LES REGRETS, LES ANTIQUITES DE ROME, LE SONGE, DU BELLAY :
Citations :
La Muse / L’inspiration poétique perdue
- Si je n'ai plus la faveur de la Muse, Et si mes vers se trouvent imparfaits. A M.
D’avanson
- La Muse ainsi me fait sur ce rivage, Où je languis banni de ma maison.
- Dès le berceau la Muse m'a laissé
- Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi, Et les Muses de moi, comme étranges,
s'enfuient.
Rome
- Ne pense (Robertet) que cette Rome-ci Soit cette Rome-là, qui te voulait tant
plaire.
- Que Rome n'est plus Rome
- Nouveau venu qui cherche Rome en Rome, Et rien de Rome en Rome
n’aperçois.
- Rome de Rome est le seul monument
- Rome n’est plus, et si l’architecture Quelque ombre encore de Rome fait voir.
- Le corps de Rome en cendre est dévalé
- Par armes et vaisseaux Rome dompta le monde
- Rome du temps de ses premiers aïeux. Le tenait clos, ainsi qu’une Pandore.
- Rome fut tout le monde est tout le monde est Rome
- Le plan de Rome est la carte du monde
- Rome vivant fut l’ornement du monde, Et morte elle est du monde le tombeau
La cour et les courtisans
- Cependant que la Cour mes ouvrages lisait, Et que la sœur du Roi, l'unique
Marguerite, Me faisant plus d'honneur que n'était mon mérite.
- Comme il faut courtiser, et moins qu’il faut être, Pour vivre entre les grands
comme on vit aujourd’hui.
- Et suivant le courtisan Romain, cacher sa pauvreté d’une brave apparence
- Que dirons-nous Melin de cette cour Romaine, où nous voyons chacun divers
chemin tenir.
- Si tu veux sûrement en cour te maintenir, Le silence Ronsard te soit comme un
décret
- Ces vieux singes de cour qui ne savent rien faire
- Car rien n’est après dieu si grand qu’un roi de France.
L’exil/ La nostalgie du pays natal, La France et L’Anjou
- France mère des arts, des armes et des lois. Tu m’as nourri longtemps du lait de
ta mamelle.
- France, France réponds à ma triste querelle
- Quand pour venir ici j’abandonnais la France. La France, et mon Anjou dont le
désir me poigne.
- Et les monts de Savoie à la teste chenue. Me tiennent loin de France au bord
Ausonien.
- Je n’écris de la France, en étrange province, Je n’écris de l’honneur, n’en
voyant point ici.
- Que vous puissent les dieux un jour donner tant d’heure, De rebâtir en France
une telle grandeur, Que je la voudrais bien peindre en votre langage.
Ulysse et le topos du voyage
- Si celui qui s’apprête à faire un long voyage, doit croire celui-là qui a voyagé.
- L’autre plus souffreteux qu’un pauvre qui mendie. S’acquiert en voyageant un
savoir malheureux.
- Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage
- Et perdre en voyageant le meilleur de mon âge
- Ayant fait comme moi un malheureux voyage
- Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse, Qu’il n’était rien plus doux que voir
encore un jour, Fumer sa cheminée au sein de sa terre nourrice.
- Qui choisira pour moi la racine d’Ulysse ? Et qui me gardera de tomber au
danger.
Marguerite de Navarre
- Fors cette Marguerite, honneur de notre temps.
- L’unique Marguerite.
- J’avoue sans la connaître admirer Marguerite
Vice et Vertu
- Je cherche la vertu et ne trouve que vice
- Oppose à la vertu l’ignorance et le vice
- Je hais les Ferrarais pour je ne sais qu’il vice
- Bref, je hais quelque vice en chaque nation.
- Je veux toucher sans plus aux vices moins secrets.
- Si je monte au palais je n’y trouve qu’orgueil, Que vice déguisé qu’une
cérémonie.
- Celui qui de vertu, d’esprit et de courage. S’était le mieux armé encontre son
pouvoir (Prélat)
- La grâce, le savoir et la vertu j’adore.
Création poétique
- Je me contenterai de simplement écrire ce que la passion seulement me fait dire
- J’aime simplicité
- Vois la mienne en ces vers sans artifice peinte. Comme sans artifice est ma
simplicité
- Je ne veux déguiser ma simple poésie sous le masque emprunté d’une fable
moisie.
- De lire quelques auteurs ou quelques vers écrire
- Je ne veux feuilleter les exemplaires Grecs
- Fureur plus basse
Elégie
- Moi qui suis malheureux je plaindrai mon malheur
- Le malheur nous fait des tristes vers chanter
- Je vieillis malheureux en étrange province
- Je n’écris de bonheur me trouvant malheureux
- France, France réponds à ma triste querelle
- Tristes me sont les jours et plus tristes les nuits
- Je ne chante Magny pleure mes ennuis, Ou, pour le dire mieux, en pleurant je
les chante.
- Je me plains à mes vers si j’ai quelque regret
- Moi, qui suis malheureux, je plaindrai mon malheur
- Mais moi qui suis absent des rais de mon soleil, comment puis-je sentir
échauffement pareil
- Sur les vers je vomis le venin de mon cœur
- Voilà mon cher Morel combien le temps me dure
La dimension visuelle / onirique
- Vois, dit-il et contemple
- Vois comme tout n’est rien que vanité
- Je vis du Ciel la tempête descendre
- Une louve je vis sous l’antre d’un rocher.
- Je vis son corps en poudre tout réduit
Gloire et ruine
- Je vais chantant votre gloire plus belle
- Du triomphe romain la gloire accompagner
- Et restaurer la gloire ausonienne ?
- En voyant ses ruines plus amples
- Ressusciter ces poudreuses ruines
- Vois quel orgueil et quelle ruine
- Sous les monceaux de ces vieilles ruines