MEN-A
IRE/CONAKRY
DCE/MATOTO
DSEE/AVIATION
LYCEE AHMED SEKOU TOURE
Chargé de cours : [Link] OULARE
CONTACT : +224 622 57 38 44/+224 666 01 89 08
Année scolaire : 2021-2022
Profil : 12ème SS/SM/SE
Mail : tamboulare@[Link]
I-Techniques de l’expression
L’explication de texte orale
1
Le résumé de texte
La dissertation
Le commentaire composé
II-Littérature africaine
o Le réveil des consciences
o Le procès du colonialisme
Extraits des œuvres suivantes :
Le conte : œuvres de Birago Diop, Bernard Dadié, Ousmane Socé
La nouvelle : « Le marabout de la sécheresse » de Cheick N’dao ; « Cycle de sécheresse » de Cheick Sowa ;
« Tribaliques » ; « Le pleurer-rire » de Henri Lopès ; « A vol d’ oiseau » de Véronique Tadjo ; « Gens de Dakar »
de R. Dornsiville ; « Cahiers d’un retour au pays natal » ; « Discours sur le colonialisme » de Aimé Césaire.
Le roman :
Première période : de 1920 à 1949
-« Batouala » de René Maran
-« Karim » ; «Mirage de Paris » de Ousmane Socé
-« Une vie boy » de Ferdinand Oyono
-« Etrange destin de Angren » d’Amadou Hampaté Bâ
Deuxième Période : de 1945 à 1960
-« Ville Cruelle » d’Eza Boto
-« Le monde s’effondre
-« L’enfant de noir » de Camara Laye
-« Le vieux nègre et la médaille » ; « Mission terminée » de Mongo Béti
Troisième période : 1960 à nos jours
-«L’aventure ambiguë » de Cheikh Hamidou Kane
-« Les bouts de bois de Dieu » de Sembène Ousmane
-« Le jeune homme de sable » de William Sassine
-« Rouge est le sang des noirs » de Peters Abraham
-« La vie et demie » Sony LabouTansi
-« Les interprètes » de Wolé Soyinka
Le théâtre :
-« Les derniers jours de Lat-Dior » d’Amadou Cissé Dia
-« L’exil d’alboury » de Cheick [Link]
-« Le lion et la Perle » de Wolé Soyinka
-« Monsieur Thôgô-gnini » de Bernard Dadié
La poésie : la négritude et les autres courants littéraires ; extraits de :
-« Lettres d’hivernage » de Léopold Sédar Senghor
-« Reliefs, Présence Africaine, 1964, Paris » de Malick Fall
-« Mogariennes, Présence Africaine, 1970, Paris » de Cheick A. Ndao
-« Arc Musical, [Link], 1970, Paris » de [Link]
-« Sowéto » soleils fusillés, droit et liberté, 1977 » de Paul Dakeyo
« Mante des aurores » d’Amadou Lamine Sall
-« minerai noir » de René Depestre
Œuvres intégrales (au choix)
-« Les bouts de bois de Dieu » de Sembène Ousmane
-« Maïmouna » d’Abdoulaye Sadji
-« Cinéma » de Thierno Monènembo
-« Une vie de boy » de Ferdinand Oyono
-« Le lion et la perle » de Wolé Soyinka
2.2-Littérature française
Thèmes :
le romantisme
le réalisme et le naturalisme
le Parnasse
le symbolisme
Extraits des œuvres suivantes :
o Le romantisme :
-« René » de René de Chateaubriand
-« Les misérables » ; « le dernier jour d’un condamné » de Victor Hugo
EDITION: AUTO-ECOLE JC/2022/Tél : +224 622 57 38 44/666 01 89 08/Mail : Tamboulare@[Link]
-« La mort du loup » d’Alfred de Vigny
-« Les nuits » d’Alfred de Musset.
o Le réalisme et naturalisme
-« Le père Goriot » d’Honoré de Balzac
-« Le Rouge et le noir » de Stendhal
-« Madame Bovary » de Gustave Flaubert
-« Germinal » de Emile Zola
-« Boule de Suif » de Guy de Maupassant
-« Les misérables » de Victor Hugo
o Le Parnasse :
-« Emaux et Camés»
-« Les trophées » de José Maria de Heredia.
o Le symbolisme :
-« Les fleurs du mal » de Charles Baudelaire
-« Les poèmes saturniens » de Paul Verlaine
-« Les illuminations » d’Arthur Rimbaud
-« Poésies » de Stéphane Mallarmé
Œuvres intégrales
-« Germinal » d’Emile Zola
-« Boule de suif » de Guy de Maupassant
-« Madame Bovary » de Gustave Flaubert
-« La peau de chagrin » d’Honoré de Balzac
Fiche de préparation N°01
Niveau : Onzième, douzième et terminal
Leçon : L’explication de texte orale
Durée : 2 heures
Leçon : L’explication de texte orale
Objectifs : 1-Général : comprendre l’explication de texte orale
2-Spécifiques : à la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-définir l’explication de texte ;
-énumérer la démarche à suivre pour une explication ;
-dégager l’importance de cette technique.
Déroulement de la leçon
a)-Définition : Expliquer un texte consiste à exprimer le contenu, le sens, l’originalité du texte ; c’est faire toutes
les remarques nécessaires à sa compréhension. Bref, il s’agit d’observer un texte, de l’interpréter (pénétrer dans
sa signification), et d’en dégager ses particularités.
Donc l’explication de texte orale signifie faire un exposé cohérent tout en suivant l’ordre du texte.
b)-Démarche :
I- Situation du texte : Il s’agit de situer le texte dans son contexte littéraire. Indiquer son auteur et l’œuvre dont il
est extrait, plus l’idée générale du passage et le mouvement littéraire.
II-Compréhension générale : Que faut-il faire pour comprendre un texte ? C’est l’interprétation d’un texte initial
à partir d’une série de questionnaires appelée la grille de Quintilien : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Combien ?
Comment ? Pourquoi ?
L’ensemble des réponses aux questions doivent permettre de dégager l’idée générale du texte.
III-Structure du texte : c’est le corps ou l’architecture d’un texte. Il s’agit donc de structurer ou de subdiviser le
texte tout en donnant un titre à chaque partie.
IV-Etude détaillée : il s’agit d’une explication des différentes étapes du texte (ligne/ligne, phrase/phrase ou
paragraphe/ paragraphe).
A la fin de chaque partie on rappellera l’idée essentielle du commentaire pour se faire une idée de
l’enchainement logique des parties du texte.
Chaque élément à expliquer devra être relu ou écrit auparavant et peut faire l’objet d’un commentaire.
V-Synthèse : bref résumé de l’explication à travers les grandes idées développées. A la fin de l’étude, on
rassemble tout ce qui a été expliqué et l’on conclut en mettant en évidence les principaux centres d’intérêt.
Texte d’application
EDITION: AUTO-ECOLE JC/2022/Tél : +224 622 57 38 44/666 01 89 08/Mail : Tamboulare@[Link]
Pourquoi écrire les langues africaines ? Dira-t-on. Parce qu’elles seules peuvent permettre, en tant qu’instrument
de méditation, de pénétrer l’âme réelle de l’Afrique. Quelle que soit la beauté d’une traduction, il manquera
toujours ce « quelque chose » qui fait la spécificité d’une langue originelle, la couleur, la configuration et le
contenu de son esprit, sa configuration des choses et sa manière de les rendre.
Le verbe est créateur. Il maintient l’homme dans sa nature propre. Dès que l’homme change de langage, il
change d’état. Il se coule dans un autre moule.
Les peuls ont coutume de dire que l’individu est constitué par trois choses essentielles : son aspect physique,
son parler et son travail (son métier). Il peut perdre une ou deux de ces trois qualités sans cesser d’être lui-
même. Mais le jour où il perd les trois, il devient « quelqu’un d’autre ». Il n’est plus de son ethnie. Les grandes
capitales africaines connaissent bien ce type d’homme « hybride ».
Sur ces trois qualités cependant la qualité essentielle est le langage. On connaît par exemple, des Bambaras qui,
en perdant leur idiome, se sont si parfaitement foulanisés qu’ils se sont confondus avec les peuls et vice versa.
Si j’ai fait porter tous mes efforts sur la sauvegarde de la langue peule en particulier et des langues africaines en
général, c’est précisément pour éviter cette dépersonnalisation. Non par chauvinisme, mais parce que la beauté
d’un tapis vient de la variété de ces couleurs. Ainsi en va-t-il de l’humanité.
Amadou Hampaté Bâ
Extraits de ‘’Aspects de la civilisation africaine’’
Editions Présence Africaine.
Vocabulaire
Instrument de méditation : moyen permettant de faire une analyse, une réflexion ;
Pénétrer l’âme réelle de l’Afrique : exprimer les valeurs profondes de la culture africaine ;
Configuration des choses : forme extérieure des choses ;
Homme « hybride » : homme métis ;
Idiome : langue, dialecte, parler ;
Chauvinisme : patriotisme exagéré, nationalisme excessif.
Fiche de préparation N°02
Leçon: Explication de texte orale
Niveau : 11ème, 12ème et terminale
Objectifs : 1-Général : Comprendre l’explication de texte
2-Spécifiques : A la fin des explications, les élèves doivent être capables de :
-relever les indices de l’argumentation ;
-identifier les idées principales ;
-structurer un texte.
Déroulement de la leçon
I-situation du texte : Ce texte est extrait de «Aspects de la civilisation africaine » d’AmadouHampâté Bâ (1900 –
1991). Sociologue, linguiste, historien, conteur, Amadou Hampaté Bâ fut administrateur, ambassadeur à
l’UNESCO où il œuvra farouchement en faveur des traditions orales africaines.
II-Questions de compréhension
1-Quelles remarques faites- vous sur la forme de ce texte ?
(Texte écrit en prose, sans titre, comportant cinq (5) paragraphes).
2-Qui parle ? (Amadou Hampaté Bâ, auteur du texte)
3- A qui s’adresse- t –il ? (A ses lecteurs africains)
4-De quoi parle – t – il ? (Du lien qui existe entre l’homme et le verbe)
5-Pourquoi ? (Pour préserver la personnalité africaine)
6-Dans quel but ? (Pour que les langues africaines soient écrites)
III-Structure du texte
Première unité de sens : « Pourquoi…autre moule » : langue, moyen d’expression de l’authenticité
Deuxième unité de sens : « Les peuls…vice-versa » : langage, qualité essentielle de l’individu
Troisième unité de sens : « Si j’ai fait…de l’humanité » : Sauvegarde de la personnalité africaine
IV-Explication détaillée
Dans cette première partie, l’auteur soutient que la langue est un outil d’expression de l’authenticité. Cependant
sa traduction dans une langue étrangère engendre fatalement des imperfections
Dans cette deuxième séquence, l’auteur affirme que chez les peuls, l’individu est constitué par trois qualités
essentielles : le physique, le parler et le travail. Mais le parler est le plus important.
Quant à la dernière partie, l’auteur stipule qu’il a consacré tous ces efforts pour la préservation des langues
africaines, condition sine qua non de garder notre personnalité.
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V-Synthèse : A travers un texte argumentatif, Amadou Hampaté Bâ met en exergue que la langue étant un
moyen d’expression de l’authenticité, sa conservation permet à l’individu de prouver sa personnalité.
Texte1
Pourquoi écrire les langues africaines ? Dira-t-on. Parce qu’elles seules peuvent permettre, en tant qu’instrument
de méditation, de pénétrer l’âme réelle de l’Afrique. Quelle que soit la beauté d’une traduction, il manquera
toujours ce « quelque chose » qui fait la spécificité d’une langue originelle, la couleur, la configuration et le
contenu de son esprit, sa configuration des choses et sa manière de les rendre.
Le verbe est créateur. Il maintient l’homme dans sa nature propre. Dès que l’homme change de langage, il
change d’état. Il se coule dans un autre moule.
Les peuls ont coutume de dire que l’individu est constitué par trois choses essentielles : son aspect physique,
son parler et son travail (son métier). Il peut perdre une ou deux de ces trois qualités sans cesser d’être lui-
même. Mais le jour où il perd les trois, il devient « quelqu’un d’autre ». Il n’est plus de son ethnie. Les grandes
capitales africaines connaissent bien ce type d’homme « hybride ».
Sur ces trois qualités cependant la qualité essentielle est le langage. On connaît par exemple, des Bambaras qui,
en perdant leur idiome, se sont si parfaitement foulanisés qu’ils se sont confondus avec les peuls et vice versa.
Si j’ai fait porter tous mes efforts sur la sauvegarde de la langue peule en particulier et des langues africaines en
général, c’est précisément pour éviter cette dépersonnalisation. Non par chauvinisme, mais parce que la beauté
d’un tapis vient de la variété de ces couleurs. Ainsi en va-t-il de l’humanité.
Ahmadou Hampaté Bâ
Extraits de ‘’Aspects de la civilisation africaine’’
Editions Présence Africaine.
Vocabulaire
Instrument de méditation : moyen permettant de faire une analyse, une réflexion ;
Pénétrer l’âme réelle de l’Afrique : exprimer les valeurs profondes de la culture africaine ;
Configuration des choses : forme extérieur des choses ;
Homme « hybride » : métis ;
Idiome : langue, dialecte, parler ;
Chauvinisme : patriotisme exagéré, nationalisme excessif.
Fiche de préparation N°04
Leçon: Pratique du résumé de texte
Niveau : 11è, 12è et terminale
Objectifs : 1-Général : Amener les élèves à maîtriser la technique du résumé
2-Spécifiques : à partir des explications, les élèves doivent être capables, à la fin de la leçon, de :
-relever les indices de l’argumentation ;
-identifier les idées principales ;
-rédiger le résumé à partir d’un schéma.
Déroulement de la leçon
N.B : Méthode intro-ex positive.
Pré requis : quelles sont les différentes phases du résumé de texte ? (lecture-explication-schématisation-
rédaction et calibrage).
I-Copie du texte
II-lectures (silencieuse et magistrale)
A-Explication
Thèses Arguments Contre-argument réfuté Preuves
Pourquoi écrire…les Parce qu’elles… de Quelle que…de les
langues africaines. l’Afrique rendre
Le verbe est créateur. Il maintient l’homme dans
sa nature propre
Les Peuls…son travail. Mais le jour…il n’est plus Les grandes
de son ethnie capitales... « hybride »
Sur ces trois…est le On connait…des
langage. Bambaras vice-versa
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La sauvegarde… des Eviter…cette
langues africaines. dépersonnalisation
Mouvement du texte
Première unité de sens : « Pourquoi…autre moule » : langue, moyen d’expression de l’authenticité
Deuxième unité de sens : « Les Peuls…vice-versa » : Langage, qualité essentielle de l’individu
Troisième unité de sens : « Si j’ai fait…de l’humanité » : sauvegarde de la personnalité africaine
Dégageons l’idée générale
Ecrire nos langues dans le but de les conserver est une nécessité dans la mesure où la langue est un outil qui
permet à l’individu de manifester et de prouver sa personnalité.
Schématisation
I-Ecrire langues africaines= Nécessité
Car –Langue=Outil d’expression de l’authenticité
-Traduction=imperfection
-Parole =individu
II-Peuls=individu Parler
Physique= Mais le parler est essentiel travail
III- Je (efforts)= Conservation des langues africaines= notre personnalité
Puisque diversité=enrichissement
Résumé possible
La nécessité d’écrire les langues africaines car elles symbolisent les valeurs de l’authenticité culturelle. Toute
traduction engendre fatalement des imperfections. L’individu s’identifiant par le langage, le perdre, c’est le tuer
dans son être profond.
J’ai lutté pour la conservation des langues africaines, et par là notre personnalité.
Puisque la diversité des cultures fait la richesse de l’humanité. 64 mots
TEXTE
Jadis vénéré par les sociétés primitives, le soleil est de nos jours considéré comme une source d’énergie
indispensable à la vie [Link] ya longtemps que l’homme a essayé de tirer parti de cette énergie « gratuite »
pour la cuisson ou le séchage par exemple. Pourtant ce n’est que vers les années cinquante que la recherche
scientifique s’est véritablement attaquée à ce domaine. Les expériences spatiales ont contribué à faire
progresser les techniques d’utilisation de l’énergie solaire. La crise actuelle du pétrole rend encore plus aigue le
besoin de diversification des sources d’énergie.
La volonté générale d’arrêter le gaspillage, les soucis de protection de l’environnement, tout cela explique le
regain d’intérêt pour le « solaire ».
L’énergie que reçoit la terre en provenance du soleil est considérable. Elle représente un kilowatt par mètre
carré. Tous les besoins énergétiques des Etats- Unis en l’an 2000 correspondront à l’énergie solaire reçue par
moins de 1% de leur territoire.
En fait à cause des nuages, des nuits, des changements saisonniers, c’est seulement 1/16ème de cette énergie
que l’on récupère. Il se pose donc des problèmes technologiques pour concevoir des installations très attendues,
capables de collecter la lumière du soleil, pour stocker l’énergie reçue et la convertir en électricité. Actuellement,
l’énergie solaire est utilisée seulement pour la distillation de l’eau de mer et pour l’air conditionné dans les
bâtiments.
D’après [Link]
Schéma du texte
P1- Soleil=indispensable
Parce que soleil=vie
Pourtant année 50=recherche scientifique
Parce que recherche scientifique=expérience spatiale
Si bien que Expérience spatiale=gaspillage
P2-En plus énergie solaire=considérable
Mais intempéries=diminution d’énergie
Donc installation technique=augmentation d’énergie.
Résumé possible
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Des sociétés primitives jusqu’à nos jours, le soleil est une source d’énergie indispensable à la vie terrestre.
Pourtant, les années cinquante ont entrainé la recherche scientifique à travers les expériences spatiales, pour
éviter le gaspillage de l’énergie solaire. Mais les intempéries conduisent à une diminution d’énergie. Ainsi, il est
nécessaire de faire des installations techniques permettant une augmentation d’énergie. 64 mots
Fiche de préparation N°03
Niveau : onzième, douzième et terminale
Durée : 2heures
Leçon : Le résumé de texte
Objectifs : 1-Général : Comprendre le résumé de texte
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-identifier la démarche à suivre ;
-énumérer les règles ;
-résumer un texte.
Déroulement de la leçon
I-Motivation : Après avoir lu un roman, un collègue vous demande de l’en informer du contenu par écrit. Qu’allez-
vous faire ? (Un résumé).
Alors notre leçon d’aujourd’hui porte donc sur le résumé de texte.
II-Définition : résumer un texte, c’est le réduire en un certain nombre de mots qui est souvent précisé dans la
consigne. Le résumé est un exercice fructueux et formateur qui fait appel à un grand nombre de qualités :
La faculté de compréhension ;
La maîtrise du vocabulaire et de la syntaxe ;
La concision de l’expression.
III-Règles à suivre : on doit respecter la consigne de l’énoncé. Le plus souvent cette consigne demande de
résumer le texte au tiers, au quart, au sixième, au dixième de sa longueur avec une tolérance de plus ou moins
10%. Ces consignes chiffrées sont impératives.
Le résumer ne doit rien ajouter au texte : ni explication plus précise que dans le texte de départ, ni commentaire
personnel, ni formule du genre : « l’auteur a dit… » ; « l’auteur écrit que… » ; « Selon l’auteur… » ; « L’auteur
pense que… » . Le candidat dit « je », si l’auteur dit « je ».
Reformuler les idées du texte de la façon la plus claire afin d’être compris de quelqu’un qui n’a pas lu le
texte de départ ;
Garder les mots qui définissent le sujet du texte ;
Rendre fidèlement compte du texte de départ tout en prenant seulement en considération les idées
essentielles : les idées secondaires(les explications, les exemples, certaines citations, les
commentaires,…) sont à mettre de côté.
IV-Démarche pratique
1-Lecture et compréhension du texte pour en avoir une vision globale, pour bien cerner le sens général du texte.
2-Repérer les unités de sens du texte ; ces unités de sens vont constituer les paragraphes dans le texte résumé.
3-Formuler au brouillon l’idée directrice qui est un important guide pour les futurs travaux.
4-Souligner dans le texte les idées essentielles ou les porter directement au brouillon.
5-Faire la schématisation à l’aide des idées essentielles retenues. Ce schéma montre la logique interne du texte
et facilite le travail de rédaction du résumé.
6-Faire le calibrage c’est-à-dire calculé le nombre de mots à retenir avant la rédaction du résumé. Le calibrage
vous permet de savoir si vous êtes dans les normes par rapport à la consigne.
S’il vous est demandé par exemple de résumer un texte au quart de sa longueur avec une tolérance de plus ou
moins 10%, les calculs suivants seront effectués :
a)- Calcul du quart :
Nombre de mots du texte de départ : 4
b)-Calcul de la marge de tolérance :
Quotient de la 1ère division ×10
100
C)- Calcul du nombre de mots du texte résumé : le quart moins la tolérance et le quart plus la tolérance.
V- rédaction du résumé
Après avoir eu une idée du nombre de mots du texte résumé, vous procédez à la rédaction de votre schéma en
remplaçant autant que possible les mots ou expressions du schéma par leurs synonymes ou par des termes
génériques. Les termes techniques sont à maintenir.
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Textes d’application :
Texte
Il faut comprendre quel attrait la ville africaine exerce sur le rural. La ville, c’est d’abord le lieu de la liberté, où l’on
échappe aux contraintes que le milieu traditionnel fait peser sur ses membres(…) l’anonymat de la ville, c’est la
possibilité de jouir d’un certain nombre de plaisirs dont certains sont gratuits et c’est la possibilité, sinon de se
comporter à sa guise, du moins d’avoir une plage de liberté plus grande.
La ville, c’est aussi la possibilité de profiter d’un certain nombre de service, d’envoyer ses enfants à l’école et de
les faire grimper dans la hiérarchie sociale ; c’est la possibilité de se faire soigner mieux qu’aux villages.
Et en même temps, la ville, c’est la certitude de suivre : certes, la société traditionnelle s’est beaucoup affaiblie
dans le tissu urbain, mais elle n’a pas encore disparu ; la ville, c’est la possibilité d’être inclus dans un réseau.
C’est la quasi-certitude de trouver un frère, un cousin, un membre de la même ethnie, du même clan, qui se fera
un devoir de vous fournir le gîte et le couvert pendant tout le temps qu’il faudra pour trouver un emploi ou un
moyen quelconque de subsister. C’est en ville qu’il arrive d’abord l’aide alimentaire envoyée par les pays riches
alors que dans les campagnes lointaines touchées par la disette ou la famine, l’arrivée de cette aide est plus bien
aléatoire.
Les dirigeants africains peuvent tenir de brillants discours sur les méfaits de l’exode rural et vanter les charmes
de la vie au village, ces discours sont de peu d’effet devant la fascination de la ville.
Jacques Giri, l’Afrique en panne, Editions Karthala.
1-Explication des mots et expressions
L’attrait : la séduction, l’attirance, la fascination ;
L’anonymat de la ville : la possibilité de cacher le comportement des citadins, de le rendre inconnu ;
Fournir le gîte et le couvert : fournir le logement et la nourriture.
2- Les unités de sens du texte
1ère partie : « Il faut comprendre…bien plus aléatoire » : les avantages de la vie urbaine
2ème partie : « Les dirigeants africains…la fascination de la ville » : constat d’échec des efforts de sensibilisation
L’idée directrice : Vu les avantages que la ville offre au citadin, tout effort de limitation de l’exode rural est vain.
3-La schématisation des idées essentielles
La ville africaine :
Exerce sur le rural
attrait
La ville :
C’est d’abord la liberté
Où on échappe aux contraintes traditionnelles
La ville possibilité de jouir de plaisirs
La ville C’est aussi la possibilité de profiter des services
La ville L’école, la santé
C’est la possibilité d’être dans un réseau
La ville De trouver un frère pour fournir logement et nourriture
C’est aussi certitude de survivre
En cas de crise alimentaire (aide des pays riches)
La ville Discours sur l’exode rural
Les dirigeants africains Peu d’effet devant la fascination de la ville
Résumé possible
La ville africaine séduit les paysans. Elle accorde avant tout l’indépendance, protège contre les exigences
traditionnelles, donne l’assurance de savourer de nombreux plaisirs. Elle permet également de bénéficier de
quelques avantages éducationnels et sanitaires. La ville, c’est aussi la facilité d’appartenir à une association,
d’être logé et nourri par un parent. C’est la confiance d’échapper à la famine grâce à l’aide alimentaire étrangère.
La sensibilisation des autorités africaines ne peuvent empêcher l’exode rural.
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81mots
Texte2
On conservait, par charité, dans le fond de l’écurie, un très vieux cheval blanc que la maîtresse voulait nourrir
jusqu’à sa mort naturelle, parce qu’elle l’avait élevé, gardé toujours, et qu’il lui rappelait des souvenirs.
Un garçon de quinze ans, nommé Zidore, prenait soin de cet invalide, lui donnait, pendant l’hiver, sa mesure
d’avoine et de fourrage et devait aller quatre fois par jour, en été, le déplacer dans la côte où on l’attachait afin
qu’il eût en abondance de l’herbe fraîche.
L’animal levait avec peine ses jambes lourdes, grosses, des genoux enflés au- dessus des sabots. Ses qu’on
n’étrillait plus jamais, avaient l’air de cheveux blancs, et ses cils très longs donnaient à ses yeux un air triste.
Quand Zidore le menait à l’herbe, il lui fallait tirer sur la corde, tant la bête allait lentement ; et le gars, courbé
haletant jurait contre elle, s’exaspérant d’avoir à soigner cette vieille rosse.
Les gens de la ferme, voyant cette colère contre Coco, s’en amusaient, parlaient sans cesse du cheval à Zidore,
pour exaspérer le gamin. Ses camarades le plaisantaient. On l’appelait dans le village Coco-Tidore. Le gars
rageait, sentant naître en lui le désir de se venger du cheval.
Guy de Maupassant
Boule-de-suif, 1880.
Vocabulaire
Qu’on n’étrillait plus : qu’on ne nettoyait plus ;
Haletant : respirant à peine ;
S’exaspérant : s’énervant ;
Vieillerosse : vieux cheval ;
Rageait : se mettait en colère.
1-Structure du texte
1èrepartie : « On conservait,…de l’herbe fraîche » : conservation d’un vieux cheval par affection.
2ème partie : « L’animal levait…cette rosse » : portrait de l’animal
3ème partie : « Les gens de la ferme…se venger du cheval » : La colère de Tidore
L’idée générale : une maîtresse entretient par affection son vieux cheval.
2-La schématisation des idées essentielles
On conservait, par Un très vieux cheval
Charité, dans l’écurie parce qu’il rappelait des souvenirs
Pendant l’hiver
Tidore prenait soin de cet invalide
En été
Levait avec peine ses jambes lourdes
L’animal ses poils avaient l’air de cheveux blancs
Et ses cils très longs donnaient un triste
Il lui fallait tirer sur sa corde
Quand Tidore le menait à l’herbe tant la bête allait lentement
Et le gars, haletant, s’exaspérant
S’en amusaient
Les gens de la ferme, s’en plaisantaient
Voyant cette colère,
Ses camarades
Sentait le désir de se venger de l’animal
Le gars
Rageait
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Résumé possible
Un cheval âgé était entretenu à la ferme par affection et par reconnaissance. En toute saison, Tidore s’occupait
de lui.
Mais l’animal accusait une triste vieillesse qui fatiguait et énervait le garçon lorsque ce dernier le conduisait au
pâturage.
Les moqueries des fermiers exposaient Tidore à une colère dont les conséquences menaçaient dangereusement
l’animal.
57mots
Texte3 : Bienfaits de la nature
La nature est une promotion de l’homme. D’abord, elle est source de connaissances, laboratoire vivant pour le
chercheur, mais aussi enseignement extraordinaire pour quiconque cherche à la découvrir.
La nature est aussi un musée vivant. La contemplation de sa beauté infinie est une des sources de la joie de
vivre. L’homme y trouve des raisons de vivre immémoriales. La nature est encore source d’inspiration « Il faut,
écrivait le peintre Millet, que l’artiste ait pris sa plénitude dans l’infini de la nature. »
Enfin, la nature est indispensable à la sauvegarde de la liberté. En effet, elle libère les forces profondes de la
personnalité, inhibées par les contraintes de la vie urbaine, et fait passer, dans une société desséchée par la
technique et l’argent, le souffle vivifiant de la poésie. Elle est l’une des clefs de la grandeur de l’homme.
[Link]-Marc, Socialisation de la nature, Ed. Stock.
Elucidation des mots difficiles
Promotion de l’homme : facteurs de progrès de l’homme
Musée : établissement renfermant des collections d’objets historiques et artistiques
Immémoriales : qui remontent à la plus haute antiquité, à des temps très lointains
Inspiration : source d’idées, de création (poésie, œuvre d’art).
Plénitude : épanouissement
Inhibées : empêchées, gênées
Société desséchée : société dépourvue de sentiments
Schématisation
o La nature est un centre d’épanouissement pour l’homme :
D’une part -La nature =Origine des sciences
D’autre part -La nature est = école
En outre -La nature = réservoir de beautés
Egalement -La nature = lieu de créativité
Enfin -La nature = source de liberté
Résumé possible
La nature en tant que centre d’épanouissement pour l’homme, est d’une part à l’origine des sciences, d’autre part
une école d’apprentissage. En outre, la nature constitue un réservoir de beauté. Egalement, c’est le lieu de
créativité. Enfin, la nature constitue une source de liberté.
51mots
Fiche de préparation N°04
Niveau : Onzième, douzième et terminale
Leçon : La dissertation
Durée : 2heures
Objectifs : 1-Général : Comprendre la dissertation
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-définir la dissertation ;
-distinguer les différentes étapes ;
-rédiger un sujet de dissertation.
Déroulement de la leçon
Motivation : On vous demande de discuter la citation d’un écrivain. Quelle technique de l’expression choisirez-
vous ? (La dissertation).
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I-Définition : La dissertation est l’exposé écrit et raisonné d’un ensemble de réflexions portant sur des sujets
littéraires, philosophiques, historiques, économiques, etc.
II-Les étapes de la dissertation
1)-Analyse du sujet
-Lecture et compréhension du sujet : on doit lire attentivement le sujet pour bien comprendre ce qu’on demande
de faire. Prêter attention aux termes clés, voir le rapport qui existe entre eux. Ne jamais commencer quoi que ce
soit tant que le sujet n’est pas bien compris.
2-Partir à la recherche des idées (arguments et preuves) qui cadrent bien avec le sujet.
Ce travail se fait au brouillon : les idées sont notées au fur et à mesure qu’elles viennent à l’esprit. A ce niveau,
on ne doit pas se préoccuper de leur organisation. Se limiter à quelques idées pertinentes.
3-Etablir un plan cohérent :
L’établissement du plan doit tenir compte de la question posée. C’est ici que le candidat doit faire preuve de
compétence à travers l’organisation et la logique de ses idées. Un plan facilite la rédaction du développement et
vous évite la répétition.
III-Les différentes parties d’un devoir de dissertation
a)-L’introduction : doit orienter la lecture du devoir, donc retenir l’attention du lecteur, l’intéresser. Elle comprend
généralement trois étapes essentielles :
La mise en situation du sujet : deux possibilités existent pour le faire :
-Soit on définit le terme clé du sujet
-Soit on situe le sujet dans le contexte socio-historique
La reprise et l’explication du sujet
On peut reprendre intégralement le sujet et l’expliquer ensuite s’il est court. Mais s’il est long, le mieux serait de
l’expliquer tout simplement. Il s’agit de montrer dans cette deuxième partie que vous avez compris le sujet. Donc
les détails sur la biographie de l’auteur n’ont pas de place.
L’annonce du plan : C’est la démarche envisagée pour traiter le sujet, non de détails, soit à l’aide des questions.
b)-Le développement : Il suit le plan déjà établi au brouillon. Il construit des parties ou paragraphes qui
développent un argument en l’illustrant d’exemples précis ou de citations exactes, extraites des œuvres au
programme, des lectures personnelles, des expériences pratiques...On doit veiller à l’articulation des différentes
parties entre elles. Une transition assure ce passage.
Après chaque partie, faire un résumé partiel, annoncer la partie suivante. Eviter la divagation, donc aller juste au
but.
c)-La conclusion : comme pour l’introduction et le développement, la conclusion exige un plan. Ce plan, cohérent,
doit être en rapport direct avec ce qui précède. Elle vise généralement deux à trois sous parties.
-Tirer le bilan, qui récapitule les points essentiels traités dans le devoir.
-Exprimer son sentiment personnel, on prend ainsi position par un jugement bien fondé porté sur la pensée, sur
le problème soulevé dans l’introduction, en indiquant ce qu’on retient.
-Ouvrir le sujet à des perspectives plus grandes dans l’avenir et doit être dans la suite
logique du sujet et dans le même contexte.
-L’ouverture est donc facultative. Elle n’a d’intérêt que si elle est vraiment nécessaire, pertinente.
Fiche de préparation N°05
Niveau : Onzième, douzième et terminale
Leçon : Le commentaire composé
Durée : 2heures
Objectifs : 1- Général : Comprendre le commentaire composé
2- Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-définir le commentaire composé ;
- énumérer la démarche pour un commentaire composé ;
- traiter méthodiquement un texte.
Déroulement de la leçon
I-Définition : Le commentaire composé est un exercice de composition française qui consiste à présenter avec
ordre un bilan de lecture du texte proposé. A partir d’un texte lu, on construit un autre qui explique le premier.
II- Méthode pratique
1-Lecture et compréhension du texte :
Lire attentivement le passage deux à trois pour s’assurer qu’il est bien compris, ensuite repérer et expliquer les
mots difficiles.
2-Dégager au brouillon l’idée générale du texte.
3-Analyser le texte : L’analyse doit porter sur le fond et la forme.
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-Forme : l’emploi des verbaux, des modes, des articulateurs du discours, des types de phrases : exclamatives,
interrogatives, négatives, affirmatives, etc.
-fond : étude du sens des mots, des champs lexicaux, l’enchaînement des idées, etc. Mais, il faut rappeler que
pendant l’analyse du texte, le fond doit être lié à la forme, on ne doit pas les étudier séparément. Pour chaque
partie analysée du texte, prendre les remarques au brouillon, les séquences du texte mises entre guillemets qui
constituent des preuves.
III-Le plan du commentaire composé
La rédaction du commentaire composé est conforme au schéma d’une dissertation avec la structure suivante :
a)-L’introduction : elle comprend trois parties essentielles :
-La mise en situation du texte : il s’agit de donner l’identité de l’auteur (son nom, sa nationalité, son époque, le
nom de l’œuvre dont le texte est tiré, son courant littéraire).
-Dégager l’idée générale du texte à étudier : à travers deux à trois lignes, montrer à votre lecteur que vous avez
bien compris le contenu du texte à analyser.
-L’annonce du plan : indiquer deux à trois thèmes qui seront développés dans le corps du devoir. Chacune des
trois parties de l’introduction doit constituer un paragraphe.
b)-Développement : il suit le plan déjà bien conçu au brouillon. Le nombre des parties et leur contenu doivent
correspondre à ce qui est annoncé dans l’introduction. Aller des idées vers le texte c’est-à-dire justifier toute idée
affirmée par un passage du texte. Les citations doivent être signalées par des guillemets ou par des parenthèses
pour les inclure dans la rédaction.
d)-Conclusion : elle doit dresser le bilan de ce qui a été démontré dans le développement. Elle doit plus
comporter d’argumentation, mais montrer par exemple comment cette œuvre répond aux idées de l’auteur et du
temps. C’est aussi le moment de donner votre avis personnel.
Proposer une ouverture vers un autre sujet de réflexion ou elle peut déboucher à la comparaison à un autre texte
ou à un autre auteur ayant traité le même sujet.
Texte d’application
Sahel ô mon pays !
As-tu vu mon pays
Que l’on montre du doigt
As-tu vu mon Sahel nu
Qui grelotte de froid
As-tu vu le soleil coincé
Dans la veine des plantes
Et le Gao excédé
Atteint de calvitie précoce
Qui penche sa tête
Comme pour nous prendre à témoin
As-tu vu tout cela
As-tu vu mon Sahel
Qui inspire le dégoût
Ma vache aujourd’hui
Se restaure de sa bouse
As-tu vu mon Sahel
As-tu vu mon pays
Où les chèvres s’ennuient
Sous les arbres désolés
Vois, vois la terre vaincue
Qui t’offre des fissures
Comme pour un contact ultime
As-tu vu mon Sahel où
Les charpentes effondrées
Blanchissent au soleil
En attendant les comptes statistiques
Vois, vois mon Sahel nu
Qui grelotte de froid
Regarde et dis-moi
Combien ya-t-il de ventres gonflés de prière
Combien ya-t-il de charpentes effondrées patatras
Combien de vaches recroquevillées
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Combien de plantes s’étiolent
Sur la terre écaillée
O Sahel, mon pays blessé
Comme une femme révoltée
Tu étales ta nudité
Idé Oumarou
Cri inachevé,
Imprimerie nationale du Niger
Vocabulaire
Désolation : action de ravager : calamité, destruction, dévastation, ravage, ruine ;
Désespoir : perte d’espoir ou de tout espoir = affliction, chagrin, désolation, détresse ;
Gao excédé : Gao épuisé, extenué, harassé ;
Effondrées : brisées, détruites, démolies, écroulées, affaissées ;
Recroquevillées : rétractées, recourbées, tordues, repliées ;
S’étiolent : s’affaiblissent, dépérissent, s’épuisent.
Consigne : Vous ferez de ce poème un commentaire composé. Vous pourrez montrer par exemple, comment
l’auteur a exprimé la désolation et le désespoir.
Fiche de préparation N°06
Niveau : 12ème et terminale
Leçon : Pratique du commentaire composé
Objectifs : 1-Général : Comprendre le commentaire composé à travers un texte poétique.
2-Spécifiques : A la fin de leçon, l’élève sera capable de :
-identifier les centres d’intérêt ;
-rédiger le commentaire composé.
Déroulement de la leçon
Analyse du texte
Désolation Centres d’intérêt Désespoir
Mon Sahel nu Le Gao excédé
Le soleil coincé Inspire le dégoût
La veine des plantes Se restaure de sa bouse
Calvitie précoce où les chèvres s’ennuient
Arbres désolés Les charpentes effondrées
Qui t’offre ses fissures de plantes qui s’étiolent
La terre écaillée de vaches recroquevillées
Traité possible
I-Introduction
Ce poème est une œuvre du nigérien Idé Oumarou, tiré de « Cri inachevé » par l’imprimerie nationale du Niger.
L’auteur expose dans son ensemble des réalités concrètes que vit la sous région sahélienne.
Dans cette analyse, nous évoquerons ce cri d’alarme de l’auteur tout en ressortant son cortège de désolation et
désespoir.
II-Développement
Dans ce poème, l’auteur dénonce tout d’abord les maux dont souffre son pays, « Mon Sahel nu » ; « Mon pays
blessé », surtout par une désertification précoce « cf. « calvitie précoce ».Ce qui laisse la terre nue en détruisant
toute couverture végétale, « Mon Sahel nu » ; « Dans la veine des plantes » et en exposant les arbres sans
feuillage « où les chèvres s’ennuient ; « Sous les arbres désolés » à l’ardeur des rayons solaires. Tout cet état de
fait dénote la désolation dans laquelle son sahel est confronté.
Ensuite, il exprime le dégoût qui se manifeste à travers son « Gao excédé » qui « inspire le dégoût ».
A travers ces vers « Les arbres désolés » par le manque de leur feuillage ; « Les chèvres qui s’ennuient » pace
qu’il n’ya pas d’arbres et les vaches ne trouvent plus d’herbes fraîches, sont obligés de manger leurs propres
excréments « cf. Ma vache aujourd’hui se restaure de sa bouse ».
Ces passages « comme pour prendre à témoin »et « Comme un contact ultime » expriment de façon ultime le
désespoir dans lequel baigne son pays.
III-Conclusion
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Enfin, on peut retenir que face à tout cet état de fait, la prière semble être le seul recours et la seule issue de
pouvoir faire face à tous ces méfaits.
Fiche de préparation N°09
Niveau : 12ème Année
Chapitre I : littérature négro-africaine
Leçon : Introduction générale
Objectifs : 1-Général : Connaître les grandes lignes de la littérature négro-africaine
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-définir la notion de littérature ;
-dégager les différentes tendances de la littérature négro-africaine.
Résumé
La littérature négro-africaine ne commence pas avec l’emploi, par les nègres d’Afrique, des langues à grande
diffusion occidentale comme l’anglais et le français. Parce qu’il ya toujours eu, dans les civilisations africaines,
une vie littéraire, si l’on admet qu’il ya littérature « dès qu’il y a effort pour bien dire et pas seulement pour dire ».
Mieux, puisqu’ « à chaque peuple sa culture », nous pourrions dire encore qu’à chaque peuple sa littérature.
En effet, à travers les contes et l’existence des maîtres de la parole ou griots, les spécialistes ont prouvé à
suffisance qu’il ya une forme de littérature qui, se transmettait de bouche à oreille : la littérature orale ou
oralité. Cette littérature est pratiquée depuis l’antiquité et est transmise fidèlement de génération en génération.
Elle est la plus complète, parce que comprenant tous les genres et abordant tous les sujets.
Elle est la plus importante par son abondance, son étendue, sa grande audience sur la vie de l’homme africain.
Elle est la plus souple mais cependant la plus fragile car difficile à consigner ; par conséquent cette littérature est
mal connue et méconnue.
Mais, à l’opposé de la littérature orale, cette littérature écrite est assez récente car elle n’est pas à confondre
avec les œuvres que certains lettrés africains et antillais ont écrites de tout temps, à la manière française,
anglaise, portugaise et même russe. On n’a donc pu parler de littérature négro-africaine qu’au moment où les
livres écrits par les noirs ont exprimé leur propre culture et non celle de leurs maîtres occidentaux. Or, cette
désaliénation de l’expression littéraire n’a pu se faire chez les noirs qu’à la lumière d’une prise de conscience
assez douloureuse de leur situation sociopolitique. C’est ce qui explique le caractère agressif de leurs œuvres et
leur prédilection pour certains thèmes : la souffrance, la révolte, le racisme, l’exploitation de l’homme par
l’homme, le retour aux sources…
La naissance de la littérature noire s’est donc faite dans le déchirement.
Est-ce à dire que les auteurs négro-africains n’ont plus d’autres problèmes que ceux de la joie d’écrire ?
Entre tous, nous évoquerons trois de ces problèmes. Tout d’abord, celui de l’unité culturelle de l’Afrique :
littérature nationale, tribale ou littérature africaine ? Ensuite dans laquelle mesure la littérature doit-elle rester
engagée ?
Le troisième problème majeur qui se pose aux écrivains noirs est celui de la langue.
La notion de littérature suscite maintes définitions :
La littérature est l’ensemble des productions linguistiques orales et écrites, par lesquelles la pensée s’exprime
avec art.
La littérature négro-africaine est l’expression sans cesse renouvelée des activités culturelles, sociales,
économiques et spirituelles du peuple noir.
La littérature africaine est l’ensemble des œuvres orales et écrites qui s’intéressent à la vie économique,
culturelle et civilisationnelle de l’Afrique.
Quelle soit écrite en français, en anglais, en portugais ou en russe, la littérature négro-africaine est avant tout
l’expression d’un cri, suite à une prise de conscience.
Perspectives
1-Pourquoi dit-on que la littérature orale est la plus ancienne ? (Parce que la parole est toujours antérieure à
l’écriture).
2-Quelles sont les caractéristiques essentielles de l’oralité ?
(La plus complète, la plus importante, la plus active, la plus vivante, la plus ardente, la plus souple, la plus
fragile.)
3-Expliquez la plus complète, la plus fragile.
(La plus complète : tous les genres ; la plus fragile : difficile à inventorier, à cataloguer = mal connue et
méconnue).
4-Comment la littérature négro-africaine d’expression écrite est-elle née ?
(Elle est née de la volonté de l’expression de la culture nègre et de la révolte).
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Fiche de préparation°10
Niveau : 12èmeAnnée
Thème : Le réveil des consciences
Objectifs : 1-Général : Comprendre le réveil des consciences
2-Spécifiques : A la fin de leçon, l’élève sera capable de :
-dégager les circonstances historiques du réveil des consciences ;
-identifier les foyers précurseurs du réveil des consciences ;
-répertorier les principaux objectifs de l’affirmation de l’identité culturelle.
Résumé
Le vent du renouveau débuta aux Etats-Unis d’Amérique en 1890, quand l’étudiant négro-américain William
Edouard Burghart Du Bois, déclarait : « Je suis nègre et je me glorifie de ce nom ; je suis fier du sang noir qui
coule dans mes veines. »
Ceci est le propos tenu par un étudiant américain où le noir sortait à peine de l’esclavage et était considéré
comme un sous homme appartenant à la race servile des ignorants et des résignés.
Après la parution de « Ames noires », 1903, ce fut pour des intellectuels une véritable source d’inspiration et qui
allait donner naissance plus tard au mouvement de la négro-renaissance.
Il avait pour but d’affirmer la dignité du noir en tant que nègre, de jouir de sa liberté, de défendre son droit au
travail, à l’égalité et au respect. Ce mouvement était animé par un petit groupe composé de [Link] Bois,
Langston Hughes, Claude Mackay, Countee Cullen, John Toomer, Stering Brown,…
Il laissait entendre clairement : « Nous, créateurs de la nouvelle génération nègre, nous voulons exprimer notre
personnalité noire sans honte ni crainte… ».
En 1920, le mouvement « Come back Africa » fut lancé par le jamaïcain Marcus Aurlus Garvey, mouvement qui
exhortait les noirs à un retour à leur origine, à leur source.
Parallèlement aux Etats-Unis, un même réveil devait se produire en Haïti et à Cuba.
Confrontés aux difficultés de la société industrielle américaine, les principales figures du mouvement vont se
réfugier à Paris devant l’échec de leur action.
En 1932, la revue « Légitime défense » paraissait et elle était de l’œuvre d’un groupe d’étudiants antillais
(Etienne Léro, René Ménil et Jules Marcel Monnérot). Ils reprochaient leurs compatriotes pour leur manque
d’authenticité. Malheureusement pour sa violence, elle n’aura qu’un seul numéro.
En 1934, d’autres étudiants antillais en collaboration avec leurs frères venus d’Afrique (Aimé Césaire, Léopold
Sédar Senghor, Ousmane Saucé Diop, Birago Diop, Léon Gontran Damas), vont se retrouver au quartier latin à
Paris et dans la quête d’une revalorisation de la culture noire. Ils vont mettre une nouvelle revue « Etudiant noir ».
Ce journal de combat avait pour principal objectif de mettre fin à la tribalisation du système clanique en vigueur
au quartier Latin. Il s’agissait de rattacher les noirs à leur histoire, à leurs traditions et à leurs langues.
Le néologisme « négritude »apparaît pour la première fois dans « Etudiant noir » sous la plume d’Aimé Césaire,
qui en est l’inventeur.
Il l’a défini comme « la conscience d’être noir, la plus simple reconnaissance d’un fait qui implique acceptation,
prise en charge de son destin de noir, de son histoire et de sa culture. »
Quant à Senghor, il affirmera que « la négritude est l’ensemble des valeurs de civilisation du monde noir, telles
qu’elles s’expriment dans la vie et les œuvres des noirs. »
Ces hommes seront les réveilleurs de leurs peuples asservis. Ils seront les guides dans la lutte pour leur
reconquête, puis l’affirmation de leur identité culturelle qui débouchera sur le procès du colonialisme.
___________________________________________________________________
Le désespoir d’une race
Etre pauvre est dur. Mais être une pauvre race dans un pays de dollars est vraiment le tréfonds de la dureté. Il(le
peuple noir) ressentit le poids de son ignorance non seulement des lettres, mais aussi de la vie, du travail, des
humains.
La nonchalance et la maladresse accumulées au cours des décades et de siècles liaient ses mains. Mais son
fardeau n’était que de pauvreté et d’ignorance.
Le sceau de la bâtardise, que deux siècles de souillures légales systématiques de la femme noire a imprimé sur
la race, sous-entend non seulement la perte de l’ancienne chasteté africaine, mais le poids héréditaire d’une
corruptrice. L’adultère blanc menace presque d’oblitération les foyers noirs.
Bien avant toute chose se le désespoir maladif qui désarmer et décourager toutes les nations de vouloir sauver le
peuple noir. Puis viennent l’irrespect et la moquerie, l’humiliation ridicule et systématique, la déformation des faits
et l’exsurgence licence de fantaisie, la cynique volonté d’ignorer le meilleur et l’accueil impétueux du pire. C’est
alors qu’apparaît le très répandu désir d’inculquer le dédain pour toute chose noire, de Toussaint jusqu’au
démon.
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Un aussi grand préjugé ne pouvait supporter qu’une interrogation de soi-même, une dépréciation de soi ; la
répression et l’atmosphère de haine et de mépris ne pouvaient mener qu’à la disparition, à l’anéantissement tout
idéal.
Portés par quatre vents, nous parviennent murmures et présages : « Regardez ! Nous sommes affaiblis et
mourants », crient les gens noirs.
« Nous savons écrire, et nos votes sont vains ! Pourquoi apprendre si toujours nous devons faire la cuisine et
servir ! »
Et la Nation répète et renforce cette autocritique :
« Soyez heureux de pouvoir servir. Ne demandez rien de plus. Quel besoin de culture pour des demi-
hommes ? »
Les votes des noirs ne comptent point car la fraude et la force priment. Et l’on entrevoit le suicide d’une race.
William Edouard Burghart Du Bois
Ames noires, Présence Africaine, Paris, 1903.
Vocabulaire
Tréfonds : ce qu’il y a de plus profond, de plus secret
Souillures : marques laissées par la saleté, humiliation
Chasteté : pureté, sagesse, vertu
Oblitération : destruction progressive
Cynique volonté : cruelle volonté, impitoyable volonté
Fiche de préparation N°11
Niveau : 12ème Année
Thème : Réveil des consciences
S/thème : Eveil et prise de conscience
Durée : 2 heures
Texte : Le désespoir d’une race
Objectifs : 1-Général : Comprendre l’éveil et prise de conscience
2-Spécifiques : à la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-relever les mots et expressions qui illustrent éveil et prise de conscience ;
-identifier quelques caractéristiques du texte explicatif.
Déroulement de la leçon
I-Motivation :
1-Pourquoi appelle-t-on Samory, Alpha Yaya, Dinah Salifou,…héros ?
(Lutte contre l’envahisseur).
2-Qu’est-ce qui les a poussés à lutter contre l’envahisseur ?
(Prise de conscience de leur exploitation).
II-Passation du texte et vocabulaire
III-Situation du texte
Ce texte est extrait de l’essai « Ames noires », 1903, de [Link] (1868-1963), Présence Africaine, Paris. Il
se présente comme le défenseur de la race noire et fonde le mouvement « Niagara », dirige après Marcus le
mouvement « Come back Africa », fonde l’association pour la défense des personnes de couleur. « Ames
noires » est le premier ouvrage de prise de conscience nègre qui a fait écho dix ans plus tard chez les jeunes
poètes de la négro-renaissance à Harlem.
IV-Questions de compréhension
1-quelle est la forme de ce texte ? (c’est la forme prosaïque : texte écrit en prose ;)
2-Quel est le type de ce texte ? (Texte explicatif)
3- Relevez quelques unes de ces caractéristiques ?
-Progression à thème constant : d’une information à un autre le propos concerne toujours le même thème.
-Présence des liens logiques : marquant le passage de l’information à l’explication (Mais ; bien avant toute
chose ; un aussi grand préjugé).
-Présent de vérité générale : « est dur » ; « est vraiment » ; « l’adultère blanc menace ».
4-Relevez quelques expressions qui montrent le désespoir du peuple noir des Etats-Unis.
(« Etre une pauvre race dans un pays de dollars » ; « Bien avant…le désespoir » ;
« Pourquoi apprendre…la cuisine et servir ! ».
5-Expliquez l’expression : « Etre une pauvre race…de la dureté »
(Le comble du mal est d’être une race démunie dans un pays où tout se règle par l’argent ; où les considérations
économiques priment sur les considérations sociales ; où qui n’a rien n’est rien).
6- quel est le sentiment qui se dégage du texte ?( Sentiment de mépris du noir).
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V-Structure du texte
1ère unité de sens : « Etre pauvre…de tout idéal » : Le désespoir
2ème unité de sens : « Portés par quatre vents…le suicide d’une race » : prise de conscience.
VI-Explication détaillée
Première unité de sens :
Dans cette 1ère partie l’auteur retrace les différents maux, à savoir : la pauvreté, l’ignorance et l’exploitation subis
par la race noire des Etats-Unis bien qu’elle a grandement participé à l’épanouissement de ce pays, où elle est
considérée comme un sous homme, qui n’a pas de dignité, pas droit au travail.
Illustrations
« …être une pauvre race dans un pays de dollars » ;
« …son fardeau n’était pas que de pauvreté et d’ignorance. »
« …d’inculquer le dédain pour toute chose noire… »
Deuxième unité de sens :
L’auteur fouette la conscience de ses compatriotes afin de faire un sursaut de prise de conscience pour leur
affranchissement.
Illustrations
« Regarder ! Nous sommes affaiblis et mourants »
«Pourquoi apprendre si toujours nous devons faire la cuisine et servir ! »
« Les votes des noirs…le suicide d’une race. »
Quelques figures de style
« Pays de dollars » : Périphrase ; « …souillures légales » : Oxymore ; « L’adultère blanc menace » : Métonymie
VI-Synthèse
A travers un constat alarmant, [Link] Bois pousse le peuple noir des Etats-Unis qui est acculé au désespoir à
une prise de conscience.
Perspective
Expliquez ce passage : « La nonchalance…ses mains. »
(Afrique : berceau de science mais colonisée par la science ; manque d’organisation face à l’intrusion coloniale.)
Le retour à la source
Si cette reconnaissance dont nous parlons doit être autre que sporadique ou superficielle, il faut que nous
plongions jusqu’aux racines de notre peuple et bâtir sur notre propre fond.
Ce n’est pas de retourner à l’état sauvage. C’est la culture elle-même alors devenu adulte, vous découvrez avec
la violence d’un choc que vous n’appartenez et ne pouvez pas appartenir à la race blanche. Tout ce que vous
avez appris n’accomplira et ne parviendra à vous ouvrir les cercles fermés des blancs et ne vous donnera pas les
possibilités qui s’offrent aux blancs.
Vous avez beau être moderne, talentueux, cultivé, vous aurez toujours vos qualificatifs de couleur pour
accompagner votre nom. Et au lieu que nous acceptions avec orgueil et courage, ce qualificatif amer et aigris, la
plupart d’entre vous, surtout les sangs mêlés, vous êtes une bande perdue, vous les noirs instruits, ne pourrez
vous retrouver que dans le retour aux profondeurs de votre peuple.
Claude Mackay
Vocabulaire
Sporadique : qui se produit d’une manière irrégulière ;
Aigris : mauvaise humeur, souvent avec des paroles désagréables ;
Sang mêlés : enfants nés de l’union d’un blanc et d’une noire ; métis.
Fiche de préparation°12
Niveau : 12ème Année
Thème : Eveil et prise de conscience
S/thème : Affirmation de l’identité culturelle
Texte : Le retour à la source
Objectifs : 1-Général : Comprendre l’affirmation de l’identité culturelle à travers un texte poétique.
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
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Déroulement de la leçon
I-Situation du texte
Claude Mackay (1860-1947) est né à la Jamaïque d’une famille paysanne. Il fut l’un des plus remarquables
représentants de la négro-renaissance. Il voyagea en Russie, à Londres, à Marseille, à Barcelone. Claude
Mackay n’a jamais cessé son combat pour l’authenticité du nègre.
II-Questions de compréhension
1-Pourquoi l’auteur exige un retour aux sources traditionnelles africaines ?
(C’est le seul moyen de se découvrir culturellement et d’échapper aux préjugés raciaux).
2-Existe –t-il une culture sauvage ?
(Toute culture est la manifestation de la vie d’un peuple par laquelle il vit, il s’exprime).
3-Pourquoi il est difficile pour le nègre de s’intégrer dans la société blanche américaine ?
(A cause des préjugés raciaux, le noir avait du mal à s’intégrer dans la société américaine.
4-Cette égalité de races dont parlent les blancs est-elle une réalité ou une fiction ?
(Dans les années « 60 », c’était une fiction. Mais avec l’élection du noir, les espoirs sont permis.
5-Que représente la culture pour Claude Mackay ?
III-Mouvement du texte
Première partie : « Si cette reconnaissance…s’offrent aux blancs » : retour à la source ;
Deuxième partie : « vous avez beau…de votre peuple » : Eveil et prise de conscience.
IV-Explication détaillée
Dans ce passage, l’auteur s’attaque aux noirs américains qui veulent emprunter la voie de l’assimilation. Ce sont
des noirs qui se nourrissent d’illusions.
Tandis que dans ce dernier paragraphe, Claude Mackay fait appel aux noirs américains à prendre conscience de
leur origine de leur africanité.
V-Synthèse
Ce texte traduit la volonté de l’auteur et toute cette élite de noirs américains d’affirmer leur authenticité, leur
africanité en puisant dans les profondeurs des traditions ancestrales africaines.
Fiche de préparation°13
Niveau : 12ème Année
Leçon : Aperçu sur le procès du colonialisme
Durée : 2heures
Objectifs : 1-Général : Comprendre le procès du colonialisme
2-spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-expliquer les conditions de naissance du procès du colonialisme ;
-retracer le but du procès du colonialisme.
Résumé
La littérature écrite est incontestablement fille de la colonisation. Elle est née de la situation coloniale et de la
réaction contre elle. L’œuvre de René Maran, « Batouala », publiée en 1921, illustre parfaitement cette pensée.
Dans cette œuvre, René Marans décrit avec exactitude les ravages causés par le système colonial en Afrique. Il
a été le premier à s’en prendre violemment au système colonial dans son roman « Batouala »surtout dans sa
préface, il ne pardonne aucunement la colonisation car pour lui : « Tous les malheurs qui s’abattent sur le
continent africain s’explique par le fait que la colonisation est passée par là.»
En 1955 déjà Césaire publiait un vigoureux pamphlet qui démystifiait l’entreprise coloniale, « Discours sur le
colonialisme ». Pour lui le grand drame historique de l’Afrique réside dans la manière dont est opérée sa
rencontre avec l’occident. Et il réfute tous les prétextes affichés au nom d’une mission civilisatrice. « On me parle
de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle
de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions
assassinées… » . Bref, le poète martiniquais soutenait que « colonisation = chosification ».
Parfaitement conscient du rôle de dénonciation de ses romans, Mongo Béti avait d’abord publié sous le nom
d’Eza Boto « Ville cruelle »,1954 qui racontait les malheurs d’un pauvre paysan venu vendre son cacao en ville et
qui malheureusement a été roulé par les fonctionnaires de l’administration coloniale. Puis, il publiera trois romans
contestataires, « Le pauvre Christ de Bomba » ; « Mission terminée », 1957 et « Le roi miraculé », 1958. Ces
romans sont une description de la société coloniale et les conditions faites aux hommes de la colonie dans cette
société sans âme dominée par le système de domination-exploitation.
Les romans de Ferdinand Oyono, quant à eux, « Le vieux nègre et la médaille » ; « Une vie de boy », 1956 et
« Chemin d’Europe », 1960 passent par l’ironie et la caricature pour dénoncer les injustices du système colonial.
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C’est ainsi qu’Alioune Dop affirmait en1956 que la colonisation, « c’est la plus gigantesque entreprise intéressant
la vie de plusieurs centaines de millions d’êtres réduits à la sous-alimentation, à l’ignorance, à l’impuissance
culturelle, au désarroi spirituel. »
Quant à Sembène Ousmane, il part dans les « Bouts de bois de Dieu », 1960, d’une situation vécue, la grève des
cheminots de Dakar-Niger, pour dénoncer un certain nombre de maux liés à l’administration coloniale : le
racisme, la corruption, la brutalité, l’injustice, la spoliation, les humiliations, les sévices corporels, etc.
C’est pourquoi le procès du colonialisme devait nécessairement aboutir à la révolte.
Ce difficile parcours atteignit son paroxysme avec l’avènement des indépendances en Afrique.
Colonisation et civilisation
Puisque aujourd’hui il m’est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge
principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.
La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective,
habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte.
Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre
clair, à l’innocente question initiale : qu’est-ce en son principe que la colonisation ? De convenir de ce qu’elle
n’est point ; ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de
la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension de droit ; d’admettre une fois pour toutes, sans
volonté de broncher aux conséquences, que le geste décisif est ici l’aventurier et du pirate de l’épicier en grand et
de l’armateur, du chercheur d’or et du marchand, de l’appétit et de la force, avec derrière, l’ombre portée,
maléfique, d’une forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne,
d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes.
Poursuivant mon analyse, je trouve que l’hypocrisie est de date récente ; que ni Cortez découvrant Mexico du
haut du grand Teocalli, ni Pizzare devant Cuzco( encore moins Marco polo devant Camba Luc), ne protestent
d’être les fourriers d’un ordre supérieur ; que les baveurs sont venus plus tard ; que le grand responsable dans ce
domaine est le pédantisme chrétien, pour avoir posé les équations malhonnêtes : christianisme = civilisation ;
paganisme =sauvagerie, d’où ne pouvaient que s’en suivre d’abominables conséquences colonialistes et
racistes, dont les victimes devaient être les indiens, les jaunes, les nègres.
Cela réglé, j’admets que mettre les civilisations différentes en contact les une avec les autres est bien ; que
marier des modes différents est excellent ; qu’une civilisation, quel que soit son génie intime, à se replier sur elle-
même, s’étiole ; que l’échange est ici l’oxygène, et que la grande chance de l’Europe est d’avoir été un carrefour,
et que, d’avoir été le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les philosophies, le lieu
d’accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur redistribuer d’énergie.
Mais alors, je pos la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ? Ou si l’on préfère, de
toutes les manières d’établir le contact, était-elle la meilleure ?
Je réponds non.
Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales
accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne
saurait réussir une valeur humaine.
Aimé Césaire
Discours sur le colonialisme, Présence Africaine, 1955.
Vocabulaire
Prolifèrent : multiplièrent, apparaissent
Odieuses solutions : haïssables solutions ;
Entreprises philanthropiques : entreprises humanitaires ;
Baveurs : calomniateurs ;
Abominables conséquences : horribles conséquences ;
Réceptacle : lieu où se rassemblent des personnes, des choses de provenances diverses ;
S’étiole : s’affaiblit, dépérit.
Fiche de préparationN°14
Niveau : 12èmeAnnée
Thème : le procès du colonialisme
S/thème : Le procès social
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Texte : Colonisation et civilisation
Objectifs : 1-Général : Comprendre le procès du colonialisme à travers un texte argumentatif.
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
Déroulement de la leçon
I-Situation du texte : Ce texte est tiré de « Discours sur le colonialisme », 1955, Présence Africaine, d’Aimé
Césaire est à la Martinique en1913 et est mort en 2008. Etudiant à Paris, il se lie amitié avec Léopold Sédar
Senghor. Ici, il milite au sein du groupe de « L’étudiant noir », première expression du mouvement de la
négritude.
Au retour dans son pays, Césaire va mener un combat aussi contre la Métropole que contre l’irresponsabilité de
ses compatriotes face à la situation particulière des Antilles où « croupit » son peuple avili par plusieurs siècles
de colonisation.
Dans ce passage, Césaire dénonce quelques méfaits de ce (aventuriers, pirates, chercheurs d’or, marchands,
etc.) il est convaincu que la colonisation est totalement opposée à la civilisation.
II-Compréhension du texte
A-Explication détaillée
1-« Puisque aujourd’hui…civilisation » : le 1er mensonge qui a donné naissance à tous les autres est de dire que
la colonisation est égale à la civilisation.
2-La malédiction…que la colonisation ? » : Les partisans de la colonisation font semblant être bon et utilise tous
les moyens pour justifier leurs actes.
3-« De convenir…les nègres » : les colons se servent de la religion pour imposer leur suprématie car ils
considèrent que le christianisme est synonyme de bonnes manières et que toute autre forme de civilisation n’a
pas de valeur.
4- « Cela réglé…est excellent » : l’auteur considère qu’il n’y a rien de mauvais dans le mariage des cultures.
5-« …qu’une civilisation…s’étiole » : cependant aucune civilisation ne peut valoriser si elle ne connait pas le
contact d’autres civilisations.
6-« Mais alors…valeur humaine » : enfin, Césaire se demande si la colonisation est = brutalité, humiliation,
exploitation, etc ; a été une bonne manière de tisser de bons rapports entre les peuples. Il suppose que rien de
bon ne peut sortir de la colonisation.
Structure du texte
Première unité de sens : « Puisque …tous les autres » : le problème posé entre la colonisation et civilisation.
Deuxième unité de sens : « Colonisation…d’énergie » : colonisation et civilisation
Troisième unité de sens : « Mais alors…valeur humaine » : colonisation = système humain.
III-Synthèse : pour Césaire, la colonisation a été radicalement mauvaise parce qu’ayant établi des équations
malhonnêtes pour légitimer les exactions dont ont été victimes les noirs. Il démontre aussi une incompatibilité
totale entre colonisation et civilisation.
Nos souffrances n’ont rien d’imaginaire
Il demeure cependant que nos souffrances n’ont rien d’imaginaire. Pendant des siècles, l’évènement dominant de
notre histoire a été la traite des esclaves. C’est le premier lien entre nous, congressistes qui justifie notre réunion
ici. Noirs des Etats-Unis, des Antilles et du continent africain, quelle que soit la distance qui sépare parfois nos
univers spirituels, nous avons ceci d’incontestablement commun que nous descendons des mêmes ancêtres. La
couleur de la peau n’est qu’un accident ; cette couleur n’en est pas moins responsable d’évènements et
d’œuvres, d’institutions, de lois éthiques qui ont marqué de façon indélébile l’histoire de nos rapports avec
l’homme blanc. (…)
Il est certain que l’esclavage n’a pas été et ne peut avoir été ressenti par les divers peuples noirs de la même
façon. Les uns et les autres cependant en ont souffert cruellement ; Les survivants ont pendant des générations
nourries de leur sueur le bien-être du monde blanc d’Outre-Atlantique.
La terre africaine, de son côté a subi et continue de subir les conséquences de ces cruelles déportations.
L’esclavage est une des composantes décisives du triste destin de nos peuples. Il n’est pas le seul.
Le racisme en était la conséquence la plus immédiate. Ne fallait-il pas que la notion de barbarie vînt justifier
l’exploitation de l’homme noir et même transformer celle-ci en une « mission civilisatrice » ?
La colonisation est cette vaste entreprise commencée depuis des siècles et progressivement et rationnellement
perfectionnée, au point d’en arriver à menacer du plus grave péril à la vie et à la santé des peuples, leur culture
et leur foi, et jusqu’à leur équilibre biopsychique. D’une telle expérience l’histoire ne révèle pas d’autres
exemples. C’est la plus gigantesque entreprise intéressant la vie de plusieurs centaines de millions d’êtres,
réduits à la sous-alimentation, à l’ignorance, à l’impuissance culturelle, au désarroi spirituel. C’est pour ainsi dire
une entreprise d’extermination au moins morale, savamment progressive, de plusieurs peuples, au profit d’une
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Europe dont les peuples ne se sont pas toujours doutés de l’origine de cette puissance et de ce prestige dont ils
sont fiers.
Alioune Diop, discours d’ouverture au 1er congrès international des écrivains et artistes noirs, Présence
Africaine, 1956.
Vocabulaire
Lois éthiques : relative à la morale ;
Biopsychique : physique et mental ;
Désarroi spirituel : trouble moral profond ; angoisse, détresse.
Fiche de préparation°15
Niveau : 12èmeAnnée
Thème : le procès du colonialisme
S/thème : le procès culturel
Texte : Nos souffrances n’ont d’imaginaire
Objectifs : 1-Général : comprendre le procès culturel à travers un texte argumentatif.
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-relever le champ lexical de souffrance ;
-définir le procès culture
Déroulement de la leçon
I-Motivation
II-Situation du texte
Ce texte est extrait de la «Revue Présence Africaine », 1956, de Alioune Dop. L’auteur est né en 1910 au
Sénégal. Il fut un fervent combattant de la négritude.
Cet extrait montre non seulement que l’exploitation justifiée par le racisme « est une des composantes décisives
du triste destin » des peuples noirs, mais encore il confirme l’identité de nature entre l’esclavage et la
colonisation.
III-Questions de compréhension
1-De quel lien parle l’auteur ? (La traite des noirs).
2-De qui s’adresse-t-il ? (Aux congressistes).
3- Qui sont ces congressistes ? (Noirs des Etats-Unis, des Antilles et du continent africain).
4-Qu’est-ce que ces congressistes ont-ils en commun ? (Les ancêtres).
5-Relevez deux passages du texte qui justifient le titre.
(La traite des esclaves ; la colonisation)
6-Relevez également les mots et expressions se rapportant à la culture.
« Histoire ; la couleur de la peau ; foi).
7-Quelle définition proposeriez-vous à l’expression « procès culturel » ?
( c’est le démenti porté contre ceux qui ont voulu faire croire que l’Afrique était sans histoire ; que la pigmentation
du nègre signifiait qu’il était un animal ; que les croyances au mythe justifiait la méconnaissance de Dieu
suprême).
IV-Structure du texte
Première unité de sens : « Pendant des siècles…la vie culturelle » : L’esclavage
Deuxième unité de sens : « La colonisation…ils sont fiers » : la colonisation
V-Explication détaillée
Première unité de sens
Dans cette 1ère partie, l’auteur nous informe que l’esclavage a été l’évènement dominant du continent africain.
Quelle que soit notre origine, nous descendons d’un même ancêtre. Et c’est ce continent qui a subi les méfaits de
ce fléau, qui est la déportation massive des noirs vers les horizons différents. Elle est responsable de la
déficience démographique en Afrique.
Illustrations
« Pendant des siècles…des esclaves » ; « Quelle que soit…des mêmes ancêtres » ;
« La terre…cruelles déportations » ; « …le 1er responsable…la traite des esclaves ».
Deuxième unité de sens
Tandis que dans ce dernier passage, il soutient que la colonisation a été un fléau qui a participé à la souffrance
de l’Afrique. C’est aussi un système qui a réduit le noir à la servitude, à l’ignorance, à la sous-alimentation, à
l’impuissance culturelle et qui a conduit à l’extermination des peuples de tout un continent.
Illustrations
« La colonisation…biopsychique » ; « C’est la…désarroi spirituel » ;
« …une entreprise…de plusieurs peuples »
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Quelques figures de style
1-« La terre africaine, de son côté a subi… » : La métonymie, le contenu pour le contenant= désignation imagée
et personnification ;
« La terre africaine » : périphrase, attirant l’attention sur la qualité ;
VI-Synthèse
Quelle que soit la diversité de leurs univers spirituels, les noirs ont la même origine et leur misère provient de
l’esclavage et de la colonisation.
Perspectives
-quel lien peut-il exister entre démographie et culture ?
(La prospérité culturelle dépend de la démographie : la baisse de cette dernière entraine celle de la créativité).
-Pourquoi l’auteur dit-il que la colonisation est progressivement et rationnellement perfectionnée ?
(Progressivement = par étapes ; rationnellement = scientifiquement ; perfectionnée = non perceptible par tous).
La vente du cacao
Le contrôleur s’était mis à sélectionner les fèves, une à une, sans arrêt, avec application ; son couteau lançait de
menus éclairs. Il avait le visage fermé, l’œil rétréci. Banda, de plus en plus nerveux, s’accroupit, plaça le sac
béant à l’endroit de l’ouverture pour récupérer les fèves. Il ne se releva pas : il attendait, tenant à deux mains son
sac par les bords. Au-dessus de sa tête les craquements secs lui indiquaient que le contrôleur n’avait pas
terminé.
En un tour de main, les costauds du contrôleur s’étaient emparés des cinq charges de cacao qu’ils emmenaient
vers le monceau de fèves d’où partait la fumée. Que venait de dire le contrôleur ?
-Mauvais, ce cacao…très mauvais. Au feu !...
Banda frémit de colère. Ses yeux s’embuèrent de larmes.
-Non, rugit-il, ce n’est pas vrai ! Mon cacao est bon !
Il bondit après les costauds du contrôleur. On aurait dit que les gardes régionaux n’attendaient que ce geste. Ils
se ruèrent sur lui. Il y eut une mêlée confuse, rapide. On vit des poings, des matraques s’élever et s’abattre. Le
corps gigantesque d’un garde roula par terre. Les cinq femmes qui avaient accompagné Banda s’interposèrent
courageusement.
Pendant que les gardes régionaux le conduisaient au commissariat de police, il éprouvait un profond, très
profond sentiment de frustration ; cette impression non plus n’était pas nouvelle dans sa vie. A maintes
circonstances déjà, il lui avait semblé éprouver cette même chose : seulement, à cet instant elle prenait une
forme suraiguë. Elle s’accompagnait aujourd’hui, comme avant, de cette autre impression, elle aussi rendue
aiguë par les circonstances, que la sécurité s’était retirée à jamais de la grande forêt.
Il crut avoir touché du doigt le fond de la cruauté humaine, ne se doutant pas qu’elle fût insondable.
Mongo Béti
Ville cruelle, Editions Africaines, 1954.
Vocabulaire
Fèves : graines de cacaoyer
Visage fermé : fâché, maussade
Béant : grandement ouvert
Monceau : amas, tas
Aiguë : vive, violente
Insondable : incompréhensible
Fiche de préparation N°16
Niveau : 12ème Année
Thème : le procès du colonialisme
S/thème : le procès économique
Texte : La vente du cacao
Objectifs : 1-Général : Comprendre le procès économique à travers narratif.
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-identifier les personnages ;
-définir le procès économique ;
-structurer le texte ;
Déroulement de la leçon
I-Motivation :
1-Citez quelques produits agricoles d’exportation. (Café, cacao, hévéa, ananas, banane,…).
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2-De quel secteur de développement relève ces produits ? (Secteur économique).
Notre leçon d’aujourd’hui porte donc sur le procès économique.
II-Passation et vocabulaire
III-Situation du texte
Ce texte est extrait de « Ville cruelle », Editions Africaines, 1954, de Mongo Béti. De son vrai nom Alexandre
Biyidi Awala, l’auteur aussi appelé Eza Boto, M’bu Ewondo, est né à M’balmayo du sud Cameroun et mort en
2001.
IV-Questions de compréhension
1-Qui sont les personnages ?
Contrôleur
Costauds du contrôleur Administration coloniale
Gardes régionaux
Banda Indigènes
Femmes
2-Que fait le contrôleur ? (Il sélectionne les fèves avec soin).
2- Comment le contrôleur est présenté par le narrateur ? (Fâché, maussade).
3-Comment jugez-vous cette attitude du contrôleur ?
(Attitude d’intimidation préméditant une usurpation).
4-Quelle était l’attitude de Banda pendant le contrôle ? (Agité, impatient).
5-montrez l’arbitraire et les abus dans la vente du cacao.
« Les costauds…du cacao » ; « Mauvais ce cacao…très mauvais. Au feu !...
« Ils se ruèrent sur lui. »
6-Qu’entendez-vous donc par procès économique ?
(C’est la critique systématique contre l’exploitation illicite, la fraude éhontée et la spoliation des richesses
naturelles).
V-Mouvement du texte
1ère unité de sens : « Le contrôleur…pas terminée » : La sélection des fèves
2ème unité de sens : « En un tour…la grande forêt » : Usurpation du cacao
3ème unité de sens : « Il crut avoir…qu’elle fut insondable » : Méditation de Banda
VI-Explication détaillée
1ère unité de sens
Banda suit le contrôleur qui fait la sélection des graines minutieusement, mais encore avec un visage fâché. Au
fur et à mesure que le contrôle s’effectue, Banda devient de plus en plus énervé.
Illustrations
« Le contrôleur…le visage fermé. » ; « …Banda de plus en plus nerveux » ;
« …les craquements secs…n’avait pas terminé ; »
2ème unité de sens
Ce passage nous montre l’usurpation du cacao de Banda par la complicité de l’administration coloniale. Sa
réaction ne se fera attendre. Banda sera battu, arrêté et conduit au commissariat de police. Pour dire que
pendant la colonisation les noirs étaient exploités et expropriés de leurs richesses.
Illustrations
« …les costauds…partait la fumée » ; « Ils se ruèrent sur lui. » ; « Les gardes…au commissariat de police. »
3ème unité de sens
Cette dernière partie nous présente la méditation de Banda suite au drame qu’il a vécu. Cette impression est
basée sur la méchanceté de l’homme et à point l’homme peut être cruel pour son semblable.
VII-Synthèse
Dans ce texte, l’auteur dénonce avec âpreté l’exploitation illicite des richesses économiques des pays colonisés
par les fonctionnaires européens avec leurs auxiliaires indigènes.
Perspective
-Quelle est la progression dramatique de la scène ?
(Le contrôle des fèves ; le rejet des fèves ; la réaction de Banda ; le moletage de Banda ; l’arrestation de Banda).
Fiche de préparation°17
Niveau : 12ème Année
Chapitre II- Littérature française du XIXème siècle
Objectifs : 1-Général : Connaître la littérature française du 19èmesiècle
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-énumérer les différents faits ayant marqués le 19ème siècle ;
-distinguer les différents courants littéraires.
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Introduction générale
La France du 19ème siècle connaît une activité intense, suite aux bouleversements engendrés par la révolution.
D’un régime à l’autre, la question de la légitimité et des moyens du pouvoir se pose à la nation, sur le chemin
difficile qui mène à la démocratie.
Ainsi de 1800 à 1940, la France a connu plus de sept(7) régimes politiques :
Le consulat (1799-1804) ; premier Empire (1804-1814) ; la Restauration (1815-1830) ; la Monarchie de juillet
(1830-1848) ; la Seconde République (1848 -1851) ; le Second Empire (1852-1870) ; la troisième République
(1870 -1940).
C’est dire que le 19ème siècle apparaît dans l’histoire de la France comme une période d’extrême instabilité. Tous
ces faits se traduisent par le résultat d’un ensemble de bouleversements profonds, générateurs de crises, de
révolutions et de coups d’Etat sur le plan politique qui remodèlent la société française.
Ce siècle occupe une place centrale dans l’évolution, le développement de la pensée et les mouvements
littéraires en France.
Poursuivant et modifiant des tendances héritées de la fin du 18ème siècle, il a engendré un grand nombre de
mouvements, d’écoles ou de courants littéraires (le romantisme au réalisme, du naturalisme au symbolisme), qui
le marquent à travers les faits suivants :
-Le goût pour l’ancien et la genèse du romantisme (1780-1820) ;
-Le mouvement romantique (1820-1850).
-L’éclosion des mouvements réalistes et naturalistes (1830-1850) ;
-Le développement de l’idéologie bourgeoise de la sécession des artistes (1850-1880) ;
-La crise des valeurs morales et littéraires (1870-1914).
Quant aux tendances générales, elles se définissent sur quatre plans principaux qui sont :
-L’extension massive de l’instruction par la création des lycées par l’Empire ;
-L’apparition d’un nouveau public et de nouveaux moyens de diffusion par le colportage dans les campagnes des
cabinets de lectures, dans les villes, la tradition orale et la lecture publique ;
-La modification du statut de l’écrivain sur la disparition du mécénat et la reconnaissance du droit d’auteur ;
Le 19ème siècle est marqué enfin par des contradictions qui s’affrontent parfois dans la conscience d’un même
individu. On y a le sentiment de vivre une époque de bouleversements sociaux, riches d’espoir en progrès
collectif.
Ce siècle est traversé par trois grands courants littéraires : le romantisme, le réalisme et le symbolisme. Ils ont
donné naissance à trois écoles, à trois conceptions de l’art mais chacun d’eux correspond à une vue originale sur
l’homme dans le monde. Il est difficile de dire à quelles dates sont nés ces courants.
Approximativement ils se succédés, le romantisme triomphant sous la Restauration et la Monarchie de juillet ; le
réalisme sous le Second Empire et le symbolisme sous la troisième République.
Fiche de préparation°18
Niveau : 12ème Année
Thème : Individu et société dans la première moitié du 19ème siècle
S/thème : Le romantisme
Objectifs : 1- Général : Connaître le romantisme
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-définir le romantisme ;
-caractériser le romantisme ;
-citer quelques auteurs.
Aperçu
Le romantisme est le nom donné au mouvement confus et général de rénovation qui se manifeste en littérature
dans la première moitié du 19ème siècle. Il résulte d’influences diverses : françaises et étrangères.
En France, le mouvement romantique est tardif. En germe dans le Rousseauisme, il a été engendré au début du
19ème siècle dans les œuvres de Mme de Staël « De l’Allemagne » et de Chateaubriand « Génie du
Christianisme ».
Ce n’est qu’entre 1820 et 1830 que paraissent les premières œuvres romantiques françaises « Les méditations
poétiques » de Lamartine.
A l’origine, le mot romantique est utilisé dans le sens romanesque. Aujourd’hui, c’est un mot que tout le monde
prononce sans que peut être deux personnes y attachent la même signification. IL semble désigner une réalité
par les aspects les plus contradictoires.
Le romantisme est caractérisé par son originalité nationale et d’autre part des par des contradictions. Ces
contradictions au sein de chaque littérature romantique sont plus frappantes que la diversité selon les nations.
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Chaque auteur, au lieu de sacrifier au jugement commun, c’est-à-dire à la raison, s’abandonne librement à ce
qu’il y a en lui de plu original, de plus intime : son « moi », son imagination, sa sensibilité.
Le poète chantera donc avant tout ses passions, et en particulier son ennui, sa mélancolie, qui est « le mal du
siècle ». Il chantera aussi ses croyances religieuses ou ses inquiétudes philosophiques, décrira ses paysages
préférés et unira la nature à son âme.
L’individualisme est donc la marque essentielle de la littérature romantique.
« Demain, dès l’aube… »
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
3 septembre 1847.
Les contemplations, IV, 14.
Victor Hugo (1802-1885)
I-Vie et œuvres
Victor Hugo est né en 1802 à Besançon. Après sa vie d’enfance douloureuse, il participe à des concours
poétiques auxquels il se fera connaître et fréquentera le milieu d’hommes de lettres tels Chateaubriand, Alfred De
Vigny, Alexandre Dumas, Gautier, Nerval et Musset.
Sous la Monarchie de juillet, Hugo accède en 1841 à l’Académie française après cinq ans de dictature
infructueuse.
Elu député puis menacé d’arrestation le 2 décembre 1848, Victor Hugo s’exile à Bruxelles puis Jersey. De retour
à Paris en 1870, il consacre le reste de sa vie à la mise en ordre de ses manuscrits et peu de temps il meurt le 22
mai 1885.
Principales œuvres
Cromwell, 1827, théâtre
Le dernier jour d’un condamné, 1829, roman
Hernani, 1830, théâtre
Les Châtiments, 1853, poésie
Les contemplations, 1856, poésie
Les misérables, 1826, roman l’homme qui rit, 1869, roman
II-Résumé de l’œuvre : Les contemplations
Ce recueil de poème retrace de façon générale la vie de Victor Hugo de 1830-1857. Deux évènements
importants dominent cette période.
-l’exil de l’auteur en Angleterre
-La mort de sa fille Léopoldine noyée dans les eaux de la Seine en compagnie de son époux Charles Vacquerie.
Comme les châtiments, les contemplations sont le fruit de cette seconde épreuve postérieure à la mort de sa fille
et de l’exil. Après la tentation, il trouve les ressources nécessaires pour expliquer la douleur du 19 ème siècle. C’est
aussi que l’œuvre est le miroir d’une âme et la trace d’un rêve et celui d’une religion qui donnerait un essor à la
démocratie et au progrès.
III-Commentaire composé du poème
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Ce poème, « Demain, dès l’aube… », est tiré de l’œuvre « Les contemplations », publiée en 1856 sous la plume
du poète romancier Victor Hugo.
Il s’articule de façon générale autour des thèmes ou centres d’intérêt :
o Le voyage
o L’obsession
o L’hommage
Considéré comme première caractéristique du poème, le voyage ou l’itinéraire que l’auteur se propose de faire
est marqué par l’urgence et l’imminence à travers ce passage :
« Demain, dès l’aube… », la détermination : « Je partirai, j’irai, j’arriverai,… » et le dynamisme qui correspond à
la projection mentale (fiction) (comme Harfleur au vers9).
Le deuxième thème qui est celui de l’obsession à l’amour de Léopoldine est directement évoqué aux vers 2 et 4
par le pronom personnel (tu/toi). Cette obsession exerce sur le poète pèlerin une sorte d’aimantation qui assure
la cohérence de tout le texte et peut se traduire pour la réduction du narrateur à la simple dimension pronominale
(je).
Le repli de cette conscience en marche sur soi-même dans l’oubli des réalités de l’espace : « la forêt, la
montagne, les voiles, comme celle du temps (vers 8 et vers 9).
Le troisième thème qui révèle l’hommage authentique montre que l’auteur est sans doute marqué par le voyage
fictif ou mental qui trouve son rythme et sa substance dans une efficacité parfaite (vers 12).
En somme, ce poème de Victor Hugo évoque avec certitude l’expression de la douleur et la mélancolie qui a
caractérisé la société française du 19ème siècle.
Thèmes : Le réalisme et le naturalisme
I- Le réalisme
a)-Définition : le mot réalisme est en soi une doctrine née vers 1801 et vient du radical réel, dérivé du latin
médiéval réalis, lui-même dérivé du mot réel. A partir de 1833, le réalisme désigne une conception de l’art, de la
littérature selon laquelle l’artiste ne doit pas chercher à idéaliser ou à donner une image incomplète au réel.
Ce courant littéraire se développe de 1850 – 1900 et se donne pour objectif la description minutieuse et objective
de la réalité. Pour l’écrivain réaliste, le rejet du « moi » permet de faire face à l’objectivité les phénomènes qui
l’entoure car il met le peuple dans la ferveur de la réalité objective. Si l’idéalisme est une morale destinée à
mettre le peuple dans l’acceptation aveugle, le réalisme par contre est destiné à mettre le peuple dans la
connaissance des phénomènes réels.
b)-Conception d’évolution du réalisme : elle est étroitement liée à l’évolution de l’histoire, de la sociologie et des
idéologies de la seconde moitié du 19 ème siècle. En tenant compte de son contenu, le réalisme évolue sur trois
exigences :
1-Le refus du « moi » : contre le romantisme : c’est le refus de cultiver complaisamment le « moi », de gémir sur
les tourments de son âme. L’écrivain n’a pas à se raconter soi-même mais il doit rester impassible devant la
réalité qu’il traduit.
2-Ecrire pour le peuple : Issus pour la plupart des milieux peu favorisés, les réalistes sont volontiers
démocratiques. Se sentant investis d’une mission éducative, ils se fixent conséquemment un but, une méthode et
des idéaux à travers lesquels ils jugent possible d’atteindre le peuple.
3-Etude objective : Les réalistes soutiennent qu’il faut rendre compte non de ce qui est, mais de ce qu’on voit ;
d’où la reproduction la plus fidèle possible de la réalité ; C’est dire que l’art réaliste doit être scientifiquement
exact.
En 1850, des idées revendicatrices des écrivains comme Flaubert, Stendhal et Balzac, etc.…constitueront le
contenu d’une école. L’observation du réel, la recherche de la vérité à partir d’une étude expérimentale
déterminent les points essentiels de ce mouvement.
Ces théoriciens littéraires révèlent bien la mentalité d’une époque caractérisée par des œuvres et idées.
Ainsi, Guy de Maupassant affirme dans la préface de « Pierre et Jean » : « Le réaliste, s’il est artiste, cherche
non pas à montrer la photocopie banale de la vie, mais à nous donner la vision la plus complète, plus saisissante,
plus profonde que la réalité lui-même. »
II-Le naturalisme
Le naturalisme est une doctrine philosophique du 19 ème siècle qui a pour objectif l’étude systématique de la
nature. L’idée que font les intellectuels naturalistes a considérablement évolué au fil du temps.
Pour les naturalistes, la nature apparaît comme ce qu’il y a de parfait.
En effet, il y a une différence entre l’homme des villes et celui de la nature qui, apparaît moins corrompu que celui
de villes. Il convient de dire qu’à cette époque la nature possédait des mystères de Dieu. Des écrivains, en
particulier les prêtres avaient tous été éblouis par la splendeur de la nature par l’immensité des paysages
sauvages.
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Le mot naturalisme a eu d’abord un sens philosophique, et désignait d’une manière générale une doctrine qui fait
de la nature un principe premier t qui nie l’existence du surnaturel.
En 1867, le naturalisme devient par la suite un mouvement littéraire animé par Emile Zola et s’inscrivant dans le
prolongement du réalisme. C’est un mouvement de la fin du Second Empire, né de l’influence des sciences de la
médecine expérimentale.
Les écrivains naturalistes ont les réalistes le désir de représenter intégralement la vie, mais sont par principe
étrangers au sentiment de l’art.
S’inspirant des recherches de Darwin sur le milieu naturel, Zola se persuade que le corps social est régi lui aussi
par des lois de « la sélection naturelle » et de « la lutte pour la vie ».
Son ouvrage théorique, le roman expérimental (1880), applique à la littérature la méthode mise au point pour les
sciences par Claude Bernard(observer, induire, vérifier), selon une vision matérialiste.
De toutes les œuvres de Zola, nous pouvons retenir les « Rougon-Macquart », ensemble de vingt romans
constituant l’ « histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire ». L’œuvre offre à Zola l’occasion
de faire la peinture de la société française du 19ème siècle.
C’est dire que les naturalistes tendent à introduire en tout et à faire prévaloir en tout les procédés et les résultats
de la science.
Pour Zola, le romancier n’est pas là pour faire œuvre de moraliste et de juger ses personnages, mais montrer
quel déterminisme s’exerce dans les comportements individuels et sociaux.
Enfin, le naturalisme est une école littéraire du 19 ème siècle par application à l’art des méthodes de la science,
vise à reproduire la réalité avec une objectivité parfaite et dans les aspects même les plus vulgaires. C’est une
imitation exacte de la nature s’opposant à l’idéalisme, au symbolisme.
Contre la peine de mort
On est tenté parfois de croire que les défenseurs de la peine de mort n’ont pas bien réfléchi à ce que c’est. Mais
pesez donc un peu à la balance de quelque crime que soit ce droit exorbitant que la société s’arroge d’ôter ce
qu’elle n’a pas donné ;
Cette peine, la plus irréparable des peines irréparables.
De deux choses l’une :
Ou l’homme que vous frappez est sans famille, sans parents, sans adhérents dans ce monde. Et dans ce cas, il
n’a pas reçu ni éducation, ni instruction, ni soins pour son esprit, ni soins pour son cœur, et alors de quel droit
tuez-vous ce misérable orphelin ? Vous le punissez à forfait l’isolement où vous l’avez laissé ! De son malheur
vous faites son crime : personne ne lui a appris à savoir ce qu’il faisait. Cet homme ignore. Sa faute est à sa
destinée, non à lui. Vous frappez un innocent.
Ou cet homme a une famille : Et vous alors croyez-vous que le coup dont vous l’égorgé ne blesse que lui seul ?
Que son père, sa mère, que ses enfants n’en saignent pas. Non.
En le tuant, vous décapitez toute sa famille. Et ici encore vous frappez des innocents.
Gauche et aveugle pénalité, qui, de quelque côté qu’elle se trouve, frappe l’innocent !
Victor HUGO, Préface du dernier jour d’un condamné, 1802.
Vocabulaire
Exorbitant : excessif, abusif, exagéré
S’arroger : s’attribuer le droit
Adhérents : membres ou personnes de famille
Sans tuteur : sans soutien
Imputer à forfait : lui attribuer comme un crime
Gauche : maladroit, dépourvu de grâce
Fiche de préparation N°19
Niveau : 12ème Année
Thème : Individu et société dans la 1ère moitié du 19ème siècle
S/thème : Critique du système
Objectifs : 1-Général : Comprendre la critique du système
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-caractériser le réalisme ;
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-dégager le but poursuivi par l’auteur
Déroulement de la leçon
I-situation du texte : ce texte est tiré de l’ouvrage « Préface du dernier condamné », publié en 1829, de Victor
HUGO. L’auteur, fils d’un Bonapartiste et d’une Royaliste. La mésentente du couple le partage avec ses deux
frères, entre l’admiration pour leur père, général d’Empire et l’amour de leur mère, qui leur donne une éducation
libre et studieuse ;
Dans l’extrait qui suit, Victor HUGO tente d’exprimer la haine contre la peine de mort.
II-Questions de compréhension
1-Quelle est la forme de texte ? (Ce texte est en prose).
2-De quoi parle-t-on ? (L’auteur parle de la cruauté de la peine mort.
3-« On est tenté…que c’est »
Quelle critique l’auteur adresse-t-il aux partisans de la peine de mort ?
(Il traite leur acte d’irréfléchi).
4- Comment et pourquoi Victor HUGO insiste-t-il sur le caractère de la peine de mort ?
(Il insiste par la répétition. Parce que c’est la sanction extrême) ;
5-« Mais pesez donc un peu…peines irréparables »
A qui l’auteur s’adresse-t-il ? Pourquoi ?
(Au lecteur. Au peuple, pour condamner la peine de mort).
6-Qu’est-ce qui rée un déséquilibre entre les deux plateaux ?
(Oter ce qu’elle n’a pas donné).
7-« De deux choses l’une »
Qu’est-ce que cette formule désigne en général ?
(Un dilemme, un choix entre deux solutions)
Dégagez l’idée générale : (La cruauté de la peine de mort).
Le mouvement du texte
Première unité de sens : « On est tenté… peines irréparables » : Peine irréfléchie
Deuxième unité de sens : « De deux choses…des innocents » : victime innocente
Troisième unité de sens : « Gauche et aveugle…l’innocent » : Aveugle pénalité
III-Explication détaillée
Première unité de sens : ce passage exprime que les défenseurs de la peine de mort n’ont pas bien nourri leur
décision, surtout quand la société se fait le droit d’ôter la vie d’un individu ; alors qu’elle n’a pas le droit.
Illustrations
« …les défenseurs…n’ont pas réfléchi »
« …la société s’arroge d’ôter ce qu’elle n’a pas donné. »
Deuxième unité de sens
Dans ce deuxième passage, l’auteur accuse les institutions de l’Etat qui n’ont pas pris de disposition pour la
formation de l’individu. S’il était bien encadré, il pouvait éviter la prison.
Que cet individu ait une famille ou pas, on sanctionne une victime innocente ;
Illustrations
« …l’homme que vous frappez…sans adhérents »
« …il n’a pas reçu ni éducation, ni instruction, ni soins pour son cœur. »
« …personne ne lui a appris à savoir ce qu’il faisait. »
« …En le tuant… vous frappez des innocents. »
Troisième unité de sens
En dernier ressort, l’auteur condamne foncièrement la peine de mort. Quelque soit le motif, on frappe toujours un
innocent.
Illustrations
« Gauche et aveugle…frappe l’innocent. »
Synthèse : Dans ce texte, Victor HUGO dénonce le caractère de la peine de mort et considère que c’est un acte
irréfléchi. Il dresse un sévère réquisitoire contre son application.
Thèmes : Le parnasse et le symbolisme
I- Le parnasse
Le mouvement tient son nom de la revue le Parnasse contemporain, en référence à la montagne de Grèce où,
dans la mythologie, au dieu des arts, Apollon et les muses.
Le conte de Liste, Sully Prudhomme, Heredia et les autres parnassiens se proposaient de réagir contre le lyrisme
romantique auquel ils reprochaient d’étaler indiscrètement des confidences intimes et de sacrifier le souci de la
perfection artistique au bénéfice d’une expression spontanée-harmonieuse, sans doute, mais molle et sans
rigueur, et souvent de forme négligée.
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Ils se tourneront vers la science pour lui demander des sujets impersonnels, soit d’ordre philosophique ou
historique, soit d’ordre descriptif, et ils s’efforcèrent de mettre au service de leurs idées une technique
impeccable.
Ainsi, la déception causée par les malentendus de la révolution de 1848 amène des poètes à se détourner de
l’action politique immédiate.
Rompant avec la conception romantique du poète censé guider le peuple, l’école parnassienne se tourne vers le
culte de la forme et « l’art pour l’art ».
A la fin du siècle, le symbolisme, mouvement plus diffus qui déborde le seul cadre de la poésie, reprend en partie
ces principes, leur donne une dimension métaphysique et réalise une révolution du langage littéraire.
Principes
Malgré leurs différences, ces formalistes se retrouvent sur quelques principes qui construisent une machine de
guerre contre le romantisme :
-Le culte de l’impersonnalité, pour lutter contre les excès du lyrisme et des angoisses du cœur ;
-La mystique de la beauté, opposée au réalisme et réservée à une élite ;
-le culte du travail poétique et de la facture parfaite, opposés à la liberté des romantiques ;
-La prise de distance et de hauteur, contre le didactisme ; l’œuvre d’art est indépendante de la morale, comme
toute cause politique et sociale.
II-Le symbolisme
a)-Définition : le symbolisme est un mouvement littéraire et artistique né à la fin du 19ème siècle qui réagit contre le
réalisme, le naturalisme et le parnasse.
Le mot symbolisme n’est apparu qu’en 1831 chez Victor HUGO et désignait un « système de symboles destinés
à interpréter des faits ou à exprimer des croyances ».
HUGO est suivi dans cette voie par des poètes de la seconde moitié du 19 ème siècle comme Baudelaire, Nerval,
Verlaine, Rimbaud et Mallarmé.
Ce mouvement s’attache au mystère et à l’essence spirituelle des choses et des êtres, il cherche à donner une
équivalence entre la nature et la pensée.
b)-Symbole et symbolisme
Qu’est-ce qu’un symbole ?
Au sens premier du terme, le symbole est l’accouplement de deux choses lancées ensemble.
Au sens second, le symbole est la représentation faite entre le monde des idées et le monde réel.
Le poète utilise un symbole lorsqu’il exprime une idée indirectement par l’intermédiaire d’une image quientretient
avec elle une ou plusieurs analogies.
C’est ainsi par exemple que Baudelaire utilise l’albatros « vaste oiseau de mer » moqué par les hommes
d’équipage comme le symbole du poète douloureusement solitaire et incompris.
C’est dire que dans le domaine littéraire, il procède à la transposition et à la traduction des images concrètes de
manière abstraites.
c)- Naissance de l’esprit symboliste
Le symbolisme est à décrire dans le contexte général des années 1880.
Déjà HUGO et Nerval avaient eu une expérience de l’au-delà, mais c’est surtout Baudelaire qui ouvre la voie au
symbolisme.
Baudelaire héritant du romantisme par une sensibilité exacerbée, avait une ferveur ardente pour l’art pur. Il
dépasse les contradictions entre idéalisme et réalisme en établissant de mystérieuses correspondances entre le
monde des sensations et l’univers suprasensible.
Avec lui la poésie cesse d’être éloquente, descriptive ou sculpturale pour devenir musicale et incantatoire.
Fiche de préparation N°20
Niveau : 12ème Année
Thème : Bourgeois et ouvriers vers 1870
S/thème : Le symbolisme
Objectifs : 1-Général : Comprendre le symbolisme à travers un texte poétique.
2-Spécifiques : A la fin de la leçon, l’élève sera capable de :
-définir le symbolisme ;
-repérer quelques caractéristiques du symbolisme ;
-identifier quelques figures de style.
Texte d’étude : L’Ennemi
Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
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Qu’il reste à mon jardin peu de fruits vermeils.
Voilà que j’ai touché l’automne des idées,
Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
Ô douleur ! Ô douleur ! Le Temps mange la vie,
Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
Charles Baudelaire,
« Les Fleurs du mal », 1857, X.
Vocabulaire
Orage : ouragan, tempête
Ténébreux : qui a des ténèbres, qui fait noir, obscur, sombre
Vermeils : fleuri ; adj. d’un rouge vif et léger (du teint de la peau)
Charles Baudelaire (1821-1867)
Vie et œuvres
Né à Paris le 09 avril 1821, Baudelaire devient orphelin de père à six ans. Il vit très mal le remariage de sa mère
avec un militaire qu’il détestera durablement.
Après des études secondaires à Lyon puis au lycée Louis –Le Grand à Paris, il se destine à des études de droit.
Mais il cède aux tentations de la vie ardente et dissolue de la bohème romantique du quartier latin.
En 1844, indigné de sa vie de débauche, Baudelaire est obligé de travailler pour vivre, il se fait journaliste,
critique d’art et littéraire. Dans cette épreuve, il se forge une conscience esthétique par la fréquentation des
génies du siècle (Victor Hugo, De la croix, Courbet, etc.).
En 1866, très affecté par les échecs, Baudelaire s’enfonce petit à petit dans la maladie et la misère. Frappé par
un grave malaise qui, le laissera paralyser jusqu’au 31 août 1867 date de sa mort.
Résumé de l’œuvre
«Les Fleurs du mal », exprime plus clairement l’image des tensions et la dynamique qui animent l’esprit de la
modernité. Partagé entre le spleen et l’idéal, Baudelaire décrit avec autant de patience et de cruauté la double
postulation de son être. Déchiré entre sa soif d’une idéalité perdue et son enlisement dans les tourments du
quotidien, qu’il nomme « Ennemi » et surtout « Spleen » pour déterminer la pluralité de ses souffrances morale et
physique. Dans un symbolisme poussé, Baudelaire à travers ce recueil de poèmes met en lumière la dualité de la
vie humaine.
Commentaire composé du poème
Ce poème intitulé « L’Ennemi » est tiré du recueil de poèmes « Les Fleurs du mal », publié en 1857. Sous la
plume du poète symboliste français Charles Baudelaire. A la forme d’un sonnet (deux quatrains et deux tercets),
ce poème expose d’une manière générale la description symbolique de la vie morale et physique de l’auteur à
travers le temps (partagé entre le Spleen et l’Idéal).
Ce poème dans son étude s’articule autour de trois centres d’intérêt :
Premier centre d’intérêt
« Ma jeunesse…des tombeaux »
Dans ce premier centre d’intérêt, l’auteur fait la description du temps de façon exiguë à travers une métaphore
filée. Il détermine combien de fois le temps est symbole de destruction de l’âme humaine.
« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage »
« Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage »
Après une prise de conscience peu parfaite ; « Voilà que j’ai touché l’automne des idées », le « je » descripteur
insiste sur le temps à travers le dernier vers du deuxième quatrain.
« Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux ». A travers cette métaphore filée, le sens symbolique
peut avoir le temps et ramène à la réalité de la vie de l’auteur ;
« Et qu’i sait…ferait leur vigueur ? »
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Ce premier tercet constitue le deuxième centre d’intérêt de ce poème, met en évidence la projection faite par le
« je » descripteur sur l’avenir après avoir utilisé sa force de lutte contre le temps (pelles et râteaux).
« Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve ». Ce vers expose le doute de l’auteur sur l’avenir et cela se
reconnait par la condition « si ».
Le troisième centre d’intérêt est axé sur l’insistance du temps qui évoque la description tyrannique ou vampirique
auquel l’auteur fait allusion.
« Ô douleur ! Ô douleur ! Le temps mange la vie », ce dernier centre prouve à suffisance que le temps est
véritablement l’Ennemi de l’être ; cf. « Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le cœur ».
Au terme de notre étude, force est de comprendre que ce poème dans son contenu est l’expression symbolique
de la vie de l’auteur partagé entre le Spleen et l’Idéal (mélancolie et joie). Il montre également que le symbolisme
à travers une représentation abstraite met en évidence le contenu de la réalité objective. C’est ce qui justement
détermine la création poétique des symbolistes du 19ème siècle.
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