d'Amandine. Elle se mit à
quatre pattes comme son amie sur le canapé. Elle enfonça son visage dans
un coussin, trop honteuse pour regarder ce qui allait se passer. Toute
frissonnante, elle laissa Isidore lui soulever la robe. Il la prit par les genoux,
pour l'obliger à s'ouvrir davantage. Elle eut un long frémissement quand les
gros doigts lui tâtèrent le sexe à travers la culotte ; ils pouvaient parcourir la
fente tout du long, à travers le satin humide et le faisaient pénétrer entre les
lèvres qui se séparaient. Des vagues de tiédeur se répandaient dans le ventre
d'Amandine ; à son corps défendant, la chair en révolution, elle écartait
impudiquement les fesses en creusant les reins pour mieux s'offrir comme
elle faisait avec le docteur quand il lui faisait ses touchers. Un sourd
gémissement filtrait entre ses dents serrées, elle sentait l'orgasme venir.
« Il tripote bien, hein, ce salaud ? chuchota Marie-Hélène. C'est un
véritable artiste de la branlette, tu vas voir ! »
Isidore abaissa la culotte d'Amandine et la fit glisser le long de ses
jambes pour la lui retirer. Il put alors à loisir contempler le cul ouvert de
l'adolescente. Du bout des doigts, religieusement, il lissa les poils mouillés
sur les bords de la fente. Puis il tâta l'anus, prudemment. De temps en
temps, comme s'il craignait qu'elle ne soit jalouse, il allait s'occuper de
Marie-Hélène.
Prosternées sur le canapé, leurs croupes charnues impudemment
ouvertes, elles se tenaient à sa disposition. Il leur lécha méthodiquement
l'anus, pour les « préparer ». Elles avaient posé la joue sur le canapé et leurs
visages congestionnés se faisaient face. En proie à la même jubilation elles
échangeaient des confidences chuchotées.
« Il me fait un toucher anal... en profondeur... Et toi ? » « Il me
branle clitounet... alors, tu me croies, maintenant, hein ? »
« Je suis bien obligée... quelle histoire... Oh ! »
« Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ? »
« Un autre doigt... Il m'en met deux, maintenant... Et il les fait
tourner... Comme pour visser... Le toubib aussi, me fait ça... »
« Et ça te plaît, hein ? Tu es pareille que moi ! Oh, je suis contente,
Amandine, on est deux salopes, toi et moi... pas vrai ? Deux perverses ! »
Leurs lèvres s'effleurèrent.
« C'est dingue, avoue, d'avoir un esclave qui vous lèche le cul ? Qui
vous branle ? Qui vous encule... » se mit à délirer à voix basse Marie-
Hélène.
Amandine aurait bien voulu qu'elle se taise pour bien profiter des
attouchements de plus en plus efficaces que lui faisait subir Isidore ; mais
cela accroissait son trouble d'entendre Marie-Hélène perdre les pédales.
Isidore lui écarta violemment les fesses. Il l'avait empoignée à deux
mains, et il la soulevait. Le moment était venu ; une boule d'angoisse se
forma dans sa gorge. Elle émit une plainte apeurée.
« Oh, Marie-Hélène... je crois que... je crois qu'il va me le faire ! »
En effet, quelque chose de gros et de chaud, entra en contact avec
son anus. Un frisson de terreur lui remonta le long de la colonne vertébrale.
Ses mains se crispèrent sur le velours d'un coussin.
« Il commence à t'enculer, hein, c'est ça ? gloussa Marie-Hélène.
Oh, je veux le voir faire, tu permets ? Je veux regarder ! »
Marie-Hélène se redressa à temps pour voir l'énorme pénis
s'enfoncer entre les fesses distendues de son amie. Quel contraste entre le
cul juvénile à la chair nacrée, et ce pilon brunâtre qui s'y engouffrait.
L'anus, replié à l'intérieur, n'était plus visible. Amandine émit un râle
guttural. D'un coup, Isidore se planta au fond d'elle et ses grosses couilles
vinrent s'aplatir contre la vulve écarquillée.
« Oh, cria Amandine, avec un rire étranglé, je le sens tout au fond !
Oh, c'est sale, c'est dégoûtant, j'ai jamais fait ça, même avec ce vieux porc
de Lépine... Il patauge, il patauge dans mes matières fécales... »
Au bord de la crise de nerfs, elle ne savait plus ce qu'elle disait.
Tous trois étaient si absorbés par ce qu'ils faisaient qu'ils ne voyaient
pas le temps passer. De gros nuages avaient empli le ciel et la pièce était
plongée dans la pénombre. Un éclair traversa la fenêtre, auquel aucun d'eux
ne prit garde. Dans l'appartement du dessus, des voix d'enfants retentirent,
puis celle d'une femme.
Sourd à tout ce qui n'était pas son plaisir, Isidore enculait
méthodiquement la jeune fille. Il opérait avec une concentration
mystérieuse, comme un mystique en extase. Il entrait dans son cul et en
sortait, lentement, avec la régularité d'un automate. On avait l'impression
qu'il pourrait se retenir indéfiniment. Amandine, à chaque pénétration, criait
d'impatience.
« Plus vite, plus fort, suppliait-elle... je vous en prie... »
Marie-Hélène dut intervenir.
« Vous n'entendez pas ? Elle vous demande de vous grouiller ! »
Elle claqua de la main la fesse de l'assistant ; tiré de sa torpeur, il
pressa le train.
« Oui, comme ça, comme ça... encore plus fort ! Oh, je le sens bien
dans mon trou du cul, Marie-Hélène... Je le sens dans mon cul, tout entier !
Oh là là ! Comme c'est bizarre... Tu vas te le faire faire, toi aussi, et je
regarderais, hein ? Oh mon Dieu, Marie-Hélène, ça y est, ça gicle ! »
Avec des sanglots, Amandine s'abandonna, griffant les coussins,
remontant le derrière pour se faire emmancher le plus loin possible. Elle
criait encore quand un volet claqua contre le mur. Vautrée sur le canapé, elle
cachait son visage et sanglotait, en proie aux dernières affres de l'orgasme.
Mais les deux autres se tournèrent vers la fenêtre. Le ciel d'un violet sombre
était sillonné d'éclairs, ils entendaient les enfants crier dans l'appartement
d'en haut.
« L'orage, bégaya Isidore, retirant subitement son pénis de l'anus
d'Amandine. Mes enfants... ils ont toujours eu peur de l'orage... il faut que...
»
Affolé, il ramassa son pantalon, y enfila une jambe, puis l'autre,
avant de le remonter, rentra sa chemise à l'intérieur, boucla sa ceinture,
referma sa braguette.
« Il faut que j'y aille, il faut vraiment que j'y aille... bredouillait-il,
comme en état second, ma femme ne comprendrait pas ! »
« Eh bien, allez-y, filez ! Nous n'avons plus besoin de vos services.
Tenez, prenez ce dossier, là-bas, que votre tendre épouse ne s'étonne pas de
vous voir remonter les mains vides... »
Isidore ramassa le dossier en question et quitta la pièce en courant
presque.
En regardant fuir comme un lapin l'homme qui venait de la
sodomiser, Amandine, qui s'était remise sur pied, éprouvait un étrange
sentiment d'irréalité.
« Viens, lui dit Marie-Hélène, montons dans la salle de bains. Il faut
que tu te laves le cul, sinon ça va couler partout ! »
12 LE RÉCIT DE MARIE-HÉLÈNE
Après qu'Amandine eut fait sa toilette intime et se fut reculottée, elle
rejoignit Marie-Hélène qui fumait dans sa chambre, derrière la fenêtre, en
regardant la pluie et les éclairs se déchaîner sur le jardin. Un peu gênée par
ce qui venait de se passer, elle s'efforça de donner un ton badin à sa voix.
« J'en reviens pas, tu sais, Marie-Hélène. J'en reviens toujours pas !
Mon Dieu, si Hubert savait ça ! »
Elle surprit une étrange lueur dans les yeux de son amie qui s'était
retournée.
« Il n'y a aucune raison pour qu'il le sache, à moins que tu ne le lui
dises ! »
« Bien sûr, fit Amandine. Suis-je sotte ! Mais quand même, nous
sommes pratiquement fiancés, n'oublie pas ! »
Elles allèrent s'asseoir sur le lit.
« Mais comment as-tu fait ? demanda Amandine, dévorée par la
curiosité. Enfin... ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, non ? Je veux
dire... Qu'il soit devenu ton esclave, tout ça ? »
Marie-Hélène eut un geste évasif.
« Oh, fit-elle, j'avais bien remarqué qu'il s'intéressait à moi, tu
penses. Mais lui, en revanche... (Marie-Hélène eut un petit rire méprisant.)
Tu as vu l'hurluberlu ? Il n'a rien d'un Casanova, hein ? »
« Justement... c'est ce qui m'intrigue ! Comment as-tu eu l'idée ? Et
surtout... lui, pourquoi accepte-t-il d'être traité de cette façon ? »
Marie-Hélène parut chercher ses mots ; cela ne laissa pas d'intriguer
Amandine ; paradoxalement, après ce qui venait de se passer, après cette
crise de débauche bestiale, voilà qu'elle redevenait l'ancienne Marie-Hélène,
la Marie-Hélène coincée, à qui il fallait arracher les mots, un à un...
« Je ne vais pas entrer dans les détails, éludait-elle, ce serait trop
long à te raconter. Et c'est sans intérêt... »
« Comment ça, sans intérêt ? Tu déconnes, ou quoi... »
« Bon, bon, ne t'énerve pas... Disons que ça s'est fait par hasard, la
première fois. »
Elle se lança brusquement :
« Supposons, si tu veux, que je l'aie surpris en train de faire quelque
chose de défendu et que, comme il m'était profondément antipathique, j'aie
menacé aussitôt de tout dire à mon père. Ce qu'il avait fait, c'était un cas de
renvoi pur et simple, mon père n'est pas commode, tu sais... »
« Tu avais vraiment l'intention de le dénoncer ? »
« Comment savoir ? On parle souvent sans réfléchir. En revanche,
ce que j'ai tout de suite senti, c'est à quel point ça me faisait plaisir de le
voir s'effondrer ! Qu'un adulte, qui m'avait vue toute petite, se mette à me
supplier, avec des larmes dans la voix !
— Je vous en prie, mademoiselle, qu'il me disait, je vous en supplie.
Pensez à ma situation, à mes enfants. Je me retrouverais au chômage !
« J'ai cru qu'il allait se mettre à genoux ! Tu n'as pas idée de l'effet
que ça m'a fait ! Comment définir ça, une sorte d'ivresse, un goût de
cruauté... Plus il s'aplatissait devant moi, plus j'avais envie de l'humilier.
L'idée que je tenais son sort entre mes mains m'emplissait d'un plaisir...
démoniaque ! Voilà, c'est le mot : démoniaque. Je ne sais pas si tu vas
comprendre, et je reconnais que c'était un sentiment très laid, mais ça
m'excitait sexuellement de le voir dans un tel état. J'en mouillais ma culotte
! Du coup, j'ai enfoncé le clou :
— Et pourquoi garderais-je le silence ? Pourquoi vous rendrais-je ce
service ? Qu'est-ce que vous feriez, vous, pour moi, en échange ?
« Je ne réfléchissais même pas, en disant ça, c'était uniquement pour
le tourmenter, afin d'éprouver la sensation agréable que me donnait le
sentiment de le dominer... C'est lui, ce triste abruti, qui m'a donné l'idée
d'aller plus loin.
— Je ferai tout ce que vous voudrez... tout... ordonnez ! « Sa voix
tremblait, il était blême de peur. Alors, j'ai sauté sur l'occasion :
— Tout ? Vraiment tout ? Tout ? Voyons voir... qu'est-ce que je
pourrais bien vous faire faire...
« Je faisais semblant de réfléchir, mais je savais déjà de quoi j'avais
envie ; et je t'avoue que ça me surprenait moi-même.
— Est-ce que vous me cireriez mes souliers, si je vous le demandais
?
« Il a eu l'air tout décontenancé, puis, aussitôt, il a hoché la tête.
— Bien sûr !
— Est-ce que vous laveriez mon linge de corps ?
« J'ai vu ses yeux s'arrondir de stupeur ; il comprenait de moins en
moins.
— Votre linge ? Si vous... si vous voulez...
— Mes petites culottes, par exemple ? Cela ne vous déplairait pas de
laver mes petites culottes ?
« J'ai vu sa pomme d'Adam qui remontait.
— Vous vous moquez de moi, mademoiselle, ce n'est pas bien. Un
homme dans ma situation n'a pas le cœur à plaisanter !
— Je ne plaisante pas du tout. A partir de maintenant, si vous ne
voulez pas que je vous dénonce à papa, vous remplacerez ma bonne
pendant son jour de sortie. Après tout, vous êtes le larbin de mon père, vous
pouvez bien être le mien par la même occasion !
« J'ai bien vu à quel point il était mortifié. Mais il n'avait pas le
choix, et il le savait.
— Je ferai ce que vous voudrez... mais ce n'est pas bien de profiter
d'un pauvre diable comme moi...
« Il ne réalisait pas que j'avais des idées sur lui, ça ne lui venait
même pas à l'esprit, mais moi, je commençais à y penser sérieusement. Un
homme que je tiendrais en mon pouvoir, c'est un fantasme que j'avais
toujours eu.
— Parfait, lui ai-je dit. Commençons tout de suite. Cirez-moi mes
souliers !
« Nous étions dans la bibliothèque. J'étais assise sur le canapé, et lui
se tenait debout devant moi. Il a regardé mes chaussures. Elles n'avaient pas
besoin d'être cirées. »
Amandine, qui écoutait de toutes ses oreilles (elle en avait même la
bouche bée), n'arrivait pas à croire vraiment ce qu'elle entendait. Elle avait
la même impression d'irréalité que celle qu'elle avait souvent éprouvée en
lisant des bouquins de cul, de ces brochures aux couvertures criardes que
les collégiennes se refilaient en douce, et sur lesquels elles se branlaient
sous les pupitres ; ce que Marie-Hélène lui racontait semblait sortir d'une de
ces fameuses « confessions érotiques », c'était aussi artificiel, aussi peu
crédible que ces paragraphes qu'elle relisait, quand elle n'avait rien de
mieux, en se chatouillant le bouton.
Et pourtant, elle n'avait pas rêvé tout à l'heure : Isidore s'était bien
comporté comme un esclave...
« Tu m'écoutes ? » demanda Marie-Hélène.
« Mais je ne fais que ça, ma chérie ! Seulement, c'est si
extraordinaire... Et alors, il t'a ciré les chaussures ? »
« Il était comme toi, figure-toi, il n'arrivait pas à croire que j'étais
sérieuse. Et il avait même repris du poil de la bête. Il était presque ironique
quand il m'a répondu qu'il n'avait pas de cirage sous la main. Fallait-il qu'il
aille en chercher ? Il badinait presque, je te jure, à croire que sa peur était
passée, il me traitait à nouveau comme il l'avait toujours fait, à savoir
comme une gamine sans importance... alors je lui ai dit qu'il pourrait se
contenter de me les nettoyer avec un kleenex.
— Cela suffira, ils sont à peine poussiéreux.
« Je lui ai tendu mon pied. Il l'a contemplé longuement, comme s'il
ne comprenait pas. Et tout à coup, il a croisé mon regard, et j'ai vu qu'il
changeait de visage. Je ne sais pas ce qu'il avait pu lire dans mes yeux, mais
tout à coup, ce n'était plus le même homme. Il a sorti un kleenex de sa
poche, et s'est accroupi à mes pieds. Je te rappelle que j'étais assise. A ce
moment-là encore, Amandine, je te jure que je ne savais pas encore ce que
j'allais faire. Il était donc là, accroupi en face de moi, et j'avais les jambes
écartées. Je le surveillais, et lui se gardait bien de quitter des yeux le soulier
qu'il dépoussiérait. C'est en sentant la chaleur de sa main à travers ma
socquette, et la façon dont il serrait mon pied, presque convulsivement, que
c'est revenu, cette sensation, tu sais, entre les cuisses, comme une envie de
pisser, mais beaucoup plus douce, ce titillement...
« Alors, très lentement, j'ai écarté les genoux.
— Frottez-les bien, Isidore, je veux qu'ils brillent. Vous vous
arrêterez quand je vous le dirai. Pendant ce temps, je vais lire mon journal.
« J'ai senti sa main se crisper sur mon pied. En me penchant pour
prendre le journal qui était sur la petite table basse, j'ai dû écarter largement
les cuisses, et il a pu voir que je n'avais pas de culotte. Je n'en porte jamais,
à la maison, c'est plus facile pour me masturber quand l'envie me prend. Je
suis restée comme ça, les cuisses bien ouvertes. Je mouillais, j'avais chaud
dans le ventre.
« C'était divin, Amandine, divin ! Je montrais ma fente à un homme
et je me comportais comme si je ne m'en rendais pas compte. Au bout d'une
éternité, j'ai déployé le journal devant moi pour lui cacher mon visage.
J'avais toujours les jambes bien ouvertes, et lui, à genoux, me tenait un pied.
Il le relevait sournoisement, sans cesser de le frotter, pour mieux voir mon
sexe. Te dire, Amandine, à quel point ce fut un instant magique... Je
tremblais de tout mon corps, mon cœur sautait, mon vagin bavait, ça coulait
entre mes fesses... Comment ne l'aurait-il pas vu ? »
Pendue aux lèvres de son amie, Amandine ne cherchait plus à savoir
si elle lui disait la vérité : elle s'identifiait à cette fille qui montre son con à
un homme pour la première fois... Elle savait trop ce qu'on éprouve, alors...
ce choc dans la poitrine, cette déroute intime, et cette douce brûlure dans la
région du clito...
« Et ça a duré longtemps ? » demanda-t-elle.
« Un siècle ! Je faisais durer le plaisir, tu t'en doutes... J'ai bien dû
lire dix fois l'article que j'avais sous les yeux. Et je sentais physiquement les
siens, d'yeux, qui fouillaient ma fente... J'aurais presque pu jouir comme ça,
rien qu'à savoir qu'il se rinçait l'œil. Mais une meilleure idée m'est venue.
Tout à coup, alors qu'il s'y attendait le moins, j'ai baissé mon journal.
— Mais qu'est-ce que vous regardez comme ça, Isidore ! Ma
parole... oh mon Dieu, et moi qui n'ai pas de culotte ! « Il est devenu tout
rouge et s'est mis à bégayer.
— Mais... je... vous...
— Quoi, vous ? Vous ne regardiez pas ma vulve, peut-être ? Vous
n'avez pas honte ? Vous pourriez être mon père ! Oh, je vais de ce pas le
dire à votre femme !
— Vous vous trompez, je vous assure... je ne regardais pas...
« Voilà tout ce qu'il trouvait à dire, cet imbécile.
— Ah vous ne regardiez pas ? Une fille vous montre ses parties
intimes et vous ne les regardez même pas ? Eh bien, regardez-les,
maintenant ! C'est un ordre, vous entendez !
« Et hop, j'ai retroussé ma robe tout en haut, et j'ai écarté les cuisses
le plus possible. Je les écartais tellement que je sentais mon sexe s'ouvrir. Il
n'a pu s'empêcher de le regarder, bien sûr.
— Espèce d'hypocrite, lui ai-je dit, vous n'avez pas honte de mentir
? Alors, ça vous plaît ? Vous le voyez assez bien ? Vous voulez peut-être
que je l'ouvre davantage ? Vous croyez que je ne sentais pas que vous me
souleviez la jambe pour mieux voir mon vagin ?
« Tu imagines la scène, moi, en face de lui, avec les cuisses écartées,
lui montrant mes poils, ma fente qui bâillait... Il n'était pas idiot, quand
même, il voyait bien que j'avais mouillé. Qu'est-ce qu'il attendait, ce
connard ? Ce fut plus fort que moi, je me suis levée, et je l'ai giflé de toutes
mes forces.
— Cela vous apprendra, sale voyeur, à regarder entre les cuisses des
jeunes filles !
« Il était livide, avec juste la marque rouge de mes doigts sur sa
joue. Tu ne peux pas savoir le plaisir que j'ai eu en le frappant au visage, de
voir qu'il se laissait faire.
— Vous voulez que je téléphone à votre femme ?
— Non... c'est vrai... je regardais... mais... vous n'avez pas de
culotte... et vous...
— Ne cherchez pas d'excuse. Il va falloir payer pour votre faute,
maintenant. Si vous ne voulez pas que je dise à votre femme que vous êtes
un obsédé sexuel.
— Je vous assure, mademoiselle... c'était sans penser à mal...
— Vraiment ? Eh bien, c'est ce que nous allons vérifier. Ouvrez
votre pantalon. Nous allons bien voir si c'était sans penser à mal ! Allez,
ouvrez-le, vous m'avez bien regardée, moi, j'ai le droit de voir, moi aussi !
« Je t'avoue, Amandine, que je ne croyais pas qu'il le ferait, eh bien,
il l'a fait ! Et même, comment dire, avec un horrible empressement... les
mains lui en tremblaient... il a défait sa braguette et il a sorti son outil. Il
bandait, bien sûr, et tu ne peux pas savoir la surprise que j'ai eue en lui
voyant un pénis aussi énorme.
« Il avait compris, maintenant, que je voulais m'amuser avec lui. J'ai
regardé son sexe tressauter... Sans attendre, je l'ai pris dans ma main et j'ai
tiré sur la peau pour faire sortir le gland. Je l'ai entendu soupirer et une
goutte blanche est sortie au bout de la fente rouge.
— Mademoiselle... attention...
« Il était sur le point d'éjaculer. Je lui ai fait sortir ses couilles, je
voulais que tout soit dehors. Je me suis rassise, la jupe toujours relevée, et,
en regardant son gros sexe, j'ai commencé à me masturber. Il me regardait
faire, les yeux hors de la tête. J'ai joui devant lui, en essayant de ne pas trop
gémir. Puis je me suis relevée. Il fallait faire vite, car mon père n'allait pas
tarder. J'ai ramassé le kleenex avec lequel il avait dépoussiéré mes souliers
et j'ai commencé à le masturber, debout. Je le masturbais très vite, très fort,
et il a joui tout de suite, un long jet est parti droit devant lui, vers la
cheminée. Tu as entendu comme il crie quand il jouit, il prend une voix de
fausset, ce fut pareil, ce jour-là. Je l'ai essuyé avec le kleenex, puis je lui ai
dit de nettoyer le sol et je me suis dirigée vers la porte. Je me suis retournée
en sortant, il était à quatre pattes, il frottait le parquet pour essuyer le
sperme.
— Désormais, vous ferez toujours tout ce que je vous dirai, Isidore.
Nous sommes bien d'accord ?
— Oui, mademoiselle... J'avais compris ! »
« Le lendemain, il est venu travailler dans la bibliothèque, il faisait
un travail de compilation pour mon père. Mon père se trouvait dans son
bureau, juste à côté. Il était en entretien avec un client. Je suis entrée dans la
bibliothèque. J'ai refermé la porte. Il m'a regardée, l'air inquiet. Je lui ai fait
signe de se lever.
— Mettez-vous au garde-à-vous, quand j'entre dans la pièce où vous
êtes. Les bras le long du corps. Absolument immobile.
« J'ai vu qu'il battait des cils, mais il s'est mis au garde-à-vous. On
entendait mon père et son client qui discutaient, juste à côté. Je lui ouvre sa
braguette, je lui sors son pénis. Il avait peur, à cause de mon père, mais il
bandait quand même. J'ai commencé à l'astiquer. Je m'étais baissée pour
bien voir sortir le gros gland rouge. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je me suis
mise à genoux et, malgré l'odeur pas très ragoûtante que dégageait son
gland, je l'ai pris dans ma bouche. Tout en le suçant, j'ai fait aller et venir
ma main, très vite, et c'est sorti presque tout de suite, un grand jet tiède,
gluant et salé, j'en avais plein la bouche. Malgré lui, il m'avait prise par la
nuque et il me tenait pour que je le garde dans ma bouche.
« Tu ne vas pas me croire, Amandine, eh bien, j'ai tout avalé. Jusqu'à
la dernière goutte. Après quoi, figure-toi, il est tombé à mes pieds, et me les
a couverts de baisers comme si j'étais la madone. Il pleurait d'émotion, tu
imagines un peu ? Jamais, m'a-t-il avoué, il n'avait éprouvé autant de plaisir
avec une femme.
« A partir de ce jour, il est devenu mon pantin. Ecoute un peu ça, ma
chérie, tu vas bien rire : le jour de sortie de ma bonne, je le convoque par
l'interphone pour qu'il vienne faire le ménage dans ma chambre. Je le fais se
mettre tout nu, avec juste un petit tablier, et encore, il faut qu'il le relève
pour que je voie son sexe. Dans cette tenue, il frotte le parquet, il fait mon
lit, il essuie la poussière. Quand il a bien nettoyé partout, je passe
l'inspection. Et si je ne suis pas contente de son travail, il doit me présenter
ses fesses en se prosternant, et je le punis à coups de ceinture.
« D'autres fois, je lui dis de se coucher sur le dos, par terre, et de
relever son tablier. Je vais m'accroupir au-dessus de lui, comme pour faire
mes besoins, et je me rentre son gros pénis dans le vagin. Je m'assois sur
lui, avec sa tige bien plantée dans mon trou (c'est de cette façon, je le dis en
passant, que je me suis débarrassée moi-même de mon pucelage sur lui, en
l'utilisant comme un simple instrument), et je fume ou je me fais les ongles.
Je mets souvent un cendrier sur sa poitrine. Des fois, je lui tire sur les poils
de la poitrine, je lui en arrache quelques-uns pour lui faire mal, et je sens sa
grosse queue qui tressaute dans mon vagin et qui devient de plus en plus
dure. Certains jours, et notamment quand je suis constipée, c'est dans le
derrière que je lui fais entrer son pénis pour élargir mon orifice.
« Les jours où la bonne n'est pas de sortie, je m'amuse aussi avec lui
; seulement, il faut être plus prudent. Par exemple, je vais le retrouver dans
la bibliothèque qui lui sert de bureau, quand il travaille pour papa. Il
comprend tout de suite ce que je veux quand il me voit retrousser ma robe.
Il fait reculer sa chaise et sort son pénis de son pantalon. Je m'assois sur lui,
à reculons. Je me suis mis de la vaseline sur l'anus, il n'y a pas besoin de
forcer. Une fois que sa queue est dans mon cul, on reste comme ça,
immobiles, on guette les va-et-vient dans le couloir. Je lui prends les mains
et je les glisse sous mon tricot, il me pelote les nichons. Parfois, je
téléphone pendant qu'on est ainsi, je t'ai souvent téléphoné, par exemple, à
toi, et j'avais sa grosse queue dans le cul.
« Voilà, conclut Marie-Hélène, tu sais à peu près tout de la façon
dont je m'amuse avec cet énergumène ! Et maintenant, comme tu es ma
meilleure amie, on le partagera toutes les deux. Tu veux bien ? »
« Je ne sais pas, répondit Amandine, toute songeuse, c'est tellement
bizarre. »
« Tu verras... tu y prendras goût. Et ça ne t'empêche pas de continuer
avec Hubert, ça n'a rien à voir. Ce qu'on fait avec Isidore, c'est spécial,
comment dire, c'est en dehors de la vie. Tu sais, quand je le vois passer dans
la rue, tout endimanché, se rendant à la messe, avec sa femme et leur
marmaille, j'ai du mal à croire que c'est le zigoto avec qui je fais toutes les
saloperies qui me passent par la tête. Cela me donne à réfléchir. Je me
demande si les gens que je croise en ville n'ont pas, presque tous, une
sexualité cachée, comme moi. Des secrets un peu sales, tu vois ? Comme
toi et ton docteur, par exemple. On ne peut pas le voir sur le visage des
gens, hein ? On serait certainement surpris si on savait tout ce qu'ils font,
quand personne ne les voit.
« Tiens, mon père, par exemple, je suis sûre qu'il se tape ses
stagiaires. Il les prend toujours très jeunes et très jolies, ce n'est pas par
hasard ! Et ce n'est pas par hasard non plus qu'il les reçoit pour des
entretiens d'embauche qui durent des après-midi entiers justement les jours
où ma mère doit se rendre à son club de bridge. Et d'ailleurs, ma mère elle-
même... »
« Tais-toi, pas ta mère, quand même ! Ton père, je ne dis pas, il a
quelque chose de coquin dans l'œil, mais ta mère... »
« Ma mère est comme tout le monde. Je suis sûre qu'elle s'envoie
des mecs... Si tu veux mon opinion, tout le monde fait des saletés ! C'est
dans la nature humaine... »
Elles étaient assises sur le lit, à se chuchoter leurs confidences,
quand, exactement comme la veille, le père de Marie-Hélène entra dans la
chambre. Elles ne l'avaient pas entendu venir. Les deux adolescentes se
dressèrent en sursaut.
« Encore des messes basses ? fit Me Bollard. Cela devient une
habitude, ma parole ! Il ne pleut pas, pourtant, aujourd'hui ? Et de quoi
parliez-vous donc, on peut le savoir ? »
« On parlait de ta vie sexuelle, papa, dit effrontément Marie-Hélène
qui, passé le premier moment de surprise, fut prompte à reprendre
l'avantage. De ce que tu fais avec tes stagiaires, au cours des entretiens
d'embauche... »
Me Bollard se mit à rire. Il étudiait admirativement la silhouette
d'Amandine.
« Ma fille est une insolente, ne l'écoute pas. J'espère que tu te
montres plus respectueuse, avec ton père ? »
L'avocat resta quelques minutes avec elles et ils discutèrent à bâtons
rompus. Amandine, à plusieurs reprises, constata que le père de son amie
lorgnait son corsage. Cela l'émoustilla. Enfin, il les quitta, car il devait dîner
en ville. Il baisa galamment, par manière de plaisanterie, la main
d'Amandine, et elle eut l'impression qu'il lui serrait les doigts plus que
nécessaire.
« Dis donc, il est vraiment pas mal, ton paternel. Tu sais que j'ai
toujours été attirée par les hommes aux tempes argentées ? Quand je pense
qu'il me faisait sauter sur ses genoux ! »
« Oh, il ne demanderait pas mieux que de recommencer ! » dit
aigrement Marie-Hélène, qui semblait prendre ombrage de l'attirance que
son père n'avait pu cacher pour son amie.
Elle regarda Amandine, et elle eut la vision de celle-ci, nue, à
califourchon sur les jambes de son père, en train de sautiller, ses petits seins
au bout raide oscillant sur sa poitrine. Cela la rendit songeuse. Elle voulait
bien partager Isidore avec elle, mais pas son père.
D'ailleurs, pour ce qui était d'Isidore, ce n'était pas sans arrière-
pensées qu'elle le lui prêtait. Hubert, le fiancé de son amie, ne lui déplaisait
pas du tout, à Marie-Hélène !
On ment toujours, quand il s'agit de sexe, personne ne dit jamais la
vérité sur sa vie sexuelle, personne ! Si parmi les lecteurs de ce livre, il s'en
trouve un seul qui n'ait jamais menti à ce sujet, qui n'ait pas enjolivé la
fameuse « première fois », qui n'ait pas en la racontant cherché à se donner
le beau rôle, à en mettre plein la vue à son confident, qu'il me jette la
première pierre. Ou plutôt, qu'il la jette à Marie-Hélène, puisque c'est d'elle
qu'il s'agit.
Quant à savoir pour quelle raison elle a caché la vérité à sa meilleure
amie, je serais bien empêché de vous le dire. En se planquant derrière cette
fable, a-t-elle voulu protéger la petite fille qui découvrait ses premiers
émois en compagnie de Penny, sa baby-sitter anglaise ? Ou, plus
probablement, avait-elle trop honte de ce qui s'était passé quand elle se
laissait souiller par le triste individu qui avait imprimé à jamais sa marque
en elle, et à cause de qui désormais, elle ne pouvait plus jouir que dans le
sentiment de faire quelque chose de sale et de défendu... qui pourrait le dire
? Pas moi, en tout cas...
Sans compter qu'il se mêlait peut-être un soupçon de gloriole à ces
fausses confidences, et qu'elle n'était pas fâchée de se donner l'air d'une «
cynique débauchée » pour en mettre plein la vue à sa copine qui l'avait
toujours traitée comme une oie blanche...
13 LA BALLERINE
Pendant un mois environ, les deux adolescentes partagèrent Isidore ;
elles étaient comme folles d'avoir un adulte à leur disposition, de pouvoir en
faire ce qu'elles voulaient. Surtout Amandine qui, jusqu'à ce jour, avait
plutôt eu l'impression que c'était elle, la poupée avec qui les hommes
s'amusaient. Le fait que les rôles étaient renversés l'exaltait ; elle se
découvrait d'incroyables profondeurs de cruauté, et quand elles fouettaient
Isidore, les jours de sortie de la bonne, c'était presque toujours elle qui se
montrait la plus cruelle.
Isidore leur avait confié qu'il n'était pas entièrement responsable de
ses travers ; à l'en croire, s'il était quasiment toujours en rut, si le sexe
l'obsédait à ce point, c'était la faute du destin qui l'avait affligé d'un taux
anormal de testostérone ; cette virilité excessive, il devait la subir comme
une malédiction, c'était une infirmité ; enfant, déjà, il était un onaniste
incorrigible...
Avait-il cru les attendrir par ces aveux, ce fut tout le contraire. Lui
ayant arraché son secret, elles s'évertuèrent pas tous les moyens à ridiculiser
en lui tout ce qui ressortissait au domaine mâle ; elles n'avaient de cesse de
le féminiser par de grotesques parodies...
Ainsi, il devait avant de venir se livrer à elle se maquiller le gland
avec du rouge à lèvres ; et celui de son épouse étant trop discret, elles lui en
firent utiliser un si criard que lorsque qu'il se décalottait, on aurait cru qu'il
avait un morceau de braise au bout de la queue.
Et le déguiser en boniche ne leur suffit plus. Ayant trouvé dans le
grenier de la maison de campagne des Chartier un vieux corset de la Belle
Époque, elles obligeaient Isidore à le porter, et lui étranglaient l'abdomen en
tirant de toutes leurs forces sur les lacets pour lui faire une taille de guêpe.
De son côté, Marie-Hélène avait récupéré un vieux tutu dans une foire aux
chiffons, et elles obligeaient Isidore à le revêtir. Juché sur ses souliers à
talons, affublé de son tutu, ils devaient se livrer devant elle à toutes sortes
de contorsions, aux plus ridicules entrechats, sa bite au gland écarlate agitée
dans tous les sens par les mouvements de son absurde chorégraphie.
Il devait sauter de plus en plus haut en écartant les cuisses, et elles
lui fouettaient les fesses et les parties sexuelles avec leur ceinture en hurlant
de rire... Au paroxysme de leur délire collectif, Isidore, qui sanglotait,
faisait le grand écart sur la table de la bibliothèque, et laissait s'échapper de
longues giclées de sperme...
Après quoi, assommé par l'intensité de son plaisir, il gisait pendant
de longues minutes, inconscient, et elles s'amusaient cruellement avec ses
couilles et sa bite, lui enfonçait la carotte en plastique dans le cul, jusqu'à ce
qu'il sorte de sa torpeur. Il devait alors se traîner à leurs pieds pour les
supplier de se laisser lécher... Elles n'y consentaient qu'à condition de lui
pisser dans la bouche.
Alors, toutes nues, elles se roulaient par terre en riant comme des
folles, et se couvraient de baisers, jouaient aux amoureuses.
« Et que ferions-nous de cette vilaine pouffiasse, se moquaient-elles.
Nous qui sommes si jolies... Il n'a qu'à se le fourrer où je pense, son gros
clitoris... Le nôtre nous suffit... »
Se refusant à lui, elles se branlaient mutuellement sous son nez, pour
le faire enrager, et il devait se contenter de les regarder, sans avoir le droit
de se toucher.
Après ces excès, elles le congédiaient pour traîner ensemble au lit,
en s'envoyant des petits verres de liqueur de banane, et en laissant leurs
doigts s'égarer paresseusement.
« Tu m'as branlée pour de bon, coquine, se plaignait Amandine, ce
n'était pas de la comédie... »
« Tu crois ? Oh, c'était juste pour qu'il se sente bien frustré...Et toi,
je n'ai pas rêvé, tu m'as bien fourré ton doigt dans le vagin ? »
« J'ai fait ça, moi ? »
« Et comment ! Et même que tu me suçais les seins... »
« Sucer les seins, ça ne compte pas ; d'ailleurs, je ne les suçais pas
pour de bon, je faisais semblant... »
« On s'y serait trompé, ma chérie, je sentais bien le bout de ta
langue... »
« Tu as dû rêver... »
Elles gloussaient doucement, bouche à bouche, dans les bras l'une
de l'autre, tout alanguies, et chacune avait oublié un doigt dans un des trous
de l'autre.
« Tu vas voir, répétait Amandine, tu vas voir que ce sale pédé à la
testostérone va faire de nous des lesbiennes, ça serait la meilleure... »
Elles savaient bien, toutes les deux, que le danger n'était pas grand ;
elles aimaient bien trop les mecs – sinon les mecs eux-mêmes, du moins
leurs atouts virils (même ceux de ce pantin d'Isidore dont elles ne pouvaient
plus se passer) ; cela dit, quand elles se confiaient leurs états d'âme
respectifs concernant la gent masculine, de plus en plus souvent, mine de
rien, Marie-Hélène faisait en sorte d'amener la conversation sur Hubert.
Cette insistance ne tarda pas à éveiller les soupçons d'Amandine.
« Tu m'en parles bien souvent, d'Hube, toi, dis donc. Ma parole... si
j'étais jalouse, je pourrais m'imaginer que tu veux me le piquer. Attention,
hein ? Hubert, pas touche, c'est chasse gardée ! »
« Je pourrais t'en dire autant pour Isidore, rétorqua un soir,
boudeuse, Marie-Hélène. Et pourtant, je te laisse faire avec lui tout ce que
tu veux ! »
Amandine en eut le sifflet coupé.
« Mais voyons, tu plaisantes ! Ça n'a rien à voir ! Isidore n'est qu'un
imbécile, tu ne l'aimes pas... Hubert, c'est différent. On va se marier ! Je ne
pourrais jamais le traiter comme Isidore. Et d'ailleurs, ce n'est pas son genre
!»
Pourtant, à chaque visite de son amie, même les jours où il ne se
passait rien avec leur pantin, Marie-Hélène revenait à la charge. Le plus
souvent, c'était sous la forme d'une plaisanterie, comme par manière de
taquinerie.
« Ecoute, lui dit-elle, un après-midi où elles venaient de se titiller
l'une l'autre, ce serait marrant, non ? On pourrait s'arranger pour qu'il ne
sache pas que c'est moi ! »
« Enfin, Marie-Hélène, tu entends ce que tu dis ? Comment serait-ce
possible ? »
« Et s'il avait les yeux bandés ? »
« Pourquoi diable aurait-il les yeux bandés ? »
« Je ne sais pas, moi... Tu pourrais lui dire que ça t'excite, inventer
une excuse quelconque... Vous ne jouez jamais à colin-maillard ? »
Amandine resta muette. Elle était presque effrayée, tout à coup, par
la perspicacité de son amie. Il leur arrivait très souvent, en effet, à Hubert et
à elle, dans leurs jeux érotiques, de se bander mutuellement les yeux, de
façon que celui qui était aveuglé soit dans l'expectative, s'interroge
anxieusement sur ce que l'autre allait lui faire ; cette tension nerveuse qui
précédait chaque attouchement leur donnait à l'un comme à l'autre des
plaisirs très vifs. Amandine ne se souvenait pas d'en avoir parlé à Marie-
Hélène. Ou alors, c'était un de ces après-midi où elles avaient forcé sur la
liqueur de banane après une séance avec leur pantin ; quand elle était paf,
Amandine disait tout ce qui lui passait par la tête, quitte à l'oublier l'instant
d'après...
« Tu ne dis rien ? Ecoute, si tu ne veux pas, je n'insiste pas. Tu sais,
moi, Hubert, c'est pas mon type du tout, hein ? C'était juste pour qu'on
s'amuse, comme avec Isidore. Depuis que j'ai vu ce film, je me sens
vraiment dans la peau d'une rouée, tu vois... Je voudrais faire des trucs
compliqués, qui sortent de l'ordinaire, comme la Merteuil ! »
Ensemble, elles avaient vu Les Liaisons dangereuses et ça leur avait
donné envie de lire le livre. Elles étaient fascinées par la noirceur d'âme et
la froide sensualité cérébrale de la Merteuil, l'héroïne du roman de
Choderlos de Laclos.
« C'est exactement le genre de truc qu'elle aurait fait, bander les
yeux de son amant et le livrer à une autre femme, en lui faisant croire que
c'était elle. »
« Je dois reconnaître que ça pourrait être émoustillant, admit
Amandine. Mais il faudrait être vraiment sûre qu'il ne se doute de rien... »
Marie-Hélène n'insista pas. Elle avait semé la graine dans l'esprit de
son amie, elle attendait. Elle connaissait bien Amandine, c'était une
perverse, comme elle. L'idée ne pourrait que la séduire.
Et en effet, peu de jours après, ce fut elle-même qui ramena la chose
sur le tapis.
14 COLIN-MAILLARD
« Tu sais, l'autre jour, avec Hubert... On a joué à colin-maillard. Je
lui ai bandé les yeux et je l'ai masturbé, comme ça, en lui demandant
d'imaginer que c'était une autre fille. Tu ne peux pas savoir comme ça l'a
excité, ce cochon ! Ah, les mecs sont vraiment de drôles d'animaux. Je vais
finir par croire qu'il est aussi pervers que moi. Depuis, il n'arrête plus de
vouloir jouer à ça... A la moindre occasion, il me bande les yeux, ou je les
lui bande, à lui. Des fois, même, je l'attache sur le lit... On fait comme s'il
était un otage ! »
Les yeux de Marie-Hélène se mirent à briller.
« Oh, comme j'aimerais te voir faire ! Tu ne pourrais pas me cacher
?»
Amandine resta muette. L'idée l'émoustillait, elle aussi, mais elle se
méfiait de Marie-Hélène. Par moments, il lui semblait qu'elle nourrissait de
noirs desseins à son égard, que des calculs sournois empoisonnaient son
âme envieuse ; Amandine en venait à se demander si elle ne l'avait pas
attirée dans leurs jeux scabreux avec Isidore afin de pouvoir la
compromettre un jour aux yeux d'Hubert. Mais elle chassait ces pensées
aussitôt ; Marie-Hélène et elle étaient amies depuis la petite enfance ; elle se
refusait à envisager une telle duplicité de sa part.
« Je deviens parano, ma parole, se disait-elle. Pour quelle raison
ferait-elle ça ? »
Pour quelle raison ? Mais pour lui souffler Hubert, pardi ! C'était un
amoureux beaucoup plus reluisant qu'Isidore. Un vrai amoureux. Quelqu'un
de séduisant, qui aurait une position sociale, qu'on pourrait épouser, qu'on
n'aurait pas à cacher dans un placard, comme l'autre imbécile.
Et puis le hasard s'en mêla. (Etait-ce vraiment le hasard ?) Un après
midi où Hubert devait venir la chercher pour aller jouer au tennis, voilà que
Marie-Hélène lui rendit visite à l'improviste. Croyant que c'était Hubert qui
sonnait, Amandine courut ouvrir et se trouva nez à nez avec son amie.
« Je passais dans le coin... je me suis dit... Je ne te dérange pas ? »
« Mais non... entre donc... »
Amandine s'effaça comme à regret pour la laisser entrer.
« Je ne te dérange pas, tu es sûre ? » insista Marie-Hélène, mortifiée
par la fraîcheur de cet accueil.
« Mais pas le moins du monde, tu penses ! s'exclama Amandine en
rougissant. Seulement, je ne m'attendais pas à te voir... Oh, après tout,
pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous ? Hubert et moi, on devait aller faire
du tennis. Il trouvera bien un copain, on pourra faire un double ! Qu'en
penses-tu ? »
Amandine se mettait en frais pour faire oublier son impolitesse.
Elles entendaient Mme Chartier, la mère d'Amandine, qui téléphonait dans
le salon à une amie. Sous le coup d'une impulsion subite, Amandine glissa
son bras sous celui de son amie et la poussa vers l'escalier.
« Montons dans ma chambre, chuchota-t-elle. Je vais te cacher ! »
« Me cacher ? Mais pourquoi ? »
Marie-Hélène, qui avait bien une petite idée, sentit les paumes de
ses mains devenir moites.
« Tais-toi... surtout, ne fais pas de bruit, hein ? » lui souffla
Amandine, en la poussant devant elle.
Elles grimpèrent l'escalier en catimini. Amandine fit entrer son amie
dans sa chambre et alla ouvrir une vaste penderie.
« Tu n'auras qu'à te planquer là-dedans ! Tu pourras tout voir, et tout
entendre... »
Elles se regardèrent. Marie-Hélène avait parfaitement compris.
« Tu ne feras pas de bruit, hein ? Tu te contenteras de regarder ? »
« Promis ! »
Les deux jeunes filles s'étreignirent, aussi émues l'une que l'autre,
puis Amandine redescendit. Accroupie dans la penderie, parmi les robes
parfumées de son amie, Marie-Hélène tendait l'oreille. Elle entendit bientôt
la sonnerie retentir. Puis la voix d'Hubert. Son cœur se mit à battre d'une
façon anarchique... Elle écouta le fiancé de son amie et Mme Chartier
échanger des politesses. Ils se tenaient dans le vestibule, car Mme Chartier
s'apprêtait à sortir.
« Soyez sages, surtout, tous les deux ! Vous n'êtes pas encore mariés
! Je vous confie ma fille, Hubert ! N'abusez pas d'elle, hein ? » plaisanta
Mme Chartier.
Les deux amoureux reconduisirent la mère d'Amandine à la porte.
Puis il y eut un silence assez long. Sans doute se bécotaient-ils. Et tout à
coup, ils furent là, dans la chambre. Amandine gloussait d'une voix énervée
que Marie-Hélène lui connaissait bien.
« Mais arrête, quoi ! Je croyais qu'on devait aller jouer au tennis ! »
« L'un n'empêche pas l'autre ! » objecta Hubert.
Marie-Hélène colla son œil à la fente et aperçut Amandine qui
feignait de se débattre dans les bras de son fiancé. Il était en tenue de tennis.
Un grand blond distingué, qui ressemblait vaguement à Robert Redford
jeune. Il avait l'air si « clean », comme on disait maintenant, qu'elle avait du
mal à l'imaginer faisant toutes ces coquineries dont son amie lui avait parlé.
« Elles sont pleines, c'est ça ? Tu voudrais les faire dégorger ? »
demanda Amandine.
Elle déboutonna la braguette de son fiancé, en s'arrangeant pour
qu'il soit tourné vers la penderie. Elle fit sortir son pénis du pantalon blanc.
Les mains de Marie-Hélène devinrent moites. Cela n'avait rien à voir avec
l'horrible verge noueuse d'Isidore. Celle d'Hubert était longue et fluette,
gracieuse, recourbée comme une épaisse tige végétale, d'une blancheur
presque laiteuse. Délicatement, pinçant l'extrémité de la verge entre deux
doigts, Amandine retroussa le prépuce, dégageant le gland vermeil. L'eau
vint à la bouche de Marie-Hélène. Le gland d'Hubert ressemblait à une
friandise. Ses couilles qui venaient d'apparaître étaient veloutées comme
deux grosses pêches, couvertes d'un duvet blond. De la main, la tête
appuyée sur l'épaule de son fiancé, Amandine le masturbait doucement.
« Et si tu me faisais une petite pipe ? J'ai envie de jouir dans ta
bouche ! »
« Ah non, minauda Amandine, j'ai mon rouge à lèvres. Tu veux
toujours que je t'en taille une quand je suis maquillée ! »
« Je t'en prie. Suce-moi ! Tu te remettras du rouge après... »
« D'accord, d'accord, je vais te sucer ! Mais à une condition, je ne
veux pas que tu me regardes. »
« Qu'est-ce qui te prend, tout à coup ? Tu deviens pudique ? »
« C'est à prendre ou à laisser. Et puis, ça m'excite, tu le sais bien,
quand tu as les yeux bandés. J'ai l'impression que tu es mon esclave. »
« D'accord... Bande-moi les yeux, puisque tu y tiens ! Tu veux peut-
être m'attacher, aussi ? » ironisa Hubert.
« Je n'y avais pas pensé, mais pourquoi pas, en effet ? Tu as raison,
c'est une très bonne idée. Comme ça, je pourrais faire exactement ce que je
veux, mon chéri. Viens, couche-toi sur le lit. »
En un instant, Hubert que l'idée ne paraissait pas chagriner autant
qu'il cherchait à le faire croire, retira son pantalon de coutil. Ne gardant sur
lui que sa chemise Lacoste et ses grosses chaussettes blanches, ainsi que ses
tennis, il alla se coucher sur le lit, et mit les bras en croix. Visiblement, ce
n'était pas la première fois qu'ils jouaient à ça. Amandine ouvrit le tiroir de
sa table de nuit et en tira un de ces masques noirs qu'on met dans les avions,
quand on veut s'isoler. Elle l'enfila sur la tête de son fiancé. Puis, à l'aide de
foulards de soie qu'elle tira du même tiroir, elle lui attacha les poignets et
les chevilles aux montants du lit. Tout ceci paraissait agir sur Hubert, car
son sexe en érection était animé de brusques soubresauts et ses couilles,
gonflées de sperme, montaient et descendaient spasmodiquement dans leurs
bourses de peau veloutée.
A peine eut-elle noué le dernier foulard, Amandine se tourna vers la
penderie. Marie-Hélène poussa la porte et sortit. Le cœur battant la
chamade, elle s'approcha en tapinois de l'homme crucifié. Elle était fascinée
par son pénis et par la beauté sculpturale de son corps. Hubert, en effet,
pratiquait la musculation, il nageait beaucoup, faisait du tennis. C'était une
manière d'athlète et la jalousie empoisonnait Marie-Hélène à l'idée que son
amie pouvait prendre son plaisir avec un homme au corps aussi
harmonieux.
Sur un signe d'Amandine qui s'était reculée pour lui laisser le champ
libre, elle s'assit au bord du lit et prit en main le pénis en érection du fiancé
de son amie. La douceur de la peau et la dureté interne du membre la firent
frissonner de délices. Elle tira la verge vers le haut pour soulever les
couilles et se pencha pour regarder la raie des fesses. Elle était à peine velue
et l'anus était aussi délicat que celui d'une fille. Elle le frôla du bout de
l'index et les muscles du jeune homme se crispèrent.
« Non... tu sais que je n'aime pas ça... » grogna-t-il.
« Je fais ce que je veux, quand tu es attaché, répliqua sèchement
Amandine. Ce sont nos conventions. Tu n'as rien à dire ! »
La main de Marie-Hélène voleta légèrement autour des lourdes
couilles duvetées, les effleurant à peine, puis elle remonta le long du ventre
plat et musclé, souleva la chemise, et se faufila dessous pour flatter des
ongles les petits mamelons virils. Elle en tremblait de plaisir. Quel beau
corps il avait et comme il avait la peau douce. Aussi douce que celle d'une
femme. Que c'était agréable de le caresser. Un flot de sang lui monta au
visage et elle fut prise de faiblesse, comme chaque fois que le désir la
submergeait. Avidement, elle tira sur la peau du pénis pour faire émerger le
gland. Puis elle quémanda muettement la permission d'Amandine. Celle-ci
lui fit signe de masturber le jeune homme. Marie-Hélène fit alors monter et
descendre avec lenteur sa main le long de la tige de chair compacte.
« C'est drôle, dit soudain Hubert, tu as la main qui tremble.
Pourquoi ? Et tu ne me tiens pas comme d'habitude... » Elles échangèrent
un coup d'œil alarmé.
« C'est parce que ça m'excite quand tu es attaché comme ça... J'ai
l'impression que tu es ma chose ! » répondit Amandine.
Marie-Hélène serra davantage le pénis musclé dans sa main et
accéléra son mouvement. Le gland rougissait de plus en plus.
« Lèche-moi le bout, implora le jeune homme, ça me brûle... tu vas
trop vite... qu'est-ce que tu as, aujourd'hui ? Il faut tout te dire ! »
Marie-Hélène se pencha, et dégageant bien le gland, elle le lécha sur
toutes ses faces, méthodiquement, comme elle aurait léché une glace. Puis,
comme si elle n'y tenait plus, elle l'engloutit dans sa bouche et le garda
dedans, comme un gros bonbon chaud. Il n'y avait pas à dire, le gland
délicat du fiancé d'Amandine était beaucoup plus agréable à sucer que celui
d'Isidore. Le sang pulsant dans ses tempes, elle baissa le cou, faisant entrer
le pénis tout entier dans sa bouche, et elle commença à faire tourner sa
langue autour. Elle le fit entrer si loin qu'elle le sentit dans son gosier et que
son nez rencontra les coussinets tièdes des couilles. A l'approche du plaisir,
le jeune homme fut saisi de tremblements et se mit à haleter.
« Oui, comme ça, râla-t-il, en se cambrant dans ses liens, comme
ça... fais tourner ta langue... plus vite... et aspire fort... plus fort, ça va
venir... ça y est, ça vient ! Rraaaaahhh... »
Marie-Hélène se sentit atrocement frustrée, malgré son excitation.
Elle aurait tellement aimé s'introduire ce beau pénis dans le vagin.
Enfourcher ce corps d'athlète, s'asseoir dessus à califourchon, comme elle
avait pris l'habitude de faire, avec Isidore, afin de le sentir vivre en elle. Au
lieu de ça, elle dut se contenter d'aspirer très fort le sperme qui giclait avec
une âcre violence dans sa bouche, pendant que le jeune homme, agité par
les spasmes furieux du plaisir, se démenait sur le lit. Elle l'aspira jusqu'à la
dernière goutte et avala tout, avec délices. Même son sperme avait un goût
délicieux... Fruité, à peine salé, onctueux, un vrai régal...
Mais pas question de s'attarder ; sur la pointe des pieds, elle regagna
la penderie que lui désignait Amandine, et s'y planqua pendant que son amie
délivrait leur prisonnier.
« Tu m'as drôlement bien sucé, cette fois-ci, ce n'était pas comme
d'habitude. On sentait que tu en avais vraiment envie ! »
Par la porte entrouverte, Marie-Hélène vit Hubert qui relevait la jupe
de son amie. Amandine n'avait pas de culotte, au bas de son ventre pâle, la
fente étroite de son sexe virginal dessinait une profonde virgule rose.
Hubert glissa sa main entre les cuisses de sa fiancée. La jalousie pinça
Marie-Hélène au cœur. Elle avait encore le goût fade du sperme sur la
langue. Elle regarda Amandine écarter les cuisses, et replier les genoux pour
bien s'ouvrir. La faille rose s'écarquilla, comme le calice d'une fleur, la chair
interne était toute mouillée.
« On dirait que ça t'a fait de l'effet, de m'en tailler une. Tu es
trempée ! »
Hubert s'agenouilla et enfouit sa langue entre les pétales charnus. Il
n'eut pas besoin de lécher longtemps, Amandine se renversa avec un cri
rauque et des spasmes l'arc-boutèrent sur le lit.
« Eh bien, constata-t-il en s'essuyant la bouche, tu as joui drôlement
vite, aujourd'hui ; d'habitude, il faut te lécher pendant une heure ! Qu'est-ce
qui se passe ? »
Dans le placard, Marie-Hélène tendait l'oreille.
« Tu pensais à des trucs dans ta tête, hein ? demanda Hubert. Je
parie que tu pensais à ce vieux salaud de Lépine ! »
« Mais pas du tout... T'es vraiment tordu, tu sais ! »
« Et si tu venais chez moi, demain après midi ? On pourrait prendre
un bain de soleil... »
« Je te vois venir. Je sais comment ils finissent, tes bains de soleil !
D'ailleurs, c'est pas possible, demain je vais voir Marie-Hélène, ma copine !
»
Le lendemain était en effet le jour de sortie de la bonne de Marie-
Hélène, et les deux adolescentes avaient prévu de passer l'après-midi à «
s'en mettre plein le cul » avec leur esclave.
« Tu la vois drôlement souvent, cette année, ta Marie-Hélène ! Je
vais finir par me poser des questions ! »
« Que tu es bête ! C'est ma meilleure amie, c'est normal que j'aille la
voir ! Tu as quelque chose contre elle ? »
« Je la trouve bizarre, cette nana ; elle a une drôle de façon de
regarder les gens. Quelque chose de sournois... Elle me met mal à l'aise... »
Amandine dut penser à Marie-Hélène qui entendait tout ; elle pouffa
nerveusement.
« Quelque chose de sournois ? Et son petit cul, il a quelque chose de
sournois, lui aussi ? L'autre jour, tu m'as dit qu'il te plaisait bien, son petit
cul ! »
« C'est vrai qu'elle a un joli cul... et elle s'arrange pour qu'on le
sache, avec ces jupes collantes qu'elle porte ! »
Tout en parlant ainsi, à bâtons rompus, les deux amoureux étaient
allongés sur le lit, et Amandine jouait paresseusement avec la bite de son
fiancé.
« Ma parole, tu recommences à bander ! Ça t'excite de parler de ma
copine ? Avoue que tu aimerais bien voir sa chatte ? »
« Oh, je sais d'avance comment elle est, sa chatte. Suffit de regarder
son visage : une toute petite chatte blonde, riquiqui, avec une fente
minuscule ! »
Amandine s'esclaffa.
« Eh bien, pas du tout, mon cher ; elle a une grosse moule bien
ouverte, très poilue, une vraie moule de salope... le genre qui t'excite ! »
« Comment tu le sais ? »
« Mais c'est toi qui me l'as dit, que les grosses chattes t'excitaient ! »
« Non, comment tu sais comment elle est, la chatte de ta copine ?
Elle te l'a montrée ? Vous vous gouinez ? »
« Tout de suite ! Ah, les mecs ! On prend notre douche ensemble,
figure-toi, quand on va jouer au tennis ! J'ai eu largement l'occasion de la
voir, sa chatte ! Mais dis-moi, tu bandes drôlement, mon salaud ; ça te fait
de l'effet, hein, de parler de la chatte de Marie-Hélène ! Tu aimerais la voir
? Ne sois pas hypocrite, dis la vérité ! Tu veux la voir, sa chatte ? C'est
possible, tu sais ? La prochaine fois qu'on va jouer au tennis, on pourrait
l'emmener, et tu te cacherais dans le placard à balais du vestiaire, au club !
Tu pourrais te rincer l'œil pendant qu'on prendrait notre douche ? »
Dans la penderie, à l'idée de se montrer nue à Hubert, Marie-Hélène
sentait son corps s'amollir. Elle se demanda si Amandine parlait
sérieusement. Par l'interstice, elle pouvait voir que sa copine venait
d'enfourcher son fiancé. Elle s'accroupit sur lui, les fesses bien ouvertes,
comme pour faire pipi, et saisissant la pine, elle la décalotta et s'introduisit
le gland dans le vagin.
« Nous sommes des vilains, hein, Hubert, chuchota-t-elle. Tu sais de
quoi j'ai envie ? Mets-moi le doigt dans le derrière... »
Hubert ne se fit pas prier, sa main contourna une fesse et l'index
s'inséra dans le petit anneau rose.
« Toi aussi, fit-il, on dirait que ça t'excite de parler de ta copine. Je
vais finir par me faire des idées... »
Dans son placard, Marie-Hélène avait glissé un doigt dans sa fente
et se faisait plaisir. Elle pouvait voir la tige blanche du pénis dont
l'extrémité rouge avait disparu à l'intérieur d'Amandine. Le doigt entrait et
sortait doucement de l'anus de cette dernière qui faisait entendre des petits
miaulements énervés.
« Arrête, arrête... ça va venir... »
« Laisse venir... »
« Non, il faut qu'on aille jouer au tennis ! Allez, debout, flemmard !
»
Amandine se leva d'un bond et descendit du lit.
« File te laver, tu pues le sperme ! »
Ricanant, Hubert gagna la salle de bains. Peu après, le bruit de la
douche se fit entendre. Amandine vint ouvrir la penderie.
« T'as tout entendu, hein ? Viens... ne fais pas de bruit ! »
Elles sortirent de la chambre sur la pointe des pieds. Dans l'escalier,
pendant qu'Hubert chantait sous la douche, elles se regardèrent. Amandine
était tout échauffée ; ses yeux allaient et venaient ; Marie-Hélène ne l'avait
jamais vue ainsi.
« Et si tu faisais semblant d'arriver à l'improviste ? Tu pourrais venir
au tennis avec nous... et... »
Marie-Hélène tressaillit.
« Tu aimerais qu'il te voie toute nue ? Ne réponds pas tout de suite !
Si tu es d'accord, tu n'as qu'à sonner à la porte ! »
Amandine embrassa son amie sur la joue et la poussa dehors.
Indécise, Marie-Hélène regarda la porte close. Elle n'arrivait pas à se
décider à sonner. Enfin, elle appuya longuement sur le bouton. La porte
s'ouvrit et les fiancés parurent sur le seuil.
« Je... je passais dans le coin... bredouilla lamentablement Marie-
Hélène. Je me suis dit, et si j'allais dire un petit bonjour à Amandine ? »
« Mais c'est super, s'exclama avec une intonation outrée Amandine.
Tu vas venir jouer au tennis avec nous... On demandera au moniteur de faire
le quatrième ! »
« Mais... je n'ai pas de tenue.... je... »
Marie-Hélène évitait soigneusement de regarder Hubert qui, pour
son compte, ne se gênait pas pour la reluquer.
« J'ai deux tenues de rechange au club... je t'en prêterai une, on a
presque la même taille... »
L'instant d'après, la voiture de sport d'Hubert, une Mazda d'un jaune
criard, les emportait tous les trois. Marie-Hélène était assise à l'avant, entre
les deux fiancés ; elle sentait la chaleur de leurs cuisses contre les siennes.
Sa culotte était trempée.
En arrivant au club, Amandine prétexta qu'elle avait soif et entraîna
Marie-Hélène au petit bar privé qui surplombait les courts de tennis. Elle
s'arrangea pour avoir un aparté avec Hubert qui les quitta rapidement.
« Tu devines où il va ? » demanda Amandine à son amie. Celle-ci,
toute rouge, ne répondit pas.
« Il est allé se planquer dans le placard à balais du vestiaire pour
nous reluquer pendant qu'on se changera. T'es d'accord pour qu'il se rince
l'œil ? »
Marie-Hélène eut un rire étranglé et haussa les épaules. Elle avala
son coca de travers et se mit à tousser. Elles descendirent au vestiaire. D'un
clin d'œil, Amandine lui montra la porte entrebâillée du placard à balais. A
cette heure, en début d'après-midi, le club était presque toujours désert. La
plupart de ses membres n'arriveraient qu'après la grosse chaleur.
Elles commencèrent à se déshabiller en s'efforçant de se montrer
naturelles. Marie-Hélène s'était arrangée pour faire face au placard. Son
cœur cognait à l'idée qu'Hubert voyait peu à peu sa nudité surgir des
vêtements. Elle se retrouva en culotte et soutien-gorge. Amandine était déjà
toute nue. Se tournant vers le placard, Marie-Hélène dégrafa son soutien-
gorge et laissa ses seins s'étaler sur sa poitrine. Leurs pointes étaient toutes
gonflées.
Avec un naturel parfait, Amandine en prit un en main et le souleva.
« Dis donc, tes nichons ont drôlement grossi ! Fais voir un peu ? »
Marie-Hélène cambra son buste, les mamelons braqués vers le
placard. Impatiemment, elle fit glisser sa culotte le long de ses hanches et sa
fourrure intime parut au grand jour.
« Je suis sûre qu'il se branle, lui glissa à l'oreille Amandine...
arrange-toi pour écarter les cuisses, sois naturelle... »
Marie-Hélène s'assit sur le siège de bois et releva une jambe, pour se
gratter la cheville, juste en face de l'interstice qui séparait la porte du
placard de son chambranle.
« Oh, fais voir... fit Amandine, en lui tirant une cuisse de côté, pour
l'obliger à exhiber davantage son sexe... t'as vu, tu as une rougeur, là ? »
« Où ça ? » demanda Marie-Hélène d'une voix oppressée.
Sa vulve bâillait comme un mollusque mauve entre ses poils
humides ; les nymphes s'écarquillaient, un filet de mouille coulait de son
vagin.
« Là... au bord des poils... ah non, je me trompais... »
Du doigt, Amandine lui avait aplati une grande lèvre, et Marie-
Hélène sut que son clitoris émergeait. Une bouffée de chaleur lui embrasa
les joues. Elle imaginait Hubert en train de s'astiquer dans son placard.
« Quel gros clito, tu as, fit Amandine. Je l'avais jamais remarqué. Il
est beaucoup plus gros que le mien, regarde. »
Face au placard, elle aussi, elle remonta les genoux et ouvrit sa
vulve pour dégager la chair interne.
« Si Hubert nous voyait, je suis sûre qu'il nous prendrait pour des
gouines ! Tous les mecs s'imaginent que les filles sont lesbiennes ! » pouffa
Amandine, en se caressant rêveusement le clitoris.
De son côté, pour justifier le fait qu'elle gardait les cuisses écartées
et la fente du sexe ouverte, Marie-Hélène se grattait les poils du pubis.
« Je dois avoir de l'irritation... tous ces poils que j'ai... j'en ai trop,
non ? »
« C'est peut-être mieux, comme tu n'es plus vierge, dit
acrimonieusement Amandine, en se penchant pour lorgner le vagin de son
amie ; les poils cachent ton trou... il est drôlement large, n'empêche...
Ouvre-le, fais voir... je voudrais me rendre compte comment je serai quand
Hube m'aura ouverte... »
Le sang aux joues, Marie-Hélène écarta des doigts les lèvres poilues
de sa vulve, et l'orifice de son vagin dessina un cercle presque parfait. Elle
resta ainsi pendant une longue minute, visant de son vagin la porte du
placard.
« C'est énorme, chuchota Amandine. Moi, je préfère rester encore
vierge. Hubert et moi, on a décidé qu'on ferait ça pour notre nuit de noces !
On trouve ça plus excitant, d'attendre. »
Conscientes qu'elles ne pourraient pas s'exhiber davantage sans
éveiller les soupçons d'Hubert, elles se résignèrent à enfiler leur tenue de
tennis.
« Comment le trouves-tu, à propos, Hube ? »
« Ton fiancé ? Bof, pas mal, sans plus ; c'est pas mon genre, tu vois,
ces mecs trop lisses, trop bien peignés, ils ont un côté pasteurisé qui me
laisse froide. Et puis, je lui trouve quelque chose de sournois dans le
regard... il a une drôle de façon de regarder les gens... »
C'était quasiment les termes qu'avait employés Hubert à son propos.
Amandine éclata de rire en imaginant la tête qu'il devait faire ; quant à
Marie-Hélène, elle n'était pas fâchée de lui avoir rendu la monnaie de sa
pièce.
« Je parie qu'il a un tout petit pénis ridicule ! » lança-t-elle pour faire
bon poids.
Amandine faillit s'étrangler de rire en pensant à Hubert, si vaniteux
à propos de la longueur de son sexe.
« Oh, pas si petit que ça, je t'assure. Si tu veux, je peux lui demander
de te le montrer ? Tu sais quoi ? Un jour où il sera là, tu pourrais te cacher
dans la penderie de ma chambre ! Et je m'arrangerais pour lui faire sortir
son pénis, je pourrais le branler sans qu'il sache que tu le regardes ; ce serait
drôle, non ? »
Les deux adolescentes échangèrent un coup d'œil malicieux. Elles
imaginaient les pensées en déroute d'Hubert, dans son cagibi. Elles
ramassèrent leur raquette et gagnèrent le court qui leur était attribué. Le
moniteur les y attendait. Hubert les rejoignit peu après. Marie-Hélène
remarqua tout de suite qu'il ne la regardait plus du tout de la même façon. A
tout instant, elle surprenait ses yeux sur elle. En jouant au tennis, elle se
souvenait du goût de son sperme, et de la consistance élastique de son pénis
dans sa bouche, et elle commettait faute sur faute, ce qui déclenchait les
railleries d'Amandine.
« Ma parole, je vais finir par croire que tu es amoureuse ! C'est le
moniteur, qui te tourne la tête ? »
La partie finie, ils allèrent se changer. Cette fois encore, les deux
jeunes filles laissèrent Hubert prendre les devants et il alla se poster dans le
réduit. Elles se mirent nues, se savonnèrent longuement, face à la porte
entrebâillée du placard. Marie-Hélène était tellement excitée qu'elle ne put
résister à la tentation de se masturber. Elle tourna le dos au placard, et
pendant qu'Hubert regardait ses fesses, elle se procura rapidement un
orgasme qui la laissa pantelante. Heureusement, l'eau qui coulait sur elle,
bruyamment, empêchait Hubert de l'entendre soupirer.
« Il faudra jouer encore, tous les trois, dit-il, en raccompagnant
Marie-Hélène chez elle, dans sa Mazda jaune citron. Pas vrai, Amandine ? »
Il fut convenu que la semaine suivante, ils retourneraient au club
tous les trois. Ils fixèrent même un jour précis et Marie-Hélène le nota sur
son agenda. Les deux jeunes filles qui avaient des courses à faire en ville,
ce jour-là, décidèrent qu'elles iraient chercher Hubert chez lui dès qu'elles
auraient fait leurs achats.
15 BAIN DE SOLEIL
Depuis que Marie-Hélène avait sucé Hubert, qu'elle lui avait montré
son con, son pantin l'ennuyait ; elle n'éprouvait plus le même plaisir à
l'humilier, à le tourmenter. Elle avait envie d'un vrai homme, capable, le cas
échéant, de lui tenir tête, et de lui imposer ses propres caprices, ainsi que le
faisait Hubert quand il obligeait Amandine à le sucer, ou quand, entre deux
portes, à proximité de ses parents, il vérifiait son vagin.
Les jours qui suivirent l'épisode du vestiaire, elle ne cessa de penser
à lui. Elle se demandait ce qui se passerait la prochaine fois qu'Amandine et
elle l'accompagneraient au club de tennis. Est-ce que son amie l'exhiberait
encore à son fiancé ? Les choses iraient-elles plus loin ? Elle en doutait
sérieusement, Amandine lui avait montré sans ambages qu'elle considérait
Hubert comme sa propriété exclusive.
Elle se souvenait de ce que le jeune homme avait dit sur son compte
: qu'il la trouvait sournoise. Il ne s'était pas trompé ; c'est vrai qu'elle était
sournoise, elle s'arrangeait toujours pour obtenir ce dont elle avait envie,
sans avoir l'air d'y toucher. N'est-ce pas de cette façon qu'elle avait procédé
pour amener peu à peu Amandine à entrer dans ses vues ? Mais elle ne
nourrissait guère d'illusions ; il ne fallait surtout pas qu'elle compte sur son
amie pour partager son fiancé avec elle. Quelque chose lui disait
qu'Amandine, bien au contraire, défendrait son bien bec et ongles. Non. Il
fallait trouver un autre biais, manœuvrer par la bande, saisir la première
occasion qui se présenterait.
Elle était donc à l'affût de la moindre opportunité quand, le jour
même où Amandine devait venir chez elle pour « partager » Isidore (le jour
de sortie de sa bonne), elle se souvint de ce que son amie lui avait dit.
« C'est contrariant que ta bonne ait son congé justement un des jours
où Hubert ne travaille pas ! »
Hubert n'était de permanence au cabinet du père d'Amandine qu'un
jour sur deux, en alternance avec un autre stagiaire. Quand il avait quartier
libre, il était censé consacrer son temps à sa formation juridique, en étudiant
chez lui de gros recueils de jurisprudence. Mais les fiancés en profitaient
pour aller jouer au tennis ou pour prendre au bord de la piscine, chez
Hubert, ces fameux bains de soleil dont Amandine lui avait tant parlé. En
réalisant subitement que, pendant qu'elles s'amuseraient à tourmenter
Isidore, Hubert serait seul dans son jardin, à se morfondre sur ses livres de
droit, une idée un peu folle lui vint. Pourquoi n'irait-elle pas le rejoindre ?
Elle pesa longuement le pour et le contre. Si Amandine s'en
apercevait, certes, elle ne lui pardonnerait jamais cette trahison. Les deux
amies seraient brouillées à mort. Mais le jeu n'en valait-il pas la chandelle ?
C'est ainsi que, le jour de sortie de sa bonne, avant l'heure où Isidore devait
descendre de chez lui pour revêtir la tenue de soubrette qu'elles lui
imposaient de porter, quand il devait « faire le ménage » dans la chambre de
Marie-Hélène, elle l'appela sur l'interphone.
« Isidore ? Je suis obligée de m'absenter pendant une petite heure.
Mais mon amie Amandine doit venir comme convenu. Vous n'aurez qu'à la
faire patienter. »
Elle put presque entendre Isidore retenir son souffle au bout de la
ligne.
« Bien, mademoiselle. Les parents de mademoiselle sont sortis ? »
« Ils ne rentreront que très tard. Vous aurez largement le temps... de
faire tout ce qu'Amandine vous dira de faire. Et, Isidore... j'espère que mon
amie n'aura pas à se plaindre de vous, et que vous serez très obéissant avec
elle ? »
« Mademoiselle peut compter sur moi. »
Marie-Hélène raccrocha ; elle se promit de lui faire payer chèrement
la satisfaction qu'il n'était pas parvenu à cacher en apprenant qu'il serait seul
avec Amandine ; pour l'instant, ce qui importait, c'était Hubert. Marie-
Hélène s'habilla avec un soin tout particulier. Elle revêtit une jupe blanche
plissée et une chemise Lacoste, comme quelqu'un qui va jouer au tennis ;
mais au lieu de porter des « tennis », elle chaussa une paire de chaussures à
talons très hauts qui juraient avec sa tenue sportive. Ces talons l'obligeaient
en effet à se cambrer d'une façon provocante et donnaient un air équivoque
à la sagesse de la jupe blanche.
Elle choisit avec un soin particulier ses dessous : une culotte couleur
pêche, très ajourée, très étroite, qui moulait étroitement ses parties
sexuelles, et un soutien-gorge assorti, qui avait l'avantage de pouvoir se
dégrafer par-devant. Elle rougit soigneusement ses lèvres, se noircit
légèrement les yeux et, une raquette sous le bras, se fit conduire en taxi à
l'autre bout de la ville.
Quand elle vit la Mazda jaune citron garée dans la paisible rue
ombragée de platanes où il habitait, son cœur fit un bond. Elle attendit que
le taxi ait disparu, et elle remonta la rue silencieuse, bordée de vastes
maisons anciennes protégées par des parcs. On n'entendait que les cris des
oiseaux et le froissement soyeux des eaux du fleuve tout proche, contre la
berge que cachaient les maisons. Caressant le flanc lisse de la Mazda de la
main, elle sonna chez le fiancé de son amie à l'heure même où celle-ci
devait le faire chez elle, et être accueillie par Isidore déguisé en bonne de
vaudeville.
Elle entendit quelqu'un siffloter derrière les bosquets qui lui
dissimulaient les pelouses, et vit bientôt Hubert surgir dans l'allée. Il
marqua un temps de surprise, puis il pressa le pas et vint lui ouvrir. Marie-
Hélène, les yeux cachés par des lunettes noires, agita sa raquette.
« Je sais que je suis en avance pour notre rendez-vous, mais j'avais
affaire dans cette partie de la ville... et je me suis libérée plus tôt que je ne
pensais. Cela ne vous ennuie pas, au moins, Hubert, que j'attende Amandine
en votre compagnie ? »
« Mais, dit Hubert, en la faisant entrer dans le jardin, êtes-vous sûre
que c'est aujourd'hui que nous devons aller jouer au tennis ? Amandine m'a
bien dit que c'était vendredi, or nous sommes mercredi ! »
« Pas du tout, voyons ! J'ai noté le jour sur mon agenda, c'est bien
aujourd'hui, j'en suis certaine ! D'ailleurs, nous n'avons qu'à attendre, vous
verrez bien qu'Amandine va venir ! »
Elle vit passer une lueur bizarre dans l'œil bleu d'Hubert et se
gourmanda intérieurement pour s'être exprimée avec trop de véhémence.
Cependant ils venaient d'arriver dans la partie du jardin où se trouvait la
piscine. Elle était protégée de la vue par une haie assez haute. De gros livres
de droit étaient posés sur une table de métal, près d'un pichet d'orangeade.
« Vous êtes drôlement bien, ici, pour étudier, fit Marie-Hélène en se
laissant tomber dans une chaise longue. C'est tranquille, silencieux. Et puis
vous pouvez piquer une tête dans la piscine de temps en temps, ou prendre
un bain de soleil en travaillant... »
Elle parlait d'une voix haut perchée, et tendait ses jambes devant
elle, au soleil. Hubert s'assit dans la chaise longue voisine. Ses yeux ne
quittaient pas les genoux de Marie-Hélène et sa jupe blanche, troussée à mi-
cuisses. Se souvenait-il de ce qu'il avait vu, quand il était caché dans son
placard à balais ? Marie-Hélène l'épiait de biais, à l'abri de ses lunettes de
soleil. Elle vit que les joues du jeune homme avaient rosi et que ses doigts
s'agitaient.
« Amandine n'arrivera pas avant une bonne heure, murmura-t-elle, je
suis vraiment très en avance. Cela ne vous contrarie pas trop ? Vous pouvez
étudier, si vous voulez, je ne dirai rien... »
Hubert se gratta la gorge. Nonchalamment, Marie-Hélène releva sa
jupe plissée sur ses cuisses pour les offrir au soleil. Elle sentit Hubert se
raidir, tout près d'elle.
« On est bien, au soleil, hein ? fit-elle en prenant une voix
langoureuse. Moi, le soleil, je ne devrais pas vous dire ça, Hubert... eh
bien... ça me donne des idées ! Si vous n'étiez pas le fiancé de mon amie, je
crois bien que je ferais des bêtises avec vous ! »
Hubert s'était figé. En écartant davantage les genoux, comme pour
accueillir le soleil entre ses cuisses, elle eut un rire de gorge et désigna le
pichet d'orangeade.
« Vous ne m'offrez pas à boire ? »
Le jeune homme se leva d'un bond, alla à la table, et remplit un des
verres à ras bord. Il se retourna pour revenir vers elle. Les yeux cachés par
ses lunettes noires, renversée dans la chaise longue, Marie-Hélène n'avait
pas changé de pose. Ses cuisses étaient impudiquement écartées, sa jupe
retroussée au-dessus des genoux ; les bouts raidis de ses petits seins
pointaient sous la chemise Lacoste. Hubert pouvait voir le triangle pêche de
la culotte, dans la fourche pâle des cuisses.
« J'espère qu'il n'y a pas de la vodka, dans votre jus d'orange ? » dit
Marie-Hélène, qui ne paraissait pas se rendre compte de l'indécence
théâtrale de sa pose.
Elle tendit paresseusement le bras. Comme elle restait vautrée dans
la chaise longue, il fut obligé de se pencher sur elle, et il sentit son odeur.
Leurs doigts se frôlèrent quand elle prit le verre.
« Amandine m'a dit que vous lui faites souvent boire de la vodka
dans son jus d'orange, et qu'ensuite, vous abusez de sa personne ! »
Marie-Hélène pouffa d'une voix stridente et écarta tellement les
cuisses qu'Hubert, qui avait un genou à terre, vit nettement la fente du sexe
s'ouvrir dans la tache des poils à travers la légère culotte. Il se racla la
gorge.
« Elle me raconte tout, vous savez, Hubert ! fit Marie-Hélène, en le
menaçant d'un doigt mutin. Tout ce que vous lui faites ! Il paraît que vous
êtes un vilain garçon ! Un très vilain garçon ! »
Le verre aux lèvres, elle étendit le bras et effleura du bout du doigt
la joue d'Hubert. Il se roidit sous la caresse et jeta un coup d'œil vers la haie
touffue qui les séparait de la grille.
« Vos parents sont là, Hubert ? »
« Non. Nous sommes seuls... »
Marie-Hélène eut un sourire entendu.
« Ainsi, fit Hubert, en s'asseyant sur ses talons de façon à pouvoir
continuer à lorgner entre les cuisses de l'adolescente, Amandine vous
raconte tout ? »
Il s'efforçait de parler d'une voix normale, mais n'y arrivait pas
vraiment.
« Tout, murmura Marie-Hélène, en le fixant à travers ses lunettes
noires, absolument tout ! Et notamment, cette étrange manie que vous avez
de vouloir lui enfiler à tout propos votre doigt dans le vagin ! »
En voyant rougir le jeune homme, Marie-Hélène fit entendre son
rire haut perché et referma les cuisses.
« Mais, ma parole, Hubert ! s'exclama-t-elle, vous regardiez ma
culotte, vilain garçon ! Attention, hein ? Je ne suis pas Amandine, moi ! Ne
comptez pas me mettre votre doigt dans le vagin ! »
Apparemment vexé, Hubert se redressa et revint s'asseoir près d'elle,
dans sa chaise longue. Ils restèrent silencieux. Marie-Hélène avait à
nouveau écarté les cuisses, elle buvait son orangeade en contemplant l'eau
bleue de la piscine, absolument immobile, au-dessus de laquelle voletaient
des libellules.
Errant ça et là, ses yeux faussement distraits glissèrent au-delà du
bassin et, de l'autre côté, repérèrent une légère ouverture oblique dans la
haie qui cernait le solarium ; à cet endroit, le feuillage était plus clairsemé :
on avait coupé une branche qui sans doute gênait le passage. Par ce trou
dans la haie, on pouvait voir une partie de la pelouse qui s'étendait derrière.
La brèche était située tout en bas de la haie, presque au ras du sol, entre les
pieds des arbustes.
« Savez-vous que j'ai atrocement envie de faire pipi ! » chuchota
Marie-Hélène.
Comme le jeune homme s'apprêtait à se lever pour la conduire dans
la maison, elle posa sa main sur son avant-bras.
« Non, ne vous dérangez pas. Je vais faire sur la pelouse, derrière la
haie. Cela ne vous ennuie pas ? J'aime bien faire pipi en plein air, ça me
rappelle quand j'étais petite fille. »
Hubert s'était pétrifié dans sa chaise longue. Marie-Hélène posa son
verre vide sur le sol et se leva. Elle sentait sur elle les yeux du fiancé
d'Amandine alors qu'elle contournait paresseusement le bassin, en remuant
insolemment son derrière pour faire danser sa jupe plissée. Ses talons hauts
claquaient sur les dalles de l'allée. Elle se cambrait coquettement pour faire
saillir ses petits seins et, tournant à l'angle de la haie, elle disparut aux yeux
d'Hubert. Pas entièrement, toutefois : elle savait qu'il pouvait voir ses
chevilles se déplacer, par les brèches du feuillage, au bas des arbustes. Elle
vint se placer juste derrière la partie où manquait une branche. Approchant
son visage de la haie, elle parvint à entrevoir Hubert, en face d'elle, de
l'autre côté du bassin. Il fixait le feuillage, juste à l'endroit où elle se tenait.
« J'espère que vous ne pouvez pas me voir à travers les feuilles,
hein, Hubert ? » cria-t-elle.
Elle retroussa sa jupe et retira sa culotte. Puis, veillant à se placer
juste devant la brèche la plus importante, au ras du sol, elle s'accroupit en
écartant largement les cuisses. Des brins d'herbe lui chatouillèrent les
fesses, la faisant frissonner. De la main, elle souleva prudemment un
rameau et, par l'interstice, constata qu'Hubert s'était ramassé sur lui-même
dans son transat et qu'il se penchait en avant. Il devait voir son sexe ouvert.
Elle était si excitée de s'exhiber qu'un filet de mouille coulait de son vagin.
Une boule de chaleur lui alourdit le ventre, et elle se mit à pisser avec
volupté. Elle faisait exprès de pisser très fort, pour faire du bruit. Du bout
de la main, toute tremblante de lascivité, elle écarta largement la fente de sa
vulve, comme une fille qui ne veut pas se mouiller les poils. Les dernières
giclées d'urine s'échappèrent et les prémices du plaisir lui chatouillèrent le
clitoris. Froissant sa culotte en boule, elle s'essuya méticuleusement
l'intérieur du sexe, la passant et la repassant entre les lèvres, de bas en haut,
ouvrant bien la fente. Puis elle se redressa et refit le tour de la haie.
Quand elle rejoignit Hubert, il avait repris sa pose allongée, et
feignait d'être plongé dans un gros livre qu'il avait posé sur le bas de son
ventre. Elle était certaine que c'était pour cacher son érection.
« Ouf, ça va mieux, je me sens plus légère ! » plaisanta-t-elle.
Elle se laissa tomber dans sa chaise longue et agita sa culotte avec
un rire niais.
« Vous regardez ma culotte, vilain garçon ? Figurez-vous que je me
suis mouillée, en faisant pipi. Je me suis essuyée avec ! Il n'y avait pas de
papier hygiénique ! Je n'allais pas m'essuyer le minou avec des orties ! Et
maintenant, me voilà sans culotte ! »
Elle la fourra dans son sac et reprit son verre. Elle le porta à ses
lèvres.
« J'espère que vous n'êtes pas venu vous rincer l'œil à travers la haie
quand je faisais pipi, hein, gloussa-t-elle. Les petits garçons font souvent ça
quand leurs cousines vont pisser dans l'herbe. Ou leurs grandes sœurs... »
« Vous savez que vous êtes mignon, Hubert, ajouta-t-elle tout de go,
sans lui laisser le temps de protester. Vous ressemblez à un petit garçon ! Un
vilain petit garçon ! »
« Un vilain, bredouilla le jeune homme, affectant d'être vexé, ou un
mignon ? Vous vous contredisez ! »
Elle fut assez surprise de le voir entrer dans son badinage et prit une
voix niaise pour le provoquer.
« Les mignons petits garçons font souvent de très vilaines choses,
Hubert. Comme par exemple, de mettre leur doigt dans le vagin de leur
petite amie. »
Hubert eut un sourire crispé. En riant d'une voix aiguë, Marie-
Hélène écartait les cuisses, offrant son intimité au soleil. Il ne pouvait rien
voir, étant assis à côté d'elle, mais il savait, maintenant, qu'elle n'avait pas
de culotte. Pourtant, elle le devinait hésitant, n'était-elle pas la meilleure
amie de sa fiancée ? Il ne ferait certainement pas les premiers pas ; c'était
donc à elle de lui laisser entendre que la voie était libre ; ça ne lui déplaisait
pas trop, d'ailleurs, d'avoir à lui faire des avances, et même, tant qu'à faire,
des avances éhontées !
« J'adore le soleil, Hubert ; pas vous ? ronronna-t-elle en s'étirant.
Savez-vous, chez moi, je prends souvent des bains de soleil toute nue dans
mon jardin. Si je m'écoutais... j'en prendrais bien un tout de suite, ici, dans
cette chaise longue... pendant que vous regarderiez vos gros livres
rébarbatifs. Qu'est-ce que vous en dites ? »
« Mais... (Hubert toussota dans sa main.) Pourquoi pas ? Amandine
en prend souvent, vous savez ? »
« Je sais, et je sais aussi tout ce que vous lui faites, vilain garçon ! »
Marie-Hélène regarda sa montre.
« Elle ne sera pas là avant trois bons quarts d'heure, chuchota-t-elle.
Oh, et puis zut pour les convenances, hein ? Après tout, à la plage, les
femmes font bien bronzer leurs seins devant tout le monde ! »
Sans le regarder, Marie-Hélène retroussa son polo sous ses aisselles
et défit l'agrafe frontale du soutien-gorge ; ses petits seins pâles jaillirent au
soleil. Les bouts, menus comme des fraises des bois, pointaient
impudemment. Renversée sur le dossier, elle offrit voluptueusement son
buste aux rayons du soleil et aux yeux de son voisin.
« On est bien, ici, hein ? soupira-t-elle en remontant sa jupe à mi-
cuisses. Ne regardez pas mes nichons comme ça, vous allez me faire rougir
!»
Le jeune homme détourna les yeux. Marie-Hélène lui donna une
chiquenaude sur le bras.
« Voyons, Hubert, je plaisantais ! Vous pouvez les regarder tant que
vous voulez. Je ne vous les montrerais pas, si je ne voulais pas que vous les
regardiez. Comment les trouvez-vous ? Ils ne sont pas trop petits ?
Sincèrement ? »
Avec une moue coquette, elle en prit un entre trois doigts et le
souleva en le déformant légèrement. Les yeux d'Hubert observèrent
attentivement ses petits nichons pâles en forme de citron.
« Non, non. Ils sont très bien. »
« Ceux d'Amandine sont plus gros ! »
« Je vous assure... les vôtres sont très bien aussi ! »
Elle sentait son souffle sur sa poitrine. Elle écarta encore plus les
genoux, et fit remonter sa jupe presque tout en haut des cuisses.
« J'ai encore soif, Hubert... » geignit-elle.
Il ramassa aussitôt le verre posé à terre et se leva. Il se retourna pour
lui demander si elle voulait un glaçon. Elle ne rectifia pas davantage sa
position que la fois précédente. Il pouvait voir entièrement son sexe ouvert,
large fente de chair luisante, d'un rose cru, qui bâillait entre les poils. Il resta
en arrêt, la gorge serrée. Ne se rendait-elle pas compte à quel point elle était
indécente ?
La jeune fille ne bougeait absolument pas. Ses yeux étaient cachés
par ses lunettes noires, il ne savait donc pas si elle le regardait, ou si elle les
avait fermés. Comme elle ne répondait pas à la question qu'il venait de lui
poser, il laissa tomber deux glaçons dans son verre et le remplit
d'orangeade. Il ne quittait pas des yeux la fente rosâtre de son con. Il le
voyait beaucoup mieux que la fois où il s'était planqué dans le placard à
balais du club de tennis. Il fut surpris par l'importance excessive du calice ;
Amandine avait raison, ce n'était pas là un sexe de petite fille, bien au
contraire. L'intérieur des lèvres était légèrement humide ; était-ce un reste
de pisse, ou des sécrétions intimes ? C'était impossible qu'elle s'exhibe dans
une position aussi impudique uniquement pour s'offrir au soleil. Ne voyait-
elle pas qu'il se rinçait l'œil ?
Il revint vers elle, le verre à la main, sans quitter des yeux la fente
entrebâillée de la vulve. Quand il arriva tout près, elle tendit
paresseusement le bras, ce qui était bien la preuve qu'elle n'avait pas fermé
les yeux.
« Je vous ai menti, tout à l'heure, Hubert, chuchota-t-elle en prenant
le verre. A propos d'Amandine... »
Il se rassit dans sa chaise longue, à regret, et se consola de ne plus
voir son sexe en reluquant ses petits nichons. A en juger par leur pâleur, elle
ne devait pas les mettre souvent au soleil. Les mamelons érigés pointaient
de façon effrontée.
« Elle ne viendra pas avant cinq heures... cela nous laisse encore
deux heures de tête-à-tête. Voyez-vous, elle m'a tellement parlé de vous que
je suis venue exprès à l'avance : j'étais curieuse de voir cet oiseau rare de
plus près ! Vous n'êtes pas fâché, au moins ? »
Il fit non de la tête, sans quitter sa poitrine des yeux.
« J'aimerais bien profiter complètement du soleil, Hubert, cela ne
vous choquera pas trop si je remonte ma jupe ? »
Elle se taquina le bout d'un mamelon avec l'index, le faisant rouler
doucement dessous.
« Vous n'allez pas regarder mes organes d'une façon gênante, si je
retrousse ma jupe, Hubert ? »
Il fit encore non de la tête avec brusquerie ; son sourire crispé lui
donnait l'air fourbe d'un petit garçon qui s'apprête à faire une bêtise.
« Vous êtes sûre qu'Amandine ne doit pas venir avant cinq heures ?
» demanda-t-il.
« Certaine ! Vous n'avez rien à craindre. Je serais rhabillée, quand
elle reviendra. Je sais qu'elle est très jalouse ! »
Elle retroussa alors sa jupe au-dessus de son ventre, et les poils de
son sexe apparurent au soleil. Elle écarta les cuisses, en pliant les genoux, et
les lèvres gonflées de la vulve se séparèrent.
« J'ai vraiment un sexe très particulier, vous savez, Hubert. Il est
toujours ouvert, vous avez vu ? Oh, c'est trop indécent... je ne peux pas... »
Elle rabaissa sa jupe, cachant l'objet velu. Un tic secoua la paupière
gauche d'Hubert.
« Voyons, fit-il d'une voix rauque, ne soyez pas sotte ! Si vous avez
envie de le mettre au soleil, faites-le ! J'ai déjà vu des sexes de femme, vous
savez ! Ce ne sera pas le premier ! »
« Oh, je le sais que vous êtes un véritable don Juan. Amandine m'a
assez parlé de vos exploits passés ! Mais c'est que mon sexe à moi est si «
particulier »... Parfois même (elle baissa la voix), quand je le regarde dans
la glace, je le trouve obscène ! »
Avec une moue coquette, elle retroussa à nouveau sa jupe, très
lentement, cette fois. Son gros sexe charnu était entièrement ouvert, et les
guenilles dépliées des petites lèvres dépassaient, légèrement baveuses,
comme les extrémités roses d'une langue bifide.
« Quand j'étais petite, j'avais honte d'avoir les petites lèvres si
développées. Je me croyais anormale ! Figurez-vous que je m'étais mis en
tête qu'elles pendaient comme ça parce que je me masturbais trop. Alors, le
soir, après m'être branlée, je les rentrais dans la fente avec mes doigts, et je
poussais très fort ! On est bête, quand on est gosse ! »
Sous les yeux fascinés d'Hubert, le calice de la vulve continuait à
s'écarquiller lentement, de lui-même, semblait-il, comme une grosse huître
de chair lascive s'offrant aux caresses du soleil.
« Comme vous le regardez, Hubert ! Cela me gêne, vous savez ?
minauda Marie-Hélène, en écartant ses cuisses le plus possible, faisant
bâiller outrageusement la fissure de chair cernée de poils humides. Vous ne
le quittez pas des yeux ! »
Entre les lèvres poilues, les nymphes se disjoignirent.
« Il paraît que c'est très bon pour les muqueuses, le soleil, murmura
Marie-Hélène. Du moins, c'est ce qu'on dit... en tout cas... il faut reconnaître
que c'est assez excitant, érotiquement parlant... »
Elle appuya d'un doigt sur le bord de son sexe, aplatissant une
grosse lèvre pour faire saillir la gousse fendue des nymphes.
« Vous vous demandez si je suis vierge, hein ? Je le vois bien à la
façon dont vous regardez ma fente ! Eh bien, non, je ne suis pas aussi sage
que votre fiancée, Hubert. Moi, je suis une fille dévergondée. Voyez donc :
je suis complètement ouverte, en bas ! »
Entre deux doigts en fourchette, les ongles dirigés vers le bas, elle
fit bâiller l'ouverture humide de son vagin. Hubert se pencha pour mieux la
voir s'arrondir.
« Je me sens honteuse de vous montrer mon sexe, comme ça ! se
plaignit-elle hypocritement. Je sais que c'est pour prendre un bain de soleil,
mais c'est gênant... Je suis quasiment nue, et vous, vous êtes tout habillé... »
Elle avait pris une voix faussement dolente, mais elle n'en continuait
pas moins à écarter sa vulve de ses doigts. Brillant au soleil, un mince filet
de mouille suintait de son vagin.
« Vous voulez (la voix d'Hubert était épaisse comme celle d'un
homme ivre) que je... (il eut un geste vague vers ses jambes)... retire mon
pantalon... pour prendre un bain de soleil avec vous ? »
« Non, ne le retirez pas entièrement... faites comme moi... ouvrez-le
simplement... comme ça, si quelqu'un arrive... »
Il acquiesça et déboutonna sa braguette. Il jeta un coup d'œil vers la
maison, mais si quelqu'un s'y trouvait, il ne pourrait voir d'eux que l'arrière
de leurs chaises longues. Il glissa deux doigts dans son pantalon et fit
émerger la tige pâle de son pénis. Le prépuce était rabattu sur le gland ; son
sexe, ainsi recouvert, ressemblait à celui d'un petit garçon, sauf qu'il était
nettement plus gros. Il acheva de tout extirper, ses couilles s'étalèrent, toutes
gonflées, sous leur duvet blond, pareilles à deux grosses pêches. Elle se
pencha sur lui pour mieux voir. Ils partageaient la même sale excitation,
comme deux enfants qui se montrent mutuellement leurs zizis pour la
première fois.
« Faites sortir le gland, murmura Marie-Hélène. Faites-lui prendre le
soleil... comme moi... c'est très bon pour les muqueuses, le soleil... »
Le fiancé d'Amandine pinça la base de sa verge et tira dessus. La
peau coulissa et la chair rose vif du gland jaillit du prépuce. En s'exhibant
ainsi, Hubert avait un sourire crispé.
« Voilà, fit-il, vous êtes contente ? »
Il tenait dans la main son sexe décalotté et montrait le gland dénudé
à la jeune fille. Elle hocha la tête, ravie.
« Oui... c'est très bien, comme ça ! Vous êtes vraiment un vilain petit
garçon, Hubert ! Un très vilain petit garçon ! Et moi, je suis une vilaine
petite fille... Très, très vilaine ! D'ailleurs, regardez, je vais faire comme
vous. Je vais faire sortir mon gland à moi... »
Ce fut au tour d'Hubert de se pencher entre les cuisses de
l'adolescente ; du bout des doigts, Marie-Hélène aplatit sa vulve, tirant les
lèvres vers le haut, et toute la pulpe se gonfla entre les replis. Du bout de
deux doigts, de chaque côté, comme si elle pressait un point noir, elle
appuya sur la muqueuse et le gland minuscule du clitoris émergea.
« J'ai un gros gland, hein, pour une fille, Hubert, vous ne trouvez pas
? C'est parce que je suis une vilaine fille... je me masturbe souvent... »
Du bout de l'index, elle titillait la petite pointe de chair durcie. La
mouille coulait entre ses fesses. Tout en se tripotant le clitoris du bout des
doigts, elle couvait d'un œil gourmand la queue érigée de son voisin.
« Vous avez un joli pénis, Hubert, on a déjà dû vous le dire, non ?
Mais je le trouve un peu blanc ! Vous ne le mettez donc jamais au soleil ?
Vous gardez votre slip, à la plage ? Oh permettez-moi de le toucher, il est
trop mignon ! Juste pour me rendre compte... On dirait vraiment un pénis de
petit garçon... »
Elle prit délicatement en main la tige de chair durcie et la caressa
légèrement. Elle vit se crisper le visage d'Hubert. Elle tira sur la peau
comme il l'avait fait, pour faire saillir le gland.
« Il est drôlement rouge, votre gland, Hubert ! C'est parce que vous
êtes un vilain garçon. Je sais que vous vous faites souvent sucer par
Amandine, elle me l'a dit ! »
« Un très vilain garçon ! » répéta-t-elle, en faisant monter et
descendre sa main le long de la verge raide.
Elle pouffa soudain et pressa le mouvement. Hubert avait entrouvert
la bouche, ses mains se crispaient sur les accoudoirs de la chaise longue.
« Oh, chantonna moqueusement Marie-Hélène, le vilain garçon qui
se fait masturber par la meilleure amie de sa fiancée ! Eh bien, si elle
pouvait nous voir, la fiancée, elle serait édifiée, hein, Hubert ? »
Le jeune homme s'était raidi. Ses yeux hagards contemplaient
fixement la main qui lui enserrait le pénis.
« Il ne faudra pas le dire à Amandine, hein ? » chuchota Marie-
Hélène.
Hubert fit non de la tête.
« Ce sera notre secret, Hubert. On se masturbera en cachette d'elle,
vous voulez bien ? »
Il acquiesça du menton, fébrilement.
« Vous pouvez mettre votre doigt dans mon trou, si vous voulez,
Hubert. J'aime bien que les messieurs me mettent leur doigt dans le vagin,
surtout quand je suis toute mouillée, comme maintenant ! Leur doigt... ou
autre chose, bien sûr, puisque je ne suis pas vierge ! »
Sa main se crispa sur la verge d'Hubert ; lui s'était penché, et l'index
tendu, il visitait la fente humide de la vulve, à la recherche de l'orifice
vaginal. Dès qu'il l'eut trouvé, il introduisit son doigt entier dans le fourreau
de chair gluante. Marie-Hélène soupira d'aise.
« Oh, que j'aime ça, qu'on me mette le doigt dans le trou. Dans celui
de derrière aussi, d'ailleurs. Vous lui mettez le doigt dans le derrière, à
Amandine ? »
« Cela nous arrive... quand elle est très excitée... »
Son doigt la fouillait délicieusement, tout au fond.
« Vous pouvez me le mettre, si vous voulez. Moi, je suis toujours
très excitée... »
Elle remonta un genou, posa le pied sur le bord du siège. Hubert vit
paraître son petit anus marron, tout boursouflé. Sans retirer le doigt qu'il
avait logé en elle, il se servit de son autre main pour lui écarter les fesses.
En voyant l'anus se gonfler comme la corolle d'une anémone, il comprit
qu'elle poussait du dedans pour le lui offrir. Une petite tache rose, comme
un minuscule bouton de fleur, se forma au sein de la rondelle sépia. Il
appuya son doigt au centre de la cible et força sur la chair qui s'ouvrit
aussitôt. Il eut l'impression que le cul l'aspirait dans ses profondeurs moites.
Ils restèrent ainsi un long moment, haletants ; Hubert avec deux doigts
enfilés dans la chair de la jeune fille, et elle qui lui serrait le pénis de toutes
ses forces.
« J'ai envie de jouir par le vagin, Hubert... vous croyez qu'on
pourrait nous voir, de la maison ? »
« Il n'y a personne ! »
« Venez... levons-nous... on va le faire sur la table... j'aime bien
qu'on me le fasse sur une table... oh, j'en ai envie... »
Ils se levèrent précipitamment, lui, le sexe hors du pantalon, elle
troussant haut sa jupe. Ils tremblaient de la même fièvre mêlée d'angoisse.
Sans doute, tous deux pensaient à Amandine. Marie-Hélène se dressa sur la
pointe des pieds, tournant le dos à la table, et elle posa ses fesses dessus. Le
métal tiédi par le soleil les lui chauffa délicieusement. Hubert déplaça le
pichet. Elle écarta les cuisses et il vint se placer devant elle, entre ses
chevilles, tenant son pénis décapuchonné dans sa main droite. De la gauche,
il ouvrit la vulve de l'adolescente qui s'appuyait des deux mains sur la table,
derrière elle. Il fléchit les genoux et visa le vagin avec son gland. Elle
pencha la tête pour le regarder introduire son pénis dans sa chair. Leurs
fronts se cognèrent, mais cela ne les fit pas rire, ils étaient bien trop attentifs
à ce qui se passait au bas de leurs corps, aussi impatients de la pénétration
l'un et l'autre. Avec un râle étouffé, Hubert saisi à pleines mains les fesses
élastiques de sa partenaire et lui plongea sa queue tout au fond. Elle se
plaignit doucement, et lui agrippa les épaules.
« Oh, je la sens bien... je la sens bien au fond... c'est bien meilleur
qu'avec le doigt... et vos grosses couilles, je les sens aussi, contre moi... »
Elle suffoquait. Le plaisir devint si violent, tout à coup, qu'elle
perdit la tête, et s'entendit délirer, avec des mots crus, tous ces mots crus
que lui avait enseignés Penny et qui sortaient d'elle, dans ces moments,
comme s'ils remontaient du fond de l'enfance, lorsqu'elle se masturbait
devant son miroir. Elle aurait voulu se taire, elle ne pouvait pas, les mots les
plus sales se précipitaient hors de sa bouche, tandis qu'Hubert l'éventrait.
« C'est moi, cria-t-elle soudain, comme l'orgasme déferlait dans son
ventre, c'est moi qu'il faut que vous épousiez, Hubert, c'est moi la femme
qu'il vous faut ! Un vilain garçon, une vilaine fille, nous sommes faits pour
vivre ensemble ! »
« Oui, c'est une garce comme vous que je veux, avoua alors Hubert.
Une vraie salope... vous me laisserez vous enculer, Marie-Hélène ?
Amandine ne veut jamais ! »
« Bien sûr, mon chéri... avec moi, vous pourrez faire tout ce que
vous voudrez ! D'ailleurs, j'adore ça, qu'on m'encule ! Oh, comme je la sens
bien, mon chéri... poussez-la bien au fond ! Mais... vous me laisserez avoir
des amants, hein, quand nous serons mariés, Hubert ? Ne craignez rien, je
serai discrète... Et je vous raconterai tout ce que j'aurai fait avec eux ! Cela
vous excitera, vilain comme vous l'êtes ! D'ailleurs, je ne coucherai qu'avec
des hommes riches et influents qui pourront vous aider dans votre carrière !
»
Mais cette flambée de folie retomba dès qu'ils eurent joui, et,
soudain dégrisés, ils se dévisagèrent, comme s'ils ne comprenaient pas ce
qui s'était passé. Tout deux éprouvaient la même gêne affreuse de s'être
laissés aller à ce point, non pas tant d'avoir fait ce qu'ils venaient de faire,
mais d'avoir dit tout ce qu'ils avaient dit, dans le relâchement du plaisir.
Soudain honteux, le jeune homme qui respirait de façon précipitée,
se retira et secoua son pénis pour détacher les dernières gouttes de sperme.
Quant à Marie-Hélène, elle avait récupéré sa culotte dans son sac, et elle
expulsait dedans la semence épaisse qui engorgeait son vagin. Elle s'essuya
méticuleusement, pendant qu'Hubert refermait son pantalon, puis elle laissa
retomber sa jupe.
16 DÉPUCELAGE D'UNE FIANCÉE
VOLAGE
D'un pas hésitant, ils regagnèrent leurs chaises longues. Ils évitaient
de se regarder. Quand ils furent étendus, la première chose que fit Marie-
Hélène fut d'ouvrir son sac et de prendre ses cigarettes. Avec une froide
politesse, Hubert lui offrit du feu. Ils fumèrent en silence, les yeux fixés sur
la surface laquée du bassin. Il n'y avait pas un souffle de vent. Les bruits
lointains de la ville leur parvenaient faiblement, étouffés par le feuillage des
arbres.
« Je ne sais pas ce qui m'a pris, dit tout à coup Marie-Hélène, que le
silence prolongé du jeune homme vexait profondément ; d'habitude, je ne
suis pas comme ça ! »
Hubert gardait un silence morose.
« C'est sans doute le soleil... Je n'aurais pas dû prendre un bain de
soleil... »
Sa voix s'éteignait. Une amertume profonde l'envahissait.
Maintenant que ce fumier avait tiré son coup, il ne souhaitait qu'une chose,
bien sûr : qu'elle décampe. Elle pinça les lèvres et se promit de faire payer
chèrement à Isidore la goujaterie d'Hubert. Se consolant ainsi (elle le
fouetterait jusqu'au sang, ce triste connard, dès qu'elle serait rentrée), elle
écrasa sa cigarette dans le cendrier.
Du coin de l'œil, elle surprit Hubert qui consultait son bracelet-
montre. Sans doute le joli cœur se demandait-il pourquoi sa chérie tardait
tant. Elle eut un petit rire intérieur en pensant à ce qu'elle faisait, en ce
moment, sa dulcinée, avec Isidore. Une lueur méchante pétilla dans ses
yeux. Ah, c'était comme ça...
« C'est bizarre, quand même, qu'Amandine ne soit pas déjà arrivée !
» fit-elle.
« En effet ! » répondit sèchement Hubert.
Il la dévisagea de façon soupçonneuse. Fronçant les sourcils, comme
si une idée la traversait, Marie-Hélène ouvrit son sac et prit son agenda. Elle
tourna les pages, se figea, bouche bée.
« Mon Dieu, quelle idiote je suis ! Quelle étourdie ! »
« J'en étais sûr ! » grogna Hubert.
« J'ai confondu les deux jours. Sotte que je suis : j'avais oublié...
l'autre jour, quand j'ai noté notre rendez-vous, deux pages de mon agenda
s'étaient collées entre elles, je m'en suis aperçue en rentrant chez moi, en
voulant réparer mon erreur, j'ai dû en faire une autre : recopier le rendez-
vous de vendredi sur la page de mercredi ! C'est la seule explication ! »
Il ne l'écoutait plus. Il s'était levé, blême de contrariété. Elle ne lui
laissa pas le temps de réfléchir. Surtout, il ne fallait pas qu'il téléphone. Elle
se dressa d'un bond.
« Amandine est certainement chez moi, à l'heure actuelle ! Elle ne
doit plus rien y comprendre ! Il faut y aller immédiatement. Dépêchons-
nous, Hubert, je lui expliquerai tout... Raccompagnez-moi vite en voiture !
»
« Bien sûr, ajouta-t-elle, venimeuse, je ne lui dirai pas que vous
m'avez baisée, ne craignez rien ! »
Il pinça les lèvres et se dégagea, car elle l'avait pris familièrement
par le bras. Il marchait si vite qu'elle dut courir pour rester à son niveau. Il
ne lui ouvrit même pas la portière de la voiture.
A peine fut-elle assise, il démarra à fond.
Ils roulèrent ainsi en silence pendant quelques minutes. Marie-
Hélène observait le profil boudeur de son voisin. Elle éprouvait une
profonde satisfaction à l'idée de la tête qu'il ferait en découvrant
qu'Amandine ne valait guère mieux qu'elle. Et du fond de sa rage, une
résolution naissait en elle, il lui fallait Hubert, elle en avait envie, comme
d'un jouet très cher, et elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour l'avoir, que
cela lui plaise ou non, à lui. Réconfortée par cette résolution, elle lui toucha
le bras.
« Ne roulez pas si vite, imbécile ; je ne tiens pas à avoir un accident
!»
Surpris par son changement de ton, il ralentit, malgré lui, et lui
décocha un coup d'œil en biais.
« Vous allez la retrouver, votre chérie, elle n'est pas perdue. Et ne
craignez rien... elle ne saura rien... »
Elle le vit respirer.
« ... si vous vous conduisez correctement avec moi, bien sûr ! »
Il lui lança un nouveau regard oblique. Le ton doucereusement
menaçant qu'elle avait adopté ne lui avait pas échappé.
« Comment ça... correctement ? C'est vous qui m'avez provoqué ! »
« Et j'ai bien l'intention de continuer, tant que ça m'amusera.
Ralentissez encore... »
Il leva le pied de l'accélérateur. Ils n'étaient plus très loin de la
maison de Marie-Hélène.
« Garez-vous un instant ici... Il faut que je me remaquille. Si je n'ai
pas de rouge à lèvres, Amandine va comprendre que vous m'avez
embrassée, ou pire encore... »
Il arrêta la voiture contre le trottoir. Dans ce quartier résidentiel, les
passants étaient rares, et cela avait donné une idée à Marie-Hélène. Elle se
rougit soigneusement les lèvres, puis se tourna vers le jeune homme. Elle
fut satisfaite de l'expression inquiète qu'elle lui vit.
« Vous préférez que je dise la vérité à Amandine ? » le menaça-t-
elle.
Penaud, il fit non de la tête.
« Après tout, ce n'était qu'un vulgaire caprice charnel sans
importance, hein ? Je suis une fille facile, vous savez, je suis comme ça
avec tous les hommes. Loin de moi l'idée de vouloir m'immiscer entre
Amandine et vous ! »
Il parut soulagé et esquissa un geste vers le volant.
« C'est de votre faute, aussi, vilain garçon ! fit-elle en reprenant la
voix mièvre aux intonations minaudantes chargées d'arrière-pensées
sexuelles, qu'elle avait employée dans le jardin. Il ne fallait pas me laisser
toucher votre joli pénis ! Mais vous en aviez envie, hein ? Qu'on vous le
tripote, vilain garçon ! Tous les vilains garçons veulent qu'on leur touche le
pénis ! »
Agacé, mais inquiet, Hubert n'osait visiblement pas la rabrouer.
Narquoise, elle se rapprocha de lui et, sans façon, lui posa la main entre les
cuisses pour étreindre sa virilité à travers le pantalon. La surprise le fit
sursauter et il jeta un coup d'œil alarmé vers le trottoir.
« Ne craignez rien, j'ai l'habitude de branler mes copains dans le
coin, dit Marie-Hélène, en lui palpant la verge. Si quelqu'un vient, je
reprendrai mes distances... Laissez-vous faire, si vous ne voulez pas que je
dise à votre petite chérie à quel point vous êtes un vilain garçon ! J'ai envie
de m'amuser encore un peu avec votre pénis ! »
Hubert avait beau afficher un air revêche, sa verge ne restait pas
insensible aux palpations impudentes de Marie-Hélène. Du coup, alors
qu'elle n'avait voulu que l'humilier, l'envie lui revint de le masturber pour de
bon, et, fébrilement, elle déboutonna la braguette.
« Vous êtes folle... »
« Chut... pas un mot... ou je dis tout à Amandine ! »
Elle glissa sa main dans l'ouverture de la braguette, écarta le slip, et
tira au-dehors la verge qui bandait mollement. Effaré, Hubert prit un journal
dans la pochette de la portière et le déploya au-dessus du volant, pour le cas
où un des rares passants s'aviserait de regarder dans la voiture.
« Il est intéressant, ce journal, vilain garçon ? » lui demanda
moqueusement Marie-Hélène.
Elle regardait le pénis qu'elle tenait avec un sentiment de triomphe.
Elle fit sortir le gland, puis rabattit la peau dessus, le fit sortir à nouveau.
« Alors, le vilain garçon se fait tripoter la quiquette ? Il aime ça ? Oh
voui, il aime beaucoup ça, c'est un très vilain garçon ! »
Elle se mit à le branler à toute vitesse. Il bandait maintenant comme
un âne.
« Arrêtez... je vais éjaculer... » chuchota Hubert d'une voix
qu'enrouait l'imminence du plaisir.
« Dans la bouche... faites-le dans ma bouche... »
Il souleva le journal pour lui permettre de se baisser. L'odeur de
marée de son gland irrité par la masturbation à sec envahit délicieusement
les narines de Marie-Hélène. Elle l'engloutit dans sa bouche et à nouveau,
comme le jour où elle l'avait sucé dans la chambre d'Amandine, alors qu'il
avait les yeux bandés, elle éprouva le même plaisir extrême. Il lui avait posé
une main sur la nuque et il se cambrait pour qu'elle l'avale bien. Elle faisait
tourner la langue autour du gland et le tétait de toutes ses forces, avec
l'avidité d'un nouveau-né au sein de sa mère. Elle l'entendit râler et un jet
fade lui emplit la bouche. Quand il eut fini d'éjaculer et qu'elle eut tout
avalé, elle lui mordilla le gland par jeu, puis elle se redressa, les lèvres
humides, les yeux pleins de langueur.
« Et maintenant, allons retrouver Amandine, Casanova ! Et n'oubliez
pas nos conventions. Si vous ne voulez pas qu'elle sache quelle crapule
vous êtes, il va falloir filer doux ! Et me donner ce que je veux, chaque fois
que je le demanderai ! »
Pour qu'il n'y ait pas la moindre équivoque à ce sujet, elle lui
empoigna à nouveau le sexe à travers le pantalon qu'il venait de refermer, et
il se laissa faire sans réagir. Elle laissa sa main là, le palpant doucement,
pendant toute la fin du trajet. Une joie profonde naissait en elle en voyant à
quel point il paraissait dompté. Si elle manœuvrait bien, elle pourrait avoir
un autre esclave. Et celui-là, ce serait beaucoup plus amusant de le dresser
qu'Isidore. Un esclave pareil, elle serait même capable de l'épouser !
Mais pour y parvenir, elle devrait auparavant écarter sa rivale. Et
c'est bien dans cette intention qu'elle avait emmené Hubert.
« J'ai une idée, fit-elle en descendant de voiture. On va lui faire une
surprise ! Quelle tête elle va faire, quand elle va voir que vous êtes avec
moi ! »
Elle grimpa les marches du perron et ouvrit avec sa clef. Hubert
entra derrière elle.
« C'est le jour de sortie de ma bonne, chuchota Marie-Hélène.
Venez... je crois savoir où nous allons les trouver ! » « Les ? Qui ça, les ? »
releva Hubert.
Elle lui fit signe de parler plus bas et l'entraîna vers la bibliothèque.
Comme ils s'en rapprochaient, sans faire de bruit sur l'épaisse moquette du
corridor, ils perçurent les gémissements d'une voix féminine
qu'accompagnaient les râles satisfaits d'une voix indubitablement
masculine.
Marie-Hélène, triomphante, vit pâlir Hubert. La voix féminine, ils
l'avaient reconnue tous les deux, était celle d'Amandine. Et ses plaintes ne
laissaient aucun doute sur la nature de ses émotions. Elles avaient, ces
plaintes, quelque chose de rythmique, de saccadé, elles s'enflaient et
décroissaient brusquement, pour remonter aussitôt, de plus en plus en plus
aiguës.
Immobiles derrière la porte, Hubert et Marie-Hélène se
contemplaient.
« Cet homme... qui est-ce ? » demanda le jeune homme, qui avait
verdi.
« Oh, ne vous souciez pas de lui ! répondit-elle nonchalamment.
C'est juste un instrument de plaisir... »
Avec un sourire fielleux, elle abaissa la poignée de la porte et fit
signe à Hubert d'entrer. Elle voulait qu'il soit le premier à découvrir
l'étendue de son infortune.
Il fut tellement sidéré par le spectacle, qu'elle dut le pousser pour
entrer à son tour. Et que vit-elle alors ?
Leur tournant le dos, Amandine, nue comme un ver, assise à
califourchon sur les jambes de Me Bollard, le tenait fermement par les
épaules. Elle montait et descendait, en se plaignant langoureusement. Le
pénis du père de Marie-Hélène coulissait dans son vagin.
« A dada... à dada... à dada... plus vite... » haletait l'avocat, tout en
lui claquant les fesses ; et l'adolescente pressait le train : son derrière dodu,
embrasé par une fessée récente, montait et descendait de plus en plus vite,
tandis que la verge plongée dans son vagin faisait entendre des bruits
liquides. Hubert et Marie-Hélène, aussi pétrifiés de surprise l'un que l'autre,
mais pour des raisons diverses, pouvaient voir les fesses roses de la jeune
fille s'ouvrir impudiquement, révélant une fente de chair blanche verticale
qu'avaient épargnée les claques. Au creux de ce sillon, l'anus écarquillait
son auréole brune sur une petite corolle rose et fripée.
Il était évident, à en juger par son diamètre, que cet orifice-là aussi
avait été généreusement utilisé. Mais c'est bien dans le vagin de la jeune
fille, en ce moment, que coulissait le pénis du père de Marie-Hélène.
« Tu aimes ça, hein, petite coquine, jouer à dada ? » grognait
l'avocat.
« Oh oui, oui... » sanglotait Amandine.
« Tu sais que tu es une vilaine fille ? »
« Oui... une très vilaine fille ! »
« Une sale gamine qui mérite une autre fessée... haleta l'avocat, en
lui claquant l'arrière-train des deux mains. Pas vrai ? »
« Oh oui, maître, donnez-moi la fessée... plus fort ! »
Les deux amants étaient tellement pris par leur badinage, qu'ils ne
virent pas approcher les intrus.
« Bravo, papa ! s'écria Marie-Hélène, qui, pour une raison qui lui
échappait, était en proie à une rage démente. C'est maman qui va être
contente en apprenant ça ! »
Poussant un cri perçant, Amandine se retourna... et découvrit
Hubert.
« Oh mon Dieu... Hube... mais que fais-tu là ? »
« Et toi ? »
Assommée de stupeur, la jeune fille voulut parler, et n'y parvint pas ;
clouée sur la verge de l'avocat, elle le chevauchait toujours de la même
façon impudente ; sans réfléchir, n'arrivant pas à s'exprimer, elle tendit une
main suppliante vers son fiancé. Celui-ci, les lèvres pincées, la lui prit au
vol, et, avant qu'elle ait réalisé ce qu'il voulait faire, il pinça entre deux
doigts la bague de fiançailles ornée d'un diamant qu'il lui avait offerte, et il
la retira.
Elle poussa un cri strident et voulut se lever, mais n'y parvint pas,
car l'avocat la tenait toujours par les hanches. Bousculant au passage Marie-
Hélène, le fiancé bafoué se rua dehors, emportant la bague.
« Je crois bien que tes fiançailles sont rompues, ma chère ! dit avec
une satisfaction visible Marie-Hélène, en entendant gronder furieusement le
moteur de la Mazda. Quant à toi, papa, mes félicitations, je vois que tu
aimes les fruits verts ! Je vous laisse finir sans moi... »
Mais alors qu'elle sortait, sa mère entrait dans l'appartement. Elles se
dévisagèrent.
« Eh bien, qu'as-tu à faire cette tête ? » demanda Mme Bollard.
« Papa... Oh, maman, c'est affreux... n'entre pas... surtout n'entre
pas... »
Croyant à un accident, Mme Bollard s'élança dans la bibliothèque.
Toute guillerette, Marie-Hélène monta dans sa chambre et s'enferma pour
les laisser régler leurs affaires ensemble. Cela ne la concernait plus.
Dans la nuit, sa mère vint la trouver. Elle avait les yeux rouges. Elle
lui apprit qu'elle allait divorcer. Quant à Amandine, ses parents, prévenus
par téléphone de son inconduite, et fort contrariés par la rupture des
fiançailles, avaient décidé de l'expédier à Saint-Estèphe pour s'y faire
oublier un peu. Marie-Hélène ne put s'empêcher de grimacer en apprenant
cela. Le collège pour jeunes filles de Saint-Estèphe était une institution
privée spécialisée dans la formation des futures épouses. La rumeur
publique prétendait que la directrice menait la vie dure à ses élèves.
Amandine n'allait pas s'amuser tous les jours.
« Hubert ne veut plus entendre parler d'elle, lui dit Mme Bollard. Et
je le comprends, je partage ses sentiments. Et toi, avec qui veux-tu vivre en
attendant ta majorité ? Ton père ou moi ? »
« Avec toi, maman chérie. Je ne veux plus entendre parler de papa !
Quelle horreur... coucher avec une fille de mon âge ! »
La mère et la fille tombèrent dans les bras l'une de l'autre, et Marie-
Hélène se montra très tendre avec la femme bafouée, la consolant de son
mieux.
Tout en la berçant, elle songeait à Hubert.
Il était libre, rien ne s'opposait plus à ce qu'elle lui mette le grappin
dessus !
17 LA CONFESSION D'ISIDORE
C'est par Isidore, le lendemain, qu'elle apprit ce qui s'était passé.
Elle lui téléphona en douce de sa chambre et lui donna rendez-vous dans un
jardin public, non loin de la maison. Et là, sur un banc à l'écart, l'assistant
de son père lui fit un compte rendu détaillé des événements.
« Tout d'abord, mademoiselle Amandine s'est montrée fort
contrariée que vous ne soyez pas chez vous. J'ai eu beau lui expliquer,
comme vous me l'aviez recommandé, que votre absence serait de courte
durée, elle ne décolérait pas. J'ai bien cru qu'elle ne voudrait pas même
entrer ; elle restait là, plantée sur le seuil, les sourcils froncés, à marmonner,
que mademoiselle me pardonne, des expressions très désobligeantes
concernant mademoiselle ! Heureusement, quelqu'un est entré dans
l'immeuble. En entendant battre la porte d'entrée, mademoiselle Amandine,
qui ne souhaitait sans doute pas être vue en ma compagnie, m'a bousculé
impoliment et s'est précipitée dans l'appartement. J'ai refermé la porte
derrière elle. Nous sommes restés dans le couloir, à nous regarder. C'est-à-
dire que mademoiselle Amandine me regardait et moi, je baissais les yeux,
comme vous m'avez appris à le faire quand je remplace la bonne. »
Assis du bout des fesses sur le banc où se prélassait Marie-Hélène,
Isidore esquissa un sourire contrit.
« Continuez. »
« Eh bien, m'a dit mademoiselle Amandine, qu'est-ce que vous
faites, planté là, comme une asperge ? Conduisez-moi donc au salon.
N'êtes-vous pas la bonne ? »
« Vous étiez en tenue ? »
Les joues de l'assistant s'ornèrent de deux taches roses, et il décroisa
ses jambes pour les croiser dans l'autre sens. Amusée, Marie-Hélène
remarqua qu'il s'efforçait de dissimuler une érection naissante à l'aide du
journal qu'il avait emporté pour faire semblant de le lire.
« J'avais, en effet, dit-il, avec un air de grande dignité
particulièrement comique, revêtu, ainsi que mademoiselle l'exige, la jupe de
la bonne. Je portais son corsage en dentelle et un petit tablier. J'avais
également les souliers à talon haut que Mademoiselle a achetés aux puces
pour... nos cérémonies... »
« Vous étiez maquillé ? »
« Non, mademoiselle. J'étais sur le point de le faire quand
mademoiselle Amandine est arrivée, elle était en avance, sans doute
impatiente de... jouer avec nous. »
Il se racla la gorge et glissa un coup d'œil aux jambes de sa voisine.
Il bandait nettement, maintenant, cela se voyait, en dépit du journal.
« Et sous votre jupe, que portiez-vous ? »
« Rien, mademoiselle. Absolument rien... J'ai suivi parfaitement les
instructions de mademoiselle. »
« Etiez-vous excité ? »
« Le fait est... Mademoiselle connaît mon infirmité... elle sait très
bien ce que c'est... ces choses-là ne se commandent pas... j'avais... j'avais un
afflux de testostérone... me sentir ainsi, avec mes parties à l'air sous cette
jupe, et savoir ce que mademoiselle Amandine allait... allait me faire... »
Il se tut et crispa ses mains sur son journal. Un couple enlacé passa
devant eux ; un militaire et une bonniche, selon toute apparence, qui se
bécotaient en marchant. Ils attendirent que les tourtereaux aient tourné dans
une allée latérale pour reprendre leur conversation.
« Racontez-moi tout, Isidore... Sans rien omettre... »
« Eh bien, ainsi que je vous le disais, votre amie m'a demandé de la
conduire au salon. Une fois là, elle s'est assise et a exigé que je lui serve le
thé. J'ai préparé le thé dans la cuisine et je suis venu le lui servir, en portant
le plateau. J'avais du mal à marcher à cause des talons hauts, et pour tout
dire, j'étais affreusement ridicule. J'ai bien vu que cela amusait
mademoiselle Amandine. Pendant que je versais le thé, elle regardait mes
jambes. Elle m'a dit que j'étais trop poilu pour faire la bonne, qu'il faudrait
me passer une crème dépilatoire sur les mollets ; que cela faisait mauvais
genre, de porter une jupe avec des jambes velues ; que cela me donnait l'air,
que mademoiselle me pardonne, d'un travelo.
« Moi, j'écoutais en hochant la tête ; comment aurais-je pu me
passer une crème dépilatoire, étant marié ? Voilà ce que je me disais.
Comment aurais-je pu expliquer cela à ma femme ? Il y a des choses que je
peux faire, et d'autres pas. Je l'ai fait très respectueusement observer à
mademoiselle Amandine. Elle m'a coupé la parole :
— Si nous voulons vous épiler, nous vous épilerons. Vos affaires de
ménage ne nous concernent pas.
« Et sans me laisser le temps de plaider ma cause, elle a ajouté :
— D'ailleurs, nous allons commencer tout de suite... et par le
principal. Retroussez votre jupe. »
Marie-Hélène comprima son pubis entre ses cuisses. Elle imaginait
la scène, mais la faire raconter par Isidore ajoutait encore du piquant à la
chose.
« Vous bandez, Isidore ? » chuchota-t-elle, tout en regardant passer
une mère accompagnée de sa fillette.
« Affreusement, mademoiselle... J'ai une grosse montée
d'hormones... »
« Faites voir, soulevez votre journal... »
Subrepticement, l'assistant obtempéra révélant la bosse qui
déformait son pantalon. Elle se rapprocha, mine de rien, et lui ordonna
d'ouvrir sa braguette. Fébrile, il s'exécuta, et laissa sortir son gros appendice
blafard dont l'extrémité rosâtre émergeait partiellement du prépuce. Pour le
cacher aux éventuels promeneurs, il s'empressa de déployer à nouveau le
journal sur son ventre et ses cuisses. A cause du journal, Marie-Hélène, se
souvenant de la pine blanche d'Hubert, quand elle l'avait masturbé dans la
Mazda, se sentait tout émoustillée. Elle glissa sa main sous le papier et
s'empara de la queue d'Isidore.
Elle le décalotta et s'amusa à tripoter le gland entre le pouce et
l'index. Cependant, Isidore avait repris son récit, d'une voix qui chevrotait
quelque peu.
« J'ai donc retroussé ma jupe, comme mademoiselle Amandine me
l'ordonnait. Elle était assise dans un fauteuil, et moi, debout devant elle, je
relevais ma jupe par-devant afin de lui proposer mes parties sexuelles.
Mademoiselle me connaît, c'est maladif, chez moi... Je ne lui cacherai pas
qu'en dépit de la gêne que j'éprouvais... j'avais tout d'un chien en rut.
« Ce fut loin de déplaire à mademoiselle Amandine qui m'a soupesé
les testicules. Puis elle s'est mise à me masturber de l'autre main. Elle me
masturbait très vite, vous savez, comme elle fait quand elle a envie de me
taquiner, et de temps en temps, elle observait mon visage en riant aux
éclats. Quand elle voyait, à mes grimaces, que j'étais sur le point d'éjaculer,
elle ralentissait, et elle me... me... enfin, comme vous faites en ce moment...
elle me taquinait le gland, si j'ose m'exprimer ainsi...
— Avez-vous envie que je le prenne dans ma bouche ? m'at-elle
demandé, en faisant sortir le gland très violemment, me faisant un peu mal.
J'ai fait oui de la tête. Elle a bu une gorgée de thé et elle m'a tiré par
le pénis. J'ai dû écarter les jambes pour enjamber les siennes et j'ai avancé
le ventre pour lui tendre... ce qu'elle voulait sucer. Elle m'a pris à deux
mains, par les testicules et par la verge, et m'a léché le gland. Puis elle s'est
mise à me téter. De temps en temps, elle s'interrompait pour avaler une
gorgée de thé. A un moment, j'ai senti que cela venait, et je le lui ai dit. Elle
a continué à me sucer comme si de rien n'était. J'essayais de me retenir le
plus possible, mais la force humaine a des limites. Tout à coup, j'ai eu
comme une grande décharge dans les reins et, que mademoiselle me
pardonne... j'ai tout envoyé dans sa bouche. »
« Eh bien, continuez, qu'est-ce que vous attendez ? »
« C'est que ce que vous me faites m'empêche d'avoir les idées bien
claires, mademoiselle... Sans vouloir vous offenser... »
Excitée par le récit d'Isidore, Marie-Hélène lui griffait méchamment
le gland, sous le journal.
« J'ai donc éjaculé dans sa bouche, reprit Isidore, et le plaisir était si
fort que j'ai eu un pincement au cœur et des sueurs froides. Elle continuait à
aspirer très fort, j'avais l'impression de me vider entièrement de toute ma
substance. Puis, quand il n'y a plus rien eu à tirer... de moi, elle m'a libéré,
et, avec une grimace dégoûtée, elle a tout recraché dans la tasse où restait
un fond de thé. Elle... elle a remué ce mélange avec sa cuiller... elle a ajouté
du sucre... et elle... elle m'a demandé de... de le boire ! Oh, c'était
répugnant, mademoiselle, vraiment répugnant... Mais j'ai tout bu, d'un coup,
pour m'en débarrasser.
— Parfait, m'a dit alors l'amie de mademoiselle, maintenant que
vous vous êtes vidé les couilles, nous allons pouvoir nous occuper de vos
poils !
« Cela ne lui était pas sorti de l'esprit ! Bon gré mal gré, il a donc
fallu que j'aille chercher dans la salle de bains un rasoir jetable, une paire de
ciseaux, et une bombe à raser. Elle a exigé que je me couche sur la table du
salon et que j'écarte les cuisses en relevant les genoux. Elle a commencé à
retirer le plus gros avec les ciseaux ; puis elle m'a enduit toute la région
sexuelle avec de la crème à raser, et elle a commencé à me raser les
testicules. Ensuite, elle m'a rasé le pubis entièrement. Et enfin, elle m'a
écarté les fesses, et m'a même rasé les poils de cette partie du corps. »
Marie-Hélène en croyait à peine ses oreilles.
« Qu'est-ce que j'entends, Isidore ? Dois-je croire... que vous êtes...
absolument chauve ? »
« Absolument, mademoiselle... c'est terriblement gênant, comme
vous pouvez vous en douter... cela donne une sensation de nudité
extrêmement embarrassante... Et j'ai dû inventer une histoire abracadabrante
pour ma femme... Comme quoi j'avais attrapé des poux de corps en allant
aux toilettes du tribunal après un détenu... »
Dans la main de Marie-Hélène la verge noueuse eut un soubresaut
violent. Impatiente, elle glissa sa main dans le pantalon. Se protégeant tant
bien que mal à l'aide du journal, mais heureusement personne ne passait
dans l'allée à cet instant, l'assistant écarta les cuisses et elle put sentir en
effet que ses couilles étaient lisses, ainsi que la partie du bas-ventre qui se
trouvait au-dessus du sexe. Elle crispa les mains sur les gros œufs tièdes et
Isidore retint son souffle.
« Ensuite ? Une fois qu'elle vous eut rasé ? »
« Oh, mademoiselle, j'ose à peine le dire... elle a exigé que je circule
dans le salon, la jupe troussée très haut, et qu'en marchant, je me dandine
comme une femme pour faire se balancer mes parties maintenant imberbes.
C'était humiliant au possible, mais, vous connaissez les profondeurs de ma
dépravation : j'avoue que cela me faisait de l'effet. Et je n'ai pas tardé à
avoir une nouvelle érection. Alors, elle m'a ordonné de faire sortir mon
gland de mon prépuce, et de sautiller sur place, devant elle. Et, comme je ne
mettais pas assez d'empressement à lui obéir, elle a pris cette horrible
badine que mademoiselle connaît bien, et elle a commencé à m'en donner
des coups sur les fesses. Elle se tenait de profil, pour voir s'agiter mes
parties sexuelles, et elle me frappait de toutes ses forces en s'étranglant de
rire... J'essayais de ne pas crier, mais c'était difficile. Sans doute est-ce à
cause de cet état de folie lubrique où nous étions que nous avons relâché
notre vigilance, et que nous n'avons pas entendu votre père arriver.
« Maintenant, je dois dire à notre décharge qu'il a fait en sorte que
nous n'entendions rien. Pour ne rien cacher à mademoiselle, il se doutait de
quelque chose. Il me l'a laissé entendre ce matin. Les fréquentes visites de
votre amie coïncidant avec les jours de sortie de la bonne, le fait qu'il vous
trouvait souvent ensemble, toutes les deux, en train de chuchoter, et que
vous aviez l'air toutes gênées en le voyant arriver, cela avait éveillé sa
méfiance. A vrai dire, j'ai cru comprendre que ce n'était pas ce spectacle
qu'il s'attendait à voir. Il était à mille lieues de penser que je pouvais jouer
un rôle dans cette affaire. Je crois bien qu'il pensait que vous et votre amie
aviez des relations... comment dire... des relations de filles entre elles... Et
que c'est cela qu'il voulait surprendre. C'est pour ça qu'il est revenu à la
maison dans le courant de l'aprèsmidi, et qu'il est entré sans faire de bruit.
« Jugez de sa stupeur (le mot est faible) quand il m'a vu, affublé de
cette jupe ridicule, en train de me faire cingler les fesses par mademoiselle
Amandine tout habillée. Et quand je me suis retourné, et qu'il a vu mon sexe
rasé, en érection, avec le gland couvert de rouge... Ai-je dit à mademoiselle,
que son amie me l'avait maquillé ? Bref, ce fut encore pire. Il n'en croyait
pas ses yeux. Il restait planté sur le seuil, bouche bée. Mademoiselle
Amandine s'est levée d'un bond. J'ai cru qu'elle allait se trouver mal. Elle ne
savait plus ou se mettre. Moi-même, en m'empressant de baisser ma jupe,
j'étais au bord de l'évanouissement.
— On s'amuse bien, je vois, quand la bonne est de sortie, a lancé
votre père. Isidore, cette jupe vous va à ravir, mon ami. J'ignorais que vous
aviez ces talents... Mes félicitations !
« Que Mademoiselle me pardonne, à ce moment, mes nerfs ont
lâché, et j'ai tout avoué à votre père. »
« Comment, sursauta Marie-Hélène. Vous lui avez dit... »
« Je lui ai tout déballé, mademoiselle, ça faisait trop longtemps que
j'avais ça sur l'estomac, je lui ai dit que vous et votre amie m'aviez réduit en
esclavage. N'est-ce pas la vérité ? Je lui ai juré que cela n'était pas de mon
initiative. Mademoiselle doit comprendre : j'ai six enfants à nourrir, j'ai des
responsabilités. Et puis, j'étais tout ébranlé par la soudaine arrivée de
Monsieur... comme je vous l'ai dit, mes nerfs ont lâché ! »
« Et mon père ? Comment a-t-il pris la chose ? »
« Eh bien, vous n'allez pas me croire, mademoiselle : j'ai eu
l'impression que cela l'amusait ! Il a même dit, à un moment :
— Sacrée Marie-Hélène ! Finalement, c'est de moi qu'elle tient, la
coquine !
« Je ne cache pas que cela m'a coupé le sifflet. Il ne paraissait pas du
tout contrarié, loin de là ! Et quand j'ai eu fini de tout lui déballer, il s'est
adressé à Amandine qui avait écouté sans parler, la tête basse.
— Et que dirait ce cher Hubert, Mademoiselle Gourgandine, s'il
savait de quelle façon vous vous distrayez avec mon associé ? »
Ce jeu de mots paternel sur le nom d'Amandine arracha un maigre
sourire à Marie-Hélène. Machinalement, en dépit de la contrariété qu'elle
éprouvait en apprenant que son père était au courant de ses turpitudes, elle
continuait à flatter doucement la verge raide de l'assistant avec la paume de
sa main.
« A ces mots, votre amie s'est effondrée en larmes. Elle a eu une
véritable crise de nerfs.
— Tout est de la faute de Marie-Hélène, vous accusait-elle, c'est elle
qui m'a entraînée... et je crois comprendre pourquoi : elle a des vues sur
Hubert !
« Pleurant à chaudes larmes, elle s'est jetée à plat ventre sur le
canapé, et elle a caché son visage dans ses mains. Votre père m'a jeté un
coup d'œil, puis il a contemplé d'un air intéressé les fesses de votre amie qui
tressautaient au rythme de ses sanglots. Le spectacle n'avait pas l'air de lui
déplaire. Il s'est rapproché du canapé.
— Nous ne pouvons pas laisser une jeune personne dans la détresse,
pas vrai, Isidore ? m'a-t-il dit.
« Il s'est assis sur le canapé et a posé sa main sur les fesses de votre
amie. Voyant qu'elle continuait à pleurer, comme si elle ne se rendait
compte de rien, il s'est permis de les lui caresser. Si bouleversée qu'elle fût,
il était impossible qu'elle ne s'en rende pas compte, car ses caresses
n'avaient rien de paternel.
— Une vilaine fille qui s'amuse à de vilains jeux, et qui ne veut pas
que son futur mari le sache, cela donnerait des idées à un saint, et je ne suis
pas un saint, Isidore. Loin de là.
Savez-vous qu'il me vient une idée, mon cher associé ? Je vais vous
la confier, d'homme à homme.
« C'est à moi qu'il parlait, mais j'ai bien compris que c'était une
façon de s'adresser à mademoiselle Amandine par la bande, si j'ose
m'exprimer ainsi. Et elle aussi a dû le comprendre, car j'ai entendu ses
sanglots diminuer. Elle tendait l'oreille.
— Je vais vous dire ce que je vais faire, Isidore, a dit votre papa, en
passant son doigt de bas en haut, entre les fesses de mademoiselle
Amandine. Je vais téléphoner au jeune Hubert !
— Oh non, a supplié alors votre amie, sans se retourner Je vous en
supplie, monsieur Bollard... Maître Bollard... ne faites pas ça !
— Et pourquoi donc ? N'est-ce pas mon devoir de lui apprendre que
sa fiancée n'est qu'une chienne en chaleur, a demandé votre papa, en
repliant son doigt entre les fesses de mademoiselle Amandine, lui enfonçant
l'étoffe dans la raie. Pour quelle raison ne le mettrais-je pas au courant ?
« Il faisait doucement aller et venir son doigt entre les fesses de
votre amie. Et celle-ci ne réagissait pas... J'irais jusqu'à dire qu'elle se prêtait
à ces familiarités avec une passivité extrêmement louche.
— Bien sûr, si c'était avec moi qu'elle avait trompé son fiancé, je me
garderais bien de l'en avertir, a repris votre papa, en soulevant la robe de
Mademoiselle Amandine.
« Comme elle ne faisait toujours rien pour l'en empêcher, votre père
m'a adressé un clin d'œil et m'a montré les cuisses nues de Mademoiselle
Amandine. Elles étaient en train de s'éloigner lentement l'une de l'autre...
— Peut-être, après tout, a-t-il repris, qu'il n'est pas trop tard...
Supposons, Isidore, qu'il me vienne l'envie, à moi aussi, de folâtrer avec
cette impudique créature, dans ce cas, bien sûr, je n'aurais plus la moindre
raison de prévenir le jeune Hubert. Supposons qu'elle reste bien sage,
qu'elle me laisse faire gentiment...
« Tout en parlant ainsi, il retroussait l'étoffe au-dessus des fesses de
mademoiselle Amandine. J'ai vu qu'elle crispait ses mains sur le coussin
dans lequel elle avait enfoncé son visage pour pleurer.
— ... tout ce que j'aurais envie de lui faire, a continué votre père, en
continuant à retrousser la jupe.
« Mademoiselle Amandine ne réagissait toujours pas... Alors,
monsieur votre père, en prenant tout son temps, a saisi l'élastique de sa
culotte et lui a baissé celle-ci. La vue du cul nu de mademoiselle Amandine,
et son absence de réaction, lui ont arraché un large sourire.
— Quelle merveille, a fait votre papa, en passant ses deux mains sur
les fesses de votre amie. Vous avez vu comme c'est potelé à cet âge ?
Comme c'est joufflu ? Comme c'est ferme ?
« Pendant qu'il lui palpe les fesses, mademoiselle Amandine ne
pleure plus. Moi, je suis là, planté comme un imbécile, au milieu du salon.
Et voilà que votre papa, après avoir desserré sa cravate, écarte des deux
mains les fesses de votre amie pour regarder son anus. »
— Si cette jeune personne se laisse faire, Isidore... si elle se laisse
tout faire... alors... nous classerons cette affaire...
« Voilà ce que votre père me dit. Et tout en le disant, il sépare de la
main les genoux de votre amie. Elle ne lui offre pas la moindre résistance.
Avec une docilité pour le moins suspecte, elle le laisse lui ouvrir largement
les cuisses, si largement que même moi, qui étais debout, j'ai pu voir par-
derrière s'entrouvrir le sexe de votre amie. Je n'exagère pas, mademoiselle,
il bâillait tellement qu'on pouvait voir les petites lamelles roses, entre les
poils et le trou du vagin... »
— Joli petit con, a murmuré votre papa. On en mangerait, pas vrai,
Isidore ?
« Il a mis son doigt dans la fente, et il l'a fait monter et descendre,
afin de bien séparer les lèvres. Puis il a commencé à masturber votre amie.
Non seulement mademoiselle Amandine ne faisait absolument rien pour s'y
opposer, mais elle creusait les reins pour bien lui livrer ses secrets les plus
intimes. Vous la connaissez, mademoiselle, vous savez comment elle se
comporte lorsqu'elle a envie qu'on s'amuse avec ses parties, il ne faisait
aucun doute qu'elle y prenait goût. Alors, votre père a mouillé le doigt de
son autre main avec de la salive, et, sauf votre respect, il l'a introduit
profondément dans l'anus de votre amie. Là encore, pas le moindre sursaut
de pudeur ! Un simple soupir, mademoiselle ! En prenant tout son temps,
monsieur votre père faisait tourner son doigt en l'enfonçant, il le faisait
entrer bien au fond, le retirait, l'enfonçait à nouveau. Et mademoiselle
Amandine se contentait de soupirer... de plus en plus fort, il est vrai...
— Mettez-vous sur les genoux, petite chienne, lui a ordonné votre
papa. Donnez bien vos orifices... La femelle doit donner ses orifices au
mâle, ma chère ; c'est une loi de la nature ! Que cela mortifie ou non votre
sotte vanité !
« Votre amie, le visage toujours caché dans le coussin, a replié ses
genoux sous elle, et elle est restée comme ça, le derrière levé, les cuisses
écartées (comme elle fait, vous savez, quand nous nous livrons à nos
débauches et qu'elle a envie que vous lui mettiez la carotte dans l'anus, ou
que j'y enfile mon pénis, quand Mademoiselle me le permet). Bref, on lui
voyait donc entièrement les parties sexuelles, et le doigt de monsieur votre
père qui allait et venait dans la fente. Son autre doigt coulissait dans l'anus.
C'est de cette façon qu'il lui a donné son premier plaisir, elle n'a pas pu se
retenir, elle avait beau mordre le coussin, nous l'avons quand même
entendue gémir, et l'auteur de vos jours n'a pas caché sa satisfaction.
— Une chaude petite pouliche, hein, Isidore ? J'en étais sûr. Cela se
voit à leurs yeux ! Et à leur façon de tortiller le cul quand elles marchent
dans la rue. Regardez-moi celle-là, comme elle ouvre bien le sien !
« Il continuait à la masturber et à lui masser l'intérieur de l'anus.
Mademoiselle Amandine gémissait d'une voix de plus en plus aiguë ; vous
savez comment elle est quand la folie des sens la domine, elle jouissait et
elle pleurait en même temps.
— Vous ne le direz pas à Hube, c'est promis, Maître ? Vous ne lui
direz pas ?
« Votre père a paru très satisfait de l'entendre lui dire « Maître ».
— Je ne lui dirai rien... à une condition !
— Mais... ne vous ai-je pas laissé faire tout ce que vous vouliez ?
— Vous plaisantez ! Ce n'était que l'apéritif ! Maintenant que votre
appétit est ouvert... et pour être ouvert, il ne saurait l'être davantage, hein,
Isidore... Nous allons lui donner le plat de résistance... Restez ainsi... ne
bougez pas, surtout, le cul bien ouvert... c'est parfait !
« Il s'est déboutonné et a sorti son organe sexuel. Puis il a pris
mademoiselle Amandine par les hanches et il l'a tirée pour qu'elle soit au
bord du canapé. Après quoi, il a posé son gland entre les lèvres du sexe, et il
a commencé à pousser. Mademoiselle Amandine a crié très fort, et s'est
dégagée. Elle s'est mise debout. Elle était toute rouge.
— Pas devant... Je vous en prie, maître Bollard... pas devant... je
suis vierge...
« Mais votre papa n'a rien voulu savoir. Il s'est installé dans un
fauteuil et a pris le téléphone. Il a commencé à faire un numéro.
Mademoiselle Amandine s'est mise à pleurer. Et quand elle a vu qu'il
décrochait, elle s'est précipitée vers lui et l'a obligé à raccrocher.
— C'est entendu, je me laisserai faire... mais Hube va s'en
apercevoir, que lui raconterai-je ?
— Vous trouverez bien ! Dites-lui que vous êtes tombée de cheval...
il paraît que des filles se déflorent ainsi, par accident...
« Il a exigé qu'elle retire tous ses vêtements. Une fois qu'elle fut nue,
il lui dit d'aller et de venir, dans le salon, comme j'avais fait plus tôt ; je ne
cache pas à mademoiselle que c'était assez agréable, pour moi, de la voir,
toute honteuse, mais néanmoins excitée (exactement comme moi, après
qu'elle m'eut rasé les parties), déambuler dans le plus simple appareil sous
les yeux de deux hommes.
— Cela vous fait jouir, avouez-le, a dit votre père. Pas vrai, que ça
vous plaît, hypocrite salope, de montrer votre cul et vos nichons ?
« Mademoiselle Amandine a pincé les lèvres. Alors votre père lui a
ordonné de se tortiller en marchant, pour faire ballotter ses seins...
— Plus vite, criait-il, plus vite, petite salope, faites-les bien sauter...
« Enfin, il l'a obligée à venir devant lui et à écarter les cuisses pour
bien lui offrir son con de petite pouffiasse mondaine (je n'invente rien,
mademoiselle, ce sont les mots qu'il a employés). Et il le lui a fouillé avec
les doigts. Mademoiselle Amandine, toute rouge, fermait les yeux. Les
bouts de ses seins étaient tout raides. Votre père m'a montré ses doigts. Ils
étaient trempés.
— Vous avez vu ça, Isidore ? Une vraie fontaine !
« L'affaire était entendue. Mademoiselle Amandine répondait
maintenant aux attouchements les plus indiscrets de votre père, elle avançait
et reculait son bassin, pour mieux s'y prêter, puis, comme si elle n'y tenait
plus, elle a passé une jambe de chaque côté de celles de votre père, et elle a
commencé à se baisser. Je me suis déplacé pour mieux voir. Son vagin était
ouvert.
— Ça ne fera pas mal ?
— Tu vas te dépuceler toi-même... doucement... je ne bougerai pas...
« Elle a acquiescé et s'est accroupie. Votre père tenait son pénis bien
droit, comme un cierge. Elle a coiffé le gland avec son vagin. Une fois qu'il
fut dedans, elle a ouvert la bouche, l'air très sérieux. Je voyais qu'elle
tremblait. Votre père, comme elle hésitait, l'a alors prise par les hanches et
l'a obligée à s'asseoir sur lui, à califourchon. Toute la verge est entrée d'un
coup. Cela s'est fait si vite que votre amie ne l'a pas réalisé tout de suite.
Elle a baissé les yeux, incrédule, et elle a regardé ses poils et ceux de votre
père qui se touchaient.
— Oh... elle est toute dedans ? Je la sens bien... je n'ai pas eu mal...
»
Evidemment, songea Marie-Hélène, à force de se faire vérifier par
Hubert et son toubib, et de se faire tripoter par Isidore, les chairs avaient dû
s'assouplir.
« C'est alors que votre papa s'est souvenu de moi. Il a tiré
mademoiselle à lui, l'obligeant à se coucher presque sur lui, et il lui a écarté
les fesses.
— Il y a de la place pour deux, Isidore. Venez donc l'enculer, au lieu
de vous branler, imbécile.
« Je ne me le suis pas fait répéter. Je suis venu me placer derrière
votre amie, votre papa lui écartait les fesses, son anus était tout rond,
comme une petite bouche.
— Oh, c'est mal, qu'elle disait, vous profitez de moi, tous les deux...
de ma faiblesse...
« Mais ce n'était que des paroles, bien sûr, Mademoiselle la connaît,
car je n'ai pas eu besoin de forcer. A peine ai-je eu besoin de pousser, je suis
entré par-derrière aussi facilement que votre père par-devant.
— Une jeune fille charmante, hein, Isidore ? disait votre papa,
pendant que je la sodomisais. Elle donne son con et son cul... pas
contrariante, la jeune personne. Je sens que nous allons en faire notre petite
putain, Isidore. Qu'en dites-vous ? C'est elle, dorénavant, qui revêtira la
tenue de soubrette, les jours de sortie de la bonne ! Quant à ma fille, ne
craignez rien. Nous allons lui rabattre son caquet ! Un petit séjour à
l'institution de Saint-Estèphe lui remettra les idées en place. La directrice
saura lui enseigner que le rôle d'une femme est d'obéir, non pas de
commander ! »
« A Saint-Estèphe ? se récria Marie-Hélène. Vous êtes sûr ?
« Ce sont les paroles de votre père ! »
« Heureusement que ma mère veut divorcer ! se réjouit Marie-
Hélène, outrée. Oh, le salopard, quand je pense qu'il voulait se débarrasser
de moi pour avoir Amandine pour lui tout seul ! Je ne suis pas fâchée que
les choses se soient passées comme ça ! »
Elle écouta à peine la fin de l'histoire d'Isidore. Comme quoi, voyant
qu'Amandine était parfaitement domptée, Me Bollard avait congédié son
assistant afin de continuer à jouir tout seul de l'adolescente qui semblait
apprécier de plus en plus la pénétration vaginale.
« Je suis donc monté chez moi et ma femme m'a fait une scène parce
que j'étais resté plus longtemps absent que d'habitude. »
Marie-Hélène se souciait fort peu des problèmes conjugaux
d'Isidore. Elle avait bien autre chose en tête.
18 LE COUP DU TÉLÉPHONE
Maintenant qu'elle savait que son père n'ignorait plus rien du rôle
qu'elle avait joué dans l'asservissement sexuel d'Isidore, Marie-Hélène était
dans ses petits souliers. Mais contrairement à ses craintes, il ne chercha pas
à lui parler en particulier. Il paraissait même l'éviter ; sans doute, vu la
tournure des événements, n'était-il pas trop fier lui-même de ce qui s'était
passé et avait-il d'autres soucis en tête. Le divorce qu'exigeait sa femme
devait lui occuper suffisamment l'esprit. Toute la journée, il y eut des va-et-
vient entre la chambre de sa mère et celle de son père. Il y eut également de
longs conciliabules dans la bibliothèque. En fin d'après-midi, sa mère vint
trouver Marie-Hélène qui feignait de mettre de l'ordre dans ses affaires de
classe.
« Ton père et moi, nous allons chez le notaire pour signer des
papiers. C'est bien entendu, ma chérie, c'est avec moi que tu veux rester ? »
L'élan qu'eut Marie-Hélène pour se jeter dans les bras de sa mère
parut mettre du baume sur la vanité ulcérée de Mme Bollard, qui n'en
revenait pas d'avoir été trompée sous son propre toit avec une fille de l'âge
de la sienne. Pour rien au monde, Marie-Hélène n'aurait accepté de vivre
avec son père après ce qui s'était passé. Elle regarda par la fenêtre ses
parents monter dans la voiture et laissa retomber le rideau. Un sentiment de
liberté enflait soudain sa poitrine. Avec sa mère, elle aurait la vie douce ;
c'était une femme sans autorité ; elle pourrait sortir à sa guise et ne pas se
fouler, question études.
Elle descendit en chantonnant se faire un sandwich à la cuisine. Elle
était en train de le manger, quand on sonna à la porte. La bonne étant sortie
pour faire une course, Marie-Hélène alla ouvrir, et se trouva nez à nez avec
Isidore. Il avait un dossier sous son bras.
« Mon père n'est pas là, lui dit Marie-Hélène. Il est allé chez le
notaire, avec maman, pour... leur divorce. »
« Ah... parfaitement. Dans ce cas, vous lui remettrez ce dossier,
quand il reviendra. Il sait de quoi il s'agit... »
Marie-Hélène tendit la main pour prendre le dossier, puis se ravisa.
Une langueur venait de la prendre dans le ventre ; elle avait envie de sexe,
tout à coup.
« Entrez donc un instant », lui dit-elle, et elle s'écarta.
En théorie, plus rien n'obligeait Isidore à lui obéir ; elle n'avait plus
aucun moyen de le contraindre à quoi que ce soit puisque son père était au
courant de tout ; pourtant, le matin même, au parc, c'était déjà le cas, et il
l'avait laissée disposer de lui comme autrefois... Elle le vit hésiter, jeter un
coup d'œil vers l'étage.
« Rien qu'une minute, alors... Je dois aller à vêpres avec ma femme.
»
Il se faufila avec ses façons obséquieuses et se dirigea de lui-même
vers la bibliothèque. Dès qu'ils y furent entrés, ils se regardèrent en chiens
de faïence.
« Ainsi, vous allez vivre avec votre maman ? » dit Isidore.
« C'est exact. Nous allons déménager, elle et moi. Vous serez
débarrassé de ma présence ! Plus personne ne vous tyrannisera, Isidore.
Vous devez être content, non ? »
L'assistant esquissa un sourire gêné.
« Et puis, je me suis trouvé un fiancé, pour tout vous dire. Vous êtes
le premier à qui j'annonce la nouvelle ! »
« Ah bon ? »
« Eh oui, Isidore. Tout arrive. C'est la fin des enfantillages ! Il faut
se ranger... »
La jeune fille soupira, coquette. Elle surveillait son ancien esclave
du coin de l'œil. Il se trémoussait timidement, les yeux baissés.
« Puis-je vous demander une dernière chose, Isidore ? »
Il leva les yeux sur elle ; elle retrouva dans son regard cette
expression éperdue qui lui donnait un air de chien.
« Bien entendu... si c'est en mon pouvoir... »
« Montrez-moi une dernière fois votre sexe... je voudrais voir
comment il est, maintenant qu'Amandine vous a rasé ! »
L'assistant papillota des paupières et fronça les lèvres, comme une
vieille bigote.
« Voyons, mademoiselle, vous venez de le dire vous même... ces
enfantillages sont finis... »
Il semblait un peu vexé.
« Montrez-le-moi... si vous me le montrez, je vous montrerai le
mien une dernière fois ! »
« Dans ce cas, c'est différent... »
Isidore dégrafa sa ceinture ; puis il ouvrit son pantalon et sortit ses
parties sexuelles. Les œufs glabres de ses grosses couilles étaient
particulièrement hideux, pendant hors du pantalon noir. La verge blafarde
ressemblait à un énorme ver blanc, accroché au ventre lisse. Les poils, qui
commençaient à repousser, produisaient une irritation rougeâtre dans les
aines, en se frottant contre les cuisses. Pour qu'elle puisse mieux juger de la
gêne ainsi occasionnée, Isidore souleva ses couilles et écarta les cuisses en
pliant les genoux. Ses yeux se baignaient d'une lueur liquide, comme ceux
d'un chien qui fait le beau. Allons, monsieur Testostérone n'était pas mort,
c'était bien toujours le même Isidore, soumis et pervers... Sa grosse verge
durcissait à vue d'œil.
« Je vous manquerai, hein, Isidore ? Avouez-le ? »
Marie-Hélène s'empara de la lourde saucisse de chair tiède et fit
coulisser la peau du prépuce d'un geste qu'elle avait accompli tant de fois
qu'il était devenu instinctif, et chaque fois, comme maintenant, il répondit à
cette fruste familiarité en avançant le ventre. La large prune violacée
s'épanouit d'aise hors du prépuce.
« Vous voulez que je vous branle, Isidore ? Ou préférez-vous que je
vous suce ? »
« Que mademoiselle décide... Je suis à la disposition de
mademoiselle. »
N'était-ce pas ce qu'il aimait : être un objet, comme l'était en ce
moment son gros sexe qui raidissait sous les attouchements dédaigneux de
Marie-Hélène.
« Ou m'enculer ? »
« Comme mademoiselle voudra... »
« J'ai une idée : je vais téléphoner à mon fiancé. Vous pourrez
écouter notre conversation. Je trouve cela excitant... »
Elle vit bien qu'il était déçu. Comme il amorçait un geste pour
refermer son pantalon, elle l'en dissuada.
« Non, laissez-la pendre dehors... je vous la tripoterai en lui
téléphonant... ça m'occupera les doigts ! »
Tenant Isidore par le sexe, le masturbant doucement, elle téléphona
à Hubert. Elle tomba sur une voix féminine, qui devait être celle de la
bonne. Peu après, on passa la communication au jeune homme. Le
téléphone à l'oreille, Marie-Hélène regardait grossir dans sa main le sexe
décalotté de son ancien esclave.
« Vous m'en voulez, Hubert ? Vous êtes fâché contre moi ? »
« Pourquoi vous en voudrais-je ? Je devrais plutôt vous remercier !
Pour ne rien vous cacher, je commençais à en avoir assez d'Amandine. »
« Est-ce que... est-ce que... Oh, Hubert... c'est un aveu tellement
gênant... »
« Dites toujours... »
Les yeux fixés sur le gros gland rose d'Isidore, elle s'agenouilla et
pour le lécher, en soupesant les couilles chauves.
« Cela m'intimide, Hubert... » murmura-t-elle.
Rapide comme l'éclair, elle s'enfila toute la verge dans la bouche et
fit tourner sa langue autour du gland. Elle serrait les couilles glabres et
gonflées d'Isidore à pleines mains, et avait coincé l'écouteur entre sa
mâchoire et son cou, comme font les personnes qui prennent en note des
instructions téléphonées.
« Si vous ne me le dites pas... je ne pourrai pas le deviner ? » insinua
Hubert.
Le gros gland d'Isidore dans sa bouche, Marie-Hélène sentit son
cœur enfler de satisfaction. Hubert n'avait pas raccroché, Hubert insistait
pour qu'elle lui parle. Elle recula la tête et s'emplit les yeux du spectacle :
les couilles rasées, l'horrible pénis avec son gland luisant de salive, la chair
du bas-ventre lisse et rosée comme celle d'un monstrueux garçonnet.
« Hubert, depuis l'autre jour, dans votre jardin, je ne pense plus qu'à
vous, mon chéri... jamais un homme ne m'a excitée autant que vous... vous
avez sur ma chair un pouvoir que je ne m'explique pas ! Voilà, vous savez
tout, maintenant... vous allez me mépriser ! »
« Moi aussi, j'ai pensé à vous... répondit Hubert. Je vous ai trouvée
très dépravée, pour une fille... mais... à la réflexion... »
« Vous accepteriez donc de me revoir, Hubert ? »
« Evidemment... pourquoi ne vous reverrais-je pas ? »
« Oh, vous pourrez me faire tout ce que vous voudrez, vous savez...
»
« Mais j'y compte bien ! »
« Devant, derrière... Je serai votre petite putain privée ! s'exalta
Marie-Hélène. Je vous sucerai, vous m'enculerez ! Vous n'aurez qu'à
demander, vos désirs seront des ordres ! »
Ivre de joie, Marie Hélène triturait la verge de l'assistant. Elle
enfonça les ongles dans le gland et vit Isidore entrouvrir la bouche.
« Je suis si remuée quand je pense à vous, Hubert... que je n'arrête
pas de me masturber. Tenez, à l'instant précis, pour ne rien vous cacher... je
suis en train de me toucher entre les cuisses... en imaginant que je caresse
votre joli pénis... »
Elle parcourut d'une longue caresse celui d'Isidore, et referma sa
main à la base, au-dessus des couilles chauves, l'étranglant pour bien faire
gonfler le gland.
« J'imagine que je le suce... Je ne devrais pas vous dire ça ? » « Au
contraire, fit Hubert d'une voix assourdie. Il faut tout me dire... »
« Est-ce que vous vous masturbez, en ce moment, Hubert ? »
« Et vous ? »
« Je vous l'ai dit, mon chéri, je n'arrête pas de me tripoter le clitoris,
il est tout brûlant... et tout mouillé ! Et maintenant, j'enfile mon doigt dans
mon vagin... Et je nous imagine, vous et moi, en train de... En train de
faire... »
« Dites-moi ce que vous imaginez... Je veux tout savoir ! »
« Eh bien, voilà, dit Marie-Hélène en se retournant et en remontant
sa jupe pour offrir ses fesses à Isidore, j'imagine que je suis en train de
téléphoner à quelqu'un, à mon père, par exemple, et que vous venez derrière
moi... je me penche, je remonte ma robe, je n'ai pas de culotte. Vous voyez
mon derrière tout nu, vous prenez mes fesses dans les mains... pour bien les
écarter... »
Elle expédia un petit coup de pied dans la cheville d'Isidore, et
comprenant enfin qu'elle parlait à la fois pour Hubert et pour lui, il
empoigna les fesses qu'elle lui offrait. L'écouteur à l'oreille, elle s'avachit
sur la table, les cuisses écartées.
« Après ? » chuchota Hubert, avec la voix enrouée de quelqu'un qui
se masturbe.
« En m'écartant les fesses, vous vous baissez pour regarder mon trou
du cul et mes parties sexuelles... »
« Vous avez une imagination débordante, haleta Hubert, je sens que
nous allons bien nous amuser ensemble... Ne craignez rien : Amandine sera
vite oubliée ! »
Défaillante de lubricité, Marie-Hélène entendit Isidore s'accroupir
derrière elle. Il lui ouvrait les lèvres de la vulve. Elle sentait son souffle
chaud sur ses muqueuses. Il attendait, immobile. Hubert aussi, attendait la
suite. Une ivresse pâteuse alourdissait le corps de Marie-Hélène.
« Vous enfilez votre langue dans ma fente... Oh ! »
« Pourquoi criez-vous ? »
La langue chaude d'Isidore venait de lui frôler le clitoris.
« Je vais jouir, Hubert, je vais jouir... votre langue, mon chéri, je la
sens... elle va et vient, et... oh, coquin... vous m'avez mis un doigt dans le
derrière... »
Isidore s'empressa de le faire. Marie-Hélène hoqueta. Elle imaginait
Hubert se masturbant au bout du fil. Elle sentait le doigt d'Isidore dans son
cul, sa langue sur son sexe.
« J'ai envie que vous m'enfiliez, tout de suite, Hubert... tout de
suite... rentrez-moi votre grosse bite au fond... vite... »
Le souffle d'Hubert devenait saccadé. Marie-Hélène gémit
sourdement. Isidore venait de lui plonger son gros pénis au fond du vagin.
Vautrée sur la table, elle s'offrait à ses coups de boutoir. Il la possédait avec
une telle violence que les pieds de la table se déplaçaient à chaque
pénétration.
« Le sperme... le sperme... le sperme gicle, Hubert... je le sens... »
En effet, le sperme fusait dans son ventre avec une violence qui la
faisait panteler. Elle entendit Hubert râler, à l'autre bout du fil, car il avait
dû jouir en même temps qu'elle.
Elle n'eut que le temps de raccrocher en poussant un cri de terreur.
Car dans le miroir, au-dessus de la cheminée, elle venait de voir s'encadrer
le visage outragé de sa mère.
Elle se dégagea d'une ruade, rabaissa sa robe. Mme Bol-lard, ahurie,
regardait le gros sexe glabre de l'assistant de son mari.
« Elle m'a obligé... bredouilla piteusement Isidore, en s'efforçant de
ranger son outil. C'est elle... demandez à votre mari... c'est elle qui me
force... »
Fondant en sanglots, le piteux imbécile s'élança hors de la
bibliothèque. Les deux femmes restèrent seules. Mme Bollard contemplait
sa fille avec une sorte d'épouvante.
« Je ne voulais pas croire ton père... quand il m'a mise au courant de
tes turpitudes ! Mais maintenant, je suis bien forcée. Qu'as-tu à dire pour ta
défense ? »
Qu'aurait-elle pu dire ? Les faits parlaient d'eux-mêmes. Me Bollard,
qui était resté dans le couloir, entra dans la bibliothèque.
« Finalement, dit-il à sa fille, nous ne divorçons pas, ta mère et moi.
Je lui ai expliqué qu'Amandine s'était jetée à mon cou... et que c'était toi qui
en avais fait une débauchée... cela n'excuse pas ma faiblesse, mais ça
l'explique en partie. Je ne suis qu'un homme, après tout ! En revanche, toi,
tu n'as aucune excuse. Imposer tes caprices crapuleux à ce pauvre type, un
père de famille... c'est la preuve d'un caractère foncièrement pervers ! Il est
grand temps de te faire oublier un moment, ma chère. Et t'amender ! Tu sais
ce que ça veut dire ? Ta chère amie Amandine est déjà à Saint-Estèphe. Tu
iras la rejoindre demain... Vous pourrez vous raconter vos petites histoires
ensemble, en attendant qu'on vous trouve un mari... »
« Mais... papa... Hubert... »
« Hubert ? Tu rêves ! Ce garçon ne t'épousera jamais. Il se servira de
toi pour assouvir sa sensualité ; et puis, il te rejettera, comme un kleenex
après usage... comme on le fait avec les filles faciles... »
C'en était trop. Alors qu'elle croyait toucher au but, tout s'effondrait
sous elle ; Marie-Hélène fondit en sanglots.
« Comment as-tu pu ? demanda sa mère. Enfin, Marie-Hélène :
l'homme aux charentaises ! Ce piètre personnage... mais qu'est-ce que tu
pouvais donc lui trouver ? »
Marie-Hélène, à travers ses larmes, vit rougir légèrement sa mère.
Sans doute se souvenait-elle, au moment même où elle prononçait ces
paroles, de l'énorme pénis qu'elle avait vu osciller entre les cuisses de
l'ancien secrétaire et actuel associé de son mari...
Me Bollard, qui épiait sa femme de côté, eut un demi-sourire. Puis il
regarda sa fille. Ce bref coup d'œil échangé entre le père et la fille leur suffit
pour savoir qu'ils pensaient la même chose. Tous les deux, à l'expression
songeuse de Mme Bollard, à la vague rougeur qui colorait ses pommettes,
venaient de comprendre qu'Isidore n'avait fait que changer de maître.
Ou plus exactement, de maîtresse.
Fin ?