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Chapitre 4

Portes logiques et algèbre booléenne

Tous les circuits numériques fonctionnent en mode binaire, c'est-à-dire un mode dans lequel les
signaux ne peuvent prendre que deux valeurs, soit ’0’ ou soit ’1’. Les valeurs ’0’ et ’1’ correspondent
à des plages de tensions définies à l'avance. Cette caractéristique des circuits logiques nous permet
de recourir à l'algèbre de Boole pour l'analyse et la conception de systèmes numériques. Dans ce
chapitre, nous étudierons les portes logiques, qui constituent les blocs élémentaires des circuits
logiques et nous verrons comment il est possible de décrire leur fonctionnement grâce à l'algèbre
booléenne. Aussi, nous vous apprendrons comment on réussit à construire des circuits logiques en
combinant les portes et comment l'algèbre de Boole parvient à décrire et à analyser ces derniers.

4-1 Définitions
Nous allons commencer par donner quelques définitions.

35
4-1.1 Les états logiques
L'algèbre booléenne se distingue principalement de l'algèbre ordinaire par des
constantes et des variables qui ne peuvent prendre que les deux valeurs possibles 0 et 1. Une
variable booléenne est une grandeur qui peut, à des moments différents, avoir la valeur 1
ou 0. Les variables booléennes servent souvent à représenter un état d’un système. Nous
pouvons dire qu’une lampe est soit allumée, soit éteinte. Nous traduirons cela en indiquant
que la lampe est soit à ’1’ (pour allumer) ou soit à ’0’ (pour éteinte). Nous pouvons faire de
même avec un interrupteur qui est soit ouvert (’0’) ou soit fermé (’1’).
Ainsi, les valeurs booléennes 0 et 1 ne représentent pas des nombres réels mais plutôt
l'état logique d'une variable. Dans le domaine de la logi- que numérique, on utilise d'autres
expressions qui sont synonymes de 0 et
1. Certaines de ces expressions sont représentées dans le Tableau 4-1 ci-
dessous.

Niv. logique 0 Niv. logique 1


Faux Vrai
Arrêt Marche
Bas Haut
Non Oui
Ouvert Fermé
Tableau 4-1 : Diverses appellations pour les niveaux logiques

4-1.2 Les variables logiques


Une variable logique est une grandeur qui ne peut prendre que les deux états logiques.
Ils s'excluent mutuellement. Nous les symboliserons par 0 ou 1.

4-1.3 Les fonctions logiques


Une fonction logique est une variable logique dont la valeur dépend
d'autres variables.
L'algèbre de Boole est un outil qui permet d'exprimer les effets qu'ont les divers circuits
numériques sur les variables logiques et de les manipuler en vue de déterminer la meilleure
façon de matérialiser une certaine fonction logique. Parce qu'il n'y a que deux valeurs
possibles, l'algèbre booléenne se manipule plus aisément que l'algèbre ordinaire. En algèbre
booléenne, il n'y a pas de fraction, de partie décimale, de nombre négatif, de racine carrée,
de racine cubique, de logarithmes, de nombre imaginaire... En fait, dans cette algèbre, on
ne retrouve que trois opérations élémentaires, voir ci-après.

a. La fonction logique OU (or)


Nous utiliserons le symbole (#)
Cette fonction est très souvent représentée par le symbole (+)
b. La fonction logique ET (and)
Nous utiliserons le symbole (.)
c. La fonction logique d’inversion NON (not)
36
Nous utiliserons le symbole ( ¯ )
4-2 Tables de vérité
De nombreux circuits logiques possèdent plusieurs entrées mais seule- ment une sortie. Une table
de vérité nous fait connaître la réaction d'un circuit logique (sa valeur de sortie) aux diverses
combinaisons de niveaux logiques appliqués aux entrées. La figure 4- 3 nous montre des tables de
vérité à deux, trois et quatre colonnes d'entrées.

B A X C B A X D C B A X
0 0 ? 0 0 0 ? 0 0 0 0 ?
0 1 ? 0 0 1 ? 0 0 0 1 ?
1 0 ? 0 1 0 ? 0 0 1 0 ?
1 1 ? 0 1 1 ? 0 0 1 1 ?
a) 1 0 0 ? 0 1 0 0 ?
1 0 1 ? 0 1 0 1 ?
1 1 0 ? 0 1 1 0 ?
1 1 1 ? 0 1 1 1 ?
b) 1 0 0 0 ?
1 0 0 1 ?
1 0 1 0 ?
1 0 1 1 ?
1 1 0 0 ?
1 1 0 1 ?
1 1 1 0 ?
1 1 1 1 ?
c)

Figure 4- 3 : Tables de vérité: a) table à deux entrées; b) table à trois entrées; c) table à
quatre entrées.

Dans chacune de ces tables, toutes les combinaisons possibles de 0 et de 1 pour les entrées (D, C,
B, A) apparaissent à gauche, tandis que le niveau logique résultant de la sortie, X, est donné à droite.
Pour le moment, il n'y a que des "?" dans ces colonnes, car les valeurs de sortie sont différentes pour
chaque type de circuit.
Notez que dans la table de vérité à deux entrées il y a quatre lignes, que dans celle à trois entrées
il y a huit lignes et que dans la table à quatre entrées, il y en a seize. Pour une table de N entrées, il
y a 2N lignes. De plus, vous remarquez sans doute que la succession des combinaisons correspond à
la suite du comptage binaire, de sorte que la détermination de toutes les combinaisons est directe et
qu'on ne peut pas en oublier.
4-3 L'opération OU (OR)
Soit deux variables logiques indépendantes, A et B. Quand on combine A et B au
moyen de la fonction logique OU, le résultat X satisfait l’expression suivante :
X=A#B
Dans cette équation, le signe # indique un OU logique. La fonction de sortie est active
si A OU B est actif. Le fonctionnement de cet opérateur est défini par la table de vérité
de la figure 4- 4.

B A X= A # B
0 0 0 A
0 1 1 X=A # B
1 0 1 B
1 1 1

a) b) porte OU (OR)

Figure 4- 4 : a) Table de vérité définissant l'opération OU; b) symbole de


circuit servant à représenter une porte OU à deux entrées.

Dans de nombreuses littératures, l’opérateur OU et représenté par le symbole de


l’addition.
X=A+B
Nous n’utiliserons pas cette symbolique afin de ne pas confondre l’opérateur logique
OU avec l’opérateur arithmétique d’addition (+). Dans la suite de ce manuel nous
utiliserons le symbole # ou or pour l’opérateur logique OU.

4-4.1 La porte OU (OR)


Une porte OU à deux entrées est un circuit dont la sortie est active si l’une ou l’autre
des entrées est actives. La figure 4- 4 nous fait voir le symbole utilisé pour représenter
une porte OU à deux entrées.
De manière générale, la fonction de sortie d’une porte OU à n entrées est active (niveau
1) si une seule entrée est active (niveau 1). La fonction de sortie est inactive (niveau 0) si
toutes les entrées sont inactives (niveau 0).
4-4 L'OPÉRATION ET (AND)
Soit deux variables logiques indépendantes, A et B. Quand on combine A et B au moyen de la
fonction logique ET, le résultat X s'exprime symboliquement par l’expression suivante :
X=A·B
Dans cette expression, le signe · signifie l'opération booléenne ET, dont les règles d'opération
sont données dans la table de vérité de la figure 4- 5.

B A X = A·B
0 0 0 A
0 1 0 X=A·B
1 0 0 B
1 1 1
a) b) porte ET (AND)

Figure 4- 5 : a) Table de vérité définissant l'opération ET; b) symbole d'une porte ET à


deux entrées.

D'après cette table, vous pouvez facilement déduire que la fonction logique ET correspond à la
multiplication en binaire. Quand A ou B est 0, le produit est nul; quand A et B sont 1, leur produit
est 1. Il nous est donc possible d'affirmer que dans l'opération ET la réponse est 1 si et seulement
si toutes les entrées sont à 1, et qu'elle est 0 dans tous les autres cas.

4-5.1 La porte ET (AND)


La figure 4- 5 nous fait voir une porte ET à deux entrées. La sortie de cette porte est égale au
ET logique des deux entrées, c'est-à-dire X = A·B. Exprimée autrement, la porte ET est un circuit
logique qui active sa sortie (niveau 1) seulement lorsque toutes ses entrées sont actives (niveau 1).
Dans tous les autres cas, la sortie de la porte ET est inactive (niveau 0)
De manière générale, la fonction de sortie d’une porte ET à n entrées est active (niveau 1)
uniquement lorsque toutes les entrées sont actives (ni- veau 1). La sortie d’une porte ET est
inactive (niveau 0) si une seule des entrées est inactive (niveau 0).
4-5 L'opération NON (NOT)
L'opération NON, contrairement aux opérations ET et OU, ne concerne qu'une variable
d'entrée. Par exemple, si la variable A est soumise à une opération NON, le résultat X est
donné par l'expression:
X = A
où le trait de surlignement représente l'opération NON. L'opération NON porte
également le nom d'inversion ou de complémentation. On trouve un autre signe pour
indiquer une inversion: il s'agit de point d’exclamation (!). Donc :

!A = A

4-6.1 Le circuit INVERSEUR (NOT)


On peut voir à la figure 4- 6 le symbole d'un circuit NON, appelé plus couramment
inverseur. Un tel circuit n'a toujours qu'une entrée, et sa sortie prend le niveau logique
opposé du niveau logique de l'entrée.

A X= A
A XA
0 1
1 0

a) b) porte NON (NOT)

Figure 4- 6 : a) La table de vérité et b) le symbole du circuit NON.

4-6 Les portes NON-OU (NOR) et NON-ET (NAND)


En technique numérique, on retrouve très souvent deux autres types de portes logiques:
la porte NON-OU (NOR) et la porte NON-ET (NAND). En réalité, ces portes
correspondent à des combinaisons d'opérations élémentaires ET, OU et NON, et il est
relativement facile de les décrire au moyen des fonctions de l'algèbre booléenne que vous
connaissez déjà.

4-7.1 La porte NON-OU (NOR)


On peut voir à la figure 4- 7 le symbole d'une porte NON-OU à deux entrées. Vous constaterez que
c'est le symbole d'une porte OU sauf qu'il y a un petit rond à la pointe. Ce petit rond correspond à une
opération d'in- version. Ainsi, la porte NON-OU a un fonctionnement analogue à une porte OU suivie

d'un INVERSEUR. L'expression de sortie d'une porte NON-OU est X = A#B.


La table de vérité montrée à la figure 4- 7 nous apprenons que la sortie d'une porte NON-OU
est exactement l'inverse de celle d'une porte OU pour toutes les combinaisons des entrées.

B A X = A#B
A
0 0 1
0 1 0 XAB
B
1 0 0
1 1 0

a) b) porte NON-OU (NOR)

Figure 4- 7 : a) La table de vérité et b) le symbole du circuit NON-OU (NOR).

De manière générale, la fonction de sortie d’une porte NON-OU à n entrées est active (niveau 1)
uniquement lorsque toutes les entrées sont inactives (niveau 0). La sortie d’une porte NON-OU
est inactive (niveau 0) si une seule des entrées est active (niveau 1).
Par De Morgan (voir paragraphe 4-12.4) nous pouvons montrer que la porte NOR est équivalent
à:

X = A#B = A  B

A
X=A .B
B

4-7.2 La porte NON-ET (NAND)


On peut voir à la figure 4- 8 le symbole d'une porte NON-ET à deux entrées. Vous voyez que
c'est le symbole d'une porte ET sauf qu'il y a un petit rond à la pointe. Encore une fois, ce petit rond
correspond à une opération d'inversion. Ainsi, la porte NON-ET a un fonctionnement analogue à
une porte ET suivie d'un INVERSEUR. L'expression de sortie d'une porte
NON-ET est X = A  B.

La table de vérité montrée à la figure 4- 8 nous apprend que la sortie d'une porte NON-ET est
exactement l'inverse de celle d'une porte ET pour toutes les combinaisons des entrées.
B A X=AB
0 0 1 A
X=A B
0 1 1
B
1 0 1
1 1 0
a)table de vérité b) porte NON-ET (NAND)

Figure 4- 8 : a) La table de vérité et b) le symbole du circuit NON-ET (NAND).

De manière générale, la fonction de sortie d’une porte NON-ET à n entrées est active
(niveau 1) si une seule des entrées est inactive (niveau 0). La sortie d’une porte NON-ET
est inactive (niveau 0) uniquement lorsque toutes les entrées sont actives (niveau 1).
Par De Morgan (paragraphe 4-12.4) nous pouvons montrer que la porte NAND est
équivalent à :

X=AB = A#B

A
X=A #B
B

4-7 Circuits OU-exclusif (XOR) et NON-OU-exclusif


(XNOR)
Deux circuits logiques spéciaux qui interviennent souvent dans les systèmes
numériques: le circuit OU-exclusif et le circuit NON-OU-exclusif.

4-8.1 La porte OU-exclusif (XOR)


La sortie d'une porte OU-exclusif est au niveau haut seulement lorsque les deux entrées
sont à des niveaux logiques différents. Une porte OU-exclusif n'a toujours que deux entrées.
On veut dire par là qu'il n'existe pas de portes OU-exclusif à trois ou quatre entrées. Ces
deux entrées sont combinées pour que X = AB #AB. On abrège cette expression ainsi:
X=AB
On peut voir sur la figure 4- 9 la table de vérité ainsi que le symbole d'une porte OU-
exclusif.
B A X=AB

0 0 0
A
0 1 1
XAB
1 0 1 B
1 1 0
a) b) porte OU-exclusif (XOR)

Figure 4- 9 : a) Table de vérité définissant l'opération OU-exclusif; b) symbole d'une porte


OU-exclusif.

De manière générale, la fonction de sortie d’une porte OU-exclusif indique la différence entre
les deux signaux d’entrées. La sortie est active (niveau 1) si l’état logique des entrées est différent.

4-8.2 NON-OU-exclusif (XNOR)


Le circuit NON-OU-exclusif a un fonctionnement exactement opposé à celui du OU-exclusif. La
sortie d'une porte NON-OU-exclusif est au niveau haut seulement lorsque les deux entrées sont à
des niveaux logiques identiques. On peut voir à la figure 4- 10 sa table de vérité ainsi que son
Symbole logique. L'expression de ce dernier est : X = AB #AB. On abrège
cette expression ainsi : X = A  B

A B X=AB

0 0 1 A
0 1 0
X  A B
1 0 0 B
1 1 1

a) b) porte NON-OU-exclusif (XNOR)

Figure 4- 10 : a) Table de vérité définissant l'opération NON-OU-exclusif; b) symbole


d'une porte NON-OU-exclusif.

De manière générale, la fonction de sortie d’une porte NON-OU-exclusif indique l’égalité entre
les deux signaux d’entrées. La sortie est active (niveau 1) si l’état logique des entrées est identique.
Le fonctionnement de cette porte correspond à un comparateur un bit.
L’opérateur NON-OU-exclusif a une propriété particulière. L’inversion de la sortie
peut être reportée sur l’une ou l’autre des entrées, soit :
A  B= A  B= A  B

Nous pourrons démontrer cette propriété avec l’algèbre de Boole.

4-8 Symbolique des opérations de bases


Pour représenter les opérations de bases, nous recourons à un schéma dans lequel les
opérateurs logiques seront remplacés par des symboles. Nous allons utiliser, dans le cadre
de ce cours, des symboles CEI (norme européenne) sauf pour les opérateurs de bases où
nous utiliserons les symboles MIL (norme américaine) qui sont plus lisible. Par contre nous
utiliserons la symbolique CEI pour indiquer l’inversion.

1.a 1.c 1.e

1.b 1.d 1.f


Symboles CEI Symboles du cours Symboles MIL

NON ou NOT

Figure 4- 11 : Symbolique des fonctions NOT

Le grand triangle marque l'amplification, le petit triangle l'inversion. On peut remarquer


que l'inversion peut précéder ou suivre l'amplification. Pour les symboles 1.e et 1.f, le rond
marque l'inversion. Nous utiliserons de préférence les symboles 1.c ou 1.d. Pour les
symboles CEI (commission électrotechnique internationale), l'amplification se marque par
un triangle.
A A A
& F=AB F=AB F=AB
B B B

1.c
A F=AB B
F= A B
B

1.b 1.d 1.f

Symboles CEI Symboles du cours Symboles MIL

ET ou AND

A
F=A # B #B F=A#B
F=A B

1.a 1.c 1.e


A
A
F= A # B F=A#B F=A#B
B
B

1.b 1.d 1.f


Symboles CEI Symboles du cours Symboles MIL

OU ou OR

A A
& F=A.B F = A . BB F=A.B
B
1.c
A A
F = A .B 1.e
B F=A.B
F=A.B B

1.b 1.d 1.f

Symboles CEI Symboles du cours Symboles MIL

NON-ET ou NAND

A A A
B F = A #B F = A# B F=A#B
³1 B

A 1.c 1.e
A
&
F = A #B F = A #B F=A#B
B

1.b 1.d 1.f

Symboles CEI Symboles du cours Symboles MIL

NON-OU ou NOR
A F = A B A A
B F = A B F=AB
=1 B B

1.a 1.b 1.c

Symboles CEI Symboles du cours Symboles MIL

OU EXCLUSIF ou XOR

Figure 4- 12 : Symbolique des fonctions logiques de base

4-9 Mise sous forme algébrique des circuits logiques


Tout circuit logique, quelle que soit sa complexité, peut être décrit au moyen des
opérations booléennes déjà décrites parce que la porte ET, la porte OU et la porte NON
sont les circuits constitutifs élémentaires des systèmes numériques. A titre d'exemple,
considérons le circuit de la figure 4- 13 comprenant trois entrées A, B et C et une seule
sortie X. En recourant à l'expression booléenne de chacune des portes, on peut facile- ment
trouver l'équation correspondant à la sortie.
La sortie de la porte ET a pour expression A·B; cette combinaison est une entrée de la
porte OU dont l'autre entrée est le signal C. Cette dernière porte a pour effet d'additionner
logiquement ses entrées, ce qui donne comme expression de sortie X = A·B # C. (Cette
dernière équation aurait aussi bien pu s'écrire x = C # A·B, puisque l'ordre des termes dans
une fonction OU n'a pas d'importance.)
Il est convenu que dans une expression contenant des opérateurs ET et OU, ce sont les
opérateurs ET qui sont appliqués en premier, sauf s'il y a des parenthèses; dans ce cas, il
faut évaluer avant toute chose l'expression entre parenthèses. Cette règle déterminant
l'ordre des opérations est la même que celle en vigueur dans l'algèbre courante.

A
B X  A B  C
C

Figure 4- 13 : Un circuit et son équation booléenne

Voici la description en VHDL synthétisable du circuit de la figure 4- 13, soit :


X <= (A and B) or C ;
Comme exemple supplémentaire, considérons le circuit de la figure 4-14. Le résultat la porte OU
est simplement A # B. La sortie de cette porte aboutit à l'entrée de la porte ET, alors que l'autre entrée
de cette dernière reçoit le signal C. L'expression de la sortie de la porte ET est donc X = (A # B)·C.
Notez l'emploi des parenthèses pour indiquer que l’opérateur OU s’applique d’abord sur A et B.
Ensuite l’opérateur ET est appliquer sur la sortie de la porte OU et l’entrée C. Sans les parenthèses,
notre interprétation serait erronée, car X = A # B·C signifie que A est réuni dans une porte OU avec
le produit B·C. L’opérateur ET (.) est prioritaire sur l’opérateur OU.

A
B X  (A  B)  C
C

Figure 4- 14 : Un circuit logique dont l'expression de sortie comporte des parenthèses.

Voici la description en VHDL synthétisable du circuit ci-dessus :


X <= (A or B) and C ;

4-10.1 Circuits renfermant des INVERSEURS


Chaque fois qu'un INVERSEUR se trouve dans le schéma d'un circuit logique, son équation est
simplement l'expression de son entrée surmontée d'un trait. On trouve à la figure 4- 16 deux
exemples de circuits avec INVERSEURS. Dans la figure 4- 15(a), l'entrée A passe par un
INVERSEUR dont la sortie est A. Cette sortie de l'INVERSEUR est réunie dans une porte OU avec
B, de sorte que l'équation de sortie de cette porte est égale à A # B.

A A
X A B X AB
B B

a) b)

Figure 4- 15 : Circuits comprenant des INVERSEURS

Dans la figure 4- 15(b), la sortie de la porte OU égale A # B, sortie qui vient alimenter un
INVERSEUR. La sortie de ce dernier est donc A # B, puisque toute l'expression est inversée.
Voici la description en VHDL synthétisable des deux circuits de la figure 4- 15 :
a) X <= not A or B ;
b) X <= not (A or B) ;
4-10 MATÉRIALISATION DE CIRCUITS À PARTIR
D'EXPRESSIONS BOOLÉENNES
Si l'opération d'un circuit est définie par une expression booléenne, il est possible de tracer
directement un diagramme logique à partir de cette ex- pression. Par exemple, si on a besoin d'un
circuit tel que X = ABC, on sait immédiatement qu'il nous faut une porte ET à trois entrées. Le
raisonne- ment qui nous a servi pour ces cas simples peut être étendu à des circuits plus complexes.
Supposons que l'on veuille construire un circuit dont la sortie est Y = AC # BC # ABC. Cette
expression booléenne est constituée de trois termes (AC,BC,ABC ) qui sont additionnés logiquement.
On déduit qu'il nous faut une porte OU à trois entrées auxquelles sont appliqués respectivement les
signaux AC , BC , ABC . Chaque entrée de la porte OU est un produit logique, ce qui signifie qu'il a
fallu trois portes ET alimentées par les entrées appropriées pour produire ces termes. C'est ce qu'on
peut voir à la figure 4- 16 où est tracé le schéma final du circuit.

A AC

B BC Y  AC  BC  ABC
C

ABC

Figure 4- 16 : Construction d'un circuit logique à partir d'une expression booléenne.

Voici la description en VHDL synthétisable du circuit ci-dessus :


Y <= (A and C) or (B and not C) or (not A and B and C);

4-11.1 Description de circuits logiques en VHDL


La description d’équations logiques en VHDL nécessite l’utilisation des parenthèses. Les
opérateurs logiques VHDL, soit and, or, nand, nor, xor et xnor, ont tous la même priorité. Seul
l’opérateur not est prioritaire sur les autres opérateurs logiques et ne nécessite pas de
parenthèses. Nous allons donner une série d’exemples de descriptions VHDL
synthétisable.
a) soit Y = AC # BC, en VHDL :
Y <= (A and C) or (B and C);
b) soit = AC  BC ), en VHDL :

Y <= (A and C) xor (not B and C) ;
b) soit Y = C  B , en VHDL :

Y <= not (A xor C) ;

4-11 Algèbre de BOOLE


Nous avons vu comment l'algèbre de Boole peut servir à analyser un circuit logique et à exprimer
ce dernier sous forme mathématique. Nous allons commencer par les deux postulats qui régissent
l'algèbre de BOOLE.

4-12.1 Postulats
Nous avons deux postulats :
A#A=1
AA= 0
Ces deux postulats traduisent le fait que l'inverse d'une variable ne peut jamais prendre la même
valeur que la variable. Nous apprendrons ultérieurement qu'un manquement à ces postulats est
possible lors de régimes transitoires dans les circuits. Ce manquement peut entraîner un
comportement aléatoire sur les fonctions dépendantes de ces variables.

4-12.2 Théorèmes
Poursuivons maintenant notre étude de l'algèbre booléenne en examinant les théorèmes de Boole
qui sont des règles qu'on utilise pour simplifier les expressions logiques et, par le fait même, les
circuits logiques. La figure 4- 17 présente le premier groupe de théorèmes dans lesquels X est une
variable logique prenant soit la valeur 0, soit la valeur 1.

X0= 0 (1)
X1= X (2)
XX= X (3)
XX= 0 (4)
X#0=X (5)
X#1=1 (6)
X#X=X (7)
X#X=1 (8)
Figure 4- 17 : Théorèmes de Boole pour une variable.

Avant de vous présenter les autres théorèmes de Boole, nous tenons à mentionner que dans les
théorèmes (1) à (8), la variable X peut correspondre à une expression renfermant plus d'une variable.
Par exemple, si nous
avons ABAB, nous pouvons affirmer, en posant X = AB et d'après le

théorème (4), que l’équation = 0.

4-12.3 Théorèmes pour plusieurs variables


Les théorèmes suivants portent sur plus d'une variable:

X#Y =Y#X (9)


XY =YX (10)

X # Y # Z = X # Y # Z = X#Y# Z (11)

XYZ = XYZ = XYZ (12)

XY # Z = XY # XZ (13)

W # X  Y # Z = WY # XY # WZ # XZ (14)

X # XY = X (15)
X # XY = X # Y (16)

Figure 4- 18 : Théorèmes de Boole pour plusieurs variables

Les théorèmes (9) et (10) montrent que ET et OU sont des lois de composition
commutatives, donc que l'ordre de la multiplication ou de l'addition logique de deux
variables n'a pas d'importance, que le résultat reste le même.
Les théorèmes (11) et (12) montrent que ET et OU sont des lois de composition
associatives, qui indiquent que l'on peut grouper, comme l'on veut, les variables dans une
expression de multiplication ou d'addition logique.
Les théorèmes (13) et (14) font voir que la multiplication logique est distributive par
rapport à l'addition logique, c'est-à-dire que l'on peut développer une expression en la
multipliant terme à terme, tout comme dans l'algèbre ordinaire. Ces théorèmes démontrent
également que l'on peut mettre en facteur une expression. On veut dire par là que si nous
avons une somme de termes, chacun renfermant une variable commune, il est possible de
mettre cette variable en facteur, comme on le fait en algèbre ordinaire.
Il est facile de se rappeler des théorèmes (9) à (14) puisqu'ils sont identiques à ceux de
l'algèbre ordinaire. Par contre, les théorèmes (15) et (16) ne se retrouvent pas en algèbre
ordinaire. On peut les démontrer en passant en revue toutes les possibilités de X et de Y.
Tous ces théorèmes sont d'une grande utilité pour simplifier une expression logique,
c'est-à-dire pour obtenir une expression comptant moins de termes. L'expression simplifiée
permet de réaliser un circuit moins complexe que celui correspondant à l'expression
originale.

4-12.4 THÉORÈMES DE DE MORGAN


Deux des plus importants théorèmes de l'algèbre booléenne nous ont été légués par le
mathématicien De Morgan. Les théorèmes de De Morgan se
révèlent d'une grande utilité pour simplifier des expressions comprenant des sommes ou des produits
de variables complémentés. Voici ces deux théorèmes:
X # Y = X  Y (17)
X  Y = X # Y (18)

Le théorème (17) affirme que la somme logique complémentée de deux variables est égale au
produit logique des compléments de ces deux variables. De même, le théorème (18) stipule que le
produit logique complémenté de deux variables est égal à la somme logique des compléments de
ces deux variables. La démonstration de ces deux théorèmes se fait simple- ment en considérant
toutes les possibilités de X et de Y.
Bien que ces théorèmes aient été formulés pour les variables simples X et Y, ils demeurent aussi
vrais pour les cas où X et Y sont des expressions comprenant plusieurs variables. A titre
d'illustration, appliquons ces théorèmes à l'expression suivante :

AB # C = AB  C
Le résultat trouvé peut être simplifié une autre fois, car on y retrouve encore un produit logique
complémenté. En vertu du théorème (18), il vient:
···
AB  C = A # B  C
···
Comme B = B, le résultat définitif est alors:
A # B  C = AC # BC

4-12.5 Théorèmes du consensus


Les théorèmes définis précédemment pour plusieurs variables associés avec le théorème de De
Morgan permettent de déterminer les théorèmes du consensus. Nous donnons ici ces théorèmes sans
démonstration. Vous pouvez démontrer ces théorèmes à titre d’exercices.
XY#XZ#YZ = XY#XZ
 X # Y   X # Z   Y # Z =  X # Y   X # Z 

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