Chapitre 4 : dynamique de la lithosphère : les zones de convergence
Introduction : la lithosphère océanique s’épaississant en vieillissant acquière une densité supérieure à celle de l’asthénosphère et plonge
alors dans l’asthénosphère induisant un mouvement de convergence de la plaque avec celle qui la chevauche
I. Les zones de subduction
A. Structure et profil de la zone de subduction
La lithosphère océanique plonge en profondeur dans l'asthénosphère, au niveau d’une zone de subduction. Elle est
reconnaissable par la position et la profondeur des foyers de séismes, enregistrés sous une seule plaque. Ils sont alignés du
moins profond au plus profond selon un plan appelé le plan de Wadatti-Beniof. Les séismes ne se produisant que dans des
roches solides rigides, les foyers de séismes en profondeurs témoignent de la lithosphère qui plonge. Le volcanisme présent sur
une seule des deux plaques est lui aussi un indice de la subduction.
Le panneau plongeant est toujours une lithosphère océanique. La plaque qui le chevauche peut être soit de la lithosphère
continentale, soit une autre lithosphère océanique plus jeune. Elle est appelée plaque chevauchante. La zone intermédiaire est
composée d’une fosse, pouvant atteindre 11 000m. La plaque chevauchante se caractérise par la présence à une certaine
distance de la fosse, d’une chaine de volcans : ex Cordilière des Andes ou Ils volcaniques du Japon.
Coupes avec logiciel Sismolog des zones de subduction : zone Pérou/Chili (à gauche) et zone Japon à droite.
Les deux types de subduction : océan/océan et océan/continent et leurs structures spécifiques.
La tomographie sismique révèle en profondeur, dans l'asthénosphère, une langue froide qui ralentit les ondes, IL s'agit de la lithosphère
océanique plongeante. Elle conserve très longtemps des températures plus froides que l'asthénosphère, donc reste solide rigide : les
séismes se forment encore sur cette plaque.
B. Les roches de la zone de subduction : roches métamorphiques et roches magmatiques
1. Du côté plaque plongeante : métamorphisme des gabbros
Les gabbros de la croute océanique ont été hydratés par l’hydrothermalisme et donc ont été transformés, métamorphisés,
en métagabbros à hornblende puis en métagabbros à chlorite ou actinote. En s’enfonçant dans l’asthénosphère, la pression
augmente un peu mais la température reste basse, comme en témoigne l’enregistrement en tomographie sismique. Les minéraux
sous l’effet de la pression se ré-associent et perdent de l’eau. Les éléments chimiques se réorganisent et forment du
glaucophane : métagabbro à glaucophane. Ces conditions de pression moyenne, faible température caractérisent le faciès
schiste bleu. Enfin lorsque la pression devient plus forte, plus en profondeur et que la température devient moyenne, des
minéraux de grenat apparaissent, la roche devient une éclogite. Forte pression et moyenne température caractérisent le faciès
éclogite.
Observation des roches à l'oeil nu et au microscope polarisant en LPA, d'un métagabbro à glaucophane (schiste bleu) et d'une écolgite
(métagabbro à grenat), roches de la lithosphère océanique plongeante.
Schéma bilan de l'évolution des métagabbros constitutifs de la plaque plongeante, en lien avec l'évolution des conditions pression-température-
hydratation
2. Sur la plaque chevauchante : magmatisme et volcanisme explosif
Les volcans situés sur la plaque chevauchante sont de type explosifs. Ils rejettent un magma très riche en eau et en gaz qui sous la
décompression de la sortie provoquent un nuage explosif de petites pierres.
Eruption volcanique type péléen, explosif
Vidéo sur les éruptions volcaniques explosives, nuées ardentes.
Les roches de surface retrouvées sur l'arc volcanique sont des andésites et des rhyolites. Elles ont une texture microlitique qui
témoigne de leur refroidissmeent rapide. Ces 2 roches ont une composition minéralogique différente de celle des basaltes.
• Feldspath plagioclase et pyroxène (amphibole) pour l’Andésite,
• Feldspath plagioclase, quartz et biotite pour la Rhyolite.
Les caractéristiques morphologiques et géologiques des zones de subduction
On peut observer les zones de subduction soit au niveau de marges continentales actives ou alors dans les océans.
subduction océan-continent
subduction océan-océan.
Caractéristiques morphologiques
De nombreux élèments caractérises les zones de subduction :
-La présence de reliefs particuliers, si c'est un relief négatif, c'est une fosse océanique. Si on est en présence d'un relief positif il
s'agit soit de chaine de montagnes ( dans le cas de la subduction océan/contient) ou alors, il s'agit d'une chapelet d'îles
volcaniques autrement dit arc insulaire ( dans le cas de la subduction océan/océan).
-Une déformation litosphèrique, par exemple des plis ou des failles inverse ou niveau de la bordure continentale ou du prisme
d'accrétion.
Caractéristiques géologiques
Géologiquement, les zones de subduction sont particulièrement actives car :
-On y remarque une activité sismique très importante, notamment des séismes ayant un foyer plus profond que 100 Km ( ce qui
permet de déduire la présence de matériaux cassant au sein de l'asténosphère ductile).
- On peut aussi grâce a la l'observation de la répartition des foyers sismiques profonds le long d'une surface inclinée ( autrement
dit plan de Bénioff) matérialiser le plogement de la litosphère océanique rigide dans l'asténosphère.
-On y remarque aussi une magmatisme qui est a l'origine des alignements de volcans actifs répartis parralèlement à la fosse dans
une chaîne de montagne ou un arc insulaire.
Les zones de subduction sont aussi caractérisées par une répartition particulière du flux de chaleur. Le flux de chaleur, c'est la
quantité de chaleur qui sort de la surface de la terre, sa mesure permet de montrer deux anomalies : une négative au niveau de la
fosse de subduction et une autre postive au niveau de l'arc volcanique.
On peut interpréter les anomalies thermiques comme le résultat de la subduction de la plaque.
Le magmatisme au niveau des zones de subduction
Les caractéristiques des roches magmatiques produites
On assiste a un volcanisme important au niveau des zones de subduction qui est a l'origine de la création d'andésite, de rhyolytes
ainsi que de roches plutoniques ( appartenant a la famille des granites) telles que les granodiorites. Ces roches ont la particularité
d'être riches en silice et hydratées.
schéma de lames d'andésite
Schéma de lame de roches plutoniques ( granodiorite).
Le contexte de production d'une magma dans une zone de subduction
Quoi qu'il se passe, l'arc volcanique est toujours situé sur la litosphère chevauchante. Pour permettre la production de gama, il
faut qu'un certain nombre de conditions soit réunis à environ 100 Km de profondeurs. Il faut pour cela étudier le géotherme ( tracé
donnant l'évolution de la température en fonction de la profondeur) d'une zone de subduction.
Le magma se créé par fusion des péridotites, mais seulement sur les péridotites hydratés. Cette fusion se fait à envrion 80 Km de
profndeur à une température de 800° C. Cette fusion est permit grâce à un apport d'eau permettant de décaler le solidus des
péridotites vers de faibles temépratures ce qui pemret par conséquent de baisser la température nécéssaire à la fusion partielle
des péridotites.
Les péridotites fusionnées appartiennent au manteau litosphèrique de la plaque chevauchante qui est situé au dessus de la
litosphère océanique en subduction.
Idée à retenir : La production de magma dans une zone de subduction est dûe à la fusion partielle des péridotites situées au
dessus du plan de Bénioff après hydratation des péridotites.
L'origine de l'eau nécessaire à la production du magma
La litosphère océanique entrant en subduction est hydratée et transformée car les roches qui la compose ont subi un
métamorphisme près de l'axe de la dorsale ainsi qu'un métamorphisme lié à la diminution de la température durant leur
éloignement de l'axe de la dorsale.
Situation de la litosphère océanique.
Lors de leur enfoncement dans le manteau, les roches de la croûte océanique sont soumises à de nouvelles conditions de
pression et de température. Elles se transforment tout en restant à l'état solide et se déshydrate. Ainsi, des minéraux apparaisent,
ils sont caractéristiques de haute pression et basse température.
Situation de la litosphère océanique
Modifications de la composition de la croûte océanique
Lors de la subduction
On a de nouvelles transformatios minéralogiques qui conduisent à l'apparition de minéraux non hydroxylés par métamorphisme.
Les facteurs de ce métamorphismes sont que la litosphère océanique subduite se réchauffe et est soumises à des profondeurs de
plus en plus importantes, c'est dont un métamorphisme de basse température et de haute pression.
Une minéral n'est stable que dans un certain domaine de pression et de température. Au delà de ce domaine, il se transforme
durant une réaction métamorphique en un autre minéral. Ce domaine de stabilité varie suivant les minéraux. C'est grâce à la
présence de certains minéraux dans une roches métamorphique que l'on peut reconsitituer les conditions de pression et de
température durant le métamorphisme de la roche.
La déshydratation des roches de la croûte océanique libère l'eau qui déclenche la fusion partielle des péridotites du manteau, à
l'origine du magma. Le magma produit est cependant moins dense que le magma d'origine. On assiste ensuite à un
refroidissement brutal du magma en surface qui est à l'origine de roches volcaniques de types andésites, à texture microlitiques.
En profondeur où le refroidissement du magma est plus lent, on a une création de roches de types plutoniques ( granodiorite) à
texture grenue.
Schéma d'un couplage métamorphisme/magmatisme au niveau d 'une zone de subduction.
Idée à retenir : L'eau nécessaire à la production des magmas dans les zones de subduction provient de la déshydratation des
roches de la litosphère subduite soumises à un métamorphisme de type haute pression et basse température.
Les causes de la subduction
Lors de son éloignement de la dorsale , la litosphère océanique se refroidit. L'isotherme 1300°C devient ainsi de plus en plus
profond, or, il représente une limite entre la litosphère et l'asténosphère. Par conséquent, on a une épaissisement du manteau
litosphèrique. Et, comme le manteau litosphèrique est le composant le plus dense de la litosphère océanique, on a une
augmentation de la densité moyenne de la litosphère océanique.
Lorsque que la densité de la litosphère océnanique devient supérieur à celle du manteau asténosphèrique, la litosphère océanique
peut s'enfoncer dans l'asténosphère. Cette différence de densité est la principale cause de la subduction.
On peut aussi remarque que durant l'enfoncement de la litosphère océanique, les basltes et les gabbros de la croûte se
transforment en éclogites ( de densité plus grande), ce qui va faciliter la subduction. De plus, l'asténosphère étant solide, de
nombreuses forces de résistances s'opposent à son enfoncement.
En profondeur, on retrouve des granites et des diorites à texture grenue, donc formées par cristallisation lente. Ces roches se
distinguent par leur teneur en silice élevée. Les diorites contiennent des plagioclases, des pyroxènes et amphiboles alors que les granites
sont riches en quartz feldspaths potassiques et biotite.
En profondeur, des massifs plutoniques de diorites et de granites peuvent se former. Ils peuvent subir des modifications lors de leur
ascension, ce qui explique la diversité des roches présentes sur la plaque chevauchante au niveau de l’arc volcanique.
C. Manteau hydraté : la fusion partielle des péridotites.
Ces magmas hydratés se forment dans le coin du manteau à l’aplomb de la plaque chevauchante. La plaque plongeante
s’enfonçant progressivement dans des conditions de pression de plus en plus élevée, perd une partie de l’eau qu’elle avait reçue par
hydrothermalisme au niveau de la zone dorsale. Cette eau remonte dans le manteau sus-jacent nommé le coin du manteau, et à une
certaine profondeur, les conditions de pression et de température sont telles que la péridotite hydratée rentre en fusion partielle.
Le magma qui en résulte est plus riche en silice que la péridotite et également plus riche en eau.
Le degré de fusion partielle lié au degré d’hydratation de la péridotite détermine le taux de silice dans le magma et dans la roche. Parfois
des inclusions de roches de la croûte contribuent à l'enrichissement en silice du magma.
Diagramme montrant les conditions de fusion des péridotites du manteau (péridotite sèche ou hydratée), déterminées expérimentalement.
II. La subduction, moteur de la tectonique des plaques.
Par tomographie sismique, les différences de températures témoignent des mouvements ascendants et descendants du manteau. Ces
mouvements créent des cellules de convection, déplacements de matières horizontaux et verticaux. Les plaques et l'ensemble du manteau
participent à ces mouvements de convection.
Tomographie sismique sous plusieurs plaques lithosphériques. Représentation des mouvements de convection dans le manteau.
La subduction étire la lithosphère océanique. Cette contrainte se répercute au niveau de la dorsale entrainant une augmentation de sa
vitesse d’écartement. Les plaques possédant parmi leurs frontières de plaques, des zones de subduction, ont une vitesse moyenne de
déplacement des plaques supérieure aux plaques ayant peu de frontières en subduction.
Graphique mettant en relation le
pourcentage de frontières en subduction pour une plaque donnée en fonction de la vitesse moyenne de déplacement des plaques.
L’augmentation de la densité de la lithosphère constitue donc un facteur important contrôlant la subduction et, par la suite, les mouvements
de la plaque entière. Les mouvements ascendants de la convection sont dûs à la chaleur de la matière, ce sont des mouvements plus
passifs, conséquences des mouvements actifs descendants.
III. Les zones de collision
A. Le scénario de la collision dans la théorie de la tectonique des plaques
La plaque plongeante composée de croute océanique entraine le reste de la plaque qui comprend de la croute continentale. L’ensemble
est pris dans une dynamique de plongement mais la lithosphère portant de la croute continentale a une densité plus faible que
l'asthénosphère et ne peut totalement s'enfoncer dans l'asthénosphère. Elle s'enfonce un peu mais surtout elle rentre en collision avec
l’autre lithosphère continentale. Les roches des deux blocs de croute continentale sont alors comprimées. Cette compression entraine un
raccourcissement, un empilement et un épaississement crustal. Sous l'effet de l'enfoncement de la lithosphère océanique, la plaque
continentale plonge en partie sous l'autre bloc continental contribuant à l'épaississement de la croute continentale en formant une racine
crustale très profonde.
A. Des indices d’un épaississement de la croûte à l'échelle de la chaine de collision
A l’arrière de la lithosphère océanique plongeante se trouve de la lithosphère continentale. Si la plaque plonge sous une lithosphère
continentale, l’affrontement de deux lithosphères de même densité conduit à un épaississement crustal, la formation de montagnes. Les
profils ECORS, réalisés par sismique réfraction, témoignent de la profondeur du Moho, sous les montagnes et donc de cet
épaississement qui se manifeste par une surélevation en surface, de quelques kilomètres (Himalaya, 8000 m) et un enfoncement
beaucoup plus prononcé du MOHO en profondeur, signifiant un épaississement conséquent et un enfoncement de la
croute continentale, entre 50 et 70 Km, appelé la racine crustale.
Profil ECORS obtenu par l'étude des ondes sismiques sous les Alpes et son schéma interprétatif révélant l'épaisseur de la croûte continentale.
B. Des indices de la compression de la croute à l’origine de l’épaississement à l'échelle locale et à
l'échelle de la roche.
L’épaississement de la croute résulte d’un raccourcissement et d’un empilement des matériaux lithosphériques.
Diaporama des déformations dans les Pyrénées.
indices tectoniques dans les Pyrénées de Florence BOLOGNESI
Ces raccourcissements et empilements sont attestés par un ensemble de structures tectoniques déformant les roches : (cf tableau
schémas en TP)
Les plis : les roches sont déformées sous la contrainte compressive, la structure est surélevée, épaissie et raccourcie en longueur.
Les failles inverses : les roches se cassent selon une faille sous l'effet de la contrainte compressive. Le bloc situé sur le plan de faille
remonte = la structure est raccourcie et épaissie
Les chevauchements : suite aux failles, le blocs remonte le long du plan de faille et continue sa progression en glissant au dessus de
l'autre bloc. Le principe de superposition n'est donc plus respecté, un contact anormal est crée au niveau du plan de chevauchement.
Les roches sont empilées contribuant à l'épaississement et au raccourcissement.
Les nappes de charriage : le mécanisme est le même que celui des chevauchement mais sur le déplacement se réalise sur des
distances beaucoup plus grandes, dizaines de Km.
A l'échelle de la roche, les contraintes s'enregistrent dans l'organisation des minéraux entre eux. C'est le cas, des gneiss dont la
composition minéralogique est semblable au granite mais qui présentent un arrangement en lits ou feuillets où alternent des minéraux
sombres (biotite) avec des minéraux clairs (quartz et feldspaths). Le granite a été métamorphisé en gneiss sous l'effet de la
compression.
Déformations, plis et failles inverses dans une roche.
Schémas des différentes déformations observées dans une montagne
Modélisation des failles inverses