Controle Fiscal 2024
Controle Fiscal 2024
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SOMMAIRE
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TITRE II : CONTENTIEUX DE L’IMPOT .................................................................................... 77
CHAPITRE I LA PROCEDURE ADMINISTRATIVE 77
SECTION I.- DISPOSITIONS GENERALES RELATIVES AUX RECLAMATIONS, DEGREVEMENTS ET
COMPENSATION 77
I.- LE RECOURS CONTENTIEUX ................................................................................... 77
II.- RECOURS GRACIEUX ........................................................................................... 80
SECTION II- DISPOSITIONS PARTICULIERES 81
I- DISPOSITIONS PARTICULIERES AU DROIT DE RECLAMATION EN MATIERE D’IMPOT SUR LE REVENU 81
II- DISPOSITIONS PARTICULIERES EN MATIERE DE RESTITUTION ............................................ 81
A- RESTITUTION EN MATIERE DE TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE .......................................... 81
B- RESTITUTION EN MATIERE DE DROITS D’ENREGISTREMENT
C - RESTITUTION EN MATIERE D’IMPOT RETENU A LA SOURCE 83
CHAPITRE II :PROCEDURE JUDICIAIRE 84
SECTION I- PROCEDURE JUDICIAIRE SUITE AU CONTROLE FISCAL 85
I- RECOURS EXERCE PAR LE CONTRIBUABLE ................................................................... 85
II- RECOURS EXERCE PAR L’ADMINISTRATION ................................................................. 86
III- Garanties en matière de recouvrement et nomination d’experts ..................................... 86
SECTION II- PROCEDURE JUDICIAIRE SUITE A RECLAMATION 86
ANNEXES :
- LOI N° 9-88 RELATIVE AUX OBLIGATIONS COMPTABLES DES COMMERÇANTS……………………………………..……112
- ARTICLES DU CODE GENERAL DES IMPOTS TRAITANTS DES PROCEDURES FISCALES ……………………….………117
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LIVRE I
FORMALITES ET PROCEDURES DE
CONTROLE FISCAL
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TITRE PREMIER
CONTROLE DE L’IMPOT
CHAPITRE PREMIER
DROIT DE CONTROLE DE L’ADMINISTRATION
ET OBLIGATION DE CONSERVATION DES DOCUMENTS COMPTABLES
Le droit de contrôle prévu par l’article 210 du C.G.I. s’exerce en matière d’impôt sur les
sociétés, d’impôt sur le revenu, de taxe sur la valeur ajoutée et des droits
d’enregistrement.
L’administration fiscale dispose du pouvoir de contrôler les déclarations souscrites par
les contribuables, ainsi que les autres documents, pièces ou éléments nécessaires à
l’assiette et à l’établissement des impôts, droits et taxes susvisés.
Elle dispose d’un pouvoir d’investigation et de contrôle de la comptabilité de l’entreprise,
afin de s’assurer de l’exactitude des bases déclarées par les contribuables, personnes
morales et physiques, au titre de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu et de
la taxe sur la valeur ajoutée.
Ainsi, les contribuables, personnes physiques ou morales, sont tenus de présenter toutes
pièces justificatives et documents comptables nécessaires au contrôle fiscal.
Ces pièces et documents sont présentés aux agents assermentés de l’administration
fiscale ayant au moins le grade d'inspecteur adjoint et qui sont commissionnés pour
procéder au contrôle fiscal.
En cas de défaut de présentation d’une partie des documents comptables et pièces
justificatives prévus par la législation et la réglementation en vigueur au cours de la
vérification d’un exercice donné, le contribuable est invité dans les formes prévues à
l’article 219 du C.G.I., à produire ces documents et pièces dans un délai de trente (30)
jours à compter de la date de réception de la demande de communication desdits
documents et pièces. Ce délai peut être prorogé jusqu’à la fin de la période du contrôle.
Les documents et pièces manquants ne peuvent être présentés pour la première fois
devant la commission locale de taxation, la commission régionale du recours fiscal et la
commission nationale de recours fiscal.
En matière de droits d’enregistrement, l’administration dispose également d’un pouvoir
de contrôle des prix et des déclarations estimatives, exprimés dans les actes et
conventions obligatoirement soumis à l’enregistrement.
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Il est indépendant du droit de vérification de comptabilité prévu par l’article 212 du
C.G.I. et ne peut aboutir à aucun redressement.
A- DEROULEMENT DE LA PROCEDURE
1- Agents compétents
Le droit de constatation est exercé par des agents assermentés de l’administration ayant
au moins le grade d’inspecteur adjoint et qui sont commissionnés pour procéder au
contrôle fiscal.
Ils doivent, en outre, être munis d’un ordre de mission spécifique sous forme d’avis de
constatation, indiquant le nom de l’agent de l’administration, la nature de la mission, la
date d’intervention, le contribuable concerné et son identifiant fiscal.
2- Lieu d’intervention
Le droit de constatation peut s’exercer dans tous les locaux du contribuable concerné,
utilisés pour l’exercice de l’activité professionnelle (magasins, ateliers, usines, dépôts,
bureaux, véhicules de transport à usage professionnel).
Lorsque la comptabilité est tenue dans des locaux autres que ceux de l’exploitation, le
droit de constatation peut s’étendre aux locaux où les documents comptables sont
habituellement traités ou conservés, tels que bureau d’un comptable ou d’une fiduciaire,
considérés comme représentant du contribuable.
3- Période d’intervention
L’intervention est effectuée d’une manière inopinée aux heures légales d’ouverture de
l’administration et durant les heures d’activité professionnelle propres à l’entreprise
concernée par le droit de constatation.
Ainsi, le droit de constatation peut être valablement exercé de 8 h 30 m à 16 h 30 m,
définis comme horaire légale pour les administrations et aux heures d’activité
professionnelle de l’entreprise durant le même intervalle de temps. La durée de
constatation sur place est fixée au maximum à huit (8) jours ouvrables, à compter de la
date de remise de l’avis de constatation.
4- Mise en oeuvre
Un avis de constatation est remis au contribuable ou à son représentant par l’agent de
l’administration à la première intervention de ce dernier.
Le contribuable ou son représentant accuse réception de cet avis par la signature à
l’emplacement réservé, à cet effet, dans le deuxième exemplaire conservé par
l’inspecteur.
L’avis de constatation est remis contre récépissé à l’une des personnes suivantes :
a) en ce qui concerne les personnes physiques :
- soit à la personne elle même ;
- soit à ses employés ;
- ou à toute autre personne travaillant avec le contribuable.
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L’inspecteur demande de se faire présenter les livres, registres et documents relatifs aux
exercices clos et non prescrits et dont la tenue est exigée par la réglementation en vigueur.
Il examine succinctement leur état et arrête leur situation en y apposant la date de
constatation, sa signature et le cachet de l’administration. Il demande également la
présentation des factures reçues et le double de celles livrées et s’assure, par sondage, de
leur comptabilisation régulière.
L’inspecteur procède, par la suite, à la constatation matérielle des éléments physiques de
l’exploitation, en s’assurant de l’existence effective des immeubles, machines et autres
immobilisations matérielles et s’assure de l’état du stock (produits finis, intermédiaires,
approvisionnement).
Il constate également les moyens humains mis en oeuvre dans l’entreprise et établit
l’inventaire des existants en caisse.
Il s’informe des prix pratiqués à travers, à la fois, les tableaux d’affichage et les étiquettes
placées sur les produits.
A chaque étape de l’exercice du droit de constatation, l’inspecteur relève les manquements
aux obligations prévues par la législation et la réglementation en vigueur, notamment en
matière de facturation et de tenue de comptabilité comme par exemple l’absence de
registres comptables, registres non paraphés par le tribunal, etc.
Ces manquements sont relatés dans le procès-verbal à établir lors de la clôture de la
mission.
L’agent de l’administration peut demander copie, établie par tous moyens et sur tous
supports, des pièces se rapportant aux opérations ayant donné ou devant donner lieu à
facturation.
5- Clôture de la procédure
A l’issue de la procédure de l’exercice du droit de constatation, l’agent de l’administration
établit en double exemplaire un avis de clôture de l’opération de constatation. Cet avis est
signé, à la fois, par l’agent de l’administration et par le contribuable à qui un exemplaire est
remis.
Par ailleurs, l’agent de l’administration établit, au plus tard dans les trente (30) jours qui
suivent la date de clôture de l’opération, un procès-verbal dans lequel sont consignés ses
constatations, ses observations, les manquements à la législation et à la réglementation en
vigueur relevés par lui, ainsi que la liste des pièces dont il a retiré copie.
Une copie de ce procès-verbal est remise au contribuable concerné qui dispose d’un délai de
huit (8) jours suivant la date de réception dudit procès-verbal pour faire part de ses
observations
Cette remise est effectuée contre décharge en main propre au contribuable ou à son
représentant tel que défini ci-dessus, ou à lui, adressée dans les formes prévues à l’article
219 du C.G.I.
Les observations éventuelles du contribuable sont transmises à l’inspecteur soit par remise
en main propre, soit par voie postale dans le délai de huit (8) jours suivant la date de
réception du procès-verbal de constatation précité.
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C- SANCTIONS
En cas d’opposition au droit de constatation, le contribuable encoure les sanctions prévues à
l’article 191 (I) du C.G.I., soit une amende de deux mille (2.000) dirhams, majorée d’une
astreinte de cent (100) dirhams par jour de retard dans la limite de mille (1 000) dirhams.
Toutefois, pour les contribuables relevant de l’I.R., le montant de l’amende précitée varie
de cinq cent (500) dirhams à deux mille (2.000) dirhams.
L’opposition au droit de constatation peut revêtir plusieurs formes, notamment le refus de
présentation des documents dont la tenue est prescrite par la législation et la
réglementation en vigueur, le refus d’accès aux locaux professionnels.
N.B. : A l’instar des programmes de vérification, la programmation de l’exercice du droit de
constatation doit être établie par l’administration centrale.
1- Documents comptables
L’obligation de conserver les documents comptables, prévue par les dispositions de l’article
211 du C.G.I., concerne tous les documents comptables nécessaires au contrôle fiscal ainsi
que tout autre document prévu par la législation ou la réglementation en vigueur. Il y a lieu
de préciser que l’obligation de conserver les documents concerne les pièces, documents et
états de synthèse prévus, selon le cas, par :
- la loi n° 9-88 précitée relative aux obligations comptables des commerçants ;
- l’article 145 du C.G.I. relatif à la tenue de la comptabilité en matière d’I.S., d’I.R. et de
T.V.A.
- les textes réglementaires pris en application des articles 20 et 82 du C.G.I.
Les documents comptables sont soit d’ordre général soit d’ordre spécifique à certaines
professions.
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a- Documents comptables d’ordre général
Les contribuables sont tenus de conserver l’ensemble des documents comptables
nécessaires au contrôle fiscal, conformément aux dispositions du premier alinéa de l’article
211 du C.G.I., notamment :
- le livre journal;
- les journaux et livres auxiliaires ou divisionnaires ;
- le grand livre ;
- le livre d'inventaire ;
- les inventaires détaillés (des stocks et des produits en cours, etc.) lorsqu'ils ne sont pas
recopiés intégralement sur le livre d'inventaire ;
- les fiches des clients et fournisseurs (grands livres auxiliaires clients et fournisseurs) ;
- les balances du début et de fin d’exercice.
En outre, l’article 211 du C.G.I. prévoit l’obligation de conservation de tout autre
document prévu par la législation ou la réglementation en vigueur (code de commerce,
loi comptable, lois sur les sociétés, code du travail, …), notamment :
- les rapports des commissaires aux comptes ;
- le registre et les procès-verbaux des assemblées générales (ordinaires ou
extraordinaires) ;
- les rapports des vérifications externes d’audit effectués dans l’entreprise par des
experts spécialistes;
- le livre et les fiches de paie sur support papier ou support informatique.
Il y a lieu de rappeler que les documents prévus par la réglementation relative aux plans
comptables spécifiques à certaines branches d’activité sont également concernés par
l’obligation de conservation. Il s’agit, notamment :
- du plan comptable des assurances (arrêté du Ministre des Finances et de la
Privatisation n° 1493-05 du 20 octobre 2005, B.O. n° 5378 du 15 décembre 2005) ;
- du plan comptable des établissements de crédit (arrêté du Ministre de l’Economie et
des Finances n° 1331-99 du 23 août 1999, B.O. n° 4732 du 7 octobre 1999) ;
- du plan comptable des organismes de placement collectif en valeurs mobilières
(O.P.C.V.M.) (arrêté du Ministre des Finances n° 2172 – 95 du 21 août 1995, B.O. n°
4327 du 4 octobre 1995) ;
- des normes comptables relatives à la titrisation des créances hypothécaires (arrêté
du Ministre de l’Economie, des Finances, de la Privatisation et du Tourisme n° 351-01
du 9 février 2001, B.O. n° 4882 du 15 mars 2001) ;
- du plan comptable spécifique aux coopératives (arrêté du Ministre de l’Economie, des
Finances, de la Privatisation et du Tourisme n° 441-01 du 26 février 2001, B.O. n°
4888 du 5 avril 2001) ;
- du plan comptable des associations adopté par la VIIIème assemblée plénière du
Conseil National de la Comptabilité (C.N.C.) réunie le 11 mars 2003 (projet d’arrêté
en cours de publication) ;
- du plan comptable du secteur immobilier adopté par la VIIIème assemblée plénière
du Conseil National de la Comptabilité dans l’avis n° 3, le 11 mars 2003 ;
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- du plan comptable des offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole (ORMVA) adopté
par la 9ème Assemblée Plénière du 26/05/2005;
- du plan comptable des associations de micro- crédit adopté par la 9ème Assemblée
Plénière du 26/05/2005 et approuvé par l’arrêté du Ministre des finances et de la
privatisation n°1672-07 du 25/07/2007 ;
- du plan comptable des mutualités approuvé par l’arrêté du Ministre des finances et de
la privatisation n°1215-07 du 27/06/2007;
- de la loi n° 44-03 modifiant la loi n° 9–88 relative aux obligations comptables des
commerçants et instituant la comptabilité super simplifiée, promulguée par le dahir
n° 1.05.211 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006), B.O. n° 5399 du 27 février
2006.
2- Pièces justificatives
L'article l’article 211 du C.G.I. prévoit que les pièces justificatives dont la conservation
est obligatoire sont les doubles de factures de vente ou de tickets de caisse et les pièces
justificatives des dépenses et des investissements.
Il convient de rappeler à ce titre que la valeur probante de la comptabilité repose, entre
autres, sur le fait que les écritures portées sur les livres comptables soient corroborées
par des pièces justificatives.
Dans ce cadre, l’article premier de la loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des
commerçants précise que tout enregistrement comptable doit comporter l’origine, le
contenu et l’imputation du mouvement, ainsi que les références de la pièce justificative
qui l’appuie.
De même, l’article 146 du C.G.I relatif aux pièces justificatives de dépenses précise que
tout achat de biens ou services effectué par un contribuable auprès d’un fournisseur
soumis à la taxe professionnelle doit être justifié par une facture régulière ou tout autre
document en tenant lieu.
L’article 145-III du C.G.I relatif à la facturation dispose également que les contribuables
sont tenus de délivrer à leurs acheteurs ou clients des factures ou des mémoires.
Il y a lieu de préciser que les factures et les documents en tenant lieu, pré numérotés et
tirés d'une série continue ou édités par un système informatique selon une série
continue, doivent mentionner en plus des indications habituelles d'ordre commercial :
l’identité du vendeur
le numéro d'identification fiscale attribué par le service local des impôts ainsi que le
numéro d'article d’imposition à la taxe professionnelle ;
l'identifiant commun de l'entreprise (ICE) ;
la date de l’opération ;
les nom, prénom ou raison sociale et adresse des acheteurs ou clients ;
les prix, quantité et nature des marchandises vendues, des travaux exécutés ou des
services rendus ;
de manière distincte, le montant de la T.V.A., le cas échéant, réclamée en sus du
prix ou comprise dans le prix. En cas d’opérations visées aux articles 91, 92 et 94
du C.G.I., la mention de la taxe est remplacée par l’indication de l’exonération ou
du régime suspensif et des références à l’attestation obtenue à cet effet ;
les références et le mode de paiement se rapportant à ces factures ou mémoires ;
et tous autres renseignements prescrits par les dispositions légales.
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Le ticket de caisse doit comporter au moins les indications suivantes :
a. la date de l’opération ;
b. l’identification du vendeur ou du prestataire de services ;
c. la désignation du produit ou du service ;
d. la quantité et le prix de vente avec, le cas échéant, mention apparente de la
T.V.A.
Les cliniques et établissements assimilés sont tenus de délivrer à leurs patients des
factures comportant le montant global des honoraires et autres rémunérations de même
nature avec indication de:
- la part des honoraires et rémunérations revenant à la clinique et devant seule faire
partie de leur chiffre d'affaires imposable ;
- la part des honoraires et rémunérations revenant aux médecins pour les actes
médicaux ou chirurgicaux effectués par eux dans lesdits cliniques ou établissements.
Toute entreprise qui pratique des tournées en vue de la vente directe de ses produits à
des contribuables soumis à la taxe professionnelle, doit mentionner sur les factures ou
les documents en tenant lieu qu'elle délivre à ses clients, le numéro d'article du rôle
d'imposition desdits clients à la taxe professionnelle ( A partir du 1er janvier 2021, les
entreprises qui communiquent l’état annuel des ventes par client ne seront plus seront
plus dans l’obligation de faire cette mention sur leurs factures).
Les pièces justificatives de dépenses sont constituées par des originaux et doivent
être tirées d’une série numérotée et porter la référence de leur comptabilisation, de
manière à permettre de retrouver l'écriture à partir de la pièce et inversement
Pour les achats de biens ou services ou les approvisionnements effectués auprès des
fournisseurs non soumis à la taxe professionnelle et qui ne délivrent pas de factures, le
contribuable doit établir un ordre de dépense comportant :
- la date de l’opération ;
- le nom et l’adresse du fournisseur de biens ou de services ;
- la nature, la quantité et le prix unitaire des marchandises achetées, des travaux
exécutés ou des prestations de services rendus au contribuable ;
- les références comptables et le mode de paiement de l’achat de biens ou de services.
L’ordre de dépense peut constituer une pièce probante s’il comporte l’identité du
vendeur, le numéro de sa carte d’identité nationale ou de tout autre document officiel en
tenant lieu.
Il y a lieu de préciser que les ordres de dépenses et les pièces justificatives tenant lieu
de facture doivent être authentifiés.
L’obligation de conservation concerne toutes les pièces justificatives nécessaires au
contrôle citées à l’article 211 du C.G.I. ou toutes autres pièces prévues par la législation
ou la réglementation en vigueur.
Il s'agit notamment :
- du double des pièces justificatives de recettes, tels que :
- les factures de ventes, de prestations de services ou recettes assimilées;
- les mémoires ;
- les contrats de cession des biens immeubles;
- les tickets de caisse ;
- les bulletins de livraison ou de commande ou tous autres documents en tenant
lieu (bulletins de sortie, ordre de chargement);
- les factures de vente des éléments de l'actif ;
- des pièces justificatives de dépenses, tels que :
- les factures des dépenses d'exploitation et des dépenses assimilées;
- les factures des dépenses d'investissement ;
- les relevés et pièces bancaires ;
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- d’autres pièces et documents, tels que :
- les correspondances envoyées ou reçues ;
- les jugements et exécutions;
- le manuel des procédures en comptabilité prévu par l’article 23 de la loi n° 9-88
relatives aux obligations comptables des commerçants.
C- LIEU DE CONSERVATION
Conformément aux dispositions de l’article 211 du C.G.I., les documents comptables et
les pièces justificatives précités doivent être conservés au lieu où sont imposés les
contribuables ainsi que les personnes physiques ou morales chargés d’opérer l’impôt
retenu à la source.
Il y a lieu de rappeler que le lieu d’imposition s’entend :
- du siège social ou du principal établissement pour les personnes morales soumises à
l’I.S et/ou à la T.V.A., tel qu’il ressort des dispositions des articles 18 et 109 du C.G.I.
- du domicile fiscal ou du principal établissement pour les personnes physiques ou
morales soumises à l’I.R et/ou à la T.V.A. ou le domicile fiscal élu par le contribuable
n’ayant au Maroc ni domicile fiscal, ni principal établissement, conformément aux
dispositions des articles 72 et 109 du C.G.I.
Il y a lieu de noter que pour les sociétés en liquidation soumises à l’I.S, le lieu de
conservation des documents comptables doit être indiqué sur la déclaration du résultat
final de la liquidation, conformément aux dispositions de l’article 150- II du C.G.I.
A- AVIS DE VERIFICATION
L'administration doit notifier au contribuable un avis de vérification, dans les formes
prévues à l’article 219 du C.G.I., quinze (15) jours au moins avant la date fixée pour la
vérification. Cet avis doit comporter :
- le nom et le grade de l'agent vérificateur ;
- la période concernée par la vérification ;
- la nature des impôts à vérifier ;
- la date du début de l’opération de vérification qui commence à partir du 16ème jour
suivant la date de notification dudit avis.
Pour les sociétés en liquidation, l’avis de vérification est adressé au syndic ou à la
personne chargée des opérations de liquidation.
En vertu du même article 212- I, l’avis de vérification doit être accompagné de la charte
du contribuable. Cette charte permet au contribuable de s’informer sur ses droits et
obligations avant le début de la vérification.
Il s’agit d’un document qui synthétise les droits et obligations des parties lors des
opérations de vérification et au cours de la procédure contradictoire de rectification.
La charte du contribuable soumis au contrôle fiscal a été instituée, en vue d’améliorer les
relations entre l’administration et les contribuables en situation de vérification.
D’autre part, le défaut d’envoi de la charte constitue un motif de nullité de la procédure
de rectification, conformément au paragraphe VIII de l’article 220 du C.G.I., tel que
complété
Il y a lieu de noter que l’opération de vérification ne peut commencer qu'à l'expiration du
délai minimum de quinze (15) jours suivant la date de notification de l'avis de
vérification.
Lorsque le délai minimum de quinze (15) jours n’est pas respecté, la procédure de
vérification est frappée de nullité.
L’administration peut reprendre la vérification pour les exercices non prescrits par l’envoi
d’un nouvel avis de vérification au contribuable.
Les dispositions de l’article 212-II du C.G.I. ont été complétées par des dispositions
instituant la possibilité d’un contrôle fiscal ciblé sur un ou plusieurs impôts ou taxes pour
une période et/ou une opération ou poste déterminée.
La vérification ponctuelle de la comptabilité s’applique aux opérations de contrôle dont
l’avis de vérification est notifié à compter du 1er Janvier 2011.
Dans tous les cas, l’avis de vérification doit préciser la période objet de vérification, les
impôts et taxes concernés ou les postes et opérations visés par le contrôle.
Le contribuable doit mettre ses documents comptables à la disposition du vérificateur à
la date fixée pour le contrôle, telle qu’elle découle de l’avis de vérification.
Par ailleurs, l’administration ne peut procéder à la notification d’un avis de vérification
pour contrôler des écritures se rapportant à une période couverte par la prescription.
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Néanmoins, une dérogation à ce principe est prévue par les dispositions de l’article 232 -
III du C.G.I. dans les trois cas suivants :
- en matière d’I.S. ou d’I.R., le droit de réparer peut s’étendre aux quatre (4)
derniers exercices prescrits lorsque des déficits afférents à des exercices
comptables prescrits ont été imputés sur les revenus ou les résultats d’un exercice
ou d’une période non prescrits.
Exemple :
Une entreprise est en vérification au cours de l’année 2011 :
- date d’envoi de l’avis de vérification : 15 avril 2011 ;
- période soumise à vérification : exercices 2007 à 2010 ;
- crédit de T.V.A. reporté sur l’année 2007: 100.000 DH ;
- période prescrite soumise à vérification suite au report de crédit de T.V.A : 2003, 2004,
2005 et 2006.
Deux situations peuvent se présenter à la suite de la vérification portant sur la période
prescrite :
1- Situation n° 1 :
La vérification des exercices prescrits s’est soldée par un rappel de T.V.A. de 50.000 DH
(montant inférieur au crédit reporté sur la période non prescrite).
Le montant du rappel de T.V.A. de 50.000 DH doit être réintégré au titre du premier
exercice non prescrit (2007) soumis à vérification.
2- situation n° 2 :
La vérification des exercices prescrits s’est soldée par un rappel de T.V.A. de 180.000 DH
(montant supérieur au crédit de T.V.A. reporté).
Le montant du rappel qui doit être réintégré au titre de la période non prescrite est
limité à 100.000 DH au lieu de 180.000 DH.
Le rappel de T.V.A. ne doit pas dans le cas d’espèce dépasser le montant du crédit de
T.V.A. reporté sur l’exercice 2007.
Par ailleurs, il y a lieu de signaler qu’une dérogation au principe de prescription est
prévue également à l’article 221- III du C.G.I. qui prévoit qu’en cas de cessation totale
d’activité d’une entreprise suivie de liquidation, la rectification des bases d’imposition a
lieu à la suite d’une vérification de comptabilité effectuée, sans que pour toute la période
de liquidation, la prescription puisse être opposée à l’administration.
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B- LIEU DE VERIFICATION
En vertu des dispositions de l’article 212 (I- 2e alinéa) du C.G.I., le lieu de vérification
est :
- pour les personnes morales, le siège social ou le principal établissement ;
- pour les personnes physiques, le domicile fiscal ou le principal établissement et pour
les contribuables non résidents au Maroc, le domicile fiscal élu.
A ce titre, le vérificateur :
- n’est pas en droit d’exiger du contribuable de lui faire parvenir à son bureau des
documents comptables ou des extraits de sa comptabilité ;
- ne doit pas emporter les livres et pièces comptables originaux, sauf autorisation
expresse du contribuable et à condition de lui délivrer un récépissé détaillé desdits
livres et pièces.
Pour les sociétés en liquidation, les opérations de vérifications sont effectuées dans le
domicile fiscal ou le principal établissement du liquidateur, le domicile fiscal élu ou le lieu
de conservation des documents comptables de la société en liquidation.
1- Délai de vérification
Conformément aux dispositions de l’article 212 (I-4e alinéa) du C.G.I. tel que modifié
par la loi de finances 2016, les opérations de vérification de comptabilité d'une
entreprise ne peuvent durer :
- plus de trois (3) mois pour les entreprises dont le chiffre d’affaires, hors T.V.A.,
déclaré au compte de produits et charges, au titre des exercices soumis au contrôle,
est inférieur ou égal à cinquante (50) millions de dirhams ;
- plus de six (6) mois pour les entreprises dont le chiffre d’affaires, hors T.V.A., déclaré
au compte de produits et charges, au titre de l’un des exercices soumis au contrôle,
est supérieur à cinquante (50) millions de dirhams.
Le délai de trois(3) ou six (6) mois précité court à compter du 16éme jour suivant la
date de notification de l’avis de vérification.
Le chiffre d’affaires déclaré au compte de produits et charges s’entend du chiffre
d’affaires (hors T.V.A.), tel que défini par le Code Général de la Normalisation Comptable
(C.G.N.C.) et qui correspond au montant des ventes de biens et de services, réalisées
par l’entreprise avec les tiers dans l’exercice de son activité professionnelle courante,
nettes des réductions commerciales
A ce titre, la durée de vérification peut être :
- de trois(3) mois, pour les exercices soumis au contrôle fiscal comprenant uniquement
des chiffres d’affaires, hors T.V.A., inférieurs ou égaux à cinquante (50) millions de
dirhams ;
- de six (6) mois, pour les exercices soumis au contrôle fiscal comprenant uniquement
des chiffres d’affaires, hors T.V.A., supérieurs à 50 millions de dirhams ;
- de six (6) mois, pour les exercices soumis au contrôle fiscal comprenant aussi bien
des chiffres d’affaires, hors T.V.A., inférieurs ou égaux à cinquante (50) millions de
dirhams que des chiffres d’affaires, hors T.V.A., supérieurs à cinquante (50) millions
de dirhams.
D’autre part, la loi de finances 2018 a institué une nouvelle disposition mentionnant que
la vérification de la comptabilité doit être entamée dans un délai ne dépassant pas cinq
(5) jours ouvrables à compter de la date fixée pour le début de contrôle.
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2- Suspension de la durée de vérification
Les délais de trois (3) et six (6) mois prévus ci-dessus ne tiennent pas compte des
suspensions de la vérification pour défaut de présentation des documents comptables
obligatoires ou refus de se soumettre au contrôle, conformément aux dispositions de
l’article 212- I du C.G.I.
Le point de départ de chaque période de suspension des opérations de vérification est
constitué par la date de notification de la lettre de mise en demeure prévue par les
dispositions de l’article 229 du C.G.I.
La durée de suspension de la vérification est arrêtée à la date de la communication à
l'agent chargé du contrôle, qui en accuse réception :
- soit des documents et pièces comptables demandés ;
- soit d'une lettre confirmant l'absence des documents et pièces précités.
La suspension des opérations de contrôle s'effectue sans préjudice des sanctions prévues
par l’article 191 du C.G.I.
De même, les données qui sont prises en charge par un procédé qui, en cas d'incident,
ne laisserait aucune trace doivent être constatées par un document écrit intelligible.
Il doit être possible, à tout moment, de reconstituer à partir des données définies ci-
dessus les éléments des comptes, états et renseignements soumis à la vérification ou à
partir desdits éléments de retrouver les données enregistrées.
C'est ainsi que le solde de chaque compte doit être justifié par un relevé des écritures
comptables. Chacune de ces écritures doit comporter une référence permettant
l'identification des données correspondantes.
L'exercice du contrôle dévolu à l'administration comporte nécessairement l'accès à la
documentation relative aux analyses, à la programmation et à l'exécution des
traitements en vue de procéder notamment aux tests nécessaires.
Les procédures de traitement automatisées des comptabilités doivent être organisées de
manière à permettre de contrôler si les exigences de sécurité et de fiabilité, requises en
la matière, ont bien été respectées.
18
I- CLOTURE ET RESULTAT DE LA VERIFICATION
En application des dispositions de l’article 212 (I- 6e alinéa) du C.G.I., la date de clôture
des travaux de vérification doit être portée à la connaissance du contribuable dans les
formes prévues à l’article 219 du C.G.I..
A ce titre, l’article 212 (II- 1er alinéa) précité prévoit qu’à l’issue du contrôle fiscal sur
place, l'administration doit :
- en cas de rectification des bases d'imposition, engager, selon le cas, la procédure
prévue à l’article 220 ou 221 du C.G.I.;
- au cas où la vérification n’aboutit à aucun redressement, en aviser le contribuable
dans les formes prévues à l’article 219 du code.
V- VERIFICATION PONCTUELLE
L’article 212 du Code Général des Impôts (CGI) a été complété par une mesure relative
à la mise en place d’un nouveau dispositif de contrôle désigné communément sous le
vocable "vérification ponctuelle ", dite également vérification partielle.
A la différence du contrôle sur pièces qui s’exerce dans les locaux de l’administration
(travaux de cabinet), le contrôle ponctuel est un contrôle sur place.
C’est un procédé de vérification ciblé et non exhaustif. Lorsque le contrôle porte sur un
poste ou une opération, au titre d’un ou plusieurs exercices, il ne doit pas concerner
toute la comptabilité mais devra se limiter aux écritures, rattachées au poste ou à
l’opération ; objet du contrôle.
Les documents comptables et pièces justificatives exigés doivent concerner les postes ou
opérations comptables liés à l’objet du contrôle fiscal tel que désigné sur l’avis de
vérification.
Cependant, si le contrôle ponctuel concerne un ou plusieurs exercices, au titre d’un
impôt et /ou taxe et/ou droit, l’examen critique et approfondi, doit porter sur toute la
comptabilité de cet exercice ou ces exercices.
19
La vérification ponctuelle peut porter notamment sur :
- les remboursements des crédits de taxes au titre d’une ou plusieurs périodes ;
- la régularité des déductions opérées en matière de TVA ainsi que les taux pratiqués ;
- la régularisation d’une opération de livraison à soi même en matière de TVA ;
- la régularité d’un chiffre d’affaires déclaré exonéré en matière de TVA ;
- le dépouillement des avantages en argent et en nature en matière de l’impôt sur le
revenu établi sur les salaires ;
- les postes et opérations concernées par la discordance entre les montants déclarés et
ceux recoupés (achats, ventes….) ;
- les provisions, moins values ou d’autres postes particuliers au titre d’une année ou
période ;
- les postes ou opérations relatifs à la discordance significative entre les différentes
déclarations déposées (CA/TVA et CA/IS).
21
VI- RAPPEL DES CONDITIONS DE REGULARITE DE LA COMPTABILITE
Une comptabilité est régulière quand elle est conforme aux principes et règles énoncés
par :
- la loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants ;
- le Code Général de Normalisation Comptable (C.G.N.C) ;
- les plans comptables spécifiques à certains secteurs ou activités.
A cet effet, et afin d’apprécier la situation de l’entreprise et dégager des conclusions à
caractère économique et financier permettant leur exploitation à des fins de contrôle, la
comptabilité doit être tenue dans le respect des conditions de forme et de fond prescrites
par le C.G.N.C.
A- CONDITIONS DE FORME
Le dispositif formel décrit par le C.G.N.C. a pour finalité de garantir la fiabilité et
l’homogénéité des informations fournies par la comptabilité.
Ce dispositif a trait à :
1- L’organisation de la comptabilité
La comptabilité doit répondre aux normes et prescriptions du C.G.N.C selon lesquelles
l’organisation de la comptabilité de l’entreprise doit garantir la fiabilité des informations
fournies et leur disponibilité en temps opportun de manière à permettre :
- le classement, la saisie et l’enregistrement des données de base chiffrées ;
- l’établissement en temps opportun des états prévus ou requis ;
- la présentation périodique après traitement des états de synthèse ;
- Le contrôle de l’exactitude des informations et des procédures de traitement.
22
3- Les états de synthèse
Les états de synthèse doivent êtres présentés selon l’un des trois modèles suivants,
proposés par le C.G.N.C. :
- le modèle normal : ce modèle est prévu pour les entreprises qui réalisent un chiffre
d’affaires supérieur à sept millions et demi (7,5) de dirhams. Ce seuil a été relevé à
dix (10) millions de dirhams par la loi n° 44.03 précitée, applicable à compter du
premier exercice comptable qui suit la date de publication de la dite loi au B.O., le 27
février 2006. Ce modèle comporte cinq (5) états de synthèse :
- le bilan ;
- le compte de produits et charges ;
- les états des soldes de gestion ;
- le tableau de financement ;
- l’état des informations complémentaires.
- le modèle simplifié : réservé aux entreprises ne dépassant pas le seuil du chiffre
d’affaires précité et comporte trois états :
- le bilan ;
- le compte de produits et charges ;
- les états d’information complémentaires53.
- le modèle super simplifié : prévu uniquement pour les personnes physiques dont le
chiffre d’affaires annuel n’excède pas deux (2) millions dirhams, à l’exception des
agents d’assurances.
Ce modèle comporte trois états :
- le bilan ;
- le compte de produits et charges ;
- les états d’information complémentaires.
Il est à rappeler que sur le plan fiscal, les articles 20 et 82 du C.G.I. prévoient que la
liste des pièces annexes (liasse fiscale) devant accompagner les déclarations du résultat
fiscal est fixée par voie réglementaire.
Les décrets pris en application des articles précités seront actualisés et complétés par les
états de synthèse prévus pour les 3 modèles précités et par les différents plans
comptables en vigueur spécifiques à certains secteurs d’activités.
Par ailleurs, les dispositions de l’article 145- VI du C.G.I. prévoient l’obligation pour les
contribuables soumis au régime du résultat net simplifié de produire des états
spécifiques à ce régime
N.B. : Il y a lieu de signaler que la loi n° 44-03 précitée, modifiant la loi n° 9-88 relative
aux obligations comptables des commerçants prévoit les modifications suivantes :
- l’institution d’un modèle de comptabilité super simplifiée pour les personnes
physiques dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas deux (2) millions de
dirhams, à l’exception des agents d’assurance ;
- le rehaussement du seuil de chiffre d’affaires pour les entreprises devant adopter le
modèle comptable simplifié de 7,5 à 10 millions de dirhams, applicable à compter
du premier exercice comptable qui suit la date de publication de ladite loi au B.O. le
27 février 2006.
De plus, la loi n° 44-03 a apporté d’autres modifications qui concernent les personnes
physiques dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 2.000.000 DH (exception faite
des agents d’assurance) sont les suivantes :
- la possibilité d’enregistrement chronologique, jour par jour, de toutes les opérations
à leur date d’encaissement ou de décaissement ;
23
- la possibilité d’enregistrement de toutes les créances et les dettes à la clôture de
l’exercice sur une liste sommaire faisant ressortir l’identité des clients, des
fournisseurs ainsi que les dettes et créances les concernant ;
- la possibilité d’enregistrement, en cas de nécessité, des menues dépenses sur la
base de pièces justificatives internes signées par le commerçant concerné ;
- la dispense de la tenue du grand livre dans le cas où la tenue de balance peut être
faite directement à partir du livre journal ;
- l’autorisation de procéder à la centralisation des écritures portées sur les livres
journaux auxiliaires une fois par exercice à la clôture de ce dernier ;
- la dispense de l’obligation de faire coter et parapher, par le secrétaire greffier du
tribunal compétent, le livre journal et le livre d’inventaire à condition de conserver
lesdits livres ainsi que le bilan et le CPC pendant 10 ans ;
- l’autorisation de procéder à une évaluation simplifiée des stocks achetés et des
biens produits par estimation du coût d’achat ou de production ou sur la base du
prix de vente, avec application d’un abattement correspondant à la marge pratiquée
- l’autorisation de procéder au calcul des amortissements selon une méthode linéaire
simplifiée ;
- l’autorisation d’établir le bilan et le C.P.C. et d’adopter le cadre comptable selon le
modèle simplifié.
Par ailleurs, il convient de rappeler que les dispositions de l’article 38 du C.G.I. prévoient
sur le plan fiscal, un régime net simplifié qui reprend l’ensemble des éléments et des
règles déterminant le résultat net réel, à l’exclusion de la déduction des provisions et du
report des déficits.
Aussi, les contribuables soumis audit régime net simplifié sont autorisés à :
a) tenir une comptabilité simplifiée (factures ou tickets de caisse, comptabilité de
trésorerie, constatation des dettes et des créances, etc.) ;
b) produire un compte de résultat abrégé dont les pièces annexes sont :
- un tableau du résultat net simplifié ;
- un état récapitulatif des immobilisations amortissables et des dotations aux
amortissements pratiquées au titre de l’exercice ;
- un état des dettes et des créances d’exploitation et comptes de rattachement.
B- CONDITIONS DE FOND
Les conditions de fond, telles que présentées par le tome I du C.G.N.C. sont celles qui
contribuent à la qualité de l’information obtenue. Elles se rapportent aux trois rubriques
suivantes :
24
3- La conception des états de synthèse
L’image fidèle du patrimoine, de la situation financière et des résultats de l’entreprise
ressort des états de synthèse établis au moins une fois par exercice, à la fin de celui-ci.
Le contenu et la nature de ces états constituent le support essentiel de l’information
comptable destinée aux tiers
25
En effet, une comptabilité peut être tenue en conformité avec les règles générales
comptables et révéler néanmoins des minorations des chiffres déclarés, telles que les
ventes.
En conséquence, l’administration peut procéder à la reconstitution du chiffre d’affaires
déclaré, auquel cas la charge de la preuve de l’insuffisance des chiffres lui incombe.
A ce titre, la reconstitution du chiffre d’affaires peut se faire selon les méthodes ci-après
- le contrôle quantitatif ;
- le contrôle matière ;
- l’utilisation des constantes et paramètres de fabrication.
Il convient de noter que le choix de la méthode utilisée reste tributaire des éléments en
possession de l’administration ou puisés dans les données de la comptabilité présentée.
La nature de l’activité peut être, elle aussi, déterminante dans ce choix. Tel est le cas de
l’utilisation de la «méthode quantitative» pour la reconstitution du chiffre d’affaires
dégagé par une activité de revente en l’état de produits achetés.
C- LA CHARGE DE LA PREUVE
Au terme des travaux de vérification, trois situations peuvent se présenter :
- la comptabilité présentée n’est entachée d’aucune irrégularité grave. Dans ce cas, la
charge de la preuve incombe à l’administration pour la reconstitution du chiffre
d’affaires;
- la comptabilité présente des irrégularités graves. Dans ce cas, la charge de la
preuve incombe au contribuable ;
- la comptabilité est inexistante ou n’a pas été mise à la disposition de
l’administration. Dans ce cas, la charge de la preuve incombe également au
contribuable.
1- Notion de dépendance
a- Liens directs de dépendance
La dépendance directe peut être conçue dans le cadre des relations suivantes :
- sociétés mères et leurs filiales ;
- sociétés non résidentes et leurs établissements au Maroc ;
- sociétés et leurs succursales.
- sur le plan économique, par les liens étroits pouvant régir les activités exercées,
telle qu’une dépendance au niveau de la fourniture des matières premières, des
pièces détachées, de la marque, des brevets détenus par la maison mère, etc.
Au niveau des conventions de non double imposition, les dispositions relatives aux
transferts indirects de bénéfices entre entreprises associées (notamment l’article 9 des
modèles de conventions de l’O.C.D.E. et des Nations Unies et les commentaires y
afférents), précisent qu’il y a transfert indirect des bénéfices lorsque des transactions ont
été conclues entre des entreprises associées (sociétés mères et leurs filiales et sociétés
placées sous contrôle commun) dans des conditions autres que celles de pleine
concurrence, c'est-à-dire autres que celles qui seraient convenues entre deux
entreprises indépendantes.
Ces dispositions sont applicables aux opérations de contrôle fiscal dont l’avis de
vérification est notifié à compter du 1er janvier 2009, conformément aux dispositions de
l’article 7 (VI- 12) de la loi de finances pour l’année budgétaire 2009.
Les établissements des entreprises non résidentes, ayant une activité permanente au
Maroc peuvent déduire de leur résultat fiscal, une quote-part des frais engagés ou
supportés à l’étranger par ces entreprises au profit de leurs établissements au Maroc,
conformément aux dispositions de l’article 213- III du C.G.I
A ce titre, Il y a lieu de se référer, le cas échéant, aux différentes conventions de non
double imposition signées par le Maroc avec les autres Etats.
a- Frais de siège
Ce sont les frais généraux d'administration et de direction générale, telles que:
- les dépenses de direction (jetons de présence, charges sociales des services
administratifs et de la direction générale) ;
- les dépenses ou frais de tenue et de contrôle de comptabilité.
b- Charges financières
Les fonds propres de l’entreprise non résidente mis à la disposition de l'établissement
situé au Maroc, n'étant pas considérés comme des emprunts, ne donnent pas lieu à
paiement d'intérêts, dès lors que cet établissement n'a pas de patrimoine distinct de
celui de l’entreprise non résidente. Il s'agit en fait d'un simple transfert de fonds car une
entreprise ne peut s’accorder un prêt à elle-même.
Par contre, la quote-part des intérêts des capitaux empruntés par l’entreprise non
résidente auprès des tiers et mis à la disposition de son établissement situé au Maroc,
est admise en déduction chez cet établissement.
28
2- La quote-part des frais de siège admise en déduction
Tout établissement d'une entreprise non résidente peut déduire de son résultat fiscal une
quote-part des frais engagés par le siège.
Ces frais doivent être dûment justifiés et détaillés par l’entreprise en question sur un
état visé par l'administration fiscale dont dépend le siège social de ladite entreprise.
Par ailleurs, ces frais ne peuvent être admis en déduction du résultat de l'établissement
considéré que selon les modalités fixées, le cas échéant, par les conventions de non
double imposition.
Cette déduction n'est possible que dans la mesure où ces frais sont indispensables à la
gestion dudit établissement.
En effet, lorsque l'importance de certaines dépenses engagées ou supportées à
l’étranger par une entreprise non résidente ayant une activité permanente au Maroc
n'apparaît pas justifiée, l'administration peut en limiter le montant ou déterminer la base
d'imposition de ladite entreprise par comparaison avec des entreprises similaires ou par
voie d'appréciation directe sur la base d’informations dont elle dispose conformément
aux dispositions de l’article 213- III du C.G.I
G- PROCEDURES DE RECTIFICATION
Les rectifications découlant de l’application des dispositions de l’article 213 du C.G.I.
relatif au pouvoir d’appréciation de l’administration, tel que commenté ci-dessus, sont
effectuées, selon le cas, dans les conditions prévues à l'article 220 ou 221 dudit code.
30
Il y a lieu de rappeler que l’article 211 du C.G.I. prévoit l’obligation pour les entreprises
de conserver leurs documents et pièces justificatives pendant une durée de 10 ans. En
conséquence, le droit de communication peut être exercé sur les documents conservés
pendant cette période décennale.
31
C-COMMUNICATION DES INFORMATIONS SUR LES OPERATIONS EFFECTUEES
AVEC LES ENTREPRISES SITUEES HORS DU MAROC
L'article 214- III du C.G.I. prévoit l'obligation pour les entreprises imposables au Maroc
de communiquer à l'administration fiscale sur sa demande, les informations et
documents concernant les opérations effectuées avec des entreprises situées hors du
Maroc. Il s'agit :
- de la nature des relations liant l'entreprise imposable au Maroc à celle située hors
du Maroc ;
- de la nature des services rendus ou des produits commercialisés ;
- de la méthode de détermination des prix des opérations réalisées entre lesdites
entreprises et les éléments qui la justifient ;
- des régimes et des taux d'imposition des entreprises situées hors du Maroc.
La demande de communication est faite dans les formes visées à l'article 219 du C.G.I.
soit par lettre recommandée avec accusé de réception, soit par remise en main propre.
L’entreprise concernée doit communiquer à l'administration fiscale les informations et les
documents demandés dans le délai de trente (30) jours suivant la date de réception de
la demande précitée.
A défaut de réponse dans le délai prescrit ou en cas de réponse ne comportant pas les
éléments demandés, le lien de dépendance entre ces entreprises est supposé établI.
Cette mesure s'inscrit dans le cadre de l'exercice du droit de communication, en vue
d’établir l’existence de lien de dépendance, et le cas échéant, de contrôler les bénéfices
transférés à l'étranger.
Ces dispositions s'appliquent aux opérations de contrôle fiscal dont l'avis de vérification
est notifié à compter du 1er janvier 2009, conformément aux dispositions de l’article 7
(VI- 12) de la loi de finances pour l’année budgétaire 2009.
32
SECTION II- DISPOSITIONS PARTICULIERES EN MATIERE DE DROIT DE
CONTROLE
33
c-L’administration doit tenir compte des dépenses qui peuvent être effectuées par
des ressources issues de plusieurs années. Dans ce cas, l’évaluation de la situation
fiscale des personnes concernées doit porter sur la seule fraction du montant de la
dépense correspondant à la période non prescrite.
d-Pour l’examen de l'ensemble de la situation fiscale d’une personne physique,
l’administration doit lui notifier un avis d’examen, précisant la période objet
d’examen.
e-L’administration peut demander à la personne concernée de fournir toutes les
justifications nécessaires et présenter tout document clarifiant les discordances et
incohérences relevées, dans un délai de trente (30) jours suivant la date de
réception de la demande de l’administration, L’examen prévu ci-dessus ne peut
durer plus de six (6) mois à compter de la date de notification de l’avis d’examen
susvisé.
f-Avant la date de clôture de l’examen, l’administration procède à un échange oral et
contradictoire concernant les éléments de comparaison sur la base desquels le
revenu global annuel sera évalué. A cet effet, la personne concernée est informée
selon un imprimé modèle établi par l’administration, dans les formes prévues à
l’article 219 ci-dessous, de la date fixée pour l’échange oral et contradictoire
précité et de la date à laquelle l’examen sera clôturé.
Les observations formulées par la personne concernée, lors de l’échange précité, sont
prises en considération si l’administration les estime fondées.
L'administration établit un procès-verbal mentionnant la date à laquelle a eu lieu
l’échange précité et les parties signataires. Une copie de ce procès-verbal est remise à
la personne concernée.
L'administration notifie à ladite personne, dans les trois« (3) mois qui suivent la date de
clôture de l’examen dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, les éléments de
comparaison devant servir à la rectification de la base annuelle d'imposition.
La lettre de notification demeure le seul document ayant pour effet de fixer les montants
des redressements notifiés et de constater l’engagement de la procédure de rectification
des impositions.
L’administration invite les personnes concernées à produire leurs observations dans un
délai de trente (30) jours suivant la date de réception de la lettre de notification.
La personne concernée peut justifier, dans le cadre de la procédure visée ci-dessus, ses
ressources par tout moyen de preuve et faire état notamment :
– de revenus de capitaux mobiliers soumis à la retenue à la source libératoire ou ceux
afférents aux distributions occultes du point de vue fiscal, visées à l’article 13-VII
ci-dessus ;
– de revenus exonérés de l’impôt sur le revenu sous réserve du dépôt des
déclarations y afférentes et nonobstant toutes les dispositions contraires ;
–de produits de cessions de biens meubles ou immeubles ;
–d’emprunts contractés auprès des banques ou auprès des tiers pour des besoins
autres que professionnels ;
–de l’encaissement des prêts précédemment accordés à des tiers.
Pour bénéficier de cette régularisation, toute personne ayant des disponibilités non
déclarées (en cash ou en banque), des valeurs mobilières ou un patrimoine immobilier
acquis par ces disponibilités, ou des comptes courants d’associés et des prêts accordés
aux tiers, devra les déposer (auprès d’une banque pour les liquidités) ou les déclarer (à
l’administration fiscale pour les autres catégories d’avoirs) et payer une contribution
libératoire égale à 5% de la valeur de ces avoirs.
35
Après leur dépôt ou déclaration, toutes les dépenses personnelles effectuées à partir de
ces avoirs ne seront pas prises en compte dans l’examen de la situation fiscale globale
du personne physique en cas de contrôle au titre de l’impôt sur le revenu portant sur les
exercices 2024 et ultérieurs.
Le droit de préemption porte également sur les actions ou parts sociales des sociétés
immobilières dites fiscalement transparentes et les sociétés à prépondérance immobilière
visées, respectivement, aux articles 3- 3° et 61- II du C.G.I.
36
3- Notification de la décision de préemption
Une fois la décision de préemption prise, l’inspecteur des impôts chargé de
l’enregistrement la notifie à chacune des parties indiquées à l’acte ou à la déclaration de
mutation lorsque aucun écrit n’a été établi ;
- au cadi chargé du taoutiq compétent lorsque l’acte de mutation a été dressé par des
adoul et concerne des immeubles non immatriculés ;
- au conservateur de la propriété foncière de la situation des biens lorsqu’il s’agit
d’immeubles immatriculés ou en cours d’immatriculation.
Lorsque les biens préemptés sont situés dans les ressorts territoriaux de plusieurs cadi
chargés du taoutiq ou conservateurs, la notification de la décision de préemption est
faite à chacun des magistrats ou fonctionnaires intéressés.
La notification est faite dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I. Dès réception
de la notification, les droits de l’Etat sont mentionnés sur le registre de transcription tenu
par le cadi chargé du taoutiq et, lorsqu’il s’agit d’immeubles immatriculés ou en cours
d’immatriculation, inscrits sur les livres fonciers ou mentionnés sur le registre de la
conservation foncière prévu à cet effet.
4- Indemnisation du cessionnaire
Le cessionnaire évincé reçoit, dans le mois qui suit la notification de la décision de
préemption, le montant du prix déclaré ou de la valeur vénale reconnue, majoré :
- des droits d’enregistrement acquittés ;
- des droits d’inscription sur les livres fonciers si l’immeuble préempté est
immatriculé ;
- d’une somme calculée à raison de cinq pour cent (5 %) du prix déclaré ou de la
valeur vénale reconnue, représentant forfaitairement les autres frais du contrat
dépensés en sus des prix, ainsi que les autres dépenses engagées par l’acquéreur,
notamment pour l’entretien et la conservation de l’immeuble préempté.
A défaut de paiement dans le délai prescrit, des intérêts au taux légal en matière civile
courent de plein droit au profit du cessionnaire évincé, dès l’expiration de ce délaI.
CHAPITRE II
PROCEDURE DE RECTIFICATION DES BASES D’IMPOSITION
37
I- REGLES DE NOTIFICATION
Les règles édictées par les dispositions de l’article 219 du C.G.I. s’appliquent à toutes les
procédures de notification prévues par ledit code. La procédure de notification peut
s’effectuer :
- soit par lettre recommandée avec accusé de réception ;
- soit par la remise en main propre par l’intermédiaire des agents assermentés de
l’administration fiscale, des agents du greffe, des huissiers de justice ou par voie
administrative (autorité locale, …).
A- LE LIEU DE NOTIFICATION
La notification est effectuée, quelle que soit la forme choisie, à l'adresse indiquée par le
contribuable dans ses déclarations, actes ou correspondances communiqués à
l’inspecteur des impôts de son lieu d’imposition.
N.B. : En cas de liquidation d’une société, la notification est effectuée à l’adresse du
syndic ou du liquidateur.
A- PHASE ADMINISTRATIVE
La phase administrative consiste en une procédure contradictoire comprenant cinq
étapes :
- première notification ;
- réponse du contribuable à la première notification ;
- deuxième notification ;
- réponse du contribuable à la deuxième notification et, éventuellement, son pourvoi
devant la commission locale de taxation (C.L.T.) ou la commission régionale du
recours fiscal ;
- pourvoi devant la commission nationale du recours fiscal (C.N.R.F.).
1- Première lettre de notification
L’article 220-I du C.G.I. prévoit que, dans le cas où l’inspecteur des Impôts est amené à
rectifier les bases d’imposition initiales résultant soit d’une déclaration, soit d’une
taxation d’office au titre des impôts, droits et taxes, il notifie au contribuable dans les
formes prévues à l’article 219 du même code :
- les nouvelles bases arrêtées en matière d’impôt sur les sociétés et d’impôt sur le
revenu;
- les montants des droits complémentaires arrêtés en matière de T.V.A., des impôts
retenus à la source et des droits d’enregistrement.
a- Contenu de la première lettre de notification
La lettre de notification adressée au contribuable doit faire connaître :
- en matière d’I.S., d’I.R. et de T.V.A., les motifs, la nature et le montant détaillé des
redressements envisagés par période d’imposition ;
- en matière de droits d’enregistrement, la nouvelle base devant servir d’assiette à la
liquidation des droits ainsi que le montant des droits complémentaires résultant de
cette base.
Il y a lieu de préciser que pour les cas de remise en cause de la valeur probante de la
comptabilité, tels que commentés cI- dessus, la notification doit contenir, en plus des
éléments cités ci-dessus, les motifs de cette remise en cause.
En cas d’insuffisance des chiffres déclarés, telle que commentée au B du VI du même
chapitre I, la notification doit comporter les moyens et méthodes utilisés par
l'administration pour la reconstitution du chiffre d’affaires.
La lettre de notification doit en outre comporter l'assignation au contribuable d'un délai
de réponse de trente (30) jours suivant la date de réception de ladite lettre pour faire
parvenir à l’inspecteur son acceptation ou ses observations détaillées et motivées par
nature de redressement et par période d’imposition.
b- Effets de la notification
La notification a pour effet :
- d'interrompre le délai de prescription
En vertu des dispositions de l’article 232-V du C.G.I., la première notification a pour effet
d’interrompre la prescription quadriennale en faisant courir un nouveau délai de même
nature et de même durée que celui interrompu.
40
Il est donc nécessaire que la première lettre de notification soit notifiée à son
destinataire, dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I. avant l'expiration du délai
légal de prescription ;
- de fixer les limites d'imposition
L’imposition établie suite à un contrôle fiscal ne peut excéder celle résultant des bases
fixées dans la première lettre de notification ;
41
- Abandon total des redressements notifiés
Lorsque les observations du contribuable sur la totalité des redressements sont retenues
par l’inspecteur, la base déclarée par le contribuable ou initialement retenue d’office
devient définitive et la procédure contradictoire aboutit à son terme.
A cet effet, il importe de préciser que, quels que soient les éléments nouveaux dont elle
disposerait ultérieurement, l'administration fiscale ne peut en aucun cas engager une
nouvelle vérification pour la période concernée, au titre des impôts, droits ou taxes objet
de ce premier contrôle.
42
Par ailleurs, concernant les redressements sur lesquels le contribuable n'a pas émis
d'observations dans sa réponse à la première notification, l'inspecteur lui rappelle que
ceux-ci seront considérés comme ayant été acceptés par lui et donneront lieu à une
taxation immédiate, s’ils ne font pas l’objet d’observations dans sa réponse à la
deuxième lettre de notification.
L'inspecteur doit analyser chacune des observations ou contre propositions du
contribuable, motiver leur rejet et démontrer avec des éléments chiffrés le bien-fondé
des réintégrations qu'il se propose de maintenir.
Lorsque le contribuable, en réponse à la première notification, a rejeté globalement les
propositions de l'administration, sans fournir de précisions, l'inspecteur reprend dans la
deuxième notification les termes de la première notification tout en lui rappelant que les
bases notifiées et, le cas échéant, le montant des droits et taxes seront définitifs, s’il ne
se pourvoit pas devant la C.L.T. , C.R.R.F ou la C.N.R.F
C- ACCORD A L’AMIABLE
Le contribuable ou son représentant légal peut, au cours de la procédure, conclure un
accord à l’amiable avec l’administration sur les redressements notifiés. Cet accord doit
être concrétisé par un écrit, signé par les deux parties et comportant :
- la date de la signature de l’accord ;
- le nom et la qualité des signataires ;
- le montant des bases et des droits qui résultent de l’accord.
L’accord écrit doit être établi en double exemplaire dont l’un doit être remis au
contribuable contre décharge ou lui être adressé, éventuellement, par courrier
recommandé. Chaque accord doit être accompagné de la lettre de désistement de la part
de l’intéressé par laquelle il renonce expressément à tout recours actuel ou éventuel
devant les commissions (C.L.T., C.R.R.F et C.N.R.F.), l’administration ou le tribunal
compétent, ainsi qu’à toute demande en restitution concernant les chefs de
redressement
L'accord peut être conclu soit avec le contribuable, soit avec son représentant légal qui
doit justifier de sa qualité, soit avec la personne mandatée, qui doit présenter à
l'inspecteur des impôts un mandat spécial établi à cet effet, ayant date certaine
(légalisé, adoulaire ou notarié).
45
imposable, par l’envoi d’un nouvel avis de vérification au contribuable pour les
exercices non prescrits ;
2) en cas d’envoi de la deuxième lettre de notification portant réponse de
l’administration aux observations du contribuable en dehors du délai prescrit de
trente (30) jours, l’administration peut également reprendre la procédure de
rectification de la base imposable par l’envoi d’un nouvel avis de vérification au
contribuable pour les exercices non prescrits.
46
1- Première lettre de notification
Les règles applicables à cette première lettre de notification sont identiques à celles
applicables à la première lettre de notification de la procédure normale.
47
5- Cessation d’activité suivie de liquidation
En cas de cessation totale d’activité d’une entreprise suivie de liquidation,
l'administration est en droit de vérifier la comptabilité relative aux déclarations se
rapportant à toute la période de liquidation, même dans le cas où cette période dépasse
le délai de prescription légal, conformément aux dispositions de l'article 232- VIII- 6° du
C.G.I.
En effet, une dérogation au délai de prescription prévu à l'article 232-I du C.G.I. est
prévue dans le cas de cessation totale d'activité d'une entreprise suivie de liquidation
prolongée. La liquidation prolongée s’entend de la liquidation qui s’étale sur plusieurs
exercices.
Les dispositions de l'article 221-III du C.G.I. précité font obligation à l'administration de
notifier le résultat de la vérification avant l'expiration d'un délai d'un an suivant la date
du dépôt de la déclaration définitive du résultat final de la liquidation.
Il est à rappeler que la déclaration du résultat final doit être souscrite auprès de
l’administration fiscale dans les quarante cinq (45) jours suivant la clôture des
opérations de liquidation.
49
rectificative et de payer spontanément les droits complémentaires dus. La déclaration
rectificative devrait être accompagnée par une note explicative, établie par un
commissaire aux comptes, un expert-comptable, ou un comptable agréé, précisant
notamment les rectifications effectuées suite aux irrégularités communiquées par
l'administration fiscale ainsi que celles relevées, éventuellement par ledit commissaire aux
comptes, expert-comptable ou comptable agréé.
Ces redressements sont passibles de la retenue à la source, même s'ils ne couvrent pas
les déficits déclarés.
Toutefois, les redressements portant sur les amortissements et les provisions ne
donnent pas lieu à l'application de l’impôt, puisque les sommes correspondantes n'ont
pas été décaissées. Il en est de même, entre autres, des réintégrations portant sur :
- les honoraires dûment justifiés, mais non déclarés sur un imprimé- modèle
conformément aux dispositions de l'article 194 du C.G.I. ;
- les paiements en espèces des charges justifiées dont le montant est égal ou
supérieur à 10.000 DH, en application des dispositions de l’article 11 du même
code.
L'émission des rôles concernant ces redressements ne peut avoir lieu qu'après :
- accord exprès ou tacite du contribuable ;
- taxation d'office effectuée dans le cadre des articles 228 et 229 du même code
- décision de la C.L.T. ;
- décision de la C.N.R.F. ;
- décision définitive du tribunal, le cas échéant.
1- COMPETENCES
- Compétence des C.L.T.
Conformément aux dispositions de l’article 225- I , Ces commissions connaissent des
réclamations sous forme de requêtes présentées par les contribuables qui possèdent leur
siège social ou leur principal établissement à l'intérieur dudit ressort concernant les
rectifications en matière de revenus professionnels déterminés selon le régime de la
contribution professionnelle unique, de revenus et profits fonciers et des droits
d’enregistrement et de timbre.
Elles statuent sur les litiges qui leur sont soumis et doivent se déclarer incompétentes sur
les questions qu’elles estiment portant sur l’interprétation des dispositions légales ou
réglementaires.
53
a - Compétence territoriale
Le siège et le ressort des C.L.T. sont fixés par l’administration, conformément aux
dispositions de l’article 225- I du C.G.I. A cet effet, la C.L.T. compétente à statuer sur le
litige qui lui est soumis par le contribuable est celle du lieu de son imposition. Il est à
rappeler que le lieu d'imposition s’entend :
pour les personnes morales, du siège social ou du principal établissement;
pour les personnes physiques, du domicile fiscal ou du principal établissement
et pour les contribuables non-résidents au Maroc, du domicile fiscal élu.
Toutefois, en matière d’I.R. sur les profits fonciers et des droits d’enregistrement, la
commission locale compétente est celle du lieu de situation des immeubles, des fonds de
commerce ou des biens objet du contrôle.
b- Compétence d'attribution
Les C.L.T. et connaissent de tous les litiges relatifs à la détermination des bases des
impôts, droits et taxes et doivent se déclarer incompétentes sur les questions que ces
commissions estiment porter sur l’interprétation des dispositions légales ou réglementaires.
Elles sont donc appelées :
- à confirmer ou infirmer que les motifs invoqués par les parties portent sur
l'interprétation des dispositions légales ou réglementaires (article 225 -I du C.G.I.)
- à statuer valablement sur les questions de fait.
En revanche, les commissions locales n'ont pas à statuer :
- sur les redressements ayant fait l’objet d’un accord en cours de procédure;
- lorsque le contribuable, du fait de sa propre défaillance, a fait l'objet d'une taxation pour
défaut de réponse dans le délai légal à la première ou à la deuxième notification ;
- lorsque le contribuable répond, dans le délai, à la deuxième lettre de notification, mais
ne demande pas expressément le pourvoi devant la C.L.T.
2- COMPOSITION
a-1- Membres de la C.L.T.
L’article 225 (II- A) du C.G.I. fixe la composition de chaque C.L.T. comme suit :
1°- un magistrat, président ;
2°- un représentant du gouverneur de la préfecture ou de la province dans le ressort de
laquelle est situé le siège de la commission ;
3°- un représentant de l’administration qui tient le rôle de secrétaire rapporteur ;
4°– un représentant des contribuables appartenant à la branche professionnelle la plus
représentative de l'activité exercée par le contribuable requérant et à l’Ordre des notaires
et/ou adoul.
La commission peut s'adjoindre pour chaque affaire, deux experts au plus, fonctionnaires
ou contribuables, qu’elle désigne et qui ont voix consultative, conformément aux
dispositions de l’article 225 (II- D) du C.G.I.
La commission entend le représentant du contribuable à sa demande, ou si elle estime
cette audition nécessaire.
Dans les deux cas, la commission convoque en même temps le ou les représentants du
contribuable et le ou les représentants de l'administration fiscale désignés à cet effet par
l’administration.
La commission les entend séparément ou en même temps, soit à la demande de l'une ou
de l'autre partie, soit lorsqu'elle estime leur confrontation nécessaire.
Il est rappelé qu’en application des dispositions de l’article 220- VII du C.G.I., les
décisions devenues définitives des C.L.T. sont susceptibles de recours devant le tribunal
compétent, conformément aux dispositions de l’article 242 dudit code.
55
avant le 31 octobre de l'année précédant celle au cours de laquelle les membres
désignés sont appelés à siéger au sein de la commission locale.
Aucun membre ne peut siéger à la commission locale de taxation pour un litige dont il a
eu déjà à connaître dans le cadre de l’exercice de son activité ou de sa fonction.
3- Fonctionnement de la C.L.T
a- Rapport de l'inspecteur
Pour chaque affaire, l'inspecteur des impôts établit un rapport faisant ressortir les
propositions et les observations du contribuable et de l'administration, les différents points
de litige et tous les renseignements de nature à éclairer la commission.
b- Tenue de la séance
Le secrétaire rapporteur de la commission convoque les membres de la commission, au
moins quinze (15) jours avant la date fixée pour la réunion , il informe les deux parties
de la date à laquelle elle tient sa réunion, trente (30) jours au moins avant cette date .
Lorsqu’elle le juge utile, la commission locale peut demander à l'administration de
procéder à un supplément d'instruction. Mais en aucun cas, ce nouvel examen ne peut se
solder par de nouvelles rectifications.
C'est ainsi que la commission ne peut :
- substituer ou compenser l’abandon d’un redressement, relevé lors de la notification
initiale par une réintégration (de fait), relevée au niveau d'une instruction
supplémentaire ;
- statuer sur des points litigieux autres que ceux qui lui ont été soumis par le
contribuable dans sa requête.
c- Délibération de la C.L.T.
En application de l’article 225 (II- A) précité, La commission statue valablement en
présence du président et de deux autres membres. Elle délibère à la majorité des voies
des membres présents, en cas de partage égal des voies celle du président est
prépondérante.
La commission doit fixer les bases d'imposition et se déclarer incompétente pour les
questions qu'elle estime porter sur l'interprétation de la loI.
Les décisions de la C.L.T. sont consignées sur des rapports établis selon un modèle prévu
à cet effet, qui doivent être dûment signés par les seuls membres habilités à statuer et
ayant délibéré
56
e- Contenu de la décision de la C.L.T.
Les décisions de la C.L.T. doivent être détaillées et motivées afin de permettre, à la fois
au contribuable et à l’administration fiscale, de connaître les fondements sur lesquels la
commission s’est basée pour rendre sa décision et de mieux juger de l’opportunité d’un
recours devant la C.N.R.F. ou d’un recours judiciaire.
La décision notifiée aux parties doit également faire ressortir distinctement les bases, les
droits et les taxes arrêtés par la commission locale et le cas échéant, les rectifications sur
lesquelles elle s'est déclarée incompétente.
1- COMPETENCES
- Compétence des C.R.R.F.
Conformément aux dispositions de l’article 225bis, Ces commissions connaissent des
réclamations sous forme de requêtes présentées par les contribuables qui possèdent leur
siège social ou leur principal établissement à l'intérieur dudit ressort concernant :
– les rectifications en matière de revenus et profits de capitaux mobiliers ;
– les vérification de comptabilité des contribuables dont le chiffre d’affaires déclaré au
compte de produits et charges, au titre de chaque exercice de la période non prescrite
vérifiée, est inférieur à dix (10) millions de dirhams.
Elles statuent sur les litiges qui leur sont soumis et doivent se déclarer incompétentes sur
les questions qu'elles estiment portant sur l'interprétation des dispositions légales ou
réglementaires.
a - Compétence territoriale
Le siège et le ressort des C.R.R.F. sont fixés par l’administration, conformément aux
dispositions de l’article 225 bis du C.G.I. A cet effet, la [Link]étente à statuer sur le
litige qui lui est soumis par le contribuable est celle du lieu de son imposition. Il est à
rappeler que le lieu d'imposition s’entend :
57
pour les personnes morales, du siège social ou du principal établissement;
pour les personnes physiques, du domicile fiscal ou du principal établissement
et pour les contribuables non-résidents au Maroc, du domicile fiscal élu.
c- Compétence d'attribution
Les C.L.T. et connaissent de tous les litiges relatifs à la détermination des bases des
impôts, droits et taxes et doivent se déclarer incompétentes sur les questions que ces
commissions estiment porter sur l’interprétation des dispositions légales ou
réglementaires.
Elles sont donc appelées :
- à confirmer ou infirmer que les motifs invoqués par les parties portent sur
l'interprétation des dispositions légales ou réglementaires (article 225 bis du C.G.I.)
- à statuer valablement sur les questions de fait.
En revanche, les commissions locales n'ont pas à statuer :
- sur les redressements ayant fait l’objet d’un accord en cours de procédure;
- lorsque le contribuable, du fait de sa propre défaillance, a fait l'objet d'une taxation
pour défaut de réponse dans le délai légal à la première ou à la deuxième notification ;
- lorsque le contribuable répond, dans le délai, à la deuxième lettre de notification,
mais ne demande pas expressément le pourvoi devant la C.R.R.F.
2- COMPOSITION
a-1- Membres de la C.R.R.F.
L’article 225 bis du C.G.I. fixe la composition de chaque C.R.R.F. comme suit :
1°– un magistrat, président, désigné par le Chef du gouvernement sur proposition du
Conseil supérieur du pouvoir judiciaire ;
2°– deux représentants de l’administration dont l’un tient le rôle de secrétaire rapporteur ;
3°– deux représentants des contribuables appartenant à la branche professionnelle la
plus représentative de l'activité exercée par le contribuable requérant.
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3- Fonctionnement de la C.R.R.F.
L’inspecteur reçoit la requête adressée à la commission régionale du recours fiscal et la
transmet avec les documents relatifs aux actes de la procédure contradictoire
permettant à ladite commission de statuer.
Cette requête définit l’objet du désaccord et contient un exposé des arguments
invoqués.
Un délai maximum de trois (3) mois est fixé pour la communication par l’administration
des requêtes et documents précités à la commission régionale du recours fiscal, à
compter de la date de notification à l’administration du pourvoi du contribuable devant
ladite commission.
A défaut de communication de la requête et des documents visés ci-dessus, dans le délai
prescrit, les bases d’imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou
acceptées par le contribuable.
Le secrétaire rapporteur convoque les membres de la commission, au moins quinze (15)
jours avant la date fixée pour la réunion dans les formes prévues à l’article 219 ci-
dessus.
Le secrétaire rapporteur de la commission régionale du recours fiscal informe les deux
parties de la date à laquelle elle tient sa réunion, trente (30) jours au moins avant cette
date dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus.
La commission statue valablement en présence du président et de deux autres
membres. Elle délibère à la majorité des voix des membres présents. En cas de partage
égal des voix, celle du président est prépondérante.
Les décisions des commissions régionales du recours fiscal doivent être détaillées,
motivées et sont notifiées aux deux parties par les secrétaires rapporteurs de ces
commissions, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, dans les quatre (4) mois
suivant la date de la décision.
La commission doit statuer dans un délai de douze (12) mois, à compter de la date de la
réception de la requête et des documents transmis par l’administration.
Lorsqu’à l’expiration du délai précité, la commission régionale du recours fiscal n’a pas
pris de décision, le secrétaire rapporteur en informe par lettre les parties, selon les
formes prévues à l’article 219 ci-dessus, dans les deux (2) mois suivant la date
d’expiration dudit délai de douze (12) mois.
Un délai maximum de deux (2) mois est fixé pour la communication par l’administration
de la requête et documents précités à la commission nationale du recours fiscal à
compter de la date de réception de la lettre d’information visée à l’alinéa précédent.
A défaut de communication de la requête et des documents précités, dans le délai
prescrit, les bases d’imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou
acceptées par le contribuable.
59
C- COMMISSION NATIONALE DU RECOURS FISCAL (C.N.R.F.)
1- Compétences de la C.N.R.F.
La C.N.R.F. statue sur les litiges dont elle est saisie, dès lors que les recours sont
exercés dans les conditions de forme et de délai prévues aux articles 220, 221 et 227 du
C.G.I
a- Compétence territoriale
La C.N.R.F. siège en permanence à Rabat et traite des recours des contribuables ou de
l’administration. Sa compétence territoriale couvre tout le territoire national.
b- Compétence d'attribution
La compétence de la C.N.R.F. couvre les recours relatifs à :
- à l'examen de l'ensemble de la situation fiscale des contribuables quel que soit le
chiffre d'affaires déclaré ;
- aux vérifications de comptabilité des contribuables lorsque le chiffre d'affaires déclaré
est égal ou supérieur à dix (10) millions de dirhams.
- les recours pour lesquels les C.L.T. et la C.R.R.F n'ont pas pris de décision dans le
délai de (12) douze mois.
- Les rectifications des bases d’imposition pour lesquelles l’administration invoque l’abus
de droit visé à l’article 213-V du CGI .
Elle doit, toutefois, se déclarer incompétente sur les questions qu'elle estime portant sur
l'interprétation des dispositions légales ou réglementaires.
2- Composition de la C.N.R.F.
Conformément aux dispositions de l'article 226- I du C.G.I., la C.N.R.F. comprend :
- par le Chef du gouvernement sur proposition du Conseil supérieur du pouvoir
judiciaire ;
- trente (30) fonctionnaires, désignés par le Chef du gouvernement, pour une période de
trois (3) ans renouvelable une seule fois, sur proposition de l’autorité
gouvernementale chargée des finances, ayant une formation fiscale, comptable,
juridique ou économique et qui ont au moins le grade d’inspecteur ou un grade
classé dans une échelle de rémunération équivalente. Ces fonctionnaires sont
détachés auprès de la commission ;
- cent (100) personnes du monde des affaires désignées par le Chef du gouvernement,
sur proposition conjointe des autorités gouvernementales chargées du commerce et
60
de l'industrie, de l'artisanat, des pêches maritimes et de l’autorité gouvernementale
chargée des finances, pour une période de trois ans, en qualité de représentants des
contribuables.
Ces représentants sont choisis, avant le 31 octobre de l'année précédant celle au cours
de laquelle les membres désignés sont appelés à siéger au sein de la commission
nationale, parmi :
- les personnes physiques membres des organisations professionnelles les plus
représentatives exerçant des activités commerciales, industrielles, de services,
artisanales ou de pêches maritimes, figurant sur les listes présentées par lesdites
organisations et par les présidents des chambres de commerce, d'industrie et de
services, des chambres d'artisanat, des chambres d'agriculture et des chambres
maritimes ;
- les experts comptables ou les comptables agréés figurant respectivement sur les
listes présentées par l'Ordre des experts comptables et l'Organisation professionnelle
des comptables agréés.
3- Fonctionnement de la C.N.R.F.
La présidence et le fonctionnement de la commission sont assurés par un magistrat
désigné par le Chef du gouvernement sur proposition du Conseil supérieur du pouvoir
judiciaire
Dans le but d’assurer une bonne marche de la commission, son organisation
administrative est fixée par voie réglementaire.
A cet effet, le décret n° 2-09-606 du 13 moharrem 1431 (30 décembre 2009) pris pour
l'application de l'article 226 précité prévoit qu'un secrétaire général de la dite
commission est désigné par le Premier ministre sur proposition du Ministre de l'Economie
et des Finances, en vue d'assurer, sous le contrôle du président de la commission, la
gestion et l'organisation administrative de la C.N.R.F., notamment :
- la gestion du personnel administratif ;
- la demande des éléments de la procédure auprès de l'administration fiscale ;
- la répartition des dossiers entre les membres de la commission et entre les sous-
commissions ;
- la programmation des dossiers devant les sous-commissions ;
- l'organisation des séances de délibérations des sous-commissions.
Le Président de la C.N.R.F. désigne chaque année parmi les présidents des sous-
commissions un intérimaire afin de le suppléer dans la gestion de la commission, en cas
d’absence ou d’empêchement, conformément aux dispositions de l’article 226 (II- 2e
alinéa) du C.G.I.
Le recours du contribuable devant la Commission nationale du recours fiscal est
présenté sous forme de requête adressée à l'inspecteur par lettre recommandée avec
accusé de réception.
61
L'inspecteur reçoit la requête adressée à la commission nationale de recours fiscal et la
lui transmet avec les documents relatifs aux actes de la procédure contradictoire
permettant à ladite commission de statuer.
Cette requête définit l'objet du désaccord et contient un exposé des arguments
invoqués.
Un délai maximum de trois (3) mois est fixé pour la communication par l'administration
des requêtes et documents précités à la commission nationale du recours fiscal, à
compter de la date de notification à l'administration du pourvoi du contribuable devant
ladite commission.
A défaut de communication de la requête et des documents visés ci-dessus, dans le délai
prescrit, les bases d'imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou
acceptées par le contribuable.
Le président de la commission confie les recours pour instruction à un ou plusieurs
fonctionnaires et répartit les dossiers entre les sous-commissions.
Ces dernières se réunissent à l'initiative du président de la commission. Le secrétaire
rapporteur convoque les membres de la commission au moins quinze (15) jours avant
la date fixée pour la réunion , Le secrétaire rapporteur de la commission nationale
informe les deux parties de la date à laquelle elle tient sa réunion, trente (30) jours au
moins avant cette date .
Si à l'expiration du délai précité, la décision de la C.N.R.F. n'a pas été prise, aucune
rectification ne peut être apportée aux résultats déclarés par le contribuable ou à la base
d'imposition retenue initialement par l'administration en cas de taxation d'office pour
défaut de déclaration ou déclaration incomplète, en vertu des dispositions de l’article
226- IV du C.G.I.
Toutefois, dans le cas où le contribuable aurait donné son accord partiel sur les bases
notifiées par l'administration ou en l’absence d’observations de sa part sur les chefs de
redressements notifiés par l’administration, c’est la base résultant de cet accord partiel
ou des chefs de redressements précités qui est retenue pour l’émission des impositions.
Sont considérées comme ayant été également acceptées par le contribuable, les bases
arrêtées par la C.L.T. et non contestées par lui devant la C.N.R.F.
5- Recours judiciaire
En application des dispositions de l’article 226 - V du C.G.I., le recours judiciaire peut
être exercé soit par le contribuable, soit par l’administration dans les conditions et délais
prévus à l’article 242 du C.G.I.
63
c- Epuisement de la procédure devant les commissions
L'article 226-VI du C.G.I. précise que le recours ne peut être intenté, à la fois, devant les
tribunaux et les commissions locales de taxation ou la commission nationale du recours
fiscal. Cette mesure a pour objectif d'amener les contribuables à poursuivre jusqu’à son
terme la procédure engagée devant les C.L.T. la C.R.R.F ou la commission nationale du
recours fiscal avant d'enclencher la procédure judiciaire, afin d'éviter les problèmes nés
des recours intentés, à la fois, devant les tribunaux et les commissions précitées.
Ces dispositions s’appliquent, en cas d’émission des impositions avec possibilité pour le
contribuable de se pourvoir devant C.L.T. ou la C.R.R.F notamment dans les cas de :
- procédure accélérée de rectification des impositions (art. 221 du C.G.I) ;
- régularisation de l’impôt retenu à la source (art. 222-A du C.G.I) ;
- rectification en matière de profits fonciers (art. 224 du C.G.I) ;
Le délai de recours par les parties en litige est de soixante (60) jours suivant la date de
réception de la notification de la copie du procès-verbal. Le défaut de recours devant la
C.N.R.F. donne lieu à l’émission des impositions sur les bases arrêtées par ladite
commission. Ces impositions peuvent faire l’objet d’un recours judiciaire, dans les
conditions prévues à l’article 242 du C.G.I
64
CHAPITRE III
PROCEDURE DE TAXATION D’OFFICE
1- Défaut de déclaration
La procédure de taxation d’office est applicable en matière d’I.S., d’I.R., de T.V.A. et de
D.E., à l’égard des contribuables qui ne produisent pas dans les délais prescrits :
- la déclaration du résultat fiscal et du chiffre d’affaires prévues par les articles 20 et
150 du C.G.I. ;
- la déclaration du revenu global prévue par les articles 82 et 85 du C.G.I;
- la déclaration de cession de biens ou de droits réels immobiliers prévue par l’article
83 du .C.G.I.
- la déclaration de cession de valeurs mobilières et autres titres de capital et de
créance prévue par l’article 84- I du C.G.I. ;
- la déclaration du chiffre d’affaires faisant ressortir éventuellement le versement de la
taxe correspondante prévue aux articles 120 et 111 du C.G.I. ;
- les actes et conventions obligatoirement assujettis aux droits d’enregistrement
prévus par l’article 127- I du C.G.I.
- la déclaration de cession, de cessation d'activité et de transformation de la forme
juridique de l’entreprise.
2- Déclaration incomplète
La procédure de taxation d’office est applicable également pour les contribuables qui
produisent une déclaration incomplète ou un acte sur lesquels manquent les
renseignements nécessaires pour l’assiette, le recouvrement de l’impôt ou la liquidation
des droits en application des dispositions de l’article 228 (I- 2°) du C.G.I.
65
Par déclaration incomplète ou omissions, il y a lieu d’entendre l’absence de l’ensemble
des renseignements exigés par la loi ou seulement certains de ces renseignements ayant
une incidence sur l’assiette, la liquidation ou le recouvrement des impôts, droits ou
taxes.
Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que les déclarations incomplètes donnent lieu à
l’application de des majorations prévues à l’article 184 du C.G.I.
67
- la suppression de la condition de récidive avant l'expiration d'un délai de cinq (5) ans
qui suit un jugement de la condamnation à l’amende prévue à l’article 192-I du CGI, afin
de permettre l’application des sanctions pénales dès la première infraction.
- l’exclusion des plaintes relatives à l’émission des factures fictives, visées à l’article 192
du CGI, de la procédure de consultation préalable de la commission des infractions
fiscales par le ministre chargé des finances ou la personne déléguée par lui à cet effet ;
Les infractions fiscales pouvant être érigées en délit pénal, en raison de leur caractère
grave, sont limitativement énumérées par l’article 192-I du C.G.I.
La mise en oeuvre de ce dispositif fait appel à l’application des règles procédurales
prévues à l’article 231 du C.G.I. Ces règles concernent :
- la constatation des infractions ;
- les personnes passibles des sanctions pénales ;
- l’initiative de la plainte ;
- la saisine de la commission des infractions fiscales et du procureur du RoI.
3- Initiative de la plainte
le Ministre des finances ou la personne déléguée par lui à cet effet, ne peut saisir le
procureur du Roi qu’après consultation et avis préalable de la Commission des infractions
fiscales, À l’exception des plaintes relatives aux infractions relatives à l’émission des
factures fictives, dans ce cas le ministre chargé des finances ou la personne déléguée
par lui peut saisir directement le procureur du Roi compétent.
68
4- Commission des infractions fiscales
Cette commission est présidée par un magistrat et comprend deux représentants de
l’administration fiscale et deux représentants des contribuables choisis sur des listes
présentées par les organisations professionnelles les plus représentatives. Les membres
de cette commission sont désignés par arrêté du Premier Ministre.
CHAPITRE IV PRESCRIPTION
SECTION I- DISPOSITIONS GENERALES
Les articles 232, 233 et 234 du C.G.I., fixent des délais limites à l’administration pour
exercer son droit de reprise en vue de régulariser l’assiette et le montant des droits
exigibles. Au-delà de ces délais, ce droit est prescrit. Il s’agit d’une prescription
extinctive du droit de reprise de l’administration qui ne peut plus être exercée au delà de
ces délais.
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Exemple :
Un acte d’acquisition d’un appartement, au prix de 210.000 DH, a été enregistré le 16
novembre 2015.
Le contrôle ultérieur de la liquidation des droits a révélé une erreur dans le taux
appliqué. Au lieu du taux de droit commun de 3% prévu pour les locaux construits, il a
été appliqué le taux de 1,50% prévu pour les donations en ligne directe.
La réparation de cette erreur doit intervenir avant le 16 novembre 2019. Au-delà de
cette date, le droit de rectification est prescrit.
A- INTERRUPTION DE LA PRESCRIPTION
1- Principe
La prescription est interrompue par la réception ou la remise :
- de la première lettre de notification prévue à l’article 220- I du C.G.I. relatif à la
procédure normale de rectification;
- de la première lettre de notification prévue à l’article 221-I du C.G.I. relatif à la
procédure accélérée de rectification ;
- de la lettre d’information prévue à l’article 222- A du C.G.I. relatif à la régularisation
de l’impôt retenu à la source;
- de la première lettre de notification prévue à l’article 224 du C.G.I. relatif à la
rectification en matière de profits fonciers ;
71
- de la première lettre de notification prévue à l’article 228- I du C.G.I. relatif à la
taxation d’office pour défaut de déclaration du résultat fiscal, du revenu global, de
profit, de chiffre d’affaires ou de présentation d’actes ou de conventions ;
- et de la première lettre de notification prévue à l’article 229 (1er alinéa) du C.G.I
relatif à la taxation d’office pour infraction aux dispositions relatives à la
présentation de documents comptables et au droit de contrôle.
Lesdites notifications ont pour effet d'ouvrir un nouveau délai de prescription de quatre
(4) ans, qui commence à courir à compter de la date de réception des notifications
précitées.
2- Cas d’interruption
a- Exemple en matière d’I.S.
En matière d’I.S., le délai de prescription d'un exercice comptable clos au 31 décembre
2010, expire normalement le 31 décembre 2014. Si à la suite d’un contrôle fiscal une
notification interviendrait le 10 octobre 2012, elle aurait pour effet de faire courir un
nouveau délai de prescription allant jusqu'au 10 octobre 2016.
B- SUSPENSION DE LA PRESCRIPTION
1- Principe
Conformément aux dispositions de l'article 232- VI du C.G.I., la prescription est
suspendue pendant la période qui s'écoule :
- entre la date d'introduction du pourvoi devant la commission locale de taxation ou la
commission nationale de recours fiscal et l'expiration du délai de trois (3) mois suivant
la date de notification de la décision prise par lesdites commissions;
- et entre la date d'introduction du recours judiciaire et l'expiration du délai de trois (3)
mois suivant la date de notification de la décision judiciaire ayant force de la chose
jugée.
72
- non respect des conditions d’exonération des plus-values réalisées en cours
d’exploitation, en cas de réinvestissement;
- provisions irrégulièrement constituées ou devenues sans objet au cours
d'exercices prescrits et figurant sur des bilans se rapportant à des exercices non
prescrits ;
- entreprises en liquidation prolongée ;
- radiation d’une société de la cote de la bourse ;
- non respect de l’affectation des éléments de stock transférés de la société
absorbée à la société absorbante ;
- non respect de l’affectation du bien à l’habitation principale et du délai de
construction de sept (7) ans pour le bénéfice de la déduction des intérêts de
prêts ;
- non respect des conditions pour le bénéfice des avantages fiscaux prévus en cas
de fusions ;
- non respect des conditions prévues pour l’octroi des avantages en matière de
TVA pour les logements sociaux.
73
D- PROVISIONS IRREGULIEREMENT CONSTITUEES OU DEVENUES SANS OBJET
AU COURS D'EXERCICES PRESCRITS ET FIGURANT SUR DES BILANS SE
RAPPORTANT A DES EXERCICES NON PRESCRITS
Toute provision irrégulièrement constituée, constatée dans les écritures d'un exercice
comptable non prescrit doit, quelle que soit la date de sa constitution, être réintégrée
dans les résultats de l'exercice au cours duquel elle a été portée à tort en comptabilité,
conformément aux dispositions de l’article 232-VIII-5° du C.G.I.
A ce titre, lorsque l'exercice auquel doit être rapportée la provision, devenue sans objet
ou irrégulièrement constituée, est prescrit, la régularisation est effectuée sur le premier
exercice de la période non prescrite.
E- ENTREPRISE EN LIQUIDATION
En cas de cessation totale d'activité d'une entreprise suivie de liquidation, la rectification
des bases d'imposition a lieu à la suite d'une vérification de comptabilité effectuée, sans
que pour toute la période de liquidation, la prescription puisse être opposée à
l'administration, conformément aux dispositions de l'article 232-VIII-6° du C.G.I.89.
75
II.- DISPOSITIONS PARTICULIERES AUX DROITS D’ENREGISTREMENT ET DE
TIMBRE
En vertu des dispositions de l’article 234-I du C.G.I., l’administration peut réclamer,
dans un délai de dix (10) ans, à compter de la date des actes concernés les droits,
pénalités, amendes et majorations, dus :
76
TITRE II
CONTENTIEUX DE L’IMPOT
CHAPITRE I
LA PROCEDURE ADMINISTRATIVE
A- RECLAMATION
Les contribuables qui contestent tout ou partie du montant des impôts, droits et taxes
mis à leur charge doivent adresser leurs réclamations au Directeur Général des Impôts
ou à la personne déléguée par lui à cet effet, conformément aux dispositions de l’article
235 du C.G.I.
1- Objet de la réclamation
Les réclamations visent généralement l'un des cas suivants :
- la réparation d'erreurs dans la liquidation de l'impôt ou son assiette ;
- la remise en cause des impôts, droits ou taxes émis par l’administration ;
- la restitution des droits ayant fait l'objet de versement indu ;
- le bénéfice d'une exonération, d’une réduction ou de tout autre avantage prévu par la
loI.
77
2- Conditions de recevabilité des réclamations
Le contribuable qui entend contester une imposition au titre de l'impôt sur les sociétés,
de l’impôt sur le revenu, de la taxe sur la valeur ajoutée ou des droits d’enregistrement
et de timbre doit adresser une réclamation au Directeur Général des Impôts ou à la
personne déléguée par lui à cet effet.
Pour être recevable, cette demande doit remplir les conditions suivantes :
a- Délai
- Impôts, taxes et droits versés spontanément
En application des dispositions de l'article 235 du C.G.I., la réclamation doit être
adressée dans les six (6) mois qui suivent l'expiration des délais de versement prévus
aux articles 170, 171 , 173, 174 et 176 du C.G.I.
- Impôts, taxes et droits émis par voie de rôle, état de produits ou ordre de
recettes
En cas d’imposition par voie de rôle, état de produits ou ordre de recettes, les
contribuables doivent adresser leur réclamation dans les six (6) mois suivant celui de la
date de leur mise en recouvrement. Ainsi, les réclamations doivent être présentées dans
les six (6) mois suivants celui de la date de mise en recouvrement :
- des rôles primitifs en matière d’impôt sur le revenu ou des ordres de recettes en
matière de droits d’enregistrement et de timbre ;
- des titres de recette établis en cas d’imposition d’office en matière d’impôt sur les
sociétés, d’impôt sur le revenu, de taxe sur la valeur ajoutée, de droits
d’enregistrement et de timbre
- des titres de recette établis en cas de régularisation suite à contrôle fiscal en
matière d’impôt sur les sociétés, d’impôt sur le revenu, de taxe sur la valeur
ajoutée et de droits d’enregistrement.
Il appartient donc au contribuable désirant se prémunir contre la déchéance qui peut lui
être opposée pour inobservation du délai de réclamation d’établir, par tous moyens de
preuve, que sa requête a été effectivement reçue par la Direction Générale des Impôts
dans le délai légal.
Est irrecevable, la réclamation qui parvient à la Direction Générale des Impôts
antérieurement à la date de mise en recouvrement de l’impôt, date servant de point de
départ au délai de réclamation fixé par la loI. Cette réclamation est considérée comme
anticipée ou sans objet.
b- Forme et contenu
La réclamation doit être écrite et signée par le contribuable ou par la personne déléguée
par lui à cet effet et dûment habilitée à l’engager. Elle doit permettre l’identification du
réclamant et de l’imposition mise en cause.
La réclamation doit contenir un exposé des arguments invoqués par le contribuable,
appuyés des pièces justificatives nécessaires.
Le réclamant doit préciser les circonstances de fait et les moyens légaux permettant de
justifier sa demande.
L'inobservation des règles de forme, nécessaires à l’identification du requérant et de
l’objet de la réclamation, est de nature à entraîner pour le contribuable le rejet de sa
réclamation.
3- Instruction de la réclamation
Les réclamations déposées dans les conditions précitées sont examinées par
l’administration.
78
Cet examen consiste à analyser la forme et le fond de la réclamation, les faits et les
motifs de droit invoqués par le contribuable.
Sur le plan de la forme, l’analyse consiste à rechercher si la réclamation est présentée
dans le délai prévu par la loi et si elle contient tous les renseignements et éléments
permettant son instruction.
Après l’examen de la forme, l’administration procède à l’analyse du fond de la
réclamation. Elle doit notamment :
- vérifier l’exactitude des faits exposés dans la réclamation ;
- examiner le bien-fondé des motifs de droit invoqués par le réclamant.
4- Décision de l’administration
Après instruction par le service compétent, il est statué sur les réclamations des
contribuables par le Ministre chargé des Finances ou la personne déléguée par lui à cet
effet conformément aux dispositions de l'article 235 du C.G.I.
La décision de l’administration doit en cas de rejet total ou partiel de la demande,
indiquer les motifs justifiant ce rejet.
Cette décision doit être adressée par le service compétent au redevable ou à son
représentant légal.
Si le contribuable n’accepte pas la décision rendue par l’administration ou, à défaut de
réponse de celle-ci dans le délai de six (6) mois suivant la date de la réclamation, il peut
saisir le tribunal compétent dans un délai de trente (30) jours suivant la date de la
notification de la décision de l’administration ou suivant la date d’expiration dudit délai
de réponse de six (6) mois.
La réclamation du contribuable ne fait pas obstacle au recouvrement immédiat des
sommes exigibles et, s’il y a lieu, à l’engagement de la procédure de recouvrement
forcé, sous réserve de restitution totale ou partielle desdites sommes après décision de
l’administration ou jugement du tribunal, conformément aux dispositions du dernier
alinéa de l’article 235 du C.G.I.
B- DEGREVEMENT
Le Ministre chargé des Finances ou la personne déléguée par lui à cet effet doit
prononcer le dégrèvement total ou partiel soit d’office, soit sur réclamation du
contribuable, des impositions qui sont reconnues former surtaxe, double ou faux emploi,
en application des dispositions de l’article 236- 1° du C.G.I.
L’administration doit prononcer ce dégrèvement dans la limite du délai de prescription de
quatre (4) ans, prévu à l’article 232 du C.G.I., en faveur du contribuable qui se trouve
surtaxé par suite d’erreurs matérielles de son propre fait ou du fait de l’administration,
ou en présence d’un faux ou d’un double emploi
79
Par ailleurs, l'article 236- 3° du C.G.I. prévoit une remise de 3% sur le montant de la
commande des timbres, accordée au profit des distributeurs auxiliaires, dûment habilités
par l'administration fiscale pour la vente au public desdits timbres.
Cette mesure, prévue initialement par décision du Directeur Général des Finances du 14
décembre 1917 est insérée, à droit constant dans l’article 236 précité du C.G.I
C- COMPENSATION
Le droit de compensation est prévu par l’article 237 du C.G.I. en matière d’I.S., d’I.R.,
de T.V.A. et de D.E.T
En effet, les dispositions dudit article prévoient que lorsqu’un contribuable demande la
décharge, la réduction, la restitution du montant d’une imposition ou le remboursement
de la taxe, l’administration peut, au cours de l’instruction de cette demande, opposer à
l’intéressé toute compensation, au titre de l’impôt ,taxe ou droit concerné, entre les
dégrèvements justifiés et les droits dont ce contribuable peut encore être redevable en
raison d’insuffisances ou d’omissions non contestées, constatées dans l’assiette ou le
calcul de ses impositions non atteintes par la prescription.
Ce droit de compensation permet à l’administration fiscale de réduire ou d’annuler les
dégrèvements, restitutions ou remboursements dûment justifiés, à concurrence du
montant des droits découlant de la réparation par l’administration, au cours de la
procédure contentieuse, des insuffisances, erreurs et omissions totales ou partielles
constatées dans l’assiette ou le calcul des impositions non contestées par le
contribuable.
Cette compensation est effectuée dans les conditions suivantes :
- la compensation doit concerner le même impôt, droit ou taxe ;
- les impositions concernées ne doivent pas être atteintes par la prescription ;
- les droits ou compléments de droits afférents aux insuffisances, erreurs ou
omissions ne doivent pas être contestés par le contribuable.
80
SECTION II- DISPOSITIONS PARTICULIERES
1- Conditions de dégrèvement
Le dégrèvement pour perte de loyer est subordonné aux conditions suivantes :
- le contribuable doit adresser une requête au Directeur Général des Impôts ou à la
personne déléguée par lui à cet effet avant l’expiration du délai de prescription prévu à
l’article 232 du C.G.I. ;
- le contribuable doit justifier la perte de loyer par tout moyen de preuve.
Ainsi, la preuve est à la charge du contribuable qui doit justifier, notamment par des
moyens écrits, les démarches effectuées en vue d’encaisser les loyers échus.
Si la décision de l’administration ne donne pas satisfaction au contribuable (rejet ou
dégrèvement partiel) ou si l’administration ne répond pas dans un délai de six (6) mois,
l’intéressé peut porter le litige devant le tribunal compétent dans le délai de trente (30)
jours suivant la date de notification de la décision susvisée ou suivant l’expiration du
délai de réponse imparti à l’administration en application des dispositions de l’article 243
du C.G.I.
81
B- RESTITUTION EN MATIERE DE DROITS D’ENREGISTREMENT
Aux termes de l’article 241 du C.G.I., les demandes en restitution de droits indûment
perçus sont recevables dans un délai de quatre (4) ans à compter de la date de
l’enregistrement. La restitution s’applique dans les cas suivants :
82
Exemple :
Deux personnes A et B sont co-propriétaires dans l’indivision, à parts égales, d’une
propriété agricole située à l’extérieur du périmètre urbain, héritée de leur père en date
du 1er septembre 1999.
Par acte daté du 10 octobre 2009, A vend ses droits indivis dans cette propriété à C, au
prix de 100.000 DH, acte enregistré le même jour aux droits liquidés au taux de 6 %,
soit : 6.000 DH.
Par acte daté du 12 octobre 2009, B co-indivisaire, exerce le droit de préemption à
l’encontre de C, en lui remboursant le prix et les frais du contrat dépensés en sus du
prix, estimés à 6.000 DH dont, notamment, les droits d’enregistrement de 6.000 DH
déjà payés par C.
Par l’effet de l’exercice du droit de préemption, B est subrogé à C dans ses droits et
obligations nés de l’acte d’acquisition du 10 octobre 2009.
Etant co-propriétaire depuis plus de quatre (4) ans du bien, objet des droits préemptés,
B peut bénéficier de l’application des droits au taux de 1,50% prévu par l’article 133 (I-
C- 9°) du C.G.I.
Dans la mesure où il a déjà remboursé à C les droits payés au taux de 6%, B peut
demander la restitution de la différence entre :
- les droits acquittés par C au taux de 6%, soit :…………………….…….. = 6.000 DH
- et les droits liquidés au taux de 1,50%, soit 100.000 x 1,50%......= 1.500 DH
- soit un montant à restituer de …………………………………………………..….. = 4.500 DH
La demande en restitution doit être présentée par B dans le délai de quatre (4) ans, à
compter du jour de l’enregistrement de l’acte d’acquisition des droits indivis par C, soit le
10 octobre 2009.
4- Procédure de restitution
Les droits régulièrement perçus, mais devenus restituables par suite d’une erreur qui
incombe aux parties ou en raison d’un évènement postérieur à l’enregistrement d’un
acte sont restitués à la demande des parties
La restitution des droits irrégulièrement perçus par suite d’une erreur de liquidation est
décidée, soit à la demande des parties, soit d’office par l’administration.
La demande est faite par écrit et adressée ou déposée au service local des impôts
compétent, accompagnée des pièces justificatives nécessaires, à l’intérieur d’un délai de
quatre (4) ans à compter de la date de l’enregistrement. A l’expiration de ce délai, la
demande en restitution n’est plus recevable
Lorsque le montant des retenues effectuées à la source et versées au Trésor par les
intermédiaires financiers habilités teneurs de comptes titres excède celui de l’impôt
correspondant au profit annuel du contribuable, celui-ci bénéficie d’une restitution
d’impôt calculée au vu de la déclaration des profits de capitaux mobiliers .
En cas de rachat d’un bien immeuble ou d’un droit réel immobilier, dans le cadre d’une
opération de vente à réméré, le contribuable bénéficie d’une restitution du montant de
83
l’impôt payé au titre de cette opération, sous réserve du respect des conditions
suivantes :
- la vente à réméré et le rachat doivent être établis sous forme d’actes authentiques ;
- le montant du rachat doit être prévu dans Pacte de vente à réméré ;
- le rachat doit intervenir dans un délai n’excédant pas trois (3) ans à compter de la date
de la conclusion du contrat de vente à réméré.
Cette restitution est accordée au vu d’une demande adressée, par le contribuable
concerné, au directeur général des impôts dans un délai de trente (30) jours suivant la
date du rachat, accompagnée de l’acte de vente à réméré et de l’acte constatant le
retrait de réméré.
Toutefois, lorsque le vendeur ne respecte pas l’une des conditions susvisées,
l’administration peut procéder à la rectification en matière du profit foncier .
A partir du 1er janvier 2020, en cas de paiement de l’impôt sur le revenu au titre du
profit résultant d’une cession d’immeuble ou partie d’immeuble occupé à titre
d’habitation principale par son propriétaire avant l’expiration du délai de six (6) ans
prévu à l’article 63-II-B ci-dessus, le contribuable bénéficie d’une restitution du montant
de l’impôt payé au titre de cette opération, sous réserve du respect des conditions
suivantes :
– l’engagement de réinvestir le prix de cession dans l’acquisition d’un immeuble destiné
à l’habitation principale dans un délai ne dépassant pas six (6) mois à compter de la date
de cession du premier immeuble destiné à l’habitation principale ;
– le contribuable ne peut bénéficier qu’une seule fois de cette exonération ;
– le prix de cession de l’immeuble précité ne doit pas excéder quatre millions
(4.000.000) de dirhams.
Cette restitution est accordée au vu d’une demande adressée, par le contribuable
concerné, au directeur général des impôts ou à la personne désignée par lui à cet effet,
dans un délai de trente (30) jours suivant la date d’acquisition de l’immeuble précité.
Toutefois, en cas de non respect de l’une des conditions susvisées, l’administration peut
procéder à la rectification en matière de profit foncier conformément aux dispositions de
l’article 224 ci-dessus
CHAPITRE II
PROCEDURE JUDICIAIRE
Le recours judiciaire est également exercé suite à réclamation dans les conditions et
délais prévus à l’article 243 du C.G.I. auquel font renvoi les dispositions :
- de l’article 235 (3e alinéa) du C.G.I. ;
- de l’article 239 (2e alinéa) du C.G.I.
84
SECTION I- PROCEDURE JUDICIAIRE SUITE AU CONTROLE FISCAL
1er cas :
Lorsque les décisions des C.L.T., , C.R.R.F. des C.L.C. ou de la C.N.R.F. donnent lieu à
une imposition, le recours judiciaire peut être exercé dans les soixante (60) jours suivant
la date de mise en recouvrement du rôle, état de produits ou ordre de recettes, en
application des dispositions du premier alinéa de l’article 242 du C.G.I.
2ème cas :
Lorsque les décisions des C.L.T. , C.R.R.F. ou de la C.N.R.F. ne donnent pas lieu à
l’émission d’un rôle, état de produits ou ordre de recettes, le recours judiciaire peut être
exercé dans les soixante (60) jours suivant la date de notification de la décision desdites
commissions, conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 242 du
C.G.I
3ème cas :
Dans les cas où les rectifications des impositions ont été établies dans le cadre de
l’article 221 ou 224 du C.G.I. relatifs, respectivement, à la procédure accélérée de
rectification des impositions et à la rectification en matière de profits fonciers, les
impositions peuvent être contestées par voie judiciaire dans les soixante (60) jours
suivant la date de notification de la décision de la C.N.R.F., conformément aux
dispositions de l’article 242 (4e alinéa) du C.G.I.
85
II- RECOURS EXERCE PAR L’ADMINISTRATION
87
TITRE III
DISPOSITIONS DIVERSES
CHAPITRE PREMIER
REPRESENTATION DE L’ADMINISTRATION
DEVANT LES TRIBUNAUX ET ARBITRAGE
CHAPITRE II
COMPUTATION DES DELAIS
L’article 245 du C.G.I. prévoit que les délais relatifs aux procédures prévues par le livre
précité sont des délais francs : le premier jour du délai et le dernier jour du délai
n’entrent pas en ligne de compte.
En effet, le jour de la remise de la lettre de notification ne compte pas et le délai doit
être compté à partir du jour qui suit.
De même, le dernier jour du délai ne compte pas et le délai expire le lendemain à
minuit.
Ainsi, la computation du délai de trente (30) jours pour répondre à une notification faite
le 1er juillet, se fait comme suit :
- la journée du 1er juillet n’est pas comptée et le délai commence à courir à partir du 2
juillet ;
- le dernier jour du délai de trente (30) jours, soit le 31 juillet, n’est pas pris en
considération et le délai de réponse expire le lendemain, soit le 1er août à minuit ;
Par conséquent, la réponse du contribuable, reçue entre le 1er juillet et le 1er août
compris, est considérée dans le délai légal.
88
SECTION II- PROROGATION DES DELAIS EXPIRANT UN JOUR NON OUVRABLE
La législation fiscale actuelle en matière d’impôt sur le revenu, d’impôt sur les sociétés,
de taxe sur la valeur ajoutée et des droits d’enregistrement prévoit plusieurs délais en
matière de déclaration, d'enregistrement des actes, de versement, de notification et de
réclamation.
Dans les faits, il arrive que l'échéance de ces délais coïncide avec un jour férié ou chômé
légal, ce qui prive les contribuables de la plénitude du délai légal prévu par la loi et
entraîne l'application à leur encontre des majorations et pénalités pour déclarations ou
versements tardifs.
A cet égard, les dispositions des articles 133 du dahir formant code des obligations et
contrats et 512 du code de procédure civile ont résolu cette question en prorogeant au
premier jour ouvrable qui suit, le délai qui coïncide avec un jour férié ou chômé légal.
En matière de procédure fiscale, cette solution a été adoptée par le législateur au niveau
de l’article 245 (2e alinéa) du C.G.I.
CHAPITRE III
SECRET PROFESSIONNEL
Le secret professionnel est défini par l’article 446 du code pénal comme étant
l’interdiction faite à toutes les personnes dépositaires par état ou profession ou par
fonction des secrets qu’on leur confie, de révéler ces secrets, sous peine des sanctions
prévues par le même texte.
Le secret professionnel défini par l’article 18 du dahir n° 1-58-008 du 24 février 1958
portant statut général de la fonction publique lie tout fonctionnaire pour l’ensemble "des
faits et informations dont il a connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice
de ses fonctions".
L’article 246 du C.G.I. transpose en matière fiscale la règle du secret professionnel en
précisant que toutes les personnes appelées à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions
ou attributions à intervenir dans l’établissement, le contrôle, la perception ou le
contentieux des impôts, droits et taxes sont tenues au secret professionnel dans les
termes des lois pénales en vigueur.
L’obligation au respect du secret professionnel s’impose également en vertu du même
texte aux membres des C.L.T. ou la C.R.R.F et commission nationale du recours fiscal,
prévues aux articles 225 et 226 du C.G.I, ainsi qu’aux membres des commissions locales
communales, prévues à l’article 50 du C.G.I.
Toute infraction à l’obligation du secret professionnel expose son auteur à un
emprisonnement d’un mois à six (6) mois et une amende de 120 à 1.000 dirhams
(article 446 du Code pénal).
Le secret professionnel est opposable à toute personne autre que le contribuable lui-
même ou les tiers mandatés par celui-ci.
Lorsque des renseignements sont demandés par un mandataire du contribuable, ils ne
peuvent lui être fournis par l’administration que dans la limite de ce qui est prévu par le
mandat.
Le secret s’étend à tout acte, document ou registre en possession des inspecteurs de
l’administration fiscale et, en général, à toutes informations recueillies à l’occasion de
l’exercice de leurs fonctions ou attributions.
89
CHAPITRE IV
DISPOSITIONS PARTICULIAIRES DE LA LOI DE FINANCES 2023
Exemple d’illustration :
La situation fiscale d’une société « X » fait ressortir les éléments suivants :
Exercices
Libellés
2019 2020 2021 2022 2023
92
LIVRE II
LE DEROULEMENT PRATIQUE
DU CONTROLE FISCAL
93
LA VERIFICATION DE LA COMPTABILITE
CHAPITRE PREMIER
LA PREPARATION DE LA VERIFICATION DE LA COMPTABILITE
SECTION 1
Les objectifs
SECTION 2
Les travaux préliminaires
95
une connaissance des comptes nouvellement crées ou supprimés : recherche des
raisons ;
une analyse indiciaire, par le biais des ratios de la dernière page :
Ratio de trésorerie : s'il est supérieur à l'unité, signifie que l'entreprise dispose d'une
large trésorerie, ce qui sera incompatible avec un compte des frais financiers important.
S'il est inférieur à l'unité, signifie que l'entreprise dispose d'une trésorerie étroite, ça
sera incompatible avec des avances consenties aux tiers.
Ratio de taux de marges : en principe, ce taux est constant pour une même
entreprise, et des variations excessives doivent faire l'objet d'un intérêt particulier,
puisque derrière peuvent être cachées des irrégularités d'achats, ventes ou stocks.
SECTION 3
L’exécution de la vérification
1- Renseignements généraux
administration : qualité des dirigeants, administrent ils d'autres entreprises...
exploitation : activité principale de l'entreprise, exerce telle d'autres activités, ses
principaux clients et fournisseurs et nature de leurs liens avec l'entreprise,
conditions de paiement, mode usuel de règlement...
fabrication : nature, différents phases, importance des déchets et leur sort,
importance des moyens utilisés (techniques et humains)...
relations avec les tiers : avec la maison mère ou les filiales, les banques, existe-t-
il des procès en cours....
diverses informations : les conseils d'administrations, les rapports des
délibérations des assemblées, rapports d'audit et de commissariat aux comptes...
2- Renseignements comptables
existe-t-il un service comptable : sa composition, son fonctionnement, ses liens
avec les autres unités de direction...
comment sont tenus les livres légaux...
existe-t-elle une comptabilité analytique, budgétaire...
système comptable utilisé...
96
Enfin, ce premier contact avec l'entreprise et ses dirigeants ne doit être clôturé avant
que le chef de l'entreprise, qui n'assiste généralement pas à la vérification, ne met
l'inspecteur vérificateur, en rapport avec un de ses collaborateurs les plus qualifiés au
sein de l'entreprise.
B. Examen de la comptabilité
Après avoir pris connaissance des éléments préalables relatives à la présence de tous les
livres comptables obligatoires, et ayant constitué une idée sur l'organisation comptable
de l'entreprise, du système comptable adopté, le vérificateur entamera la vérification des
comptes.
En principe, une vérification complète doit concerner l'ensemble de la comptabilité, en
examinant tous les livres comptables et les documents annexes. Toutefois, ceci n'est
possible que dans les petites entreprises. De ce fait, le choix d'une méthode de
vérification sélective s'impose, en suivant une méthode logique et se basant sur des
supports pertinents.
2- Le sondage
Le recours à la méthode du sondage dans le contrôle fiscal se justifie par deux
arguments importants :
le renouvellement des mêmes opérations engendre les mêmes erreurs. Il suffit
alors, pour une certaine périodicité d'examiner des tranches importantes pour
pouvoir déceler les erreurs commises.
les erreurs avec intention de fraude, doivent en principe, être fréquemment
répétitives ou portent sur des sommes importantes.
La mise en œuvre de cette méthode de contrôle prend plusieurs formes :
examen par périodes : il consiste en un examen complet de toutes les opérations
d'une période déterminée. Le choix de la période doit être justifié et significatif
(avant ou après inventaire, haute saison pour les activités saisonnières...).
examen par opérations : il s'agit d'un examen complet d'un certain nombre
d'opérations significatives. Le contrôle commence dès la passation de la
commande, la vérification des bons de livraison, du circuit de réception et de
magasinage, de la facturation et puis de l'enregistrement comptable.
examen par montants : il s'agit d'examiner systématiquement toute les opérations
qui portent sur un montant minimum.
98
par le contrôle de l'ordre continu des pièces comptables (factures de ventes, les
chèques, les bons de commandes et de livraisons..) ;
par la vérification de la partie double des écritures : en contrepartie d'une
opération de paiement de fournisseur ou client, recherche de la facture
correspondante ;
au moyen des recoupements en possession du vérificateur (recueillis auprès des
clients et fournisseurs de l'entreprise).
En somme, le contrôle des pièces justificatives doit répondre aux impératifs suivants :
a- la pièce justificative enregistrée présente un caractère probant
A ce niveau, le vérificateur doit écarter tout document non probant, tels :
les factures établies sur papier libre ne comportant pas cachet et signature du
fournisseur ;
factures proforma ;
devis ;
les documents faisant double emploi : relevés de factures, duplicata...
les pièces justificatives internes, lorsque les pièces externes peuvent être
produites.
Ces deux défaillances constituent ainsi, des conditions cumulatives pour rejeter en
matière d’IS, d’IR et de TVA, la déduction de la facture de complaisance dont l’objet
porte sur une opération fictive de livraison de biens ou de marchandises ou sur une
prestation de services ou de travaux qui n’est pas réellement effectuée.
Dans le cas où l’administration fiscale procède à des poursuites judiciaires à l’encontre
des fournisseurs défaillants précités et afin de sensibiliser les autres contribuables sur le
risque qui se rattache à l’utilisation des factures fictives, le 3ème alinéa de l’article 146
prévoit la publication par l’administration sur son site électronique, de la liste des
numéros d’identification fiscale, qu’elle tient et met à jour régulièrement après un
jugement ayant acquis la force de la chose jugée, suite à la procédure relative à
l’application des sanctions pénales aux infractions fiscales prévues à l’article 231 du CGI.
A ce titre, il convient de noter que la remise en cause de la déductibilité des factures
fictives n’est pas conditionnée par la publication par l’administration fiscale de la liste des
fournisseurs défaillants précités.
99
c- L'enregistrement de la pièce comptable est juste
Ce contrôle portera sur deux éléments, le montant exacte de la facture et la bonne
imputation comptable (par exemple : immobilisation comptabilisée en charge,
comptabilisation du capital remboursé d'un emprunt en charges...).
CHAPITRE II
EXAMEN DES COMPTES DU BILAN
SECTION 1
les comptes de financement permanent
100
b- Cas d'un exploitant individuel :
Dans le cas de figure, le capital social fonctionne comme un compte courant
ordinaire qui enregistre les apports et les prélèvements de son exploitant. Ainsi, le
vérificateur doit évaluer l'ampleur de ses mouvements :
prélèvements réguliers nécessaires et concordent avec le train de vie de
l'exploitant.
le volume des apports effectués.
Si ces deux éléments ne sont pas suffisamment justifiés, ils dénotent la présence de
revenus occultes qu'il faut chercher et justifier.
3- Subventions d'investissements
Le vérificateur en examinant ce compte, doit vérifier :
que les montants enregistrés au compte correspondent bien à des subventions
d'investissements ;
que l'imposition de ses subventions d'investissements a été effectuée
conformément aux règles applicables en fonction de la nature des biens acquis
(Article 9 du CGI) ;
enfin, s'assurera que la fraction de subvention reprise au compte de produits et
charges a été soumise au calcul de la cotisation minimale (Article 144 du CGI).
vérifier que ces provisions ont été utilisées dans un délai de trois (3) ans à
compter de la date de leur constitution, à défaut il faut réintégrer la fraction non
utilisée.
101
En outre, la vérification de ce compte ne doit pas perdre de vue de s'assurer du respect
de la règle de non cumul de la provision pour investissement et la provision pour
reconstruction de gisements et la dotation de la provision pour investissement et l'option
pour l'exonération totale prévue à l'article 161 CGI assortie de l'engagement de
réinvestissement.
s'assurer que les charges ayant servis aux immobilisations produites par
l'entreprise pour elle même ne sont pas comptabilisées en charges. Dans le cas
d'espèce, l'entreprise bénéficiera indûment d'un amortissement immédiat d'une
charge devant être amortie sur plusieurs exercices.
vérifier que les immobilisations comptabilisées appartiennent à l'entreprise et
affectées à son exploitation : fréquemment s'assurer si des parties d'immeubles
sont données aux tiers, il y'a lieu de constatation d'un loyer au cour normal.
vérifier si les terrains et constructions destinés à la revente ne figurent pas aux
immobilisations mais plutôt aux stocks (Cas des entreprises de promotion
immobilière ou de lotissement).
avec un examen simultané et synchronisé des comptes de charges, s'assurer que
les achats aboutissant à la prolongation de la durée de vie d'une immobilisation ou
à l'augmentation sa valeur, sont inscrits à l'actif immobilisé.
103
Dans le cas de retrait ou cession d'immobilisations, la vérification s'intéressera
principalement aux éléments suivants :
les conditions de cessions doivent être normales ;
la comptabilisation de la cession doit être régulière : crédit du compte de
l'immobilisation par son prix initial d'enregistrement et non pas par le prix de
cession.
s'assurer de l'exactitude des traitements appropriés sur le tableau de passage du
résultat comptable au résultat fiscal, suite à l'option pour l'exonération totale ou
l'application des abattements.
Vérifier, si l'entreprise est sous option de l'exonération des profits de cession
réalisés, que l'engagement de réinvestissement a été produit dans les conditions
requises :
avant expiration de trois ans ;
les produits de cessions sont bien réinvestis exclusivement en biens
d'équipements ;
vérifier que l'entreprise a procédé à l'inscription, à son passif, de l'excédent du
montant du profit exonéré par rapport à l'abattement, et que ce montant est
affecté à « l'amortissement exceptionnel » des investissements acquis en
réinvestissement.
104
1- Les droits de créances
Pour ces immobilisations le vérificateur doit s'assurer que :
les opérations donnent lieu à application d'intérêts selon les taux normaux du
marché ;
les intérêts sont soumis à la TVA.
Section 3
Les comptes de l'actif circulant
1. Les stocks
Les stocks constituent un des éléments de l'actif de l'entreprise. Souvent pour les
entreprises de négoce, ils constituent la part la plus importante de ces actifs.
Aux termes du code général de la normalisation comptable, les stocks se composent des
marchandises, matières premières et les fournitures consommables (stocks input) et des
produits encours, produits intermédiaires ou semis finis et les produits finis (stocks
outputs).
La vérification avec soin du compte est d'ordre capital, en raison que les enregistrements
apportés au compte affectent directement les résultats de l'entreprise.
En outre, les éventuelles anomalies qui peuvent être décelées, mettent le vérificateur sur
la ligne des minorations ou des dissimulations de revenus taxables :
par une dissimulation de stocks, contrebalancée par une diminution des recettes
correspondantes ;
par une majoration des stocks à la clôture de l'exercice (en valeurs ou en
quantités), pour dissimuler une minoration de recettes qui aurait donné un
bénéfice brut anormalement faible.
De ce fait, l'examen de ce compte doit porter sur la vérification de l'exactitude physique
ou matérielle des stocks, ainsi que l'exactitude des valeurs de leur comptabilisation.
En raison du caractère extracomptable de l'inventaire, la tache de vérification de ce
compte s'avère une tache moins facile. La difficulté s'accroît avec l'importance des
produits inventoriés et aussi dans le cas des entreprises de productions où les stocks
subissent des transformations.
Toutefois, le vérificateur pourra au moyen de quelques investigations pointues et ciblées,
vérifier la sincérité des écritures du compte.
105
1- le contrôle quantitatif des stocks
Le vérificateur doit en premier lieu s'assurer que tous les produits commercialisés par
l'entreprise sont inventoriés.
Au jour du contrôle, le vérificateur pourra s'assurer de l'exactitude du stock théorique,
en vérifiant l'existence réelle des quantités portées sur les fiches. Ce contrôle pourra être
réservé a certains produits facilement identifiables.
Ensuite, le vérificateur pourra vérifier l'exactitude du stock à la clôture d'un des
exercices soumis au contrôle en vérifiant le respect l'égalité suivante :
Stock Initial + Achats = Stock final + Ventes
Si cette égalité n'est pas vérifiée, cela permettra de prétendre à la présence
d'irrégularités dont il faut chercher l'explication et la preuve au niveau des stocks comme
au niveau des achats et ventes.
A- Le contrôle arithmétique :
Il consiste principalement à s'assurer de l'exactitude des montants comptabilisés, en
procédant à :
un rapprochement du solde du compte global avec les soldes des comptes
individuels ;
un rapprochement des soldes individuels aux comptes de trésorerie et des ventes
un rapprochement des soldes de la balance avec ceux du grand livre.
B- Le contrôle indiciaire :
Les principaux indices d'irrégularités que l'examen du compte client peut présenter,
sont :
les comptes clients créditeurs : ces soldes s'expliquent normalement par des
avances reçues à valoir sur des commandes futures. Toutefois, ils peuvent
dissimuler des ventes non comptabilisées.
absence des comptes individuels : le cas d'espèce peut être due à une
organisation comptable défectueuse, mais peut être aussi conjecturé avec une
intention frauduleuse. Ainsi, le vérificateur devra procéder à des rapprochements
aussi nombreux que rigoureux, entre les livres auxiliaires des ventes et les
comptes de trésoreries : caisse, banque...
des soldes débiteurs persistants : le cas d'espèce peut traduire une intention
frauduleuse en matière de la taxe sur la valeur ajoutée, en l'occurrence si
l'entreprise est soumise au régime de l'encaissement. Le vérificateur doit s'assurer
par diverses investigations de la réalité de ces soldes et s'assure principalement
106
qu'il n’y a pas eu extinction de la créance, en espèce, sans que ça soit constatée
en comptabilité ou il n’y a eu d'abandons de créances non régularisées.
écritures au crédit du compte : de telles écritures doivent être, dans la mesure du
possible, systématiquement vérifiées. Elles peuvent solder anormalement un
compte de client et ainsi faire disparaître la créance par le débit d'un des comptes
de résultats ou de charges. Elles peuvent être aussi, une vente au comptant et
comptabilisée en contrepartie d'une écriture aux comptes de trésoreries ; dans ce
cas le compte « vente » se trouve recélé et par conséquent diminué.
Par ailleurs, cet examen est l'occasion de prêter attention aux comptes soldés pour
créances irrécouvrables. Le vérificateur, doit s'assurer de l'existence des pièces
justificatives que des poursuites ont bien été entreprises pour le recouvrement, les
dossiers de relances, encours judicaires...
2- Personnel débiteur
Dans ce compte sont inscrites les avances ou acomptes accordés au personnel avant
l'échéance de la paie.
La vérification des écritures du compte doit permettre de s'assurer :
que ces sommes ne sont pas comptabilisées en charges et par conséquent
déduites du résultat fiscal ;
que les montants avancés pour une période supérieure à une année ont été
soumis au taux d'intérêt (sont générateurs d'intérêts imposables).
107
3- Comptes courants d'associés débiteurs
Le vérificateur en examinant ce compte, doit à priori s'intéresser à la capacité financière
de l'entreprise à accorder des prêts, ce qui lui permettra d'apprécier le caractère normal
des ces opérations ; a défaut, il est tenu de demander les éclaircissements nécessaires.
Ensuite, il doit s'assurer que les prêts accordés sont assortis d'intérêts, calculés dans les
normes du marché et la taxe sur la valeur ajoutée a été calculée sur ces intérêts.
SECTION 4
les comptes du passif circulant : Dettes
108
b- s'agissant des rémunérations des associés
Le vérificateur est invité d'apprécier le caractère normal desdites rémunérations compte
tenu du travail réellement effectué au sein de l'entreprise.
- Autres créanciers :
Sous ces comptes, généralement l'entreprise retrace ses opérations financières avec des
tiers qui ne sont ni clients, ni fournisseurs, ni associés, ni salariées...
Souvent, avec des intentions frauduleuses, sont tenus ces comptes sous diverses
appellations (comptes transitoires, comptes d'attentes...). Généralement, ils dissimulent
des résultats d'opérations de tous ordres qui peuvent se traduire par des profits gardés
en sommeil au passif de l'entreprise dans l'attente de circonstances favorables.
A cet effet, le vérificateur doit dépouiller avec soin les écritures et les soldes de ces
comptes :
généralement ce compte présente un solde global, il appartient alors au
vérificateur de se référer aux livres auxiliaires pour vérifier le détail de chaque
sous compte ;
le vérificateur doit apprécier la nature de la relation des créanciers avec
l'entreprise.
2. Le contrôle arithmétique :
Après le contrôle indiciaire et compte tenu des appréciations qui en résultent, le
vérificateur procède à un contrôle arithmétique plus rigoureux ; il consiste en :
la vérification par épreuves des additions et des reports des soldes ;
109
le rapprochement des écritures du brouillard de caisse et du journal de caisse ;
s'assurer que le compte n'a été jamais créditeur, non seulement en fin du mois
mais surtout à la veille d'importantes entrées ;
le rapprochement des écritures en compte aux registres des inscriptions des
ventes au comptant. Cet examen doit être minutieux puisque, souvent ces ventes
sont portées en bloc au compte « caisse » ;
le rapprochement avec le compte « banque », ceci permettra de vérifier la
concordance des prélèvements de la caisse aux versements en banque. A défaut,
notamment lorsque les versements en banque sont supérieurs aux prélèvements
opérés sur la caisse, et si cette discordance se répète souvent, ça permet de
conclure à des ventes sans factures.
b- contrôle de dépenses :
Les pièces justificatives des dépenses se constituent des factures, des reçus ou des bons
de caisse internes. Ainsi, pour chaque pièce de dépense le vérificateur doit contrôler les
règles de facturation et apprécier leur valeur probante.
Aussi, doit s'assurer que les montants des dépenses réglées n'excèdent pas 10 000,00
Dirhams. A défaut, il doit réintégrer au résultat fiscal 50% du montant de la transaction,
aussi constate le rejet de déduction de 50% du montant de la taxe sur la valeur ajoutée.
D’autre part , si le montant payé en espèces dépasse dix mille (10 000) dirhams par jour
et par fournisseur dans la limite de cent mille (100.000) dirhams par mois et par
fournisseur , il doit rejeter le montant de la taxe sur la valeur ajoutée correspondant.
2. Banque
L'examen du compte, doit être poursuivi de la même manière que le compte « caisse ».
Toutefois, il doit être complété par quelques opérations qui lui sont spécifiques :
dépouiller les récépissés des dépôts et les bordereaux des effets ou des caisses,
pour s'assurer de leur probité ;
remonter par sondage, aux contreparties des mouvements : caisse, clients,
associés …
3. Effets
La vérification des effets, vise essentiellement à s'assurer que tous les effets ont été
inventoriés à leur valeur réelle, et ce en rapprochant les comptes des effets au grand
livre et aux échéanciers tenus par l'entreprise.
En outre, le vérificateur procédera à un rapprochement des « effets à recevoir » au
compte « ventes », pour s'assurer que tous les effets ont pour contrepartie une
opération commerciale comptabilisée (non des effets de complaisance) et que toutes les
ventes à terme ont été comptabilisées.
110
CHAPITRE 3
EXAMEN DU COMPTE DES PRODUITS ET CHARGES
SECTION 1
Examen des charges
La vérification des comptes des charges est certainement la plus rude, mais aussi la plus
importante, et ce pour plusieurs raisons :
les charges comptabilisées ont un effet direct sur le résultat fiscal de l'entreprise ;
c'est souvent les comptes de charges qui comportent les preuves des éventuelles
irrégularités que peut contenir la comptabilité, et par conséquent les motifs de la
remise en cause de sa probité ;
en cas de rejet de la comptabilité vérifiée ; la majorité des éléments qui peuvent
servir à la reconstitution du résultat imposable, sont généralement puisés dans les
charges de l'entreprise.
A cet effet, la vérification des comptes des charges doit être exhaustive le plus que
possible.
Vu le nombre important des comptes et des sous comptes de cette rubrique, on essaiera
de présenter les investigations communes à tous les comptes et par la suite, on
s'intéressera aux seuls comptes qui présentent le grand risque d'irrégularités et les
contrôles à y effectuer.
Tout en veillant à ce que les achats comptabilisés doivent être engagés pour les besoins
d'exploitation de l'entreprise, la vérification de ce compte doit répondre à trois impératifs
111
des rapprochements des comptes individuels des fournisseurs aux comptes de la
trésorerie ;
des rapprochements des bons de commandes, bons de livraisons, les titres de
transport...avec les documents de la comptabilité auxiliaire.
8. Cotisations et dons
Pour les dons, le vérificateur doit s'assurer qu'ils ont été déduits dans le respect des
plafonds réglementés, soit celui de deux pour mille (2 %o) du chiffre d'affaires de
l'exercice, aux œuvres sociales des entreprises publiques ou privées, aux institutions
autorisées par la loi qui les institue à percevoir des dons.
S'agissant des cadeaux, le vérificateur s'assure du respect de la double condition : la
valeur unitaire du cadeau n'excède pas cent (100,00) Dirhams et porte soit la raison
sociale, soit le nom ou le sigle de l'entreprise, soit la marque des produits qu'elle
fabrique ou qu'elle commercialise.
B. Impôts et taxes
s'assurer que la comptabilisation de l'impôt des patentes, de la taxe urbaine ou la
taxe d'édilité a été faite sur la base des rôles reçus par l'entreprise. Pour ceux
dont les rôles ne sont pas encore parvenus, que des provisions à leur égard ont
été constituées ;
112
vérifier l'exactitude des valeurs locatives de base à la détermination des impôts et
taxes ;
vérifier le bien fondé des exonérations dont bénéficie l'entreprise ;
vérifier que les droits d'enregistrements afférents aux acquisitions des
immobilisations ne sont pas comptabilisés sous cette rubrique, mais inscrits en
charges à répartir sur plusieurs exercices ;
s'assurer que les impôts et taxes non déductibles, ainsi que les divers intérêts et
les majorations ont été réintégrés au résultat fiscal sur le tableau de passage.
C. Les charges de personnel
L'examen de ce compte, portera sur la vérification de l'exactitude des montants inscrits
et sur l'accomplissement des obligations déclaratives (d'assiette, taux...) qui s'y
rattachent.
Ainsi, le vérificateur est appelé à :
s'assurer que l'entreprise tient valablement les registres prévus par la loi, en
l'occurrence le livre de paie, tenu dans le respect des prescriptions légales en vigueur
(préalablement visé par les services de l'inspection du travail) ;
s'assurer de la cohérence globale des chiffres comptabilisés, en rapprochant les
montants comptabilisés à ceux portés sur l'état annuel des salaires (modèle 9421),
aux déclarations de la caisse nationale de sécurité sociale ;
s'assurer que l'ensemble des rémunérations accordées au personnel sont
correctement soumis à l'IR, et fait l'objet des déclarations correspondantes ;
apprécier la réalité des prestations de personnel :
- supportés dans l'intérêt de l'entreprise ;
- le niveau de rémunération correspond aux prestations fournies.
s'assurer que la déduction des indemnités de licenciement a été rattachée à
l'exercice de rupture. En outre, lorsque ses indemnités excèdent celles fixées par la
législation, sans qu'elles aient été déterminées par une juridiction, l'excédent versé
est soumis à l'IR ;
vérifier que la rémunération allouée au personnel extérieur à l'entreprise a été
soumise à la retenue à la source aux taux spécifiques de 17% ou 30% selon le cas.
113
s'assurer que les intérêts versés aux entreprises non résidentes ont été soumis à une
retenue à la source de 10% et soumises à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de
20% ;
vérifier que les conditions de déduction des intérêts des bons de caisse sont
respectées :
- les emprunts sont réalisés pour les besoins de l'exploitation de l'entreprise
- un établissement bancaire reçoit le montant de l'émission desdits bons et assure le
paiement des intérêts y afférents ;
- la liste des bénéficiaires de ces intérêts avec les montants reçus par chacun d'eux a été
déposée jointe à la déclaration du résultat fiscal ;
vérifier, lorsque des intérêts ont été servis à des personnes domiciliées au Maroc
autres que les organismes bancaires ou de crédits, que :
-. la retenue à la source, au titre des produits de placement à revenu fixe, a été opérée ;
au taux de 20% pour les prêteurs, personnes physiques ou morales, soumises au
régime du RNR ou RNS ; ou bien au taux de 30% pour les personnes physiques qui
ne tiennent pas de comptabilité ou soumises au régime du forfait ;
-. le montant de l'impôt est versé le mois qui suit sa retenue.
SECTION 2
Examen des produits imposables
Aux termes de l'article 9 du CGI, les produits imposables sont constitués des produits
d'exploitation, des produits financiers et des produits non courants. Cet ensemble
constitue un élément essentiel de détermination du résultat fiscal imposable au titre de
l'exercice comptable, et aussi une source d'enrichissement de l'entreprise.
Ainsi, toute éventuelle intention de fraude, sera séduite par une dissimulation de ces
produits et qui pourra manifestement concerner toutes les rubriques, dont l'importance
de chacune est en fonction de la nature de l'activité de l'entreprise.
Le vérificateur en contrôlant ces comptes, est invité à faire preuve d'une exhaustivité
importante dans l'examen des écritures comptables et leur conformité avec les
dispositions légales. Aussi doit faire le bon choix de la méthode de vérification, la plus
114
compatible avec l'importance et la nature de l'activité de l'entreprise vérifiée et du degré
de son organisation comptable.
115
de s'assurer que les RRR accordés après la facturation ont fait l'objet de la
déclaration des rémunérations versées aux tiers prévue par la loi ;
de s'assurer de l'absence de ventes en espèce qui portent sur un montant
supérieur à 20 000,00 Dirhams.
En matière de la Taxe sur la Valeur Ajoutée :
s'assurer que toutes les opérations taxables réalisées par l'entreprise ont été
correctement soumises à cette taxe, aux taux correspondants ;
s'assurer, au cas où l'entreprise réalise un chiffre d'affaires sans facturation de la
TVA, que toutes les formalités ont été respectées.
f- Le contrôle matière
Cette méthode consiste à reconstituer la production de l'entreprise pour l'exercice en
vérification, en remontant toute la chaîne de fabrication.
En fonction du circuit de fabrication de l'entreprise, le vérificateur procède :
au choix d'un consommable de fabrication qui soit significatif, nécessaire à la
finalisation de la production, facilement identifiable : ciment pour les fabricants
des matériaux de construction, les compresseurs pour fabricants des produits de
réfrigération, tissu pour les confectionneurs...
être en possession d'un taux de chute ou de perte de fabrication qui soit proche le
plus possible de la réalité pour ne pas compromettre les résultats de la
reconstitution de la production. Souvent, ce taux est détenu, soit :
116
- relevé sur place, à la suite de la vérification de la chaîne de production, en
présence des dirigeants de l'entreprise, des techniciens responsables de la
fabrication, et consigné sur un procès verbal signé par toutes les parties ;
- auprès des Services de la Direction des douanes, pour les activités auxquelles
elle tienne un taux pour l'apurement des marchandises soumises au régime de
l'admission temporaire ;
- relevé des taux admis par les instances de recours fiscal, pour des entreprises
similaires ;
- ou enfin, relevé des dossiers similaires à l'entreprise vérifiée.
SECTION 1.
Appréciation de la valeur probante de la comptabilité
119
Section 2
Reconstitution des bases imposables
121
ANNEXES
Article Premier
Toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant au sens du code de
commerçant est tenu de tenir une comptabilité dans les formes prescrites par la
présente loi et les indications figurant aux tableaux y annexés.
A cette fin, elle doit procéder à enregistrement comptable des mouvements affectant les
actifs et les passifs de son entreprise ; ces mouvements sont enregistrés
chronologiquement, opération par opération et jour par jour.
Tout enregistrement comptable précise l’origine, le contenu et l’imputation du
mouvement ainsi que les références de la pièce justificative qui l’appuie.
Les opérations de même nature, réalisées en un même lieu et au cours d’une même
journée peuvent être récapitulés sur une pièce justificative unique.
Toutefois, les personnes physiques dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas deux
millions de dirhams (2.000.000DH), à l’exception des agents d’assurances, peuvent :
procéder à l’enregistrement chronologique et global, jour par jour, des opérations
à leur date d’encaissement ou de décaissement ;
enregistrer globalement les créances et les dettes à la clôture de l’exercice sur
une liste sommaire mentionnant l’identité des clients et des fournisseurs et le
montant de leurs dettes ;
enregistrer, en cas de nécessité, les menues dépenses sur la base de pièces
justificatives internes signées par le commerçant concerné.
Article 2
Les enregistrements visés à l’article premier ci-dessus sont portés sous forme d’écritures
sur un registre dénommé « livre-journal ».
Toute écriture affecte au moins deux comptes dont l’un est débité et (autre est crédité
d’une somme identique.
Les écritures du livre-journal sont reportées sur un registre dénommé « grand-livre »
ayant pour objet de les enregistrer selon le plan de comptes du commerçant.
Le plan de comptes doit comprendre des classes de comptes de situation, des classes de
comptes de gestion et des classes de comptes spéciaux, telles qu’elles sont définies aux
tableaux annexés à la présente loI.
Toutefois, les personnes physiques visées à l’alinéa 5 de l’article premier ci-dessus sont
dispensées de la tenue du grand-livre si la balance récapitulative des comptes peut être
établie directement du livre journal.
Article 3
Le livre-journal et le grand-livre peuvent être détaillés en autant de registres
subséquents dénommés « journaux auxiliaires » et « livres auxiliaires » que l’importance
ou les besoins de (entreprise l’exigent. Les écritures portées sur les journaux et les
livres auxiliaires sont centralisées une fois par mois sur le livre-journal et le grand-livre.
Toutefois, les personnes physiques visées à l’alinéa 5 de l’article premier ci-dessus sont
autorisées à procéder à la centralisation des écritures portées sur les journaux auxiliaires
une fois par exercice à la clôture de ce dernier
122
Article 4
Les personnes assujetties à la présente loi dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur
à dix millions de dirhams (10.000.000 DH) doivent établir un manuel qui a pour objet de
décrire (organisation comptable de leur entreprise.
Article 5
La valeur des éléments actifs et passifs de l’entreprise doivent faire l’objet d’un
inventaire au moins une fois par exercice, à la fin de celui-ci.
Article 6
II doit être tenu un livre d’inventaire sur lequel il est transcrit le bilan et le compte de
produits et charges de chaque exercice.
Article 7
La durée de l’exercice est de douze mois. Elle peut exceptionnellement être inférieure à
douze mois, pour un exercice donné.
Article 8
Le livre-journal et le livre d’inventaire sont cotés et paraphés, dans la forme ordinaire et
sans frais, par le greffier du tribunal de première instance du siège de l’entreprise.
Chaque livre reçoit un numéro répertorié par le greffier sur un registre spécial.
Toutefois, les personnes physiques visées à l’alinéa 5 de l’article premier ci-dessus ne
sont pas tenues de faire coter et parapher par le greffier du tribunal compétent le livre
journal et le livre d’inventaire, à condition de conserver lesdits livres ainsi que le bilan et
le compte de produits et charges pendant dix ans.
Article 9
Sous réserve des dispositions prévues aux articles 19, 20 et 21 ci-après, les personnes
assujetties à la présente loi doivent établir des états de synthèse annuels, à la clôture de
(exercice, sur le fondement des enregistrements comptables et de (inventaire retracés
dans le livre-journal, le grand - livre et le livre d’inventaire.
Ces états de synthèse comprennent le bilan, le compte de produits et charges, (état des
soldes de gestion, le tableau de financement et l’état des informations complémentaires.
Ils forment un tout indissociable.
Article 10
Le bilan décrit séparément les éléments actifs et passifs de l’entreprise. Le compte de
produits et charges récapitule les produits et les charges de (exercice, sans qu’il soit
tenu compte de leur date d’encaissement ou de paiement.
L’état des soldes de gestion décrit la formation du résultat net et celle de
l’autofinancement. Le tableau de financement met en évidence l’évolution financière de
(entreprise au cours de (exercice en décrivant les ressources dont elle a disposé et les
emplois qu’elle en a effectués. L’état des informations complémentaires complète et
commente (information donnée par le bilan, le compte de produits et charges, (état des
soldes de gestion et le tableau de financement.
Article 11
Les états de synthèse doivent donner une image fidèle des actifs et passifs ainsi que de
la situation financière et des résultats de l’entreprise.
A cette fin, ils doivent comprendre autant d’informations qu’il est nécessaire pour donner
une image fidèle des actifs et passifs ainsi que de la situation financière et des résultats
123
de (entreprise. Lorsque (application d’une prescription comptable ne suffit pas pour
donner l’image fidèle mentionnée au présent article, des informations complémentaires
doivent être données.
Article 12
Le bilan, le compte de produits et charges, l’état des soldes de gestion et le tableau de
financement comportent des masses subdivisées en rubriques elles-mêmes subdivisées
en postes.
Article 13
La présentation des états de synthèse comme les modalités d’évaluation retenues ne
peuvent être modifiées d’un exercice à l’autre.
Si des modifications interviennent, elles sont décrites et justifiées dans l’état des
informations complémentaires.
Article 14
A leur date d’entrée dans l’entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à
leur coût d’acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur actuelle et les biens
produits à leur coût de production.
A leur date d’entrée dans l’entreprise, les titres acquis à titre onéreux sont enregistrés à
leur prix d’achat.
A leur date d’entrée dans l’entreprise, les créances, dettes et disponibilités sont inscrites
en comptabilité pour leur montant nominal. Les créances, dettes et disponibilités
libellées en monnaie étrangère sont converties en monnaie nationale à leur date
d’entrée.
La valeur d’entrée des éléments de l’actif immobilisé dont l’utilisation est limitée dans le
temps doit faire l’objet de corrections de valeur sous forme d’amortissement.
L’amortissement consiste à étaler le montant amortissable de l’immobilisation sur sa
durée prévisionnelle d’utilisation par l’entreprise selon un plan d’amortissement.
La valeur d’entrée diminuée du montant cumulé des amortissements forme la valeur
nette d’amortissements de l’immobilisation.
A la date d’inventaire, la valeur actuelle est comparée à la valeur d’entrée pour les
éléments non amortissables ou à la valeur nette d’amortissements, après amortissement
de l’exercice, pour les immobilisations amortissables.
Seules les moins-values dégagées de cette comparaison sont inscrites en comptabilité
soit sous forme d’amortissements exceptionnels si elles ont un caractère définitif soit
sous forme de provisions pour dépréciation si elles n’ont pas un caractère définitif.
La valeur comptable nette des éléments d’actif est soit la valeur d’entrée ou la valeur
nette d’amortissements si la valeur actuelle leur est supérieure ou égale, soit la valeur
actuelle si elle leur est inférieure.
S’il est procédé à une réévaluation de l’ensemble des immobilisations corporelles et
financières, l’écart de réévaluation entre la valeur actuelle et la valeur comptable nette
ne peut être utilisé à compenser les pertes ; il est inscrit distinctement au passif du
bilan.
Les biens fongibles sont évalués soit à leur coût moyen d’acquisition ou de production,
soit en considérant que le premier bien sorti est le premier bien entré.
Toutefois, les personnes physiques visées à l’alinéa 5 de l’article premier ci dessus sont
autorisés à :
procéder à une évaluation simplifiée des stocks achetés et des biens produits par
estimation du coût d’achat ou de production ou sur la base du prix de vente, avec
application d’un abattement correspondant à la marge pratiquée;
124
procéder au calcul des amortissements des immobilisations selon une méthode
linéaire simplifiée.
Article 15
Les mouvements et informations doivent être inscrits dans les comptes ou postes
adéquats, avec la bonne dénomination et sans compensation entre eux.
Les éléments d’actif et de passif doivent être évalués séparément. Aucune
compensation ne peut être opérée entre les postes d’actif et de passif du bilan ou entre
les postes de produits et de charges du compte de produits et charges. Le bilan
d’ouverture d’un exercice doit être identique au bilan de clôture de l’exercice précédent.
Article 16
Les produits ne sont pris en compte que s’ils sont définitivement acquis à l’entreprise ;
les charges sont à enregistrer dès lors qu’elles sont probables.
Même en cas d’absence ou insuffisance de bénéfice, il doit être procédé aux
amortissements et provisions nécessaires.
Il doit être tenu compte des risques et des charges nés au cours de l’exercice-ou d’un
exercice antérieur, même s’ils sont connus entre la date de clôture de l’exercice et celle
de l’établissement des états de synthèse.
Article 17
Seuls les bénéfices réalisés à la clôture d’un exercice peuvent être inscrits dans les états
de synthèse. Cependant, peut également être inscrit le bénéfice réalisé sur une
opération partiellement exécutée, lorsque sa durée est supérieure à un an, sa réalisation
certaine et qu’il est possible d’évaluer avec une sécurité suffisante le bénéfice global de
l’opération.
Article 18
L’établissement des états de synthèse, sauf circonstances exceptionnelles justifiées dans
l’état des informations complémentaires, doit se faire au plus tard dans les trois mois
suivant la date de clôture de l’exercice.
La date d’établissement des états de synthèse est mentionnée dans l’état des
informations complémentaires.
Article 19
Si, en raison de situations spécifiques à l’entreprise, l’application d’une prescription
comptable de la présente loi ne permet pas de donner une image fidèle de l’actif et du
passif, de la situation financière ou des résultats, il peut y être dérogé ; cette dérogation
est mentionnée à l’état des informations complémentaires et dûment motivée, avec
l’indication de son influence sur l’actif, le passif, la situation financière et les résultats de
l’entreprise.
Le changement de la date de clôture doit être dûment motivé dans l’état des
informations complémentaires.
Article 20
Lorsque les conditions d’une cessation d’activité totale ou partielle sont réunies,
l’assujetti peut établir ses états de synthèse selon des méthodes différentes de celles
prescrites par la présente loI. Dans de tels cas, il doit indiquer dans l’état des
informations complémentaires les méthodes qu’il a retenues.
125
Article 21
Les personnes assujetties à la présente loi dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur
ou égal à dix millions de dirhams (10.000.000 DH) sont dispensées de l’établissement de
l’état de soldes de gestion, du tableau de financement et de l’état des informations
complémentaires.
Les personnes visées à l’alinéa ci-dessus sont autorisées à établir le bilan et le compte
de produits et charges et adopter le cadre comptable selon le modèle simplifié tel
qu’annexé à la présente loi
Article 22
Les documents comptables sont établis en monnaie nationale.
Les documents comptables et les pièces justificatives sont conservés pendant dix ans.
Les documents comptables relatifs à l’enregistrement des opérations et à l’inventaire
sont établis et tenus sans blanc ni altération d’aucune sorte.
Article 23
L’administration fiscale peut rejeter les comptabilités qui ne sont pas tenues dans les
formes prescrites par la présente loi et les tableaux y annexés.
Article 24
Les experts comptables, comptables agréés et autres personnes faisant profession de
tenir la comptabilité des personnes assujetties à la présente loi sont tenues de se
conformer aux dispositions de la présente loi et de son annexe pour la tenue de la
comptabilité des entreprises dont ils sont chargés.
Article 25
Sont abrogés lors de l’entrée en vigueur de la présente loi les articles 10, 11, 12 et 13
du dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) formant code de commerce. Les renvois
faits à ces articles dans les lois et règlements en vigueur s’appliquent de plein droit aux
dispositions correspondantes de la présente loI.
Article 26
Les dispositions de la présente loi entreront en vigueur à compter du deuxième exercice
ouvert après la date de sa publication au Bulletin officiel.
126
LIVRE II
PROCEDURES FISCALES
TITRE PREMIER : LE CONTROLE DE L’IMPÔT
Chapitre premier : Droit de contrôle de l’administration et obligation
de conservation des documents comptables
Section I.- Dispositions générales
Article 210.- Le droit de contrôle
L’administration fiscale contrôle les déclarations et les actes utilisés pour l’établissement des impôts, droits et
taxes.
A cette fin, les contribuables, personnes physiques ou morales, sont tenus de fournir toutes justifications
nécessaires et présenter tous documents comptables aux agents assermentés de l’administration fiscale ayant
au moins le grade d’inspecteur adjoint et qui sont commissionnés pour procéder au contrôle fiscal.
Les contribuables qui tiennent une comptabilité par procédé électronique doivent présenter, également, les
documents comptables précités sur support électronique.
De même, les contribuables qui ont l'obligation de tenir une comptabilité sous format électronique
conformément aux dispositions de l'article 145-I (2ème alinéa) ci-dessus, doivent remettre une copie du fichier
des écritures comptables établi selon un format électronique.
Les entreprises ayant des liens de dépendance directe ou indirecte avec des entreprises situées hors du Maroc,
et avec lesquelles elles réalisent des transactions doivent mettre à la disposition de l'administration fiscale la
documentation permettant de justifier leur politique de prix de transfert, visée à l'article 214-III-A ci-dessous, à la
date de début de l'opération de vérification de la comptabilité.
A défaut de présentation, au cours de la vérification d'un exercice donné, d'une partie des documents
comptables et pièces justificatives prévus par la législation et la réglementation en vigueur, le contribuable est
invité dans les formes prévues à l'article 219 ci-dessous, à produire ces documents et pièces dans un délai de
trente (30) jours à compter de la date de réception de la demande de communication desdits documents et
pièces. Ce délai peut être prorogé jusqu'à la fin de la période de contrôle.
Les documents et pièces manquants ne peuvent être présentés par le contribuable pour la première fois devant
la commission locale de taxation, la commission régionale du recours fiscal et la commission nationale de
recours fiscal.
L’administration fiscale dispose également d’un droit de constatation en vertu duquel elle peut demander aux
contribuables précités, de se faire présenter les factures, ainsi que les livres, les registres et les documents
professionnels se rapportant à des opérations ayant donné ou devant donner lieu à facturation et procéder à la
constatation matérielle des éléments physiques de l’exploitation pour rechercher les manquements aux
obligations prévues par la législation et la réglementation en vigueur.
En ce qui concerne les contribuables visés à l'article 146bis ci-dessus, l'administration dispose d'un droit de
constatation en vertu duquel elle demande de se faire présenter les factures d'achat ou toute autre pièce
probante prévues à l'article 146 ci-dessus.
Le droit de constatation s’exerce immédiatement après remise d’un avis de constatation par les agents
assermentés et commissionnés précités.
L’avis de constatation doit comporter les nom et prénoms des agents de l’administration fiscale chargés
d’effectuer la constatation et informer le contribuable de l’exercice de ce droit.
Les agents précités peuvent demander copie, établie par tous moyens et sur tous supports, des pièces se
rapportant aux opérations ayant donné ou devant donner lieu à facturation.
Ils peuvent demander aux contribuables visés à l'article 146 bis ci-dessus, une copie des factures ou
documents se rapportant aux achats effectués par lesdits contribuables lors de l'intervention sur place.
L’avis de constatation est remis contre récépissé à l’une des personnes suivantes :
1°- en ce qui concerne les personnes physiques :
a) soit à personne ;
b) soit aux employés ;
c) ou à toute autre personne travaillant avec le contribuable.
127
2°- en ce qui concerne les sociétés et les groupements visés à l’article 26 ci-dessus :
a) soit à l’associé principal ;
b) soit au représentant légal ;
c) soit aux employés ;
d) ou à toute autre personne travaillant avec le contribuable.
Lorsque celui qui reçoit l’avis de constatation ne veut pas accuser réception dudit avis, mention en est faite sur
le récépissé susvisé par l’agent qui assure la remise.
Le droit de constatation s’exerce dans tous les locaux des contribuables concernées utilisés à titre
professionnel et/ou dans des exploitations agricoles aux heures légales et durant les heures d’activité
professionnelle et/ou agricole.
En cas d’opposition au droit de constatation, les contribuables s’exposent aux sanctions prévues à l’article 191-I
ci-dessus. La durée de constatation sur place est fixée au maximum à huit (8) jours ouvrables, à compter de la
date de remise de l’avis de constatation. A la fin de l’opération de constatation, les agents de l’administration
fiscale établissent un avis de clôture de ladite opération, signé par les deux parties dont un exemplaire est remis
au contribuable.
Les manquements relevés sur place donnent lieu à l’établissement d’un procès-verbal, dans les trente (30)
jours suivant l’expiration du délai précité dont copie est remise au contribuable qui dispose d’un délai de huit (8)
jours suivant la date de réception du procès-verbal pour faire part de ses observations.
Les constatations du procès-verbal peuvent être opposées au contribuable dans le cadre d’un contrôle fiscal.
Article 211.- Conservation des documents comptables
Les contribuables ainsi que les personnes physiques ou morales chargés d’opérer la retenue de l’impôt à la
source sont tenus de conserver pendant dix (10) ans au lieu où ils sont imposés, les doubles des factures de
vente ou des tickets de caisse, les pièces justificatives des dépenses et des investissements, ainsi que les
documents comptables nécessaires au contrôle fiscal, notamment les livres sur lesquels les opérations ont été
enregistrées, le grand livre, le livre d’inventaire, les inventaires détaillés s’ils ne sont pas recopiés intégralement
sur ce livre, le livre-journal et les fiches des clients et des fournisseurs, ainsi que tout autre document prévu par
la législation ou la réglementation en vigueur.
Les contribuables, visés au 3ème alinéa de l'article 210 ci-dessus qui tiennent la comptabilité par procédé
électronique ou ceux qui sont obligés de tenir cette comptabilité sous format électronique conformément aux
dispositions de l'article 145-I ci-dessus, doivent conserver les documents comptables précités sur support
électronique.
En cas de perte des documents comptables pour quelque cause que ce soit, les contribuables doivent en
informer l’inspecteur des impôts, selon le cas, de leur domicile fiscal, de leur siège social ou de leur principal
établissement, par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les quinze (15) jours suivant la date à
laquelle ils ont constaté ladite perte. Ce délai est porté à trente (30) jours, en cas de force majeure.
Article 212.- Vérification de comptabilité
I.- En cas de vérification de comptabilité par l’administration au titre d’un impôt ou taxe déterminé, il est notifié
au contribuable un avis de vérification, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, au moins (15) quinze
jours avant la date fixée pour le contrôle.
La vérification de la comptabilité doit être entamée dans un délai ne dépassant pas cinq (5) jours ouvrables à
compter de la date fixée pour le début du contrôle.
L’avis de vérification précité doit être accompagné de la charte du contribuable qui rappelle les droits et
obligations prévus en matière de contrôle fiscal par le présent code.
La vérification de comptabilité peut porter :
- soit sur tous les impôts et taxes afférents à la période non prescrite ;
- soit sur un ou plusieurs impôts ou taxes ou quelques postes ou opérations déterminés figurant sur une
déclaration et/ou ses annexes se rapportant à une partie ou à toute la période non prescrite.
Dans tous les cas, l'avis de vérification doit préciser la période objet de vérification, les impôts et taxes
concernés ou les postes et opérations visés par le contrôle.
Au début de l'opération de vérification précitée, les agents de l'Administration fiscale procèdent à la rédaction
d'un procès-verbal signé par les deux parties dont une copie est remise au contribuable.
Les documents comptables sont présentés dans les locaux, selon le cas, du domicile fiscal, du siège social ou
du principal établissement des contribuables personnes physiques ou morales concernés, aux agents de
l’administration fiscale qui vérifient, la sincérité des écritures comptables et des déclarations souscrites par les
contribuables et s’assurent, sur place, de l’existence matérielle des biens figurant à l’actif.
128
Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contrôle porte sur l’ensemble des
informations, données et traitements informatiques qui concourent directement ou indirectement à la formation
des résultats comptables ou fiscaux et à l’élaboration des déclarations fiscales, ainsi que sur la documentation
relative à l’analyse, à la programmation et à l’exécution des traitements.
En aucun cas, la vérification prévue ci-dessus ne peut durer :
plus de trois (3) mois pour les entreprises dont le montant du chiffre d’affaires déclaré au compte de
produits et charges, au titre des exercices soumis à vérification, est inférieur ou égal à cinquante (50)
millions de dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée;
plus de six (6) mois pour les entreprises dont le montant du chiffre d’affaires déclaré au compte de produits
et charges, au titre de l’un des exercices soumis à vérification, est supérieur à cinquante (50) millions de
dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée.
Ne sont pas comptées dans la durée de vérification, les suspensions dues à l’application de la procédure
prévue à l’article 229 ci-dessous relatif au défaut de présentation des documents comptables.
Ne sont pas également comptées dans la durée de vérification les suspensions dues à l’envoi des demandes
de renseignements aux administrations fiscales des Etats ayant conclu avec le Maroc des conventions ou
accords permettant un échange de renseignements à des fins fiscales, visées à l’article 214-II ci-dessous, dans
la limite de cent quatre vingt (180) jours, à compter de la date d’envoi desdites demandes.
L'inspecteur est tenu d'informer le contribuable de la date d’envoi de la demande de renseignements précitée,
dans un délai maximum de quinze (15) jours à compter de la date de cet envoi, selon un imprimé modèle établi
par l’administration et dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous.
Avant la clôture de la vérification, l’administration procède à un échange oral et contradictoire concernant les
rectifications qu’elle envisage d'apporter à la déclaration fiscale. A cet effet, le contribuable est informé selon un
imprimé modèle établi par l’administration, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, de la date fixée
pour l’échange oral et contradictoire précité et de la date à laquelle la vérification sera clôturée.
Les observations formulées par le contribuable, lors de l’échange précité, sont prises en considération si
l’administration les estime fondées.
Un procès-verbal est établi par l’inspecteur des impôts indiquant la date de l’échange précité et les parties
signataires.
Une copie dudit procès-verbal est remise au contribuable.
Toutefois, la lettre de notification prévue aux articles 220-I (3ème alinéa) et 221-I (2ème alinéa) précités
demeure le seul document ayant pour effet de fixer les montants des redressements notifiés et de constater
l’engagement de la procédure de rectification des impositions.
Le contribuable a la faculté de se faire assister, dans le cadre de la vérification de comptabilité, par un conseil
de son choix.
II.- Lorsqu’une entreprise a directement ou indirectement des liens de dépendance avec des entreprises situées
au Maroc ou hors du Maroc, les bénéfices indirectement transférés, soit par voie de majoration ou de diminution
des prix d’achat ou de vente, soit par tout autre moyen, sont rapportés au résultat fiscal ou au chiffre d’affaires
déclarés.
En vue de cette rectification, les bénéfices indirectement transférés comme indiqué ci-dessus sont déterminés
par comparaison avec ceux des entreprises similaires ou par voie d’appréciation directe sur la base
d’informations dont dispose l’administration.
III.- Lorsque l’importance de certaines dépenses engagées ou supportées à l’étranger par les entreprises
étrangères ayant une activité permanente au Maroc n’apparaît pas justifiée, l’administration peut en limiter le
montant ou déterminer la base d’imposition de l’entreprise par comparaison avec des entreprises similaires ou
par voie d’appréciation directe sur la base d’informations dont elle dispose.
IV.- Les rectifications découlant de l’application des dispositions du présent article sont effectuées, selon le cas,
dans les conditions prévues à l’article 220 ou 221 ci-dessous.
V. - Les opérations constitutives d'un abus de droit ne sont pas opposables à l’administration et peuvent être
écartées afin de restituer leur véritable caractère, dans les cas suivants :
- lorsque lesdites opérations ont un caractère fictif ou visent uniquement la recherche du bénéfice des
avantages fiscaux à rencontre des objectifs poursuivis par les dispositions législatives en vigueur ;
- ou lorsqu'ils visent à éluder l'impôt ou à en réduire le montant qui aurait été normalement supporté eu égard à
la situation réelle du contribuable ou de ses activités, si ces opérations n'avaient pas été réalisées.
131
V- A – Les institutions financières, y compris les établissements de crédit et organismes assimilés, les
entreprises d’assurances et de réassurance, doivent identifier les informations relatives aux résidences fiscales
de tous les titulaires de comptes financiers et, le cas échéant, de leurs bénéficiaires effectifs.
Elles communiquent à l’administration fiscale au moyen d’une déclaration selon un modèle établi par elle,
conformément à la législation relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des
données à caractère personnel, toutes les informations requises pour l'application des conventions ou accords
conclus par le Maroc permettant un échange automatique d'informations à des fins fiscales et, s’il y a lieu,
l’absence d’informations.
Le bénéficiaire effectif est la ou les personnes physiques qui, en dernier lieu, détiennent ou contrôlent le client,
et/ou la personne physique pour le compte de laquelle une opération est effectuée. Sont également comprises,
les personnes qui exercent en dernier lieu un contrôle effectif sur une personne morale ou une construction
juridique.
Cette déclaration contient notamment, les informations relatives à l’identification des titulaires de comptes
financiers et, le cas échéant, celles de leurs bénéficiaires effectifs ainsi que les informations financières
afférentes à ces comptes, y compris les revenus de capitaux mobiliers, les soldes des comptes, la valeur de
rachat des contrats d’assurance vie et de capitalisation, ou placements de même nature, et le produit des
cessions ou rachats d’actifs financiers.
Les institutions financières sont, en outre, tenues de conserver les registres des actions engagées pour
satisfaire aux obligations mentionnées au présent paragraphe ainsi que les pièces justificatives, auto-
certifications et autres éléments probants utilisés à cette fin jusqu’à la fin de la dixième année qui suit celle de
la communication de la déclaration mentionnée au deuxième alinéa du présent paragraphe.
B. – Les personnes qui ouvrent des comptes financiers auprès des institutions financières visées au premier
alinéa du A du présent paragraphe sont tenues de remettre une auto-certification permettant d’établir leurs
résidences fiscales et, le cas échéant, une auto-certification permettant d’établir les résidences fiscales de leurs
bénéficiaires effectifs.
C. – Toute personne qui conclut un arrangement ou engage une pratique dont le but est d’éviter l’une des
obligations prévues au A et B du présent paragraphe est passible de l’amende fixée au paragraphe III de
l’article 185 ci-dessus, sans préjudice de régularisation de la situation, le cas échéant.
Les modalités d’application des dispositions du présent paragraphe, notamment celles relatives aux
institutions financières, comptes financiers, identification des résidences fiscales, bénéficiaires effectifs, à la
déclaration et aux modes de communication des informations, sont fixées par voie réglementaire.
VI.- Les informations recueillies par l'administration fiscale auprès des organismes visés au premier alinéa du
paragraphe V ci-dessus peuvent être communiquées aux administrations fiscales des pays ayant conclu avec le
Maroc des conventions permettant un échange automatique d'informations à des fins fiscales, selon des
modalités fixées par voie réglementaire.
VII. – Les éléments de la déclaration pays par pays prévue à l’article 154 ter ci-dessus font l’objet, sous
réserve de réciprocité, d’un échange automatique avec les administrations fiscales des pays ayant conclu avec
le Maroc un accord à cet effet.
Section II.- Dispositions particulières à certains impôts
I. - Dispositions particulières à l’impôt sur le revenu
132
commission locale communale et le contribuable lui-même ou son représentant. Dans ce cas l’imposition est
établie d’après les éléments retenus.
Si le contribuable ou son représentant formule des observations sur tout ou partie des constatations relevées,
celles-ci sont consignées dans le procès-verbal et l’inspecteur engage la procédure de rectification prévue aux
articles 220 ou 221 ci dessous.
IV.- Lorsque le contribuable s’oppose à la visite de son exploitation, un procès verbal est établi et signé par
l’inspecteur et les membres de la commission locale communale. Dans ce cas, l’inspecteur est tenu de remettre
une copie du procès-verbal auxdits membres et établit les impositions qui ne peuvent être contestées que dans
les conditions prévues à l’article 235 ci-dessous.
Article 216.- Examen de l’ensemble de la situation fiscale des personnes physiques
I. – L’administration procède à l’examen de l'ensemble de la situation fiscale des personnes physiques,
afin de vérifier la cohérence entre leurs revenus et leurs dépenses et avoirs liquides.
A cet effet, elle peut évaluer le revenu global annuel d’une personne physique, en tenant compte de ses
avoirs liquides déposés dans ses comptes bancaires ou dans les comptes bancaires de toute autre
personne ayant un lien avec elle, lorsque ladite personne physique est le bénéficiaire effectif desdits
comptes, et de ses dépenses telles que définies à l’article 29 ci-dessus, pour tout ou partie de la période
non prescrite.
L’administration peut attribuer d’office un identifiant fiscal aux personnes non identifiées et procéder à
l’évaluation de leur revenu global annuel. Dans ce cas, le lieu d’imposition est l’adresse figurant dans la
carte nationale d’identité électronique ou la carte de séjour des personnes concernées.
L’administration doit tenir compte des dépenses qui peuvent être effectuées par des ressources issues de
plusieurs années. Dans ce cas, l’évaluation de la situation fiscale des personnes concernées doit porter sur
la seule fraction du montant de la dépense correspondant à la période non prescrite.
Pour l’examen de l'ensemble de la situation fiscale d’une personne physique, l’administration doit lui
notifier un avis d’examen, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, précisant la période objet
d’examen.
L’avis d’examen précité doit être accompagné de la charte du contribuable qui rappelle ses droits et
obligations prévus en matière de contrôle fiscal par le présent code.
L’administration peut demander, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, à la personne
concernée de fournir toutes les justifications nécessaires et présenter tout document clarifiant les
discordances et incohérences relevées, dans un délai de trente (30) jours suivant la date de réception
de la demande de l’administration.
L’examen prévu ci-dessus ne peut durer plus de six (6) mois à compter de la date de notification de
l’avis d’examen susvisé.
Ne sont pas pris en compte dans la durée d’examen,les suspensions dues à l’envoi des demandes de
renseignements aux administrations fiscales des Etats ayant conclu avec le Maroc des conventions ou
accords permettant un échange de renseignements à des fins fiscales, visées à l’article 214-II ci-dessus,
dans la limite de cent quatre-vingt (180) jours, à compter de la date d’envoi desdites demandes.
L'administration est tenue d'informer la personne concernée de la date d’envoi de la demande de
renseignements précitée, selon un imprimé modèle, dans un délai maximum de quinze (15) jours à
compter de la date dudit envoi et dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessous.
Avant la date de clôture de l’examen, l’administration procède à un échange oral et contradictoire
concernant les éléments de comparaison sur la base desquels le revenu global annuel sera évalué. A
cet effet, la personne concernée est informée selon un imprimé modèle établi par l’administration, dans
les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, de la date fixée pour l’échange oral et contradictoire
précité et de la date à laquelle l’examen sera clôturé.
Les observations formulées par la personne concernée, lors de l’échange précité, sont prises en considération
si l’administration les estime fondées.
L'administration établit un procès-verbal mentionnant la date à laquelle a eu lieu l’échange précité et les
parties signataires. Une copie de ce procès-verbal est remise à la personne concernée.
L'administration notifie à ladite personne, dans les trois« (3) mois qui suivent la date de clôture de
l’examen dans« les formes prévues à l’article 219 ci-dessous, les éléments de comparaison devant
servir à la rectification de la base annuelle d'imposition. La lettre de notification demeure le seul
document ayant pour effet de fixer les montants des redressements notifiés et de constater
l’engagement de« la procédure de rectification des impositions.
L’administration invite les personnes concernées à produire leurs observations dans un délai de trente
(30) jours suivant la date de réception de la lettre de notification.
133
La personne concernée peut justifier, dans le cadre de la procédure visée ci-dessus, ses ressources par tout
moyen de preuve et faire état notamment :
– de revenus de capitaux mobiliers soumis à la retenue à la source libératoire ou ceux afférents aux
distributions occultes du point de vue fiscal, visées à l’article 13-VII ci-dessus ;
– de revenus exonérés de l’impôt sur le revenu sous réserve du dépôt des déclarations y afférentes et
nonobstant toutes les dispositions contraires ;
– de produits de cessions de biens meubles ou immeubles ;
– d’emprunts contractés auprès des banques ou auprès des tiers pour des besoins autres que professionnels
;
– de l’encaissement des prêts précédemment accordés à des tiers.
Si dans le délai de trente (30) jours suivant la date de réception de la lettre de notification, la personne
physique accepte la base d'imposition qui lui est notifiée, l'impôt est émis par voie de rôle.
A défaut de réponse dans le délai prescrit, l’imposition est établie et ne peut être contestée que dans les
conditions prévues à l’article 235 ci-dessous.
Dans le cas où des observations ont été formulées par l’intéressé dans le délai de trente (30) jours
précité et si l’administration les estime non fondées, en tout ou en partie, la procédure se poursuit
conformément aux dispositions de l’article 220-II ou de l’article 221-II ci-dessous.
Lorsque l'administration a procédé à un examen de l’ensemble de la situation fiscale d'une personne
physique pour une période déterminée, elle ne peut procéder ultérieurement à un nouvel examen pour
la même période.
II.– L’analyse des données figurant sur les déclarations ou des informations recueillies, dans le cadre
du droit de communication et d’échange d’informations ou dans le cadre d’une procédure de
vérification de comptabilité, ne constitue pas le début d'une procédure d’examen de l’ensemble de la
situation fiscale.
Au cours d'une procédure d'examen de l’ensemble de la situation fiscale, l'administration peut examiner
les opérations figurant sur des comptes financiers utilisés à titre privé ou professionnel et demander
aux personnes concernées tous les éclaircissements et justifications sur ces opérations, sans que cet
examen et ces demandes constituent le début d'une procédure de vérification de comptabilité.
L'administration peut tenir compte, dans chacune de ces procédures, des constatations résultant de
l'examen des comptes ou des réponses aux demandes d'éclaircissements ou de justifications faites
dans le cadre de l'autre procédure. »
II.- La décision de préemption est notifiée dans les formes prévues à l’article 219 ci-après :
a) à chacune des parties indiquées à l’acte ou à la déclaration de mutation lorsque aucun écrit n’a été établi ;
b) au cadi chargé du taoutiq compétent lorsque l’acte de mutation a été dressé par des adoul et concerne des
immeubles non immatriculés ;
c) au conservateur de la propriété foncière de la situation des biens lorsqu’il s’agit d’immeubles immatriculés ou
en cours d’immatriculation.
Lorsque les biens préemptés sont situés dans les ressorts territoriaux de plusieurs cadi chargés du taoutiq ou
conservateurs, la notification de la décision de préemption est faite à chacun des magistrats ou fonctionnaires
intéressés.
134
Dès réception de la notification, les droits de l’Etat sont mentionnés sur le registre de transcription tenu par le
cadi chargé du taoutiq et, lorsqu’il s’agit d’immeubles immatriculés ou en cours d’immatriculation, inscrits sur les
livres fonciers ou mentionnés sur le registre de la conservation foncière prévu à cet effet.
III.- Le cessionnaire évincé reçoit dans le mois qui suit la notification de la décision de préemption, le montant
du prix déclaré ou de la valeur vénale reconnue, majoré :
1°- des droits d’enregistrement acquittés et des droits éventuellement perçus à la conservation de la propriété
foncière;
2°- d’une somme calculée à raison de cinq pour cent (5%) du prix déclaré ou de la valeur vénale reconnue,
représentant forfaitairement les autres loyaux coûts du contrat, ainsi que les impenses.
A défaut de paiement dans le délai prescrit, des intérêts au taux légal en matière civile courent de plein droit au
profit du cessionnaire évincé dès l’expiration de ce délai.
IV.- La décision de préemption notifiée dans le délai prévu au paragraphe I ci-dessus , emporte substitution de
l’Etat au cessionnaire évincé dans le bénéfice et les charges du contrat, au jour même de la mutation.
Tous droits sur les biens préemptés, concédés par le cessionnaire évincé antérieurement à l’exercice de la
préemption sont censés n’avoir jamais pris naissance. Ceux qui auraient été inscrits sur les livres fonciers sont
radiés.
V.- Les dépenses relatives à l’exercice du droit de préemption sont imputées au compte spécial du Trésor
intitulé: Fonds de remploi domanial ».
VI.- Les immeubles ayant fait l’objet d’une décision de préemption ne peuvent être revendus, nonobstant toutes
dispositions contraires, que par voie d’adjudication aux enchères publiques.
IV.- Abrogé.
V.- Abrogé
VI. - Sont immédiatement émis par voie de rôle, état de produits ou ordre de recettes, les droits
supplémentaires, les majorations, les amendes et les pénalités y afférentes découlant des impositions établies :
- pour défaut de réponse ou de recours dans les délais prescrits par les dispositions du I et II du présent
article ;
- après accord partiel ou total conclu par écrit entre les parties au cours de la procédure de rectification ;
- après la décision de la commission locale de taxation, celle de la commission régionale du recours fiscal
ou celle de la commission nationale du recours fiscal ;
- pour les redressements, envisagés dans la deuxième lettre de notification, sur lesquels les commissions
locales de taxation, les commissions régionales du recours fiscal ou la commission nationale du recours
fiscal se sont déclarées incompétentes, conformément aux dispositions des articles 225-I (alinéa 3), 225
bis-I (alinéa 3) et 226-I (alinéa 4) ci-dessous ;
- pour les redressements n’ayant pas fait l’objet d’observations de la part du contribuable au cours de la
procédure de rectification.
- lorsque les opérations visées à l'article 221 ci-dessous affectant les déclarations ou le résultat fiscal,
interviennent au cours de la procédure de rectification des impositions.
Dans ce cas, l’administration établit les impositions sur les bases notifiées au contribuable dans la
deuxième lettre de notification précitée.
136
VII.- Les décisions des commissions locales de taxation, celles des commissions régionales du recours
fiscal et celles de la commission nationale du recours fiscal sont susceptibles de recours devant le tribunal
compétent conformément aux dispositions de l’article 242 ci-dessous.
137
Le recours devant la commission locale de taxation, la commission régionale du recours fiscal, la commission
nationale du recours fiscal et, le cas échéant, devant le tribunal compétent s’exerce dans les conditions fixées
aux articles 225, 225 bis, 226 et 242 ci-dessous.
III.- En cas de cessation totale d’activité suivie de liquidation, La notification du résultat de vérification de
comptabilité doit être adressée à l’entreprise avant l’expiration du délai d’un an suivant la date du dépôt de la
déclaration définitive du résultat final de la liquidation.
IV. - La procédure de rectification est frappée de nullité :
- en cas de défaut de notification aux intéressés de l’avis de vérification et/ ou de la charte du contribuable dans
le délai prévu à l’article 212-I (1er alinéa) ci-dessus ;
– en cas de défaut de notification de la réponse de l’administration aux observations des contribuables dans le
délai prévu au paragraphe II ci-dessus.
Les cas de nullité visés ci-dessus ne peuvent être soulevés par le contribuable pour la première fois devant la
commission nationale du recours fiscal, devant la commission régionale du recours fiscal ou devant la
commission locale de taxation.
Article 221 bis.- Procédures de dépôt de la déclaration rectificative
I. - Lorsque l’administration constate des erreurs matérielles dans les déclarations souscrites, elle invite le
contribuable par lettre notifiée, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, à souscrire une déclaration
rectificative dans un délai de trente (30) jours suivant la date de réception de ladite lettre.
La lettre de notification précitée doit préciser la nature des erreurs matérielles constatées par l’administration.
Si le contribuable accepte de rectifier les erreurs précitées, il doit déposer une déclaration rectificative dans le
délai de trente (30) jours précité.
Si le contribuable ne dépose pas la déclaration rectificative dans le délai de trente (30) jours précité ou
dépose une déclaration rectificative partielle, la procédure est poursuivie conformément aux dispositions de
l’article 228-II ci-dessous.
La déclaration rectificative précitée doit être établie sur ou d’après un imprimé-modèle de l’administration et elle
est prise en considération par l’administration, sans préjudice de l’application des dispositions relatives au droit
de contrôle de l’impôt prévu par le Titre Premier du Livre II du présent code pour toute la période non couverte
par la prescription.
Il.- Lorsque l’administration constate que les chiffres d’affaires réalisés par les contribuables soumis à l’impôt
sur le revenu selon le régime de la contribution professionnelle unique, ou celui de l’auto-entrepreneur
dépassent pendant deux années consécutives les limites prévues pour lesdits régimes aux articles 39, 41 et 42
ter ci-dessus, ils sont invités par lettre notifiée, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, à déposer des
déclarations rectificatives selon le régime qui leur est applicable dans un délai de trente (30) jours suivant la
date de réception de ladite lettre.
La lettre précitée doit préciser les motifs et la nature des insuffisances constatées dans la déclaration initiale.
Lorsque l’administration estime que les rectifications introduites dans le délai de trente (30) jours prévu ci-
dessus sont insuffisantes ou lorsque le contribuable ne dépose pas la déclaration rectificative dans ce délai, la
procédure est poursuivie conformément aux dispositions de l’article 228-II ci-dessous.
Ill.- Après analyse préliminaire des données figurant sur les déclarations et sur la base des informations dont
elle dispose et sans recourir directement à la procédure de vérification de la comptabilité prévue à l’article 212
ci-dessus, l’administration peut demander aux contribuables les explications nécessaires concernant leurs
déclarations si elle relève des irrégularités notamment au niveau des éléments ayant une incidence sur la base
d’imposition déclarée.
L’administration doit adresser à ce sujet au contribuable une demande détaillée selon les formes prévues à
l’article 219 ci-dessus l’invitant à présenter les explications, par tous les moyens requis, dans un délai de trente
(30) jours à compter de la date de réception de la demande de l’administration.
Si le contribuable estime que tout ou partie des observations de l’administration est fondé, il peut procéder à la
régularisation de sa situation dans le délai de trente (30) jours précité en déposant une déclaration rectificative
sur ou d’après un imprimé modèle établi par l’administration.
IV.– A – Les contribuables soumis à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu selon le régime
du résultat net réel ou celui du résultat net simplifié, peuvent rectifier spontanément les irrégularités de
leurs déclarations fiscales, en souscrivant des déclarations rectificatives, par procédé électronique,
138
selon un modèle établi par l’administration, au titre des exercices non prescrits et en procédant, le cas
échéant, au paiement spontané des droits complémentaires dus.
A cet effet, avant de souscrire les déclarations rectificatives, lesdits contribuables doivent demander,
par procédé électronique, à l’administration fiscale de leur communiquer l’état des irrégularités
éventuellement constatées dans leurs déclarations des exercices non prescrits.
Cet état est communiqué au contribuable concerné, par voie électronique, dans un délai de soixante
(60) jours à compter de la date de réception de sa demande.
Les déclarations rectificatives doivent être souscrites dans un délai de soixante (60) jours, à compter de
la date de réception de l’état des irrégularités précité.
Cette déclaration doit être accompagnée d’une note explicative établie par :
– une personne habilitée à exercer les fonctions de commissaire aux comptes, lorsque le chiffre
d’affaires réalisé au titre du dernier exercice clos est égal ou supérieur à cinquante millions (50.000.000)
de dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée ;
– un expert-comptable ou un comptable agréé autre que celui chargé de la tenue de la comptabilité du
contribuable concerné, lorsque le chiffre d’affaires réalisé au titre du dernier exercice clos est inférieur
à cinquante millions (50.000.000) de dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée.
La note explicative précitée doit être établie selon un modèle établi par l’administration comportant :
– les irrégularités relevées, selon le cas, par le commissaire aux comptes, l’expert-comptable ou le
comptable agréé précité ;
– les rectifications effectuées par le contribuable, pour tous les postes et les opérations concernés,
ainsi que les motifs détaillés justifiant la non rectification totale ou partielle des irrégularités
communiquées par l’administration fiscale dans l’état précité.
B – Ne peuvent faire l’objet de la déclaration rectificative prévue au A du présent article, les déclarations
ayant fait l’objet de l’une des procédures de rectification des impositions prévues par les articles 220 et
221 ci-dessus.
V. – La majoration prévue à l’article 184 ci-dessus ainsi que la pénalité prévue à l’article 208 ci-dessus
ne sont pas applicables dans les cas où le contribuable procède au dépôt de la déclaration rectificative
prévue aux paragraphes I, II, III et IV ci-dessus.
Section II.- Dispositions particulières
I.- Dispositions particulières à l’impôt sur les sociétés et à l’impôt sur le revenu
Article 222.- Régularisation de l’impôt retenu à la source
A.- L’inspecteur des impôts peut être amené à apporter des rectifications au montant de l’impôt retenu à la
source, que celui-ci résulte d’une déclaration ou d’une régularisation pour défaut de déclaration :
- des produits des actions, parts sociales et revenus assimilés prévus à l’article 13 ci-dessus ;
- des produits de placement à revenu fixe, et des revenus des certificats de Sukuk visés respectivement aux
articles 14 et 14 bis ci-dessus;
- des revenus et profits de capitaux mobiliers, soumis à l'impôt retenu à la source, prévus à l'article 174-II (B et
C) ci-dessus ;
- des rémunérations payées à des personnes physiques ou morales non résidentes prévues à l’article 15 ci-
dessus.
- des revenus fonciers soumis à l'impôt par voie de retenue à la source prévue à l'article 174-IV ci-dessus.
- des rémunérations allouées à des tiers visées aux articles 15 bis et 45 bis ci-dessus.
Dans ces cas, il notifie aux personnes chargées de la retenue à la source, par lettre d’information, dans les
formes prévues à l’article 219 ci-dessus, les redressements effectués et établit les impositions sur les montants
arrêtés par l’administration.
Ces impositions ne peuvent être contestées que dans les conditions prévues à l’article 235 ci-dessous.
B.- Lorsque la rectification du résultat fiscal en matière d’impôt sur les sociétés a une incidence sur la base du
produit des actions, parts sociales et revenus assimilés, l’inspecteur notifie aux contribuables, dans les
conditions prévues aux articles 220 et 221 ci-dessus, les redressements de ladite base.
II.- Dispositions particulières à l’impôt sur le revenu
139
Article 223.- Rectification en cas d’impôt retenu à la source au titre des revenus salariaux et assimilés
Les erreurs, omissions et insuffisances relatives à l’impôt retenu à la source par l’employeur ou le débirentier,
ne sont pas rectifiées au nom du titulaire de revenus salariaux et assimilés, lorsque la déclaration du revenu
global, produite le cas échéant, est conforme aux indications figurant sur le bulletin de paie délivré par
l’employeur ou le débirentier.
140
Le secrétaire rapporteur de la commission convoque les membres de la commission, au moins quinze (15)
jours avant la date fixée pour la réunion dans les formes prévues à l'article 219 ci-dessus.
Le secrétaire rapporteur de la commission locale de taxation informe les deux parties de la date à laquelle elle
tient sa réunion, trente (30) jours au moins avant cette date dans les formes prévues à l'article 219 ci-dessus.
La commission statue valablement en présence du président et de deux autres membres. Elle délibère à la
majorité des voies des membres présents, en cas de partage égal des voies celle du président est
prépondérante.
Les décisions des commissions locales de taxation doivent être détaillées, motivées et sont notifiées aux deux
parties par les secrétaires rapporteurs des commissions locales de taxation dans les formes prévues à l'article
219 ci-dessus dans les quatre (4) mois suivant la date de la décision.
La commission doit statuer dans un délai de douze (12) mois, à compter de la date de la réception de la requête
et des documents transmis par l'administration.
Lorsqu'à l'expiration du délai précité la commission locale de taxation n'a pas pris de décision, le secrétaire
rapporteur de la commission en informe par lettre les parties, selon les formes prévues à l'article 219 ci-dessus,
dans les deux (2) mois suivant la date d'expiration dudit délai de douze (12) mois.
Un délai maximum de deux (2) mois est fixé pour la communication par l'administration de la requête et
documents précités à la commission nationale du recours fiscal à compter de la date de réception de la lettre
d'information visée à l'alinéa ci-dessus
A défaut de communication de la requête et des documents visés ci-dessus, dans le délai prescrit, les bases
d'imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou acceptées par le contribuable
B.- Les représentants des contribuables sont désignés dans les conditions suivantes :
1°- pour les recours concernant les contribuables exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale ou
agricole :
les représentants titulaires et suppléants, en nombre égal, sont désignés, pour une période de trois (3) ans, par
le gouverneur de la préfecture ou de la province concernée, parmi les personnes physiques, membres des
organisations professionnelles les plus représentatives des branches d’activités visées ci-dessus, figurant sur
les listes présentées par ces organisations et, respectivement, par les présidents des chambres de commerce,
d’industrie et de services, des chambres d’artisanat, des chambres d’agriculture et des chambres maritimes,
avant le 31 octobre de l’année précédant celle au cours de laquelle les membres désignés sont appelés à
siéger au sein de la commission locale.
2°- pour les recours concernant les contribuables exerçant des professions libérales :
les représentants titulaires et suppléants, en nombre égal, sont désignés, pour une période de trois (3) ans, par
le gouverneur de la préfecture ou de la province concernée, parmi les personnes physiques, membres des
organisations professionnelles les plus représentatives figurant sur les listes présentées par lesdites
organisations avant le 31 octobre de l’année précédant celle au cours de laquelle les membres désignés sont
appelés à siéger au sein de la commission locale.
3° – pour les recours concernant les rectifications en matière de revenus et profits fonciers et des droits
d’enregistrement et de timbre :
Les représentants titulaires et suppléants, en nombre égal, sont désignés, pour une période de trois (3) ans, par
le gouverneur de la préfecture ou de la province concernée, parmi les notaires et/ou adoul, sur proposition de
l’Ordre des notaires et celui des adoul, avant le 31 octobre de l'année précédant celle au cours de laquelle les
membres désignés sont appelés à siéger au sein de la commission locale.
er
La désignation des représentants visés aux 1° et 2° ci-dessus a lieu avant le 1 janvier de l’année au cours de
laquelle ils sont appelés à siéger au sein de la commission locale.
Aucun membre ne peut siéger à la commission locale de taxation pour un litige dont il a eu déjà à connaître
dans le cadre de l’exercice de son activité ou de sa fonction.
C. – En cas de retard ou d'empêchement dans la désignation des nouveaux représentants, le mandat des
représentants sortants est prorogé d'office jusqu’à la désignation de ces nouveaux représentants.
D.- La commission entend le représentant du contribuable à la demande de ce dernier ou si elle estime cette
audition nécessaire.
Dans les deux cas, la commission convoque en même temps le ou les représentants du contribuable et le ou
les représentants de l’administration fiscale désignés à cet effet par l’administration.
141
La commission les entend séparément ou en même temps soit à la demande de l’une ou de l’autre partie, soit
lorsqu’elle estime leur confrontation nécessaire.
Les décisions des commissions locales de taxation, y compris celles portant sur les questions pour lesquelles
lesdites commissions se sont déclarés incompétentes, peuvent être contestées par le contribuable, par voie
judiciaire dans les conditions et les délais prévus à l’article 242 ci-dessous.
E.- Le recours par voie judiciaire ne peut être intenté en même temps que le recours devant les commissions
locales.
Article 225 bis. – Les commissions régionales du recours fiscal
I. – Sont instituées des commissions régionales du recours fiscal. Le nombre, le siège et le ressort desdites
commissions sont fixés par voie réglementaire.
Ces commissions connaissent des réclamations sous forme de requêtes présentées par les contribuables qui
possèdent leur siège social ou leur principal établissement à l'intérieur dudit ressort dans les cas suivants :
– rectifications en matière de revenus et profits de capitaux mobiliers ;
– vérification de comptabilité des contribuables dont le chiffre d’affaires déclaré au compte de produits et
charges, au titre de chaque exercice de la période non prescrite vérifiée, est inférieur à dix (10) millions de
dirhams.
Elles statuent sur les litiges qui leur sont soumis et doivent se déclarer incompétentes sur les questions qu'elles
estiment portant sur l'interprétation des dispositions légales ou réglementaires.
II. – A. – Chaque commission comprend :
1°– un magistrat, président, désigné par le Chef du gouvernement sur proposition du Conseil supérieur du
pouvoir judiciaire ;
2°– deux représentants de l’administration dont l’un tient le rôle de secrétaire rapporteur ;
3°– deux représentants des contribuables appartenant à la branche professionnelle la plus représentative de
l'activité exercée par le contribuable requérant.
L’inspecteur reçoit la requête adressée à la commission régionale du recours fiscal et la transmet avec les
documents relatifs aux actes de la procédure contradictoire permettant à ladite commission de statuer.
Cette requête définit l’objet du désaccord et contient un exposé des arguments invoqués.
Un délai maximum de trois (3) mois est fixé pour la communication par l’administration des requêtes et
documents précités à la commission régionale du recours fiscal, à compter de la date de notification à
l’administration du pourvoi du contribuable devant ladite commission.
A défaut de communication de la requête et des documents visés ci-dessus, dans le délai prescrit, les bases
d’imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou acceptées par le contribuable.
Le secrétaire rapporteur convoque les membres de la commission, au moins quinze (15) jours avant la date
fixée pour la réunion dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus.
Le secrétaire rapporteur de la commission régionale du recours fiscal informe les deux parties de la date à
laquelle elle tient sa réunion, trente (30) jours au moins avant cette date dans les formes prévues à l’article 219
ci-dessus.
La commission statue valablement en présence du président et de deux autres membres. Elle délibère à la
majorité des voix des membres présents. En cas de partage égal des voix, celle du président est
prépondérante.
Les décisions des commissions régionales du recours fiscal doivent être détaillées, motivées et sont notifiées
aux deux parties par les secrétaires rapporteurs de ces commissions, dans les formes prévues à l’article 219 ci-
dessus, dans les quatre (4) mois suivant la date de la décision.
La commission doit statuer dans un délai de douze (12) mois, à compter de la date de la réception de la requête
et des documents transmis par l’administration.
Lorsqu’à l’expiration du délai précité, la commission régionale du recours fiscal n’a pas pris de décision, le
secrétaire rapporteur en informe par lettre les parties, selon les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, dans
les deux (2) mois suivant la date d’expiration dudit délai de douze (12) mois.
142
Un délai maximum de deux (2) mois est fixé pour la communication par l’administration de la requête et
documents précités à la commission nationale du recours fiscal à compter de la date de réception de la lettre
d’information visée à l’alinéa précédent.
A défaut de communication de la requête et des documents précités, dans le délai prescrit, les bases
d’imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou acceptées par le contribuable.
B . – Les représentants des contribuables sont désignés par le Chef du gouvernement, pour une période de
trois (3) ans, sur proposition conjointe des autorités gouvernementales chargées du commerce et de l'industrie,
de l'artisanat, des pêches maritimes et de l’autorité gouvernementale chargée des finances.
Ces représentants sont choisis, avant le 31 octobre de l'année précédant celle au cours de laquelle les
membres désignés sont appelés à siéger au sein de la commission régionale, parmi :
– les personnes physiques membres des organisations professionnelles les plus représentatives exerçant des
activités commerciales, industrielles, de services, artisanales ou de pêches maritimes, figurant sur les listes
présentées par lesdites organisations et par les présidents des chambres de commerce, d'industrie et de
services, des chambres d'artisanat, des chambres d'agriculture et des chambres maritimes ;
– les experts comptables ou les comptables agréés figurant respectivement sur les listes présentées par l'Ordre
des experts comptables et l'Organisation professionnelle des comptables agréés.
Aucun membre ne peut siéger à la commission régionale du recours fiscal pour un litige dont il a eu déjà à
connaître dans le cadre de l’exercice de son activité ou de sa fonction.
C. – En cas de retard ou d'empêchement dans la désignation des nouveaux représentants, le mandat des
représentants sortants est prorogé d'office jusqu’à la désignation de ces nouveaux représentants.
E.– Le recours par voie judiciaire ne peut être intenté en même temps que le recours devant les commissions
régionales du recours fiscal.
143
trente (30) fonctionnaires, désignés par le Chef du gouvernement, pour une période de trois (3) ans
renouvelable une seule fois, sur proposition de l’autorité gouvernementale chargée des finances, ayant une
formation fiscale, comptable, juridique ou économique et qui ont au moins le grade d’inspecteur ou un grade
classé dans une échelle de rémunération équivalente. Ces fonctionnaires sont détachés auprès de la
commission ;
cent (100) personnes du monde des affaires désignées par le Chef du gouvernement, sur proposition
conjointe des autorités gouvernementales chargées du commerce et de l'industrie, de l'artisanat, des pêches
maritimes et de l’autorité gouvernementale chargée des finances, pour une période de trois ans, en qualité
de représentants des contribuables.
Ces représentants sont choisis, avant le 31 octobre de l'année précédant celle au cours de laquelle les
membres désignés sont appelés à siéger au sein de la commission nationale, parmi :
les personnes physiques membres des organisations professionnelles les plus représentatives exerçant
des activités commerciales, industrielles, de services, artisanales ou de pêches maritimes, figurant sur
les listes présentées par lesdites organisations et par les présidents des chambres de commerce,
d'industrie et de services, des chambres d'artisanat, des chambres d'agriculture et des chambres
maritimes ;
les experts comptables ou les comptables agréés figurant respectivement sur les listes présentées par
l'Ordre des experts comptables et l'Organisation professionnelle des comptables agréés.
En cas de retard ou d'empêchement dans la désignation des nouveaux représentants, le mandat des
représentants sortants est prorogé d'office jusqu’à la désignation de ces nouveaux représentants.
Aucun membre ne peut siéger à la commission nationale du recours fiscal pour un litige dont il a eu déjà à
connaître :
dans le cadre de l’exercice de son activité ou de sa fonction ;
en commission locale de taxation ou en commissionrégionale du recours fiscal.
La commission se subdivise en sept (7) sous-commissions délibérantes.
II.- La présidence et le fonctionnement de la commission nationale du recours fiscal sont assurés par un
magistrat, désigné par le Chef du gouvernement sur proposition du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.
L'organisation administrative de cette commission est fixée par voie réglementaire.
En cas d’absence ou d’empêchement, le président de la commission est suppléé dans ses fonctions par un
président de sous-commission qu’il désigne chaque année.
Le recours du contribuable devant la Commission nationale du recours fiscal est présenté sous forme de
requête adressée à l'inspecteur par lettre recommandée avec accusé de réception.
L'inspecteur reçoit la requête adressée à la commission nationale de recours fiscal et la lui transmet avec les
documents relatifs aux actes de la procédure contradictoire permettant à ladite commission de statuer.
Cette requête définit l'objet du désaccord et contient un exposé des arguments invoqués.
Un délai maximum de trois (3) mois est fixé pour la communication par l'administration des requêtes et
documents précités à la commission nationale du recours fiscal, à compter de la date de notification à
l'administration du pourvoi du contribuable devant ladite commission.
A défaut de communication de la requête et des documents visés ci-dessus, dans le délai prescrit, les bases
d'imposition ne peuvent être supérieures à celles déclarées ou acceptées par le contribuable.
Le président de la commission confie les recours pour instruction à un ou plusieurs des fonctionnaires visés au
paragraphe I du présent article et répartit les dossiers entre les sous-commissions.
Ces dernières se réunissent à l'initiative du président de la commission. Le secrétaire rapporteur convoque les
membres de la commission au moins quinze (15) jours avant la date fixée pour la réunion dans les formes
prévues à l’article 219 ci-dessus.
Le secrétaire rapporteur de la commission nationale informe les deux parties de la date à laquelle elle tient sa
réunion, trente (30) jours au moins avant cette date dans les formes prévues à l'article 219 ci-dessus.
III.- Chaque sous-commission se compose :
d’un magistrat, président ;
de deux fonctionnaires tirés au sort parmi ceux qui n’ont pas instruit le dossier soumis à délibération ;
de deux représentants des contribuables choisis par le président de la commission parmi les représentants
visés au paragraphe I du présent article.
144
Un secrétaire rapporteur est choisi en dehors des deux fonctionnaires membres de la sous-commission, par
le président de la commission pour assister aux réunions de ladite sous-commission sans voix délibérative.
Chaque sous-commission tient autant de séances que nécessaire. Elle convoque obligatoirement le ou les
représentants du contribuable et le ou les représentants de l’administration fiscale désignés à cet effet dans les
formes prévues à l’article 219 ci dessus, aux fins de les entendre séparément ou en même temps, soit à la
demande de l’une ou de l’autre partie, soit lorsqu’elle estime leur confrontation nécessaire. La sous-commission
ne peut, en aucun cas, prendre ses décisions en présence du représentant du contribuable ou son mandataire
ou du représentant de l'administration.
Les sous-commissions délibèrent valablement lorsque le président et au moins deux autres membres parmi
ceux visés au I du présent article sont présents, En cas de partage égal des voix, celle du président est toujours
prépondérante.
Les décisions des sous-commissions doivent être détaillées et motivées et sont notifiées par le magistrat
assurant le fonctionnement de la commission aux parties, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus
dans les quatre (4) mois suivant la date de la décision.
La commission doit statuer dans un délai de douze (12) mois, à compter de la date de la réception de la requête
et des documents transmis par l'administration.
IV.- Lorsqu’à l’expiration du délai précité, la décision de la commission nationale du recours fiscal n’a pas été
prise, aucune rectification ne peut être apportée à la déclaration du contribuable ou à la base d’imposition
retenue par l’administration en cas de taxation d’office pour défaut de déclaration ou déclaration incomplète.
Toutefois, dans le cas où le contribuable aurait donné son accord partiel sur les bases notifiées par
l’administration ou en l’absence d’observations de sa part sur les chefs de redressement rectifiés par
l’administration c’est la base résultant de cet accord partiel ou des chefs de redressement précités qui est
retenue pour l’émission des impositions.
V.- Les impositions émises suite aux décisions de la commission nationale du recours fiscal et celles établies
d’office par l’administration, y compris celles portant sur les questions pour lesquelles ladite commission s’est
déclarée incompétente, peuvent être contestées par le contribuable, par voie judiciaire dans les conditions et
les délais prévus à l’article 242 ci-dessous.
Les décisions de ladite commission peuvent également être contestées par l’administration, par voie judiciaire,
dans les conditions et les délais prévus à l’article 242 ci-dessous.
VI.- Le recours par voie judiciaire ne peut être intenté en même temps que le recours devant la commission
nationale du recours fiscal.
Article 226 bis. - Abrogé
Article 228.- Taxation d’office pour défaut de déclaration ou de présentation d’actes ou de conventions
I. - Lorsque le contribuable :
1°- ne produit pas dans les délais prescrits :
la déclaration du résultat fiscal prévue aux articles 20 et 150 ci-dessus ;
la déclaration du revenu global prévue aux articles 82 et 85 ci-dessus;
la déclaration du chiffre d’affaires et des plus values prévue à l’article 82 quater ci-dessus ;
la déclaration de cession de biens ou de droits réels immobiliers prévue à l’article 83 ci-dessus;
145
la déclaration de cession de valeurs mobilières et autres titres de capital et de créance prévue à l’article 84
ci-dessus;
la déclaration du chiffre d’affaires prévue aux articles 110 et 111 ci-dessus;
les actes et conventions prévus à l’article 127-I ci-dessus;
- la déclaration de cession, de cessation d'activité et de transformation de la forme juridique de l’entreprise
prévue à l'article 114 ci-dessus.
- la déclaration des revenus fonciers prévue aux articles 154 bis ci-dessus;
- la déclaration des rémunérations allouées à des tiers prévue à l’article 151 ci-dessus ;
2°- ou produit une déclaration incomplète ou un acte sur lesquels manquent les renseignements nécessaires
pour l’assiette, le recouvrement de l’impôt ou la liquidation des droits ;
3°- n’effectue pas ou ne verse pas au Trésor les retenues à la source dont il est responsable, conformément
aux dispositions des articles 79,154bis, 156 , 157 et 160 bis ci dessus,
Il est invité, par lettre notifiée, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, à déposer ou à compléter sa
déclaration ou son acte ou à verser les retenues effectuées ou qui auraient dû être retenues dans le délai de
trente (30) jours suivant la date de réception de ladite lettre.
II. - Si le contribuable ne dépose pas ou ne complète pas sa déclaration ou son acte ou ne verse pas les
retenues à la source précitées dans le délai de trente (30) jours prévu ci-dessus, l’administration l’informe, dans
les formes prévues à l’article 219 ci-dessus des bases qu’elle a évaluées et sur lesquelles le contribuable sera
imposé d’office ou des droits d’enregistrement, qui seront établis, si ce dernier ne dépose pas ou ne complète
pas sa déclaration ou son acte dans un deuxième délai de trente (30) jours suivant la date de réception de
ladite lettre d’information.
Les droits résultant de cette taxation d’office, ainsi que les majorations, amendes et pénalités y afférentes sont
émis par voie de rôle, état de produits ou ordre 200 de recettes et ne peuvent être contestés que dans les
conditions prévues à l’article 235 ci-dessous.
Article 228 bis.– Suspension de la procédure de taxation d’office des entreprises inactives
Les entreprises n’ayant respecté aucune obligation de déclaration et de paiement des impôts prévus par le
présent code, au titre des trois (3) derniers exercices clos et n’ayant réalisé aucune opération ou n’ayant exercé
aucune activité au titre de cette période, d’après les informations dont dispose l’administration, sont invitées par
lettre notifiée, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, à souscrire la déclaration de cessation d’activité
prévue à l’article 150 ci-dessus, dans un délai de trente (30) jours suivant la date de réception de ladite lettre.
Passé ce délai, lesdites entreprises sont inscrites dans le registre des entreprises inactives et la procédure de
taxation d’office prévue à l’article 228 ci-dessus est suspendue.
Lorsque l’administration constate qu’une entreprise inactive a réalisé des opérations ou a repris l’exercice d’une
activité imposable, elle retire ladite entreprise du registre des entreprises inactives et engage la procédure de
taxation d’office dans les formes prévues à l’article 228 ci-dessus.
Article 229.- Taxation d’office pour infraction aux dispositions relatives à la présentation des documents
comptables et au droit de contrôle
Lorsqu’un contribuable ne présente pas les documents comptables visés, selon le cas, aux articles 145 ou 146
ci-dessus, ou refuse de se soumettre au contrôle fiscal prévu à l’article 212 ci-dessus, il lui est adressé une
lettre, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, l’invitant à se conformer aux obligations légales dans
un délai de quinze (15) jours à compter de la date de réception de ladite lettre.
A défaut de présentation des documents comptables dans le délai précité, l’administration informe le
contribuable, par lettre notifiée dans les formes prévues par l’article 219 ci-dessus, de l’application de l’amende
prévue à l’article 191-I ci-dessus, et lui accorde un délai supplémentaire de quinze (15) jours à compter de la
date de réception de ladite lettre, pour s’exécuter ou pour justifier l’absence de comptabilité.
Lorsque dans ce dernier délai le contribuable ne présente pas les documents comptables ou si le défaut de
présentation des documents comptables n’a pas été justifié, il est imposé d’office, sans notification préalable
avec application de l’astreinte journalière prévue à l’article 191-I ci-dessus.
Cette imposition peut, toutefois, être contestée dans les conditions prévues à l’article 235 ci-dessous.
Article 229 bis. - Abrogé
Article 230.- Procédure pour l’application des sanctions pour infraction au droit de communication
Pour l’application des sanctions prévues à l’article 191-I ci-dessus, l’administration engage la procédure prévue
à l’article 229 ci-dessus.
Toutefois, ces dispositions ne sont pas applicables aux administrations de l’Etat, aux collectivités locales et aux
cadi chargés du taoutiq.
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Article 230 bis. - Procédure pour I'application des sanctions en cas de déclaration ne comprenant pas
certaines indications
Lorsque les déclarations visées aux articles 79, 81, 151, 152, 153 ,154 et 154bis ci-dessus ne comportent pas
les indications prévues par ces articles et qui n'ont pas d'incidence sur la base imposable on sur le montant de
l'impôt, le contribuable est invité par lettre, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, à compléter sa
déclaration dans un délai de quinze (15) jours suivant la date de réception de ladite lettre.
Si le contribuable ne complète pas sa déclaration dans le délai précité, l'administration l'informe par lettre, dans
les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, de l'application des sanctions prévues aux articles 194, 195, 196 ou
200 ci-dessus.
Les sanctions précitées sont émises par vole de rôle.
Article 230 ter. - Procédure pour l’application des sanctions pour défaut de déclaration ou déclaration
incomplète au titre des traitements et salaires, des pensions et autres prestations servies sous forme
de capital ou de rentes.
Lorsque le contribuable ne produit pas dans les délais prescrits les déclarations visées aux articles 79 et 81 ci-
dessus ou produit une déclaration incomplète, il est invité par lettre, dans les formes prévues à l’article 219 ci-
dessus, à déposer ou à compléter sa déclaration dans un délai de trente (30) jours suivant la date de réception
de ladite lettre.
Si le contribuable ne dépose pas ou ne complète pas sa déclaration dans le délai précité, l’administration
l’informe par lettre, dans les formes prévues à l’article 219 ci-dessus, de l’application des sanctions prévues à
l’article 200-II ci-dessus.
Les sanctions précitées sont émises par voie de rôle.
Article 230 quater. - Procédure pour l'application des sanctions pour défaut de présentation des
documents comptables sur support électronique
Lorsque les contribuables visés au 3ème alinéa de l'article 210 ci-dessus, ne présentent pas les documents
comptables sur support électronique, dans le cadre de la vérification de comptabilité prévue à l'article 212 ci-
dessus, il leur est adressé une lettre, dans les formes prévues à l'article 219 ci-dessus, les invitant à se
conformer aux obligations légales dans un délai de quinze (15) jours à compter de la date de réception de ladite
lettre.
A défaut de présentation des documents comptables sur support électronique dans le délai précité,
l'administration informe le contribuable, par lettre notifiée dans les formes prévues par l'article 219 ci-dessus, de
l'application de l'amende prévue à l'article 191 bis ci-dessus.
Article 231.- Procédure pour l’application des sanctions pénales aux infractions fiscales
Les infractions prévues à l’article 192 ci-dessus sont constatées par procès verbal établi par deux agents de
l’administration fiscale, ayant au moins le grade d’inspecteur, spécialement commissionnés à cet effet et
assermentés conformément à la législation en vigueur.
Quel que soit le statut juridique du contribuable, la peine d’emprisonnement prévue à l’article visé à l’alinéa
précédent ne peut être prononcée qu’à l’encontre de la personne physique qui a commis l’infraction ou à
l’encontre de tout responsable, s’il est prouvé que l’infraction a été commise sur ses instructions et avec son
accord.
Est passible de la même peine, toute personne convaincue d’avoir participé à l’accomplissement des faits
précités, assisté ou conseillé les parties dans leur exécution.
Les infractions prévues à l’article 192 ci-dessus ne peuvent être constatées que lors d’un contrôle fiscal.
A l’exception des plaintes relatives à l’émission des factures fictives visées à l’article 192 ci-dessus, le ministre
des finances ou la personne déléguée par lui à cet effet, doit au préalable présenter les plaintes tendant à
l'application des sanctions prévues audit article 192, à titre consultatif, à l’avis d’une commission des infractions
fiscales présidée par un magistrat et comprenant deux représentants de l’administration fiscale et deux
représentants des contribuables choisis sur des listes présentées par les organisations professionnelles les plus
représentatives. Les membres de cette commission sont désignés par arrêté du Chef du gouvernement.
L’organisation et le fonctionnement de cette commission sont fixés par voie réglementaire.
Après consultation de la commission précitée, le ministre des finances ou la personne déléguée par lui à cet
effet, peut saisir de la plainte tendant à l’application des sanctions pénales prévues à l’article 192 ci-dessus, le
procureur du Roi compétent à raison du lieu de l’infraction à l’exception des plaintes relatives aux infractions
relatives à l’émission des factures fictives visées à l’article 192 ci-dessus dont le ministre chargé des finances
147
ou la personne déléguée par lui à cet effet saisit directement le procureur du Roi compétent du lieu de
l’infraction.
Le procureur du Roi doit saisir de la plainte le juge d’instruction.
148
VIII- Par dérogation aux dispositions relatives aux délais de prescription visés ci-dessus :
1°- les droits complémentaires, ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont redevables les
contribuables contrevenants visés à l’article 164-II ci-dessus, sont immédiatement établis et exigibles en totalité
pour toutes les années ayant fait l’objet d’une exonération ou d’une réduction, même si le délai de prescription a
expiré ;
Toutefois, sont immédiatement établis et exigibles les sommes visées à l’alinéa ci-dessus du présent
paragraphe avant l’expiration du délai de dix (10) ans.
2°- l’administration peut émettre les impôts ainsi que les amendes, les pénalités et les majorations y afférentes
dont sont redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 191-II ci-dessus, au cours des quatre (4)
années suivant celle prévue pour la réalisation du programme de construction du logement social ou de
l’opération de construction des cités, résidences et campus universitaires objet de la convention conclue avec
l’Etat ;
3°- lorsque la défaillance d'une partie au contrat relatif aux opérations de pension, de prêt de titres, de titrisation
ou de vente à réméré prévues à l'article 9 bis ci-dessus ou lorsque la défaillance aux conditions visées à l'article
161bis-I intervient au cours d’un exercice prescrit, la régularisation s’y rapportant doit être effectuée sur le
premier exercice de la période non prescrite, sans préjudice de l’application de la pénalité et des majorations de
retard prévues à l’article 208 ci-dessus ;
4°- le montant de l’impôt ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont redevables les
entreprises contrevenantes visées à l’article 247-XXXV ci-dessous, sont immédiatement établis et exigibles,
même si le délai de prescription a expiré ;
5°- lorsque l'exercice auquel doit être rapportée la provision visée à l'article 10 (I-F-2°) ci-dessus devenue sans
objet ou irrégulièrement constituée est prescrit, la régularisation est effectuée sur le premier exercice de la
période non prescrite;
6°- en cas de cessation totale d'activité d'une entreprise suivie de liquidation, la rectification des bases
d'imposition prévue à l'article 221-III ci-dessus a lieu à la suite d'une vérification de comptabilité effectuée,
sans que la prescription puisse être opposée à l'administration pour toute la période de liquidation;
7°- lorsque l'exercice au cours duquel a eu lieu le changement d'affectation des éléments du stock prévus à
l'article 162-III ci-dessus est prescrit, la régularisation est opérée sur le premier exercice de la période non
prescrite.
8°- les droits complémentaires, ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont redevables les
contribuables contrevenants visés à l'article 28-II ci-dessus, sont immédiatement établis et exigibles en totalité
pour toutes les années ayant fait l'objet de restitution, même si le délai de prescription a expiré.
9°- les droits complémentaires ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont redevables les
contribuables n'ayant pas respecté l'une des conditions prévues aux articles 161 ter et 162 ci-dessus sont
rattachés au premier exercice de la période non prescrite, même si le délai de prescription a expiré.
10°- l'administration peut appliquer les sanctions visées à l'article 191-III ci-dessus, aux promoteurs immobiliers
contrevenants et ce, dans un délai de quatre (4) ans suivant l'année fixée pour la réalisation du programme de
construction de logements sociaux objet de la convention conclue avec l'Etat.
11°- sont immédiatement exigibles, le montant versé de la taxe sur la valeur ajoutée, la pénalité et les
sanctions pour paiement tardif prévues à l'article 191-IV, dont sont redevables les bénéficiaires contrevenants
visés aux articles 92-1-28° et 93-I ci-dessus, même si le délai de prescription a expiré.
12°- sont immédiatement exigibles, le montant de l'impôt sur les sociétés ou de l'impôt sur le revenu, la
pénalité et les sanctions pour paiement tardif prévues à l'article 191-V susvisé, dont sont redevables les
bailleurs contrevenants visés à l'article 247-XVI-B bis ci-dessous, même si le délai de prescription a expiré.
13°- L'amende visée à l'article 191-VI ci-dessus, afférente aux promoteurs immobiliers n'ayant pas respecté
les conditions prévues à l’article 247-XXII ci-dessous, est immédiatement exigible pour tous les exercices
ayant fait l'objet d'infraction, même si le délai de prescription à expiré.
14°- l'administration peut rectifier les irrégularités constatées lors de la liquidation du remboursement du
crédit de taxe cumulé prévu par les dispositions de l'article 247-XXV ci-dessous, même si le délai de
prescription a expiré.
149
15°- Les droits dus ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes, dont sont redevables les
contribuables n'ayant pas déposé leur déclaration, sont exigibles en totalité pour toutes les années n'ayant
pas fait l'objet de déclaration, même si le délai de prescription a expiré.
Toutefois, ce délai ne peut être supérieur à dix (10) ans.
16°- le montant de l'impôt sur les sociétés, de l'impôt sur le revenu au titre des profits fonciers et des profits
de capitaux mobiliers ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont redevables les
contribuables contrevenants visés à l'article 161 bis-II ci-dessus et à l'article 247-XXVl ci-dessous, sont
immédiatement établis et exigibles en totalité, même si le délai de prescription a expiré.
17°- Les droits dus ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes, dont sont redevables les
contribuables en infraction aux dispositions de l'article 150 bis ci-dessus, sont immédiatement établis et
exigibles en totalité, même si le délai de prescription a expiré.
18°- la pénalité et la majoration dont sont redevables les contrevenants aux obligations prévues à l'article
277-I ci-dessous, sont établies et exigibles même si le délai de prescription a expiré. Toutefois, ce délai ne
doit pas dépasser dix (10) ans.
19°– le montant de l’impôt sur le revenu ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont
redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 161 ter-III ci-dessus, sont immédiatement établis
et exigibles, même si le délai de prescription a expiré.
20°– le montant de l’impôt sur les sociétés ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont
redevables les associations de microfinance contrevenantes aux dispositions de l’article 161 quater ci -
dessus, sont immédiatement établis et exigibles, même si le délai de prescription a expiré.
21°– le montant de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu ainsi que la pénalité et les majorations
y afférentes dont sont redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 161 quinquies ci -dessus,
sont immédiatement établis et exigibles, même si le délai de prescription a expiré ;
22°– l’administration peut engager la procédure de taxation d’office prévue à l’article 228 ci-dessus à
l’encontre des entreprises qui ne sont plus considérées comme inactives au sens des dispositions de l’article
228 bis ci-dessus, même si le délai de prescription a expiré.
Toutefois, ce délai ne peut être supérieur à dix (10) ans ;
23°– si l’exercice au titre duquel doit être rapporté la provision ou la part de la provision pour investissement
non utilisée conformément à l' objet pour lequel elle a été constituée, visée par l’ar ticle 10-III-C-2° ci-dessus,
est prescrit, la régularisation est effectuée sur le premier exercice de la période non prescrite ;
24°– les droits complémentaires ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont redevables les
sociétés n’ayant pas respecté leur engagement d’investir un montant d’au moins un milliard et cinq cent
millions (1 500 000 000) dirhams durant la période de cinq (5) ans selon les conditions prévues par l’article
19-I-B ci-dessus, même si le délai de prescription a expiré.
IX. - En ce qui concerne la taxe spéciale annuelle sur les véhicules, les droits ainsi que les pénalités et
majorations y afférentes sont prescrites à l'expiration du délai de quatre (4) ans qui court à compter de la
date de son exigibilité.
X. - En ce qui concerne la taxe sur les contrats d'assurances, les droits ainsi que les pénalités, amendes et
majorations y afférentes sont prescrits à l'expiration de la quatrième année qui suit celle au titre de laquelle la
taxe est due.
Lorsque le crédit de taxe afférent à des exercices prescrits a été imputé sur des taxes dues au titre d'un
exercice non prescrit, le droit de l'administration de vérifier la sincérité des déductions opérées s'étend aux
cinq (5) derniers exercices prescrits. Toutefois, le redressement ne peut excéder le montant des crédits
imputés sur la taxe exigible au titre de l'exercice non prescrit.
150
source normalement dû sur les intérêts des dépôts précités, le droit de réparer ne peut s’exercer au-delà du 31
décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle les sommes dues devaient être versées au
Trésor.
Chapitre V
Demande de consultation fiscale préalable
Article 234 quater. - Champ d'application de la demande de consultation fiscale préalable
Les contribuables peuvent demander à l'administration fiscale de statuer sur le régime fiscal applicable à leur
situation de fait au regard des dispositions législatives prévues par le présent code, ainsi que les dispositions
réglementaires prises pour son application.
La demande de consultation fiscale préalable prévue à l’alinéa précédent ne peut intervenir que dans les
situations suivantes :
- les montages juridiques et financiers portant sur les projets d'investissement à réaliser;
- les opérations de restructuration des entreprises et des groupes de sociétés situés au Maroc;
- les opérations à réaliser entre entreprises situées au Maroc et ayant des liens de dépendance directs ou
indirects.
– les opérations susceptibles de constituer un abus de droit telles que prévues par l’article 213-V ci-dessus.
Toutefois, la demande de consultation fiscale préalable précitée ne peut porter sur les opérations effectuées
avec des entreprises situées hors du Maroc.
151
La demande précitée doit être adressée au directeur général des impôts sur ou d'après un imprimé modèle de
l'administration et doit comporter les indications suivantes:
- le nom, prénom ou raison sociale du contribuable ;
- la nature de l'activité ;
- le numéro d'identification fiscale et l'identifiant commun de l'entreprise;
- l'adresse du domicile fiscal, du siège social ou du principal établissement du contribuable ;
- une présentation précise des éléments de droit et de fait au sujet desquels, la position de l'administration
fiscale est sollicitée.
La réponse de l'administration doit être écrite, motivée et envoyée au demandeur dans un délai ne dépassant
pas trois (3) mois à partir de la date de la réception de la demande.
En cas d'insuffisance des éléments nécessaires pour instruire la demande, l'administration invite le
contribuable, avant l'expiration du délai de trois (3) mois précité, à compléter sa demande.
La demande de consultation préalable ne peut, en aucun cas, porter sur des dossiers en cours de procédure de
contrôle ou de contentieux.
Article 234 quinquies. – Demande d’avis préalable de l’administration en matière d’impôt sur le revenu
au titre des profits fonciers.
Les contribuables soumis à l’impôt sur le revenu au titre des profits fonciers peuvent demander à
l’administration fiscale un avis préalable concernant les éléments de détermination du profit foncier net
imposable et le montant de l’impôt correspondant ou, le cas échéant, concernant le droit au bénéfice de
l’exonération dudit impôt.
Cette demande doit être souscrite, par voie électronique selon un modèle établi par l’administration, dans les
trente (30) jours suivant la date du compromis de vente, accompagnée :
– d’une présentation des éléments relatifs à l’opération de cession envisagée,
– des pièces justificatives relatives à la détermination de l’impôt ou à l’exonération,
– de tout autre document ou renseignement justifiant sa demande.
La réponse de l’administration qui vaut attestation de liquidation de l’impôt ou d’exonération doit être
communiquée au demandeur dans un délai de soixante (60) jours suivant la date de la réception de la demande
précitée. Elle demeure valable pour une période de six (6) mois.
Après cession, si le contribuable souscrit sa déclaration et procède, le cas échéant, au paiement de l’impôt sur
la base des éléments de l’attestation de liquidation précitée, conformément aux dispositions des articles 83 et
173ci-dessus, il sera dispensé du contrôle fiscal en matière d’impôt sur le revenu au titre des profits fonciers.
La déclaration souscrite peut faire l’objet de rectification en matière de profits fonciers, conformément aux
dispositions de l’article 224 ci-dessus, si elle n’a pas été établie sur la base des éléments de l’attestation de
liquidation précitée.
152
Article 236.- Dégrèvements, remises et modérations
1°- Le ministre chargé des finances ou la personne déléguée par lui à cet effet doit prononcer, dans le délai de
prescription prévu à l’article 232 ci-dessus, le dégrèvement partiel ou total des impositions qui sont reconnues
former surtaxe, double ou faux emploi.
2°- Il peut accorder à la demande du contribuable, au vu des circonstances invoquées, remise ou modération
des majorations, amendes et pénalités prévues par la législation en vigueur.
3°- Une remise de 3% sur le montant de la commande des timbres est accordée aux distributeurs auxiliaires,
dûment habilités par l'administration fiscale pour la vente au public desdits timbres.
Article 241.- Restitution en matière de droits d’enregistrement et de taxe sur les contrats d'assurances
I.- Les demandes en restitution de droits indûment perçus sont recevables dans un délai de quatre (4) ans à
compter de la date de l’enregistrement.
II.- Ne sont pas sujets à restitution, les droits régulièrement perçus sur les actes ou contrats ultérieurement
révoqués ou résolus par application des articles 121, 259, 260, 581, 582 et 585 du dahir du 9 ramadan 1331 (12
août 1913), formant code des obligations et contrats.
En cas de rescision d’un contrat pour cause de lésion, ou d’annulation d’une vente pour cause de vices cachés
et, au surplus, dans tous les cas où il y a lieu à annulation, les droits perçus sur l’acte annulé, résolu ou
rescindé ne sont restituables que si l’annulation, la résolution ou la rescision a été prononcée par un jugement
ou un arrêt passé en force de chose jugée.
Dans tous les cas où le remboursement des droits régulièrement perçus n’est pas prohibé par les dispositions
des deux alinéas qui précédent, la demande en restitution est prescrite après quatre (4) ans à compter du jour
de l’enregistrement.
153
Les excédents de perception au titre de la taxe sur les contrats d'assurances ne sont pas imputés sur la taxe
due au titre du mois en cours ou des mois ultérieurs et doivent faire l'objet d'une demande de restitution.
Est également restituable dans les mêmes conditions, la taxe versée au titre des primes, surprimes ou
cotisations visées à l'article 283-B-4° ci-dessous qui n'ont pas pu être déduites de la base taxable dans le délai
prévu à l'article 179-IV-3° ci-dessus.
Dans le cas de cessation d'activité, le crédit de taxe résultant des déductions visées à l'article 283 ci-dessous
est restitué dans les mêmes conditions susvisées.
L’annulation judiciaire des contrats d'assurances donne lieu à la restitution, à l'assuré, des taxes afférentes aux
primes, surprimes ou cotisations encaissées par l'assureur au titre desdits contrats.
La résolution ou la résiliation, amiable ou judiciaire, de contrats d'assurances ne donne pas lieu à la restitution
de la taxe acquittée sur les primes, surprimes ou cotisations encaissées par l'assureur.
Les demandes de restitution sont sujettes à la déchéance prévue par l'article premier de la loi n° 56-03 relative
à la prescription des dettes dues par l'Etat et des collectivités locales, promulguée par le dahir n° 1-04-10 du 1er
rabii I 1425 (21 avril 2004).
Article 241 bis. - Restitution en matière d’impôt sur le revenu
I. - Restitution en matière d’impôt retenu à la source
Lorsque le montant des retenues effectuées à la source et versées au Trésor par les personnes visées aux
articles 156, 157-I, 159-II et 160 bis ci-dessus, excède celui de l’impôt correspondant au revenu global annuel
du contribuable, celui-ci bénéficie d’office d’une restitution d’impôt. Cette restitution qui est calculée au vu de la
déclaration du revenu global du contribuable visée à l’article 82 ci-dessus, doit intervenir avant la fin de l’année
de la déclaration.
Lorsque le montant des retenues effectuées à la source et versées au Trésor par les intermédiaires financiers
habilités teneurs de comptes titres visés à l’article 174-II-B ci-dessus excède celui de l’impôt correspondant au
profit annuel du contribuable, celui-ci bénéficie d’une restitution d’impôt calculée au vu de la déclaration des
profits de capitaux mobiliers visée à l’article 84 ci-dessus.
II - Restitution en matière d’impôt versé spontanément
A- En cas de rachat d’un bien immeuble ou d’un droit réel immobilier, dans le cadre d’une opération de vente à
réméré visée à l’article 62-III ci-dessus, le contribuable bénéficie d’une restitution du montant de l’impôt payé au
titre de cette opération, sous réserve du respect des conditions suivantes :
- la vente à réméré et le rachat doivent être établis sous forme d’actes authentiques ;
- le montant du rachat doit être prévu dans Pacte de vente à réméré ;
- le rachat doit intervenir dans un délai n’excédant pas trois (3) ans à compter de la date de la conclusion du
contrat de vente à réméré.
Cette restitution est accordée au vu d’une demande adressée, par le contribuable concerné, au directeur
général des impôts ou à la personne désignée par lui à cet effet, dans un délai de trente (30) jours suivant la
date du rachat, accompagnée de l’acte de vente à réméré et de l’acte constatant le retrait de réméré.
Toutefois, lorsque le vendeur ne respecte pas l’une des conditions susvisées, l’administration peut procéder à la
rectification en matière du profit foncier conformément aux dispositions de l’article 224 ci-dessus.
B.– Abrogé
C.– Le reliquat du montant versé à titre provisoire, visé à l’article 173-I ci-dessus, après déduction du montant
de l’impôt supplémentaire émis suite à la procédure de rectification, prévue à l’article 224 ci-dessus, est restitué
d’office.
Est également restitué d’office, le montant versé à titre provisoire précité, lorsque l’administration n’engage pas
la procédure de rectification prévue à l’article 224 ci-dessus.
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Chapitre II : La procédure judiciaire
*****************************
le présent ouvrage à été rédige à partir des textes de lois et documents officiels publiés dans le
bulletin officiel et dans les supports officiels du ministère des finances.
Il est à rappeler néanmoins que seuls les textes de loi publiés au bulletin officiel constituent une
référence légale en cas de conflit avec l’administration.
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